Le devoir, 11 janvier 2001, Cahier A
Vol.X (’ Il N ° 2 S 7 AûuST ^ MCPiATcuFS PAniS L'AfFAiF£ MtCHAUP.S'CuZÎZ, C'tSTLt Cli/vTjiV/ jAMAif VouÇ R£u&i$S(îl ii AuRAiî UNÊ ftrirt MtfSiVw fou R tftuf F(?o(?Mf-0Ri£A/T.Les juifs et les pires maux de l’histoire En première page, en couleurs et en gros plan, une femme palestinienne pleurant son fils.Je compatis sincèrement à sa douleur et j’exprime mes aussi sincères condoléances.Mais pourquoi faut-il toujours accabler les juifs des pires maux de l’histoire?On renie leur passé, ce passé dont la figure la plus importante est Jésus, et à présent, on discute de leur avenir.Pourquoi ne pas montrer en première page, en couleurs et en gros plan, les cinq orphelins juifs dont les père et mère sont tombés dans une embuscade?Le peuple juif et ses descendants spoliés de tous leurs biens revendiquent-ils le droit de récupérer maisons et propriétés et de retourner vivre en Allemagne, en Italie, en France, en Pologne, en Roumanie, en Hongrie, etc., même ayant une clef?Prenons l’exemple des Arméniens (un peuple que j’admire beaucoup), un exemple parmi tant d’autres.Ils ont tourné dignement une page de leur triste histoire, ils ont retroussé leurs manches et sans l’aide de «milliards» en compensation, ils ont bâti une nouvelle vie ailleurs, sans oublier de garder en souvenir la clef de leur maison détruite.I-aura Bueno Montréal^ 4 janvier 2001 Intolérance ou favoritisme?Quand Dorothy Zalcman Howard écrit qu’il faut censurer toute personnalité publique qui s’attaque à des citoyens juifs ou à B’nai Brith, je ne peux que rester perplexe.Est-ce que ça signifie qu’ils ont tous la vérité infuse et que toute contestation des propos d'un juif ou de B’nai Brith est donc à proscrire?Robert Libman, président de B’nai Brith, est l’un de ceux qui font la promotion de la partition du Québec advenant un vote majoritaire de la part des Québécois en faveur de la souveraineté.Ses propos sont non seulement condamnables, puisqu'ils incitent à l’anarchie et au rejet d’un résultat démocratique, mais constituent également une prise de position très politique.LETTRES -?- En tant que président de B’nai Brith, ce dernier ne peut ignorer que ses propres positions soient perçues comme étant celles de l’institution qu’il préside.Il n’y a pas de place pour le racisme, la discrimination ou le dénigrement au Québec, et ce, pour tous les citoyens, juifs compris.Pierre Forest Richelieu, 22 décembre 2000 Sur le sionisme La lettre de Ghila Sroka, du magazine Tribune juive, parue le 8 janvier dernier dans Le Devoir, m’a grandement intéressé.Sa rétrospective des moments forts du sionisme faisait un survol éclairant des grands faits et dates de cette idéologie et de son organisation temporelle.Il est regrettable que Mme Sroka se soit arrêtée en si bon chemin et qu’elle n’ait pas pu continuer son exposé historique.Si elle avait disposé de plus de place, elle aurait peut-être mentionné d’autres moments forts: par exemple, en mai 1948, la déclaration «unilatérale» d’indépendance d’Israël contre les avis internationaux; le déclenchement par Israël, en juin 1967, de la guerre des Six jours et l’adoption, à l’unanimité du Conseil de sécurité de l’ONU, de la résolution 242 qui prévoit l’évacuation des territoires occupés, en échange de la reconnaissance de tous les Etats du Proche-Orient; la reconnaissance, en 1974, par l’Assemblée générale de l’ONU, du droit des Palestiniens «à la souveraineté et à l’indépendance nationale»-, la reconnaissance, depuis 1988, par les Palestiniens, du droit à l’existence d’Israël.Si Mme Sroka avait pu continuer son recensement, se rendre à toutes ces résolutions internationales bafouées par Israël et peut-être même poursuivre jusqu’aux implantations de colonies juives en territoires occupés, peut-être qu’elle n’aurait pas conclu, comme elle l’a fait, que l’objectif d’Arafat n’est pas une pane juste mais de faire en sorte qu’Israël retourne à genoux à la table des négociations.Peut-être n’aurait-elle pas conclu non plus que ce sont les intégristes musulmans, et non le gouvernement israélien, qui sont responsables du caractère insoutenable du sort du peuple palestinien.Peut-être aurait-elle été plutôt amenée à conclure, comme d’autres, que le processus de paix au Proche-Orient aurait eu plus de chances de succès si Israël acceptait de respecter les résolutions de l’ONU et ses propres engagements d’Oslo, en 1993 et 1995, ou de Charm el-Cheikh, en 1999.Robert Bernier Boucherville, 9 janvier 2001 Un geste de nature ethnique À M.Costopoulos et à ceux et celles qui, comme lui, ressentent «une douleur encore vive» des propos de M.Parizeau le soir du référendum de 1995, il y a lieu de rappeler, encore et encore, ce fait qu’ils semblent commodément oublier: dans les premiers jours de la campagne référendaire, le Congrès juif canadien, l’Association hellénique du Canada et le Congrès italo-canadien ont convoqué une conférence de presse commune pour annoncer leur adhésion au camp du NON , invitant par le fait même leurs commettants à en faire autant.Si ce geste n’était pas de nature «ethnique» en soi, alors aussi bien rayer le terme des dictionnaires puisqu’il n’a plus aucun sens.Pour nous aussi, dans le camp du OUI, la douleur a été vive lorsqu’il nous a fallu constater ce rejet en bloc, monolithique, concerté, formel et combien public de notre option par les trois principales ethnies du Québec.Rien, pourtant, ne forçait ces dernières à prendre position de la sorte.C’était néanmoins leur droit et nous avons dû faire le deuil de leur appui.Mais qu’on ne vienne pas nous dire, aujourd'hui, que ce sont nous, les nationalistes, qui avons «ethnicisé» le vote.H y a des limites à tout.Cela n’excuse évidemment pas les paroles malheureuses et déplacées de M.Parizeau devant le résultat du vote mais les explique en partie.Gabriel I^emire Montréal, janvier2001 LIBRE OPINION -?- Les syndicats et les caisses de retraite HENRI MASSÉ RENÉ ROY Respectivement président et secrétaire général de la Fédération des travailleurs y et travailleuses du Québec (FTQ) A l’occasion d’un colloque national qui a réuni 650 délégués à Québec récemment, les syndicats affiliés à la FTQ ont décidé d’engager la bataille pour une plus grande participation des salariés à la gestion et au contrôle de leurs caisses de retraite.On estime à plus de 100 milliards de dollars l’actif des régimes complémentaires de retraite à l’heure actuelle au Québec, dont 34 milliards dans la seule caisse du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP).Les caisses de retraite ont un impifet majeur sur l’économie car elles sont des acteurs privilégiés du financement des entreprises, ici et ailleurs dans le monde.Dnirs placements et leurs investissements peuvent même faire les gagnants et les perdants de l’économie.