Le devoir, 24 juin 1915, jeudi 24 juin 1915
VOLUME VI—No 146 v> r, MONTREAL, JEUDI 24 JUIN 1915.DEUX SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS j Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5.00 UNION POSTALE.$8.00 Edition Hebdomadaire canada.$x.oo ETATS-UNIS.$1 50 UNION POSTALE .*.* " $2.0o DEVOIR Rédaction et Admini^trati 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL on Directeur : HENRI BOURASSA TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 REDACTION ; • Main 7460 FAIS CE QUE DOIS I favora-droit de secouer conquête du Transvaal es traits les plus odieux que l’on reproche avec peut imposées par un DEWET ET RIEL La sentence, relativement légère, prononcée contre le général Dewet remet en mémoire l’exécution de Louis Riel.La culpabilité du chef hoer est apparemment beaucoup moins contestât) e que celle du malheureux Métis, sacrifié à la soif de vengeance < un groupe d Anglo-Canadiens.La seule excuse du générai Dewel et de ses conjurés, c’est en somme d’avoir profité des embarras de l’Angleterre en Europe pour tenter de rendre à leur pays l’indépendance perdue en 1902.Certes, l’excuse est avouable.Contester aux Sud-Africains le droit de reconquérir leur liberté, à la première occasion ble, c’est nier aux Belges, aux Alsaciens, aux Polonais le le joug allemand, autrichien ou moscovite.I.a et de l’Orange porte tous le raison aux spoliateurs de la Belgique: violation de la parole jurée, dc-chiremenl des traités, méconnaissance absolue du droit,* destruction de la propriété privée.L'Angleterre ne peut même invoquer, pour justifier cette conquête, la raison brutale donnée par le chancelier Bethman-Holl-\veg pour expliquer l’invasion du territoire de la Belgique.En Afrique, 1 Angleterre n était aux prises avec aucune puissance rivale; elle n’avait nullement besoin d’occuper le territoire des petites républiques hollandaises afin d’atteindre un ennemi redoutable ou de se protéger con-tte ses coups.Le seul motif véritable de l’agression anglaise fut de servi] les intérêts sordides des possesseurs des mines d’or et de diamant du Lund.Jamais conquête ne fut plus odieuse et inspirée par des mobiles plus ignobles.I) autre part, I héroïque résistance des Boers et le réveil de la conscience nationale du peuple anglais amenèrent le gouvernement britannique à réparer, dans une certaine mesure, l’iniquité de la spoliation.Lord Kitchener et le ministère Campbell-Bannerman accordèrent aux malheureux vaincus de généreuses conditions de paix et un régime politique beaucoup plus libéral que celui imposé aux Polonais et aux Alsa- < ions.Au moment de la rébellion commandée ou dirigée par Dewet, les Hollandais jouissaient, dans tout le territoire de l’Union sud-africaine, d une liberté que (les Canadiens-français ne connaissent pas encore dans les.provinces anglaises du Canada.Cette rébellion ne peut donc se justifier de la nécessité de réprimer des injustices gouvernement tyrannique.* * * Dans les Territoires du Nord-Ouest, la situation était tout autre.La cession des domaines de la Compagnie de la Baie d’Hudson à la Confé-(lei ation canadienne s était opérée, e n 1869, dans des conditions fort in justes pom les habitants du pays et absolument contraires aux principes du gouvernement britannique.Ce jugement historique s’appuie sur le témoignage d’hommes peu suspects d’exagération ou de tendances révolutionnaires, tels Mgr Taché, sir Joseph Dubuc, Mgr Ritchot.Quelques mois avant sa mort, ce vénérable citoyen, ce magistrat intègre et éclai-10, sir Joseph Dubuc, affirmait en ma présence qu’après quarante ans d’étude et de réflexion, il ne pouvait que conclure à la légitimité légale et morale de la résistance opposée par Riel et les Métis à La conquête de 1870.Il considérait même que l’exécution de Scott, véritable motif de