Le devoir, 12 avril 1916, mercredi 12 avril 1916
VOLUME VIIâNo 86 MONTREAL, MERCREDI 12 AVRIL 1916.DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poĂšte: tuition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS .*5.cO UNION POSTALE.ĂS.OO Ădition hebdomadaire CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 RĂ©daction et administration ! 43.RUE SAINT-VINCENT MONTRĂAL TĂLĂPHONES : ADMINISTRATION s Main 7461 RĂDACTION : - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ALLEMI6NE ET flHGLETERRE Qui veut la paix ?11 Le ministre anglais du War Trade â câest le titre officiel de lord Robert Cecil â lâa pris de haut avec le chancelier dâAllemagne.âRien, dit-il, dans aucun des discours publics quâil peut prononcer ne peut jamais faire la base de nĂ©gociations de paix ââ ).Il ne faut pas prendre trop Ă la lettre cette hautaine rĂ©ponse, toutç Ă lâanglaise.Dans leurs rebuffades, comme dans leurs paroles dâamitiĂ©, les diplomates anglais se gardent toujours une porte de sortie.et une porte de rentrĂ©e.Les Cecil sont de bonne race anglaise, et diplomatique.Les ministres britanniques ne veulent rien entendre des âdiscours publicsâ du chancelier dâAllemagne; câest possible.Feraient-ils le mĂȘme accueil mĂ©prisant Ă des ouvertures confidentielles?On apprendrait, dans un mois ou dans dix ans, quâĂ lâheure mĂȘme oĂč lord Robert Cecil repoussait avec un tel dĂ©dain les avances âpubliquesâ de M.de Beth-mann-Hollweg, sir Edward Grey traitait confidentiellement de la paix avec quelque intermĂ©diaire de l'Allemagne, quâil ne faudrait pas sâen Ă©tonner outre mesure.Ce serait tout Ă fait dans les traditions de la diplomatie anglaise, ou de tout autre pays.Et si câĂ©tait vrai, ce serait tant mieux.Le silence de sir Edward Grey est remarquable.En aoĂ»t dernier, câest lui qui avait donnĂ© la rĂ©plique au chef du gouvernement allemand.Cette annĂ©e, il a laissĂ© ce soin Ă un membre secondaire du cabinet.Se rĂ©serve-t-il pour les entrevues et les nĂ©gociations discrĂštes?Câest possible; mais pour lâheure, les ministres anglais, comme le chancelier allemand, sâadressent au public.Tous ces gens-lĂ posent pour la galerie.Chacun sâefforce dâentretenir la confiance et lâardeur de ses nationaux et aussi celles de ses alliĂ©s.Nous avons retracĂ© cette note dans le discours de M.de Bethmann-Hollweg.Elle sonne, beaucoup plus Ă©clatante et plus hautaine, dans lâinterview de lord Robert Cecil.Le ministre anglais traite tout le discours du chancelier allemand avec une apparence de suprĂȘme mĂ©pris.11 sâapplique Ă dĂ©montrer quâentre lâAngleterre et lâAllemagne il existe une diffĂ©rence radicale dans Je concept du droit des peuples et des nationalitĂ©s.Si lord Cecil veut parler du rĂ©gime de gouvernement intĂ©rieur, des droits du citoyen, des libertĂ©s civiles et politiques â pourvu quâil fasse exception pour le Canada anglais, ultra-prussien â fort bien.Mais sâil parle du droit des peuples Ă la vie nationale, Ă lâindĂ©pendance, il serait fort en peine de prouver en quoi le concept germanique moderne diffĂšre de lâesprit de conquĂȘte, de spoliation et dâaccaparement qui a fait, depuis trois siĂšcles, le fond de la politique anglaise.Les seuls peuples dont l'Angleterre ait respectĂ© les âdroitsâ sont ceux quâelle nâa pas pu dominer; les seules nationalitĂ©s quâelle ait âprotĂ©gĂ©esâ sont celles qui lui servent de couvertures.La protection de la Belgique et l'abandon du Luxembourg, dans la guerre actuelle, en sont un exemple frappant.Naturellement, lord Cecil est revenu sur la âsaintetĂ©â des traitĂ©s.Nul doute que les Allemands auront fort Ă faire avant que lâhumanitĂ© nâoublie leur odieuse violation de la Belgique.Mais ce nâest guĂšre Ă leurs cousins dâoutre-Manche quâil appartient de leur jeter la pierre.âQuels hypocrites Ă©coeurants nous devons paraĂźtre aux yeux des âautres nationsâ, Ă©crivait, au dĂ©but de la guerre, un officier anglais, le major Stewart Murray, âquand nous [les Anglais], de tous les peuples, âjacassons sur la saintetĂ© des lois internationales!â Câest le tort'des Anglais â et câest un tort qui gĂąte plusieurs de leurs admirables qualitĂ©s â de penser quâĂ force de maximes pieuses et de professions de vertu, ils rĂ©ussissent Ă faire oublier leurs actes et leur histoire.Dans les pays sauvages ou aux colonies, ce jeu peut passer.Mais dans les pays civilisĂ©s, oĂč lâhistoire sâenseigne et sc fail, il est usĂ©.Câest cette persistance dans la pose pharisaĂŻque qui vaut Ă lâAngleterre, pourtant plus loyale quâelle ne le parait, la mĂ©fiance de tous les peuples, mĂȘme de ceux qui lui sont accidentellement alliĂ©s.* if * Si lord Robert Cecil seul avait parlĂ© au nom du cabinet britannique, on pourrait croire que ses collĂšgues lâont chargĂ© dâamuser le parterre, pendant que la piĂšce rĂ©elle sâamorce dans la coulisse.â Pourquoi, grand Dieu! faut-il parler de comĂ©die et de coulisses quand la plus horrible des tragĂ©dies se joue dans le sang des peuples?