Le devoir, 7 septembre 2000, Cahier A
w w w .1 c d e v o i r .c o m à V (I L.X (' 1 N 2 0 :5 ?CULTURE La semaine des cinq Julie Page B 8 L E .1 E U I) I LE MONDE Des employés de l’ONU sont tués au Timor occidental Page B 5 S E I* T E M H H E 2 O O O 8 7 ar la procédure d’audience publique.Cependant, dit-elle, si les municipalité se serrent les coudes et si AES veut faire la preuve de son bon comportement d’entreprise, cette société n’hésitera |>as à si' soumettre volontairement à une audience publique, comme l’a déjà fait Alcan. I.K I) K V (MH.L K .1 K 1 I) I S K.I* T K M B K E 2 0 » U A 5 ,ES ACTUALITES Infrastructures EN BREF Landry se montre plus conciliant Ottawa a droit à une «honnête visibilité», dit le ministre Rectifiant le tir de la veille, le vice-premier ministre Bernard Landry se dit maintenant ouvert à négocier des «modalités raisonnables» avec le gouvernement canadien dans le cadre du programme tripartite d'infrastructures.Il ne rechigne plus à 1 idée d’augmenter la visibilité du fédéral sur les chantiers et accepterait ainsi le chèque promis de 500 millions.FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Précisant que les compétences du Québec «ne sont pas achetables», le ministre des Finances, Bernard Landry, refuse toujours de renoncer à la maîtrise du programme tripartite d’infrastructures, comme le souhaiterait le gouvernement fédéral.Hier, il s’est toutefois montré beaucoup plus conciliant que la veille.Kn entrevue au Devoir, il a affirmé que «si les fédéraux veulent négocier des modalités raisonnables, nous aurions mauvaise grâce de ne pas s’asseoir à la table.et nous allons le faire volontiers».Il a poursuivi en indiquant que «si [le fédéral] met de l’argent, c'est normal qu’ils aient une honnête visibilité».M.Landry a rejeté du revers de la main les propos tenus quelques heures plus tôt par le président d’infrastructures-Québec, Gilles Vaillancourt.Celui qui est également président de la Coalition pour le renouvellement des infrastructures a soutenu hier que Bernard Landry bluffe lorsqu’il affirme que son gouvernement pourrait lever le nez sur la rondelette somme de 500 millions de dollars en provenance des coffres fédéraux.Il ne croit en rien aux prétentions du vice-premier ministre qui, selon lui, tente tout simplement «d’améliorer sa marge de négociation».«Je ne crois pas qu'un ministre des Finances qui a été obligé de travailler pour équilibrer le bud- get provincial laisserait passer 500 millions.» Le ministre Landry a rétorqué que «c'est le gouvernement de notre nation qui est en cause, et cela est au delà [des compétences] des municipalités.Nous ne laisserons pas le gouvernement central envahir nos compétences, et je pense qu 'un maire doit avoir l’élévation d'esprit pour le comprendre.» Par ailleurs, Louise Harel, ministre des Affaires municipales et de la Métropole, et M.Vaillancourt ont rendu publiques les modalités du nouveau programme Infrastructures-Québec hier.Distinct du programme fédé-ral-provincial, il vise à venir en aide aux municipalités lors de la restauration et de la construction des réseaux d’égouts et d’aqueducs.Grâce à un budget de 175 millions réparti sur six ans, les municipalités qui en ont le plus besoin verront les deux tiers de leur facture être payés par Québec.Ce taux de subvention baissera à 50 % pour ce qui est de l’amélioration de l'approvisionnement et de la qualité de l'eau potable.Les dossiers des 90 réseaux jugés dangereux par le ministre de l’Environnement, Paul Bégin, il y a quelques semaines, auront priorité lors de la sélection des dossiers.Ce sont donc «la pertinence technique et la rentabilité éco-Gilles nomique», se- Vaillancourt *on b'rnies employes par M.Vaillancourt, qui guideront Infrastructures-Québec dans ses choix plutôt que le principe du «premier arrivé, premier servi».Des projets d’une valeur de plus de 300 millions de dollars pourront ainsi être réalisés.Cela serait amplement suffisant, selon la ministre Harel, pour pallier les problèmes les plus urgents.Bernard I^ndry Le Bloc réclame d’Ottawa 6,5 millions pour Héma-Québec Découverte d’un dino de 210 millions d’années AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Les restes d'un dinosaure primitif inconnu vieux de quelque 210 millions d’années, fournissant des indications inédites sur l’évolution des plus grands animaux terrestres de tous les temps, ont été trouvés dans le nord-est de la Thaïlande, annonce aujourd’hui la revue Nature.Ce nouveau venu dans la famille des dinosaures sauropodes a reçu la dénomination A’Isanosau-rus attavipachi.Les dinosaures sauropodes (c’est-à-dire «marchant comme les lézards», à quatre pattes, par opposition aux théropodes, bipèdes), étaient généralement des animaux gigantesques, omniprésents dans la faune du Jurassique, il y a 208 à 146 millions d’années, et du Crétacé (146 à 65 millions d’années).Certains de ces herbivores à la silhouette caractéristique — petite tête, cou exagérément long, corps massif sur pattes en colonnes, queue très longue — atteignaient trente mètres et une masse de 70 tonnes.HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — A la veille de la conférence fédérale-provin-ciale la semaine prochaine à Ottawa, le Bloc québécois somme le fédéral de remettre la somme de 6,5 millions à Héma-Québec pour financer ses activités de recherche dans le domaine de l’hématologie.Selon le député bloquiste d’Ho-chelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, Héma-Québec est victime «d'une grave injustice» car l’organisme n’a pas touché un seul sou des budgets de recherche du gouvernement fédéral, a-t-il dénoncé vigoureusement hier, lors d’une conférence de presse.