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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-01-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 0 JANVIER 2 0 0 0 ?LE DEVOIR ?S POUR DIRE THEATRE Dans la glacière infernale Page B 3 Paul-André Fortier reprend à l'Agora de la danse trois solos: Les Males Heures, La Tentation de la transparence, Bras de plomb.Des solos créés entre 1989 et 1993.Pour celui qui danse depuis le début des années 70, cette reprise est 'occasion de revenir sur le passé, même s'il n'est pas très ancien, question de voir ce qui s'y cache encore, question de cerner ce qui le distingue du temps présent, question de se souvenir que lé temps passe et qu'il peut être bon de le parcourir en sens inverse.Arrêt sur la vie d'un homme qui danse.DISQUES Le champion mi-moyen de la trompette Page B 6 Cinéma Page B 5 Disques Page B 7 Musique Page B 8 JULIE BOUCHARD e crois que, si je voulais me qualifier, je dirais que je suis un homme qui danse.» D’autres que lui diront à peu même chose, mais autrement.Face au jeune étudiant venu prendre des cours de danse en dilettante, Martine Époque affirme avoir eu «le sentiment de [se] trouver en présence d’un danseur naturel».Elle lui offre aussitôt de se joindre au Groupe Nouvelle Aire, troupe qu’elle vient à peine de fonder et où le jeune Paul-André Fortier fera ses premiers pas comme interprète, professeur de danse et chorégraphe.Brian MacDonald, directeur artistique des Grands Ballets canadiens de 1974 à 1977, le qualifiera pour sa part de «prince de la danse moderne».Qu’a donc Paul-André Fortier pour convaincre au premier regard et séduire celui qui, de par ses fonctions, a plus d’un «prince» sous les yeux?Rien.Si ce n’est qu’il danse parce qu’ainsi, dit-il, il peut dire l’essentiel.Dénoncer avant de séduire «J’aime le silence.J’aime tout ce qui passe hors des mots.j’aime le pouvoir, la justesse de cette forme de communication.» Paul-André Fortier était, avant de devenir danseur et chorégraphe, professeur de littérature française.L’affirmation peut donc surprendre, mais il ne l’aurait peut-être pas fait sienne en 1972, alors qu’il répondait par l’affirmative à l’invitation de Martine Époque, quittait l’enseignement et choisissait la danse comme moyen d’expression.Un art et une technique qu’U apprit rapidement, mais qu’il mit des années à maîtriser.VOIR PAGE D 2: DANSER Les Males Heures (1989).Chorégraphe et danseur: Paul-André Fortier CY1XA VON TIEDEMANN 1 -les males heure ! rt O 1 3 Coll*horatcur>: François Motte Betty Dents Lavoie ¦ Carmen Aile ¦ Olnelle • OarKan Leboetif - lean Philippe TWpenler, WD .2 la tentation de la transparence (Uxm 3 bras de plomb ('1993 Ptiï! trois solos.L'homme est danseur, alors il danse.Paî! trois solos.Une occasion unique de voir le danseur et chorégraphe Paul André Portier interpréter trois moments privilégiés de sa vie de créateur.Pai! trois solos.Inspirés des pièces strie de Paul André portier, les photographes Nathalie Caron.Van Giftuère et Caroline Hayctir exposent leurs oeuvres à l'Agora de la danse.du 12 au 23 janv i er 2000 *0 solo solo solo Janvier 1 2: 3 mer.12 20h Jeu.13 20 h ven.14 20 n sam.15 18 h 20h 22 h dim.16 Ma 16 n 18t.mer.19 20 h Jeu.20 20 h ven.21 20n sam.22 18 h 20h 22a dim.23 14 h 16 h 18h CONSEIL restons Prix unitaire - Grand public : 20$ - Étudiants : 12$ Forfait trois solos - Grand public : 42$ - Étudiants : 29$ TrrJ L'AGORA DE LA DANSE ^-^0 840, RUC CMCRRICR » LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 JANVIER 2 0 0 0 ) T ^ l 1 DANSER La danse, comme la littérature, la musique ou les autres formes d'art, ne dévoile jamais tous ses secrets lors de la première représentation SUITE DE LA PAGE B 1 Les premières chorégraphies qu’il créa, au tournant des années 80, étaient encore toutes imprégnées du souci de dire, de raconter, de faire comprendre.On dirait de véritables pamphlets: Parlez-moi du cul de mon enfance; Violence, décadence et indécence; Derrière la porte, un mur.Des chorégraphies truffées d’idées défendues également par le cinéma ou la littérature de l’époque.Des chorégraphies qui se font un devoir de dénoncer plutôt qu’un plaisir de séduire.D est vrai que la danse-théâtre, avec Pina Bausch en tête, était fort en vogue à l’époque et qu’ébranler les publics semblait être une obligation.Paul-André Fortier n’est pas en reste; il veut choquer, provoquer, obliger le public à réagir en lui présentant ce qu’il n’est pas habitué à voir.