Le devoir, 2 avril 2001, Cahier B
L ï I» K V O I R , LE L I X l> I AVRIL 2 0 01 LE DEVOIR SCENCE EN BREF ÉTHIQUE ET RECHERCHE Au-delà des Miss météo (Le Devoir) — Montréal accueillera, du 24 au 27 mai, le IL Festival international de metéo.L’événement, créé en France, se tiendra pour la deuxième fois seulement hors de ses frontières.Le Festival réunira particulièrement ceux qui donnent de llnfor-i mation météorologique dans les médias, pour leur permettre de discuter sur leurs différentes façon de travailler.Le Festival se penchera sur les changements climatiques qui affligent la planète et sur les façons de vulgariser le phénomène et de faire des liens avec la présentation quotidienne du bulletin météo, wv.-w.weatherfestivalmeteo.org.Agriculture terre à terre (ASP) — Il n’y a pas que les aliments transgéniques dans la vie.Un peu partout à travers l’est de l’Afrique, les cultivateurs découvrent ou redécouvrent des méthodes bien plus simples pour augmenter leur pro-| ductivité: ainsi, des milliers d’entre eux plantent désor- Imais de la mauvaise herbe dans leurs champs de maïs.Ce qui gêne peut-être un peu la croissance de ces derniers mais surtout donne aux insectes quelque chose d’autre à manger.«C’est bien mieux que les pesticides, et beaucoup moins cher», explique au New Scien-I tist Ziadin Khan, promoteur de cette méthode.Selon ç lui, dans les environs du lac Victoria, au Kenya, la pro f ductivité aurait bondi de 60 à 70 %.D semble, résume le magazine, que les cultivateurs de là-bas aient enco re beaucoup de choses à expérimenter en agriculture très traditionnelle, avant de se sentir obligés de placer leur futur entre les mains du génie génétique.Le virus de tous les dangers (ASP) — On ne trouve pas des armes biologiques que dans les laboratoires militaires.Une expérience australienne visant à créer un virus génétiquement modifié pour réduire les infestations de rats a produit un virus tellement efficace que la sonnette d’alarme a été tirée cet hiver, non pas par les écologistes mais par les scientifiques eux-mêmes.L’alerte a fait beaucoup parler d’elle dans les médias de ce pays et à l’étranger.Pourtant ces scientifiques ne sont même pas certains, à la lumière de leurs résultats, que leur virus pourrait effectivement devenir un danger pour l’humain.Mais le risque théorique est suffisant, écrivent-ils dans l’édition de février du Journal of Virology, pour que tout chercheur s’engageant à l’avenir dans ce type de travail s’oblige à songer aux «conséquences potentiellement destructrices», la recherche visait à l’origine à produire un virus qui rendrait les rats stériles.Mais, au bout du compte, ce virus s’est révélé capable de tuer toute une population de rats, ce qui a I causé un choc au Centre de recherche pour le contrôle biologique des maladies animales, à Canberra.«C’est la pire crainte du public à l’égard des OGM ; ; devenue vraie», a écrit le directeur de ce centre.Retour d’un éléphant blanc (ASP) — Vous vous souvenez de Biosphère 2, ce pro-; jet d’un environnement autonome, genre de base lunaire isolée en plein désert de l’Arizona?L’expérience scientifique s’était achevée en queue de poisson au début des années 90 et le projet avait pris une tournure vaguement New Age, avant d’être racheté par l’Université Columbia en 1996.Pendant quatre ans, cette dernière a travaillé à y maintenir l'air et la température à des niveaux acceptables — ce qui s’est révélé pas mal plus difficile qu’on ne l’avait imaginé il y a une décennie — et ses efforts se sont finalement révélés payants: cet hiver, le ministère américain de l'Énergie a signé une entente avec l’Université pour étudier la possibilité de transformer Biosphère 2 en un établissement national pour l’étude des effets du réchauffement sur les écosystèmes.On est évidemment loin de l’expérience du début, mais, après tout, la base lunaire, elle aussi, est encore loin.Mortel héritage (ASP) — Des maladies ont frappé la Chine pendant des décennies en raison d’une arme biologique utilisée par les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale.C’est du moins ce qu’affirment les autorités chinoises.Les médias en ont donné quelques échos cet hiver, lorsqu’une poursuite est arrivée devant la Cour du district de Tokyo, au nom de 180 proches des victimes de cette arme, mais ce qui manquait, c’étaient les détails médicaux: en octobre 1940, l’armée japonaise aurait largué par avion, à l’intérieur de sacs, des puces infectées, et ce, au-dessus d’au moins deux villes du nord-ouest de la Chine — ce que les autorités japonaises continuent de nier.Après une épidémie de peste bubonique qui a duré 34 jours et tué 109 personnes, des cas de typhus que les médecins chinois attribuent à cette première infection ont continué à surgir jusque dans les années 50.«Soixante ans plus tard, nous trouvons encore des anticorps de la peste bubonique chez des rats, des chiens, des chats et d’autres animaux», affirment aux journalistes les autorités chinoises.Montre-moi comment tu téléphones.(ASP) - La façon dont vous utilisez votre téléphone cellulaire pourrait être votre meilleure arme contre les voleurs.Une arme à retardement toutefois.Des informaticiens du Collège universitaire de I/>ndres ont conçu un logiciel qui analyse le type d’appels que vous faites, les numéros les plus souvent appelés, la longueur des appels et le moment de la journée ou vous les faites.Tous ces comportements vous sont propres, mais seraient différents chez quelqu'un qui se serait emparé de votre appareil, et qui, par conséquent le trahiraient Si le logiciel détecte une activité inhabituelle, il envoie un message sur l'écran de l’appareil: l’usager doit alors inscrire son mot de passe: s’il ignore ce mot de passe, le téléphone s'éteint Un ordinateur pensant (ASP) - Il y a déjà longtemps qu’on rêve de concevoir des ordinateurs capables de penser de la même façon que nous.Un inventeur californien, Hugh Harlan, a eu l’idée de déposer un brevet pour un tel ordinateur pensant lorsqu'il s’est rendu compte que la loi américaine autorise des brevets sur des concepts, et non pas seulement sur de vrais appareils.Son brevet décrit la façon dont une telle machine «penserait», et son rêve est bien sûr que le jour où un tel appareil arrivera sur le marché, il pourra en réclamer des droits d’auteur.La philo dans le labo Des chercheurs prennent conscience de tous les impacts de leurs travaux CHRISTIAN TIN I I' IT DKVOIR ¦¦H Les chercheurs n’aiment pas toujours que d’autres se penchent pardessus leur épaule pour examiner et critiquer leur travail, surtout quand ils ne sont pas de la communauté scientifique.Reste qu’avec le développement fulgurant de la science, notamment dans les biotechnologies, les chercheurs ne sont plus seulement confrontés à des défis techniques: ils sont aussi aux prises avec des questions morales.Des questions qui regardent tout le monde.