«Dans un geste aussi cavalier que méprisant, le gouvernement fédéral a, depuis 1998, attribué la totalité des sommes pour la recherche sur les produits sanguins à la Société canadienne du sang, faisant fi de l’existence pourtant légitime et reconnue d'Héma-Québec.» «Une fois encore, le gouvernement de Jean Chrétien se fait le promoteur d'un fédéralisme dominateur et autoritaire qui nie au Québec sa spécificité comme peuple, le privant de ressources dont il a pourtant un urgent besoin.» Dans la foulée du scandale du sang contaminé, la Croix-Rouge a été démantelée et remplacée par la Société canadienne du sang.Québec a décidé de créer sa propre agence d’approvisionnement en sang, Héma-Québec.A cette occasion, Ottawa avait déboursé 81 millions pour rebâtir le système d’approvisionnement canadien en sang.Héma-Québec et la Société canadienne du sang s’étaient engagés à investir 5 % de leur budget d’exploitation à la recherche.Ottawa a prévu 25 millions à cette tin depuis 1998.Victime d’une «injustice» Or, selon M.Ménard, Héma-Québec, qui répond pourtant aux règlements lixés par Santé Canada, en a été privé.Cette «injustice» ne se justifie pas sur le plan de «la légitimité politique», a-t-il poursuivi, car les Québécois «continuent de payer un certain nombre d'impôts au gouvernement fédéral.» «A partir du moment où le Québec se soumet à ces obligations réglementaires là, pourquoi il y aurait des fonds qui seraient disponibles pour les autres provinces et que nos chercheurs à nous, à Héma-Québec, ne pourraient pas y avoir accès?Ça n’existe pas dans les autres dossiers.» A l'appui de ses propos, M.Ménard a rendu publique une lettre de la ministre de la Santé du Québec, Pauline Marois, envoyée le 8 juin au ministre de la Santé fédéral, Allan Rock.Mme Marois avance qu’Héma-Québec doit répondre aux mêmes attentes exprimées par la commission Krever en matière de sécurité des produits sanguins «et devrait donc bénéficier à ce titre des investissements fédéraux en recherche».«Je vous demande donc de faire en sorte que le Québec reçoive dès cette année sa juste part des fonds fédéraux consacrés à la recherche sur les produits sanguins et les activités transfusionnelles».Chez Héma-Québec, on ne voulait pas se mêler de cette question que l'on juge politique, a précisé un porte-parole à M.Ménard.«On a 5 % du budget investi dans la recherche et on fonctionne avec ça.C’est une question fédéra-le-provinciale.Héma-Québec n’a pas à statuer à savoir si on devrait recevoir plus d’argent pour la recherche.» Le Québec était apparemment au courant de ce budget de recherche fédéral de 25 millions depuis 1998, mais le Bloc juge que le moment est propice pour en parler à la veille de la rentrée parlementaire.Selon M.Ménard, le Québec «n'a pas dormi au gaz» mais a attendu que les budgets soient annoncés avant de faire la bataille.Des gratteux àTélétoon.(Le Devoir) —À plusieurs reprises, lundi, sur les ondes de Té-létoon, un réseau qui s’adresse surtout aux enfants, ont été diffusées des annonces publicitaires de billets de loterie de Ix)toQué-bec.L’agence de publicité Cosset-te, responsable du placement média.s'était rendu compte la semaine dernière de son erreur mais les messages ont tout de même été diffusés.Depuis le 1" février, les commerçants n’ont pas le droit de vendre des produits de Ix>to-Québec aux moins de 18 ans.La solution de l’AMT (Le Devoir) — L’essence coûte un prix de fous, les travaux partout n’en finissent plus de finir, la circulation est de plus en plus dense et les policiers distribuent allègrement les contraventions.Misant sur les inconvénients de la conduite automobile, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) vient de mettre au i*>int une campagne publicitaire de promotion des transports en commun de 1,5 million de dollars.L’AMT rappelle que de nouveaux services de transports en commun sont ou ont déjà été inaugurés, notamment un Carrefour Express à Laval, un terminus intermodal à Longueuil, une voie réservée sur l’autoroute 10 et un train de banlieue Montréal-Saint-Hilaire.Giovanni Panzera n’est plus (Le Devoir) — Le directeur artistique du Concours international d’art pyrotechnique de Montréal, Giovanni Panzera, est décédé hier à Turin, en Italie, d’un cancer très récemment diagnostiqué.Auteur du premier feu d’artifice présenté la première année du concours, en 1985, M.Panzera était officiellement directeur artistique de la compétition depuis 1987.Depuis 16 ans, c'est grâce à lui que Montréal a accueilli plusieurs des plus grands artificiers de l'art pyromusical.Giovanni Panzera dirigeait les destinées de l’entreprise familiale que son père Luigi avait fondée au début du siècle en Italie.Chez nous, il s’était donné pour mission de faire de Montréal la plaque tournante de l'art pyrotechnique.Des pratiques cannibales chez les Amérindiens (AFP) — Des pratiques anthropo-phagiques ont eu lieu dans un village indien du Colorado lors de son abandon brutal au XIF siècle, selon le récit de chercheurs américains publié dans la revue Nature, qui précisent qu'il s'agit de la première confirmation scientifique de pratiques cannibales chez les Amérindiens.Vers 1150, les habitants du village l’ont sou-dainement abandonné, laissant derrière eux des repas à moitié consommés.Les restes de sept corps ont été retrouvés.Les os étaient posés à même le sol sans aucun rite funéraire et des fragments d'os carbonisés se trouvaient aussi dans les cendres des foyers.Des traces de myoglobine, protéine qui n’est présente que dans les muscles humains, ont été retrouvés en analysant les ustensiles de cuisine et des excréments humains.Beaucoup de sociétés amérindiennes sont soupçonnées d’avoir pratiqué le cannibalisme, par manque de nourriture ou pour les besoins de rites funéraires.Contre la fermeture de rhôpital RdP Montréal (PC) — Des parents de bénéficiaires de l'hôpital Ri-vière-des-Prairies et des employés protestent contre la fermeture graduelle de l’institution de la région de Montréal.A l’occasion d'une manifestation, hier, devant l'hôpital, les participants ont affirmé qu'ils auraient aimé être impliqués dans le processus de transfert des patients psychiatriques vers des centres pour déficients intellectuels.Selon la porte-parole des employés syndiqués à la CSN, Odette Richmond, les responsables de la santé ne réaliseront pas d'économie.Elle explique que les patients psychiatriques vont se retrouver dans les urgences des hôpitaux et que le personnel ne sera pas apte à prendre soin de cette clientèle.Claude LAMARCHE Jacques LAMARCHE Dictionnaire mographinue Guérin 6000 biograotiies._376 pages - 30 $_____ IM E.ttn n r1 '¦ GUÉRIN En venle Hans mules les nnratmes BOUTIQUE Enfants Deslongchamps Vêlements pour entants 0-18 ans Vêtements de maternité à l'étage 1007, rue Laurier O.Outremont Tel.: 274-2442 ARCHAMBAULT LA PLUS GRANDE MAISON DE MUSIQUE ET LIVRES AU DES INCONTOURNABLES POUR LA RENTREE SCOLAIRE Des références essentielles pour une maîtrise de la langue française.11 l’11,1.