Le devoir, 30 décembre 2000, Cahier A
w w w .I e d e v o i r .e o k LES ARTS ACTUALITÉS 1 L’an 2000 Pierre Elliott Trudeau, É m vu par Jean-René Dufort ?personnalité de l’année È r Page C 1 Page A 5 1 V o L .X C 1 N “ 2 î) 8 LES S A M E I) I 8 0 E T I) I M A X (' Il E A I I) E < E M 15 R E 2 0 0 O I ,!)!>$ + t a x k s = 2 .2 A $ LA POLITIQUE EN 2000 Entre confort et désaffection Michel Ve n n e n 2000, l’économie a rendu la vie plus facile au monde politique.La croissance enregistrée au Canada et au Québec, elle-même tributaire de celle, exceptionnellement durable, des Etats-Unis, a facilité les choses à nos deux ministres des Finances qui, après plusieurs dures années de lutte contre le déficit, ont pu enfin retourner aux contribuables, par le biais de baisses d’impôts de plusieurs milliards de dollars étalées sur quelques années, une part de l’accroissement de la richesse au pays.La bonne tenue de l’économie a également réduit le nombre de malheureux, même si la pauvreté reste l’un des plus importants sujets de préoccupation dans le soi-disant «plus meilleur pays au monde pour y vivre».Il reste que le nombre de ménages à l’aide sociale et le nombre de chômeurs sont en bqisse tandis que les revenus de l’État étant à la hausse, l’amélioration des programmes sociaux, notamment un réinvestissement important dans les services de santé, fut à l’ordre du jour à Québec, comme à Ottawa.Une entente fédérale-provin-ciale conclue au début de l’automne prévoit l’ajout de plus de 20 mil-?liards de dollars dans les transferts fédéraux aux provinces pour la santé au cours des prochaines armées.Le coût des systèmes de santé est d’ailleurs devenu une obsession, et pour cause.Au Québec seulement, les coûts de la santé ont repris une spirale ascendante, en hausse de plus de 4,3 % depuis 1998, pour dépasser les 16 milliards de dollars cette année, soit environ 40 % du budget total du Québec.Cette situation, qui s’explique en grande partie par l’accroissement de l’offre de services de pointe que permet le progrès de technologies médicales coûteuses, a amené le gouvernement du Québec à créer la commission Clair, qui doit rendre son rapport sur l’organisation et le financement du système de santé dans les premiers jours de l’année 2001.Si le gouver-nemènt est sérieux dans sa volonté de trouver des remèdes durables aux maux de notre système, ce sujet devrait tenir l’avant-scène du débat politique dans l’année qui commence.L’une des questions à l’ordre du jour est celle du rôle du secteur privé dans notre système public mais dont plus du tiers, présentement, est financé par des contributions des usagers, directes ou par le biais de régimes d’assurance.la campagne électorale fédérale a d’ailleurs été dominée par l’apparition de ce que l’on a appelé cette médecine à deux vitesses, l’une pour les riches qui peuvent se payer des services auxquels les pauvres n’ont droit que s’ils s’inscrivent sur une liste d’attente.Le premier ministre Jean Chrétien reprochait au chef de l’Alliance canadienne, Stockwell Day, de vouloir implanter ce régime à deux étages.Mais l’on s’est aperçu, au fil de la campagne, qu’elle avait déjà VOIR PAGE A 6: CONFORT LE MONDE Le plan Clinton reçoit des coups Il faudrait à présent un miracle pour que le plan de paix de Bill Clinton soit accepté par les Palestiniens et les Israéliens.Ainsi, une des principales propositions formulées par le chef de la Maison-Blanche pour un accord de paix a été rejetée hier par Éhoud Barak.Au plus bas dans les sondages, le premier ministre israélien a en effet affirmé que son gouvernement n’accepterait jamais une souveraineté palestinienne sur le mont du Temple à Jérusalem (ou esplanade des Mosquées pour les musulmans).Plus question également de signer un document garantissant le droit au retour pour les réfugiés palestiniens, qui sont 3,6 millions recensés par les Nations unies.