â Mais ce qui devient plus grave, câest que le premier ministre lui-mĂȘme, M.Asquith, a tenu Ă peu prĂšs le mĂȘme langage, trois jours plus tard.M.Asquith a parlĂ©, avant-hier, en prĂ©sence dâun certain nombre de ses collĂšgues et dâune importante dĂ©lĂ©gation de sĂ©nateurs et de dĂ©putĂ©s français.Cette circonstance explique peut-ĂȘtre le ton belliqueux des deux ministres britanniques, celui de M.Asquith surtout.Les Anglais comprennent qu ils ont besoin de convaincre les Français de la sincĂ©ritĂ© de leur alliance et de la fermetĂ© de leur appui.Tant de faits porteraient Ă prouver le contraire: raretĂ© des munitions, grĂšves rĂ©pĂ©tĂ©es des ouvriers, rĂ©sistance Ă la conscription, Ă©chec lamentable de lâenrĂŽlement volontaire organisĂ© par lord Derby, incompĂ©tence dos officiers, intrigues des factions et des spĂ©culateurs en jingoĂŻsme, etc., etc.Mais quel que soit le motif qui a inspirĂ© M.Asquith, ses dĂ©clarations nâen constituent pas moins, pour lâinstant, un obstacle aux nĂ©gociations de paix.Les AlliĂ©s, affirme-t-il, ne dĂ©mordront pas des conditions quâil a lui-mĂȘme posĂ©es en novembre dernier.Elles Ă©taient assez vagues, res conditions, â beaucoup moins prĂ©cises epie celles dĂ©finies par sir Edward Grey deux mois plus tĂŽt.Les nouvelles dĂ©clarations du premier ministre britannique ne sont guĂšre plus nettes.Voyons dâabord ce quâil entend aujourdâhui par la destruction du militarisme prussien.âComme rĂ©sultat de la guerre, dit-il.nous voulons Ă©tablir en prin-âcĂźpe que les problĂšmes internationaux doivent faire lâobjet de libres ânĂ©gociations entre peuples libres, traitant sur un pied dâĂ©galitĂ©; et que âle rĂšglement nâen sera plus entravĂ© ou dominĂ© par un gouvernement âsoumis Ă une raste militaire.VoilĂ ce que jâentends par la destruction âde la domination militaire de la Prusse â rien de plus, mais rien de âmoins.â Ce nâest pas mal; câest assurĂ©ment beaucoup plus sensĂ© que les tirades de nos jingos: eux ne veulent dĂ©sarmer que le jour oĂč les armĂ©es alliĂ©es auront pris Berlin et envoyĂ© Guillaume de Prusse finir ses jours Ă Sainte-HĂ©lĂšne, comme NapolĂ©on.Mais ce nâest pas encore assez.Ee militarisme allemand nâest que lâexpression la plus intense, la plus efficace, dâun systĂšme qui est commun Ă toutes les nations europĂ©ennes, sans excepter lâAngleterre, (le qui est mauvais en soi, re qui est dangereux pour tout le monde, câest le militarisme.tout court, quâil soit anglais ou allemand, russe, français ou italien, quâil sâapplique Ă la domination des mers ou Ă la domination des terres.Ecs Anglais, y compris M.Asquith, se sont fort bien arcommodĂ©s du militarisme allemand tant quâil est restĂ© sur terre et cfuâil nâa menacĂ© que les nations continentales.Toute lâAngleterre a bĂ©ni la naissance du caporalisme prussien, au temps de FrĂ©dĂ©ric II, alliĂ© de Georges II.Pendant un siĂšcle et demi, les Anglais de tous les partis, de toutes les Ă©coles, ont acclamĂ© avec enthousiasme toutes les conquĂȘtes de la Prusse, toutes ses exactions, toutes scs spoliations; ils ont laissĂ© Ă©gorger ou dĂ©pouiller toutes ses victimes: Pologne, Danemark, Autriche, France.Dans la plupart de ces attentats Ă la libertĂ© des peuples, lâAngleterre a Ă©tĂ© la complice de fait de la Prusse, dans tous, sa complice morale.Ce nâest quâĂ partir du jour oĂč lâAllemagne a entrepris de mettre son militarisme Ă flot et de rompre le filet dâafler dont lâAngleterre, par sa flotte, prĂ©tend encercler le monde entier, que les Anglais ont dĂ©couvert dans le militarisme allemand un danger pour la paix et la libertĂ©.Le navalismc anglais â scion la juste et pittoresque expression de i Voir les journaux du 8 avril.M.Ewart â nâest pas plus lĂ©gitime ni moins exĂ©crable que le caporalisme prussien.En dĂ©pit des merveilleuses ressources de sa dialectique dâavocat retors, habile Ă prendre les tangentes, M.Asquith aurait peine Ă dĂ©montrer que câest par sa seule puissance morale que lâAngleterre est intervenue jusquâici dans le ârĂšglement des problĂšmes internationaux.â Sa âdominationâ maritime y a bien Ă©tĂ© pour quelque chose.Qui a permis Ă lâAngleterre de rĂ©duire le Portugal en vasselage?de rĂ©genter lâEspagne et de garder Gibraltar, terre espagnole?dâenlever les lies Ioniennes et Chypre Ă la GrĂšce?de voler Malte?de fomenter la rĂ©volution dans le Royaume de Naples et les Etats du Pape?de faire, trente ans durant, la politique Ă©trangĂšre de l'Italie et de la jeter dans les bras dĂ©testĂ©s de lâAutriche?de sâemparer de Suez et dâen faire sa chose?de chasser la France du Haut Nil, puis de lâEgypte tout entiĂšre?dâintervenir au traitĂ© de Berlin pour empĂȘcher la Russie de profiter de sa victoire, pour galvaniser la Turquie moribonde, retarder de trente ans la renaissance des Etats balkaniques et faire de lâAllemagne le pivot de lâEurope continentale?Qui a permis Ă lâAngleterre, en un mot, de faire la pluie et le beau temps en Europe et dâamonceler la tourmenta effroyable qui sâest dĂ©chaĂźnĂ©e en 1914?Qui?quoi?si ce nâest ta âdomination navaleâ que lâAngleterre exerce depuis la destruction des flottes française et espagnole Ă Trafalgar?Si le premier ministre dâAngleterre veut ĂȘtre cru lorsquâil parle de âpeuples libres traitant dâĂ©gal Ă Ă©galâ, il doit commença»-par annoncer au monde que la domination maritime de TAnjihs-rcrre prendra fin le mĂȘme jour que le militarisme allemand, russe ou français.En fait, de tous les militarismes, de tous les instruments de domination brutale, le plus redoutable, le plus exĂ©crable pour le monde entier, câest la suprĂ©matie maritime de lâAngleterre; car elle sâexerce sur tous les continents et entrave les libres rapports de tous les peuples.