Le devoir, 6 janvier 2000, Cahier B
LE DEVOIR rnniuAnnr h \j VTfülVl 1 u Culture Page B 8 Bourse Page B 3 Les sports Page B 6 InterCanadien LE DEVOIR.LE .1 E 0 1) I 6 .IA N V 1 E R 2 O (I () Les priorités de la FTQ Le code du travail et remploi La liste des préoccupations de la centrale syndicale est longue Tout n’est pas joué, mais les chances sont minces SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR C) est dans quatre jours que les employés d'InterCana-dien sauront si le Fonds de solidarité des travailleurs FTQ investira ou non dans la relance du transporteur aérien, immobilisé depuis le 27 novembre.Si, avant Noël, les dirigeants de la FTQ étaient plutôt optimistes, aujourd’hui, ils le sont de moins en moins.C’est ce qu'ont laissé entendre hier le président de la FTQ Henri Massé et son secrétaire général René Roy, en conférence de presse.Les deux dirigeants ont affirmé qu’ils travaillaient d'arrache-pied avec des proches d’Air Canada et du gouvernement.Des rencontres ont eu lieu mardi soir et hier dans la journée.Que revendique la FTQ pour participer à la relance du transporteur?«Une fenêtre», a expliqué René Roy, c’est-à-dire un accès garanti à InterCanadien dans le transport aérien régional.Cette garantie devrait venir et d’Air Canada et du gouvernement La FTQ croit qu’il existe une place pour InterCanadien dans le transport régional.Mais la concurrence étant ce quelle est, c’est-à-dire féroce, pour que la relance soit viable, il est indispensable que le gouvernement intervienne en faveur d’InterCanadien.«Nous muions dire à Air Canada que nous voulons une partie du trafic aérien régional, et au gouvernement qu’il doit garder un peu de concurrence et forcer le bras d’Air Canada», a-t-il poursuivi.Mais la FTQ n’est plus très optimiste.Une étude d’experts menée pendant le temps des Fêtes a révélé que l’état des finances du transporteur était des plus mal en point.«Les pertes sont importantes et les investissements que cela prendra sont majeurs», a avoué René Roy.Il n’a pas voulu donner de chiffres précis, mais a tout de même avancé: «Dans le meilleur des scémrios, nous allons perdre 5 millions, et dans le pire des scénarios, nous allons perdre 13 millions.» «Nous étions plus optimistes avant Noël mais >naintenant que nous avons les chiffres exacts, nous le sommes moins», a commenté pour sa part Henri Massé.Le président a même reconnu que si sa centrale syndicale s’était lancée dans le dossier, c'était uniquement parce que le transporteur comptait «900 travailleurs FTQ relativement bien payés.On- ne peut pas abandonner ça».Quoi qu’il en soit, c’est dans quatre jours, soit le lundi 10 janvier, que le verdict sera rendu.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) s’est fixé deux priorités pour l’an,2000: la réforme du Code du travail et l’emploi.À cela viendront s’ajouter la question du travail chez les jeunes ainsi que divers projets de relance d’entreprises, sur lesquelles travaillent actuellement le Fonds de solidarité de la centrale syndicale.C’est ce qui ressort du traditionnel message du Nouvel An de la FTQ, livré hier en conférence de presse par son président Henri Massé, en compagnie de son secrétaire général René Roy.«La réforme du Code du travail et l’emploi sont nos deux priorités.Le Code du travail n ’a pas changé depuis des années.Le gouvernement s’était pourtant engagé à le modifier lors de la dernière campagne électorale, mais il n’en a rien fait.Pour ce qui est de l'emploi, il y a beaucoup de jeunes aujourd'hui qui n’ont pas d’emploi [.].Nous devons travailler pour faire baisser encore le taux de chômage et assurer un avenir meilleur aux jeunes», a déclaré Henri Massé.Déjà-vu Les priorités ressemblent de beaucoup à celles rendues publiques au même moment l’an dernier.Pour cause: le gouvernement s’était engagé à retravailler le dossier du Code du travail, chose qui n’a pas été faite.