- ROUI K' V ¦ïï :0 > It 56 99 LE PETIT ROBERT Le dictionnaire à avoir si voua êtes étudiant* ou amoureux de la longue française et recherchei un ouvrage complet.L ART DE CONJUGUER BESCHEREUE La référence pour l'accord, la conjugaison et la grammaire de tous les verbes de la langue fronçai»#.¦P® 20 99 U ROBERT & COLLINS COMPACT PLUS le meilleur outil pour accompagner l'élève don» son apprenti»cage de l'anglais et développer son autonomie.Ce» fifres sonf en promotion lutqu’ou VJ tmpfmbro LA GRAMMAIRE ANGLAISE BESCHEREUE Une grammaire complète qui explique clairement l'ensemble du fonctionnement de la langue anglaise.w .;r U| pttiio'Tj'èrTF H HACHETitj -J l******” ,.ooi J 16 99 LE PETIT BESCHERELLE Un outil pour aider les jeunes à mieux ntaïTriser la langue française.DICTIONNAIRE HACHETTE ENCYCLOPÉDIQUE ÉDITION 2001 La matière grise en couleurs.POUR MIEUX MAITRISER LA LANGUE ANGLAISE Des ouvrages qui vous aideront à surmonter les pièges de l'anglais.DE TOUT POUR TOUS LES GOUTS Deux suggestions parmi les nouveautés de cet automne 10" L’ART PUBLIC À MONTRÉAL Découvres Montréal à trover* les expositions permanentes d'anjvres d'art installée* dans plusieurs quartiers de la ville.L'AGENDA DI L INTERNAUTE 2001 Un agenda pratique les navigateurs sur le WWW, ARCHAMBAULT.CA igl ^i JOURS SEULEMENT •Samedi 9 septembre •Dimanche 10 septembre 25 15 10 % DE RABAIS À LACHAT DE 3 LIVRES (êliqveites btam.b«s seufemerlj % DE RABAIS À L'ACHAT DE 2 LIVRES fé»ique!%» bbocfrei «uisirrer!] % -ANou ¦ Broward « Chicoutimi • Laval • Montréal • Québec • Sherbrooke • St-Georoes de Beauce • Ste-Foy • Trois-Rivières.DE RABAIS À LACHAT D’UN LIVRE IMquetlti hkmcHtJ Kutoment) oOuvert 7 soirs, sauf à Montréal 500, rue Ste-Catherine Est • Place des Arts • Les Halles d'Anjou • Galeries Laval • Mail Champlain LE DEVOIR.LE JEUDI 7 SEPTEMBRE 2000 ÉDITORIAL L’envers de la médaille Le prix du pétrole a repris son ascension à la hausse, avec les effets que l’on sait sur l’humeur des propriétaires de véhicules routiers.Cette hausse, toute temporaire qu’elle soit, menace de ralentir la croissance économique, mais cela ne fait pas de la baisse des taxes sur l’essence la meilleure solution au problème.Du moins pour l’instant.Jean-Robert Sansfaçon ?our ceux qui l’auraient oublié, rappelons que le prix mondial du baril de pétrole a atteint hier le même niveau de 34 $ qu’en mars dernier.En revanche, on se rappellera aussi qu’à peine un mois plus tard, soit en avril 2000, il était redescendu à aussi peu que 23 $, une chute du tiers.A la pompe, de telles variations font leur effet, amoindri cependant par les taxes qui occupent la moitié du prix de détail et qui bougent peu.Le prix de l’essence est élevé, cela est certain, et il pourrait le demeurer.Plusieurs raisons expliquent le phénomène, dont le contrôle sur la production exercé par les pays producteurs, les réserves peu élevées des pétrolières, en attente d’une baisse qui n’est pas venue, et la demande mondiale de plus en plus forte à mesure que se prolonge la phase d’expansion de l’économie mondiale.Par ailleurs, si le prix du pétrole brut nous paraît si élevé à 34 $ le baril, c’est parce qu’à moins de 10 $ le baril il y a un an, il était anormalement bas.Et parce qu’il a grimpé très, trop brusquement au lieu de suivre l’évolution de l’inflation au cours des vingt dernières années.Devant cette situation, la panique s’installe, qui amène les gouvernements à faire semblant d’agir.Ce dont ils sont bien incapables.Alors on forme des comités d’étude dont la principale raison d’être est de calmer les troupes, le temps que le prix mondial se soit stabilisé.La plus importante conséquence de la flambée des prix du pétrole, c’est évidemment le risque d’une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt, lesquels seraient certainement suivis d’un ralentissement de l’économie.Mais nous n’en sommes heureusement pas là, seul le pétrole étant sous pression pour le moment.Afin d’éviter ce type de réactions en chaîne et pour soulager les consommateurs et les entreprises, plusieurs proposent que les gouvernements baissent les taxes sur le carburant Le geste serait populaire, comme le fut la baisse des prix du tabac, mais rien ne dit qu'en augmentant leurs prix d’autant au cours des semaines suivantes, les compagnies de pétrole ne seraient pas les premières à en profiter.Puis, ce ne sont pas les grands consommateurs d’essence qui méritent de voir leurs taxes réduites mais l’ensemble des particuliers.Le pétrole est un bien essentiel à une économie, mais c’est aussi une forme d’énergie non renouvelable et polluante qui doit être consommée de façon parcimonieuse.Ce qui n’est plus le cas.Presque disparues de la route dans la foulée de la première crise de l’énergie, les grosses cylindrées sont réapparues en force sans que rien ne le justifie.Véhicules utilitaires pourtant bien inutiles et tractions intégrales mues par huit cylindres énergivores, ces modes n’ont été rendues possibles que par un prix de l’énergie anormalement bas.C’est aussi le coût très peu élevé du pétrole qui explique une partie de la baisse de fréquentation des transports publics, de l’engorgement des routes et de l’étalement urbain.Sans parler de l’incitation très forte des entreprises à investir massivement dans le modèle de livraison «juste