¦ Nos informations en page A 7 De retour mercredi Comme c’est la tradition, U Detwirmarque une pause à l'occasion de la fête du Nouvel An.Notre prochain numéro sera publié le mercredi 3 janvier.Bon congé ! INDEX Annonces.B 8 Avis publics.B 4 Bourse.B 7 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Fonds.B 5 Idées.A 9 Monde.A 7 Mots croisés.B 4 Météo.B 4 Plaisirs.B 10 Sports.B 9 Ov Bonne année! JACQUES NADEAU LE DEVOIR ENFIN délivrés de la crainte du bogue, de l'obligation de festoyer en un mémorable party digne du passage à l’an 2000.Ouf! Le stress est tombé.On peut se la souhaiter tout simplement bonne et heureuse, comme Éric Pineault et Marie-Eve Gosselin, loin des flonflons de la fête, les yeux dans les yeux et le sourire am lèvres.Le bonheur! ¦f*; V- Le Montréal de Pierre Bourque ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR r hôtel de ville était pratiquement désert en cette veille de Noël.Au fond de son bureau, le maire de Montréal semblait fatigué.Chacun sait que les journées de travail des élus sont longues.Mais dans le cas de Pierre Bourque, c’est une dure campagne entreprise depuis presque deux ans qui vient de s’achever, en même temps qu’en commence une autre.«C’est le premier ministre Bouchard qui a ouvert la porte, raconte Pierre Bourque, lorsqu’il a annoncé avant les élections [d’automne 1998] que le dossier de Montréal allait être une préoccupation principale du gouvernement.J’ai saisi cette opportunité pour lancer le projet d’une île, une ville.Après, je n’ai pas arrêté.J’ai pris toutes les tribunes.J’ai rencontré à peu près tout ce qu ’il y avait à rencontrer au gouvernement, en banlieue, dans les communautés culturelles, dans les universités.Puis il y a eu la commission Bédard, et après le livre blanc de la ministre Hard, puis le comité Bernard.enfin, vous connaissez l’histoire aussi bien que moi.» Normal qu’il ait l’air un peu fatigué, monsieur le maire.Il reconnaît avoir douté à quelques reprises de ses chances de réussite.D’entrée de jeu, bien sûr, lorsque Lucien Bouchard lui a d’abord répondu qv!«une île, une ville, ce n’est pas dans le portrait pour nous».Mais aussi beaucoup plus récemment, après le dépôt du rapport du mandataire du gouvernement, Louis Bernard.«Le rapport Bernard m’a beaucoup inquiété, reconnaît aujourd’hui Pierre Bourque, parce qu’au fond, on reproduisait pas mal ce que l’on avait déjà.U y avait quand même la reconnaissance d’une île, une ville, mais c’était un peu comme refaire la [Communauté urbaine de Montréal].» Un ensemble de facteurs, croit-il, aura finalement joué en sa faveur, parmi lesquels il note: un projet simple qui frappe l’imagination, les précédents éloquents de Toronto mais surtout d’Ottawa, et un gouvernement en début de mandat qui profite d’un contex- VOIR PAGE A 10: BOURQUE JACQUES NADEAU LE DEVOIR «On parle depuis quelque temps de la revanche du trou de beigne.Je crois que l’on a raison», dit Pierre Bourque.— mum.Wm ¦ Vaste escroquerie de vins de Bourgogne CÉLINE LOUBETTE AGENCE FRANCE-PRESSE Dijon — Une importante affaire de falsification concernant des vins de Bourgogne coupés ou faussement étiquetés, découverte à Beaune (centre-est) et portant sur plusieurs dizaines de milliers de bouteilles, a conduit à la mise en examen de plusieurs négociants et cavistes.Les enquêteurs, qui ignorent depuis combien de temps le trafic était constitué, estiment que l’;iffaire porte «a minima» sur plusieurs dizaines de milliers, et peut-être plusieurs centaines de milliers de bouteilles.La plupart des plus grandes appellations de Côte-d’Or sont concernées: beaune premier cru, pommard premier cru, volnay, gevrey-chambertin, meur-sault premier cru, nuits-saint-georges.Les investigations des policiers et des agents de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) se sont d’abord portées sur la VOIR PAGE A 10: BOURGOGNE La connaissance physique a-t-elle des limites ?Dans le cadre de l’Université de tous les savoirs, activité créée par l’organisation Mission 2000, en France, 365 experts de toutes les disciplines ont été invités à prononcer une conférence chaque jour de l’année qui se termine.Le Devoir vous offre, jusqu’au samedi 7 janvier 2001, neuf de ces conférences.Aujourd’hui, ^—g—g—g la communication de Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien.JEAN-MARC LÉVY-LEBLOND physicien Université de tous les savoirs 1 n’est pas indifférent que, dans ce cycle de conférences sur «tous les savoirs», la question des limites de la connaissance n’ait été posée qu’à la physique.C’est sans doute son statut implicite de science modèle qui lui vaut cet honneur.C’est aussi que, depuis le début du XX' siècle, la physique s’est posé la question à elle-même.