Le devoir, 6 novembre 2000, Cahier B
L K l> K V () I K .1.K I.I \ I) I (i X U V E M B R K 2 0 0 (I HORZONS LANG U E En péril, le français?Le linguiste Henri Meschonnic est aujourd’hui l’un des rares intellectuels à ne pas céder à la panique de l’envahissement de l’anglais Henri Meschonnic CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS es jeunes ne parlent plus français», «l'orthographe se perd», «les collégiens ne savent plus écrire».Bref, le français fout l’camp.L’idée semble tellement évidente qu’on ne la remarque presque plus.Pas un intellectuel qui n’y aille de son couplet sur le déclin de la langue, dont il sera probablement question lors des Etats généraux de la langue française qui s’ouvraient mercredi à Québec.Il faut donc un certain courage pour aller à l’encontre de ce qui est considéré comme une évidence, aussi bien en France qu’au Québec.Ce courage ne manque pas à Henri Meschonnic.Peut-être faudrait-il parler d’inconscience puisque ce linguiste de l’Université Paris VIII, qui traduit La Bible, est aussi poète.Comme son ancien ami Gaston Miron, qu’il recevait parfois dans sa grande maison de Chelles, en banlieue de Paris.Toujours est-il qu’Henri Meschonnic est aujourd’hui l’un des rares intellectuels à ne pas céder à la panique de l’envahissement de l’anglais.Meschonnic croit même que les plus mauvais défenseurs du français sont «ceux qui en ont le culte même.Ils ne se rendent pas compte qu’ils en sont les fossoyeurs.Ils se voient au chevet d’une mourante, donc ils sont profondément pessimistes.Ils sont tout le temps en train de dire que la langue française est un chef-d’œuvre en péril, comme titrait Le Figaro.Puristes, passéistes, ce sont des hommes de peu de foi.» Le français ne serait donc pas plus en crise ou plus mal parlé qu’à une autre époque?«Une langue est une culture en devenir, un ensemble de rapports et un mélange.Une langue n’est jamais fixée», dit le linguiste.«Il n’y a que les papillons morts qui sont fixés», ajoute le poète.Ceux qui crient au secours, selon Meschonnic, ne feraient que répéter sans le savoir des arguments vieux de 150 ans.«Gobineau, dans son livre De l’inégalité des races humaines [1855], prétend que le déclin du français a commencé au XIV siècle, à partir du moment où le français du Moyen Âge perd ses déclinaisons.Ensuite, tout va de mal en pis.» Le mythe de l’âge d’or Si l’on parle de déclin, c’est qu’il y eut nécessairement un âge d’or de la langue française, une époque où le français avait du génie.«Pour le français, ce serait le Grand Siècle, en fait le XVII' et le XVIII'.Ce siècle est grand parce qu’il représente une accumulation de chefs-d’œuvre de pensée et de littérature.Mais, en fait, on se trompe d’objet.On admire Molière, Racine, Corneille, et non pas la langue.Victor Hugo, qui s'y connaissait, disait qu’à partir du moment où on a affaire à un grand écrivain, on ne peut plus observer la langue.C'est seulement chez les écrivains médiocres, à la limite, qu’on voit le fonctionnement d’une langue d’époque.» Se serait donc imposée avec les années une vision du français en crescendo avec un début, un sommet (de perfection!) et un déclin.«De ce point de vue, le dictionnaire de Littré — qu’on désigne comme le dictionnaire de la “clarté jrançaise" — est celui de la mythologie même de la langue.C’est un excellent dictionnaire, mais son corps est un trésor de belles phrases qui n’ont rien à voir avec la langue puisqu'une langue est une histoire, une culture.Quand on parle du génie de la langue, on en fait une nature.» Aujourd’hui, poursuit Meschonnic, les représentants de l'Académie française se sont autoproclamés défenseurs et porte-parole de cette époque qui représenterait l'apogée de la langue française.«C'est une idée dans la continuité de Rivarol, qui attribuait au français une “clarté” exceptionnelle qui ne peut pourtant appartenir qu’aux individus et aux œuvres, pas à la langue.» Cette idéologie, qui caresse la nostalgie d’un âge d’or, ne cesse donc de s’apitoyer sur tout ce qui s’en écarte: la langue des cités de banlieue, celle des jeunes, leurs difficultés en orthographe.«Les gens qui n’arrêtent pas de dire que l’orthographe se perd sont les mêmes qui n’arrêtent pas de dire que le français est un chef-d’œuvre en péril.L’orthographe est un vieux cheval de ba- taille.C’est un fixateur idéologique qui joue un rôle de discrimination sociale.On juge les gens sur leur orthographe.lœ problème est typiquement français.L’orthographe s’explique souvent par l’histoire.Si on enseignait l’histoire de la langue, cela aiderait probablement les élèves à faire moins de fautes.À ma connaissance, je ne crois pas que ce problème ait la même importance en anglais.Or il est notoire que l’orthographe anglaise est infiniment plus aberrante que l'orthographe française.» Les anglicismes nourrissent le français On ne s’étonnera pas de ne pas voir Meschonnic participer à la chasse aux anglicismes qui se pratique des deux côtés de l’océan.La phobie des anglicismçs a commencé en France avec le livre d’Etiemble, Parlez-vous franglais?.Meschonnic en sait apprendre le pluralisme linguistique.Le linguiste ne s'oppose pas, loin de là, aux règlements visant à protéger l’industrie du disque ou du cinéma français.«je crois que les mesures protectionnistes, qui permettent de ne pas laisser complètement étouffer la chanson ou le cinéma, sont nécessaires.Mais ça ne suffit pas.La meilleure manière de se défendre, c’est d’attaquer.À ce titre, le XX siècle québécois est d’une créativité extraordinaire.Il y a 30 ans, les Québécois avaient honte de leur accent, ils essayaient de le cacher.Je pense que c’est fini.Il y a eu une explosion de la littérature québécoise.Gaston Miron et Réjean Du-charme valent bien un bataillon!» Il y a quelque temps, Meschonnic avait surpris ses compatriotes en suggérant au président français de faire des excuses solennelles aux Bretons pour avoir tenté d’éradiquer leur langue, comme il en avait fait aux ’ ’ ' ÏW v’ a RENE MATHIEU Les États généraux de la langue française s’ouvraient mercredi à Québec.¦ ; jlIBij ¦¦Ml quelque chose, lui qui fut un élève et un ami de l’auteur.«Ce livre est un tissu dàneries et son manque de sens historique est terrifiant.Les emprunts font partie de l’histoire des langues.L’histoire des anglicismes en français commence au XVIII' siècle et le français s’en est parfaitement remis.Comme il s’est remis des anglicismes du XIV.«H y a, chaque fois, de nouvelles vagues d’anglicismes qui touchent des domaines comme le sport ou l’informatique.Mais ça ne touche pas l’armature de la langue, qui est la grammaire et la syntaxe.Une langue vivante a un estomac d’acier, elle est capable d’ingérer toutes sortes de mots étrangers, et c’est ce qu’elle n ’arrête pas de faire.» En étudiant le japonais, Meschonnic a découvert que les habitants du pays du Soleil levant ne partageaient pas cette phobie des anglicismes.Avec personal computer, ils ont fabriqué T TAMl CHAPPELL REUTERS Tiger Woods ne pourra pas ajouter le titre de champion de la PGA à la liste de ses succès cette année.où Woods l’emportait après avoir été le meneur ou co-meneur après 54 trous.Ed Fiori, en 1996, est le seul autre joueur à rattraper et à dépasser le golfeur numéro un au monde lors de la dernière ronde d’un tournoi.10e semaine de la ligue nationale de football Les Bears ont tenu bon ASSOCIATED PRESS Chicago — Le secondeur des Bears de Chicago.Brian Urla-cher, voyait les Colts d’Indianapolis remonter le terrain avec 90 secondes à faire et il se disait «Pas encore.» «Plusieurs fois, nous avons trouvé le moyen de perdre en toute fin de match, a déclaré la recrue.Mais cette fois, on a réussi à les contenir.» En effet.Rosevelt Colvin a renversé Peyton Manning alors qu’il allait décocher une passe, provoquant un échappé recouvré par Phillip Daniels avec 1:05 à faire, confirmant du même coup la victoire surprise d’hier de 27-24 des Bears contre les Colts.Jim Miller, à son premier départ depuis la saison dernière en raison de la blessure de Cade Mc-Nown, a fait marcher l’attaque des Bears (2-7) à plein régime en première demie.Quand le demi de coin Walt Harris a ramené une interception sur 35 verges pour un touché, les Bears menaient 27-0.La défense des Bears, pas terrible malgré une dépense de 50 millions $ duiant la morte saison, a alors dû trimer dur pour résister aux Colts (6-3) en deuxième demie.Une course d’une verge d’Ed-gerrin James avec suc minutes à faire au troisième quart a porté la marque à 27-8 et a signifié le signal du réveil pour Indianapolis.Un botté de précision de 19 verges de Mike Vanderjagt avec 10:33 à faire au match, une course de 21 verges de James avec 6:39 à jouer (une transformation de deux points ratée) et une passe de 19 verges de Manning à Jerome Pathon ont réduit l’écart à 27-24.Buccaneers 27 Falcons 14 Atlanta — Keyshawn Johnson ne peut plus se plaindre du nombre de ballons lancés vers lui.Johnson a joué un grand rôle dans les succès des siens pour une deuxième semaine de suite, hier, captant deux passes de touché lors d’un triomphe de 27-14 des Buccaneers de Tampa Bay face aux Falcons d’Atlanta.Johnson a saisi une passe de cinq verges au deuxième quart et une autre de 29 verges au quatrième, chaque fois pour un touché.Les Buccaneers (54) ont remporté un deuxième match de suite après une séquence de quatre revers.Pour leur part, les Falcons (3-7) ont perdu le quart Chris Chandler au deuxième quart à la suite d’une commotion cérébrale.Shaun King n’a amassé que 110 verges de gains aériens, mais il a dirigé trois passes de touché, ce qui lui en fait sept en deux rencontres.F'n comparaison, il n’en avait que six lors des sept premières semaines d’activité de la saison.Bills 16 Patriots 13 Foxboro — Steve Christie s’est encore imposé, et cette fois, il a sauvé les siens deux fois dans le même match.Christie, qui avait réussi un botté de précision de 48 verges qui créait l’égalité dans la dernière minute de jeu réglementaire, a encore touché la cible, cette fois d’une distance de 32 verges en prolongation, pour mener les Bills de Buffalo à un gain de 16-13 face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre.Adam Vinatieri avait placé les Patriots (2-7) en avant 13-10 avec deux minutes à faire à la suite d’un placement de 43 verges, mais Christie est revenu deux fois à la charge pour les Bills (54).Les Patriots ont perdu leur quart Drew Bledsoe au début du deuxiè me quart en raison d’une blessure à la main.John Friesz l’a remplacé.Titans 9 Steelers 7 Nashville — Les Titans de Tennessee ne sont pas beaux à voir sur le terrain, mais ils ne perdent plus.Un botté de précision de 29 verges d’Al Del Greco, son troisième du match, effectué avec quatre secondes à faire à la rencontre, a permis aux Titans de s’imposer par 9-7 face aux Steelers de Pittsburgh.Les Titans (8-1) remportaient un huitième match de suite, eux qui n’ont jamais perdu au Colisée Adel-phia.Ils n’ont pourtant pas aidé leur cause en écopant de 14 pénalités totalisant 115 verges de perte.les Steelers (54) encaissaient un premier revers après cinq victoires de suite.Giants 24 Browns 3 Cleveland — Kerry Collins a dirigé deux de ses trois passes bonnes pour des touchés à Amani Toomer et les Giants de New York l’ont facilement emporté 24-3 face aux Brwons de Cleveland.Ike Hilliard a aussi capté une passe de touché de 28 verges de Collins (19 passes, 257 verges) pour les Giants (7-2) qui remportaient un quatrième match de suite.la défense des Giants a limité les Browns (2-8) à 41 verges au sol en 16 courses.Les Browns perdaient un septième match de suite, eux qui n’ont pas marqué de touché en 205 minutes et 54 secondes, soit 13 quarts de jeu.Eagles 16 Cowboys 13 Philadelphie — Donovan Mc-Nabb a gâché le retour de Randall Cunningham à Philadelphie en amassant 241 verges de gains et un touché dans une victoire de 16-13 en prolongation des Eagles face aux Cowboys de Dallas.C’est un botté de précision de 32 verges de David Akers avec 7:05 à disputer en prolongation qui a donné la victoire aux Eagles (64).Cunningham, qui a joué 11 ans avec les Eagles, n’a pu faire mieux que 14 passes complétées pour 109 verges.les Eagles, qui avaient battu les Cowboys (3-6) par la marque de 41-14 en début de saison, remportent les deux matchs annuels pour une première fois depuis 1990.Emmitt Smith a récolté 134 verges et touché pour Dallas.Saints 31 49"’ 15 La Nouvelle Orléans — Trois passes de touché de Jeff Blake ont permis aux Saints de la Nouvelle-Orléans de prendre une avance de 286 et ils l’ont emporté 31-15 face aux 49” de San Francisco.Les 49'rs, qui présentent la deuxième fiche en attaque de l’Association nationale, ont été neutralisés par la meilleure défense de la NFC.Les 49n‘ (2-8) avaient marqué 20 points ou plus lors de 12 des 13 plus récents matchs entre les deux formations.Les 28 points des Saints (7-3) en première demie se voulaient le quatrième total en importance face aux 49”.en 62 matchs.Blake (20-en-26, 275 verges) a dirigé les siens à des poussées payantes de 63,76,80 et 74 verges en première demie.Ravens 27 Bengals 7 Cincinnati—Trent Dilfer a décoché trois passes de touché, mettant un terme au cauchemar offensif des Ravens de Baltimore qui ont battu 27-7 les Bengals de Cincinnati.Brandon Stokley a capté une courte passe et il s’est rendu à la zone de but au début du deuxième quart pour un touché de 14 verges, le premier majeur des Ravens en 21 quarts de jeu.Le dernier touché des Ravens (6-4) remontait au 24 septembre.contre les Bengals (2-7).Dolphins 23 lions 8 Pontiac — Les Dolphins de Miami avaient le match bien en mains avant même que tous les partisans des Lions de Detroit aient rejoint leur siège.Lamar Smith a inscrit deux touchés au sol pour rapidement placer les Dolphins en avant 14-0, hier, en route vers un triomphe sans appel de 23-8.I^s Dolphins (7-2) ont ramené le botté d’envoi au milieu du terrain et Smith a franchi les 46 verges restantes lors du tout premier jeu à l’attaque de Miami.Et ce n’était pas fini.Les Dolphins ont surpris tout le monde avec un botté court parfaitement réussi.Le tout n’a pris que 25 secondes.Dix jeux plus tard.Smith concluait une course de huit verges pour le deuxième touché des siens.les lions accusaient un recul de 146 avant même d’avoir touché au ballon.les Dolphins ont poursuivi leur bon travail en attaque, ne laissant aucune chance aux lions (54) de combler le retard.Miami menait 23-0 quand Detroit a inscrit ses premiers points au début du quatrième quart.ASSOCIATION DE L’EST Section Nord-Est G P N DP BP BCPts Ottawa 8 1 4 0 51 31 20 Toronto 8 5 1 0 38 28 17 Buffalo 6 4 1 1 34 32 14 Boston 5 8 1 1 38 59 12 Montréal 4 8 2 0 39 47 10 Section Atlantique New Jersey 6 4 3 0 50 36 15 Pittsburgh 6 5 2 0 38 39 14 NY Islanders 5 4 2 1 32 31 13 NY Rangers 6 7 0 0 46 42 12 Philadelphie 4 6 4 0 35 43 12 Section Sud-Est Washington 3 7 4 1 34 45 11 Tampa Bay 4 7 1 1 41 56 10 Atlanta 2 4 5 0 34 36 9 Caroline 3 7 3 0 33 44 9 Floride 1 5 3 3 23 35 8 ASSOCIATION DE L’OUEST Section Centrale St.Louis 10 2 2 0 43 22 22 Detroit 8 5 0 1 40 37 17 Nashville 5 3 4 1 31 30 15 Chicago 5 8 0 1 34 42 11 Columbus 3 10 1 1 26 50 8 Section Nord-Ouest Colorado 10 2 2 0 44 26 22 Edmonton 9 5 2 0 47 40 20 Vancouver 7 3 2 1 46 38 17 Minnesota 3 8 3 0 26 42 9 Calgary 3 9 2 1 31 42 9 Section Pacifique Phoenix 9 1 4 0 45 26 22 Los Angeles 8 6 2 0 57 46 18 San José 8 2 1 0 32 21 17 Dallas 7 4 2 1 39 33 17 Anaheim 6 5 3 2 46 53 17 Hjer Los Angeles 4 N.Y Islanders 1 Tampa Bay 5 Washington 2 Edmonton 4 Columbus 2 Toronto 7 Boston 1 Chicago 4 Anaheim 2 Minnesota 3 Calgary 2 (P) San José à Vancouver Aujourd’hui Ottawa à Atlanta, 19h30 Demain Nashville à N.Y.Islanders, 19h30 Edmonton à N.Y.Rangers, 19h30 Minnesota au Colorado, 21h00 Phoenix à Los Angeles, 22h30 Mercredi 8 novembre Caroline à Toronto, 19h30 Nashville au New Jersey, 19h30 Philadelphie à Pittsburgh.19h00 Montréal en Floride.19h30 San José à Chicago, 20h30 Calgary au Minnesota, 20h00 Detroit à Phoenix, 22h00 Vancouver à Anaheim, 22h30 FOOTBALL ASSOCIATION AMÉRICAINE Section Est G P N Moy PP PC Miami 7 2 0 .778 200 119 Indianapolis 6 3 0 .667 256 198 N.Y.Jets 6 3 0 .667 208 193 Buffalo 5 4 0 .556 179 186 N.-Angleterre 2 7 0 .222 Section Centrale 156 187 Tennessee 8 1 0 .889 181 125 Baltimore 6 4 0 600 167 105 Pittsurgh 5 4 0 .556 137 93 Jacksonville 3 6 0 .333 165 207 Cincinnati 2 7 0 .222 87 194 Cleveland 2 8 0 .200 Section Ouest 101 233 Oakland 8 1 0 .889 256 172 Denver 5 4 0 556 268 201 Kansas City 5 4 0 556 243 215 Seattle 3 7 0 .300 157 239 San Diego 0 9 0 000 145 236 ASSOCIATION NATIONALE Section Est N.Y.Gianls 7 2 0 .778 168 115 Philadelphie 6 4 0 600 204 147 Washington 6 4 0 600 185 158 Arizona 3 6 0 333 147 246 Dallas 360 .333 Section Centrale 204 213 Minnesota 7 1 0 .875 197 178 Detroit 5 4 0 .556 169 187 Tampa Bay 5 4 0 556 232 152 Green Bay 3 5 0 .375 168 167 Chicago 2 7 0 .222 Section Ouest 137 226 St.Louis 7 1 0 .875 330 252 N.