Le devoir, 24 avril 1915, samedi 24 avril 1915
V OLbrûl V i—- ,o vo ABONNEMENTS • i Edition Quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS 95.00 98.00 UNION POSTALE Edition Hebdomadaire CANADA $1 oo ETATS-UNIS $1.50 $2.00 UNION POSTALE MONTREAL, SAMEDI U AVRIL, 1915 LEDEVOIR DEUX Rédaction et Administration: 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TELEPHONES: ADMINISTRATION : Main 7461 REDACTION : * Main 746C Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! PATRIOTISME PATRIOTIQUE Leçons d’Europe Tl y ;i trois ou quatre semaines, exactement le 30 map, M.Bourassa analysait,, avec de copieuses citations à l’appui, un article du Times où “grand journal anglais affirmait, entre autres choses: “Mais ce n’esl ni pour la Belgique ou pour la Serbie, ni pour la France ou pour la Hus-ste, qu’elle [l'Angleterre] SE BAT PRINCIPALEMENT.Ces pngs occupent une large place dans son esprit;' mais cette place est la seconde.LA PREMIERE PLACE LUI APPARTIENT, ET LUI APPARTIENT A JUSTE TITRE." l.e directeuii du Devoir, après avoir constaté que l’article du Times semblait une sorte de paraphrase de son propre jugement sur la politique île sii hdward Grey, invitail une fois de plus ses compatriotes à admirer, et a imiter, cet exemple de patriotisme raisonné et Six mois plus tôt, l’article eût soulevé les protestations loi/a u a ardeur savoir 11 pratique.des vitra- is se sont calmés depuis, en même temps que se calmait leur à envoyer les autres au feu; mais l’on sera peut-être curieux de comment, en France, fut accueilli ce même article du Times.* * * Nous n’avons point connaissance qu'il ait Nous savons, pai’ contre, que l’un ,• 'VI scandalisé personne, des écrivains politiques les plus dis- lingues du pays, M.Jacques Bainville, l’a traduit presque intégralement (.ans ] Action française du 13 mars et l’a cite à ses compatriotes comme un exemple de sain et juste raisonnement.faut oser dire, écrivait M.Bainville, dès le début ie la déception qui s’est manifestée dans une gra “Il tide, que de notre presse au digne d’un peuple sujet aussi de son ar-graiide partie du coup de théâtre grec ne nous paraît pas intelligent que le peuple français.” ‘ms, U ajoutait, après avoir constaté les sympathies profondes qui montent de toutes parts vers la France, encore qu’elle n’ait guère à travailler l’opinion étrangère: P La France s’est si souvent déterminée dans sa politique par des motifs de pure générosité qu’elle a tendance à compter sur de semblables mouvements de la part des mitres.” “La vérité est que les intérêts dont les gouvernements ont la gestion, les responsabilités dont ils onl la charge ne leur permettent pas de se livrer si facilement qu’on l’imagine aux mouvements du coeur ou aux élans de sympathies ni même d’obéir sans condition a I appel des affinités spirituelles.” Il invitait scs compatriotes à se pénétrer de cette vérité, point se faire d'inutiles illusions, de ne point commettre d l’endroit des étrangers et de s'élever eux-mêmes à une exacte des réalités.afin de ne 'injustice à conception “Non seulement, disail-il, nous éviterons des erreurs de ment, fâcheuses parce qu’elles peuvent, chez nous, influencer, hier les dispositions de l’opinion publique à l’égard des tiers, encore nous nous élèverons aux sommets d’une justice en comprenant les devoirs qui s'imposent aux autres tandis que la France fait le sien.Que veut dire le grand mot de M.Salandra, tant répété depuis six mois?Il veut dire que J’“égoïsme”, appliqué a des millions et des millions d’hommes nés et à naître, est une obligation “sacrée” pour les conducteurs de peuples.La politique doit se pénétrer de celte vérité, agir et surtout n’etfbèrer que conformement a ce principe.” juge-t rouillai s supérieure El il concluait, après avoir de la Triple-Entente s’inspire de constaté que l’intervention en Orient cette “évidence reconnue” : "Nos alliés les Anglais ont la plus I n article du Times, qui n’est vieux qi clarté ce que le grand journal de ques” de l’intervention anglaise.C’est une En demandant à nos compatriotes de juger les choses du point de vue canadien, nous leur demandons simplement d’accomplir le devoir que leur imposent l’histbire, la géographie cl leur naissance aussi bien que le souci légitime de leur propre conservation.C’est ce (tue notre peuple a toujours instinctivement compris, lorsqu’on n’a point faussé son jugement par une exploitation systématique; (’est ce qu’ont compris tous les grands politiques du passé, ceux prenaient pour mot d’ordre: Le Canada d'abord.Fît nous reviendrons à celte conception saine et vigoureuse; nous y reviendrons parce que c’est l’appel même de la vie.Il s’est imposé à tous les peuples, il s’imposera à nous comme aux autres.Orner HERÛUX.qui Nos ministres sont pavés de bonnes intentions à l’endroit du timbre bilingue.Mais l’intention, en ce cas, ne haut pas l’action.Réclamez des timbres de guerre BILINGUES, ou du moins, en FRANÇAIS ! BILLET DU SOIR.UN NORMAND vive intuition de ces choses, que de trois jours, définit avec la-bas appelle “les raisons prati-page.si nette, une dé- monstration de pnlilique appliquée si probante qu'il convient de la reproduire dans ses jintiics essentielles.” Suivaient, à titre de pièces justificatives, les principaux extraits de l’article du Times, ceux-là mêmes, pour la plupart, que le directeur du Devoir traduisait quelques jours plus tard, sans pouvoir connaître encore l’article de M.Bainville.