Le devoir, 3 mars 1917, samedi 3 mars 1917
VOLUME VIII—No 52 DEUX SOUS LE NUMERO MONTRÉAL, SAMEDI 3 MARS 1917 .¦ - .- i Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 OO UNION POSTALE.8 OO Édition hebdomadaire CANADA.S3 OO ETATS-UNIS.3 50 UNION POSTALE.3 00 Rédaction et administration : 43.RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION: - Main 7460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! h LA MEMOIRE D’HENRI JULIEN BILLET DU SOlli C’EST LE PRINTEMPS Henri Julien eut cet inestimable bonheur de posséder quelques amis fidèles.Ils ont gardé son souvenir par-delà la tombe, ils rendent à sa anémoire un culte fraternel et lui assureront, dans la piété nationale, la place qu'elle mérite.Déjà, au lendemain presque de la disparition du grand artiste, ils avaient obtenu qu’une rue de Montréal porte son nom; — et je sais beaucoup de jeunes gens, et de vieux même, qui ne peuvent entendre jeter ce nom: Avenue Henri-Julien, sans que tout un essaim de pensées se presse tn leur -cerveau.—- Dans ce pays où les chefs politiques ont presque monopolisé l’attention des foules et les faveurs de la renommée, c’est un (spectacle magnifique que cet hommage rendu à un homme qui n’a vécu que pour son art, qui n’a jamais voulu sortir de sa modeste sphère.Et C’est mie grande leçon: elle apprend à la fouie qui passe, aux petits -enfants qui grandissent et (fîtnui lesquels se trouve peut-être quelque illus-!tre dessinateur de demain, qu’il est un autre type de noblesse que la grandeur politique, un autre genre de succès que le succès électoral.Ce premier -geste maintenait -dans la foule le nom d’Henri Julien, l’imposait à la mémoire de centaines de milliers d’individus.Les amis ide Julien ont cru qu’ils devaient faire davantage: essayer d’arracher à l’oubli une partie de son oeuvre, fournir à l’élite les pièces justificatives, pour ainsi dire, de leur admiration, assurer à la pensée de l’artiste, à sa technique, un rayonnement nouveau.Ils ont décidé de publier d’album ïnagnifique que vient d’éditer pour eux la maison Beauchem-in.* ¦*¦ * Wien fut, a-t-on dit, le premier des illustrateurs quotidiens — le premier dessinateur qui ait fait métier de jeter sur le papier l’é.vénemeut (d’hier, le fait vieux de quelques heures à peine: la réunion publique, le (débat parlementaire, la scène judiciaire, l’incendie, le gros accident, que isaisHje encore?— A-t-on réfléchi à l’effroyable, au tragique travail que cela pouvait représenter?Improviser, réaliser au galop, car le journal jTattend pas, c’était le tour de force; ]’,angoisse pour l’artiste, ce devait être -de ne pouvoir jamais donner à son rêve le plein vol, de trouver éternellement incomplète son exécution.La douleur, la douleur poignante, ce dut être aussi l’obligation d’apporter à cette dévorante besogne, qui l’intéressait par beaucoup de côtés mais qui restait étrangère à sa grande pensée -artistique, le meilleur de son temps.— Combien de fois, en feuilletant ses dessins canadiens : illustrations de livres d’histoire ou de roman, scènes de la vie de campagne, types -de paysans ou de bourgeois d’autrefois, ne nous sommes-nous pas dit: Pourquoi faut-il que Julien ne puisse nous donner la galerie unique, la -collection de types que lui seul pourrait fixer?C’est avec une douloureuse émotion que l’on apprend que tel était son rêve, que nul travail ne le passionnait autant et que la mort l’a saisi à l’heure où toute une série de dessins canadiens s’esquissaient déjà dans sa pensée, où la vie semblait lui permettre d’apporter à la réalisation tie son rêve personnel, avec une expérience unique, de convenables loisirs.Saurons-nous jamais ce que nous perdîmes ce soir de septembre 1908 où l'implacable syncope foudroya le grand artiste?