Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2000-09-28, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
w w w t1 V 1 I e d r .e o in LES ACTUALITES Au moins 63 morts dans le naufrage d’un traversier en Grèce Page A 3 LE MONDE 200 000 Belgradois montrent^ la sortie à Milosevic Page A 5 g À V o l .X € I N "221 I.E .1 K I' I) I 2 S S K P T E M B W K 2 0 O (I HORS-JEU^ Jean Dion Un petit creux A Atlanta, la possibilité avait été évoquée que, compte tenu de l'augmentation constante du nombre de disciplines figurant au programme olympique, les Jeux d’été soient allongés à trois semaines.Pitié.Que le CIO ne oblige à bouffer du pâté vegemi-te jusqu’à la fin des temps si ça lui chante, ou à faire une critique épistémologique de l’évolution des rapports aborigènes-majorité dans l’Australie du XXP siècle, même à acheter un scrotum de kangourou et à le porter en bandoulière en nageant en petit chien jusqu’à Bondi Beach, tout mais pas ça.Comment, vous ne saviez pas que le scrotum de kangourou est le produit dérivé olympique le plus en demande à Sydney?Vrai de vrai.Il paraît que cela porte bonheur.Mais il paraît aussi qu’être superstitieux porte malheur, comme quoi s’il y en a des faciles, nous vous saurions gré de nous le faire savoir avant la fin des Jeux vers 8h avancées de l’Est dimanche, le timbre de la poste faisant foi.Donc, un petit creux de deuxième semaine.Mais ne vous en faites pas, ça va passer.Tout finit par s’arranger, comme le professait Teilhard de Chardin, et puis, il y en a de bien pires que nous.Prenez le Canada: lui traverse un méchant creux.Mais l’Hon.Denis Coderre va nous organiser un sommet.Du fond du baril au toit du monde, il n’y a qu’un bond, et point n’est besoin de s’appeler Kwaku Boa-teng pour le franchir, Boswell! (Peut-on franchir un bond?Voilà un débat qu'il faudra bien faire un jour.) Le petit creux présente toute-_______^ fois l’inestimable avantage d’autoriser l’errance de la pensée, un peu comme la lanceuse de marteau se laisse aller à son tourbillon avant de propulser l'engin avec un léger râle rappelant celui d’un orgasme hélas! trop vite consommé.Et tant qu'à errer, précisons ceci: ce ne sont même pas des marteaux qu’elles lancent, mais un boulet format réduit aménagé au bout d’une chaîne.Dire qu'il s’agit de lancer du marteau a autant de sens que de prétendre que les lanceurs de javelot pratiquent le lancer du clou, ou du moins est-ce la conclusion que tire l’œil mi-clos du profane.Quant au tourbillon, on remarque que bien qu’effectué en Australie, il se déroule dans la même direction que de par chez nous, ce qui nous permet de battre en brèche une légende urbaine tenace, à savoir que l’eau du bain s’écoula rait en sens inverse dans l'hémisphère Sud par rapport à l’hémi-sphère Nord et vice-versa.A ce sujet, un rapide contact avec notre correspondant à Paris et directeur bénévole du labo virtuel de Hors-JeuX, monsieur Du-pondt, Ph.D., nous éclaire: «Ce n’est pas vrai.La force de Coriolis, qui est responsable du fait que les ouragans n’ont pas le même sens de rotation dans les deux hémisphères, est trop faible pour contrer les autres forces sur l’eau qui passe par un drain (comme l’effet de la forme du trou).» Et, aurait-il pu ajouter, sur les lanceuses de marteau qui se font flusher au tour préliminaire.À part ça, où errer?Du côté du ping-pong, tiens, où on apprend que le médaillé d'or en simple masculin, Kong Unghui, est un descendant direct de Confucius.Pour s’en convaincre, et malgré la difficulté de rendre en alphabet latin les idéogrammes chinois, il suffit de se dire dans le creux de l’oreille que Confucius est aussi K’ong-fou-tseu, voyez un peu l'identité de patrony-mie.Du reste, il est plutôt étrange dans un merveilleux monde du sport qui n’affectionne rien moins que les surnoms que personne n’ait songé à «King Kong» pour Linghui; peut-être est-ce parce que le jour de la finale, que Kong disputait à un Suédois, le vrai roi se trouvait dans les estrades, à savoir Cari Gustav XVI de Suède (accompagné de sa charmante épouse Silvia).Ou du côté du judo féminin, où a concouru la Brésilienne Edinanci Silva.Silva est en réalité un hermaphrodite qui possède des organes génitaux masculins, mais selon ce qu’on a appris, elle a passé avec succès un test de féminité, comprenant notamment mais non exclusivement un abonnement à Elle Québec et l’irascibilité à l’endroit d’un partenaire de vie qui passe deux semaines évaché sur son fauteuil Nia-gara en cuirette marron terreux qui colle au derrière de jambe — le même qui a ennuyé Bruny Surin — et ne trouve rien de mieux à faire que de rire niaisement quand on lui rappelle que chaque victoire commence par un rêve.Ou du côté du National Post, qui propose chaque jour à son lectorat progressiste une question d'intérêt débouchant sur un sondage non scientifique.VOIR PAGE A 8: CREUX Vous ne saviez pas que le scrotum de kangourou est le produit dérivé olympique le plus en demande à Sydney?N I) E X o; oS o: o - Annonces.B (5 Avis publics .B 4 Bourse .B 2 Culture.B 8 Economie.B 1 Editorial.A fi Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 5 Mots croisés.B 6 Télévision.B 7 Météo.B fi Un match historique MICHAEL LECKEL REUTERS Sébastien Lareau et Daniel Nestor montrent fièrement les premières médailles d’or olympiques récoltées par le Canada en tennis.U or couronne Lareau et Nestor Le duo vient à bout des Woodies en quatre sets D’APRES CANADIAN PRESS ET LA PRESSE CANADIENNE Ils ont tenu bon, n’ont pas craqué sous la pression.Plus que de procurer au Canada une première médaille en tennis aux Jeux olympiques, Sébastien Lareau et Daniel Nestor ont permis au pays de surmonter cette énorme crise de confiance si caractéristique, historiquement, des joueurs de tennis canadiens.Peu démonstratifs de nature, Sébastien Lareau et Daniel Nestor n’y sont pas allés de grands déborda ments après leur victoire en quatre sets (5-7, 6-3, 6-4 et 7-6) contre les Australiens Todd Woodbridge et Mark Woodforde (les légendaires Woodies dont c’était le chant du cygne) au terme de 2 h 43 de jeu dans la nuit de mardi à hier (ici).VOIR PAGE A 8: LAREAU JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les enfants qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante du français pourraient souffrir de l’enseignement précoce d’une langue seconde, estime Claude Hagège.L’anglais dès la première année ?Un désastre ! Le linguiste Claude Hagège désapprouve totalement la proposition du PLQ CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS ^ enseignement de l’anglais dès la pre- L5 mière année dans les écoles québécoises serait une catastrophe, dit le lin-f guiste français Claude Hagège.Ce dé ’ fenseur du bilinguisme et du multilinguisme estime qu’au Québec l’anglais ne doit pas être enseigné dès six ans comme l'ont proposé Jean Charest et les jeunes libéraux réunis en congrès à La Pocaüère au mois d’août «L'idée du Parti libéral du Québec est une façon de détruire la loi 101», selon le linguiste de réputation internationale, qui prononcera une conférence à l’université McGill le jeudi 28 septembre.«L’enseignement obligatoire de l’anglais à partir de la première année serait une catastrophe totale.Si le Québec devait suivre cette proposition, je prédis la disparition du français.Même si je ne peux dire dans quel délai.» Claude Hagège est pourtant l’un des plus ardents défenseurs du bilinguisme, auquel il a consacré son dernier livre, L'Enfant aux deux langues (Odile Jacob).Dans tous les pays européens, Claude Hagège préconise l’enseignement d’une deuxième langue dès cinq ans et d’une troisième au secondaire.Mais il juge le contexte québécois radicalement différent.«Dans un autre milieu linguistique, renseignement de l’anglais en première année serait discutable.Mais, au Québec, une telle réforme aurait des conséquences graves.Vous n’êtes que six millions dans un océan de 300 millions d’anglophones.L'évolution naturelle, c’est l’anglicisation.Le français peut à tout moment disparaître s’il n ’est pas sévèrement et strictement défendu par la loi.» VOIR PAGE A 8: ANGLAIS T A X K S = 1 $ Coup défensif de Québécor L’acquéreur de TVA met en vente TQS avant d’y être obligé PAUL CAUCHON LE DEVOIR Prenant les devants pour ne pas être forcé de se débarrasser d'un réseau de télévision, Québécor a annoncé hier la mise en vente de TQS.L'acheteur devra toutefois vivre avec une incertitude: la vente sera conclue seulement si le CRTC approuve la transaction Quebecor-Vidéotron.En effet si cette transaction est refusée, «on ne veut pas se retrouver avec rien», a dit Luc Lavoie, de National, porte-parole de Québécor.Dans un simple communiqué émis hier, Queb^ cor affirme avoir pris cette décision «à la suite de discussions avec le Bureau fédéral de la concurrence».Luc Lavoie précise que «nos contacts informels nous indiquaient que le Bureau de la concurrence était très préoccupé».En concluant l'achat de Vidéotron, Québécor, déjà propriétaire de TQS, mettait la main sur TVA Tout le monde présumait donc que jamais le CRTC n’aurait accepté que Québécor puisse posséder les deux grands réseaux privés de télévision du Québec, contrôlant ainsi 50 % de l’écoute télévisuelle des francophones et une bonne part du marché publicitaire.Mais la levée de boucliers aurait également pu provenir du Bureau de la concurrence, ce que Québécor a voulu prévenir.Le président de Québécor, Pierre Karl Péladeau, a toujours indiqué qu’il entendait demander au CRTC de pouvoir conserver les deux réseaux après avoir acquis Vidéotron.Mais en réalité, TQS ne figurait VOIR PAGE A 8: QUEBECOR Le nouveau bulletin au primaire Simple, obscur ou complexe, trois modèles attendus MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Finis les pourcentages, place aux lettres, aux couleurs, aux symboles et aux petits bonshommes pour codifier les progrès de votre enfant à l’école! Impatiemment attendus dans les milieux scolaire et parental, trois modèles de bulletins, privilégiait des legendes variées et un vocabulaire parfois indigeste, ont été envoyés aux écoles cette semaine par le ministère de l’Education pour inspirer les écoles qui n’auraient pas encore conçu leur propre bulletin.L’un des modèles proposés par le MEQ est en quelque sorte «périmé», a appris Ix Devoir, et a déjà été revu par la Commission scolaire qui l’a conçu, parce qu’il était de compréhension trop complexe et n’était pas conforme aux besoins.Alors que la réforme de l’éducation est déjà amorcée au préscolaire et au premier cycle du primaire (1" et 2’ années), l’évaluation des apprentissages demeurait encore un mystère pour plusieurs, ce qui causait de grandes inquiétudes dans le milieu, tant du côté des écoles que de celui des parents.