«L'homme devrait garder son humilité devant la nature puisque la précision avec laquelle il peut l’observer rencontre des limitations intrinsèques»: ainsi YEncy- VOIR PAGE A 10: PHYSIQUE -LES ACTUALITÉS* Les suites de l’affaire Michaud La grogne prend de l’ampleur au PQ Lucien Bouchard chassera les militants à trop vouloir faire taire la dissidence, dit le président de l’association péquiste de Mercier FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le mécontentement est tel au Parti québécois que de nombreux militants seraient prêts à quitter le navire si son capitaine, Lucien Bouchard, ne changeait pas d’attitude très prochainement C’est du moins le constat que fait le président de l’association péquiste de Mercier, André Reny, qui estime qu’en concentrant toutes les décisions à son cabinet et en limitant à sa plus stricte expression les débats dldées, le président du parti évacue sous le tapis ce qui constituait jadis la pierre angulaire de sa formation: la base militante.Joint par Le Devoir, M.Reny a indiqué qu’une portion «très importante» des militants ont évoqué la possibilité de claquer la porte si rien ne change prochainement Citant l’affaire Michaud ainsi que la position que le parti entend défendre dans le cadre des Etats généraux sur la langue, M.Reny estime qu’«ily a quelque chose qui ne marche pas du tout au bunker».«La plupart des militants sont choqués et outrés par l’attitude [de Lucien Bouchard].Ils ne reconnaissent plus le parti et ne se reconnaissent plus dans le parti.» Alors qu’il était naguère un parti d’idées qui accordait une place prépondérante à sa base militante, le PQ perd depuis un certain temps sa raison d’être en évacuant toute dissidence, déplore M.Reny.«On l’a vu au dernier [conseil national, qui s’est tenu à Trois-Rivières à la fin août], où tout semblait décidé d’avance.Les militants étaient comme pris en charge et toute dissidence était tuée dans l’œuf.C’est pourquoi plusieurs militants reprochent le style autoritaire actuel, qui n’est pas dans la philosophie du PQ » Sans vouloir spéculer sur l’avenir du parti, le président de l’association péquiste de Mercier considère néanmoins que «le parti est à un tournant».«R faut absolument qu’il y ait un changement d’attitude et d’ap- proche, sinon la crise actuelle pourrait laisser des séquelles importantes», prévient-il.Au cœur de la tourmente, on retrouve évidemment l’histoire entourant les propos sur les juifs et le vote ethnique tenus par le candidat pressenti à l’investiture péquiste dans Mercier, Yves Michaud.Blâmé à l’unanimité par l’Assemblée nationale, ce dernier a été invité par le premier ministre à ne pas se présenter à l’investiture.«Les militants trouvent que l'Assemblée nationale est allée trop loin, a résumé M.Reny.De plus, ils considèrent qu’il revient à la base de décider si Yves Michaud devrait ou non se présenter.Ces deux éléments reviennent comme un leitmotiv.» C’est pourquoi la Fondation Yves Michaud, dont M.Reny est le coordonnateur, poursuit actuellement sa quête d’appuis.Une lettre circule actuellement par courrier électronique afin de recueillir le plus de signatures possible.«Il y a du monde à la messe, pré- tend M.Reny.On reçoit beaucoup d’appuis de toutes les régions du Québec.» Les informations publiées juste avant Noël dans La Presse au sujet du contenu du mémoire qu'entend présenter le PQ lors des audiences nationales des Etats généraux sur la langue n’ont fait qu’attiser encore un peu plus les flammes du mécontentement.Le PQ aurait notamment l’intention de se positionner pour le libre choix de la langue d’étude au niveau collégial.Ainsi, les allophones qui doivent étudier en français au secondaire conserveraient la possibilité de poursuivre leurs études en anglais au niveau collégial.«Le mémoire va contre tout ce qu’on a proposé, déplore M.Reny.De plus, ça sort dans les médias avant même qu’on nous l’ait présenté.Ça n’a pas de sens!» Les péquistes de Montréal souhaitent en effet que l’accès au cégep anglais soit restreint, tout comme les écoles primaires et secondaires.Des œuvres au passé trouble Le MBAC présente 110 œuvres pouvant avoir été volées par les nazis PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le Musée des beaux-arts du Canada présente depuis hier sur son site Web 110 œuvres d’art de sa collection qui pourraient avoir été volées à leurs propriétaires par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.Les œuvres sont illustrées afin de permettre aux internautes du monde entier, en particulier les Juifs européens et leurs descendants, de les examiner à loisir et peut-être d’en revendiquer la propriété.