* * * Le plaidoyer de M.Asquith en faveur de âlâĂ©tat dâindĂ©pendance et du libre dĂ©veloppement des nations plus faiblesâ nâa guĂšre plus de chances de convaincre, si l'Angleterre ne donne des signes non Ă©quivoques de repentance.De tous les hommes dâEtat anglais, M.Asquith est lâun des plus mal venus Ă donner des leçons de moralitĂ© internationale et de paternel souci du sort des ânations faiblesâ.Il est lâun des rares libĂ©raux anglais qui ont appuyĂ© Chamberlain et approuvĂ© lâodieuse spoliation du Transvaal et de lâOrange.Quâa-t-il fait lui-mĂȘme en Perse?11 nâa guĂšre prouvĂ© que, lorsque la cupiditĂ© anglaise lâexige, il se tourmente fort de âlâindĂ©pendanceâ et du âlibre dĂ©veloppementâ des ânations plus faiblesâ.Il fait une peinture saisissante de la tyrannie exercĂ©e par les Prussiens en Posnanie.H parle des grĂšves dâĂ©coliers, des mĂšres persĂ©cutĂ©es.Ignore-t-il que tout cela se passe actuellement en terre anglaise, Ă deux pas dâici?quâau nom des intĂ©rĂȘts britanniques, de la grandeur britannique, de la libertĂ© britannique, une majoritĂ© anglaise, brutale et tĂȘtue, un gouvernement anglais, des juges anglais, persĂ©cutent des mĂšres, des jeunes filles, des petits enfants, volent lâargent des contribuables, leur enlĂšvent le droit dâĂ©lire leurs mandataires, condamnent Ă lâamende dâhonnĂȘtes pĂšres de famille?et pourquoi?Parce que ces pĂšres et ces mĂšres s'obstinent Ă vouloir faire enseigner Ă leurs enfants, dans les Ă©coles payĂ©es de leurs deniers, lâune des deux langues officielles du Canada, la langue de lâalliĂ©e de lâAngleterre, de la nation dont les membres dĂ©chiquetĂ©s servent aujourdâhui de rempart aux Iles britanniques et Ă leurs âcomptoirs rapacesâ, comme disait Joseph Howe.âą Ce nâest pas Ă nous quâon fera croire quâil existe une irrĂ©ductible diffĂ©rence entre le concept anglais et le concept allemand.Non, non: entre les Anglais et les Allemands du Nord, Prussiens et Saxons, câest une querelle de frĂšres, et de frĂšres qui se battent pour le mĂȘme hĂ©ritage, avec la mĂȘme ĂąpretĂ©.Si la flotte anglaise avait coulĂ© une vingtaine de vaisseaux de guerre allemands, M.Asquith et lord Robert Cecil sâintĂ©resseraient beaucoup moins au sort des âpetites nationalitĂ©sâ.Il y a mĂȘme longtemps que sir Edward Grey aurait repris avec Bethniann-Hollweg et Jagow les conversations amicales interrompues le 3 aoĂ»t 1914.Si le gouvernement britannique pouvait sâassurer par une garantie quelconque que lâAllemagne ne poursuivra pas son programme de construction navale, il serait le premier Ă parler de paix.Du reste, sir Edward Grey a reconnu lui-mĂȘme, en aoĂ»t 1915, un an aprĂšs la dĂ©claration des hostilitĂ©s, que âlu libertĂ© des mers peut raisonnablement faire, aprĂšs la guerre, lâobjet dâune discussion, d'une dĂ©finition et dâun accord entre les nations.â Il ne devrait donc pas y avoir lĂ un obstacle insurmontable Ă la conclusion de la paix.Le gouvernement et le peuple anglais feraient bien de ne pas emboĂźter le pas de trop prĂšs Ă M.Asquith et Ă iord Robert Cecil.LâAngleterre, il est vrai, risque infiniment moins, au jeu de la guerre Ă outrance, que la France et la Belgique.Elle a lâavantage de laisser la France et la Russie se saigner aux quatre membres et dâexploiter Ă son profit la jobarderie des bloated colonials, qui lui fournissent de la chair' » canon, quand ses propres enfants refusent de sâenrĂŽler.Mais elle nâa tout de mĂȘme pas le droit, Ă seule fin de continuer Ă âdominer les mersâ et Ă faire le commerce des cinq continents, de retarder le jour oĂč cessera cette abominable boucherie humaine.EspĂ©rons, contre les apparences, que les ministres anglais nâont pas dit leur dernier mot; sinon ils porteront une terrible responsabilitĂ©.Henri BOURASSA.lâallais oublier le passage du discours du chancelier dâAllemagne oĂč il a parlĂ© du Canada.M.de Bethmann-Hollweg sâest contentĂ© de traiter de stupide la supposition que lâAllemagne victorieuse pourrait tenter de conquĂ©rir le Canada ou tout autre pays dâAmĂ©rique.Le secrĂ©taire dâEtat, M.de Jagow, dans une interview subsĂ©quente, a ajoutĂ© lâĂ©pithĂšte de âridiculeâ.Ce serait, en effet, aussi ridicule que stupide, pour lâAllemagne, que de se mettre une telle besogne sur le dos, quand il lui reste tant Ă faire en Europe, en Asie et en Afrique.Lord Bobcrt Cecil et M.Asquith nâont pas relevĂ© cette dĂ©claration des Allemands.Câest mĂȘme la seule parole du chancelier que les ministres anglais nâont pas contredite Tout intĂ©ressĂ©s quâils sont Ă entretenir la âdĂ©votion impĂ©rialeâ au Canada, ils ne veulent tout de mĂȘme pas risquer leur rĂ©putation dâhommes dâEtat et passer pour des idiots.Il nây a que chez nous quâon peut affirmer, sans que personne ne rie, que le but suprĂȘme de lâAllemagne câest de sâemparer du Canada!! Qui donc prendra une bonne fois la juste mesure du gogoĂŻsme colonial?H.B.A OTTAWA CHEMINS DE FER Ottawa, 11 avril 1916.H y aurait bien, peu de chose Ă rapporter ce soir de la scĂšne parle-me.titaire, si une fĂ©e bienfaisante nâavait envoyĂ© dans la salle rĂ©servĂ©e aux journalistes une dĂ©lectable quantitĂ© de âtireâ au sirop d'Ă©rable, avçc une carte portant les compliments du ministre des Postes, M.T.C.Casgiain.Inutile de dire l'accueil empressĂ© qu'on a fait Ă ce colis postal nouveau genre et les commentaires parfois assez empĂątĂ©s quâil a suggĂšres aux confrĂšres de languie anglaise.Lâun dâeux a mĂȘme idĂ©ela-rĂ©, lu bouche pleine, quâil se sentait irrĂ©sistiblement devenir bilingue, tant il trouvait succulent ce produit de la vieille province quĂ©bĂ©coise.Qui sait si nous ne devrions pas en envoyer quelques "lichettes" Ă M.Ferguson et au juge Meredith ?II y a eu un moment tic gaietĂ© en Chambre, au commencement de la sĂ©ance, M.Devlin ayant attirĂ© l'attention du gouvernement sur un journal de Londres qui dĂ©signe un soldat canadien sous le titre de âgĂ©nĂ©ral poissonnierâ.Il s'agit dâun nommĂ© Green, que le gouvernement canadien aurait chargĂ© de transporter r.lcs quantitĂ©s de poisson congelĂ© a destination des troupes canadiennes.Of, Green sâest appropriĂ© un titre ronflant avec lequel il plastronne, si lâon peut dire, au milieu des populations anglaises.Dans la vignette du journal anglais, il est reprĂ©sentĂ© avec un bocal contenant un poisson.Avec un grand sĂ©rieux, M.Devlin avait affirmĂ© que Green Ă©tait lĂ reprĂ©sentĂ© en compagnie d'urne personne rĂ©pondant au nom de Maggie.