•* * * La vie de Julien fut lourde de labeur.U a semé pendant plus de trente an-nées, dans les journaux du pays, de France et d’Angleterre parfois, les dessins les plus variés.A côté des improvisations quotidiennes que nous rappelions tout à l’heure, il faut placer les dessins que lui arracha moins brutalement l'hebdomadaire, ceux que son imagination put à son aise -caresser, et cela formait, avec ses illustrations d’auteurs et ses quelques peintures, une oeuvre aussi abondante que diverse.Mais cette oeuvre, pour la presque totalité, était enfouie dans les coiffe étions de journaux.Qui irait, dans ces pages vieijlies, perdues ap fond de rares bibliothèques, revoir les dessins qui faisaient jadis nob/-’ admiration, les portraits criant de vérité, où l’âme même des politiciens semble pour jamais fixée, les caricatures qui amusèrent tant -de milliers de lecteurs, tout ce monde d’images où revivent trente -années de vie politique?Les amis -de Julien ont voulu que les amateurs connussent au moins (fm©partie de cette oeuvre, qu’ils la pussent savourer à loisir, qu’elle -ser-.yit de anodèie et de sujet d’étude aux jeunes.Dans l’album magnifique -{sur la couverture bleue duquel se détache, en lettres d’or, la griffe du pra-nd artiste, ils ont réuni plus de deux cents de ces dessins, parmi les jtdus caractéristiques.C’est une collection unique au -Canada.— Je n’ai, -pour ma part, aucune compétence en matière artistique, mais avec la jfQule, qui serait fort en peine de rendre compte de son sentiment, mais Ptpü sent tout de même, je puis toutefois dire: Comme c’est bien ça! Que ceux qui ont connu M.Tarte, par exemple, feuillettent l’album, qu’ils re-(Voient et comparent les nombreux portraits et caricatures qu’esquissa ide lui Julien: n’est-ce pas, au-delà de même de ce que nous pourrions exprimer, le Tarte que nous avons vu à la tribune ou dans l’in-timit-é?L’impressionnable par excellence a été fixé en dix instantanés, également vrais.El de combien d’autres ne pourrait-on dire la-même chose?»— Je me ferais qu’un reproçhe aux éditeurs,-celui de n’avoir pas daté les ^dessins: ce sont, pour la plupart, de véritables documents historiques.* * * Quelques notices accompagnent les reproductions de l'album.Elles disent d’admiration des amis de Julien et leurs regrets.Nous voudrions Souligner la note particulièrement émouvante qui marque celle des amis anglais de.l’artiste.Ses attaches professionnelles lui ont fait passer au milieu d’eux trente années de sa vie: ils ont tenu à affirmer que jamais homme n’avait été plus .profondément eanadien-français, qu’il ne se trouvait parfaitement heureux qu'au milieu des hululants, que son rêve majeur était de fixer les types, les légendes, des traditions de sa race, que là tendait le grand effort de sa vie, qu’il est tombé à Theure où il espérait hâter la réalisation d’une partie de ce rêve.Ils ne pouvaient déposer sur sa tombe de plus délicat hommage.Pour tout ce qu’il a fuit, pour tout ce qu’il a voulu faire, nous devons à Henri Julien une immense dette de gratitude.Remercions ceux qui nous permettent d’en acquitter une minime partie.Orner HEROUX.C’est le printemps.C’est le printemps pour mai.Peut-être Irou-vez-vous encore l'air vif, le vent frais?Je les trouve doux, suaves.Pourquoi les t/ens aujourd’hui semblaient-ils pelés, pourquoi enfonçaient-ils complaisamment leur menton dans la fourrure?Avec un ciel si bleu et un soleil si chaud, a-t-on froid?C’est une houle.Moi, parce que dans lu rue.la neige fondait et parce qu'il y avait des flaques d’eau, je me voyais déjà 1res loin, à l’été, en promenade sur le fleuve, pur exemple, avec an tricot sur les épaules, mais par parure seulement.C’est le printemps.Je le sens aux projets qui me passent par l’esprit, aux couleurs qui m’apparaissent, aux rêves qui m’occupent.Que je m’en organise, des jours de vie! Je me prépare à des voyages où je me promets d’admirer au iar-din du coin les fleurs aux pommiers, les feuilles aux arbres, Puis, moi qui ne suis pourtant ni vaniteuse, ni coquette, je perds déjà des quarts d’heure devant les cahiers de mode, je choisis et rejette l’an après Vautre des modèles de vêlements.C’est le printemps.Comment sera mon costume, quel air nouveau aura mon visage sous mon chapeau neuf?C’est le printemps.Quelle transformation subira mon âme ?Et mon coeur sera-t-il plus chaud el meilleur, de même que le soleil?Michelle LeNORMAND.CARRANZA LE LIBÉRATEUR ni indirectement ; ils n’auront pas non plus le droit de s’assembler pour des fins politiques.'¦ (7) Avant la consécration de nouveaux temples dp culte pour l’usage du public, on devra obtenir la permission de ce faire du ministère de l’Intérieur ; l’opinion du gouverneur de l’Etat d vra d’abord être obtenue.Tout endroit servant au culte sera confié a la garde et à la surveillance d’une personne responsable de l’observance fidèle des lois relatives au culte.