Le devoir, 29 juillet 2000, Cahier C
1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 H K T DI M A X C H E 3 O .1 V I I.I.K T 2 O O O ?LE DEVOIR «- = MaMR'.weal UN LIEU, UN CRÉATEUR: Nadine Bismuth Page C 3 FESTIVAL Les FrancoFolies Page C 5 FORMES Et vogue la galère! Page C 8 Cinéma Page C 4 Disques Page C 6 y\ npvf - - \ En 27 ans d’existence, le Théâtre les gens d’en bas s’est forgé une solide réputation qu’honorent un public assidu et plusieurs prix et distinctions.Ce théâtre qui loge au Québec, à l’entrée du village du Bic, depuis 1989, a développé trois volets: la production, dont le directeur artistique Eudore Beteile s'occupe' personnellement, l'aceiieil de spectacles présentés par d’autres compagnies, pris en charge par Benoît Vafllancourt, directeur général, et l’animation scolaire et communautaire.«Avec 75 à 100 représentations par année, le théâtre du Bic compte parmi les salles les plus actives au Québec», souligne fièrement Eudore Belzile qui résume ici les grandeurs et les misères du théâtre en région.SOLANGE LÉVESQUE vant de se réinstaller dans sa région natale, Eudore Belzile a beanie coup travaillé à Montréal et à Ottawa.Ce formidable comédien, i K dont on regrette la présence charismatique sur scène, entreprendra k ijj cet automne sa neuvième année en tant que directeur artistique du ¦ " Théâtre les gens d’en bas.Le contexte régional, selon lui, impose des conditions de travail spécifiques: «Dans les petites communautés, on a besoin les uns des autres et tout est à faire.Cela nous permet de tenter toutes sortes d'expériences.Mais parfois, le bouillonnement des centres nous manque», avoue-t-il.«Pour produire un spectacle, nous devons faire face à des coûts supplémentaires qu 'entraîne la distance: les frais de séjour et de voyage des artistes, d'abord, et puis des frais de téléphone astronomiques.» Mais Belzile y voit également d’inestimables avantages: «Je n’empiète jamais sur le territoire du voisin; je jouis dune liberté de choix extraordinaire quant à ce que je propose.Autre avantage considérable: on peut se payer le luxe d’une mise en salle très longue, répéter deux semaines dans les décors et les éclairages, au lieu de trois ou quatre jours.Cela fait toute la différence.On prend vraiment le temps de faire les choses avec une équipe complètement disponible.» VOIR PAGE C 2: GRANDEURS ET MISÈRES L art nous P! gif|: transforme, nous guérit, nous remet en contact avec le monde.T ! » I! il f A dans le Bas-du-Fleuve t PHOTO: GUY ROY / ÉRIC MICHAUD / SOLANGE LÉVESQUE L K I) K V 0 I K , L K S S A M K I) I 2 it K T l> I M A \ < Il K A 0 .1 l' I L L E T 2 I) 0 0 C 2 ?GRANDEURS ET MISÈRES Mettre en scène une collaboration avec les jeunes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Eudore Belzile souhaite se consacrer maintenant au volet pédagogique du théâtre.CT .wv SUITE DE LA PAGE C 1 Eudore Belzile a une prédilection pour le travail en équipe.Depuis qu’il est directeur, il a beaucoup favorisé les associations avec des gens de la communauté: le musée de Rimouski, les institutions scolaires, la radio de Radio-Canada et, cette année, l’Orchestre symphonique de l’Estuaire.Il a fait appel à des auteurs de la région et tenté de créer toutes sortes de réseaux pour briser l’isolement des créateurs.«Cela fonctionne formidablement parce que, par la force des choses, la survie des organismes est liée à leur interdépendance.» Aller au devant des jeunes Une des expériences déterminante pour Eudore Belzile consiste en une collaboration suivie avec les écoles: «C'est le volet le moins visible de notre mission, mais je le juge très important.» Pendant six ans, ü a travaillé avec les élèves d’une école secondaire de Rimouski.«Cette expérience a confirmé mes convictions quant à l’importance que les arts devraient avoir à l'école.On a un retard considérable sur ce plan, particulièrement en région», explique-t-il.«Montréal et Québec bénéficient de réseaux organisés pour le jeune public: La Maison-Théâtre et Les Gros Becs.Très tôt, les enfants ont la chance d’être mis en contact avec le théâtre vivant.En région, il n’y a rien!» C’est pourquoi Benoît Vaillan-court a travaillé très fort pour créer des liens avec la commission scolaire afin que le théâtre du Bic puisse offrir des matinées scolaires.«C’est une révolution! commente Belzile; sinon, il ne resterait que des spectacles souvent médiocres présentés dans les gymnases, dans des conditions épou- vantables.Notre talon d’Achille, au Québec, c’est vraiment l’éducation.C’est lamentable!» s’indigne-t-il.«Il n’y a pas de raison pour que les enfants qui vivent à l’extérieur des grands centres soient privés d’un contact avec les arts.» Quand Eudore Belzile a commencé à travailler avec l’école secondaire rimouskoise, une question s’est posée: QUI va faire du théâtre?«Habituellement, on réserve ce privilège aux élèves “bolés", aux 80 % et plus», précise Belzile.«On a convenu d’une chose: tous les élèves qui le souhaitaient, même les 60 %, pourraient suivre la formation en théâtre, à partir d’une entente: leurs notes ne devaient pas chuter.Eh bien, non seulement les notes n ’ont chuté en aucun cas, mais elles se sont améliorées!» Belzile n’en fut nullement surpris et l’école en a témoigné abondammerU: l’attitude générale des élèves s’est transformée: «Ceux qui avaient des problèmes d’agitation arrivaient soudain à se concentrer, affirme le directeur artistique, c’est logique.L’art nous transforme, nous guérit, nous remet en contact avec le monde.C’est vrai également pour tous ceux qui fréquentent les musées, qui lisent, c’est vrai pour tout le monde, il n’y a pas de raison qu ’il ne soit pas accessible à tous.» Avec ces jeunes, Eudore Belzile a monté Cent mots cent images, un collage de textes de Jacques Prévert et de Raymond Devos.«Quelle belle occasion d’apprendre la diction, l’articulation et du vocabulaire! Au début, ils étaient perplexes; je leur ai dit: faites-moi confiance, vous allez voir, vous allez adorer ça!» Les élèves ont été emballés.Belzile a suivi le même groupe du secondaire I au secondaire V: «Je les ai vus évoluer; de l’avis général, cette expérience a été pour eux une école de discipline, d’éthique du travail — pour ne rien dire du contact intime qu’ils ont eu avec l’art.» Pour que le théâtre rejoigne tout le monde Dans les prochaines années, c’est vraiment à ce volet pédagogique du théâtre que Belzile souhaite se consacrer le plus.Et pas seulement au Bic ou à Rimouski: «je veux en faire m combat à l’échelle nationale provinciale», avance-t-il.«J'ai déjà commencé à recueillir de la documentation à ce sujet.L’an prochain, je souhaite me rendre en Suède et en Finlande pour voir comment ça fonctionne.Là-bas, les ministères de la Culture et de l’Éducation sont jumelés et partagent des ob-jectifs communs.Le théâtre est accessible aux jeunes citoyens sur l'ensemble du territoire.» Eudore Belzile a également monté Cabaret Neiges Noires avec des cégépiens de Rimouski, un texte où il est question de Claude Jutra et de Martin Luther King.Sur ses 28 étudiants, personne ne connaissait Jutra.