-âJe ne vois pas cette personne, dit M.Kemp lorsque le journal lui parvint.âVoyez-vous le bocal ?demand* M.Devlin.âOui.âEt.dans ce bocal, un poisson t -(âest vrai, admet encore le mi nistre.âEh bien ! C'est ce poisson que Jâai nommĂ© Muggie, dit M.Devlin, pour la clartĂ© rdc mon rĂ©cit.Ge n'est pas de la quintessence de bel esprit, mais il nâen faut pas plus pour amuser une centaine dâhom mes qui n'ont rien Ă faire et qui sâennuient.Et le rire, collectif a grondĂ© dans lâhĂšmicyclc.*⹠» Suit un essai infructueux de M.J.A.C.Ethier, des Deux-Montagnes, qui veut prendre la dĂ©fense des messagers des divers ministĂšres, dont la rĂ©munĂ©ration nâest pas suffisante, de lâaveu gĂ©nĂ©ral.Seulement, M.Ethier a mat choisi son moment, et les regies parlementaires ne permettent pas lâĂ©tude de cette question au moment des prĂ©liminaires de la sĂ©ance.M.SĂ©vigny est donc intervenu avec fermetĂ©, et "les Deux-Montagnes en travailâ, comme eĂ»t dit le fabuliste, durent remettre Ă P jus tard leurs charitables revendications.M.Ethier s'en est consciencieusement acquittĂ©, Ă la reprise de huit heures, apprenant aux nom-initiĂ©s que les messagers, dont la plupart sont chefs de famille, ne gagnent que $500 la premiĂšre annĂ©e.et un maximum de $700 aprĂšs quelques annĂ©es de service.Comment vivre avec si maigre pitance ?Le ministre des Douanes, M.Reid, qui dirigeait le cĂŽtĂ© ministĂ©riel, a admis le bien-fondĂ© de ces plaintes, mais exprimĂ© le regret de ne pouvoir modifier Ă lâĂ©poque actuelle la loi du Service civil qui rĂ©git les cas de ce genre.La discussion principale de la journĂ©e sâest faite autour dâune question de gare et de chemin de fer local dans le comtĂ© de Guysboro, les deux partis se renvoyant mutuellement le reproche de nâavoir paru se rendre aux demandes de la population de cette rĂ©gion quâĂ chaque fois quâon Ă©tait sur le point dâavoir une Ă©lection.Comme on voit, il nây a pas lĂ de quoi intĂ©resser beaucoup le grand public.Une affaire incidente a provoquĂ© dâassez longues explications de part et dâautre.M.Lemieux avait attirĂ© lâattention du ministre-supplĂ©ant des Chemins de fer sur le cas de M.T.Paradis, ancien industriel de LĂ©vis, dont la scierie et la cour Ă bois auraient Ă©tĂ© incendiĂ©es par une locomotive de 'âIntercolonial.Devant les tribunaux, M.Paradis nâaurait pas eu gain de cause, mais il a portĂ© sa cause personnellement devant les ministres, et convaincu M.Cochrane de la lĂ©gitimitĂ© de sa rĂ©clamation, il exisle toutefois une diffĂ©rence considĂ©rable dans lâĂ©valuation des pertes, M.Paradis prĂ©tendant avoir perdu plus de 50 mille dollars, tandis que M.Cochrane ne lui offrait d'abord que dix mille, chiffre que M.Reid, ministre supplĂ©ant, a portĂ© Ă quinze mille.M.Reid, en rĂ©ponse Ă M.Lemieux, a fait un Ă©loge de M.Paradis, dont II reconnaĂźt la parfaite honorabilitĂ©, et il se dĂ©clare prĂȘt Ă lui faire verser par le gouvernement les quinze mille dollars, si M.Paradis consent Ă les accepter comme solde de sa crĂ©ance.M.Lemieux a promis de faire part Ă son protĂ©gĂ© des bonnes internions du ministre.M.TurgeoĂŻi et le docteur Paquet ont appuyĂ© la rĂ©clamation de M.Paradis, telle que prĂ©sentĂ©e par M.Lemieux.Plus tard, le dĂ©putĂ© de l'Islet a soulevĂ© de nouveau la question de la reprĂ©sentation des Canadiens-français dans les services de ITntercolonial et repris quelques-uns des arguments de M.Boulay.M.Paquet sâest dĂ©fendu d'avoir voulu Ă©trangler lâautre jour la motion Boulay.en proposant l'ajournement du dĂ©bat et en se trouvant absent le jour oĂč lâon devait le continuer.Il reproche aux dĂ©putĂ©s libĂ©raux de langue française de nâavoir pas protestĂ©, sâils ont cru alors quâil avait tort dâajourner le dĂ©bat.M.Paquet sâest çtĂ©rlarĂ© favorable Ă lâacquisition du chemin de fer du QuĂ©-bec-Sagucnay, dont la mise en activitĂ© aiderait, dit-il, au dĂ©veloppement de toule la rĂ©gion de QuĂ©bec.Diverses questions locales de chemins de fer ont occupĂ© le reste de la sĂ©ance, qui sâest prolongĂ©e jusquâĂ minuit et demi.Ernest BILODEAU.