Le devoir, 10 juin 2000, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 E T I) I M A N (HE 11 J I' I X 2 0 0 0 LE DEVOIR Environnement Les Phénix RECYC-QUÉBEC Le mandat de l'organisme est de promouvoir, développer et favoriser la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage de contenants, d'emballages, de matières et de produits.Une affaire de tonnes, de millions de tonnes.Page 2 Clifford Lincoln Il faut faire du développement durable «la pierre d'assise de la croissance économique du Canada».Face aux politiques canadiennes, des propos durs d’un nouveau membre du Cercle des Phénix.Page 3 HLUlilIdl! urame M,'"-' rr «Depuis des années, les groupes environnementaux disent qu’il faut cesser de toucher aux écosystèmes si l’on ne veut pas que surviennent un jour des catastrophes écologiques.Malgré cela, on persiste à faire la sourde oreille, privilégiant la croissance économique et la création d’emplois.» Londres, 1858.Des mesures d'urgence s’imposent Aux fenêtres de Westminster, des tentures imbibées de chlorure de chaux sont suspendues.C’est le moyen trouvé pour permettre au Parlement qui régit tout un empire, de l’Inde jusqu’au Canada, de siéger.On crée ainsi une barrière entre les Chambres et ces boues malodorantes de la Tamise qui empêchent les Lords et les représentants des circonscriptions de pénétrer dans la royale enceinte.Autre effet non secondaire, d’un tel fléau: la dysenterie et le choléra sévissent dans la ville de Londres, par la présence de rivières hautement polluées qui tuent littéralement la population.Dans l’histoire anglaise, la petite, non la glorieuse, cette année fut enregistrée comme étant celle de la «grande puanteur».Plus tard, un ingénieur, trouva une solution «durable».Joseph Bazalgette établit un système collecteur et des égouts canalisèrent la Fleet la Walbrook, la Westbourne, dont les eaux hautement pollués furent rejetés en amont, transférant ailleurs les déchets urbains, là où la population était moins dense.Amérique, les années 1960.La ville de Pittsburgh se refait une image et se redonne un paysage urbain acceptable.D’énormes cheminées sont construites qui rejettent en altitude les gaz et fumées des aciéries.La ville se trouve ainsi débarrassée de ce «smog» industriel aux effets et odeurs incommodants.Plus loin, dans l’Est, quelques années plus tard, des Québécois parleront de pluies acides et déploreront la «mort» de nombre de leurs lacs.Car l’initiative lancée en Pennsylvanie a été suivie par de nombreuses industries sises au nord et au sud du 49r parallèle.De telles aventures laisseraient croire que ces «erreurs» historiques, lourdes de conséquences, seraient rapidement comprises et qu’il faut éviter d’établir des politiques où les normes de profit et de production ont priorité face à celles qui privilégient l’environnement et un développement pensé en termes écologiques.Malheureusement, non.Avenir et croissance «Depuis des années, les groupes environnementaux disent qu’il faut cesser de toucher ata écosystèmes si l’on ne veut pas que surviennent un jour des catastrophes écologiques.Malgré cela, on persiste à faire la sourde oreille, privilégiant la croissance économique et la création d’emplois.» Ainsi parle Clifford Lincoln, cet ancien ministre québécois qui vient d’être admis dans le Cercle des Phénix.Ses propos décrivent les politiques canadiennes en environnement mais pourraient s’adresser à chaque citoyen qui pense le quotidien en termes de confort et de bien-être: chacun d’eux n’est-il pas d’abord un consommateur qui achète et vit de ce que les aciéries américaines produisent et qui, en plus, applique par facilité, de façon systématique, une politique du tout-à-l’égout?En fait, on pourrait dire que le déchet, qu'il soit domestique ou industriel, est acceptable dans la mesure où son origine est locale et, idéalement, quand il est déversé ou déposé chez le voisin.En ce sens, entre cette année 2000 et 1858, peu de progrès a été enregistré.Pourtant, les routes québécoises depuis des décennies ne sont plus des dépotoirs à ciel ouvert, et il n’est plus posable dans les villes de niveler un parc ou d’«enterrer» un cours d’eau pour y établir à leur place un site industriel, commercial ou domiciliaire.Des améliorations ont donc lieu, souvent sur une petite échelle mais aux résultats remarquables, pour celui et celle qui vit ou séjourne à proximité.Un regard jeté sur les divers environnements immédiats démontre toutefois que beaucoup reste à faire.Chaque année, les Phénix de l’environnement sont cependant attribués pour souligner de telles actions, qu’elles soient corporatives ou individuelles.La qualité de vie, son amélioration, dépend de ces gestes posés dans un souci du bien général, où la qualité de vie et le respect des systèmes et écosystèmes vont de pair, en relation harmonieuse.Normand Thériault POUR L'AN 2000 UN NOUVEAU PHENIX LES CACMAMTS Page 2 UNE ÉCOLE MODÈLE Page 3 PROPOS ET PROJETS ÉCOLOGIQUES Page 4 VIE QUOTIDIENNE Page 5 LOUIS-GILLES FRANCŒUR Page 5 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JUIN 2 0 0 0 E 2 •ENVIRONNEMENT* RECYC QUEBEC Que sont nos déchets devenus Les objectijs de recyclage ont dû être réévalués à la baisse JACQUES NADEAU LE DEVOIR Malgré une nette amélioration, surtout au chapitre de la récupération et du recyclage, les gains demeurent modestes.L’augmentation du volume des déchets vient en quelque sorte atténuer les efforts consentis en matière de recyclage et de récupération.En 1990, le gouvernement du Québec se donnait une première politique en matière de déchets solides et créait du même coup la Société québécoise de récupération et de recyclage (RECYC-QUÉBEC).Le mandat de RECYC-QUÉBEC était de promouvoir, développer et favoriser la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage de contenants, d’emballages, de matières et de produits.Où l’on découvre qu’il est difficile de gérer des matières, sutout quand elle sévaluent en tonnes, en millions de tonnes.PIERRE VALLÉE La création de RECYC-QUÉBEC s’est faite en établissant un programme serré de développement, avec établissement de normes et dépôt d’objectifs à atteindre.Ainsi, pour l’an 2000, on visait une réduction de 50 % des déchets éliminés par enfouissement ou par incinération.Avons-nous aujourd’hui atteint cet objectif?Force est de constater que malgré tous les efforts consentis, nous sommes encore loin de la cible.En 1989, les Québécois produisaient 7 millions de tonnes de déchets.De ce nombre, 5,7 millions de tonnes étaient éliminés alors que 1,3 million de tonnes étaient remis en valeur soit par la récupération ou le recyclage.Dix ans plus tard, soit pour l’année 1999, les Québécois ont produit 8,3 millions de tonnes de déchets.De ce total, 5,3 millions de tonnes de déchets ont été éliminés et 3 millions de tonnes remis en valeur.Malgré une nette amélioration, surtout au