Le devoir, 28 novembre 2000, Cahier A
LE DEVOIR Les résultats du scrutin Ontario Canada PLC 172 PC Bloc 37 NPD Alliance 67 Total Québec Alliance Alliance LE TOUR DU CHAPEAU -U'h H'R '"S .: Une MLe troisième majorité pour le Parti libéral et Jean Chrétien Bloc obtient 37 députés; l’Alliance formera l’opposition ÉDITORIAL Le triomphe de Chrétien Bernard Descôteaux Jean Chrétien entrera donc au panthéon des grands premiers ministres libéraux.La longévité politique que lui procure ce troisième mandat consécutif majoritaire lui donne ce billet d’entrée qu’il recherchait et pour le quel il doit un merci particulier à Stockwell Day, Paul Martin et loicien Bouchard.Les facteurs qui ont contribué à cette victoire libérale sont nombreux, mais l’un des plus importants est certainement la réaction qu’a provoquée en Ontario, au Québec et dans les Maritimes le programme de ce nouveau parti perçu comme étant extrémiste.Un extrémisme dont Jean Chrétien a su se servir pour attirer vers lui un électorat habitué à naviguer du centre-gauche au centre-droit et inversement, mais sans jamais verser vers l’extrême droite.L’Alliance canadienne, qui n’a pas réussi le mariage projeté entre conservateurs et réformistes, n’aura été qu’une copie conforme du Reform Party.Son programme de droite est même apparu particulièrement provocant dans la bouche de son chef qui n’a pas craint d’afficher ses convictions religieuses et morales personnelles, attitude contrastant avec la prudence qu’affichait un Preston Manning en 1997 à la tête du Reform.L’Ontario a été le champ de bataille principal de l’Alliance et du Parti libéral, celui-ci l’ayant emporté de façon décisive, au point de porter un coup dont les alliancistes auront du mal à se relever.Eux qui rêvaient de franchir la frontière est du Manitoba sont limités à quelques gains symboliques.Stockwell Day aura reçu une leçon d’humilité de la part de M.Chrétien mais également de la part de Joe Clark, qui aura démontré que le Parti conservateur a toujours un avenir.L’Alliance, si elle veut progresser à l’avenir, devra composer avec ce parti qui a comme principal atout d’avoir un chef crédible.Au Québec, l’Alliance aura été un facteur secondaire.Les suffrages recueillis par ce parti ont été moins importants que prévu, ce qui a pu défavoriser le Bloc québécois, dont le recul s’explique aussi par d’autres raisons.Deux sont à examiner.D’abord, la réaction négative que suscitent les fusions municipales projetées par le premier ministre Bouchard a eu son impact, tout particulièrement à Québec.Ensuite, l’absence de débat autour de la souveraineté a pu atténuer la pertinence de ce parti aux yeux d’un certain nombre d’électeurs qui auront jugé qu’il valait mieux donner une prime électorale aux libéraux de Jean Chrétien en contrepartie de ces réductions d’impôts qui entreront en vigueur le l‘ r janvier prochain.À propos de fiscalité, le premier ministre, dont la popularité personnelle était à la baisse, doit une fière chandelle à son ministre des Finances, Paul Martin.A son corps défendant, le premier ministre a mis de côté son approche dite équilibrée au profit de baisses d’impôts significatives, ce dont il doit se féliciter aujourd’hui.Pour sa part, Jean Chrétien pourra prétendre que cette victoire lui appartient C’est lui qui a fait le pari osé de déclencher des élections envers et contre l’avis de la plupart de ses conseillers.Il pourra affirmer aussi, non sans raison, que le pays est moins divisé qu’il ne l’était, même au Québec, mais il ne devra pas oublier que tout majoritaire que soit son nouveau gouvernement, cette majorité est aussi le fruit d’uhe mathématique électorale qui,lui a donné une confortable majorité de sièges qui ne s'appuie toutefois sur les suffrages que de 42 % des électeurs.bdescoteaux@ledevoir.ca INDEX N Annoncos.B 4 Avis publics .BS Bourse.B 2 Culture.BS Economie.B 1 Éditorial.AS Idées.A 9 Monde.B 6 Mots croisés.B 4 Météo.B 4 Sports.B 5 Télévision.B 9 ai JœSü A-, ' Mtr Jean Chrétien ÉLU Shawinigan Joe Clark ÉLU Calgary-Centre JACQUES NADEAU Lp DEVOIR « Nous devons maintenant tourner la page, que l’on soit de l’Est ou de l’Ouest, de l’Ontario ou du Québec.Nous sommes tous membres de la grande famille canadienne.» Stockwell Day Gilles Duceppe Alexa McDonough ÉLU ÉLU ÉLUE Okanagan-Coquihalla Laurier-Sainte-Marie Halifax HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Et de trois pour Jean Chrétien.Le premier ministre a été reconduit dans ses fonctions hier soir alors que le Parti libéral a remporté, avec une majorité accrue, une troisième victoire électorale consécutive.Jean Chrétien a ainsi réitéré l’exploit de son héros Wilfrid Laurier, qui avait donné à son Parti libéral trois gouvernements majoritaires de 1900 à 1911.M.Chrétien doit sa victoire, à l’occasion de ces 37" élections canadiennes, aux gains de sept sièges qu’il a faits dans les Maritimes, à la mainmise qu’il a conservée sur son bastion ontarien et aux gains nets d’une dizaine de circonscriptions faits au Québec, aux défiens du Bloc québécois malgré la bonne campagne de son chef Gilles Duceppe.Pour ce dernier, il s’agit en quelque sorte d’une défaite.Au moment de mettre sous presse, hier à minuit trente, le Bloc québécois avait remporté ou était en avance dans 37 des 75 circonscriptions du Québec, contre 37 pour le Parti libéral.Il s'agit d’un recul comparativement à 1997, alors que le Bloc avait remporté 44 sièges.M.Duceppe comptait faire autant, sinon mieux, espérant que l’impopularité de la loi C-20 sur la clarté référendaire allait jouer contre le premier ministre.Le Bloc espérait aussi que les divers scandales au sujet des subventions à la création VOIR PAGE A 10: OTTAWA «Le début d’une nouvelle approche» Le premier ministre célèbre à Shawinigan KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Shawinigan — Sans triomphalisme, le premier ministre Jean Chrétien a livré hier soir un message particulier pour le Québec qui a redonné sa confiance au Parti libéral du Canada après vingt ans.«C’est la première fois depuis 1980 que le Parti libéral, il semble, a obtenu la majorité des voix au Québec et je pense que c’est très important», a affirmé M.Chrétien dans son discours à la nation.C’est parmi les siens, dans sa circonscription de Shawinigan, qu’il a remporté le pari personnel d’un troisième mandat consécutif à la tête d’un gouvernement majoritaire.«Ce soir, la population du Canada a renouvelé sa confiance dans notre programme, notre équipe et mon leadership», a-t-il souligné sous les applaudissements.Par delà les discours acrimonieux des ténors souverainistes à l’endroit de Jean Chrétien, le chef libéral a obtenu la confiance des électeurs du Québec.Des circonscriptions détenues jusque-là par le Bloc québécois, dont Beauharnois-Salaberry et Louis-Hébert sont passées dans le giron libéral.Pour Eric VOIR PAGE A 10: CHRÉTIEN LES RÉSULTATS AU QUÉBEC Plus de votes pour les libéraux Le Bloc perd une demi-douzaine de députés ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Au Québec, le Parti libéral de Jean Chrétien est sorti grand vainqueur des élections, devançant le Bloc québécois au chapitre de l’appui populaire pour la première fois depuis 1993.Le Bloc québécois a fait élire au moins autant de députés que les libéraux — 37 sièges contre 37 au moment de mettre sous presse — mais le parti souverainiste a manqué de loin son objectif minimal de conserver ses 44 députés de 1997.À égalité dans les sondages durant la campagne, le Parti libéral et le Bloc québécois se sont partagé la donne.Mais dans plusieurs circonscriptions où il es- VOIRPAGE A pérait faire des gains, le parti souverainiste n’a connu que de rares succès tandis que la fortune du Parti libéral allait en sens inverse.Le PLC peut compter sur neuf députés québécois de plus que les 26 élus au moment de la dissolution de la Chambre.Les trois transfuges du Parti progressiste-conservateur — Diane St-Jacques dans Shefford, André Harvey dans Chicoutimi-Le Fjord et David Price dans Compton-Stanstead — ont remporté leur pari.Dans la région de Québec, la campagne contre les fusions municipales, un dossier mené par le parti frère, le Parti québécois, a fait mal au Bloc québécois, qui a perdu deux députés à la suite de résultats serrés.Avec des marges aussi minces, les députés blo-quistes Hélène Alarie dans Louis-Hébert, Jean-Paul 10: QUÉBEC TRoiS Mi * AttCklWC.\ V / LE DEVOIR.LE MARDI 28 NOVEMBRE 2 0 0 0 A 2 —-—-» LE DEVOIR ?- ELECTIONS 2000 La soirée des élections à la télé Une prudence commandée par le dérapage américain PAUL CAUCHON LE DEVOIR Dans la course aux prédictions, Radio-Canada claironnait hier soir à 21h53 l’élection d’un gouvernement libéral sans toutefois être en mesure de préciser s’il allait être majoritaire ou minoritaire.Mais c’est le réseau privé CTV qui, vers 22h03, a brisé définitivement la glace en prédisant en premier un gouvernement libéral majoritaire.Visiblement, Radio-Canada était obsédée par les dérapages récents des grands réseaux américains puisque la société publique a attendu à 22h22 avant de confirmer ce qui était clair pour tout le monde depuis presque 22h, à savoir que Jean Chrétien et les libéraux allaient remporter leur pari.Deux minutes plus tôt, Bernard Derome précisait qu’on ne pouvait pas déclarer des gagnants dans des circonscriptions où l’avance du candidat n’était pas assez forte.«On ne fera pas ça à l'américaine», ajoutait-il.On ne sait pas encore si l’expression passera à l’histoire comme synonyme de dérapage médiatique! Pas de sondage Même prudence absolue à CBC où, en début de soirée, on présentait un long reportage décrivant la façon dont les députés sont «élus» par les réseaux.On y expliquait que SRC-CBC ne font pas de sondages à la sortie des bureaux de vote pour déclarer les gagnants, comme le font les réseaux américains, se fiant plutôt à une analyse des premiers résultats réels tel qu’interprétés par des journalistes d’expérience du télédiffuseur.«Nous allons compter les votes avec prudence et nous ferons nos prédictions avec prudence», promettait la CBC.Une prudence à laquelle on ne peut que souscrire.mais qui ne change pas le fait que la soirée télévisuelle n’a pas été marquée par un très grand suspense.la soirée électorale à Radio-Canada a débuté de façon très officielle alors que toute l’équipe était installée dans le décorum de la Chambres des communes.Pierre Bruneau, plus simplement logé dans les studios de TVA, peut quand même remporter le prix du reportage le plus à-propos puisque, dès l’ouverture de la soirée électorale, il a passé la parole à la météorologue Colette Proven-cher, histoire de tracer le portrait de la journée à travers les intempéries de la nature.Un bon point aussi pour TVA qui a eu l’idée de présenter, dans la soirée, son caricaturiste Godin en pleine création politico-électorale.Il reste que du strict point de vue de la clarté visuelle, la palme revenait probablement hier aux deux réseaux de langue anglaise, CBC et CTV, qui ont eu la même idée: l’émission principale se déroulait souvent sur un écran incrusté entre deux bandeaux qui présentaient des statistiques remises continuellement à jour.Une stratégie visuelle bien adaptée aux internautes, habitués à regarder plusieurs éléments en même temps.A côté de ces poids lourds, des réseaux comme TQS et Télé-Québec n’étaient pas vraiment dans la course hier, quoique, à Télé-Québec, Anne-Marie Dussault ait présenté à 22h30 une table ronde avec des invités intéressants comme Claude Ryan et Gretta Chambers.Spécialistes Tant Radio-Canada que TVA offraient un groupe de spécialistes.A Radio-Canada, la division des tâches était claire: Bernard Derome était le présentateur principal et Stéphan Bureau .s’occupait des analystes invités.A TVA, la division des tâches était plutôt liée aux horaires: Pierre Bruneau et Pierre Jobin avaient le contrôle pendant 90 minutes et laissaient la place à 23h à Simon Durivage pour un TVA réseau spécial qui, bizarrement, nous entretenait des faits divers et la mort de Jean-Guy Lavigueur.La curiosité de la soirée: peu de temps après l’annonce de l’élection d’un gouvernement libéral, Bernard Derome se lançait dans une entrevue «humaine» avec Michel Chrétien, le frère du premier ministre, lui demandant si son frère était méconnu des Québécois.«Parlez-nous de l’aspect humain de votre frère», répétait-il.Pendant quelques instants, on était en plein Claire Lamarche.La soirée télévisuelle n’a pas été marquée par un très grand suspense Joe Clark perd son pari Le Parti conservateur obtient 13 % des suffrages, 6% de moins qu’en 1997 STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le Parti conservateur jouait son va-tout dans les provinces de l’Atlantique et y aura finalement perdu le jeu.La formation de Joe Clark est passée de treize à neuf députés dans les quatre provinces de l’Est, bien qu’elle y ait obtenu plus de 30 % des voix.Le leader conservateur, lui-même élu hier soir, avait prévu remporter de 20 à 25 sièges dans cette région.Le PC comptait 15 sièges à la dissolution des Communes.Au total, dans la nouvelle Chambre, selon les données disponibles au moment de mettre sous presse, la formation pourrait compter douze députés.Il faut passer cette barre de douze élus pour conserver son statut de parti reconnu, qui donne entre autre accès à des fonds de recherche et le droit de poser des questions en Chambre.Au moins, Joe Clark a gagné dans Calgary-Centre, circonscription détenue jusque-là par l’Alliance.