«Je tiens à souligner que l’énumération qui suit n’est pas une liste de tableaux “suspects”, déclare le directeur du musée, Pierre Théberge, dans un message de présentation.L’inclusion d’une peinture dans cette liste indique seulement qu’il nous faut davantage d'information pour parfaire notre connaissance de sa propriété durant l’époque nazie.» Les œuvres montrées sur le site Web présentent des lacunes sur le plan de leur provenance durant la période de 1933 à 1945, et l'historique de leur propriété est parfois incomplet.La direction du musée cherche à savoir si elles font partie des innombrables trésors européens dérobés dans des musées et collections privées par les envahisseurs allemands, et plus tard par les troupes soviétiques.La direction du musée précise qu’elle ajoutera périodiquement les œuvres d’autres collections sur son site.Parmi les œuvres, on pçut voir Le Salon de Madame Aron, du peintre français Edouard Vuillard; La Cuisine maigre, du Hollandais Jan Steen; et Saint Jean Baptiste, du peintre espagnol Jusepe Leonardo.Le site Web du MBAC présente aussi, entre autres, La Wes-terkerk, Amsterdam, d’Isaac Ouwater, et Bouquet de fleurs dans un vase de faïence, de Jan Brueghel H.Le Congrès juif canadien a loué l’initiative du musée, et dit espérer que d’autres établissements canadiens suivront l'exemple.Jusqu’à présent, précise M.Théberge, le musée n’a reçu aucune revendication émanant d’une victime de la spoliation nazie, et aucune victime ou héritier ne lui a demandé de rechercher une œuvre manquante.Rien ne prouve que les œuvres présentées ont été pillées durant la Seconde Guerre mondiale.En novembre, la National Gallery of Art, de Washington, a annoncé qu’un tableau de sa collection avait probablement été confisqué par les nazis à une famille juive de Paris.Le musée a accepté de rendre le tableau à la famille, qui avait été informée de l’existence de l’œuvre en consultant le site Web du musée.L’an dernier, le Musée des beaux-arts de Montréal a rendu au gouvernement de la Hongrie Les Noces de Cana, un tableau réalisé au XVI' siècle par le peintre italien Giorgio Vasari.En 1996, cinq dessins perdus pendant la guerre ont été découverts dans les collections du Musée des beaux-arts de l’Ontario, et ont été volontairement rendus au Musée de Berlin.Les catalogues étaient auparavant le seul outil de recherche pour déterminer la provenance de l'importante collection du Musée des beaux-arts du Canada.Depuis, l’Organisation des directeurs de musées d’art canadiens et son homologue américain ont instauré des lignes directrices régissant l’appropriation illicite d’objets durant l’époque nazie, et les galeries d’art et musées importants doivent indiquer sur leur site Web la provenance de leurs œuvres datant de l’époque de l’Holocauste.LHomo cellulaire pogne JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Les chevreuils exhibent leurs bois, les paons déploient leur splendide plumage, et les hommes dévoilent., leur téléphone cellulaire.Et ça marche! Des chercheurs de l’Université de Liverpool en Angleterre ont observé pendant quatre mois les clients d’un pub du centre de la ville.Ils ont noté que les hommes exhibent leur téléphone cellulaire à la manière des animaux qui compétitionnent pour démontrer leur supériorité.Et plus il y a d’hommes dans les alentours, plus ils sont susceptibles de parader avec leur gadget téléphonique.Un comportement typiquement animal, dit le chercheur John Lycett dans la revue New Scientist.«Plus il y a de mâles, plus l'environnement est compétitif et plus vigoureuses sont les joutes.» Si les dames peuvent être tentées de se gausser du comportement vantard de ces messieurs, quelles sachent que ce petit jeu n’est pas vain.lœs femmes sont nombreuses à préférer ceux qui se bombent le torse et ne resteraient pas indifférentes à YHomo cellulaire, qui dégage une image de puissance.Les chercheurs expliquent que les femmes sont sensibles aux casse-cou.«Et les hommes sont plus susceptibles de prendre des risques pour traverser la rue s’il y a une femme tout près», dit le chercheur Robin Dunbar.Les femmes interviewées ont d’elles-même avoué qu’elles craquaient pour ceux qui n'hésitaient pas à prendre des risques.Et les hommes ont répondu que, bien sûr, ils le savaient et que c’est pour cette raison qu’ils agissaient ainsi.