chapitre de la récupéra- tion et du recyclage, les gains demeurent modestes.L’augmentation du volume des déchets vient en quelque sorte atténuer les efforts consentis en matière de recyclage et de récupération.Selon Léo Fradette, vice-président au Développement des marchés et technologies chez RECYC-QUÉBEC, une des raisons qui explique ce retard est que «les objectijs en 1989 étaient trop vastes et la politique ne contenait pas d'incitatifs réels.» Aussi, M.Fradette soutient que la situation écono- mique fragile du Québec dans les années 90 était peu propice à l’introduction de mesures incitatives.la situation aujourd’hui s’est améliorée et le gouvernement en a pris bonne note.Le Plan d’action québécois sur la gestion intégrée des matières résiduelles 1998-2008 contient, selon M.Fradette, les incitatifs nécessaires pour faire progresser le dossier.Il souligne entre autr l’obligation qui est faite aux municipalités et aux MRC de se doter d'un plan de gestion des matières résiduelles.Des pneus et des contenants Mais tout n’est pas noir en ce qui concerne la récupération et le recyclage.RECYC-QUEBEC administre et finance deux programmes qui ont connu un certain succès.Il s’agit de la récupération et du recyclage des pneus hors d’usage ainsi que des contenants de boisson gazeuse à remplissage unique.Depuis le 1er octobre 1999, le consommateur québécois paie une redevance de trois dollars lorsqu’il achète un pneu neuf.Cet argent sert à financer le transport des pneus hors d’usage vers des centres de récupération.Depuis 1993, plus de 20 millions de pneus ont été ainsi récupérés.Présentement, le nombre s’établit à 500 000 pneus par mois.«Aujourd'hui, très peu de ces pneus hors d’usage nous échappent», précise Léo Fradette.De plus, près de 70 % de ces pneus récupérés vont au recyclage.De nos jours, la plupart des contenants de boisson gazeuse sont consignés.Une entente récente remettait à l’industrie des boissons gazeuses la responsabilité de la récupération de ces contenants.RÊCYC-QUÉBEC s’assure de la bonne gestion de la consigne qui est perçue par le détaillant auprès du consommateur et qui doit lui être remise au moment où il rapporte le contenant.En 1999, 1,23 milliards de ces contenants ont été mis sur le marché et 969 millions de ceux-ci ont été récupérés.Ce qui donne un taux de récupération de 79 % comparé à un taux de 62 %, il a dix ans.Des mesures à venir En plus des plans de gestion municipaux, une des mesures à venir est une loi sur les emballages.Selon Léo Fradette, cette loi est essentielle puisqu’elle incitera les fabricants à utiliser des matières recyclables pour la confection des emballages.Du côté des collectes sélectives, il reste encore un effort à faire.« Nous connaissons présentement une stagnation à ce niveau, explique M.Fradette, l’augmentation des utilisateurs du bac vert croît à un rythme de seulement 3 à 4 % par année.» Afin d’inciter davantage le citoyen à faire le tri dans ses déchets, certaines municipalités ont réduit la fréquence de la collecte des ordures ménagères.Les ordures ménagères posent aussi un autre problème: celui des matières putrescibles qui composent environ le tiers de nos déchets.Ces derniers échappent presqu’en totalité au recyclage.Pourtant, la solution est à portée de main: il s’agit du compostage.RECYC-QUÉBEC administre un programme d’aide financière de 1 million afin de développer des projets de compostage.Même s’il reste beaucoup à faire, les efforts des dix dernières années ont porté fruit, selon Léo Fradette.«Sans être à l'avant-garde en ce qui concerne la gestion des matières résiduelles, le Québec se situe en bonne position.Le récent Plan d’action est dans la bonne voie et devrait donner les résultats escomptés.» Les Phénix Ils sont gagnants LE DEVOIR Il y huit catégories où les individus, entreprises, organismes et corporations peuvent s’inscrire.Au mérite, le jury a tranché.Des 170 candidatures analysés, voici la sélection faite par Jean-Pierre Re-véret de l’Institut des sciences de l’environnement (UQAM), Jean-Charles Gagne, de La Terre de chez nous, Claire Bolduc, représentant l’Ordre des agronomes du Québec, Georges Emond, de la Municipalité de Deauville et Georches Richer, de chez Kruger inc.La présidence du jury était assumée par Harvey Mead, de l’Union québécoise pour la conservation de la nature.Au total, vingt initiatives ont reçu un accueil favorable.Les voici, selon les catégories d’inscription.Conservation de la biodiversité Individu Jacques Messier Comité des citoyens pour la protection des terrains du Foyer Savoy Mont-Saint-Hilaire Organisme sans but lucatif Héritage Saint-Bernard Inc.Châteauguay Utilisation durable et restauration de la biodiversité Municipalité Ville de Charlesbourg Entreprise Pépinière François Lemay Inc.Uinoraie Ferme Louis d’Or Inc.Sainte-Élizabeth-de-Warwick Organisme sans but lucatif Corporation de Gestion de la Forêt de l’Aigle Maniwaki Intégration d’un système de gestion environnementale Entreprise Framboisière de l’Estrie Johnville Innovation, l’exportation et l’utilisation de technologies Procédés novateurs Sintra Inc.— Projet Ville de Drummondville Pour l’exportation Mabarex Inc.Saint-Iaurent Secteurs primaire et secondaire Purporc S.E.N.C., filiale de Purdel Saint-Valérien Réalisation d’un programme de récupération Institution École-Entreprise du Centre Saint-Michel Municipalité Municipalité de Chelsea Organisme sans but lucatif Corporation de protection de l’environnement de Sept-Iles Inc.Sept-Iles Développement du recyclage Centre de tri et de récupération Régie de tri et de récupération de la région sherbrookoise Sherbrooke Entreprise SiliCycle Inc.Québec Organisme sans but lucatif Plate-forme CPT Inc.Québec Education et sensibilisation Institution Union des producteurs agricoles Longueuil Établissement d’enseignement École Val-Joubert Sainte-Paule Organisme sans but lucatif Service d’aide au consommateur Shawinigan Jeunesse Çroupement Equipe FORI-MAT Causapscal Mot du ministre Au Québec comme à l'échelle planétaire, nous avons à partager et à relever des défis environnementaux de plus en plus complexes et difficiles.Les changements climatiques, la pollution industrielle, la gestion de l'eau et la gestion des matières résiduelles figurent parmi ceux dont on entend parler de façon quotidienne.Ainsi, plus que jamais, nous avons besoin de la contribution, de la créativité et de la détermination de tous, entreprises, organismes et individus, dont les jeunes, qui travaillent avec ardeur dans l'esprit du développement durable afin d'arriver aux meilleurs résultats pour le plus grand bénéfice des générations actuelles et futures.