«Cette victoire en Alberta est la preuve que notre parti national peut remporter des élections dans l’Ouest», a déclaré le chef conservateur devant des partisans de sa circonscription, un peu avant minuit hier soir.La formation conservatrice aura obtenu autour de 13 % des suffrages exprimés au Canada, 6 % de moins qu’aux dernières élections.Au Québec, le PC n’a obtenu que 6 % des voix.Les chançes de percer ailleurs que dans l’Atlantique semblaient nulles, ou presque, pour la vieille formation.Le parti ne comptait que deux sièges à l’ouest du Nouveau-Brunswick, un au Manitoba et un autre au Québec.Dans Rich-mond-Arthabaska, en Estrie, le bloquiste André Bellavance a été donné pour vainqueur devant André Bachand, puis le député conservateur sortant a repris l’avance par quelques dizaines de voix.Gains libéraux Les libéraux ont réalisé des gains importants dans l’Atlantique, allant chercher 19 comtés sur 32, contre 11 aux élections générales de 1997, où on leur avait fait payer cher la réforme jugée inique pour les travailleurs saisonniers.Au Nouveau-Brunswick, les libéraux ont fait trois gains aux dépens du Parti conservateur, pour un total de six députés.Ainsi, dans Beausé-jour-Petitcodiac, l’ex-néo-démocrate Angela Vautour, passée conservatrice, a été battue par le libéral Dominic Le-Blanc, fils de Roméo LeBlanc, ex-gouverneur général et ancien ministre sous Pierre Trudeau.Dans Mada-waska-Restigouche, le libéral Jeannot Castonguay a battu le conservateur Jean Dubé, et dans Tobique-Mactaquac, le conservateur Gilles Bernier a été battu par le libéral Andy Sayoie.En Nouvelle-Ecosse, le PC a perdu l’un de ses cinq députés au profit du Parti libéral.L’île-du-Prince-Edouard est demeurée entièrement libérale, même si trois des quatre circonscriptions de cette province avaient été remportées par des majorités de moins de mille voix aux élections de 1997.ATerre-Neuve, le parti de Joe Clark a conservé ses deux dé- putés, Norman E.Doyle dans St.John's East et Loyola Hearn dans SL John's West Les électeurs de l’Atlantique ont tout de même offert deux consolations au vieux tory: Scott Brison, qui avait offert son siège de Kings-Hants au chef, a repris sa circonscription; de même, Elsie Wayne, un temps leader intérimaire de la formation, a conservé sop siège de Saint John’s.Le Parti conservateur était sorti des élections de juin 1997 avec 20 sièges.Le maraudage des autres formations lui avait finalement arraché cinq députés, les libéraux en débauchant trois au Québec (Diane St-Jacques, David Price et André Harvey) et un autre à Terre-Neuve (Bill Matthews).L’Alliance avait quant à elle réussi à soutirer au PC son seul député ontarien.En 1997, les gains en circonscriptions ne reflétaient pas la force d’attraction du Parti conservateur, qui cumulait 19 % des voix ep 1997, le même pourcentage que Je Parti réformiste., Les élections ont laissé exsangues les finances du Parti conservateur, qui croulerait maintenant sous une dette de plusieurs millions de dollars.Joe Clark Le NPD sauve les meubles de justesse BRIAN MYLES LE DEVOIR Le NPD préservait de justesse son statut de parti officiel et l’allocation de 1,3 million qui s’y rattache, hier au moment de mettre sous presse,en faisant élire la chef Alexa McDonough et 12 députés concentrés dans les Maritimes et dans l’Ouest canadien.Une crise existentielle attend le Nouveau Parti démocratique (NPD) , incapable de récolter plus du dixième des suffrages exprimés.Le parti a parié sur un authentique programme de gauche qui le distinguait de ses adversaires et sur la santé, la préoccupation première des Canadiens.Il a perdu.Le NPD avait réalisé une percée historique dans les Maritimes en y faisant élire huit députés lors des élections de 1997.La récolte 2000 s’arrête à quatre circonscriptions.En Nouvelle-Ecosse, le NPD a perdu trois sièges au profit des libéraux.Seuls Alexa McDonough, Peter Stoffer et Wendy Lill ont résisté à la montée libérale.Au Nouveau- Brunswick, Yvon Godin a conservé son poste.Au Manitoba, le parti a reculé d’un siège, celui de Bev Desjar-lais, perdu aux mains desiibé-raux.Il ne reste plus que trois députés du NPD dans cette province: Bill Blaikie, Judy Wasyly-cia-Luis et Pat Martin.En Saskatchewan, le NPD recule de deux sièges et en conserve deux.En Colombie-Britannique, Svend Robinson et Libby Davies conservent deux des trois sièges du parti.A la surprise générale, Joe Comartin a raflé un siège aux libéraux en Ontario.Rien de nouveau Au Québec, rien de nouveau sous le soleil.Une cinquantaine de militants ont assisté ensemble à la débâcle du parti, accoudés aux tables du bar Reggie’s, sur le campus de l’Université Concordia.Le plus célèbre candidat québécois du NPD, Hans Marotte, arrive quatrième avec 800 voix dans Papineau-Saint-Denis, le fief du ministre Pierre Pettigrew.Julien Patenaude, candidat (défait) du NPD dans Saint-Jean, se rend à l’évidence.Avec moins de 1000 membres à son actif, le NPD-Québec devra élargir sa base et recruter des têtes connues au cours des quatre prochaines années.H explique la faiblesse historique de la formation par l’obsession du Québec à l’égard de la question constitutionnelle.La naissance du Bloc québécois, en 1990, a décimé les rangs du NPD.«Le Québec est une société de gauche qui s'attarde à la même question.C’est difficile de faire ressortir d’autres options», dit-il.A Halifax, Alexa McDonough a promis à ses partisans que le NPD allait se battre «pour vous, pour vos familles, l’emploi, l’éducation abordable et un régime de santé public solide qui n ’est pas là pour le profit».Dans les derniers jours de la campagne, le NPD espérait un gouvernement minoritaire libéral, une situation qui lui aurait permis d’exercer une influence accrue aux Communes.Plus proche du PLC que de l’Alliance canadienne du point de vue idéologique, le NPD aurait exercé des pressions sur le gouvernement Chrétien pour obtenir des investissements dans l’environnement, la santé et l’éducation.Scénario improbable maintenant que Jean Chrétien est assis sur une troisième majorité.Après cinq ans à la tête du NPD et trois ans à titre de députée, Alexa McDonough a échoué dans sa tentative de rapatrier le vote de gauche vers son parti.Les résultats d’hier viennent le confirmer.Pendant que les libéraux, les conservateurs, les bloquistes et les alliancistes bataillent dans le centre-droit du spectre politique, le NPD a choisi de demeurer en plein champ gauche, se présentant comme la conscience sociale du Canada.Tandis que ses adversaires proposaient de convertir les surplus budgétaires en baisses d’impôts, le NPD a promis dans son programme 100 milliards de dollars en nouvelles dépenses, surtout consacrées aux soins à domicile, à l’assuranee-médica-ments, à l’éducation, aux garderies, au logement social et aux transports en commun.Mais le peuple a parlé.Le NPD est encore plus isolé à l’issue du scrutin.Non, ça change pas le monde Les personnes sans domicile fixe ont voté pour la première fois JACQUES GRENIER LE DEVOIR Hier, Elections Canada se disait dans l’impossibilité de préciser combien de personnes itinérantes seraient touchées par les nouvelles mesures.JEAN DION LE DEVOIR Non, ça change pas le monde.Et cette fois, il n’y a pas dç «sauf que».Voter?A midi hier, Jean-Marie n’avait pas l’intention de le faire: «Je ne crois pas à ça.» Geneviève, elle, était certaine que non: «C’est complètement ridicule.» Robert irait peut-être, «quitte à annuler» ou à appuyer un candidat marginal, «le communiste, par exemple».Roger, dit «le rebellé», se proposait pour sa part de passer au bureau de vote, «par devoir»: dans sa mire, le Parti marijuana.Café de la rue, rue Amherst.Par l’arrière, le resta à prix modiques communique avec la salle de rédaction du journal L’Itinéraire, située, elle, sur Ontario.Entre les deux, faisant le coin, ô ironie, un commerce de prêts sur gages.C’est jour d’élections, mais il faudrait une imagination très fertile pour y déceler une quelconque effervescence politique.Même si, pour la première fois, les sans-abri ont un droit de vote «élargi».«Quand tu te demandes si tu vas manger et où tu vas coucher, le vote, tu sais.», dit Jean-Marie, qui proteste d’abord contre la catégorie «itinérants» utilisée à gauche et à droite.«L’itinérance, c’est avant tout la solitude.Ce n ’est pas un groupe.Prends mille personnes, tu vas avoir mille histoires différentes.» Mince ligne Il est bien placé pour le savoir il a lui-même fait la rue, pendant une dizaine d’années.Idem pour les autres.Il faudrait des dizaines d’articles comme celui-ci pour seulement commencer de raconter leurs histoires complètement tordues, à peine croyables, désespérément humaines.Drogue, alcool, prostitution, isolemenL les uns précédant les autres ou vice-versa, le cycle infernal à la fois bien connu et si méconnu les a tous projetés au tapis, sauf qu’il n’y avait pas de tapis.Que le béton froid du trottoir.Aujourd’hui, ils travaillent tous à un degré ou un autre au café ou au journal.Sortis de l’auberge?Pas mal, dit Jean-Marie, «mais la ligne est si mince, et l’être humain est si fragile.Et puis, tu peux sortir un gars de la rue.» Si la politique ne les entiche guère, c’est qu’ils ont acquis la conviction (pi'«aucun parti n’est désireux d'aider les pauvres», explique Jean-Pierre Lacroix, rédacteur en chef de L’Itinéraire.«Tous les politiciens, c’est la même affaire», ajoute Roger le rebellé.«la même bouette.Et quand tu joues dans bouette, tu finis parte faire éclabousser.» PourtanL les médias ont,fait large cas d’une modification aux règlements d'Elections Canada permettant pour la première fois aux personnes sans domicile fixe — donc sans adresse, élément clé de la qualité d’électeur — de voter en s’inscrivant à un refuge ou une mission.Pour pouvoir participer au scrutin, les gens concernés devaient obligatoirement avoir passé la nuit de samçdi à dimanche dans un de ces centres d’aide.Hier, Elections Canada se disait dans l'impossibilité de préciser combien de personnes seraient touchées par cette mesure.Une façon de procéder qui ne manque pas, par ailleurs, oe soulever certains sarcasmes.Ainsi, souligne Robert, il existe moins d’un millier de places d’hébergement à Montréal alors que le nombre de sans-abri s’élève à au moins 15 000.«Les autres, ils font quoi?», demande-t-il.Et puis, ajoute Jean-Marie, il y a une certaine hypocrisie dans tout ça.«Une nuit, et ils te donnent ton droit de vote.Ça, pour avoir ton vote, il n'y a pas de problème.Mail pour avoir son chèque de H.S., un itinérant doit rester au moins trois soirs au même endroit.Et il a droit à ça une seule, fois.Il faut donc qu’il change de place: un mois, à la Old Hrewcry Mission: le mois suivant, à la Maison du Père; après, l'Armée du Salut.Et quand il a épuisé les quatre ou cinq centres d’aide qui existent, c’est "débrouille-toi, mon vieux".» le nouveau système (?) a toutefois permis l’émetr gence d’un candidat presque vedette, vaguement récupéré par les médias mais qui s’en fout parce que c’est exactement ce qu’il voulait: Michel Laporte, porte-étendard du «Parti de rien» dans la circonscription démographiquement contrastée de West-mount-Ville-Marie (où est notamment située la mission Old Brewery).Poussant un peu plus loin la logique, M.Laporte s’est dit que si un sans-abri pouvait être électeur, il pouvait aussi être candidat Un sort, pas une tare L’idée est venue de Pierre Anthian, directeur de la chorale de l’Accueil Bonneau, dont fait partie Michel Importe.«On a décidé de présenter un candidat qui ne soit pas celui des sans-abri mais de tout le monde», façon de montrer que l’itinérance n’est pas une tare congénitale mais un sort qui peut guetter n’importe qm, «y compris à Westmount».Le Parti de rien a d’ailleurs placé la lutte contre le jeu, source considé-rable de détresse, et surtout la dénonciation de la pu-blicjté gouvernementale complaisante sur le sujet «L’Etat manque totalement à ses responsabilités à cet égard, et il faut le dire», note Pierre Anthian.M.Laporte a donc mené campagne avec les moyens du bord: ses dépenses totales atteignent la somme ronflante de 2200 $.Il a fait poser des af: fiches faites avec des boîtes de carton du genre dont se servent les sans-abri |X)ur s’abriter l'hiver, sur lesquelles il a apposé une photo prise dans une cabine de centre commercial.Hier, des voitures de sympathisants ont fait la navette entre le bureau de scrutin et la mission Old Brewery afin d'aider les locataires temporaires.En début de soirée, la chorale de l’Accueil Bonneau donnait un concert.