la vengeance exercée contre Riel en 1885, tout impolitique et condamnable qu’elle fût à certains égards, se justifiait aux regards de loi internationale et des principes du code de guerre.Pour éviter l’effusion du sang et pacifier le pays, le canadien prit avec les Métis des engagement nombreux utilisa l’intervention et la haute influence morale de Mgr porta garant de la parole du Roi et de ses représentants officiels, civils et militaires.De ces promesses, les unes ne furent jamais exécutées, d’autres furent violées par la suite.On peut affirmer en toute certitude que Mgr Taché mourut de douleur parce que les politiciens d’Ottawa, à qui il avait pourtant rendu en maintes circonstances de si précieux services, lui avaient donné, aux yeux du peuple qu’il aimait, figure d’imposteur et de transfuge.De ceci, je puis rendre un témoignage personnel.A chacun de ses voyages à Montréal, le vénérable archevêque de Saint-Boniface venait épancher le trop plein de son âme dans l’atmosphère sympathique d’un cercle tout intime qui se réunissait, chaque dimanche soir, sous Je toit hospitalier de M.Come-Sèraphim Cherrier.De ce cercle, M.Chauveau, M.l’abbé Verreau, mon père étaient les hôtes assidus.On m’y admettait, tout bambin que je fusse, La venue de Mgr Taché, l’un des plus t harmants causeurs de son temps, y était toujours accueillie comme une fête du coeur et de l’esprit.De mon coin, j’écoutais, tout oreilles et tout attention, même quand je ne pouvais tout comprendre.C’est là que j’ai puisé mes premières notions pratiques sur l’ignominie des politiciens et les étranges défaillances de la foi britannique au Canada.Et pourtant l’on sait que Mgr Taché n’était porté à juger sévèrement ni les politiciens conservateurs ni les Anglais.Ses amis s’efforcèrent même souvent de Je mettre en garde contre son optimisme exagéré.C’est un fait acquis à l’histoire que le vénérable Mgr Bourget, si clairvoyant, si détaché des intérêts humains, tenta vainement de le retenir à Borne lorsque sir John Macdonald et Cartier l’appelèrent à leur secours pour pacifier la rébellion de 1870.sf< >;< îfs Les griefs des Métis, en 1885, étaient nombreux et réels.Un autre témoin, encore moins suspect peut-être de déloyalisme, le colonel Denison, qui commandait l’un des régiments chargés de réprimer le soulè-vement, en a reconnu franchement le bien-fondé.Jusqu’à quel point ces griefs justifiaient, en droit ou en fait, la deuxième rébellion et l’intervention de Riel, il n’est guère possible de le déterminer en toute certitude.Ce qui est incontestable, c’est que ce soulèvement — abstraction faite du droit à l’indépendance nationale — se justifie beaucoup plus aisément par des motifs immédiats que la révolte commandée par Par le général Dewet.Et pourtant, quelle différence entre la peine capitale infligée à Riel et la simple condamnation à l’amende et à la son infligée nu chef bocrl Si l’on invoque contre Riel ia violation de l’amnistie qui lui avait été accordée après la première rébellion, le même argument milite davantage contre Dewet, qui a accepté les termes de la capitulation de 1901.Riel était d’autant plus excusable que le gouvernement canadien n’avait pas été fidèle à ses propres engagements.Le tribunal sud-africain a tenu compte, dit-on, de la mauvaise santé de l’officier sud-africain.Les troubles cérébraux du malheureux chef métis ne méritaient-ils pas la même indulgence?Qu’on ne me soupçonne pas d’établir ce parallèle afin d’appeler condamnation sur la légèreté de la sentence portée contre le héros boer, égaré peut-être, mais assurément digne de miséricorde et de sympathie! Loin de là.La mesure d’indulgence dont il bénéficie esl un acte de haute politique.Et si je le mets en relief, c’esl au contraire afin de marquer davantage le caractère odieux et maladroit de la