«Dans beaucoup d’endroits, l’évaluation des apprentissages et le bulletin ont été au cœur des préoccupations des parents», écrit d’ailleurs Robert Bisaillon, sous-ministre adjoint à l’enseignement préscolaire et à l’éducation primaire, dans une lettre envoyée cette semaine aux directions de commissions scolaires et accompagnant les trois modèles de bulletin conçus par la Commission scolaire de Montréal, la Commission scolaire de la Riveraine (Bécancour) et l’école Marie-Clarac (Montréal-Nord).«Des inquiétudes ont été exprimées sur cet aspect de la réforme, poursuit M.Bisaillon, que les médias ont répercutées.» L‘ MEQ propose trois modèles aux écoles tout en insistant sur le pouvoir que leur confère désormais la Loi sur l’instruction publique de concevoir leur propre bulletin.Les trois prototypes font l'énumération des compétences transversales et disciplinaires mais proposent des manières différentes de codifier l'évolution des apprentissages.VOIR PAGE A 8: MODÈLES IK DEVOIR, LE JEUDI 28 SEPT E M B R E 2 O O O A 2 LES ACTUALITÉS Outremont est à un til de l’affrontement LOUISE LEDUC LE DEVOIR Jusqu’ici, les juifs hassidiques d’Outremont et leurs voisins d’autres croyances religieuses vivaient côte à côte dans une presque totale indifférence.L’heure est maintenant à la confrontation.Doit-on laisser les juifs ériger un périmètre bien délimité par un fil — l’érouf— pour leur permettre de vivre plus commodément le sabbat?Doit-on, au nom des droits de la personne, accepter sur la rue pareil symbole religieux à l’heure où bon nombre de catholiques québécois s’emploient eux, à décrocher tout crucifix des lieux publics?Aux yeux des juifs hassidiques, le sabbat leur interdit tout travail et même d’aller porter des victuailles à une vieille parente, quelques maisons plus loin.La seule façon de contourner ces hautes exigences est d’ériger un érouf à l’intérieur duquel chacun peut plus facilement circuler à sa guise.Plus tôt cette semaine, le maire d’Outremont Jérôme Unterberg, refusait d’accéder à la demande des hassidiques, soutenant que les municipalités étaient tenues à la neutralité et ne pouvaient conséquemment pas abandonner la voie publique à quelque groupe que ce soit pour des motifs religieux.Hier, lors d’un entretien téléphonique, Alex Werzber-ger, président de la Coalition des organismes hassidiques d’Outremont a fait valoir que l’érouf n’allait en rien déranger les Outremontais, pas plus qu’il n'allait limiter leurs déplacements.«Chacun sera libre d’aller et de venir à sa guise à l’intérieur du périmètre.Le fil, lui, sera invisible et à quinze pieds du sol.Pourquoi toute cette controverse?A Montréal, à Hampstead et Côte-Saint-Luc, l’érouf est déjà en place et ne cause aucun problème.» De fait à Montréal, près des rues Jeanne-Mance et Saint-Viateur, un érouf est bel et bien érigé autour d’un quartier.Jamais le conseil municipal n’a été saisi de l’affaire.Tout s’est arrangé à la bonne franquette, avec la complicité du conseiller municipal Saulie Zajdel.«Nous n’avons jamais reçu de plaintes à cet effet», a souligné hier Sandy Hébert responsable des communications à la Ville de Montréal.L’avocat Julius Grey se prépare à porter le dossier de vant les tribunaux.«H s'agit d'une liberté religieuse, garantie par la Charte des droits et libertés.» Julius Grey précise qu’il n’est pas question ici de juger la pertinence de cette pratique religieuse mais tout simplement de rendre service de façon raisonnable à la communauté hassidique dans la mesure où l’érouf n’occasionnerait aucune dépense pour la Ville d'Outremont et aucun tort à ses citoyens.Si ça ne défigure en rien le paysage, ne coûte rien à la Ville et permet aux hassidiques de mener une vie plus normale, demande Julius Grey, où est le problème?Mais avec la quantité de communautés culturelles au Québec, ne risque-t-on pas d’assister à une escalade de demandes?«Cet argument ne tient pas, soutient M' Grey.Chaque demande devra être étudiée; si elle est exagérée, elle sera refusée, tout simplement.» Me Grey évoque aussi cette autre cause qu’il a défendue, celle d’une catholique suspendue par Eaton parce quelle refrisait de travailler le dimanche.«Nous l’avons emporté en faisant valoir qu’il n ’était pas compliqué de lui rendre service, d’autant qu’elle était tout à fait disposée à consentir plus d’heures de travail pendant la semaine.» La 30 : l’opposition demande d’accélérer les choses FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Ottawa se fait toujours tirer l’oreille quant au financement du prolongement de l’autoroute 30 entre Châteauguay et Vaudreuil-Dorion, en périphérie de Montréal.Pendant ce temps, l’impatience grandit à Québec, tant dans les rangs libéraux qu’au gouvernement Hier, le chef de l'opposition, Jean Charest a exhorté les deux ordres de gouvernement à intervenir au plus vite dans ce dossier, ce qui permettrait notamment de désengorger le seul axe est-ouest que constitue l’autoroute Métropolitaine, a-t-il précisé.Clamant qu’il faut «cesser de voir les routes comme un fardeau à notre économie», les libéraux ont critiqué par voie de communiqué le «manque de sérieux» du gouvernement québécois.Le député Jean-Marc Fournier a notamment rappelé sa tentative avortée de déposer à l’Assemblée nationale, au début du mois de juin, une motion demandant au gouvernement de terminer les travaux d’arpentage et les procédures d’expropriation du corridor de l’autoroute 30 pour janvier 2002.«Nous entendons, dès la première journée de la session parlementaire, le 17 octobre prochain, déposer de nouveau cette motion qui constitue le test de crédibilité du gouvernement du Québec.» La démarche libérale n’a nullement impressionné le ministre des Transports, Guy Chevrette.Par la voue de son attachée de presse, Edith Rochette, il a répondu que 'pendant que M.Charest émet des communiqués bidon et fait du spectacle avec le dossier, nous, on travaille».Mme Rochette a ainsi indiqué qu’une rencontre était déjà prévue avec la Coalition pour le prolongement de la 30, qui regroupe notamment le Conseil du patronat du Québec, l’Alliance canadienne du camionnage et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.En ce qui concerne la motion libérale que le gouvernement a refusé d’entériner, Mme Rochette a indiqué que «lorsqu’ils l’ont présentée, le ministère des Transports était déjà en train de faire l'arpentage, qui est d'ailleurs sur le point d’être terminé».L’expropriation suivra tout simplement, a-t-elle ajouté.«Nous ne sommes pas du tout en retard pour l’objectif de 2002.Tout suit son cours normalement.» Rencontre au sommet des motards criminels Serge Ménard refuse la trêve Le ministre de la Justice insiste sur la nécessité d’une loi antigangs Trêve ou pas dans la guerre des motards, Québec poursuit sa croisade pour une loi antigangs.Iæ Barreau enquête par ailleurs sur la conduite de l’avocat Denis Bernier, impliqué dans la rencontre de lundi entre leaders des Hells Angels et des Rock Machine.BRIAN MYLES LE DEVOIR Serge Ménard, lui, refrise la trêve.Le ministre de la Sécurité publique a de nouveau exigé hier une loi antigangs musclée pour lutter contre le crime organisé.L’imminence d’un accord de paix entre les Hells Angels et les Rock Machine, plus que jamais plausible depuis la rencontre de mardi entre les leaders des deux clans, laisse le ministre de glace.«Ces gens sont prêts à tuer pour s’enrichir.Qu’ils se divisent entre eux ou qu’ils soient unis, ils sont aussi dangereux», a tranché M.Ménard.Non, il ne savait pas que le pilier des Hells, Maurice «Mom» Boucher, et le chef de Rock Machine, Fred Faucher, allaient se rencontrer lundi au Palais de justice de Québec.Non, les policiers n’auraient pas pu les arrêter ni même les expulser, en l’absence de motifs valables.«Pour expulser les gens d’un endroit, dans un pays libre, il faut que ce soit défendu ou que cela constitue une infraction.Autrement, c’est la liberté», a expliqué M.Ménard.Même son de cloche au ministère de la Justice.Un Palais de justice est un lieu public, voire un microcosme de la société où victimes et agresseurs, criminels et innocents circulent en toute liberté jusqu’à ce que soit rendu le verdict C’est vers 10h45 mardi qu’un préposé à l’accueil du Palais de justice de Québec a reconnu des membres des Rock Machine — des habitués de la place qui faisaient leur entrée au 300 boulevard Jean-Lesage en compagnie de leur avocat Denis Bernier.Il a aussitôt avisé la Sécurité.Un chef d’équipe s’est rendu au local 4.09.Mr Bernier se trouvait à l’extérieur de la salle, une parmi la soixantaine; réservées aux avocats de la défense et leurs clients.A la demande du chef d’équipe, M' Bernier a cogné.La porte s’est ouverte sur quatre Hells et autant de Rock Machine.Des policiers armés et protégés de gilets pare-balles ont ensuite dressé un périmètre de sécurité.La police municipale de Québec et la SQ ont été alertées, mais ne sont pas intervenues.Le rôle joué par le criminaliste Bernier reste enco- re ambigu.D soutient que Rock et Hells ont organisé la rencontre sans son aide.Un de ses clients l’a appelé, lui demandant de le rejoindre au Palais de justice le matin même.Arrivé sur place, il dit avoir été mis devant le fait accompli.Mais le Barreau du Québec juge l’incident assez grave pour amorcer une enquête sur sa conduite.Selon le critique libéral Jacques Dupuis, Maurice «Mom» Boucher voulait simplement se foutre de la gueule du gouvernement en optant pour une rencontre au Palais de justice.