à l’hôtel Ritz-Carlton.Ce faisanj, M.Laporte dit avoir voulu livrer «un message social» qui, espère-t-il, ira au-delà de l’élection.«Iss gouvernements ne sont pas assez conscients de la réalité de la pauvreté, dit-il.Ça ne suffit pas d’en parler une fois tous les quatre ans.Mais en même temps, de notre côté, une campagne est le moment idéal d'en parler.Et si les médias reprennent ça, ne serait-ce que parce qu'ils voient ma candidature comme une curiosité, tant mieux.» ,, Michel laporte n'espérait rien de particulier en matière de voix, hier.Comme le dit Pierre Anthian, «peu importe le résultat, juste en étant là, on a gagné nos élections». K I) K V OIK, L K M A K I) I 2 K N O V K M B R K 2 O (I O A 3 LE DEVOIR ELECTIONS 2000 Ma non Corne Hier ?La victoire libérale est éclatante mais Jean Chrétien ne devra pas y lire un mandat pour gouverner sans égard j pour les Canadiens qui diffèrent d’opinion avec lui Le bémol manquant Jean Chrétien a obtenu la majorité qu’il désirait Voilà qui ne présage rien de bon pour le fonctionnement du Parlement fédéral, surtout après le climat d'acrimonie qui a prévalu durant toute la campagne et celui qui sévissait aux Communes avant le déclenchement des élections.Tous les partis, sauf les libéraux qui régnaient sans partage, ont mis en avant des idées pour donner un rôle accru aux députés, démocratiser les travaux des Communes et limiter les pouvoirs étendus du premier ministre.Les libéraux, eux, n’ont rien proposé de neuf.Avec la majorité qull a obtenue hier, on peut prédire que le premier ministre Chrétien en verra encore moins la nécessité.Entré en campagne sous des accusations d’arrogance, sa victoire n’arrangera rien.La population ne lui a pas fait entendre les bémols nécessaires.Pourtant, dans notre système parlementaire, le chef du gouvernement a des pouvoirs comme presque nulle part ailleurs dans les démocraties occidentales.Il nomme les sénateurs, les juges de la Cour suprême et de la Cour fédérale, les dirigeants de sociétés de la Couronne et d’organismes fédéraux.Selon l’auteur et universitaire Donald Savoie, la direction générale du gouvernement serait concentrée entre les mains du premier ministre et de ses conseillers non élus les plus proches.Il impose son programme législatif à ses députés par l’entremise du whip.Il détient aussi tout le contrôle en ce qui a trait à l’éthique des élus puisque, au bout du compte, il décide du code et choisit le conseiller responsable.M.Chrétien n’a jamais montré une quelconque réticence à utiliser pleinement tous ces pouvoirs et il a bien fait comprendre, durant cette campagne, qu’il n’entendait pas changer d’avis à ce sujet.Il devrait pourtant tirer quelques leçons de cette campagne, des sondages et des messages transmis aux médias par les citoyens.La victoire libérale est éclatante et historique pour M.Chrétien mais il ne devra pas y lire un mandat pour gouverner sans égard pour les Canadiens qui diffèrent d’opinion avec lui.Même si le Bloc a perdu des plumes, Jean Chrétien ne doit pas conclure qu’il a vaincu les «séparatistes».Le Bloc a reçu plus de 40 % des votes exprimés au Québec.Il y a donc encore une bonne portion de la population québécoise qui ne partage toujours pas la vision libérale du fédéralisme.Les conservateurs ont pu préserver leur statut de parti officiel et ont quand même obtenu environ 14 % des appuis de l'électorat.L’Alliance canadienne, pour sa part, a raté son pari de vraiment percer en Ontario mais elle s’est incrustée encore davantage dans l’Ouest.Sa présence et celle du Bloc confirment la persistance de lignes de fracture dans ce pays, basées sur des visions de l’économie, du rôle de l’État et de la fédération ancrées dans la culture politique de leur région respective.Par le passé, l’énumération des bastions des partis aboutissait à une liste de circonscriptions disparates qui pouvaient finir par former un chapelet dans tout le pays.Aujourd’hui, des provinces entières forment des blocs qui excluent presque sans partage le point de vue de l’autre.Ce phénomène a gagné en acuité en 1993 avec l’entrée en scène du Bloc québécois et du Reform — au-jôurd’hui l’Alliance — et l’accession des libéraux au pouvoir grâce à l’appui massif des Maritimes et de l’Ontario.En 1997, seul le bloc atlantique avait bougé pour prendre sous son mie les conservateurs et les néo-démocrates.Trois ans plus tard, ces divisions ne se sont pas atténuées mais cristallisées.Les réponses aux divisions n’auront pas vraiment été débattues durant cette campagne et le seront d’autant moins dans le prochain Parlement que tout esprit de compromis a été miné par le ton des échanges.La question de la place du Québec au sein de la fédération restera entière.La concentration du pouvoir entre les mains du premier ministre, ajoutée au fait que le gouvernement a pu être élu à plusieurs reprises par une minorité de Canadiens concentrés surtout dans une région, exacerbe le sentiment d'aliénation, voire d’exclusion, ressenti dans différents coins du pays.Ce sentiment est particulièrement vif dans l’Ouest, où on estime ne pas avoir un poids politique proportionnel à son poids économique.La campagne menée par les libéraux, axée stir le dénigrement du programme de l’Alliance, de son chef et de tout ce qu'il représente, ainsi que les déclarations du premier ministre au sujet des politiciens de l’Alberta n'ont pas aidé à atténuer le malaise.¦ Des ponts pourraient être construits pour tenter de foire contrepoids, essayer de calmer ces frustrations régionales.Malheureusement, ce n’est pas le discours qui a dominé cette campagne, surtout pas du côté du gagnant.De plus, aucun chef fédéraliste n’est parvenu à concilier les conceptions du pays auxquelles croit chaque région.Et M.Chrétien devra tenir compte du taux de participation populaire.Si elle a chuté pour une troisième fois d’affilée depuis 1993, il y aura là un message que M.Chrétien ne pourra ignorer s'il se préoccupe de la santé de notre démocratie.Mais sa préoccupation était ailleurs durant cette campagne: trouver sa place dans les livres d’histoire tout en faisant des gains contre les souverainistes au Québec.H y est parvenu.Grâce, en particulier, au pouvoir — un autre — qu’il est le seul à détenir, celui de déclencher les élections au moment qui lui convient.H a ainsi pu prendre de court ses adversaires alliancistes qui n'étaient pas prêts et qui ont multiplié les erreurs.A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.La victoi-rt?est éclatante mais ternie.JACQUES GRENIER l.E DEVOIR Le chef bloquiste Gilles Duceppe était accompagné de sa fille, Amélie, et de son épouse, Yolande Brunelle, à son arrivée au Spectrum.Duceppe cherche le réconfort dans le vote populaire Les chemins vers la souveraineté sont parfois difficiles, dit-il FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Malgré l’élection d’un contingent moindre qu’espéré, le chef bloquiste Gilles Duceppe s’est dit satisfait des résultats qui accordaient la victoire à 38 candidats bloquistes au moment de mettre sous presse, hier soir.Or, pas plus tard que dimanche, ce dernier était on ne peut plus formel, affirmant qu’il n'y aurait «pas de recul du Bloc».Le chef bloquiste refusait bel et bien de chiffrer ses objectifs tout au long de la campagne mais soutenait pouvoir élire «plus de 44 députés».Lors du discours de M.Duceppe, le Bloc semblait ne pas pouvoir atteindre la quarantaine.«Il ne faut pas oublier que nous avons augmenté notre vote populaire, lançait-il néanmoins devant un parterre à l’enthousiasme mitigé avant minuit.Certes, nous n’avons pas le nombre de députés espérés, mais nous avons la majorité des sièges au Québec et cela est d’une certaine importance.» M.Duceppe s’est dit persuadé d’avoir mené «une belle campagne» mais reconnaissait que la route vers un Québec souverain passait parfois 'par des chemins difficiles».Il a conclu son bref discours au Spectrum de Montréal en soutenant être certain que, bientôt, le Québec serait un pays.Quelques heures avant que l’issue du vote ne soit scellée, le stratège et bras droit de Gilles Duceppe, Pierre-Paul Roy, affirmait qu’««« seul point de pourcentage de plus dans le vote populaire serait considéré comme me victoire du Bloc.On a toujours dit que ça serait serré.On n’a rien tenu pour acquis.On avait une solide équipe sur le terrain, on a fait une campagne de tous les instants, on a fait m 36 h à la fin pour gagner le maximum de comtés».Pressés de questions sur le chiffre 50 qu’il avait lui-même cité, tout comme le vice-président du Bloc et candidat dans Joliette, Pierre Paquette, M.Roy a répondu qu’il avait été lancé «dans un moment d'enthousiasme».Refaisant de parler d’un calcul stratégique, il a néanmoins affirmé qu’il est certain «que les militants, si on leur dit 55, ils vont être encore plus enthousiastes».Et si M.Martin avait mené les troupes libérales?La situation aurait été la même, selon le député de la circonscription Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard.«H ne faudrait pas oublier qu’au référendum de 1995, tout le monde prêtait beaucoup de pouvoir à M.Martin.U a fait depuis deux déclarations publiques pour lesquelles il a été obligé de se rétracter.[.] M.Martin ne nous effraie pas.» Le Bloc québécois gardait cependant la mine basse devant un gouvernement libéral majoritaire.M.Roy soutenait hier soir «qu’en ce qui concerne les préoccupations de la population, un Jean Chrétien triomphant, on ne peut pas dire que c’est une bonne nouvelle».Il ne s’est toutefois pas dit surpris de l’appui massif qu’a reçu le PLC.«À la lecture des sondages des derniers jours, il devenait évident que l’on se dirigeait vers un gouvernement libéral majoritaire.\.]Iln’y avait pas beaucoup d'espace pour d’autres scénarios.Les sondages l’ont dit abondamment les uns aprà les autres.Honnêtement, on n’avait pas réfléchi à d’autres hypothèses.» M.Roy croit que l’insatisfaction était manifeste à l’égard de M.Chrétien.au Québec du moins.«Il semble qu’au Canada on n’ait pas trouvé la voie appropriée pour s'exprimer et dans ce sens, l’Alliance canadienne aura probablement un examen de conscience à faire.» Et le Bloc?«Iss souverainistes sont forts sur les examens de conscience.En fiait, ils sont perpétuels.» Pour le député de la circonscription de Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, il aurait été préférable que Jean Chrétien soit à la tête d'un gouvernement minoritaire.Allant plus loin que M.Roy, M.Ménard a soutenu que le premier ministre «devra faire acte d’humilité même si c’est un gouvernement majoritaire.Tous les analystes et les observateurs ont appelé à sa démission.Nous sommes dans un terrain de précédent.Quand on lit les éditoriaux, c’est la première fois dans l’histoire politique qu’un gouvernement risque d’être majoritaire et que le chef, à peine réélu, est invité à partir, h ne pourra maintenir longtemps une attitude de pontife.