* * * Au SĂ©nat Le sĂ©nateur Cloran donne avis dâune rĂ©solution demandant au Parlement ImpĂ©rial la permission dââamender lâActe de lâAmĂ©rique Britannique du Nord, de maniĂšre Ă pourvoir Ă ce que lorsque le sĂ©nat rejette Ă deux sessions consĂ©cutives du Parlement un projet de loi venant de la Chambre des Communes, la Chambre des Communes Ă la session suivante ait le pouvoir dâadopter ou passer cette mesure sans la soumettre de nouveau au SĂ©nat.La rĂ©solution du sĂ©nateur Cloran est reçue avec des applaudisspinenls.La mesure du gouvernement affectant âą $50,000,000 Ă lâusage immĂ©dial pour la poursuite de la guerre subit sa seconde lecture sans discussion.CE SOIR CONFERENCE DE M.LâABBE GBOULX.Câest ce soir, dans la grande salle de lâUniversitĂ© Lava), que M.l'abbĂ© Groulx donnera sa derniĂšre confĂ©rence sur Nos luttes constitutionnelles.Le distinguĂ© professeur traitera, cette fois, dos llroils du français, sujet auquel les circonstances donnent une actualitĂ© sur laquelle il est inutile d'insister.Le thĂšme choisi amĂšnera forcĂ©ment le confĂ©rencier Ă discuter la situation du français aux diffĂ©rentes phases de notre histoire sous le rĂ©gime britannique, avant la Constitution de 1791, dans l'AssemblĂ©e lĂ©gislative d'alors, sous lâUnion, etc.Ce sera assurĂ©ment lâune dos plus intĂ©ressantes leçons de la sĂ©rie.POUR LE DĂSAVEU M.Landry transmet au gouvernement une requĂȘte de S.E.le Cardinal BĂ©gin et de plusieurs autres prĂ©lats.Ottawa, 12.â (Service particulier).â M.le sĂ©nateur Landry, prĂ©sident de lâAssociation dâEduea-tion de lâOntario, a transmis hier au SecrĂ©taire dâEtat, M.BloncĂŒn, la requĂȘte suivante, signĂ©e de S.E.!e Cardinal BĂ©gin, de NN.SS.LĂ©gal, archevĂȘque dâEdmonton, Mathieu, archevĂȘque de Regina, P.-E.Roy, archevĂȘque de SĂšleueie, Latulippe, Ă©vĂȘque de HaileĂżbury, Charlebois, Ă©vĂȘque de BĂ©rĂ©nice, Dugas, administrateur de Saint-iHoniiface, l'ascal, Ă©vĂȘque de Prince-Albert, LaRocque, Ă©vĂȘque de Sherbrooke, Chalifour, Ă©vĂȘque dâAurĂ©opolm, Labrecque, Ă©vĂȘque de_ Chicoutimi, Cloutier, Ă©vĂȘque des Trois-RiviĂšres, Brunauit, Ă©vĂȘque de Nicolet, Forbes, Ă©vĂȘque de Joliette, Leblanc, Ă©vĂȘque de Sainl-Jean.Les requĂȘtes de Mgr Blais, Ă©vĂȘque de Rimouski, et de Mgr Bernard, Ă©vĂȘque de Saint-Hyacinthe, avaient Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment transmises.On dit ici que plusieurs autres Ă©vĂȘques se sont adressĂ©s directement au gouverneur-gĂ©nĂ©ral.Voici le texte de la requĂȘte transmise par M.Landry: A Son Altesse Royale, le Gouverneur GĂ©nĂ©ral du Canada en Conseil.La requĂȘte du soussignĂ© expose humblement ce qui suit: 1.âLes RĂ©solution de QuĂ©bec, qui furent la base de lâActe de lâAmĂ©rique Britannique du Nord, ont Ă©tĂ© acceptĂ©es comme un pacte dâhonneur, liant toutes les provinces entre elles en une ConfĂ©dĂ©ration, devenue un fait accompli depuis 1867; 2.âLe ComitĂ© judiciaire du Conseil privĂ© de Sa MajestĂ© a dĂ©clare que la ConfĂ©dĂ©ration nâĂ©tait, aprĂšs tout, quâun pacte parlementaire (Cause Brophy et al.vs Procureur gĂ©nĂ©ral du Manitoba) ; 3.La province de QuĂ©bec a Ă©tte une des parties contractantes et, comme sa population Ă©tait en grande majoritĂ© catholique et française, elle fit inscrire alors une clause qui garantissait Ă perpĂ©tuitĂ©, aux catholiques français des autres provinces, les droits et privilĂšges que la minoritĂ© de ees provinces pouvait avoir lors de leur entrĂ©e dans la ConfĂ©dĂ©ration; 4.âiEn 1867, les catholiques de lâOntario avaient le droit, par une loi existante, (a) dâĂ©lire leurs propres commissaires dâĂ©coles, et, par ces commissaires, (b) de choisir leurs inspecteurs, (c) dâengager leurs instituteurs, (d) de dĂ©terminer' lâespĂšce (the kind) dâĂ©cole qudls voulaient avoir, (c), de recevoir leur part proportionnelle des octrois publics; Š >.â Bien que ces droits spĂ©cifiques soient dĂ©clarĂ©s intangibles par le paragraphe 1 de la clause 93 de lâActe de lâAmĂ©rique Brilannique du Nord, la lĂ©gislature de ta province dâOntario a Ă©dictĂ© et fait sanctionner, le 8 avril 1915, une loi qui porte un prĂ©judice considĂ©rable aux droits dĂ©clarĂ©s intangibles par le Parlement impĂ©rial; 6.âCoite violation du pacte de 1867 et des droits quâil consacre est dĂ©crĂ©tĂ©e par la loi dâOntario, 5 Georges V, ch.54; 7.âElle est de nature Ă briser lâentente qui doit exister entre les diffĂ©rentes parlies contractantes oui nous onl donnĂ© la ConfĂ©dĂ©ration, Ă soulever une question dangereuse de race et de religion, et Ă empoisonner par lĂ mĂȘme la vie publique de tous les habitants de ce pays; 8.ââLe Parlement ImpĂ©rial, met-l'anl entre les mains du Gouverneur GĂ©nĂ©ral en Conseil, le pouvoir de dĂ©savouer tout Acte dâune legislature provinciale, le soussignĂ© demande que, dans lâintĂ©rĂȘt public le mi eu xcompris, on ait immĂ©diatement recours Ă l'exercice de ce pouvoir et quâon dĂ©crĂšte le dĂ©saveu de cette loi.BILLET DTJ SOW.VIEILLESSE Sur une petite chaise de paille, au dossier rigide, assis au coin du feu nĂ©cessaire Ă ses membres frileux, tout l'hiver, jâai vu lâaĂŻeul aux cheveux de neige.Attentif plutĂŽt i des pensĂ©es intĂ©rieures, il parlait peu.Le silence recueilli de son Ăąge ne voulait quâun agrĂ©ment: une chĂšre vieille pipe qui exhalait des spirales bleuĂątres dans lesquelles flottaient peut-ĂȘtre encore des rĂȘves jeunes.Il trahissait une profonde horreur pour la dissipation de la vie et de lâargent.Avec un tremblement plus accentuĂ© de la tetç et des mains, il disait queh/aefois: "Il faut suivre le cours rĂ©gulier des jours, ne pas gaspiller sa virilitĂ© et sa jeunesse et savoir manger des croĂ»tes, alors que lâon a encore des dents.