* * * Cette intelligence du point de vue anglais, cette sympathie donnée aux peuples qui s’occupent de leurs affaires, n’appartient pas de façon exclusive à VAction Française.Presque dans le même temps, le rédacteur chargé de la politique etiangère à ta Croix de Paris, parlait avec une certaine irritation des “théoriciens de la paix” qui, “à force d'amabilités et de sourires, en finissent par oublier qu'ils appartiennent à un pugs qui souffre PLUS QU’AUCUN AUTRE de.la guerre, et que, par conséquent, ce paps, qui est la France, ne doit pas venir en dernier dans la distribution instituée.” 11 constatait que “loin d’oublier les autres (il parlait naturellement des théoriciens précités), nous les comblons de nos faveurs avoid de songer à nous-mêmes ; mais il ajoutait, avec son expérience de spécialiste, qui! ne icmarquait point, “soil dans la presse anglaise, soit dans presse russe — la présence de celle inspiration magnanime.” Et tait à ses compatriotes cette poignée de faits et de réflexions la il je-réalistes : i 0 ^ es^ Jrfs v.ra’,~ nous ne le répétons jamais assez — i î.1 UiSes *es ont lié avec la F’rance une partie ind lu.ole et qu ils sont résolus, comme nous le sommes, à mener le flit jusqu a sa fin normale, qui est l’écrasement de nos enm nous ne le répétons jamais assez — que ont lié avec la France une partie indisso- con —-„„„ ennemis Mais — et ce n est pas une critique — lorsque la presse nte par hasard des conditions de la paix, elle commence par envtsagcr les interets anglais; quand la presse russe touche la communs, anglaise traite le DEF^TiNTFRFTk Ppr Vxrile ou d^leûrédücai'ion', QUI NOUS SEMBLENT INDISCUTABLES: nous ne salirions leur faire grief de considérer le panorama du point de vue ou I histoire et la geographic les onl placés.Quand on est a Moscou, a Londres ou à Odessa, quand on est emporté par ce courant millénaire qui s’appelle une race, une civilisation, Le religion, une nation données, il est impossible qu’on aborde memes escales et qu oh accomplisse le meme parcours qu emporte un autre fleuve de souvenirs et d espairs.” Pour qu’il n’y eût pas de doute sur sa même thème, ajoutait un peu plus loin: ___ songe travailler l’opinion étrangère: „ , .,, ,., .Certains (.anadicns-français sont restés bien Normands.Tel, cet industriel d’une petite ville québécoise dont un achat, puis une revente de briques démontrent la ruse et la roublardise importées de Normandie par ses ancêtres.Il apprend un jour qu’une grande industrie américaine projette de s’établir dans sa petite ville.Les matériaux de construction g font défaut.L’homme d’affaires saisit qu’il g a là une bonne opération à tenter.Sur un, terrain, propriété d’un de.ses amis, il aperçoit un amas considérable de briques.Incontinent, il s’en ua chez son ami et lui dit: “Tu as là bien de la brique.Vends la-moi.— Impossible; il me la faut pour me construire une maison et ses dépendances.— Quand ça?— Dans trois ou quatre mois.— J’en ai besoin tout de suite, moi.Je te.Tacheté et te la /iqic bon prix, tu en fais venir d'autre, tu Tas à temps, tu fais un joli profit.Combien en veux-tu?” L’ami, pressé, harcelé consent enfin, vend sa brique .$2,000, dont $500 comptant et le reste, payable par billets, à A et d mois.L’affaire est bâclée.Les deux sont satisfaits.L’un a sa brique, T autre touche un bénéfice de $300 sur l’opération.Un mois, deux mois se passent.L’industriel laisse toujours sa brique sur le terrain du vendeur.Il ne parait plus pressé d’en disposer.L'autre, .regrette presque le marché.Un bon matin, à son étude, entre un visiteur, vêtu à l’américaine, diamants aux doigts, rasé, le teint bronzé, la poigne solide et qui, tout < de gq, lui dit: “La brique, entassée sur lé terrain voisin est à vous?Je vous l’achète.— Je n’en puis disposer, elle est déjà vendue.— Vous a-t-on payé?— Pas complètement.J’ai reçu $500.— Je vous la prends tout de même.— Impossible, marché fait ailleurs.— Qu’importe! Fous allez rembourser, sous un prétexte ou Vautre, ce que vous avez reçu, et je vous paie votre brique $3,000.J’en ai besoin tout de suite.Ma compagnie va bâtir une grande fabrique ici, votre acheteur le savait quand il a signé son marché avec vous.Il a voulu faire une spéculation à vos dépens.” Le vendeur, mécontent de s’être fait jouer par son ami, — l’Américain lui en donne des preuves, -— s’engage à défaire la vente et à revendre la brigue, qui ne lui appartient plus, à ce nouvel arrivé.Mille piastres de plus, ça en vaut la peine! —• Les deux signent un document.Et VAméricain convient d’attendre son vendeur à son bureau, tandis que celui-ci lâchera de se défaire de son ami.L’industriel voit chez lui, ses billets “Veux-tu me revendre ma brique?Je la reprendrais, je n’en puis trouver ailleurs.Nous allons rompre notre marché, je vais te rembourser les $500 déjà payées et te remettre tes billets.— Point.Je la garde._ Mais tu n’en a pas encore pris livraison, depuis deux mois.— Il me la faut pour la semaine prochaine.—Revends-la-moi.— Impossible.— Rends-moi ce service.” Le vendeur insiste, supplie, fait tant et si bien que I autre cède.— “Mais j’en veux $800.— Tu m'ati page $500, je te les rembourse, avec les intérêts.__ Rien à faire, c’est $800.” L’antre pense réaliser encore un joli bénéfice, même en déboursant $300 de plus qu’il n’a reçu.Car il revend $3,000 au lieu de $2,000.Il donne un chèque pour $800, tous deux passent à la banque, l’homme d'affaires touche les $800, se fait remettre ses billets et cède, par écrit, tous ses droits à Vautre.Hâte de celui-ci à retourner à son étude, finir l’affaire avec l’Américain.Dispgru, l’acheteur.