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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-11-09, Collections de BAnQ.

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V O L .X ( I N ” 2 r> (i 8 7 TV.ùbi Ia-vWxu StauJVivi* (.01* InduuWd rCVV" * •.- » ¦ ,v (fhicapîrilmnc Nç fatal faux pas journalistique tiré à 150 000 exemplaires, le Tribune ne se targue plus d’être «the world’s greatest newspaper».«Nous étions devenus la risée de la confrérie journalistique américaine.Même 52 ans plus tard, cette manchette nous collait à la peau», rap- pelle Charles M.Madigan, 51 ans, la star des soirées électorales: ses articles sur les nouveaux locataires de la Maison-Blanche font la une du Tribune depuis 1980.Sourire en coin, Randall Weissman, le rédacteur en chef adjoint, pariait dès lundi: «Ne vous inquiétez pas, une telle bourde ne nous arrivera pas, mardi soir» Il ne croyait pas si bien dire.Épinglées au mur derrière lui, de «fausses unes» de mercredi, avec les titres suivants: VOIR PAGE A 10: EXORCISME M ; llllli LE DEVOIR À ne pas manquer tous les vendredis dans 778313000672 LE DEVOIR, LE .1 E l D I !» X O V E M B R E 2 O O O LES ACTUALITES s.n "’m “"•a« La loi compromet la santé des femmes et des bébés Des dizaines de femn^es accouchent sans l'aide d'une sage-femme parce que l'État leur ferme la porte des maisons JACQUES NADEAU LE DEVOIR La loi autorise les sages-femmes à pratiquer dans les maisons de naissance mais elle leur interdit d’accompagner les femmes si leur accouchement a lieu à leur domicile.ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Avec tous les risques que cela comporte, plusieurs dizaines de Québécoises ont choisi d’accoucher chez elles, sans autre assistance que celle de leur conjoint depuis que le gouvernement Bouchard a décidé de ne plus permettre aux sages-femmes de pratiquer des accouchements à domicile.Pour accoucher chez elles plutôt qu’à l’hôpital ou dans les maisons des naissances, où le nombre de places est restreint, d’autres femmes ont eu recours à des sages-femmes autodidactes qui pratiquent illégalement leur profession.Dans des cas plus rares, des sages-femmes diplômées, membres de l’Ordre des sages-femmes du Québec, auraient pratiqué des accouchements à domicile, s'exposant à des mesures disciplinaires de la part de leur ordre professionnel, voire à leur radiation de la profession.C’est ce qu’a fait valoir, témoignages à l’appui, Christian Blanchette, du regroupement de parents Naître chez nous.M.Blanchette s’est adressé à la ministre de la Justice et responsable des lois professionnelles, Linda Goupil, pour exiger la levée de l’interdiction qui frappe les accouchements à domicile faits par des sages-femmes.La position de Naître chez nous est appuyée par tous les regroupements qui prônent l’accouchement naturel, comme le Regroupement des sages-femmes du Québec, le Regroupement des aspirantes sages-femmes, le Regroupement Naissance-Renaissance et le Groupe MAMAN (acronyme du Mouvement pour l’autonomie de la maternité et l’accouchement naturel).Ces groupes demandent l’abrogation de l’article 61 de la Loi sur les sages-femmes, adoptée le 17 juin 1999.Cet article interdit aux sages-femmes de faire des accouchements à domicile avant que le règlement encadrant cette pratique ne soit adopté par l’Ordre des sages-femmes et le gouvernement.L’adoption d’un règlement est dans l’ordre des choses et aucun groupe ne s’y oppose.Mais l’article 61 présente un effet pervers.Avant l'adoption de la loi, les sages-femmes pratiquaient quelque 200 accouchements à domicile par année au Québec, sans être inquiétées par la loi.Aujourd’hui, les femmes qui souhaitent accoucher à la maison ne peuvent légalement compter sur les services de sages-femmes.Dans bien des cas, elles prennent le risque d’accoucher sans l’assistance de personnes compétentes.Selon M.Blanchette, dont la conjointe Louise Roy s’apprête à donner naissance à la maison sans aide professionnelle, des centaines de lettres de témoignage et d’appui ont été envoyées à la ministre responsable.Au cabinet de Linda Goupil, on assure que la ministre n’a aucune intention d’abroger l’article 61 de la loi et quelle attend de recevoir de l'Ordre des sages-femmes un projet de règlement sur les accou-chçments à domicile.A l’Ordre des sages-femmes, le directeur général Louis Côté convient qu’il a eu vent de ce phénomène des accouchements à domicile mais que l’ordre n'en avait aucune preuve formelle.Personne n’a porté plainte et cette pratique, qui contrevient à la loi, n’a fait l’objet d’aucune dénonciation, a-t-il dit.M.Côté a indiqué que l’Ordre des sages-femmes vient tout juste de produire un projet de règlement sur les accouchements à domicile.Le Comité consultatif de l’ordre doit se saisir demain de ce projet et émettre ses recommandations.Une fois ces recommandations formulées, elles seront transmises à l’ordre, qui relaiera ensuite son projet de règlement, amendé s’il y a lieu, à l’Office des professions du Québec.L’OPQ procédera à des consultations et produira son projet de règlement, qu’il transmettra à la ministre.Il peut s’écouler des mois, voire des années, avant l’adoption du règlement par décret et la levée de l’interdiction qui frappe les sages-femmes.En février 2000, à Sainte-Dorothée (Laval), Josée Beaudry a accouché à la maison, seule avec son conjoint.Lors de ses deux précé- VOTRE PREMIER CADEAU DE NOËL! J * 1 Du 6 au 12 novembre, un bon d’achat de 20 $ à chaque tranche d’achat de 150 $.Le plaisir de donner mSm Le plaisir de recevoir SAO www.saq.com Quantités limitées Bon échangeable du 10 au 31 décembre 2000.Ne peut s'appliquer à l'achat de chèques-cadeaux Les achats ne sont pas cumulatifs Agences de la SAQ.titulaires de permis, comptoirs de vins en vrac et SAQ Dépôt exclus L/l ttuuhn.mon n bion mnlllnut çjnùt La Régi de Péner est prié de préci son dentes grossesses, elle avait accouché à son domicile avec l’aide de sages-femmes.«Je ne suis pas dans une secte, je ne suis pas granola.Je travaille pour une compagnie d’assurances de dommages et mon conjoint est en informatique», a-t-elle dit.C’est le fait d'avoir vu sa voisine revenir de l’hôpital avec son bébé handicapé des suites d'une erreur médicale qui l’a convaincue de prendre ce risque.Donna Kane, de Granby, a accouché chez elle, sans autre aide que celle de son conjoint, d’un bébé prématuré de trois semaines.«Il était à la limite», a-t-elle reconnu au Devoir.Heureuse ment, tout s’est bien passé.«J’avais confiance dans mon corps et dans mon bébé», a-t-elle dit.C’est son cinquième enfant.Après deux accouchements à la maison, elle avait eu son quatrième enfant prématurément à l’hôpital.Claudie Gauthier, de Saint-Da-mase, a donné naissance à son premier garçon à la Maison des naissances de Sherbrooke.Le 13 octobre dernier, elle a accouché chez elle de son deuxième fils, aux côtés de son conjoint.«C’est un rêve que j’ai depuis que je suis toute petite», a-t-elle dit Mais comme toutes les femmes qui ont fait ce choix, elle aurait bien aimé compter sur les services d’une sage-femme.«Par moments, il y a eu des moments de doute», a dit Claudie Gauthier.Environnement LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCRE) estime que la loi 116 n’a pas réduit les responsabilités de la Régie de l’énergie en environnement, ce qui explique quelle entend poursuivre son travail à ce niveau.En effet le RNCRE a demandé à la Régie au cours des dernières semaines d’interpréter son mandat pour préciser dans quelle mesure elle entend désormais tenir compte, ou pas, de la dimension environnementale.La Régie a récemment accepté de se saisir de cette question et ses intervenants officiels ont fait valoir leurs différents points de vue la semaine dernière.La décision de la Régie devrait être rendue incessamment, peut-être même la semaine prochaine, espérait hier Philippe Bourke, le directeur général du RNCRE.Le RNCRE pourrait toujours en appeler de l’interprétation de la Régie.On se rappellera que les grands groupes écologistes du Québec, regroupés dans le Regroupement des organismes environnementaux en énergie, ont décidé la semaine dernière de se retirer des travaux de la Régie, jugeant que cet organisme avait été littéralement «émasculé» par la loi 116.Parmi les nombreux amendements apportés par Québec avec cette loi, un premier a fait disparaître le concept de priorités environnementales et sociales de l’article 5 de l’ancienne version.Et par un autre article, il a été stipulé que la Régie devrait tenir compte des priorités environnementales que lui dicterait le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, ce qui a inquiété plutôt que rassuré les milieux environnementaux.Quant au RNCRE, il estime que l’arrêt de la Cour suprême dans Old Man River exige de tous les organismes réglementaires et administratifs au Canada qu’ils tiennent compte des dimensions environnementales liées à leur mandat.Et de toutes les dimensions, sans en excepter aucune, comme l’a spécifié la Cour suprême dans cet arrêt célèbre.D’autre part, le RNCRE estime que le concept de développement durable, toujours présent dans le mandat de la Régie, réintroduit la dimension environnementale même si on l’a rayée du texte législatif.Mais reste à savoir si la Régie partagera la vision du développement durable de la commission Brundtland, qui a inventé le concept pour protéger l’environnement, ou si elle produira une version édulcorée, comme les milieux politiques en ont produit des dizaines depuis.t « L E l> E V 0 I R .I.E .1 E 1 l> I !l X 0 V E M B K E 2 0 (I (t A -* LE DEVOIR ?- ACTUALITES Jean Dion Même à Hollywood ême à Hollywood, a dit le monsieur à la télé à une heure tellement tardive que nous nous sommes demandé un fol instant si nous n’étions pas en train de regarder les Jeux de Sydney, même à Hollywood, ils n’oseraient pas proposer un scénario pareil.D’abord, c’est faux.Hollywood est prêt à inventer n’importe quoi.Un remake de Charlie’s Angels, par exemple.Et puis, entre vous et nous et la boîte à beurre, qu’est-ce que c’est que ce suspense de série Z?Bush, Gore, Gore, Bush, Gush, Bore, où donc est la différence, très précisément?Si au moins Ralph Nader était dans le portrait.Mais les Américains ont donné moins de 3 % des votes à Nader.Les Américains ne votent pour un troisième candidat que lorsqu’ils se retrouvent devant un hurluberlu millionnaire comme H.Ross Perot.C’est une question de machine, voyez-vous?De belle bonne grosse argent américaine, comme dans «quand on en a, ça huile les engrenages»., N’empêche, il y a de quoi s’amuser.Voici que les Etats sont dans la situation des pays du Tiers-Monde dont ils se moquent où les résultats des élections mettent une semaine à être dévoilés.Et puis, certains journaux d’hier ayant pris sur eux d’annoncer la victoire de Bush, un peu tout le monde a ressorti la célèbre édition du 4 novembre 1948 du Chicago Daily Tribune intitulée «Dewey defeats Truman» (alors que Harry Truman l’avait emporté), ce qui à son tour nous a rappelé qu’il y a quelques mois, le magazine Columbia Journalism Review avait dressé une liste des 20 plus formidables erreurs journalistiques du XX' siècle.L’histoire du Tribune, si notre mémoire est fidèle et, conseil d’ami, vous ne devriez vraiment pas compter là-dessus, avait terminé deuxième ou troisième ou quatrième.Le gagnant?Le quotidien Baltimore Sun qui, par un beau jour d’avril 1912, avait titré en manchette: «Tout va bien à bord du Titanic».D’ailleurs, soit dit en passant et même si ça n’a pas gran,d-chose à voir, saviez-vous que dans la moitié des États américains il est possible de voter au supermarché?Vrai de vrai.Des isoloirs sont judicieusement disposés quelque part entre le paquet de 48 tranches Singles emballées individuellement et le format géant de Nestlé Quik à saveur de fraise (ou de banane, il existe maintenant du Nestlé Quik à saveur de banane).Les autorités ont mis sur pied ce programme en 1998 dans l’espoir qu’augmente un peu le taux de participation aux élections.Le programme, vous l’aurez sans doute deviné, a été baptisé «Shop and Vote», et voilà une autre preuve de ce que si on veut arrêter le progrès, il est préférable de ne pas