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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-10-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET D I M A X ( Il E 2 2 O ( T O B R E 2 O 0 O LE DEVOIR Art action, manœuvre, body art, art charnel, spoken word, art sociologique, situationnisme.esthétique relationnelle.performance, happening.Pe rf o r wJ CHRONIQUE Courrier de la luette Page C 2 DANSE Pistes de danse Page C 5 MEDIAS La vraie question Page C 9 FORMES Du village à la ville Page C10 Spectacles Page C 4 Cinéma Page C 5 Musique Page C 8 La performance.Regardez bien.Elle est partout.Il y a une effervescence en art contemporain autour de cette pratique, un momentum.Le Lieu, à Québec, lui consacre une onzième Rencontre, qui prend fin demain; La Centrale à Montréal, en novembre, un «mois de la performance* (pour une quatrième édition); Skol, également à Montréal, sa programmation annuelle entière; Dare dare une portion de son programme.Quoi d’autre?Les revues s’y mettent.Inter poursuit son indéfectible engagement envers elle.Parachute l’aborde à travers le thème de la communauté, et Esse livre à son sujet un numéro entier, avec entrevues de perfor-meurs à l’appui.Sait-on pour autant de quoi il s’agit?m M BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR On l’a aperçu à Radio-Canada en août dernier, dans un documentaire, La Technologie mangeuse de chair.Des crochets glissés sous la peau d’un perfor-meur sont fixés à des câbles.Ceux-ci se tendent, la peau s’étire.Ce corps contracté s’élève lentement au-dessus de la foule groupée sur la place publique.Pendant quelques secondes, le corps de cet homme plane au-dessus des têtes, s’élève.Mû par l’action d’une grue, il plane dans le ciel.L’image est saisissante.Cet homme s’appelle Stelarc.L’Australien se soumet volontairement à de telles actions depuis 30 ans, des années à repousser les limites de sa propre enveloppe charnelle, à grand renforts de technologie — une référence mondiale en matière de performance.Dans cette exploration des limites du corps, de son endurance comme de sa chair, plusieurs «Les performeurs risquent des choses, mais ils le font en toute conscience» portes se sont ouvertes, puis en partie refermées.Sylvie Tourangeau fait de la performance depuis 1978, elle a aussi beaucoup écrit sur le sujet et anime des ateliers pratiques dans le domaine.«Le préjugé le plus tenace à l'endroit de la performance vient de la fin des années 70.Je suis toujours prise avec ça en entrevue.Les gens pensent que c’est pipi, caca, sexe et violence.Point.Pourtant, depuis, les ordinateurs ont été inventés et la performance a évolué.On n ’en est plus là.» En 1964, devant un public, sous une forme ritualisée à l’extrême, l’Américaine Carolee Schneemann poussait la chose à un degré de nudité qui a fait scandale, parce qu’elle impliquait des contacts difficilement concevables avec de la viande crue, histoire d’évoquer de bas instincts.Tourangeau ne renie pas les gestes extrêmes de ces années-là.«Les performances de Gina Pane visaient le rapport à l’autre, explique-t-elle.Elle se demandait comment ouvrir son corps SIMON HUNTER pour le rapprocher de l’autre.Les performeurs risquent des choses, mais ils le font en toute conscience.Ils changent les perceptions du corps, la leur également.C'est un changement de l’être qui n’a rien à voir avec une quelconque guérison, ni une pathologie.Ces gens sont ceux qui ont affiché le plus de détachement par rapport à leur travail, alors qu'on leur reproche précisément le contraire.» De passage à Québec dans le cadre de la Rencontre Internationale d’art performance 2000, organisée par Le Lieu, Stelarc donnait hier soir une démonstration de ses expérimentations, dans laquelle des spectateurs ont pu tester les effets de ses machines.Il explique ainsi en entrevue son rapport au corps: «Contrairement aux autres formes d’art comme la peinture, vous négociez avec le corps directement, et pas avec une représentation symbolique du corps ou des métaphores.Vous avez donc à foire avec les conséquences physiques de vos idées.Vous couplez l’expression et l’expérience.Dans mon approche, je construis des expériences alternatives, intimes et volontaires, pour VOIR PAGE C 3: PERFORMANCE I 1- K I) K V 0 I R .I.K S S A M K I)' I 2 I E T I) I M A \ < Il E 2 2 0 I I' O B H E 2 (I 0 (I c 2 Courrier de la luette Odile Tremblay Je vous ai fait grâce jusqu’à maintenant de mon petit courrier personnel du mollet ou de la rotule.Une fois n’est pas coutume, la pluie de réactions suscitées par ma dernière chronique abordant la piètre qualité de la langue au Québec vous vaut un bis sur la question.Je pourrais d’ailleurs y revenir douze fois sans vider le sujet, alors.Pour tout dire, j’attendais stoïquement une volée de bois vert, du genre: «On parle mal et on en est fiers.Écoeurez-nous pas avec ça!» Or, à l’ahurissement du légume (moi), la quasi-totalité des lettres (et appels) appuyaient mon propos (à moins que les tomates n’arrivent plus tard): «Vous avez raison.On a mal à notre langue ici.Sus à la politique de l'autruche d’un PQ qui prétend défendre le français tout en le laissant massacrer sur son terrain à tire-larigot.Des campagnes de sensibilisation, ça se conçoit, après tout.Des solutions, ça se cherche et ça se trouve.Aux armes, citoyens!», disent-ils en substance.Une remarque, en passant il y a quelques années à peine, le même message suscitait une avalanche de claques, payables au porteur, comme sur la tête du bégayeur à la patinoire de la ligue d’impro.Georges Dor, vilipendé de toute part pour avoir jadis cogné sur ce clou-là, en a su quelque chose.Ça change.Le terrain paraît mûr pour brasser le sujet Que nos gouvernants mettent ça dans leur pipe et le fument On possède en Lucien Bouchard un premier ministre lettré qui évoque le moins possible ses lectures de crainte d’effrayer la populace.Mais s’il en parlait plus, ça donnerait peut-être aux Québécois l’envie de lire davantage, justement.On n’est pas obligés d’être petits, à ce que je sache.?Quoi que semble en penser notre premier ministre, à lere de la mondialisation et des voyages de masse, la défense d’un mauvais français au Québec-est en train (ce n’est pas trop tôt!) de devenir un combat d’arrière-garde.Un concert de voix s’élève pour en convenir aujourd’hui.«Oui à la connaissance, à la pratique de plusieurs niveaux de langue, affirment ceux qui m’écrivent.Non au seul apprentissage tout croche du plus bas, du moins riche, du moins exportable devant les cousins de la francophonie à qui les oreilles frisent à nous entendre.» Une foule d’enseignants m’expédient des épîtres découragées devant les fautes énormes, presque inimaginables, émaillant les travaux scolaires.«Par moments, je vous jure, je me sens isolé avec mes exigences de qualité, m’écrit l’un d’eux.Je ne peux ni comprendre ni accepter qu’on malmène ainsi sa propre langue, celle par laquelle me collectivité reconnaît son identité.» «En ce moment, on nous parle dans les collèges de tournant vers la réussite, soupire un autre.Les professeurs doivent faire des efforts afin que Tusine éducative” produise de plus en plus de diplômés.(C’est curieux, on ne parle pas des efforts que les étudiants eux-mêmes doivent fournir.)» ?Bref, les enseignants s’arrachent les cheveux devant la paresse institutionnalisée qui sévit chez nous.C’est sur les bancs d’école et dans la famille que l’amour d’une langue fleurit d’abord.Or, si la qualité du français n’est jamais offerte en pâture comme projet de société, si l’État Ponce Pilate s’en lave les mains, pourquoi les parents, les élèves, leurs maîtres, les humoristes et les animateurs télé s’en soucieraient-ils?Ceux qui s’y frottent passent pour de vrais maniaques.Les jeunes ont le dos large.De là à les rendre responsables du massacre.Toutes générations s’unissent pour perpétuer la médiocrité du français parlé en nos terres.La réforme Marois a tenté un timide coup de barre, mais la force d’inertie est grande et tant d’enseignants connaissent trop mal le français pour hausser leurs critères pédagogiques.Louise Beaudoin, ci-devant ministre responsable de la Francophonie et de la Charte de la langue fran çaise, déplorait le mois dernier: «La qualité de la langue n’est pas une question très populaire, et surtout pas dans mon parti.» Ça parle au yable!, comme dirait l’autre.Preux chevalier de la Table ronde, le Parti québécois n’en finit plus d’enfourcher la défense du français comme cheval de bataille (contre l’ennemi extérieur: oui! oui! oui! Intérieur: non! non! non!), il a cumulé tant de mandats depuis les années 70, sans jamais pousser à la roue d’une langue à parfaire, à aimer.Quelle folie! On veut bien le voir se battre pour un statut, mais qu’il s’acharne à jeter dans un même souffle la qualité de la langue par-dessus bord relève du surréalisme.C’est le PQ qui avalisa au départ la vague purement joualisante déferlant sur des bancs d’école où les classiques français n’étaient même plus au programme.C’est lui qui perpétue la conspiration du silence aujourd’hui.Nous voici otages d’un gouvernement qui aspire à l’indépendance tout en se gardant bien d’encourager les siens à mieux s’inscrire dans le courant de la francophonie.A-t-il conscience de verser de l’eau au moulin de nos adversaires politiques, lesquels ricanent à qui mieux mieux, trouvant presque folle cette bataille pour une langue si mal parlée?Schizophrène, dites-vous?lii où un parti nationaliste devrait éclairer la voie, il ferme les yeux sur les failles béantes de son édifice, craignant sans doute de paraître élitiste (le mot seul jette l’effroi), balayant les intérêts supérieurs au profit de la petite politique partisane, année après année.C’est en tant que nationaliste que je m’insurge moi-même.In culture, la pensée passent par le véhicule de la langue, mais on la torture, cette langue-là.On refuse d’explorer ses richesses.Suffit! Les états généraux sur le français au Québec, qui démarrent le 1" novembre, possèdent entre autres mandats, nous susurre-t-on en haut lieu, celui de promouvoir la qualité du français.On veut bien les croire mais jusqu’à maintenant, leur président, Gérald Larose, n’a guère envoyé ce message-là, battant plutôt le rappel des troupes pour l’éternelle guerre sainte contre l’affichage bilingue, Second Cup et autres boucs émissaires faciles qui créent diversion au problème principal.On nomme bien des amis du parti à ces postes de présidence.Pour mieux noyer le poisson, encore et toujours, en perpétuant le cycle du grand déni?Peut-être.