-Orléans 6 3 0 .667 183 142 Caroline 3 5 0 .375 156 129 Atlanta 3 7 0 300 176 277 San Francisco 2 8 0 200 253 323 Hier Miami 23 Detroit 8 Buflalo 16 N -Angleterre 13 (P) Chicago 27 Indianapolis 24 Tampa Bay 27 Atlanta 14 Philadelphie 16 Dallas 13 (P) Baltimore 27 Cincinnati 7 Tennessee 9 Pittsburgh 7 N Y.Giants 24 Cleveland 3 N.-Orléans 31 San Francisco 15 Arizona 16 Washington 15 Denver 30 N.Y Jets 23 Seattle 17 San Diego 15 Oakland 49 Kansas City 31 Caroline à St.Louis LIGUE CANADIENNE Section Est G P N DP PP PC PTS xy-Montréal 12 6 0 0 594 379 24 x-Hamilton 9 9 0 2 460 446 20 x-Winnipeg 7 10 1 1 539 596 16 Toronto 17 10 1 0 390 562 15 Section Ouest xy-Calgary 12 5 1 0 604 495 25 x-Edmonton 10 8 0 1 527 520 21 x-C.-B.8 10 0 1 513 529 17 Saskatchewan 5 12 1 0 516 626 11 x — équipe qualifiée pour les séries, y — champions de section.Samedi 4 novembre C.-B.27 Saskatchewan 26 Hier Toronto 17 Montréal 11 Hamilton 24 Calgary 22 Fin de la saison régulière I.K I) K V 0 I K .I.E L U X D I (j X 0 V E M B R E 2 0 0 0 B B ETHIQUE ET RELIGIONS Campagne fédérale La pauvreté peut-elle redevenir un enjeu politique ?Certains enjeux sociaux sont presque absents de la campagne électorale.Ainsi, la pauvreté ne semble guère trouver preneur.Libéraux et alliancistes courtisent la classe moyenne; conservateurs et néodémocrates, leurs vieux appuis en milieu rural ou ouvrier, et le Bloc, les voix nationalistes du Québec.Serait-ce qu’avec le retour de la prospérité, il n’y aurait pratiquement plus de pauvres parmi nous?Ironie du sort, même s’il y a en quelques mil- ?lions au pays, ils restent moins nombreux qu’autrefois, et surtout trop dispersés pour faire une différence aux urnes, sauf en de très rares circonscriptions.Car, qui sont-ils?Des vieilles qui n’ont pu avoir d’épargne-retraite; de jeunes mères élevant seules leur enfant; des familles autochtones privées des avantages promis à leur communauté; des personnes handicapées ou réfugiées n'ayant toujours pas trouvé d’emploi.Non seulement les pauvres ne forment-ils pas un groupe qui pourrait s’organiser pour faire valoir ses revendications, mais les causes de leur pauvreté sont diverses: dépossession historique, travail précaire ou sous-payé, crise du couple et de la famille, manque de formation, discrimination, maladies et, plus généralement, coût du logement.Même un parti résolu à intervenir à cet égard aurait de la difficulté à trouver une seule et même «solution».Non qu’on manque de moyens.Mais certains pauvres ne jouissent pas d’une forte cote auprès des électeurs.Si les Micmacs du Nouveau-Brunswick avait bénéficié, autant que la célèbre famille Irving, des concessions forestières de Fredericton, ou comme les Acadiens, des permis de pêche d'Ottawa, il y aurait pas mal moins de pauvres parmi eux.Mais, exception faite des évêques de cette province (qui ont pris position pour eux l’été dernier au milieu de la violence en mer), qui veut appuyer leur cause?Jean-Claude Leclerc Par contre, à Montréal, ville comptant plus que sa part de ménages démunis, les autorités municipales ont accepté de céder à un prix symbolique des terrains de Pointe-Saint-Charles.Une organisation américaine, Habitat for Humanity, veut y bâtir des maisons pour familles à faible revenu.Ailleurs, des quartiers entiers ont déjà été ainsi construits pour loger de modestes travailleurs.Si les gouvernements, mais aussi des institutions et des entreprises, * acceptaient de céder à bon compte des terrains, la réaction serait sans doute, cette fois, positive.Aide à Penfance Mais en matière de pauvreté, les voies proposées sont-elles toutes aussi valables qu’on le pré-tend?Pour les uns, il faudrait construire massivement des logements sociaux.Pour d’autres, un réseau national de garderie sauverait les enfants tout en permettant aux parents de mieux gagner leur vie.Pour d'autres encore, moins d’impôt aidera chacun à joindre les deux bouts et développera l’économie, première solution à la pauvreté et condition essentielle d’une meilleure qualité de vie.Manifestement les «surplus» budgétaires qui pointent à Ottawa suscitent les convoitises.Rares sont ceux qui font des plans en fonction d'une récession possible ou d’un retour des compressions dans les services publics.Entre-temps, les enfants ont la cote, du moins dans les discours, et les propositions fusent de toutes parts.Ainsj, des groupes voudraient que l’État investisse massivement dans des programmes visant en particulier les tout jeunes, de manière à les sortir de conditions familiales ou sociales liées à la pauvreté.On évitera aux futures générations, croit-on, de subir à leur tour l’échec scolaire, la délinquance, et le cercle vicieux de la pauvreté.Des organisations comme 17^ Inexpérience de Dieu Sous la direction de Fernand Ouellette, cette collection fait découvrir la richesse de l’expérience de Dieu telle que l’ont vécue les grands mystiques, les maîtres spirituels et les écrivains.Pour chaque volume de la collection, la présentation et la sélection des textes sont assurées par une personnalité différente : écrivain, poète ou religieux.A n t«Le- mm François de Laval HERMANN GIGUÈRE ,v.PHBPP - Julien Green RICHARD FOISY G Paul de Tarse JACQUES GAUTHIER Teilhard de Chardin PHILIPPE GAGNON « Jeune mais déjà bien garnie, la collection L'expérience de Dieu promet encore de bien belles choses.Avis aux chercheurs de sens : des routes sont déjà pavées.» Louis Cornellier, Le Devoir En librairie dès mardi 144 pages • 14.95 $ Des livres pour tous Fi DES Æ Vf r* ¦ ¦ ri.**.: m 1 J0* x JACQUES NADEAU LE DEVOIR Cuisine collective, partage du travail et cohabitation permettent aux pauvres non seulement de satisfaire certains besoins essentiels, mais en même temps de sortir de l’isolement et de la honte, pour enfin accéder à une existence socialement riche.Centraide à Montréal et United Way à Toronto, empruntant un concept qui a réussi aux États-Unis, soutiennent, il est vrai, des projets communautaires d’aide à la petite enfance.Ces projets ne font pas qu’investir plus d’argent dans l’enfance, ils s’attaquent à des difficultés spécifiques d’éducation, d’isolement, de santé ou de violence dont les enfants risquent d’être victimes.Dans certains milieux qui souffrent d’un lourd héritage de pauvreté, de maladie ou de criminalité, cette approche demeure toutefois insuffisante.Sans virage dans les valeurs et l’organisation sociales, de plus en plus de jeunes continueront d’opter pour le décrochage, adhéreront à une bande plus ou moins criminalisée, ou même songeront au suicide.La pauvreté économique s’est MARCHE VERS LA RÉBELLION ARMÉE: PAPINEAU ET LES PATRIOTES Centre C.A.Savard Neufchâtel Le 7 novembre Renseignements: (418) 842-2595 ou wmv.rond-point.qc.ca L’historien Bruno Deshaies donne une série de conférences publiques sur l’histoire du Québec.La septième conférence traitera de la période qui va des premiers accrochages après l’Acte constitutionnel de 1791 jusqu’au rapport Durham.DÉVELOPPEMENT DURABLE: MÉTROPOLISATION ET POLLUTION DES RESSOURCES NATURELLES À HO CHI MINH-VILLE, VIÊTNAM Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal Le 7 novembre Josiane Morel Ramu: (514) 343-7294 Jean-Claude Bolay, de l’École polytechnique de Lausanne, fait le point.L’APRÈS-GUERRE ET UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’INDÉPENDANTISTES Maison Ludger-Duvernay Le 7 novembre SSJBM: (514) 843-8851 Gilles Rhéaume traitera des mouvements indépendantistes au Québec dans la deuxième moitié du XX' siècle.POUR PAUL CELAN Université de Montréal Du 7 au 10 novembre CCEA (514) 3436763 ou www.fus.umontreal.ca/ling/ce-lan/programmc.html#universite Ce colloque est la première manifestation d’envergure au Canada sur Paul Celan (1920-1970), poète juif roumain d’expression allemande.Il est considéré comme l’une des voix majeures de la poésie moderne en langue allemande.STILL SONGS TO SING: POETRY, ART AND MUSIC FROM THE HOLOCAUST Pavilion Henry