commencer par les USA Mais toutes ces choses importantes ne doivent absolument pas nous faire oublier que nous aussi, en terre de Canada, sommes en plein processus d’écriture de l’Histoire.Une question a du reste surgi à la lumière de ce qui s’est produit aux States: notre premier ministre, monsieur Jean Chrétien, acceptera-t-il de reconnaître un président américain élu avec 50 % + 1 des grands électeurs?Et est-on bien sûr que la question posée était claire?Ce fut une grosse semaine de démocratie, surtout au plus haut niveau.Avant-hier, notre premier ministre, soucieux de défendre la loi sur le contrôle des armes à feu, a déclaré que,le massacre du 6 décembre 1989 avait eu lieu à l’École des hautes études commerciales.Soyons toutefois beau joueur et précisons qu’il n’a pas ajouté que le tueur avait utilisé des armes nucléaires du genre que l’on trouve dans les placards résidentiels à portée des enfants.Avant cela, notre premier ministre s’était rendu au Nouveau-Brunswick où il devait annoncer des correctifs au programme d’assurance-chômage qu’il avait sauvagement charcuté pour se bâtir un léger petit surplus de 20 milliards de beaux dollars.Or, malgré un discours de 25 minutes, il a «oublié» d’aborder la question.Son candidat local l’a ensuite ramené de force au micro.Et là, après s’être excusé, notre premier ministre s’est livré à une explication qui nous a rappelé ces trois délicieuses années que nous passâmes jadis à Ottawa où une bonne partie de la tâche consistait à essayer de rendre à peu près par écrit sa prose verbale circontorsionnée (nous aussi avons le droit d’inventer des mots, bon).Il a dit: «Pour nous, nous devions faire ça à ce moment quand c’était difficile, mais nous avons réalisé que ce n'était pas un bon geste que nous avions fait en un sens, nous n’aurions pas dû, en rétrospective.» Pas beau, ça?Certes oui, presque aussi beau que la promesse qui a accompagné l’explication: le programme d’assurance-chômage sera modifié, ne lisez pas ce qui suit si vous avez la veine cave fragile, si le Parti libéral du Canada est reporté au pouvoir le 27 novembre au soir.Cela fait des années que la situation est pourrie, et paf, c’est en campagne électorale qu’on apprend qu’il va enfin se passer quelque chose si la campagne électorale vire du bon bord.Vous avez le choix des mots, messieurs dames, mais nous, nous aurions fortement tendance à appeler un chat un chat et un moyen baveux un moyen baveux.Quoi d’autre?Notre premier ministre qui s'obstine à courir dans les escaliers, contrairement à ce que toutes les mamans prêchent depuis l’invention de la maternité, et qui rate une marche en montant dans l’avion et qui a l’air fou, un peu comme quand il passe proche de se retrouver les quatre fers en l’air en lançant une pierre de curling.Mais c'est là qu'est rendue la politique.Et puis hier soir, le débat en français.Une merveille, on peut vous le dire avant même de l'avoir vu (ce qui est le cas), même à Hollywood ils sont incapables de pondre des trucs semblables.Impossible de ne pas faire de la grande télé canadienne avec trois chefs charismatiques qui baragouinent le français langue seconde, un quatrième qui baragouine le français langue maternelle et un cinquième qui ne veut rien savoir du Canada.Il a dû y avoir des échanges de fond.De la substance.Et nous gagerions une somme colossale que tout le monde avait un coquelicot à la boutonnière.jdion@ledevoir.com Après le rapport du Curateur Un regroupement veut inscrire un recours collectif de 30 millions contre RdP JACQUES NADEAU LE DEVOIR La CSN n’a pas été accréditée pour représenter les camionneurs du port de Montréal.I^s travailleurs ont paralysé les activités du port durant plusieurs jours avant que Québec n’adopte une loi spéciale, la semaine dernière.Port de Montréal La CSN essuie un nouveau coup dur Le syndicat ne représente pas les camionneurs, décrète le Conseil des relations industrielles ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR La CSN a essuyé un nouveau coup dur dans la grève des camionneurs qu’elle a déclenchée dans le port de Montréal.Après l’adoption, jeudi dernier, d’une sévère loi spéciale ordonnant le retour au travail des grévistes et le rejet, par les compagnies de transport touchées, du protocole de retour au travail qu’elle leur soumettait la centrale s’est vu refusé hier par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRT) le droit de représenter officiellement les camionneurs eux-mêmes.Loin de se laisser démonter par cette nouvelle embûche, le président de la CSN, Marc Laviolette, est repassé à l’attaque en qualifiant de «hautement politique» la décision du tribunal administratif fédéral et en promettant d’appuyer les camionneurs dans la poursuite de la lutte.Des 33 demandes d’accréditation de la CSN sur lesquelles le Conseil s’est prononcé hier, toutes ont en effet été rejetées.Dans la grande majorité des cas, ces décisions ont été justifiées par le fait que le Syndicat national du transport routier (SNTRCSN) n’a pas su faire la preuve que la majorité des camionneurs visés dans chaque entreprise désiraient qu’il les représente.Les gouvernements provincial et fédéral pressaient, depuis le début du conflit, l’organisme quasi judiciaire composé en partie d’anciens syndicalistes et de chefs d’entreprise, de se prononcer sur les nombreuses requêtes déposées par le syndicat depuis janvier 1999.H siégeait intensivement à huis clos depuis jeudi dernier.Aidé par le travail d’enquête réalisé auparavant par ses agents, le Conseil devait notamment déterminer pour chaque entreprise si les camionneurs indépendants pouvaient être considérés comme des employés selon les termes de la loi, si une majorité d’entre eux désiraient être représentés par le syndicat et si leurs activités étaient de compétence du fédéral.Outre le manque d’appui des principaux intéressés, l’examen de quelques-unes des décisions rendues à l’unanimité semble indiquer qu’aussi bien le syndicat que les compagnies visées se sont montrés peu coopératifs avec les enquêteurs du CCRI.Selon le président de la CSN, il ne fait pas de doute que le tribunal administratif a agi en mission commandée par les gouvernements.Il en veut notamment pour preuve le fait que le gouvernement du Québec semblait avisé du moment et de la nature des décisions avant qu’elles ne soient rendues.Il ajoute que le CCRI a refusé ces derniers jours d’entendre le syndicat avant de rendre ses décisions.Il fait également remarquer qu’il est peu vraisemblable qu’une organisation syndicale d’expérience comme la CSN n’arrive même pas à faire accepter ne serait-ce qu’une seule demande d’accréditation.A ceux qui oseraient déduire de cette défaite que la grève déclenchée le 22 octobre vit ses dernières heures, Marc laviolette rétorque que plus de 400 grévistes se sont prononcés unanimement hier en faveur de la poursuite de la lutte, et que le SNTR a toujours la prétention de parler au nom de 74 % des camionneurs des services intermodaux au port de Montréal.«Si on ne représente rien, a-t-il lancé en conférence de presse, je me demande pourquoi les conteneurs s’empilent dans le port de Montréal.Je me demande pourquoi le premier ministre dit que ça coûte un demi-milliard par semaine.» Les activités des compagnies de transport ne reprendront que lorsque ces dernières accepteront de s’asseoir à la table de négociation.Peu importe si le SNTR s’est vu refusé le droit de représenter officiellement les camionneurs.«L’entente qui sera signée n 'a pas absolument à être une convention collective», dit-il, elle peut aussi prendre la forme d’un contrat type déterminant des conditions de travail communes à toutes les entreprises.Les autorités portuaires montréalaises offraient un tout autre son de cloche hier.Après avoir remarqué lundi que la loi spéciale ne semblait pas avoir convaincu les grévistes de reprendre le travail, elles constataient mardi une augmentation significative du volume de camionnage (de 200 à 475 camions).La tendance se serait tant et si bien maintenue que l’on annonçait hier que ce volume était revenu à la normale (680).VALERIE DUFOUR LE DEVOIR I En 1999, j le Curateur dénonçait l’hôpital qu’il comparaît à un asile Ly Association des groupes d’intervention en d£-’ fense des droits en santé mentale du Quebdr (AG1DD-SMQ) et l’organisme Action Autonontie ortt déposé hier en Cour supérieure une requête d’autorisation en recours collectif.Cette requête sera enteij-due le 12 décembre et le tribunal décidera s’il autorise les requérants à poursuivre les procédures judiciaires contre l’hôpital Rivière-des-Prairies (RdP).¦ «On amsidère l’hôpital responsable des dommages sîj-bis parles personnes qui y ont Imbité», souligne le coordonnateur de l’AGIDD-SMQ, Mario Bousquet.Ijes requérants réclament ainsi pour chaque patient ayaiit logé à l’hôpital RdP de janvier 1985 à ce jour une sonj-me de 40 000 $ pour compenser les «lèses, la souffrance et les services non reçus» et 15 000 $ à titre de donj-mages exemplaires.Total: 30 millions de dollars.! En 1999, le Curateur public signait un rapport incendiaire sur l’hôpital RdP.11 assimilait l'endroit à un asile où les mesures de coptention et d’isolement étaient pratique courante.A la suite de ce rapport l’administration de l’établissement affirme avoir corrigé le tir et a mis en place un programme pour faciliter la réinsertion sociale de ses patients.Quoi qu'il en soit, 141 patients sont toujours sujets à diverses formes de contention physique.Malgré cette menace financière, le directeur général de l’hôpital RdP, Michel Lapointe, a préféré minimiser le dépôt de cette requête.«C’est un droit qui appartient à tout citoyen de faire appel aux tribunaux.On en est seulement à la première étape.[.] Ultérieurement, si le recours est accepté, on aura à l’examiner, mais ça ne nous empêche pas de continuera remplir notre mandat.» En plus des compensations en argent, l’AGIDD-SMQ a inclus quatre autres points à sa requête.Tout d’abord, elle veut que la cour officialise le plan de l’établissement visant à transférer les patients de l’hôpital RdP dans des familles d’accueil et des appartements supervisés.Cette demande rejoint une des recommandations du Curateur public, Pierre Gabriel, qui représente la grande majorité des bénéficiaires de l’établissement.Ce dernier a d’ailleurs reconnu que la demande de recours collectif rejoignait plusieurs de ses préoccupations.«Le Curateur respecte la démarche des requérants et va intervenir au besoin au cours des procédures judiciaires», a expliqué l’attaché de presse du Curateur, Pierre Verge.Les requérants exigent également que l’hôpital crée un fonds d’intégration sociale de un million de dollars afin de permettre aux patients qui partiront de se procurer des meubles et des vêtements.«Ce sont des gens dépossédés, même leurs sous-vêtements ne leur appartiennent pas», soutient M.Bousquet.De plus, le regroupement demande la création d’un autre fonds de 250 000 $.Cet argent servirait à informer les familles et les patients au sujet de leurs droits et à couvrir les coûts de consultation de conseillers juridiques.Enfin, Mario Bousquet indique que l’AGIDD veut que la cour impose «un mécanisme pour assurer la qualité des soins et le respect des droits et libertés des patients» jusqu'à ce qu’ils quittent tous l’hôpital.EN BREF Des peines sévères (PC) — Les procureurs de la Couronne ont des directives très claires d’obtenir les condamnations maximales dans les cas d'ivresse au volant, a rappelé hier la ministre de la Justice, Linda Goupil.La ministre Goupil était interrogée à l’Assemblée nationale par le libéral Jacques Dupuis, député de Saint-Laurent, à la suite de l’accident où deux jeunes enfants ont été feuchés par un chauffard vendredi dernier à Thetford Mines.«Les procureurs ont pleine discrétion et doivent exercer leur jugement au moment où iis font des représentations.Mais ils ont des directives très claires pour faire en sorte d’aller chercher le maximum [de la peine]», a dit la ministre de la Justice.ÉUe a rappelé toutefois que c'est le juge qui a le dernier mot dans l’attribution des sentences lorsqu’il y a condamnation.