À titre de ministre de l'Environnement, c’est avec grande fierté que je remercie tous les participantes et participants aux Phénix de l’environnement 2000.J'adresse plus particulièrement mes plus chaleureuses félicitations aux lauréats et lauréates de cette année et aux nouveaux membres du prestigieux Cercle des Phénix.Tous et toutes je les invite à poursuivre leurs efforts sur la voie du développement durable.Leur engagement envers la protection de l'environnement et la conservation des ressources est un précieux gage d'espérance pour l'avenir.PAUL BEGIN Ministre de l'Environnement, ministre du Revenu et ministre responsable de la région de la Capitale Nationale Québec S » Ministère de l'Environnement E N VI RO N N EMEN T ms rri x p h f: n i x C f.C A II I K R SPÉCIAL K ST PUBLIÉ P A lî L K I) K VOIR Res lions» b h- NORMAND THERIAULT ¦ithrriaulloliolcvoir.ca P II 50, rnr de Blrnry.9' (;la£r.Monlrnil (Çucbrrl HSA SM».Tél.: (51 l| »85 SS SS mUirlinnalrdrvoir.rnin V A I S C K y I! K I) 0 I S # 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A X (' HE II j r i x 2 o o o E VIR MENT Une entrevue avec Clifford Lincoln La politique des pots cassés Les économies faites en environnement se paient très cher Ce qui se passe à Walkerton (Ontario) témoigne on ne peut mieux de ce que l’ancien ministre québécois de l’Environnement preche: «Depuis des années, les groupes environnementaux disent qu’il faut cesser de toucher aux écosystèmes si l’on ne veut pas que surviennent un jour des catastrophes écologiques.» Pour l’avenir une seule solution: faire du développement durable «la pierre d’assise de la croissance économique du Canada».Face aux politiques canadiennes, des propos durs d’un nouveau membre du Cercle des Phénix.CLAIRE HARVEY La protection de l’environnement et la promotion du développement durable, voilà deux des grandes batailles que mène Clifford Lincoln.Celui qui a été reçu dans le Cercle des Phénix de l’environnement du Québec, le 19 mai dernier, avec Louis-Gilles Francœur, journaliste au Devoir, presse les gouvernements de passer de la parole aux actes.Député fédéral du comté de Lac-Saint-Louis et président du comité permanent du Patrimoine canadien, Clifford Lincoln a agi à titre de ministre de l’Environnement du Québec de 1985 à 1988.On lui doit la première politique environnementale de la province résolument axée sur la conservation: un nouveau CAP environnemental.Durant son mandat, M.Lincoln a aussi été l’artisan des politiques relatives à la protection et l’aménagement des cours d’eau, à la gestion des matières résiduelles et des pesticides, à la création de Collecte sélective Québec et à la création d’une police verte.Il fût également président du Conseil canadien des ministres de l’environnement et chef de délégations canadiennes lors de nombreuses conférences internationales, par exemple, celle de la Commission Bruntland sur le développement durable.Que pense-t-il aujourd’hui de la politique québécoise en matière d’environnement, un secteur qui ne figure pas parmi les priorités du gouvernement?En réponse à cette question, celui qui a démissionné du cabinet Bourassa en 1988 dans la foulée de l’adoption de la loi 178 sur l’affichage commercial, signale qu’il ne saurait commenter la situation avec objectivité.«Je suis loin de la scène politique québécoise depuis trop longtemps.» Des effets néfastes à long terme Préférant donner son point de vue sur les politiques fédérales, M.Lincoln signale qu’on se préoccupe de l’environnement seulement lorsque l’économie roule comme sur des roulettes.«Au cours des dernières années, Environnement Canada est devenu le plus petit ministère du gouvernement.Dans un contexte de rationalisation, c’est facile de couper dans l’enveloppe budgétaire consacrée à l’environnement parce que ce n’est pas quelque chose qui aura des effets tangibles à court terme.» Néanmoins, poursuit-il, Ottawa, tout comme les provinces d’ailleurs, ne peut pas «démanteler des infrastructures et abolir des centaines de postes en environnement, sans en payer le prix», dit-il, donnant comme exemple l’Ontario, où le ministère de l’Environnement n’est plus que l’ombre de lui-même.Selon lui, les compressions budgétaires des dernières années sont responsables en grande partie de la tragédie de l’eau potable de Walkerton.«Un jour ou l’autre, il faut réparer les pots cassés, ce qui coûte très cher sur le plan économique et social.» M.Lincoln est bien placé pour savoir de quoi il parle.Il était justement ministre de l’Environnement du Québec au moment du désastre écologique de Saint-Basile, soit de l’incendie d’un entrepôt de BCP «R faut des accidents pour qu'on passe à l’action.Pourtant, ce ne sont pas les sons de cloche qui manquent.Depuis des années, les groupes environnementaux disent qu’il faut cesser de toucher aux écosystèmes si l’on ne veut pas que surviennent un jour des catastrophes écologiques.Malgré cela, on persiste à faire la sourde oreille, privilégiant la croissance économique et la création d’emplois.» La volonté politique fait défaut Faisant référence au récent rapport du Commissaire à l’environnement et au développement durable, M.Lincoln s’interroge sur la volonté réelle que manifestent nos dirigeants.«Dans ce rapport, le Commissaire fait observer que si le gouvernement a réitéré à plusieurs reprises son engagement à l’égard du développement durable, il ne met rien de concret sur la table.Par exemple, le gouvernement offre encore des incitatifs fiscaux pour les énergies fossiles alors qu’il faudrait se tourner résolument vers les énergies renouvelables.» Si M.Lincoln juge opportun les crédits en matière d’environnement du dernier budget Martin, il ne croit pas que 700 millions de dollars sur quatre ans suffiront à répondre aux besoins.«L’injection de ces sommes démontre que le ministre des Finances accorde plus d’importance à la protection de l’environnement.Mais après des années de compressions sévères dans le ministère de l’Environnement, Ottawa a encore beaucoup à faire avant de remonter la pente.Ce n’est qu’un début», dit-il en formulant le souhait qu’Ottawa fasse du développement durable «la pierre d’assise de la croissance éco-nomique du Canada.» A cet égard, Clifford Lincoln croit qu’il faudrait offrir des incitatifs fiscaux pour développer le transport en commun sur une grande échelle et promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables.«Il faudrait également mettre en place de véritables projets pour assurer la protection des milieux naturels», explique-t-il, insistant sur la nécessité de s’attaquer également aux mentalités et aux attitudes qui nuisent à l’avancement de la cause environnementale.Donner l’exemple A cet égard, il est d’avis qu’Ottawa devrait lancer une campagne d’information qui renseignerait les Canadiens et les encouragerait à participer.