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR rançois Pothier voulait comprendre.Comprendre pourquoi ses travaux en génétique dérangeaient autant, alors que lui n’y voyait que la promesse d’un avenir meilleur pour l’humanité.Mais la première fois que lui et ses acolytes ont convié autour d'une table des théologiens, des philosophes, des éthiciens et des juristes, ce fut un fiasco.«C'était l’enfer, se souvient-il.Tout le monde y allait de ses convictions.» Là où les chercheurs ne voyaient qu’une simple modification génétique, leurs interlocuteurs décrivaient de grands bouleversements culturels.D aura fallu que tout ce beau monde apprenne à ranger ses griffes, à baisser le ton et à s’écouter les uns les autres pour qu'enfin une vraie discussion prenne place.Premier sujet à l’ordre du jour le cas de la brebis gé» nétiquement modifiée pour synthétiser un médicament humain dans son lait Ijes chercheurs étaient «morts de rire», dit François Pothier: comment pouvait-on avoir des objections à une telle pratique?La brebis est bien traitée et les humains sont mieux soignés! «Mais les discussions ont duré un an et demi! Ce que nous, les chercheurs, on voyait d’une façon très simple, eux y avaient des objections, des réflexions tout à fait justifiées», admet le professeur au département de sciences animales à l’Université Laval.La création d’une brebis transgénique, ont appris les chercheurs, a des conséquences sur l’animal, l’humain, l'environnement la biodiversité et., la culture.La culture?Eh oui.A la manière du mode de vie autochtone qui a été bouleversé lorsque l’homme blanc lui a fait découvrir ses inventions modernes, l’introduction d’une brebis transgénique changera subtilement mais irrémédiablement la perception de la société envers cette science.•L'opération va devenir banale, note aujourd’hui François Pothier.Les gens vont culturellement l'accepter et, lors de la prochaine application, on ne s’en préoccupera pas.Et, à force de banaliser, on va aller vers des glissements qui risquent aussi d’être banalisés.» Il y a eu la brebis Dolly, puis des souris, des vaches, des porcs et un jour, il y aura l’humain.«Comme si c’était dans l’ordre des choses.», laisse tomber le chercheur, qui a pris conscience de tous les impacts de ses travaux.Dans un pays qui n’est pas spécialement reconnu pour être à l’avant-garde en matière de réglementation des biotechnologies, les relations entre chercheurs et éthiciens semblent assez cordiales.«Je pourrais dire avec fierté que les chercheurs québécois en génétique humaine ont probablement le meilleur encadrement, dit Bartha Maria Knoppers, professeure de droit à l’Université de Montréal.Et ils y ont contribué! Ce n’est pas nous, en bioéthique et en droit, qui avons inventé quelque chose, c’est vraiment un travail de collaboration.» Et cette collaboration est basée sur le respect.Il ne s’agit pas, pour les éthiciens et juristes, de traquer les chercheurs, ni, pour ces derniers, d’ignorer tout bonnement les situations délicates dans lesquelles ils peuvent se trouver.«Il faut respecter les chercheurs, les chercheurs doivent respecter les gens en bioéthique, sinon on crée une opposition et l'éthique devient un aspect policier plutôt que déontologique, explique Bartha Maria Knoppers.Le danger est de s’ingérer et de s’imposer dans leurs affaires avec des règles qui n’ont pas de lien avec la réalité de leur travail.» D’ailleurs, ce sont souvent les chercheurs qui font appel aux éthiciens lorsqu’ils sont confrontés à une situation délicate.Que faire avec les échantillons d’ADN?Combien d’années peuvent-ils les conserver?A qui appartient l'information génétique?«Ils arrivent avec des problèmes que nous n’avons pas inventés», dit Mme Knoppers.Les questions sont multiples et les réponses sont loin d’être toutes faites.«On répond à des besoins réels et, en même temps, on observe ce qui arrive ailleurs, les enjeux qui sont déjà en cours dans d’autres pays.Ce n ’est pas une éthique de service, on fait nous aussi notre propre conceptualisation qui nous permet d’avancer et même de devancer les recherches.On n ’attend pas juste pour réagir, on essaie de se préparer une éthique prospective pour l'avenir.» La juriste Lyne lot ou ni eau, qui a fait partie du grou|x* sur la transgénèse animale, a saisi cette occasion de présenter les courants de pensée dans le rapport entre l’être humain et l’animal, ¦ l/s chercheurs ne voient pas de problème dans l’utilisation d'animaux de laboratoire», dit-elle.Son but n’était pas de faire changer les opinions des autres participants mais de leur fournir une meilleure connaissance.«Moi-même, je n ’ai pas de position arrêtée, je considère que ma réflexion est en cours.Ça m’a permis d’approftm-dir tous ces points de vue qui existent sur le marché des idées.» «Ces discussions aident à sensibiliser tout le monde, dit Mme Knoppers.A sensibiliser les gens qui ont beaucoup de craintes et qui croient que la nature est statique, et ceux qui se disent que l’espoir est dans le progrès.Entre les deux extrêmes, on trouve une approche qui reconnaît la complexité de la science, de l’être humain et de la nature.Je suis entourée d’une équipe qui ne croit pas nécessairement que Unite décmverte est un bienfait pour l’humanité.En travaillant avec les chercheurs, on partage beauamp leurs espoirs, leur curiosité intellectuelle, leur liberté d'expressùm.On est conscients des défis et des possibilités de dérive.» Si sa rencontre avec les éthiciens lui a permis de répondre à sa question de départ, François Pothier semble assailli de nouvelles questions plus complexes que jamais! «la situation n’est pas toujours aussi simple qu’on le voudrait, réalise-t-il.On a mesuré tout ce qu’il y a auUmr de la science.» I ni et ses collègues ont d’ailleurs choisi de mettre certains projets de modifications génétiques en veilleuse, comme celui de créer un porc transgénique qui produirait plus de viande plus rapidement.Et il est aujourd’hui un farouche partisan des cours de philo! «Ces gens-là ne sont pas là pour nous ralentir, ils sont là pour nous ouvrir Us yeux.Il y a sûrement des chercheurs qui ne sont pas d’accord avec le fait de s’asseoir et de faire de l’éthique, mais ils n'auront pas le choix.CM vit dans une société, pas dans un Uiboratoire!» jlachapelleCa ledevoir.com Des questions pour tout le monde La politique scientifique du Québec, qui a été dévoilée en janvier dernier, renferme une suggestion originale proposée par le Conseil de la science et de la technologie: l’implantation d'une commission d'éthique.