sentence rigoureuse portée, il y a trenle ans, contre le chef des Métis français, Si le gouvernement canadien avait obéi, en 1885, aux motifs qui ont inspiré les autorités de l’Union sud-africaine, le rapprochement moral des deux principales races canadiennes serait plus près d’être accompli, le régime britannique serait, aux yeux des Canadiens-français, plus véritablement synonyme de justice et de liberté.tiquent nos publicistes et nos politiciens de parti, est l’avachissement.Cette différence ne se manifeste pas seulement dans les circonstances extraordinaires comme celles qui ont entraîné la mort violente de Riel et l’absolution virtuelle de Dewet; elle apparaît surtout dans la comparaison entre le régime de liberté et de véritable égalité fait aux Hollandais d’Afrique, qui ont fait perdre à l’Angleterre des centaines de mille hommes et des millions de livres sterling, et les tracasseries iniques auxquelles les Canadiens-français sont en butte dans plusieurs des provinces anglaises du Canada, en dépit — ou peut-être à cause — des services signalés qu’ils ont rendus à l’Angleterre depuis un siècle et demi.Le régime britannique, tel que compris et pratiqué par les Anglais civilisés, est assurément un noble produit de la civilisation contemporaine.Mais déformé par le jingoïsme et l’intolérance de nos butors coloniaux, il devient facilement aussi désagréable et plus avilissant, sinon aussi brutal, que le militarisme prussien.Espérons que les Anglo-Canadiens, qui affectent, de ce temps-ci.tant de dévoument aux principes de civilisation et de liberté dont le Teuton, le “Hun”, est à leurs yeux le pire ennemi, s’efforceront avant longtemps de conformer leur conduite à ces principes et d’en faire l’application au gouvernement intérieur du Canada, à son régime politique, à ses problèmes de race.Ce serait la manière la plus pratique de prouver leur sincérité et leur loyalisme.Henri BOURASSA.BILLET DU SOIE UN EVANGILE LA GUERRE ET LA CONTREBANDE la gouvernement et précis.H Taché, qui se Nous avons vu, hier, que si TAlle-magne a pu conjurer jusqu’à prés.ent la disette de métaux et mantenir la supériorité de ses approvisionnements en munitions, c’est en partie grâce aux complicités qu’elles a su (s’assurer dans les pays ennemis — grâce aussi aux défaillances du contrôle ofiieiel de lu contrebande le guerre chez les alliés.Les faits que nous avons rapportés ne sont pas les seuls qui aient été relevés au cours de l’année si pleine d’événements qui s’achève : mais ils sont 'Suffisamment caractéristiques L’espace et le temps nous ont manqué pour parler de cette firme au capital français qui produit en Norvège du nitrate pour le compte des ennemis de la France.Ce n’est pas, du reste, un cas isolé.Le capital français travaille ailleurs encore, et bien plus ouvertement, contre son pays d’origine.! c dernier emprunt turc’, négocié sur la place de Paris, après la guerre des Balkans, n’a pas servi à autre chose qu’à la réorganisation de l’armée ottomane sous la direction de Liman von Sanders, et c’est véritablement lui qui lutte pied à pied contre les forces expéditionnaires de la France et de l’Angleterre sur ]a péninsule de Gallipoli.L’Allemagne, cependant, doit surtout à l’audace de son esprit d’organisation, à son service secret d’intelligences internationales, si actif et si souvent insaisissable, d’avoir pu mettre à profit 1 imprévoyance de ses enemis, le relâchement de leurs services de vigilance, et supporter, d’une façon apparemment victorieuse la pression de l’Europe presque entière coalisée contre elle.En Italie pn- C’est par la contrebande pratiquée en pay \ «Ol11mU.N I UUUCS .inç «use pour faire renaître en nous ces traditions de dignité mo- nde qui sont l'honneur de la eivili-salion française.Hàlous-nous de rétablir en nous la véritable du