«Parallèlement, le gouvernement devrait donner l’exemple en faisant une utilisation adéquate des ressources et ce, de façon systématique, concrète et soute- ASSOCIATION MINIÈRE DU QUÉBEC L’Association minière du Québec contribue activement à la promotion et au développement des richesses minérales du Québec avec une gestion responsable de l’environnement www.amq-inc.com ANDRÉ CORNELUER Pour Clifford Lincoln, Ottawa, tout comme les provinces d’ailleurs, ne peut pas «démanteler des infrastructures et abolir des centaines de postes en environnement, sans en payer le prix».nue.Si l’immense institution que représente la fonction publique fédérale accordait davantage d’importance au développement durable, les citoyens constateraient qu’il est possible défaire de même.» M.Lincoln insiste: le développement durable ne doit pas uniquement faire l’objet de vœux pieux lors des sommets internationaux.Depuis la rencontre de Rio en 1992, les pays industrialisés ont signé divers protocoles, notamment celui de Kyoto visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre de 6 % par rapport au niveau de 1990.«Ce protocole se veut le projet du millénaire.Pourtant, les pays industrialisés ne font pas leurs devoirs.Ils continuent à polluer.Comment peut-on espérer que des pays, comme la Chine ou l’Inde, réduisent leur émission des gaz à effet de serre si nous ne sommes mêmes pas capables d’y parvenir avec les ressources financières et humaines dont nous disposons?», s’interroge-t-il.Prévenir la pollution au lieu de réagir après coup, voilà la seule façon de sauver la planète pour Clifford Lincoln.r Etablissements d’enseignement Le ministre et l’école Le ministre Bégin peut être fier.Un programme dont il a la gestion peut servir de modèle pour moduler l’implantation de la réforme dont son collègue au Cabinet, François Legault, aura à établir les modalités à l’automne.Comment une école primaire indique aux «grands» la façon de faire.Il est de ces résultats heureux qui ennoblissent les concours.Paul Bégin, ministre de l'Environnement, est enthousiaste pour décrire ces Phénix dont il a la responsabilité avec le ministre délégué à l’Industrie et au Commerce, Guy Julien: «Plus que jamais, nous avons besoin de la contribution, de la créativité et de la détermination de tous, entreprises, organismes et individus, dont les jeunes, qui travaillent avec ardeur dans l’esprit du développement durable afin d’arriver aux meilleurs résultats pour le plus grand bénéfice des générations actuelles et futures.» Le soir des Phénix, le 25 mai dernier, au Palais Montcalm, à Québec, sur la tribune il était là pour remettre les prix aux divers récipiendaires.Un des organismes retenus avait pour ainsi dire pris son discours au pied de la lettre.Il s’agit de l’école primaire Val-Joubert de Sainte-Paule, rattachée à la Commission scolaire des Monts-et-Marécs.L’école, comme telle, par son bâtiment, ressemble à toutes les autres.Elle est d’un modèle «standard» qui a été répété sur tout le territoire québécois.La fierté est Paul Bégin ailleurs, à l'intérieur.A Val-Joubert, l’environnement est partie intégrante du projet pédagogique.On est loin de l’activité parascolaire quand tous les cours, indépendamment de la matière à y être donnée, incluent l’environnement et les problèmatiques qui s’y rattachent.Des activités d’information et de sensibilisation complètent la formation qui s’y donne.Un tel résultat n’a pas été obtenu sans effort.Avant même d’enclencher le programme, il a fallu obtenir l’appui d'organismes régionaux et la Centrale de l’Enseignement du Québec s’est impliquée, par la participation de ses membres, dans le projet.In réalisation des objectifs fait que les étudiants travaillent en lien avec la nature, et le plein air est plus qu’un simple milieu ambiant mais un lieu où on s’implique.Quant à l’initiative, dans la région, elle fait des vagues; parents et citoyens des municipalités environnantes ont le projet à l'œil.Non du coin, mais du bon.N.T.fil** - ii*' .*•* iTil ; « hnii mit.i-i* •5»* "il -I «Il IHl SOURCE RECYC-QUÉBEC L’école primaire Val-Joubert de Sainte-Paule.Meeeage du minietre délégué à l’Industrie et au Commerce [ésolument tourné vers l’avenir, le Québec a développé au fil des années un mode de pensée universelle qui dicte aux sociétés contemporaines de travailler au développement économique tout en assurant la sauvegarde de l’environnement.Le résultat est probant puisque de nos jours, des mots tels que développement durable, gestion environnementale ou gestion intégrée de matières résiduelles font désormais partie des préoccupations de la communauté industrielle du Québec.Si le chemin parcouru fut parfois ardu, les lauréats et finalistes du concours des Phénix de l’environnement reçoivent enfin un hommage digne du travail accompli depuis des années.Qu’il s’agisse d'entreprises privées, de municipalités, de groupes communautaires ou d’associations, la remise de ces distinctions représente une preuve additionnelle que le développement économique se conjugue avec le développement durable.\ A titre de ministre délégué à l’Industrie et au Commerce, je tiens à témoigner mon appréciation aux lauréats 2000 des Phénix de l’environnement de même qu’à tous les finalistes.Il m’importe également de rendre hommage aux nouvelles personnalités qui viennent d’être admises au Cercle des Phénix de l’environnement.Travaillons ensemble à faire du Québec une société oh de plus en plus les acteurs économiques et les organismes voués à la protection de l’environnement harmoniseront leurs actions afin de favoriser le développement durable du territoire québécois.Québec Industrie et Commerce LE D E V 0 I R .L E S SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 J l' I N 2 0 0 0 E 4 ?ENVIRONNEMENT* Récipiendaires des Phénix Propos Actions Depuis trois ans maintenant, les Phénix de l’environnement rendent hommage aux artisans du développement durable.Cette année, vingt Phénix ont été décernés à des individus, des organismes, des municipalités et des entreprises dans huit catégories différentes.Chronique d’événements heureux où le souci de l’un fait le bonheur de tous et la fortune de et projets écologiques et mieux-être collectif ?SOURCE RECYC-QUEBEC Jacques Messier s’est vu décerner un Phénix de la conservation de la biodiversité pour ses efforts en vue de préserver l’aire de nidification du faucon pèlerin au mont Saint-Hilaire.