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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-04-14, Collections de BAnQ.

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FONDE E N 1 9 O DEVOIR 1 X ( I N '¦ 8 :i I.E V E N I) R E D I II A V R I L 2 O O O T A \ K S M à CINÉMA ^LA VOIX DÉRANGEANTE DE ZARA MANAMA! YACOUB i PAGE B 10 LE MONDE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPROUVE LE PLAN DE DÉSARMEMENT DE L’IRAK PAGE B 7 ECONOMIE FUSION ALCAN-ALGROUP: JACQUES BOUGIE REPREND LE BÂTON DU PÈLERIN PAGE A 7 % P a h / C a n c h o >t PERSPECTIVES Internet bat la mesure À la mi-mars, Stephen King lançait son nouveau livre exclusivement sur Internet.Et, en début de semaine, le groupe rock The Who lançait son nouveau disque exclusivement sur le Web.Prélude à la consommation culturelle de l’avenir?Vision d'horreur pour les nostalgiques: les magasins de disques s'écroulent, les librairies sont désertes, tous les intermédiaires disparaissent pour ne laisser face à face que le consommateur-citoyen et son ordinateur.On n'en est pas encore là, bien sûr.Mais les acteurs des industries culturelles sont inquiets.Parce qu'internet continue à remettre en question les modes traditionnels de distribution.The Who, un des plus grands groupes de l'histoire du rock, annonçait en début de semaine que son nouveau disque, The Blues to the Bush, sera distribué uniquement sur Internet.Sur le site MusicMaker (qui comprend déjà, soit dit en passant, une banque de 250 000 chansons), on peut commander le CD double au coût de 20 $ US.Encore mieux: pour 5 $, vous choisissez vos cinq chansons préférées des Who, téléchargées directement sur votre ordinateur.C'est la discographie à la pièce, la possibilité de se construire sa propre banque musicale.Avant les Fêtes, le groupe Beastie Boys avait fait la même proposition: se ?* * construire sa propre compilation parmi une banque de 170 titres.Le leader des Who, Pete Townsend, déclare que «c'est fini de dépenser deux ou trois millions pour sortir un album».En passant une entente avec MusicMaker, on saute tous les intermédiaires et on s’assure de revenus directs.pour un disque qui, dans le fond, n'attire que les vrais passionnés des Who.Hypothèse probable pour l'avenir: les grandes surfaces continueront à vendre les mégasuccès de Céline Dion ou de Ricky Martin mais les produits plus intermédiaires chercheront et trouveront leur public sur Internet.In vente en ligne n'est qu’un aspect de la question.Car l'industrie du disque tente actuellement de négocier le «virage» MP3, ce système qui permet de compresser les fichiers musicaux.Pour tous ceux qui ont actuellement moins de 20 ans, le MP3 semble l’outil favori pour consommer de la musique.Le logiciel Napster se répand comme une traînée de poudre chez les adolescents et dans les collèges.Un jeu d’enfant: on installe Napster gratuitement sur son ordinateur et on peut chercher partout sur Internet auprès des autres détenteurs de Napster tous les fichiers musicaux MP3 que l'on désire, qu'on peut ensuite écouter gratuitement sur l’ordinateur ou sur des nouveaux baladeurs MP3.Tellement populaire que des universités américaines tentent de l’interdire parce que ses utilisateurs engorgent les systèmes.L'industrie tente de faire front.D'un côté, la Recording Industry Association of America poursuit Napster pour viol de droit d’auteur.De l'autre côté, les grandes compagnies tentent de mettre sur pied de nouveaux systèmes de consommation.Ainsi, BMG et Sony viennent tout juste d'annoncer leur décision de vendre de la musique sur Internet d’ici l'été.Time Warner planifie la même chose d'ici la fin de l'année.Et les grands groupes technologiques tentent de mettre la main sur l'industrie musicale pour verrouiller le système (ainsi, le groupe Internet America Online vient (Tacheter Warner et EMl-Virgin, ce qui lui permettra de Contrôler 30 % de la musique vendue dans le monde).Mais la technologie avance encore plus vite.Un nouveau produit gratuit encore plus performant que Napster Le logiciel Napster se répand comme une traînée de poudre chez les adolescents VOIR PAGE A 10: INTERNET M E T E 0 Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 9 Min: -1 Québec Éclaircies le matin.Max: 4 Min: -2 Détails, page A 4 INDEX Annonces.B 6 Le monde.B 7 Avis publies.A 4 I^s sports.B H Bourse.A 6 Mots croisés .A4 Cinéma.B 10 Plaisirs.B 1 Culture.B 9 Télévision.B 8 Éditorial.A 8 Tourisme.B 4 www.ledevoir.com La loi sur l’affichage tient bon ¦ La prédominance du français retrouve sa légitimité en Cour supérieure ¦ Lavocat Brent Tyler promet aussitôt de porter la cause en appel L BRIAN MYLES LE DEVOIR e lobby anglophone a perdu une bataille.In loi sur la langue d’affichage tient le coup.Partout au Québec, les commerçants doivent encore s'as- surer d'accorder une place nettement prédominante à la langue française dans leur affichage commercial bilingue.Le juge Paul-Marcel Bellavance a en effet renversé hier une décision d'un tribunal inférieur qui a pour effet immédiat de redonner de la vigueur à la Charte de la langue française.Accueilli avec soulagement par le gouvernement pé- quiste (voir autre texte ci-dessous), le jugement Bellavance a piqué au vif le lobby anglophone.L'avocat Brent Tyler, qui a plaide cette cause en Cour supérieure au nom d’un couple de commerçants de l’Estrie, a aussitôt annoncé son VOIR PAGE A 10: AFFICHAGE - L X.^ *• % & fe* ^ M Y 1*$ tm JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’avocat Brent Tyler, le président du Parti Égalité, Keith Henderson, et le couple Simpson-Hoffman (à l'arrière-plan) affichaient des mines déconfites hier après avoir perdu une manche importante dans leur bataille juridique contre la prédominance du français dans l’affichage commercial.Goupil et Beaudoin applaudissent ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC La ministre de Injustice, Linda Goupil.et la responsable de la Charte de la langue française, Louise Beaudoin, ont loué le jugement rendu hier par le juge Paul-Marcel Bellavance.«Un jugement détaillé et fouillé, d'une logique juridique sans faille», qui donne raison aux prétentions de la procureure générale «sur toute la ligne», a dit Mme Goupil, lu ministre de la Justice a souligné que le jugement confirme quelle avait eu raison, à titre de procureure générale, de ne pas présenter de preuve sur la situation du français, ce que l'opposition officielle avait assimilé à de la négligence et à de l'incompétence.Le juge Bellavance a tranché en faveur du gouvernement, rejetant l’argument de l'âge de la preuve présentée dans le jugement Ford de la Cour suprême il y a douze ans, un argument que la juge de première instance Danielle Côté avait au contraire retenu.Les deux ministres ont toutes deux relevé le même passage du jugement qui dit que le Québec «est dans une situation linguistique unique, ce qui a incité la Cour suprême de la Confédération canadienne à proposer une solution législative unique qui, semble-t-il, ne se retrouve pas ailleurs dans le monde».«Le juge a bien compris les objectifs de la Clmrte de la langue française», a dit Louise Beaudoin.In loi sur l'affichage VOIR PAGE A 10: GOUPIL I L’éditorial de Michel Venne en page A 8 : Le bon sens ÉTHIOPIE Uagonie des chameaux présage du pire Responsable des opérations de VUnicef André Laperrière estime que la situation a atteint un point critique SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR En Afrique, c’est l'environnement qui sonne le premier signal d’alarme en cas de sécheresse.L'agrieuiture est la première affectée'.Ensuite, les moutons périssent.Après, le bétail.Quand les chameaux cessent de donner du lait, l'heure est grave.Et quand les chameaux meurent, c’est la catastrophe.Depuis quelques jours en Ethiopie, les chameaux sont mourants.André J nperrière, responsable des opérations de l'UNI-CEF en Éthiopie, est catégorique: «Là.vraiment, c'est grave, on a presque atteint le point de non-retour», a déclaré le Québécois en entrevue depuis Addis Abeba, la capitale du pays où il est en poste depuis deux ans.«Notes avons eu beaucoup de promesses, mais il est temps de passer à l’action.» De fait, depuis que les terribles images d'enfants squelettiques ont fait le tour des télévisions du monde, l’aide internationale commence à se mobiliser VOIR PAGE A 10: ÉTHIOPIE REUTERS Des chameaux s’abreuvent près d'un rare point d’eau.I.a famine commence a avoir raison de ces bêtes pourtant extrêmement endurantes.Journée d’orientation obligatoire pour les nouveaux assistés sociaux ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC \ A compter du 1" mai, tous les nouveaux prestataires à la sécurité du revenu jugés aptes au travail devront participer d'emblée à une journée d'orientation vers l’emploi, à défaut de quoi leur chèque mensuel d’aide sociale sera amputé de 75 $.Le ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair, a annoncé, hier, une nouvelle stratégie en matière d’«assis-tance-emploi», le vocable pour désigner maintenant la sécurité du revenu.In nouvelle stratégie d’accueil des nouveaux assistés sociaux, appelée Destination emploi, propose aux nouveaux prestataires aptes au travail «une démarche de groupe» d'une durée d’une journée afin de bien les informer sur les réalités du monde du travail et de déterminer avec eux un plan d’action vers l’emploi, a expliqué M.Boisclair.Six mois plus tard, un suivi sera fait de la VOIR PAGE A 10: ORIENTATION YT,t YVES LAVERTU JEAN-CHARLES HARVEY, le combattant Fondateur du /o«r, antifasciste de la première heure, Jean-Charles Harvey est le plus méconnu des Québécois qui ont façonné ce siècle.Biographie, 464 pages • 34,9s S Qui m’aiinelme lise 778313000689 L E DEVOIR, L E V E X I) R E I) I A 2 14 AVRIL 2 0 0 0 POLITIQUE Nominations : Bouchard rejette la proposition libérale MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le chef libéra] Jean Charest propose au gouvernement Bouchard un moyen de sortir de l’impasse actuelle de certaines nominations en adoptant un projet-pilote où les députés auraient leur mot à dire en commission parlementaire sur les candidatures à la direction d’organismes comme la CAI (Commission d’accès à l’information), le DGE (Directeur général des élections), le Vérificateur général ou le Protecteur du citoyen.Le premier ministre Bouchard a toutefois rejeté hier à l’Assemblée nationale cette idée inspirée selon lui du «système américain».«Nous préférons nous en remettre à la sagesse de nos prédécesseurs», a déclaré M.Bouchard en réponse à une question du chef de l’opposition.Le premier ministre dit craindre qu’un processus de nomination procédant d’une commission parlementaire ne se transforme en «procès des individus qui seraient candidats ou candidates».Avec le départ prochain du président de la CAI, Paul-André Comeau, qui a annoncé sa démission mercredi, et la nomination d’un nouveau DGE au mois de mai, le chef libéral croit cependant que l’Assemblée nationale pourrait en profiter pour innover en mettant à l’essai l’idée d’une commission parlementaire.M.Charest précise qu’il suffirait de poser des balises claires afin d’éviter des procès d’intention.«Pourquoi ne pas s’ouvrir et en faire un test?