â Son corps (/ni fut vaillant et ferme, nâa pins l'orgueil de la force.Comme un arbre caduc dont les racines son! impuissantes Ă faire manier la sĂšve sous l'Ă©corce, il agonise de ses quatre-vingts ans.Demain il ne sera plus, lui .ValĂ»t res, par son frĂšre, le li.P.VailiĂšres, par ses beaux-frĂšres.M.le juge L.P.Brodeur, M.Joseph Boutin, pharmacien.M.J.A.Jarry, avocat, M.I.A.VailiĂšres, son oncle, MM.T.A.VailiĂšres, Emile et Ernest VailiĂšres, ses cousins, el de nombreux autres p a rents.Le PĂšre Letcllier, supĂ©rieur des PĂšres du Saint -Sacrement, fit la levĂ©e du corps, et le service fut chantĂ© par le frĂšre de la dĂ©funte, le H P.VailiĂšres.assistĂ© de lâabbĂ© Jasmin et du PĂšre Vincemt, comme diacre et sous-diacre.Au choeur on remarquait le H.P.' P.Roy, le R.P.Hila-Vaillnneourl, le RĂ©v.FrĂšre GĂȘnais, directeur du collĂšge, ci plusieurs autres religieux.Lâinhumation a eu lieu au cimetiĂšre de la Utile des Neiges.Dans une cause de Daine Joseph Ainsiie contre lâUnion Saint-Pierre, le juge- Codehre a rendu un jugement dĂ©clarant qu'une sociĂ©tĂ© de bienfaisance qui, par scs rĂšglements, exclut tic ses rangs les milita: res, est, justifiable en loi de refuser de nouvelles contributions dâun membres qui sâest enrĂŽlĂ© pour le service actif.Par son enrĂŽlement ce membre se dĂ©qualifie lui-mĂšme, M.Joseph Aiirslie avait Ă©tĂ© admis dans rUnion Saint-Pierre le 22 novembre 1910.Il paya ses contributions mensueiies ($1.46 par mois) jusquâau 28 jni lot dernier, alors quâ l partit avec un rĂ©giment dâou-tre-mer.Comme câĂ©tait le premier cas de ce genre qui se prĂ©sentait dams leur sociĂ©tĂ©, les directeurs discutĂšrent Ă une assemblĂ©e spĂ©ciale de l'opportun,itĂ© de susnendre les rĂšglements jusqu'Ă la fin de la guerre.Finalement ils dĂ©cidĂšrent de maintenir intĂ©gralement tous les rĂšglements, et Mme Ainsiie fut avertie que ses contributions ne seraient plus acceptĂ©es.Mme Ainsiie prĂ©senta alors au tribunal une requĂȘte demandant lâĂ©mission si'un mandamus pour forcer l'Union Ă recevoir les contributions de son mari.LâUnion rĂ©pondit que son refus lui Ă©fail imposĂ© par ses propres rĂšglements, reconnus et acceptĂ©s par tous les membres.t.e mari de la demanderesse, lors de son admission en 1910, sâĂ©tait engagĂ© Ă suivre tous tes rĂšglements de (âassociation et il nâavait pas Ă se plaindre de son exclusion en vertu des mĂȘmes rĂšglements.La clause No 8 des rĂšglements dĂ©clare quâaucun militaire ne peut ĂȘtre membre de l'Union S.-Pierre, et la clause 9 ajoute que les membres qui deviendront militaires cesseront par le fait mĂȘme dâetre membres de TĂ-mion Saint-Pierre.En prononçant son jugement, le juge Coderre a dĂ©clarĂ© que, vu le texte si explicite des rĂšglements, ii ne pouvait dĂ©cider autrement quâen donnant gain de cause Ă lâUnion Saint Pierre.Le bref de mandamus est rejetĂ© avec frais contre ta demanderesse.BATONNIER DE LA PROVINCE M.A.W.Atwater, bĂątonnier du Barreau de MontrĂ©al, a Ă©tĂ© Ă©lu bĂątonnier gĂ©nĂ©ral de la province Ă une assemblĂ©e spĂ©ciale de l'Association , du barreau de la province, tenue unc ., , hier au palais de justice.M.Atwa- j )?_C0P.sA**aU?n ter est Ă©lu pour le reste de l'animĂ©e .courante en remplacement de M.J A.DĂ©xy, nommĂ© juge de la Cour supĂ©rieure.A la mĂȘme assemblĂ©e on a dĂ©cidĂ© de suivre lâcx-emule de lâAssociation de MontrĂ©al et de remettre les contributions a,n nuol'ies des membres qui se sont enrĂŽlĂ©s pour le service actif.Sir Lniner Gouin assistait Ă celle assemblĂ©e comme procureur-gĂ©nĂ©ral de la province.LA POLICE DE MAISONNEUVE ELLE EST ACTUELLEMENT LâOĂ-JĂT DâUNE ENQUETE OUVERTE, HIER.PAR LE CONSEIL MUNICIPAL.Doublez voire revenu Vou» dĂ©tirtz Baroir romment ?F«i-t«n alor* Tenir tout de euite un exem-plnire de notre nouvelle brochure r âComment obtenir âą p.c.a 8 p.c.net Šur voe Ă©pargne*â, et prorurrr-voua nuaai le fcroa numĂ©ro de printempa de "Thriftâ, gratuit.Faltei cela immĂ©diatement.MARCH TRUST COMPANY 180 6.-JACQUKM 82a anhĂ©e.Actif» plus de 14,000,000 LâHOTEL DE VILLE DE FRASERVILLE Frnserville, 11.â Le conseil municipal siĂ©geant hier soir a dĂ©cidĂ© de reconstruire iâhĂŽtĂšl de ville, incendiĂ© il y a quelques annĂ©es.La nouvelle construction sera en brique et reposera sur les anciennes fondations qui n'ont pas Ă©tĂ© endommagĂ©es.Les salles du Conseil el des fonctionnaires occuperont le rez-de-chaussĂ©e; tout l'Ă©tage supĂ©rieur servira de salle de concerts et dĂ© rĂ©unions.L'entreprise coĂ»tera environ vingt-cinq mil/e piastres,_______ , Le conseil municipal de Maisonneuve siĂ©geant en comitĂ©, a ouvert, hier soir, une enquĂȘte sur le dĂ©partement de la police.Cette enquĂȘte vient Ă la suite de la destitution de vingt-cinq hommes.Aucune accusation directe n'a Ă©tĂ© portĂ©e, inuis des accusations plus ou moins vagues ont circulĂ© et sont venues jusquâaux oreilles les membres du onseil.Le chef Marehcs-saull, directement intĂ©ressĂ©, a comparu, hier, devant le conseil,, pour donner les explications nĂ©cessaires.Agents de police et pompiers, qui sont encore au service de la ville ou qui ont Ă©tĂ© Š emercios, des citoyens, .plusieurs fonctionnaires de 11 Cour du recorder ont aussi comparu pour rĂ©pondre aux questions du Conseil.Le comitĂ©, aprĂšs avoir rĂ©uni une preuve considĂ©rable, envoie la question nu Conseil en assemblĂ©e rĂ©guliĂšre.Celui-ci se rĂ©unira probablement cet aprĂšs-midi.Il scnible fertain que la majoritĂ© du conseil sera en faveur du âstntu quoâ, r'exl-Ă»-dire du maintien du chef Ma relie s s au U dims scs fonctions.La fĂȘte annuelle donnĂ©e au profit de la CrĂšche de la MisĂ©ricorde a eu lieu hier soir Ă lâUniversitĂ© Laval, dans la salle des Promotions.La parole du confĂ©rencier dâabord, Mgr Lenfant, puis la prĂ©sence de trois autres Ă©vĂȘques, Mgr BruchĂ©si, qui prĂ©sidait cette soirĂ©e, Mgr Forbes, Ă©vĂȘque de Jol'iette, Mgr Brunet, Ă©vĂȘque de Mont-Laurier, et d'un clergĂ© et dâun auditoire nombreux ont marquĂ© cette fĂȘte dâun vif Ă©clat.II ne faut pas oublier un joli programme musical.PrĂ©sentĂ© par M.lâatofc Dupuis, aumĂŽnier de la MisĂ©ricorde, Mgr lam-fant monte sur lâestrade au milieu des applaudissements et commence sa causerie.