«Déconcerté, je leur ai demandé de me nommer UN cinéaste québécois, n'importe lequel: une seule réponse: Georges Mihalka! Et qui est Martin Ijuther King?Deux réponses, dont une fausse.» Devant une telle situation qu'il juge «anormale», le metteur en scène a inventé des sul> terfuges: «J’ai créé une exposition sur Martin Luther King, et j’ai distribué sur les tables, dans le foyer, de la documentation sur Jutra, sur sa carrière».Enfin, il a fait venir ses films et les a projetés aux étudiants.Ils ont découvert son œuvre avec passion.«Mais comment se fait-il que personne ne la leur présente?Ce n’est pas normal! Ce n’est pas leur faute, mais comment comprendre que sur 28 étudiants, aucun ne puisse nommer UN cinéaste de son pays!?», se demande-t-il, outré.Depuis toujours, Eudore Belzile est un partisan du théâtre populaire qui croit à la démocratisation de l’art et qui met sa foi dans la formule de Jean Vilar «un théâtre élitaire pour tous».Devant les paradoxes engendrés par le système d’éducation actuel, il lui arrive de se demander s’il est dépassé par son époque ou si quelque chose d’important lui échappe.«Sous prétexte d’une évolution considérable depuis 40 ans, notre société a réalisé une partie du rêve américain au détriment de certaines valeurs fondamentales.Dans ce mouvement, beaucoup de choses ont été jetées sans être remplacées.» Réfléchir sur le pourquoi de l’école Belzile regrette que nos élus ne fassent pas suffisamment de gestes concrets dans des secteurs de compétence provinciale: «L’éducation, ça nous appartient et sur certains plans, c’est une catastrophe!» Il est urgent, selon lui, que nous commencions à réfléchir non pas sur le comment, mais sur le pourquoi de l’école.«C’est extrêmement difficile, mais notre avenir en dépend», insiste-t-il.Alors que Jack Lang, récemment nommé ministre de l’Éducation nationale en France, clame sa ferme intention d’intégrer les arts à l’école, Belzile trouve désolant qu’aucun discours d’intention n’ait été prononcé par la ministre de la Culture, Agnès Maltais, depuis un an et demi.«Rien! Rien du tout! Chez les élus comme chez les électeurs, l’apathie générale règne; on passe beaucoup de temps à consulter et bien peu à penser et à agir.Vivre et travailler en région nous permet d’être confrontés très directement et encore plus vivement à ces problèmes».Eudore Belzile déplore la trop faible circulation du théâtre dans la province.Il a l’impression qu’on avance peu sur ce plan.Il crie bravo aux succès des compagnies québécoises à travers le monde, mais trouve «anormal» que les gens de Sept-îles, par exemple, n’aient pas accès à une production extraordinaire du Quat’sous, du Théâtre Ubu ou des Deux Mondes.«Pas suffisamment de public», prétexte-t-on.Pour former un futur public, insiste Eudore Belzile, il faut absolument agir dès l’école.«Parfois, je vais parler aux élèves, avant les matinées.Je demande “qui n ’est jamais allé au théâtre?”: 85 à 90 % des mains se lèvent! Et ils ont 18 ans! Le Québec fait face aux plus hauts taux de décrochage et de suicide en Amérique du Nord! C’est une sonnette d’alarme.Bien sûr, le théâtre ne peut pas remédier à tout, mais il peut agir».Jusqu’au 12 août, le théâtre du Bic présente cette été If Hôtel des Horizons, de Reynald Robinson.«L’art nous transforme, nous guérit, nous remet en contact avec le monde.Il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas accessible à tous.» À Técole de la transformation v A Rimouski, Véronique O’Leary crée un spectacle avec des jeunes décrocheurs SOLANGE LÉVESQUE Il y a 10ans, la comédienne, au-teure et metteuse en scène Véronique O’Leary quittait Montréal pour s’installer dans le Bas-du-Fleuve avec la ferme intention de faire du théâtre «autrement».Fin mai, sous l’égide du Théâtre des Cuisines dont elle est cofondatri- ¦ Nombre de municipalités: 15 ¦ Population: 52 6777 habitants, dont 31 773 à Rimouski même (Statistique Canada, 1996) È Taux de chômage pour la région du Bas-Saint-Laurent 10 % (Statistique Canada, 1996) ¦ Nombre de théâtres: un au Bic, ouvert toute l’année; un autre à Saint-Fabien, durant l’été ¦ Nombre de centres sportifs: 15 ce, elle signait la mise en scène du spectacle Les Décrocheurs de rêves, une création collective jouée à la cathédrale de Rimouski par une dizaine de jeunes décrocheurs inscrits à l’école «Grand Défi», sorte de dernier recours académique pour eux.Un projet fou, dont Véronique O’Leary sort un peu épuisée mais ravie.¦ Nombre de librairies: 5, toutes situées à Rimouski ¦ Nombre de cinémas: 2 complexes, l’un de 5 salles, l’autre de 3, tous deux à Rimouski ¦ Nombre de bibliothèques: 13 (Source: Serge Ouellet, directeur général du Centre local de développement de la MRC Rimouski-Neigette) Véronique O’Leary avait connu les jeunes du «Grand Défi» lors de sa participation au programme «Artistes à l’école», il y a quelques années.«Les profs qui y enseignent sont animés d’une vraie vocation et doivent offrir beaucoup d’accompagnement.Personne ne veut plus de ces jeunes, ils ont été virés partout.Ils se perçoivent comme des “rejets”, des “déchets”».Certains ont séjourné en centre d’accueil; tous accusent un retard académique.Colette Dupont, la responsable pédagogique, tient l’école à bout de bras.«Il est vrai que ce ne sont pas des anges, s’est dit Véronique O’Leary, mais puisqu’on n’attend plus rien d’eux, proposonsleur du théâtre!» Il lui a fallu quêter du matériel, convaincre des responsables, se dépatouiller pour trouver une subvention, faire flèche de tout bois.Douze jeunes se sont montrés intéressés.Au fil des mois, certains ont abandonné, remplacés par des nouveaux.Fin mai, ces «Décrocheurs de rêves» en ont surpris plusieurs avec un spectacle qui a rempli la cathédrale de Rimouski.Créer des liens «En 98, on fêtait partout le 50r Quelques données sur la région de Rimouski-Neigette Saisi -JCAN-ftHiT-Jou mc vucrr.Mi té SAINT-JEAN-PORT-JOLI [Jesjardm (k v\|G UQ p ^ %, Magasin Good La Paix à découvrir raRwke àüeitttw .ygssistez à la FÊTE DES CHANTS DE MARINS les 18, 19 et 20 août 2000.Jk&L Des foifalts-hébeigement à partir de 36$ par |x;rs.ocx' double (coucher, déjeuner, entrée pour un spectacle le vendredi ou samedi soir).v*.« • Plusieurs sculptures en exposition iremnanente.Visitez notre site www.salntjeanponjoll.com ou téléphonez au (418) 598-0465 IWllIHl N iNlf'Hir l'f.l Association touristlquo Ckautflèrs-Appslachsi 1 US 131-4411 Pour des vneances qui bouejent, c'est l'idéal Québec S! c h a u il a JACQUES NADEAU LE DEVOIR Véronique O’Leary: «Les régions, c’est d'abord un regard.