>//f o/c ert Gàmbard Vente et service technique Dr Joan GOMEZ Traduit de l’anglais par Paul ALEXANDRE Dictionnaire des symptômes 602 pages-36,JO $ Le dictionnaire des maux.f ROLEX GUÉRIN En vente Hans toutes les lioratrtes B9.wtï©»®?Sylvain ^ RIVIERE J loi poètes en Québec collection Kdotica.464 pages - 23,05 $ m (n vente Hans toutes les HDraines Lady-Datejust en or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÊL: 866-3876 1 I A 4 L K I) E V (MH.L E .1 K I' I) I !» X 0 V E M K R E 2 0 0 0 LES ACTUALITÉS Scrutin du 27 novembre À l’école de la démocratie Les enfants pourront voter par Internet Le saut de l’ange MARIE ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Qui, de Chrétien, Duceppe, Clark, Day ou McDonough, aurait la faveur des enfants s’ils devaient élire un premier ministre?Alors que Je suspense électoral persiste aux États-Unis et que le Canada appellera ses citoyens aux urnes sous peu, un projet québécois — «Moi aussi je vote!» —, inspiré d’une initiative américaine, incite nos enfants à faire leurs premiers pas d’électeurs en préparant une simulation électronique du vote, le 27 novembre prochain.Si le but inavoué de cette entreprise pourrait être d’intéresser les enfants à l’actuelle campagne électorale fédérale davantage que ne le sont les adultes, l’objectif premier visé par «Moi aussi je vote!» est d’initier les marmots du primaire et du secondaire aux rouages de la démocratie canadienne.En obtenant un numéro d’électeur par voie électronique, les enfants s’assurent le droit de voter pour le candidat de leur choix le 27 novembre, toujours par Internet.C’est d'ailleurs sur le site de l’Info-bourg (le pilote du projet, un site Internet qui s’adresse à la fois aux professeurs, aux parents, aux élèves et aux directions d’école et qui fait un survol du «cyberespace éducatif», www.infobourg.qc.ca) que les enseignants peuvent inscrire leur classe, ce qui ouvre ensuite la voie à l’inscription des enfants.«Avec ce projet, on veut initier les enfants au processus électoral, à la démocratie, en leur inculquant des notions d’éducation à la citoyenneté», explique Nathalie Chantal, coordonnatrice de ce projet accessible uniquement sur Internet, en plus d’être gratuit.Tout comme les grands, les enfants doivent s’inscrire sur une lis- te électorale et s’intéresser un tant soit peu aux cinq candidats en lice afin de déterminer lequel obtiendra leurs faveurs pour voter ensuite le 27 novembre.«Nos bureaux fermeront à 20h, comme ceux des adultes, et nous dévoilerons les résultats le lendemain autour de 12h», explique Mme Chantal.Lorsqu’elle a obtenu les détails de ce projet l’enseignante Francine Raymond a été séduite.Le lende main, elle inscrivait ses «grands» enfants de 61' année de l’école Fernand-Seguin, à Sainte-Foy, à l’élection fictive.«Si je le fais, c’est parce que je constate que les enfants ont m certain intérêt pour les élections», explique l’enseignante, à qui une élève a demandé hier si elle pouvait apporter la cassette du débat des chefs en classe pour qu’ils en regardent des extraits.«Mon but premier, c’est d’aider les élèves à se faire une opinion sur un sujet parce que c'est ça, la démocratie», ajoute Mme Raymond.Ses élèves, qui ont déjà goûté aux rouages de la démocratie par le moyen de rencontres avec un député et un juge et en participant à l’élection d’un conseil de classe, participeront sous peu à une table ronde où ils devront tour à tour exposer les raisons qui les attirent à un candidat plus qu’à un autre.L’initiative québécoise s’inspire d’une vaste entreprise américaine.Kids Voting USA, qui a lancé ce modèle il y a quelques années, et avec succès.Les enfants votent cette fois «pour vrai», et non par Internet, en accompagnant un adulte et en déposant un «vrai» bulletin de vote dans une «vraie» boîte de scrutin.Leur site Internet dévoilait d’ailleurs hier les résultats préliminaires du décompte enfantin, accordant la victoire à George Bush avec 50 % du vote (populaire enfantin), son adversaire Al Gore récoltant 45 % des voix.rWffc,t »., I ¦ - 4 \ M ; |É- " tr m ?% Fusions municipales .KEU1ÜKS A CHACUN son rêve! Le petit Toni Stadler, quatre ans, est devenu le plus jeune parachutiste au monde.Assisté d’un instructeur, l’enfant a fait un saut de 3000 mètres le 27 octobre dernier au Cap, en Afrique du Sud.LES ELECTIONS A LA PREMIERE CHAÎNE DE RADIO-CANADA ASSURANCE-EMPLOI L'heure des engagements Le midi-15 | Vendredi 10 novembre En direct de l'Université du Québec à Rimouski Animation : Jean Dussault Réalisation : Yves André (/} c 0 1 03 O cd XJ CQ E CO O 6 TD e 95.1 FM 106,3 FM Montréal Québec fYtldlt première chaîne 'if?1 Radio-Canada Le dossier est prêt, dit Bouchard Le projet de loi sera déposé la semaine prochaine PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Le premier ministre Lucien Bouchard a annoncé, hier, que le dossier soumis au conseil des ministres sur les fusions municipales forcées est à l’étude et que le projet de loi concrétisant la décision du gouvernement sera effectivement déposé la semaine prochaine.«On va respecter la date du 15 novembre», a précisé M.Bouchard, à sa sortie du caucus de l’aile parlementaire, ce qui garantit que le projet de loi sera effectivement adopté avant Noël.Les discussions qui se déroulent dans le secret du conseil des ministres permettront de statuer sur les fusions dans les régions de l’Outaouais, de Québec (rive nord et rive sud) et de la grande région de Montréal.«On a du pain sur la planche, a-t-il ajouté, mais le dossier est prêt pour une décision.» M.Bouchard a réaffirmé sa conviction que les citoyens du Québec et des régions concernées sont favorables au projet gouvernemental et qu’ils attendent du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités.«Les gens s’attendent, a-t-il dit, à ce que le gouvernement remplisse les engagements qu’il a pris d’ap- porter une solution au morcellement municipal et aux entraves que la situation actuelle constitue au développement économique.» Le premier ministre n’a pas nié toutefois que ce dossier soit ardu.Mais il ne s’attend pas à ce que l’acharnement avec lequel il pilote ce dossier nuise à son gouvernement «Je ne pense pas qu'il y ait de ressac, a-t-il dit, puisque la décision est prise dans l’intérêt public, au-delà des conjonctures.» Le chef de l’opposition, Jean Charest, a de son côté annoncé son intention de tout mettre en œuvre pour contrer les visées du gouvernement au chapitre des fusions municipales forcées.«Le gouvernement, a-t-il dit n’a jamais reçu le mandat pour entreprendre cette réforme.H doit d’abord nous prouver que ces fusions produiront des baisses de taxes.» M.Charest s’est engagé à utiliser tous les moyens que le Parlement met à sa disposition pour combattre le projet de loi, «tout comme les citoyens qui se sentiront visés par ces fusions le feront».Le chef libéral n’a pas rejeté la suggestion de certains opposants aux fusions de profiter de l’élection fédérale en cours pour lancer un message clair au gouvernement péquiste en enregistrant un vote de protestation contre le Bloc québécois.EN BREF Messier ne dit pas tout, selon le Bloc (Le Devoir) — Le Bloc québécois a sursauté hier matin à la lecture des propos de Claude Messier, un candidat du Parti marijuana qui pourfendait le député bloquis-te Bernard Bigras dans nos pages mardi.M.Messier affirme qu’il a pris la décision de se prœ senter sous la bannière du Parti marijuana l’hiver dernier.En juin, il a pourtant fait une déclaration dans le cadre de l’investiture de M.Bigras.Dans une lettre que le Bloc a fait parvenir au Devoir, M.Messier raconte comment Bernard Bigras a pris son dossier en main pour qu’il puisse obtenir une exemption de Santé Canada l’autorisant à fumer du cannabis pour atténuer ses souffrances.L’accord du fédéral est venu trois semaines après que Claude Messier eut convoqué une retentissante conférence de presse avec l’aide du député de Rosemont-Petite-Patrie.«Bernard Bigras a joué un grand rôle dans ce dossier.Je suis convaincu que Bernard Bigras continuera à soutenir cette cause, car il est vrai que le canna- bis a réellement des fins thérapeutiques.[.] Bernard Bigras a une certaine notoriété sur les différents dossiers de ce style et j’espère qu’il continuera à aider notre cause».écrit Claude Messier.En entrevue au Devoir, il a qualifié mardi le député Bigras «d’opportuniste».L’armurier des Hells a comparu (Le Devoir) — L’armurier des Hells Angels, Michel Vézina, a brièvement comparu hier au Palais de justice de Saint-Hyacinthe, où il reviendra la semaine prochaine pour répondre à deux accusations de possession et fabrication d’armes prohibées.Les enquêteurs du SP-CUM soutiennent qu’il a assemblé les deux pistolets de calibre .22 utilisés lors de la tentative de meurtre contre le reporter du Journal de Montréal Michel Auger et lors de l’assassinat de l’exsyndicaliste André Desjardins.Michel Vézina, 52 ans, a déjà été condamné à 34 mois de prison en 1998 quand la GRC a démantelé un important réseau d’importation d’armes prohibées dont il faisait partie.CLUB402 | HOMME | Notre collection Automne-Hiver est arrivée, Achetez directement 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Le tirage a eu lieu le 20 octobre dernier.Les gagnants se sont mérités un exemplaire du livre de la collection Chenelière/Didactique Comment construire des compétences en classe : des outils pour la réforme de Mario Richard et Steve Bissonnette.Les gagnants sont : Mme Chantal Beaudoin de l'école Ste-Thérèse, Lac Cayamant Mme Nathalie Jolette de l'école St-Joseph, Notre-Dame-du-Nord M.Jacques Lefort de l’école Notre-Dame Assomption, St-Stanislas-de-Kotska Mme Dany Morin au nom de l'école Nazareth, Saint-Georges Mme Sonia Tessier de l'école de la Côte-du-Sud, St-Eugène r.Chenelière McGraw-Hill fuirlrnairr en édiu alitm En collaboration avec Le Devoir www.ledevoir.com L E DEVOIR.L E J E II D I 9 X 0 V E M B R E 2 0 0 0 A ,1 ?ELECTIONS 2000- La bataille de Féquité n’est pas terminée, corrige Nycole Turmel La présidente de l’Alliance de la fonction publique reproche aux libéraux de se vanter d’avoir réglé ce dossier MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Malgré les prétentions des libéraux en fin de semaine, le dossier de l’équité salariale n’est pas entièrement réglé et la question se retrouve de nouveau devant les tribunaux.L’Alliance de la fonction publique du Canada a intenté hier des procédures judiciaires pour «forcer l’application intégrale de l’équité salariale» au nom d’environ 3000 employés actifs et anciens à qui on refuse de verser des paiements rétroactifs pour corriger la discrimination dont ils ont été victimes.L’avocat du syndicat a déposé hier midi une déclaration auprès de la Cour fédérale pour lui demander d’ordonner au Conseil du trésor, ou toute autre partie responsable, d’augmenter les salaires et les avantages de ces employés, conformément aux décisions rendues par le Tribunal des droits de la personne et confirmées il y a exactement un an par la Cour fédérale.Le syndicat a décidé de s’adresser à la cour plutôt qu’à la Commission des droits de la personne afin de gagner du temps.On s’attend quand même à ce que cela prenne au mieux deux ans.Au Conseil du trésor, on refuse de commenter avant d’avoir pu étudier la requête avec l’aide du ministère de la Justice, a indiqué le porte-parole Edison Stewart.L’affaire est complexe.Les personnes visées ne relèvent pas du Conseil du trésor, contrairement aux quelque 230 000 employés actuels ou anciens qui ont bénéficié l’an dernier, après 15 ans de lutte, des décisions du tribunal.Ces 3000 salariés œuvrent pour huit employeurs considérés distincts.Il s’agit par exemple du Bureau du vérificateur général, du Service canadien du renseignement de sécurité ou du Bureau du surintendant des institutions financières.Ces employeurs transigent directement avec leurs employés mais leur budget limité vient du Conseil du trésor.De plus, leurs employés ont des conditions de travail identiques à celles des employés de la fonction publique.Ils ont les mêmes salaires, la même définition de tâches, le même système de classification, et subissent les mêmes gels de salaire.Ils peuvent soumettre leur candidature pour d’autres emplois dans la fonction publique, et ainsi de suite.Selon la présidente de l’AFPC, Nycole Turmel, si le tribunal a jugé que six groupes d’employés à prédominance féminine avaient subi une discrimination salariale et que des correctifs s’imposaient, la même discrimination sévit chez ces employeurs et les mêmes correctifs s’imposent Lorsque le gouvernement fédéral a versé des rajustements au titre de l’équité salariale, en 1990, ces employés y ont eu droit Le Conseil du trésor avait accepté d’accorder les fonds nécessaires à leurs employeurs.Cette fois, il en va autrement.Le Conseil du trésor a indiqué qu’il allait accorder les sommes nécessaires pour rajuster les salaires fondés sur des taux discriminatoires mais qu’il ne financera pas les rajustements rétroactifs, a indiqué Mme Turmel.On parle ici de 30 000 $ en moyenne par employé, pour un total d’environ 90 millions.Plusieurs de ces employeurs, dont le Vérificateur général, se sont dits disposés à régler la question mais leur budget ne suffit pas.Ils ont besoin d’argent frais du Conseil du trésor.L’affaire traîne en longueur et, depuis le début de la campagne électorale, des employés du Vérificateur général manifestent une fois par semaine à Ottawa.Pendant ce temps, en fin de semaine, une assemblée de candidates et militantes libérales applaudissait à tout rompre la présidente du Conseil du trésor, Lucienne Robillard, pour la résolution du dossier de l’équité salariale.Mme Turmel ne l’entendait pas ainsi hier en marge d’une petite manifestation tenue par des employés des huit organismes.