[.] M.Chrétien n’a jamais été aussi vulnérable».Les armes à feu ont eu raison de McLellan MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Presque tous les ministres du cabinet Chrétien ont conservé leur siège hier, hormis la ministre de la Justice Anne McLellan, qui a laissé échapper son comté albertain d’Edmonton-Ouest et le ministre Herb Dhaliwal, qui était en difficultés au moment de mettre sous presse.Soudainement impopulaire pour sa législation sur les armes à feu, Mme McLellan a laissé échapper un des deux seuls comtés libéraux de l’Alberta aux mains de l’Alliance canadienne.Il ne reste donc plus qu'un siège libéral, en Alberta, occupé par le secrétaire d’État David Kilgour, donné gagnant dans Edmonton-Sud-Est.La ministre de la Justice Anne McLellan, montrée du doigt pour son controversé registre des armes à feu, a perdu sa circonscription, donnant la victoire à une Alliance déjà plus que forte en Alberta, avec la candidate Betty Unger.En 1997, les élections de M.Kilgour, secrétaire d’État à l’Amérique latine et l’Afrique, et de Mme McLellan, ministre de la Justice, avaient été plutôt serrées, le premier remportant son siège avec une majorité d’à peine 1400 voix, la seconde avec un peu plus de 1100 votes.En 1993, Mme McLellan l’avait véritablement emportée de justesse, avec une majorité de 12 voix seulement Dans Markham, seul comté ontarien détenu par un candidat de l’Alliance canadienne, la lutte était à surveiller entre l'allianeiste Jim Jones et la recrue-vedette des libéraux, l'ex-économiste en chef de la Banque Royale, John McCallum.Mais celui-ci a aisément remporté le comté, avec une confortable avance de quelque 8000 voix.Montrée du doigt au cours des derniers mois pour le tristement célèbre scandale des subventions au Développement des ressources humaines, la ministre Jane Stewart a elle aussi connu la victoire hier dans le comté ontarien de Anne McLellan Brant, avec une majorité plus qu’aisée de quelque 11 000 voix devant l'Alliance, à peine 2000 voix majoritaires de moins qu’à l’élection précédente.Au moment de mettre sous presse, le ministre des Pêches et Océans, Herb Dhaliwal, étroitement surveillé pour sa gestion de la crise du homard, traînait la patte dans le comté de Vancouver-Sud-Burnaby, derrière le candidat allianciste.En Ontario, la bourde électorale de la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Elinor Caplan, ne lui a pas valu non plus de perdre la confiance des électeurs.Elle a été élue hier, battant son adversaire allianciste Robert Goldin, avec plus de 5000 votes de différence.En cours de campagne, Mme Caplan avait accusé les candidats de l’Alliance canadienne d’être des «révisionnistes, des sectaires et des racistes notoires», ce qui avait remué les troupes dans la circonscription ontarienne de Tornhill.Mme Caplan a tout de même perdu quelques plumes, son avance en 1997 s’établissant à près de 15 000 voix.En Ontario, le ministre des Affaires indiennes, Bob Nault, a conservé le comté de Kenora-Rainy River, même si cette vaste circonscription rurale, à concentration autochtone très importante, n’avait pas tellement prisé non plus la législation libérale sur le contrôle des armes à feu.En Colombie-Britannique, c’était le ministre de l’Environnement, David Anderson, sur lequel plusieurs prunelles étaient tournées.La montée de l’Alliance canadienne, additionnée à la chute du Nouveau Parti démocratique, ne lui a toutefois pas arraché Victoria, qu’il avait emporté en 1997 avec une mince avance de 2700 vont.Quant à lui, l’ancienne vedette de football des Argonauts de Toronto, Dan Ferrone, recrutée par l'Alliance canadienne dans Oakville, en Ontario, n'a pas réussi à réduire de beaucoup l’avance de son adversaire libéral Bonifie Brown, qui a remporté le comté avec 8000 voix de plus que lui.L’étiquette ne fait pas toujours le député ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Ils ont sauté la barrière des partis ixili-tiques mais tous n’ont pas trouvé l’herbe plus verte dont ils rêvaient Pour ce faire, il fallait choisir le pré libéral.Le Québec comptait cette année le plus grand nombre de ce genre de transfuges.André Harvey, Diane Saint-Jacques et David Price, tous trois élus en 1997 sous la bannière conservatrice étaient passés, il y a quelques mois, au Parti libéral.Au moment de mettre sous presse, les trois semblaient avoir gagné leur pari.Élu, comme en 1997, par une faible majorité de 317 voix dans la circonscription on ne peut plus nationaliste de Chi-coutimi-Le Fjord, André Harvey était probablement celui des trois à avoir pris le plus de risques.Gilles Duceppe allait toutefois venir malgré lui à son secours en début de campagne en annulant l’assemblée d’investiture prévue par son parti et en implosant son candidat, Noël Tremblay, le préfet de la MRC du Fjord.La décision allait déclencher une vague d’indignation dans les rangs bloquistes qui a provoqué la démission du président du Forum jeunesse du Bloc et incité un autre militant à se présenter comme candidat indépendant dans le but avoué de diviser le vote souverainiste.Le chef du Bloc a récidivé ce week-end en prédisant, sous le coup de la fatigue, la victoire du candidat libéral.Les événements allaient confirmer ce lapsus.Les deux autres transfuges québécois étaient en voie hier d’accomplir le même exploit Malgré l’avertissement lancé en cours de campagne par leur ancien chef, Joe Clark, que «les électeurs leur feraient payer leur décision», Diane Saint-Jacques, dans Shefford, et David Price, dans Compton-Standstead, semblaient en effet en route vers la victoire.Un autre ancien conservateur, ontarien celui-là, a été moins chanceux.Plutôt que de sauter la barrière des partis politiques, Jim Jones aurait préféré res- André Harvev ter à cheval dessus en continuant de représenter le Parti conservateur dans sa circonscription de Markham, en banlieue de Toronto, tout en portant les couleurs de l’Alliance canadienne.Il n’a toutefois pas été en mesure d’empêcher le candidat-vedette du Parti libéral, l’ex-économiste en chef de la Banque royale et ministre pressenti, John McCallum, de remporter la circonscription, et ce, malgré le fait que l’association libérale locale n’eût pas décidé, d’entrée de jeu, de le boycotter parce qu’il leur avait été parachuté.Autre transfuge déçue, la travailleuse saisonnière, Angela Vautour s’était fàit élire en 1997 sous la bannière néo-démocrate, dans la circonscription de Beauséjour-Petitcodiac au Nouveau-Brunswick, par une population alors en colère contre la réforme de l’assurance-chômage.Passée depuis au parti conservateur, elle trouvait encore cette année sur son chemin le jeune libéral Dominic LeBlanc, avocat de 32 ans, qui a réussi cette fois-ci à ramener dans le giron de son parti cette circonscription longtemps représentée par son père, Roméo LeBlanc, ainsi que brièvement par Jean Chrétien.Bill Matthews, de la circonscription de Burin-St-Georges à Terre-Neuve a eu plus de succès que Mme Vautour.le député conservateur, devenu libéral en 1999, a en effet remporté hier ses élections malgré une lutte acrimonieuse au sein de la machine libérale locale.Dans les Prairies, le sort d’un autre transfuge, Rick I ^liberté, demeurait encore incertain.Il avait remporté pour le NPD en 1997, par une petite majorité de 538 voix, la circonscription de Churchill River qui couvre toute la moitié nord de la Saskatchewan.Il avait justifié sa décision de passer au Parti libéral par le fait que ses commettants seraient mieux représentés au sein de la majorité parlementaire que dans l’opposition.Au moment de mettre sous presse, on ne savait pas encore si ces derniers partageaient son avis. 1.K I) K V O I H .L E M A H I) I 2 8 N 0 V E M B R E 2 (I 0 (I A 4 ?ELECTIONS 2000 LE CHOIX DES CANADIENS Voici les résultats des élections fédérales tels que connus à minuit ce matin.(Tous droits réservés, 2000, par la Presse canadienne) Voici les résultats du vote aux élections fédérales de 2000 tels que compilés par la Presse canadienne.Entre parenthèses suivant le nom de la circonscription, on trouve le nom du parti gagnant lors du dernier scrutin général ou d’une élection complémentaire et la majorité obtenue.LÉGENDE: AC —Alliance canadienne BQ —Bloc québécois COM —Communiste Ind — Indépendant Lib — Libéral LN — Parti de la loi naturelle ML — Marxiste-léniniste NPD — Nouveau Parti démocratique PAC — Parti de l’Action canadienne PC — Parti conservateur PM — Parti marijuana PV — Parti vert x — député sortant Yukon NPD 1 PC 0 LIB 0 AC 0 autres 0 Total 1 Territoires du Nord Ouest LIB 1 PC 0 NPD 0 AC 0 autres 0 Total 1 Nunavut LIB 1 PC 0 NPD 0 AC 0 autres 0 Total 1 Colombie- Britannique AC 25 LIB NPD PC autres Total 7 2 0 0 34 Alberta AC 24 LIB 1 PC 1 NPD 0 autres 0 Total 26 Saskatchewan AC 10 NPD 2 LIB 2 PC 0 autres 0 Total 14 Manitoba LIB 5 NPD 4 AC 4 PC 1 autres 0 Total 14 Ontario LIB 100 AC 2 NPD 1 PC 0 autres 0 Total 103 nombre de pourcentage députés des votes LIB 170 42,0% AC 68 24,0% Bloc 38 11,0% NPD 13 9,0% PC 12 13,0% autres 0 — Total 301 À venir 0 Nombre total de circonscriptions : 301 Québec Bloc 38 LIB 37 PC 0 NPD 0 AC 0 autres 0 Total 75 Nouveau- Brunswick LIB 6 PC 3 NPD 1 AC 0 autres 0 Total 10 Terre- Neuve LIB 5 PC 2 NPD 0 AC 0 autres 0 Total 7 Nouvelle- Écosse LIB 4 PC 4 NPD 3 AC 0 autres 0 Total 11 île-du- Prince- Édouard LIB 4 PC 0 NPD 0 AC 0 autres 0 Total 4 r j »} j".nu >rH LES RÉSULTATS DES 75 CIRCONSCRIPTIONS DU QUEBEC B.-ST-LAURENT- GASPÉSIE-C.-NORD Bonaventure-Gaspé-lles-de- la-Madeleine-Pabok (60179)165:186 Georges Farrah LIB 17 274 Raynald Blais BQ 13 518 Linda Fournier AC 704 Fred Kraenzel NPD 559 Charlevoix (60 9 954)188:189 x Gérard Asselin BQ 20 480 Lotbinière-L'Erable (BQ 3 007) 150:157 xOdina Desrochers BQ 14 865 Luc Dastous LIB 12168 Pierre Allard AC 2 708 Jean Landry PC 2 294 Dominique Vaillancourt NPD 521 Portneul (BQ 5 941) 100:181 Claude Duplain LIB 9410 Patrice Dallaire BQ 8 545 Howard Bruce AC 3 609 1 890 Marjolaine Gagnon LIB Pierre Paradis AC 9248 1994 Doris Grondin PC 1159 Charlesbourg-Jacques Cartier Joss Duhaime NPD 489 (BQ 3 928) 217:237 Kamouraska-Rivière-di 1- x Richard Marceau BQ 19 742 Loup-Témiscouata-Les Isabelle Thivierge LIB 18 309 Basques Gérard Latulippe AC 8 013 (BQ 2 399) 190:216 Dann Murray PC 3 013 x Paul Crête BQ 20 518 Samuel Moisan-Domm PV 1 055 Helen Ouellet LIB 10 273 Françoise Dicaire NPD 934 André Paquet PC 1231 Louis-Hébert René Théberge AC 1229 (BQ 3 698) 195:231 Elaine Côté NPD 717 Hélène Scherrer LIB 18 393 Normand Fournier ML 153 x Hélène Alarie BQ 17 455 Manicouagan Léonce-E.Roy AC 4 967 (BQ 1 532) 125:134 Clermont Gauthier PC 4411 xGhislain Fournier BQ 10 760 Karl Adomeit NPD 966 Robert Labadie LIB 7 307 Gisèle Desrochers ML 306 Gaby-Gabriel Robert PC Normand Caplette NPD Matapédia-Matane (BQ 5136) 185:193 770 353 (80 6 755)180:239 x Christiane Gagnon BQ Claudette T.-Couture LIB Michel Rivard AC 16 734 13 699 3 053 Jean-Yves Roy BQ 14 015 Marc Jalbert PC 2 329 Marc Bélanger LIB 13636 Jean-Marie Fiset NPD 1 221 Germain Dumas PC 1363 Pierre-E.Paradis PM 1 139 Karine Paquet-Gauthier NPD 904 Gilles Rochette LN 367 Rimouski-Neigette-et-la Mitis (60 6170) 176:177 Québec-Est (BQ 4 706) 220:231 19690 Terrebonne-Blainville (BQ 13 379) 208:223 Marcel Feriatte BQ 5 809 Marc-André Roy PM 708 Diane Bourgeois BQ 27 298 François-H.Liberge LIB 16436 Guylaine St-Georges AC 3 498 Daniel Champagne AC 1531 Lorraine Ann Craig PV 683 Ahuntsic Mostafa Ben Kirane PC 950 Bill Sloan COM 158 (118 10 282) 89:226 Karina Néron PM 566 William Lorenson IND 99 Mélanie Gemme PC 2 887 Pascale Levert LN 1141 Normand Beaudet NPD 1 045 Abitibi-Baie-James-Nunavik (LIB 2 635) 150:223 xGuySt-JulienLIB 12129 François Lemieux BQ François Dionne ÀC 11 254 885 Sylvain Gemme PC 543 Daniel Fredrick NPD 321 Témiscamingue (BQ 5 850) 137:200 x Pierre Brien BQ 12 758 Roch Charron LIB 10 306 Eric Larochelle AC oo CO cr> Sébastien Héroux PC 536 Anik-Maude Morin NPD 312 Chicoutiml-Le Fjord (PC 317)179:183 x André Harvey LIB Noel Tremblay BQ 19 535 14 762 Mauril Desbiens IND 3 733 Douglas S.-Tabah AC 1 968 Alain Ranger NPD 683 xEleni BakopanosLIB 10 055 Fatima El Amraoui BQ 7 233 Jessica Chartrand PC 1138 Eugenia Romain AC 703 Mimi Ghosh PV 466 Sara Mayo NPD 466 Yves Le Seigle ML 115 Steve Moran NPD 411 Lac-Saint-Louis (LIB 31 320)145:218 Westmount-Ville-Marie (LIB 19170) 44:184 x Lucienne Robillard LIB 4919 Bryan Price PC 1080 Marcela Valdivia BQ 746 Antonio Artuso COM_____________93 xClilford Lincoln LIB 27 071 , Wi|:y BomTe NPD Vincent Dorais ML______________52 Daniel Gendron PC 2 708 Felix Cotte AC 411 394 Saint-Jean (00 9 202)95:196 x Claude Bachand BQ 10201 Joseph Khoury LIB 7 819 Josée Coulombe AC 1 288 Gérald L’Ecuyer PC 1151 Marc St-Jean PM 533 Julien Patenaude NPD 306 Saint-Lambert (LIB 978) 85:188 Jean-Pierre De Billy NPD 824 Champlain (BQ 7 772) 192:194 Marcel Gagnon BQ 19 497 Julie Boulet LIB 19274 Eric Labranche AC 2494 xYolandeThibeaultLIB 7 687 Paul Giroux PM 981 Philippe Toone NPD 650 Saint-Maurice (LIB 1 602) 180:182 Anjou-Rivière-des-Prairies (LIB 7 631) 155:195 xYvonCharbonneauUB 20 344 Jacques Dagenais BQ 12051 Michel Tanguay PC 1666 William F.Shaw AC 2 702 Guy Amyot BQ Erin Sikora NPD 2 622 Brian Sarwer-Foner PV 07 r- CNJ Christian Picard BQ 6 909 Patrice Caron PM 128 Nie Leblanc AC 1225 xJean Chrétien LIB 21 983 903 Elena d'Apollonia PM 730 Garnet Colly ML 77 Michel Laporte IND Allen Faguy LN_______ Saroj Bains ML 122 JO 19 Walter Stirling PC Katherine Léveillé PM I 047 563 François Marchand BQ 16 223 ¦ Jean-Guy Mercier AC 1404 Pierre Blais PC 924 Gianni Chiazzese AC 1541 Normand Néron PM LaSalle-Emard (LIB 19 364) 37:204 RIVE-SUD Bruce Whelan NPD 772 520 x Paul Martin LIB 5 904 Hélène Héroux ML 141 Denis Martel BQ 2100 Bourassa (LIB 8 952) 85:186 Giuseppe Joe De Santis AC 295 Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour (6012 480)166:202 Verchères-Les-Patriotes (BQ 17 359) 83:207 xStéphane Bergeron BQ 11325 Mark Provencher LIB 6159 Raymond Chase NPD 342 Sylvain Archambault COM 203 Trois-Rivières (BQ 5 575) 204:211 Frédéric Grenier PC 1590 xYves Rocheleau BQ 21184 Stéphane Désilets AC 1108 Deepak IMassand PC-Ï94 » Louis PlamondonBQ-1|3 jonathirjérubé f¥ -1-r—r-TT- Pn onrt ParaHic R IfWAfi Mr x Denis Coderre LIB 10 896 Mathieux St-Cyr PM 130 Umberto Di Genova BQ 4 875 Marcel Lys François AC 648 Marcel Pitre PC 562 David Bernans NPD 129 Gilles Bigras LN 49 Irma Ortiz COM 14 Roland Paradis LIB 10756 Charles Bussières NPD Frédéric Lajoie AC 1 678 Gabriel Rousseau PC 1536 Black D.Blackburn PM 729 685 475 Denis Normandin LIB 18446 •j Luc Legaré AC 2039 Scott Healy PC 1 527;: Richard Gendron NPD Claude Brunelle ML Mont-Royal (LIB 15172) 154:186 Ulises Nitor COM 337 146 48 x Irwin Coller LIB 26081 Raymond Dorion NPD Beauharnois-Salaberry (BQ 3 223) 190:204 337 Vaudreuil-Soulanges (LIB 6102) 150:214 x Nick Discepola LIB Eric Cimon BQ Gilles Raymond LN 17 229 523 ¦ David Horlock NPD 492 Alexandre Deschênes ML 281 12 647 Dean Drysdale AC Stratos Psarianos PC Hochelaga-Maisonneuve (BQ 5 630) 185:205 Stéphane Gelgoot PC 1915 Serge Mardi LIB 22 227 Shaun G.Lynch NPD 2 813 1 372 595 ‘ Jean-Sebastien Houle BQ 1 365 x Daniel Turp BQ 19173 xRéal Ménard BQ 18 656 Alex Gabanski AC 1105 Roma Myre PC Louis Morena LIB 13 920 Maria PiaChDavez NPD 808 Jonquière (BQ 4 607) Benoit Harbec PC 1 556 Jean-Claude Balu PV 528 Stephanie Morency AC I 332 x Jocelyne Girard-Bujold BQ 16 297 Jean-Guy Boily LIB 11644 Alex Néron PM 1113 Judith Chafoya COM 125 ~ Ena Kahn LN 93 Milan Mirich NPD 713 Sylvain Néron AC 3 440 Christine Dandenault ML 258 Michel Deraiche NPD 1140 Pierre Bibeau COM 251 Lac-Saint-Jean-Saguenay (BQ 14 397) xStéphan Tremblay BQ 21305 Jerome Tremblay LIB 7 518 Laurier-Sainte-Marie (BQ 15 392) 176:210 Notre-Dame-de-Grâce- Lachine (LIB 19 232) 50:209 xMarlene Jennings LIB 6103 Jeannine Ouellet BQ 2 292 Stéphane Renaud AC Elizabeth Clark NPD Brossard-La Prairie (LIB 7 334) 120:207 xJacques Saada LIB Nicolas TétraultBQ 1973 1 674 OUTAOUAIS 660 12955 9479 Argenteuil-Papineau-Mirabel (BQ 3 554) 182:218 Mario Laframboise BQ 17 203 ESTRIE Brome-Missisquoi (LIB 6 491) 155:177 xDenis Paradis LIB 19 208;.r André Leroux BQ _ 12 26fft! Reward Grafftey PC 4 89t£® ’ Jacques Loyer AC Jeff Itcush NPD 1931 Lise BourgaultLIB Francine Labelle AC 15715 2320 Compton-Stanstead (PC 4 758) 151:174 4 ¦é.?