à JACQUES GRENIER LE DEVOIR La Pépinière François Lemay, de Lanoraie, a pris un important virage en adoptant plusieurs méthodes écologiques pour l’ensemble de ses opérations.quelques-uns.PIERRE VALLÉE Parfois la volonté et la ténacité d’un individu peuvent faire bouger les montagnes.C’est un peu l’histoire de Jacques Messier.Citoyen de la ville de Mont-Saint-Hilaire, Jacques Messier, préoccupé par la conservation de la biodiversité au mont Saint-Hilaire, s’est opposé à un projet de développement domiciliaire qui risquait de nuire à l’aire de nidification du faucon pèlerin.Rappelons qu’il n’y a actuellement au Québec que duc sites de reproduction de cet oiseau et que l’un d’eux se trouve sur la falaise Dieppe au mont Saint-Hilaire.Situé non loin de cette aire de nidification, se trouve le Foyer Savoy, un immeuble institutionnel désaffecté qu’on projetait de transformer en projet d’habitation.Or le faucon pèlerin est particulièrement sensible à la présence humaine.C’est à ce projet que s’est opposé M.Messier.D a mis sur pied le Comité des citoyens pour la protection de Foyer Savoy, a organisé une pétition que près de 5000 citoyens ont signée et il a talonné pendant presque quatre ans les élus municipaux.Résultat de cette démarche: la Ville de Mont-Saint-Hilaire s’est porté acquéreur d’une bonne partie du terrain afin d’en faire un parc de conservation.Le projet domiciliaire aura lieu mais dans une forme plus modeste.Pour ses efforts, M.Messier s’est vu décerner un Phénix de la conservation de la biodiversité.À Lanoraie Grossiste horticule, la Pépinière François Lemay est située à Lanoraie.L’entreprise est spécialisée dans la production en pots d’arbustes, de conifères, de vivaces et d’arbres destinés aux centres de jardins et aux paysagistes.Ses clients se trouvent au Québec, au Canada et aux Etats-Unis.Elle a remporté un Phénix de l’utilisation durable et la restauration de la biodiversité.Depuis sept ans, cette entreprise familiale a pris un important virage en adoptant plusieurs méthodes écologiques pour l’ensemble de ses opérations.D’abord, on a choisi de favoriser le désherbage manuel plutôt que chimique ce qui a permis de réduire de, 85 % l’utilisation d’herbicides.«Évidemment, nos coûts de main-d’œuvre ont grimpé en flèche, explique Sébastien Lemay, vice-président et âme écologique de l’entreprise, mais nous avons ainsi augmenté la production et nous obtenons des plants de première qualité qui valent plus cher sur le marché.Au fond, nous sortons gagnants.» De plus, l’entreprise a mis en place un projet de récupération des pots usagés en les consignant en quelque sorte.Ainsi 50 000 pots sont récupérés chaque année.Afin de régénérer les sols, l’entreprise utilise maintenant, sur une base expérimentale, des boues de papetières.Elle fabrique son compost maison et a développé sa propre recette de terreau d’empotage.La Pépinière François Lemay s’est aussi spécialisée dans la culture des espèces indigènes, tel le cèdre à haie, que trop souvent encore on prélève directement de la forêt épuisant ainsi les réserves.À Johnviile Si la norme ISO 14001 ne vous dit rien, rassurez-vous.Une seule entreprise en Amérique du Nord la possède et elle est située au Québec, à Johnviile.C’est la Framboisière de l’Estrie qui a été homologué ISO 14001 en avril 1999.La norme ISO 14001 s’applique au domaine agricole et garantit que l’entreprise dûment certifiée a implanté un système de gestion environnementale global.En plus de se conformer aux lois et règlements en vigueur, l’entreprise possède les outils nécessaires pour évaluer de façon constante les impacts sur l’environnement de ses opérations et d’y apporter les correctifs nécessaires.«L’obtention de la norme ISO allait de soi, explique Jocelyne Ha-melin, copropriétaire, puisque cela faisait suite à nos préoccupations environnementales.Nous voulions nous doter d’un outil qui nous permettait de réfléchir avant de poser des actes.« La Framboisière de l’Estrie cultive principalement des fram- individuelles boises rouges, mais aussi des noires et des jaunes sur une surface de 11 hectares.Sa production annuelle est d’çnviron 45 000 kg de petits fruits.A peu près 45 % de sa production est destinée à l’auto-cueillette et au marché local, 50 % est surgelée et écoulée sur le marché de la restauration et 5 % est transformée sur place en produits dérivés tel le vinaigre de framboise.La Framboisière de l’Estrie est la plus grosse exploitation du genre au Québec.Elle se mérite un Phénix de l’intégration d’un système de gestion environnementale.À Saint-Laurent Mabarex a reçu un Phénix de l’innovation, l’exportation et l’utilisation de technologie.L’entreprise, située à Ville-Saint-Laurent, est spécialisée depuis vingt ans dans le domaine du traitement des eaux usées, des effluents et des boues municipales et industrielles.Depuis 1997, Mabarex a développé un concept innovateur qui permet de traiter de façon écologique les boues des industries des pâtes et papiers.«Ce fut toute une aventure et aussi un acte de foi», précise Louis Barré, président de l’entreprise.En effet, tout a commencé par la visite d’un inventeur qui avait griffonné sur des bouts de papier un concept qu’il croyait, à juste titre, révolutionnaire.Deux millions de dollars plus tard naissait le séchoir à basse température «Dry-Rex».Ce séchoir permet de transformer les boues usées en granules qui servent ensuite de combustible.D’une part, on économise en réduisant la consommation d’énergie fossile et d’autre part, puisque les boues ne sont plus enfouies, on réduit la production de méthane produit par les sites d’enfouissement.Ce procédé de séchage s’applique aussi au compost provenant de fumiers ou d’autres sources organiques ainsi qu’aux résidus de poissonneries.Pour le moment ce sont les papetières qui sont surtout intéressées par ce procédé de valorisation thermique.Mabarex négocie présentement avec des papetières canadiennes mais aussi avec des entreprises situées en Suède, en France, aux Etats-Unis, en Indonésie et au Japon.Au Québec L’École-Entreprise du Centre Saint-Michel, située à Sherbrooke, a eu la brillante idée de mettre sur pied un centre de récupération des ordinateurs usagés.Cette initiative lui a valu un Phénix de la réalisation d’un programme de récupération.L’École-Entreprise récupère auprès d’entreprises diverses des ordinateurs périmés qu’elle remet à niveau avant de les acheminer gratuitement aux écoles, aux garderies scolaires et aux bibliothèques publiques du Québec.Depuis 13 mois d’opération, environ 2000 ordinateurs ont été remis à niveau et acheminés vers une centaine d’institutions dans 56 régions du Québec.De plus, près de 1350 appareils jugés trop vétustes ont été démontés et leurs composantes «reconditionnables» ont pris le chemin vers les recy-cleurs de métaux et de plastique, ce qui représente 18 000 kg de métal recyclé.Et comme cette entreprise est aussi une école, elle a permis à ce jour à environ 86 adultes d’acquérir une formation dans des métiers tels que commis de bureau, commis à la réception des mar-chanflises, commis à l’inventaire, etc.A la vocation écologique de cette démarche s’ajoute alors la réinsertion socioprofessionnelle.Après Laval Étudiant en chimie à l’Université Laval, Luc Fortier s’intéresse au gel de silice.Encouragé par son professeur Robert H.Burnell, il oriente sa recherche afin de trouver un procédé qui permettrait de faire du gel de silice un produit réutilisable.Six ans plus tard, il a trouvé et il brevète son procédé.Il s’associe alors à Hugo St-Laurent et fonde SiliCycle.L’année suivante, un troisième associé, André Couture, se joint à la jeune entreprise.La jeune entreprise de Québec, issue du plan Paillé, connaît des débuts plutôt modestes.