«Ils prennent beaucoup trop de crédit dans cette affaire parce qu’ils ont attendu d’avoir une deuxième décision défavorable pour agir.Je n’accepte pas qu’ils prennent ce crédit», a-t-elle confié.La bataille pour l’équité salariale dans la fonction publique fédérale a duré 15 ans, dont six devant les tribunaux.L’affaire aurait pu prendre un peu moins de temps mais, malgré une promesse électorale faite en 1993, le gouvernement libéral a choisi d’en appeler d’une décision du Tribunal canadien des droits de la personne, rendue en juillet 1998.Ce n’est que l’an dernier, après avoir vu son appel rejeté par la Cour fédérale, que le gouvernement a finalement baissé pavillon et accepté de régler la question.On estimait alors que le coût pouvait atteindre entre 3,3 et 3,6 milliards, dont environ un milliard uniquement pour payer les intérêts.3000 personnes attendent toujours qu’on leur rende justice AU PROGRAMME Les effets pervers des référendums d’initiative populaire Michel Venue Le Devoir Afin de «rendre les institutions fédérales plus démocratiques», l’Alliance canadienne et Stockwell Day proposent d’adopter une loi «permettant aux Canadiens de réclamer la tenue de référendums nationaux afin de mettre leurs priorités à l'ordre du jour national».Or tous les experts s’entendent: selon le type de référendum dont on parle, ce système de démocratie directe peut avoir des effets pervers qui, comme on l'a observé aux Etats-Unis, mènent à un système encore moins démocratique.Par contre, lorsque ces exercices de consultation populaire sont encadrés par des règles, ils peuvent accroître la participation de la population à la vie politique, comme en Suisse, sans pour autant compromettre les exigences de responsabilité et d’efficacité que les citoyens continuent d’entretenir envers les gouvernements qu’ils élisent.Jusqu’ici, dans la campagne électorale, cette proposition a été vue comme une manière pour le chef allianciste d’éluder les questions d’ordre moral, comme celles portant sur l’avortement et la peine capitale, renvoyant la balle aux simples citoyens qui décideraient, par référendum, si le sujet doit ou non être mis à l’ordre du jour du Parlement fédéral.Mais cette suggestion de permettre les référendums d’initiative populaire mérite d’être examinée en soi.Car ces propositions, l'Alliance n’est pas la seule à en faire.La Colombie-Britannique et la Saskatchewan ont adopté des lois permettant l'initiative populaire.Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a lui aussi présenté un projet de loi (n" 192) en ce sens à l’Assemblée nationale.L’Alliance canadienne ne précise pas dans son programme quelles seraient les règles en vigueur.Mais le député allianciste de Vancouver-Nord, Ted White, avait présenté un projet de loi dans lequel il suggérait une procédure prévoyant l’obligation de réunir un nombre de signatures équivalent à 3 % du nombre d’électeurs inscrits au scrutin précédent, environ 400 000.In pétition, comme le bulletin de vote, devrait inclure le texte de loi ou l’amendement constitutionnel proposé, préciser si la clause dérogatoire serait invoquée et les coûts à assumer par le gouvernement.Si la démarche réussit, le gouvernement doit tenir le référendum dans l'année qui suit, à quelques exceptions près.Et si la population dit oui, le Parlement est obligé d’étudier le projet de loi, comme s’il avait déjà franchi la deuxième lecture en Chambre, ou la motion d'amendement constitutionnel, et non de l’adopter.D’ailleurs, dans le régime constitutionnel canadien, les référendums ne peuvent pas lier les gouvernements.Us sont consultatifs.Ix1 professeur de science politique James lain Gow est très réticent.«Je trouve ce genre de proposition difficile à réconcilier avec un système parlementaire dans lequel un gouvernement propose un programme et est élu pour l'appliquer», a-t-il dit hier au cours d’un entretien.«lime semble que l’initiative populaire favorise les gens qui n’ont qu’une seule idée à défendre.Ils sont pour la peine de mort, ils sont contre l'avortement.Us mettent à l'ordre du jourdes propositions qui ne cadrent pas dans un programme ou dans une politique d’ensemble qui, elle, a fait l’objet de compromis, par la discussion, au sein des partis et, par la suite, au Parlement.» L’expérience californienne Il est vrai que l’opinion de M.Gow est formulée à la suite de son étude du cas californien.Or l’exemple californien est le pire que l’on connaisse.Il y a un siècle, c’est un mouvement progressiste qui fut le fer de lance du pouvoir d’initiative en fomentant une révolte contre les législatures, les partis et les puissances d’argent qui, formant une sorte de cartel, dominaient le pouvoir politique au détriment du peuple.C’est ainsi que la démocratie directe, c’est-à-dire la possibilité pour des citoyens de légiférer par référendum, a été instituée.Mais ce mécanisme a été détourné.au profit des puissants et des riches qui, grâce à l’argent (les dépenses ne sont pas réglementées), l’utilisent pour défendre leurs intérêts.La plus célèbre proposition adoptée par référendum et devenue loi le lendemain est la Proposition 13, soumise aux voix en 1978 et qui limitait le pouvoir de taxation foncière.En Californie, les promoteurs embauchent des entreprises pour recueillir des signatures à la sortie des centres commerciaux.Ensuite, ils dépensent à fond la caisse pour convaincre l’électorat de voter en faveur de la proposition.Lors du scrutin le plus coûteux, celui de 1988, les compagnies de tabac ont dépensé près de 23 millions pour combattre une hausse des prix du tabac.Les opposants au recours au référendum relèvent d’autres lacunes: il peut constituer une tyrannie de la majorité et ainsi menacer les droits des minorités; sur des enjeux complexes, la population n’a pas suffisamment d’information pour décider; la multiplication des consultations peut inciter les gens à ne plus voter (de fait, la majorité recueillie lors d’un référendum peut ne pas représenter la majorité de la population); mais si le taux de participation est convenable, dans les référendums, la plupart des électeurs sont prudents et, s’ils ont un doute, sont portés à voter non, ce qui peut constituer un frein à l’innovation.Des balises Matthew Mendelsohn, professeur de science politique à l’université Queen’s, croit cependant qu’on peut éviter les effets pervers en imposant des balises, comme en Suisse.11 n’appuie pas l’initiative populaire directe.Mais il propose le recours à «l’initiative indirecte».Celle-ci, tout en donnant aux électeurs le pouvoir d’influencer les élus entre les élections, doit permettre au Parlement d’étudier le projet proposé par les pétitionnaires avant ‘ que le référendum ait lieu et de proposer une solution de rechange.Le pourcentage de signatures requis devrait être de 10 à 15 % des électeurs et elles devraient obligatoirement être recueillies dans toutes les régions du pays.Pour être retenue, la proposition devrait obtenir une double majorité (50 % des électeurs à l’échelon fédérale et dans un nombre minimum de provinces) et pouvoir être amendée par le Parlement.La Politique québécoise de l'autoroute de l'information A DEUX ANS Le Québec prend avec succès le virage des nouvelles technologies de l'information et des communications.Déjà, plus de 100 000 familles québécoises ont adhéré au programme « Brancher les familles sur Internet » dans lequel le gouvernement investit 120 millions.Votre famille est-elle admissible à recevoir jusqu'à 900 $ pour acquérir un ordinateur et pour s'abonner à l'Internet ?Pour information : www.familles.mic.gouv.qc.ca ou 1 888 793-9588 Site Internet d'intérêt : www.autoroute.gouv.qc.ca Québec '1 •* N } i < i I.K I) K V (MR.I.E J E !' I) I !?X 0 V E M B R E 2 0 0 0 A (i LE DEVOIR ELECTIONS 2000 ; Une information plus complète sur Internet?Denis Monière Jean-François B é land Collaboration spéciale LJ entrée des médias traditionnels dans le cyberespace procure-t-elle des gains d'information aux électeurs qui fréquentent les éditions Internet des journaux et des chaînes de télévision?Les médias exploitent-ils mieux que les partis les vertus interactives de la Toile?Pour déterminer le rôle que les médias attribuent à leurs sites dans la campagne électorale, nous avons examiné les pages électorales des éditions Internet des principaux médias de langue française et anglaise.Les différents médias se distinguent d'entrée de jeu soit en investissant dans la frise à jour d’un site qui leur est spécifique, soit en s’associant à un portail collectif, comme TVA, qui confie la couverture de la campagne à infiniT.com.Pour la presse écrite, les différences de marché imposent des différences d'investissement dans la couverture de la campagne sur Internet.Le Devoir, jusqu’au début de novembre, n’avait pas introduit une section électorale spéciale sur sa page d’accueil comme l’avaient fait le Globe and Mail et le National Post, qui dirigent les visiteurs vers un module électoral: «Élection 2000» et «Canada votes».Le Devoir a par la suite corrigé cette lacune en incluant une rubrique, «Les Canadiens ata urnes», où on trouve essentiellement en archives les articles publiés sur la campagne et quelques liens.Le site n’ajoute rien de substantiel au contenu éditorial du journal.Malgré ses limites, ce journal a au moins le mérite d'entretenir un site propre, ce qui n’est pas le cas de ses concurrents montréalais.Les sites des journaux de langue anglaise sont beaucoup plus innovateurs et donnent une valeur ajoutée à l’information électorale, celui du Globe étant le plus interactif et le plus imaginatif.Non seulement le lecteur y trouve les principaux articles consacrés à la campagne, il a aussi accès à des rubriques particulières contenant les résultats cumulatifs des sondages depuis trois mois, des biographies des chefs, les contenus programmatiques des partis et des liens avec les sites des partis.L’édition Internet améliore la qualité de son information.Les médias anglophones développent davantage que les médias francophones leur édition Internet L’interaction Mais ce n’est pas l’aspect le plus intéressant.Les éditions Internet des journaux de langue anglaise exploitent les possibilités interactives de la Toile pour créer de l’information sur l’opinion des citoyens grâce aux sondages quotidiens et aux forums de discussion.Ces sites contribuent à élargir le forum électoral en permettant aux citoyens d’exprimer leurs points de vue sur les principaux enjeux.Ainsi, l’internaute est constamment en interaction avec les autres lecteurs et peut comparer ses perceptions avec celles des autres, ce qui crée