devoir public et privé, et de la religion oHc-mème.Ne réduisons point celle-ci à de vaincs formules.Rappelons-nous qu'elle comporte essentiellement l'accomplissement du devoir envers Dieu, envers ses semblables, envers la patrie.Ge que chacun d’entre nous appelé à faire, c’est que tous actes de sa vie soient pour ses enfants un modèle d'honneur, de pro-Ijitc et d'accomplissement de son devoir social.Nous sommes obligés d être supérieurs à nos voisins par la pensée et par l'idéal.Nous de que de concert avec M.J.H.Hawderi il aurait prélevé nue somme de $10,-000, au bénéfice de Sali à Omaha; qu'il aurait autorisé Horwood à obéii n!i.î'! !an docteur Simpson en ce qui concernait les prix des matériaux, et qu’il aurait aide Simpson à fournir de l'argent à Sali.A toutes ces allégations, M.Goldwell a répondu qu'il n'y a pas une parcelle de vérité en tout cela.M.Goldwell n'a pas nié l,,s|dant, ((u’F.lhott se soit servi de appareil téléphonique pour chercher à rejoindre Hook, à Minneapolis, mais il ignorait, dit-il, à qui Elliott | téléphonait.Gomme ce dernier attendait une réponse du téléphone de longue distance, M.Goldwell lui pré.FEU LE Dr W.GRIGNON S.-Adèle, 24.— L’un des citoyens les plus distingués vient de disparaître en la personne du docteur Wilfrid Grignon, décédé hier matin, à l’âge de (>2 ans, après une longue maladie.Le défunt, né dans cette paroisse, avait fait ses études au collège de S.-Thérèse et à Montréal, où il fut admis à la pratique de la médecine.Il revint s’installer immédiatement à S.-Adèle où il a toujours demeuré depuis.Agronome distingué, i' avait été nommé conférencier agricole, et pendant de longues années, il parcourut nos campagnes, prêchant le progrès et la méthode dans l’agriculture.Mme Grignon, née Hermine Long-pré, lui survit, ainsi que sept "U-fants d'un premier mariage: le docteur René Grignon, Mme Louis Boucher, de S.-Adèle; le docteur Ls M.Grignon, M.V., actuellement sur la ligne de feu en France ; Mmes Victor et Joseph Murray, et Henri Grignon.employé civil, de Montréal ; Mme Edouard Parent, de S.-Agathe.Les funérailles auront lieu eu celte paroisse samedi matin, à 10 heures et demie, après l’arrivée du train de Montréal.Boite Postale S56.— Adresse télégraphique, “Nahac.Montréal”.Tél.Main 125(1-1251.Codes : Llebert.West.Un.C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation — Rue Saint-Jacqee* MAURICE DUGAS, avocat L.L.L., 30 S.-Jacques, Chambre 44.Tél-Main 7G91.Résidence, 246G avenue du Parc.Rockland 2459.LAMOTHE, GADB0IS & NANTEL, avocats, Edifice Banane de Québec, 11 Place d’Armes, Montréal.Téléphone Main 3215.J.C.Lamothe LL.D., G.R.Emilien Gadbois, LL.L., J.Maréchal Nantel, B.C.L.ROMUALD ROY AVOCAT 83, Craig Ouest.—Chambre 525 Tél^Main 966.MONTREAL.Résidence : 1951, AVENUE DU PARC Tel.B.-Louis 4207 HERVE R0CH, B.A., L.LL.AVOCAT 61, RUE S.-GARRIEL, Bureaux 17, 18 et 19.Tél.Main 3264 Société légale BARIL & ROCH CAMILLE TESSIER AVOCAT ET PROCUREUR 97 St-Jacques, Ch.34.MONTREAL.MAIN 8728.ROCKLAND 931.Résidence : Est 5973.ANATOLE VANIER, B.A.LL.B.AVOCAT Tél.Main 213.— Bureau 53.97 rue Saint-Jucqucs.Résidence : 180 Jeanne-Mance, Tél.Est 5973.GUY VANIER, B.A.LL.L.AVOCAT 97, rue Saint-Jacques.— Bureau 76.Tel.Main 2632.NOTAIRES BELANGER & BELANGER, (Léan-dre et Adrien), 30 Saint-Jacques.Main 1859.Résidence, 240 Visitation.Prêts sur hypothèque, achats de créances.TEL.ST-LOUIS 504.A.-H.Barrette NOTAIRE 70 rue Rachel Est, Montréal DOCTEURS — Diplômé en hygiène Pub.Dr.J.-N.CHAUSSE SPECIALITE : Voies urinaires, mala- 1 dies de la peau.Heures : 12 à 2 p.m.6 j à 8 p.m.Tel.Saint-Louis 3275.708 Parc | Lafontaine, coin Marquette.Dr A.L.GUERTIN Maladies des Teur, des Oreilles, du Nés et de la tiorge.320 RUE SAINT-DENIS HEURES DE BUREAU s 2 A 5 H RS.Tél.Bell Est
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