«Il n’était pas rare de voir nos amis et nos parents mettre la main à la pâte les fins de semaine», raconte Hugo St-Laurent, p-d.g.de l’entreprise.Mais ces soucis sont maintenant loin derrière.Depuis l’entreprise a pris son envol et sa réputation dépasse largement nos frontières.Elle compte parmi ses partenaires financiers Accès Capital, une filiale de la Caisse de dépôts et de placements.Le gel de silice est utilisé dans l’industrie pharmaceutique comme «filtre à molécules».Une fois utilisé, il est considéré comme un déchet dangereux puisqu’il contient des hydrocarbures et des métaux.En général, il aboutit dans un site d’enfouissement.C’était avant l’arrivée de SiliCycle sur le marché.L’entreprise récupère le gel de silice usé et grâce à son procédé unique au monde, le purifie, le régénère et ensuite le revend souvent aux mêmes compagnies et à un prix inférieur au gel de silice d’origine.Cette innovation technologique et écologique a valu à SiliCycle un Phénix du développement du recyclage.À Shawinigan et ailleurs Le Service d’aide aux consommateurs (SAC), un organisme sans but lucratif situé dans la ville de Shawinigan, a reçu un Phénix de l’éducation et la sensibilisation.Cet hommage venait souligner l’effort extraordinaire fait par la SAC dans l’élaboration de la trousse de sensibilisation Eco-Max.Cette trousse personnalisée permet aux ménages de se sensibiliser aux économies d’énergie.«C'est en parlant avec les familles que nous avons compris l’importance d’une trousse», explique Julie Plamondon, directrice adjointe de l’organisme.En effet, plusieurs ménages éprouvaient des difficultés à saisir tous les enjeux d’une utilisation plus écologique de l’énergie.La trousse vient suppléer à ce manque.Développée de concert avec l’Agence de l’efficacité énergétique du Québec (AEEQ), la trousse connaît déjà un franc succès.Près de 4000 familles au Québec recevront la visite de conseillers et pourront ainsi profiter des trucs et conseils contenus dans la trousse.I.a popularité de la trousse est telle qu’on a dû commander une réimpression de 5000 copies.De plus, l’Agence de l’efficacité énergétique de la Tunisie s’est montrée intéressée à adapter la trousse à ses besoins.Les jeunes n’ont pas été en reste lors des Phénix de l’environnement.Le Phénpc de la jeunesse a été remis à l’Équipe Fori-Mat.Cette équipe de jeunes étudiants de la polyvalente Forimont, à Causapscal, dans la Vallée de la Matapédia, s’inté-resse depuis quelques années aux enjeux environnementaux de leur région.Encouragés par un professeur, Laura Chouinard, les étudiants ont élaboré le projet Compost et Cultures.Ce projet consiste à récupérer les matières résiduelles produites par la cafétéria de l’école, d’en faire du compost et grâce à ce dernier, produire en serre, des fines herbes.Chaque année, on produit ainsi 200 kg de compost et la production de fines herbes atteint les quelque 2000 pots.Une initiative qu’on aimerait certainement voir dans toutes nos écoles.Voilà donc, en résumé, quelques-uns des projets écologiques que viennent souligner chaque année les Phénix de l’environnement.wmm'k SOURCE RECYC-QUÉBEC L’École-Entreprise du Centre Saint-Michel, située à Sherbrooke, a eu la brillante idée de mettre sur pied un centre de récupération des ordinateurs usagés.Cette initiative lui a valu un Phénix de la réalisation d’un programme de récupération.Les jeunes n’ont pas été en reste lors des Phénix de l’environnement Le Phénix de la jeunesse a été remis à l’Équipe Fori-Mat ORDRE DES CHIMISTES DU QUÉBEC Le rôle du chimiste dans une équipe multidisciplinaire d’intervention environnement Le chimiste oeuvrant en environnement aide les entreprises à mieux rencontrer leur responsabilité sociale dans une perspective de protection de l'environnement et de la santé.Pour accomplir cette fonction, le chimiste interagit constamment dans un contexte pluridisciplinaire dans lequel évoluent principalement médecins, avocats, comptables, ingénieurs, biologistes, informaticiens et géographes.Son expertise est interpellée à deux niveaux: celui de conseiller et celui de gestionnaire.À titre de conseiller, il met à profit sa connaissance technique pour analyser et expliquer la dynamique des produits chimiques dans l’environnement; il formule des recommandations quant à l'utilisation judicieuse et sécuritaire des produits chimiques Il agit comme expert-conseil dans des dossiers publics.À titre de gestionnaire, il dinge des projets de décontamination, d'hygiène du milieu de travail, de gérance de l'environnemenl, d'études d'impacts environnementaux.Il élabore des méthodes pour optimiser les procédés de fabneation et de transformation des produits chimiques.Il développe et dirige des programmes de dépistage précoce afin d’atténuer l’impact des contaminants sur l'environnement et la santé.Il bâtit des protocoles de surveillance et de suivi environnemental II supervise le volet opérationnel relié à la communication, la restauration et la surveillance dans les situations d'urgence environnementale ou de santé publique.Le chimiste spécialiste en environnement jouit d'une pratique privilégiée qui le garde en contact étroit avec le public.Outre sa connaissance de la chimie, il est souvent titulaire d’un grade de maître en environnement ou en gestion S'il n'est pas au service des institutions publiques, on le retrouve dans le secteur privé et de plus en plus comme un entrepreneur qui voyage beaucoup.La portée pluridisciplinaire de ses interventions constitue une source d'enrichissement professionnelle qui l'incite à une vigilance de son champs de pratique ainsi qu’une mise à jour continue de ses connaissances dans le but d'assurer la protection du public par l’excellence de ses interventions ORDRK DES CHIMISTES DU QUÉBEC 300, rue Léo-Pariseau, bureau 1010 C.P.1089, Suce.Place du Parc Montréal (Québec) H2W 2P4 Tél.: (514) 844-3644 • Téléc.: (514) K44-960I Corporation de gestion de la Forêt de VAigle Un lien pour l’avenir «Merci à la population d’avoir eu le courage de ses idées» FONDATION QUÉBÉCOISE EN ENVIRONNEMENT Les Phénix de l'environnement sont désormais la voix du développement durable et de l'environnement au Québec.La Fondation québécoise en environnement rend hommage aux 170 candidatures de l'édition 2000: ces candidatures témoignent de l'évolution de notre prise de conscience collective à l'égard de l’environnement.Félicitations aux lauréats et aux finalistes, de même qu'aux deux nouveaux membres qui ont été intronisés au Cercle des Phénix.LONGUE VIE AUX PHÉNIX! LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A N C H E 11 J I I X 2 0 0 0 ENVIRONNEMENT Une entrevue avec Louis-Gilles Francœur Utilisation durable et récupération L’observateur