Le devoir, 19 juillet 2000, Cahier A
w w w .I e d e v o i r .c o DEVOI ACTUALITÉS Des moutons atteints la maladie de la «vache folle» ?Page A 3 ACTUALITES L’Allemagne compensera des milliers de Canadiens Page A 2 V o i.X CI N “16 1 1.E M K R C R E 1) 1 I !» -I C I L l E T 2 O O O H 7 e + T a x k s = I $ DOUZE FIGURES DE E'AN MIE L’horloger de Dieu Le Devoir poursuit aujourd’hui la publication de portraits de personnages historiques ayant vécu l’an mil de notre ère.Aujourd’hui, l’édifiante histoire d’un jeune garçon d’extraction modeste, élève surdoué, qui quittera son Auvergne natale pour monter sur le trône de saint Pierre, sous le nom de Sylvestre II.Une alliance rêvée entre la foi et l’érudition.Jean-Pierre Lan ge II ie r Le Mo nde Vers le commencement du X' siècle, on voyait sur les collines qui avoisinent Au-rillac errer un jeune pâtre dont l’œil attaché négligemment sur ses troupeaux paraissait distrait et quelquefois superbe.Cet enfant pauvre et inconnu sera un jour un savant distingué et un grand homme.Ainsi renaît, au milieu du XIX1 siècle, l’édifiante légende du «petit gars du Cantal», du gardien de brebis rêveur devenu le premier pape «français», le pape de l’an mil.On ignore où et quand Gerbert vit le jour.La tradition le fit longtemps naître en 938.Les historiens modernes, moins précis mais plus crédibles, s’accordent sur une fourchette: 945-950.Sa famille était-elle aussi humble que la légende le dit?L’intéressé est notre seule source.Devenu archevêque de Reims, il livrera, sur son origine sociale, un unique indice: «J’ignore comment il se fait que moi, pauvre exilé, sans noblesse et sans fortune, j’ai été préféré à des personnages que leur richesse et la dignité de leur famille semblaient désigner à tous les suffrages.C'est à vous, ô mon Dieu, que je suis redevable de cet honneur, ô vous, qui, selon la parole du psalmiste, prenez l’indigent sur un fumier pour le faire asseoir entre les princes, pour l’élever sur un trône de gloire.» Sans noblesse ni fortune?Sans doute.Mais pas forcément pauvre pour autant.«Gerbert, enfant, n ’a pas dû passer son temps à pétrir des fourmes du Cantal», plaisante son biographe, Pierre Riché.Peut-être appartenait-il à une famille de petits propriétaires libérés du lien de vassalité, ceux qu’on appelait les al-leutiers.Ses parents le confient tout jeune, selon un usage courant, aux moines de Saint-Géraud d'Au-rillac, riche et prestigieuse abbaye, qui fut un temps clunisienne.Pour Gerbert, l’ascenseur social de l’Eglise — le seul de l’époque — fonctionnera parfaitement et le conduira au pinacle.Mais il n’oubliera jamais sa modeste naissance.Elle lui a appris la valeur des choses et il ne méprisera ni les honneurs ni les richesses qu’ils procurent En ces temps médiévaux où l’Eglise est sœur jumelle de la noblesse, où les serviteurs de Dieu ont presque tou-jours du sang bleu, l’absence de lignage est un handicap pour un grand clerc, fût-il conseiller des puissants.La mort d’un protecteur, un revers d’amitié, une simple malveillance peuvent suffire à le replonger dans le besoin.Gerbert conjurera cette fragilité matérielle en usant de ses meilleures armes: la force de son esprit, une volonté tenace, une habileté d’entremetteur.Ce parvenu de la culture aura vivement conscience d’appartenir à l’élite de l’intelligence et du savoir, seules clés de sa réussite.En attendant, le jeune oblat Gerbert est un élève surdoué.11 apprend avec enthousiasme et brio son métier de moine bénédictin.Il suit les offices, lit dans le psautier, écrit sur les tablettes, chante les antiennes.Et.plus tard, assimile la grammaire latine.Le maître, Raymond de Lavaur, n’a pas manqué de remarquer l’enfant prodige.La chance de Gerbert se présente un jour de 967 en la personne de Borrell, comte de Barcelone.L’Espagne, lui demande l'abbé de Saint-Géraud, possède-t-elle «des hommes très instruits dans les arts»?Assurément, répond son hôte, qui accepte aussitôt qu'on lui confie le jeune frère «pour luijaire apprendre les sciences».VOIR PAGE A 4: SAINTS INDEX “M Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Bourse.B 2 Culture.B 8 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Météo.B 4 Sports.B r> Télévision.B 6 Un été à l’eau JACQUES NAUEAU LE DEVOIR Anne-Marie Savaria, aquariste au Biodôme de Montréal, offrait hier une crevette à une anémone.Le Biodôme fêtait hier son huit millionième visiteur en huit ans d’existence.