«La danse classique n’avait cessé de mettre en scène des mondes fantasmés, éthérés, peuplés de femmes longues et légères enrobées de mousseline, d’hommes beaux et forts.Je voulais prendre le contre-pied de cela et étais persuadé que, si le roman pouvait nous choquer, bouleverser notre conception du monde et nous pousser dans nos derniers retranchements, la danse pouvait aussi bien le faire.» Il s’employa donc à parler de l’envers du monde, de ce qui est bancal, impartit, laid.De ce qui est peut-être même difforme, mais n’en est pas moins vrai.En ce domaine, Paul-André Fortier n’était pas un pionnier.Bien avant lui, John Cage aux Etats-Unis avait crié «non à l’art mort, non à l’artifice et non à l'imitation».La vie quotidienne, toute la vie telle qu’elle se trouve dans le quotidien, disait-il, est matière à art.Vive le hasard et l’indéterminé, ajoutait-il.«L’art est partout et en tout; c’est là qu’il doit être trouvé.» Ses idées firent des adeptes, dont Merce Cunningham, qui les importa dans le monde de la nouvelle danse.De lui comme de Pina Bausch ou de John Cage, Paul-André Fortier, aux débuts des années 80, était le digne héritier.Un homme qui danse Les années 80 furent pour Paul-André Fortier des apnées de création.Et de gestion.A la tête de sa propre compagnie depuis le début des années 80, Danse-Théâtre Paul-André Fortier qui deviendra par la suite Fortier Danse-Création, il dirige, gère et chorégraphie, mais il ne danse plus.Il n’en a plus l’occasion, plus le temps.Ou peut-être même qu’il n’en a plus l’envie.Tout change Paul-André Fortier n’est pas en reste: il veut choquer, provoquer, obliger le public à réagir en lui présentant ce qu’il n’est pas habitué à voir en 1987, alors qu’il fonde avec Daniel Jackson une autre compagnie, Montréal-Danse.Partageant désormais ce qu’il avait assumé seul jusque-là, soit la destinée d’une compagnie de danse, Paul-André Fortier retrouve le temps de danser, y prend même plaisir et cherche les occasions pour ne plus abandonner, plus jamais, le plancher de danse.Il crée un solo: Les Males Heures, et ira lui-même le présenter au Festival de nouvelle danse, en 1989.Il a alors 40 ans et personne, même parmi ses plus fidèles admirateurs, ne s’attend à le voir revenir sur scène.Est-il seulement possible de voir danser un homme de 40 ans?Personne n’y croit.Bien sûr que non.Son succès fut pourtant immédiat.Et si important qu’il dure encore, même si dix années se sont depuis écoulées.Pendant ce temps, dans le sillon ouvert par ce premier solo, deux autres chorégraphies sont venues s’insérer: La Tentation de la transparence, en 1991, et Bras de plomb, en 1993.A 50 ans et quelques poussières, Paul-André Fortier reprend ces solos à l’Agora de la danse.«Pour voir, dit-il, ce qu’ils peuvent encore m’apporter.Pour voir aussi, ajoute-t-il, ce que moi, à 50 ans, je peux en faire.» Avec Les Males Heures, La Tentation de la transparence puis Bras de plomb, Paul-André Fortier découvre une nouvelle façon de chorégraphier.L’ancien professeur de littérature française ne sent plus le besoin d’appuyer ses créations sur un discours.Il ne narre plus; il bouge.Il ne cherche plus les mots, mais les gestes.«Cette période m’a appris à devenir un homme qui danse», dit-il aujourd’hui.Non pas un danseur, mais «un homme qui danse».Un homme âgé de 50 ans ou un peu plus.Chargé d’une expérience que seules les années peuvent permettre d'acquérir.Et qui aujourd’hui peut-être encore plus qu’hier ressent le besoin de communiquer avec le public par le truchement de la danse.Mais qu’est-ce donc que la danse?«Danser, est-ce remplir un vide?Est-ce taire un cri?demandait Rilke.C'est la vie de nos astres rapides prise au ralenti», répondait le poète.Mais il n’y a qu’un écrivain, un habitué des mots pour trouver à réduire ainsi ce que Paul-André Fortier ne se résout pas à expliquer.«U est si facile de tricher avec les mots, dit-il.Avec les mots, on peut enrober les choses, jouer au savant.Il est beaucoup plus difficile de tricher avec le corps.» Mieux que ne savent le faire les mots, ajoute-t-il, la danse sait rejoindre directement un spectateur.«Elle le rejoint d’autant plus directement qu’elle se passe de mots pour le faire.» Elle le rejoindrait dans son corps, modulerait son souffle, scanderait les battements de son cœur, soutient-il.Comme au cirque, le spectateur retiendrait son souffle devant un danseur qui se tend, se convulse ou se renverse sur scène.