“PAR NOS CHAMPS ET NOS RIVES.” f.-r*—¦ .______ CE VOLUME SEBA MIS EX VESTE LUNDI Par nos champs cl nos rives.le nouveau livre de Mlle Blanche Lamontagne.dont M.l’abbé (îroulx a écrit la préface, sera mis en vente lundi.Il se vendra 75 sous, plus 5 sous .pour les frais de port, aux bureaux ! du Devoir, 43, rue Saint-Vincent ; ! chez Granger Frères, 47, Notre-i Dame-ouest, et dans les librairies j suivantes : Librairie Notre-Dame, 37, Notre-Dame-ouest ; Librairie L.-1.I.-A.Derome, 36, Notre - Dame-I ouest : Librairie Beauchemin, 79.i Saint-Jacques ; Lange vin et Larche-1 vècjue, 8, Saint-Jacques ; Librairie ; Saint-Louis, 288, Sainte-Catherirtp-est ; Déoni Frères, 257, Sainte-Ca-; therine-est ; .1.-0.Pineault, 280, Ra-1 ehel-est.Les troupes américaines ont évacué le Mexique.Nulle part ce fait n’a été interprété comme une indication du rétablissement de la paix dans la république volcanique.Du reste, Villa fût-il écrasé, fût-il em-! prisonné dans une cage de fer, et | Carranza maître absolu du pays, le calme ne serait pas rétabli.Les représailles militaires sanglantes et les ruines cesseraient peut-être, mais dans le pays un groupe impor-jtant, pressuré par des lois arbitrai-I res, persécuté par des mesures vexa-I toires, privé de la liberté dont il jouit en tout pays civilisé, continuerait de souffrir d’un régime tyrannique.Et jamais les régimes tyranniques n’ont donné autre chose qu’une paix de surface aux pays qu’ils ont torturés.* * * Au Mexique, les catholiques se voient fabriquer, par la nouvelle constitution en voie d’adoption, des chaînes, des bâillons et des boulets.Les lois persécutrices des congrégations en France étaient libertaires en regard de celles qu’on est en train de forger dans l’officine car-ranziste.A l’heure où nous écrivons ces lignes, cette constitution est probablement ratifiée par l’assemblée constitutionnelle ; car quelle qué soit leur importance, on les passe à la vapeur.Le 22 janvier, on en ratifiait trente-cinq d’un coup, il n’en restait déjà plus que trente-deux à ‘l’étude.t L’article 130 était-il ch1 nombre ?Nom renonçons à croire qu’on n’y a pas apporté quelque amendement pour adoucir le sort des catholiques.Ce règlement se rapportait en effet à la liberté des cultes, ou plutôt rapportait la liberté des cultes en ce sens qu’il la supprimait comme nous l’allons voir en en parcourant rapidement, sur un texte anglais traduit, les principaux dispositifs : “(1) Les autorités fédérales auront le pouvoir exclusif d’exercer en matière de culte religieux et autres manifestations cultuelles extérieures, telle intervention autorisée par la loi.Tous les autres fonctionnaires seront auxiliaires des autorités fédérales.(2) Le tmariage est contrat civil.Le mariage et tous les autres actes relatifs à l'état civil des individus ressortiront à la juridiction exclusive des autorités civiles quant à ta forme et à la mainère prévues par la loi, et ils auront la force et la validité que la loi leur accorde.“ (3) La loi ne reconnaît pas d’existence corporative aux associations religieuses cornues sous ie nom d’églises.“ (4) Les ministres des sectes re-ligieuscs seront considérés comme des personnes exerçant une profession et seront directement soumis aux lois adoptées à cet égard.“ (5) Les législatures d’Etat auront le pouvoir exclusif de déterminer le nombre maximum des ministres des sectes religieuses conformément aux besoins de chaque localité, “ ((>) Les ministres des sectes religieuses ne devront dans aucune assemblée publique ou privée, ni duns les actes du culte, ni dans la propagande religieuse, critiquer les ’o:s fondamentales du pays, les autorités en particulier ou le gouvernement en général ; ils n’auront pas le droit de vote ni directement “ (8) 1 - gardien de chaque endroit du culte, conjointement avec îles citoyens de la municipalité, notifiera promptement aux autorités municipales le changement du ministre préposé au dit endroit du culte.Le ministre sortant devra, en chaque cas, donner avis de tout changement et devra être accompagné pour cette fin par le ministre lui succédant et dix autres citoyens de l’endroit.Les