F.Hall, université Concordia le 8 novembre linda D’lorio: (514) 848-2565 Une communication sur la musique, l’art et la poésie depuis l'holocauste sera présentée par John résorbée dans le passé par la formation et l’accès au travail, le relèvement des conditions de salaire, et l’éducation au budget personnel et familial.Ces moyens restent certainement valables.Les mesures fiscales, comme autrefois les allocations familiales, peuvent également apporter un soulagement bienvenu.Il en va autrement toutefois de la pauvreté culturelle ou morale, qui mène à l’endettement, à diverses dépendances, et pour laquelle un chèque plus généreux risque de signifier plus de misère encore.Est-ce à dire qu’il pst impossible d’attendre de l’État un apport substantiel à la réduction de la pauvreté et à sa prévention?Au début du siècle, il semblait utopique de songer à un régime d’assurance maladie.Aujourd’hui, la chose semble faire partie des structures essentielles du pays, bien qu’il reste beaucoup à faire.Comme la maladie mène parfois à la pauvreté, et qu’à l’inverse la pauvreté mène souvent à une mauvaise santé, on pourrait penser que le moment est venu d’éliminer l’une autant que l’autre.C’est ce que croient nombre de personnes et d’organismes au Québec.Une coalition propose même une sorte de loi-cadre «sur l’élimination de la pauvreté».Cette approche rappelle l’ambitieux projet d’un super-organisme d’É-tat, proposé il y a deux décennies, et visant à éliminer toutes les formes de discrimination, d’exclusion ou d’inégalité au Québec.On en est revenu depuis.Mais l’idéal demeure de ne pas laisser au hasard ou aux seules forces du marché la création d’une société respectueuse de la dignité de chacun de ses membres.Au chapitre de la pauvreté, est- COLLOQUES ET CONFERENCES Felstiner.Diplômé de l'université Harvard, professeur d’anglais, de littérature hébraïque et comparée de l’université Stanford et éditeur de la Norton Anthology of American Jewish Utterature (2000).SAVOIR D’OÙ ON VIENT POUR SAVOIR OÙ ON S’EN VA Écomusée du fier monde le 8 novembre Renseignements: 528-8444 Dans le cadre de l’exposition L’histoire des luttes populaires, la population est invitée à assister à la conférence du photographe Guy Turcot Cette exposition, fruit de 30 ans de pratique et de recherche, présente une version originale de l’histoire des luttes populaires à travers les thèmes de l’aliénation, de la révolte, de la répression, de la lutte et de la fraternité.L’AVENIR DE LA RECHERCHE CULTURELLE DANS LA NOUVELLE SOCIÉTÉ DU SAVOIR UQTR Les 8 et 9 novembre DSLCS: (819) 3731988 ou http://urwuiinrs-culture.uque-bec.ca/quoide9/Colloque/index, htm Ce colloque conjoint INRS-Cultu-re et Société et l’UQTR accueille, lors de la conférence d’ouverture, la coordonnatrice du rapport mondial sur la culture de TUNES CO, Ann-Belinda Preis, y présentera les grandes lignes du nouveau Rapport mondial 2000.LA DÉPENDANCE AUTOMOBILE ET L’AMÉNAGEMENT DES VILLES Le 8 novembre Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal Josiane Morel Ramu: (514) 3437294 Gabriel Dypuy de Paris X-Nanter-re et de l'École national des |x>nts et chaussées explique.COLLOQUE DE LA FTQ SUR LES CAISSES DE RETRAITE Centre des congrès de Québec Du 8 au 10 novembre I jouis Fournier 862-0656 la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient un colloque national sur la participation et l’orientation syndicales en matière de gestion des caisses de retraite.Près de 600 délégués syndicaux, en majorité des membres de comités de retraite, participeront à ce colloque qui constitue une première.URBAN BUS N° 4 Centre canadien architecture Le 9 novembre Irène Cloutien (514) 939-7000, poste 2604 Mirko Zardini, ancien directeur de In tu s et architecte pratiquant à Lugano et à Milan, propose un retour au pittoresque et un nouveau regard sur la ville contemporaine (en anglais avec traduction simultanée en français).LES BALKANS ET LA CONSOLIDATION DE LA PAK: BILANS ET DÉFIS UQAM Le 9 novembre Christian Geiser: (514) 987-3000, poste 8228 l«e Groupe de recherche sur les interventions de paix dans les conflits intraétatiques (GRIPCI) vous propose d’entendre les spécialistes de la Bosnie et du Kosovo, Nathalie Bouchard, Christian Geiser, Vanessa Pelland et Jonathan Vidal.HOMME ET SEXE À MONTRÉAL Pavillon Henry F Hall, université Concordia Le 9 novembre Sophie Wertheimer: (514) 8484234 ou 8484825 Joanne Otis donnera une conférence sur le résultat préliminaire de quatre ans de recherche sur la Cohorte Omega, enquête menée auprès d’hommes montréalais ayant des relations affectives et sexuelles avec d’autres hommes.Joanne Otis donnera sa communication en français.LES BATAILLONS D’INFANTERIE DE MONTRÉAL DURANT LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE Pavillon Henry F Hall, université Concordia Le 9 novembre Fred Bode: (514) 8482402 Terry Copp, professeur d’histoire du Canada à l’Université Wil-fried-Iaurier, donnera une conférence publique dont l’entrée est libre.Sommité au Canada en matière d'histoire militaire, il s’intéresse particulièrement à la ce trop attendre de la classe politique qu’elle ouvre un débat sur des «solutions d’avenir»?Avant qu’il ne s’engage toutefois, on se prend à espérer qu'il ne s’enlisera pas dans une autre querelle fédé-rale-provinciale, ou dans un affrontement sans issue entre tenants du tout au public ou du tout au privé.C’est ici que les milieux qui ont de ces enjeux une vision morale peuvent apporter des idées et des expériences propres à clarifier les choses et à ouvrir des voies réalistes.Des pistes Certaines pistes sont discutées, ici et là, depuis quelques années.On y vise non seulement le problème de la pauvreté, mais celui de la qualité de la vie.L’une privilégie, par exemple, la «simplicité volontaire», sorte de rupture plus ou moins radicale avec le système de la consommation intensive.La domination de la consommation, qui prévaut dans toutes les classes sociales, est particulièrement cruelle pour les pauvres qu’elle voue à la frustration et à Tautodévaluation, mais elle n’est pas moins ruineuse pour les gens aisés.La simplicité, tout en réduisant les problèmes budgétaires, rétablit, estime-t-on, la priorité de l’être sur l’avoir.Une autre piste favorise le retour à des modes communautaires d’organisation de la vie ordinaire.Cuisine collective, partage du travail, cohabitation, par exemple, permettent aux pauvres non seulement de satisfaire certains besoins essentiels, mais en même temps de sortir de l’isolement et de la honte, pour enfin ac-céder à une existence socialement riche.Bref, les gouvernements ont certainement un rôle à jouer.Mais davantage de débats, d’études indépendantes et d’expériences concrètes aideront à éviter des impasses dont les pauvres devraient payer le prix.i redaction@ledevoir.com Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l’Université de Montréal vie du simple soldat pendant les combats.LES ENJEUX DE LA CITOYENNETÉ DANS LES SOCIÉTÉS PLURALISTES Salle du Sénat de l’Université d’Ottawa Du 9 au 11 novembre CIRCEM: (613) 562-5908 Que ce soit au Canada, en Belgique, en Irlande ou ailleurs dans le monde, le fait de vivre au sein d’une société pluraliste — plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs religions — a des répercussions sur la perception que les citoyens ont de leur appartenance à la communauté.Organisé par le nouveau Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les études minoritaires, ce colloque ' réunira une trentaine de cher- ; cheurs canadiens et étrangers.FINDING GOD IN EVERY FORM Pavillon Macdonald-Harrington, McGill College 10 novembre lclarke@sprint.ca Michael Sells, professeur et auteur, livrera sa communication intitulée Ibn Arabfs Critique of Essen-tialism.Quelques membres choisis parmi les deux universités d’ac-cueil liront et traduiront un passa- • ge de son nouveau livre Stations of Desire - Love Poems from Ibn/ Arabi and New Poems.La communication aura lieu en anglais.Une ’ période de questions en anglais ef ¦ en français suivra.CONGRÈS QUÉBÉCOIS ’ DU THÉÂTRE Cégep Maisonneuve de Montréal Le 11 novembre Cari Allen: (514) 954-0270 ou •' ’ www.cqt.qc.ca Agnès Maltais, ministre de la Culture et des Communications,.présentera l’allocution d'ouver- ' ture alors que Bernard Gilbert-; posera la question: art ou indusj, trie?Lucratif ou non?Une table ronde animée par Danielle l.au-.rin suivra.Gaston L’Heureux animera • quant à lui la discussion sur le.; sujet de la commandite privée au théâtre: un mal nécessaire ou un.I véritable partenariat?Un forum de discussion est ouvert au*.'', professionnels de théâtre sur In-;, ternel à l’adresse suivante: http://jupiteevoirca:8888/~cqt.' Isabelle Quentin iquentinfasim.qc.ca i i i LE DEVOIR LE LT N I) I « N O V E M B R E 2 O O O B 7 CULTURE L’embarquement pour Cyber Grandeurs et misères de récriture Internet À Montréal, le 2 novembre dernier, l’Association pour l’avancement des sciences et des technologies de la documentation organisait un débat sur l’écriture et l’ordinateur entre l’écrivain Marie Laberge, le président des éditions Logiques, Louis-Philippe Hébert, et Hervé Fischer, auteur notamment de Mythanalyse du Futur, publié sur la Toile (http://www.her-vefischer.montreal.qc.ca).Internet oblige, c’est de Pékin que ce dernier a participé au débat, avec cette communication qui intervient à un moment où le monde de l’édition connaît certains bouleversements.En voici un extrait.HERVÉ FISCHER f Ecrire et publier directement sur Internet, sans souci de s’adresser aux éditeurs traditionnels est un rêve facilement réalisable.Et j’en ai découvert les délices, mais aussi les abîmes, depuis que j’ai cliqué sur la petite flèche apparemment si anodine d’envoi de mon écran d’ordinateur, qui m’invitait, en larguant les amarres de mon livre, à monter une voile de quelque 300 pages sur le vaste océan Internet.[.] En publiant Mythanalyse du Futur en février dernier directement sur Internet, j’ai rêvé de mettre au monde en un instant un gros livre qui devenait virtuellement accessible partout dans le monde, gratuitement, immédiatement, 24 h sur 24 h.J’ai rêvé d’un livre ouvert, que chacun pourrait commenter, critiquer, développer, constituant un 2" livre parallèle au mien.J’ai rêvé d’une communauté de mytha-nalystes, échangeant aisément leurs idées dans le monde entier, et progressant ainsi sur les hori- zons multiples des cultures et des expériences, dans l’interprétation diverse de nos imaginaires collectifs.Pourtant je n’ai jamais cru aux excès euphoriques de la technologie numérique, ni au mythe de la communication fiisionnelle et universelle, que nous annoncent les prosélytes de la nouvelle religion InterneL ni dans l’intelligence partagée d’un ailleurs quasi transcendantal appelé noosphère.Une belle invitation au voyage, mais pour les nonos ! Et si j’ai cru protéger nos forêts, la vérité m’oblige à admettre que personne ne lit plus de deux ou trois pages sur un écran d’ordinateur.En attendant que le e-book soit capable de rivaliser en prix et en confort de lecture avec un simple livre traditionnel, il faut donc reconnaître que l’impression d’un livre comme Mythanalyse du Futur exige quelque 320 feuilles imprimées d’un seul côté, en grand format 8 1/2 X 11, au lieu de 150 feuilles petit format recto-verso.Cela prend une bonne demi-heure sur une imprimante courante et une demi-cartouche d’encre.Et toutes ces feuilles en désordre échappent à la main, à moins de les attacher avec une grosse pince.(.) Certes le progrès de cette technologie est si rapide — on parlait encore très rarement d’Internet au début des années 90 — que d’ici 10 ans ou moins, je pourrai recourir sans hésitation à tous ces nouveaux moyens d’écriture, aux couleurs, à l’hypergraphisme, et peut-être même lire sur écran aussi agréablement que sur du papier traditionnel, ou imprimer recto-verso en petit format aussitôt reliable, ou charger mon e-book de poche et le lire au lit, à la plage ou dans le métro comme un livre du bon vieux temps! Mais avouons que ce bon vieux livre, mis au point pendant des siècles, demeure encore aujourd'hui un objet technologique extraordinaire difficilement égalable.Un autre souci me titille: chaque année nous apporte sa nouvelle version d’ordinateurs, et de logiciels plus puissants et je crains que le texte de mon livre ne s'évanouisse à jamais dans le progrès de la technologie, qui le rendra inaccessible ou illisible si je ne suis plus là pour le transférer régulièrement sur les nouveaux formats.Il est à la merci aussi des pirates et des taggers qui hantent nos océans, où se cachent des virus épouvantables, des MTI — les maladies transmises par Internet —, des sirènes fatales et de multiples monstres encore inconnus.A moins qu’il ne sombre corps et âme dans un big crash informatique.Je l’avoue: j’ai donc pensé à en garder secrètement quelques exemplaires imprimés sur papier, disposés en plusieurs lieux différents, pour tenter de survivre aux injures du temps technologique, qui vieillit et se faire incroyablement plus vite que le bon vieux temps de Gutenberg.Ai-je donc vieilli moi-même si vite, infecté peut-être par un de ces virus informatiques, au point de renier ma fascination de longue date pour la révolution numérique?Je dirais plutôt que la bataille des nouvelles technologies n’est plus à faire: elle est gagnée.Ses victoires rapides occupent tous les champs de nos activités humaines, du moins dans les pays riches, c’est-à-dire dans 10 % peut-être de la population humaine, mais s’imposeront sans doute peu à peu au-delà de l’apartheid technologique actuel dans les pays du sud aussi, et cela en beaucoup moins de temps qu’il n’en aura fallu pour que se répande la civilisation du livre.Il est donc temps de passer à l’étape suivante d’appropriation et de résister à l’hypnose que semblent engendrer les nouvelles technologiques sur notre esprit critique.Il nous faut apprendre à penser la technologie numérique, reprendre notre pouvoir d’homme devant les machines, repenser l’humanisme, au lieu de tomber COMMENTAIRES dans le miroir aux alouettes cathodiques.Cela pourra nous éviter bien des désillusions et des erreurs, non seulement dans notre vie culturelle, mais aussi économique, voire scientifique.L’univers n’est pas un simulacre tout numérique et le retour du principe de réalité nous guette.Le plus extraordinaire pourtant de mon expérience de publication sur Internet — et je le souligne pour terminer ce courriel avec optimisme, c’est de pouvoir à tout moment retravailler le texte, bien que déjà publié en ligne, corriger, approfondir, reciseler, prendre en compte des suggestions ou objections que je reçois, ou de nouvelles lectures ou méditations auxquelles m’invitent mes promenades habituelles en forêt En édition papier sous le nom d’un éditeur, même le plus prestigieux, mon livre serait déjà un objet mort sur les étagères des libraires.Sur Internet, il demeure vivant et ouvert, et je peux continuer à dialoguer avec lui et ses lecteurs quotidiennement et le modifier constamment au lieu d’attendre avec impatience que mon cher éditeur, si les chiffres de vente le satisfont, décide d’une éventuelle réédition et accepte que j’y ajoute des chapitres ou retravaille l’écriture au ffl des pages.Pour les centaines de courriels que j’ai reçus directement, et pour cette liberté d’être écrivain et mon propre éditeur sur Internet, sans frais et virtuellement partout, pour ne pas risquer de devenir l’auteur d’un livre épuisé ou envoyé au pilon après un an, je reprendrais sans hésiter aujourd’hui, après neuf mois d’expérience, la même décision de publier directement sur Internet.Je dois reconnaître cependant qu’il est bien difficile d’habiter une île perdue sur l’immense océan Internet, à moins que le nom de cette île ne soit au moins marqué sur les cartes des autres navigateurs.Et il faut admettre que si tout le monde parle d’Internet, très peu de navigateurs s'y arrêtent pour lire un livre, à moins qu'il s’agisse d’un feuilleton à suspense et très populaire.Les habitudes de lecture des lecteurs sont encore en papier! C’est là où l’absence d’un éditeur et diffuseur professionnel, même en papier, se fait encore sentir le plus vivement.Je rêve donc d’un éditeur hybride, aimant publier à la fois sur papier et sur Internet: ne serait-ce pas le meilleur des deux mondes à la fois?Le Salon du Livre, qui ouvrira bientôt à Montréal, sera peut-être l’occasion de reprendre ce débat.Chaque lundi, la rubrique Commentaires se veut un espace de réflexion sur différents sujets de l’actualité culturelle par ceux qui la font — artistes, écrivains, cinéastes, intellectuels.Veuillez adresser toute proposition de contribution à Marie-Andrée Lamontagne à l’adresse du Devoir.LES 400 COUTS 19 h Un magazine quotidien nouveau genre sur la consommation, animé par Stéphane Carneau Lundi au vendredi L’EFFET DUSSAULT 22 h 30 Un magazine axé sur les grands enjeux du monde d’aujourd’hui, avec Anne-Marie Dussault Lundi au jeudi Cette semaine : • Écrans de cinéma-maison Acheter des verres solaires Acheter et faire dépecer des bêtes par son boucher m \ ?