«Par mimétisme, le spectateur épouse les tensions qu’il perçoit chez le danseur.Ou se détend de la même façon que lui.C’est tout petit, précise-t-il.Mais c’est là.» «Un de mes plus grands désirs, en tant que chorégraphe, est de rejoindre le spectateur», poursuit Paul-André Fortier, qui peut facilement admettre que les spectateurs soient parfois distraits pendant un spectacle, qu’ils s'évadent pendant un instant même si, pendant ce même instant, lui est en train de s’époumoner sur scène.«Si j’arrive à mettre en branle l’imaginaire du spectateur, à lui donner envie de créer à son tour, eh bien tant mieux! Même s’il s’évade parce que le voilà plongé dans un autre univers que celui que j’essaie de recréer, tant mieux! Au moins, il se passe quelque chose!» Et si le spectateur s’évade parce qu’il ne pige que dalle à ce qui se passe sur scène?S’il s’ennuie pendant le spectacle et rêve de se voir ailleurs?C’est bien son droit, répond Paul-André Fortier.Qui donc aurait édicté en loi l’amour de l’art contemporain?demande en d’autres mots Paul-André Fortier.Voir autrement Trop de gens, malheureusement, fuient la danse contemporaine parce qu’en plus de n’y rien comprendre, ils se sentent obligés, placés devant l’une ou l’autre de ses manifestations, d’aimer sans plus de discussion.Et si la danse pouvait être abordée comme on aborde un nouveau met?«Le brocoli, si on veut aimer ça à tout prix, ça ne passe pas!» commente Fortier.Ne pas aimer, ne rien comprendre, ne pas trouver les mots pour décrire ce qu’on vient de voir sont au nombre des réactions possibles en danse contemporaine, souligne Paul-André Fortier.«Souvent, les mots viennent longtemps après la fin de la représentation», ajoute-t-il.Et c’est aussi pour cette dernière raison qu’il reprend les solos qu’il créa entre 1989 et 1993.Parce qu’une fois suffit rarement; la danse, comme la littérature, la musique ou les autres formes d’art, ne dévoile jamais tous ses secrets lors de la première représentation.Revoir permet de voir autrement, au risque d’être déçu comme d’être séduit malgré soi.Les Males Heures, La Tentation de la transparence et Bras de plomb ont tous été créés en collaboration avec les mêmes créateurs, soit le musicien Gaétan Lebœuf, l’éclairagiste Jean-Philippe Trépanier, les costu- .fl Production Le Grotipe de la Veillée du 18 janvier au 12 février 2000 Mise en scène de Carmen Jolin Avec Frédérique Collin Léa-Marie Cantin Annie Bienvenue Décor Normand Hamel Costumes Anna Biro Éclairages Michel St-Amand Musique Oies Protsidym ’W Wm 1 de Jean Genet rni a'Ri Billetterie : (514) 526-6582 ; PROSPERO Admission: (S14) 790 U4S 1371, rue Ontario Fst www.lavelllee qr .ui À 50 ans et quelques poussières, Paul-André Fortier reprend trois solos à l'Agora dit-ü, ce qu’ils peuvent encore m’apporter.Pour voir aussi, ajoute-t-il, ce que moi, à £ Ci-dessus, Bras de plomb.SOURCE: MICHAEL SLOBODIAN PORTIER DANSE-CREATION de la danse.«Pour voir, 50 ans, je peux en faire.» miers Carmen Alie et Denis Lavoie, le scénographe François Pilotte.Et Betty Goodwin, qui participa à la conception des décors de La Tentation de la transparence et de Bras de plomb.Des collaborations que Paul-André Fortier entretient depuis de nombreuses années.Des collaborateurs avec lesquels il dit avoir développé une «complicité qui se joue hors des mots».Et qui serait née au cours des séances de travail où chacun, bien que concentré sur ses propres tâches, avait la chance d’être «témoin de la manière, de l'acharnement de l’autre».Auprès de Betty Goodwin, d’une autre génération et d’un autre univers que le sien, mais comme lui obsédée par le corps humain, le chorégraphe dit avoir appris à poser des questions lors du processus de création.