—V'V anniversaire de Refus Global et le 30 de mai 68.Ces jeunes, me suis-je dit, sont eux aussi des “refuseurs", des protestataires à leur manière.Pourquoi ne pas leur offrir d’exprimer leurs protestations à travers l'expression artistique?Je n’avais pas entièrement tort», remarque l’instigatrice du projet, «mais je m’étais trompée sur un point majeur, contrairement aux rebelles de Refus Global et de mai 68, ils n’ont aucun outil et sont complètement captifs de ce qu 'ils rejettent.» Rimouski accueille régulièrement de prestigieux festivals d’orgue et de clavecin.A une assemblée du Conseil de la culture, Véronique O’Leary avait rencontré un des organisateurs qui lui proposait de faire un spectacle-lecture pour attirer du public; «Les gens ne viennent plus pour l’orgue seul, cet instrument dérange», avait-il dit à Véronique qui a saisi la balle au bond: «Les jeunes du Grand Défi dérangent, eux aussi; on va les amener jouer dans ce lieu magnifique qu'est la cathédrale!» Après avoir convaincu le curé, elle a demandé à Annie Beaulieu, une jeune organiste professionnelle de Rimousld, de participer au projet.«Ces jeunes ne sont qu’émotions, ce qui constitue déjà un terrain théâtral extraordinaire», explique Véronique O’Leary; «Il s’agit de structurer leurs élans émotifs, de les transmuer en une expression artistique».Elle leur a enseigné diverses techniques de scène et leur a fait connaître, entre autres, le texte de Refus Global.Leur réaction au passage «.Un nouvel espoir collectif naîtra.»-.«Aïe! C’est ben hot! C’est donc ben beau!».Ils ont découvert des peintres, des écrivains; «J’étais émue devant leurs réactions, j'avais l’impression qu’une transmission s'accomplissait», raconte la comédienne-pédagogue.Lors du passage de Jean-Pierre Perreault au théâtre du Bic, elle a négocié un stage pour eux avec le chorégraphe.Elle les a régulièrement amenés à la cathédrale où Annie Beaulieu leur jouait Bach et Pink Floyd; ensuite, ils devaient écrire à partir de thèmes donnés.Enfin, Véronique 0’ljeary a réuni les textes les plus forts.À la première, les spectateurs n’en revenaient pas du travail des jeunes.«J’ai l’impression qu’ils ont trouvé leur symbolique, ou plutôt, qu’on a remis une symbolique en place», remarque-t-elle.«Cette expérience leur a appris qu’ils avaient un pouvoir créateur; elle a transformé quelque chose en eux.» Profondément convaincue que ceux qui touchent au théâtre un jour, même en amateurs, y resteront sensibles, cette artiste ne quitterait sa région d’adoption pour rien au monde.«J’aime la puissance du fleuve et la nature me nourrit», explique Véronique O’Leary.«La région nous oblige à inventer d’autres manières de créer, d’autres avenues de diffusion.La solidarité y est une condition de survie.Mon projet aurait été impensable à Montréal.Au fond, les régions, c’est d’abord un regard!» Fondation JEUNES ET SOCIÉTÉ oOp o( )a La dignité de chaque personne est l'objectif principal q n de toute activité Wtr économique responsable.4 I A LE I) E V 0 I H .LES SAMEDI 29 ET D I M A X C H E :î 0 .1 l' I L L E T 2 0 » 0 (', IJ UN LIEU, UN CRÉATEUR La part d’ombre de l’âme Nadine Bismuth entre-t-elle dans l’écriture comme on entre en religion?On pourrait presque le croire.Musique, peinture, danse, littérature, théâtre: sans lieu qui permette à l’esprit créateur de s’épanouir, ces mots demeurent des catégories, sans doute commodes pour le classement mais qui attendent d’être habités par les œuvres.Elles ne tardent pas à venir tant le génie du lieu renvoie aussi à ce que deux ou trois Grecs rêveurs ont appelé l’inspiration.Pendant tout l’été, nous vous invitons à entrer dans les coulisses de la création en visitant l’atelier, la chambre, le loft ou le studio de quelques artistes du Québec choisis dans différentes disciplines.Soyons modernes: ces lieux sont éclatés, tout à la fois espace mental et cadre physique.On les trouvera aussi bien dans la rue, dans tel café où l’on a ses habitudes.Et pour un jeune écrivain comme Nadine Bismuth, c’est peut-être avant tout et simplement une pièce avec une table.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour Nadine Bismuth, le lieu doit être dépouillé à tel point que rien ne vienne la détourner de son parcours.«Ton bureau, il faut qu’il soit dans ta tête», lance-t-elle.y îfett - *?• I' '’W :.——i- PAUL CAUCHON LE DEVOIR Un espace presque nu, monastique.Petite table de travail, un vieil ordinateur Apple, quelques dictionnaires, deux bibliothèques sur le mur de droite, et puis, à gauche, un lit bien fait et bien propre.Aucune photo sur les murs, pas de porte-bonheur, pas de citations célèbres découpées, retranscrites et affichées.Un lieu qui serait comme une page blanche pour commencer une carrière d’écrivain.«Je ne suis pas capable de travailler dans le désordre, explique Nadine Bismuth./e suis un peu extrême dans le dépouillement.Je ne veux pas me créer des besoins pour autre chose que l’écriture.Ecrire, c’est angoissant.et avoir des photos et des gadgets autour de soi ne sert qu’à se rassurer.Moi, j’en ai le moins possible.Il ne faut pas que le lieu soit trop riche de sens.» Nadine Bismuth, née à Montréal d’un père tunisien et d’une mère québécoise, installée dans un troisième étage du Plateau Mont-Royal, vient tout juste d’avoir 25 ans, à la mi-juillet Entre-t-elle dans l’écriture comme on entre en religion?On pourrait presque le croire.Pas de musique non plus pendant qu’elle travaille, pas de téléviseur ouvert dans la journée.Le répondeur téléphonique branché.«J’essaie d’avoir le moins possible d’objets de communication», dit-elle.tout en rêvant, quand même, de la fenêtre qui n’existe pas encore devant sa table de travail, histoire de rêver un peu lorsque les mots ne veulent plus être maîtrisés.La lumière entre dans la pièce bien rangée.Et puis, en jetant un coup d’œil sur la table de chevet, on découvre, sous le réveille-matin, un livre, le seul livre de fiction visible dans cet univers dépouillé, les nouvelles complètes de Raymond Carver, en anglais.Alors, sous le visage lisse et l’allure d’une jeune fille sage, dans ce dépouillement sans aspérités apparentes, on comprend que Nadine Bismuth veut aussi explorer quelques recoins plus sombres de l’âme humaine.L’infidélité, par exemple, thème principal de son premier livre, Les gens fidèles ne font pas les nouvelles.Treize nouvelles autour du thème de l’infidélité et des trahisons, qu’elle avait commencé à écrire dans un atelier littéraire à l’université McGill avec l’écrivain-professeur Yvon Rivard, son coach qui l’encourageait à poursuivre.Elle a continué, lui envoyant des nouvelles par la poste, expédiant finalement le tout aux éditions du Boréal sous les conseils de Rivard, sans trop y croire elle-même.Dire que ce livre fut bien reçu est faible.Tous les critiques ont louangé son sens de l’observation, sa finesse psychologique, la force de ses descriptions, la plupart des critiques s’étonnant d’ailleurs d’une telle maturité à un si jeune âge.Succès public également.Cinq réimpressions plus tard, elle remportait ce printemps le prix des libraires, décerné par l’Association des librairies du Québec.