à temps», ce substitut sur 10 roues des entrepôts d’antan.On voulait économiser, on s’apprête à en payer le prix.Que le pétrole reste coûteux pendant quelques années et ce sont ces pratiques qui changeront petit à petit, pour le plus grand bien de la collectivité.Certes, il eût été éminemment souhaitable que le choc fût moins brusque, plus progressif.Mais comme toujours, l’éclair a frappé avant que le tonnerre ne nous ait prévenus du danger.j rsa n s fa c o n(a ledevoir.ca Un premier pas LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ULTRA Wif-TfoP CANADA / tl; Tf Pis > A miw »1 ra ii£-' 5 ^ PAUL PELLETIER Spécialiste en science politique a scène politique québécoise offre en ce moment un spectacle déplorable.Cela n’a rien à voir avec l’excitante campagne présidentielle des Etats-Unis.Comme cela arrive trop souvent, nous allons chercher nos idées neuves du côté de ceux-ci en oubliant d’importer l'esprit qui aurait dû s’y rattacher.En ce sens, le Québec fait face à des difficultés qui ne sont pas si différentes de celles que rencontrent les autres provinces canadiennes dans leur quête d’une identité, d’une image et d’une philosophie distinctes.J’ai choisi, pour illustrer ce fait, l’exemple de nos politiques sur l’éducation.Le document contenant les nouvelles résolutions du Parti libéral qui doivent être débattues par ses membres en octobre prochain, intitulé Un Québec pour tout le monde — Im liberté de choisir, a l’inconvénient de défendre une idée et son contraire.C’est ce qui risque trop d'arriver lorsque l’on pige à la fois dans les promesses d’un Al Gore et dans celles de son rival républicain.Un tel paradoxe témoigne d’une incompréhension sociologique profonde, de la part du chef Jean Charest, ainsi que d’un sens aigu de l’opportunisme et de la supputation sur les grands courants de notre époque.le volet sur l’éducation n’a rien de visionnaire.Il s’agit au contraire d’une proposition de plus dans le concert des promesses mirifiques de réformes, qui ne font rien de mieux que de changer le mal de place.Et tandis que le tapis roulant accélère, on oublie d’avancer.Voyons donc d’un peu plus près la proposition qui a pour but de rendre les écoles plus compétitives, plus innovatrices et davantage sous la responsabilité des parents.On est en train de faire de celles-là des investissements au même titre que les restaurants, la publicité ou la rechercher universitaire.L’ex-ixrience.américaine a pourtant démontré que le prestige d’une institution scolaire ne fait pas de meilleurs étudiants.Au mieux, les institutions vont cherchée les plus performants, les plus conscientisés ou les plus riches pour asseoir davantage leurs attraits.Mais les écoles les plus prestigieuses ne produisent pas de profits en termes absolus.Elles ne rapportent rien de plus, en soi, à la collectivité.Simplement, elles profitent d'une structure sociale qui leur est avantageuse si on les compare aux autres écoles.L’héritage de Charlemagne Il est à noter que dès son origine, entre 742 et 814, Charlemagne avait voulu que l'institution qu’il fondait mélange ensemble les gens d’origine modeste et les enfants de riches nobles.Les nobles pensaient qu'ils n’avaient pas besoin d'étudier pour réussir, fis se trompaient, évidemment.Et le roi Charlemagne sut frouver les mots qu’il fallait pour les en convaincre.C’est là tout le génie de son invention.Ce n’est pas en séparant les riches des plus démunis, les meilleurs élèves des bonnets d’âne ou les leaders des autres moutons noirs que l’on favorise «la compétitivité», «l’innovation» et «la res- ponsabilité des parents».Alors, inutile de vouloir tout réinventer l’école.Dans un même souffle, le document de travail du Parti libéral suggère une charte des droits des patients pour définir exactement le genre de services et de traitements que les Québécois sont habilités à attendre de leur système de santé.L'idée est fort bien trouvée.Il est dommage, cependant, que l’individualisme méthodologique dont elle fait la preuve contredise totalement la première proposition mentionnée.Dans l’évaluation systématique des écoles, le pouvoir est centralisé dans les mains des seuls parents qui, regroupés en comités, cherchent à maximiser leurs profits sur le dos des enseignants et de leurs élèves.Dans l’autre cas, par contre, l'individu est remis au centre des préoccupations.Il devient le premier responsable et promoteur de la qualité des soins qui lui sont apportés, selon des normes établies, comme cela aurait dû être le cas de puis toujours dans les services de santé.Cependant, pour revenir aux politiques sur l’éducation, signalons que le Parti québécois ne sait pas faire beaucoup mieux que le Parti libéral à ce chapitre.Dans la réforme du ministre François Legault, par exemple, l'accent est mis d'abord sur la participation des élèves dans les activités or- ganisées par la classe et sur l’interaction du professeur, du groupe, de l’enfant et de l’ordinateur.L’individu doit s’habituer à donner au moins autant qu'il reçoit.Dans ce modèle qui se veut démocratique, chacun est reconnu à compétences égales, les idées originales se valent à peu près toutes, il faut les étaler clairement aux autres et les petits secrets ont de moins en moins leur place dans la salle de cours.Malheureusement, les plus belles pousses ont besoin d’ombre autant que (le lumière.Il faut obligatoirement une part de non-dit pour que puisse naître tranquillement la conscience au sein des individus.C’est ce que tout ministre de l’Éducation devrait comprendre.On se figure assez mal, très souvent, toutes les souffrances que sont capables d’endurer les enfants et les adolescents.De nos jours, de plus en plus craquent sous l’excès de pression.Les psychiatres sont les premiers à constater, d’ailleurs, que les jeunes manquent de modèles, d'encadrement et de discipline.Le reste de la population les suit dans ce sens mais ne fait rien pour remédier à la situation.On continue de croire qu’une meilleure communication réglera