• Ces sommes énormes, propriété collective des travailleurs, sont trop souvent utilisées contre l’intérêt de ces derniers.En effet, lorsque la recherche du profit à court terme se traduit par des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises, les caisses de retraite travaillent contre nous.Nous croyons qu’il ne doit pas en être ainsi.la force économique que constitue l’épargne de nos membres en vue de leur retraite peut et doit être utilisée à leur profit collectif.Le développement fulgurant des régimes complémentaires de retraite, à partir des années cinquante et soixante, est le résultat de nos batailles syndicales.las caisses de retraite sont d’abord des bas de laine qui garantissent l’un des bénéfices les plus importants que les syndicats aient négociés, soit un salaire différé qui apporte à nos membres un revenu pour le dernier tiers de leur vie adulte, soit durant environ 25 ans.I^i gestin de portefeuille En raison de l’importance des caisses de retraite, tant pour nos membres que pour l’économie en général, nous devons nous impliquer davantage dans le contrôle de ces outils collectifs et en connaître plus sur la gestion de portefeuille.Il y a quelques années, un syndicaliste était souvent perçu comme un hérétique s’il parlait de gestion de portefeuille et de placements! Cependant, comme dans le cas de la gestion des entreprises —- dont nous avons compris qu'elle est une affaire trop importante pour la laisser en exclusivité aux em- ployeurs —, la gestion de nos caisses de retraite est trop importante pour que nous la laissions uniquement entre les mains de «spécialistes».Au Québec, en vertu de la loi, la reconnaissance de notre présence aux comités de retraite nous donne une belle occasion de nous impliquer en matière de gestion.Nous sommes convaincus que tous les syndicalistes peuvent, avec une bonne formation, acquérir de l'expertise, être mieux outillés et s’acquitter correctement de leurs responsabilités.La FTQ entreprendra à cette fin une vaste opération de formation économique des membres des comités de retraite.Ceux-ci pourront aussi bénéficier d’un réseau de soutien afin de favoriser l’échange de l’information et la coordination des actions.Nous pouvons déployer un nouveau militantisme dit d’actionnariat dans les entreprises où nos caisses de retraite investissent.Ces placements et investissements devraient servir en priorité à développer l’économie et l’emploi au Québec.Ils devraient tenir compte, de plus en plus, de critères sociaux, environnementaux et éthiques.Notre responsabilité est d'autant plus grande qu’à l’ère de la mondialisation, les entreprises vont et viennent d’un pays à l’autre en fonction des lois du marché.Trop souvent, c’est le manque de respect des droits humains, des droits sociaux et de l’environnement qui attire les entreprises dans certains pays trop dépourvus pour refuser de tels investissements.Nous ne pouvons accepter ces règles du jeu.Nos caisses de retraite nous donnent les moyens d’encourager ce qu’on appelle l'investissement «socialement responsable».I^i mondialisation de la solidarité syndicale Pour nous, l’ennemi, ce n’est pas la mondialisation en tant que telle mais les échanges commerciaux qui se font en l’absence de réglementation adéquate.La solidarité entre les travailleurs est encore notre meilleur outil.C’est pourquoi, à la suite d’une réflexion amorcée en Amérique du Nord par l'AFL-CIO, le Congrès du travail du Canada et la FTQ, un comité international de coordination de l’action syndicale en matière de régimes de retraite a été mis sur pied par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), dont la FTQ est membre, en collaboration avec l’Internationale des services publics et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE.À la mondialisation de l’économie, nous répondons par la mondialisation de la solidarité syndicale.S \ L E DEVOIR.L E .1 E U R I II JANVIER 2 O O I A IDEES Réplique à «Pour en finir avec l'affaire Michaud» Nation, indépendance et citoyenneté «Tous les participants aux audiences sont d'accord: la définition d’un nouveau projet de société passe obligatoirement par la priorité accordée à la personne humaine.Si l’accession à la souveraineté doit être l'occasion d'établir un nouveau contrat social entre Québécois, ce projet doit également s'exprimer parle respect de l’égalité entre tous les groupes et tous les membres de la communauté.[.] La solidarité apparaît comme la valeur sur laquelle doivent s'appuyer les changements envisagés.» - Rapport de la Commission nationale sur l’avenir du Québec, 1995, page 27 PIERRE TADROS Candidat à l’investiture pour le Parti québécois dans le comté de Mercier ans son édition du 9 janvier dernier.Le Devoir publiait une lettre ouverte ayant pour titre «Pour en finir avec l’affaire Michaud».Des questions importantes sont soulevées dans ce texte.Ainsi, la nation «politique» que ses auteurs proposent, en l’opposant à la nation «ethnique», né risque-t-elle pas de nier la «culture» comme élément constitutif de la socié- té?Autrement dit, n’y a-t-il pas danger de jeter le bébé avec l’eau du bain?Par ailleurs, certains ajouts et précisions sur la citoyenneté et sa relation dans la mise en forme du projet souverainiste méritent d’être apportés.La nation sans Etat indépendant Les auteurs du texte font abondamment référen- ce au concept de citoyenneté.Or il est important de se rappeler que la citoyenneté québécoise demeure, ap sens strict, une vision de l’esprit puisque seul un Etat souverain a le pouvoir légal d’émettre un tel statut, i.e.la citoyenneté juridique.La citoyenneté est au cœur de leur définition de la nation.Et c’est là tput notre problème: le Québec est une nation sans Etat souverain.Au Québec, des valeurs de démocratie, d’ouverture, de tolérance et de solidarité sociale servent de balises.En fait, des débats politiques, une «culture renouvelée» émerge nécess ; r ‘ment au fil du temps.Ce qui n’empêche en rien la présence de traits ou de minorités culturelles qui, dans ce cadre, font partie de l’ensemble et l’enrichissent.Qui plus est, la langue française représente l’expression de notre pensée, de notre senti et de notre vécu.Dans le respect des institutions