«Je n’attends plus d’être inspiré avant de me mettre au travail.J’ai appris que la création émergerait du travail.Mais il faut être capable de poser des questions.Les réponses viendront d'elles-mêmes; il faut les attendre, tout simplement.Il faut par contre être capable de jeter.D’effacer.D’élaguer.Et ça, on peut aussi le voir dans le travail de Betty Goodwin, qui efface beaucoup.Mais même de ce qu'elle a effacé, il reste toujours quelque chose.» À l’occasion de la reprise des solos, Paul-André Fortier a invité trois jeunes photographes à se joindre à lui, à observer son travail et à en tirer ce que bon leur semblerait.Et ce qu’ils auront fait de ce temps par- tagé avec Paul-André Fortier sera présenté en même temps et au même endroit que Les Males Heures, La Tentation de la transparence ou Bras de plomb: à l’Agora de la danse.Décidément un lieu de rencontres et de réflexion.PAF! Trois solos du danseur et chorégraphe Paul-André Fortier Les Males Heures, La Tentation de la transparence.Bras de plomb, en alternance, soir après soir, puis en cascade les samedis et dimanches.Du 12 au 16, puis du 19 au 23 janvier 2000, 840, rue Cherrier.Pour réservation: 525-1500 LE THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE PRÉSENTE ANTARKTIKOS une pièce de DAVID YOUNG TRADUCTION : ANDRÉ RICARD MISE EN'SCÉNE : MICHEL MONTY AVEC : BOSSÉ NORMAND D'AMOUR STÉPHANE DEMERS RICHARD FRÉCHETTE GÉRALD GAGNON TURCOTTE “ÜÏKVm JOitl KUMtAUM CONCtmuls MARTIN IASRICQUI MIRRI LAPONTAINI OUVIIR LANDRIVIUI JfAN-rRANÇOtl MDN& PATRICIA RUIL MARC MNtCAl 11 JANVIER AU 12 FÉVRIER 2000 LES ARTS j.q» £jl> ncxnua ^ ® -"‘s «39, PapInMu (Coin Monf-Royal) du Maurier «SL -»,w 55?«C -ïS-Ü- RÉSERVATIONS : (S 14) 323-2246 LA LICORNE ?! ? LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE !) JANVIER 200 0 ?THÉÂTRE B 3 Dans la grande glacière infernale Antarktikos recrée à La Licorne une expédition de 1912 aux confins du monde Avant d’aller sur la Lune, il a fallu explorer les derniers bouts de la planète.Les plus hostiles, les plus sauvages, évidemment.Le To-rontois David Young s’est inspiré d’une des histoires de la conquête du pôle Sud les plus méconnues et les plus plus fascinantes pour sa pièce Antarktikos, qui relance la saison d’hiver, à la Licorne.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Au début du siècle dernier — c’est quand même amusant de pouvoir écrire ça —, au début du XXe siècle donc, les pôles représentaient l’ultime frontière.L’humain avait foulé et fouillé tous les autres continents de la Boule.Restait le pôle Nord, atteint il y a un peu plus de cent ans au bout d’une course folle.Restait aussi l'Everest, le pôle vertical du monde, touché au milieu du siècle, mais peut-être aussi dès les années 20.Et puis, il y avait ce bout du monde d’en bas, l’autre infernal désert blanc, encore plus méchant.L’existence de cette ultima Thule du Sud était connue depuis plus de 200 ans mais même le fabuleux Cook ne put l’atteindre au XVIIT siècle.Les expéditions se multiplièrent ensuite et Davis fut le premier à fouler la neige éternelle du continent, en 1821.Les explorations reprirent vers la fin du XK'.Un premier hivernage fut réalisé en 1898.Après une nouvelle lutte internationale, le Norvégien Amundsen atteignit le pôle du dessous, en ski, le 14 décembre 1911, avant le Britannique Robert Falcon Scott, mort au combat contre l’implacable nature.Là-bas, les conditions climatiques font songer à la Lune.La moyenne annuelle des températures oscille autour de moins 50 degrés celsius.La vitesse des vents peut dépasser les 320 km/h.L’Antarctique est la grande glacière blanche de Dieu.C’est aussi la scène à’Antarktikos, la pièce qui prend l’affiche mardi à La Licorne de Montréal.La fiction des planches s’inspire de la vraie de vraie histoire d’une autre expédition britan- nique, celle du lieutenant Campbell et de ses cinq compagnons de la marine royale, éclipsée dans les souvenirs par la réussite d’Amundsen et la tragédie de Scott.Partis pour un court périple scientifique de sue semaines mais vite piégés par les éléments déments, les six infortunés durent finalement passer sept mois, en 1912, dans la nuit australe et le froid glacial.Antarktikos a été créée en anglais sous le titre Inexpressible Island, à Toronto, vers la fin du deuxième millénaire (en 1997 et 1998, précisément).Traduit en français par André Ricard, le texte a été présenté en lecture publique, l’an dernier, dans le cadre de l’événement Transmission, organisé par le Centre des auteurs dramatiques et le Playwright’s Workshop.Le Théâtre de la Manufacture, installé à demeure à La Licorne, a alors décidé de la créer en français.La mise en scène a été confiée à Michel Monty, qui a fait appel aux comédiens Réal Bossé, Normand d’Amour, Stéphane De-mers, Richard Fréchette, Gérald Gagnon et Jean Turcotte.Avec tout ça, la production a de fortes chances de faire oublier le four glacé de Jonas, une autre pièce sur le sujet de l’exploration polaire, malheureusement