«Le ministère du Travail devait faire un rapport et le déposer à la fin octobre début novembre.Il n’est jamais venu», a rappelé Henri Massé.La FTQ demande donc le dépôt du rapport en question ainsi qu’une modification du Code du travail, lequel continue de nier l’accès à la syndicalisation de toute une série de travailleurs.Outre les travailleurs autonomes, «les taxis, les travailleurs de la forêt, du camionnage, des machineries de production, tous ces gens-là ne font pas partie du code», a dénoncé Henri Massé.Selon la FTQ, ils doivent être intégrés dans la législation québécoise pour que celle-ci soit enfin «conforme à la modernité».Concrètement, la FTQ s’attellera à ce dossier ARCHIVES LE DEVOIR Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs du Québec par un travail de «lobbying intensif» dans toutes les circonscriptions du Québec et auprès de tous les partis, aussi bien le Parti québécois que l’Action démocratique du Québec (ADQ) ou le Parti libéral.Pour ce qui est de la question de l’emploi, la FTQ mettra tout en œuvre pour réduire le taux de chômage sous la barre des 9 % et dépasser ainsi les prévisions déjà optimistes de la Caisse de dé- pôt et placement du Québec.En décembre, dans sa revue Cycles et tendances, la Caisse prévoyait la création de 68 000 emplois pour 2000.La FTQ voudrait que les chiffres soient encore supérieurs.Différents secteurs auront priorité, notamment la construction et les infrastructures.«Quand la construction va, tout va, a rappelé René Roy.On s'attend à ce que cette industrie tire le chômage vers le bas.» Par ailleurs, la question de l’avenir des jeunes continuera de dominer le programme de la FTQ.La centrale syndicale participera au sommet de la jeunesse qui doit se tenir dans deux mois.Elle prévoit d'«exiger une plus grande flexibilité du côté du monde du travail et demander la création d'emplois de qualité», a précisé Henri Massé.Le président a rappelé que sa centrale comptait le plus grand nombre de jeunes et qu’il souhaitait accroître davantage leur taux de syndicalisation.«Chaque année, depuis deux ou trois ans, nous faisons un sondage CROP.Parmi les jeunes de 25 ans et moins.51 % veulent se syndiquer».des chiffres qui permettraient selon lui de conclure que les jeunes croient encore au syndicalisme.La FTQ souhaite aussi augmenter son nombre total de membres, qui atteint le demi-million aujourd’hui.Chaque année, quelque 25 000 nouveaux syndiqués s’ajoutent à la liste.Parmi les projets de relance d'entreprises auxquels participera le Fonds de solidarité en 2000, le dossier du transporteur aérien InterCanadien (voir ci-contre) ainsi que celui de l’usine Gaspésia à Chandler ont été cités.A Chandler, «nous appuyons la démarche du syndicat et nous avons clairement fait savoir que, s’il y avait un projet de relance, le Fonds de solidarité serait là», a affirmé Henri Massé.Finalement, la FTQ continuera de réclamer que le gouvernement réinvestisse dans l’éducation et la santé et qu’il réduise les impôts.«Nous devons travailler pour faire baisser encore le taux de chômage et assurer un avenir meilleur aux jeunes» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gérald Ponton, président de l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec.F- Entrevue avec le président de l’Association des manufacturiers Emploi-Québec devrait être transformé en société d’Etat FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Il n’y a pas 36 solutions pour venir à bout des déboires d’Emploi-Qué-bec, estime Gérald A Ponton, le président de l’Association des manufacturiers et des exportateurs du Québec.Emploi-Québec devrait être tout,simplement transformé en société d’Etat.«La solution passerait par un statut de société d’État comme on avait à l’époque avec la Société québécoise de développement de la main-d’œuvre, mais avec une dynamique davantage axée sur un partenariat patronat, syndicats et groupes communautaires», a expliqué M.Ponton dans un entretien accordé au Devoir, au cours duquel il a dressé un bilan de l'année 1999.Il affirme que l’AMEQ a fait des représentations auprès du gouvernement Bouchard pour qu’on adopte cette solution.Mais en vain.«On nous a expliqué que notre solution coûtait 80 millions de dollars de plus en effectif budgétaire.» L’AMEQ conteste ce chiffre car, selon M.Ponton, on pourrait y regagner en efficacité et on obtiendrait de meilleurs résultats.«On ne peut pas demander à l’Etat d’être aussi attentif et prévenant aux besoins des particuliers qu'un organisme dont le mandat est voué à l’atteinte de résultats concrets», laisse tomber le président de l’AMEQ, qui trouve d’ailleurs paradoxal, qu’on veuille créer des sociétés d’Etat pour gérer les parcs, la faune et la flore, alors qu’on confie la gestion de l’emploi à un ministère.Selon lui, cette nouvelle société d'Etat pourrait s’inspirer de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST), à laquelle siège des représentants du monde patronal et syndi- cal.Et contrairement au CPQ (Conseil du patronat du Québec), l’AMEQ tient mordicus à ce que les groupes communautaires en fassent partie.