À la conclusion de ce test qui n'engage personne, on en ressortirait peut-être avec des conclusions qui nous permettraient justement défaire évoluer l’Assemblée nationale.» Mercredi, le député libéral Thomas Mulcair suggérait pour sa part de tenir un vote libre à l’Assemblée nationale sur les nominations au DGE ou à la CAI, nominations qui nécessitent présentement le vote des deux tiers des membres du Parlement québécois.Ces nominations font surtout l’objet d’interminables discussions en coulisses entre les formations politiques.Ce fut déjà le cas du Protecteur du citoyen, Daniel Jacoby.Plus récemment, pour le poste de DGE, le gouvernement a opté pour une nomination intérimaire.Hier, M.Charest reprenait une suggestion du député libéral Jacques Chagnon.«Cela prêterait beaucoup de crédibilité au processus de nomination», pense le chef du PLQ.Mais le premier ministre Bouchard croit plutôt que «la loi, les mœurs et les traditions ne permettent pas d’envisager un mode de nomination différent».Uopposition dénonce les écarts de Chrétien au Moyen-Orient HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les partis d’opposition sont revenus à la charge aux Communes hier en dénonçant les maladresses du premier ministre Jean Chrétien au Moyen-Orient Selon le chef bloquiste, Gilles Du-ceppe, il est faux de prétendre que les déclarations maladroites de M.Chrétien «ne portent pas à conséquence».Selon lui, les propos du premier ministre au sujet du lac de Tibériade ont suscité la colère de la Syrie.E en veut pour preuve un texte reproduit dans le journal libanais L’Orient Le Jour.Des analystes cités dans ce journal proposaient d’annuler la rencontre entre M.Chrétien et le président syrien, Hafez el-Assad, prévue pour lundi à Damas.Le leader parlementaire Don Boudria a toutefois précisé que cette information était mal fondée.«On a vérifié et c’est faux», a-t-il expliqué aux journalistes.De plus, dans son édition d’hier, le Toronto Star rapportait les critiques du ministre syrien Hassan Nouri.Ce dernier affirmait que M.Chrétien avait compromis la neutralité du Canada en prenant position pour Israël dans le conflit qui l’oppose à la Syrie.«Ce n’est pas juste de prendre position avant d’avoir entendu tous les faits», déclarait-il au Star.Un journal koweïtien arrivait aux mêmes conclusions.M.Chrétien a déclaré à Nazareth qu’Israël devait conserver le lac de Tibériade, source d’eau potable située sur le plateau du Golan, capturé par Israël pendant la guerre des Sx Jours en 1967.La Syrie, elle, tient mordicus au plateau du Golan et au lac de Tibériade, seule source d’eau potable dans la région.Le premier ministre Jean Chrétien est arrivé hier au Liban.Il inspecte ici la garde d’honneur en compagnie du premier ministre libanais Salim el-Hoss.La chef de l’opposition officielle, Deborah Grey, a demandé à M.Chrétien de rentrer au pays.«H est en train d’endommager des relations diplomatiques fragiles là-bas.En quatre jours, nous avons vu quatre gaffes.Chaque mot qui sort de sa bouche sème la controverse.» Selon la bloquiste Francine Lalon-de, M.Chrétien a mal représenté le Canada dans une région du globe potentiellement explosive qui exige «diplomatie, tact, doigté et compré- hension des enjeux».Selon elle, en abordant la question de l'accueil de réfugiés palestiniens au Canada avec le premier ministre israélien Ehoud Barak, le premier ministre Chrétien s’est «ingéré» dans une question extrêmement délicate.«Le premier ministre israélien Barak n’a rien demandé de tel et le premier ministre Chrétien ne s’est engagé à rien de tel, je parle de la question des réfugiés», a protesté vivement le vice-premier ministre Herb Gray.Hôpitaux On attend.moins longtemps, dit Marois PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — La ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Marois, a affirmé hier qu’il est tout à fait vrai que les listes d’attente en chirurgie dans l’ensemble du réseau comptent pas moins de 111000 patients, soit 10 000 de plus que l’année dernière, mais elle a tenté de minimiser le phénomène en précisant que l’attente est beaucoup moins longue.Interrogée par le critique libéral Yvon Marcoux, qui citait un document du ministère de la Santé pour tenter de démontrer que la situation est de plus en plus critique dans les établissements, Mme Marois a indiqué qu’elle était toutefois loin de banaliser la situation.«Pour être tout à fait claire sur ces questions, a-t-elle expliqué, il y a 111 OOO patients en attente et il y en avait 101 OOO l’année dernière [de décembre à décembre], «J’ai bien précisé qu'il s'agissait de chirurgies spécialisées, a-t-elle ajouté, soit la chirurgie des cataractes, l’angioplastie, l'orthopédie du genou et la chirurgie cardiaque.Je ne faisais donc pas référence à toutes les chirurgies électives.» Le porte-parole libéral a ensuite utilisé les mêmes documents issus du ministère pour affirmer que non seulement les listes mais aussi les temps d’attente s’allongeaient.«Dans la seule région de Québec, a indiqué M.Marcoux, en décembre 1997, la durée d'attente pour la chirurgie d’un jour était de 10 jours; en décembre 1999, elle était de 20 semaines.Dans le cas des chirurgies avec hospitalisation, les attentes pour les mêmes périodes variaient de trois à six mois.» Mme Marois a répliqué à cette affirmation en citant un document démontrant que les temps d’attente sont de moins en moins longs.Dans le cas de la chirurgie d’un jour, les attentes se situent entre 10 et 17 semaines.Quant aux chirurgies électives suivies d’une hospitalisation, l’attente est de 21,5 semaines.Les provinces donnent une dernière chance à Rock PRESSE CANADIENNE Québec — Le président de la conférence des premiers ministres provinciaux, Lucien Bouchard, s’est entre tenu, en fin d’après-midi hier, avec ses homologues des autres provinces pour jeter les bases du compte rendu de la rencontre des ministres de la Santé, qui s’est tenue les 30 et 31 mars à Markham, en banlieue de Toronto, et préparer la riposte.En plus de reprendre une à une les principales revendications des prorinces et de les maintenir, les participants à cette conférence téléphonique se sont aussi entendus pour accorder une dernière chance au ministre de la Santé Allan Rock qui, selon eux, s’est engagé à revoir ses collègues du cabinet fédéral pour discuter et préciser les demandes de ses homologues provinciaux.Les premiers ministres ont aussi clairement noté que leurs collègues de la Santé ont retenu des propos de M.Rock qu’il est fort probable qu’une autre rencontre des ministres soit convoquée une fois que la rédaction du rapport final de celle tenue à Markham sera complétée, au plus tard à la fin de mai.Au cabinet du ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes, Joseph Facal, on a précisé, en fin de journée hier, que les premiers ministres ont d’abord discuté à partir des notes amassées par leurs collègues de la Santé présents à Markham, à la fin de mars, et qui expliquent, entre autres, pourquoi les coûts de la santé ne cessent de grimper.Es ont encore une fois répété qu’ils demandent toujours au gouvernement fédéral de restaurer les transferts fédéraux.Es ont aussi tenu à rappeler tous les efforts consentis par les provinces pour faire face à la situation difficile dans leur système respectif de santé.Forêts : les autochtones sont déboutés PRESSE CANADIENNE Fredericton — Les autochtones des provinces maritimes ont perdu une cause importante dans le combat qu’ils mènent pour obtenir un accès plus étendu aux ressources naturelles.Joshua Bernard, de la première nation Eeel Ground de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, a été reconnu coupable, hier, de possession illégale de bois d’œuvre de la Couronne, dans une cause type visant à déterminer si les autochtones ont le droit d’exploiter les forêts de la Couronne à des fins commerciales.Le juge Denis Lordon, de la cour provinciale, a établi qu’aucun traité ou titre ancestral ne donne ce droit à M.Bernard.Les traités du XVIII' siècle et l’histoire orale sur lesquels sa cause s’appuyait en bonne partie ne prouvent pas qu’il a déjà existé un commerce autochtone traditionnel d’exploitation forestière, a-t-il précisé.Le témoignage de l’histoire, souligne le juge, tend plutôt à démontrer que le commerce portait sur la fourrure, la pêche, les paniers, les canots et les raquettes.M.Bernard, qui a été condamné à une amende de 300 $, dit espérer que la cause sera portée en appel et qu’elle sera finalement soumise à la Cour suprême du Canada.«C'est important pour beaucoup de gens», a déclaré le Micmac, qui a délaissé le travail forestier pour devenir aujourd’hui camionneur.Selon son avocat, M' Bruce Wildsmith, de Halifax, les conseils de bande de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, qui paient ses honoraires, devront décider s’ils veulent porter la cause en appel.M1' Wildsmith souligne que Donald Marshall Jr avait perdu sa cause devant un tribunal de la Nouvelle-Ecosse avant que la Cour suprême du Canada ne se prononce en sa faveur et accorde le droit de pêche et de chasse aux Micmacs et aux Malécites, en vertu de traités du XYIE' siècle.EN BREF Partenariat politique : Landry veut en rajouter (Le Devoir) — Le ministre Bernard Landry compte suggérer des modifications à la proposition sur le partenariat qui sera présentée lors du prochain congrès du Part) québécois au début du mois de mai.Hier, le ministre d’Etat à l’Economie et aux Finances a indiqué que la résolution approuvée par l’exécutif du PQ, qui cherche à éliminer l’expression «partenariat politique» du programme péquiste, n’apportait pas suffisamment de précisions sur le type de partenariat politique que sa formation politique souhaite toujours offrir au Canada dans le cadre de négociations après un OUI référendaire à la souveraineté.M.Landry estime que la proposition péquiste doit aller plus loin qu’une simple référence au modèle de l’union européenne prôné par le PQ depuis plusieurs années.Comme dans le programme de 1996, le vice-premier ministre croit que la proposition devrait notamment parler d’institutions communes pour expliquer le type de partenariat politique que souhaite le PQ advenant l’accession à la souveraineté.Surfacturation: la RAMQ enquête (PC) — La Régie de l’assurance-maladie enquête sur la sur-facturation à laquelle se seraient livrés certains médecins.«S’il y a lieu de corriger la situation, on le fera», a déclaré hier la ministre de la Santé, Pauline Marois.«La Régie a déjà le mandat defure cette enquête.Elle fonctionne à partir des plaintes qui lui sont faites.Mais eüe effectue aussi des contrôles aléatoires de la facturation des médecins», a signalé la ministre.On ne peut pas présumer que certaines factures ne sont pas légitimes lorsqu’elles proviennent de factures privées, a mentionné la ministre Marois.