“Il est parti tout de suite après votre départ ”, dit le garçon de bureau, “ajoutant qu’il reviendrait.” Le propriétaire de la brique l’attend toujours, furieux d’avoir dé-y a sept ou huit mois, à l’heure où les esprits étaient très montés, I/jour-,i"Uiiiiii>ililni:ii«inii»imi"*"«ltombe, on a sous les.yeux Les restes informes de ceux qui étaient une minute auparavant.un tel.ou un tel.“Le pauv’ type!” et c’est toute l’oraison funèbre.Le soir “on ramassera ça” et on l’enterrera, mais pour l’instant il n’y faut pas songer.“La nuit tombe et les canons se sont tus.Steinbach, qui est à notre gauche et vient d’ètre enlevé à la baïonnette, flambe.A la lueur que ce brasier jette dans ie ciel, nous quittons nos trous et “en avant à la tranchée allemande!” Nous avançons au coude à coude, baïonnette au canon.Les patrouilles qui nous précèdent reviennent: “Il n’y a pas d’Allemands dans la trari-chéee.y p que des morts (allemands).” “Les Allemands avaient vidé probablement la tralchée sous le feu de nos fin de montagne qui les avait bombardés toute l’après-midi.“Us vont la réoccuper pendant la nuit, tenons-là avant eux.En avant!” et nous sautons dans la tranchée.Il était temps: à gauche déjà des formes imprécises couraient dans la nuit.Tout-â-coup on signale quelqu’un dans les boyaux qui relient la tranchée où nous sommes à d’autres plus en avant.“Ils sont là!” et, de fait, nous> récevons des balles, des grenades à profusion.La section la plus exposée a la moitié de son effectif et son chef tués à bout portant.J’y vais pour me renseigner sur la situation.“Attention, mon adjudant, on vous tire dessus.” Et, de fait, on me tirait dessus: une balle me casse mes jumelles, une autre me frôle la tête entre le béret et l’oreille gauche, une troisième déchire mon caoutchouc, et une quatrième m’atteint, au bras droit.et, grâce à elle, je suis maintenant à Besançon, vous savez dans quelles conditions.“ Pour terminer l'histoire, les Allemands ne réussirent pas à nous faire reculer, et le lendemain, les renforts nous permirent de les repousser plus loin encore.” Ce jeune adjudant est un brave.Il a cependant, aux yeux de certains journaux sectaires qui restent en marge du réveil religieux, un tort impardonnable; Le eroirait-on ?C’est celui.de ne pas s’être fait tuer ! La “ Lanterne ” de Paris reproche en effet à ta Compagnie de Jésus île n'avoir eu que 22 de ses membres tués à l’ennemi alors que ie corps des instituteurs, dit-elle, en a eu G38.La “ Semaine religieuse de Grenoble ” a eu la condescendance de relever celte attaque : “ La “ Lanterne ” néglige d’établir la proportion des combattants ou mobilises des deux côtés.Or, il y a, assure-t-on, près de 40,000 membres de l’Enseignement primaire qui sont aux armées, à des titres divers, et il n’y a que 442 Jésuites, ce qui représente pour les Jésuites un mort pour vint mobilisés, et, en ce qui concerne les instituteurs, un mort pour soixante mobilisés.’’ Et la “ Semaine ajoute les renseignements suivants : “ Des 442 Jésuites appelés à servir la France dans cette guerre : 263 sont dans le service armé, 133 sont infirmiers, 46 sont aumôniers, après avoir été libérés du service militaire.“ Outre les 22 morts, on compte : 11 disparus (probablement morts), 31 blessés assez gravement, 14 pri- au combat, les hommes sont extra- sonniers.En plus, 4 ont été décorés ordinairement fatalistes; “si on ôe la doit y rester, on y reste”, disent-ils, et ils sont dans une impassibilité effrayante, abandonnés à ce destin contre lequel, disent-ils, “il rien à faire”.“Je tire mon chapelet, et le crucifix serré dans ma main, pour pouvoir, si je suis frappé, le baiser une dernière fois, j’égrène lentement les “Ave Maria”, “priez pour nous à l’heure de notre mort”; ce n’est pas un chapelet que je récite, ce sont les prières des agonisants, je la sens si proche cette heure-là.Te recommande aux hommes de ne pas avoir peur et de prier beaucoup.Je leur avais redit d’ailleurs ce matin, au départ, qu'il était nécessaire, au combat, de prier beaucoup, et maintenant ils prient.Le Bon Dieu me fait la grâce d’un sang-froid extraordinaire; je suis calme, me sentant et sentant mes hommes entre les mains du Maître.Et je n’ai pas eu tort d’avoir confiance.Des tués et des blessés en avant, en arrière ; dans ma section, personne de touché encore.Ce n’est pas que je demande à Dieu de nous préserver de la mort, mais je l’ai remarqué souvent, il le fait sans qu’on le lui demande, comme "par surcroît”.Une accalmie.Les Allemands sont sans doute persuadés de notre “réduction en hachis”.De nouveau, en avant! et de nouveau les marmites ronronnent dans le ciel.Il faut avancer coûte que coûte.“Un ordre de mon capitaine m’arrive, me demandant de me porter à hauteur de la section d’avant-garde, dans une tranchée qu’elle vient d’atteindre, à cent mètres au-delà de la lisière du bois.“Homme par homme, à cinquante mètres de distance’’ et, au pas gymnastique, nous atteignons le but.Là nous sommes dans une sorte de grand fossé, à demi rempli d’une boue de terre glaise, mais qu’est-ce que la boue quand il faut défendre sa vie?et personne ne fait difficulté pour s’y enfoncer à deux genoux quand lés “marmites” sifflent de trop près.De ce cloaque nous avons très belle vue sur la plaine d’Alsace, très loin au-delà de Cernay qui est à nos pieds; malheureusement, d’une tranchée allemande qui se trouve à notre gauche, les balles arrivent avant qu’on ait eu le temps de s’intéresser au paysage.Quelques obus tombent en pleine tranchée et envoient dans Içs airs des blocs, de terre se mêlant à des choses d’as- Légion d’honneur, 2 de la médaille militaire, et 12 au moins cités nommément aux ordres du jour.