leurs problèmes alors qu’il nous faudrait plus de temps, et du calme surtout, pour renouer avec les anciennes valeurs de responsabilité et de liberté qui sont fondatrices de notre civilisation.Il est fort douteux qu’il ne puisse jamais exister une science dont le champ d’étude principal serait le développement intégral de la personne humaine.Un mouvement semblable a pourtant vu le jour, à l’Université Laval, et cherche en ce moment à recruter ses idées autant que de nouveaux membres.Sous-tendu par cette dièse: le postulat qui nous vient de la Renaissance et du paradigme des sciences classiques, selon lequel plus d'information nous serait nécessairement profitable et que les êtres humains ont raison de se vouloir comme séparés du monde, élevés, grâce à leurs connaissances accumulées, au-dessus de leur condition.Cette éthique est aujour-dliui, bien sûr, dépassée.Nécessaire hiérarchie Nous croyons fermement que le meilleur système d’éducation qu’il soit possible de créer doit être très hiérarchisé.I>es élèves sont d’abord là pour écouter le professeur, qui leur expose à la fois les fruits et l'esprit de sfs connaissances, et ensuite, seulement, pour mettre à l’épreuve leurs acquis.Une discipline, parfois même sévère, s’impose afin que l'enfant ait des balises sur lesquelles se reposer.Évidemment, cette discipline doit obéir à des règles.Il ne s'agit pas de remettre en question le principe de l’État de droit dans la classe, sans lequel nous n’aurions aucune paix sociale.Les enfants doivent apprendre tôt à vivre dans un régime similaire et à en comprendre les rouages les plus subtils afin de mieux s'intégrer dans la société civile par la suite.Il faudrait d'ailleurs adapter nos priorités à des objectifs qui soient plus pertinents.Nous vivons, on le sait, à l’heure d'un essor sans précédent des technologies de toutes sortes.Donc, il serait primordial de faire lire, par exemple, une version adaptée de L’Apprenti sorcier à tous les jeunes enfants afin de les sensibiliser aux limites rattachées à tout progrès scientifique.Pour qu’elle soit éducative, est-il utile de rappeler qu’une vérité doit prendre racine dans la vie réelle en plus de s'adresser à un public ciblé qui soit susceptible d’intervenir plus tard pour y apporter des solutions?C’est un principe de Noam Chomsky qui concerne la responsabilité des intellectuels.Il peut s’appliquer aux petits qui apprennent à lire aussi bien qu'aux savants des universités.Tout compte fait, et dans la conjoncture politique actuelle, ce qui pourrait ironiquement arriver de mieux afin d'améliorer la qualité de nos programmes d’éducation serait qu’Al Gore remporte ses élections aux États-Unis.Nous disons «ironiquement» puisque les politiciens canadiens semblent puiser leurs sources d’inspiration davantage chez nos voisins du Sud que dans la confiance et les espoirs mis dans les jeunes d'ici.Il faut alors souhaiter que l’exemple donné par les Américains soit le bon.Et Al Gore est le seul candidat qui sache défendre et promouvoir les valeurs individualistes exposées dans le présent article.Il est, de plus, à la fois écologiste radical et très respectueux du système politique américain.Enfin, sa «carte de visite» est depuis longtemps connue et exposée dans un livre à la fois audacieux, très convaincant et à la portée de tous.Les élèves sont d’abord là pour écouter le professeur, qui leur expose à la fois les fruits et l’esprit de ses connaissances, et ensuite, seulement, pour mettre à l’épreuve leurs acquis Parents à puce Bell a le culot de présenter Internet comme une gardienne d’enfants AUDREY LÉVESQUE Enseignante en français au secondaire f===î] omment ne pas réagir à une annonce pu- Cblicitaire comme celle que nous présente Bell pour nous vendre son Internet?Vous savez, cette capsule qui nous fait entendre un enfant de six ou sept ans interrogeait it=J son père comme s’il jouait à Billy the Kid, sauf que ses munitions, ce sont des questions à 100 piasses! «Papààà.C'est quoi, un ornithorynque?» Je doute qu'un enfant de six ans ait vraiment besoin de la réponse dans les plus brefs délais.J'a'ri-ve très bien à m’imaginer le jeune bambin tenant dans sa petite main un cellulaire en plastique sur lequel il a collé des gommettes des Pokémons.Un ornithorynque?Je suis prête à parier que certains d’entre vous ignorent de quoi ont l’air ces petites bêtes, même que j’ai vérifié l’orthographe avant de l’écrire.Alors, je vous dis que l’enfant de six ans a besoin de recevoir bien d’autres soins, bien d’autres petites attentions que la réponse à cette question, ma foi.antipédagogique.«Papààà.Pourquoi mamie elle peut enlever ses dents et pas moi?» C’est ici que j’ai sursauté: le père, pour signifier qu’il ignore la réponse, émet un son rauque qui imite un peu celui d’un gros bœuf niais: «Meuhhh!.» Non mais vraiment, quel imbécile ignore la réponse à cette question tellement absurde qu’on se demande bien comment les publicistes ont pu la pondre et l’adopter?Qu’aurait représenté la difficulté, dites-moi.de répondre à son enfant: «Mon ti-minou, contente-toi de rire de mamie aujourd’hui et soigne tes dents!» Nous avons rabaissé l’image du parent à un point tel que la situation est presque irréversible, et cela me contrarie énormément.Je pense même que je dois à cette contrariété ma plus récente crise d’urticaire.Cette annonce m’a fait comprendre que l’on fait encore plus pitié que je croyais.11 faut que l’on soit vraiment «mal pris» en tant que société pour qu’on vende un matériel susceptible de remplacer les parents.Atteindre les épuisés Peut-être me trouvez-vous un peu alarmiste?Eh bien, je vous dis que j’exagère à peine.Comme si l’on ne voyait pas assez d’articles portant sur la vulnérabilité des parents, cette annonce tente d’atteindre les épuisés qui ne savent plus comment convaincre leurs enfants d’aller au lit à 18h30 alors qu’eux-mêmes viennent à peine de rentrer du travail.Cette publicité cherche sournoisement à atteindre les parents qui s’arrachent une poignée de cheveux et crient: «Mais qu'estr IVvoir Inc dont le «iéRc twdal e*t situé au 2050, rue l)e Bleury.