«Souvenons-nous qu'il est plus facile de gouverner un peuple ignorant!», m’écrit une lectrice.Misère! otrem blayfic.ledevoir.com PERFORMANCE Public à l’œuvre Lun des axes de plus en plus importants de la performance est sans contredit l’esthétique relationnelle BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Ly expression esthétique relationnelle a été popula-r risée par le critique et essayiste français Nicolas Bourriaud (Esthétique relationnelle.Les Presses du réel, 1998).Sous cette rubrique, le discours critique tente de s’ajuster à la réalité de plusieurs manifestations artistiques des années 90 qui mettent à distance la production d’objets comme telle et proposent plutôt, en lieu et place de l’œuvre, et à l’intérieur d’une vaste tentative de rapprochement avec le public, des situations impliquant ce dernier.C’est d’ailleurs le fil rouge qui traverse toute la programmation du centre d’artistes Skol à Montréal durant la prochaine année.Il y a quatre ans, Skol avait placé sa programmation sous l’égide d’une pratique singulière, l’installation, et avait donné le ton à une saison haute en couleur.L’année s’était terminée par la publication, sous la direction d’Anne Bérubé et de Sylvie Cotton, de l’imposant ouvrage L’Installation: pistes et territoires.L’installation au Québec, 1975-1995: vingt ans de pratique et de discours (Skol, 1997).L’an prochain, Skol prévoit une publication importante sur cette notion relativement nouvelle dans le paysage de l’art qu’est l’es- une création du Théâtre d'Aujourd'hui en collaboration avec BANQUE LAURENTIENNE COMPLET 26 octobre, .er èt7 novembre La Nostalgie du paradis de François Archambault mise en scène Jean-Stéphane Roy France Castel.Yves Corbeil, Claude Despins, Jean-Louis Hébert, Denis Houle, Steve Laplante, Julie Ménard, Julie Perreault, Reynald Robinson, Marie-Hélène Thibault, Louise Turcot concepteurs Florence Cornet, Pascale Déry, Nicolas Descôteaux, Stéphane Girouard, Nathalie Du 25 octobre au 18 novembre 2000 Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis (Métro Sherbrooke) (514) 282-3900 Godbout, Olivier Landreville, Patricia Ruel www.theatredaujourdhui.qc ca ESPACE GO PRESENTE AVEC la collaboration d UNE PRODUCTION DE LA COMPAGNIE LUDOVIC lAGA le colone dej iVgibMÏ RAM C,.-:) d OLIVIER CADIOT mise en scène de LUDOVIC LAGARDE avec LAURENT POITRENAUX et GILLES GRAND du 25 au 28 octobre 200(1 • l écriture de Cadtot relève de la quatrième dimension.Elle se promène dans un tapis comme si c'étan un jardin, se prend tour à lour pour la mialle de pain el l'avion à réaction I I Sprintei immobile, Poitrenaux lotie sur un mouchoir de poche I .) D’une suprême élégance, cette danse statique doit beaucoup au regard de la chorégraphe Odile Duboc.I ) Un extraordinaire voyage gestuel et sonore de quatre-vingt-dix minutes » Libération, mai 1999 « On ne peut qu'applaudu la sobie virtuosité de laurent Poitrenaux, qui tour è tour se détache et s'estompe avec une humilité de catastrophe, et la rigueur avec lequelle Ludovic Lagarde met an scéna froidement ce qui rassemble è une ultime parade de l'ego » le Figaro, mai 1999 • Lament Poitrenaux sait fane II a l'art de la mobilité impassible ; chaque partie de son corps loue d'une manière autonome, avec la synchronisation d'un sportif olympique.(,.,) Sa voix change de registre avec la mémo dextérité Impressionnant, » La Monttn, iuln 1999 • Une synergie confondante de lustesse et d'humour, une conjuration da talents absurde » L'exptaas, Iuln 1999 ;j HH H Hhh S \ thétique relationnelle, tout en prenant ses distances avec le genre, allant du côté des «rapports interpersonnels, les stratégies d’infiltration et les réseaux de circulation».L’idée de cette programmation spéciale a été proposée par Patrice Loubier et Anne-Marie Ninacs.Infiltration, mimétisme, dissémination, détournement, rencontre, résistance et circulation sont les termes chapeautant cette saison déjà entamée, tous paramètres fortement utilisés dans l’art de la performance de façon générale.Alors, qu’en est-il?Pour Bourriaud, «la pratique artistique se rencontre désormais sur la sphère des relations interhumaines, comme en témoignent les pratiques artistiques en cours depuis les années 90».Pour le critique, «la partie la plus vivante qui se joue sur l’échiquier de l’art se déroule en fonction des notions interactives, conviviales et relationnelles».Cette esthétique de la relation s’ouvre à plusieurs possibilités: «Les meetings, les rendez-vous, les manifestations, les différents types de collaborations entre personnes, les jeux, les fêtes, les lieux de convivialité, bref l’ensemble des modes de la rencontre et de l’invention de relations, représentent aujourd'hui des objets esthétiques susceptibles d’être étudiés en tant que tel.» Dans une volonté de rapprocher une fois de plus l’art et la vie, plusieurs artistes se sont effective- ment mis à produire un art de la rencontre entre la sphère privée de l’artiste et celle du public, dans le but de «resserrer», dit Bourriaud, la relation entre les deux.Or, dans un article paru dans le numéro 73 de la revue Inter et intitulé «Situations dans un contexte relationnel», Richard Martel souligne que ces termes étaient déjà en acte dans le discours de l’art sociologique des années 70, qui visait à provoquer des types de relations sociales nouvelles, rejetées par les idéologies dominantes.L’affaire n’est peut-être pas nouvelle, mais ce nouveau nom de l’art sociologique permet de réunir autour d’un lieu commun des pratiques qui ont pour conséquence de déplacer la lorgnette de la production de l’artiste vers les comportements de celui qui accepte de se prêter au jeu.Faut-il y voir l’éclosion d'une nouvelle responsabilisation des artistes par rapport à la société?Cette pratique pourra-t-elle venir à bout des préjugés contre l’art voulant que celui-ci se tienne à l’écart des enjeux sociaux?Les réponses à ces questions se trouve-ront-qlles à Skol au cours de l’année?A voir, à expérimenter plutôt.Skol fait justement sa «mise en circulation» aujourd’hui et lance le calendrier de ses activités, à 14h.Le centre est situé à Montréal, au 460, rue Sainte-Catherine Ouest, cinquième étage.Infiltration, mimétisme, dissémination, détournement, rencontre, résistance et circulation sont les termes chapeautant cette saison déjà entamée TAPAGE NOCTURNE y î de Francis Monmart Mise en scène Claude Lemieux Avec Luc Morissette, Diego Thornton et Jorge Fajardo Au THEATRE PROSPERO » Scénographie Patricia Ruel Éclairages Dominique Ithurriague ' Costumes Gilles-François Thérrien 1 Mé£i :ro 1371, rue Ontario Est Sherbrooke ou Beaudry Mardi au samedi, 20 h Billetterie : (514) 526-6582 Admission : (514)790-1245 17 octobre au 11 novembre LE GROUPE DE LA VEILLÉE « i. K l> K V 0 I R , LES S A M E I) I 21 E T 1> I M A \ C II E 2 2 0 < T 0 B R E 2 0 0 fl théâtre Un absolu de substitution Après avoir écrit sur le sexe (Cul sec) et la politique (Si la tendance se maintient.), François Archambault interroge le nouveau désarroi amoureux dans sa dernière pièce, La Nostalgie du paradis, créée cette semaine au théâtre d’Au-jourd’hui.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Son référentiel poilant au menton lui fait une sorte de tête de mousquetaire du roi.Ancien étudiant en lettres, le d’Artagnan dra-maturgique est arrivé aux planches au hasard d’un concours universitaire d’écriture.François Archambault n'a pas remporté le concours mais a tout de même pris goût à la chose dramatur-gique au point de s’inscrire au programme d’écriture de l’École nationale de théâtre du Canada.«Ça ne s’enseigne pas, l’écriture, mais ça s’apprend», dit le jeune homme de 32 ans en se passant pour une énième foisja main dans les cheveux.«Et l’École [nationale de théâtre] a été un milieu très stimulant pour apprendre C’est un laboratoire qui aide à trouver sa voix.Au début, j’écrivais dans un style plutôt absurde.Au bout de la formation, je me suis repositionné dans un genre plus réaliste.» Sa pièce de finissant (1993), Cul sec, a été reprise par la compagnie PàR «La transition professionnelle a été rapide.J’ai été chanceux.» Un de ses frères, Stéphane, est également diplômé de l’Ecole nationale, mais en interprétation.On peut le voir dans le téléroman 4 et demi.Musicien à ses heures, il vient tout juste de sortir un disque avec le groupe Mes Aïeux.Le plus jeune frère Archambault, Benoît, amorce lui aussi une carrière musicale.François lui écrit parfois des textes.«On est très proches en âge et on avait des jeux assez délirants quand on était petits», raconte le dramaturge quand on l’interroge sur l’origine de cette triade d’artistes au sein d’une famille par ailleurs reliée au monde de l’éducation.La famille.Sa présence devient, comment dire, étouffante, dans sa nouvelle création, la Nostalgie du paradis, lancée cette semaine au théâtre d'Aujourd'hui.La pièce est mise en scène par Jean-Stéphane Roy, qui a fait appel à onze corné diens, dont France Castel, Yves Corbeil, Louise Turcot et Reynald Robinson.Mais le vrai sujet de la pièce, c’est l’amour.«En fait, si un fil traverse toutes mes pièces, c’est celui des rapports hommes-femmes», précise l’ancien étudiant en littérature quand on le force à l’autoexamen.«J’ai l’impression qu’on vit un tournant dans nos rapports.Us rôles de chacun ne sont plus aussi bien définis et, pour la première fois depuis des millénaires, on doit redéfinir ces rôles ensemble et par consensus, on doit «Ça ne s’enseigne pas, l’écriture, mais ça s’apprend» JACQUES GRENIER François Archambault pratiquer une sorte de démocratie privée.Cul sec partait d’un constat d’échec et se voulait réaliste.La Nostalgie du paradis essaie de trouver une solution pour le couple.» Cette solution passe même par l’institutionnalisation des rapports amoureux (dixit Hegel), par l’entremise du rituel de l’union maritale.Un mariage bien étrange, très nouvel âge, célébré sur le toit d’un inline u b 1 e par des convives en costumes pseudo médiévaux.«Dans mes pièces, j’essaie souvent de mélanger l’autobiographie et la fiction, de distordre la réalité, de rendre vrai ce qui est faux.Moi, je suis avec la même fille depuis neuf ans», poursuit celui qui est par contre un tout nouveau papa.