«Je sais que mon collègue Gilles Taillon [le président du CPQ] a fait une proposition dans laquelle il n 'impliquait pas nécessairement la participation des groupes communautaires.Nous, on pense que ces groupes doivent être partie prenante à cette dynamique parce qu’ils ont un rôle important à jouer dans la prestation de services d’emploi», insiste M.Ponton.Selon lui, on pourrait également faire une place à des représentants du milieu de l’enseignement, mais seulement à titre d'observateur.«À titre de partie décisionnelle, c’est assez difficile quand ces organismes dépendent des fonds qu’on met à leur disposition pour clore un budget, alors on peut s’interroger sur la transparence du processus à cet égard.» M.Ponton rappelle que sa proposition afin de régler les déboires d’Em-ploi-Québec s’inscrit en droite ligne avec la réflexion qui, selon lui.doit impérativement se tenir au Québec en ce qui concerne le modèle québécois.Au printemps dernier, M.Ponton avait demandé, mais sans succès, au gouvernement Bouchard de lancer une commission nationale sur l’économie et l’emploi afin d’étudier l’écart qui sépare le Québec du reste du Canada en matière de performance économique.Le vice-premier ministre Bernard Landry, qui avait d’abord rejeté l'idée, a annoncé le 27 octobre que son gouvernement commanditerait une étude avec l’AMEQ sur la question.Aux dires de M.Ponton, il ne s’agit pas de faire cet exercice pour instaurer un État minimaliste «traditionnellement proposé aux Québécois» par les associations patronales.«Il faut qu’on regarde comment on peut améliorer notre façon de faire au Québec, précise-t-il.[.] On veut un rôle d’Etat planificateur plutôt qu’opéra-teur.On croit dans un État efficace qui a un rôle important à jouer dans l'atteinte des objectifs publics.Mais en même temps, on ne pense pas que c'est à l’État que revient l’exclusivité de tous les rôles.» Par exemple, selon des données de 1996 (Institut de la statistique du Québec, Statistique Canada et OCDE), l’administration publique représente 20,8 % de l’emploi total au Québec, alors que ce pourcentage s’établissait , à 18,9 % au Canada, à 13,2 % aux États-Unis, à 15,3 % en Alle- magne, à 15,8 % en Italie, à 5,9 % au Japon et à 14,1 % au Royaume-Uni.Seule la France, avec un pourcentage qui s’élève à 25,1 %, dépasse le Québec, du moins dans le G7.M.Ponton s’appuie notamment sur cette comparaison pour réclamer une mise à jour du modèle québécois.Mais la comparaison effectuée par l'AMEQ ne tient pas compte de pays dynamiques comme le Danemark ou les Pays-Bas, qui ont enregistré respectivement des taux de chômage, de 4,7 % et 3,6 % en 1999 (source: L’État dq monde 2000), et où la présence de l’État dans l’économie est traditionnellement importante.Bilan mitigé En ce qui concerne la performance de l’économie québécoise en 1999, M.Ponton estime que ce fut une aimée somme toute positive, avec une croissance des expéditions manufacturières (5,5 %) et des exportations (8 %), et ce même si l’AMEQ constate un retard «rageant» et «vexant» si on compare entre autres la création d’emploi au Québec (2,3 %) à celle de l’ensemble du Canada (2,8 %).M.Ponton s’est par ailleurs dit déçu de l’adoption de la loi contre les clauses de disparité de traitement (clauses discriminatoires), fl reproche également au gouvernement Bouchard de ne pas avoir mis en œuvre le rapport Lemaire sur l'allégement réglementaire au Québec.Enfin, selon lui, l'échec du débat sur les administrations locales n’annonce rien de bon pour les contribuables québécois.M.Ponton croit que les réductions d’impôts fédérale et provinciale pourraient être annulées par des augmentation d’impôt au niveau municipal.1999 a été une année somme toute positive, avec une croissance des expéditions manufacturières et des exportations et ce, même si l’AMEQ constate un retard «rageant» et «vexant» si on compare la création d’emploi au Québec à celle de l’ensemble du Canada Québec ÉCONOMIQUE TOMBÉE PUBLICITAIRE: 14 JANVIER 2000 CAHIER SPECIAL PARUTION 22 JANVIER 2000 B 2 LE DEVOIR.LE JEUDI fi JANVIER 2 0 0 0 ÉCONOMIE La turbulence boursière Les titres technologiques sont refroidis par des craintes sur les taux d’intérêt REUTERS ET AFP Les titres technologiques