«C'est déprimant!» s’est exclamé Robin Dunbar.AVIS Veuillez prendre note que Le Devoir ne sera pas publié les lundi 1er et mardi 2 janvier 2001.L'équipe du Devoir vous souhaite une bonne et heureuse année.LE DEVOIR Thierry Mallet Kakoot Récits du pays des caribous Kakoot .TO* .t Les sept récits réunis dans ce livre témoignent de l'attrait qu'exerça le Grand Nerd sur Thierry Mallet.À la fols belles et dramatiques, les scènes croquées sur le vit sont le reflet de la vie de tous les fours au pays des caribous.Une vie empreinte de solitude et parfois cruelle, la lutte pour la survie étant le lot quotidien des habitants de ces terres lointaines.SEPTENTRI www.8eptentr1on.qcxa Un forcené dans le cockpit : à! k V ;- iiÜ II ROB ADAM REUTERS Un passager a photographié le forcené qui venait d’être maîtrisé par le personnel de bord.Le crash d’un 747 a été évité de justesse AGENCE FRANCE-PRESSE Nairobi — Une catastrophe aérienne a été évitée de justesse hier quand un forcené est entré dans le cockpit d’un Boeing 747 assurant la liaison tendres-Nairobi avec 398 personnes à bord et a tenté, selon le pilote, de provoquer la chute de l’appareil.L’équipage est parvenu à maîtriser l’homme mais le pilote a été légèrement blessé au cours de la bagarre et une hôtesse de l’air et quatre passagers souffrent de contusions provoquées par la perte brutale d’altitude de l’avion, selon British Airways.Le forcené — un Kenyan de 27 ans dont l’identité n’a pas été révélée — a été arrêté par la police kenyane à l’arrivée de l’avion à Nairobi et transporté dans un hôpital.Vers 5h du matin, alors que la plupart des passagers étaient endormis, l’avion a commencé à effectuer plusieurs plongées, ont raconté plusieurs témoins à l'AFE «Ç’a commencé comme une montagne russe.L'avion a fait plusieurs plongées, une descente abrupte et s’est mis sur le côté.Tout le monde était très tendu, il y a eu beaucoup de pleurs, beaucoup de cris», a raconté à la presse à l’aéroport de Nairobi Todd Engstrom, un médecin américain qui se trouvait à bord.Près de deux minutes plus tard, a-t-il poursuivi, le pilote est venu, «hors d'haleine», dans la cabine pour déclarer aux passagers: «Il y a un fou qui est entré dans le cockpit avec l’intention d’amener Tavion à s’écraser et de se suicider.» L’homme est entré dans le cockpit et s’est battu avec les pilotes pour tenter de faire tomber l’appareil, avant d’être maîtrisé par des membres d’équipage et des passagers de la première classe, a précisé M.Engstrom, 41 ans, qui voyageait avec sa femme et ses deux filles et se rendait au Kenya pour y travailler comme volontaire.British Airways a indiqué dans un communiqué que le pilotage automatique avait été «mis hors de fonctionnement» pendant l’incident Selon un autre passager, Benjamin Goldsmith, interrogé par la télévision britannique Sky News, le pilote a déclaré que, si cela avait duré «quatre ou cinq secondes de plus, le copilote n ’aurait pas été capable de reprendre le contrôle car l'appareil était presque sur le dos».ROB ADAM REUTERS Le présumé forcené voulait provoquer la chute de l’appareil.m mSi rmp: '«t»: «Dans la bataille, l'intrus m’a mordu au doigt et à l’oreille, mais mon premier officier, Richard Webb, et moi avons réussi à le faire sortir du cockpit pendant que mon autre premier officier, Phil Watson, a pris les commandes», a raconté le capitaine William Hagen, cité dans un communiqué de la compagnie.A l’atterrissage à Nairobi, deux heures plus tard, des policiers kenyans sont montés à bord de l’avion et ont emmené l’homme qui les a suivis sans résistance.Il a été transporté au Nairobi Hospital pour des examens médicaux, notamment psychiatriques.Le vol de British Airways transportait 379 passagers et 19 membres d’équipage.Ixî plupart des passagers étaient des Kenyans rentrant dans leur pays ou des Britanniques venus passer des vacances au Kenya et en Tanzanie, a ajouté British Airways.LJ y y C a h J .s____p_____e_____c.Automobile Publié le samedi 13 janvier 2001 Tombée publicitaire le II janvier 2001 / L K I) K V O I R , L K S S A M K I) I :i 0 K T 1) I M A N < Il K :5 I I» É ( K M B R K 2 0 II 0 A 3 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Christian R io ux Le mythe de Gorée Dakar — L’île de Gorée est l’un des endroits les plus mythiques d’Afrique.Une sorte de lieu de pèlerinage à la mémoire des millions d’esclaves qui ont traversé l’Atlantique pour venir travailler ou mourir en Amérique.En prenant le petit bateau qui relie