^ Cette semaine : • Affaires : les cowboys de l’industrie • Gilles Vigneault : 40 ans de combat pour le français ! Télé-Québec VENEZ VOIR AILLEURS ! www.telequebec.qc.ca A L A T E L f V1SI » N I»TTTriïïr« Ce soir Élections Virginie La Petite 4 et demi.Tag Le Téléjournal/Le Sport Jamais sans mon ! 2000 - Jrnl Vie Point livre (23:18) ( Le TVA Piment Les Mordus / Marcel Dans la peau / Lundi c'est Julie / Le TVA Le Grand Blond / Sports / Pub 18 heures fort Leboeuf, Soeur Angèle.D’allergie en allergie Philippe Candeloro Janette Bertrand Lot.(23:52) (23:59) Macaroni Les Choix Les 400 1045, rue des Cinéma / QUE LA BÊTE MEURE (3) L'Écran L'Effet Les 400 Les Choix Le Présent HfîHi tout garni de Sophie Coûts Parlementaires avec Michel Duchaussoy, Jean Vanne animé Dussault Coûts de Sophie du passé Le Journal Flash CNM .voir pour Cinéma / S'IL SUFFISAIT D'AIMER (6) Le Grand 110% Phan- Flash Sexe et (17:00) le croire avec Mary MacDonnell, William Russ Journal tasmes Confidences RDI Junior .Actions Le Journal Maisonneuve |Bush ou Gore?Le Téléjournal et Le Point | (Le Canada aujourd'hui [ Décision 2000 Téléjournal Pyramide Jrnl suisse Journal (Théâtre/Tourisme (21:15) [Au nom de la loi (Bibliotheca | Jrnl belge ( Soir 3 Le Journal Contact Animal Mystère des océans | Phénomènes inexpliqués Biographies [L'Homme de six millions 1 Cinéma / LT ÉCHELLE DE JACOB (4) .(17:30) | Copines.| Pour la vie! (Vivre, deux | Jeux de société L'art d'être parent .beauté! Copines.(Éros et Compagnie | .Santé s Top5M+.[Clip d.Clip |Fax 1-2-3 Punk Watt Iciip ! Rythmes du monde {Ed Sullivan | Pop up.Musicographie: J.Garcia [Génération 60 |Max Lounge Musicographie (Pop up.J .araignée Princesse.r 777^ Scooby Doo Nascar.| Max Steel Air.Cybersix [Angela.[Simpson [SuperZéro |X-Men | Cybersix (Simpson | Ned, triton Super Zéro Ce soir Sports 30 Mag .à RDS Course Automobile | Football / Vikings - Packers Sports 30 Dynasties rouges L'Histoire à la une Tournants de 1 Histoire .qui ont fait le Québec Shogun (L'Histoire à la une Cinéma I3TJTT17*! Salle des nouvelles Medicopter L'Enquêteur Brigade spéciale (Une femme d’honneur Le Ranch.Rencontres, l'au-delà | .nerdz | Le Futur.L'Odyssée de l'espace Babylone 5 Au-delà du réel | .nerdz | Battlestar Galactica ] tvi* | Prêt à partir D'îles en îles Aqua.! Travel.Croisières.du monde Carte postale de Floride Prêt à partir Vidéo.¦ŒI3MK Sciences.[Volt Panorama | Un siècle de découvertes |Cinéma / LA PREMIÈRE NUIT.[Laube Panorama Volt CBC News: Canada Now .Air Farce It's a Living This Hour Made in.RR.[Drop Beat The National / CBC News National.[ Omerta II j Puise Access H.Raymond Whose Line.Yes.Dear Ally McBeal Third Watch CTV News Puise Judging.(17:30) First Nat.Addams.ET.Boston Public That '70s | Titus Family Law II Prime Bus.Sportsline Arrest (0:05) | Mechanics Journey.|Super Structures.Studio 2 1 | A Touch of Frost Imprint [Studio 2 j News ABC News Spin City Frasier 20/20 Downtown NFL Football / Vikings i - Packers News | News CBS News ET.King of.(Yes, Dear Raymond (Becker Family Law News Late Show (23:35) News I NBC News Jeopardy Wheel of.Dateline NBC Deadline Third Watch Tonight Show (23 35) Sabrina Drew Carey Sabrina Grosse.Boston Public Ally McBeal Popular .of Heart Star Trek: Voyager Newshour Night.Bus.Delivery Antiques Roadshow Vermont's Choice [Frontline / The Choice 2000 .Choice | BBC News | Business.| Newshour Howard Goodall s Big.Ginerva's Story BBC News [Charlie Rose j News fWheel of.[Jeopardy [Whose Line is it.Ally McBeal Third Watch CTV News j News Open (0:05) Night Court | NewsRadio | Law & Order Biography / The Presidential Candidates Biography Close-up Law & Order Biography Roy Patterson Quartet | Videos |Aunis .Emotions | .Desire.| Cinéma / JACK & THE BEANSTALK NYPD Blue Homicide Crocodile Hunter |@discovery.ca Wild Discovery 1.Wild |.Parks | Frontiers of Construction ©discovery.ca Crocodile.It Seems.True Action .Seeds Hist.lands Turning Points/Terror.Finest Hour Tour of Duty Finest Hour BBC News Bus.News CBC News Health.CounterSpin The National & Magazine [The Passionate Eye CounterSpin National Danger Bay T & T Dead Man's Gun Total Recall F/X (Cinéma / IN THE NAME OF LOVE (2/2) Cinéma .Amusement Parks Killer Viruses Code Blue / Rush to.Dangerous Police Videos |.Hostage Rescues [Code Blue / Rush to.Videos Pet Project Pet Friends The Goods Fashion.Miracles [.Homes Extra | Real World | .House (Birth.L.Miracles [Weird.Extra Off, Record Sportsdesk .Hockey That's Golf [Open Ice Summit | WWF Raw is War [Sportsdesk WWF Raw Sportscent.Cool Shots .News Hockey / Sénateurs - Thrashers | Sportscentral .News Sportscent.Olsen Twin Zack Files Grizzly.Escaflowne Dragon Ball Boy Meets Downtown Gundam Student.Zack Files .Served?NOS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon MAISONNEUVE À L’ÉCOUTE Au moment où ces lignes sont écrites on ne sait pas si Daniel Boucher a récolté tous les honneurs au gala de l’ADISQ mais Maisonneuve ne prend pas de chances: il est déjà invité.RDI, 19h30 DANS LA PEAU L’émission propose un reportage sur la troublante vague de suicides qui vient de se produire à Lebel-sur-Quévillon en Abitibi.TVA, 20h QUE LA BÊTE MEURE Un excellent polar de Chabrol de la fin des années 60, plutôt glacial avec Jean Vanne et Caroline Cellier.Télé-Québec, 20h JEUX DE SOCIÉTÉ Document sur l’infertilité chez les couples.Canal Vie, 20h GRANDS REPORTAGES/ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES AMÉRICAINES En cette veille d’élection un portrait croisé, qui se poursuit d’ailleurs demain, des deux prétendants au trône, Georges Bush et Al Gore.RDI, 20h TAG Cet épisode se termine sur un coup de théâtre qui pourrait faire jaser ceux qui suivent l’émission.Radio-Canada, 21 h L’ÉCHELLE DE JACOB Un vétéran du Vietnam, Tim Robbins, fait des rêves et cauchemars sans qu’on sache trop que croire.Un véritable thriller fantastique, très étonnant Canal D, 23h 1 L E l) E V 0 I R .L E L U N D I 6 X 0 V E M B K E 2 0 » 0 li 8 -* LE DEVOIR ?- CULTURE Coup de cœur francophone OPÉRA Le feu sacré SYLVAIN CORMIER Fortiches, ces Belges.S’il nous prend la téméraire idée de former un jour nos propres groupes d’impro musicale, il faudra pas mal d’années pour accéder à ce niveau de jeu-là: Les Extincteurs ne sont pas champions dans leur pays pour des châtaignes.On en a eu encore la plus éclatante démonstration imaginable samedi au lion d’Or, deuxième triomphe en deux soirs.Evénement annoncé du 14' Coup de cœur francophone, l’expérience vécue aura transcendé l’épithète le plus élogieux.Rappelons le truc.Créé au début des années 90, l’impro musicale est une variante en plus costaud de l’impro théâtrale: le public choisit un chanteur, une chanteuse ou un groupe dans une (longue) liste, détermine un genre musical dans une (longue) liste, puis propose un thème verbal.Le groupe se concerte trente secondes et hop, exécution.Imaginez l’étendue des combinatoires.Mesurez la difficulté.Cela peut donner, mettons, Johnny Hallyday en hip hop sur le thème de l’irrigation du Nil.C’était mon choix.Qui ne fut pas tiré au sort samedi.Evidemment, le succès d’une soirée avec Les Extincteurs ne dépend pas que de la vivacité d’esprit et de la cohésion musicale des protagonistes: encore faut-il que les suggestions soient inspirantes.De l’échantillon traité ici, deuxième partie du spectacle de samedi, je constatais ceci: toutes les idées ne sont pas porteuses.Comment se sortir, par exemple, de Michel Jo-nasz en reggae à propos de C’est arrivé près de chez vous (le film)?Réponse: comme on peut Piaf en jazz sur le thème du Petit Prince?Les Extincteurs s’en s’ont tiré par une pirouette un tantinet facile: jam jazz instrumental sur Non, je ne regrette rien, joué par les «princes» de la basse et des claviers.Nettement plus juteuse et, par là, plus populaire, l’impro