«Le thème de l’infidélité me donnait une contrainte, explique-t-elle, mais en même temps, c’était très nourrissant pour l’imagination.C’est un thème humain, intemporel, qui soulève des questions riches, un thème à tiroirs qui permet des conflits diversifiés.L’infidélité recouvre plein d’autres choses, la sexualité, le désir, la vengeance, la culpabilité, le mensonge, la solitude.» La force de ce premier livre vient sûrement du fait que Nadine Bismuth semble ne porter aucun jugement sur ses personnages.Comme Raymond Carver, juste- ment, qu’elle admire profondément, qu’elle cite spontanément comme étant sa première influence et qui met souvent en scène des gens comme vous et moi, dont on devine graduellement le drame sous les apparences trop lisses.«Carver met en scène des personnages et ne fait pas de morale, explique-t-elle.Il décrit et n’en met jamais trop.Les dialogues sont concis, et si tu restes sur ta faim, c’est d’une bonne manière, dans le sens où il soulève des questions et nous laisse dans l’ambiguïté.Moi, comme lectrice, je n’aime pas qu’on me dise quoi penser.» Elle n’en dira pas beaucoup plus sur sa vie personnelle et sur ce qui aurait ou non influencé le choix d’un tel thème, mais ses propos dénotent un jugement littéraire certain.«J’ai toujours aimé les livres et l’histoire des livres m’a toujours fascinée», lance-t-elle.Ces derniers mois, elle terminait d’ailleurs une maîtrise en littérature à McGill, maîtrise qui portait sur un sujet bien sérieux, «le jeu du paratexte daws,Le Second Enfer d’Étienne Dolet».Le sieur Dolet en question était imprimeur à Lyon au XV!1, siècle, ami et imprimeur du poète Clément Marot.Il a été brûlé pour hérésie après avoir écrit ce Second Enfer pour se défendre et plaider sa cause.Nadine Bismuth s’est d’ailleurs rendue à la Bibliothèque nationale de Paris pour tenir dans ses mains les précieuses éditions originales.Retour au lieu comme espace de création, au lieu comme page blanche, au lieu de l’écrivain comme source de l’inspiration.Nadine Bismuth refuse d’écrire dans les cafés.«J’aurais l’impression de faire de l’exhibitionnisme» dit-elle, mais elle pourrait très bien se définir comme une voyeuse professionnelle.En effet, dans les lieux publics, elle observe, invente des vies et demeure fascinée par les lieux clos, «où les gens n ’ont pas d’autre choix que de cohabiter», par les bars, les auberges, les hôtels, les salons funéraires.Ou encore par l’aéroport, lieu de tous les passages, «où les gens sont captijs».Fascinée également par les petites communautés.«La grande ville anonyme ne m’inspire pas, explique-t-elle.Mais dans une petite communauté, une petite ville, un village, tu reconnais vite qui fait quoi, tu identifies les points de jonction.Im petite ville, c’est un microcosme où tu peux explorer les relations cachées.Dans une petite société, on peut identifier plus vite les gens qui remplissent une fonction précise, qui servent de passage.» Chez elle, le lieu de création demeure peu chargé de sens.En fait, on pourrait presque dire que les écrivains se divisent en deux grandes catégories: ceux qui travaillent dans le dépouillement pour que rien ne les égare, et ceux qui ont besoin de s’entourer d’un univers visuel ou musical complexe et chargé de symboles.Georges Perec a déjà écrit un texte sur sa table de travail, qu’il décrivait en détail.Le projet de décrire plus longuement son lieu de travail s’inscrivait dans «une certaine histoire de mes goûts», écrivait Perec.«Plus précisément, ce sera, une fois encore, une manière de marquer mon espace, une approche un peu oblique de ma pratique quotidienne, une façon de parler de mon travail, de mon histoire, de mes préoccupations, un effort pour saisir quelque chose qui appartient à mon expérience, non pas au niveau de ses réflexions lointaines, mais au cœur de son émergence.» Pour Nadine Bismuth, le lieu doit être dépouillé à tel point que rien ne vienne la détourner de son parcours.«Ton bureau, il faut qu’il soit dans ta tête», lance-t-elle.Elle ne se sent pas intégrée dans un milieu d’écrivains.Pas encore.Mais, précise-t-elle, «ce n’est pas un but que j’aurais dans la vie de m’identifier comme écrivain.Je ne dis pas ça de façon péjorative.Tout simplement, je ne sens pas le besoin d’appartenir à une communauté.Le statut social que cela pourrait représenter ou non ne m’intéresse pas.Ce que j’aime, c’est inventer des histoires.» Et des histoires, elle en a encore à raconter alors qu’elle met la dernière main à un synopsis pour un scénario de film et qu’elle doit maintenant s’attaquer à la redoutable tâche de poursuivre après un premier livre à succès.Festival des Arts de St-Sauveur ( 28 juillet au 6 août 2000 Le Ballet national de Hongrie L’Orchestre national des jeunes du Canada Première solo de Louis Robitaille Le Ballet Jôrgen de Toronto Rencontres sur Broadway avec Robert Marien et ses invités Concours de chorégraphies Gino Quilico 28 et 30 juillet 29 juillet 1eT août 1er août 2 août 3 août 4 août En grande finale, première canadienne de DanceGalaxy, formé des danseurs étoiles du NY City Ballet, de Bejart et de l’American Ballet Theatre 5 et 6 août Spectacles gratuits sur la scène extérieure: Cordes en Folie, Carlos Placeres, Ballet Flamenco Arte de Espafia, Monica Freire, Michel Faubert et le Concordia Jazz Band Forfaits Auberge Mont Gabriel 1-800-668-5253 Manoir St-Sauveur 1 -800-361-0505 Hôtel FEstérel 1-888-ESTÉREL Patrimoine Canadian canadien Heritage LAGC A CRBVIRR 'Jf E V OIK.L E S S A M EDI 20 ET I) I M A N CHE 30 .1 C I L L E T 2 0 0 0 C « CS LES FRANCOFOLIES Métal urbain SOURCE FRANCOFOLIES Ce dimanche, à 22h, les gars de Guérilla attaquent la rue, angle BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR C* était il y a deux ans, lors d'un sombre soir d’hiver.C’était lors du spectacle qui devait incarner la séparation des French B, à la salle Salaberry.Les adieux de Jean-Robert Bis-aillon, le claviériste qui voulait passer à autre chose, et du visionnaire chanteur Richard Gauthier n’étaient pas encore signifiés que prenaient place en ouverture, sur les planches, les bruyants Guérilla.Tout de même drôle qu’un des groupes importants du Québec pour ce qu’on pouvait tenir comme formation engagée passe l’arme à gauche le soir même où les jeunots de Guérilla, la relève, allument les planches.Le politique des French B n'est pas le politique de Guérilla.Les premiers exploraient une langue qu’ils ne voulaient pas voir finir dans le formol.Ils la repoussaient dans ses derniers retranchements, rendant hommage à Gauvreau dans Ode à l’ennemi.Le politique des French B faisait dans le vernaculaire, puisait dans la langue de l’homme de la rue et dans celle du poète, comme avec le «Churgu Benrgain Target Nérgué» de La vie est belle.L’image du groupe aura été cristallisée par Je m'en souviens, dans laquelle des échantillonnages ajoutaient des éléments de discours politiques de De Gaulle, Bourassa ou Parizeau, ou d’autres puisés dans le bassin culturel québécois, de Vigneault et Charlebois à Mitsou.Sur le premier album de Guérilla, Manifeste, les mots du manifeste du FLAi d'octobre 70 ont été mis en musique.Sur la dernière galette, Plus question de reculer, le morceau Ch’pas contre est presque entièrement basé sur des échantillons de voue sur fond de guitares lourdes, des commentaires et des témoignages sur le syndicalisme québécois, et décline, en guise de paroles, une chronologie des crises du syndicalisme québécois.Le politique des French B en était un de poésie urbaine.La société de consommation, la télévision abrutissante étaient leur raison sociale, la langue leur conscience politique.Le politique de Guérilla ne fait pas des mots un matériau, mais une arme de combat.La musique en est une de militantisme.