l’île au port grouillant de Dakar, on a tout le loisir d’imaginer le sort de ceux qu'on traînait enchaînés vers l’inconnu.Difficile de ne pas être émus par le souvenir de ceux qu’on entassait comme des bêtes à 300 par bateau.C’est la tête chargée d’images qu’on pose donc le pied sur l’îlot de 900 m de long.Peuplée de quelques centaines d'habitants, l’île située à la pointe ouest de l’Afrique a d’abord été occupée par les Hollandais, puis par les Français.Pendant deux siècles, elle a vécu du commerce lucratif des esclaves.Ces maisons coloniales perdues au milieu d’une mer turquoise sont devenues un véritable lieu de culte.On vient par milliers chaque année, «surtout des Etats-Unis et de France», pour se recueillir devant la «Porte du voyage sans retour», par où les esclaves se seraient embarqués les chaînes aux pieds.L’endroit a inspiré de nombreux romans, dont le récent Black, les chaînes de Gorée, du Québécois Paul Ohl.H faut dire que la Maison des esclaves est devenue «patrimoine de l’humanité» depuis que l’UNES-CO a classé l’ensemble de l’île.La Fondation Danielle Mitterrand a financé une partie de ses rénovations.Bill Clinton, Nelson Mandela, Jean Chrétien et même le pape sont venus s’y recueillir.Toutes les télévisions du monde lui ont consacré de longs reportages, y compris Radio-Canada pas plus tard que cet automne.?Sauf que, comme dans tous les lieux de pèlerinage, il devient de plus en plus difficile de distinguer le mythe de la réalité.Selon Abdoulaye Camara, directeur de l’IFAN (Institut fondamental de l’Afrique noire), et Joseph de Benoist, un historien jésuite aujourd’hui décédé, la maison présentée comme une construction hollandaise a en fait été bâtie par les Français en 1783 pour une riche métisse (une «si-gnare») nommée Anna Colas.Les pièces du bas ont peut-être servi de logement à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite.Il s’agissait essentiellement d’entrepôts à marchandises.L’es-claverie, qui a disparu, se situait non loin du fort qui abrite aujourd’hui le Musée historique.Le mythe de la Maison aux esclaves doit beaucoup à l’indéniable talent du conservateur Boubacar Joseph Ndiaye, qui a mis une douzaine d’années à forger une légende qui a aujourd’hui force de loi.Une pièce de la maison est d’ailleurs tapissée des citations de ce militant noir anti-esclavagiste.Des photos de lui, croquées à côté de quelques-unes des sommités de ce monde, sont accrochées un peu partout En dehors de toutes considérations historiques, le coloré personnage raconte sans sourciller qu'«entre 15 et 20 millions d’esclaves noirs sont partis de Gorée».Un colloque tenu en 1977 sur l’île a pourtant conclu qu’il était impossible d’arriver à une évaluation aussi extravagante.Le père Benoist estimait à environ 500 le nombre d’esclaves qui auraient séjourné dans Tile chaque année.Les mêmes spécialistes réunis à Gorée évaluaient entre 12 et 25 millions le nombre total d’Africains qui ont traversé l'Atlantique en 300 ans.Il apparaît aujourd’hui évident que Gorée n'a jamais été le centre de traite que Ton présente aux touristes naïfs.Les riches créoles qui tenaient Tile n’ont obtenu le privilège du commerce négrier qu’en 1766.La traite semble avoir été limitée aux «esclaves de case», utilisés pour le travail domestique et intégrés dans les familles de Tile au lieu d’être vendus.Loin du mythe soigneusement entretenu à des fins touristiques, Gorée aurait donc joué un rôle mineur par rapport aux comptoirs de la Côte des esclaves (au Bénin), du golfe de Guinée et de l’Angola.De même, la fameuse Porte du voyage sans retour, où s’est recueilli le pape devant les caméras du monde entier, n'aurait été qu’un vide-ordures.On se demande pourquoi les négriers auraient jeté l'ancre en pleine mer alors que Gorée, qui signifie «bonne rade», a un port abrité.Jugement sur l’emploi de scabs La Cour d’appel ferme la porte à la PdA BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le conflit de travail qui oppose la Place des Arts (PdA) et l’Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (AIEST), affiliée à la FTQ.La Cour d’appel du Québec vient de rejeter la requête en appel, logée par la PdA, en réaction au récent jugement d’un juge de la Cour supérieure statuant que la société d’Etat avait engagé illégalement des briseurs de grève.Il s’agit de la troisième défaite de la PdA devant les tribunaux dans ce dossier.La PdA avait