«C’est deux larrons dans la sacristie, c’est rire du gouvernement.Boucher savait exactement qu’il faisait un pied de nez aux policiers et au gouvernement», a déclaré M.Dupuis, un ancien procureur de la Couronne.Il soutient que les difficiles négociations entre le gouvernement et la SQ ont nui aux enquêtes policières, permettant aux motards de consolider leurs empires.«Le ministre Ménard devrait avoir honte.C’est la risée, cette histoire le discrédite complètement.» De son côté, la ministre de la Justice, Linda Goupil, n’avait pas d’autre réaction que la surprise.Elle s’est rangée derrière son collègue Serge Ménard pour réclamer d’Ottawa une loi qui rendrait illégale l’appartenance à un groupe criminel.Avec la Presse canadienne r Enigmatique REUTERS Les fontaines de feu et de gaz qui caractérisent la couronne du Soleil chauffent à 1,6 million de degrés Celcius alors que la surface n’est «que» de 5538 °C.Le soleil révèle ses chauds secrets JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Ly énigme confond les scientifiques ' depuis 70 ans: comment la couronne du Soleil peut-elle être 300 fois plus chaude que sa surface visible?La sonde Trace (Transition Region And Coronal Explorer), envoyée par la NASA en avril 1998, vient non seulement de transmettre des images époustouflantes de l’astre solaire mais a également fourni des données inédites sur le mécanisme de la répartition de la chaleur du Soleil.Les fontaines de feu et de gaz qui caractérisent la couronne du Soleil chauffent à 1,6 million de degrés Celcius alors que la surface n’est «que» de 5538 °C.Les scientifiques américains ne savent pas encore exactement fa cause de cette énorme différence de température mais ont découvert que les secteurs les plus chauds se trouvent dans le bas de la couronne, à une distance de 16 000 kilomètres de la surface du Soleil.La couronne est généralement invisible, sauf lors des éclipses solaires.Izl sonde a démontré que, contrairement à ce qu’avaient cru jusqu’ici les astronomes, la chaleur des jets de gaz viendrait principalement de leur base, sur la surface du Soleil.Les arches formées par les fontaines de feu bondissent de centaines de milliers de kilomètres et pourraient entourer une trentaine de planètes comme la Terre, expliquent les scientifiques de la NASA.Iæs fontaines émergent de la surface de l’astre, gagnent en chaleur puis en altitude dans le champ magnétique solaire, puis refroidissent et retombent à la surface à une vitesse de près de 100 kilomètres à la seconde.Ce sont les gaz émanant des jets qui, en se concentrant dans la couronne, créeraient une telle fournaise.L’étude de la couronne du Soleil devrait permettre, espèrent les experts, de comprendre la composition des autres étoiles.Les scientifiques publieront une profonde analyse de leurs résultats dans l'édition d’octobre de la revue Astrophysical Journal.E N Un succès (PC) — Le nouveau programme d’externat en soins infirmiers, mis en place l’été dernier dans plusieurs hôpitaux du Québec, a connu un succès inespéré, selon la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Gyslaine Desrosiers.Ce programme permettait à des étudiantes en techniques de soins infirmiers qui avaient complété leur deuxième année de cégep de pratiquer leur métier, sous supervision.Ce stage était rémunéré à 13,69 $ de l'heure.522 étudiantes de 2e année ont été embauchées à titre d’externes dans 26 établissements de santé à travers le Québec.L’Ordre des infirmières songe même à amender le règlement pour permettre aux plus petits hôpitaux d’employer des stagiaires.Mme Desrosiers prévoit que dès l'an pnx'hain le réseau de la santé pourra compter sur 750 à 1000 stagiaires.Lutte à la pauvreté Ottawa (PC) — Des groupes de femmes de tout le pays demandent à ( )ttawa de dépenser davantage pour éradiquer la pauvreté chez les femmes et la violence qu’elles subissent Selon ces regroupements, environ une femme sur cinq vit dans BREF la pauvreté et les mères de famille monoparentale sont les plus pauvres.La coalition croit qu’à cause de son important suiplus, Ottawa est bien placé pour consacrer plus d’argent à améliorer la vie des femmes.Pour lutter contre la violence faite aux femmes, la coalition croit qu’en plus de réformer le droit criminel, Ottawa devrait s’impliquer dans le financement des centres d’aide aux victimes de viol, des refuges et des programmes d’aide juridique.D’autres casiers à homards Burnt Church, N.-B.(PC) — Une demi-douzaine de bateaux autochtones ont pris en chasse des navires du ministère des Pêches et Océans à travers la baie de Miramichi, au Nouveau-Brunswick hier, après que des agents fédéraux soient intervenus pour retirer d’autres casiers à homards.L’opération, menée en fin d’après-midi, est survenue à quelques centaines de mètres d’un quai gouvernemental que des Warriors occupent par intermittence depuis la reprise du conflit sur la pêche au homard, le mois dernier.On ignorait si les bateaux fédéraux avaient remonté ou détruit des casiers à homards.On n’a par ailleurs pas signalé de répétition des collisions qui avaient marqué des affrontements antérieurs.Boufros-Ghali en visite au Québec ROBERT DUTRISAC DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le secrétaire général de la Francophonie, Boutros Boutros-Ghali, entreprendra, du 16 au 18 octobre prochain, sa première visite officielle au Québec sans qu’un affrontement Québec-Ottawa ne soit à prévoir.Pour des raisons de santé, M.Boutros-Ghali avait reporté la visite qu’il devait faire du 5 au 8 mars dernier.Ce n’était donc que partie remise, d’autant plus que Québec et Ottawa s’étaient enfin entendus sur le partage des responsabilités entourant la visite du dignitaire.Au cabinet de la ministre des Relations internationales et responsable de la Francophonie, Louise Beaudoin, on a indiqué hier que la même entente a été reconduite pour le séjour en octobre: le gouvernement du Québec aura le plein contrôle sur la visite du secrétaire général et prendra en charge l’invité, à l’exception du dispositif de sécurité, qui relèvera de la GRC.Rappelons qu’à l’automne 1998, Boutros Boutros-Ghali s’était retrouvé au centre d’une querelle Québec-Canada, la diplomatie canadienne insistant pour prendre en charge le dignitaire lors de son passage au Québec, en contravention avec les précédents touchant la Francophonie.Le premier ministre Lucien Bouchard avait choisi de ne pas recevoir le secrétaire général de la Francophonie plutôt que de sanctionner l’érosion des minces prérogatives du Québec sur la scène internationale.Au sein de la Francophonie, le Québec détient un statut très particulier de gouvernement participant, ce qu’il ne peut revendiquer dans aucune autre organisation internationale.Le 17 octobre, M.Boutros-Ghali inaugurera les locaux de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et prononcera une conférence, un événement organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) et la chaire Raoul-Dandu-rand en études stratégiques et diplomatiques.A Québec, le lendemain, le secrétaire général aura un entretien avec M.Bouchard,et prendra ensuite part à un dîner d’État.Il prononcera également une conférence devant la Société des relations internationales de Québec (SORIQ).M.Boutros-Ghali aura aussi des entretiens avec le président de l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbon-neau, ainsi qu’avec Mme Beaudoin.On se rappellera qu’en mai dernier, après s’être portée à la défense de la langue française sur les vols d’Air France, Mme Beaudoin s’était montrée critique envers l’Organisation de la Francophonie et son secrétaire général.La ministre estimait que M.Boutros-Ghali ne s’occupait pas suffisamment de la diversité culturelle et de la langue française.La Francophonie était demeurée étrangement muette, selon elle, à la suite de l’annonce d’Air France en vertu de laquelle ses pilotes ne devaient plus utiliser le français dans les airs.Cahier SPECIAL -Tombée publicitaire septembre 2000 • Parution M octobre 2000- .ce L e Devoir Professi :\c.V % ** h I L E I) E V 0 I R , I.E J E ü I) I 2 8 S E 1‘ T E M B R E 2 0 » 0 A 3 LE DEVOIR - ACTUALITÉS Un traversier coule en Grèce « On cherchait désespérément des survivants » Des Québécois ont participé au sauvetage des passagers de /Express Samina La mer Égée a connu sa pire tragédie maritime en 30 ans, mardi soir, alors qu’un traversier grec a sombré après avoir heurté un récif.Des rumeurs de négligence criminelle planent au-dessus des officiers du navire.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Une partie de football télévisée et la négligence du capitaine de Y Express Samina, Vassilis Yan-nakis, seraient à l’origine du naufrage de ce traversier, qui s’est abîmé à 22h07 mardi à l’entrée du port de Paros, dans les îles grecques.Aussitôt rescapés, le capitaine et quatre de ses officiers ont été placés en garde à vue à la demande d’un procureur.Malgré de forts vents, il semble que le traversier ait été sous pilotage automatique.Dériant peu à peu de sa course, le navire a percuté un îlot rocheux surplombé par un phare.Plus de 500 personnes se trouvaient alors à bord du Samina et 453 d’entre elles ont été rescapées.Au nombre des passagers secourus, on compte six Canadiens, dont les Québécoises Sophie Desautels et Geneviève Lajoie.Selon les dernières informations disponibles, 63 passagers sont morts noyés et sept autres sont toujours portés disparus.Une fois le choc sur la coque encaissé, plusieurs survivants ont indiqué que l’abandon du navire s’est fait dans le plus grand des désordres.De fait, l’équipage n'a réussi à mettre à l’eau que deux canots de sauvetage sur six.«Tout de suite après la collision, je n’ai vu personne», a expliqué Sophie Desautels à LCN.