à l’affiche à l’automne au Monument-National.Notons aussi que pendant la semaine de la dramaturgie, le jeune Sébastien Harrisson a proposé Floes, un huis-clos d’explorateurs sur une banquise.Ce texte a remporté un prix Gratien-Gélinas.Les explorations théâtrales autour du thème des expéditions polaires se suivent mais ne se ressemblent pas.Young au Yukon Dans le cas d’Antarktikos, la signa- REUTERS L’Antarctique, continent cruel et mystérieux.Une création du Théâtre d'Aujourd’hul Du 12 janvier au 5 février 2000 En coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts d'Ottawa Avec Maude Guérin Patrice Coquereau Didier Lucien Concepteurs: Claude Accolas.Martin Ferland, Judy Jonker, Claude Lemelln.oe René Ginor as mlae an acèna daYVES DESGAGNÉS jaepthe, rie laual 13 janvier COMPLU in coHaboratioft me Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis Montréal T : 514.282.3900 www.emphase.com/tda O ftnimm ROLLINE LAPORTE Normand d’Amour dans Antarktikos de David Young, à La licorne turc de David Young rajoute au gage de qualité probable.On lui doit notamment Glen (1994), sur la vie et l’œuvre de Glenn Gould, un des plus grands pianistes du siècle.dernier.La pièce a été mise en nomination pour un prix du Gouverneur général, un prix Chalmers et dans sept catégories des prix Dora Mavor Moore.Glen a été traduit en plusieurs langues, dont l’allemand et le japonais.«J’ai eu Vidée d’écrire Inexpressible Island alors que j’étais moi-même prisonnier d’une tempête de neige, au Yukon, il y a plusieurs années», explique le dramaturge, rejoint plus tôt cette semaine dans la capitale ontarienne.«J’étais avec trois amis pour une courte randonnée, en été, au mois d’août.On a été surpris par me tempête soudaine, une vraie tempête de neige.Les nuages étaient bas, la visibilité réduite à néant.On a juste eu le temps de s'abriter dans une tente minuscule.On est resté là plusieurs jours, recroquevillés dans nos sacs de couchage.On passait le temps en parlant.Un scientifique qui était déjà allé plusieurs fois en Antarctique a commencé à raconter l’histoire de l’exploration de ce continent jusqu 'à ce qu’il arrive à celle de l’expédition de Campbell.Mon ami a tout de suite précisé que c’était la moins connue et pourtant la plus fascinante des aventures de cet âge épique et héroïque.Cette histoire m’a immédiatement fasciné.» Quand les six marins et savants du début du XX" siècle ont compris qu’ils étaient piégés par la neige et la glace.ils ont creusé un abri de quelques mètres carrés.Ils y sont restés sept mois en se nourrissant principalement de phoques et de manchots.Mais David Young précise qu’il a d’abord été particulièrement attiré par le récit des réunions quotidiennes auxquelles s’astreignaient les membres du groupe, pour y discuter de tout et de rien, de l’organisation de leur survie, de la science et même de leurs rêves et de leurs espoirs.La culture s’organisait donc même au sein de la plus hostile nature.D’ailleurs, le dramaturge et ses compagnons revivaient eux-mêmes cette situation paradoxale dans leur propre abri de toile sous la menace des éléments en furie.«Je me suis intéressé à cette histoire parce que j’y ai reconnu des résonance de mes propres passions», confie David Young, qui a déjà accumulé une bonne dizaine d’expéditions dans le Grand Nord canadien.«Mais franchement, je n’aurais jamais pu passer à travers cet hiver de 1912.Jamais.Je ne peux pas m’imaginer encrassé dans les mêmes vêtements pendant sept mois.Je mourrais de la puanteur de mon propre corps.Alors que le capitaine Campbell, qui était maniaque de propreté, a enduré cela et tant d’autres choses.C’est surhumain.» Les derniers fruits d’un arbre étrange L’écrivain s’est mis au boulot dès son retour à Toronto.Il a lu, beaucoup lu, sur cet âge d’or de l’explora- tion.Il a remonté la filière historique jusqu’à Cambridge en Angleterre, où sont conservés les journaux de bord çt les photographies de l’expédition.A la longue, Young a aussi compris que sa nouvelle matière dramatur-gique fascinait par le portrait concentré du monde qu’elle proposait.Un monde englouti dans la Première Guerre mondiale, «les derniers fruits d’un arbre étrange: l’Empire britannique», comme il le précise lui-même.La caverne antarctique reproduisait cette société de classe, parfaitement hiérarchisée, avec son code de valeurs et de conduite, une société optimiste, fière et sûre d’elle-même.Un monde bétonné emporté dans les champs de ruines du premier jeu de massacre mondial qui a, entre 1914 et 1918, «versé comme une voiture, coulé comme un navire», selon un beau vers d’Aragon.