À qui profite le mauvais temps ?SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Cet été, les journées se suivent et se ressemblent toutes plus moches les unes que les autres.Mais le malheur des uns fedt le bonheur des autres, dit l’adage.Avec le mauvais temps, les musées remplissent leurs tiroirs-caisses et connaissent un achalandage record.Et pour cause: les journées sont souvent couvertes, le temps toujours menaçant Doit-on prendre le risque de transporter toute la petite famille à la campagne, à la plage ou à la montagne, pour devoir rembarquer tout ce beau monde à peine arrivé, surpris par une averse?Beaucoup de familles optent cet SUITE PAGE A 8: TEMPS Une autoroute de 20 milliards : Big Dig ! FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR -i Boston — Les rêves d’envergure amènent des problèmes d’envergure.Les Bostoniens s’attendaient à ce que le Big Dig.un projet autoroutier souterrain de plusieurs milliards et dont les chantiers pullulent à Boston depuis 1990, crée des embouteillages monstres et nuise à leur qualité de vie pendant près de 15 ans.Mais seuls les plus cyniques avaient prévu le pire: magouille, enquête fédérale, démissions à répétition et augmentation très substantielle des coûts.Ce qui s’est avéré.Mais avant d’être financière, l'épine au pied de la capitale du Massachusetts était routière.Le sail tronçon à traverser la ville, l’Interstate 93, était jugé inadéquat et très dangereux, le taux d’accidents y étant quatre fois plus élevé que le taux national.Lors de sa construction, en 1959, il était prévu que 75 000 automobiles l’emprunteraient chaque jour.Aujourd’hui, près de 200 000 voitures circulent sur cette autoroute où on prévoyait en 1990 que si rien n’était entrepris, les heures de pointe s'étaleraient sur une quinzaine d’heures en 2010.la solution passait notamment par un élargissement des voies routières.Mais du verbe au geste, il y a un pas, particulièrement difficile à franchir à Boston.L’Interstate 93 est une autoroute suspendue qui s'apparente énormément à l’autoroute Métropolitaine, i.e.laide et encombrante.Il n’y a donc aucune volonté de l’élargir, ni, d’ailleurs, de place pour le faire.VOIR PAGE A 8: BIG DIG *i ar.aaaifca Le Canada est plus sécuritaire Là criminalité ramenée à son niveau de 1980 BRIAN MYLES LE DEVOIR Dure année pour la criminalité, qui a connu une chute de 5 % à l'échelle nationale en 1999 pour atteindre son plus bas niveau en 20 ans.Selon les données divulguées hier par Statistique Canada, il s’agit d'une huitième baisse consécutive de la criminalité, attribuable à l'excellente performance des trois plus gl andes provinces, le Québec (recul de 7,5 %), l’Ontario (-7,4 %) et la Colombie-Britannique (4,9 %).le taux de criminalité est à la hausse dans les quatre provinces de l’Atlantique et au Yukon tandis qu'il reste stable au Manitoba et en Alberta.Le taux de criminalité a enfin fléchi dans les neuf plus grandes régions métropolitaines du pays, y compris Montréal et Québec.L’étude de Statistique Canada n’attribue pas de raisons spécifiques à cette baisse générale de la criminalité, observée aussi bien pour les homicides que les tentatives de meurtre, les agressions sexuelles, les vols qualifiés et les voies de fait, tant au sein de la population adulte que chez les jeunes de 14 à 19 ans.«Mais le vieillissement de la population, la vigueur de l’économie ainsi que les nouvelles approches de la prévention et de la solution aux crimes sont peut-être parmi les explications possibles», précise l’organisme fédéral.L’Ouest des délits Pour une deuxième année consécutive, la Saskatchewan arrive en tête des provinces affichant le plus haut taux de criminalité (12 155 affaires criminelles pour 100 000 habitants), suivie de la Colombie-Britannique, du Manitoba et de l'Alberta.Mais les trois territoires (T.N.