«J'ai déjà demandé à ma blonde de m’épouser.Elle m’a dit non.Je pense que c’était me bonne chose.En même temps, mon audace, mon désir m’ont forcé à me questionner sur ce besoin de rituel, de romantisme, de reconnaissance publique des rapports privés.» Ou, plutôt, sur la difficulté de ressourcer ces rituels immémoriaux dans un monde en déficit de sens et de sacré.Le théâtre est lui-même un petit rituel d’occasion.Wajdi Mouawad, qui dirige le Quat’Sous, à deux pas du théâtre d’Aujourd’hui, a souvent répété qu’il concevait son art comme une communion.«Notre société est morcelée, divisée, atomisée», conclut pour sa part le téméraire mousquetaire, adepte à sa façon d’un renouveau du «tous pour un et un pour tous».«C’est ce qui rend difficile la communion, le partage en société.Je pense que j’ai un fond assez cynique.Mais en même temps, je ne le suis pas du tout.Une part de moi a soif d’autre chose, souhaite croire en Dieu, veut que l’amour soit encore possible.» Janvier Toupin Théâtre d'Enverg'ure présente V TERRITOIRE' 1 .1 Texte et mise en scène Patrice Dubois Cloud® Ga9°on' el***6 ; o^ I ^vTT 1 .Ot 19 OCT au 11 NOV En codiffusion avec Le Théâtre de La Manufacture A J ~ ' \ ^ IA LICORNE V 4559, Papineau Rés ! (514) 523-2246 Performance SUITE DE LA PAGE Cl articuler un vocabulaire d’actes physiques afin d’expérimenter le corps différemment que dans la vie ordinaire.» Stelarc se réfère au sport pour faire comprendre sa pratique.Le corps, souligne-t-il, n’est pas fait pour recevoir les coups, comme au rugby, ou pour réussir à chaque fois des réceptions parfaites en gymnastique.Dans ces cas-là, plus encore que dans ses performances, les risques de blessures sont très grands.«Le sujet de mon travail n’est pas de connaître des expériences douloureuses.Mes performances sont par contre difficiles à faire.Il y a un défi physique, comme dans les sports.On accepte le sport comme une chose commune.Quand un artiste le fait, ça semble différent, mais ce ne l’est pas tant que cela.» Une seule fois Stelarc a eu besoin d’un support médical, et il affirme que les suspensions n’ont pas été ses expériences les plus pénibles, loin de là.Four lui, la méditation zen, immobilisant le corps pendant de longs moments, tient aussi de la performance et pourtant «n’a absolument rien de confortable».Tourangeau commente ce type de travail avec lucidité: «Le body art a été crucial parce qu’il contient l’idée d’un dépassement de la présence.Il s’agit d’aller jusqu'au bout d’un geste, au-delà du seuil de douleur.Pour moi, c’est la base de la performance.D’autres ne la considèrent pas comme telle, mais comme m genre à part, autonome.» L’obsolescence du corps «Le corps est obsolète»', il s’agit d’une des déclarations les plus percutantes de Stelarc, du reste le titre d’une performance.Pour lui, dès que la machine prend en charge le corps, ce dernier cesse d’évoluer.L’artiste pose sur le terrain de l’art des questionnements fondamentaux sur l’humanité.La performance Fractal Flesh-Split Body: Voltage-In/Voltage-Out, en novembre 1995 au Luxembourg, consistait à se brancher à un circuit contrôlé par ordinateur, capable d’extraire les mouvements du corps de sa propre volonté.Son corps recevait des décharges électriques faisant bouger ses muscles sans que l’esprit ne commande ces gestes.Les impulsions lui étaient envoyées par des opérateurs du public, à partir d’ordinateurs situés à Paris, Helsinki et Amsterdam, par Internet.Dans cette performance, il s’agissait de projeter des comportements dans un corps autre, qui en devient l’hôte.En résulte des recherches stimulantes sur la cognition.Le corps devient aliéné de lui-même.Stelarc démontre que la technologie n’est plus une extension du corps mais l’inverse.«Internet est une extension crue de notre système nerveux», dit-il.Des corps sont déjà reliés entre eux par l’informatique, percevant des sensa- Looks behind (1993), Roy Vaara lions, des prothèses technologiques sont insérées dans le corps.«La technologie du futur sera invisible.Le corps l’aura bientôt totalement avalée.Le corps mange la technologie qu’il produit.» Contrairement à ce que suggère le titre du documentaire, le corps absorbe la technologie.Stelarc objectifie le corps pour le sortir «des anciennes métaphysiques» qui traitent d’une notion de l’âme inacceptable pour lui.Le genre a ses mythes.Une légende veut ainsi que Rudolf Schwarzkogler (1940-1969), un artiste viennois, se soit coupé le pénis au cours d’une performance et qu’il en soit mort.Richard Martel, cofondateur de la revue Inter et de la galerie Le Lieu à Québec, farouches défenseurs de la performance, lui-même perfor-meur aguerri, rétablit les faits.«C’est faux, Schwarzkogler a fait sept actions dans sa vie, sans public, juste pour le photographe.C’est un travail très fort, qui a influencé les performeurs.On imagine la lenteur du travail, la mise en scène.A mon avis, ce n’est pas de la performance.» Ce serait plutôt de la photographie de studio.Pour Martel comme pour Tourangeau, la performance doit être faite devant public.Cette dernière explique que «le grand défi en performance est de ne jamais être dans l’anticipation, ni dans l’image mentale de ce que tu crois faire.C’est là que s’établit la présence.Chaque geste en appelle un autre.C’est pourquoi la performance développe la conscience.Ce n’est pas de l’impro- Quelques jalons La performance a une histoire.L’expression «performance art» aurait été inventée autour de 1970 et a progressé pour englober rétrospectivement les happenings, déjà en vogue sur la scène new-yorkaise et les activités du groupe Fluxus, né en 1961 autour de George Maciunas, avec des performeurs en danse, en musique, et toutes sortes de collaborateurs, notamment en littérature.La meilleure définition des activités du groupe toujours actif vient sans doute de Dick Higgins (1938-1998), l’un de ses cofondateurs: «Fluxus is not: a moment in history, or an art movement.Fluxus is: a way of doing things, a tradition, and a way of life and death.» La performance a main liée entre autres avec le créateur américain de musique actuelle John Cage et ses expériences au Black Mountain College, au début des années 50, ainsi qu’avec les photographies du peintre Jackson Pollock, lui qui avait décroché ses toiles du mur pour peindre au sol, en plein mouvement.L’explosion d’une sensibilité gauchiste exacerbée par des années socialement troublées a aussi contribué à son émergence.Elle vient aussi des futuristes et de dada, de leurs manifestations et revendications publiques.Son histoire avance en cordée avec les avant-gardes qui ont voulu, à grand renfort d’idéologies, marier l’art et la vie.Pour certains, une date, 1958, constitue une balise dans cette histoire: Allan Kaprow organise cette année-là un premier happening à la Rutgers University du New Jersey, et le Français Yves Klein, inspiré par la tournée européenne de John Cage, invente le vide avant d’utiliser, le 9 mars 1960, littéralement et à mille lieues de la rectitude politique ambiante, le corps d’une femme comme pinceau, dans une performance chorégraphiée à la Galerie internationale d’art contemporain, à Paris.visation.Tu fais la mise en situation la plus serrée possible, en fonction de l’intention.C'est faux de dire quelle n’a a pas de structure», même si elle peut «être ouverte» et permettre l’aléatoire.Le body art n’est qu’un des aspects de la question.La performance n’implique pas toujours de grands déploiements de technologie, ni le corps dans sa physicalité.La relève La recrudescence actuelle de la performance viendrait d’une volonté des artistes de se rapprocher du public.Pour Martel, «c'est ce qui compte en ce moment».Il explique qu’après les années 80, la performance a été plus «trash» mais qu «aujourd’hui, c'est moins physique, on cherche à faire réfléchir les spectateurs.On le voit ici et dans d'autres pays, l'artiste va vers le public, sous diverses formes, avec des œuvres publiques, des actions dans la rue.» Pour Martel, il n’y pas d’opposition entre le privé et le public, mais une oscillation entre l’intime, le privé et le public.«Faire de l’art, c’est mettre de l’art où il n’y en a pas, ou faire de l’art avec ce qui n’en est pas.En faire pour une institution muséale, ça marche, mais ce n’est pas courageux.Tu dois aller vers d’autres terrains, les transformer pour créer de nouveaux systèmes de relations.L’univers performatif est comme ça.» Abondant dans le même sens, Tourangeau fait remarquer que la performance se transforme.«La nouvelle génération mêle les genres.C’est une forme de désinvolture très efficace.Elle a une notion de public différente et fait des choses reliées à une présence dans le tissu urbain, sans le rôle des médias, loin du spectaculaire, parfois même incognito.Cette nouvelle attitude est garante des développement de cet art du présent.» Des noms?Marie-Andrée Rho, Massimo Guer-rera, déjà un incontournable, Marie-Suzanne Désilets, Marie-Andrée T.et Iwona Majdan, pour ne nommer que ceux-là.Faisant suite à la Rencontre qui se termine ce soir à Québec, Martel annonce que les éditions Intervention vont ajouter un titre à leur substantielle collection, pour mettre de l’ordre dans tout cela.