un agora virtuel.Il peut réagir à chaud aux événements sans être obligé de faire un investissement de temps et d’énergie considérable, comme c’est le cas lorsqu’il se donne la peine d’envoyer une lettre ou un article.Certes, les données produites par ces sondages et ces forums n’ont pas de valeur scientifique car elles sont biaisées par les caractéristiques sociales et les orientations idéologiques de ceux qui se retrouvent sur ces sites, mais elles ajoutent de l’information.On peut ainsi savoir que les trois quarts des lecteurs du National Post estiment que les libéraux n’auraient pas dû déclencher des élections hâtives.On peut aussi apprendre ce que les Canadiens feraient s’ils étaient à la place du premier ministre ou pourquoi les libéraux sont si populaires en Ontario.Dans la presse électronique, la chaîne de télévision qui offre le site le plus innovateur est la chaîne publique de langue anglaise CBC, qui développe un contenu spécifique et analytique.Nous y avons trouvé une rubrique originale intitulée «Reality check» où sont confrontées les positions et déclarations des partis avec des données objectives ou avec des déclarations antérieures.Le visiteur peut aussi exprimer son opinion sur les enjeux ou sur différentes questions comme «les sondages vous aident-ils à vous faire une opinion?».Il a aussi accès à des liens avec les programmes des partis et à un récapitulatif des sondages.Le site de la chaîne publique de langue française est plus conventionnel et donne moins d’importance a l’interaction avec les internautes.Il reproduit les manchettes du bulletin de nouvelles et contient une section d’archives sur les chefs et les partis.Il n’y a pas de sondage mais le visiteur peut émettre des commentaires sur des questions relatives à la campagne.Le site de CTV est le mieux doté sur le plan multimédia.Le visiteur y trouvera sensiblement les mêmes rubriques que sur les autres sites avec, en prime, un sondage quotidien sur un sujet d’actualité.Son homologue de langue française, TVA, offre le site le plus pauvre car il n’a tout simplement pas de section électorale propre sur sa page d’accueil.Le site se limite à afficher une manchette quotidienne.Il n’est pas utilisé pour donner de l’information mais pour servir de support publicitaire.Pour avoir accès a de l'information supplémentaire, l’internaute francophone devra fréquenter le site infiniT.com, où il y a des forums, des sondages quotidiens et de l’information sur les chefs, les programmes et les enjeux de la campagne.Nous pouvons conclure ce tour d’horizon en disant que les médias de langue française misent moins que leurs homologues de langue anglaise sur les possibilités interactives d'Internet dans la couverture de la campagne et produisent moins de valeur ajoutée à l’information conventionnelle.Ils se servent d'Internet comme vitrine de leur contenu éditorial sans fournir à leur public d’autres types d’information.Kn développant davantage le volet interactif, les médias pourraient favoriser une participation plus active et plus délibérante du citoyen au processus électoral.TOM HANSEN REUTERS Le premier ministre Jean Chrétien a dû essuyer le tir de ses quatre adversaires, notamment le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.LE DÉBAT DES CHEFS Dans le corridor des spin doctors HELENE BUZZ ETT1 DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA C> est prévisible, au terme des débats télévisés, tous les partis estiment que leur candidat a remporté la joute oratoire ou du moins atteint les objectifs qu’il s’était fixés.La version française de l’incontournable événement électoral d’hier ne faisait pas exception.Pendant tout le débat, ceux que l’on appelle les spin doctors, les faiseurs d’image politique pour chacun des cinq chefs, ont tourné autour des journalistes pour leur vendre leur interprétation du déroulement du débat.Pour tout dire, ils ne tournaient pas tout à fait autour des journalistes puisque les règles du jeu veulent qu’ils soient confinés à une petite salle sous celle de la salle de presse: ce sont donc les journalistes qui, de leur plein gré, vont faire le plein des versions de chacun.Par exemple, dans le deuxième segment qui portait sur la gestion des fonds publics, le bloquiste Gilles Duceppe a frappé fort sur le premier ministre Jean Chrétien et les deux ont ensuite mené le bal.Faisant référence au scandale des subventions au ministère du Développement des ressources humaines et rappelant les 21 enquêtes de la GRC en cours, dont quatre dans la circonscription de M.Chrétien, M.Duceppe a lancé: «Vous avez dit au départ que le problème n'était que de 250 $.Or on s’est rendu compte que c’étaient des sommes astronomiques qui étaient en jeu.Je n’accepte pas que vous ayez pris l’argent des poches des travailleurs et des plus démunis comme s’il vous appartenait.» Ce à quoi M.Chrétien a répondu: «Laissez la police faire son travail.S’il y a quelqu’un qui a commis un crime, nous n’avons aucune sympathie pour eux.» Alors, qui a eu le haut du pavé?Petit tour dans le corridor des spin doctors.Les porte-parole de M.Chrétien sont contents d'avoir réussi à faire sortir le message libéral.«Le premier ministre a bien répondu.Il a montré qu’on n ’accepterait pas les erreurs.Et il a réussi à rappeler qu’un des cas soulevés par M.Duceppe a permis de créer 98 emplois.La présidente du syndicat de cette entreprise-là a dit que M.Duceppe essayait de faire de la politique sur le dos des travailleurs.» Message du clan bloquiste: «M.Duceppe a rappelé que M.Chrétien avait dit que c’était seulement 250 $ alors qu’il y avait une facture dans un des dossiers de 420 000 $ pour factures manquantes, a expliqué Pierre Paquette.Les gens qui ne suivent pas la politique autant que nous et qui avaient oublié vont se rappeler que c’est une facture qui a été manufacturée pour d’autres factures et que c’est beaucoup d’argent qui est en cause.» Pour l’ensemble du débat aussi, tous se disaient heureux des performances de leur chef.«Je suis très satisfait de sa performance», a dit M.Paquette à propos de M.Duceppe.«On n ’a jamais pensé qu’il pourrait, dans le cadre d’un débat comme celuità.faire de knock-out.» Selon lui, le Bloc a pu démontrer, en s’attaquant à Jean Chrétien, «qu’il ne ré- pond jamais aux questions».Le Bloc se réjouissait particulièrement qu’autant le conservateur Joe Clark que la néo-démocrate Alexa McDonough posaient des questions similaires à celles de M.Duceppe.Une preuve, selon lui, que le Bloc soulève «des préoccupations qui sont pancana-diennes, pas seulement québécoises», une façon de justifier la pertinence du Bloc québécois.Le clan libéral, lui, expliquait qu’il s'attendait à ce que tous s’attaquent à M.Chrétien.«C’étaitprévu que les attaques seraient personnelles.On l’avait vu avec les publicités de M.Duceppe.C’est parce qu’on sait que le bilan de M.Chrétien est inattaquable.» Chez les alliancistes, on essayait tant bien que mal de camoufler une mine basse.M.Day n’a à peu près pas participé au débat.Par exemple, dans le deuxième segment, qui portait sur l’utilisation des fonds publics, il a seulement pris la parole pendant ses déclarations obligatoires d’ouverture et de fermeture.C’était voulu, nous a dit Renée Fairweather.«M.Day intervient quand il en a besoin.C’est la qualité qui compte, pas la quantité.La tâche qu’il avait à faire, c’était de présenter le programme, de se présenter aux Québécois qui ne le connaissent pas encore.» Du côté des troupes conservatrices, enfin, on était content d’avoir prouvé que M.Clark offre une «troisième alternative crédible».«R a dit: “Nous avons toujours été là et considérez-nous là encore une fois”, a dit Peter MacKay.Il a démontré qu’il pouvait exiger du premier ministre de rendre des comptes.» Rencontre au collège Montmorency Parizeau est encore poursuivi par sa déclaration sur le vote ethnique LAVAL-CENTRE KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR Cinq ans après le référendum, Jacques Parizeau est encore poursuivi par sa déclaration coup-de-poing reliant entre autres la défaite des souverainistes aux votes ethniques.Après un discours pour soutenir le Bloc québécois devant une centaine d’élèves du collège Montmorency, M.Parizeau a été interrogé hier par un jeune dont les parents sont des immigrants haïtiens.«Nous, dont les parents sont des immigrants, faisons-nous partie du vote québécois?», a demandé Arry Iengin.«Évidemment», a lancé M.Parizeau avant d’expliquer que l’un des critères importants pour déterminer la citoyenneté est la langue.«C’est vrai que, des jais, on a tendance à utiliser le “nous” dans un sens un petit peu restrictif Mais le Québec est un pays francophone qui, d’autre part, a un certain nombre de minorités dont le rôle à la longue sera de s’intégrer dans cette majorité francophone», a-t-il soutenu.«Je voulais connaître son concept de la souveraineté et savoir qu’est-ce que les immigrants sont pour lui là-dedans», a par la suite expliqué M.Longin au Devoir.Quant à savoir pour qui il entend voter le 27 novembre, il s’est montré discret.D’autres jeunes venus entendre Jacques Parizeau adoptaient la même attitude.L’envoyé spécial du Bloc québécois pour stimuler le vote des jeunes à travers les cégeps et universités de la province s’est heurté à un manque d’enthousiasme.Après cinq minutes de discours, une quinzaine de jeunes ont quitté la salle.Parmi eux, une jeune fille qui disait pourtant, avant que n’arrive M.Parizeau, vouloir se faire une idée puisqu’elle n’est «absolument pas politisée».D'autres élèves, restés debout à l'arrière, s’impatientaient des explications pédagogiques de M.Parizeau.Martin A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Parizeau Briggs a quant à lui fortement critiqué l’entrée sur fond musical dans la salle de M.Parizeau, suivi des candidats bloquistes de laval.«C’est du spectacle.[.] Il faudrait avoir sur le bulletin de vote, une case avec l’inscription “aucune de ces réponses".Je vais annuler mon vote», a-t-il affirmé.Jacques Parizeau a terminé sa visite en insistant [Jour que les jeunes s'informent et s’assurent d’être sur la liste électorale.«Ce qui me tarabuste le plus à l’heure actuelle, c’est de voir comment les 48 000 noms de jeunes qui votent pour la première fois vont être traités dans le cadre de la campagne électorale», a-t-il dit, faisant ainsi référence aux quelque 300 000 correctifs qu’Elec-tions Canada a dû porter à la liste électorale au Québec.Heureusement pour les libéraux, le chef peut miser sur le minibudget KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR Le récent minibudget du gouvernement fédéral et les baisses d’impôt qu’on y retrouve donnent vraisemblablement plus d’élan au Parti libéral du Canada que son chef.Une brève tournée aux côtés du candidat du PLC dans la circonscription chaude de Laval-Centre, Pierre Lafleur, en dit long sur les préoccupations des gens et surtout sur le ressentiment envers le premier ministre sortant Jean Chrétien.Di séance de bain de foule s’effectue au centre alimentaire d’un centre commercial du comté.M.Lafleur aborde les gens sans les brusquer, d’une voix douce.Le style n’est pas flamboyant mais l’approche semble séduire.Vingt-cinq ans de vie politique active passés dans l’ombre d’un politicien fie maire Gilles Vaillancourt jusqu’à tout récemment et Jeanne Sauvé pendant près de dix ans) à négocier et à penser stratégie laissent des traces.Il prend donc le temps d’expliquer.«Si vous êtes élu, est-ce qu’on va pouvoir vous joindre?», lui demande une sexagénaire.Aussitôt, M.Ifrleur tire une chaise, s’assoit et lui dit «Je suis facile d’approche.» In discussion s’entame.Quelques minutes plus tard, la dame lui donne son appui.«Je vais voter libéral à cause du budget de M.Martin.Je donne une autre chance à votre M.Chrétien, mais.», lui dit-elle le doigt pointé en l'air en signe d’avertissement «Je ne vote pas pour le lilor mais contre Chrétien.Il s'est toujours fait élire sur le dos des Québécois», lui dit un homme dont le voisin a assuré M.Lafleur de son appui.«Jamais je ne vais voter pour Chrétien», affirme un autre homme, qui vient de finir son repas.«Mais il a aussi une équipe», lui réplique Pierre Infleur.