du paysage La fascination pour le dessous des choses Il est un homme de nature.Il est aussi journaliste.Depuis des années, il traite au Devoir des questions environnementales.Arrivé au moment où venait d’apparaître à Québec un ministère responsable du domaine, l’ex-chroniqueur parlementaire note avec satisfaction qu’aujourd'hui «l’environnement est devenu une préoccupation pour le monde ordinaire».Propos optimistes d’un nouvel élu du Cercle des Phénix.REGINALD HARVEY Louis-Gilles Francœur a travaillé sur la colline parlementaire avant d’être affecté aux relations de travail au journal Le Devoir dans les années 1970.Il scrutera maints documents et mettra en lumière plusieurs faits pour devenir à cette époque l’un de ceux qui ont brassé la cage aux petits seigneurs imposant leurs quatre volontés dans le monde de la construction.11 entreprend alors la pratique du journalisme d’enquête et il cultive une véritable fascination pour le «dessous des choses».Au début des années 1980, il prend la relève de Gilles Provost dans le secteur de l’environnement.Poisson dans l’eau, il évolue désormais dans un univers qui lui est familier.Chasseur et pêcheur dans l’àme, qui côtoie et affectionne la nature depuis belle lurette dans sa vie privée, il est alors affecté au traitement des dossiers relatifs à l’environnement dans sa vie professionnelle.Entre le neuvième étage de la salle de rédaction du Devoir et le vaste territoire environnemental du Québec, il n’y a pas eu de pont à construire.Louis-Gilles Francœur a été en mesure à partir de ce moment-là d’allier la rigueur scientifique de la pratique de son métier à la passion d’un large pan de son quotidien.Tant et si bien qu’en 1988 il a reçu le prix Olivar-Asselin, la plus prestigieuse reconnaissance dans le domaine du journalisme québécois.Cet honneur lui a échu à la fois pour sa contribution au journalisme d’enquête et pour l’essor connu par le débat sur l’environnement depuis le début des années 1980.Inspiré et mû par un feu sacré dont il ne s’est jamais départi, Louis-Gilles Francœur pratique un journalisme de dossiers en vertu duquel il lui est possible d’aller au fond des choses.Il ne mâche pas ses mots sur une autre forme de pratique de la profession: «J’avais travaillé sur la colline parlementaire et l’exercice qui consiste à rapporter des paroles de politicien, ça ne m’intéressait plus.Le journaliste manque de temps.Tout le monde veut rapporter la même déclaration.Il s’agit d’une espèce d’effet de meute, qui fait en sorte que si le coq de la basse-cour politique dit aujourd'hui: «j’annonce que.», tout le monde répète le lendemain le coq a annoncé que.».Par choix personnel, il préfère la spécialisation: celle-ci offre au journaliste un meilleur angle pour connaître le milieu de même que les forces sociales et politiques qui fixent les règles du jeu.Deux générations d’environnement A son arrivée dans ce secteur, le ministère de l’Environnement (MENVQ) avait à peine deux ans.Ses acquis professionnels dans le domaine du travail et son approche du journalisme de dossier l’ont alors bien servi.«Il n'y avait pas de communiqués, pas de brochures, pas de documents, et les études débutaient à peine.Il importait de rencontrer les fonctionnaires et de les bombarder de questions.Il fallait tout fouiller et il suffisait d’ouvrir les garde-robes à peu près n’importe où pour découvrir des squelettes accrochés à l’intérieur C’était extraordinaire! C’était à l’époque où on n’avait même pas encore procédé à l’inventaire des dépotoirs publics au Québec», rap- df ¦ -H -.-.V «f * P* * mi-' JACQUES NADEAU LE DEVOIR «La nature a toujours représenté une passion.J’ai toujours été un chasseur et un pêcheur», raconte Louis Gilles Francœur.porte le journaliste.En fait, deux pionniers, Gilles Provost au Devoir et Jean-Pierre Bonhomme de La Presse, avaient déjà commencé à couvrir le sujet au milieu des années 1970.Depuis lors, l’environnement s’est façonné un avenir en l’espace de deux générations.Vingt ans plus tard, les citoyens ont pris les choses en main, croit fermement Louis-Gilles Francœur.«Au départ, les groupes environnementaux sonnaient l’alarme et intervenaient.Aujourd’hui, aussitôt que surgit un problème d’environnement, un comité de citoyens s’installe.L’environnement est devenu une préoccupation pour le monde ordinaire, dit-il.Depuis que cette préoccupation s’est ancrée profondément chez les citoyens, l’environnement devient un irritant terrible pour les agents économiques et pour les gouvernements.» À bien des égards, les citoyens seraient en train de prendre la relève du ministère.Un choix éditorial La présence de Louis-Gilles Francœur concourt-elle à faire en sorte que Le Devoir accorde beaucoup d’importance et consacre un large espace à l’environnement ou encore s’agit-il d’un choix éditorial du journal?«C’est fondamentalement un choix éditorial», répond Francœur sans hésiter, tout en mentionnant que le quotidien a été un des premiers au Québec à affecter une ressource à plein temps dans la problématique de l’environnement.Il appartient au comité d’information du journal de prendre les décisions sur les sujets à couvrir.Depuis quelques mois, le journaliste signe une chronique plein air dans la page Nature du journal.Les lecteurs ont découvert à quel point Louis-Gilles Francœur aime vivre à l’air libre en forêt.Quels rapports personnels entretient-il avec la nature?La réponse jaillit spontanément: «La nature a toujours représenté une passion.J’ai toujours été un chasseur et un pêcheur.D’aussi loin que je me rappelle, j’ai été un campeur, un amant de la nature.Pour moi, c’est l’état de grâce que de me retrouver dans cette nature.» La Régie de tri et de récupération de la région sherbrookoise est fière de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’environnement, en favorisant la récupération des matières recyclables.Un Phénix pour Félicitations aux 18 000 fermes qui ont contribué à la réalisation de ce projet.L'Union des producteurs agricoles M.Christian Laçasse, 1 v.