-O., Yukon et Nunavut) affichent respectivement les pires bilans, et de loin.VOIR PAGE A 8: CRIMINALITÉ Air Canada : Ottawa propose la médiation Le gouvernement fédéral est intervenu dans le différend qui oppose Air Canada à ses 2200 pilotes en «imposant» la médiation.Sans brandir explicitement la menace d’une loi spéciale ou d’un règlement imposé en vertu des services essentiels, la ministre fédérale du Travail.Claudette Bradshaw, a clairement indiqué hier aux deux parties qu’elles «n’aimeront pas l’autre solution» si elles ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente dans le cadre de cette médiation de la dernière chance.¦À lire, page B 3 Des heures difficiles à Camp David REUTERS ASSOCIATED PRESS Thurmont, Maryland — À moins de 24 heures du départ du président américain Bill Clinton pour le Japon, les négociations de- paix israélo-palestiniennes à Camp David ont pris hier un tour orageux en raison des blocages sur la question décisive de Jérusalem.Histoire d’accentuer la pression sur les négociateurs, le président américain avait fait savoir lundi soir qu’il entendait qu’israéliens et Palestiniens aient «bouclé leurs affaires» avant son départ pour le sommet du G8, au Japon, ce matin.Un haut responsable palestinien a affirmé que les exigences israéliennes d’un maintien de leur souveraineté indivisible sur Jérusalem avaient provoqué une crise, contraignant Clinton à convoquer en urgence le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat pour une rencontre de la dernière chance.Côté israélien, un proche du premier ministre Ehoud Barak a néanmoins cherché à minimiser la gravité de ces derniers événements en affirmant: «Il y aura beaucoup d’autres crises avant que nous aboutissions.» VOIR PAGE A 8: CAMP DAVID t 10, soit le cinquième du diamètre d’un cheveu) peuvent provenir de sources aussi variées que la combustion de carburants fossiles par les automobiles et les centrales thermiques, les feux de forêt, les exploitations minières, l’utilisation de solvant dans l’imprimerie, la construction, l’usure des pneus et les travaux agricoles.Pour en réduire le volume dans l’air, le ministre de l'Environnement du Canada, David Anderson, et son collègue à la Santé, Allan Rock, ont officiellement annoncé lundi dernier leur intention d’ajouter à la liste des substances considérées comme toxiques les principaux produits à l’origine de ces particules tels que l’anhydride sulfureux, les oxydes d’azote, l’ammoniaque et les composés organiques volatils.«Provenant des secteurs de l’industrie et des transports, déclare le ministre Anderson dans un communiqué officiel, ces fines particules aéroportées causent chaque année 5000 décès préma- turés ainsi que des visites plus fréquentes à l’hôpital et chez le médecin.Pour réduire de manière effective les concentrations de particules dans l’air que nous respirons, il nous faut réduire les émissions de substances chimiques qui polluent notre air.» Le gouvernement laisse 60 jours à l’industrie et au public pour lui faire part de leurs commentaires sur son projet.Il devra s’écouler par la suite, selon la loi, un délai de deux ans avant qu’entre en vigueur la nouvelle mesure.L’annonce fait suite entre autres à la signature en juin dernier, par les ministres de l’Environnement fédéral et provinciaux, d’une entente sur l’établissement de normes canadiennes dans le domaine.Bien que l’on connaisse depuis longtemps les dangers que représentent pour la santé les substances en question, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires, ce n’est que récemment que les spécialistes ont réalisé qu’il n’y avait pas d’exposition bénigne à ces particules et que même des concentrations relativement faibles pouvaient avoir des conséquences graves.Les plus grosses particules tendent à se déposer sur les parties supérieures du système respiratoire d’où elles peuvent par la suite être expulsées dans la gorge.Les particules les plus petites peuvent pour leur part être inhalées plus profondément dans les bronches et se loger là où le sang se recharge en oxygène.PRESSE CANADIENNE Une étude de l’Institut de recherche en politiques publiques plaide en faveur du retour d’une aide fiscale universelle aux familles avec enfants au niveau fédéral.Il pourrait s’agir de réinstaurer les allocations familiales, ou de rendre universelle la Prestation fiscale pour enfants.