«Peut-être que l’équipage était occupé à envoyer des signaux lumineux ou des messages de détresse, mais personne ne nous a dirigés.Les gens criaient, se battaient, criaient.C’était fini!» Geneviève Lajoie renchérit «Sophie et moi n’avons pas eu de gilet de sauvetage jusqu’à la dernière minute.» Répondant au S.O.S.lancé par le Samina, plusieurs pêcheurs et plaisanciers ont pris la mer dans l’obscurité, dont trois voiliers appartenant à une entreprise montréalaise.Cette flottille a réussi à sauver huit personnes des eaux.«Dès que j’ai été averti qu’un traversier coulait, j'ai couru jusqu’au bateau et j'ai demandé à mon équipage de se préparer», a expliqué le capitaine du Margarita, Steve Parry.«Je ne voulais pas naviguer avec mes passagers voyageurs, mais ils ont insisté.» kJ Deux survivants du naufrage se réconfortent mutuellement.REUTERS En vacances en Grèce, la journaliste montréalaise Suzanne Dansereau se trouvait sur le Margarita pour l’opération de recherche et de sauvetage.«C’était un peu apocalyptique parce qu’on voyait des corps morts flotter sur l’eau et qu ’on cherchait désespérément des survivants», a-t-elle raconté au Devoir depuis le bateau amarré dans l’archipel des Cyclades.C’est en patrouillant la zone du naufrage que l’équipage du Margarita a aperçu une première personne qui criait à l’aide et a tenté de lui venir en aide en lui tendait une corde.Leurs efforts se sont soldés par un échec car l’homme était trop faible pour saisir la corde et se sortir de l’eau.«C’était très tragique de le laisser là», a laissé tomber Mme Dansereau.«Mais il ne fallait pas mettre aussi nos vies en péril, on ne pouvait pas plonger à Teau, il y avait trop de vagues et tout bougeait.» Leur deuxième tentative de sauvetage ne fut pas vaine.Ils ont repêché un Grec d’une cinquantaine d’années.Mais devant la houle et les forts vents, le capitaine a décidé de rebrousser chemin.C’est en retournant au port qu’ils ont trouvé deux autres personnes, deux frères, agrippées à une rame.«Ce qui est extraordinaire avec ces deux petits gars,"reprend Suzanne Dansereau, c’est qu’ils avaient essayé d'embarquer sur deux bateaux de sauvetage avant, mais on avait refusé de les laisser monter parce qu’il y avait déjà trop de monde à bord.» S’il est heureux d'avoir sauvé des ries, M.Parry indique que les vrais héros sont les pêcheurs grecs, qui ont réussi à sauver des centaines de naufragés.«C’est très surréaliste, ce qu’on a vécu.J’aurais aimé être prévenu plus tôt pour pouvoir sauver plus de monde.» En fonction depuis 34 ans, Y Express Samina assurait la liaison deux fois par jour entre Athènes et Paros.Le traversier devait prendre sa retraite en décembre.«Frapper un rocher qui est éclairé, c’est ridicule, tranche Steve Parry.Il y a dix traversiers à l’heure qui entrent au port de Paros, c’est un endroit très connu des marins.» Avec l’Agence France-Presse Protection du mont Royal Une coalition en appelle à Québec ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Un nouveau projet de tour de logements aux abords du mont Royal, chemin de la Côte pement urbain réels et cruciaux.Ces problèmes sont encore tout aussi réels et cruciaux.Est-il nécessaire d'ajouter qu’ils demeureront tout aussi réels et cruciaux après les fusions?Les études économiques sur le sujet sont claires, les fusions ne produisent pas d’écono- mies d’échelle (c’est-à-dire que les coûts relatifs ne diminuent pas à la suite d’un accroissement de la taille d’une ville) et, pour ce qui est de la compétitivité des villes et des régions urbaines à l’international, les fusions n’ont rien à voir avec les facteurs de compétitivité impliqués.Pourquoi, dans ce contexte, un tel acharnement politique à faire des fusions envers et contre tous?En l’absence d’un vrai débat, la question reste posée.Aujourd’hui, comme en 1964, le débat économique est évacué et toute la place est prise par le juridisme et ses clercs.En fait, dans le pseudo-débat actuel, il n’y a pas vraiment de débat, seulement du marketing juridico-politique! Malgré tout, il ne faut pas désespérer.Peut-être y a-t-il, derrière les positions de la ministre et de son appareil bureaucratique, une position éminemment économique.A l’examen des déclarations de la minisfre, tout pointe en effet vers l’exploitation de concepts développés par le père Lebret.Ces concepts ont joué un rôle historique important dans la formation de la culture de l’appareil bureaucratique québécois responsable de l’aménagement du territoire.Ils sont exposés, entre autres, dans la revue fondée par le père Lebret sous le titre Humanisme et économie.Il y discute, parmi bien d’autres choses, de la notion d'équité sociale, de la façon de l'identifier et des moyens pour en assurer le respect.On en trouve un résumé éloquent dans le numéro du mois d’août 1999 de la revue.C’est un petit bijou de réflexion conduisant à la justification de toutes les hiérarchies et de toutes les dominations, depuis celle du père sur sa famille, des conseillers de quartier sur les familles de leur quartier, du maire sur les conseillers de sa ville et du préfet sur les maires de sa MRC jusqu’à celle du sous-ministre en titre et de la ministre sur tout ce qui leur est hiérarchiquement subordonné.C’est un point de vue que je ne partage pas.Suis-je le seul?J’ose espérer que non; mais, alors, où est l’autre?.lean-Paul Gravel Economiste-urbaniste, auteur de la partie économique du mémoire de 1964, «ce qui ne nous rajeunit pas», comme le dirait si bien notre maître à tous, le cher Alphonse Allais Montréal, 26 septembre 2000 LIBRE OPINION -?- Une politique économique pour lutter contre la pauvreté au Canada NORMAN SPECTOR Ancien ambassadeur du Canada en Israël et ancien conseiller de Brian Mulroney Comment expliquer que les gouvernements du Canada aient eu moins d’ennuis que ceux d’Europe dans la bataille des camionneurs contre les augmentations du coût de carburant, surtout en comparaison avec les gouvernements de nos deux mères patries?Certes, notre économie est en plein essor, mais c’est bien le cas en France et en Angleterre, où le chômage est en baisse et où la croissance est forte.D est vrai également que les bilans des gouvernements s’améliorent.La question aujourd’hui, dans les trois pays, n’est plus de savoir comment répartir les réductions du déficit mais plutôt comment distribuer l’excédent fiscal croissant.Cependant alors que le premier ministre français Lionel Jospin perdait 20 points à la suite du blocus des camionneurs, et le Parti travailliste de Tony Blair, 21, le premier ministre Jean Chré-tien envisage aujourd’hui de déclencher des élections hâtives qu’il a de très bonnes chances de gagner.En France, après que les fermiers et les chauffeurs de taxi eurent fait cause commune avec les camionneurs — ce qui a eu pour résultat de paralyser le pays —, le gouvernement a réduit les taxes sur l’essence de 600 millions $CAN pour les deux années à venir.Bien que la survie de sa coalition ait été menacée par ses partenaires tirant à hue et à dia — le Parti communiste étant en faveur de l'essence bon marché et les Verts soutenant des prix plus élevés —, M.Jospin n’avait guère d’autre choix que de négocier avec les camionneurs: presque 90 % des Français ont soutenu leur blocus des routes, nonobstant le fait que le ministre des Finances venait tout juste de baisser les impôts personnels de 24 milliards de dollars pour les trois années à venir.Quelques jours plus tard, après avoir vu le succès de leurs homologues français, les camionneurs britanniques sont entrés en action.Cependant, adoptant une pose mi-Churchill mi-Thatcher, le premier ministre Tony Blair a hardiment réaffirmé que certaines choses étaient faites autrement outre-Manche et qu’il ne négocierait jamais avec les malfaiteurs.Il s’est engagé à rétablir les approvisionnements de pétrole en 24 heures et a même menacé de recourir à l’armée pour lever le blocus.Mais quand rien n'a bougé, la crise s’est approfondie; à sa surprise, le public ne s’est pas rallié à sa position.En conséquence, M.Blair a rapidement ramolli et indiqué que son gouvernement avait reçu le message.Les camionneurs ont levé leur blocus, mais pas avant de publier un avertissement, à savoir que le gouvernement avait 60 jours pour livrer la marchandise, sinon.À Ottawa Par contre, à Ottawa, Jean Chrétien a repoussé toute suggestion de baisser les taxes sur l'essence, maintenant que les camionneurs doivent proposer les .augmentations à leurs clients.A Toronto, où les coûts du diesel à la pompe ont presque doublé au cours de cette année, les camionneurs se sont limités à stationner leurs semi-remorques sur le côté de la route, et le ministre du Développement économique de l’Ontario a conclu avec leurs leaders un accord intérimaire qui prévoit des suppléments payés par les expéditeurs.Comment arriver à comprendre pourquoi les camionneurs canadiens et québécois n’ont pas suivi l’exemple de leurs collègues européens?Certes, les Français sont difficiles à gouverner — après tout, ils ont même décapité le roi! Plus récemment, le paysan qui a saccagé un McDo pour protester contre la mondialisation est devenu un héros national; aucun politicien ne l’a critiqué et tous ont vilipendé le juge qui l’a condamné à une peine d’emprisonnement d’un mois.Mais les Britanniques sont d’habitude plutôt modérés, et nous, anglophones et francophones au Canada, avons hérité de leur système parlementaire britannique.Peut-être est-ce parce que les prix du carburant sont moins élevés, et les impôts à la pompe moins importants, c'est-à-dire, en moyenne, la moitié du prix ici.En outre, et c’est aussi un avertissement aux ministres des Finances fédéral et provinciaux, les prix du pétrole sont déterminés en dollars américains, et le dollar canadien ne s’est pas affaibli autant que le franc ou la livre par rapport à cette devise.11 y a une autre grande différence.Bien que M.Chrétien puisse envier son intellect