«L’équipe, c’est lui qui la mène et quand il dit que tout le monde va dans un sens, tout le monde le fait», tranche l’homme.Malgré l’effet repoussoir de Jean Chrétien, M.Infleur souligne qu’avec le règlement de dossiers comme la main-d’œuvre, les infrastructures et la santé, «on ne peut pas parler d’un gouvernement de confrontation».«Ce n’est pas le chef qui sera dans le comté.Les gens ont besoin d'un député.Mais je n ’évite jamais de parler de M.Chrétien», précise-t-il.Chose certaine, de la trentaine de personnes rencontrées, la moitié accepte de laisser son nom, son adresse et son numéro de téléphone à l’équipe qui trottine derrière le candidat Lafleur.Ces informations sont précieuses pour toute organisation politique; c’est le nerf de la guerre le jour du scrutin.C’est d’autant plus vrai que Laval-Centre est une circonscription où la lutte entre libéraux et bloquistes est serrée.Si l’actuelle députée, Madeleine Dalphond-Guiral, s’est faufilée entre libéraux et conservateurs en 1997, elle ne peut plus compter sur la division du vote fédéraliste pour retourner à Ottawa.Le comté peut donc basculer chez les libéraux.Ix's partis le savent et y font défiler de gros canons.Il y a une dizaine de jours, le premier ministre Lucien Bouchard est venu prêter main-forte aux troupes bloquistes lors d’une assemblée à Laval.Dimanche dernier, Jean Chrétien a prononcé un discours devant un grand rassemblement de femmes.Hier, Jacques Parizeau rencontrait des élèves du collège Montmorency.Pendant ce temps, Pierre lafleur continue de sillonner la circonscription.«Qu’est-ce que vous allez faire si vmis êtes élu ?Nos pensions de vieillesse ne sont pas assez élevées.On a besoin de quelqu’un qui a une tête sur les épaules», souligne une dame sur un ton critique.I < L E I) E V OIK.L E .1 E I I) îl X O V E M B K E 2 0 0 0 ELECTIONS 2000 LE DEBAT DES CHEFS L’HEURE JUSTE De quoi demain sera-t-il fait?Au secours Les jeunes accusent leurs aînés de s’intéresser seulement au passé ^68 nifll lo^GS KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Gilles Duceppe venait à peine d’amorcer sa présentation sur un ton monocorde qu’un étudiant a claqué des mains en criant à son intention: «Ohé, c’est commencé!» La salle s’est animée; le ton de la soirée, était donné.A l’invitation de groupes de jeunes, dont la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), une trentaine d’étudiants de différentes universités ont écouté ensemble le débat des chefs hier soir.Leurs réactions vives et immédiates ont vite volé la vedette au débat officiel qui se déroulait au petit écran.Chose certaine, aucun des partis politiques ne peut tenir les jeunes pour acquis.Le sens critique développé, la plupart d’entre eux ne se laissent pas gagner facilement.«Tous leurs propos portent sur le passé.Ils s’attaquent, se justifient, se relancent la balle et patinent.Ils ne font pas valoir leurs plateformes», constate France Lajoie, de la FEUQ, qui se dit déçue.La prestation de Joe Clark — «qui n’a rien à perdre», dira l’un des étudiants — est saluée.Si Stockwell Day n’impressionne personne par ses idées, son attitude calme et très posée le sert bien, analysent les jeunes.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne suscite pas beaucoup d’enthousiasme.On le trouve tiède, mou, sans charisme.«Je ne doute pas de son message mais de sa capacité à le livrer», dit Sophie Leclerc, de l’Université Laval, qui se dit souverainiste.Même dans ses attaques, M.Duceppe n’est pas percutant ont jugé les étudiants présents.«C’est du cynisme à l’état pur», accusera-t-il Jean Chrétien.La réaction ne se fera pas attendre.«C’esf toujours la faute du fédéral.Ça ne mène nulle part», estime Cédrick Beauregard, de l’Université de Sherbrooke.«Ça ne fait pas sérieux», renchérit Sébastien Corriveau, de l’UQAM.Tous deux se disent indécis bien qu’ils avouent pencher pour les libéraux.«C’est les seuls qui ont une équipe compétente», a souligné Cédrick Beauregard.Assise tout près, Nathatie Cusack, de l’UQAM, hésite davantage à cause de la présence de Jean Chrétien.«Si Paul Martin avait pris la tête du Parti libéral, j’aurais été contente.Il est l’un des plus grands financiers au monde», affirme cette ancienne bloquiste.Jean Chrétien a provoqué des ricanements.«C’est cool! J’aime bien quand il se fait rentrer dedans», dit Jean-François Picard, de l’UQAC, avec un large sourire.«Ce qui est le plus grave, c’est qu’il va être réélu de toute façon», tranche son voisin de table, Philippe Boucher, de l’UQAM.Devant les soupirs des uns, les rires des autres et une certaine désillusion, quelle est la solution alternative?«C’est n’importe qui! C’est Stockwell Day.Ça aussi, c’est triste.En fait, vaudrait mieux avoir un gouvernement libéral minoritaire avec m Bloc fort.De toute façon, je vais annuler mon vote», a laissé tomber Philippe Boucher.Caroline Hébert, de l’UQAM, s’attend à un débat en anglais plus intéressant, plus substantiel.éUi 'sert m*- } (b SI! 4A1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des jeunes se sont réunis dans un salon de l’UQAM, hier soir, afin d’écouter le débat des chefs.Les référendums indisposent les candidats alliancistes du Québec PRESSE CANADIENNE L* idée de référendums nationaux sur des sujets ' comine l’avortement et la peine de mort est loin de plaire à tous les candidats de l’Alliance canadienne au Québec.«Je déteste le mot “référendum”», a affirmé le candidat de l’Alliance dans Brassard, l’ancien député bloquiste Richard Belisle.«Au Québec, les gens sont dégoûtés en entendant ce mot, c’est pour cela que je ne vais supporter aucun référendum.» Un autre candidat pour l’Alliance au Québec, l’ancien député conservateur et bloquiste Nie Leblanc, s’est également montré peu enthousiaste à l’idée de référendums sur des questions morales.«Personnellement, je ne le souhaite pas parce que je trouve que ça va très bien comme c’est là, mais si la population le désire, je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas un débat sérieux là-dessus», a-t-il déclaré.MM.Belisle et Leblanc ont fait ces commentaires hier matin, après le passage du chef de l’Alliance Stockwell Day à une émission de télévision à Radio-Canada.Interrogé par les journalistes, M.Day a déclaré qu’il appuyait le principe de référendums sur des questions morales comme l’avortement et la peine de mort, mais qu’il appartenait aux Canadiens eux-mêmes de déterminer le nombre de signatures nécessaires pour déclencher une telle consultation.Selon un document d’information distribué aux députés de l’Alliance, une pétition portant la signature de 3 % des électeurs serait suffisante pour entraîner la tenue d’un référendum.P a u l e des Rivières Le Devoir es Québécois mal logés ont manifesté mardi devant la résidence du prentier ministre Jean Chrétien, à Ottawa.Installés pour l’occasion sur leurs vieux sofas de fortune et en cadrés par la vaillante équipe du FRAPRU, les mahi-festants comptent inscrire le logement social au programme des partis politiques.Et, pour la première fois en dix ans, ils sentent que le vent tourne en leur faveur.C’est que les mal logés se comptent aujourd'hui par centaines de milliers.Il est indéniable, en effet, que le nombre de Canadiens — et de Québécois — qui dépensent trop pour se loger a augmenté ces dernières années.La Société canadienne d’hypothèque et de logement estime que le nombre de Canadiens qui sont mal logés ou qui consacrent plus de 30 % de leur revenu aux trais de loyer est passé de 1,1 million à 1,7 million entre 1991 et 1996.La hausse a été particulièrement marquée en Ontario mais le Québec n'a pas échappé à la détérioration puis qu’il abrite 273 000 ménages consacrant plus de la moitié de leur revenu pour se loger.Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre qu’il reste alors moins de billets verts pour manger, se vêtir et se chauffer.les partis politiques sont-ils sensibles à la réalité difficile de milliers de ménages canadiens?le chef du Bloc, Gilles Duceppe, réclame depuis le début de la campagne un coup de barre significatif du fédéral, soit huit milliards en cinq ans.Cette position rejoint celle du FRAPRU, le Front d'action populaire en réaménagement urbain, les néodémocrates promettent d'investir 1,4 milliard par année à la construction de HLM ou de logements coopératifs alors que le programme de l’Alliance canadienne reste muet à ce sujet.Les libéraux, qui avaient ignoré ce problème dans leur mini-budget, se sont timidement mouillés dans leur livre rouge.Pourtant, les mal logés n’ont pas empêché les libéraux de donnir depuis qu’ils sont au pouvoir.Même s’ils avaient critiqué les conservateurs lorsqu’ils ont éliminé, en 1993, le budget jusque-là consacré à la construction de logements sociaux, les libéraux ne sont jamais revenus sur cette décision.Les 1,9 milliard de dollars qu’ils consacrent annuellement à cette enveloppe vont au financement des hypothèques des logements déjà construits.Ottawa veut d’ailleurs refiler tout ce dossier aux provinces mais ne s’entend pas sur le montant à verser au Québec, où vivent 27 % des gens en «besoin impérieux» de logement.Ottawa offre une somme représentant 19 % du budget global.Dans son livre rouge, les libéraux promettent la mise sur pied d’un programme d’«occès au logement abordable» qui jx-rniettrait la construction de 60 000 a 120 000 logements.Mais les 680 millions que le PLC s’engage à dépenser au cours des quatre prochaines années seront bien insuffisants, estime le FRAPRU, qui entend bien obtenir les précisions qui s’imposent sur cette toute récente conversion libérale.Le 14 novembre prochain.cm Allocution tir» Murfitntm et étudiant» du lecteur de l'éducation de l uQAM J^ESGI ASSOCIATION DES ÉTUDIANTS DC L ÉCOLE J DES SCIENCES DE LA GESTION fsshalcUQAM Le Syndicat des professeurs-es de l'UQAM (SPUQ) impose une dictature de la pensée, où seuls ses intérêts assujettissent la volonté de la communauté universitaire.Le SPUQ tente de brimer la voix étudiante paritaire sur les instances de l'UQAM et refuse de reconnaître les chargés-es de cours comme enseignants-es à part entière.Le SPUQ renie l'ensemble des décisions prises par les instances de l'UQAM, remettant ainsi en cause la qualité de la formation, l'esprit critique sur la formation donnée et la réponse aux besoins du marché du travail.la tradition démocratique de l'UQAM sera abolie. L E I) E V OIK.L E .1 E l' !) I !» X 0 V E M B K K 200 0 ÉDITORIAL De la démocratie I en Amérique Que George YV.Bush rafle les 25 grands électeurs de la Floride et il deviendra le quatrième président des États-Unis, déduis 1797, à élire domicile à la Maison-Blanche sans avoir obtenu la majorité des suffrages exprimés.Engoncée dans un système électoral labyrinthique, la démocratie américaine est loin d’être aussi exemplaire qu’elle le prétend.u terme du recomptage des votes de la Floride, une voix supplémentaire et une seule sera suffisante pour que Bush mette la main, si l’on peut dire, sur les 25 grands électeurs qui lui permettront d’être sacré 43l président.Vu l'incroyable distorsion afférente à la mécanique choisie par les pères de la nation, jamais remise en question depuis lors, on comprend pourquoi des contigents imposants d’avocats à la solde des deux partis en présence se sont rués en Floride afin dé surveiller à la loupe un exercice d’autant plus délicat que les enjeux en présence sont énormes.