«En 1912, tout semblait possible.Joyce écrivait, Picasso peignait, Freud théorisait.Les explorateurs exploraient.Mais l’orage menaçait et il a finalement éclaté et tout balayé.Le monde dansait sur un volcan.» Encore fallait-il transcrire tout cela pour la scène.Young a pour ainsi dire greffé sa fiction sur un squelette documentaire.Il a mis en scène trois officiers (Campbell, évidemment, le docteur Levick et Priestly, un civil géologue) et trois hommes d’équipage (un sémaphoriste, un matelot, un préposé à la chambre de chauffe).Ces compagnons d’infortunes s’affrontent, se supportent et s’entraident pendant trois actes.Ils discutent aussi beaucoup, évidemment.Car au bout du compte, Antarktikos, comme toute œuvre digne de ce nom, n’est qu’un autre moyen pour juger le monde.Ce qui donne par exemple ce dialogue, entre le number one et le docteur - Levick: L’ère moderne réclame de nous un plus grand effort de franchise.- Campbell: Je la méprise, l’ère moderne.- Levick Peut-on y échapper?- Campbell: Oui, si on vient dans un endroit comme celui-ci.- Levick Pas du tout! (se frappant la tempe).C’est là dedans, tenez, que tout se passe; l’ère moderne est le produit de notre activité mentale.Une complète révolution intellectuelle! Autant que tout autre prétexte, c’est cette activité qui nous a conduit ici, pour une sorte de pèlerinage, le pôle Sud est une idée.Un lieu qui n’en est pas un.Le néant final.«Finalement, j’ai écrit l'histoire d’un huis-clos, évidemment, résume lui-même l’auteur.Un long huis-clos épique de sept mois.En le concentrant pour la scène, j’ai d’abord voulu témoigner du côté mystique de cette expérience.Les membres de l’expédition ont atteint une sorte d’extase, aux limites des capacités humaines.» Le dramaturge établit d’ailleurs un parallèle entre son Glen et son Antarktikos, qui proposeraient les deux versants d’une même montagne mystique.«J’adore le Nord, la montagne, les régions sauvages: c’est mon Eglise à moi, mon paradis à moi.» 4, ' DU 14 DÉCEMBRE 1999 AU 22 JANVIER 2000 Conception et mise en scène : Louise Forestier Direction musicale et arrangements : Jean-François Groulx.Avec Stéphane Brulotte, Louise Forestier, Kathleen Fortin, Louis Cogné, Gabriel Gascon, Lynda Johnson et Hélène Major.Asilttance à la mise en scène et régie : Manon Bouchard.Musiciens : Jean-François Groulx, Jean-Bertrand Carbou.Concepteurs ; Claude Goyette, François Barbeau, Michal Baauiieu et Eddy Freedman.théâtre du rideau vert (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.CQ - 4664, rue Saint-Denis • Métro Loerter Service de garderie le samedi et le dimanche en matinée sur réservation seulement £ m * Un spectacle de grande tenue.Un spectacle magnifique.Un cadeau de cœur.Solange Lévesque - Le Devoir Le bijou de notre fin de saison.La joie qu'on ressent est tout à fait authentique.Payez-vous ça.Valérie Letarte - C'est bien meilleur le matin, CBF C'est vraiment très très bon comme spectacle.Pénélope McQuade - Salut Bonjour !, TVA C'est très réussi ! Carmen Montessuit - Journal de Montréal La chanson dans sa splendeur théâtrale.Winston McQuade - Multimédi'Art, CBF C'est fait avec minutie, avec tendresse, avec émotion ! C'est un grand grand coup du Rideau Vert.Chantal Lamarre - Flash, TQS .warmly seductive.velvety voices.Pat Donnely - the Gazette N'attendez plus, allez vous faire plaisir au Rideau Vert.La chanson, c'est contagieux.Claude Deschênes - Montréal Ce Soir, SRC Tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le Québec d’aujourd’hui Rétrospective du XXe siècle québécois René Durocher, Paul-André Linteau, Gilles Marcotte et Jean-Jacques Simard Textes entièrement inédits Publié sous la direction de Roch Côté et en collaboration avec le journal Le Devoir, Québec 2000 réunit au-delà de cinquante experts, journalistes et universitaires.Un panorama complet, illustré et chiffré Une rétrospective des événements marquants Une analyse des grandes tendances sociales, démographiques, culturelles et économiques Un survol de l'actualité dans toutes les régions du Québec Un dossier spécial sur l'évolution de la famille, du couple et du mode de vie des Québécois Le point sur deux débats de l'année : le modèle québécois et l'identité québécoise iïlISiï En vente dès maintenant FIDES 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE I) JANVIER 2000 B 5 CINÉMA V, SOURCE ALLIANCE AT1-ANTIS VIVAFILM Dans Magnolia, Jason Robards joue le rôle d’un vieux milliardaire sur son lit de mort.Radiographie d’un monde aliéné MAGNOLIA Écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson.Avec Tom Cruise.John C.Reilly, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Melora Waters, Philip Baker Hall, William H.Macy, Jason Robards, Jeremy Blackman.Image: Robert Elswit Montage: Dy-lan,Tichenor.Musique: Jon Brion.