«lœ livre qu’on prépare documente la performance pour 25 pays entre 1978 et 1998.Il contient une relecture des années soixante pour démêler ces questions: l’actionnisme, la poésie action, l'art corporel, les débats entre happening et Fluxus.» L’ouvrage devrait sortir dans un mois environ, bilingue.Gigantesque, il totalisera 1200 pages.Lire également notre texte sur l’événement performance à la Galerie Skol dans les pages d’arts visuels du Cahier Livres, page D9.Le Conservatoire d'art dramatique de Montréal présente d'après ta pièce sans titre d'Anton Tchékhov adaptation de Pot Quentin Mise en scène de Patrida Nolin assistée de Louise de Beaumont .A Avec les finissants de 3e année du 27 octobre au 4 novembre (johu) pourquoi (relâche te dimanche 29 octobre) Au Studio-théâtre Jean-Valcourt, 100, rue Notre-Dame Est, Montréal (métro Champ-de-Mars) ENTRÉE : 6$ (don versé au Fonds de secours madame Jean-Louis Audet) RSVP au : (514) 873-4283 Québec Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec > DU 28 SEPTEMBRE AU 28 OCTOBRE 2000 Edward Albee ^3 - O/ W/ théâtre du rideau trert Du 26 septembre au 21 octobre 2000 Traduction : Michel Tremblay Mise en scène : Martin Faucher Avec Louise Marleau, Raymond Cloutier, Pascale Desrochers et Patrick Eauzon.Assistance à la mise en Concepteurs: Mic! (51\ 4664,\ Servic\___^—«o-rerïâmedis el :hes en matirtéiTsur réservation seuler Marc Parent, ay ’WrVR Omni Pont Brid >portaitbiduled'une ** femmephotographe MeMyLeer Millier UNE CREATION DE CAROLE NADEAU (le Croaleurs-conseils > La LE HORS-BORD 3655, bouI.Saint-Laurent, Espace 104 Réservations > 2890848 > Prix régulier : 20 S CU > Étudiants et aînés : 15 $ 2A e'26 L LE devoir Mais que nous renoues-tu là, Petula?Un quart de siècle plus tard, retour en ville de la plus francophone des chanteuses britanniques SYLVAIN CORMIER La mémoire est un entonnoir, avec un tamis au bout.Pas grand-chose n’y passe.Tiens, de Petula Clark, que se rappelle-t-on?Demandez autour.A moins que vous ne tombiez sur un ado qui répond Eminem à toutes les questions, on vous dira: Downtown.Avec un peu de chance, on vous en chantera un bout: «When you’re alone / And life is making you lonely / You can always go / downtown.» C’est tout et c’est ainsi.Le curriculum en forme de peau de chagrin.Un refrain immortel pour mille oubliés.Triste ratio.Même moi, fan de la chanteuse depuis l’enfance, je l’avais perdue de vue ces dernières années.De loin en loin, les échos de ses succès dans les comédies musicales échouaient en brèves dans les quotidiens.Premier rôle dans Sunset Boulevard en 1995, puis plus récemment dans Blood Brothers.Donnait-elle encore des spectacles?J’avais l’impression que non.Et pourtant, si.«Je reviens toujours à mon spectacle.Les comédies musicales sont des pauses d’une année ou deux entre les tournées», précise Petula Clark elle-même en personne.On est dans un hôtel à Montréal.C'est la ronde promo, un mois avant le spectacle du samedi 28 octobre au Saint-Denis, premier passage de la chanteuse en ville depuis 1976 (alors en vedette à la PdA).Rencontrer Petula Clark me fait de l’effet.Pour moi aussi, Petula, c’est Downtown chantée au Ed Sullivan Show en 1965, mais c’est aussi tout un tas d’autres chansons, et pas seulement les succès planétaires (/ Know A Place, My Love, Color My World, A Sign Of The Times, Don't Sleep In The Subway, This Is My Song): je peux fredonner sur demande tous les tubes de son étonnante carrière parallèle en France (et chez nous), conséquence inattendue de son mariage avec le producteur Claude Wolff au début des années yéyé: Chariot, Mon bonheur danse, Je me sens bien, Personne ne veut mourir, Un jeune homme bien, Que fais-tu là, Petula ?, et même Ô shériffô, que lui écrivit Gainsbourg.Il n’y a pas que les chansons.Je revois également des films: le merveilleux Pinion’s Rainbow en 1968 avec Fred Astaire, Goodbye Mr.Chips l’année suivante avec Peter OToole.«Ah! Les sixties, je suis un peu piégée dedans, soupire en souriant Petula C’est normal que les gens me mettent dans cette petite case.Bien sûr, moi, je ne peux que considérer ma vie en entier.La période Downtown, toute formidable soit-elle, n’a été pour moi qu’une phase.Je crois avoir accompli de meilleures choses depuis.Mais peut-être moins spectaculaires.» Il y a eu l’après-Downtown, mais aussi l’avant.A moins d’être un Britannique avoisinant les 80 printemps, le souvenir de Petula Clark en tant que The Forces Girl — la p'tite chérie des forces armées — sera pour le moins vague: n’empêche que dès 1942, la petite Petula, du haut de ses dix ans, chantait pour donner du courage aux troupes, sous la pluie de bombinettes nazies, «J’en parlais l’autre jour à Julie Andrews.Elle faisait ça aussi.Nous voyagions dans les transports de troupes, nous nous arrêtions dans les camps et chantions nos petites chansons.» Souvenir heureux, contrastant avec l’horreur du moment.«Les enfants trouvent toujours quelque chose de magique à leur existence.Nous jouions avec les éclats d’obus après les bombardements.Les ruines, c’était notre terrain de jeu.» Dans le spectacle, elle utilise, sorte d’autobiographie en chansons, un enregistrement «tout crépitant» d’elle à dix ans chantant à la BBC.«Ce spectacle, c’est une mise en contexte des différentes périodes de ma carrière.Pas une ode aux “good oT days”.Ce n’est pas ainsi que je vois ma vie.» Le répertoire en français y sera généreusement représenté.«Il y aura même une chanson de Notre-Dame de Paris.» J'ai failli m’exclamer: que fais-tu là, Petula?Franchement, je préférerais une autre de Gainsbourg.Im Gadoue, tiens.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le chorégraphe Boris Char-matz a connu le succès si jeune qu’il excite de vieux fantasmes liés à l’idée de prodige.Côté création, vrai que Charmatz a été plutôt précoce: sa première chorégraphie, À bras de corps, a été créée alors qu’il n’avait que 19 ans, au moment où son collaborateur, Dimitri Chamblas, n’avait que 17 ans.L’œuvre que vous pourrez voir à l’Usine C, dans le cadre de Danses à l’Usine, Att Enen Tionon, il l’a écrite en 1996, à l’âge de 23 ans.Au-delà de la biographie, il est vrai que les créations de Charmatz ne sont pas banales, ce qui amplifie la réception que son jeune âge lui assure.Instantané, le succès?«Il y un peu de bruit autour de nous, mais j’ai commencé très jeune à chorégraphier.Sur notre première pièce, il n’y a pas eu tant de bruit que ça autour d’elle.On n’a pas beaucoup tourné au départ.Chaque pièce met du temps avant de rencontrer les programmateurs qui vont vraiment la diffuser.Du coup, on n’a pas beaucoup de pression.» Les deux comparses continuent de participer à d'autres projets, «ce qui contribue à modérer la supposée pression.La fulgurance est relative».Att Enen Tionon culbute quelques notions chères à la tradition.La première à sauter, peut-être la plus précieuse pour d’autres, l’idée de groupe, de communication entre des chorégraphes, du moins dans sa forme conventionnelle.Dans Att Enen Tionon, le dispositif d’accueil des danseurs n’est pas la norme.Sur quelques mètres de hauteur, une structure étroite de trois paliers sert de piste de danse multiple, autour de laquelle les spectateurs peuvent circuler.Trois danseurs: en bas, le chorégraphe Charmatz, coincé entre les deux autres protagonistés; au centre Vincent Druguet, sorte de passeur; au sommet, limitée dans ses mouvements par la surface de jeu réduite, Julia Cima.Aucun débordement n’est permis, aucun contact physique ni visuel.Le fil MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Henri Dès est en ville, et le chanteur suisse traîne dans ses bagages non seulement un nouveau disque (Du soleil) et un nouveau spectacle (S’il vous plait, du soleil), mais aussi fiston Pierrick, celui-là même qui du haut de ses quatre ans inspira au bougre moustachu sa toute première mélodie.Le curriculum en forme de peau de chagrin.Petula, c’est un refrain immortel pour mille oubliés Triste ratio.du Nord prem*revKI«en»"'éri‘,UC Boris Charmatz (France) nniT ENEN TIGNON > ACCOMPAGNÉ OU FILM LES DLSPAAATES (CÉSAR UAVSSIÉ) > PREMIÈRES NORD-AMÉRICAINES^ «RADICAL, ÉNIGMATIQUE ET ENUOÛTANT »¦ Le Télégramme, France ' 25 > 20 OCT.20H + 29 OCT.15H Festival « ‘IfsS 1345, «venue Lelonde, Métro Beaudry Québec SS hi esses-CanacEt QuébecSS zsszsss hfjur inmnsQ V.r.Billets indiuidueis ' Usine C S1H-SEI-HH93 ADMISSION - SH-rSO-lSHS > 1-800-361-1595 Visitez notre site Uleb > uiuitti.fsBtiuainauuelledanse.es Danses à l’Usine Pistes de danse CATHY PEYLAN Boris Charmatz dans Att Enen Tionon est rompu entre les trois partitions.Ce sont les prémisses que Charmatz a voulu imposer à sa création.L’œuvre est aménagée par cet échafaudage, lui impose des limites, fait s’effondrer la communication pour la reconstruire sur d’autres fondations.De par son titre, Att Enen Tionon, la pièce est placée à l’enseigne du langage.Comme un énoncé glossolalique, issu d’un langage imaginaire, ou à tout le moins comme un ralentissement de la prononciation, le titre brise la signalétique habituelle.«On parle de la danse comme d’un langage.J’ai le sentiment qu’il y a un rapport inextricable entre la partie logos ou la partie sentir de chaque geste.Il n’y a pas de langage dans lequel tout geste est marqué à jamais par des significations stables.Le corps est sans cesse travaillé par du langage, qu’il soit inconscient ou déterminé par les structures sociales.» Pour Charmatz, le corps ne doit pas nécessairement être soumis à une signification très claire.Aménager des angles morts Les danseurs sont coincés dans un espace réduit.Ils n’ont pas accès à ce que chacun fait, même dans le cas du chorégraphe, impliqué dans le processus.Dans Att Enen Tionon, les danseurs sont mis a nu sans flatterie.«On a l’impression avec la nudité qu’on donne tout à voir.Elle est plutôt comme un masque, qui submerge le danseur d’images de publicité, de l’histoire de l’art, d’expériences personnelles.» Vêtus simplement de teeshirts, le bas du corps dénudé, sans musique, les danseurs évoluent dans un environnement sévère.Mais les paliers sont perméables.«Je peux donner des informations qui vont monter au sommet de la structure ou l’inverse.On reste chacun à son niveau, on légitime les SPECTACLES La moustache à papa Pierrick a 30 ans, pioche sur une batterie depuis l’âge de neuf ou dix ans, et suit désormais la moustache à papa dans ses tournées car il est batteur de métier.En plus d’en faire son inspiration et son public, Henri Dès a doucement amené son musicien de fils à participer à ses envolées musicales, sur scène et sur disque! Voilà dix ans que tous deux sont complices jusque dans la musique.Fiston a toutefois un répertoire plus étendu que papa.Entre les coquines J’me débrouille et Ange ou démon de Henri Dès, il goûte au trash, au heavy metal et au speed metal.«A l’époque où papa m’a demandé de jouer pour lui, je faisais que du trash et du heavy metal.Il y avait un titre où il ne savait pas quoi mettre comme batterie, et il m’a demandé mon avis», raconte Pierrick Dès, rencontré avec son père cette semaine à Montréal.«J’ai tout de suite vu un rythme speed dessus, qui s’apparentait à du speed metal mais qu’il a plutôt tourné en gospel.» «Du gospel?Tu crois que c’était du gospel La Glace au ci- tron?» s’étonne le musicien de père.