*.4 4>< Jean-Denis Pelletier PC 1 487 x David Price LIB Richard Bélisle AC 1552 Pierre Audette PM Gilles Bisson PV Sylvain St-Louis PC________1 437 Qj(|jgr Charles NPD 596 Kathy Megyery PC Darrin Etcovitch AC Jean Philippe Côté LIB 9 754 Bruce Toombs NPD x Gilles Duceppe BQ 19070 Clémence Provencher NPD 423 278 98 430 153U : i2 4i ni Mary Ann Dewey-Plante PC 21171 !; Marc Carrier AC 1 705 742 Gaston Leroux BQ 680 Sylvia Larrass LN 472 Normand Chouinard ML 382 2Q5 Chambly Marie-Thérèse Nault LN 207 Christine Moore NPD 476- Laurent Fillon IND 130 Marc Roy LN 404 Gatineau Drummond (LIB 9 512) 225:260 |BQ 3 800) 180:179 — Réal Marmen LIB 9 760 x Jean-Paul Marchand BQ 20108 Gilles Lavoie IND 910 Richard Chartier NPD 1 716 1 707 Katie Graham PV 201 (60 12 048)120:208 14910 x Mark Assad LIB 22 558 x Pauline Picard BQ 18 252 Gerard Gosselin AC 1277 Robert Martel AC 8139 Claude Gagnon PC Linda Proulx NPD 539 Marc-Boris St-Maurice PM Michael Wilson LN 53 xGhislain Lebel BQ Richard Nadeau BQ 11274 André Béliveau LIB 13 700 Réal Blais PC 1148 Richard Joncas PC 3 740 4Tb Jean François Tessier PC Rténhane Prnri’hnmmfi AC 1 546 799 Rachel Hoflman ML 31 Denis Caron LIB 9168 1 Stéphany Crowley AC 4 470 T ion Lyne Boisvert PC 6 399 Lyse Beauchemin LN René Lemieux NPD 541 Beauce (LIB 10 154) 170:224 x Claude Drouin LIB Gary Morin BQ 19 797 9 344 Alain Guay AC 4 256 Gérard Parent PC 1249 Louis Girard LN 464 Pierre Malano NPO 336 Beauport-Montmorency Côte- de-Beaupré-île-d'Orléans (BQ 8131) 138:218 x Michel Guimond BQ 13175 Chantal Plante LIB Robert Giroux AC 11172 3666 Lise Bernier PC 1754 Mathieu Giroux PM Eric Hébert NPD Jean Bédard ML 884 538 188 Bellechasse-Etchemins- Montmagny-L'lslet (LIB 47) 155:206 x Gilbert Normand LIB 14 208 François Langlois BQ Jean-Claude Roy AC 10 994 3118 Suzanne Lafond PC 1217 Desmeules NPD 1144 LAURENTIDES- LANAUDIÈRE Roberval (BQ 8 031) 130:159 x Michel Gauthier BQ Ginette Boutet ML 233 14 085 Outremonl (LIB 9 663) 101:177 x Martin Cauchon LIB 10644 Jean-Pierre Boivin LIB 9104 Joliette (BQ 5 188) 115:214 Raymond A Brideau AC Marie-Christine Huot PC 1 657 781 Mercier (BQ 10 588) 145:205 x Francine Lalonde BQ 17155 Robert Archambault PC 1908 Gaétan Paquette AC Sébastien Duclos PM Cari Hétu NPD 1 552 Amir Khadir BQ 6 069 Darren O’Toole NPD Normand Biron LIB 10 666 Peter Graefe NPD Pierre Paquette BO Robert Malo LÎB Eric Champagne PC Clément Lévesque AC 11 804 Alain Giguère NPD LAVAL 383 Richard Savignac PV 1291 jan Schotte PV 1161 Châteauguay (BQ 6 742) 205:228 1543 1017 Jean-Claude Pommet LN 439 Ronald Bélanger IND 344 Samantha Demers IND 206 Jacques Laurin AC Julie Philion NPD 1561 413 •.418 Frontenac-Mégantic (BQ 465)163:172 Françoise Roy ML 125 Gérard Binet LIB 15 926 840 Robert Lanctôt BQ 7 478 J.Marc-Antoine Delsoin AC 1141 j0Sée Duchesneau AC 669 Carole Marcil LIB 24 041 I 417 Martin Gelgoot PC 1112 20150 Hull-Aylmer (LIB 5 037) 205:200 xJean-Guy Chrétien BQ 14 537 * Stéphane Musial AC 1608 1225 François Rivest NPD Bob Aubin COM 529 271 Laval-Centre (BQ 2 446) 225:236 x Madeleine D.-Guiral BQ 22 538 Eric Duquette PM 645 Nicholas Vikander NPD Huguette Plourde PM Louise Charron ML 534 117 374 pierre Smith COM 67 Geneviève Royer ML 63 Laurentides (BQ 9 594) 295:297 x Monique Guay BQ Dominique Boyer LIB Jacques Vien PC William Azelf AC Jacinthe Miliaire LN Brendan Naet NPD Pierre Lafleur LIB 22 204 Guy Fortin PC 2 626 Eric Marchand AC 2 310 29 890 Julien Bernard PV 1257 23 176 Jean-Yves Oion NPD 788 3 027 2 269 752 703 Repentigny (BQ 20 788) 169:236 xBenoJitSauvageauBQ 23 525 David Veillette LIB 10 767 Michel Cangnan PC 2156 Michel Paulette AC 2147 I ise Dufour PM 1462 Pierre Péclet NPD 644 Laval-Est (BQ 3 814) 195:224 Carole-Marie Allard LIB 22 315 Mathieu Alarie BQ 20721 André G.Plourde PC 2127 Rosane Raymond AC 1 962 Christian Lajoie PM 747 Frédéric Gauvm PV 572 Sujata Dey NPD 482 Régent Millette IND 220 Gabriel Cornellier-Brunelle ML156 Laval-Ouest Papineau-Saint-Ûenis (LIB 12177) 77:188 x Pierre Pettigrew LIB 9 615 Philippe Ordenes BQ 4 309 Yannis Felemegos AC 890 Hans Marotte NPD 758 Pierrelonds-Dollard (LIB 27 930)180:212 xBernardPatryLIB 31853 Sylvie Brousseau BQ 4 989 Nei! Drabkm AC 2 850 John Profit PC 2 721 Ricardo Lopez AC Réjeanne Rioux PC Margaret Larrass LN 2 881 1926 x Marcel Proulx LIB 20905 Nicole Massicotte PC 1402 Caroline Brouard BQ 9514 Pierre Luc Fournier PM 658 Robert Lindblad NPD 686 552 Guy Dulort PC 4 008 Olivier Chalifoux NPD 382.Emmanuel Préville PC 435 Boris-Antoine Legault PV 429 Antoine Théorêl-Poupart PM 353 Mustaque A.Sarker IND 295 Peter Macrisopoulos ML 183 Rosemont-Petite-Palrie (BQ 7 361)145:226 x Bernard Bigras BQ 14 63) Claude Vigneault LIB 9405 Jean-François Labrecque PM 959 Adam Hodgms NPD 907 Saint-Laurent-Cartlerville (LIB 27 737) 115:175 xStéphane Dion LIB 20473 Yves Beauregard BQ 3 657 J.Pierre Rouleau PC 1452 Kaddis R Sidaros AC 1 263 Piper Elizabeth Huggins NPD 625 Ken Fernandez PAC 152 Longueuil (BQ 8 830) 85:180 xCarolineSt-Hilaire BQ 9578 Sophie Joncas LIB 5 684 Richard Lafleur PC 981 Michel Minguy AC 888 David Fiset PM 423 Timothy Spurr NPD 309 Stéphane Chénier ML 71 Saint-Bruno-Saint-Hubert (80 6 480)136:199 Michel Geisterfer AC 3 453 Richmond-Arthabaska •w Peter Piening NPD 1 451 (PC 2 368) 203:215 m Aubert Martins PM 846 xAndré Bachand PC 17 678 -• Rita Bouchard LN 404 André Bellavance BQ 17414 ¦ Ron Gray IND 174 Aldéi Beaudoin LIB 9948 Robert Brooks PAC 159 Alexandre Legeais ML 102 Philippe Ardilliez AC Pontiac-Gatineau-Labelle (LIB 6 839) 170:242 x Robert Bertrand LIB 14 281 Johanne Deschamps BQ 9 299 Judith Grant AC 4 879 Benoit Larocque PC 1138 Christian Simard LN Vincent Bernier NPD 1885 J5?Sheflord (PC 521)188:187 x Diane St-Jacques LIB Michel Benoit BQ 19902 19 257 ; Marc Bissonnette PC Claude Messier PM 1218 “948 Jean-Paul Bedard ML 131 Oscar Chavez COM 131 LAvb-st-Chutes-de-la-Chaudière Rivière-des-Mllle-lles Noémi Lo Pinto NPD 909 (BQ 10 614) 245:253 (60 9 527)110:262 x Raymonde Folco LIB 27942 x Antoine DubéBQ 25 255 xGilles-A Perron BQ 11 514 Manon Sauvé 80 16 591 Shirley Baril LIB 20132 Robert Fragasso LIB 7 283 Léo Housakos AC 4143 Jacques Bergeron AC 8 804 François Desrochers AC 1569 Michael M.Fortier PC 2 980 Réal St-Laurent PC 4 069 Jonathan Raquette PC 1207 Luc Beaulieu PV 828 France Michaud NPD 1373 Eric Squire PV 548 Christian Patenaude NPD 639 André Cloutier COM 360 Stéphane Thinel NPD 303 Polyvios Tsakanikas ML 161 Sébastien Chagnon-Jean PV 907 Elienne Morin AC 8M Dorothy Sauras COM 151 Joanne Pritchard IND 80 Saint-Léonard-Saint-Michel (LIB 27 631) 180:204 xAlfonsoGaglianoLIB 31171 Verdun-Saint-Henri-Salnt- Paul-Pointe Saint-Charles (LIB 6 271) 165:210 x Raymond Lavigne LIB Pedro Utillano BQ Bernard Côté PC Jacques Gendron AC Matthew McLauchlm NPD x Pierrette Venne BQ 15 544 Melissa Hunter NPD 532 Claude Leblanc LIB il 782 Gretchen Schwarz PV 439 Jean Vézina AC 2134 Eleanor Hyodo LN 126 Otmane Brixi PC 1 401 Christian Legeais ML 58 Maryève Daigle PM 998 Thomas J.Sabourin IND 51 Marie Henretta NPD 584 Salnt-Hyaclnthe-Bagot (BQ 4 803) 126:200 Berthier-Monlcalm Jean-Jacques Treyvaud AC 1814 , Audrey Caslonguay PC Nicolas Cousineau PM Elizabeth Morey NPD Sherbrooke (BQ 220) 200:223 xSerge Cardin BQ 21316 ) Jean-François Rouleau LIB 17 620 ‘ iA 2026 1 728 ¦ 16 326 xYvan Loubier BO 14 693 x Michel Bellehumeur BQ 30 364 Eric L’Heureux PC 9164 Michel Gaudette LIB 9 752 Jean-Carie Hudon LIB 15 765 Craig Wright NPD 1 802 Jacques Bousquet AC 1 3/2 Réal Naud AC 2 728 Daniel Jolicoeur LN 1 566 Frédéric Mantha PC 1 186 Paul Lavigne PC 1 940 Joseph B -Lacombe IND 786 Rachel Dicaire NPD 304 Sébastien Hénault PM 1410 Serge Lachapelle ML 606 483 24‘ 21 L K DEVOIR.L K M A K I) I 28 NO V K M B R K 2 O O 0 A 5 ELECTIONS 2000 iChrétien reprend l’Atlantique Les conservateurs recueillent 32 % des voix, mais perdent 4 comtés Une imprenable forteresse JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Dix-neuf libéraux, neuf conservateurs, quatre néo-démocrates.La bande de Jean Chrétien a réussi à reprendre le pouvoir dans l’Atlantique après en avoir été écartée en 1997.C’est le Parti conservateur, même s’il a recueilli 32 % des voix, qui a pâti de la remontée des libéraux en perdant quatre circonscriptions.I^e NPD, quant à lui, a perdu trois députés.\ja.plupart des vedettes de la région sont revenues au pouvoir.Le ministre de l’Industrie Brian Tobin, la chef du NPD Alexa McDonough, le Solliciteur général Lawrence MacAulay et la conservatrice Elsie Wayne reviennent tous à Ottawa.En revanche, l’ancienne néo-démocrate passée chez les conservateurs, Angela Vautour, a été défaite.La carte électorale de l’Atlantique se trouve être la plus multicolore depuis l’arrivée du PLC au pouvoir.En 1993, les libéraux avaient raflé toutes les circonscriptions sauf une, celle d’Alexa McDonough dans Halifax.En 1997, revirement de situation: les provinces atlantiques décident de faire payer aux libéraux une réforme de l’assurance-chô-mage et une vague de compressions budgétaires dans les programmes sociaux qui ont eu des conséquences dévastatrices dans la région.Vingt circonscriptions sur 32 étaient alors passées aux mains du NPD et des conservateurs.Cette année, les électeurs de l’Atlantique semblent avoir par-4dnné aux libéraux.La Nouvelle-Ecosse, qui les avait totalement boudés en 1997, a redonné quatre sièges aux libéraux.Ces derniers ont également fait un gain à Terre-Neuve,, conservé toute rîle-du-Prince-Edouard et gagné trois autres sièges au Nouveau-Brunswick.La chef du NPD, Alexa McDo- nough, a au moins conservé sa circonscription de Halifax.Mais son parti, qui avait faijt élire six députés en Nouvelle-Ecosse en 1997, en a perdu trois.Le conservateur Scott Brison, qui avait laissé son siège à Joe Clark, a été réélu, comme ses collègues Bill Casey et Peter MacKay, qui est considéré par certains comme le successeur de Joe Clark.la très convoitée circonscription de Dartmouth a échappé à l’ancien sénateur libéral Bernard Boudreau.La gagnante, la néo-démocrate Wendy Lill, a également défait le conservateur Torn Mcln-nis, ancien ministre provincial de la Justice.Les électeurs terre-neuviens n’ont pas boudé leur ex-premier ministre, qui est revenu dans l’arène fédérale avant d’avoir terminé son mandat provincial.Brian Tobin a défait le conservateur Jim Morgan, ancien ministre des Pêches de la province.George Baker, ex-ministre des Anciens combattants, dépossédé de son titre à l’arrivée de Brian Tobin, a aussi été réélu.Le transfuge libéral Bill Matthews a défait l’ancien leader du NPD de Terre-Neuve passé chez les al-liancistes, Peter Fenwick.Le Nouveau-Brunswick a élu six libéraux, trois conservateurs et un néo-démocrate.Le libéral Dominic LeBlanc, fils de l’ancien gouverneur général Roméo LeBlanc, a défait la députée conservatrice Angela Vautour, anciennement au NPD.I^i ministre du Travail, Claudette Bradshaw, a été réélue, tout comme l’ancien Solliciteur général Andy Scott.Elsie Wayne, qui avait mené seule le bateau conservateur avec Jean Charest de 1993 à 1997, revient encore une fois à Ottawa.Le NPD a conservé Acadie-Ba-thurst avec Yvon Godin, qui a défait Jean Gauvin, ancien ministre conservateur provincial passé à l’Alliance, de même que le libéral Bernard Thériault.REUTERS Joe