âVisions de guerre et nos raisons dâespĂ©rer.ââ Ces visions de guerre ne sont pas des descriptions de champs de bataille.Ce sont des choses vues par le confĂ©rencier pendant la guerre: le dĂ©part des pioupious, les Ă©glises remplies de fidĂšles pendant des jours et des mois, certains temples combles lous les jours, des prĂȘtres prĂȘchait» chaque jour sans se lasser, les ou-vroirs, les soldats Ă©puisĂ©s mais au moral excellent qui ont traversĂ© Paris en revenant dâAlsace et de Charte-roi, les ambulances, les hĂŽpitaux devenus bientĂŽt insuffisants, hĂ©las.Quel spectacle offrent ces blesses.La plupart sont dĂ©cidĂ©s et mĂȘme enthousiastes.Les troupiers aveuglĂ©s par la poudre ou les gaz suffocants sont admirables par leur gaĂźtĂ©, et rien nâest touchant comme ie contraste de ces yeux privĂ©s de la lumiĂšre du regard et de ces lĂšvres gardant la lumiĂšre du sourire.Si l'on traverse la France, on distingue un pays qui vit seulement pour la guerre.Dans toutes les rues, on «perçoit des uniformes.Cette vue donne la rĂ©confortante impression quâun grand nombre de soldats attendent l'ennemi, et dissipe les craintes de quelques-uns sur lâinsuffisance des hommes.On rencontre aussi les prisonniers allemands occupĂ©s 5 divers travaux.Le passant est convenable, mais il est froid, il se tient Šà distance dâeux.Les religieuses prodiguent aux ennemis blessĂ©s les mĂȘ- j mes soins quâaux autres, pas avec le mĂȘme coeur.1 Puis dans un beau tableau, lâorateur brosse le portrait des admirables Ă©vĂȘques de France : lâarchevĂȘque de Paris haranguant en face de sa cathĂ©drale sur une chaire de fortune, la foule qui s'est relevĂ©e avec confiance parce quâelle avait priĂ© la Vierge, lâĂ©vĂȘque de Meaux, organisant, malgrĂ© ses 50 ans, le service municipal dans sa ville envahie, les ambulances, l'Ă©vĂȘque dâArras restant des mois et des mois dans cette ville terriblement bombardĂ©e, Mgr Chamoz, Ă©vĂȘque de Lille, qui a fait tant de bien que le chef des socialistes a promis de sâagenouiller devant lui aprĂšs la guerre pour le remercier de ses bienfaits.Puis il salue avec Ă©motion les vaillants Ă©vĂȘques belges qui 1 ont sĂ» relever les calomnies lan-[ cĂ©es contre leurs ouailles, et surtout la grande figure du cardinal I Mercier.âHonneur au cardinal Mercier, J dit lâorateur, honneur Ă lâĂ©piscopat belge, honneur aussi aux Ă©vĂȘques français, honneur Ă Mgr BnudrĂŒlart qui a fait une si belle campagne j par son livre sur âles Allemands et le catholicismeâ! âHonneur aussi, Ă vos admirables Ă©vĂȘques du Canada-français, qui montrent ici la mĂȘme Ă©nergie quand il s'agit de dĂ©fendre notre belle langue française!" Dans la seconde partie de sa causerie.le confĂ©rencier dit ses raisons Ă lui dâespĂ©rer dans la victoire finale des AlliĂ©s.Ce sont des impressions personnelles ou mĂȘme vĂ©ritable conviction inspirĂ©es et lâĂ©tude de certains faits.En premier lieu, la prĂ©sence des soldats est un rĂ©confort.Us remontent les civils.Eux qui ont vu lâennemi de prĂšs dĂ©clarent: âNous les auronsâ.En deuxiĂšme lieu, les officiers sont encore plus catĂ©goriques.Us prouvent mathĂ©matiquement que les AlliĂ©s vaincront.En troisiĂšme lieu, câest un rĂ©confort de causer avec les rĂ©fugiĂ©s venus dâAllemagne ou avec les neutres renvoyĂ©s dans leur pays.Ils proclament que les soldats sont rationnĂ©s, par consĂ©quent les civils le sont davantage.On souffre au point de vue de la nourriture dans les villages et dans plusieurs provinces (lâAllemagne.DerniĂšrement, le chancelier teuton dĂ©nonçait l'Angleterre qui fait souffrir 'es femmes et les enfants.La situation nâest donc pas aussi brillante que les ennemis le rĂ©pĂštent.Enfin, en quatriĂšme lieu, malgrĂ© la perfection de leur machine de guerre, les Allemands n'ont remportĂ© nulle pari de succĂšs dĂ©cisifs : eur ruĂ©e sur Paris a Ă©chouĂ©, ils ont pensĂ© trop tard Ă marcher sur Calais, leur ruĂ©e sur Riga a avortĂ©, ils ont prĂ©fĂ©rĂ© des menaces impuissantes au sujet de Salonique.Quand bien mĂȘme ils prendraient Verdun, il y aura toujours quelque chose pour arrĂȘter les baibares.Sans doule on invoquera leurs conquĂȘtes, mais il finit tenir compte de l'avance de 50 ans qu'ils avaient sur la coalition de l'Entente.11 faut patienter devant la victoire pii se fait attendre en songeant aux forces quâil faut vaincre pour Ă©craser le militarisme allemand.Les AlliĂ©s sont forts.Joffre attend son heure et il n'a lias tort.Enfin si lâon songe que lâAllemagne a voulu ht guerre, si l'on se remet en ; mĂ©moire ses atrocitĂ©s et celles (le ses alliĂ©es, on se dit que Dieu ne peut bĂ©nir ces gens-la.Et Dieu Ă©tant avec les AlliĂ©s, ils triompheront.Sa Grandeur Mgr lâarchevĂȘque do MontrĂ©al remercie ensuite Mgr LĂ©on-Adolphe Lenfant et lui offre scs fĂ©licitations et celles de toute lâassistance Ă lâoccasion de sa fĂȘle, la Saint-LĂ©on.âL'Ă©vĂȘque de Digne a parlĂ© de la C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation â Rue Saint-Jacqujpa LAMOTHE.GADBOIS et NANTEL, avocats, Ă©difice Banque de QuĂ©bec, 11 place dâArmes, MontrĂ©al.TĂ©lĂ©phone Main 3215.J.C.Lamothe, LL.D., C.R., Emilien Gadbois, LL.L., J.MarĂ©chal Nantel.B.C.L._______ MORGAN et LAVERY AVOCATS â PROCUREURS Suite «20.Edifice Transportation, 120 S.