«Ben oui, c’était du gospel», rétorque le fils, rythme sur la table et chansonnette à l’appui.Si Pierrick a inspiré la toute première chanson d’Henri Dès, archi connu aujourd’hui pour cette aura de bonheur simple ou de simplicité joyeuse qu’il inspire partout où il passe, les chances sont minces que la propre fillette de Pierrick lui ait inspiré à lui ses créations.Il me tend son album, qu’il a endisqué au cours de la dernière année.Le nom du groupe, Explosion de caca, y est bien en évidence, une illustration des plus éloquentes à l’appui.Provocateur Provocateur, pratiquant l’humour absurde, le musicien a choisi avec son groupe de reprendre en version «trash» les thèmes des émissions télévisées de son enfance, dés Anges dans nos campagnes à Maya l’abeille en passant par Barbapapa.Lorsqu’il entend Pierrick parler de Explosion de caca, Henri Dès rigole: «C’est vraiment très très drô- Québec « de Pol Pelletier dès le 9 octobre au 90, Ste-Catherine est Réservations • Billetterie Articulée 844-2172 • Réseau ADMISSION 790-1245 Tm» Im {«udla.«olréM 'donnai et quo vout pouvoi' INFORMATION t 325-3170 Att'JANy." i: 'm".I * '3" III til I «I huOÙMI C* i pouvoirs en place, mais en même temps et c’est qui compte dans Att Enen Tionon, quelque chose circule entre nous, qui est beaucoup plus fort que si on changeait de place.» L’écoute serait donc ailleurs, au-delà de l’isolation des protagonistes.«Le moindre frémissement de la structure métallique nous informe de ce qui se passe sur les autres paliers.» La relation de groupe passe par une attention manifeste.Parfois, des moments synchronisés surviennent dans les vingt-cinq minutes que dure la pièce.Une chaîne se forme, le fil se tend, une communauté se produit alors.«La danse évolue de manière particulière pour chacun.Julia Cima parfois se couche sur le plateau et alors on ne la voit plus.Le fait d’avoir une énergie au dessous d’elle, ou pour Vincent Druguet, de sentir quelque chose au-dessus et en-dessous de lui, modifie le rapport aux autres et la danse qu’elle fait.Une foule de paramètres influent.» Le programme des soirées Charmatz s’ouvre sur la projection du très beau film de César Vaysslé, fait à partir d’une œuvre du duo, Les Disparates.Dans ce film, les unités de mouvements sont rompues par une multiplicité de lieux.Des gestes commencent dans un lieu et se terminent dans d’autres, modifiant leur portée.«J’aime bien l’idée que la part humoristique, sérieuse, ou dramatique, cette classification des mouvements, soit cassée.On ne sait plus si les gestes sont érotiques ou puritains.» Parfois, comme dans les scènes filmées sous la pluie, le danseur est privé de ses moyens par le terrain qui devient glissant Comme dans Aatt Enen Tionon, le contexte «remet en cause le métier, ce qui va à l’encontre des nombreux savoirs du corps que Ton obtient lors de notre formation».Il s’agit là pour Charmatz d’une des conditions pour qu'advienne la création, «pour que le spectacle ne dorme pas».ATT ENEN TIONON de Boris Charmatz, dans le cadre de Danses à l’Usine, à l’Usine C du 25 au 29octobre.le, rien que le titre, j’ai dit: “Écoute Pierrick, tu vas pas mettre ça comme nom à ton groupe, personne va vouloir de toi!”» Du travail «rigoureux» avec son père à la «déconnade complète» d’Explosion de caca, le fils Dès éprouve le même plaisir.Idem pour le père d’ailleurs, qui affirme s’amuser comme un petit fou aux concerts «trash» de son fils, à la fois par ce qui se passe sur scène et dans la salle! Depuis cette toute première chanson écrite spécialement pour Pierrick alors qu’il était gamin, Henri Dès inclut son fils à son métier, des studios d’enregistrement où le petit était témoin à la cuisine où on discutait avec sa femme Mary-Josée du métier de chanteur.Mais maintenant, Pierrick apporte une «couleur» toute particulière aux mélodies de son père.«Les musiques, je les ai toujours écrites, mais après, elles peuvent appeler un certain type d’arrangement et c’est Pierrick qui donne la première impulsion, qui va donner une sorte de couleur au disque», explique Henri Dès.Seuls tous les deux en studio, père et fils entament l’aventure d’un nouveau disque.Sur les paroles et la musique écrites par le sieur Dès lors d’une pause de quelques semaines au chalet, les deux compères mettent voix et batterie.«Il a rajeuni complètement ma couleur musicale, parce qu’il est imprégné de musiques d’aujourd’hui, explique Henri Dès, alors que moi je suis issu d’une génération qui écoutait Brassens, Félix Leclerc, Brel et Béart d’un côté, Elvis Presley et les Beatles de l’autre.Quand il est arrivé avec sa façon de voir la musique, ç’a complètement transformé le look de ma musique, l’habillage.» En attendant d’inclure ses petits-enfants à sa ronde musicale, Henri Dès continue de faire tourner les cœurs.Le douzième de ses disques, Du Soleil, présente, avec cette même simplicité désarmante, un mélange de fraîcheur et de douce folie des mots, le tout assaisonné d'un grand respect pour la capacité d’apprendre de l'enfant.HENRI DÈS S’il vous plaît, du soleil Théâtre Saint-Denis, 27 octobre, Montréal Palais Montcalm, 28 octobre, Québec Salle Maurice O TE ready, 29 octobre, Sherbrooke i I E DEVOIR, LES SA M EDI 21 E T D I M A .V ( H E 2 2 O ( T O R R E 2 O O 0 c r> II T tl CINÉMA Alain DesRochers à la poursuite du rêve « 17 OOO TROUS PLUS TARD.» RÉAL BOSSÉ FRANÇOIS PAPINEAU LAPOINTE HÉLÈNE LOSELLE PASCALE BUSStÈRES \ JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alain DesRochers, dont le premier long métrage, La Bouteille, prend l’affiche ce week-end dans 30 salles à travers le Québec.MARTIN BILODEAU Il s’est fait une réputation avec le vidéoclip.Il s’est bâti une renommée dans le monde de la pub.Aujourd’hui, son rêve d’être cinéaste, déjà entériné par quelques courts métrages (dont L'Oreille de Joé, remarqué), a conduit Alain DesRochers à empoigner La Bouteille, son premier long métrage, qui prend l’affiche ce week-end dans 30 salles à travers la province.C’est dans un de ces patelins anonymes de la Montérégie qu’il a filmé cette comédie intelligente et sympathique sur la poursuite du rêve, où deux amis, Réal (Réal Bossé) et François (François Papineau) , se sont donné rendez-vous pour extirper, du terrain dans le quel ils l’avaient enfouie 15 ans plus tôt, une bouteille dont le contenu, juxtaposé au présent des deux hommes au milieu de la trentaine, pourrait leur indiquer quel chemin prendre et mettre en perspective celui qu’ils ont jusque-là parcouru.«C’est un film qui parle de la minute où on s’arrête dans notre vie pour se demander si on a réussi ce qu’on voulait faire.Et pour moi, la trentaine, c’est l’âge critique, où on s’établit, où on est reconnu, où on commence à être quelqu’un aux yeux des autres», explique Alain DesRochers, rencontré cette semaine, quelques heures avant l’avant-première de son film.Lui-même, dit-il, a enfoui une bouteille avec un ami, en 1991, dans le jardin de ses parents, bouteille qu’il a déterrée le printemps dernier et dans laquelle il était écrit qu’il réaliserait son premier long métrage avant l’âge de 30 ans.DesRochers en a 35, mais bon, l’important, c’est que le rêve, dans son essence, se soit réalisé.D’autant que ce rêve date d’il y a longtemps, d’une époque, en fait, où il avait abandonné le cégep pour voyager à vélo.Lors de sa première escale, les îles de la Madeleine, il tombe sur le plateau de tournage de Mario, de Jean Beau-din.Le coup de foudre avec le médium lui indique de rebrousser chemin immédiatement, de retourner au cégep pour ensuitç intégrer l’université Concordia.A sa sortie, lui qui méprise le clip et la pub se fait jeter dedans et poursuit son chemin dans cette voie: «Le clip et la publicité m’ont permis de travailler sur le terrain.» Et maintenant qu’il l’a parcouru, ce terrain, il a choisi de prendre la pelle et d’y creuser, secouru dans l’épreuve par son coscénariste, Benoît Guichard, et son producteur, François M.Pouliot.Im Bouteille, qui s’inscrit dans une réalité bien québécoise des gens ordinaires écartelés entre le bas de laine et le rêve américain, l’obéissance fiscale et la délinquance sociale, reste avant tout un film d’une rare universalité dans notre cinéma: «Dans les scénarios, souvent, on fabule, on invente des gens qui n’existent pas.J'avais plutôt le goût de revenir à la base d’un monde qui existe.Je ne vais jamais au cinéma, je ne lis pas, je ne regarde pas la télévision, mais j’observe énormément les gens, où que je sois et dans quelque situation que je sois.Et les personnages dans le film sont vraiment inspirés de gens que je connais», affirme celui qui a réalisé La Bouteille dans l’espoir, jus- tement, que ces gens qu’il observe s’y reconnaissent et aspirent, à son contact, à une meilleure compréhension d’eux-mêmes.Le vide entre les deux D’autant qu’entre ces films québécois «où on se prend la tête» et les comédies bêtes à hurler qui inondent le marché, DesRochers trouve qu’il n’y a pas grand-chose et qu’en visant ce vide entre les deux il se donnait la chance de rejoindre les vrais décrocheurs du cinéma québécois.Ceux qui, comme lui, jubilent à l’idée de voir réunis, 27 ans après Les Ordres, Jean Lapointe et Hélène Loiselle, dans le rôle du vieux couple qui laisse les deux hommes défigurer leur jardin moyennant compensation financière: «Je trouvais ça beau, cette idée du couple qui a vécu la Crise d’octobre et qui se retrouve à la retraite en train de faire son petit jardin.C’est une image qui, pour moi, résume assez bien qui nous sommes en tant que Québécois», soutient le cinéaste, pour qui l’analogie avec le classique de Michel Brault s’arrête là: les personnages ne sont pas les mêmes; le couple que Loiselle et lapointe forment à l’écran n’est qu’un écho de celui qui a marqué son parcours de cinéphile moyen.Un parcours, cela dit, sans véritables repères puisque DesRochers se dit à peu près inculte, apolitique et désireux, avant tout, pour lui-même et ses enfants, d’être citoyen du monde.11 vote avec douleur, ne veut pas jouer la carte politique («Falardeau fait ses affaires, moi, je fais les miennes», dit-il) et espère continuer à faire son cinéma en dehors des réseaux, pour ceux qui, eux aussi, en sont exclus: «Je n’ai pas envie de faire des films pour la communauté artistique de Montréal», dit-il.En fait, avec La Bouteille, Alain DesRochers prouve que la comédie intelligente est un trésor enfoui et qu’il suffit d’une pelle et d’une pioche pour le trouver.NOUVEAU CINÉMA NOUVEAUX .