anglo-québécoises, elle est donc le ciment de cette nation qui représente 2 % de la population en Amérique du Nord.Ainsi, la nation politique se présente comme projet inclusif et fondamental du mouvement souverainiste.Mais les repères identitaires et culturels qui l’influencent et qui en résultent me semblent indéniables.Voilà ce qui constitue, selon moi, l’échafaudage de la nation politique québécoise, par définition en constante évolution.Le désengagement Nul n’oserait contester que notre époque est marquée par un véritable désengagement populaire des sphères politiques dites officielles, ce qui pose un sérieux problème à la mise en forme perpétuelle de cette nation politique.Pourquoi un tel désengagement?Je ne donnerai que deux réponses parmi de nombreuses autres, une d’ordre microsocial et l’autre d’ordre macrosocial.Premièrement, les ou- tils de participation offerts aux individus nécessitent de leur part une connaissance suffisamment grande d’un système pour que leur action puisse avoir une portée réelle.La maîtrise d’un savoir-faire hyperstructuré décourage souvent les mieux intentionnés.Le code Morin est un code de procédures incontournable (associations), et quant aux structures gouvernementales ou institutionnelles participatives, elles représentent de véritables labyrinthes et courses à obstacles (commissions parlementaires, par exemple).Du côté macrosocial, le spectaçle de la mondialisation a montré des Etats léguant une part non négligeable de leur pouvoir législatif au profit d’accords internationaux tels l’OMC, l’ALENA, l’OCDE, etc.Pour chacun de ces accords, la population n’a jamais été consultée, et ce, même s’ils ont tous une influence directe sur notre vie de tous les jours.D’ailleurs, au printemps prochain, la ville de Québec reçoit, derrière les barbelés, le Sommet des Amériques, où sera discuté un autre accord dont les termes sont tenus secrets: la ZLEA.D’un autre côté, certains diront que la levée des barrières économiques permet de varier les axes d’échanges et nous rend moins dépendants du ROC.Mais jamais les Québécois ne peuvent véritablement faire valoir leurs intérêts économiques et sociaux à ces tables de discussions puisque seul le Canada est autorisé à négocier en tant que pays souverain.n vient un temps où chacun atteint ses limites.L’urgence d’agir Malgré ce désengagement circonstanciel, je Dans les faits, les Québécois souhaitent participer à la construction de leur société, et ce, sans distinction crois fermement qu’il est possible, et même de notre devoir, d'agir.Je refuse le «there is no alternative compromise» (Thatcher) et je considère qu’il est impératif que le politique reprenne le contrôle des grandes visées sociales et que le système économique en soit le moyen et non la fin.Dans les faits, les Québécois souhaitent participer à la construction de leur société, et ce, sans distinction.On n'a qu’à penser aux sommets parallèles, au Parlement de la rue et aux autres consultations publiques rendues accessibles à la population.Dans cette veine, Jacques Parizeau avait vu juste en mettant sur pied la Commission nationale sur l’avenir du Québec en prévision du référendum de 1995.La population s’est sentie écoutée et concernée par le projet: elle participait à sa construction.Le document final reflétait bien l’ensemble des consultations auxquelles les citoyens ont pu participer ouvertement, et ce, sans fla-fla procédurier.L’égalité et la solidarité sociale sont les principaux axes autour desquels les Québécois se sont retrouvés.Voici maintenant près de 15 ans que je milite et la réponse des citoyens est toujours la même: «Donnons-nous la chance et les outils et, ensemble, construisons notre pays.» Je l’affirme: malgré les difficultés et sans à-plat-ventrisme, lorsque le respect est de mise, les trouvailles et bonnes surprises sont souvent à l’honneur.Avec le projet de société et la vision de la nation politique, c’est là l’autre ingrédient essentiel et fondamental au projet souverainiste.Pollution agricole À quand « UErreur porcine » ?Le «smog rural» empoisonne de plus en plus l’atmosphère de certaines localités rurales ANDRÉ DELISLE Résidant de Saint-Bernard-de-Beauce n nouveau phénomène environnemental émerge progressivement dans les régions où la production porcine devient sans cesse plus intensive: le «smog rural».A la façon du «smog urbain», phénomène des grandes villes lié aux émissions atmosphériques des véhicules lors de périodes chaudes et sans vent de l’été, le «smog rural» se fait sentir certains jours chauds d’été ou d’automne, jours sans vent à l’atmosphère naturellement lourde.Même l’hiver, certains jours apportent leurs effluves chargés de traces perceptibles à l’odeur ammoniaquée.L’air est vicié par les émanations des bâtiments d’élevage et des citernes d’entreposage des lisiers, combinées aux émissions provenant des sols saturés par des épandages intensifs et excessifs de fumiers liquides.A Saint-Bernard-de-Beauce, l’une des principales localités de production porcine du Québec, ce phénomène touche tous les résidants locaux, qu’ils vivent dans le village ou dans les rangs, et quelques-unes des municipalités environnantes.Au cours des 10 ou 15 dernières années, Saint-Bernard est devenu un vaste parc agro-industriel «à ciel ouvert», le territoire étant parsemé d’installations d’élevage plus nombreuses et plus grosses à chaque année.Ces équipements de production industrielle de porcs évacuent sans traitement leurs rejets dans la nature par des épandages répétés au printemps et à l’automne.Ceci conduit à une saturation des sols par les matières organiques animales, à un écoulement dans les ruisseaux et les rivières des surplus lessivés par la pluie et, probablement, à une contamination graduelle et insidieuse des eaux souterraines.La pollution par l’agriculture de la rivière Chaudière, démontrée par les études du ministère de l’Environnement dans le cadre du projet de gestion intégrée de la rivière Chau- Une vaste opération d’abattage des arbres porte une atteinte irréparable aux paysages de la Beauce et détruit les barrières naturelles aux odeurs et aux poussières dière (projet COBARIC), s’impose très clairement comme la principale cause persistante de la détérioration de l’eau et de l’environnement de cette rivière qui baigne la Beauce.Les effets sur la santé de cette dégradation globale et accélérée de l’environnement beauceron sont particulièrement préoccupants.L’avis récent (juin 2000) du ministère de la Santé et des Services sociaux