-Jacques.TĂ©l.Rell Main 2670.CĂąble.Eadmor.E.A.D.Morgan.Salusto Lavery, B.C.L.M.Ijivery n son bureau du soir : 1 St- Thomas.Longueuil.ROMUALD ROY 83, Craig Ouest.Tel.Main 966.TĂ©l.Main 3264.Chambre 525 MONTREAL.S.-LouU.4207.HERVE ROCH, B.A., LL.L SociĂ©tĂ© lĂ©gale.Baril et Roch.AVOCAT 61.rue S.-Gabriel, MontrĂ©al.Domicile : Est 1369.ANATOLE VANIER, B.A.LL.B.AVOCAT Tel.Main 213.â Bureau 53, _____ _______________97 ru e ^ S.-Jacqucs.RĂ©sidence : 180 Jeanne-Mance.TĂ©l.Est 5973.GUY VANIER, B.A.LL.L.AVOCAT #7, rue S.-Jacques.â Bureau 76.TĂ©l.Main 2632.guerre dâEuropeâ, dit-il, âmais nous aussi nous avons la guerre dans notre beau pays.On veut nous enlever le droit dâapprendre et de parler notre belle langue française, par des lois odieuses comme le rĂšglement XVII imposĂ© par le gouvernement dâOntario.Nous aussi, nous montrerons l'Ă©nergie et la vaillance des Ă©vĂȘques et des soldats de France, et nous aussi, nous aurons la victoire complĂšte et Ă©clatante.â FAITS-MONTREA L EN POSSESSION DâUN ALAMBIC ON ARRETE UN INDIVIDU QUI VOULAIT VENDRE UN ALAMBIC A DEUX AGENTS SECRETS.A.-H.Barrette NOTAIRE 70 rue Rachel Est, MontrĂ©al RESIDENCE, MONTREAL-EST.TĂ©l.Pointe-aux-Trembles 29.J.-EMERY CODERRE NOTAIRE Etude, 90 rue Saint-Jacques.EDIFICE VERSAILLES.TĂ©l.Main 1323.A.D.JOBIN NOTAIRE ET COMMISSAIRE 103 RUE S.-FSANCOIS - XAVIER MONTREAL Frets sur hypothĂšques.ELZEAR ROY NOTAIRE PrĂȘta aur hypothĂšques.Achats de crĂ©ances et nutres.DĂ©partement spĂ©cial pour : Administration de Successions et de propriĂ©tĂ©s ; 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OREILLES, du NEZ et de la! GORGE, 523, Saint-Denis, (En face| du carrĂ© Saint-Louis.DENTISTES Dr NĂL DESJARDINS CHIRURGIEN-DENTISTE Autrefois de S.-Henri BUREAU 1111, RUE SAINT-DENIS PrĂša Marie-Anno.TĂ©l.S.-Louis 3943.Deux agents de la police secrĂšte ont arrĂȘtĂ© hier soir un nornmĂ© Alexandre Boissonneault, domiciliĂ© | au No 76 rue S.-Germain, au moment oĂč il sâapprĂȘtait Ă leur vendre «n alambic pour la fabrication de liqueurs enivrantes.Le prix du marchĂ© fut fixĂ© Ă $75 ; quelques instants plus tard, les agents au lieu de remettre Ă Boissonneault un chĂšque, lui montrĂšrent un mandat dâarrestation et lâamenĂšrent au poste.Le prĂ©venu a rĂ©pondu ce matin en Cour de police Ă la_ double accusation de possĂ©der illĂ©galement un alambic et de lâoffrir en vente.Tl a prĂ©tendu qu'il ne sâĂ©tait jamais servi de lâappareil qui lui aurait Ă©tĂ© remis par un inconnu, il y a plusieurs annĂ©es.PRIS ENTRE DEUX TRAMWAYS.Pris entre deux tramways venant en sens inverse Ă lâangle du boule-, varri E.-Laurent et de la rue S.-Ca- ! 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VOL.Vil.â fSo J»b LL i/LtĂŒiiv, ĂiLAL, ^ILHCKLOl 12 A \ UiL lĂŒlb a FRANCE LâAVANTAGE * EST DOUTEUX LA LUTTE SE POURSUIT AUTOUR DE SAINT-ELOI, OU LES ANGLAIS OCCUPENT TROIS CRATERES, ET LES ALLEMANDS DEUX.â HUIT ENGAGEMENTS AERIENS.Londres, 12.â Le âWar Officeâ "annonce que la lutte Ă la grenade ^ sâest continuĂ©e Ă S.-Eloi.Lâavan-âtage oscille apparemment Ăźle cĂŽte et dâautre.Aux derniĂšres nouvelles reçues Ă Londres, les Anglais occupaient 3 cratĂšres de mines et Ks Allemands deux.En sus de quelques combats dâartilllerie, il y a eu huit engagements aĂ©riens sur 'e front anglais, une machine ennemie et une machine anglaise Ă©tant abattues.Dans la rĂ©gion de Verdun, les armĂ©es du kronprinz prennent toujours l'offensive avec vigueur.AprĂšs avoir dirigĂ© une attaque du Mort-Homme Ă CumiĂšres, nettoyant de pelites sections de tranchĂ©es françaises Ă lâest du Mort-Homme, les Teutons ont fait halte dans ce .secteur pour se lancer en grand nombre Ă lâassaut dis tranchĂ©es françaises, dans la rĂ©gion de Dou-aumont, au nord-est de Verdun.Ils ont remportĂ© du succĂšs, mais il a Ă©tĂ© Ă©phĂ©mĂšre.Les Français, dans le cours dâune contre-attaque, went expulsĂ© le.s Allemands des see- NOS SOLDATS ILS GARDENT LEURJTRRAIN LES TROUPES CANADIENNES, MALGRE UNE VIOLENTE ATTAQUE DES ALLEMANDS.CONSERVENT LE TERRAIN QUâELLES AVAIENT ENLEVE A LâENNEMI, A SAINT-ELOI.lions de tranchĂ©es avancĂ©es quâils j i, .7 nvnĂźrnt cnnlnrcAç ru nnt fait nnpl- *eJnent SS Toronto, Ont., 12.â Le âToronto Evening Telegramâ a reçu le rapport suivant de son correspondant de Londres, M.Douglas S.Robertson : Plusieurs soldats blessĂ©s viennent dâarriver en Angleterre, venant du front canadien oĂč, Ă S.-Eloi, il y a eu de violents combats.AprĂšs un bombardement intensif, lâennemi attaqua et manoeuvra pour dĂ©loger les troupes de quatre baladions canadiens qui tenaient les cratĂšres de mines qui avaient explosiĂ©, 2 semaines avant, quand celte position allemande fut prise par les troupes anglaises.La position Ă©tait une des plus difficiles Ă conserver et nâavait aucune importance essentielle.AprĂšs avoir essuyĂ© le feu pendant quelque temp*, les Canadiens reçurent lâordre de sc replier Ă une courte distance.Bien que lâattaque ennemie fĂ»t la plus furieuse quâils eussent eu Ă supporter depuis quelques mois, les Ca-nadiens gardĂšrent leur terrain et bientĂŽt Ă©taient retranchĂ©s tout prĂšs de lĂ .Notre artillerie soutint merveilleu- ivaient capturĂ©es et ont fait quel-:s.a1,I!^Ăuta.t'0.n :1Ppuya effi que cent prisonniers.cacement I infanterie.Les, Allemands Tout en sâavançant entre Vaux ât i fâur
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