- Volkswagen 200 rSvm im2„EOf4o0RE 1000 www.SAMEDI 21 OCTOBRE ?EX-CENTFUS Salle Cassavetes 9h45CODE INCONNU 121)00 TUE GODDESS DF 1967 14h20 HUSTLER WHITE 151)50 Yl Yl 191)00 THE DAY I BECAME A WOMAN 201)35 Yl Yl Salle Fellini 131)20 THE PUNISHMENT 151)20 AIE (OUCH) 171)20 FAST FOOD.FAST WOMEN 191)20 LES MUSES ORPHELINES 211)20 LES YEUX FERMÉS Salle le Parallèle 91)40 LES YEUX FERMÉS 111)40 OMGOTTESWILLEN 131)40 LES FANTÔMES DES TROIS MADELEINE (THE THREE MADELEINES) 151)40 SILENCE DE L'IMAGE H TRAVAIL DE LA PHOTOGRAPHIE/SILENCE (04) 17h40 DE L'ART ET DE LA MANIÈRE CHEZ DENYS ARCAND 191)40 CHERCHEUR DE MIRACLES (DIGGING FOR MIRACLE) 211)40 VACANCES PROLONGÉES (DE GROTE VAKANTIE) LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE Salle Claude-Jutra 131)00 DISTANCE CRITIQUE/VOYAGf (01) 151)00 THOMAS EST AMOUREUX 171)00 DÉCALAGE/DISCREPANCY (18) 191)00 COMÉDIE DE L'INNOCENCE 211)00 URBANITÉ/URBANITY (09) Salle Fernand-Seguin 131)30 CRAZY 151)30 SALT (20) 171)30 DOULEUR ET DIGNITÉ/DIGNITY (07) 191)30 ROSA-THE DEATH DF A COMPOSER 211)30 LUDISMECONSIDER THIS (16) MEDIA LOUNGE 211)00 ROCK IN THE VIDEO AGE POLE, BURNT FRIEDMAN, JAN JELINEK, VISOMAT-VJ, BARBARA PREISINGER 171)00 DERRIÈRE L'INSTALLATION SONORE DIMANCHE 22 OCTOBRE >- EX-CENTRIS Salle Cassavetes 91)55 C’EST LA VIE (ASI ES LA VIDA) 111)50 SHOWER 151)30 Yl Yl 21h30 POSSIBLE WORLDS Salle Fellini 101)00 UN TEMPS POUR L'IVRESSE DES CHEVAUX (ZAMANI BARAYÉ MASTI ASBHA) 11h35 THE DAY I BECAME A WOMAN (R00ZI KEH ZAN SHODAM) 131)20 LE CERCLE (DAYEREH) 171)20 THE DAY I BECAME A WOMAN (R00ZI KEH ZAN SHODAM) 211)30 POSSIBLE WORLDS Salle Le Parallèle 91)40 DE L'ART ET DE LA MANIÈRE CHEZ OENYS ARCAND RAUL’S BOOK (0 LIVRO DE RAIL) 111)40 EUREKA 131)40 THOMAS EST AMOUREUX 151)40 EISENSTEIN 171)40 SOLITUDE/SOLITUDE (13) 21530 POSSIBLE WORLDS EX-CENTRIS Salle Cassavetes 191)00 FILM DE CLÔTURE SUR INVITATION SEULEMENT Salle Clauile-Julra 131)00 L'ATELIER DE MICHÈLE COURNOYER 15500 I MAGINAIRE/ IMAGINATION (19) 17500 DARK DAYS 19500 AIE (OUCH) 21500 IN THE MOOD FOR LOVE Salle Femand-Seguin 12550 FIRST PERSON SERIES 17530 CHERCHEUR DE MIRACLES (DIGGING FOR MIRACLE) 19530 THE PUNISHMENT 21530 STATUT DE LIMAGE/STATUS OF THE IMAGE (08) Billet film ?8$ Billet nouveaux médias ?8$, ou 16$ Étudiant ?7$, 14$ CARTE FCMM ?5 unités ?35$ 10 unités ?60$ LIGNE INFO-FESTIVAL ?(514) 847-1242 * BILLETTERIE ?(514) 847-2206 ri lo fondation Oanitl Langlois pour l’art, la science et la technologie Bdl Æ/Ê0 BANOlir LADMN1 hr Jur S”t£r.Q Talafilm Canada («IliMfl «Un film brillant, un regard touchant et drôle sur la condition humaine.On devrait contraindre tous les médecins à aller le voir.D - René Homier-Rov.Flash «.un film précis et beau comme la vie.» • Denis Côté, ICI «Un de ces rares et précieux films qui vous redonnent confiance en Thumanité.» -Louise Blanchard, Le Journal de Montréal 1 m , Films LES , CONFESSIONS dlDOCTEU Un film de MICHEL DEVILLE avec ALBERT DUPONTEL VALÉRIE DRÉV1LLE D’après le roman de MARTIN WINCKLF.R « La maladie de Sachs » publié pai le» édition' PO L À L'AFFICHE! rPAmsiENTl ?SON DIGITAL La «maladie» de la brousse AMATURE Réalisation: Bruno Boulianne.Documentaire.Cinéma de l’ONF.GDI LE TREMBLAY LE DEVOIR Plusieurs ont connu Bruno Boulianne à l’époque de la Course Europe-Asie.D’autres se souviennent de son excellent documentaire Un cirque sur le fleuve ou des Toiles du labour, explorant le monde agricole.Aviature, témoignant une fois de plus de son amour pour la nature, est l’enfant du Studio Culture et Expérimentation de l’ONF, appelé à disparaître le printemps prochain, après avoir épaulé pourtant avec succès des cinéastes de la relève.En vedette: les pilotes de brousse, qui sillonnent au Québec les territoires vierges et les mille rivières, des êtres poètes à leurs heures, que la caméra accompagne au vol et qui témoignent ici de ce que l’un d’eux comparera à l’amour, une maladie contre laquelle vous ne pouvez rien mais qui vous possède.Un autre tout aussi inspiré dira que le pilote devient poisson, oiseau.G's limites de leur humaine nature se voient tout à coup dépassées.Ces pilotes d’hydravions qui sillonnent les régions éloignées du Nord, sont une espèce étrange, vivant des sensations uniques.Ixi caméra s’élance en plein ciel avec eux, d’où ces panoramas aé riens superbes.Beau film, donnant la parole à des êtres aux visages butinés, marqués par la vie, dont les yeux rêvent.Ils s'appellent Thomas Fecteau, un aviateur à la retraite, Jean-Marie Arsenault au volant de son bimoteur DC-3 sur skis, Bertrand Cloutier, sorte d’Icare adepte aussi de deltaplane et de chute libre.Entrevues statiques On peut reprocher au documentaire de trop s'attarder aux entrevues statiques sans nous entraîner assez souvent dans la subjectivité des regards, à la découverte de pures sensations.Les moments où l’on senvole avec ces hommes sont les plus magiques.Ce coucher de soleil à la barre du soir dans la contemplation du ciel en dit davantage que mille mots sur la passion qui anime ces hommes.Par ailleurs, ceux-ci devraient être identifiés plus souvent, tout au long du film, en fait.A la fin, on ne se souvient plus qui est qui et qui fait quoi.Cela dit, Aviature se révèle tissé d’images magnifiques, et la dernière partie, la plus forte, où ils abordent directement leur rapport poétique avec la nature et leurs plongées dans le vide avec des appareils légers devenus extension de leurs corps, est d’un merveilleux lyrisme.SOURCE ONF Ces pilotes s’appellent Thomas Fecteau, un aviateur à la retraite, Jean-Marie Arsenault au volant de son bimoteur DC-3 sur skis (la photo), Bertrand Cloutier, sorte d’Icare adepte aussi de deltaplane et de chute libre.« SEUL FILM CANADIEN À CANNES QUINZAINE DES RÉALISATEURS » ?« GRAND PRIX DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE FIGUEIRA DA FOZ (Portugal) » Les Fantômes des 3 Madeleine Un film de Guylaine Dionne avec Sylvie Drapeau, France Arbour et Isadora Galwey Une production Filmo - france Film À L’AFFICHE LE LUNDI 23 OCTOBRE exCentris EQUINOX elxèCe n t r i s DANCER IN THE DARK • AÏE» POSSIBLE WORLDS • CHERCHEUR DE MIRACLES • DE L ART ET DE LA MANIÈRE CHEZ DENYS ARCAND metot de G COMME GÉNÉRA TIONS • VON TRIER’S 100 EYES • LES FANTÔMES DES 3 MADELEINE • LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO RESSOURCES HUMAINES • SHOWER CINÉ-KID : LE GÉANT DE FER •USA ET LE TIGRE AUX DENTS DE SABRE • CHER PÈRE NOËL irammation Novembre-Décembre 2000 O Etudiant cl ago d'or 6$ En semaine avant 18:00 heures 6$ Admission générale 9$ O horaires et infos: 514.847.2206 / WWW.ex-cenths.com ¦'.TV 1 rwwmcw SOOtC Ciww#jmhiHâHCrnuAi Cn—MlAm*>l«conrawmtwrtwwf MACM .18*/12t ort/nov • Rien à voir ?soi Rtc s tu crm 2 emoRAmts oiritutnrs 15 conmsirmces MACM .10I/8J Des solistes exceptionnelles irlVU ' VIHÇIHt, KATHtRlHf DvHCAHSOH, R IBM Got AH I macm .ia$/m Les grandes exploratrices JciAHt Ut 10, HASAhl fai'H, Am Boum, A/mkï uh Btmo, Gahc Y' MACM .181/12J ÆS ( w»rcr-li novembre • éuii Quatuor Claudel IHTtmtTC Ktltr MAMf.Hmmr.MKhuiri Cmmc Saisi Mahcoux, üm Cahih Shuh*.Pierre-Mercure • 18$/U;L Billets disponibles aux guichets des salles et au réseau A d m i s s i o n == MUSéf 0 ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Quebec a» < entre Pfvrr* PHniirmi ?•H» Salle Plrrrr Mercure r ' .''itilil A ^L * V •*> rvrfiî » U IH\ll||! * .V MACM, Salle Beverley Webster Roi pu Guichet 514 847-62P6 Untrc Firrrr 1 U00 Guichet 514 987-6919 i 4 9b • MM.Idnll i | 514 790 1245 ¦»IH /Ht i T' ** I*- MH HHTI I.K DEVOIR.LES S A M E l) I 21 ET DI M A X C 11 E 22 O C T O B R E 2 O O O C 9 ?MÉDIAS La vraie question Dimanche dernier, les internautes ont pu visionner le Gala des prix Gémeaux entièrement sur Internet, en temps réel.On se demande qui une telle diffusion a pu intéresser puisque tous les Québécois peuvent capter Radio-Canada partout dans nos contrées.Mais Radio-Canada a peut-être eu une idée d’avenir ce gala était tellement interminable et truffé d’allusions aux petites chicanes de l’industrie qu’on pourrait éventuellement libérer les ondes publiques et laisser les gens du milieu se regarder entre eux sur Internet! Mais, bon, la vraie question consiste à savoir si on pourra un jour se brancher sur Internet et regarder Un gars, une fille ou le show de Marc Labrèche à son propre rythme.Ou encore télécharger ces émissions sur son téléviseur branché sur Internet Disons que ce n’est pas demain la veille.Mais on s’en approche tranquillement.Jeudi, par exemple, une nouvelle entreprise, Inpix, lançait un tout nouveau site Internet qui permet de regarder trois émissions de télévision (Inpix promet une dizaine d’émissions d’ici les prochains mois).Ces émissions sont constituées à 90 % de contenu provenant d’émissions de télévision existantes, contenu encadré par de nouvelles présentations.Il s’agit clairement d’une expérience car les obstacles à une diffusion massive sur Internet demeurent importants.D’abord, la qualité visuelle n’est pas encore celle de la télévision, bien sûr.Mais elle s’améliore de mois en mois, au fur et à mesure que se propage dans la population l’accès haute vitesse à Internet.Il y a actuellement 250 000 foyers branchés haute vitesse à Internet au Québec et Inpix espère attirer 50 000 «abonnés».C’est encore bien loin de représenter les millions d’auditeurs de Deux frères, mais c’est déjà plus que plusieurs émissions des chaînes spécialisées.l£ modèle économique d’un tel système n’est pas très clair non plus.Ainsi, Inpix donne accès gratuitement à ces émissions, mais il faut s’enregistrer auprès du site.Inpix peut ainsi offrir aux annonceurs potentiels une information plus claire sur le nombre de personnes intéressées à un tel produit Normand Bélisle, président de cette nouvelle compagnie, est lucide: «Le potentiel de revenus rattaché à ces contenus sur Internet est modeste», convient-il, et il ne prévoit pas atteindre la rentabilité avant deux ans.Mais ensuite, «ce potentiel pourrait devenir plus important», lorsqu’on voudra commencer à facturer le téléchargement des émissions, un peu comme la télé payante actuelle.Ce qui nous amène au troisième grand obstacle, celui des droits à payer.Ici, on nage dans des eaux vaseuses, où rien n’est clair.Ainsi, l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) négocie habituellement des ententes collectives avec les associations qui représentent les scénaristes, les réalisateurs, les artistes-interprètes, les