«Ce qui serait inacceptable, c’est que des médecins facturent deux fins pour la même intervention.Si c’est une pratique répandue, cela devra être corrigé», a dit Mme Marois.Des sommes versées en trop pourraient même être récupérées auprès des fautifs.La ministre a replacé la question dans le débat plus global qui s’ouvrira sous peu sur le financement du système de santé.Ce débat permettra de s’interroger sur l'opportunité d'éliminer certains traitements de la couverture offerte par la Régie.LE DEVOIR Sur les ailes d’American Airlines, qui, conjointement avec American Eagle, dessert plus de 260 villes autour du monde.Plus d'espace pour plus de passagers en classe économique que tout autre transporteur aérien r\ ®D©]U Gagnez un voyage pour deux personnes à The Colony Beach & Tennis Resort à Sarasota, en Floride, comprenant : • l’hébergement pour deux personnes pendant cinq jours; • des ateliers de tennis (adultes); • un traitement spa (adultes); • l'accès au centre de santé.Le fout d'une valeur de 2 500$ AmericanAirlines American^# m le Devoir Nom_ Adresse Ville___ -App.Code postal.Téléphone (rés.) (bur.) Abonné au Devoir: ?oui ?non À surveiller dans Le Devoir du lundi au vendredi.Pour participer vous n'avez qu à nous faire parvenir les coupons de parficipalion qui seront publiés dans Le Devoir trois fois par semaine du lundi au vendredi I f1etournu PBr 11 P°sfe ^ • Concourt U Devoir et Its vecancet Les coupons devront être reçus â nos bureaux avant le 19 mai à 17h30 Le tirage aura lieu le 23 mai 2000 Le concours s’adresse aux IB ans et plus Un seul coupon par enveloppe Les conditions et règlements du concours sont disponibles â la réception du Devoir Le Devoir.2050 rue De Bleury, 9" étagg, suite 100, Montréal, Québec H3A 3M9 Téléphone (514) 985-3355 ou 1 -800-463-7559 Éducation : le Canada doit soutenir le Tiers-Monde HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement canadien doit passer de la parole aux actes et débloquer des fonds additionnels pour enrayer l’analphabétisme dans les pays en voie de développement, a clamé hier une coalition d’organismes.Selon la présidente de la Centrale d’enseignement du Québec, Monique Richard, le Canada a un «grand coup de barre à donner» pour contrer l’analphabétisme dans le Tiers-Monde.La CEQ a uni sa voix à Oxfam-Canada et Oxfam-Que-bec, qui réclament que le Canada entérine un plan d’action mondial visant à garantir l’accès à une éducation à tous, d’ici l’an 2015.Ce plan d’action sera le point de mire d’une conférence internationale à Dakar, au Sénégal, du 26 au 28 avril.Il y a dix ans, les leaders de 155 pays s’étaient mis d’accord pour garantir l’accès aux écoles à tous les enfants du monde en l’an 2000.Or le bilan est plutôt lamentable, a relevé la présidente de la Fédération canadienne des enseignants, Marilies Rettig.«Quel gaspillage énorme de potentiel humain», s'est-elle exclamée lors d’une conférence de presse.Aujourd’hui, quelque 125 millions d’enfants dans le monde ne fréquentent pas l’école, 150 millions abandonnent l’école et au moins 872 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire.Selon Pierre Véronneau, directeur général d’Oxfam-Québec, le Canada doit prendre le taureau par les cornes.«Il doit être leader de ce plan global.» Selon lui, le Canada doit débloquer de nouveaux fonds, établir un cadre politique cohérent et un programme spécial destiné à l’Afrique subsaharienne.Il suffirait de sept à huit milliards de dollars par année pour couvrir les frais de l’enseignement primaire pour tous les enfants du monde sur une période de 10 ans, a précisé M.Véronneau.Le député Eugène Bellemare, secrétaire parlementaire de la ministre de la Coopération internationale, Maria Minna, a souligné pour sa part que la ministre était très engagée face à un programme d’éducation dans le Tiers-Monde.«Vous cherchez de nouveaux crédits, vous en aurez, je peux vous l’assurer», a-t-il résumé.La directrice générale d’Oxfam-Canada, Rieky Stuart, a accueilli cette annonce avec scepticisme.«On attend», a-t-elle soupiré.E » L E DEVOIR.L E VENDREDI 14 AVRIL 2 O O O -?LE DEVOIR *- POLITIQUE A 3 Çu r n z a me du £i\rr*e en tientêvégce.t ________ il CINQUIÈME ÉDITION DU 14 AU 28 AVRIL 2000 Dépôt du rapport d’un comité parlementaire sur le Développement des ressources humaines Des questions embarrassantes pour le gouvernement Insatisfaite, l’opposition réclame une enquête indépendante Le comité parlementaire chargé de faire la lumière sur le scandale des subventions au Développement des ressources humaines (DRH) a déposé son rapport provisoire.La majorité libérale du comité s’y montre critique à l’endroit de son gouvernement, mais l’opposition déplore la timidité du rapport sur la question de l’ingérence politique et réclame, dans un avis dissident, une enquête indépendante.HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA D ^entrée de jeu, les députés libéraux membres du comité permanent du DRH écrivent que «le présent rapport, parce qu’il est provisoire, ne contient pas de recommandations».Mais il énumère quantité de questions qui devront être analysées d’ici le dépôt du rapport final, en juin, des questions embarrassantes pour le gouvernement libéral.Ainsi, les libéraux, majoritaires au comité, s’interrogent sur la «transparence» des critères d’admissibilité des programmes de subventions et doutent qu’ils aient été «appliqués uniformément», «[Les fonctionnaires du ministère] ont assuré le comité que les bureaux régionaux avaient informé les députés de ces critères, écrivent-ils.Le comité doute sérieusement que ces derniers aient été diffusés largement ou que les promoteurs des programmes et les parle- mentaires en général en aient pris connaissance.» Plusieurs députés s’étaient plaints de ne pas avoir été mis au courant de l’existence du fameux critère d’«îlot de chômage élevé», critère qui avait notamment permis à la ministre du DRH, Jane Stewart, d’obtenir des subventions dans sa circonscription même si le taux de chômage y était inférieur à 12 %.Les députés de l’opposition allèguent que ce critère a été introduit en cours de programme afin que des circonscriptions libérales autrement non admissibles se qualifient Déresponsabilisation La majorité libérale soulève aussi la question de la déresponsabilisation de l’appareil gouvernemental.«Les cadres supérieurs ont également tendance à se décharger de cette responsabilité [la bonne gestion des fonds publics] sur les agents de programme d’un échelon bien inférieur», écrit le comité.Dans la même veine, la majo- rité libérale se dit frustrée de la difficulté à obtenir des renseignements du DRH à cause du haut taux de roulement du personnel aux échelons supérieurs.«Il y a donc, à nos yeux, déficit de mémoire institutionnelle.Ixs titulaires actuels des postes supérieurs [.] ont dit ignorer les mesures qu’avaient prises, ou n’avaient pas prises, leurs prédécesseurs et ce que cela avait donné.» A titre d’exemple, le comité rappelle que le sous-ministre du DRHC de l’époque, Mel Cappe, avait commandé la vérification interne à la source du présent scandale sans savoir que des vérifications similaires avaient été faites en 1991 et 1994.Ces deux vérifications arrivaient aux mêmes conclusions que la vérification de 1999, à savoir que l’argent était versé sans contrôle approprié.«On peut se demander à juste titre s’il aurait dû se poser la question ou s’il n’aurait pas dû être informé de la chose.Le comité se demande si cela n’explique pas qu’aucun enseignement n’ait été tiré de ces vérifications.» Le comité juge aussi que les employés étaient contraints à dépenser l’argent «à la va-vite», ce qui n’est pas la meilleure façon de procéder, selon lui, et croit qu’il faudrait repenser le partenariat avec le secteur privé, une «source de confusion» quant à la responsabilité respective des intervenants.Régler l’ingérence politique Malgré tout, les quatre partis de l’opposition se sont insurgés contre la timidité du rapport provisoire et ont signé un avis dissident dans lequel ils demandent une enquête indépendante.Selon eux, les libéraux du comité font tout pour «minimiser l’affaire le plus possible».«La question de l’ingérence politique a été balayée sous le tapis», a expliqué en conférence de presse la critique de l’Alliance canadienne en matière de ressources humaines, Diane Ablonczy.«On ne leur a pas demandé de mettre dans le rapport qu’il y avait eu de l'ingérence politique, a lancé le porte-parole bloquiste, Paul Crête, mais seulement si c’était possible de le mettre dans le plan d’action pour les deux prochains mois.Ils ont refusé.Les libéraux jouent à l’éteignoir.» Selon M.Crête, une enquête indépendante est maintenant plus nécessaire que jamais, surtout avec la multiplication des enquêtes de la GRC.«Nous avons besoin de plus d’outils, pas moins.» Pour toute réponse, la ministre Stewart s’est dite «déçue» de cette réaction, accusant l’opposition de partisa-nerie.«Assez, c’est assez.Nous avons entendu jour après jour les vociférations et les divagations de l’opposition sur cette question.[.] Je suis sûr que les Canadiens aimeraient que l’opposition travaille avec nous.» Poursuite des activités malgré les irrégularités CITEC aurait eu le feu vert du ministère MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Malgré un rapport de vérification interne faisant état de certaines irrégularités, l’Institut canadien du tourisme et du commerce électronique (CITEC), de Shawinigan, aurait reçu le feu vert du ministère fédéral du Développement des ressources humaines pour poursuivre encore un moment ses activités.C’est ce que soutient l’organisme mais que refuse de confirmer le ministère.Le président de l’Institut, Pierre Guillemette, aurait reçu, au cours d’une conversation téléphonique mercredi en fin de journée, l’autorisation d’un fonctionnaire de continuer à fonctionner, a soutenu hier le responsable des communications du groupe, Guy Deschênes.Cela signifie seulement, a-t-il précisé, que l’organisme a «l'assurance que les fonds nécessaires à la poursuite des opérations seront là» et que CITEC ne sera pas forcé de O O désolante erreur de jugement.L’endoctrinement n’a pas sa place à l’école primaire et le gouvernement n’a pas à se servir des écoles pour faire passer ses valeureux messages.11 y a des plages-horaires — morale, religion et bientôt éducation à la citoyenneté — qui se prêtent à des discussions sur le sens civique et les responsabilités du citoyen dans la société; cependant, on ne saurait assez le dire, de tels échanges ne doivent pas être inspirés par le percepteur d’impôt! Et ce dernier n’a pas à passer par l’école primaire pour mettre les citoyens à sa main en habituant les enfants à respecter le gouvernement au moyen d’une littérature qui s’apparente à de la publicité.Nous ne sommes ni à La Havane ni à Pékin.Si le ministère du Revenu a des problèmes, qu'il les règle lui-même.Il pourrait aussi s’interroger, à savoir si ses taxes ne sont pas à ce point élevées qu’elles deviennent une incitation à contourner la loi.En fait, un de ses exercices «scolaires» aborde cette question en demandant à l’élève de cinquième secondaire s’il serait prêt à sacrifier un service public pour payer moins d'impôts ou, plus pernicieux encore, s’il trouve injuste que les personnes démunies ne paient pas d’impôts.Bien sûr que non.Alors, répétez après moi: «Je refuse de travailler en dessous de la table.» Les enseignants de la cinquième année du primaire ont aussi leur «trousse» qui leur suggère une histoire dans laquelle le lion symbolise le gouvernement percepteur d’impôts.Heureusement, la panthère, qui n’a pas voulu retourner une partie de son butin à la communauté, a été dénoncée par le hibou qui, lui, voit tout.Le ministre de l’Éducation, François Legault, a plus d’une fois exprimé son opposition à la publicité dans les écoles.Pourquoi permet-il d’une main ce qu’il dénonce de l’autre?Voilà un beau