“ Voilà certes, au point de vue du n'y ai patriotisme, des états de service qui i en valent bien d'autres.On peut Vr du Livre d’Or de là Congrégation.” Hâtons-nous de dire que ces étals de service les autres Ordres rejgieux peuvent s’en glorifier autant que la Compagnie de Jésus.Nos journaux ont publié dernièrement une lettre intéressante indiquant la large part que les Dominicains français prenaient à la guèrre.Et ceux qui scrutent les listes quotidiennes des morts et des blessés, tremblent pour le sort de quelque ami cher, y ont rencontré souvent des noms de Franciscains, de Bénédictins, de Rcdeinp-toristes, d’Oblatsi de Sulpiciens, etc., etc., sans compter ceux des Frères de toutes lès congrégations.Voilà cependant les hommes que l’on exilait comme dangereux pour leur patrie.Peu l’auront servie durant cette guerre avec autant rie vaillance et de dévouement.La profession religieuse n’éteint pas dans Arrivons à N.à 8 heures du soir.Traversons la ville en silence.L’aspect est sinistre ; de la ville bombardée, pas une maison ne reste debout.Tout est désert ; j’ai compté cinq sous-sols éclairés et c’est tout.De temps en temps dans l’ombre on distingue un groupe de soldats.Nous défilons par deux, silencieux, à travers les décombres et les écoulements.Ici, l’on trébuche dans un trou d’obus ; là une pièce de charpente abattue barre ie chemin.La nuit cependant est calme ; à peine efuelques coups de feu ; le canon gronde par intermittences.A Ta sortie de la ville, nous suivons une route qui semble n'avoir pas beaucoup souffert de la guerre.A !) heures et demie, nous atteignons les tranchées de 2e ligne, bien couvertes, semble-t-il.Nous croisons l’Escadron à pied du 59e.Nous sommes bientôt aux tranchées de 1ère ligne, occupées par les chasseurs à pied.La tranchée manque de confortable : 60 centimètres (2 pieds) de lange ; 1 m.20 (4 pieds) de profondeur, et c’est tout.Installons quelques sentinelles et prenions nos dispositions pour la nuit.Je prends moi-même une faction de garde.Nuit très calme, à part une petite fusillade sur le front, distant de 100 mètres environ.Vers une heure, la pluie tombe.28, 7h.— A G heures, le capitaine lui-même nous appelle, pour prendre nos dispositions.On projette une attaque pour 7 h.30.A 7 heures, l’artillerie commence le bal.Le capitaine m’envoie avec trois hommes reconnaître une maison en avant du front des tranchées.Je pars avec B., V.et de S.Le capitaine ne me cache pas que la mission est périlleuse.Je passe vers un adjudant de chasseurs à pied.D’un air bizarre, il me souhaite bonne chance.“Pourquoi ?” — “Trois patrouilles y sont allées, me répond-il ; personne n’en est revenu.” — “Merci !” Il est encourageant le copain ! Jarrive pourtant à la barraque ; dans la cave, je trouve sept boches.Ils sont plus surpris que nous.Je flambe la cervelle au premier d’un coup de revolver.La balle l’atteint sous l’oeil : il tombe raide mort.Les autres lèvent les mains ; je fais enlever les armes et deux de mes hommes emmènent les prisonniers à l’arrière.Ces gens-là sont vraiment lâches.Vers 10 heures, un peloton arrive pour ouvrir une tranchée à hauteur de la maison.L’artillerie allemande nous repère et tape juste.Nous sommes littéralement arrosés.De S.a le bras cassé d'un éclat d’obus : il fait bonne contenance.Nous sommes obligés de nous replier.De retour à la tranchée, le calme se rétablit ; le capitaine me ren voie à mon poste, avec ordre formel d’y tenir.Je retourne donc avec deux cavaliers.Calme relatif: quelques obus.A quatre heures, M.vient me relever.Au moment où j’arrive à la tranrhée, je trouve les lieutenants A.et C.expirants.Un obus vient d’éclater, les frappant mortellement, ainsi que trois cavaliers.La canonnade redouble.Léger recul : le 3e peloton passe en avant.A ce moment, M., qui a lâché son poste malgré la consigne, se fait attiraper, et ie capitaine me renvoie pour la troisième fois en avant.Quand j'arrive à la maison, elle commence à flamber incendiée par un obus.Au même moment, à 150 mètres en avant, se dessine une attaque allemande.Nous sommes cinq seulement eu avant et deux carabines sont enrayées par le sable.Je demande du renfort en arrière.11 arrive et il est temps : les boches avancent et semblent nombreux.Ils ont tout pour eux : la maison flambante nous éclaire et la fumée les voile.Enfin, par un feu intense et régie, maintenu pendant deux heures et demie, j’ai la chance de les arrêter.J’ai reçu une éraflure à la main gauehe ; plusieurs de mes hommes sont étendus à mes pieds ; les balles sifflent et font sauter la terre tout autour de nous.Les boches se replient enfin et je peux prendre fine minute de repos.La fusillade m'a complètement assourdi.Il paraît que j’ai fait du bon travail: hint mieux! 29 7 h.— Au matin, les tranchées ont avancé de 150 mètres et on a installé un poste de mitrailleuses.A midi, le 23e cuirassiers nous relève sous la mitraille.4 octobre.