musiciens-compositeurs.Ces P a u l Cauchon ententes prévoient actuellement des tarifs pour la diffusion à la télévision ainsi que pour les «droits de suite», les diffusions télévisuelles supplémentaires (les reprises), la commercialisation en VHS ou en DVD.Mais aucune entente globale ne prévoit clairement la diffusion de contenu audiovisuel sur Internet On peut quand même diffuser sur Internet mais les parties doivent s’entendre entre elles sur une base individuelle.Et ce qui est actuellement diffusé relève surtout de l’autopromotion.Les négociations globales sur cette question, elles, se mènent entre l’APFTQ et l’Union des artistes depuis plusieurs mois.Car les artistes exigent aussi que soit préservée l’intégrité de leur image (on sait comment on peut facilement détourner des images recueillies sur Internet).Si des producteurs parviennent quand même individuellement à s’entendre avec les créateurs pour diffuser sur Internet, ils doivent ensuite s’entendre avec les télédiffuseurs, chez lesquels l’enjeu est tout aussi énorme.Car les télédiffuseurs qui financent les émissions s’assurent de l’exclusivité de cette émission sur leur territoire et offrent cette exclusivité à leurs annonceurs.Plusieurs spécialistes croient que, d’un point de vue technique, Internet évoluera bientôt dans le sens d’un verrouillage des territoires.On aurait ainsi accès à certains sites seulement dans une région précise.Ainsi, le site Internet de NBC a trouvé une façon technique, en septembre dernier, de diffuser des extraits des Jeux olympiques qui pouvaient être visionnés uniquement aux Etats-Unis.Mais compte tenu de la structure très ouverte d’Internet, cette possibilité semble encore hypothétique.La question des droits à négocier demeure cruciale et en décembre prochain, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle tiendra à Genève une conférence diplomatique pour tenter de définir un cadre juridique sur cette question.On ne sait pas encore si on arrivera à fixer un cadre global pour baliser le droit d’auteur sur Internet, mais on sait qu’il faudra absolument y parvenir.«Les producteurs savent très bien que la diffusion démissions sur Internet est le prochain marché à se développer, dit Mylène Aider, avocate à l’APFTQ, et c’est un marché qui pourrait éventuellement prendre la place des vidéocassettes.» pcauchon@ledevoir.com Il faudra parvenir à baliser le droit d’auteur sur Internet Van Dam SUITE DE LA PAGE C8 la technique permet néanmoins d’arriver à chanter sans se soucier d’elle et à faire quelque chose de bon.» On dit l’enseignement du chant en crise.Philosophe, il répond: «Quand vous enseignez le piano, vous savez ce qu’est le piano; en chant, c’est autre chose car vous ne connaissez pas l'instrument.D faut le fabriquer.» C’est ainsi que les chanteurs n’ont que fort peu de maîtres, qu’ils consultent toute leur vie, tout comme, parallèlement, les instrumentistes à cordes ont «leur» luthier pour s’occuper de leur instrument.Pourtant, si un violon peut souvent s’améliorer avec l’âge, les années réclament leur tribut au corps et la voix, éventuellement, s’éteint Ce qui est encore loin d’être le cas chez lui.Revenant à son rôle de Go-laud, il trouve qu’aujour-dTiui «bien des couleurs se sont ajoutées» et croit encore trouver quelque chose dans les rôles qu’il aura à faire.Pourtant, il avait affirmé, après les représentations de Saint François d’Assise en 1998 à Salzbourg, qu’il ne reprendrait plus ce rôle.Lui, le créateur du personnage, se met à en parler avec une passion fascinante.«Je suis croyant et ce rôle exige beaucoup.Non seulement physiquement — saint François est en scène pendant quatre heures — mais aussi dans l’engagement qu’il demande.Je pourrais le refaire, mais après cette série de représentations dans la magnifique mise en scène de Peter Sellars, je crois être arrivé au summum.Quand on sait qu’on ne peut aller plus loin, on arrête et on passe à autre chose.» Un peu à la manière de Karajan quand il a décidé de ne plus reprendre Salomé.Van Dam était de la distribution qui a remporté un vif succès et avait posé la question au vénéré chef à savoir pourquoi il ne reprenait plus cet opéra.La réponse fat apparemment aussi lapidaire que ceci: «Je ne ferai jamais mieux, alors je ne le fais plus.» Au récital Un chanteur ne monte pas sur les planches que pour jouer à l’opéra.Il existe aussi le répertoire de mélodies et lieder.On dit souvent que ce n’est pas le même type de voix.«Pour moi, c’est exactement la même chose.» Cela concerne la technique, la diction.Mais «je dois changer mon fusil d’épaule».Pour Van Dam, aborder la mélodie, c’est d’abord concevoir autrement la voue et la présence scénique.A l’opéra, «le chanteur doit extérioriser» la musique, alors que dans la mélodie, «il faut l’intérioriser».On lui parle de dimensions de salle (celles habituellement réservées au récital sont généralement plus petites que les immenses volumes où se déroulent les drames lyriques) et il répond tout de go que «cela ne fait aucune différence; la grosse difficulté vient de la différence de nuances à régler».Pour ce qui a trait à la projection, il reconnaît qu'encore une fois, c’est strictement la même chose entre un cycle de Schumann et un opéra de Verdi.Tout tient dans la capacité du chanteur à vivre son texte et à le rendre selon le médium demandé par le compositeur.Cela s’acquiert avec le temps.Aussi, quand on lui parle de la relève, des nouvelles voix, José Van Dam devient philosophe.Une exhortation aux jeunes chanteurs, celle de pouvoir être patient D a vu trop «d'instruments» se briser, de carrières avorter, «f ai une grande déception de la manière requise pour avoir du succès aujourd’hui: elle est abusive, car on préfère la voix qui s’exhibe plutôt que le musicien qui se développe.» Sa discographie est abondante.À l’heure des nouveaux médias, de l’opéra filmé ou mis sur support vidéo, lui qui a même été uniquement acteur dans un film a-t-il envie de laisser un legs visuel de son art?«Peut-être, mais uniquement si le travail se fait dans de bonnes conditions.» D parle de certaines bonnes expériences et sait ce qu’il lui faut pour être à son meilleur.Cela pourrait ressembler, chez lui, à une certaine forme de maturité qu’il revendique avec autant d’aplomb que de sérénité et de force tranquille.L’homme est sans faux orgueil tout en sachant ce qu’il est C’est ce qui fait la solidité de l’artiste.La voix est posée, solide, à l’image du propos et des convictions profondes.Tout à coup, alors qu’on lui demande ce que représente pour lui un doctorat honoris causa, la voix se mouille.L’artiste s’efface un peu et L’homme est sans faux orgueil tout en sachant ce qu’il est l'homme, jusque-là inconnu, point Le ton de l’entrevue se module.L’artiste légitimement fier qui, à l’instar du grand Corneille, sait ce qu’il vaut et croit ce qu'on lui en dit celui qui porte son métier haut et fort celui-ci donc laisse sortir une émotion personnelle qui, si elle n’enlève rien à la sincérité de ce que Van Dam artiste livre en scène, révèle une merveilleuse facette d’intimité.La voix prise d’émotion (ce qui ne se fait jamais quand on chante, sinon on ne pourrait chanter), il avoue ne pas trop comprendre, être confus de cet honneur.Comme un enfant qui s'émerveille devant un arbre de Noël, il se demande encore comment cela s’est produit Journaliste, on insiste un peu: «J’en suis vraiment très étonné.Je pense que c’est la musique qu’on récompense à travers moi, qu’on a voulu remercier à travers moi.» Existe-t-il plus bel aveu de l’amour de l’art de la musique?Et c’est l’amour d’un grand.JOSÉ VAN DAM Remise du doctorat honoris causa à la salle Claude-Champagne le 21 octobre à 16h30 ( entrée libre).Récital de mélodies de Duparc, Fauré, Ravel et Schumann le dimanche 22 octobre à la salle Claude-Champagne à 20h.Billets: 100 $, 75 $ et 50 $.Classe de maître le lundi 23 octobre à 10h30 à la faculté de musique de l’UdeM.20s saison piano Dorothy Fieldman-Fraiberg clarinette Simon Aldrich violons Nadia Francavilla Pascale Beaudry alto Jean MacRae violoncelle Katherine Skorzewska Œuvres de Mozart.Finzi & Brahms jeudi 26 octobre 2000,20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre En vertu d’une entente avec la Fédération Américaine des Musiciens (A.F.M.), les compagnies de disques subventionnent en parité cet événement musical pour promouvoir la musique active, par l'entremise de la Guilde des Musiciens du Québec Les Lundis classiques du Rideau Vert sous la direction artistique de Francine Chabot Sous le thème de la musique du monde.23 octobre à 20 heures France Concert : Debussy-Ravel avec le Trio de l’Isle Aubut-T rüjuet-Flamand théâtre VF/ du rideau \/ vert V Billets Adultes : 20 $ Étudiants et Âge d’or : 10 $ Réservations : (514) 844-1793 Domaine c woroet) St-frénée, Charlevoix Déjeuner-bénéfice annuel Dimanche, 22 octobre llhOO à la salle Richelieu du Manoir Richelieu de La Malbaie Réservation :(418) 452-8111 Sous la présidence d’honneur de Monsieur Pierre Boivin Président du Centre Molson et du Club de hockey Canadien * « Emmène-moi au concert! » ¦« 4.”.; - .^ Concert et compagnie Du lundi au jeudi à lâhao Animation : Marc-André Doran Réalisation : Michèle Pair)- Radio-concerts Du lundi au vendredi à 20 h Animation : Françoise Davoinc et Michel Keable Réalisation-coordination : Christiane leBlanc Entrée libre Le vendredi à I3h30 Une émission de Françoise Davoinc chaîne culturelle Radio-Canada 90,1 FM 101,5 FM 100,9 FM 95,5 FM 90,7 FM 1043 FM 89,9 FM 88.3 FM Gaspé Rimouski Chicoutimi Québec Estric Mauricie Rouyn-Noranda Val d'Or Centre- du- Québec % I 4 L E l> K V OIK.LES S A M EDI 21 ET I) I M A X C HE 2 2 0 ('• T O K K E 2 Ü 0 0 C 10 ?LE DEVOIR ?