Clark a voté, hier, dans sa circonscription de Calgary Centre.Autre balayage libéral en Ontario L’Alliance canadienne n ’a pas réussi de percée significative malgré ses efforts soutenus LOUISE LEDUC LE DEVOIR Ontario, dont la conquête i fait foi de tout, est demeuré une imprenable forteresse libérale.Les troupes de Jean Chrétien ont balayé la province, l’emportant dans 101 circonscriptions sur une possibilité de 103 au moment de mettre sous presse.L’Alliance canadienne, avec un député élu, a de son côté vu son plus sombre scénario se réaliser.Les libéraux ont donc réussi le même tour de force qu’en 1997.On se souviendra qu’en 1997, les libéraux n’avaient échappé que les circonscriptions de Markham — située celle-là dans le «905», du nom du code régional de la périphérie de Toronto — et de York South-Weston.Cette fois, dans Markham, le candidat-vedette John McCallum — exéconomiste en chef de la Banque Royale, que d’aucuns voient accéder au conseil des ministres — a redonné la circonscription aux libéraux, battant Jim Jones, un ex-conservateur devenu allianciste.Jim Jones n’a tout simplement pas été de taille: il n’a obtenu que 3882 voix contre 11 810 pour McCallum.Les libéraux ont de même repris York South-Weston.L’indépendant John Nunziata, cet ex-li-béral opposé à la TPS et évincé de son caucus en 1995 pour avoir voté contre le budget Martin, a été, défait.A l’inverse, les libéraux ont perdu aux mains des alliancistes dans le nord de l’Ontario, dans Renfrew-Nipissing-Pembroke, de même que près d’Ottawa, dans Lanark.Mince consolation pour le parti de Stockwell Day: au moment de mettre sous presse, en matière de pourcentage de votes, il avait mieux fait que le Parti réformiste en 1997, obtenant 24,7 % des votes contre 19 % pour l’ancien parti de Preston Manning.Cependant, cette fois, les libé- Les libéraux ont réussi la même performance qu’en 1997 raux n’ont même pas eu à compter sur la division du vote de droite, remportant plus de 50 % des votes en Ontario.Courses d’intérêt La ministre de l’Immigration, Elinor Caplan, a finalement été ré élue.La chose n’était certes pas gagné d’avance pour elle.Elle s’était en effet aliénée une partie de l’électorat juif de sa circonscription de Thornhill en appuyant une résolution de l’ONU condamnant unilatéralement la violence d’Israël contre les Palestiniens.Dans une tentative désespérée de s’amender, Mine Caplan s’en était prise à l’Alliance canadienne, soutenant que ses supporters niaient l’Holocauste et n'étaient que des «gens sectaires et racistes».Dans Windsor West, le vice-premier ministre, Herb Gray, n’a eu aucun mal à être reporté au pouvoir.Ses confrères Allan Rock (ministre de la Santé), Sheila Copps (ministre du Patrimoine), Art Eggleton (Défense nationale) et Don Boudria (leader du gouvernement à la Chambre des communes) ont tous aussi été réélus, tout comme Jane Stewart, pourtant éclaboussée par le scandale aux Ressources humaines.Défaite honorable Dans Trinity-Spadina, le néodémocrate Michael Valpy, cet exchroniqueur du Globe and Mail qui s'est lancé en politique cette année, a été défait.Défaite honorable cependant que celle-là: il a tout de même obtenu 5204 votes, contre 6284 pour son opposant libéral, Tony lano.En fin de soirée, le NPD n’était en avance en Ontario que dans une circonscription, dans Wind-sor-St.Clair.Le candidat du NPD menait par 250 voix.L’Ontario n’est jamais un mince enjeu.En fait, c’est traditionnellement en Ontario que l’élection se joue.Non seulement est-il devenu impossible de prendre le pouvoir sans l’Ontario, mais S> JOHN LEHMAN REUTERS Stockwell Day s’est réjoui hier soir des résultats de l’élection dans le comté de Penticton, en compagnie de son petit fils, Jalen.Cependant, son parti n’a pu faire de percée significative en Ontario.preuve a été faite qu’on peut presque le faire avec la conquête de cette seule province.En 1997, les libéraux avaient en effet réussi à former un gouvernement majoritaire et ce, avec seulement 38 % du vote populaire au Canada et avec seulement 54 des 198 députés des blocs à l’est et à l’ouest de l’Ontario.Joe Clark défait l’Alliance dans son comté UAlliance conserve l’Ouest Day et Manning se font facilement élire VALERIE DUFOUR LE DEVOIR L> ouest du pays restera l’éten-< dard allianciste.Même s’il n’a pas réussi sa percée en Ontario, Stockwell Day aura au moins la maigre consolation de ne pas avoir perdu trop de plumes dans son château fort Day aura cependant échoué en Alberta dans Calgary-Centre, où le leader du Parti conservateur, Joe Clark, a remporté de brillante façon une course effrénée contre le député sortant de l’Alliance, Eric Lowther.Son collègue conservateur Rick Borotsik a quant à lui réussi à se maintenir en poste dans la circonscription mani-tobaine de Brandon-Souris.De fait, Stockwell Day s’est fait réélire sans trop de souffrance dans la circonscription d’Okana-gan-Coquihalla.Même résultat pour l’ancien chef réfonniste Près-ton Manning, qui a remporté une victoire facile en Alberta dans Cal-gary-Sud-Ouest.Dans Richmond, en Colombie-Britannique, le député libéral Raymond Chan s’est fait jouer un vi- lain tour par son adversaire de l’Alliance.En effet, Joe Peschisolido a remporté une victoire à l’arraché.Toujours en Alberta, le candidat allianciste Kevin Sorenson n’a eu aucun mal à se départir du candidat indépendant (et ancien réformiste) Jack Ramsay.Plus tôt cette année, M.Ramsay a été reconnu coupable de viol.La ministre fédérale de la Justice, Ann Mcl/'llan, n’a pas eu autant de chance.Elle est tombée sous le couperet de l’électorat dans Edmonton-Ouest.Déjà en 1997, Mme McLellan avait évité de justesse l’humiliation de la défaite.Cette victoire, c’est l’allianciste Betty Unger qui la lui a arrachée.De son côté, le secrétaire d’Etat à l’Amérique latine et l’Afrique, David Kilgour, a eu chaud dans Edmonton-Sud-Est.Talonné par son adversaire allianciste, M.Kilgour a finalement eu le dernier mot Dans Winnipeg-Transcona, l’ancien comté de Lloyd Axwor-thy, la libérale Anita Neville a quant à elle gardé le comté dans les mains du pouvoir.Toujours au Manitoba, l’ancien ministre du cabinet conservateur de Gary Fil-mon, Brian Pallister, a été réélu sous la bannière de l’Alliance canadienne.Pour le NPD, le vote de l’Ouest constituait la clé de cette élection.La voie vers la vie ou la mort de la reconnaissance du parti aux Communes.Et quelques députés n’auront pas réussi le test de l’électorat.C’est le cas de John Solomon dans le comté de Régina-Lum-sden-Lake-Center.Cependant, les électeurs de Colombie-Britannique ont décidé de réserver leur frustration contre le NPD pour les élections provinciales.En effet, le populaire député néo-démocrate Svend Robinson a été réélu dans Burnaby-Douglas.In députée de Van-couver-Est, Libby Davies, a aussi conservé son siège.«gjï Nancy BEAULIEU France LéTOURNEAU \ Sou* la tflraetim 4a Louise CHARLEBOIS Y a-t-il des limites au devoir de mémoire ?« Absolument original, (Letourneau) tourne et retourne dans tous les sens cette grave question qui hante les intellectuels : « Comment construire l’a venir sans oublier le passé mais en refusant de s’y embourber ?» (.) Sans contredit le meilleur essai de l'année.(.) Il faut lire ce livre, le méditer, en discuter, le contredire s'il le faut, mais on n'a pas le droit de l'ignorer.Louis Cornellicr, Le Devoir ¦ L’encrier , cahier d'CcrlIur* curshra 1 _______________________ 48 pages - 4.95 S Français 1" cycle.GUÉRIN t» naine dans tonies les iioraines Üti Jk 'V Essai, 198 pages • 24,91-, S Boréal \n u u.rtlilionshorrnl.m .1.1 Julie COUTURE Sylvie MOUETTE Cathia RIOPEL J'enrichis mes lectures 32 pages - 4,75 J LA PENSEE collection AVEC LES VEUX DU CtEUR.in uenie sens tomes les imrsines -HOMME* MANTEAUX CACHEMIRE L LAINE importés d’Italie Régulier 90&A Soldés 450 $ 1118, rue Sainte-Catherine O., Bureau 200 Montréal (Québec) H3B 1H5 téf.: 861-3636 Du lundi au vendredi De 10 h à 18 h Samedi de 10 h à 16 h A fi L K I) V.V OIK.L K M A K I) I 2 K X O V E M B K E 2 0 0 0 Vu de l’étranger L’image du Canada sort écorchée de cette élection Paris — C’est dans l’indifférence la plus complète que les capitales européennes attendaient hier les résultats de l’élection canadienne dont l’issue ne devait être connue qu’au petit matin.On peut cependant déjà dire que rarement une élection canadienne aura suscité si peu d’intérêt à l’étranger.Rarement également l’image internationale d’un premier ministre canadien aura-t-elle été aussi égratignée.Contrairement à son Christian habitude, Rioux l’ambassade « ?canadienne en France n’a pas ouvert ses portes pour permettre aux Canadiens qui vivent dans la capitale d’écouter les résultats en direct.«Personne n'en a manifesté l’intérêt, pas même les étudiants canadiens à Paris’», précise-t-on.Il faut dire que la soirée était diffusée toute la nuit sur TV5.Même un journal aussi féru d’international que Le Monde n’a consacré qu’un seul article à l’élection.Il concerne Michel Laporte, le sans-abri de l’Accueil Bonneau candidat dans West-mount.Ceux qui en ont parlé ont souvent dessiné le portrait d’un pays plus divisé que jamais.Quand ils n’ont pas évoqué un scrutin motivé par des enjeux essentiellement électoralistes.Le Figaro raconte que les Canadiens «ont eu droit à une surenchère de promesses électorales».Les propos xénophobes d’un candidat de l’Alliance canadienne et les soupçons sur l’intégrité du premier ministre «ont achevé de pourrir le climat électoral».La journaliste conclut que «les Canadiens ont aujourd’hui bien du mal à se rappeler qu’ils vivent "dans l'un des meilleurs pays du monde"».Le quotidien Libération explique longuement que cette élection est le fruit de «préoccupations électoralistes».«Les voix qui appellent l’actuel ministre des Finances Paul Martin à prendre en main les libéraux se font entendre chaque jour davantage», dit le correspondant de Montréal.Le journal économique Les Echos dresse un bilan économique plutôt positif du gouvernement sortant.Il dit cependant que «s’il avait pu raser les murs», Jean Chrétien «l'aurait sans doute fait.» La presse britannique n’a pas été plus tendre.The Independent écrivait dimanche que les Canadiens sont de plus en plus fatigués de «leur truculent et gaffeur de premier ministre».mais qu'ils ne sont pas encore assez désillusionnés pour choisir Stockwell Day.«La population ne se plaint pas de son âge, 66 ans, mais plutôt de son style suranné de politique politicienne» (old-fashioned style ofpoliti-king).Stockwell Day passe quant à lui pour un homme qui croit «que l’univers a 6000 ans et que les premiers hommes sont apparus avec les dinosaures».S’il faut en croire ce quotidien, la campagne électorale n’a mis en scène que des perdants.Faute de se passionner pour l’élection, certains médias ont parlé d’autre chose.Le magazine L’Express et la chaîne culturelle Arte se sont notamment intéressés à l’immigration au Canada.«Un Canada un peu moins Chrétien», titrait hier Le Soir de Bruxelles en anticipant les résultats d’aujourd’hui.En cours de campagne, le quotidien belge n’a pas manqué de souligner que l’ouvrage politique le plus vendu en ce moment au Québec s’intitule Les Chrétienneries.Après avoir cité quelques extraits, le journal qualifie cette compilation des perles du premier ministre de condensé «de la sagesse populaire canadienne».Pour une fois qu’on ne rit pas des Belges.ELECTIONS 2000 À Montréal et Toronto Un vent du sud souffle sur le Canada ISABELLE PARÉ LE DEVOIR D> un bout à l’autre du pays, la journée électorale d’hier s’est déroulée sans trop d’anicroches, à l’exception de deux circonscriptions de Montréal et de Toronto où l’ouverture de certains bureaux de vote, reportée de plusieurs heures, a pris des allures quelque peu «floridiennes», au grand dam d’électeurs frustrés.Le scrutin a en effet connu un mauvais départ hier matin dans la circonscription montréalaise de Wesmount-Ville-Marie, où trois bureaux de vote sur 16 ont ouvert avec trois heures de retard, provoquant l’ire de nombreux citoyens qui faisaient le pied de grue dès 9h30 pour çxercer leur droit de vote.Selon Elections Canada, trois scrutateurs et trois greffiers ont en effet omis de se présenter dans les bureaux de vote qui leur avaient été désignés dans la Petite-Bourgogne, provoquant tout un branle-bas de combat au CEDA (Centre d’éducation aux adultes) de la rue Delisle, où s’est rapidement formé un attroupement d’électeurs frustrés.«Je m’en vais chez moi et je ne reviens pas!», a tonné une petite dame, quittant le bureau de scrutin en trombe.Une autre femme, arrivée de bon matin pour remplir son devoir de citoyenne s’est exclamée: «C’est incroyable, c’est la première fois que je vois un tel bordel!» Selon le porte-parole d’Elections Canada, Francis Charest, c’est l’absence des isoloirs et des urnes, remis la veille au personnel ayant fait faux bond, qui a entraîné ces délais importants.