— Je suis cité â l’ordre de l’armée française et je re-çois la croix de guerre, pour l’affaire du 28 septembre.La France d’après la guerre Au cours d’un article sur “ La France d’après la guerre ”, Mauri je Barrés écrit (a l’“ Echo de Paris ”) : Au premier jour de la mobilisation et dès l’aurore de cette tragédie gigantesque, nous l’avons senti : désormais tous les mérites dateront de la guerre.Le monde ne voudra plus admirer que la supériorité qui se sera prouvée dans les services de cette crise de vie ou de mort.Quel est le mot, le geste que nous cherchons, dont nous avons besoin et qui soulève notre admiration ?Allez sur les champs de bataille ap prendre à le reconnaître.On a retrouvé le capitaine Jacques Cochin, la tempe trouée d’une balle, au milieu des positions ennemies^Ér ¦ Ws-quelles il avait mission •‘-de méner l’assaut.11 gisait à cent cinquante mètres en avant du premier des siens, et, dans la mort, il tenait encore le bras levé comme poui- montrer la route.Ce geste qui 'révélé le chef, voilà ce qui rassemblé et ébranle les nommes sur les champs de bataille, et c’est cela que nous irons chercher et acclamer aux abords de l’Arc de Triomphe, le jour de la rentrée des troupes victorieuses.Ce retour de nos soldats, chez qui toutes les classes et tous les intérêts sont virilement unis par l’estime, la .souffrance, les vertus et la gloire, sera le signal d’un ordre nouveau.De toutes choses, nos héros décideront.Ils classeront les valeurs, réviseront les titres du passé et décer-neront ceux du jour.Mais, précisément, que pensent nos soldats et que veulent-ils ?Ces parfaits soldats de la France ne pensent qu’à remplir leur devoir immédiat et ne veulent que nous sauver.Ils aspirent au repos victorieux Us se disent qu’après cette guerre, il auront besoin de la paix, non seulement avec les Boches, mais dans l’mtérieur même du pays, besoin physique, moral, intellectuel.Us voudront une réforme générale qui permette la continuation de la trêve des partis.Et ils sauront vouloir.Cela se révèle dans l’attitude de ces morts qui, le bras tendu, ordonnent encore d’aller en avant.Et cette même Volonté, cette ardeur vers l’avenir possède l'âme de ceux qui les pleurent.Les survivants sont perfectionnés par la douleur et par la fierté qu’ils éprouvent de leurs héros.Tous ç.és Français qui sont en train de souffrir pour la France se cdmjjosent o’elle une idée infiniment plus haute çu’ils ne faisaient la vêillç.Une idée de la France et, eii‘général, une idée de la Vie.Et ifs Jropvçrônt la force de mettre à exeeptibn ce qui leur paraîtra nécessaire.Nul doute que nous n’assistions à la déposscsoibn des équipes, d’hier, par cette immense élite physique, intellectuelle ,çt,, morale , ,que nous voyons se tonner.Quant à débrouiller les linéaments de ce que pourra être la France d’après la guerre, je n’en fais pas l’improvisation.M.DE BRAY AU MONT ^-BERNARD Sorel, 22.—•“ L’homme d’affaires moderne ”, sujet d’une grande actualité, a été traité, dans une remarquable conférence, vendredi soir, 16-avril, par M.de Bray, directeur de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal.Répondant à l’invitation du R.F.Ignace, directeur du Collège Mont Saint-Bernard, le conférencier est venu exposer le sujet devant les grands élèves.M.de Bray fit l’histo-rique du problème, en comparant l’état économique d’aujourd’hui avec celui d’il y a 5Ü ans, époque vers laquelle est née la question de la formation scientifique du futur homme d’affaires.Les inventions du 19e siècle, surtout les nombreuses applications de la vapeur et de l’électricité, ont révolutionné le monde économique : la production a été décuplée, centuplée ; la rapidité des communications a fait pâlir les brillan tes rêveries de Jules Verne.Comme corollaire, les sciences ont pris une place plus considérable dans l’ensei gnement.En ce qui concerne l’homme d’affaires moderne il est essen tiel qu’il connaisse, sinon à fond, du moins suffisamment, tout ce qui regarde sa profession : provenance et manipulation des matières premières ; composition, altérations et sophistications des produits manufacturés, innovations, débouchés, rapports commerciaux entre différents peuples, lois qui régissent les entreprises industrielles et commerciales, etc., etc.Les sciences, le langues vivantes, rendront cette culture plus large et l’harmoniseront avec la civilisation actuelle : les hommes les plus capables sont généralement ceux qui réussissent le mieux.M.de Bray commente les 4 groupes de sciences qui composent le programme de ^institut commercial de Montréal, à savoir : le groupe linguistique ou littéraire, le groupe comptable, le groupe juridique et économique, le groupe scientifique et technique.M.de Bray fait un appel vibrant aux étudiants pour qu’ils s’enrôlent, à la fin de leurs études, dans cette phalange de jeunes gens qui veulent s’instruire davantage à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal et se préparer un avenir brillant et rémunérateur.Les Maladies des Rognons chez les Hommes.Trois guérisons.— Louanges qu’on fait des PILULES MORO.“Dès les premières boites, j’étais déjà mieux et sûr de mon rétablissement”.“Pendant sept mois j’avais souffert d’une maladie de rognons.Ayant pris ensuite LES PILULES MORO, je me suis guéri en quelques semaines.” “Mon beau-père, qui avait été lui-même satisfait des PILULES MORO, me les conseilla ; mon médecin me les recommanda aussi.Je me guéris en peu de temps.” La mort d’un brave Nous avons annoncé que M.Col'i-gnon, conseiller d’Etat, ancien pré-fetr ancien secrétaire général de la _ j— ,- présidence de la république, avait lame le vrai patriotisme.Elle i‘é-j trouvé la mort des braves dans l’Ar- LES ECRIVAINS AU FEU Dans une lettre, au président de la Société des Gens de Lettres, Maurice Barrés .signale la part extraor dinaire que les écrivains prennent à la guerre d’aujourd’hui.