«C’est le but, on a formé le groupe pour ça.Ça changera pas», explique Ja-nick Lavoie, guitariste et «porte-parole attitré» du groupe.Les mots comme munitions Le métal fusion du groupe sherbrookois (Montréalais d’adoption depuis peu) ne cache pas ses influences, de Rage Against the Machine à Lofofora.La ligne éditoriale du groupe est spontanée, très directe.«Les meilleures munitions sont les mots», insiste le rappeur Stéphane MacKenzie, chanteur de Guérilla sur le dernier album.«Le dernier album est différent du premier.On s’est ouvert sur le monde.Le premier était souverainiste, indépendantiste, même.On voulait aborder d’autres sujets.Nous sommes un groupe socialiste.L’indépendance du Québec est une cause à laquelle on adhère.C’est pour ça qu ’il y a des textes historiques.On parle de la révolution cubaine, de la grève de l’amiante d’Asbestos», continue Lavoie.Justement, le père du guitariste était syndicaliste à Asbestos.Lavoie est d’ailleurs né là-bas.«C’est un su- jet qui n’est pas enseigné dans les écoles à Asbestos, juge-t-il.C’est même un sujet tabou.Ça a déchiré des familles cette histoire, des “scabs" remplaçaient leurs propres frères.On est sous-documenté à ce sujet.On en entend parler par nos parents mais encore là, ils veulent plus ou moins en parler.Je me suis intéressé à ce sujet après avoir quitté Asbestos.Ça reste une histoire très émotive.Il y a eu des gains monétaires peu importants, mais les conditions des travailleurs ont pu être améliorées.» On a pu reprocher au groupe la linéarité de sa musique.«Le nouvel album a été mieux produit, le travail de réalisation a été plus soigné.Notre style entre les albums n’a pas changé.Mais les nouvelles pièces ne sont plus aussi linéaires.On ne voulait pas répéter cela du premier album.Le changement de batteur a transformé la musique.Stéphane a pris de la maturité au niveau de la rythmique, c’était peut-être une petite faiblesse de Manifeste.Stéphane était mieux préparé, c’est important lorsqu’on a des textes aussi longs.Plus question de reculer a été beaucoup mieux préparé.» Pour une deuxième fois aux de Bleury et de Maisonneuve.Francos, la première au Spectrum avec Guano, Guérilla arrive plus aguerri sur scène.«Le show avec les French B était peut-être notre vingtième.» Depuis, les membres de Guérilla qnt roulé en France et en Italie.A Montréal, ils jouent demain, à 22h, dans la rue.La visibilité du groupe pourra aller en grandissant.Le clip Guérilla: manifeste avait été censuré par Musique-Plus, à cause du texte du FLQ, soutient Lavoie.Pourtant, le groupe avait été proclamé «découverte MusiquePlus» au concours Polliwog de 1997.«En revanche, ils passent des clips de rap américain ultra-sexistes.Ils ont une sympathie pour l’indépendance du Tibet, une lutte d’indépendance passablement plus violente qu’ici, en diffusant le Free Tibet Concert, mais refusent un texte qui même 30 ans après est très actuel pour la situation sociale au Québec.On n’a pas les moyens de faire un nouveau clip pour qu’il ne passe pas».Ce dimanche, à 22h, Guérilla attaque la rue, angle de Bleury et de Maisonneuve, avec quelques surprises sur scène, des invités.Le politique de Guérilla ne fait pas des mots un matériau, mais une arme de combat.La musique en est une de militantisme.Samedi Daniel Boucher C’est l’aubaine de ces douzièmes FrancoFolies de Montréal: Daniel Boucher en toute gratuité sur la principale scène extérieure du festival (la «nouvelle aire Ford» érigée à l’angle Sainte-Catherine/Jeanne-Mance).Sûr qu’il aurait au moins rempli un Spectrum: tout le monde craque pour cet ancien gentil monsieur.Ne croyez pas à ces mots que le gaillard à impériale soit devenu irascible: c’est qu’il a déjà gratté sa guitare au sein du groupe Louise et les Gentils Messieurs.C'était avant qu’il gagne le concours de chanson de Petite-Vallée en Gaspésie, avant que son premier album solo Dix mille matins lui permette au moins dix mille écoutes par tète de fan, avant qu’il ne réponde aux promesses de l’album par un brillant spectacle au Corona.Et avant le joli p’tit triomphe qu’on lui prédit devant lq foule francofolle.Deux fois.A 21h, puis à 23h.ln-con-tour-na-ble.Sylvain Cormier NOS CHOIX Les Pires Pour faire la fête tranquille, en douceur, en subtilité et en rythmes et en instruments du monde, y en a qui font moins bien que Les Pires, fis bousculent tout, Les Pires.Le cymbalum tsigane, un M’bira africain, des valses, des rythmes latins, tout y passe, en un amalgame de musiques traditionnelles africaines, Scandinaves, asiatiques, celtiques ou caraï-béennes.L’album Cave Canem s’écoute bien, sans faire de bruits, allons-y voir sur la rue si ça passe.Série Les Spectacles multiculturels, 20h et 22h.Puis comme Espoir, dimanche à 21h.Bernard Lamarche Dimanche Les Vieux Routiers Le nouveau programmateur en chef des scènes extérieures, Laurent Saulnier, a un formidable pouvoir dont il use avec parcimonie: recruter les musiciens qu'il veut pour donner les shows qu’il imagine.On l’entend d’ici: hé, les gars, vous autres qui accompagnez Lhasa de Sela, ça ne vous dirait pas d’me monter un truc pour mes Francos, mmm?D’où baptême d’un nouveau groupe: Les Vieux Routiers.Il faut dire que ces zigotos-là, surtout Yves Desrosiers aux guitares et François Lalonde à la batterie, aiment bien les digressions, ce que Saulnier n’ignorait évidemment pas.Blaireaux, Quarts-de-rouge, les p’tits amusements ad hoc, c’est leur truc.Avec l’excellent accordéoniste Didier Dumoutier et le cher bassiste Mario Légaré en renfort, ce type d’excroissance devient presque une nécessité: ils aiment jouer, vive l’occasion! Ils nous feront forcément tout ce qui leur plaît, «du folklore russe à Du-tronq», comme dit le programme.A 20 et 22h aux portes du Complexe Desjardins, rue Sainte-Catherine.Sylvain Cormier Redcore Gagnant du concours Polliwog en 1998, proclamé par l’illustre connaisseur Claude Rajotte, «découverte