À l’heure où les projets de réforme municipale invitent à la rationalisation, l’étude de l’évolution des villes de l’île de Montréal pourrait fournir moult détails sur la constitution de ces plus petites unités d’administration municipale.Le temps d’un détour, laissons donc une exposition sur le patrimoine urbain et l’histoire de Saint-Laurent, réalisée par l’Institut d’urbanisme de la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal, nous en apprendre un peu plus sur le développement d’une ville, histoire de lire ville de Saint-Laurent entre les lignes d’un avenir.déjà à nos portes.MICHELE PICARD Si les projets de collaboration entre universités et entreprises sont monnaie courante dans certains domaines de haute technologie, dans d’autres domaines, comme l’architecture, l’urbanisme et le patrimoine; il semble moins évident pour une entreprise, et encore moins pour une municipalité, de faire appel aux penseurs, analystes et créateurs universitaires.C’est cependant ce qu’a fait, à l’été 1999, le directeur du Service de recherche écono- it m «Ns >>/ Sa su SOURCE: PHOTOCARTOTHKQUE QUÉBÉCOISE ET ARCHIVES DE IA VILLE DE SAINT-LAURENT Photographie aérienne du centre de Saint-Laurent, 1992.Hauts-Monts inc.Dynamique de la croissance urbaine dans la deuxième moitié du XX' siècle.mique et projets de rénovation de la Ville de Saint-laurent, François Guignard.M.Guignard, aussi architecte et urbaniste, a donc sollicité le concours de plusieurs universités dans le but de réaliser un projet d’exposition sur le patrimoine de la ville.Dans le cadre des célébrations du passage au troisième millénaire, la Ville voulait surtout souligner son dynamisme mais aussi l’existence de cette municipalité depuis 1702.Trois siècles, cela se célèbre ! Le projet Au départ, le patrimoine ancien de la ville, révélé par un inventaire sommaire réalisé ces dernières années, à plus ou moins dicté le sujet, soit le patrimoine architectural du noyau ancien de la ville.Les efforts du Comité des célébrations du passage au troisième millénaire n’ont reçu d’autre réponse que celle de la faculté d’aménagement de l’Université de Montréal.Rappelons que celle-ci offre entre autres un programme de maîtrise en conservation de l’environnement bâti ainsi qu’un baccalauréat et une maîtrise décernés par l’Institut d’urbanisme.Heureusement, au fil des rencontres entre ses artisans, le projet s’est élargi pour inclure l’évolution de la forme urbaine de cette ville devenue l’un des principaux centres de haute technologie au Canada et la deuxième ville industrielle du Québec.La réalisation Si les vénérables institutions que sont les musées mettent des années à préparer une exposition, à réunir les oeuvres, et les conservateurs, à éditer catalogues et dépliants, dans le cas présent, les responsables du projet auront mis un peu plus d’une année à concevoir et à produire une exposition de niveau universitaire par la qualité mais qui soit également accessible au grand public.Le défi a été relevé par les commissaires Béatrice So-koloff, professeure titulaire à l’Institut d’urbanisme, et Johanne Brochu, designer de l’environnement, qui prépare actuellement un mémoire de maîtrise à l’Institut.Toutes deux ont reçu l’aide des professeurs Michel Gué-net, Gérard Beaudet, Huguette Béland et Jacques Dalibard par leur participation aux cours et ateliers donnés sous leur direction à des étudiants de f baccalauréat et de maîtrise de ¦» la faculté d’aménagement.Plus de 50 étudiants ont participé à ces cours répartis sur deux semestres.Ceux-ci portaient principalement sur l’analyse du milieu urbain, l’élaboration d’une méthodologie d’évaluation patrimoniale du site et l’étude du programme d’aménagement et de composition spatiale.De plus, une équipe de recherche et de production a œuvré l’été dernier dans le cadre d’activités spéciales pour mener à terme la production, alors que les commissaires ont assuré la conception, la coordination et la mise en forme du projet.L’exposition Du village de Saint-Laurent au XVIII- siècle à la ville actuelle, l’exposition relate et interprète les étapes de l’urbanisation de ce territoire agricole, seul village situé à l’intérieur des terres sous le régime français.De la naissance du village, de 1702 à 1890, à l’émergence d’un visage urbain, de 1890 à 1940, et à l’explosion suburbaine, de 1945 à aujourd’hui (qui aura vu la fondation du Collège Saint-Laurent et cel- le des Compagnons de Saint-Laurent), ces étapes mettent en relief différents aspects de l’urbanisation d’une ville, notamment l’importance et l’apport prestigieux des institutions d’enseignement, la nature particulière d’une industrialisation spécialisée et les fondements sociaux, religieux et culturels des activités et des individus ayant façonné cette municipalité.En plus de présenter une série de panneaux historiques, les concepteurs se sont évertués à concevoir différents niveaux de lecture, de la séquence des faits historiques à l’élaboration de vignettes très détaillées en passant par la narration chronologique, le tout avec un accent particulier mis sur les typologies de l’habitat, les industries, le phénomène de la banlieue et les parcs urbains.Deux compléments à l’exposition sont proposés: la promenade urbaine, dont le parcours est disponible sous forme d’un dépliant-affiche, et des panneaux dans la rue, installés près d’abribus et interpellant les passants en vue de provoquer une ré-flexion sur le milieu urbain.A l’aube du XXI' siècle, le village Saint-Laurent, issu de la côte et de la montée Saint-Laurent qui fut le centre institutionnel et le cœur du village pendant près d’un siècle, s’est tranformé sous la pression de l’industrie, de l’urbanisation, de l’immigration et du développement.Le passé et l’avenir de Saint-Laurent sont exprimés avec vigueur par le fameux plan Gohier, du nom du maire planificateur, ou encore par l’actuel Technoparc, dont nous reparlerons bientôt dans cette page.Suite et poursuite Il est évident que l’on doit féliciter la Ville de Saint-Laurent de l’initiative permettant de mener à terme un projet avec la collaboration d’une institution dédiée au savoir, ce qui a permis d’élargir la vision et la notion de la ville.Souhaitons que d’autres villes lui emboîtent le pas et produisent, pour leurs citoyens et leurs instances administratives, matière à réflexion pour leur assurer un développement harmonieux.Retenons de l’exposition qu’elle stimule la découverte de l’urbanisme par le public et les élus, et qu’elle encourage la reconnaissance et le respect de l’environnement dans lequel ils vivent Cette exposition n’est pas sans rappeller que le futur «une île, une ville» risque de noyer les petits centres anciens et de banaliser les noyaux urbains de villages devenus des villes, elles-mêmes fondues dans un arrondissement sans lien propre avec l’histoire des lieux.C’est donc l’occasion de redécouvrir, au prochain «coin de rue», le passé qui est, comme le veut la formule consacrée, garant de notre avenir.ni ichelepicardCavideotron.ca L’exposition Saint-Laurent, du village à la ville - Retrouvez le cœur, au Musée d’art de Saint-laurent, 615, avenue Sainte-Croix, Saint-Laurent.(Stationnement gratuit métro du Collège ou Côte-Vertu).® (514) 747-7367, du 20 octobre au 26 novembre 2000.Heures d’ouverture du musée: du mercredi au dimanche de 12h à 17h.http://www.chin.gc.ca/ exhibitions/canadiana/ Le site de Saint-Laurent : http://www.ville.saint-laurent.qc.ca •—r?* Dessin de Minh Ngoc Daô, étudiante à la maîtrise en urbanisme.REGARDS OBLIQUES: À lire, consulter et explorer La collection «Pignon sur rues» publiée par la Ville de Montréal (au temps béni où l’on se préoccupait de l’architecture et de l’urbanisme), qui retrace l’évolution de nos milieux de vie, des villages devenus quartiers.Les Répertoires d’architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal (publications de la Ville de Montréal).Espérons que le projet de «l’ile-ville» remettra ce projet sur les rails et que chacun pourra bénéficier, par le truchement de ces publications, des trésors accumulés par le Service de la mise en valeur du territoire et la Division de l’aménagement sur le passé de nos villes et villages.Divisées par types, églises, couvents, édifices scolaires, etc., ces publications ne couvrent malheureusement pas l’habitat typique de Montréal et s’arrêtent à 1940.Allez vers l’ouest: Un lieu nommé Pointe-Claire, par Jacques Desrochers, un guide d’excursion patrimoniale.On s’informe à l’hôtel de ville: n (514) 630-1200.Consultations Il y aura présentation du rapport préliminaire de la commission consultative sur le projet de politique de consultation en matière d’urbanisme les 24 et 25 octobre prochains, même lieu que les deux premières étapes.http://www.ville, mon-treal.qc.ca/consultation/politique/politique-cadre.htm.Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3| Montréal (Québec! Canada H2Y IH2 Téléphone : (6141866-2436 Télécopieur (614| 866-0881 Courriel ; idm@idm.qc ca Site Web http://vwvw idm qc ca Concours Les Prix de L’Institut de Design Montréal 2001 : 55 000 dollars en prix Le concours Les Prix de L'Institut de Design Montréal 2001 souligne l'excellence en design II est organisé en collaboration avec les associations professionnelles (ADIQ.SOlO, SDGQ) et avec l'appui des associations d'affaires IADRIQ.AFMQ.CESAMI ainsi que des partenaires principaux Développement économigue Canada et le Ministère des Affaires municipales et de la Métropole Des prix d'une valeur totale de 55 000 $ seront accordés aux lauréats, dont un Grand Prix de 25 000 $ attribué au designer du meilleur produit ou projet, toutes catégories confondues, et une somme de 5 000 $ remise au gagnant de chacune des catégories Chaque lauréat bénéficiera du privilège d'associer «Les Prix de LTOM» à la publicité de son projet et à celle de son entreprise ADMISSIBILITÉ Tout produit ou projet de design réalisé et complété au Québec depuis décembre 1998 par un designer, un partenariat entre un designer et une entreprise ou une entreprise possédant un service intégré de design.Un candidat peut soumettre plusieurs produits ou projets dans une ou plusieurs catégories Pour vous inscrire, Communique; avec Corinne Bergeron au (514) 866-2436, potla 28 CATÉGORIES 1 Produits de consommation grand public 2 Produits spécialisés 3.Design d'intérieur 4.Projets multidisciplinaires 5.Design graphique 6 Design et nouvelles technologies DATE DE TOMBÉE Les formulaires do mises en candidature devront être retournés é ITDM au plus tard vendredi 26 janvier 2001.à midi CRITÈRES D ÉVALUATION 1 Innovation 2 Esthétique 3 Facteurs humains 4 Technologie 5.Considérations écologiques 6.Appréciation générale PARTENAIRES PRINCIPAUX Développement économique Canada Ministère des Affaires municipales et de la Métropole C0LAB0RATEURS SPÉCIAUX Association des designers industriels du Québec Société des designers graphiques du Québec Société des designers d'intérieur du Québec < »
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