“Mon cher Lecomte, écrit-il, nous assistons à un fait sans précédent.Jamais les écrivains français n’avaient été, de leur personne et les armes à la main, sur les champs de bataille; jamais ils n’avaient inscrit leurs noms dans les fastes épiques de la patrie.Quand nous battions les Prussiens à léna.Chateaubriand se promenait sur les bords de l’Eu rotas et découvrait, dans les lauriers roses, les ruines de Sparte, en vantànl avec innocence ses fatigues.Sans doute, l’histoire .littéraire pouvait citer Vauvenargues, Stendhal.PaulçLôuis Courier, Vigny, écrivains qui Connurent la vie des armées.Mais dans leur cas nulle analogie avec la formation héroïque quç reçoivent depuis sept mois nos jeunes confrères sur le front, dans la boue et la mitraille, au milieu de lai nation en armes.PARC ALGONQUIN Dans les hautes terres de l’Ontario, à 2,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, le Parc Algonquin demeure intact, c’est le refuge des animaux de la forêt, et un endroit idéal pour les sportsmen et les hommes d’affaires qui veulent y camper.Qn trouve de nombreuses com-mpdites à il’hôtel Highlands et dans les camps de huttes en bois, possédés et mis en operation par le chemin de fer du Grand-Tronc, sur ce.tfe Véfei've du gouvernement.Des prj,x'raisonnables seront demandés à ceux qui voudront oublier pour quelque temps lés exigences de la civilisation et se retrouver au sein de la nature.Le Parc Algonquin est une, région où le, confort et la tranquillité d’esprit sont à l’ordre chi'tourr C’est aussi l’endroit, idéal pour céüx qui aiment la nature, l’air frais, des hauteurs, la vie simple, et la société de personnes sympathiques.L’hôtel et; lés camps sont tenus à l’nnciënhè façon, c’est-à-dire qu’il existé des relations étroites entre l’hôtèlîer et ses clients.L’hôtel ouvre le 15 mai et les camps le 15 juin.Envoyez une carte-postale à M.O.Dafoe, 122, rue Saint-Jacques, Montréal, et il vous enverra gratis une jolie brochurette illustrée vous donnant tous des détails sur ce charmant endroit de villégiature.Réservez vos places à bonne heure.réc.Il n’y a pas à en douter, les maladies de rognons sont aujourd’hui les maladies qui atteignent le plus fréquemment les hommes.Les durs travaux auxquels l'homme est soumis tous les jours, le peu de soin qu’il donne à sa santé, la vie irrégulière qu’il mène parfois sont autant de causes (pii prédisposent l’homme à cette funeste maladie.Les maladies de rognons sont si graves dans leurs conséquences que tout homme soucieux de sa santé devrait faire tout en son possible pour les éviter.Un homme dont l’estomac est souvent dérangé, qui ressent des douleurs aux reins et aux côtés, qui repose difficilement la nuit et qui se lève le matin fatigué; un homme qui n’a pas d’ambition et qui se sent faiblir tous les jours, qui a des troubles d’urine et des douleurs au bas ventre, est certainement atteint de maladie de rognons et, avant que la maladie s’aggrave, cet homme devrait prendre les moyens de se guérir, employer sans retard les Pilules Moro.Voici des guérisons qui peuvent l’encourager: “Je souffrais de maux de reins depuis quelques mois lorsque je me décidai d’avoir recours aux.Pilules Moro.Les guérisons qu’elles opéraient et qui étaient publiées dans les journaux, m’avaient donné en ce remède la plus grande confiance.Dès les premières boîtes j’étais déjà mieux et sûr de me rétablir.En effet, mes forces furent vite doublées, toute douleur disparut, l'appétit revint, enfin ce remède a si bien fait que je me porte aujourd’hui mieux que jamais”.M.Alphonse Delamare, 138 rue Cumberland, Woonsocket, R.I.“Après avoir souffert pendant sept mois d’une maladie de rognons, j’ai encore été forcé de perdre plusieurs semaines de travail parce que j’avais encore des douleurs de reins, de dos et que je n’avais plus de force.Mes compagnons de travail m’ayant for- tement recommandé les Pilules Moro comme remède merveilleux et sans égal, je m’en procurai quelques boites.Je fus très heureux du soulagement que j’éprouvai dès les premières semaines.Très rapidement se faisait le rétablissement de ma santé et au bout de trois semaines je pouvais retourner à mon travail et faire une assez bonne journée.Lorsque j’eus employé sept boîtes de Pilules Moro, j’étais guéri.” — M.Israël Roy, 30 rue Maine, Manville, R.I.“J’étais languissant depuis plusieurs années, j’avais beaucoup de douleurs à l’estomac et mangeant peu, tes aliments ne me profitant pas, mes forces diminuaient et j’en vins à être réellement malade.Je ne pouvais presque rien faire sans me sentir extrêmement fatigué, accablé.J’avais des vertiges, des maux de reins et de tête.Mon beau-père qui avait été très satisfait des Pilules Moro, me conseilla d’en prendre.Je consultai mon médecin qui me les recommanda aussi.J’obtins donc de ce bon remède un soulagement presque immédiat, ce qui m’encouragea.Je me guéris en peu de temps”.