Le devoir, 30 avril 1935, mardi 30 avril 1935
VOLUME XXVI — No 100 Montréal, mardi 30 avril 1935 'EDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE :.HArbour 1241* SERVICE DE NUIT : Administration :.HArbour 1243 Rédaction :.HArbour 3679 G*™» :.HArbour 4897 Diractaur-férant: Caargas PELLETIER Problème asricole urgent Coopération libre et obligatoire — La leçon des “pools” de l’Ouest Rien à faire sans l’effort personnel des producteurs Nous traversons une période décisive.Les cultivateurs du monde entier cherchent les moyens les plus efficaces de sortir de la crise.Dans les pays balkaniques, ils croient trouver le salut dans l’action politique; dans un grand nombre de pays, ils ont obtenu i une série de législations extraordinaires; partout l’élite de la classe agricole est convaincue que la prospérité des agriculteurs dépend de leur effort person nel, de la réorganisation économique de la profession.De plus grandes facilités de crédit, des moratoires, des arrangements entre cultivateurs et créanciers ne règlent pas définitivement le problème agricole.Pour résumer ce problème à sa plus simple expression, il faudrait augmenter l’insuffisante rémunération du cultivateur.Depuis plus de vingt ans, une équipe de plus en plus nombreuse de techniciens agricoles enseigne aux producteurs à abaisser leurs coûts de revient en perfectionnant leurs méthodes de culture et d’élevage.Mais ce n’est pas tout de produire; il faut vendre pvec profit.Comment?En augmentant la demande?En diminuant l’offre des produits dépréciés?En perfectionnant les méthodes de vente?Pour accroître la demande, il faudrait donner de l’ouvrage aux chômeurs, relancer l’industrie à toute vapeur.Nous voilà en plein cercle vicieux puisque la prospérité industrielle dépend en grande partie du pouvoir d’achat des cultivateurs.Les Etats-Unis ont essayé de diminuer l’offre par la restriction des em-blavures et de l’élevage.Mais la réduction des surfaces en culture peut coïncider avec une augmentation du rendement et la restriction de l’élevage n’est pas une opération mathématique.Cette politique, d’ailleurs, n’a pas obtenu les résultats espérés.Par l’organisation coopérative les agriculteurs pourraient parler .d’égal à égal avec leurs rivaux, avec les monopoles qui transforment et commercent leurs produits.Malgré ce qu’elle a coûté en efforts et en argent, la coopération n’a pas été un succès dans notre province.A-t-elle mieux réussi dans les autres parties du pays?En 1923-24, les agriculteurs de l’Ouest mirent sur pied une vaste organisation coopérative pour la vente de leur blé.Ils formèrent un “pool” dans chacune des trois provinces des Prairies.Les producteurs s'engagèrent par contrat, pour une période de cinq ans, à vendre toute leur récolte commerciale par l’entremise de leur coopérative.Ils aménagèrent des entrepôts considérables; dès la livraison de leur récolte, les producteurs recevaient un fort acompte et des certificats négociables qui leur permettaient d’obtenir du crédit.Un organisme central, composé de représentants des trois “pools”, était chargé de trouver des débouchés et de répartir les ventes.Dans 1 Ouest, comme dans notre province, un grand nombre de producteurs ont préféré rester en dehors de l’organisation coopérative.Au lieu de recevoir le prix moyen obtenu par le “pool”, ils ont essayé de vendre au plus fort prix.Ils ont voulu profiter de l’effort collectif sans y contribuer.Les ventes isolées ont donc annulé les résultats attendus de la coopération.De là, la réaction en faveur de la vente obligatoire par l’intermédiaire du “pool” quand une appréciable majorité de producteurs aura décidé d’ad-HiTrer à la coopérative.C’est précisément le principe adopté par 1’“Office des Marchés”.Les instruments aratoires sont construits par des ingénieurs qui agencent avec précision toutes les pièces en vue du travail à effectuer.Quand la machine est en marche, toutes les parties d’un engrenage doivent fonctionner; il suffit qu’une pièce fasse défaut pour que tout le mécanisme se détraque.La vente des produits agricoles devrait être organisée d’une façon aussi, scientifique et aussi efficace.L’ “Office des Marchés” fournira les directives techniques, mais il devra