message pour les banques qui, en apposant leur logo au haut de chaque page de beaux dépliants, proposent d’informer les jeunes sur les notions de crédit, d’emprunt et d’épargne.Cet épisode rocambolesque conduit à se demander quelle conception se fait le ministère de la formation scolaire.Ijes élèves de cinquième année sont autre chose que de futurs contribuables dont tout le monde espère, bien entendu, qu’ils ne travailleront pas au noir.Mais ils sont à l'école.Ils ont dix ans et soif d'apprendre.D's heures de classe sont déjà trop réduites; avant de discuter du contenu des dépliants du ministère du Revenu, les enfants pourraient apprendre la musique, le dessin, la philosophie.Qui sait, cette dernière discipline peut également conduire à former des citoyens responsables! Ces dépliants doivent être retirés des écoles.pdenrivieres(a lcdevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ (récite « 11 » * » e r / • < < > « 1 ft.Welcome to Paris, France La décision d'Air France de parler anglais à Roissy-Charles de Gaulle — le général a dû se retourner dans sa tombe — a suscité beaucoup de commentaires, à travers le Canada anglais, de gens qui connaissent peu l’aviation mais qui ont du fiel à verser sur le Québec, comme d’habitude.H est bon de rappeler les effets du français dans l'air au Québec.De 1980 à 1995, le parc aérien du Québec a augmenté de 54,4 %, de 3071 à 4741 aéronefs, tandis qu'il ne s’accroissait que de 18,4 % au Canada anglais, de 19 523 à 23 107 appareils, trois fois moins.Après Renault et l’Institut Pasteur qui ont décidé de communiquer en anglais aux échelons supérieurs, c’est une grave déchéance de la langue française émanant du snobisme de la mafia parisienne, grandes écoles confondues.Cela revient à réduire l’élite à ceux qui parlent anglais.Or nul n’est meilleur inventeur ni meilleur chercheur ni meilleur ingénieur parce qu’il parle anglais.Joseph-Armand Bombardier n’a pas inventé la motoneige parce qu’il parlait anglais.Non, le génie n’est pas une question de langue.Ni la sécurité aérienne.Après tout ce qui s’est dit pendant le débat sur le français dans l’air au Canada, on peut être certain que, si les accidents étaient devenus plus nombreux, les opposants se seraient empressés de le proclamer.Il ne faut rien voir d’autre, avec l’adoption de l'anglais dans l’industrie française, qu’un élitisme déplacé, réducteur et peu fécond.Si Alain Peyrefitte était encore parmi nous, il ajouterait quelques pages au Mal français.Pierre Pourchelle Beaupré, 30 mars 2000 Quelles balises?Le Devoir du 5 avril dernier nous apprend que le ministre Legault désire augmenter la productivité des professeurs au Québec, et ce, en instaurant des indicateurs de leur rendement.Il est évident — et peu importe le bien-fondé d’une telle initiative — qu’une résistance farouche des principaux intéressés se manifestera.La réaction de certains syndicats, dont celui des professeurs de l’Université de Montréal (mon aima mater), en est un bel exemple.fl s’avère que le projet du ministre a pour but de s'attaquer à un problème, bien réel au Québec, auquel il faut remédier.Les universités doivent, elles aussi, répondre à des critères de productivité.Favoriser un système universitaire où la qualité est non seulement évaluée mais valorisée et récompensée est la seule manière durable de créer un environnement riche qui sache s'adapter aux exigences continuellement changeantes de l'enseignement et de la recherche.Une telle secousse «sismique» du système universitaire doit se faire, et ce brassage se doit de déranger les dinosaures qui tendent à scléroser les institutions de haut savoir — ils en ont suffisamment profité.A long terme, une productivité et une transparence accrues de nos universités ne peuvent que bénéficier à la société en général.En ce sens, il faut saluer les efforts du ministre.En revanche, une question cruciale et centrale à ce projet doit être considérée de façon sérieuse: qu’est-ce que la productivité d'une université?Sur ce point, la proposition du ministre dénote une vision réductrice du rôle de nos université, vision qui pourrait s’avérer être très coûteuse à long terme.L’université est d'abord et avant tout un instrument servant à disséminer le savoir.L’enseignement est au centre même de ce rôle et doit donc, clairement, faire partie d’une mesure de sa productivité.Son autre grand rôle est de participer à l’avancement continu de la connaissance à travers une recherche de qualité.Un troisième rôle qui lui est dévolu consiste en son impact direct sur son milieu (pensons, par exemple, à un domaine tel le travail social).Même si, peut-être à court terme, recherche et enseignement peuvent évoluer séparément, en fin de course, une tradition d'enseignement de qualité ne peut être préservée par elle-même.En comparant les institutions universitaires de par le monde et particulièrement celles des Etats-Unis, on constate aisément la corrélation presque parfaite entre la qualité de l'enseignement (à tous les cycles) et celle de la recherche.la performance des universités ne LETTRES -?- peut simplement être évaluée par une mesure unidimensionnelle de qualité, et encore moins de quantité, de leur enseignement Des balises sur la performance des universités sont nécessaires et souhaitables.,D n’est cependant pas clair que le ministère de l’Éducation ait une compréhension adéquate du milieu universitaire pour en définir unilatéralement les termes.Ces balises doivent à tout le moins être flexibles et reconnaître, à leur juste titre, les différents rôles de l’université et l’interdépendance de ces rôles.Une ingérence myope et simpliste de l’État, telle l’imposition de charge de cours minimum aux professeurs, pourrait bien avoir des conséquences plus néfastes que la situation actuelle.Si on ajoute le manque de reconnaissance que le ministre semble accorder à la recherche et l'augmentation proposée de la charge d’enseignement (six cours, c’est énorme!) aux autres facteurs handicapants déjà existants, nous réunissons les conditions pour accroître l’exode des cerveaux.Pourtant, M.Legault semblait être préoccupé par cette problématique.Jean Boivin Professeur à l’université Columbia New York, 11 avril 2000 Vous trouvez ça drôle ?Si vous êtes un de ceux que ça fait rigoler de voir des ministres se faire entarter publiquement, je vous suggère de vous faire administrer le même traitement Vous n'avez qu’à joindre Patrick Robert entartiste de son métier, et lui demander de venir vous surprendre sur votre lieu de travail, devant vos collègues, au moment où vous ne vous y attendez pas.Pour un léger supplément il avertira un photographe qui viendra immortaliser l’événement Vous avez le choix: on peut vous écraser une tarte à la crème dans le faciès ou encore vous lancer une verre de jus de raisin au visage, comme on l’a fait au ministre François Legault, ou, mieux, vous lancer un siège de bicyclette à la tête, comme on l’a fait à Jacques Parizeau.Il y a quelque chose de profondément malsain dans ce phénomène de l’entartage des politiciens que nous avons élus, un espèce de fascisme camouflé sous les habits d'un clown sympathique.Parce qu’au delà du caractère soi-disant rigolo de ces agressions, il y a un message sans équivoque: moi, la démocratie, je m’en balance, et parce que je ne partage pas tes idées, je vais tenter de t’humilier publiquement, au lieu et au moment qui fera mon plaisir.Quand des médias, avertis à l’avance de ces tentatives d’agression contre nos élus, envoient leurs chroniqueurs et leurs photographes «couvrir l’événement», je me dis qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.Après ça, on se surprendra que peu d’hommes et de femmes soient intéressés à faire de la politique au Québec.Denis Hétu Montréal, 9 avril 2000 Dorval et décibels Le débat concernant les aéroports de Dorval et Mirabel, qui a repris de plus belle à grands coups de statistiques, démontre bien à quel point nous sommes obnubilés par la question économique.A-t-on oublié que le choix de Mirabel, à l’époque, était basé en bonne partie sur des considérations environnementales?L’augmentation prévisible du trafic aérien commandait alors qu’on éloigne l’aéroport des zones densément peuplées.Question de bruit, de sécurité, de pollution, d’engorgement des routes, etc.Or, depuis la récupération des vols internationaux à Dorval et l’augmentation «remarquable» du nombre de vols passant par Montréal, on a fait la preuve par l’absurde que les auteurs de l’étude d’im-, parts voyaient juste! Quiconque habite les quartiers Villeray, Rosemont ou Ahuntsic à Montréal, sans parler de toutes les municipalités de l’ouest de l’ile, a bel et bien constaté «l’effet Dorval».Oui, on en a marre de se faire casser les oreilles jusqu’aux petites heures du matin.Avant l’injection massive de nouveaux fonds à Dorval, il faudrait que les gestionnaires d’ADM et de Transports Canada dressent un bilan environnemental du transfert des activités de Mirabel à Dorval.Comment accepter cette baisse de qualité de vie dans nos quartiers à l’heure où tant d’efforts sont faits pour ramener les banlieusards en ville?Que Mirabel soit assortie d’un train pour la desservir, comme tout aéroport qui se respecte dans un pays civilisé, comme c’est le cas à Londres ou Paris, pour ne citer que ces deux exemples, et parlons enfin d’autre chose, surtout qu’on pourra recommencer à s’entendre! Michel Bérubé Montréal, 12 avril 2000 En mémoire de M.Lagadec Au début des années 70, j’étudiais en philosophie à l’Université de Montréal.Claude Lagadec fut mon professeur puis mon directeur de thèse.Ses cours pouvaient s’apparenter à des happenings (il faut se reporter à l’esprit de cette époque).Les projets les plus délirants trouvaient accueil chez lui: on pouvait les construire et, partant, les assumer, nous assumer.Je fus «surpris» par cela: cette cooptation à «l’étonnement» de l’autre vis-à-vis le monde, vis-à-vis la vie.Il était philosophe, «un philosophe par quatre chemins».Nos chemins se sont brièvement croisés.Les années ont passé.Mais je suis demeuré «étonné», chemin faisant.Et j’écris ces quelques lignes en écho aux quelques lignes de sa notice nécrologique.Pierre Bouliane Laval, 30 mars 2000 Rendez-nous notre butin ! Lucien Bouchard empruntait récemment une expression de son défunt prédécesseur Maurice Duplessis, affirmant qu’Ottawa devait nous rendre, à nous, Québécois, notre butin.Notre butin, c’est à lui (sans oublier ses prédécesseurs libéraux) qu’on devrait le réclamer.Des ministres inféodés aux promoteurs les plus offrants ne demandent qu’à leur vendre qui nos arbres, qui nos rivières, qui une occasion de mettre un peu plus de béton dans le paysage, qui notre potentiel de consommation, qui notre main-d’œuvre si qualifiée, qui nos cerveaux.Mieux, l’État se fait lui-même entrepreneur pour exploiter le besoin de rêve ou l’appât du gain facile.Il est plus facile de gagner sa vie au Québec dans le domaine des loteries que dans celui de l’agriculture.Dis-moi ce que tu fais pour ton peuple, je te dirai qui tu es.Le jour où on nous demandera de consentir à la souveraineté du Québec, ce sera pour pouvoir vendre au plus offrant ce qu’il restera de notre butin.In souveraineté d’une république de bananes?Non merci.Lucien Bouchard aime aussi se réclamer d’un autre de ses prédécesseurs, René Lévesque, dont on dit que c’était un grand démocrate.