— 5V1.William Bonneville, 34 Chapel.Putnam, Conn.CONSULTAT IONS GRATUITE^ pour tous les hommes malades, par les Médecins de la Compagnie Médicale Moro, tons les jours, excepté le dimanche, de 9 heures du malin à 8 heures du soir, les mardi et samedi, et jusqu’à 6 heures les autres jours.Les hommes qui ne peuvent se rendre à nos bureaux, 272 rue Saint-Denis, sont invités à écrire à nos médecins.Les Pilules Moro sont on vente chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi par la poste, au Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50e une boîte, $2.50 six boîtes.Toutes les lettres doivent être adressées: COMPAGNIE MEDICALE MORO, 272 rue Saint-Denis, Montréal.EZS AU COLLEGE DE NOMININGUE pure, au contraire, et l’élève.i gonne.Joscph-Papin ARCHAMBAULT, SJ.¥ Collignon, LE BAPTÊME DU FEU EXTRAIT DU CARNET DE ROUTE D’UN MARECHAL DES LOGIS DE DRAGONS Un Français, ami personnel de t’un^ de nos rédacteurs, lui envoie de l'hôpital cet extrait de carnet de route."Tous les détails en sont rigoureusement exacts, lui écrit-il.Seuls les numéros des régiments et .-, âgé de cinquantc- mut ans, s était engagé au 46c d’in-fahterte, lp célèbre régiment de La Tour d’Auvergne.Il avait refusé le galon de sous-lieutenant et avait fait toute lp campagne comme simple soldat.Le colonel lui avait confie la garde du drapeau et tous aimaient à voir, auprès des trois couleurs, ce troupier à barbe blanche qui portait sur sa capote la rosette ronge.Le 16 mars, à Vauquois, le régiment occupait le village bombardé.Les hommes avaient cherché un abri dans les caves des maisons eu ruines.Sous la pluie des obus, Collignon sortit pour aller porter se- Ah! quelles grandes oeuvres sont sorties de l’effort national et de l'effroyable tragédie où participe depuis sept mois toute, ja jeune littérature! Bientôt Ils,vont nous revenir vainqueurs et prendre dans notre ordre, comme dans tous les ordres, la maîtrise et toutes les primautés.Ce sera peu fjuTls nous racontent ce qu’ils sont en tra'i.n de voir; ils nous ennoblirodtjêi^.nous rendant accessibles les_,yertn.S/dont ils sont, à cette hexire,'*'rétyplis.Quand tout s’animé et mi^'tdtis se dévouent pour porter lilùV loin la gloire de notre drapeitil, réjouissons-nous au milieu des deuils, car I les sacrifices ne seront ôas vains et i déjà l’on voit les arts et la pensée : de la France s’élargir et se forti-! fier.” L’EXPOSITION D’ART DECORATIF L’Exposition des Arts Industriels et Décoratifs de l’Ecole Polytechnique qui devait se clôturer aujourd’hui, 24 avril, sera continuée pendant une journée, à la demande d’un grand nombre de personnes, lycs portes seront donc ouvertes ________ dimanche 25 avril de 1 heure à 6 les dates sont changés.'' On verra 1 cours a un soldat blessé.Un éclat heures p.m., et l’Exposition sera définitivement clôturée à cette date.Nominingue, 24.— Le mercredi, 28 avril, au Collège Classique de Nominingue, les élèves célébreront la fête du Supérieur, le dévoué abbé Léonidas Geoffrion.On y représentera une pièce toute d’actualité, l’opérette de foi intense et d’ardent patriotisme de Thibault: “Clovis à Reims”.que c’est un récit fort vivant.27, 7h.— Lu guerre des taupes est commencée.Devant les Allemands terrés, nous devons nous ter- d’obus l’atteignit à la carotide et il morut presque aussitôt.11 a été enterré le 18 mars, à Au-! breville.Tous ses compagnons d’ar-' rer.Quelle vie que celle des Iran- mes ont pleuré sa mort.Afin de cnées, surtout pour la cavalerie.-'- '' -' .Nos chevaux sont à l’arrière, et nous faisons le coup de feu aux côtés de l'infanterie.Nous devons relever le 419e ce soir.Nous faisons neuf kilomètres, fatiguants par suite de la surcharge excessive : 200 cartouches, vivres, etc.commémorer le souvenir de Collignon, non moins glorieux que celui du premier grenadier de France, son nom, aux appels du 46e régiment, suivra le nom de La Tour d’Auvergne.Selon la tradition, il sera répondu : “ Mort au champ d’honneur (“ Le Gaulois “.) LE REFUGE OUIMET Le rapport du Refuge de Nuit Ouimet porte que dans l'espace de 15 jours, 1209 hommes ont été hébergés, 98 familles ont été nourries et 96 autres habillées, que des emplois ont été trouvés à 14 jeunes filles et qu’enfin 11 enfants en bas âge ont été adoptés par de bonnes JiuuilUu- LE FONDS DE PENSION DU C.P.R.La compagnie du Pacifique Canadien possède un système de fonds de pension très amélioré pour ses vieux employés qui ont dépassé l’âge de 65 ans ; à l’heure actuelle, 677 personnes sont sur la liste des bénéficiaires.Il y en a cependant 68 qui sont au-dessous de soixante ans, parce que pour des raisons majeures, mauvaise santé ou accidents, on a jugé à propos de les faire profiter des avantages d’une pension avant que la limite d’àge soit atteinte.341 sont entre soixante et soixante-dix ans et 268 ont dépassé soixante-dix ans.Ce fonds, uonî le crédit s’élève aujourd'hui à $648,946 est entretenu par la compagnie seule qui y contribue annuellement pour une somme de $125,000, à part l’argent que l’on pourrait avoir besoin pour rencontrer les demandes spéciales.Les directeurs de la compagnie ne regardent pas aux dépenses ainsi occasionnées, car ils comptent que la création de ce fonds a contribué pour beaucoup à améliorer la mentalité des employés.Ceux-ci, à mesure qu'ils avancent en age, ressentent moins d’appréhensions lorsqu’ils savent que dans une certaine mesure, on pourvoira à leur .subsistance quand ils ne pourront plus travailler.UN BOULEVARD A TRAVERS LES ________________ROCHEUSES La grande route pour automobiles que les gouvernements fédéral et provinciaux sont actuellement ù construire à travers les montagnes Rocheuses, avance rapidement, si Fût) en juge par les rapports reçus de ToucsI, ces jours derniers.' telle grande route, qui sera l’une des plus belles, et des plus longues du Canada, est complétée jusqu’à la frontière de D’Alberta et de la Co-niais cette demièr» nrovbi- Paul Dufault LE GRAND TENOR CANADIEN qui a émerveillé son auditoire à Montréal à la salle Windsor, arrive d’un grand voyage autour du monde.Il a en Australie fait une impression favorable dont l’honneur rejaillit sur la population canadienne-fran-çaise toute entière.LA COMPAGNIE Graphophones sColumbias .