-p.de l’UPA, recevant le trophée Phénix de M.André Martel, p.d.g.de Collecte sélective Québec.le 24 mai dernier.El durable Vie quotidienne Transformer les façons de faire traditionnelles Les vidanges seraient faites pour être empilées, les porcheries pour sentir (restons polis, pour ne pas dire péjorativement la chose) et les fermes pour produire.Faux.Il y a d’autres voies qui permettent de mener à terme les activités qui découlent de ces industries sans que l’environnement en soit dégradé.Trois exemples.Longtemps, les choses furent immuables.Dans les villes, une fois les rues en état l’eau rendue au robinet et la sécurité publique assurée, il ne restait plus qu’une activité à mener à terme pour satisfaire le conseil municipal: «ramasser» les vidanges et les «domper» sur le site du dépotoir municipal (situé souvent à proximité, de l’autre côté d’une rue à vocation domiciliaire).Cela allait de soi.Sur la Côte-Nord Il y a 20 ans, à Sept-îles, il fut décidé qu’un tel modus operandi n’était pas obligatoire.En pionniers, les dirigeants d’une entreprise à but non lucratif, de la Corporation de protection de l’environnement de Sept-îles, mirent sur pied une collecte sélective.Ils étaient les précurseurs d’un mouvement qui allait gagner bientôt toutes les régions québécoises.Cela ne suffisait pas.Non contents de s’adapter aux besoins locaux, ils ont répandu leur philosophie et leur modèle de fonction-neiqent à toute la région, initiant un Ecocentre, parlant de réduction des déchets, poursuivant des campagnes de formation et de sensibilisation en faveur d’un environnement de qualité.Aujourd’hui, eux et ceux qui leur ont succédé, assument la direction d’un atelier de récupération, mandatés pour cela par les municipalités de toute la région.Dans les campagnes québécoises Qui a visité les campagnes québécoises connaît ce fléau qui a lui seul peut vous vider une région de ces nouveaux parasites qui ont pour nom propriétaires de résidence secondaire.Les citoyens de la place, eux, n’en meurent pas, mais ils en sont tous incommodés, sans parler des habitants des régions en amont dont les rivières cessent souvent d’être des lieux de baignade ou de plaisance.Ce fléau s’appelle une porcherie.Mais il ne faut pas nécessaire-mept «faire avec».A Saint-Valérien, une filiale de Purdel, Purporc S.E.N.C., s’est donné le moyen pour rendre le cochon acceptable, ailleurs que dans l’assiette.Ayant recours à une technologie développée par le centre de recherche industrielle du Québec, le CRIQ, elle a trouvé moyen de traiter de façon biologique le lisier.Ce concept de biofiltration a un nom: le Biosor-Li-sier.Il joue un rôle: résoudre par le recours à un lit organique les problèmes que posent les odeurs et les résidus liquides et solides produits par l’industrie porcine.Pour mener à terme ce projet, Purdel a mis à contribution une autre de ses filiales, Aquaterre, qui fabrique le milieu filtrant nécessaire au processus.Comme quoi, même dans une industrie où la concurrence est féroce, il est possible d’obtenir des résultats, sans que la marge de crédit, et de profit, en souffre.Non loin de là, à Saint-Élizabeth-de-Warwick, une ferme donne l’exemple.Depuis 15 ans, à la Ferme Louis d’Or, l'agriculture se développe, écologique et durable, où chaque nouvelle initiative est lancée en tenant compte des divers aspects environnementaux.Pour eux, le terme «biomasse» déborde du vocabulaire pour se répandre dans les champs, s’inscrire dans la gestion des rejets d’eau et de fumier.La fertilisation est faite dans le souci d’une viabilité des écosystèmes et les plantations non désirables sont éliminées de façon mécanique.Les produits que la ferme met sur la marché, sous les marques L’Ancêtre et Bio Organic, peuvent être acquis sans remords par les écologistes forcenés.Mais le travail ne s’arrête pas là: divers projets de recherches sont menés sur le site et la Ferme Louis d’Or s’implique activement au Centre de déveîoppement d’agrobiologie.Ainsi va la nouvelle vie, dans les villes et campagnes québécoises.N.T.L’Écocentre de Sept-îles.SOURCE RECYQ-QUEBEC Ressources naturelles Canada Natural Resources Canada J’offre mes félicitations aux 21 récipiendaires des prix Phénix de l’environnement.Ces prix soulignent la réussite de nos entreprises dans le domaine de la protection environnementale et reconnaissent que vos idées peuvent servir d’exemple aux Canadiens et aux Canadiennes — dans leur vie privée, ou dans les entreprises et les institutions dans lesquelles ils travaillent.Vos réalisations et votre leadership aident à conscientiser la population aux enjeux environnementaux.Mais surtout, vous nous montrez qu'il est possible d’intégrer les considérations environnementales à nos décisions personnelles et collectives, et que nous pouvons tous en sortir gagnants.Le changement climatique, pour citer un exemple important, constitue l’un des principaux défis environnementaux et économiques de notre époque.Mais en oeuvrant de façon concertée — les administrations publiques, l’industrie et les entreprises, les groupes d’intérêt et les particuliers — nous pouvons élaborer des solutions efficaces pour relever ce défi.À cet égard, les lauréats des prix Phénix de l’environnement nous montrent la voie.Nos félicitations! Ralph Goodale Canada Un HOMMAGE aux ARTISANS du DÉVELOPPEMENT DURABLE 20 Phénix de l'environnement ont été décernés et deux nouvelles personnalités ont été admises au Cercle des Phénix, lors d'une cérémonie officielle tenue le 25 mai 2000 en présence de M.Paul Bégin, ministre de l'Environnement, ministre du Revenu et ministre responsable de la région de la Capitale Nationale, et M.Guy Julien, ministre délégué à l'Industrie et au Commerce.Les Phénix de l’environnement auxi- auré Wo Les Phénix de la conservation de la biodiversité Municipalité, regroupement municipal, entreprise, institution ou individu h Héritage St-Bernard Inc.Châteauguay HÉRITAGE SI-BERNARD lac.Organisme à but non lucratif Jacques Messier Comité des citoyens pour la protection des terrains du Foyer Savoy Mont-Saint-Hilaire Municipalité, regroupement municipal, entreprise ou institution Ville de Charlesbourg Hlto dm - II7SI CHARLESBOURG Les Phénix de l'utilisation durable et la restauration de la biodiversité Entreprise ou producteur des secteurs agricole et sylvicole Pépinière François Lemay Inc.Lanoraie Ferme Louis d'Or inc.Sainte-Él izabéth-dé-Warwkk Organisme à but non lucratif Corporation de Gestion de la Forêt de l'Aigle P»*.Maniwaki Forêt dr i Aigle •H Les Phénix de l'innovation, l'exportation et l'utilisation de technologies Entreprise ou centre de recherche ayant développé des produits ou des procédés novateurs en environnement Sintra inc.Projet Ville de Drummondville siutni Entreprise exportatrice de produits, de technologies ou de savoir-faire liés à la protection de l'environnement Mabarex inc.Saint-Laurent nubam Entreprise des secteurs primaire et secondaire utilisatrice de produits ou de procédés novateurs Purporc S.E.N.C.Saint-Valérien Les Phénix de l'utilisation durable et la restauration de la biodiversité piwciel Industrie, commerce ou institution Ecole-Entreprise du Centre Saint-Michel >Centre Saint-Michel Municipalité ou regroupement municipal Municipalité de Chelsea Chelsea Organisme à but non lucratif Corporation de protection de l'environnement de Sept-îles inc.Stpllts ' Centre de tri et de récupération Les Phénix du développement du recyclage Les Phénix de l'éducation et la sensibilisation Entreprise du recyclage Organisme à but non lucratif Régie de tri et de récupération de la région sherbrookoise Sherbrooke s _______ « y I_______Tjf Hast-St-Fnnçoü L-Ws SiliCyde Inc.Qu
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