À voir la constance avec laquelle certains de ses ministres contournent les règles démocratiques chaque fois qu’un processus de consultation publique risque de déplaire à quelques promoteurs, on ne peut s’empêcher d’avoir peur de tout ce que les mêmes politiciens pourraient faire dans un pays souverain.Oui, je rêve d’un pays pour la nation canadienne-française du Québec et pour tous ceux qui choisissent de vivre avec elle sur ce sol.Mais au «projet de société» qui nous a valu le.saccage du Val-Saint-Éran-çois, la nouvelle côte des Éboulements, le barrage de Pointe-Bleue et l’erreur boréale, je dis: non merci! Peut-être suis-je mal informée.Peut-être que dans tous ces cas le gouvernement avait raison.Mais en refusant les consultations publiques, il se donne chaque fois l’apparence de la manipulation, de la malhonnêteté, voire de la dictature.Le jour où ce gouvernement-là me proposera la souveraineté, je subodorerai la même malhonnêteté derrière les apparences d’une consultation démocratique et je dirai: non merci.Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur dans le cas de la forêt publique: au lieu de reconduire pour 25 ans les privilèges consentis aux compagnies forestières, le gouvernement doit décréter un moratoire sur ces privilèges et enclencher le processus de consultation qui permettra au peuple québécois d’exercer sa souveraineté sur la forêt.Voilà une condition gagnante, Christine Dumas Montréal, le 28 mars 2000 I.K O K V 0 I R .L E V E X l> R K l) I I 1 AVRIL 2 0 0 0 IDEES Lancement du livre Penser la nation québécoise Le Québec forme une nation «Si on reconnaît qu’on est une nation, qu’on est un peuple, eh bien ensuite, il faut tirer les conclusions» «La nation est un concept que l’on doit mettre à l’abri des luttes politiques» LUCIEN BOUCHARD Premier ministre du Québec Extraits de l’allocution prononcée lundi lors du lancement de Penser la nation québécoise est un nouveau départ.Je crois qu’il y a là, dans ce livre, plus que l’embryon, qu’il y a là une impulsion nouvelle qui est donnée à la réflexion sur la nation québécoise, sur cette collectivité qui s’est longtemps cherchée quant à son identité et qui, d’après ce qu’on peut voir maintenant, est arrivée à bon port quant à la certitude de ce qu’elle est, c’est-à-dire une nation.Une nation qui, bien sûr, poursuit un itinéraire qui devra aller plus loin.Ce nouveau départ, il était requis, puisqu’il y a de nouvelles données, deux en particulier la mondialisation, qui a changé beaucoup de choses, qui est en train de bouleverser les rapports entre les peuples, en train, si on n’y fait pas attention, de perturber de façon négative la vie intérieure des nations et des pays, même si nous profitons, nous les Québécois, de cette nouvelle donne.Nous en profitons justement à cause de notre ouverture sur le monde, à cause des impératifs d’une économie qui est très ouverte: près de 60 % de nos produits sont vendus hors de nos frontières.Mais en même temps, la mondialisation pose la question des parions plus que jamais: pourquoi des nations, pourquoi des Etats, pourquoi des identités nationales à partir du moment où les frontières économiques sont tombées?Le pourquoi devient de plus en plus pressant et est en train d’imposer la nécessité, plus évidente que jamais, de points d’ancrage, de nations qui vont promouvoir l’identité et qui vont contribuer, justement à enrichir l’universel, que nous considérons tous bien différent de runiformisation.Deuxièmement, le fait immigrant.Le fait immigrant, pourquoi?D’abord parce qu’il est de plus en plus présent, qu’il est une composante essentielle, maintenant de notre vie collective, de notre démographie.Et le fait immigrant n’est plus ce qu’il était Le fait immigrant ne veut plus être oblitéré, il veut être reconnu comme tel.Le fait immigrant veut faire partie de l’identité collective.Ce qui est intéressant aussi, c’est que ce renouvellement dans l’effort de réflexion nationale au Québec ne vient pas en rattrapage.On n’a pas attendu les autres pour réfléchir, on est parmi les premiers.C’est au Québec, je dirais, que la réflexion compte parmi les plus avancées au monde face à ces nouvelles données dont je viens de parler, à la nécessité d’apporter un point de vue différent, de situer différemment, dans une perspective nouvelle, les conceptions de la nation.Et je crois que ça en dit long sur un démenti, ainsi apporté, à une fausse vérité, celle que les questions nationales n’intéressent plus les gens.La réalité, c’est que les gens sont de plus en plus préoccupés par ce qu’ils sont.Ils sont de plus en plus conscients de la nécessité d’avoir des encadrements collectifs, de vivre dans un Etat et de promouvoir leur identité.Personne ne va me faire croire que le débat politique au Québec n’est pas essentiel et qu’il n’est pas urgent de ramener au centre de l’actualité politique la question nationale.Qui sommes-nous, les Québécois?Et si nous sommes une nation, qu’est-ce que cette nation doit faire?Comment une nation se manifes-te-t-elle?Des choses convergentes Même s’il y a des divergences entre nous, il y a des choses qui me paraissent convergentes.Premièrement, il est clair — vous avez entendu le chef de l’opposition —, c’est un sentiment dominant au Québec, nous savons que nous formons une nation, ou un peuple.Il est certain que les Québécois pensent et sentent en eux-mêmes qu’ils sont un peuple, qu’ils sont une nation.Alors, ça commence à être une convergence importante.Ce n’était pas aussi évident il y a quelques années.Vous avez deux formations politiques qui, bien sûr, ont des opinions différentes sur l'encadrement politique de l'avenir du Québec mais qui s'entendent, je dirais, sur l'essentiel.Deuxièmement, nous sommes d’accord que ce peuple doit être inclusif.Autrement dit, il doit pouvoir non pas seulement s’accommoder mais il doit pouvoir, si on peut dire, intégrer la diversité.J’ajouterai, en ce qui me concerne en tout cas, ça me paraît assez évident aussi, que la composante fondamentale, la clé de voûte de cette identité de peuple, de nation pour le Québec, c’est cette langue commune et officielle qu'est le français.Le français, le cœur de la culture québécoise, composante essentielle de ce que nous sommes, lien inévitable et enrichissant qui nous permet des communications collectives et en même temps toutes les valeurs que l’appartenance à la langue française comporte.Evidemment, il y a des défis là-dedans.Quand on dit qu’il faut inclure la diversité dans la nation, c’est facile à dire, mais dans le concret, ce n’est pas toujours facile, et nous savons que nous avons encore beaucoup de travail à faire.Tirer les conclusions Enfin, si on reconnaît qu’on est une nation, qu’on est un peuple, il faut tirer les conclusions.Et il faut se demander en particulier comment se fait-il, si on est une nation et que nous le pensons tous, comment se fait-il que nous vivions à l’intérieur d’un régime fédéral qui le nie?H y a là un problème extrêmement grave de vivre dans un régime, de faire partie d’une structure politique qui s'appelle le Canada, avec, à Ottawa, un gouvernement qui, chaque jour, nie l’existence du peuple québécois, parle de nous comme d’une région.Je crois que là, on a tous collectivement l’obligation de tirer les conclusions de ça.Pour assumer ses responsabilités, un peuple, il faut qu’il voie ses droits de peuple respectés, il faut qu’on lui reconnaisse la latitude totale des droits qui sont les siens en tant que peuple.Et c’est pour cela que le projet de loi C-20 est totalement inacceptable.Il faudra ne pas se laisser inquiéter par les tentatives externes de créer quelque entrave et il faudra aussi profiter de cette convergence qui se manifeste ce soir sur la reconnaissance de la nation du Québec pour se donner, par la loi 99, un point de ralliement, une référence collective où on se retrouvera.Mon gouvernement, comme M.Facal l’a annoncé, va déposer des modifications au projet de loi pour élargir autant qu’il se peut l’accueil afin que nous nous retrouvions tous dans l’affirmation claire des droits de cette nation que nous reconnaissons.JEAN CHAREST Chef de l’opposition officielle Extraits de l’allocution prononcée lundi lors du lancement de Penser la nation québécoise initiative du journal Le Devoir de tenir un débat public sur le thème «Penser la nation québécoise» témoigne d’une vitalité intellectuelle saine et pluraliste.C’est le signe d’une société riche et pourvue d’une santé démocratique évidente.Cet ouvrage, qui a pour trame de fond une vaste réflexion sur notre identité, est le fruit d’un débat déjà engagé par plusieurs intellectuels québécois.Dans le contexte actuel de mondialisation, c’est un thème d’une importance capitale.La conjoncture sans précédent que nous vivons présentement nous inspire tous une crainte commune, celle du nivellement des identités.Comme le dit avec raison Michel Venne: «Il faut être citoyen de quelque part avant d’être citoyen du monde.» C’est très juste.Affirmer notre existence, c’est faire en sorte d’être plus qu’un simple territoire qui est l’objet de chasse des entreprises, des multinationales et des transnationales.Cela représente pour nous au Québec un très grand défi pour l’avenir.Un État moderne A la grande question: est-ce que le Québec est une nation?il faut répondre oui.Non seulement le Québec est-il une nation, mais c’est une des nations qui ont, depuis 40 ans, remarquablement grandi, d’une part grâce à sa remarquable capacité d’inclusion et, d’autre part, grâce à sa non moins formidable capacité de fonctionner et de grandir en interaction avec les autres., Le Québec a depuis longtemps fait la preuve qu’il est un Etat moderne.Son besoin et sa soif de modernité ont donné à notre nation tout ce dont elle a besoin pour s’épanouir.Le Québec possède cette force qui lui permet de se hisser dans le peloton de tête, de provoquer les tendances au lieu de les subir.Le thème «Penser la nation québécoise» nous indique que cet ouvrage est résolument tourné vers le futur, plutôt que vers l’histoire.Si le passé est garant de l’avenir, il n’y a aucun doute dans mon esprit que nous saurons effectuer, comme nation, les changements majeurs qui s’imposent L’ère dans laquelle nous entrons nous demandera de repenser ce que nous sommes.Les mutations que nous vivons présentement s’imposeront comme aussi importantes que celles que nous avons vécues pendant la Révolution tranquille, dont l’Université du Québec à Montréal soulignait d’ailleurs l’anniversaire il y a de cela quelques jours.La modernité, par définition, c’est la capacité de se renouveler, d’appartenir à son temps.Depuis longtemps la nation québécoise occupe pleinement sa place au sein des grands ensembles.Avec respect pour l’opinion contraire, l’avenir de ces grands ensembles, c’est la fédération canadienne, c’est l'Amérique du Nord et évidemment le monde entier.La nation québécoise doit être inclusive.Je suis d’accord avec ceux qui soutiennent qu’il faut dépasser la simple affirmation que tous ceux qui habitent le territoire sont des Québécois et font partie de la nation québécoise.Le Québec est formé de francophones, d’anglophones, d’allophones et, bien sûr, de ceux qu’on a trop souvent oubliés, nos frères et sœurs autochtones.Tous ont des