a fait état de risques pour la santé publique associés aux activités de production animale.Réunissant de nombreux experts du monde de la santé et du secteur de l’environnement, les membres du groupe de travail et d’un comité scientifique ont souligné les problèmes de santé qui peuvent être attribuables à la contamination des eaux de surface et souterraines, de même qu’à la pollution de l’air.Cette dernière a des conséquences directes sur la qualité de vie des populations rurales, notamment à cause des problèmes d’odeurs et des multiples tensions sociales qu’elles suscitent.Ce n’est là que la partie visible des risques puisque l’«air qui pue» est aussi porteur de multiples contaminants sous forme d’aérosols et de particules que les résidants du voisinage n’ont d'autre choix que de respirer.Ces impacts de la production porcine sur l’environnement et le paysage de la Beauce s’aggravent constamment.11 n’y a qu’à constater les multiples projets d’agrandissement en cours ou envisagés par des producteurs dont l’ambition fait oublier les exigences environnementales et sociales de la santé et de la qualité de vie.De jour en jour, le bruit des scies mécaniques résonne dans les rangs.Line vaste opération d’abattage des arbres et d’éli-mination des boisés de ferme porte une atteinte irréparable aux paysages ruraux de la Beauce et détruit les barrières naturelles aux odeurs et aux poussières.Il faut aussi déplorer la perte de diversité biologique des campagnes par la disparition rapide des haies séparatrices des champs et des fermes, avec la perte des richesses en arbustes, en petits fruits et en oiseaux qui les caractérisent.Ce saccage inconsidéré et inacceptable des boisés beaucerons par des industriels du porc avides de profits à court terme et sans conscience environnementale se passe au vu et au su de tous, municipalités, syndicats d’agriculteurs et ministères, sans que quiconque n’ose intervenir.Ce saccage continue malgré l’adoption par la MRC de la Nou-velle-Beauce d’un règlement destiné à la protection des boisés de ferme: il continue malgré l’annonce en grande pompe et avec une publicité efficace d’un plan agroenviron- nemental de la production porcine au Québec.Et que dire du guide de la production porcine respectueuse de l’environnement, qui incite les producteurs à préserver les boisés et même à en aménager de nouveaux autour des bâtiments d’élevage comme brise-vents ou comme moyen de réduire les odeurs tout en filtrant les polluants?Les producteurs de Saint-Bernard, comme d’ailleurs ceux des villages voisins, ne semblent pas vouloir mettre en application ces pratiques environnementales suggérées par leurs propres instances syndicales, avec l’appui du ministère de l’Agriculture du Québec.Non seulement leur propre santé et celle des résidants de leur voisinage en seront affectées, toute l'économie de la Beauce pourrait aussi en souffrir.Les paysage ruraux de la Beauce, succession harmonieuse de champs et de boisés, constituent un des atouts touristiques de la région.Et au cours des années récentes, les arbres ont cédé la place aux porcs.La forêt, cette ressource que la nature prend des centaines d’années à nous offrir, disparaît petit à petit, au profit d’une production porcine industrielle à courte vue qui ne répond pas aux normes environnementales minimales de la protection de la qualité de la vie des populations.Faut-il attendre des dommages environnementaux irréversibles aux eaux souterraines et aux rivières?Faut-il attendre des conséquences irréparables sur la santé de la population beauce- ronne?Tous seront perdants ad-venant de telles éventualités, y compris les producteurs eux-mêmes, leurs familles et leurs descendants.Ou bien laisserons-nous les acheteurs de porcs québécois dans des pays préoccupés d’environnement et de santé imposer de nouvelles règles de bonne gestion environnementale des productions porcines pour offrir à leurs cqnsommateurs du «porc-vert»?A l’heure du développement agricole durable, option largement soutenue sur la place publique par les organismes représentant les agriculteurs, on ne peut se permettre d’attendre des restrictions et des règles du jeu qui, lorsqu’imposées de l’extérieur, entraînent des coûts importants et des pertes aussi bien pour les entreprises que pour les économies régionales.Pensons à l’industrie papetière, qui a dû investir des centaines de millions de dollars pour adapter ses méthodes de production aux exigences environnementales des pays acheteurs de papier.Ces enjeux mondiaux devraient trouver écho chez les producteurs ambitieux et inconscients qui, en plus de détruire l’environnement des campagnes, portent atteinte à la réputation du Québec et de son agriculture tant auprès de la population québécoise que dans les pays étrangers achetant ses produits.Le monde de l’agriculture attend peut-être son choc, son «Erreur porcine», qui, à la façon de L’Erreur boréale pour l’industrie forestière, détruira irrémédiablement la réputation québécoise sur la scène agricole mondiale.Couper un boisé est une action locale.Ses conséquences débordent largement les limites régionales et se répercutent sur la Terre entière.C’est un pensez-ybien! m w Zrm /c Réplique à Solidarité Yves Michaud Guy Bouthillier n’a pas signé la déclaration d’appui GUY BOUTHILLIER ¦ Je n’étais, ni ne suis, d’accord avec la manière dont s’est comportée l’Assemblée nationale dans «l’affaire Michaud».J’ai fait connaître ma position par communiqué de presse dès le vendredi 15 décembre 2000 à 13h.Ce comportement, en effet, est pour le moins inhabituel et inattendu dans un pays de libertés publiques.L’Assemblée nationale devrait songer à se doter au plus vite d’un règlement qui protège ses «Mon membres de ce genre de comportement ¦ J’ai trouvé pour le moins désordonnée et débridée la manière dont Yves Michaud s’est exprimé dans cette affaire.¦ J’ai lu dans Le Devoir la lettre d’appui du 19 dé- volonté » cembre.J’avais refusé de la signer.Ce refus est de notoriété publique, ayant été évoqué dans les journaux du 20 décembre et signalé par le premier ministre dans sa conférence de presse du même jour.Personne qui suit l’affaire Michaud n’a le droit d’ignorer ma position.¦ En lisant Le Devoir du 10 janvier, j’ai constaté avec étonnement que mon nom (mal orthographié, de surcroît) a été ajouté à la liste des premiers signataires.¦ Je réitère ici mon refus de m’associer à ce texte.Ce refus, comme je l’ai expliqué à maintes reprises à différents médias, s’appuie notamment sur le cinquième paragraphe du texte.