autorités municipales, sous pein ¦ de déposition et d’une amende n’excédant pas mille pesos pour chaque infrac-tioon, seront responsables de l’exécution exacte de cet article polies devront tenir un registre des endroits du culte et un autre des gardiens d'iceux.sujettes aux mêmes peines que plus haut indiquées.Les autorités municipales devront donner avis de la même façon au ministère de Tintérieur, par l’intermédiaire du gouverneur d’Etat de toute permission accordée pour l'ouverture au public d’un nouvel endroit du cuite, de même que de tout ehangenieiTt intervenu relativement au gardien.On pourra recevoir des d ns en meubles et en ornements pour Tintérieur des églises.“ (9) En aucune circonstance, les études poursuivies dans les institutions affectées à la formation professionnelle des ministres des sectes religieuses ne devront être approuvées ou recevoir quelque autre dispense ou privilège ayant pour but la ratification de ces études dans les institutions officielles.Toute autorité violant cet article sera punie au criminel et toim dispenses ou privilèges seront nuis et sans effet et rendront entièrement nul le diplôme professionnel obtenu par l’infraction de cet article.“ (1(1) Les publications religieuses périodiques ne devront pas dans leur programme, leur titre ou simplement par h1 tendance générale, commenter aucune affaire politique de la nation, ni publier aucun renseignement relatif aux actes des autorités du pays ou de particuliers qui ont à s’occuper d affaires publiques.“(11) Toute association politique dont le nom portera une indication quelconque se rattachant à une croyance religieuse est strictement interdite par les présentes; aucune assemblée de caractère politique ne devra être tenue à un eddroil du culte.“(12) Aucun ministre d'une secte religieuse quelconque ne hériter en son nom ou au de fidéi-commis ou autrement d’au-1000 cime propriété immobilière oc u-1 pée par une association de propagande religieuse ou d’oeuvres de charité ou de religion.Les ministres des sectes religieuses sont légalement incapables d’hériter par testaments, de ministres de la même secte religieuse ni d’un particulier draient jamais à la suprême élo-1 quence du texte lui-même.Le journal auquel nous avonsj emprunté cette information ajoute | qu’au cours de la discussion, cer-1 tains députés ont demandé de ren-l dre obligatoire le mariage civil .les! prêtres, d’interdire la confession et! de considérer comme adultères les | femmes qui s’y soumettraient.Non.décidément, la paix n’est pas rétablie au Mexique.Ce n’est pas sur de telles bases qu’elle saurait reposer.Tous les catholiques ne peuvent que désirer ardemment la chute du gouvernement de voleurs et de sectaires dont Carranza est la tête.Il est regrettable que l’expédition punitive américaine ait été si tôt retirée du Mexique, mais Pne juste punition ne se fera peut-être pas attendre très longtemps.Louis DUPIRE.BLoF- NOTES New-York ou Londres ?Montréal est en train de converti]- sa dette et d’échanger les 23 millions d’obligations déjà négociées sur le marché de Londres contre des obligations placées à New-York; au cours de cette opération, Montréal ferait une épargne de plus de 4 millions.Du point de vue financier, ce sera excellent.D’uù autre point de vue, cela signifie que nos finances municipales, provinciales et même fédérales sont en train de s’américaniser.Nous avons, depuis le début des hostilités, emprunté plus de 300 millions aux Etats-Unis, ainsi que le disait l’autre jour sir Robert Borden, à Londres.Parce qtie nous empruntions autrefois en Angleterre, moyennant un taux d’intérêt respectable, il s’est trouvé chez nous des gens loyalistes au point de nous dire que nous devions en avoir beaucoup de gratitude pour l’Empire, et lui donner des superdreud-noughts.Maintenant que nous sommes en train de changer de créanciers, les mêmes bonshommes trouveront sans doute, s’ils sont logiques dans leur bêtise, que le Canada a envers les Etats-Unis des devoirs tels qu’il devrait se battre pour eux.s’ils sont attaqués plus tard.Cela aurait tout autant de sens.Le grand facteur a qui ils ne sont pas apparentes par le sang jusqu’au quatrième degré exclusivement.