«Farce qu'ils concernent toute la société, a écrit le Conseil dans le projet soumis au ministère, les enjeux éthiques du progrès scientifique et technologique ne peuvent être confiés à la seule analyse des membres de la communauté scientifique.» Les chercheurs ne peuvent être a la fois juge et partie dans ce débat, «compte tenu des autres enjeux majeurs, à la fois politiques et économiques, associés aux découvertes scientifiques et technologiques».Et la population, rappelle le Conseil, peut difficilement se prononcer si elle n’est pas adéquatement informée.La commission se donne donc le mandat d’informer, d’organiser des débats publics sur des enjeux scientifiques, de prendre position et de conseiller le gouvernement.Elle sera formée de membres du Conseil, de scientifiques, de spécialistes de l’éthique et d’individus provenant d'autres domaines comme l'éducation, les médias, ou simplement du grand public.In commission, souhaite la présidente du Conseil, Hélène Tremblay, pourrait être mise en place d’ici quelques mois.J.L.La bête noire des astrologues PASCAL LAPOINTE AGENCE SCIENCE PRESSE Depuis21 uns,Gene Emery,de lYovidence, Rhode Island, lit ! les predictions astrologiques.Il | est loin d'être le seul: îles millions de gens, dans le monde, le font avec passion.Mais il est l'un des très rares à relire ces predictions, un an ou deux plus tard.pour J voir lesquelles se sont réalisées! C’est que Gene Emery est journaliste.Et il a décidé d'appliquer aux prédictions astrologiques une méthode journalistique: verifier.Plutôt que de se contenter de tourner la page avec irritation lorsqu'il tombe, dans l’un de ces journaux à sensation, sur le dernier astrologue ou voyant en train de prédire la destruction de Dis Angeles dans un tremblement de terre ou l'atterrissage d’extraterrestres devant l’immeuble des Nations unies, il découpe l'article et le conserve.Et, en fin d’année, depuis 1979, il effectue une compilation des résultats.On trouve de tout Les astrologues, voyants et autres devins n’aiment pas du tout Gene Emery.Parce que les résultats en question sont toujours, pour eux, désastreux.Non seulement les événements précis qu'ils ont annoncés ne se produisent-ils pour ainsi dire jamais, non seulement les événements vagues qu'ils ont annoncés sont-ils si vagues qu'ils n'ont rien de convaincant, mais, en plus, en 21 ans, il a été impossible de trouver un seul événement inattendu qui ait été prédit par l’un de ces devins (de la chute du mur de Berlin au scandale sexuel du président Clinton).On trouve de tout dans les «archives Emery» qui, quand il ne fait pas d’articles sur les astrologues, couvre le secteur scientifique au Providence Journal, un quotidien du Rhode Island.Des prédictions redondantes, comme, par exemple, ce nombre énorme de «voyants» qui, au milieu des années 90, ont annoncé que O.J.Simpson, qui venait d’être acquitté du meurtre de son épouse, allait confesser l’avoir fait; ou ceux qui, après la mort de la princesse Diana, ont «prédit» le remariage imminent du prince Charles.Mais des prédictions bizarroïdes aussi.Michael Jackson annoncera avoir subi une opération pour changer de sexe.lx« prince Charles, encore lui, s’envolera dans une navette spatiale.les extraterrestres, encore eux, dormiront dans la chambre Lincoln de la Maison-Blanche.Des terroristes feront sauter les deux bras de la statue de la liberté, le voyage dans le temps deviendra chose courante en 1997.Fidel Castro déménagera à Beverly Hills après le renversement de son gouvernement.les Américains obtiendront une déduction d’impôt de 1000 $ pour chaque criminel de carrière qu'ils auront abattu (quoique les plus cyniques diront que dans certains Etats du Sud, ce ne serait pas si invraisemblable.).Un Américain sur trois croit à l’astrologie Pourquoi perdre son temps avec pareilles broutilles, demandait récemment un journaliste du très sérieux Washington Post à son pas si sérieux collègue?Eh bien, pour commencer, le fait qu’un Américain sur trois croie à l’astrologie.Voilà une raison qui en vaut bien une autre.Selon un sondage de la National Science Foundation, effectué il y a quelques mois, un Américain sur six a déjà consulté au moins un voyant (psychic).«Une vérification est nécessaire, explique Emery.I^es librairies sont submergées de livres présentant ces choses-là comme véridiques.J’ai même grandi avec la conviction que tout cela avait déjà été démontré et que l'establishment scientifique était trop borné pour voiries preuves.Ixts gens ont besoin de savoir qu'ils gaspillent de l’argent là-dessus.«Si on leur donne les faits, qu'ils apprennent que peut-être 5 % de ces choses, et pas plus, deviennent à peu près vraies.Et s’ils choisissent tout de même de continuer à y croire, alors, d'accord», on pourra dire qu’au moins, ils savent ce qu’ils font et qu’ils dépensent leur argent en connaissance de cause.Mais, autrement, ces broutilles servent à vider les porte-monnaie des naïfs.avec l’appui des journaux qui les publient f t I I.K l> K V O I K , L K I.I N I) I l AVRIL 2 0 II I LE DEVOIR PIMETE Gaston, y a le téléfon.Télé portable MICHEL HUMAIS Qui ne connaît pas ICQ, cette application de messagerie personnelle qui a lancé une petite révolution sur Internet les communications de personne a personne en temps réel?Suivirent des progiciels comme MSN Messenger, AIM et tutti quanti.Malgré ses trous de sécurité importants, ICQ demeure l’application de messagerie personnelle la plus utilisée sur Internet.Mais qui aurait pensé que ICQ pourrait servir un jour de téléphone?J’aime ICQ.Depuis ses tout débuts, cette application me permet de rester en contact avec des amis et des confrères.Mon frere, programmeur de son état, est maintenant établi en Californie, dans la chic vallée de la Silicon.Grâce à ICQ, nous pouvons rester en contact l’un et l’autre et discuter presque tous les jours.Mais, récemment, ICQ introduisait dans sa version 2000 une nouvelle composante des plus pratiques: un module de téléphonie vocale IP.En langage clair, cela veut dire qu’il est maintenant possible, pour deux personnes ayant la même version de ICQ (désolé, les utilisateurs Macintosh, cette fonctionnalité n’est pas intégrée dans la version Mac