¦ L’inscription de mon nom parmi ceux qui soutiennent ce texte est contraire à ma volonté, travestit ma position et me porte préjudice.¦ Je me vois obligé d’exiger du groupe «Solidarité Yves Michaud» qu’il déclare publiquement, et qu’il le fasse avec diligence, que mon nom figure là par erreur et contre ma volonté.nom par erreur et contre ma ÉQUIPE DU D E V O R IA RÉDACTION Journalistes A l’Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoiHt au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports): Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Gilles Francceur (environnement), Judith Lachapelle (science), Louise Leduc, Benoît Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé): Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Marlin Duclosel Christine I (ninazrt (nf/frtmrs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; è l'information culturelle Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre).l’aulCauehon (médita).Caroline MontpeUt (/inresL Odile Tremblay (cinéma); à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Hélène Baril.Claude lalvcsquo, François Normand, Claude Turcotte; A l'information internationale : Jean-Pierre Legault.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l'information politique : Hélène Burrelli.Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), l-'rancoi*Cardinal, Mario Cloutier et Robert Dutrisac (rormpondants parlementaires à Québec).Knthlivn iévesque ; MarieHéléne Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Ionise-Mamie Kioux Soucy.Marie-Claude Petit (cnmmisl.la documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitle Arsenault, Manon Derome, Serge I aplanie (Çirééer),Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ FT LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine CAté, Marlène CAté, Anouk Hurbult, Dominique larivière, Christiane legault, Jacques A Nadeau, Claire Paquet Chantal Rainvilkt Micheline Ruelland, (publicitaires).Manon Blanchette, Sylvie Uporte.Micheline Turgcon : Martine Berube (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (rrapensaéWe (a pmdirrtnmL Claudine Bedard, Michel Bornatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yaniek Martel.Olivier Zuida.PROMOTION FT Tl RAG K Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne lobonte (responsable d la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Use Uchapello, Rachelle U-olerc L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Patrick Inkel (controleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle I-apcrrière, Nathalie Perrier, Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président executif et directeur général) i LE DE V OIK.L E .1 E IM) I 11 ,| A X V I E K 2 O O 1 A K =-* LE DEVOIR «- ACTUALITES SUITE DE LA PAGE 1 Sa femme, Audrey Best, lui a souvent suggéré qu’à son âge, et après avoir frôlé la mort en 1994, le temps était propice à une vie plus paisible auprès des siens.Avocat et négociateur réputé avant d’entrer en politique, à la demande de Brian Mulroney durant les années 1980 à l’époque du Beau Risque, il irait poursuivre une carrière dans le secteur privé.M.Bouchard aurait profité du temps des Fêtes pour rencontrer plusieurs amis et leur faire part de ses doutes.Il aurait entre autre exprimé son exaspération devant l’idée de présider un parti qui passe pour ethnocentrique (notamment dans la foulée de l’affaire Michaud qui a pu agir comme une goutte qui fait déborder le vase).Le 29 janvier prochain, il y aurait cinq ans qu’il occupe la fonction de premier ministre du Québec, un poste qu’il avait accepté après le référendum de 1995, alors qu’il était chef du Bloc québécois, à la suite de la démission-surprise de Jacques Parizeau.M.Bouchard réunit son conseil des ministres ce matin.Ceux qui étaient en vacances à l’étranger ont été rappelés d’urgence.Par la suite, il s’adressera au caucus des députés du Parti québécois.Il doit enfin faire part publiquement de sa décision lors d'une conférence de presse à Québec.Hier, les ministres respectaient un mutisme de circonstance.Ceux-ci avaient été prévenus au cours des tout derniers jours de la décision de leur chef.Dans SYNDROME SUITE DE LA PAGE 1 élevé de fantassins.Un nombre en tout cas plus ou moins équivalent à celui du Canada.Toujours est-il qu’en Italie, les 32 000 soldats sont soumis à une batterie de tests.En Allemagne, qui envoya un imposant contingent, les militaires se rendent régulièrement chez le médecin depuis maintenant deux ans.Et ce, avec un soin ou une attention d’autant plus particuliers que les avions dits «tueurs de chars» ont employé 31 000 obus composées d’uranium enrichi au Kosovo et 10 000 en Bosnie.En toile de fond, on se souviendra qu’une équipe de scientifiques au service de l’ONU a constaté après étude de 11 des 112 sites bombardés par les forces de l’OTAN que le degré d’intoxication à l’uranium était anormalement élevé.Pire, ces experts ont confié avoir été d’autant plus surpris par les résultats de leur analyse que celle-ci a été menée un an et demi après les bombardements.C'est d’ailleurs sur la base de cette étude, parmi d’autres, que l’Italie et l’Allemagne, soutenues par d’autres nations, ont proposé que Futilisalion de ces armes soit interdite tant et aussi longtemps que toute la lumière sur le syndrome des Balkans — qui, soit dit en passant, présente bien des points communs avec le syndrome de la guerre du Golfe — n’aura pas été faite.Ce moratoire, les Américains, les Britanniques et les Français l’ont refusé sous prétexte qu’il s’appuyait sur une interprétation trop alarmiste des études signées tant aux Etats-Unis qu’en Europe ou sous l’égide de l’ONU.Sur la guerre du Golfe seulement, on compte 23 rapports.Bref, plutôt que de prendre le taureau par les cornes, Le.interdire l’usage de ce type d’armes tant et aussi longtemps qu’un dépistage systématique des soldats impliqués n’aura pas été achevé, on fait l’autruche.A cet égard, on notera que les trois adversaires au moratoire sont également les trois principaux marchands d’armes du globe.On se consolera en soulignant que le président de l’Union européenne, Romano Prodi, a jugé la situation suffisamment critique pour ordonner une enquête.Plutôt que de badiner avec la santé des soldats qui utilisent ces armes, le président de l’UE a opté pour une voie sur laquelle le premier ministre Chrétien devrait méditer: celle de l’extrême prudence tant et aussi longtemps que les tenants et aboutissants de cette histoire n’auront pas été éclaircis.