étage, Montréal.{Québec), HUA HMD 11 est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc .812.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les information» inibliées dans I* Dtvoir.I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .900.boulevard Saint-Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement n 085H.Dépdl légal Bibliothèque nationale du Québec Le Canada avec PONU, N A H LA H A Y E D PRESSE CANADIENNE Nations unies — Le Canada collaborera avec les Nations unies pour tirer les leçons des erreurs passées et améliorer les interventions de l’ONU en matière de maintien de la paix, a déclaré le premier ministre Jean Chrétien hier.M.Chrétien a dit ignorer si les 170 chefs d'État et de gouvernement qui assistent au Sommet du millénaire cette semaine se doteront d’une nouvelle entente sur le maintien de la paix mais estime qu’il faut améliorer les façons de faire de la communauté internationale.«Nous collaborerons avec [les Nations unies] pour apporter les changements requis, a dit le premier ministre en conférence de presse.Il y a toujours une solution.Nous avons eu certaines opérations, nous en tirons les leçons et nous tentons de corriger les erreurs des missions précédentes.» Prié de confirmer les informations selon lesquelles le Canada formerait une commission chargée de guider la communauté internationale sur les modalités d’intervention dans les guerres civiles, un fonctionnaire canadien s’est borné à répondre qu’on y travaillait.Plus tôt, le fonctionnaire avait déclaré que le Canada tentait depuis un certain temps, surtout depuis son admission au Conseil de sécurité, de trouver une solution à des problèmes tels que ceux rencontrés au Kosovo l’an dernier, quand il n’existait aucun consensus sur la question de savoir si l’ONU devait intervenir.C’est plutôt l'OTAN qui avait joué un rôle de pre mier plan dans l’intervention.collaborera dit Chrétien «Nous avons mis en avant l’idée de tenter de produire un consensus sur l’intervention et les conflits internes», a poursuivi le fonctionnaire canadien.Au bureau du premier ministre, on a refusé de confirmer ou de démentir l’existence d'un plan en vue de créer une commission internationale.Dans un rapport datant du mois dernier, un comité de l’ONU appelait à des modifications radicales de la façon dont l’organisation maintient la paix dans les régions du monde aux prises avec des conflits.D recommandait notamment que l'ONU mette sur pied des troupes d’intervention constituées de 5000 soldats, capables de se déployer rapidement en cas de conflit.Le rapport, qui a reçu l’appui du Canada, faisait suite aux critiques formulées à l’endroit de la réaction de l'ONU face au génocide de 1994 au Rwanda et du massacre de milliers de musulmans bosniaques à la suite de la chute de l'enclave de Srebrenica, censée être sous protection de l’ONU, en 1995.Parmi ceux qui réclament des changements aux opérations de maintien de la paix figure le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire, qui commandait les forces de l’ONU au Rwanda en 1994, quand des extrémistes hutus ont exterminé jusqu’à 800 000 Tutsis et Hutus modérés.Le général Dallaire avait à l’époque tenté de convaincre l’ONU de déployer davantage de militaires dans ce pays.Si les choses ne changent pas.a-t-il dit dans un discours à l’intention des leaders internationaux, plus tôt cette semaine, il y aura d’autres désastres.Les leaders présents au sommet ont cinq minutes chacun pour parler de leur vision des Nations unies au XXI' siècle.M.Chrétien doit prendre la parole au sommet aujourd’hui.PRIVATISER SUITE DE LA PAGE 1 transfrontalier des matières contaminées aux BPC.Ce travail, précise l’appel d’offres, «est nécessaire en raison du nombre croissant de préavis et de manifestes à traiter, du roulement de personnel et de la demande de services de haute qualité de la part des clients»\ L’heureux soumissionnaire devra ainsi définir comment les employés d’Environnement Canada vont traiter les demandes d’importation ou d’exportation de ces matières dangereuses, de même que les critères pour accepter ou refuser les demandes.Les tâches politiques confiées au secteur privé débordent le domaine des déchets dangereux.Ainsi, par exemple, Environnement Canada a lancé plusieurs appels de services pour des «études d’avis de politiques» et pour réaliser des avis 'juridiques» au profit de groupes autochtones.Les résumés publics de ees appels d’offres ne précisent toutefois pas à quelles bandes autochtones profiteront ces avis juridiques ou politiques, pas plus que leur contenu.Il faut payer environ 35 $ pour obtenir copie du détail de chaque proposition.S’il apparaît banal, dans ce contexte de privatisation de la gestion gouvernementale, de faire appel au secteur privé pour élaborer un «guide de l'enlèvement [sfr) de l’ammoniac des eaux usées», qui deviendra en quelque sorte la norme technique des municipalités, on se surprend davantage en apprenant qu’Environ-nement Canada offre aussi à des consultants privés de définir à sa place non seulement sa politique de «coopération avec le ministère indien de l’Environnement et des Forêts» mais aussi d’assurer la «gestion efficiente du projet M1EF-EC dans un cadre de gestion axé sur les résultats».On aura compris qu’il ne s’agit pas d’un nouveau ministère sur les autochtones d’ici mais bien d’un dossier de coopération intergouvernementale avec un ministère de l’Inde.Invité à expliquer l’intensité de ce vent de privatisation dans ce ministère fédéral, le responsable des annonces publiées sur le site Merx, Robert Neveu — «Contract Officer», précise la version française des annonces Merx —, a déclaré «qu'avec toutes les coupes de budgets et de personnel l’expertise du ministère est partie en grande part» dans plusieurs domaines.