Én attendant le dévoilement du grand gagnant, un constat s’impose: le fait que la première démocratie à voir le jour dans l’histoire moderne soit prisonnière d’une instance aussi anachronique que le collège électoral laisse pantois.Que la classe politique de ce pays n’ait jamais songé à réfonner le système afin de le mettre au diapason de l’évolution des esprits ou des mentalités a quelque chose de désespérant.D’autant plus, il n’est pas inutile de le rappeler, que le collège en question a été _____ conçu, en 1797, parce qu’on n’avait pas Serge Truffaut confiance en la population, parce qu’on voulait , ?accorder à la classe politique d’hier comme à celle d’aujourd’hui le pouvoir de contrecarrer le.choix des citoyens.En un mot, parce que le suffrage universel était, et demeure, l’objet de bien des soupçons.iLe système américain n’est pas un système uninonimal à un tour, il n’est pas universel, mais c’est bien un système fondé sur le scrutin indirect Le président n'est pas élu par le commun des mortels mais par les membres du collège électoral.Un système, en tout cas, qui a ceci de machiavélique, pour reprendre le qualificatif de Gérald Bernier, politologue à l’Université de Montréal, que bien des Américains n’ont guère conscience de ce biais pour la raison, au demeurant insidieuse, que les noms des électeurs n’apparaissent pas sur le?bulletins de vote de 42 Etats et du district de Columbia.Ironie de l’histoire, si Bush obtient les 25 grands électeurs de la.Floride ce soir ou dans les jours qui viennent, il disposera alors des 271 qui sont à peine nécessaires pour devenir président.sans être absolument certain d’être encore président le 20 janvier prochain.Qu’il remporte la Floride et le suspense sera loip d’être terminé.Car, c’est à retenir, les votes des grands électeurs de chacun des Etats ne sont pas aussi liés aux choix des citoyens qu’on pourrait le croire.Les lois électorales de 24 Etats sûf 50 obligent le grand électeur à relayer le résultat populaire.S’il'fait défaut, il paie une amende de 5000 $ à peine.Ü suffirait que deux électeurs,, sur les 538 que compte le collège, décident de voter en fonction des suffrages exprimés à l’ensemble du pays pour qu’il y ait alors égalité entre Gore et Bush.Un scénario qui, selon M.Bernier, est loin d’être improbable.Dans le passé, et à pratiquement toutes les élections, il s’est toujours trouvé de grands électeurs pour jouer les trouble-fêtes.Advenant une telle issue, soit l’égalité, les concepteurs du système ont poussé leur névrose antiuniverselle de manière à éviter le recours aux votes populaires.En clair, s’il y a égalité, c’est à la Chambre des représentants de choisir un houveau président et au Sénat de choisir le vice-président Maintenant, lorsqu’on confronte ce pataquès politique au financement qui lui est inhérent, il y a de quoi sombrer dans le spleen le plus profond.S’il a de grandes vertus, l’article sacro-saint de la Constitution qui garantit la liberté d’expression a un effet vicieux sur la vie politique américaine.En raison de cet article, on ne peut interdire à quiconque qui le souhaite de donner dçs millions et des millions de dollars à tel candidat.Faute d’avoir la possibilité de fixer une limite aux dépenses des partis, le système favorise, voire encourage, la mainmise des lobbys sur la vie politique américaine.Qu’on y songe, pour sa campagne dans l’État de New York, Hillary Clinton a déboursé 25 millions, soit deux fois ce que chacun des partis qui se battent actuellement pour s’emparer d'Ottawa va dépenser.Que la démocratie américaine soit actuellement prisonnière d’archaïsmes tient quelque peu du sinistre.LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE: BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE I 9 X 0 V E M R R E 2 0 0 0 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Radio-Canada première chaîne Du lundi au .7 U 1 Q vendredi 3/11 IOj MICHEL DÉSAUTELS reçoit les leaders politiques.DUCEPPE CHRÉTIEN SUITE DE LA PAGE 1 Il s'agit maintenant de savoir si elle lui servira ou si elle aidera indirectement Gilles Duceppe.La portion du débat sur la place du Québec dans la fédération et sur la présence du Bloc à Ottawa a illustré cette situation.Interrogé sur la présence du Bloc à Ottawa pour de troisièmes élections d’affilée, Gilles Duceppe a défendu avec vigueur la nécessité pour les souverainistes d'avoir une voix à Ottawa et pour l'ensemble des Québécois d’avoir des gens vraiment voués à la défense de leurs intérêts.M.Chrétien a vite noté que le Bloc avait promis d’être temporaire et que son maintien à Ottawa prouvait que «c'est un énorme échec, votre affaire».Il n’a toutefois offert que ses arguments traditionnels pour justifier de glisser la question du Québec sous le tapis.«Les Québécois [.] ne veulent pas de référendum.Ils ne veulent pas à ce moment-ci qu’on discute de Constitution.Ils veulent que nous parlions d’avenir.» Ce à quoi Gilles Duceppe a répliqué en lui demandant pourquoi autant de Québécois avaient élu une majorité de députés bloquistes en 1997.Lorsqu’il a accusé le premier ministre de vouloir «rapetisser et ratatiner le Québec».M.Chrétien a tenté de répondre en évoquant encore ses racines québécoises.Ce qui l’attendait, quelques minutes plus tard, était une réplique de Joe Clark, et elle a été très cinglante.«M.Chrétien est Canadien et Québécois mais votre perspective sur le fédéralisme et sur le Québec est si rigide qu’elle n’est pas acceptable pour un grand nombre de Québécois.C’est en grande partie pour cette raison que les gens ont voté pour le Bloc québécois.C’est vous qui avez créé le Bloc québécois et qui avez perpétué le Bloc québécois», a lancé un M.Clark qui a réussi mieux que tous les autres chefs à piquer M.Chrétien.Du coup, le chef conservateur a légitimé, d’une certaine manière, la présence du Bloc.Gilles Duceppe a sûrement apprécié mais il n'avait pas besoin de ce coup de pouce.Après un léger faux pas au début, il a prouvé à ses détracteurs, d’une part, qu’il était crédible et au fait de ses dossiers et que, d’autre part, il pouvait offrir une défense fervente de son option souverainiste.A cet égard, il a bien visé ses deux publics cibles: les fédéralistes nationalistes, qui hésitent à appuyer Jean Chrétien, et les souverainistes, qui doutent de la nécessité d’aller voter.La figuration des deux autres chefs, Alexa McDonough et Stockwell Day, n’a fait que confirmer que la lutte se fait à deux au Québec.Mme McDonough faisait avant tout acte de présence.Son discours a dû plaire à sa base traditionnelle au Canada anglais mais ne pouvait trouver d’écho auprès de l’auditoire qui l'écoutait Stockwell Day a'clairement été incapable de s’imposer, même moins que Mme McDonough.Heureusement qu’on avait alloué des périodes de temps aux répliques de chaque chef, sinon, on ne l’aurait presque jamais entendu.Et même là, il a trouvé le moyen d’être à côté du sujet qui venait d’émerger dans les débats.Il avait préparé ses cassettes et les répétait donnant clairement l’impression qu’il n’arrivait pas à suivre.Sur les relations fédérales-provin-ciales, il a dû lire son texte, lui qui normalement évite ce procédé.L’aisance et la vigueur de Joe Clark auront sûrement fait réfléchir d'anciens conservateurs tentés par l’Alliance ou qui songent à voter pour les libéraux par simple refus du Bloc.Ce débat ne changera rien à la polarisation qui sévit au Québec entre libéraux et bloquistes mais pourrait faire légèrement bouger le sol sous l’ancien vote conservateur.Les appuis conservateurs sont minces dans les sondages mais le Parti conservateur frise l'extinction et a besoin de chaque bouffée d’air.Joe Clark a en somme rempli le mandat qu’il s’était donné, i.e.redonner de la crédibilité à sa formation.Il reste a voir s’il en récoltera les fruits.En 1997, Jean Charest n’avait pas l’organisation nécessaire pour capitaliser sur sa popularité.Joe Clark n’est pas mieux armé alors que le Bloc l’esL LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par 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Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé |»ar Imprimerie Québécor St Jean, WK), boulevard Industriel,Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’airence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans l* Devoir Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc , 900, boulevard Saint Martin Ouest.I,aval Envoi de publication — Enregistrement n Q8.r>H.Dépôt Rirai bibliothèque nationale du Québec SUITE DE LA PAGE 1 fédéral et provinciaux, se sont serré la ceinture», a-t-il dit «Nous avons coupé, et je l’admets, parce qu ’il fallait régler le désastre que les conservateurs avaient laissé.» Le chef libéral a ensuite dû répondre aux accusations de favoritisme lié à la gestion au Développement des ressources humaines Canada.«Il y a 21 enquêtes policières et c'est sérieux, ça, M.Chrétien, c’est une question d'éthique», a dit M.Duceppe, qui a critiqué le fait que le commissaire à l’éthique soit nommé par le premier ministre et non par le Parlement.Le troisième segment du débat portait sur le leadership et l’avenir du pays.Les échanges ont principalement opposé le chef bloquiste, qui a été accusé de prolonger indûment la vie du Bloc à Ottawa, au premier ministre.Mais le chef conservateur Joe Clark, qui était ministre au sein du gouvernement Mulroney lorsqu’on! été négociés les accords du lac Meech, qui reconnaissait le Québec comme société distincte, et celui de Charlottetown, a joué un rôle significatif dans la discussion en reprochant à M.Chrétien d’être la source des problèmes constitutionnels au Canada.«Votre position est si rigide que ce n 'est pas acceptable, a dit M.Clark.Et c’est en partie pour cette raison qu’un grand nombre de Québécois ont voté pour le Bloc québécois.C’est vous qui avez créé le Bloc québécois.C’est vous qui avez perpétué le Bloc québécois.La raison, c’est vous», a-t-il martelé.M.Chrétien a répliqué en rappelant que c’est à la suite de deux mandats du gouvernement conservateur que, en 1993, le Bloc québécois est devenu Top-position officielle à Ottawa en faisant élire 54 députés.Le vieux routier tory lui a alors sèchement répliqué: «Mais c’est suite à l’échec du lac Meech.Qui était contre Meech?Vous.Vous étiez contre.Comme vous étiez contre le libre-échange.» M.Chrétien est lui aussi passé à l’attaque, mais contre M.Duceppe.Rappelant que Lucien Bouchard avait affirmé que le Bloc québécois serait un parti temporaire, il a soutenu que l’aventure bloquiste, «c’est évidemment un énorme échec, votre affaire, parce que ça fait trois fois que vous revenez en élections».«Ce que nous proposons, c’est des gens qui veulent que les Québécois viennent prendre leur place à Ottawa et non pas seulement venir dire non, non, non.Nous, on veut bâtir le Canada; vous, vous voulez le détruire.Vous faites perdre le temps aux gens positijs qui veulent que les Québécois francophones soient partie pleine et entière de l’aventure canadienne.Les Québécois ne veulent plus entendre parler de référendums et de Constitution, ils veulent entendre parler de ce que sera leur avenir à l’intérieur du meilleur pays au monde.» M.Duceppe a défendu la pertinence du Bloc à Ottawa pour défendre les intérêts des chômeurs, des femmes et de tous les Québécois tant que la question nationale ne sera pas éventuellement réglée.Il s'est félicité de l’opposition du Bloc à la loi C-20, qui empêche Jean Chrétien de clamer, comme l’avait fait Pierre Trudeau en 1982 au sujet du rapatriement de la Constitution, que le Québec appuie cette loi qui «ne reconnaît pas la règle du 50 % plus m.C'est comme si un arbitre, dans une partie de hockey, disait: “Jouez, les amis; je déciderai par la suite quel est le seuil acceptable pour remporter la victoire”».Le chef de l’Alliance a lui aussi reproché à M.Chrétien de ne pas respecter les provinces.Il a invité les Québécois à voter pour son parti qui promet «la paix constitutionnelle» parce qu’il respectera les compétences des provinces.«Avec l’Alliance, le Québec ne sera jamais isolé», a-t-il dit.Le premier ministre s’est défendu en rappelant les ententes signées avec les provinces sur la main-d’œuvre, la santé et les infrastructures.En matière de justice, Gilles Duceppe a dénoncé le projet de loi sur les jeunes contrevenants, une preuve que le chef libéral «ne comprend pas le Québec» et qu’il est «coupé de la réalité québécoise».Jean Chrétien a accusé le Bloc québécois d’être «bloqueux» en s’opposant inutilement au projet de loi.PRÉSIDENT SUITE DE LA PAGE 1 frère de George W.Bush, a laissé ouverte la possibilité qu’il faille attendre dix jours le résultat du vote par correspondance du personnel militaire expatrié, qui devait être posté au plus tard le 7 novembre.D’après la loi de la Floride, ces votes, qui avaient concerné 2600 personnes en 1996, doivent être pris en compte s’ils parviennent aux bureaux de vote dans les dbc jours, le cachet de la poste faisant foi.En attendant Jeb Bush a annoncé qu’il se retirait de l’organisme chargé de certifier les résultats de l’élection afin d’éviter toute apparence de conflit d’intérêts.En dépit de l’incertitude, le gouverneur du Texas, 54 ans, s’est déclaré hier confiant dans sa victoire finale, se posant déjà en rassembleur des Américains.