de Tannée 1999», Redcore fait dans le heavy rock «hip hop fluide et assez funky», dit le programme.Ils sont même «psychédéliques».En français, en italien, en hébreu et en russe, le groupe, parfois dur, parfois acoustique, capable du meilleur comme de moins bon, Redcore jouera à 20h, dans la rue.Très hâte de voir ce qu’ils y feront Par ailleurs, impossible de ne pas souligner le Cabaret Kerozen, avec Pat K., Alex Jones des WD-40, les Abdigrada-tionnistes, Arseniq 33, DJ Pocket et d’autres de la gang.Pour le soutient de Kerozen à la scène locale.Au Spectrum, 23h.Pas cher, pas cher, que je vous dis.Bernard Lamarche \*s'cr*rah\cs un htm de Michel Couvelord avec Catherine Fret A L'AFFICHE) -FAMOUS PLAYERS- ?" FAMOUS PLAYERS-, PARISIEN ?! VITRINE DU DISQUE David Hallyday, le bébé yéyé, a grandi CHANSON UN PARADIS / UN ENFER David Hallyday Mercury (Universal) David Hallyday?Quand je pense à lui, je vois un bébé.Souvenir d’une première page de Paris-Match en 1966: bébé naissant David lové dans les bras de sa ravissante et si blonde maman Sylvie Vartan.Bébé royal, donc, né de l’union des idoles yéyé Johnny et Sylvie.Quand on le voit maintenant 34 ans plus tard, on détaille forcément les traits en quête de bagage héréditaire: lèvres douces de Sylvie, regard bleu acier de Johnny.Blondeur impossible des cheveux, comme les deux, évidemment.On n’échappe pas à de tels gènes.En France, suivi par les téléobjectifs depuis le berceau, chaque apparition au bras de sa top model d’épouse, Estelle Hallyday, étalée pleines couleurs dans Gala ou Ici Paris, on s’est peu à peu habitué à lui.séparément.David Hallyday est là-bas un personnage médiatique à part entière, aux disques d’intérêt relatif, certes, mais néanmoins recensés d’office.Pas ici.Un paradis/ un enfer, son cinquième album en carrière, est le premier qu’Universal distribue ici, comme on dit, en copie domestique (imprimée localement).Entrée en matière justifiée par le premier spectacle du jeune trentenai-re chez nous, ce dimanche à 19h au Spectrum, dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.Qu’y découvre-t-on?Une voix qui n’a rien de Johnny ni, à plus forte raison, de Sylvie.Un timbre de chanteur britannique, plutôt, avec un p’tit quelque chose du Nicolas Sirkis d’Indochine dans les finales de vers.Pour qui a entendu les précédents enregistrements, l’amélioration est patente.Fiston Hallyday donnait jusque là dans la FM inodore et incolore, à peine bonne pour récolter les semi-tubes et se montrer la fraise de temps à autre chez Drucker.Ce plus récent effort est précisément ce que le mot indique: un effort.Premier disque tout francophone d’héritier avait des velléités mondiales), Un paradis / un enfer sonne curieusement comme de la pop anglaise.D’honnête niveau.C'est particulièrement réussi au plan des arrangements: plus le blondinet en met, comme dans Ange étrange, avec chœurs et DA VID HALL IDA y UK f UK emje.cordes en vrac, meilleur c’est Mais savez-vous quoi?C’est terrible à dire, mais du David Hallyday, ce serait bien meilleur chanté par papa Johnny.Les massives musiques fournies par fiston au formidable dernier disque du paternel le montrent bien: David n’a pas la charge émotionnelle qu'il faut pour défendre vraiment ses mélodies, pas mauvaises au demeurant.David Hallyday par David Hallyday, c'est franchement un peu léger.Du travail correct mais sans grande intensité.Peut-être devrait-il se mettre à l’écoute du canon familial.Suggestion: Mon fils, par Johnny Hallyday, ballade gigantesque de 1967.Peut-être était-ce adressé à David?«Mon fils, il faut que tu saches / Cet homme entre les mains du fossoyeu-eu-eur / Cet homme n 'était pas un lâââââche/Best mort pour sauver son honneu-eu-eu-eu-eur.» Ça, c’était du sentiment brut.Prends-en de la graine, p’tit gars.Sylvain Cormier I* O I* THE SOPHTWARE SLUMP Grandaddy V2 Records Vous allez dire que je manque d’initiative, ce qui ne serait pas faux, mais il se trouve effectivement que, dans ma hiérarchie d’écoute des disques reçus, je suis extrêmement disponible au bouche à oreille.Influençable comme tout.Faut écouter Untel, c’est le pied, c’est même la botte de sept lieues?Je me précipite.Ainsi ai-je instinctivement dressé le poil du pavillon interne quand Françoise Hardy, en entrevue il y a peu, m’a causé Grandaddy.«Vous ne connaissez pas ce groupe?Je raffole de leur disque.» Ali.Noté.Granddaddy.Granddaddy, ai-je l’article dans ma pile d’arrivages récents?Oui.Voilà la chose.Que déduisons-nous de l’avers et l’envers du compact?Gageons que c’est fort atmosphérique, à en juger par le décor montagneux, les touches de clavier d’ordinateur et le type tout seul dans le noir avec son Stetson et son synthé sous le bras.Avec des jolies mélodies pop: Françoise Hardy n’aime que les mélodistes et la pop délicate.Je lis dans la bio que le groupe vient de Modesto, un petit bled de la Californie rurale.Modesto, c’est là où George Lucas tourna American Graffiti en 1973.Small town America, quoi: l’archétype.Pas exactement la patrie des Beach Boys, mais pas si loin de la plage non plus.Cela constaté, écoutons donc ce disque tendrement intitulé The Sophtware Slump.D’entrée de jeu, on est fixés: nappes synthétiques, douceur des airs, voix diaphane du principal papy Jason Lytle.On dirait un peu le Pet Sounds des Beach Boys, mais enregistré à la maison avec des tas de machines.C’est également très pro-britannique dans le genre, cousin d’Ocean Colour Scene et consorts.Bon point.Il y a un sain nombre de moments agréablement fluides sur ce deuxième disque de Grandaddy (le premier, autoproduit, s’intitule Under The Western Freeway), et ça déborde d’arrangements heureux qui touchent parfois au suave, voire au somptueux: mentionnons l’évanescente Miner At The Dial-A-View, la délicieusement tristounette Underneath The Weeping Willow, la pinkfloydienne première époque So You’ll Aim Toward The Sky (avec bruits de vent et tout).En résumé, du bonbon synthétique qui fond tranquillement dans l’oreille (sauf la bruyante Broken Household, qui détonne).Tiens, on aimerait entendre Françoise Hardy chanter sur de telles musiques.D’agréable, ça deviendrait divin.S.C.GKRHWIDDY L K DEVOIR.LES S A M E l) L 2 !» E T I) I M A X C II E 3 O .1 I I L I.E T 2 O O O DISQUES CLASSIQUES Des interprètes qui font parler la musique Concertos pour 2, 3 et 4 orgues »i£- Rita Mitsouko | • ] Cool Frénésie 3 août : scène extérieure 4 août : Metropolis 7 Un ftOqifitO l) 'A m Sergent Garcia | .] 