«Et ceux qui restent», ajoute le «Contract Officer», «ne sont pas assez nombreux ou sont trop occupés pour faire ce travail.En fait, ceux qui restent sont quand même assez nombreux pour examiner les propositiom des appels d'offres.» Reconnaissant qu’il y avait une forte concentration de propositions dans le dossier des déchets dangereux, M.Neveu a précisé qu’il s’agissait «d'une top priorité au ministère» et que la liste devrait d’ailleurs s’allonger sous peu.«On ouvre une porte dans ces affaires-là avec un appel d’offres, et immédiatement le dossier grossit.Et il en faut un autre.» C’est ainsi que de prochains appels d’offres vont être lancés pour que le secteur privé prépare aussi les politiques du ministère en vue à'«augmenter l’efficacité générale de la réglementation», pour «alléger le fardeau administratif» des demandeurs de permis et autorisations, pour «la prise en considération des intérêts particuliers de l'industrie du recyclage tout en assurant les intérêts internationaux du Canada», et ainsi de suite.On trouve aussi sur le site Merx un appel de propositions pour la mise à jour du très crucial «règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles», chaque nouvelle molécule chimique devant faire l’objet au Canada d’une évaluation préalable de son innocuité environnementale, ce que n’exige toutefois pas la Loi canadienne de l’environnement pour les trouvailles transgéniques, pourtant capables, elles, de se reproduire ou de transférer leurs caractéristiques à d’autres êtres vivants.Dernière perle de cette surprenante série, Environnement Canada veut qu’une entreprise privée fasse à la place de ses services la «surveillance continue, et quotidienne de la presse électronique de l'ensemble du Canada».La firme éventuellement retenue devra évidemment fournir sur demande des résumés où des transcriptions des nouvelles environnementales publiées par les postes de radio et de télévision.Mais comme les médias écrits sont assez bêtes pour fournir le texte de leurs articles, la firme en question devra les «télécopier» intégralement malgré le copyright quotidien placé sur chaque édition en vertu de la loi canadienne sur l’information écrite.Par ailleurs, le soumissionnaire devra «aussi fournir une couverture complète des quotidiens et hebdomadaires de la Colombie-Britannique», la province d’origine du titulaire d’Environnement Canada, le ministre David Anderson.C’est la seule province pour laquelle l’appel d’offres précise une telle exigence.Cet appel d’offres, dont le coût ne devra pas dépasser 140 000 $, ne précise pas qui compensera les journaux pour la reproduction de leurs articles, reproduits intégralement sur le réseau d’information interne du ministère.PÉTROLE SUITE DE LA PAGE 1 À cet égard, bien des chiffres comme des opinions circulent.Pour le président du Venezuela, Hugo Chavez, le prix «juste» se situerait dans la zone des 30 $ US.Pour d’autres, en fait la majorité, le prix acceptable devrait avoisiner les 25 $ US.Dans pratiquement tous les cas, la pression exercée par l’OPEP a bouleversé la donne.Chose certaine, le consommateur risque fort d’être confronté à une grille des prix passablement différente de celle avancée plus tôt cette année par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).Dans le dernier rapport de cet organisme, le World Energy Outlook, on prédisait que le prix moyen du baril au cours de la période 2000-10 serait de 17 $ et qu’il n’atteindrait pas les 25 $ avant 2020.Cela étant, le moins que l’on puisse dire est que les membres de l’OPEP usent avec doigté du rapport de fprce qu’ils entretiennent avec les Occidentaux, et les États-Unis au premier chef.Schématiquement, leur propos consiste à dire: si vous, Occidentaux, jouissez du cycle économique le plus long depuis des décennies, c’est grâce en grande partie à la dépréciation du prix du pétrole depuis des années.A titre d’exemple de la bonne performance économique des nations occidentales, mentionnons qu’en 1998 de petits pays comme la Belgique (10 millions d’habitants) ou comme les Pays-Bas (15,6 millions d’habitants) ont exporté davantage de leurs produits que tous les pays de l’OPEP réunis, qui totalisent.48-1 millions d’habitants.Il y a fort à parier que le pétrole va figurer à l’ordre du jour du monde pendant des mois et des mois.Bref, on ne fera pas l’économie de brusques soubresauts économiques.CHOC SUITE DE LA PAGE 1 Selon lui, ce sont les grandes pétrolières qui font augmenter les prix en réduisant j’offre de pétrole brut sur le marché international.A ses yeux, on retrouve également ce «mot d’ordre de réduire l’offre», notamment dans le secteur des pâtes et papiers.Carol Montreuil, vice-pràident de l’Institut canadien des produits pétroliers (ICPP) Selon M.Montreuil, deux facteurs expliquent l’augmentation du prix du pétrole brut.D’une part, les «intérêts» de l’OPEP à avoir des prix du brut avoisinant les 30 $ US.«Pour certains de ces pays, le pétrole est la seule source de revenus.» D’autre part, le niveau des inventaires des raffineries, «anormalement bas» en raison de la demande mondiale «immense» et d’une gestion plus stricte des stocks.«Si vous être un raffineur et êtes convaincu que les prix du brut vont chuter, allez-vous remplir vos réservoirs avec du brut à 30 $ où allez-vous attendre que ça baisse?» Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace Québec M.Guilbeault croit pour sa part que l’augmentation du prix du pétrole serait en partie attribuable à une décision, l’an dernier, des pays producteurs de réduire leur volume de production.Il fait également remarquer que les grandes compagnies pétrolières semblent avoir pris l’habitude de ne refléter fidèlement les variations de prix que lorsqu'elles sont à la hausse.«Elles peuvent bien nier se concerter entre elles, ironise-t-il, elles doivent alors toutes avoir le même analyste financier.» 