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9P étage, Montréal (Québec) ,• H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 I^s abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Is Devoir eM publié du lundi au samrdi par Le Devoir Inc.dont le siej(e nocial * si situé .m 2050, rue Dr Mleury, \Y étage, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé |wr Imprimerie Québécor St Jean, K00, boulevard Industriel,Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans If Devoir If Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .'KXI, boulevard Saint Martin Ouest, l^val Knvoi de publication - - Knregistreinent n 0H5H Dé|K)i legal bibliothèque nationale du Québec BOUCHARD les rangs ministériels, ce serait la consternation.Dans un cabinet de ministre, une porte-parole a avoué que tous tombent des nues.Certaines personnes proches de lui gardaient toujours espoir hier soir, sans y croire vraiment, que la nuit lui porte conseil et qu’il change d’avis.Au bureau de M.Bouchard la consigne se résumait à répondre aux journalistes : «pas de commentaire».La porte-parole du premier minisfre, Christiane Mivil-le-Dechêne, n’a pas nié par contre l’information qui circulait depuis quelques heures en fin de journée.L’homme, que d’aucuns ont vu comme un Sauveur du mouvement souverainiste en 1995, puisque son entrée en scène durant la campagne référendaire avait donné une impulsion au camp du OUI qui était passé à un cheveu de remporter la victoire, avait évoqué au cours des derniers mois la «fatigue» des Québécois et la sienne à l’endroit de la question nationale et du débat constitutionnel.Lors d’une réunion des députés péquistes, au début décembre, M.Bouchard avait évoqué encore une fois l’apathie des Québécois au sujet de l’avenir politique du Québec.Il se remémorait ouvertement l’époque où, dans la foulée de l’échec de l’accord du lac Meech en 1990, lorsqu’il a démissionné du cabinet fédéral pour ensuite fonder le Bloc québécois, jusqu’au référendum de 1995 : «Je pouvais voir, quand je m’adres ddsais aux gens à ce moment-là, qu’ils étaient beaucoup plus réceptifs».En fait, depuis sa réélection en 1998, M.Bouchard traversait plusieurs états : déception face aux résultats électoraux, irritation que provoquaient chez lui certains débats au sein de son parti notamment sur la question linguistique, ambivalence à l’endroit de l’option souverainiste.H n’a donc pas ressenti subitement une fatigue durant le congé de fin d’année qui l’aurait conduit à une décision intempestive.Sa démission survient à peine quelques semaines après que son adversaire au référendum de 1995, Jean Chrétien, fut réélu pour former un troisième gouvernement majoritaire comme premier ministre du Canada.Cette victoire du Parti libéral fédéral qui lui permit notamment de gagner près d’une dizaine de sièges au Québec, avait contribué à ébranler encore davantage M.Bouchard qui devait constater des pertes pour le Bloc québécois.La démission de M.Bouchard est annoncée à un moment charnière du calendrier politique québécois.A peine un peu plus de deux ans après les élections de 1998, l’horizon est libre pour un départ en relative douceur.Les finances publiques sont équilibrées.L’économie se porte bien et permet au gouvernement d’augmenter ses revenus et d’engranger des surplus.Les convention^ collectives sont signées avec les employés de l’État.Et maintenant que la Loi 170 sur les fusions municipales est adoptée, aucune autre réforme d’envergure n’est engagée par le gouvernement qui serait mise en péril par son départ précipité et par le branle-bas que celui-ci va provoquer au sein du DÉCEPTIONS SUITEDE LA PAGE 1 des relations entre le gouvernement et le parti, André Bellerose et du directeur général du PQ Bob Dufour.Devant les militants réunis en conseil national en septembre 1999, M.Bouchard obtient sans difficulté la marge de manœuvre souhaitée pour tenir un référendum le temps venu, au moment où les Québécois «seront prêts à être gagnants».Au début de l’année dernière, les conditions gagnantes (dont l’atteinte du déficit zéro) qui avaient été le leitmotiv du premier ministre depuis le scrutin de 1998 sont mises sur la voie de service.La loi fédérale sur la clarté référendaire est adoptée et la réplique du gouvernement Bouchard, soit la loi 99, tombe dans l’indifférence presque générale.Dans les rangs du parti, on s’inquiète des hésitations du président tant sur la question nationale que sur la langue.Des militants revendiquent un raffermissement de la défense de la langue et se voient présenter la tenue des états généraux sur la situation et l’avenir du français comme une soupape.Au congrès du PQ de mai dernier, Lucien Bouchard apparaît gonflé à bloc et promet aux militants de parler de souveraineté.L’opération se mettra en place en septembre mais prendra plutôt l’allure d’un exercice défensif, question d’expliquer le bilan à mi-mandat du gouvernement péquiste.Lors d’un voyage à Milwaukee, aux États-Unis, M.Bouchard admet que «nous ressentons tous une grande fatigue dans ce dossier».Il faudra à un moment donné «cesser de se battre et regarder dans la même direction», ajoute-t-il.L’ambiguïté de ses propos alimente une certaine morosité dans les rangs du parti.Mais le déclenchement des élections fédérales freine momentanément les interrogations des militants.Les résultats du Bloc québécois combinée à la victoire écrasante du Parti libéral de Jean Chrétien frappent de plein fouet un Lucien Bouchard qui affiche clairement sa déception dont l’idéal n’est vraisemblablement pas partagé par la population.Début décembre, le député André Boulerice parle de démissionner si la souveraineté ne revient pas au coeur de l’action politique du gouvernement, faisait ainsi remonter à la surface une certain grogne au sein du PQ.Quelques jours auparavant, l’intervention de M.Bouchard pour empêcher que le conseil de la souveraineté soit réactivé à même des fonds publics a mis en rogne les militants péquistes de Montréal.La prudence du chef risquait de créer une démobilisation générale dans les rangs du parti, prédisaient alors les conseils régionaux de Montréal-Centre de Montréal-Ville-Marie.De fait, une tournée de plusieurs dizaines d’associations locales laissent voir qu’un mouvement d’impatience s’est installé parmi les troupes péquistes.Des militants comprennent mal que la souveraineté ne soit pas à Tavant-scène.L’affaire Michaud apparaît comme un l’ultime élément d’irritation pour M.Bouchard à