799$ Un poquito quema’o U fu.M! , Jam Dom (Bientôt Ive partage en magasin) Dossier Francofolies sur www.renaud-bray.com Un coup de cœur, une valeur sûre ! Courriel : sadarenaud-bray.com RENAUD-BRAY là où Is culture se livre Site Internet : www.renaud-bray.com * lin vente dans les succursales identifiées par ce symbole I CM O 2 n (/) 2 5 Ecanco—.I: ïHri - Ü!f m 'sO I Os Ch S Or r 03 N LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET D I M A X ( HE 30 JUILLET 2 0 0 0 C 8 Le design québécois a bien du mal à entrer dans ses meubles.Très isolés, les créateurs de mobilier manquent cruellement de visibilité: rares sont les magasins qui vendent leurs produits et rares sont les architectes ou designers qui font appel à leurs talents.Pourtant, de plus en plus nombreux sont ceux qui, formés par de très bons programmes universitaires, tentent l’aventure du design de meubles, souvent parallèlement à d’autres occupations plus lucratives.Encore très proche de l’artisanat, le meuble québécois emprunte aujourd’hui différentes voies.Il est impossible de parler d’une tendance ou d’un style uniques; on parlera plutôt de quelques volontés de recherche et d’initiatives qui devraient, on l’espère, mener à une meilleure diffusion de ces produits de plus en plus créatifs.SYLVIE BERKOWICZ Nancy Bergeron et Marc Cramer ont débuté au début des années 90.Re-cherche formelle, détournement de matériaux ou d’idées, leur partenariat perdure bien que chacun exerce d’autres activités destinées à faire bouillir la marmite: graphisme, stylisme et photographie.Leur dernière collection est une superbe synthèse des travaux communs et personnels passés, l’expression originale de deux designers qui semblent en pleine possession de leurs moyens artistiques à défaut des moyens financiers! Nancy et Marc ont utilisé le bon vieux formica de cuisine pour habiller des tables, des consoles etdes accessoires aux lignes épurées.A ce travail de recherche autour d’un matériau unique et aujourd’hui dévalorisé, ils ont superposé un langage graphique et photographique tout à fait moderne.«Nous avons essayé de donner au formica une actualité, de lui redonner ses lettres de noblesse.Tout se fait par ordinateur, c’est un traitement totalement nouveau.Le vrai défi est de travailler à la fois le bi et le tridimensionnel.Il faut dire que dans notre travail personnel nous touchons beaucoup à la photo, au graphisme, donc nous avions envie, par le procédé de l'impression numérique, de développer notre propre imagerie.C’était difficile parce que notre production des dernières années s’était de plus en plus épurée, et là on arrivait avec un projet sur lequel nous devions travailler le motif.Notre concept reprend un peu les traditions de l’ornementation, la marqueterie, la laque de Chine, mais d’une manière totalement nouvelle.» Le meuble est donc réduit à sa plus simple expression, c’est un matériau avec des pieds qui l’enferme.Tout l’impact vient du travail graphique, les guéridons semblent saisir au vol des mains de femmes qui conversent, la table de salle à manger raconte déjà l’histoire du souper à venir.Sur les meubles à tiroirs, des volutes noires et blanches créent des effets optiques.Enfin, les plateaux à sushi mêlent d’austères rayures à de fragiles images de fleurs.Le tout constitue un vocabulaire poétique qui transcende un matériau que tout le monde connaît mais que personne ici ne reconnaît «Nous pouvons faire plein d’images différentes, nous ne sommes plus limités par la production.Il est possible de faire 300 tables avec 25 ou 50 mains différentes! On peut faire dans le petit et dans le grand, optimiser la production en utilisant les chutes pour faire autre chose, les plateaux à sushi par exemple.Et en plus, le Rhino Core [l'appellation véritable du matériau employé] est lavable, quasiment indestructible, on peut le laisser dehors sans problème!» De la création à la vente Voilà pour le produit visiblement bien pensé à tous les points de vue et ?LE DEVOIR * Et vogue m d’une qualité de design irréprochable.Les problèmes de production sont réglés, reste à vendre, et là, la partie est loin d’être gagnée! «Ce que nous cherchons, c’est un agent; nous sommes prêts à le payer grassement à condition qu’il réponde à plusieurs critères: il lui faut d’abord une sensibilité au design et au produit.Des représentants en meubles au Québec, il y en a, nous les avons approchés, mais ils ne comprennent pas.Ensuite, il y a très peu de magasins pour ces produits.À Montréal, le choix, c’est Interversion ou latitude Nord; il y a quelques magasins traditionnels en région, mais les ventes mensuelles ne suffisent pas.Le vrai créneau, ce sont les architectes et les designers d’intérieur.On n’arrête pas de bâtir à Montréal en ce moment et ils achètent des meubles en quantité industrielle sans nous laisser une chance.C’est le marché qu’il faut viser.Il n’y a aucun problème à ce qu’ils aillent voirie design italien, il se peut qu’ils le préfèrent, mais nous ne sommes même pas dans la course, ce n’est pas très sain.» Cédric Sportes a fait ses classes de designer auprès de Philippe Starck à Paris et de Tom Dixon à Londres.Arrivé à Montréal il y a près de deux ans, il s’élève contre cette situation, alors que ses confrères québécois adoptent une attitude plus résignée.Aujourd’hui pourvu d'un prix d’excellence (et de la bourse qui l’accompagne) remis par le Salon internatio- Ruben de Cednc Sportes nal de design d’intérieur de Montréal, il s’engage à fond dans la course.«J’ai eu la chance de rencontrer à Montréal un couple de Français qui a déjà des affaires ici et qui avait envie de diversifier ses activités.Parle biais de discussions et d'envies communes, ils ont décidé de m'éditer et de me financer à 100 % pour que je crée une ligne pour eux.Au Québec cette démarche, l’édition, est plutôt rare, et de voir quelqu’un qui investit de l’argent et du temps, c’est étonnant quand on a eu l’habitude avant de travailler pour les autres ou de se débrouiller seul.Le résultat, c’est que les idées peuvent aller beaucoup plus loin !» Edition Palissade est née de cette rencontre, à la fois showroom et boutique, un bureau de style où il est possible de réaliser des meubles sur mesure pour un particulier et de l’agencement intérieur pour des restaurants ou des boutiques.«Au départ, je me disais: faut-il que je reste authentique ou pas?Mais ils m’ont toujours laissé la liberté.Parfois, je dessine des choses et je sais per- tinemment que ça n 'est pas ce que je suis censé faire! Ça m’a pris du temps, mais maintenant je m’habitue à me dire qu'ils me font confiance.Finalement, on combine ce que chacun aime, les matériaux, l'esprit minimaliste.Je fais des dessins, ils les regardent, c’est approuvé ou non, corrigé au besoin, c’est un travail d’équipe.» La collection est née de l'idée de faire des meubles généreux: le travail de Cédric Sportes est toujours basé sur les matériaux naturels, le bois Le designer Cédric Sportes massif, le métal, de beaux revêtements.Les proportions sont inattendues, un pouf géant presque aussi grand qu’un lit offre le moelleux d’un gigantesque coussin.La console de bois blond est exagérément longue, le bois est clair lisse et invitant A cette apparente simplicité dans les formes, Cédric ajoute une touche d’humour, ses fameuses pattes terminées en L qui transforment la moindre petite table en un petit animal domestique et affectueux.