décidé en novembre 1999 de ne plus offrir de services de techniciens à ses quatre compagnies résidantes (Grands Ballets canadiens, Compagnie Jean-Duceppe, Orchestre symphonique et Opéra de Montréal).Le bail de ces compagnies avait été modifié pour contourner les effets de la grève des techniciens, déclenchée en toute légalité le 22 juin de la même année.Le 20 décembre dernier, le juge Réjean Paul de la Cour supérieure reprenait les arguments du juge de première instance, Claude Saint-Arnaud, en écrivant dans une décision de sept pages, que la PdA ne pouvait «utiliser un subterfuge pour se débarrasser d'un syndicat encombrant».Le jugement du juge Paul établissait que la grève de TAIEST était légale et qu’il y avait «donc obligation pour la Société de la Place des Arts de respecter le Code du travail».La Cour d’appel du Québec a refusé d’entendre la requête en appel de la PdA sur ce juge ment clair.Elle a rejeté les prétentions de la PdA voulant que la grève ait été terminée, sous prétexte qu’elle avait congédié les techniciens en débrayage.Par voie de communiqué, le président de la FTQ, Henri Massé, réagissait à cette nouvelle en déclarant qu'il «est maintenant grand temps que l’employeur mette fin à sa guérilla judiciaire et à sa stratégie d’affrontement.Il doit négocier de bonne foi le renouvellement du contrat de travail des techniciens.» Les représentants de la PdA n’ont pu être rejoints hier, les bureaux de la Société d’Etat étant fermés jusqu’à la semaine prochaine.De son côté, réitérant l’invitation de M.Massé à négocier de bonne foi, Bruce Johansen, porte-parole de la section locale 56 de TAIEST, insistait sur l'importance de cette nouvelle victoire: «Cela clôt le débat sur le jugement de Saint-Arnaud, du Tribunal du travail, à l’effet que les personnes qui nous ont remplacées étaient effectivement des briseurs dégrèves.» Johansen rappelle qu’au moment où le jugement Saint-Arnaud a été connu, un rapport d’inspecteur avait dénoté pas moins de 228 cas de briseurs de grève, sous condition bien sûr que cette étiquette soit bel et bien applicable.«Tout ceux qui ont travaillé là sont des briseurs de grève, sauf évidemment les cadres.Pour pouvoir dire que ces personnes étaient des briseurs dégrève, il a fallu que soit déterminé notre statut d’employé de la PdA, en grève légale, et que des gens remplissaient nos fonctions.» Johansen ajoute que selon le Code du travail, l'employeur ne peut prétendre cesser d’offrir un service, à moins de modifier la nature du service, ce qui ne serait pas le cas actuellement: «Les services sont encore donnés, les équipements servent toujours.» Johansen apprécie que le jugement établisse «la portée de notre accréditation».Les deux parties se retrouveront devant les tribunaux la semaine prochaine.Les 3,4, 5 et 8 janvier, une demande d’injonction déposée en décembre 1999 sera entendue par la Cour supérieure, pour enjoindre.Si l'injonction est accordée, la PdA retournerait à une situation similaire à celle d’octobre 1999, où seulement les cadres à l’emploi de la PdA, trois mois avant le déclenchement de la grève, peuvent reprendre les tâches des techniciens.Or, puisque «beaucoup de cadres ne sont plus à la PdA, et ont été remplacés depuis», ils ne peuvent, explique Johansen, remplacer les travailleurs.«Si l’injonction est accordée, cela limite considérablement les activités de la PdA.» La situation pourrait forcer la partie patronale à retourner négocier.«Nous, on souhaite négocier.Il semble que la seule manière de se rendre à une table de négociation est de créer une situation où ils n'ont pas le choix.Je préférerais que la PdA négocie de bonne foi.Notre intérêt est que la PdA marche.Le conflit a assez duré.Le public a assez payé.» Il faut rappeler que la PdA a englouti dans le conflit 300 000 $ en frais d’avocats, à la charge des contribuables.Mais culturellement aussi, le prix est élevé.EN BREF Un rail défectueux (PC) — Un défaut de soudure sur un rail pourrait être à l’origine de l’accident de TU1-tratrain qui a fait deux morts, le 30 décembre 1999, à Mont-Saint-Hilaire, en Mon-térégie.C’est Tune des hypothèses retenues par le Bureau de la sécurité dans les transports (BST).Le BST doit remettre son rapport dans environ un mois.Le bureau retient aussi que le système de signalisation en cas d’anomalie sur les rails n’est pas passé au rouge, ce qui signifierait qu’au moment du passage du