à M.Josjjin ou ses qualités rhétoriques à M.Blair, il a réussi à préserver l’image du «petit gars de Shawinigan» alors que M.Jospin est jugé austère et que M.Blair est de plus en plus accusé d’arrogance.Dus fondamentalement, il me semble que le fédéralisme explique en grande partie les différences de comportement: contrairement à une France fortement centralisée et une Grande-Bretagne qui est en train de réaliser mais qui n’a pas encore achevé une vraie décentralisation, le fédéralisme à son mieux est un laboratoire qui permet à des politiciens d’expérimenter des approches diverses pour choisir celle qui fonctionne le mieux, Iji révolte centrée en Ontario Dans le cas du prix de carburant, la révolte est centrée en Ontario, la province la plus industrialisée, le gouvernement provincial a choisi de renforcer des marchés plutôt que de laisser aux camionneurs le loisir de politiser le conflit.Il a innové en encourageant les expéditeurs à renégocier des contrats pour payer à leurs transporteurs une prime qui refléterait des augmentations importantes du prix du diesel.Et a Ottawa, sans tenir compte des suggestions de Stockwell Day pour que les taxes soient réduites afin d’éviter le chaos, M.Martin a sagement maintenu que le défi est davantage social qu’économique, offrant la possibilité d’adopter des mesures visant à aider les plus vulnérables de notre société.Bien sûr, la partie n’est pas encore gagnée: les camionneurs indépendants en Ontario cherchent un supplément plus élevé et continuent de menacer les compagnies et le public.D’autres gouvernements provinciaux pourraient être la cible de leurs revendications.Et la possibilité d’élections fédérales peut mener le Parti libéral du Canada à se positionner à gauche et, comme MM.Blair et Jospin le font quotidiennement, à prétendre que les citoyens peuvent avoir des services de la plus haute qualité sans en payer les frais.Mais les chances demeurent bonnes qu’à la différence de nos cousins européens, les Canadiens ne vivent lias un automne et, plus lard, un hiver à l’enseigne du ressentiment.i I.K l> K V 0 I U .I.K .1 E 11 I) 1 2 K S K I' T K M K R K 2 (1 (I (I I D E Véritable casse-tête Protection de la jeunesse : commençons par le début RICHARD E.TREMBLAY Titulaire de la chaire sur le développement de l’enfant à l’Université de Montréal ^ i» ans l’édition du 20 septembre dernier, quatre journalistes du Devoir semblent s’être appliqués à répartir sur quatre pages différentes quatre morceaux du grand casse-tête de la protection de la jeunesse.Commençons par la fin.En page A 7, Alain-Robert Nadeau reprenait les derniers faits et gestes des motards qui sèment la terreur dans la population.Qui sont ces motards violents que le ministre de la Justice décrit, ajuste titre, de menace sans précédent pour la société?Nous serions tous certainement étonnés si on apprenait qu’ils étaient des enfants modèles et des adolescents studieux diplômés de nos cégeps et de nos universités.La criminalité des adolescents L’article de Brian Myles à la page A 5 donnait un indice sur les antécédents des motards violents.11 nous apprenait que la majorité des Québécois croient que la lutte contre la criminalité chez les adolescents doit être une priorité.On peut conclure que les Québécois craignent les adolescents délinquants, mais plusieurs ont sûrement compris que les motards de demain se recrutent parmi les adolescents délinquants d’aujourd’hui.Des études dans plusieurs pays montrent en effet que les criminels adultes violents étaient, quelques années plus tôt, des adolescents violents.Prévenir la délinquance juvénile devrait donc avoir un impact sur la criminalité adulte.Mais comment la prévenir?La troisième pièce du «casse-tête» faisait la une.Isabelle Paré rapportait que, selon le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, des adolescents placés dans un internat de réadaptation avaient été «soumis à des traitements dignes de “milieux carcéraux"».Les lecteurs les plus cyniques ont dû conclure que les motards de demain ont avantage à se familiariser le plus tôt possible avec le fonctionnement du milieu carcéral.Je n’ai aucun doute que tous les intervenants dans ce dossier comprennent très bien que l’on ne peut aider des adolescents en difficulté en les maltraitant.Il faut cependant se demander par quelle logique on peut arriver à conclure que les adolescents qui doivent être retirés de familles en difficulté et ceux qui ont des problèmes de comportement vont être aidés en les regroupant dans un internat Nous savons depuis très longtemps qu’il est extrêmement difficile, sinon impossible, d’éviter des dérapages lorsque l’on place en internat un groupe de jeunes ou de moins jeunes qui ont des problèmes de comportement.Même dans les meilleurs de nos pensionnats d’antan, il y avait des dérapages.Aujourd’hui, on conseille aux directions des écoles primaires et aux directions des centres de la petite enfance de ne pas placer plusieurs enfants «avec des problèmes de comportement» dans un même groupe afin d'éviter la contagion et de faciliter le travail d’éducation.Qui ne s’est jamais inquiété de la mauvaise influence d’un enfant «problème» dans la garderie ou la classe de son enfant?Il est facile d’imaginer l'ampleur des phénomènes de contagion auxquels les éducateurs doivent faire face lorsque l’on fait vivre dans un même lieu, 24 heures par jour, pendant des mois, des adolescents en difficulté.On crée une situation encore plus dangereuse si on y ajoute des adolescents délinquants.Coûteux Non seulement le placement en internat risque de conduire à des dérapages qui nuisent sérieusement à ceux que l’on veut aider, il coûte extrêmement cher.comité Lebon estime que les Centres jeunesse du Québec investissent plus de 40 % de leur budget (670 millions par année) pour placer des adolescents en institution.Le coût annuel par adolescent placé varie de 58 000 à 102 000 $.Si on ajoute à ces millions ceux qui sont investis pour lutter contre les motards criminels (police, tribunaux, prisons, par exemple) et pour payer les conséquences de leurs activités (drogues, blessures, homicides et suicides, par exemple), on constate que nous dépensons des milliards de dollars pour réagir.Cette réaction aux problèmes de comportement d’une minorité de garçons à partir de l’adolescence n’a clairement pas le succès que l'on espère puisque, de décennie en décennie, les intervenants auprès des criminels adultes et des adolescents dé- IHlIli Oà ARCHIVES LE DEVOIR Malgré la bonne volonté de tous, le système de protection de l’enfance semble s’être développé beaucoup plus pour protéger les adultes que pour aider les enfants.linquants rapportent que la situation est de plus en plus difficile.Les études scientifiques de ces interventions confirment que personne n’a encore trouvé de solutions vraiment efficaces.Quelques programmes extrêmement bien conçus, implantés par un personnel formé à en respecter le contenu et évalués selon les règles de l’art, ont conduit à quelques effets bénéfiques mais de courte durée.C’est pourquoi il faut absolument chercher la solution ailleurs.Une lueur d’espoir C’est Judith I-achapelle qui a placé la quatrième pièce du «casse-tête» de la protection de la jeunesse en page A 3.Elle résumait les résultats d’une recherche publiée dans le Journal of the American Medical Association, une des plus grandes revues scientifiques.Il s’agit d’une évaluation d’un programme de soutien aux jeunes mères célibataires pendant les deux premières années de la vie de leur enfant.Cette étude, lancée il y a plus de 20 ans, montre que le programme de soutien réduit de façon significative les cas d’abus et de négligence des enfants, en plus de réduire le recours aux services de santé, de diminuer le nombre de grossesses subséquentes, d’augmenter la participation des mères au marché du travail, de réduire le nombre de mères quj dépendent du soutien financier de l’Etat et de réduire le nombre de cas de mères traduites devant les tribunaux.Ce sont de très bonnes nouvelles pour tous ceux qui veulent protéger les jeunes enfants.Mais il y a beaucoup plus: les mères qui ont bénéficié de ce programme de soutien étaient en difficulté à l’adolescence alors que leurs enfants, devenus eux-mêmes adolescents, ont moins de problèmes de délinquance et moins de partenaires sexuels.On semble donc réussir à briser la transmission des problèmes d’adaptation d’une génération à l’autre.De plus, les dernières analyses des coûts et bénéfices de ce programme indiquent que l’on économise 4 $ pour chaque dollar investi.Vous aurez probablement remarqué que les vedettes des trois premiers articles sont de sexe masculin alors que les vedettes de l’article de Mme Lachapelle sont de sexe féminin.Est-ce que cette pièce fait vraiment partie du même «casse-tête»?Quand les Québécois s’inquiètent de la criminalité des adolescents, ils craignent surtout la violence des garçons.Ce ne sont quand même pas les filles qui constituent la majorité des adolescents en inter- Le coût annuel par adolescent placé varie de 58 000 à 102 000 $.Si on ajoute à ces millions ceux qui sont investis pour lutter contre les motards criminels et pour payer les conséquences de leurs activités, on constate que nous dépensons des milliards de dollars pour réagir.nat et la majorité des motards qui menacent notre société.C’est vrai, et c'est pourquoi la majorité de nos ressources sert à intervenir auprès des hommes déviants.Pendant ce temps, les filles qui ont des difficultés d’adaptation reproduisent une nouvelle génération d’enfants en difficulté, dont la moitié fies garçons) serviront de relève aux motards qui prennent leur retraite ou qui ont disparu.Les nouvelles connaissances sur le développement du cerveau humain et son rôle dans le contrôle de notre comportement permettent de comprendre pourquoi les interventions auprès des adolescents déviants ont si peu d’effets, malgré les sommes astronomiques investies, alors que les interventions au début de la vie semblent avoir des effets à très long terme.On comprend aujourd’hui que le développement de l’organisation physiologique du cerveau dépend de la qualité des premières expériences, tout particulièrement au cours de la grossesse et au cours des quelques années suivantes.L'enfant dont le cerveau a subi la consommation de drogue, d’alcool et de tabac de la mère pendant la grossesse, en plus de subir la négligence et l'abus physique de ses parents après la naissance, n’aura pas la même capacité d’apprendre à contrôler son comportement que celui qui n’a pas vécu ces expériences.Les mécanismes physiologiques qui expliquent ce phénomène sont mieux connus aujourd’hui, mais nous savons depuis longtemps qu’il vaut mieux partir d’un bon pied.Au début du XIXe siècle, après avoir passé cinq années à tenter d’éduquer un préadolescent que l’on avait trouvé abandonné dans une forêt, Jean Itard écrivait: «Les espérances les plus brillantes et les moins raisonnées avaient devancé à Paris le Sauvage de l’Aveyron.