l’endroit de son parti qui est qualifié du coup d’ethnocentrique.La motion de blâme à l’égard de Yves Michaud qu’il endosse avec l’aile parlementaire péquiste à l’Assemblée nationale, sème la consternation chez les militants et promet une crise au sein du parti dont l’ampleur semble ébranler Lucien Bouchard.CALIFORNIE SUITE DE LA PAGE 1 leur appartenaient.Les nouveaux acheteurs les étranglent aujourd’hui en profitant des règles fédérales de la Bourse énergétique, explique M.Dunsky.Cette règle fixe chaque jour le prix applicable à l’ensemble des transactions au niveau de la plus forte proposition de l’enchère.Comme les prix ont à certains moments atteint des sommets aussi feramineux que 50 $, voire jusqu’à 5000 $ du kWh — au Québec, Hydro évalue son prix de gros a 3 C du kWh —, on comprend que les prix moyens sur le marché du gros aient dépassé par huit, voire neuf fois le prix de vente autorisé au détail, précipitant les distributeurs à la faillite et forçant la législature californienne à envisager de les renflouer à même ses surplus budgétaires pour éviter une catastrophe économique, financière et bancaire, dont la perspective ébranle même Washington depuis quelques jours.Le gouverneur Gray Davis a donc annoncé un «plan d'urgence» avec de nombreux volets législatifs avant de s’envoler pour Washington, avant-hier, pour upe rencontre au sommet avec le secrétaire d’État à l’Énergie, Bill Richardson, et la haute direction de la Federal Énergy Regulatory Commission fédérale.Gray Davis a demandé aux Californiens de couper leur consommation globale de 7 % d’ici six mois.Il a par ailleurs annoncé un programme de 250 millions pour financer immédiatement l’achat par les consommateurs d’appareils moins énergivores, comme les climatiseurs, les réfrigérateurs, les toits réfléchissants, etc.Il a de plus annoncé une refonte de la haute direction de la Independent System Operators (ISO), l’organisme censé contrôler les producteurs pour qu’ils ne déclenchent pas de pénuries artificielles en fermant délibérément leurs centrales sous de fallacieux prétextes.Jusqu’ici, les producteurs se retrouvaient sur cet organisme censé les surveiller: Gray Davis les évacue carrément et demande à son département de la Justice d’enquêter sur de possibles collusions, que la prochaine législature sera invitée à «criminaliser» carrément Le trésorier de la Californie, Phil Angelides, a pour sa part lancé l’idée d’une émission publique d’obligations de dix milliards pour financer la construction rapide de nouvelles centrales afin de pallier l’incurie du secteur privé, qui a préféré jouer jusqu’ici la carte plus payante de la pénurie pour étrangler les consommateurs par le biais des distributeurs.Gray Davis a même évoqué la possibilité, au grand dam des républicains, de prendre le contrôle des centrales californiennes existantes, c’est-à-dire de les nationaliser, si la crise devait se poursuivre afin de rapprocher les prix de gros des coûts réels.Mais lors de ses pourparlers à Washington, il n’a pas pu obtenir de la FERC qu’elle impose un plafond aux prix de gros sur le marché.Mais le gouverneur Davis est revenu avec deux gains majeurs.D’une part, les producteurs ont accepté de différer la dette de 12 milliards de PGE et d’Edison.D’autre part, il a obtenu que Washington autorise les distributeurs californiens — ce qui pourrait faire école aux États-Unis — de signer des contrats d’approvisionnement à long terme avec les producteurs, ce qui assagirait radicalement le marché actuel, qui fluctue chaque jour au gré de l’offre et de la demande, réelle ou artificielle.Pour Phil Dunsky, «la plus grave erreur de la déréglementation californienne a été de mettre de côté la gestion de la demande», ce à quoi revient la Californie avec son programme d’urgence de 250 millions en efficacité énergétique.Ce dernier devrait comprimer la demande de 10 % en moins d’un an.C’était là, dit-il, le maillon manquant qui aurait pu forcer les producteurs à demeurer raisonnables sur un marché où leur capacité de production aurait ainsi été maintenue excédentaire.Le recours au seul marché nous indique clairement qu’il ne peut éviter et peut même déclencher des crises comme celle de la Californie alors que toutes les ressources de base — eau, pétrole, gaz, etc.— sont suffisantes et abondantes partout à des prix raisonnables.Autre paradoxe de cette situation, ajoute Dunsky, on voit que les énergies alternatives — solaire, éolien, biomasse, géothermie, etc.— se sont avérées, depuis un an, celles qui se vendent au plus bas prix en Californie.De plus, les producteurs «verts» garantissent des prix fermes a leurs distributeurs, ce que les utilisateurs de combustibles n’arrivent pas à faire.On voit même depuis quelque temps les grands constructeurs immobiliers s’engager à ne vendre désormais que des maisons équipées de photovoltaïque et de solaire, bref, des maisons capables de tendre vers la plus grande autosuffisance énergétique possible.Prématurés: un médicament dangereux Washington (AM1) — Un médicament donné aux enfants prématurés pour leur éviter des problèmes pulmonaires ne les réduit pas et peut même provoquer des perforation de l’intestin, indique une étude à paraître aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine.«Cette étude montre que des doses modérées de ce remède, le dexaméthasone, n 'accroissent pas les chances de survie chez les enfants prématurés, n'empêchent pas les maladies pulmonaires et peuvent même mettre leur santé en danger’, souligne le directeur de l’Institut national de la santé et du développement de l’enfant (NI- CHD), Duane Alexander.Quelque 70 % des enfants prématurés naissant avec un poids très faible finissent par quitter l’hôpital.Mais environ 30 % d’entre eux dé-veloppent des maladies pulmonaires chroniques parce que leurs poumons n’étaient pas totalement développés à la naissance.Le dexaméthasone est utilisé pour éviter notamment l’inflammation des poumons chez ces bébés.Ix-s recherches, menées sur 220 nouveaux-nés dont la moitié avaient reçu ce médicament, ont montré qu’il était efficace jusqu’à l’âge de 28 jours mais qu’à 36 semaines il ne protégeait plus les enfants.En revanche, plus d’enfants dans le groupe traité que dans l’autre (13 % contre 4 %) ont souffert de perforations des intestins, indique l’étude, réalisée dans plusieurs centres médicaux américains.gouvernement, de la députation et du parti.D’aucuns se demandaient hier si M.Bouchard irait occuper éventuellement un emploi en Californie.Sa femme, Mme