de ICQ), de se téléphoner et de discuter en temps réel.Di technologie employée est celle de Net2Phone, un vieux de la vieille dans le domaine.Que vous possédiez un modem à 56k ou une ligne haute vitesse, les résultats obtenus sont surprenants et annonciateurs d’autres innovations à venir.Par exemple, j’ai grand plaisir à économiser quelques sous en frais d’interurbains en communiquant par ICQ avec des amis à New York et à San Francisco.Les discussions que nous tenons sont claires, avec très peu de baisses de rendement et de coupures dans la communica- fëlCo.phone "T :fï 1 ^ l 3 1 ' 4 | 5 | 6 1 7 | 8 j 9 1 * 1 0 1 * 1 CALL 1 Call PC to PC a | z) li Mtnu,/ | My Account *2* lion.Et avec une ligne haute vitesse, nous pouvons non seulement potiner mais aussi échanger quelques fichiers en même temps, sans perte de qualité.les communications avec ICQ peuvent se faire de PC a PC ou encore de PC à téléphone.Cependant, si vous faites un appel de PC à téléphone, vous devrez payer les frais d'interurbains normaux.Dernièrement, j’ai eu un petit problème avec ma ligne téléphonique courante.Durant quelques heures, j’en tus privé.Heureusement, ICQ Phone m’a permis de contacter une amie pour qu’elle vérifie ce qui arrivait.Même sans téléphone, je pouvais encore continuer à communiquer avec une autre personne.Important: pour obtenir des résultats optimaux, je vous conseille fortement d’acquérir un bon micro ou, mieux, un microcasque, l’intelligibilité de vos conversations en dépend.ICQ 2000 pour Windows www.icq.com MICHEL HUMAIS Regarder la télé sur son portable était une opération refusée à la plupart des utilisateurs.Quelques PCCard vendues à prix d’or, et difficiles à installer, permettaient a une élite de regarder ses émissions favorites sur son portable.Les ordinateurs de bureau, eux, pouvaient bénéficier de cartes plus simples a installer.Mais, la semaine dernière, ATI, le fabricant canadien de cartes vidéo, me faisait parvenir un petit boîtier rouge qui, une fois branché au câble et à un portable par l’intermédiaire du port USB.permet d’écouter la télé sur son écran de portable.Chic! Enfin, je peux écouter Claire Lamarche sur mon portable, vous vous rendez compte de ma chance?Et tout cela à cause d’un petit boîtier rouge vachement design, qui répond au nom sexy de TV Wonder USB.Un jeu d’enfant Installer ce boîtier est un jeu d’enfant, à la portée de n’importe qui.Primo, déballer le machin rouge.Secundo, brancher le câble télé dans le connecteur réservé à cet effet.Tertio, brancher le boîtier au port USB du portable.Pour terminer, insérer le cédérom dans le lecteur, installer les logiciels, relancer la machine, eQ miracle! Claire Lamarche ap-parait dans une petite fenêtre ou en plein écran sous vos yeux ébahis.C’est-t’y pas beau, le progrès, m’sieurs-dames?De plus, pour les amateurs de montages vidéo, il est possible de numériser vos vidéos en branchant un magnétoscope dans l’un des connecteurs du petit boîtier rouge.Et il en est de même pour le son.Il est aussi possible de télécharger les horaires télé de votre région en indiquant votre code postal.En cliquant un coup sur une émission qui vous intéresse, vous pouvez programmer l’application qu’ATI installe pour vous servir de votre portable comme d’un magnétoscope numérique.Voui, m’sieurs-dames, votre émission favorite sera enregistrée sur votre portable, pour que vous puissiez par la suite l’écouter lorsque vous serez de retour à la maison.Il vous sera même possible de reprendre ce fichier, de l’éditer et d’en faire un montage ou d’en tirer un extrait.Et le prix de cette petite merveille?149 $ canadiens à peine, ce qui est plutôt raisonnable, considérant les possibilités offertes par celled.Je vous laisse, je m’en vais écouter mes soaps.TV Wonder USB http://www.ati.com/na/pages/products/pc/ tv_wonder_usb/index.html Téléphone: 985-3344 Télécopieur: 985-3340 AVIS LEGAUX ET APPELS D'OFFRES Sur Internet: www.offres.ledevoir.com AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s'il vous plaît, prendre connaissance de voire annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.En cas d'erreur de l'éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.LT LUSSIER, TILL & ASSOCIÉS INC Syndic AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l'affaire de la faillite de : PNKU & MÉCANIQUE 4973 INC., corporation légalement constituée, ayant sa principale place d’affaires au 4973, boul.ITes Sources, Pierrefonds (QC) H8Y 3E3.Faillie Avis est par les présentes donné que la faillite tic PNEU & MÉCANIQUE 4973 INC.est survenue le 19 mars 2(K)I et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 12 avril 2(X)l à 14 h 30, au bureau du Séquestre officiel, 5, Place Ville Marie, bureau 800 à Montréal.Daté de Montréal, ce 2 J’jour de mars 2(H) I ETOILK DK l ()l KAN MARCHÉ POISSONMKR LTÉK, corporation légalement constituée, ayant sa principale place d'affaires au 6425.avenue Somerled, Montréal (QC) H4V 1S4, Faillie Avis est par les présentes donné que la faillite de ÉTOll K DK L'OCÉAN MARC HÉ POISSONNIER LTÉK est survenue le 23 mars 2001 et que la première assemblée îles créan ciers sera tenue le 12 avril 2001 à 10 h, au bureau du syndic au 1001, boul.de Maisonneuve F«st, bureau 525, Montreal.Daté de Montréal, ce 28' jour de mars 2(X)I KO H h: RT TV LL, cm.Responsable de l'actif 1001, Omil.di' Maisniim'iiu' Est.humui 525 Montreal (Quebec) H2L 4PO Tel.: (5141 878-4545 lilatnville : tel.: (450) ur CiseUe, puis pour Don Quichotte en 1992 et Ix lac dis cygnes en Pl9:v le Scie )drk Times l’a hissée au rang de grande star du ballet mondial, le Universal Ballet accumule les éloges partout où il s'arrête; on vante la cohesion de son corps de ballet et on salue son conformisme stylistique.Decots fastes qui séduiront ceux qui apprécient la ixinture de ( îusta-ve Moreau, éclairages grandioses, la production du Universal Ballet de Corée est haute en couleurs, la compagnie est reconnue jxiur créer des stx'ctades somptueux.C’est un lieu commun souvent rebattu dans leur cas (reste que la compagnie elle-même le revendique), le Universal Ballet allie la précision russe à la mystérieuse grâce de l'I trient.Collaborateur de longue date tie la compagnie, le choix'graphe ( tleg Vinogradov en est devenu le ditxv teur artistique en PUS, Il a su donner sa rigueur au spectacle dansé pour la première fois en 1992.la production du lac dts Cygnes a été proclamée l’événement de danse le plus brillant de cette année sacrée t'ii Corée «Année de la danse".Vinogradov est passé par le Bolchoïde 1961 à 1963, à titre