“(13) Toute propriété immobilière ou personnelle appartenant au clergé ou aux institutions religieuses sera soumise pour ce qui est de son acquisition par des particuliers, à l’article 27 de cette constitution.(L’article 27, clause 2, se lit comme suit: les associations religieuses connues sous le ,nom d’E-glise, quelle que soit leur croyance, n’auront en aucun cas la capacité légale d’acquérir, de posséder ou d’administrer des biens fonds, ou des prêts consentis sur les dits biens; tous les dits biens fonds qui sont actuellement propriété d’associations religieuses, soit en leur propre nom ou par l’intermédiaire de tierce partie, retourneront à la nation et quiconque aura le droit de dénoncer les propriétés ainsi possédées.Une preuve de présomption sera suffisante pour établir le bien-fondé de la dénonciation.Les endroits de culte public sont la propriété de la nation représentée par le gouvernement fédéral qui pourra déterminer ceux d’entre eux qui pourront continuer à être affectés au culte.Les résidences épiscopales, les cures, les séminaires, les asiles d’orphelins, les collèges d’associations religieuses, les couvents et les autres édifices du culte appartiendront désormais de plein droit à la nation, pour être employés au service public de la Fédération ou des Etats, dans les limites de leur juridiction respective.Tous les endroits de culte public qui seront érigés plus tard seront la propriété de la nation.)’ (14) Aucun procès par jury ne pourra être accordé pour l’infraction d’aucun des articles ci-haut.Nous avons traduit en serrant d’aussi près que possible le texte anglais.Les commentaires que nous pourrions ajouter n’attein- Le Citizen dit, à propos du recrutement intense au Canada: “Notre pays a besoin aujourd’hui, plus que jamais dans le cours de son existence, de main-d’Peuvre industrielle et agricole.Tout mouvement qui absorberait une part des forces productives actuelles du pays compro mettrait notre effort (futur dans la guerre, plutôt qu’il l’aiderait.Le grand facteur au front, ce sont des munitions, non des hommes.Nous entendons par là que les quelques pourra | centaines de mille hommes que nous moyen j pourrions recruter en sus des 500,-pronfcs ne compteraient guère parmi les millions déjà engagés au front et que leur absence créerait ici un sérieux embarras.Tous les belligérants subissent aujourd’hui les conséquences résultant de l’absence des producteurs.L’Allemagne crie famine parce qu’elle a fait "erreur en mobilisant tous les siens, barras que le ministère canadien a déjà, et pourtant assez nombreux, vient donc s’ajouter encore Tun des plus graves qui existent poulies gouvernements australien et sud-africain.La question de l'immigration hindoue aux colonies britanniques blanches se complique du fait que, pendant la guerre, les soldats de l’Inde mobilisés par les Anglais ont donné leur vie sur les champs de bataille aussi généreusement que les tommies du Royaume-Uni et de ses colonies canadienne et australienne.Sir Robert Boi'-den devra apprécier phis ou moins la dernière démarche des Indous canadiens.Les incompétents Qu’il y ait eu des incompétents dans le personnel chargé de l'examen médical des recrues canadiennes, cela ne fait pas doute, surtout après la déposition du colonel Marlow devant une commission d’enquête parlementaire sur nos hôpitaux militaires.“Des officiers ont souvent ignoré leur responsabilité et accepté des hommes qui devenaient ensuite à charge au pays”, dit entre autres choses ce militaire.“La pression illégitime exercée pailles commandants de bataillons désireux d’obtenir des recrues a eu aussi pour résultat de faire accepter des engagés sans examen sévère”,, ajoute le témoin.Il cite des cas où des commandants et des médecins militaires ont même .soustrait à cet examen des hommes inaptes au service.C’est arrivé dans le district de Toronto.Un député ontarien a par ailleurs déclaré à la commission que le 118e bataillon de, London, alors qu’il comptait 825 hommes, en a perdu 185 par suite de désertions et de rejet de recrues impropres au service et, par la suite, 255 autres en ont été éliminés après des examens médicaux plus sévères, ce qui en a réduit l’effectif de 725 à 285.On s’imagine _ le montant considérable de deniers publics dépensés à faire du recrutement dans de telles conditions.Le