racines culturelles différentes et une façon particulière d’interpréter les choses, notamment sur la question nationale.Mais je suis convaincu que tous ces gens-là sont également animés par la volonté d'être des Québécois et c’est sur ce sentiment qu’on doit bâtir le Québec de demain, unç terre de diversité et de richesse.Etre pluraliste, c’est reconnaître la diversité qu’apportent ceux qui ont choisi de s’établir ici, de faire du Québec une terre d’adoption.Il faut prendre acte de cette réalité et la considérer comme un phénomène qui contribue à l’enrichissement collectif de notre société.Ayant moi-même des racines irlandaises, laissez-moi vous rappeler l’expérience des Irlandais.Ils sont venus ici et se sont intégrés à la majorité francophone.Ils ont ajouté à notre culture et à ce que nous sommes aujourd’hui.Actuellement au Québec, on estime que 40 % des francophones auraient du sang irlandais.Lorsque j’étais très jeune, ma mère me disait qu’il y avait deux sortes de gens: les Irlandais et ceux qui voulaient l’être.S’affirmer librement Qui dit nation pluraliste dit aussi élimination des distinctions entre les membres de la nation québécoise.Il n’y a pas de vrais Québécois ou de moins vrais Québécois.Il y a seulement des individus qui sont très fiers d’être ici, de contribuer, de faire leur part, et je le dis sans aucune «par-tisanerie», car c’est une question qu'il faut aborder en dehors du débat partisan.Pour respecter ce pluralisme, le concept de nation doit dépasser largement les considérations partisanes et la question nationale.Il ne doit pas être pris en otage au profit d’une option ou d’une autre.Tant pour les souverainistes que pour les fédéralistes, c’est un concept que l’on doit mettre à l’abri des luttes politiques: il ne doit en aucun cas être érigé en rempart La meilleure façon de démontrer notre existence comme nation n'est pas d’adopter une attitude défensive, de se recroqueviller sur soi, mais au contraire de s’affirmer librement Le Québec n’a pas de permission à demander à quiconque pour exprimer l’existence de la nation québécoise.Nous devons le faire, le faisons déjà et continuerons de le faire.La classe politique québécoise est devant un grand défi: canaliser les différentes identités, les différents points de vue dans un projet collectif en tenant compte de nos valeurs et en plaçant au premier rang la langue française et notre culture.Notre position sur le continent nord-américain nous place dans une position de précarité et la protection de notre spécificité culturelle doit être pour nous une très grande priorité.Je suis convaincu qu’en misant sur ce qui nous unit, plutôt que sur ce qui nous sépare, nous contribuerons justement à bâtir cette nation pluraliste, forte et inclusive.C’est dans cette optique que l’on doit aborder ce débat Si ma mère vivait encore aujourd’hui, elle qui nous a quittés très tôt, je serais bien obligé de lui dire que les choses ont beaucoup changé depuis l’époque où elle me disait qu’il y avait deux sortes de gens dans le monde.Je lui dirais qu’elle avait raison.Il y a effectivement deux sortes de gens dans le monde: il y a ceux qui sont Québécois et ceux qui voudraient l’être.C’est à nous maintenant de les accueillir.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre Lucien Bouchard et le chef de l’opposition Jean Charest étaient les invités d’honneur à ^occasion du lancement du livre Penser la nation québécoise, publié dans la collection «Débats» des Éditions Québec Amérique en collaboration avec le Programme d’études sur le Québec de l’université McGill et Le Devoir.Sur la photo: M.Charest, Bernard Descôteaux, directeur du Devoir, M.Bouchard et Michel Venne, directeur de l’ouvrage et rédacteur en chef adjoint du Devoir.La fin d’un faux débat entre nationalismes civique et ethnique MICHEL VENNE Rédacteur en chef adjoint du Devoir Extraits de l'allocution prononcée lundi lors du lancement de Penser la nation québécoise ;r.ème si ce livre n'est pas M l’expression d’un consensus parfait entre les 17 auteurs qui y ont participé*, cette collection de !!====jj textes met en lumière au moins deux choses qu’il m'apparaît important de souligner.D’abord, je pense que cet ouvrage va nous aider à sortir de ce qui a peut-être été un faux débat ces dernières années entre le nationalisme ethnique et le nationalisme civique au Québec.Le nationalisme ethnique, comme vous le savez, a très bonne presse au Canada anglais (ou très mauvaise presse, plutôt; en tout cas, on lui consacre beaucoup d’espace dans la presse anglo-canadienne).Combien de calomnies, de faussetés, d’injures a-t-il fallu endurer?On a parlé du nationalisme québécois comme d’une espèce de tribalisme primaire, ethnocentrique, xénophobe.Des gens ont comparé les dirigeants du Québec aux pires dictateurs fascistes du XX' siècle et on a trouvé des commentateurs à Toronto pour leur donner raison.Je crois que c’est d’ailleurs en partie pour répondre à ces accusations pourtant non fondées que des politiciens, des intellectuels, des militants se sont mis à définir le nationalisme québécois sur de nouvelles bases.Notre nationalisme, disait-on, serait civique, républicain ou territorial.En fait, et c’est justement ce que montre cet ouvrage, le nationalisme québécois moderne n’est pas un nationalisme ethnique, il n’est pas non plus un simple nationalisme civique qui nierait l’histoire et l’existence, ici, d’un peuple qui s’exprime majoritairement en français.Une volonté de réconciliation Ce livre témoigne plutôt d’une volonté de réconciliation entre les aspirations d’une majorité francophone et les exigences de la démocratie et du pluralisme qui caractérise toutes les sociétés modernes, y compris la nôtre.Tous les auteurs de ce livre décrivent le nationalisme québécois d’abord comme un mouvement d’affirmation d’un peuple de langue française, certes, sans contredit et sans complexe — il n’y aurait pas de nation québécoise sans majorité de langue française ici —, mais un peuple qui a intégré dans ses institutions et dans ses pratiques sociales le pluralisme moderne.Comme l’écrit Daniel Jacques, il s’agit de concilier notre devoir de mémoire avec notre conscience démocratique.Bien sûr, il nous reste un bout de chemin à parcourir sur la voie du plu- QUfMC AMfftHXlt CK»A*» Mue* tprâuMMl IMOW mcamm! '«va om« ralisme.Un jour, par exemple, j’espère que l’on pourra donner à un pont le nom d’un Italo-Québécois sans que cela provoque une révolte.Mais quand on lit par exemple Jane Jenson qui écrit: «Tandis que dans de nombreux pays l’apprentissage du pluralisme en est à ses balbutiements, nous, Québécois, avons depuis toujours vécu dans une société de ce type, ce qui nous donne une longueur d’avance», et quand on lit l'ensemble de son texte et ceux des autres collaborateurs, eh bien, il y a de quoi opposer un démenti à tous ceux qui nous salissent dans le reste du Canada.Deuxièmement, ce livre met en lumière une autre dimension de la nation.La nation n’est pas un phénomène exclusivement culturel, ce n’est pas seulement le regroupement de gens qui parlent la même langue ou qui partagent une même histoire.Une nation, c’est aussi un principe d’organisation collective, un lieu où l’on peut décider ensemble, délibérer ensemble pour définir le bien commun ainsi que les moyens de le défendre.Plus que jamais, à l’ère de la mondialisation, la nation est un principe démocratique, c’est le seul lieu politique qu’il nous reste.Sans les nations, la mondialisation serait un monstre.C’est pourquoi la nation est un rempart contre les abus de la mondialisation, elle est aussi notre moyen d’en tirer profit, notre tremplin vers le monde.La nation est une force démographique, un lieu de solidarité qui empêche notre société d’être réduite à un simple espace de marché.Le théologien Gregory Baum nous signale dans ce livre que les francophones du Québec qui ont été forcés, dans un contexte hostile, à se serrer les coudes pour défendre leur langue et leur culture ont développé un sens de la communauté qui nous permet de développer des modèles communautaires innovateurs.Evidemment, on ne règle jamais rien avec un seul livre.Et celui-ci, comme les autres, laisse plusieurs questions ouvertes.11 identifie certains des défis de la nation québécoise, notamment dans les liens entre les «mondes» qui peuplent le territoire du Québec.Ce livre ne tranche pas non plus la question suivante: qu’est-ce qu’on fait avec cette nation une fois que nous l’avons reconnue?Nous n’avions pas l’intention de soupeser les mérites des différentes formules de souveraineté et de fédéralisme.Certaines choses peuvent être faites en dépit des désaccords sur l’avenir constitutionnel du Québec.La réécriture du projet de loi n° 99 sur les droits du peuple du Québec est une occasion, qui sera saisie je l’espère par nos deux invités d’honneur, MM.Bouchard et Charest, d’établir une base d’entente minimale pour affirmer l’existence de cette nation et son droit de décider de son avenir.La suite des choses, tout le monde le sait, sera tranchée dans l’arène politique.Je voudrais dire grand merci aux 16 intellectuels qui ont accepté de prendre part à notre démarche avec enthousiasme, volontarisme et rigueur.Comme le souligne Guy Rocher, ces intellectuels ont accompli le devoir qui est le leur de réfléchir dans la cité, en dehors de leurs tours d’ivoire, avec leurs concitoyens, pour nous aider à mieux comprendre qui nous sommes et où nous allons.Maintenant, c’est aux acteurs politiques et aux citoyens à prendre le relais en faisant passer la nation québécoise de la pensée à l’action.* Charles Taylor, Gérard Bouchard, Daniel Jacques, Serge Cantin, Jocelyn Letourneau, Gilles Gagné, Gregory Baum, Marc Chevrier, Gilles Bourque, Jane Jenson, Danielle Juteau, Denys Delâge, Claude Bariteau, Michel Seymour, Jacques Beauchemin, Guy Rocher.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes è l'Information flfaiéralc et métropolitaine : Gérald Dallaire (.adjoint an directeur de l’in/ormation), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (sports)-, Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Loui&Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Irmiso leduc, Kathleen lévesque (actualités politiques municipales), Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice etjàits divers), Isabelle Paré (santé); Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; h l’Information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) ; à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril, Claude I évesque, Francois Normand, Claude Turcotte; è l’information internationale Jean-Pierre legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'Information politique : Pierre O’Neill, Hélène Buzzetti, Manon CorneDier (correspondantes parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec); Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte ArsenauH, Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Manon Bouchard, Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), Léopold Ste Marie (directeur adjoint) Mmon Blanchette, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bèdard, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne Iabouté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, lise Lachapelle, Rachelle leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire d la direction); Céline Furoy, Patrick Inkel (contnUeur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif el directeur général) ¦ ( A 10 l E I) E V OIK.1.E V E N I) R E I) I II A V R 1 L 2 0 0 0 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES EN BREF Le Sénat ratifie le traité sur les droits des Nisga’a Ottawa (PC) — Les Nisga’a de la Colombie-Britannique sont sur le point de réaliser un rêve vieux de 113 ans portant sur leurs droits territoriaux et le droit d’administrer leurs propres affaires.Après des débats houleux, le Sénat a en effet approuvé hier le traité nisga’a par 52 voix contre 15 et 13 abstentions.La gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, a aussitôt accordé la sanction royale à la loi fédérale.Pour le président du conseil de bande, Joe Gosnell, cette approbation met fin à l’ère coloniale en ce qui concerne son peuple.