de chorégraphe et a dirigé le fameux Ballet du Kirov, le modèle incontesté de la compagnie.On comprend que le Universal Ballet, avec son directeur, est une des institutions reconnues dans le monde pour garder vivante la grande tradition du ballot classique.LE 1AC DES CYGNES Universal Ballet de Corée À la Salle Wilfrid-I Vlletier.les 5,6 et 7 avril, à 20h.Matinée le 7 avril, à 14h Billets: (514) 842-2112.John Lewis s’éteint Washington (AFP) — le pianiste de jazz et compositeur John lewis, fondateur du Modern Jazz Quartet, est mort jeudi à l’âge de 80 ans, rapjxirtait samedi le New York Times.Selon Jazz Magazine, ]ohn lewis, qui vivait à Manhattan, est mort d’un cancer de la prostate.Le Modem Jazz Quartet (MJQ) a connu l’essentiel de son succès depuis le milieu des années 50 jusque dans les années 90, en dépit d’un silence de sept années, de 1974 à 1981.C’est John lewis, compositeur et arrangeur du groupe, dont les musiciens se produisaient en smoking, qui lui donna son image de marque.Parmi ses enregistrements les plus célèbres figurent ’Round About Midnight avec Dizzie E N BR E K Gillespie, Rouge avec Miles Davis ou les Préludes et fugues de Jean-Sébastien Bach.Décès de l’acteur Jean-Marc Bory Patis (AP) — L’acteur Jean-Marc Bory, qui avait été notamment le ixirtenaire de Jeanne Moreau dans Les Amants de I nuis Malle, est décédé samedi à Bellellr (Morbihan) d’un arrêt cardiaque, ont annoncé hier ses pnx'hes.Il avait 67 tuts.En 1955, il faisait ses débuts au cinéma dans Dossier noir d’André Cayatte, avant de jouer trois ans plus tard aux côtés de Jeanne Moreau.Il avait été a l’affiche d’une trentaine de films, dont le juge bayard dit le shérif (1976) d’Yves Boissct, ou L’Amour braque (1984) de Andrzej Zulawski.A SI 0 N Ce soir Virginie La Vie la vie 4 et demi.Mon meilleur ennemi Le Téléjournal/Le Point Sport Jamais sans mon livre (23:18) Le TVA Piment Les Mordus / France Ally McEteal Rue l'Espérance Le TVA Le Grand Blond./ Sports / Pub 18 heures fort Castel, Isabelle Cyr Lucien Francoeur Lot.(23:52) (23:59) Macaroni Les Choix Les 400 1045, des Cinéma / GRAFFITI AMERICAIN (3) Vidéaste Les 400 Les Choix Le Présent du passé 1 tout garni de Sophie Coûts Parlement.avec Richard Dreyfuss, Ron Howard recherché Coûts de Sophie Le Journal Flash / CNM Anecdotes Cinéma / LE DONNEUR (6) Le Grand 110% Phan- Flash Sexe et (17:00) Garou avec Jeff Wincott, Michelle Johnson Journal tasmes Confidences RDI Junior .Actions Le Journal Maisonneuve .tuer un inconnu?Le Téléjournal et Le Point | Maisonneuve Le Canada aujourd hui | Médias Téléjoumal Pyramide Jrnl suisse Journal Des racines et des ailes / Le Carnaval de Dunkerque | L Hebdo Bibliotheca | Jrnl belge | Soir 3 Journal Contact Animal Mystère des océans | Phénomènes inexpliqués Biographies L'Homme de six millions | Cinéma / SPARTACUS (3) [Maigrir.Copines.| Pour la vie! | | Vivre à.] Jeux de société L'art d'être parent .beauté! Copines Le Magazine Santé [Éros et Cie Top5M+.[Clip cf [Clip | Fax 1-2-3 Punk Watt Box Office [Clip Rythmes du monde Ed Sullivan Pop up.Musicographie Génération 60 Max Lounge Musicographie [Popup Razmoket Godzilla .galaxie Le Loup.Dawson La Vie à cinq La Classe.Nascar.Max Steel Starship.Angela .[Archie.Simpson [Super Zéro X-Men | .marre Simpson |Angela.Super Zéro Ce soir Sports 30 Hockey / Canadiens - Bruins Sports 30 Mag Arts martiaux Pompiers Légendes.Attila L Histoire à la une Tournants.Lune 30 Journées.Abitibi Racines L Histoire à la une Cinéma Direction: Sud Medicopter La Crim' Brigade spéciale | Romance 1 Da Vinci (Mystères de l'au-delà .nerdz Le Futur.C'est mathématique! Babylone 5 Au-delà du réel nerdz Highlander dehors D ici &.Airport Les Treks.SOS Vacances Montagnes [Golfs.Vidéo Guide D'ici & .|Le Goût.Plaisirs [Sciences.Volt | Panorama Demain.l'espace [ Cinéma / TOM EST TOUT SEUL (5) [Archimède Panorama Volt CBC News: Canada Now .Air Farce It s a Living This Hour [Made in.BroadSide |Drop.The National National Omerta III Puise Access H.Raymond Billy Graham Ally McBeal Third Watch CTV News Puise Judging .(17:30) Canada.Addams.ET.Boston Public 3rd Rock from the Sun Blue Murder Prime Bus.Sports Arrest (0:05) G Shrinks Mechanics [Vista / Avalanche Studio 2 Cinéma History / The Nazis Tmprint Studio 2 News ABC News Spin City Frasier [Cinéma / PICTURE PERFECT (5) avec J.Aniston St.Jude’s Hospital News .(23:35) ) Politi.(0:06) News CBS News ET King of.|Yes, Dear | NCAA Basketball / Finale - Équipes à confirmer News Late.(0:05) News NBC News Jeopardy Wheel of.Dateline NBC First Years Third Watch News Tonight Show (23-35) Sabrina 3rd Rock.Seinfeld Drew Carey Boston Public Ally McBeal Popular Home.Star 1tr;k Voyager Newshour Business.Delivery Antiques Roadshow 1 American Experience / Scottsboro [Cinéma / WHAT ABOUT BOB?(4) | Nature BBC News | Business.| Newshour [Television: The First Fifty Years BBC News [Charlie Rose News I Wheel of.[Jeopardy Mysterious Ways Ally McBeal Third Watch CTV News | News Open (0:05) Niqht Court | NewsRadio Law & Order Biography 100 Centre Street IR: The Search for Amy Law S Order Biography Saudade - Jazz Cabaret Videos | Eden | Cinéma / HELLO DOLLY (4) avec Barbra Streisand.Walter Matthau NYPD Blue Homicide Crocodile Hunter | @discovery.ca Wild Discovery Wild |Eco.Eco-Challenge 2000 ©discovery.ca Crocodile Breaking .Archaeolo.Hist.Bites Crown.Great Train Stories Turning Points Yugoslavia.Tour of Duty Turning.BBC News Bus.News CBC News Health .Counterspin The National The Passionate Eye Counterspin National ENG Dead Man's Gun Total Recall F/X Queer as Folk [Cinéma / QUERELLE (4) avec B.Davis | I Professional Wrestling .of Forensic Science Junkyard Wars Police.Camera, Action! 