2.Quel est l’impact de cette augmentation?Antoine Ayoub.Si les tendances des prix devaient demeurer à la hausse, M.Ayoub craint quelles ne finissent par se refléter sur le taux d’inflation et provoquent un ralentissement économique.Si cela devait se produire, on aurait à tout le moins la consolation de voir les producteurs canadiens obtenir de meilleures marges de profit Léo-Paul Lauzon.Selon M.Lauzon, si le prix du pétrole brut continue d'augmenter, la population va s’appauvrir.«Le prix n'affecte pas seulement les industries liées au transport, comme l’industrie du camionnage ou celle du taxi.» Une hausse prolongée du brut risque donc, dit-il, d’avoir un impact important sur plusieurs autres secteurs de l’économie.«Si l’inflation augmente, les taux d'intérêt vont augmenter, affectant du coup à la hausse les emprunts hypothécaires et le prix des loyers.» Carol Montreuil.Selon M.Montreuil, l’augmentation du prix du pétrole brut va avoir un «impact négatif» sur le consommateur moyen pour chauffer une maison ou faire rouler un véhicule.Par ailleurs, M.Montreuil estime que l’OPEP «se tire dans le pied» en maintenant les prix du brut élevés.«Par rapport aux autres sources d’énergie, je n ’ai aucun doute que des gens comme Ballard Systems [un fabricant de piles à hydrogène de la Colombie-Britannique] regardent la situation en se frottant les mains et en se disant qu'ils ne peuvent pas avoir meilleur coup de pouce pour promouvoir les énergies alternatives.» Steven Guilbeault.Tout sauf attristé par la situation, le directeur de Greenpeace Québec espère que ALBERTAINS SUITE DE LA PAGE 1 Tous ces rabais permettront de compenser pour la hausse des prix du gaz naturel, de l’essence et d’autres carburants.Confortablement assis sur des coffres qui débordent d’argent grâce aux revenus du pétrole et du gaz, M.Klein s’est permis de faire la leçon aux autres gouvernements canadiens, hier, en leur disant qu'ils n’avaient qu'à réduire leur dette, comme l’a fait l’Al berta, s’ils veulent avoir les moyens d’offrir d’aussi généreux cadeaux.«Heureusement, nous avons éliminé notre déficit et nous consacrons chaque année 75 % de nos surplus au la hausse du prix de l’essence favorisera le développement des ressources alternatives d’énergie.Il est toutefois bien forcé de reconnaître que les Européens n'utilisent pas tellement moins l’automobile que les Nord-Américains même s’ils paient leur essence deux fois plus cher.«Je doute que les gens changent leurs habitudes tant que le prix de l’essence ne reflétera pas le coûts de ses externalités», comme les dommages à l’environnement et à la santé.«À ce prix-là, le pétrole deviendrait prohibitif.» 3.Quelles sont les pistes de solution?Antoine Ayoub.«Je serais très surpris que la hausse des prix dure», déclare M.Ayoub.L’OPÊFj mais sur-tput les deux plus grands pays producteurs, soit les États-Unis et l’Arabie Saoudite, n’ont aucun intérêt à ce que le prix du baril de pétrole dépasse les 35 $ ou les 38 $.Non seulement à cause de l’impact que cela pourrait avoir sur la croissance économique mais justement, comme le dit Steven Guilbeault, parce que cela constituerait un sérieux incitatif à aller chercher du côté d’autres sources d’énergie.«L’OPEP s’est fixé comme objectif de garder le prix du baril entre 25 et 28 $.[.] On constate quelle a plutôt bien réussi au cours des années.Le prix du baril, en dollars constants, n’a pratiquement pas bougé.» D'où sa confiance de voir l’OPÈP donner le coup de barre nécessaire lors de sa rencontre de dimanche à Vienne.Léo-Paul Lauzon.Selon M.lauzon, la principale solution pour faire baisser le prix de l'essence au Canada est de nationaliser la ressource pétrolière comme telle et de nationaliser une pétrolière intégrée comme l’était Pétro-Canada avant qu’Ottawa n’amorce sa privatisation dans les années 80.Selon lui, il est anormal que les Canadiens paient leur essence à un prix aussi élevé alors qu’il est un «exportateur net» de pétrole.Par la voie de la nationalisation, M.Lauzon soutient que les prix de l’essence seraient beaucoup plus bas qu’il ne le sont à l’heure actueUe.Pour illustrer son propos, il donne l'exemple d’Hydro-Québec, qui peut offrir des tarifs d’électricité très bas à la population, comparativement à ce qui est facturé ailleurs en Amérique du Nord.Steven Guilbeault.M.Guilbeault n’exclut pas que l'industrie pétrolière arrive une fois de plus à se tirer de ce mauvais pas.H estime cependant que le temps joue désormais contre elle.«La prochaine révolution énergétique est à nos portes», annonce-t-il.Le courant de fond en faveur des nouvelles sources d’énergie finira par triompher.La multinationale British Petroleum (BP) n’est-elle pas déjà le principal fabriquant mondial de panneaux solaires et ne signe-t-elle pas désormais certaines de ses publicités: Beyond Petroleum («au delà du pétrole»)?Carol Montreuil.Étonnamment, le représentant des grandes pétrolières estime que l’une des solutions qui s'offrent à la population est «d'utiliser l'énergie de façon très judicieuse», critiquant le fait que beaucoup de personnes aient acheté des véhicules énergivores comme les 4X4 dans les années 90 alors que le prix du brut oscillait entre 10 et 15 $ US le baril.«Une des solutions, c'est clairement que l’usager doit faire un examen de conscience et regarder comment il utilise la ressource el l'énergie», dit-il, précisant qu’il faut «réduire la consommation globale d'essence au Québec au lieu de l’augmenter».remboursement de notre dette, a dit M.Klein.D'autres provinces devraient suivre l'exemple de l’Alberta.C'est-à-dire quelles devraient rembourser leur dette pour se retrouver dans la même position que l’Alberta dans cinq, six, sept ou huit ans.» M.Klein s’est défendu d'agir ainsi par motifs élec-toralistes, alors que des élections pourraient être déclenchées au printemps.«Il faut réagir selon les situations, a dit M.Klein.Or il s'avère que ceci survient lors d’une année électorale.» Une étude de la Banque de Montréal estimait hier que la croissance économique de l'Alberta au cours de la présente année atteindra 5 %, grâce à la hausse des revenus provenant des ressources énergétiques.»
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