[.) beaucoup de personnes, recommandables d’ailleurs par leurs lumières, oubliant que nos organes sont d'autant moins flexibles et limitation d'autant plus difficile que l’homme est éloigné de la société et de l’époque de son premier âge, crurent que l’éducation de cet individu ne serait l'affaire que de quelques mois [.].» Deux siècles plus tard, notre système de protection de la jeunesse investit la majorité de ses ressources à la fin de la jeunesse avec des interventions de quelques mois! Si le Dr Itard était parmi nous, il ne serait sûrement pas surpris de constater qu’une telle stratégie conduit à l’échec et au décourage» ment de tous ces intervenants qui s’engagent dans ce métier avec «les espérances les plus brillantes» mais «les moins raisonnées».On a peut-être investi la majorité de nos ressources à l’adolescence parce qu'on n’arrive pas à reconnaître les limites de nos interventions, mais il y a une autre raison, plus dérangeante.Malgré la bonne volonté de tous, le système de protection de l’enfance semble s’être développé beaucoup plus pour protéger les adultes que pour aider les enfants.L’enfant négligé de deux ans, qui fait des crises de colère et agresse les autres petits, fait beaucoup moins peur aux adultes, y compris les intervenants, que le même enfant avec les mêmes problèmes à l'âge de 16 ans.N'est-il pas étrange que plus les enfants en difficulté approchent de la taille adulte, plus on investit de ressources?Plus on est grand, plus on est fort, plus on est violent, plus on bénéficie des investissements pour «protéger la jeunesse»! Et on est surpris que des internats de réadaptation ressemblent à des milieux carcéraux?Un pas dans la bonne direction J’ai trouvé un cinquième morceau du «casse-tête» dans l’édition du 21 septembre du Devoir.De nouveau à la une, Isabelle Paré rapportait la réaction du ministre délégué à la Jeunesse, Gilles Baril, à la suite du rapport de la Conunission des droits de la personne.Ce dernier rappelait que le ministère de la Santé et des Services sociaux s’oriente vers le soutien aux jeunes familles à risque.A la suite du Sommet de la jeunesse en février dernier, un programme de 22 millions de dollars par année a effectivement été annoncé.S’appuyant sur le programme américain décrit par Judith I ^chapelle, ce programme ciblera les jeunes femmes enceintes les plus à risque de reproduire une nouvelle génération d’enfants en difficulté sérieuse d’adaptation.On peut espérer des effets plus importants que ceux du programme américain parce que le1 soutien à la famille sera plus intensif et durera quatre ans de plus, c’est-à-dire au moins jusqu’à l’entrée de l’enfant à l’école.Cet investissement de 22 millions par année devrait permettre d’économiser plus de.100 millions par année.Qui refuserait d’investir dans une entreprise qui offre un tel rendement?L'investissement de 22 millions est encore loin des milliards investis pour réagir au problème, mais il s'agit d’un pas important dans la bonne direction.Les résultats des recherches récentes sur le développement des problèmes de comportement devraient encourager nos élus et les responsables de la protection de la jeunesse à mettre beaucoup plus de ressources là où l’on peut avoir le maximum d'effets à long terme.H y aura évidemment toujours des adolescents en grande difficulté, et nous aurons toujours besoin d’intervenants pour les soutenir.Ces intervenants doivent d’abord éviter d’aggraver la situation, puis tenter de réduire au minimum le fardeau de misères que ces adolescents ont accumulé depuis le début de la vie, aider à prévenir que ce fardeau soit transmis à une nouvelle génération et accepter que la majorité des ressources dont nous disposons serve à donner un bon départ à ceux qui sont au premier âge.S.O.S.Saint-Eustache La rivière du Chêne à Saint-Eustache est une soupe de germes infectieux PIERRE V I AU ^ u printemps dernier, à la suite d’une cor- Avée de nettoyage des berges de la rivière du Chêne à Saint-Eustache, une des bénévoles, souliers trempés, s'est retrouvée avec des champignons parasites aux pieds.Quelque temps après, j’ai vu des jeunes qui se baignaient, naïvement, dans cette eau infestée d’agents contaminants, et d’autres personnes y pêchaient allègrement.C’était hallucinant! J’ai alors avisé le bureau du ministère de l’Environnement, si- tué au 140 de la rue Saint-Eustache.Un responsable, d’un haut degré de scolarité, m’a dit que la rivière du Chêne est une soupe de germes infectieux.Pensant au drame de Walkerton, en Ontario, je lui demande s’il y a aussi des bactéries E.coli dans cette eau nocive.Il m'a répondu: «Bien sûr que oui!» Il m’a dit que cette eau polluée était du poison! 11 sait tout cela et il ne fait rien.C’était encore plus hallucinant.J’ai alors demandé, en gros bon sens, si c’était possible, au moins, de poser une pancarte «Interdit de baignade et de pèche», histoire de prévenir les gens du danger.Il m’a dit que cela concernait la Ville.Je me suis donc adressé à la Ville et on m’a dit que ce problème concernait le ministère de l’Environnement! On m’a aussi dit d’appeler la police si je voyais des jeunes qui s'y baignaient.Drôle de 911 Ecolo! Finalement, j’ai porté plainte au bureau de la députée du comté.Après une petite enquête, Diane Dé-sormeaux, secrétaire de Mme Robert, a vilement réalisé la dangerosité de cette eau corrompue.la Ville lui a référé Michel Bordeleau, ingénieur.M.Bor-deleau m’a téléphoné pour me dire qu'il me remerciait d’avoir signalé ce fait mais qu’il savait déjà que cette eau souillée contenait des bactéries E.coli et autres saloperies.Tout bonnement, lui aussi, a avoué tout savoir de la contamination et ne rien faire.Fin de l'été, il n’y a toujours ni pancarte, ni avertissements, ni mesures en vigueur.N’oublions pas que l’historique moulin Légaré, dont la roue est mue par la force de l’eau, fabrique une denrée alimentaire, de la farine de sarrasin.Quelle garantie a-t-on de la salubrité de ce produit?Se fout-on à ce point-là de la santé publique?Doit-on attendre des morts pour réagir, se scandaliser et renvoyer ceux qui savaient et qui n’ont rien fait?Les gens en situation d’autorité ne pourront pas plaider l'ignorance.L ’ É « D I I» E DU DEVOIR fconomique : Gérard Bérubé (adjoint au dirertnr dr l'infiirmatiim).Hélène Baril, Claude lévesque, Français Normand, Claude Turcotte; k l'Information internationale : Jean-Pierre Legault Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste), à l’information politique : Pierre O’Neill, Hélene Ruzzetti.Manon Cornellier (cormpimdantrs /lartrmrntairrs à Ottawa).Mario Cloutier et Rnberl Dutrlaac (cormpnndants partnneittaim à Qvttcc)-, Marie-Hélène Marie (seerttairr à la redaction) ; Inuise-Maudc Rioux Soucy, MarieClaude Petit (rommis) la doaimentntion Gilles Paré (directeur) ; Brigitte ArsenaulL Manon Derome.Serge Uplante (yuéèrrl.Karhel Rochefort (Ottawa).UV PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril, Jean de Billy.Manon Bouchard, Gyslaine CAté, Marlène Cote.Anouk Hurbutt, Dominique Larivière, Christiane legault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, (publicitaires), Manon Blanchette, Sylvie laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production/, Claudine Bédarri.Michel Bernatchez.Iliilippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudnn, Yanick Martel, Olivier Zuidà.PROMOTION ÉT TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélène (iervais.Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sereiers comptables), Celine Furoy.Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Uperrière, Nathalie Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).i I.K I) K V OIK.L K .1 K I! I) I 28 S K |‘ T K M K K K 2 0 0 0 A 8 -* LE DEVOIR -—- ACTUALITES CREUX SUITE DE LA PAGE 1 Samedi, on demandait: laquelle des deux activités suivantes requiert-elle lé plus grand effort physique?61 % ont répondu l’entretien ménager, 39 % ont répondu le tir.Ou du côté de David Letterman, qui ne rate pas une occasion de planter la couverture en très très différé de NBC: «Hier, on a eu droit à un grand moment de télévision à NBC: la septième médaille d'or de Mark Spitz.» Ou du côté de la pub.Vraiment imaginative, la pub olympique, y a pas à dire.Remarquez, ce n’est pas plus mal: l’exercice consistant avant tout à user de détours (ou, paradoxalement, à emprunter des raccourcis) pour vendre des cochonneries, il reste préférable qu’elle soit mauvaise et finisse par taper sur les nerfs, celle qu'on appelle bonne étant la plus insidieuse.Mais veuillez croire que c’est avec un indicible frisson que nous entendons, même pour la millième fois, que Ro-Na croit en la jeunesse du Québec et que la Banque Royale aide nos athlètes à réaliser leur rêve depuis 1947.Ou du côté du sexe.Bien sûr, on ne nous montre pas de sexe à la télé en raison d’un complot de la droite américaine, mais comme c’est diffusé la nuit de toute façon, on devrait nous offrir des extraits.C’est que, nous dit l’Agence France-Presse, «le fournisseur officiel de condoms du village olympique, qui en avait déjà distribué plus de 80 000, a dû commander d’urgence un nouveau stock de 20 000 préservatifs» et «les plus demandés sont les préservatifs parfumés à la menthe et à la fraise».Un porte-parole du fournisseur, An-sell, a qualifié une telle activité de «transfert de prouesses athlétiques».Pour notre part, dans notre quête infinie de reculer les limites de l’association d’idées vaseuse, nous préférons parler de gymnastique rythmique, de plongeon synchronisé, voire, pourquoi pas, de dressage.Ou du côté de la boisson.Selon les rapports en provenance de Sydney, le seul bar du village olympique écoulerait plus de 180 tonneaux de bière par jour.Nous en voudrez-vous vraiment si, dans cette situation et dans cette seule situation, nous vous soumettons bien humblement le néologisme «désaltérophilie»?Le seul bar du village olympique écoulerait plus de 180 tonneaux de bière par jour ?Dans la série «On se pense fin, on croit avoir tout vu, et puis splatash, ça nous revoie en pleine face», qui croyez-vous a demandé une enquête sur les agissements du CIO relativement aux cas ca-_ _ mouflés de dopage américains?Ben oui, Ben.Comme dans hé ben, mais avec une majuscule.Comme dans Johnson.Johnson a qualifié de «véritable farce» le comportement des athlètes qui se disent blessés ou enrhumés et donc incapables de prendre part à une épreuve.Quant aux événements de Séoul, il affirme que «si jamais ces athlètes qui ont subi des tests positifs ont remporté des médailles d’or, je crois qu’on devrait me redonner la mienne».?Quelques fermes propos de ce mercredi, il y en a moins que d’habitude parce que, dans le petit creux, on a tendance à baisser le son: Présentation à NBC: «À ces Jeux, vous pouvez vous attendre à l’inattendu.» François Faucher, au tennis: «Il est beaucoup plus facile de retourner une deuxième balle de service qu’une première.» Fiou.jdion@ledevoir.com LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Parcourrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements® ledevoir .corn Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir us» publié du lundi au samedi par lu Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue De Bleury, O’ étage, Montréal.(Quebec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean, 800, boulevard Industriel,Saint jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal L’agence Pretae Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans U Devoir.I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (iroupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I^val.Envoi de publication — Enregistrement n 0858 Dép6t légal: Bibliothèque nationale du Québec.QUEBECOR Québécor a besoin d'argent puisqu'il s'est endetté SUITE DE LA PAGE 1 même pas dans la liste des éléments d’actifs qui seront combinés pour former la nouvelle entreprise multimédia de Québécor, Québécor Multimédia.• Il semblait nettement plus intéressant de conserver TVA parce que, comme l’indique Luc Lavoie, «TVA est une station plus polyvalente, active dans un plus grand nombre de secteurs, et elle a conclu des ententes internationales qui seront très utiles à Québécor Media».Il ne faut pas non plus négliger l’aspect purement financier, Québécor ayant besoin d’argent puisqu’il s’est endetté en achetant Vidéotron.Tous les yeux se tournent donc maintenant vers les trois acheteurs les plus souvent mentionnés et les plus logiques pourTQS, soit Astral, BCE et Cogeco.Ironie de l’histoire, Québécor avait mis la main sur TQS en 1997 justement parce que le CRTC avait obligé Vidéotron, déjà propriétaire de TVA à se départir de TQS, qui était comprise dans la vente de CF Cable à Vidéotron.Québécor était alors apparu comme une sorte de sauveur pour une chaîne qui connaissait de grandes difficultés.Trois ans plus tard, TQS s’est remplumée.Les cotes d’écoute dépassent maintenant 13 % de l’auditoire et le plan d’affaires prévoit la rentabilité à l’automne 2001, la dernière année d’un plan de cinq ans visant à relancer la chaîne.En août dernier, l’année financière de TQS se terminait toutefois avec un déficit d’environ cinq millions.Selon nos informations, le budget général de TQS est de 50 à 55 millions.La chaîne avait été vendue autour de 35 millions à Québécor en 1997.On ignore à quel montant Québécor a fixé l’achat de TQS aujourd’hui.TQS compte 250 employés à Montréal et une centaine à Québec.«Nous sommes très confiants, et les employés ne sont pas inquiets puisque la chaîne va très bien cet automne», a dit Thérèse David, vice-présidente aux communications de TQS.L’intérêt de BCE pour TQS n’est un secret pour personne.La semaine dernière, le président de BCE, Jean Monty, répétait que son intention était de faire une plus grande place au contenu francophone dans l’entreprise.Le réseau TQS est intéressant s’il est mis en vente, avait alors mentionné M.en achetant Vidéotron Monty.Hier, la compagnie n’a pas voulu faire d’autres commentaires à ce sujet.BCE est en train de développer son empire en mettant la main sur CTV et sur le groupe Thompson, qui publie The Globe and Mail.BCE a évidemment besoin de contenu francophone pour son empire Internet, qui grossit sans cesse.Pour sa part, Astral possède Radiomutuel, la plupart des chaînes de télévision spécialisées francophones et des parts dans bon nombre de chaînes spécialisées anglophones.TQS viendrait compléter ses actifs, et hier, chez Astral, on a réitéré l’intérêt pourTQS, sans aller plus loin pour le moment.Cogeco, l’«autre» câblodistributeur au Québec après Vidéotron, qui possède quelques stations de télévision et de radio, avait rêvé de mettre la main sur TQS, et il voudra sûrement se reprendre.Détail important: Cogeco possède actuellement 15 % de TQS (le reste étant propriété de Québécor).Les analystes vont d’ailleurs parier sur une éventuelle alliance Co-geco-Astral pour contrer les visées du très puissant BCE sur TQS.Avec la collaboration d’Hélène Baril LAREAU SUITE DE LA PAGE 1 Pour tout dire, Sébastien Lareau a expliqué s’être senti un peu comme dans un état second dans les minutes qui ont suivi sa victoire à Sydney.«C’est comme si le temps s’était arrêté.Tout ça m’a semblé très long.» Une fois bien remis, le Québécois originaire de Boucherville a souligné que les mots «médaille d’or» étaient une bien douce musique à ses oreilles.Il n’a pas manqué de souligner à quel point il lui a été difficile d’atteindre un tel niveau d’excellence.«J’ai dû apporter beaucoup de changements avant de connaître du succès.J’ai dû changer ma raquette, mon style de jeu, mes entraîneurs, etc.» Et de coéquipier, aussi.Voilà un an, Sébastien Lareau et Daniel Nestor ont chacun abandonné leur coéquipier respectif pour pouvoir faire équipe aux Olympiques.Lareau a abandonné l’Américain Alex O’Brien, avec lequel il venait tout juste de remporter le U.S.Open.En choisissant Lareau pour partenaire, Daniel Nestor, lui, mettait en péril sa grande amitié avec Mark Knowles, des Bahamas.«En faisant équipe avec Daniel, je savais que j’aurais vraiment une bonne chance de décrocher une médaille», a dit Lareau de son coéquipier, qui a de fait disputé un match impeccable.L’importance que chacun accordait à ces Jeux a décuplé leur nervosité en début de match.En conférence de presse, Sébastien Lareau a expliqué avoir d’abord été très intimidé par la foule de 10 000 personnes.La chose était pour le moins déstabilisante: contrairement à l’atmosphère feutrée des tournois de l’ATP, les Australiens encourageaient bruyam- Claude Hagège s'inquiète aussi des répercussions sur les immigrants.«Si la loi favorise l’anglais dès la première année, des masses d’étrangers seront incités à apprendre l’anglais.Le français n’aura plus de moyens de résister.L’anglais en première année au Québec?Je suis totalement contre.» Bilingue à cinq ans Les travaux de Claude Hagège ont pourtant large ment inspiré.les récentes propositions du ministre français de l’Education, Jack Lang, favorisant l’enseignement des langues secondes dès le primaire.La plupart des chercheurs, dont Hagège, estiment en effet que les langues étrangères doivent, dans la mesure du possible, être enseignées très tôt, idéalement entre trois et dix ans, un âge où l’élève assimile plus rapidement les sonorités nouvelles.Mais, explique Hagège, «si les écoles n’offrent qu 'une seule langue seconde, les parents se précipiteront goulûment sur l’anglais.L'anglais, qui est déjà dominant, se retrouverait dans une situation de monopole aggravant le déséquilibre profond qui existe déjà».C'est pourquoi il propose de généraliser l’apprentissage obligatoire de deux langues secondes.«Les parents choisiront nécessairement l'anglais, mais il y en aura une autre qui bénéficiera de la même obligation, ce qui rétablirait un peu l’équilibre.» Hagège va jusciu’à suggérer que l’anglais ne soit enseigné qu'au secondaire.\je chercheur met cependant quelques bémols à son engouement pour le multilinguisme.Si l’apprentissage d’une langue seconde doit intervenir avant 10 ans, il ne doit pas se produire trop tôt «L’enfant doit avoir une maîtrise sémantique de sa langue.On ne peut pas fonder l’enseignement d'une langue étrangère sur des connaissances linguistiques nulles.» Cinq ans serait l’âge idéal.De nombreuses études montrent que l'enfant de cinq ans a dominé ce que le linguiste nomme «le noyau dur de la langue» (morphologie, syntaxe et grammaire).Ce qu’il va apprendre par la suite est sans commune mesure avec ce qu’il a déjà appris.Le «noyau dur» ne comprend évidemment pas le vocabulaire.«Je continue toujours à apprendre de nouveaux mots, dit Hagège.Tout le monde en apprend.