2 Ten Great Escapes Junkyard Wars Police.I Pet Project I Dogs.Jobs I The Goods 1 Fashion.Miracles | Real World Extra | The Lofters 1 Dogs, Jobs 1 Zoo Diaries | Miracles | Real World Extra Off.Record |Sportsdesk Hockey / Canadiens - Bruins | WWF Raw is War I Sportsdesk WWF Raw Isportscentral .News SportsDox | NCAA Basketball / Finale: équipes à confirmer [Sportscentral |Two.Kind Zack Files Radio.Grizzly.Treasure [Dragon Ball Gundam | Escaflowne Crush Rex.Student Zack Files Served'?NOS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon LA VIE, IA VIE Petites histoires toujours aussi fraîches et charmantes.Radio- Canada, 19h3f) GRAFFITIS AMÉRICAINS George Incas d’avant Star Wars.Une chronique nostalgique des années 50.Télé-Québec, 20h LES 30 JOURNÉES QUI ONT FAIT LE QUÉBEC Document sur la colonisation de l’Abitibi, le dernier territoire québécois à avoir été «colonisé».Historia, 21 h VIDÉASTE RECHERCHÉ.E Ce concours, qui en est a sa dixième édition, permet de découvrir de jeunes vidéastes.Télé-Québec, 221/ BIBLIOTHECA Entrevue avec l’auteur des Cendres d’Angela, Franck McCourt.TV5, 22h30 SPARTACUS Bien avant Gladiateur, Stanley Kubrick avait tracé un portrait somptueux de la Rome antique.Cana! D, 23h Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable I I.K I) K V « I K , I, E L I N I) I A V K 1 L > 0 0 I B K Budget Marois LeCALQ est content STÉPHANE BAILLARGEON LF.DEVOIR Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) est somme toute heureux du sort que lui a réservé le budget de la semaine derniere.Le CALQ «accueille positivement» les nouveaux crédits récurrents de sept millions.Cet ajout porte son enveloppe de base à 55,4 millions à partir de 2001-2002.Par ailleurs, le budget Marois reconduit pour l’année qui se terminait le 31 mars (samedi) les crédits supplémentaires de 12 millions ponctuels que le gouvernement avait alloués l’an dernier.«Ij>s annonces du discours du budget constituent un premier geste vers la récurrence des crédits destinés aux artistes et aux organismes, récurrence essentielle pour un dévehppement durable des arts et des lettres, dit un communiqué de l’organisme.Même si ces crédits ne répondent pas à l'ensemble des besoins urgents du secteur des arts et des lettres, leur portée sera tangible pour les quelque 15 (XX) artistes et créateurs qui sont au cœur de la culture québécoise.» Dans sa propre déclaration officielle, le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL), qui regrou|>e les associations professionnelles représentant ces quelque 15 000 «artistes et créateurs», a plutôt accueilli «avec une immense déception» le nouveau budget.Le MAL veut que Québec double les budgets du CALQ, pour les faire passer à 90 millions.«Après quatre années de croissance économique, les membres du MAL s'attendaient à ce que le gouvernement, ayant les moyens financiers voulus, réponde enfin à leurs revendications de manière adéquate», dit la déclaration commune.Ix* texte rappelle que l’an dernier Québec avait augmenté de vingt millions les budgets pour les arts et les lettres.«Aujourd'hui, l'annonce de crédits supplémentaires de 33 millions sur quatre ans a semé la consternation.» Le bureau de la ministre rejette cette analyse établissant une stagnation, voire une diminution des fonds pour les arts et les lettres.Le cabinet de Diane Lemieux, comme la direction du CAD), préfère mettre l’accent sur la hausse des crédits récurrents et donc de l’enveloppe de base du Conseil.«On ne peut pas parler de diminution des budgets du CALQ, dit l’attachée de presse de la ministre.Les budgets de base augmentent.» Les musées Dt réaction du secteur muséal est plus mitigée.«Pour nous, le budget reconduit les sommes de l’année dernière: c’est mieux que rien, mais c’est bien en deçà des besoins», dit Réjean Perron, directeur général de la Société des musées québécois, l’organisine-para-pluie du secteur.D budget Marois accorde 10,8 millions aux institutions muséales.La même somme a accompagné l’adoption, l’an dernier, de la première politique muséale.Les muséologues évaluent leur besoins à 18 millions par année, «18 millions récurrents», précise M.Perron.Cette fois, sept millions doivent servir à «améliorer les conditions de travail de leur personnel et, entre autres, [à] développer les compétences des jeunes diplômés», selon les précisions fournies par un communiqué du ministère de la Culture et des Communications.Ces crédits serviront aussi au renouvellement des expositions permanentes et à la mise en circulation des expositions temporaires.Le reste de l’enveloppe (3,8 millions) est réservé au Musée des beaux-arts de Montréal et au Musée du Québec, notamment pour l’acquisition d’œuvres.La SMQ déplore le manque d’initiatives par rapport à la muséologie scientifique, malgré l’adoption récente d’une politique nationale.Par contre, la Société applaudit à la décision de financer les deux réserves communes qui seront aménagées à Québec et Montréal à l'aide de 16 millions.Stimulant simulacre IMPERTINENCE Un scénario de Denise Chartrand mis en scène par Michel Fréchette assisté de Dominic Anctil.Décor, marionnettes et projections: Marc-André Coulombe.Musique: Pierre Moreau.Eclairages: Jean Gervais.Marionnettistes: Marthe Adam, Patrick Martel, André Meunier, Louis-Philippe Paulhus, Michel P.Ranger et Marc-André Roy.Une production du Théâtre de l’Avant-Pays présentée à la Maison Théâtre jusqu’au 8 avril.Durée: environ une heure.lAiblic visé: les 9 à 12 ans.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Pour célébrer son 25' anniversaire, le Théâtre de l'Avant-Pays ressort de ses cartons une de ses plus vieilles et plus célèbres créations: Impertinence, que la compagnie présentait pour la pn^ mière fois en 1986.Disons tout de suite que Impertinence est d’abord le type même de la pièce mal nominee, mal titrée: on attendrait quelque chose de plus large, qui reflète mieux l'ampleur de ce que l’on nous offre ici, c'est-à-dire rien de moins qu'une réflexion percutante sur le sens de la vie en général.Tout cela semble bien sérieux.Pourtant l'auditoire scolaire qui faisait vibrer la Maison Théâtre vendredi dernier s’est tout de suite laissé séduire par cette sorte de symphonie sans mot construite en contrepoints divers dy telle sorte que surgit, d’abord l'Emotion avec un grand E.Quand on sait que tout cela se déroule sur une scène nue à l’exception de quelques tables que l'on déplacera selon les scènes, une scène nue parsemée parfois de tissus colorés et toujours éclairée de façon si intelligente qu’on y lit déjà la dimension dramatique d’une histoire sans histoire jouée par des marionnettes en plastique.il y a de quoi s’émerveiller.Impertinence s'écrit en effet en neuf tableaux successifs illustrant, de la naissance jusqu’aux derniers SOURCE MAISON THÉÂTRE Sous les yeux des jeunes spectateurs, la vie d'une marionnette se déroule.moments, It's différentes phases de la vie d’un être anonyme, nu, sans artifice et presque sans histoire: une petite marionnette de fibre de verre et d’acier affichant des allures vaguement extra-terrestres.Une marionnette qui se décuplera lorsque les Autres apparaîtront puis que le Pouvoir, la Répression et le Combat, la Rencontre même, viendront s'inscrire sur son parcours.Une marionnette aux mécanismes apparents.Aussi flexible que tous les gestes qu’arrivent à proposer ses manipulateurs bien visibles qui viennent soir ligner, comme dims la tradition japonaise du bttnraku.que tout cela n'est qu’un jeu, un simulacre-réflection de la réalité.Un théâtre du simulacre en fait dont la principale, étonnante caractéristique est de susciter l'émotion et même l’enthousiasme des trois autobus jaunes d’écoliers qui ont applaudi à la dernière scène en criant à pleins poumons leur surprise et leur plaisir.Faut-il dirt' encore à quel point la production de l’Avant-Pays est une démonstration remarquable du pouvoir d’évocation du théâtre de marionnette.Et que des réalisations comme Impi'rtinence permettent de respirer un peu mieux en constatant qu’à l’heure du Nintendo, de Télé-Toon et de la console PlayStation2, il semble finalement y avoir encore place pour le plaisir intelligent.