«Le droit d’administrer nos propres affaires nous avait été retiré par le Parlement du Canada, a-t-il dit.Aujourd'hui, avec l’entrée en vigueur du traité nisga’a, nous avons recouvré ce droit.Nous sommes extrêmement satisfaits.» Le traité avait déjà été approuvé par les Communes en décembre dernier; les Indiens nisga’a et le gouvernement de Colombie-Britannique avaient aussi donné leur accord.Selon les clauses du traité, les quelque 5500 membres de la nation nisga’a recevront une somme de 253 millions de dollars en espèces sonnantes et en investissements pour la pêche commerciale et autres projets économiques.Les Nisga’a se verront également confier des pouvoirs d'administration sur leur propre territoire, qui s’étendra sur 2000 kilomètres carrés dans le nord-ouest de la province.INTERNET SUITE DE I.A PAGE 1 vient de faire son apparition sur Internet, le Gnutella, qui permet aux internautes d’échanger directement entre eux des fichiers MP3 sans passer par un serveur.Un journaliste de l’Associated Press l’a testé cette semaine: en deux minutes il a trouvé 758 fois les pièces provenant du dernier disque de Santana.Le tout sans verser un sou.Dans l’industrie, certains considèrent que les fournisseurs d’accès devraient maintenant verser des droits d’auteur aux artistes.En France, l'industrie demande que les CD vierges soient fortement taxés afin de constituer un fonds pour les créateurs.Mais après l’industrie du disque, c’est maintenant le livre qui sera bientôt frappé de plein fouet Le cas de Stephen Kiqg a frappé l’imagination: l’écrivain le plus populaire des Etats-Unis a décidé en mars de vendre son dernier livre, un petit ouvrage de 60 pages, exclusivement sur Internet, au coût de 2,50 $.En quelques jours, 500 000 commandes ont été placées, faisant sauter les sites qui l’offraient.King lui-même a senti le besoin de déclarer qu’il croyait encore aux librairies et au papier! Mais son cas n’est pas vraiment intéressant en regard de ce qui s’en vient: le ebook, ou livre électronique.Au Salon du livre de Paris, en mars, on présentait l’un d’entre eux, le Cytale, petit objet d’un kilo avec écran adapté qu'on branche sur l’ordinateur et qui permet de télécharger des textes.La chose pennet de conserver en mémoire 30 livres de 500 pages.Tous les spécialistes prédisent un grand avenir au ebook, qui comporte des touches permettant de retrouver des passages clés, de grossir les caractères, etc.Bref, c’est l’idée de transporter avec soi des tonnes de rapports de recherche.ou sa bibliothèque idéale.Les éditeurs voudront bien sûr vendre les textes sur Internet pour alimenter ces ebooks.Mais on trouve déjà, sur un site comme «gutenberg.net», des centaines de grandes œuvres à télécharger gratuitement, de Shakespeare à Lewis Caroll en passant par Poe et Conan Doyle.Véritable voie d’avenir?Personne ne le sait vraiment.On remarque toutefois qu'au Québec l’industrie du livre semble muette sur ces questions et l’industrie musicale en est encore à se demander s’il faut combattre le MP3.Pourtant, leurs futurs consommateurs sont les ados d'aujourd’hui, qui sont en train d’apprendre à consommer sur Internet.gratuitement ou non.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 [53 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Uagenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sims frais) /> Devoir est publié du lundi au samedi par Ix* Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue De Bleury.Lr étage.Montréal.(Quélxr), H3A Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.H00, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., HI2, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Preste Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans A/ Devoir Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n 0K58.Dépôt legal Bibliothèque nationale du Québec AFFICHAGE Les points «Il est bien connu que la Charte de la langue française saillants agace et déplaît [aux anglophones].Mais cet agacement du jugement n’en fait pas pour autant une loi qui enfreint leurs droits civils» Bellavance SUITE DE LA PAGE 1 intention d'en appeler de la décision.Jusqu’en Cour suprême ou à l’ONU s’il le faut.«Nous cherchons à obtenir le respect et la tolérance.Nous l’obtenons du grand public mais pas du gouvernement», a lancé Gwen Simpson, condamnée hier avec son mari Wally Hoffman à payer une amende de 500 $ pour avoir enfreint la loi sur l'affichage commercial.Le juge Bellavance démolit les arguments de la dame.«Il est bien connu que la Charte de la langue française agace et déplaît à une bonne partie des membres de la communauté anglophone.Mais cet agacement n ’en fait pas pour autant une loi qui enfreint leurs droits civils», écrit-il dans sa décision.Le couple d antiquaires avait placé à l’extérieur de son commerce, appelé The Lyon and The Wallrus - La Lionne et le Morse, une jolie enseigne en bois sculpté où l’anglais et le français occupaient une place égale.Mme Simpson et M.Hoffman avaient agi ainsi parce qu’ils considèrent les anglophones et les francophones comme des égaux.Ira juge de première instance Danielle Côté leur avait donné raison en octobre dernier, invalidant les dispositions de la loi sur la prédominance du français dans l’affichage.Le gouvernement du Québec s’était volontairement abstenu de plaider la cause, ce que la juge Côté qvait interprété comme une incapacité de l’Etat à faire la preuve de la nécessité de la loi sur la langue d’affichage aujourd’hui.C’est une ministre de la Justice médusée qui en avait rapidement appelé du jugement.Datant de 1993, la prédominance du français dans l’affichage fait suite à une décision phare de la Cour suprême, l’arrêt Ford.L'ultime tribunal du pays avait SUITE DE LA PAGE 1 ne vise pas «à rabaisser la langue anglaise»', elle «se veut un point d’équilibre, par une assistance à la langue la plus fragile, et ses avantages dépassent ses inconvénients», écrit le juge.Mme Beaudoin a également souligné que le juge Bellavance estime que «toute amélioration actuelle de la situation du français est possiblement due, pour une partie, à la présence de lois linguistiques la protégeant».La ministre a signalé le passage où le juge évoque la possibilité que «l’abrogation, pendant un certain temps, de la loi linguistique restrictive entraine une chute brutale et irrémédiable de la situation du français, qu’une nouvelle législation adoptée à toute vitesse ne corrigera pas».«R est bien sûr que, pour le gouvernement du Québec, la langue française est toujours dans un état de fragilité, un état qui la menace», a dit Mme Beaudoin, qui estime que cette fragilité demeurera toujours.Et ce qui la menace, a-t-elle poursuivi, ce sont «les Trois Mousquetaires qui étaient conclu en 1988 que cette mesure constituait «une limite raisonnable» à la liberté d’expression dans un souci de «promotion et de préservation d’un “visage linguistique” français au Québec».Mais selon Brent Tyler, ce jugement vieux de 12 ans doit être écarté.Iras francophones ont gagné la guerre linguistique, et c’est maintenant l’anglais qui vacille au Québec, estime l’avocat.La preuve établie dans l’arrêt Ford, à partir d’études des années 60 et 70, est dépassée et ne doit pas lier les tribunaux aujourd’hui.Le jugp Bellavance réfute ces arguments.L’Etat n’a pas à refaire la preuve que le français est menacé au Québec, croit-il.Et comme M' Tyler n’a pas réussi à étoffer ses arguments en cour, l’arrêt Ford demeure criant de pertinence.Les décisions de la Cour suprême sont rendues «avec un objectif de stabilité et de continuité», estime-t-il.«En l’absence de preuve, comme c’est le cas dans ce dossier, il faut présumer que l'analyse de la Cour suprême [.] est toujours d’actualité», ajoute le juge Bellavance.Le juge Bellavance introduit par ailleurs une notion juridique qui fera couler beau-çoup d’encre au cours des prochains mois.A qui incombe le fardeau de la preuve dans une cause comme La Lionne et le Morse?Ira procureure générale doit-elle «rafraîchir» sa preuve et démontrer que la situation du français au Québec reste la même qu’à l’époque de l’arrêt Ford?Doit-elle se défendre en cour à chaque attaque constitutionnelle?M.Bellavance répond simplement.C’est à celui qui ramène le débat sur la place publique et qui prétend disposer d’une preuve «forte, persuasive, solide et convaincante» de mettre cartes sur table en premier.Le législateur pourra ensuite juger de cette preuve au mérite et la contrer s’il le faut.GOUPIL quatre», c’est-à-dire le président d’Alliance Québec, Bill Johnson, l’avocat Brent Tyler, le commentateur Howard Galga-nov et le chef du Parti Egalité, Keith Henderson.Mme Beaudoin a déploré la «guérilla judiciaire» que mène Alliance Québec.«Ce n'est pas une quinzaine de cas.Nous en sommes à au moins 40 causes.Il en rentre trois ’ par semaine», a dit la ministre.Selon Mme Beaudoin, il est «questionnable» que le gouverna ment fédéral permette à Alliance Québec de contester le fait que la langue officielle du Québec soit, depuis 1974, le français.«Vous savez très bien que l'objectif de M.Johnson et d’Alliance Québec, leur beau programme, le point n° I, c'est de faire du Québec ce qu’ils appellent une province bilingue», a rappelé Mme Beaudoin.«Ils n’ont jamais accepté l’existence même de la Charte» de la langue française.Réactions partagées Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB-M), Guy Bou-thillier, a salué la décision du juge Paul-Marcel Bellavance, qui «reflète un large consensus social au Québec quant à l'importance de la prédominance du français dans l’affichage commercial».La présidente du Mouvement national des Québécoises et des Québécois, Louise Paquet, s’est pour sa part dite «soulagée» par la décision qui «vient de nous éviter le pire».«Le retour du bilinguisme sans nette prédominance du français [dans l’affichage] nous aurait fait reculer 30 ans en arrière», croit-elle.A l’opposé, le président d’Alliance Québec, William Johnson, a dit que le dossier était loin d’être clos, lançant «Vive le Québec vraiment libre! [de s’exprimer dans la langue de son choix]»., Le président du Parti Egalité, Keith Henderson, juge «insultante» la logique voulant que pour faire la promotion du français, le gouvernement doive restreindre les droits des anglophones.Flanqué de MM.Johnson et Henderson, Brent Tyler a enfin promis de ne pas lâcher.Il plaidera en juin une quinzaine de nouvelles causes où il tentera de démontrer que le français «ne s’est jamais mieux porté».