«Nous avons dû amener surplace de nouvelles urnes et de nouveaux isoloirs avant de pouvoir procéder à l’ouverture de ces bureaux vers 12h30», a-t-il expliqué.Selon Irene Martin, la directrice du scrutin dans Westmount-Ville-Marie, les employés manquant à l’appel, engagés à la dernière minute faute de personnel, auraient décidé hier de rester au bercail en raison du temps maussade! Le même genre de ratés a aussi frappé la circonscription torontoise de Saint-Paul’s à Toronto, où sept bureaux de scrutin n’ont pu ouvrir leurs portes qu’à 13h20, faute de personnel.Dans cette circonscrip- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les électeurs du Québec et des Maritimes ont dû affronter la pluie et la neige pour exercer leur droit de vote.lion du centre de Toronto, au moins sept scrutateurs et sept greffiers ont manqué à leurs devoirs hier matin, ce qui a grandement affecté le déroulement normal du scrutin jusqu'en début d’après-midi.On évalue à plus 1500 personnes le nombre d’électeurs inscrits dans les sections de vote affectées.En raison de ces contretemps.Elections Canada a même envisagé en début d’après-midi la possibilité de prolonger le vote de quelques heures dans Wesmount-Ville-Ma-rie, représentée par la ministre libérale Lucienne Robillard, et Saint-Paul’s, représentée par sa collègue libérale Carolyn Bennett Mais il a finalement été décidé de ne pas aller de l’avant De délais ont aussi été signalés dans plusieurs circonscriptions, dont Notre-Dame-de-Grâce-La-chine, Verchères-Les Patriotes et Terrebonne-Blainville, la plupart du temps en raison de l’absence de personnel.Dans plusieurs circonscriptions, la hausse du nombre important d’électeurs souhaitant s’inscrire tardivement à la liste électorale a occasionné certains retards.«Il y a eu une grande affluence de ce type d’électeurs ce matin.Nous avons dû ajouter des agents d’inscription pour subvenir à la demande», a indiqué une adjointe de la directrice du scrutin dans la circonscription d’Argenteuil-Papineau-Mirabel.A Saint-Romuald, dans la région de Québec, des électeurs se sont quant à eux heurtés à des portes closes, l’adresse de certains bureaux de vote ayant été changée à la dernière minute.Des délais ont aussi été observés dans Louis-Hébert, en tout début de matinée.Malgré des prévisions météorologiques défavorables, le temps maussade ne semble pas avoir eu raison de l’enthousiasme des électeurs, même dans la région du Bas- Saint-Laurent, de la Gaspésie, du Saguenay-Lac Saint-Jean, et au Nouveau-Brunswick où la neige était au rendez-vous hier matin.«Les gens sont venus très tôt ce [hier] matin, craignant avoir du mal à se rendre plus tard dans la journée.On dirait même que le temps a eu l’effet contraire», commentait hier Ann Clements, une employée d’Elections Canada à Gaspé.Quelques retards ont aussi été signalés dans une vingtaine de bureaux de scrutin dans les Maritimes, où le vote s’est amorcé deux heures plus tôt qu’au Québec.À Dartmouth, le nom de plusieurs personnes n’apparaissait pas sur la liste électorale, des erreurs ayant été commises, affectant des immeubles entiers et parfois même des rues.Un incident inusité a par ailleurs été signalé en fin d'après-jnidi dans le nord de la Nouvelle-Ecosse, où un homme s’est enfui d’un bureau de vote avec une urne.Avant d’être interpellé, il a eu le temps de jeter son butin dans une bouche d’égout ce qui a obligé 125 électeurs à voter une deuxième fois.H était difficile de prédire hier le taux de participation qui, à l’élection fédérale de 1997, s’était établi à 67 %, en baisse constante depuis 20 ans.Quelque 20,4 millions d’électeurs figuraient sur les listes électorales, dont 5 410 910 au Québec, pour choisir parmi les 1808 candidats de 11 formations politiques cherchant à se faire élire dans les 301 circonscriptions canadiennes.Les électeurs avaient jusqu’à lOh (heure normale de l’Est) en Colombie-Britannique et au Yukon, 21h30 au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta, 19h30 dans les Maritimes et 19 heures à Terre-Neuve, pour exercer leur droit de vote dans chacun des 55 082 bureaux de scrutin fixes disséminés dans tout le pays.A cette élection, on comptait aussi 2473 bureaux de scrutin itinérants.Élections Canada prévoyait que le nombre d’électeurs qui s’inscriraient tardivement à la liste électorale, au nombre de 415 000 à la dernière élection, serait en hausse de 50 % cette année.Quelque 737 590 Canadiens avaient quant à eux déjà voté par anticipation les 17,18 et 20 novembre derniers. Jean-Guy Lavigueur ACTUALITES Le gagnant ; le plus célèbre de loto-Québec est décédé VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Il aura connu l’ivresse de la richesse, mais sa vie aura toujours été marquée par le cruel rappel de ses origines modestes.Le millionnaire Jean-Guy Lavigueur est décédé dimanche soir à la Cité de la santé de Laval à l’âge de 65 ans.Il souffrait d’emphysème depuis déjà quelques années.Premier Québécois à remporter un gros lot important, Jean-Guy Lavigueur est à ce jour le plus célèbre gagnant de loterie de la province.C’est en mars 1986 que l’épopée des lavigueur prend le virage médiatique.Les Lavigueur remportent alors la coquette somme de 7,6 millions de dollars à la loterie 6/49.Mais il y a un hic, le fameux billet est introuvable.Après des heures d’angoisse et de frustration, William Murphy, un distributeur de circulaires trouve le billet et le remet à la famille.Bon enfant, Jean-Guy Lavigueur décide alors de séparer la cagnotte avec ses enfants (sauf la cadette, Louise, qui est partie de la maison) et avec l’honnête M.Murphy.Dès lors, les nouveaux riches deviennent la foudre de plusieurs railleries.La famille de la rue Logan achète une résidence à Tile aux Pruches, maison qui ¦ sera vite baptisée le «château des Lavigueur».Puis, " Louise lavigueur poursuit sa famille en cour pour avoir droit à une partie du gros lot.Après de longues ' procédures, elle laissera finalement tomber.Louise s’éteindra en 1991, à l’âge de 22 ans à la suite de défaillances cardiaques et pulmonaires.«Mon père a toujours dit que quand on est confronté à la mort, il faut être fort et continuer à regarder en avant», a indiqué son fils Yve lavigueur, lors d’une conférence de presse hier.L’aîné de la famille vient tout juste de signer un livre autobiographique sur l’histoire de sa famille.«Mon projet est de rétablir la crédibilité de mon père.On a dit souvent qu’il était alcoolique, qu’il ne savait ' pas gérer ses affaires.[.] On a beaucoup ri de nous: au Bye Bye en 1986; on a fait des concours radiophoniques, des films.On en a ri aussi, mais il faut que ça s’arrête.Je veux que mon père s’en aille avec le respect qui lui revient.» linda Goupil révise la loi La profession de notaire se modernise La signature électronique sera autorisée NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE uébec — Les notaires québécois viennent de vy passer à la technologie du XXI' siècle.L’Assemblée nationale vient en effet d’adopter un projet de loi qui modernise cette profession, et notamment la met à l’heure des technologies nouvelles.la loi, présentée par la ministre responsable de l’application des lois professionnelles Linda Goupil, autorise les notaires à recevoir leurs actes non seulement sur papier, mais sur tout support faisant appel aux nouvelles technologies de l’information, comme les disquettes, les ordinateurs, etc.De plus, le nouveau texte de loi prévoit l’établissement pour les notaires de la signature électronique qui aura la même valeur légale que la signature traditionnelle.«La loi sur le notariat n ’a pas fait l’objet de modifications depuis près de 30 ans et une adaptation des dispositions de cette loi était devenue essentielle», a déclaré la ministre Goupil à l’Assemblée nationale.Des difficultés Tout en contribuant à l’adoption de la loi, le porte-parole de l’opposition libérale, Lawrence Bergman, député de D’Arcy-McGee et lui-même notaire, a souligné certaines anomalies que la révision de la loi du notariat engendre.M.Bergman a mis en évidence la permission que la loi accorde à un notaire étranger d’agir s’il provient d’un État dont l’ordre professionnel est membre de l’Union internationale du notariat latin.Cet article «causera beaucoup de difficultés aux notaires du Québec», croit le député de D’Arcy-McGee.«Nous nous demandons comment un notaire issu d'une juridiction différente pourra adéquatement expliquer aux individus le contenu de l’acte faisant l'objet de la transaction dans toutes ses ramifications, alors qu’il n’a pas étudié et n’est pas au courant de notre système juridique», a dit le député Bergman.Il a néanmoins appuyé le projet de loi, y voyant «une démarche fort constructive visant à repositionner la profession notariale auprès de la population du Québec».Deux autres députés eux aussi notaires ont appuyé le projet de loi, soit Jacques Côté, député de Dubuc, et Claude Pinard, député de Saint-Maurice.Pour M.Côté, «le notaire québécois officier public et conseiller juridique sera le professionnel tout désigné pour les transactions en matière électronique».Quant au député Pinard, il a soutenu que la loi «projette la profession de notaire au XXI' siècle et va permettre à tous les notaires d’exercer leur profession avec un avenir plus prometteur».Ips notaires québécois exercent leur profession de façon distincte des avocats depuis 1847, alors qu’ils se regroupèrent dans une association professionnelle différente.la loi reconnaissant cette distinction a été votée par le Parlement québécois le 10 août 1850.Dépôt du projet de loi 164 Routes: feu vert au privé Québec suit la voie tracée par l’Ontario et le Nouveau-Brunswick pour la construction, la réfection et la gestion de ses infrastructures routières MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Inspiré par l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, le gouvernement Bouchard devrait conclure en 2001 des partenariats avec le secteur privé pour la construction de nouvelles infrastructures routières.Le projet de loi 164, qui en sera aujourd’hui à l’étape de l’adoption de principe, annonce en effet de futures ententes avec le secteur privé pour la «construction, la réfection ou l’exploitation d’une infrastructure de transport».Québec avance donc d’un pas vers la conclusion à moyen terme de partenariats avec de grands consortiums, notamment pour le parachèvement de l’autouroute 25 entre Laval et Anjou (200 millions) et pour la mise en œuvre d’un train léger de- vant lier le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud via l’estacade du pont Champlain (155 millions).Le prolongement de la 30 n’implique présentement qu’Ottawa et Québec la facture de 640 millions pourraient les inciter à inviter le privé.La vogue de tels partenariats a été lancée par l’Ontario qui s’en est remis au privé pour l’exploitation de l’aqtoroute 417.Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont emboîté le pas.Mais Québec précise d’entrée de jeu que les futures ententes devront «comporter un partage de risques entre le gouvernement et le secteur privé», précise le projet de loi 164 que le ministre Guy Chevrette prévoit faire adopter avant l’ajournement des Fêtes.Le gouvernement Bouchard semble aussi déterminé à rétablir des postes de péage sur ces nouveaux liens routiers.Le projet de loi 164 autorise en effet la construction de péages et donnera au gouvernement ou à un partenaire privé le mandat d’en fixer les prix de passage, de choisir l’équipement nécessaire et d’accorder des exemptions pour certains véhicules.Les futurs péages ne ressembleront pas à ceux qui ont été enlevés au cours des années 1980.Ils fonctionneront comme des guichets automatiques employant des cartes magnétiques prépayées.Les Européens les utilisent depuis des années.Ceux qui seront tentés de les franchir sans débourser auront une mauvaise surprise.Les péages seront munis de photo-caméras qui établiront «la preuve de l’obligation de payer un péage», précise le projet de loi.