-* LE DEVOIR *- CULTURE Entretien avec Yves Duteil Un espace de liberté Le parcours d’un chanteur engagé Les chanteurs français profitent souvent d’une tournée québécoise pour roder leur spectacle.Yves Duteil, lui, arrive avec un spectacle parfaitement rodé qu’il promène en France depuis deux ans.Les chansonniers commencent souvent par s’accompagner à la guitare acoustique puis s’entourent de musiciens et d’instruments.Yves Duteil, lui, chante accompagné de sa seule guitare sèche et du pianiste Michel Précastelli après avoir été accompagné de cordes, de percussions, de claviers et de chœurs.D’où le titre de son plus récent double CD, Tournée acoustique, dont la sortie coïncide avec les récitals qu’il s’apprête à donner au Québec.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Yves Duteil: «La matière de mes chansons, c’est la matière de ma vie.» SOLANGE LÉVESQUE / TJ' crire des chansons, c’est à la ^ 1-jfois ce que je sais faire et ce qui m’est le plus difficile au monde, ce qui me coûte le plus et ce qui me rend le plus heureux.Très vite, j’ai senti le besoin d’écrire pour être utile, pour transmettre une substance.Même légère, la chanson rejoint les gens; c'est un paradoxe», fait remarquer Yves Duteil.«“Un poète qui ne dérange pas ne sert à rien”, disait Félix Ixclerc.La phrase m’a marqué.En parlant avec lui, j'ai réalisé qu’être poète, c’est mener un combat.» La carrière de Duteil a connu son véritable coup d’envoi en 1978: «Félix, qui s’apprêtait à donner un tour de chant en France, a dû annuler pour raisons de santé.Sur l’invitation de Jean Dufour, j’ai alors pris sa relève au pied levé.» Tout un réseau s’ouvrait à lui.«J’ai eu la chance de me faire connaître dans des conditions idéales.Je me souviendrai de cette tournée toute ma vie.» Il y a plusieurs façons de déranger et de mener un combat.En chantant l’amour, Injustice et la tolérance, par exemple.mais gare aux apparences! Si lisses et mélodieuses que semblent les chansons de Duteil, elles ne font jamais l’économie de la souffrance.«Im chanson est un espace de liberté.La difficulté de notre époque, c’est d’être confronté à la dureté, à l’âpreté et à la barbarie sans pour autant se refermer.» En 1985, à la suite d’une conversation avec Félix au sujet du français, Duteil écrit La Langue de chez nous.«J'espérais alerter les francophones qui pensaient que l'avenir du français allait de soi», explique-t-il.Le succès est immédiat international.Existe-t-il une seule chorale au Québec qui ne l’ait mise à son répertoire?Retour aux sources Au début, Yves Duteil chante avec sa guitare.Bientôt, il s’entoure de musiciens.Après 30 ans de scène et environ 160 chansons, l’auteur-compositeur-interprète explique ainsi son retour au mode acoustique: «Pour pouvoir s'en tenir à l’acoustique, il faut avoir prouvé qu’on peut faire autre chose et qu’on ne se confine pas à la simplicité par crainte de la difficulté.La sobriété de l’instrument est souvent plus exigeante que le travail avec orchestre!», signale-t-il.Cet accompagnement discret fait encore mieux entendre le contenu étonnamment riche des chansons de Duteil.«Mes chansons sont intimes parce qu’elles puisent leur matière à même ma vie.Cela suppose une grande ouverture en même temps que beaucoup de pudeur.On ne peut pas livrer cela dans n’importe quel contexte.» Le meilleur contexte demeure, selon lui, la salle de spectacle, où les gens viennent vraiment pour écouter.«On peut alors livrer des choses plus intimes sans avoir l’impression d’être impudique.» La vie tout entière Le répertoire d’Yves Duteil contient toutes les nuances de la vie avec ses misères, sa légèreté, son absurdité et ses drames.Le poste de maire qu’il occupe depuis 1989 à Précy-sur-Marne (il vient tout juste d’être réélu) Ta familiarisé avec de dures réalités qui ont fait de lui un homme plus engagé que jamais.Un dé-nominateur commun entre la mairie et la chanson?«Un engagement citoyen, répond Yves Duteil, c’est-à-dire une interaction, une interdépendance entre conscience et humanisme.» «Lorsqu'on porte ses opinions sur la place publique, on risque des attaques.pas toujours très relevées», constate-t-il.On sait que l’homme prend parti pour des causes humanitaires telles que la défense des prisonniers d’opinion tibétains, la promotion de l’écolo- gie, les campagnes pour le reboisement (avec Raymond Devos), Taide aux enfants hospitalisés et la défense du français, bien sûr: «Je me suis battu en France pour les quotas de chansons françaises à la radio.A l’époque, le discours consistait à dire: “il faut laisser aux jeunes la liberté d'écouter ce qu’ils veulent”, petite phrase à laquelle on ajoute bien vite: “et voici ce qu'ils veulent!”pour imposer une sorte de musique à l’exclusion de toutes les autres, à commencer par la chanson française.» Prendre parti sur la place publique en conciliant les tâches du maire avec le travail de l’artiste n’est pas une sinécure.«Être maire exige la précision technique au sein d’une grande responsabilité.On gère le bien d’autrui; on a des comptes à rendre et on doit dire non à des gens.En chanson, même engagé, on baigne dans la poésie et la fantaisie.» Ce double emploi donne évidemment des armes aux gens qui voudraient discréditer un maire devenu plus vulnérable parce qu’il s'expose et se livre dans ses chansons: «La notoriété facilite les choses pour certains dossiers mais il y a un revers à la médaille: le jugement sera implacable pour l’artiste chargé d’un pos- te de responsable s'il ne se montre pas à la hauteur de sa mission.» Yves Duteil, c’est bien sûr La Langue de chez nous, c’est aussi Prendre un enfant, élue «chanson du siècle» à l’occasion du centenaire du disque, en 1988; c’est Dreyfus, à la mémoire de son grand-oncle, le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé à cause de ses origines juives, mais c'est également Yen, Grand-père Yitzhaak, Autour d’elle et Aller simple pour l’enfer, ainsi que Mélancolie, qu'il interprète en duo avec Véronique Sanson (on retrouvait ce duo sur le disque Entre elles et moi; en spectacle, Véronique Sanson apparaîtra sur écran pour chanter avec Duteil).Toutes ces chansons plus une vingtaine d’autres sont gravées sur le nouveau double CD.