Louise Attaque manière techno causant «histoire de fesses» a permis de véritables brillances musicales et quelques rimes bien rondes.De là, c’était gagné.Jusqu’au délire, on a savouré Lara Fabian donnée en «pub radio» débitant rien de moins de la Bible: «]e t’aiiiiiiiiime, Seigneur!» Claude François en musique arabe déclinant «l’empire des anges» confinait au tour de force: le chanteur Dgill Verhelle y était particulièrement déchaîné, liant parfaitement YAtcha de Khaled au Belles! Belles! Belles! du cher Clo-clo.En rappel, plus fort encore, la bande bruxelloise s’est livrée à une joute sans filet, impro sans concertation à partir de deux noms de chanteurs fournis par la salle: du choc Dalida-Gainsbarre (le Mr Hyde du beau Serge) a découlé un formidable aller-retour d’un répertoire à l’autre, de Dalida poussant Le Poinçonneur des lilas en disco à Gainsbarre débectant J’attendrai jusqu’à un Paroles, paroles extatique.Plus qu’un tabac, le délirant passage des Extincteurs fera des petits: gageons qu’un tournoi se tiendra l’an prochain.Et que Les Extincteurs nous éteindront.Sous les bravos et les félicitations KÂTYA KABANOVÀ Opéra en trois actes Leos Janâcek sur un livret du compositeur d’après L’Orage, d’Ostrowski.Kâtya Kabanova: Oksana Krovytska (soprano) ;Tichon Ivanyc Kabanov: Thomas Studebaker (ténor); Kabanicha: Noëlle Huet (mezzo-soprano); Boris Grigorievic: Allan Glassman (ténor).Mise en scène: Bernard Uzan; décors: André Barbe; costumes: Joyce Gauthier, éclairages: Guy Simard; Chœur de l’Opéra de Montréal, Orchestre métropolitain, dir.Stewart Robertson.Salle Wilfrid-Pelletier, le 4 novembre 2000.Reprise les 6,9,11 et 15 novembre FRANÇOIS TOUSIGNANT Par où commencer pour parler de la nouvelle production de l’Opéra de Montréal (OdM) sinon par le commencement: la superbe scénographie d’André Barbe.Une sorte de vue en tranche tronquée d’une coque de navire emplit le plateau.Au fond, un rideau d’eau, la Volga omniprésente qui inonde tout et se retire en fin de Prélude pour laisser place au drame.La Volga reviendra inonder le fond de la scène à la toute fin sur la noyade de l’héroïne, Kâtya Kabanovâ.Entre les deux, un mince fil argenté avec un reste de toile symbolisera le fleuve sauf dans le tableau qui se passe à l’intérieur, là où des icônes viendront ajouter à la bigoterie de la matriarche Kabanicha.Cela crée une atmosphère étouffante pour les personnages.Ils voudraient s’enfuir par les côtés, la gravité les force à redescendre au centre, lieu du drame.Seul point de fuite, la Volga, encore elle.L’appareil est utilisé avec efficacité, parfois terreur — la scène au foyer est expressionniste à la manière du Docteur Caligari ou de Murnau avec ses déformations de plans et d’objets du décor rendus essentiel avec le plancher concave —, et aussi avec poésie.Le deuxième tableau du deuxième acte est, à ce sujet, une pure merveille.La lune orange voit le drame se nouer et, à la fin, quand Kâtya reste seule la contemplant, son ombre s’amplifie sur l’arrondissement vertical du côté jardin créant un effet si beau qu’on croit rêver.L’efficacité de tout cela est magnifiée par un côté minimaliste des choses qui semble sortir tout droit de certaines productions de Bob Wilson.Pas de fla-fla Traviata ni de toc Butterfly dans cette production.Rien que ce qui est nécessaire.Donc, c’est splendide et vaut à cela seul le détour.Les éclairages de Guy Simard viennent nimber le tout en accentuant ici tel personnage, là telle attitude, ou encore tel découpage de l’espace.Les costumes de Joyce Gauthier aussi naturels que vrai.Comme quoi, quand TOdM sort de son usuel ronron, il sait produire de vraiment grandes choses.La distribution est elle aussi très bonne.Oksana Krovytska (Kâtya) arrive à trouver le ton juste, sans jamais forcer ni l’ennui, ni la passion, ni la quasi-démence.la matriarche Kabanicha est un rôle en or pour Noëlla Huet: Dieu qu’on la déteste à mourir (pas la cantatrice, au contraire, mais son personnage, oui).Comme on se laisse séduire par le magnifique ténor d’Allan Glassman pour se mettre le haïr encore davantage quand il abandonne Kâtya au milieu de la crise, refusant de l’emmener avec lui en Sibérie.Tous les autres rôles sont également bien tenus, tant vocalement que scéniquement.On note bien, au départ une certaine réserve, mais vite le drame revient prendre ses droits avec ses aspects lapidaires et un peu symboliques.Le petit miracle de cette production est en effet l’homogénéité profonde des voix.Certains acteurs plus mous voient compensé par la force des autres le trou que cela pourrait créer sans qu’on ne sente de disparité entre les protagonistes.Les jeunes jouent jeune, les adultes adulte, les faibles faible.Dans la fosse, Stewart Robertson tient bien cela, la baguette est peut-être parfois un peu molle, c’est qu’il y a fort à faire pour faire sonner cette page raffinée et violente et que l’OM, tou- SOUKCE YVES RENAUD Thomas Studebaker (Tichon) et Oksana Krovytska (Kâtya).te correcte que soit sa participation, éprouve encore des difficulté.Contrebasses et cors en tète ont bien de la difficulté à reproduire les effets originaux dont Janâcek a parsemé son opéra.Avec le travail fait pour les quatre prochaines représentations, cela devrait s’amenuiser, En montant Jenufa, du même Janâcek, il y a quelques saisons, le directeur de l’OdM avait marqué un grand coup qui lui avait valu de remporter un pris Opus.Avec cette production de Kâtya Kabanovâ, la voie semble ouverte pour une récidive.Affaire à suivre sous les bravos et les félicitations.Aléa jacta est BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Prise de tête, hier, au Cabaret du Musée Juste pour rire, dans le cadre de Coup de cœur francophone.Est-ce la faute des organisateurs?Le concert, beaucoup trop long, jouait dangereusement avec la capacité d’absorption du public, avec deux incompréhensibles sets de deux groupes qui auraient avantage à resserrer la bride.Conséquence, Guérilla, qui terminait la soirée, a dû jouer devant un public qui diminuait au fur et à mesure que la soirée avançait pour finir devant une poignée de fidèles.Rien pour générer de nouvelles passions.Pour un thème, la «Chanson en tête», celui de cette 14' édition de Coup de cœur, le texte comme la musique devaient être premiers devant.Sur le premier plan, chapeau pour le duo, alors que sur le second, le travail reste à faire.Au programme, deux groupes, deux formations qui montent, la premiere plus rapidement que l’autre, style de musique aidant ainsi que la promotion d’une grosse machine (Audiogram), l’autre, un des fers de lance locaux d’un style musical dont la formule est désormais éprouvée, notamment chez les voisins américains.D’abord, Loco Locass, la sensation automnale de la scène québécoise, avec son rap au débit rapide de dires politisés, puis un Guérilla non moins revendicateur, avec son métal fusion et sa langue d’un rap moins débridé, plus lourde par sa musique mais aussi par son écriture, moins habile que celle des premiers allaient se partager le public.Comment dire?Le,s comparaisons sont boiteuses.A la suite du concert, la veille au Spectrum, des inventifs Groovy Aardvark, les deux formations d’hier soir, pourtant plus jeunes, semblaient en goncées dans des styles qui ont des règles (devenues rigides) dont elles peinent à se départir.De Loco Locass, on pourra dire sans réserves que le groupe est réellement sur une bonne voie.Les excellentes L'Assaut, Sheila, ch'us là, Malamalangue et L'empire du pire en pire (et son Aléa jade est!) ont été livrées vigoureusement par le trio et ses musiciens, avec force sparages de rappeurs, et ce, sans compter.Présence sur scène digne des meilleurs du genre, les bouffons loquaces se permettent même, haut risque pour ce genre de soirée, de débiter leurs paroles a cappella, se rapprochant du spoken word (avec Priapée la pti’te vite), sans pour autant perdre l’attention du public.Sur scène, LL n’a rien à envier à personne.Par contre, là où l’album Ma-nifestifldit preuve d’une essentielle retenue dans l’instrumentation, le spectacle d'hier péchait par esprit systématique, malgré une section rythmique remarquable (très fort.Jeep à la basse et Johnny C.