train, le rail n'était pas fissuré.Si tel avait été le cas, le système se serait déclenché.Happée mortellement par un train (PC) — Une dame de 77 ans a été happée mortellement, hier matin, à la station de train de banlieue des Bois-Francs, à Saint-Laurent, sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal.Avant l’arrivée du train, la dame aurait emprunté une traverse piétonnière, effectué une chute et n’aurait jamais eu le temps de se relever avant Tim-pacL Selon des témoins, le conducteur de la locomotive a klaxonné à plusieurs reprises pour prévenir la dame, mais il n’a pu freiner à temps pour l’éviter.Marc-Aimé GUÉRIN Dictionnaire des penseurs pédagogiques A lire en période de , désarroi scolaire.fc 372 pages - 29,40 $_________________ En uente dans mules les iinrairies Mise a jour sur remission des permis Nom/Name PAUL RICHARD Date de nelwance / Date of Birth 1958*01*01 A/Y M J/D Teille/Height 170 CM Sexe / Gendef HOMME Numéro/Number 1234567890.01 PERMIS D’ARMES A FEU PROVISOIRE (POSSESSION SU II MFvt Iru ou n poswanit pem'i» C« parmi» nt v«M* poof I'acquMRIon pronint c» pamim ux i omra o un afpnt de M pab Permis temporaires délivrés pour répondre à la demande Un nombre exceptionnel de Canadiens ont envoyé leur demande de permis d'armes à feu pour se conformer à la Loi sur les armes à feu.La Loi exige que tous les propriétaires d'armes à feu détiennent un permis à compter du Tr janvier 2001.Pour répondre à cette demande massive, des permis temporaires seront délivrés aux propriétaires d'armes à feu admissibles.La sécurité publique demeure l'objectif principal du programme sur les armes à feu.Les permis temporaires seront délivrés seulement aux demandeurs pour qui une vérification dans les bases de données du Centre d'information de la police canadienne (CIPC) ne signale aucun problème.Les détenteurs d'un permis temporaire feront l'objet de vérifications continues dans les bases de données de la police, tout comme les autres détenteurs de permis.Ces vérifications de sécurité publique sont conformes à la Loi sur les armes à feu et gardent les armes à feu hors de la portée de ceux qui ne devraient pas en posséder.Les détenteurs d'un permis temporaire ne pourront faire l'acquisition d'armes à feu.Toutefois, ils seront en possession légale de leurs armes à feu et ils pourront acheter des munitions.Les permis temporaires sont valides seulement jusqu'au 30 juin 2001, ou jusqu'à ce que les personnes admissibles reçoivent leur permis valide pour cinq ans.Vous comprendrez qu’en visitant la petite île mon sang n’ait fait qu’un tour en entendant le guide comparer allègrement le drame des esclaves de Gorée à celui des Juife morts pendant l’Holocauste.Les médias africains n’ont pas encore la sensibilité de ceux du Québec ou du Canada anglais.Ils sont aussi très influencés par les thèses militantes afro-américaines sur le sujet Sinon, je crois bien que le Sénégal aurait eu droit à sa petite affaire Michaud.Cela se passe dans une société où Ton ne pèse pas encore, comme ici, chaque demi-mot sur le sujet, avec les qualités et les défauts que cela comporte.En visitant Tile, certains m’ont dit que les chimères que Ton colporte sur ce lieu ne changent rien au drame de l’esclavage.C’est vrai, surtout lorsqu’on sait qu’il n’a été aboli en Mauritanie.qu’en 1980! Il en va pourtant du droit de dire la vérité sur les sujets les plus délicats, même lorsqu’ils ébranlent quelques mythes.Quant à la mémoire des esclaves de Gorée, elle n’a vraiment, mais vraiment pas besoin de ces exagérations fantaisistes pour nous émouvoir.crioux@ledevoir.com Délai de grâce Les propriétaires d'armes à feu qui ont fait leur demande de permis avant la date limite ne seront pas pénalisés s'ils n'ont pas reçu leur permis avant le 1" janvier 2001.Ce délai de grâce, en vigueur jusqu'au 30 juin 2001, ne s'applique qu'à ceux qui ont présenté leur demande de permis avant le 1" janvier 2001.Les propriétaires et utilisateurs d'armes à feu qui n’ont pas fait leur demande dans les délais prescrits ou qui n'ont pas obtenu une autorisation d'acquisition d'armes à feu pourraient faire l'objet de sanctions en vertu du Code criminel.Pour obtenir (le plus amples ienseignemenls, rie l'aide ou dos formulaires, veuille/ téléphoner au I «00 731-4000 ou ton su II ui notre site Web au www.ccaf.gc.ca Canada » Ê^t r * * * *• «•«*•*
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