«Si le résultat est confirmé, comme nous le pensons, alors nous aurons gagné l’élection» présidentielle américaine, a-t-il déclaré depuis Austin, au Texas, lors d’une brève apparition aux côtés de son colistier Dick Cheney.«M.Cheney et moi ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour rassembler cette nation [.] après l’une des élections les plus excitantes dans l’histoire» des États-Unis, a-t-il ajouté.Le vice-président Al Gore, 52 ans, a, depuis Nashville, au Tennessee, déclaré que Ton «ignorait encore l’issue de l’élection» présidentielle.Évoquant un «moment extraordinaire pour notre démocratie», il a ajouté qu’il souhaitait que la question soit résolue «en accord avec [la] Constitution et [les] lois».Il a souligné que même s’il emportait une majorité des voix.Tissue de l’élection présidentielle américaine est déterminée par un collège électoral de 538 membres, et non par le vote populaire.La situation est d’autant plus frustrante pour M.Gore qu’il a recueilli la majorité des voix au niveau national: 48 976148 des voix (49 %), contre 48 785 510 (48 %) à M.Bush, selon un décompte après dépouillement de 99 % des bureaux de vote.Le candidat du parti écologiste Ralph Nader a obtenu 2 670 235 voix (3 %), et Pat Buchanan (droite conservatrice), quelque440000 voix (0,4%).Hier, M.Gore avait déjà empoché 260 des 270 grands électeurs nécessaires pour entrer à la Maison-Blanche, contre 246 à George W.Bush.Le résultat de deux Etats était encore inconnu, soit TOregon (sept grands électeurs) et la Floride (25).La Floride détient donc la clé de l’élection.«S’il y avait jamais eu un doute sur l’importance de l’exercice du droit le plus fondamental en démocratie, le droit de vote, ce qui s’est passé hier l’a totalement éliminé.Plus aucun Américain ne pourra jamais plus dire sérieusement “mon vote ne compte pas”», a de son côté déclaré le président Bill Clinton en s'exprimant devant la presse.«Le peuple américain a maintenant parlé mais il faudra m peu de temps pour déterminer exactement ce qu 'il a dit.Le processus est en cours et nous devrons tous attendre qu’il arrive à son terme», a-t-il ajouté, avouant avoir suivi «en spectateur fasciné» les péripéties sans précédent de cette élection.M.Gore a demandé à l’ancien secrétaire d’État du président Bill Clinton, Warren Christopher, de surveiller le décompte des voix en Floride.M.Bush a popr sa part demandé à James Baker, qui fut secrétaire d’État de son père, Tex-président George Bush, de se rendre aussi en Floride pour superviser ce décompte.Ralph Nader a estimé hier qu’Al Gore devait assumer seul la responsabilité de son échec éventuel alors que certains experts soulignent que M.Nader a empiété sur son électorat, notamment en Floride.A ceux qui estiment que le candidat des Verts a «saboté» la campagne de M.Gore en lui faisant perdre des États cruciaux, M.Nader a répondu qu’Al «Gore avait tous les avantages découlant de l’appartenance à une administration en place mais n’a jamais su générer l’enthousiasme».Le nouveau président élu doit prendre ses fonctions le 20 janvier prochain.Et pour conclure, une petite note sur le Vermont: ses électeurs ont délégué cette fois encore le seul socialiste au Congrès, Bernard Sanders, qui a récolté 70 % des votes.Le gouverneur Howard Dean a lui aussi été reporté au pouvoir malgré son impopulaire Ipi autorisant les unions civiles homosexuelles dans cet État TENDANCE SUITE DE LA PAGE 1 La Presse, par exemple, a envoyé à l’imprimerie vers 3h du matin une troisième et dernière édition, qui titrait sur la victoire de Bush, se fiant aux annonces faites à la télévision américaine à partir de 2hl8.Or c’est plus tard dans la nuit que fut prise la dérision de ne pas proclamer de vainqueur en Floride.Il était tout à fait logique de mettre sous presse avec une telle information à 3h puisque le clan Gore avait déjà félicité George Bush pour sa victoire et que Gore lui-même se préparait à prononcer son discours de défaite.Au Devoir, la dernière édition, la deuxième, titrait «Une finale au photo-finish», et elle avait été envoyée à minuit trente, à l’heure où les résultats étaient totalement incertains.Aux États-Unis, de nombreux quotidiens ont proclamé la victoire de Bush et ces éditions seront sûrement très convoitées si le compte final privilégie Gore.Mais ce sont surtout les chaînes de télévision qui sont sur la sellette dans cette histoire.Disposant de moyens techniques sans précédent, se livrant une concurrence féroce pour être les premières à donner l’heure juste, les chaînes de télévision ont multiplié les gaffes lors de cette nuit électorale, livrant au téléspectateur abasourdi une série de moments qui passeront à l’histoire des communications.Pour partager leurs coûts, les principales chaînes de télévision américaines avaient formé en Chc (6u=rttf niKGIOBI ush wins a sijiiejil It’s Bush by a uose y— — imwhi «‘««test SiiH-O ïKi ÊpÇ jÉ SKs™ Sore prend une légère avance ïtmpi»mmzm - 2W«'tetefes.e JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les unes de certains journaux du pays témoignaient hier de la difficile nuit américaine qu’ils ont vécue.1990 un organisme.Voter News Service, qui effectue des sondages à la sortie des bureaux de vote.Les chaînes interprètent ensuite les résultats de EXORCISME SUITE DE LA PAGE 1 «Bush is new chief», «Gore ekes out win» (Gore gagne de peu).Lorsque Bush T«emporta» selon les chaînes américaines, l’équipe éditoriale (républicaine) était visiblement satisfaite mais, dans la salle de rédaction (démocrate), peu de réactions: «Contrairement aux journalistes européens, par exemple, nous ne célébrons aucune victoire», explique le pupitreur Mark Jacob dans une salle de rédaction aussi grande que la gare centrale de Montréal et aussi silencieuse qu’une porte de prison.La salle la plus high tech de tous les quotidiens américains fait partie d’un empire possédant 17 stations de télévision, dont la superstation WGN (située au premier étage), quatre stations de radio, cinq quotidiens (dernière acquisition: le Los Angeles Times, en juin), des parts dans America On Une ainsi que les Cubs de Chicago, dont la dernière victoire aux Série?mondiales remonte à.1908.A 20h55, Charles Madigan prédisait déjà la victoire d’Al Gore.Son article de une était même prêt à être mis sous presse.Iajs premières lignes disaient ceci: «Dans une des élections les plus serrées de l’histoire moderne américaine, une nation prospère a décidé mardi de garder le cap en choisissant le vice-président Al Gore comme président.» A 21h, Anne-Marie Lipinski, 44 ans, éditrice en chef depuis août, est entrée en coup de vent dans le bureau de «Charlie».Son froncement de sourcils a suffi.En moins de vingt minutes, Madigan a sorti une deuxième version annonçant la victoire de Bush.«Je l’avaùs mise de côté, au cas où», a-t-il dit en faisant un clin d’œil.À 22h, la victoire de Hillary Rodham Clinton était confirmée.la first lady fera la une du Chicago Tribune, corpme d’ailleurs celle des 1600 quotidiens américains.A 23h20, ni Bush ni Gore n’étaient déclarés vainqueurs.Ann Marie Upinski et Randall Weissman ne pouvaient plus attendre une minute de plus.La manchette de la première édition jouerait de prudence: «As close as it gets» («Aussi serré que possible», pourrait-on traduire).A 12h45, les rotatives ont sorti le premier signet qui aura désormais sa place dans le grand livre d’histoire.Le titre «historique» en caractères hypergras coiffait les photos de George W.Bush et Al Gore.l a tristement célèbre manchette «Dewey defeats Truman» flottait dans les airs.Un journaliste a même fait preuve de sadisme: il a sorti la copie originale portant la funeste manchette et Ta montrée à quelques-uns de ses confrères.Cinq minutes plus tard, à 12h50, les 50 camions du Tribune fonçaient sur les routes de l’Illinois, Lincoln land.C’est dans cet Etat démocrate qu’un autodidacte boulimique, dégingandé et laid fut admis à 28 ans au Barreau de Chicago: Abraham Lincoln, le plus grand des présidents républicains.la première des deux éditions du Tribune mettait un point final à une journée égrenée par trois fuseaux horaires: Chicago, New York et U)s Angeles.la journée avait en fait commencé 24 heures plus tôt.Dès lundi, la direction tenait sa première réunion avec la rédaction en chef, la direction artistique, les chefs de service et les éditeurs.Trois réunions plus lard, tout était déridé pour le grand rendez-vous électoral avec les Américains.la une, vitrine de tous les quotidiens, ne contiendrait que quatre articles.Toutes consacrées, bien sûr, à ces dernières élec- ces sondages selon leurs propres données et selon * ' leur s propres prévisions pour décider, bien avant que les votes soient compilés, à qui accorder tel ou tel État.En se promenant d’une chaîne à l’autre mardi ' soir, les résultats variaient sans cesse.ABC, par exemple, a accordé la Pennsylvanie à Gore 33 mi- .nutes après CNN.On a vu CNN et plusieurs autres réseaux accorder en début de soirée la Floride à Gore, pour la lui retirer deux heures plus tard alors que les résultats se faisaient plus précis.,, Plusieurs dirigeants de la campagne républicaine ont reproché en ondes et en direct aux responsables des réseaux de travailler trop vite.On a vu Dan Rather de CBS se confondre en excuses plusieurs fois dans la soirée pour ses erreurs de prédiction.Le moment le plus incroyable est survenu vers i ; ; 2h du matin lorsque les réseaux ont commencé à annoncer que Bush contrôlerait finalement la Floride.Tout le monde a pris alors le train en marche pour proclamer l’élection définitive du nouveau président.jusqu’à ce qu’à 3h45, CBS, vite suivie par CNN, annonce que les résultats étaient trop i : serrés en Floride pour accorder la victoire à qui i que ce soit.¦ Dans les médias américains consultés sur Internet hier, plusieurs spécialistes prédisaient que cet- .t te élection pourrait représenter un tournant pour ¦ir;i le public et que celui-ci perdrait totalement confiance en la capacité des chaînes de télévision n de prédire des résultats électoraux.tu tÎBI ) 0,t ! 9*1 Ofl! r lions présidentielles du XX' siècle, «si importantes non seulement pour les États-Unis mais pour le monde à cause du poids de ce pays», a noté Randall Weissman, 54 ans, dont 32 passés au Tribune.Ann Marie Upinski avait averti les vingt personnes autour d’elle ce jour-là: «Ne dites surtout pas aux journalistes qu ’ils ont jusqu’à 23h30 pour taper la dernière ligne de leur papier!» Vieux truc du métier pour faire respecter le fatidique deadline, croque-mitaine des tous les «ouvriers de l’information».la consigne a été religieusement suivie par les 270 journalistes (sur un total de 300) couvrant la soirée électorale.Parce que la course présidentielle a été la plus serrée des 40 dernières années, on a même dri ridé de retarder l’heure de tombée de 40 minutes.«On ne prend pas de risque», a souligné Weissman, qui en est à sa neuvième soirée présidentielle.Les premiers exemplaires encore humides de la première édition ont fait leur apparition dans la salle de rédaction à lhl6.Une minute plus tard, à lhl7, CNN annonçait la victoire de Bush.Nouveau branle-bas de combat, cette fois pour la seconde édition.Upinski et Weissman ont déridé de ne la sortir que lorsque Al Gore concéderait la défaite.Ui déclara-tion n’est jamais venue publiquement.le temps filait à toute allure.Fallait-il annoncer la victoire de George W.Bush?Ut salle de rédaction marchait sur des œufs.«W» n’a finalement pas fait le signe ,de la victoire.le quotidien de la troisième ville des États-Unis continuait à faire le pied de grue.À 3h30, on a décidé de reprendre la manchette de la première édition: «As close as it gets».les rotatives ont repris , du service.les camions aussi.Cette nuit-là, le Chicago Tribune a définitivement enterré l’affaire De- : wey-Truman.3366
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