États-Unis, 1999,179 minutes.MARTIN BILODEAU Aucun cinéaste ne s’intéresse autant à la famille, comme lieu de toutes les aliénations, que Paul Thomas Anderson (Hard Eight, Boogie Nights).Et comme la plupart des cinéastes ayant le vent dans les voiles, chaque nouvel opus marque l’élargissement de son angle de vue sur le monde qui le tourmente.Après l’intimiste Hard Eight, sur le jeu et ses pièges, et le vase clos de Boogie Nights, sur la faune qui gravitait autrefois autour de l’industrie du cinéma porno, Anderson atteint l’ouverture maximale avec Magnolia.Son film est en fait le macrocosme désenchanté de la banlieue socialement (et physiquement) crevassée de Los Angeles, où des destins s’entrecroisent au fil d’un récit fragmenté, qui conduit tranquillement son drame jusqu’à un événement saugrenu et chavirant.Chacun des personnages du film — qui en compte une dizaine, égaux en importance, sans doute la seule justice à laquelle ils peuvent tous aspirer — vit une crise affective importante, souvent liée à une rupture avec le père, ou à un rapport intergénérationnel tendu, dont le cinéaste a comprimé les enjeux sur une période de 24 heures.À Tinsu de sa jeune épouse (Julianne Moore), un vieux milliardaire sur son lit de mort (Jason Robards), demande à son infirmier (Philip Seymour Hoffman) d’appeler à son chevet le fils qu’il a abandonné quelques décennies plus tôt (Tom Cruise), lequel, prêcheur à la télévision pour le rétablissement de l’ordre masculin, se fait cuisiner par une journaliste aux dents longues (April Grace).Pendant ce temps, un gamin de douze ans (Jeremy Blackman), whiz-kid d’un jeu télévisé où il remporte d’importantes sommes d'argent qui assurent la subsistance de son père (Michael Bowen), s’«échappe» en ondes et refùse de continuer à jouer.Au grand désespoir de l’animateur (Philip Baker Hall), vedette du petit écran nouvellement diagnostiqué d’un cancer généralisé.qui tente du coup de consoler sa fe; ime (Melinda Dillon) en renouant avec sa fille (Melora Walters), une prostituée cocaïnomane dont s’éprend un policier solitaire (John C.Reilly), lequel préviendra, entre autres méfaits, le vol d’un magasin d’électronique perpétré par un endetté chronique (William H.Macy), ancien enfant-star en mal d’affection.Comédie vitriolique sur la solitude des êtres et sur la force des liens filiaux qui y conduisent, Magnolia se veut à la fois le survol d’un monde aliéné, ainsi que sa radiographie.Or, si le film remplit parfaitement son premier objectif, grâce à une construction vivante et des personnages bien découpés, le second est assujetti à un traitement superficiel qui nous renvoie au souvenir de Short Cuts et Happiness, deux films qui, partant d'une même prémisse, creusaient plus en profondeur les situations et la psyché endolorie des personnages.Cela dit, Anderson possède un don pour la symphonie de visages; il butine d’un personnage à l’autre avec beaucoup de grâce, puis les rassemble à quelques reprises sous un même parapluie, le temps d’une chanson que tous fredonnent dans leur solitude, ou encore, vers la fin du film, au moyen d’un événement surréaliste (et fort surprenant), qui donne un dernier élan à ce très long film (trois heures), ainsi qu’un nouveau départ aux héros transformés par l'expérience.La presse américaine, qui a vu Ma- gnolia quelques semaines avant nous, n’a de cesse d’encenser Torn Cruise, dont la performance agitée se résume pourtant à une série d’œillades narcissiques.Julianne Moore, inoubliable dans Boogie Nights en star camée, déçoit elle aussi, dans un rôle trop sommairement dessiné d’épouse de millionaire torturée par le remords.William H.Macy et Philip Seymour Hoffman, qu’on suit depuis quelques années, montrent ici un visage qu’on les a vus porter ailleurs.Par contre, la nouvelle venue Melora