Audrey Best, qui est en train de compléter des études en droit à l’Université McGill, avait fait son stage dans le bureau californien du prestigieux cabinet d’avocats montréalais Heenan Blaikie.Formée en droit civil et en common law, Mme Best deviendrait une avocate en demande dans cet état du sud-ouest américain, où vit la famille de Mme Best et où les Bouchard passent généralement leurs vacances, et qui transige de plus en plus avec le Mexique voisin.Si M.Bouchard quitte ses fonctions immédiatement, le caucus des députés péquistes doit, en vertu des statuts du PQ, désigner un successeur à la présidence du parti.Du coup, cette personne, sans aucun doute un ministre du gouvernement et fort probablement le vice-premier ministre Bernard Landry, devient de facto premier ministre par intérim du Québec.Par la suite, une course au leadership serait engagée au sein du parti.Selon une source, M.Landry aurait rencontré la ministre de la Santé, Mme Pauline Marois, dimanche dernier en Martinique où elle était en vacances.M.Landry et Mme Marois sont les deux ministres les plus susceptibles d’être candidats dans une course à la direction du parti.Notre informateur ne pouvait pas confirmer si l’un et l’autre connaissaient déjà les intentions de M.Bouchard lors de leur rencontre.BOMBARDIER SUITE DE LA PAGE 1 Le gouvernement fédéral s'engage à offrir un prêt à un client potentiel de Bombardier, Air Wisconsin, au même taux préférentiel que celui offert par le Brésil à son constructeur aéronautique Embraer.Les deux entreprises se disputent les faveurs du transporteur américain, qui veut acheter 75 avions régionaux de 50 places, avec l’option d’en acquérir 75 autres.On parle d’un contrat évalué à environ trois milliards de dollars.Selon ses pratiques courantes, la Société d'expansion des exportations peut prêter 75 % de cette somme.Ce que la décision du gouvernement vient changer — à la demande de Bombardier — est le taux d’intérêt auquel ce prêt serait accordé.Il serait inférieur à celui que le marché aurait consenti dans ce cas particulier et égalerait celui offert par les Brésiliens par le truchement du programme Proex.Personne n’a toutefois voulu chiffrer la valeur de l’aide canadienne qui se traduirait en économies de frais d’intérêt pour Air Wisconsin.Ut décision canadienne est le dernier chapitre d’une dispute commerciale que l’OMC a tranchée en faveur du Canada à quatre reprises.Au cœur du litige: les programmes d’aide à l’exportation d’avions régionaux.L’OMC a conclu que les programmes canadiens et brésiliens étaient illégaux, Le Canada a modifié les siens pour les rendre conformes mais pas le Brésil.En décembre, l’OMC autorisait le Canada à prendre des mesures de représailles d’une valeur de 344 millions par année pendant sept ans.MM.Tobin et Pettigrew ont confirmé hier que le Canada évaluait les mesures à prendre à cet égard mais ont ajouté que la nature du commerce entre les deux pays expliquait le faible effet dissuasif de cette menace sur le Brésil.L’annonce d’hier est d’un autre ordre.«R ne s’agit pas d’un programme d’application générale mais d'une mesure ciblant spécifiquement le Brésil et Embraer, que nous préférerions ne pas poser et que nous arrêterons avec plaisir si le Brésil en fait autant [en respectant les décisions de l’OMC], Nous ne faisons que riposter», a dit M.Tobin.Il a toutefois reconnu qu’il ignorait l’avis de l’OMC sur le sujet et qu’il ne l’avait même pas sollicité.Les ministres ont aussi nié faire l'inverse de ce qu’ils prêchent, citant les directives de l’OCDE qui permettent, en suivant certaines règles, d’égaler une subvention illégale à l’exportation d’un pays compétiteur.Le porte-parole allianciste sur l’industrie, Charlie Penson, convient que le Canada doit protéger ses entreprises contre des subventions illégales mais craint que cette politique ne nuise à la crédibilité du Canada.Ancien directeur du Centre pour la politique commerciale et le droit de l’université Carleton, Michael Hart croit qu’au contraire le Canada a bien agi.«Deux messages puissants ont été envoyés.D’abord, que le Canada prend ses obligations en vertu de l’OMC au sérieux et que si d'autres pays refusent d’en faire autant, il est prêt à adopter la méthode forte, ce qui n 'est pas mauvais.Ensuite, on signale au reste du monde que le Brésil est disposé à se moquer des règles, ce qui peut lui nuire, » Le président et chef de la direction de Bombardier, Robert Brown, a dit hier qu’il s’agissait d’une mesure temporaire rendue nécessaire par l’entêtement du Brésil.Il a insisté sur le fait que sa compagnie et le gouvernement canadien avaient fait preuve de patience et exercé tous les recours à leur disposition, mais en vain.«Bombardier cherche à se battre à armes égales en matière de financement d’achat d’avions.Nous n’appuyons pas ni ne voulons de subventions», a-t-il dit lors d’une conférence téléphonique.Bombardier souhaiterait que l’OMC fournisse une définition d’un taux d’intérêt conforme au marché ou encore qu'un tiers détermine ce taux lorsqu'il y a litige au sujet d’un contrat particulier.Les autorités brésiliennes n’ont pas encore acquiescé à cette dernière demande, et une intervention de l’OMC, croit M.Brown, prendrait au moins trois mois.Entre-temps, sa compagnie ne peut laisser sa position s'éroder sans réagir, insiste-t-il.L’enjeu de celte affaire n’est pas de protéger les emplois existants, reconnaît-on, mais bien de maintenir et de conquérir de nouvelles parts de marché, ce qui affecte directement la croissance future de l’entreprise et, par ricochet, l’embauche.M.Tobin a d’ailleurs souligné qu’Embraer avait vu sa part du marché des avions de 50 places croître de 35 % en 1998 à 57 % en 2000.Bombardier a vu sa part chuter, durant cette période, de 65 % à 43 %.Yvan Allaire, vice-président exécutif de la compagnie, rappelle que les besoins des clients croissent avec le temps.Or «un client, quand il est perdu, est perdu pour toujours.Nous en avons perdu à cause de Proex et ils le sont pour toujours.Us enjeux sont donc considérables quand il s'agit d’un client d’une telle importance, un des prinejpaux alliés d'Unitcd dans le transport régional aux Etats-Unis.» A Bombardier, on évite d’associer l’obtention du contrat d'Air Wisconsin à la création d’un nombre précis d'emplois.On se limite à dire que celui-ci, associé à quelques autres contrats qui font toujours l'objet de discussions, pourrait permettre la création de UXK) emplois.
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