«Il s’agit de fournir des bénéfices aux familles qui ne dépendent pas du revenu de la famille, a déclaré la directrice de recherche de l’institut, Carole Vincent, au cours d’une entrevue téléphonique accordée hier.En faisant cela, on garantit à toutes les familles une certaine reconnaissance pour les responsabilités et les coûts qu’elles ont pour élever leurs enfants.» Mme Vincent a réalisé une étude sur la fiscalité des familles, intitulée Taxing Canadian Families: What's Fair, What’s Not (Imposer les familles canadiennes: ce qui est équitable, ce qui ne l’est pas), avec Frances Wooley, pro- fesseure d’économie à l’université Carleton.1^ Prestation fiscale pour enfants a remplacé en 1993 les allocations familiales, le crédit d’impôt non remboursable pour enfant à charge et le crédit d’impôt remboursable pour enfants.Les bénéfices versés aux familles en vertu de la Prestation fiscale pour enfants sont graduellement récupérés par le fisc à mesure que le revenu familial augmente.«C’est un objectif assez louable que de lutter contre la pauvreté des enfants, c’est certain que nous considérons qu’il faut continuer à le faire, a déclaré Mme Vincent.Le problème, c’est que nous avons un seul programme, la Prestation fiscale pour enfants, qui exclut 20 % des familles en raison d’un revenu au delà des moyennes.» Elle a affirmé qu’il ne s’agissait pas nécessairement de familles riches.«Une famille disposant d’un revenu total de 75 000 $ et qui compte deux enfants ne reçoit aucun bénéfice», a-t-elle déploré.Les ministres de la Santé parlent de réformes Ottawa (PC) — Tous les ministres de la Santé du pays, à part Pauline Marois, du Québec, se réunissent à Ottawa aujourd’hui et demain pour poser un diagnostic sur les problèmes d’organisation du système de soins de santé du pays et formuler des recommandations.Mais il ne faut pas s’attendre à voir la réunion se conclure par une entente sur le partage des coûts du système entre Ottawa et les provinces, ni à voir le gouvernement fédéral annoncer un transfert massif de fonds aux provinces.Le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, n’a pas fait mystère du fait qu’il n’avait aucunement l’intention de parler d’argent cette semaine.Il souhaite plutôt que ses homologues et lui-même fixent les priorités à dégager en vue de réformer le système de soins de santé du pays.La question épineuse du financement et du partage de la facture sera tranchée ultérieurement par le premier ministre Jean Chrétien et ses homologues provinciaux, qui doivent se rencontrer en septembre lors d’une conférence fédérale-provin-ciale.Les provinces tiennent notamment à ce qu’Ottawa réinvestisse massivement dans la santé, en rétablissant les paiements de transfert de 4,2 milliards, sabrés par le ministre des Finances, Paul Martin, afin d’équilibrer le budget du pays.Huit Québécois morts sur les routes canadiennes PRESSE CANADIENNE Deux accidents majeurs survenus lundi, l’un en Ontario, l’autre en Alberta, ont enlevé la vie à huit personnes, tous des Québécois.On déplore également au moins une dizaine de blessés.Le premier s’est produit en Alberta, à Pine Lake, à proximité du lieu où a frappé une tornade dévastatrice vendredi dernier.Trois jeunes Québécois de la rive sud de Québec ont alors péri, lors d’une collision entre un camion semi-remorque et leur voiture.Les victimes sont Eric Roberge, âgé de 21 ans, de Saint-Henri-de-Lévis, Yvon Bouffard, âgé de 25 ans, de Sainte-Claire, et Mélissa Dion, âgée de 17 ans, de Saint-Anselme, dans la région de Bellechas-se.L’accident a aussi infligé des blessures à Lydia Morin, 19 ans, de Saint-Anselme, qui est toujours hospitalisée à Edmonton.Selon les enquêteurs, il semble que l’automobile à bord de laquelle prenaient place les jeunes ne se soit pas immobilisée à l’intersection des autoroutes 21 et 42.Par ailleurs, dans l’est de l’Ontario, près de Prescott, à une centaine de kilomètres d’Ottawa, un accident impliquant une fourgonnette immatriculée au Québec a fait cinq morts et 10 blessés.Gambard Vente et service technique f>aXr,mo,Ze yo en fleurs £07°
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