à la batterie).Avec un guitariste effacé, semblant dépassé par les événements sauf à la fin du concert sur Manifeslif, plus efficace, et une trompette à sourdine «mur à mur», insipide à la fin tout simplement par abus, le groupe gagnerait à dulcifier ses partitions.Guérilla n’aura pas été à la hauteur de sa prestation des FrancoFo-lies de Montréal, l’été dernier, de loin supérieure.Avec sa nouvelle pièce, Le vent vient lentement, probablement la meilleure que le groupe ait jamais pondue (elle sera bientôt disponible sur une compilation, Québec libre), le groupe semble se détacher de la formule funk métal convenue, qui commence à se scléroser, pour s’adonner à une mouture plus souple, plus vivante.Mac-Kenzie, au rap (vêtu du célèbre chandail des Chiefs de Kansas City concession idolâtre aux voisins américains, bizarre, non, pour un groupe à tendance felquiste?), semble de plus en plus à l’aise sur scène, et il le sera quand il cherchera moins à prouver qu’il peut gueu-ler aussi fort que ses confrères du même acabit, qu’à donner de la dimension aux pièces que I .arrivée, à la basse, se démène à faire lever.La guitare de Lavoie, de plus en plus inspirée — comme dans Le vent vient lentement — habituellement monolithique, était en plus mal servie par une sono aplanie.Avec ce nouveau morceau, i>ar contre l’avenir de Guérilla s'annonce bien.Le groupe Guérilla DANSE liberté d’expression CAUGHT LOOKING Idéation: Sarah Williams.Chorégrapliies: Benoît I ^chambre, Heather Mah, Sarah Williams, Noam Gagnon, Dana Gingras.Interprétation: Heather Mah, Julie Slater et Sarah Williams.Musique: Jackie Gallant.Scénographie, vidéo et éclairages: Axel Morgenthaler.Costumes: Gaëtan Desombre.Dans le cadre de la Formule Interprètes de Danse-Cité, à l’Agora de la danse, jusqu’au 11 novembre à 20h.ANDRÉE MARTIN Nous étions nombreux à attendre ce spectacle ambitieux, qui réunit dans une même soirée trois interprètes solides, et des chorégraphes dont on a déjà largement parlé, ici comme sur la scène internationale.Les attentes étaient donc élevées, et le résultat, avec son va-et-vient imprévisible dans l’espace, la qualité des trois œuvres présentées, et la force d’interprétation d’Heather Mah, Julie Slater et Sarah Williams, est incontestablement à la hauteur.Outre les trois duos, entre fougue, sensualité et humour, c’est l’ensemble de la mise en scène qui, de prime abord, retient notre attention.Avec force inventivité, Sarah Williams et ses collaborateurs sont parvenus à nous faire oublier totalement le lieu même de l’Agora.Transformé, l’espace est ouvert, sans scène et sans salle véritable, et c’est avec une pleine liberté que le public peut circuler.Même si la danse évolue dans des espaces délimités, elle se donne cependant le droit de transgresser les frontières et de s’immiscer dans le public.L’évidente proximité des regardeurs et des regardés, comme la liberté de s’asseoir, de rester debout ou de changer de place pour les spectateurs, confèrent au spectacle un petit quelque chose de hors normes, on ne peut plus agréable.Libérés de l’éternelle dualité scène-salle, les trois duos se dé- ploient ici avec un mélange singulier de simplicité et de densité.Les interprètes, qui n’ont tout simplement plus droit à l’erreur, nous semblent vivre leur danse à 100 %, voire plus par moment.Ainsi, dans Loup louves de Benoît La-chambre, les deux danseuses déjà installées sur scène avant même l’arrivée du public, surprennent plus d’une fois par leur proximité, comme par leur abandon à l’œuvre.Aussi, Lachambre, en chorégraphe iconoclaste proche de la performance, a imaginé ici, avec la complicité de Mah et de Williams, toute une variation — au demeurant très drôle — sur les attitudes du spectateur; ce qui nous fait un peu réfléchir sur notre propre manière d’être dans un spectacle.Mais c’est probablement dans X, chorégraphiée et dansée par Heather Mah et Sarah Williams, que l’intégration du spectateur atteint son apogée ici.Elaborée autour de l’ambiguïté même du terme danseuse — entre la noblesse de l’art et la déviance du porno — X suggère l’univers étrange d’un boîte de nuit.L’apparition-disparition de certaines parties du corps dans la lumière, les minuscules espaces de danse surélevés, comme l’évidente sensualité, tout est là pour nous faire basculer dans l’ambiance épaisse d’un bar-rave où la musique envahit l’espace et où la danse se fait virtuose, ondulatoire, physique.Enfin, Cut de Noam Gagnon et Dana Gingras (The Holy Body Tattoo), donne l’occasion à Julie Slater et Sarah Williams de se lancer à corps perdu dans une danse vive et finement découpée.Dans cette chorégraphie aussi pure qu’extrême, la décharge d’énergie est impressionnante, si impressionnante qu’on se demande parfois si les deux interprètes ne cherchent pas à danser jusqu’à l’épuisement.Rythmée par une musique binaire et percutante, les mouvements saccadés, comme leur rapidité d’exécution, se conjuguent en une danse à l’arraché d’une puissance quasi sans limite.Ouf! CONCERTS CLASSIQUES Coups de baguette dans l’eau L’OSM AU PRÉSENT Michel Longtin: La Route des pèlerins reclus (1985); Philippe Boesmans: Trakl-Lieder (rév.1989); Michael Oesterle: Essence (1998); George Benjamin: Ringed by the Flat Horizon (1980).I/mise Marcotte, soprano; Orchestre symphonique de Montréal, dir.lorraine Vaillancourt Théâtre Maisonneuve, le 2 novembre 2000.FRANÇOIS TOUSIGNANT Nouvelle initiative de l’OSM pour s'intégrer dans le monde de la musique d’aujourd’hui, et tentative assez ratée, malheureusement.L’ennui qui suintait dans la salle comme sur la scène était palpable.Seul point positif, vraiment positif cependant, c’est la grande présence des jeunes.Cela a soulevé un peu d’enthousiasme dans le public.Pas dans la musique pourtant Des deux pièces canadiennes, la substance est si maigre, les idées si moches qu’on se demande deux choses.D’abord, pourquoi reprendre la Route des pèlerins reclus?Michel longtin adore la musique de film de John Williams et Goldstein.Non seulement cela s’entend-il, mais il n’arrive à produire qu’un pâle épigone du modèle qui tente de se draper de noblesse.Pour faire «contemporain», la percussion joue fort II y en a peut-être que cela épate encore.Essence, de Oesterle, est un avorton de concerto pour violon.Une bonne partie des traits technique de base y passe, rien moins rien plus.Alors, le soliste n’ayant rien à faire d’autre que son usuel échauffement quotidien — que le compositeur semble penser inspiré sous sa plume —, il s’ennuie.Nous aussi.Les Trakl-Iieder, de Boesmans, sont plus substantiel, comme Ringed by the Plat Horizon, de Benjamin.L’avantage de ce genre de programme est de voir les contrastes entre œuvres senties et ordinaires.Aurait-on eu droit à une belle interprétation on aurait mieux goûté ces pièces.IA, il faut se tourner vers le chef lorraine Vaillancourt De son podium, elle a battu la mesure les yeux dans la partition.Jamais n’a-t-elle tenté de communiquer quoi que ce soit tant aux musiciens qu’au public.Tout est battu — pas dirigé: battu — de la même manière chirurgicalement précise.Or, pour passar en chirurgie, il faut être anesthésié.Ce fut le résultat navrant.Pourtant chez Boesmans, on entend tout ce qu’il y a à faire avec les jeux de timbres, les échanges de notes, l’humour parfois ironique, la sensualité, la froideur, la mélodie (pas une fois supportée et où Louise Marcotte a tout de même réussi à ti- rer son épingle du jeu).Rien ne fut fait en ce sens.Chez Benjamin — une œuvre de jeunesse (il avait à peine vingt ans) —, le plaisir presque naïf de la joie des belles harmonies est gommé par la rigidité du bât Comme si on refusait au public le droit de s’émerveiller devant tel bel accord, tel épanouissement de timbre, telle superbe intuition.Cela se pressent — et blesse — d’autant plus que l’OSM joue bien.En musique, se .contenter du solfège est mortel; on préfère une erreur bien sentie qu’une quête de précision qui n’a rien à dire.On aime un chef qui dirige avec imagination plutôt qu’un grand technicien qui ne fait qu’étalage de la netteté de ses mouvements comme on le fait tous dans une classe de solfège en ânonnant les exercices.Cela vaut pour la musique «du passé» comme pour la musique d'aujourd’hui.Autrement, en voulant défendre sa cause, on la trahit T -«v 1 PIRATES D'INTERN Ifc IMprf pMdM l»l *0 *«»'»«!« it m **jta
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