Ça dépend des besoins.» I>a double incompétence linguistique Les enfants qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante du français pourraient même souffrir de l’enseignement précoce d’un langue seconde.En France, ce problème se pose chez les enfants d’immigrés.Au Québec, il [xmrrait se retrouver dans certaines populations francophones où l’anglais est omniprésent, dit le linguiste.Si un anglais fautif vient se greffer à un français fautif, l’enfant risque alors de développer ce qu'il nomme «une double incompétence linguistique».«Les enfants de familles immigrées sont souvent dans cette situation.L’enfant n 'est ni compétent dans sa langue maternelle, la langue de la tendresse, ni en ment leurs compatriotes.Sébastien Lareau s’est cependant rapidement ressaisi.«La façon dont nous avons commencé le deuxième set a été déterminante», a souligné Lareau en évoquant son service nettement plus solide au deuxième set Richard Legendre, directeur des Internationaux du Canada et vice-président de Tennis Canada, n’était pas peu fier hier.«J’ai été très impressionné de voir comment Sébastien a réagi psychologiquement et émotivement devant tant de pression.Ils jouaient contre les monstres sacrés du double tout au long des années 90, grands favoris de la foule, et ils n’étaient pas sans savoir que la récolte de médailles des Canadiens à Sydney était décevante.» Pour Richard Legendre, cette victoire fera comprendre à tous «que l’on peut venir de Boucherville et remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques.Combien de fois nos joueurs canadiens ont-ils craqué quand ça comptait, alors qu’ils avaient sur papier toutes les chances de l’emporter?Cette fois, nos deux joueurs n’ont pas raté leur chance».Jusqu’ici, Sébastien Lareau et Daniel Nestor ont nettement mieux joué en double, mais chacun entend maintenant n’accorder qu’une importance secondaire au double, leur rêve olympique étant réalisé.Le tournoi olympique de tennis ne procure aucun point aux joueurs au sein des circuits professionnels, et leur classement demeure inchangé (Daniel Nestor et Sébastien Lareau occupent le premier rang du circuit ATP).La médaille d’or en tennis de ces Canadiens s’ajoute à celle remportée par le triathlète Simon Whitfield à la deuxième journée des Jeux.français, la langue qui permet d’avoir un job.Ces enfants sont menacés d’être doublement marginaux.» Dans de telles situations, il importe de renforcer l’enseignement du français.Le multilinguisme reste pourtant une façon de résister à l’impérialisme de l’anglais.«Du moment que l'anglais apparaît comme allant de soi, comme la seule langue à vocation universelle, on signe la mort du bilinguisme.On encourage ainsi la mentalité unilingue qui domine aux Etats-Unis et dans les autres grands pays anglophones: Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Grande-Bretagne.Dans les autres pays, il n’y a pas cette mentalité unilingue.Il ne s’agit donc pas simplement d’apprendre deux langues, mais d’apprendre des langues qui permettent m autre choix que l’anglais.que l’on apprendra de toute façon.» Pour les mêmes raisons, Hagège favorise en France l’enseignement de l'occitan, du basque, de l’alsacien, du corse, du flamand et du breton.«Non seulement ces langues ne nuisent pas au français — puisqu’elles ne sont pas en état de le menacer —, mais elles préparent à l'apprentissage d'autres langues.A condition de ne pas être idiot, plus vous êtes multilingue, plus vous pouvez le devenir.» la mort des langues La diffusion mondiale de l’anglais serait, selon le chercheur, une des principales causes de la disparition de langues.Parmi les 5000 langues vivantes que Hagège recense dans le monde, une vingtaine disparaîtraient chaque année.«A ce rythme, il n'en restera plus que 2500 à la fin du siècle.» Dans son prochain livre, Halte à la mort des langues (publié en octobre chez Odile Jacob), Hagège lance un cri d’alarme.«Je ne vois pas pourquoi, à partir du moment où il existe tant d’entreprises de défense des espèces vivantes, il n’en existerait pas pour défendre les langues.On préserve la nature, pourquoi ne préserverait-on pas les langues?Je suis pour une écologie linguistique.» I/î combat contre la domination internationale de l'anglais serait d'ailleurs loin d’être perdu.«Il y a encore des choses à faire.Sur Internet, un instrument capital de diffusion, la présence importante d'autres langues laisse prévoir que la domination de l’anglais a des chances de baisser.Im progression de l'anglais n'est pas inéluctable.» Ijes pires ennemis de la diversité linguistique sont ceux qui s’avouent vaincus d’avance, dit le linguiste en colère.Hagège déplore l’anglophilie de beaucoup de pays européens, surtout les pays du Nord, qui n’ont pas l’habitude de considérer la langue comme une question |X)litique.«En France, la langue est une affaire complètement politique pour des raisons historiques qui remontent à la monarchie.Au Québec aussi, parce que le français doit se défendre contre un océan anglophone.» D’ailleurs, Claude Hagège se demande bien pourquoi on l’a invité à prononcer, dans une ville francophone, une conférence en anglais où les personnalités invitées sont toutes francophones.«Vous ne trouvez pas cela bizarre?» MODÈLES SUITE DE LA PAGE 1 À la Commission scolaire de la Riveraine, dans la ville de Bécancour, le modèle divulgué d’abord aux commissions scolaires — lesquelles doivent le faire circuler dans les écoles — évalue le «cheminement scolaire» avec des couleurs, à la manière du feu de circulation, et fait le «bilan des apprentissages» à l’aide de petits symboles associés aux mathématiques.«C’est le modèle qu’on a soumis aux écoles, on trouvait que ça parlait bien, mais maintenant on croit qu 'il existe une meilleure façon de faire», a expliqué hier Denise Dionne, conseillère pédagogique à la réforme pour la Commission scolaire de la Riveraine.L’usage du vert, du jaune et du rouge (associé à un enfant qui «chemine adéquatement», «demande une attention particulière», et «chemine difficilement») résisterait mal en effet à la photocopie et poserait un problème potentiel pour les daltoniens, poursuit la conseillère pédagogique.Dans le modèle actuellement revu par la commission scolaire, on a donc troqué les couleurs contre de «petits bonshommes», dont la mine réjouie, indifférente ou maussade traduira l’évolution du progrès de l’enfant.Plutôt que d’utiliser les symboles mathématiques, «qui n’étaient pas suffisamment clairs», des chiffres de 1 à 4 permettront de codifier le bilan des apprentissages en toute fin de cycle, au terme des deux premières années d’étude.Dans la dénomination des compétences à évaluer, on a aussi clarifié le vocabulaire.«Le socio-constructivisme et les compétences transversales, ça ne dit pas grand-chose aux parents», explique Mme Dionne.«Nous avons décidé d’ajouter une phrase pour vulgariser, expliquer la compétence.» Ainsi, l’énoncé «l’élève fait preuve de sens éthique» côtoiera dans la nouvelle version son pendant «vulgarisé»: «A partir d’une situation comportant un enjeu moral, l’élève exprime son point de vue, accueille celui des autres, part à la recherche de solutions et s’implique dans leur application.» Pour l’école Marie-Clarac, chacune des compétences est détaillée en plusieurs points évalués par l’enseignant, ce qui donne le plus volumineux des trois bulletins, avec une vingtaine de pages: 70 points précis doivent en effet être évalués pour chacune des huit étapes réparties sur les deux années du cycle.On pardonnera toutefois aux parents de sursauter devant la lourdeur du vocabulaire: dans le développement de ses compétences d’ordre personnel et social, l’enfant «apprécie son cheminement au regard de son identité personnelle», «évalue sa démarche et le résultat de son questionnement éthique» et «fait des choix à l’aide de référents».Dans les domaines d’apprentissage que sont le français et les mathématiques, l'enseignant devra aussi apposer le sceau du progrès sur le «jugement esthétique sur les pratiques et les produits culturels liés à la langue» ou à la «participation à la situation de communication en recourant à des stratégies pertinentes».L’école a ici choisi de codifier à l’aide de lettres (A-B-C-D) correspondant à «souvent, avec facilité», «à l’occasion, avec une aide supplémentaire», «avec une aide supplémentaire la plupart du temps» et «besoin fréquent d’une intervention particulière».En fin de cycle, au moment d’effectuer le «bilan», on indiquera si le niveau de compétence est atteint (S) ou non (E).Pour chacune des étapes, un vaste espace est alloué à la fois à l'enseignant, aux parents et à l’enfant pour exposer ses commentaires.I^i Commission scolaire de Montréal propose sans doute le modèle qui s’approche le plus des traditionnels bulletins avec notes, ne serait-ce que dans sa forme, qui tient en une seule page.Elle respecte toutefois la liste des compétences transversales et disciplinaires, ajoutant les arts, l’éducation physique et la formation personnelle aux côtés des maths et du français, comme le fait aussi la CS la Riveraine.Ici aussi, des lettres tracent le parcours de l’enfant, du «progrès au-delà des attentes» (A) au progrès avec difficulté (D).Des espaces sont alloués pour les commentaires, dont un bloc destiné aux promis de l’enfant.Ces modèles, très attendus par le milieu nous confirmait-on hier à la Fédération des commissions scolaires du Québec, ont été distribués cette semaine aux commissions scolaires et par la suite aux écoles.Ils ne constituent toutefois qu'une proposition aux écoles qui ont besoin de balises, peuvent s’en inspirer, les reprendre ou au contraire les mettre de côté.«Iss établissements concernés peuvent enrichir ou modifier ce prototype, conservant ainsi leurs responsabilités à cet égard», note d'ailleurs le sous-ministre adjoint Robert Bisaillon dims sa lettre.« ANGLAIS On préserve la nature, pourquoi ne préserven on pas les langues ?Je suis pour une écologie linguistique», dit Claude Hagège SUITE DE LA PAGE 1 À l’école Marie-Clarac, chacune des compétences est détaillée en plusieurs points, ce qui donne un bulletin d’une vingtaine de pages A
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.