Walters se révèle intense et convaincante en junkie, et John C.Reilly, comédien sous-estimé devenu un habitué des films d’Anderson, est tout aussi subtil et juste.Cela dit, le grand favori de ce jeu inégal est le petit Jeremy Blackman, enfant mal aimé qui aura seul le courage d’ensabler cette machine absurde dont Paul Thomas Andersop a voulu exposer tous les rouages.A défaut de quoi le cinéaste nous a simplement montré comment elle fonctionne, et combien intraitable elle peut être.Kaléidoscope expressionniste SNOW FALLING ON CEDARS (LA NEIGE TOMBAIT SUR LES CÈDRES) De Scott Hicks.Avec Ethan Hawkes, James Cromwell, Max Von Sydow, Youki Kudoh.Scénario: Ron Bass, Scott Hicks, d’après le roman de David Guterson.Image: Robert Richardson.Montage: Hank Corwin.Musique: James Newton Howard.États-Unis, 1999,125 minutes.MARTIN BILODEAU Il est toujours agréable de constater qu’un cinéaste nouvellement admis dans le cercle hollywoodien persiste à mettre le langage et l’audace à l’avant-plan de la création.Propulsé dans l’arène grâce à l'émouvant Shine (Le Prodige), l’Australien Scott Hicks a désormais conscience que son travail est sous haute surveillance, et c’est sans doute pourquoi il a refusé plusieurs œuvres de commande pour relever un défi plus grand, celui de porter à l’écran un roman narrativement complexe, Snow Falling On Cedars, qui, en 1994, a valu à son auteur David Guterson le prestigieux prix Pen/Faulkner, en plus de rallier des millions de lecteurs.Ce roman (conune le film) a pour théâtre une petite île au large de la côte du Pacifique, près de Seattle (voir aussi le texte sur ce film à la une de l’Agenda), où la mort présu-mément criminelle d’un pêcheur et propriétaire terrien sème l’émoi et conduit bientôt un suspect, Kazuo Miyamoto (Rick Yune), fils d’immigrants japonais, devant les tribunaux.Nous sommes en plein cœur de la saison froide, à l'aube des années 50, à l’heure où les fantômes de la récente guerre du Pacifique hantent encore les survivants.Un de ces survivants s'appelle Ishmael Chambers Ethan (Hawke); reporter pour le journal local, il suit les procédures judiciaires tout en servant de relais à une abondante série de flashs-back et digressions, qui ont pour fonction de réinterpréter les événements qui se déroulent au présent.D'aspect froid et hyper-esthétique, quoique de température émotive élevée, Snow Falling On Cedars est une œuvre à plusieurs paradoxes, difficile à aimer parce qu’elle ignore les escales romanesques d’usage, admirable, toutefois, parce que sa construction parvient à évoquer, en l’épousant au mieux de ses possibilités, le comportement irrationnel de la pensée, avec ses digressions, ses échos et les commandes de la mémoire.Avec pour résultat un kaléidoscope expres- sionniste contrôlé, aux images scintillantes — ce qui leur fait parfois frôler l’abstraction —, qui, par la mise en scène et le montage, transforme un récit conventionnel et universel, sur la collision entre le racisme ordinaire et le sentiment amoureux, en un puzzle cognitif sur la mémoire, la conscience et la justice.Bref, Snow Falling On Cedars nous fait pénétrer (et subir) la pensée d’un héros, Ishmael, victime d’un monde ignorant qui l’a empêché d’aimer Hatsue (Youki Kudoh), celle qui tient aujourd'hui la main de son époux, l’accusé.Acteur solide mais peu connu, Ethan Hawke campe ce héros ordi- naire et tourmenté avec une étonnante souplesse, compensant par des regards embués et une attitude rigide les rares espaces dramatiques qui lui sont alloués pour expliquer ses gestes.Son jeu sobre mais intense marque un intéressant contraste avec celui de Max Von Sydow, en éloquent avocat de la défense, qui semble jouer sa carrière et sa réputation sur l’innocence de son client Père de la raison dans ce monde où tous les personnages sont submergés par leurs émotions, Von Sydow, de son regard bleu azur, fait littéralement fondre cette île d’hiver où Scott Hicks a eu la bonne idée d’aller planter sa caméra.DOANE GREGORY/UNIVERSAL PICTURES Ethan Hawke et Youki Kudoh dans Snow Falling on Cedars SOURCE AUAINCE ATIANTIS VIVAEU.M Une scène de Magnolia, de Paul Thomas Anderson Près de 1 million de spectateurs après seulement 2 semaines en France SABINE EMMANUEUE CHARLOTTE AXÉMA BÉART GAINSBOURG «À METTRE À VOTRE AGENDA DE LA PROCHAINE QUINZAINE!» — Normand Provencher, LE SOLEIL
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