«Juste pour vous donner une idée de notre stratégie, j’ai ici une copie d’une étude du Conseil de la langue française datant d’août 1999 qui dit que le français est la langue maternelle de 82 % des Québécois.87 % de la population du Québec parle français en public.(.] Nous allons présenter les propres études du gouvernement pour montrer que la situation du français n'a jamais été aussi bonne et que la prédominance du français.dans l'affichage n'est certes plus justifiée.» A suivre, donc.Avec la Presse canadienne Pour sa part, le chef de l’opposition officielle, Jean Charest, s’est dit heureux que la Cour supérieure confirme une loi — la loi 86, intégrée à la Charte de la langue française — qu’un gouvernement libéral a fait adopter et «qui, au Québec, nous a permis une longue période de paix linguistique».En dépit du jugement toutefois, M.Charest estime que la procureure générale devrait présenter, comme argument subsidiaire, une preuve de la fragilité actuelle du français au Québec lorsque l’appel du présent jugement sera entendu.En outre, M.Charest trouve «inquiétant» que Mme Beaudoin dénonce la guérilla judiciaire menée par Alliance Québec.«Les citoyens ont le droit de s’adresser aux tribunaux.Depuis quand reproche-t-on aux citoyens de vouloir exercer leurs droits?», s’est-il demandé.BRIAN MYLES LE DEVOIR Voici des extraits significatifs de la décision rendue hier par le juge Paul-Marcel Bellavance dans l’affaire The Lyon and The Wallrus - La Lionne et le Morse, portant sur la langue d’affichage.«Il est bien connu que la Charte de la langue française agace et déplaît à me bonne partie des membres de la communauté anglophone.Mais cet agacement n'en fait pas pour autant une loi qui enfreint leurs droits civils.[.] «À mon avis, cette loi a pour but premier de donner une importance visuelle au français et non pour but premier de rabaisser la langue anglaise.Cette loi linguistique correspond aux besoins à long terme.[.] «En passant, je ne crois pas enfreindre les limites de la connaissance judiciaire en déclarant que le Québec n’aura probablement jamais la croissance fulgurante de l’Ontario et que son poids démographique à titre de province canadienne diminuera continuellement.[.] «La législation adoptée est une loi dite de renforcement positif pour permettre à la langue française de retrouver et garder une place d’importance dans une communauté interculturelle mais à majorité francophone.[.] «Je rappelle que les articles attaqués visent les marchands au sens large, qu ’ils soient anglophones, allophones ou même francophones.Un marchand francophone situé à Sutton, près de la frontière américaine, ne peut faire sa publicité pour attirer les visiteurs américains qu’en anglais.Il est, lui aussi, soumis à la même loi.[.] «Cette loi reçoit l'approbation de nombreux francophones.Le fait que sa dernière version (1993) fut adoptée par un gouvernement politiquement différent de celui qui la supporte maintenant est un indice manifeste que tous ces élus ont agi ou agissent avec le soutien d’une bonne partie de la population.[.] «Ix Québec est dans une situation linguistique unique, ce qui a incité la Cour suprême [.[ à proposer une solution législative unique qui, semble-t-il, ne se retrouve pas ailleurs dans le monde.C'est tout.[.) «Les jugements de la Cour suprême rendus en droit public sont rendus notamment avec un objectif de stabilité et de continuité.Je vois mal, six mois ou un an après l'arrêt Ford, tel que semble le suggérer la juge de première instance, qu’un procureur général, qui a présenté une preuve basée sur 30 ans d’histoire, doive refaire une preuve similaire.[.] «Pourquoi n’appartiendrait-il pas à celui qui veut ramener le débat et qui prétend disposer d’une preuve forte, persuasive, solide et convaincante d’établir en premier cette preuve, que pourra alors contrer le législateur s’il l’estime pertinent, et ce, avec les meilleures preuves disponibles au moment de cette seconde analyse?[.] «Une telle exigence [.] assure une stabilité dans les décisions tout en permettant la révision de ces décisions si le contexte factuel change de façon significative.» Jean Charest trouve «inquiétant» que Mme Beaudoin dénonce la guérilla judiciaire d’Alliance Québec ORIENTATION SUITE DE LA PAGE 1 Le Canada s’inquiète de la dégradation des droits de la personne en Chine Genève (PC) — Le ministre des Affaires étrangères, Uoyd Axworthy, dit que le Canada est troublé par la dégradation des droits de la personne en Chine, et qu’il est prêt à appuyer une résolution des Etats-Unis pour dénoncer la répression qui y est exercée.Rien ne garantit cependant que la résolution fera l’objet d’un vote de la Commission des droits de l’homme des Nations unies.Depuis plusieurs années, la Chine a recours à une motion de non-intervention pour empêcher que la commission de 53 membres ne vote sur une résolution de censure, La résolution des Etats-Unis exprime des préoccupa- SUITE DE LA PAGE 1 Mais il faut plus, dit-il.«A court terme, nous avons besoin de 10 millions de dollars.Or, nous avons reçu 500 000 $, soit 5 % des besoins.C’est plus que pressant.Nous avons besoin de 900 000 tonnes de nourriture et nous n'en avons reçu que 250 000, soit le quart des besoins.» Il reconnaît que le Canada a été l’un des premiers pays à envoyer de l’aide.Mercredi encore, la ministre canadienne de la Coopération internationale annonçait une contribution additionnelle à l’Ethiopie de 1,5 million de dollars, portant à 7,75 millions le montant total déboursé par Ottawa ixnir le secours d’urgence.«Mais ce n’est que 15 % des besoins, et on attend toujours de les recevoir», a-t-il précisé.Que penser de la déclaration du premier ministre éthiopien, qui a affirmé hier que son pays éviterait la famine grâce à ses efforts et à l’aide internationale?«L’aide internationale peut faire la différence, mais mes commentaires s’arrêtent là», a-t-il seulement déclaré, avec un brin de scepticisme tout de même.il voit aussi d’un mauvais œil l’équation que font beaucoup de gens entre famine et envoi de nourriture.«Si on se prive de nourriture, on peut survivre quelques jours, mais sans eau, on meurt, la nourriture ne suffit pas, il faut aussi des médicaments, des abris, etc.Sinon, quand la nourriture va arriver, il n 'y aura plus personne pour la recevoir.» L’UNICEF achemine aussi par avion antibiotiques, sols de réhydratation, biscuits protéinés et le nécessaire pour construire des abris, dans les coins névralgiques du pays, notamment le Sud, quelques |>oints du centre et du Nord.Des camps se sont formés là où se trouvaient des |x>ints d’eau, mais la situation y est des plus précaires.Maladies lions au sujet de «graves restrictions» concernant la liberté de réunion, d’association, d’expression, de conscience et de religion.Elle condamne les mesures répressives exercées par le gouvernement chinois contre les minorités religieuses, dont le mouvement spirituel Falun Gong.«Nous voulons que la résolution sur la Chine fasse l’objet d’un débat», a indiqué le ministre.Dans une allocution qu’il a prononcée hier devant la Commission des droits de l’homme, M.Axworthy a défini les priorités du Canada en ce qui concerne les droits de la personne.et parasites pullulent.Dans le village de Godé, qui compte normalement 4000 habitants, près de 25 000 personnes se sont agglutinées, dit-il.«Le tiers des enfants sont menacés quand ils arrivent, 10 % d’entres eux continuent de perdre du poids malgré les traitements.Ils sont condamnés.» Ira sécheresse qui touche le pays dure depuis trois ans.Il y a un an déjà, l’UNICEF a sonné l’alarme, indiquant que les récoltes allaient être réduites.Mais la communauté internationale n’a pas réagi, notaminent à cause de la guerr.e que se livrent parallèlement l’Ethiopie et son voisin l’Érythrée.«Ça décourage les bailleurs de fonds.[.] Beaucoup ne voyaient que la guerre, comme si la guerre avait une influence sur les climats», s’est-il indigné.Mais il demeure que le pays détourne beaucoup de ressources vers l’effort de guerre.«Ce sont souvent des dettes, à être remboursées plus tard.» Malgré tout, André Iraperrière demeure confiant quant à l’avenir de l’Ethiopie.Aujourd’hui 172' sur 174 selon l’indice de développement mondial, le pays, dont l’espérance de vie est parmi les plus faibles du monde (45 ans), a néanmoins un très grand potentiel, affirme-t-il.«Im croissance économique est de 5,6, parfi>is 7 % par année, c’est deuxfi>is plus qu’au Canada.[.[ Le pays a juste besoin d'un petit coup de.pouce.» Un petit coup de pouce qui, avoue-t-il, devra durer une bonne dizaine d’années.?Pour envoyer vos dons, communiquez avec les organismes suivants: UNICEF: 1877 2864233 Croix-Rouge Canada: 1800 418-1111 Oxfam-Québec: 1877 937-1614 situation de chacun des prestataires.«Nous allons d'abord identifier les gens à risque de chômage prolongé.Je pense aux jeunes et je pense aux chefs de famille monoparentale», a précisé M.Boisdair.Ira gouvernement investira 8,4 millions dans Destination emploi pour engager 260 personnes, dont la moitié seront des agents de la sécurité du revenu et les autres, des agents d’Emploi-Québec.Cette mesure permettra à 8000 ménages de gagner le marché du travail, selon l’évaluation du ministèrç, ce qui entraînera une économie de 33 millions pour l’État Cette année, plus de 66 (XX) personnes devront participer à Destination emploi lorsqu’elles produiront une première demande à la sécurité du revenu.Quant à la sanction, elle fait partie de l’attirail dont dispose le ministre depuis 1989 pour inciter un prestataire à respecter ses instructions.M.Boisclair a convaincu le conseil des ministres d’abaisser de 150 $ — le montant prévu dans la loi — à 75 $ la sanction imposée aux prestataires qui refuseront de participer à Destination emploi.Cette décision a été prise mercredi dernier.«J’ai l'assurance que ces sanctions seront appliquées avec discernement, dans le respect des personnes, et ce n’est qu'après avoir personnellement contacté un prestataire qu ’un agent pourra imposer une sanction», a-t-il dit.Selon M.Boisclair, les cas de refus seront marginaux.Iras sanctions ne devraient pas représenter plus de trois millions pour l’année en cours.«Les prestataires capables de travailler ne demandent pas mieux que de se trouver un emploi», estime le ministre.«Vous n'allez pas me faire accepter le fait qu’une personne fait volontairement le choix de demeurer à la sécurité du revenu, Si c’est le cas, il est certainement grand temps qu’au Québec on secoue cette résignation», a dit M.Boisclair.Maintenant que les déboires d’Emploi-Québec sont choses du passé, cette nouvelle initiative correspond «à une nouvelle stratégie gouvernementale, une stratégie cohérente qui est très attachée à Emploi-Québec», a indiqué le ministre.En 2000-01, le nombre de participations à des mesures d’Emploi-Québec par dos prestataires de la sécurité du revenu doublera par rapport à l’an dernier pour atteindre.155 (KM).Ira conjoncture économique actuelle, qui favorise la création de nouveaux emplois, augmentera les chances de réussite d’une telle stratégie, a fait valoir M.Boisclair.ETHIOPIE 8000 ménages pourront gagner le marché du travail, selon l’évaluation du ministère
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