«U ne s’agit pas seulement d’un produit consommable et jetable, il y a une histoire derrière.C’est ça qui fait la différence, un mobilier avec un discours, la possibilité d’interpréter le meuble, de l’adapter au besoin, de démystifier ce meuble “design” qui est juste quelque chose d’exposé sur le plancher et à prendre tel quel! » Un choix de plus en plus vaste C’est le même discours que tient Michel Prud’homme, propriétaire de la boutique montréalaise Interversion, un des pionniers de la diffusion du meuble québécois.En 12 ans, Michel Prud’homme a suivi l’évolution du travail des designers, il a offert à nombre d’entre eux une vitrine rue Saint-Denis et a exercé auprès de la plupart ce travail d’éditeur.«Il y a 12 ans, nous faisions des compromis pour garnir le magasin, pour avoir suffisamment de produits, alors qu’aujourd’hui nous avons une sélection solide avec des produits qui nous plaisent, meilleurs en ce qui concerne la qualité de design.Il n’y a toujours pas d’associations, pas de références, les gens ne se parlent pas entre eux.Souvent nous dirigeons les designers vers des fabricants, au besoin nous fabriquons nous-mêmes.Nous avons la chance d'avoir un contact avec le client, donc nous avons des renseignements utiles pour le designer, nous travaillons avec lui pour être plus près du marché et de ses besoins.» Table basse de Louis Laprise Mais le travail de Michel Prud’homme se limite à mettre ces produits sur le marché montréalais et rares sont les designers, même parmi ceux qui doivent leur salut à Inter- version, qui vivent de leur art.La seule façpn d'y arriver serait d’exporter, aux Etats-Unis par exemple, où déjà les gros fabricants de meubles québécois ont trouvé un marché lucratif.«Le problème, dit Michel Prud’homme, c’est qu’on exporte plus une qualité de main-d’œuvre et un bon taux de change qu’un talent ou un design.Le gouvernement travaille fort dans ce secteur, mais il ne s’est jusqu'à maintenant occupé que d’exporter des meubles, pas du design de meuble.» Pour y parvenir, et outre la volonté politique, peut-on parler d’un style québécois?Chez Interversion, les traits caractéristiques du design québécois sont le bois et ses grains, les couleurs riches, les tissus texturés et une approche sculpturale du meuble.La vague minimaliste qui déferle sur le monde du design international ne semble pas avoir atteint la plupart des designers d’ici et on est encore très près de la facture artisanale et du mobilier d’art Pas vraiment de matériaux technologiques, mais plutôt des œuvres uniques comme les tables-tableaux de Louis Laprise ou les lampes sculptures aux petites pattes tordues de Bruno Mainville.La récupération est également une voie fort prisée et on trouve chez Interversion les étonnantes lampes faites d’objets hétéroclites de Bruno Gérard et les bancs-poutres de bois massif réalisés par Erick Desprez.Ces quelques exemples illustrent l’isolement dans lequel travaillent les designers québécois.Ceux-ci n’ont pas encore trouvé le moyen de se regrouper, de mettre en commun tant leurs singularités que leurs expériences.Enfin, une façon de stimuler le design québécois et de le promouvoir à l’étranger serait peut-être de créer des liens plus étroits avec les manufacturiers.Pourquoi en effet ne fabriqueraient-ils pas de petites collections plus pointues et signées qui serviraient de figures de proue du design québécois, l’essentiel de leur marché dût-il être consacré à des meubles plus accessibles?L’industrie devrait jouer son rôle de moteur, encourager la recherche, employer plus de designers et servir d’appui à la diffusion de produits exclusifs.C’est la méthode employée par les Italiens depuis plus d’un demi-siècle et visiblement elle marche! Le Mois du Design : un grand succès avec plus de 22 000 participants! ID Institut de Design Montréal 390, lue Saint-Paul Esl Marche Bonsecours Iniveau 3) Montréal (Québec) Canada H2Y 1H2 téléphone (514) 866 2436 télécopieur : (514) 866-0881 Courriel idm@idm.gcca Site Web http //www idm qc ca En collaboration avec ses partenaires, l’Institut de Design Montréal a présenté la première édition du Mois du Design en mai 2000.Ce Mois, rappelons-le, comptait comme événement majeur la remise des prix de la troisième édition du concours Les Prix de l'IDM, dans le cadre de la Soirée du Design 2000 du 25 mai.Cette soirée a rassemblé plus de 750 personnes des milieux des affaires et du design et a donné lieu à une médiatisation d'envergure dont une entrevue é Montréal Ce Soir, dit fusée en direct sur les ondes de Radio Canada, qui comptait un auditoire de 500 000 personnes De plus, une collaboration exclusive avec le (ournal Les Aflaires a permis la diffusion, pour la première fois, d’un cahier spécial de 12 pages sur le design, inséré dans l'édition du samedi 20 mai Notons que Les Affaires, tiré à 93 830 exemplaires, rejoint 302 000 lecteurs De même 7000 cahiers supplémentaires ont été distribués lors du Salon International du Design d'intérieur de Montréal qui a attiré quelque 17 000 professionnels, gens d'affaires et consommateurs.Le stand de l'IDM, d'une superficie de 2000 pieds carrés, présentait les 16 projets finalistes de son concours ainsi que les sept gagnants québécois du Salon international des inventions, des techniques et produits nouveaux de Genève 2000.Del activités mobilisatrices • L'Université de Montréal, en collaboration avec l'Université Concordia et l'IDM, a présenté Éco 1 Montréal une série de conférences sur le design écologique et la prolongation du cycle de vie des produits.Cette première dans le domaine proposait entre autres une rencontre avec Ed van Hinte, un designer des Pays-Bas.et a rassemblé une centaine de personnes.• La Société des Designers d'intérieur du Québec a organisé des visites guidées è l’intention du public englobant 61 participants Aussi, des consultations professionnelles privées ont permis de faire connaître la valeur ajoutée du design d'intérieur à des gens d'affaires.• Plusieurs expositions d'étudiants de différentes disci- plines en design ont eu lieu, notamment au Centre de Design de l'UQAM qui a accueilli près de 3 200 personnes.La Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, le Département de Design Art de l'Université Concordia et l'Université McGill ont aussi reçu un millier de visiteurs.• L'exposition d’un protêt multidisciplinaire en aménagement sous le thème de ¦ Qu'est-ce que le design peut faire pour Valcourt?», réalisé par des étudiants de la Faculté de l’aménagement de l'UdeM, se poursuit è Valcourt jusqu'au 15 septembre 2000.Toutes ces activités réunies, le Mois du Design 2000 a suscité la participation de plus de 20 000 personnes! Un tel succès encourage ITDM è en faire un événement annuel
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