Éaute de paiement, les contrevenants verront leurs permis de conduire révoqués par la SAAQ.Le ministre Chevrette assure toutefois que pour chaque route à péages, un parcours gratuit, mais plus long sera accessible.Winnipeg Dix bébés morts à Thopital auraient pu être sauvés Le chirurgien n’avait pas les compétences nécessaires pour réaliser les interventions Winnipeg (PC) — Des douze bébés décédés à la suite d’une chirurgie cardiaque effectuée dans un hôpital de Winnipeg, en 1994, au moins dix auraient pu survivre moyennant un traitement approprié, conclut le rapport d’enquête déposé hier par le juge Murray Sinclair.Le programme chirurgical a continuellement entrepris de pratiquer des interventions dont le degré de difficulté excédait les capacités du chirurgien et de son équipe, note le juge Sinclair, en parlant du travail du docteur Jonah Odim au Centre des sciences de la santé en 1994.Le Dr Odim, un chirurgien cardiologue pour enfants, relativement inexpérimenté à l’époque, a quitté le Manitoba et se trouverait, aux dernières nouvelles, en Californie.Le programme cardiaque avait été suspendu avant l’ouverture de l’enquête, il y a cinq ans.Plusieurs parents d’enfants décédés poursuivent l’hôpital et les médecins impliqués dans les chirurgies fatales.Les conclusions accablantes de l’enquête du juge Sinclair viennent renforcer leur cause.Le rapport de 502 pages, que le juge Sinclair aura mis deux ans à rédiger, constate que seule la mort d’un bébé de huit mois n’était clairement pas évitable.Le juge Sinclair n’a pu déterminer si la mort d’un deuxième bébé, âgé de 14 mois, était évitable.Mais il en vient à la conclusion que les 10 autres décès, tous survenus au cours d’une pé^ riode de 10 mois, étaient soit évitables, soit «possiblement évitables».Il précise aussi que deux de ces bébés auraient eu de meilleures chances de survie si on les avait envoyés se faire soigner à l’extérieur de la province.«L’hôpital n ’a pas fourni la qualité de soins qu’il avait le mandat de fournir et que les parents croyaient — et étaient en droit d’attendre — que leurs enfants recevraient en 1994», écrit le magistrat.Le juge émet un total de 36 recommandations dans son rapport, dont la production aura coûté 2,4 millions.Il recommande notamment que le Centre des sciences de la santé améliore ses méthodes de recru- tement de spécialistes et que les tarifs des chirurgiens cardiologues pédiatriques soient revus de façon à ce qu’ils ne soient pas payés moins que ceux qui effectuent des interventions chirurgicales sur des adultes.Les familles des victimes ont durement critiqué l’hôpital, ainsi que l’enquête.Elles souhaitaient la tenue d’une enquête publique pleine et entière, qui aurait pu désigner des responsables, mais le gouvernement manito-bain a rejeté cette idée.L’enquête présidée par le juge Sinclair n’avait pas le mandat de trouver des coupables, et pouvait seulement formuler des recommandations afin de résoudre le problème.Le rapport a été rendu public le jour même du scrutin fédéral, ce qui a choqué des membres des familles des victimes, qui y ont vu un stratagème délibéré pour que les conclusions accablantes du rapport soient noyées au milieu des nouvelles sur les résultats des élections.Le docteur Jonah Odim a, depuis, quitté le Manitoba pour la Californie Un autre hommage rendu à Michel Auger PRESSE CANADIENNE Le journaliste Michel Auger du Journal de Montréal, qui a survécu à un attentat le 13 septembre dernier, a reçu hier le Prix de la libre Expression, décerné par l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (U1JPLF) à Paris.Des individus armés avaient attaqué le chroniqueur spécialisé en affaires judiciaires et criminelles dans le stationnement du quotidien montréalais, à la suite de la publication de plusieurs articles au sujet des gangs de motards Le Prix de la Libre Expression, d’une valeur de 5000 $, est une distinction «pour avoir, dans un environnement difficile, maintenu contre vents et marées l’indépendance de sa ou de ses publications, malgré les pressions et les atteintes à ses installations ou à sa personne».Le Secrétaire général de l’UIJPLF, Georges Gros, a laissé entendre que «l’attribution de ce prix illustre une dégradation des conditions d’exercice de cette profession par des journalistes du Nord, dans leurs propres pays ou sur les théâtres extérieurs où ils sont envoyés».«La condition dans laquelle M.Auger exerce son métier montre bien qu’il n’y a pas qu’en situation de guerre que les journalistes font preuve de courage et de ténacité, mais également dans nos milieux urbains où les journalistes engagés sont sujets à l’intimidation.» Le Prix sera remis à M.Auger lors de la cérémonie de clôture des 32'" Assises de la presse francophone, à Paris, le jeudi 30 novembre, par le Secrétaire général de la Francophonie, M.Boutros Boutros-Ghali.Le journaliste du Journal de Montréal s’était également vu décerner le prix Tara Singh Hayer lors du troisième gala de remise des International Press Freedom Awards, qui avait lieu la semaine dernière à Toronto.Le prix Tara Singh Hayer a été nommé en l’honneur du rédacteur en chef de l’In-do-Canadian Times, abattu en 1998 par des inté- Fusillade de Lytton Aucune accusation n’a encore été portée PRESSE CANADIENNE Hull — La Sûreté du Québec ne sait toujours pas si des accusations seront portées dans l’affaire de la fusillade de Lytton, où un sexagénaire a été gravement atteint par des coups de feu tirés par un enfant de huit ans.Les enquêteurs de la SQ cherchent encore à déterminer si l’arme dont s’est servi le jeune garçon pour tirer à deux reprises sur Jean-Guy Roy, 64 ans, était bien remisée dans un endroit sécuritaire et hors de la portée des enfants, comme le prescrit la loi.Ils tentent également d’expliquer comment ce jeune garçon a pu charger, puis pointer son arme sur sa victime.Jean-Guy Roy a été atteint à l’épaule gauche, juste au-dessus du cœur, au moment où il bûchait du bois sur la terre de son frère.«L’enquête n’est pas complétée, a dit hier Gilles Mitchell, porte-parole de la SQ.Il foudra attendre encore quelques jours pour compléter notre enquête et remettre l’affaire entre les mains du procureur de la Couronne.Il décidera alors s’il porte des accusations ou non.» La SQ n’a pas confirmé hier que l’arme du crime, une carabine de calibre .270, appartenait au père du jeune garçon.Le tireur est trop jeune pour faire face à des accusations.En vertu du Code criminel, il faut être âgé d’au moins 12 ans pour être poursuivi en justice.Ce serait donc probablement le propriétaire de l’arme qui aurait à faire face à des accusations dans cette affaire.Quant au jeune garçon, il est maintenant entre les mains de la Direction de la protection de la jeunesse.«On tentera de déterminer à quel enfant nous avons affaire au cours des deux ou trois prochaines semaines, a dit lue Cadieux, directeur de la DPJ en Outaouais.Notre râle, c’est de déterminer si l’enfont est dans une situation familiale qui lui permet d’assurer sim développement.» BOUTIQUE Enfanfs Deslongchamps Futures mamans Vêtements pour enfants 0-18 ans Vêtements de maternité à lêtage 1007, rue Laurier O.OUTREMONT Tél.: 274-2442 # ROLEX SERVICE POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D'EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.cfôMOufeyie- Gambard Vente et service technique Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL.: 866-3876 A 8 LE DEVOIR L E MARDI 28 X O V E M B K E 2 0 0 0 EDITORIAL L’échec de La Haye Ils n’étaient pas moins de 182 ministres de divers gouvernements réunis depuis deux semaines à La Haye, aux Pays-Bas, afin de convenir des moyens à mettre en œuvre pour appliquer le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).Mais ils ont échoué.À qui la faute ?ui est responsable?La réponse à cette question dépend à la fois du pays où l’on habite, de la perception que l’on a de l’urgence du problème du réchauffement de la planète et du rôle que l’on entend faire jouer aux gouvernements.Pour un Canadien ou un Américain, le fossé est large entre les bonnes intentions et la réalité d’une économie continentale ouverte, très libre et fortement consommatrice d’énergie fossile comme le pétrole, le gaz ou le charbon.Nos usines, nos camions, nos voitures, nos systèmes de chauffage et de climatisation.l’Amérique du Nord est la région du monde où la production de gaz à effet de serre est la plus alarmante compte tenu des moyens disponibles pour remédier à la situation.Alors que le Canada s’était engagé, à Kyoto, à réduire ses émissions de 6 % sous le niveau déjà élevé de 1990, et ce, avant 2012, au contraire, elles ont continué de croître.En comparaison, plusieurs pays européens peu énergivores, comme le Danemark et les Pays-Bas, pourraient se permettre de hausser leur production de GES tout en respectant leurs engagements internationaux.Devant cette réalité, nos gouvernements, fédéral et provinciaux, auraient dû s’attaquer de front au problème, par exemple en appliquant un régime fiscal qui favorise les économies d’énergie et l’usage de combustibles propres ou encore en pénalisant les entreprises de production les plus polluantes.Mais non: au lieu de cela, le Canada se range derrière les Etats-Unis et tente de faire adopter par le reste de la planète des mesures taillées sur mesure pour éviter d’avoir à lever le petit doigt.Par exemple, cette idée voulant que le développement de l’agriculture et le reboisement des forêts (quel reboisement?) devraient être reconnus comme deux des moyens les plus efficaces de réduction des gaz à effet de serre.Par exemple encore, au lieu de réduire la production intérieure de GES, les Etats-Unis, le Canada et quelques pays alliés revendiquent de pouvoir échanger des droits de polluer avec d’autres régions du monde, ce qui leur permettrait de retarder d’autant le moment de moderniser leurs installations et de mettre en place des moyens coercitifs susceptibles de nuire à leur économie ou de leur attirer la foudre des consommateurs.C’est là la vision marchande de la lutte contre la pollution.Une vision qu’il ne faut sans doute pas rejeter en bloc et qui a déjà montré son efficacité à l’intérieur même des frontières de l’Union européenne.Mais soyons réalistes: on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! Si nous voulons être pris au sérieux par le reste du monde, il faudra bien que nous acceptions, un jour ou l’autre, de changer certaines parmi nos habitudes de vie les plus absurdes.Selon les rapports de presse qui ont suivi la conférence, l’échec de La Haye serait en partie dû à l’intransigeance des pays européens dont les ministres verts, ceux de l’Allemagne et de la France notamment, ont tardé à négocier avec les Etats-Unis.Avec l’arrivée probable de George W.Bush à la présidence américaine, il faudra attendre longtemps avant que ne reprennent ces négociations pourtant cruciales.Ce constat circonstanciel étant admis, il ne doit pas nous faire oublier que les premiers responsables du réchauffement de la planète, ce ne sont pas les Européens, les Africains ou les Chinois, mais nous, les Nord-Américains.jrsansfaconCaledevoir.ca Jean-Robert Sansfaçon ?Manque de temps ien ne va plus.À peine la secrétaire d’Etat de la Floride, Katherine Harris, avait authentifié les résultats constatés dans les 67 comtés de cet Etat que les avocats d’Al Gore se dépêchaient d’envahir trois tribunaux afin d’y déposer un certain nombre de requêtes.Le but de cette offensive juridique demeure ce qu’il était au lendemain du scrutin du 7 novembre dernier: user de tous les canaux judiciaires disponibles jusqu’à ce que le décompte manuel des bulletins déposés dans les urnes de trois comtés soit achevé et reconnu par les autorités.À force de se battre dans les cours de justice, les deux camps vont se retrouver dans quelques jours devant la Cour suprême des Etats-Unis.D’ici là, ils risquent fort de se retrouver devant une cour tout aussi suprême, celle de la Floride, et une cour fédérale d’appel.Il est également plausible que les avocats de Bush et de Gore se rencontrent dans l’enceinte d’une cour d’appel régionale, sans oublier évi-tribunaux mentionnés plus haut.Bref, le mécanisme est enrayé au point d’avoir érodé durablement tout ce qui a trait, tout ce qui touche au processus de transition entre l’administration Clinton et celle appelée à lui succéder.Prompt à s’emparer des clés de la Maison-Blanche, Bush s’est empressé de dévoiler dimanche soir l’identité des personnes chargées de piloter les dossiers inhérents à toute transition.Dans les heures qui ont suivi, l’administration des services généraux a signifié à Bush et à son équipe qu’il lui était impossible de débloquer les budgets afférents, de communiquer les livres, d’ouvrir les portes, voire de fournir un local à l’équipe menée par Dick Cheney, le colistier de Bush, tant et aussi longtemps que Gore n’aura pas abandonné.En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Bush et les siens ont été réduits à l’impuissance.Dans le meilleur des cas, la saga juridico-électorale pourrait se terminer dans le courant de la semaine prochaine.Si cette hypothèse devient réalité, pas moins de cinq semaines auront été soustraites à tout le travail nécessaire à l’opération dite de transition.Pour bien des vétérans du Congrès et de la Maison-Blanche, ce temps qui passe, ce temps perdu, a atteint des proportions qui vont se faire sentir encore longtemps après le 20 janvier, jour du changement officiel de la garde.Il est désormais évident que le prochain président des Etats-Unis devra composer avec un handicap d’autant plus imposant qu’il aura manqué de beaucoup de préparation.Serge Truffaut O ?demment les trois LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE SANS-A&üi P*ûF.'tAmT Î>U ])PoiT VPT£ èie
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