ont poursuivi leur brusque chute hier alors que les investisseurs qui craignent d’éventuelles hausses de taux ont tout fait pour conserver leurs gains sur des titans comme Nortel Networks et JDS Uniphase.Les firmes de télécommunications ont le plus souffert à la Bourse de Toronto hier, dont l’indice de référence, le TSE 300, s’est replié de 83,18 points (1 %), à 8119,42.Le fabricant de matériel de fibre optique JDS Uniphase se trouvait au premier rang des perdants en valeur nette alors que Nortel, l’un des plus grands fabricants mondiaux d’équipement de télécommunications, occupait la quatrième place.Le géant canadien des télécommunications BCE, qui détient une participation de 41 % dans Nortel, chutait en milieu d’après-midi de 6,65 $, à 117,45 $.Le sous-secteur des services publics perdait 612,96 points à 11452,09.«Les gens présument automatiquement que [les hausses des taux vont] affecter certains titres des services publics», a dit Fred Ketchen, administrateur délégué chez Marchés capitaux Scotia, en référence aux craintes des marchés quant à une possible hausse des taux d’intérêt de la Fed américaine en février.«En même temps, je pense que ça incite probablement certaines personnes à profiter des gains dont ils ont bénéficié grâce aux gains rapides de ces titres en 1999.» Nortel perdait 6,85 $ à 130,50 $.Nortel, l’im des titres les plus actifs à la Bourse de Toronto au quatrième trimestre, souffre du déclin de l’intérêt américain pour les titres technologiques, a dit Rob MacLellan, analyste chez CT Securities, à Toronto.Si cette glissade se poursuit, davantage d’investisseurs pourraient se retirer des actions hautement valorisées, a-t-il ajouté.«f/ne ou deux chutes quotidiennes significatives ont tendance à rendre les gens nerveux», a précisé MacLellan.Perte de confiance dans les valeurs de l’Internet Après le coup de semonce des lendemains de fête au NASDAQ, les interrogations se multiplient sur la valeur des actions de l’Internet et sur un pos- sible retournement du marché en 2000.«Nous assistons à une surévaluation de la bourse en général et des valeurs technologiques en particulier», estime le directeur de recherche de l’agence d’analyse financière First Call, Charles Hill.L'histoire boursière américaine est riche en précédents, de l’engouement pour les compagnies ferroviaires au 19e siècle aux premières valeurs informatiques à la fin des années 60, rappelle-t-il.Charles Hill va jusqu’à tirer un parallèle entre l’aventure de l’Internet excelle de la radio dans les années 20.«À l’époque, c’était une révolution.Sur les centaines de sociétés qui existaient alors, seule une, RCA, a survécu et son action a chuté», dit-il.«Quand quelque chose de nouveau surgit, cela conduit à un excès.Vient ensuite un gros krach et ceux qui ont survécu repartent sur de bonnes bases», note-t-il.«Cette fois, la bulle financière est plus grosse.La révolution est aussi plus grosse», ajoute le directeur de First Call.Pour le spécialiste de stratégie boursière de la banque d’affaires Morgan Stanley Dean Witter, Byron Wien, les méthodes traditionnelles d’évaluation boursière, qui reposaient d’abord sur les bénéfices, ont fait long feu.«Les sociétés sont désormais cotées sur la base de leurs possibilités, non de la réalité.Cest un phénomène très dangereux», es-time-t-il.«Nombre de sociétés ont des niveaux d’évaluation qui ne seront soutenus par aucun niveau de bénéfices dans les cinq prochaines années.» Si l’issue semble toute tracée, selon un certain nombre d’analystes, pour les valeurs de l’Internet et de la haute technologie, il reste difficile toutefois de prédire quand le tremblement de terre va se produire.Là où les uns, comme M.Wien, prédisent clairement une correction, soit une baisse d’environ 10 %, pour l’année à venir, d’autres comme Charles Hill sont plus sceptiques sur la portée du recul subi depuis mardi.«Nous avons assisté à un phénomène similaire au début de l’année dernière.Les gens ont aussi gagné beaucoup sur les valeurs technologiques en 1998 et ont attendu le début de l’année, pour des raisons fiscales, pour vendre.» Il faut désormais étudier comment le marché va évoluer dans les prochains jours pour savoir si le parallèle avec janvier 1998 est pertinent ou si un autre phénomène est en train de Aeé fictité - déjeunera (?ammurtic * ?» ) LE DEVOIR.L E .1 E II D I
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