¦ A l’affiche au Gesù du 4 au 8 avril avant de sillonner la province jusqu'au 22 avril, Yves Duteil donnera une soirée-bénéfice le 11 avril à la salle Albert-Rousseau de Québec au profit de la Fondation Félix-Leclerc, qui mène actuellement sa campagne de financement pour l’édification de l’Espace Félix-Leclerc à Tile d'Orléans.Une autre cause qui lui tient à cœur.Si lisses et mélodieuses que semblent les chansons de Duteil, elles ne font jamais l’économie de la souffrance CONCERTS CLASSIQUES Que c’est beau, la musique RÉCITAL iVLFRED BRENDEL J.Haydn: Sonate en sol mineur Hob.XVI: 44; W.A.Mozart: Fantaisie en ré mineur K.397 et Sonate en la mineur, K.310; L van Beethoven: 33 Variations sur une Valse de Diabelli, op.120.Al tied Brendel, piano.Salle Claude-Champagne, le 31 mars 2001.FRANÇOIS TOUSIGNANT Les récitals-bénéfice sont généralement plus associés à des manifestations mondaines qu'à des soirées riches.Pour confirmer la règle, voici l'exception: samedi soir, la fébrilité de l’expectative artistique était davantage au rendez-vous, salle Claude-Champagne alors que pour sa soirée-bénéfice la Faculté de musique de l’Université de Montréal avait invité le prestigieux pianiste Alfred Brendel.Et dans son répertoire de prédilection: les trois classiques viennois.La Sonate de Haydn qui faisait office de prise de contact ne fut rien de moins qu’une pure splendeur.Au mépris de l’effet — effet trop souvent confondu pour de l’émotion —, Brendel se concentre, pour les musiciens, sur l'art du compositeur.Il lui faut donc se hisser aux idées de Haydn et à leur originalité.D’emblée, l'oreille est captive tant par la personnalité du jeu que par son nécessaire naturel.On n'écoute pas Brendel: on entend Haydn.Les petits jeux subtils des motifs, les tournures sur- prenantes du discours viennent chercher une attention que le plaisir de la compréhension récompense du plus grand bonheur.Brendel, encore une fois, fait mentir ceux qui croient que les pages «méconnues» de Haydn doivent être mineures.Ici, on peut parler d’une grande œuvre révélée.Le territoire est bien débroussaillé: les musiciens sont séduits et ravis.Passons vite sur la Fantaisie en ré mineur de Mozart qui, dans le fond, ne servait que de préambule à la grande Sonate en la mineur.Brendel ose un parallèle entre ce que Mozart a lui-même construit avec la Fantaisie et la Sonate en do mineur et tente d'y apporter la même dimension dramatique.Il y réussit presque, ne serait-ce que par l’éclairage que cela apporte à la sonate.La partition est en effet lourde demotion, fidèle à l’anecdote qui raconte que sa composition fut faite sur le chemin du retour de Paris, alors que Mozart, y ayant essuyé un échec public, ramenait à Salzbourg le cadavre de sa mère.Brendel nous rappelle à Tordre; oublions la rage, la tristesse et tout ce bagage qui fait qu’on peut trop facilement grossir le pathos à la loupe et concentrons-nous sur l'essentiel: la musique.Le premier mouvement ne martèle rien: il exprime.Le deuxième devient, miracle de la grâce, un joyau de lyrisme pudique et senti (alors que souvent, on se dit qu'il faut bien le laisser passer.).Le finale tourne en rond.Manifestation du désespoir qui ne trouve pas de porte de sortie et que Bren- del fait tournoyer avec la même rigueur que celle d'un vent d'automne qui fait tourbillonner les feuilles mortes.Plus que la beauté, la vérité nous renverse.Dans toutes ces œuvres, Brendel fait les reprises.Pourquoi le souligner?Pour sa manière de le faire.Le problème de la «reprise» ici trouve sa clé.C'est ce que qu'un Charles Rosen appelle la «réinterprétation du matériau» et qui apporte encore de l'eau à Tabée du moulin de cet aphorisme de Berg qui les adorait parce que, lorsque bien faits, «les thèmes ont vécu et offrent une profondeur plus grande».Guidés par les mains de cet artiste géniale-ment inspiré, on les redécouvre avec lui.Rencontre émouvante Le cadeau généreux ne s’arrête pas là.Brendel offre en seconde moitié de récital ce qu’il considère comme la meilleure et plus grande œuvre jamais composée pour le piano: les Variations Diabelli de Beethoven.Si jamais imagination, sens de l’architecture et triomphe de l'intelligence artistique sur la bêtise ont eu un sens, c’est dans cette interprétation-là.Comment décrire, voire écrire, cette musique?Une partition et un pianiste se rencontrent.Une pensée de créateur et une pensée d’interprète se conjuguent.L'œuvre naît de ce mariage et n'existe qu’un temps, celui de son existence en salle.Tant pis pour quelques fausses notes, pour un médium aigu du Stein-way pas aussi bien timbré que le reste du clavier.Ou alors tant mieux: cela force à compenser les faiblesses des contingences par un dépassement.Nous étions en faculté de musique et nous reçûmes la plus grande leçon de musique jamais entendue.Tart restant, quoi qu’on puisse dire en nos temps où prime le divertissement, la plus suprême des pédagogies.Sublime, même au sens ou la neige carbonique se sublime en passant directement à l’état gazeux, sautant l’étape de la transition liquide.La matière brute fie texte) se transmute en un espace de temps où rien n’existe que la communion au chef-d’œuvre, Brendel n’étant plus que médium indispensable à cette sorte de messe musicale, officiant qui nous gratifie de tous ses privilégiés accès à une lumière sonore inouïe.Les vagues du cycle de variations font comme celles de Tocéan.Chacune voit sa crête toujours plus haute que celle de la précédente, le ressac se fait encore plus profond de lame en lame.Poursuivant l'image, on arrive à la fin de la pièce comme sur une grève de sable finement lissée par cette marée qui s’est retirée avec noblesse.Parfois on sort d’un concert enthousiasmé, déçu, stimulé ou ennuyé.A la sortie de ce récital d'Alfred Brendel, une seule phrase monte aux lèvres: que c'est beau, la musique.La critique admet alors son impuissance à rendre en mots ce qui ne vit qu'en notes, le centre d’un propos qui lui échappera toujours et qui s’évadera toujours furtivement de l’analyse, comme la beauté d'un éphémère éblouissement qui crée un éternel souvenir.< l
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