Dr Bruce a, dans un rapport sur notre service médical, déploré Tin-curie de certains officiers, dont Tin-compétence a coûté et coûte encore des milliers et des millions à l’Etat.La déposition du colonel Marlow confirme sur plusieurs points les conclusions de son collègue.La guerre finie, ceux qui dénoncent l’incompétence, non seulement de centaines d’officiers et de fonctionnaires du gouvernement, mais du gouvernement lui-même, par rapport au recrutement, découvriront des niasses de faits de ce genre pour établir la vérité de leurs affirmations, déjà partiellement corroborées.rio anglais.11 ajoutait que le 159e bataillon ontarien comprend 45 pour cent de soldats «le langue française, bien qu’il n’ait pas un officier de «-ette langue.Ceux qui reprochent aux nôtres de n’avoir pas levé plus de régiments pourraient d’abord rapprocher ces deux faits Tun de l’autre cl en conclure ensuite que les autorités militaires n’ont guère encouragé le recrutement chez nous, et aussi que plusieurs des bataillons dont on fait crédit de l’effectif à Télément de langue anglaise comprennent une proportion notable de soldats cana-diens-français.Ils seraient ainsi tout près de la vérité.G.P.ILS STNLÈVENT Le 3e et le 4e mille de Halte-lèi ! “Patriote” s’enlèvent par centaines, pendant ou’on imprime les 5e et 6e, commandés par un éditeur prévoyant.(Test décidément le gros succès de Tannée.Le titre complet du livre, qui en indique aussi la portée, est celui-ci: llalte-là! “Patriote”.— Que penser de notre école politico-théolo-gique ?d'- Vimpérialisme qu’elle professe?du nationalisme (/a’elle censure?C’est un volume de 23(1 pages, publié au Progrès du Golfe de Birnouski, “à la demande et sous les soins de J.-B.Prince, M.D., président de la Ligue patriotique des Intérêts canadiens”.Il se vend 50 sons l’exemplaire (60 sous par la poste); 85 la douzaine, frais de port en sus, aux bureaux du Progrès du Golfe, du Devoir et dans les principales librairies.non_pas il y a un an, mais en 1914-1915, «luand'elle a jeté des millions d’hommes sur les frontières de France et de Belgique, abandonnant ses champs el sixs industries pour un temps.La France a presque commis la même erreur; mais rattachement au sol du paysan français et le fait que la niain-d’oeuvre féminine compte pour une part importante dans Tagriculture française ont fort contribué à la sauver.Le Canada souffre déjà d’un manque de production.Nous pouvons tenter de le dissimuler, en parlant haut, mais le fait est là, «nous ne pourrons désormais k* cacher longtemps.” Le Devoir n’est pas seul à dénoncer notre excès de mobilisation: des feuilles anglo-canadiennes, et loyales, celles-là, —-* à moins qu’il soit déloyal de «s en prendre à M.Rogers et de le montrer tel qu’il est, — signalent aussi ce péril.Le ministère croit pouvoir le détourner en invitant ici des mercenaires américains.Mais qu’en fera-t-il, — s’ils viennent, — quand la guerre prendra fin, à 'mp Poser qu'ils puissent remplacer "on-venablement au Canada, dans Tin tervalle, les gens qu’on veut pousser de force dans les cadres des ments?La question hindoue Elle se pose encore au Canada.Jeudi, a Ottawa, une délégation allait interviewer le ministre de ITn-teneur, M.Roche, lui demandant de permettre aux femmes «>t aux familles des Indous établis au Canada de venir rejoindre ceux-ci.La délégation voudrait aussi que le gouvernement favorisât Tiinmigration hindoue et accordât à ces immigrants tous les droits que peuvent exercer ici les sujets britanniques.Le ministre s’est contenté de promettre â la délégation qu’il référerait l’affaire à sir Robert Borden, actuellement â Londres.Aux em- regi- Folie ?Le général Hughes continue dans l’Ontario la série de discours sur le recrutement qu’il a commencée dès sa sortie du ministère Borden.A l’en croire, il eût déjà fini de lever les 500,000 hommes promis par sir Robert Borden, s'il fût resté ministre.D’après lui, le recrutement intense ne nuit pas â la main-d’oeu-vre.11 n’y aurait qu’à remplacer les hommes qui partent par «les femmes entraînées aux différents genres de travaux ordinaires, qui ne requièrent pas un trop grand déploiement de forces physiques.Mais la main-d’oeuvre féminine se fait
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