compter sur l’effort personnel des producteurs s’il ne veut pas être un organisme sans âme voué à la stérilité.Ce sont les producteurs qui lui donneront sa puissance réelle de transformation et de rénovation de notre agriculture.On nous a répondu quelque part: “Mais 1’“Office des Marchés” fera table rase de toutes nos organisations coopératives”.Au contraire, il leur permettra de donner leur plein rendement.Il n’est pas un organisme de vente, mais il pourvoit à l’écoulement des produits de la ferme d’après un plan préparé par les producteurs eux-mêmes.Par exemple, la “Coopérative Fédérée”, en donnant toutes les garanties nécessaires, pourrait être désignée pour vendre les produits réglementés.Ce serait l’application du principe coopératif dans toute son ampleur.Albert RIOUX FAIS CE QUE DOIS Bloc-notes Qu’est-ce que cela?Par voie diplomatique, le Canada demande à Washington le texte de la déposition secrète que des techniciens d’aviation viennent de faire devant la commission des affaires militaires américaines, sur l’opportunité d’établir une base aérienne à proximité de la frontière canadienne, près des grands lacs.Il y a quelques heures, on pouvait lire en effet dans les dépêches aux quotidiens que des conseillers militaires de la république voisine Rédacteur «n chef: Omar HEROUX TROIS SOUS LE NUMERO ARONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ 6.0» (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unit et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 EMNrCPMATION PE PEBNIECE HEURE Le gouvernement.son bill relatif aux cnmpagnies papetières Abolition de la Commission — Pouvoir de hausser les droits $|e coupe QUEBEC, 30 (O.N.C.) — Le gouvernement ont conseillé la construction de 3 réimprimer son bill: Loi pour assurer la cette base aérienne, afin de pré- protection des ressources forestières de la pro venir des envolées possibles d’es- vince”, en vertu duquel il oblige pratiquement •sSh é,:*Æk,“t.rsridn; '«• * w*.« determines sous peine de boycottage par ledit gouvernement.En vertu du bill, première version, toute per L’actualité M.Sauvé n’est pas seul fatigué J’ai sous les yeux trois formules de dêclaralions en douane.Deux proviennent de l’hôtel des postes de Montréal, la troisième des Etats-Unis.La première est en anglais.L’entête porte: British and Foreign Parcel Post.On n’y voit pas un seul mot de français.T si deuxième, de même provenance, je viens de le dire, que la première, est en français, et s’intitule: Poste aux colis Britannique et Etrangère.Elle est entièrement en français.La troisième vient des Etats-Unis.Je transcris l’en-tète et quelques-unes des indications: United States Post Office — administration des postes, Etats-Unis d'Amérique; Place of origin — lieu d’expédition; Place of destination — lieu de destination; Number of packages — envois; Value with precise indication of the monetary unit employed — valeur avec indication précise de l’unité monétaire employée.Et ainsi de suite.La formule américaine est plus détaillée que les formules canadienne, anglaise ou française et, cependant, elle est intégralement bilingue: le texte français en italiques suit le texte anglais en romaines.A noter que la traduction est excellente.Or l'homme d'expérience qui ma procuré cette formule me dit qu'elle est la seule en usage aux Etats-Unis pour les envois de cette sorte et' qu’elle se conforme aux conventions postales internationales tandis que la nôtre, faute d'être bilingue, ne s’y conforme pas.Arrêtez-vous à réflérhir: aux Etats-Unis, pays qui n'a qu’une seule langue officielle, l'anglaise, la seule formule en usage est bilingue.Ainsi le veulent les conventions postales.Mais au Canada on s’asseoit sur les conventions postâtes, bien que nous ayons double raison de les observer, puisque nous sommes en pays officiellement bilingue.Quel est le résultat?Les formules canadiennes portent une indi-f'ation que les imprimeurs appellent une clé; cette clé nous révèle no{mb/e d* formules qui ont été Z de ?rlnl'Sauveur- coin aliqtie du droit” | Sain -Denis et Viger, que se tien- L'article 59 dra le grand banquet oriental.M.BougeareJ, consul de France nrési- J'C- «.
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