• • '¦ S ' • , a la bonne fortune d’avoir enregistré sur ses disques la voix sympathique de Paul Dufault pour les registres suivants: • 0 Nn F J*AÏ PLEURE EN REVE I *f IVO E.OOO I OBSTINATION \fl.00 « F R?fi \ NOEL D-IRLANDE I *r /»« ü OJO| SJ jE POUVAIS MOURIR \$1.UU « F a?7\ LA VIVANDIERE ! /)/! E* LA PILLE DE Mme ANGOT | Oü En vente : Canadian Graphophone Co.202, rue SAINTE-CATHERINE EST Dépositaires des Graphophones et Disques Columbia.voiturier A VENDRE Voitures neuves, légères, de charge et de livraison.Réparations de tous genres de voitures et automobiles à prix modérés.P.MEUNIER 3326 rue S.-Hubert Tel.Saint-Louis 6803.ce est présentement en train de la terminer jusqu’à la côte du Pacifique.Les amateurs du volant pourront ensuite se rendre de Winnipeg à Vancouver avec toutes les facilités possibles en passant à travers an pays unique en beautés naturelles, car la section des Rocheuses est des plus pittoresques.Coupée dans le roc vif en un endroit, elle longe un neu nlus loin un précipice sans fonJ et partout laisse voir à l’oeil éme veille du voyageur les pics majc tueux et les gfaciers éternels si lesquels miroitent les mille fei du soleil.L idée première de construire 1 boulevard est duc au Pacifique (1 nadien qui réalisa l’importam (1 intéresser les touristes dans cet partie du Canada qu’on appelle pa * 'a “ Suis-a de VAjji'ïnkuia _ VOL.VI.— No 95 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 24 AVRIL 1915 Lettres au Devoir A PROPOS D’INDUSTRIE LAITIERE UNE REPONSE A ‘’TECHNICIEN” Rigaud, avril 1915.M.le Rédacteur du “Devoir”, Montréal.Un des membres de la Société un trop grand nombre, il en était fait de plusieurs de nos campagnes et je pourrais établir ici, par des preuves irréfutables que c’est par l’industrie laitière que des millie>-s de cultivateurs, dans des vieilles paroisses ont été sauvés de la ruine.Mais enfin recourons au chiffre de notre commerce, et de notre production totale, car ce sont les seuls véritables pour guider notre répon- .- — - se et trouver si notre industrie lai- d Industrie Laitière m’écrit pour tière est payante ou non.™r!',er,r^0n a|ten-tion un article En 1UÜ0, le pays comptait 2,408,-?avr I fnO r J0^nf (le- }Tdl !e fi77 vaches et 'en 1910, 2,594,179 laitière”, et sSé “SchnicS” Soit une a'isme"tatinn 185 M2 va- c.es.avtr r>?2pk?n^haI,u ^e,t ar*î?^ Pour la période correspondante, avec régi et, étant habitue a en lire ,a vaieur totale des produits laitiers de très intéressants et très mentés au même endroit.docu- j , dans le pays fut de $66,470,953, et rr .en 1910, ce montant était de $42,- fout en ne mettant pas en doute 868,981, formant un total de $109,- 340,024.Sur ce chiffre, la province de Québec figure comme suit: En 1900 —$20,20 7,826 ; en 1910—$31,663,-220, soit une augmentation de $11,-455,394.>* ¦ jjl , i Durant ces mêmes années la pro- " .Peut déplorer que|vince d’Ontario, où “Technicien” •lnt u^,nc *a}î1le.rc ,n,e! pourrait peut-être croire que je suis w?rfro;^31r.aUSSil ra.Plt^es Ie de- a]i£ chercher des chiffres pour ^rait’.en,C?^ 1 , ne sera pûS ^ grossir les nôtres, n’accusa qu’une L?a saPPuyer,sur un ; augmentation de $8,555,717.»aU ! .le viens d’établir par ces chiffres établir quelle est en faillite, c est officiels et que j’ai empruntés à des computations faites par M.Ruddick, les intentions de l’auteur, lesquelles lui sont évidemment inspirées par une des statistiques de M.J.A.Ruddick, je diffère complètement d’opinion avec lui et je trouve ceS calculs erronés et les conclusions qu’ils en tirent fort malheureuses.une tout autre chose Si l’exposé de “Technicien” était réel, il y^urait de quoi décourager tous ceux qui s’occupent d’industrie laitière, et il vaudrai! mieux en cesser tout à fait la pratique.Le cultivateur n’aurait plus qu’à vendre ses vaches pour la boucherie et revenir à l’ancien système de la déplorable culture de la terre, sans se soucier du bétail.Voyons d’abord ce que dit “Technicien”.Je cite: “D’après M.Rud-“ dick, qui doit s’y connaître mieux “que pas un, la moyenne annuelle “ de rendement en lait pour chaque “ vache serait de 3,805 Ibs.Et de “ là il conclut: 3.805 Ibs de lait don-“ nent 190 Ibs de beurre qui, ven-“ dues à 25 sous la livre, rapporte-“ront $47.50.” A ce montant, il ajoute comme autres revenus: 10 tonnes de fumier à $2.00 la tonne, soit $20.00 ; un veau, $3.00; 3,000 Ibs de lait écrémé $6.00, formant un total de $76.50.I Puis il ajoute avec raison: “Pro-“ duction ne veut pas dire profit”, et il porte au compte des dépenses les items suivants: “Intérêt sur un “ capital de $50.00 que représente “la valeur de l’animal.$3.00; coût “ de la nourriture, pâturage com-“pris $40.00 ; intérêt sur le capi-“ tal du bâtiment évalué à $45.00; “ taxes, assurances, réparations, “ amortissement à 10 p.c.soit $4 50; “outillage de laiterie estimé à $5.00 “ par vache, intérêt, amortissement, “ à 10 p.c., sur cette somme, 0.50 ; “.dépenses annuelles en brosses, ta-“ bliers, torchons, savons, médeci-“ nés, $1.00; service du i^produc-“ teur $3.00 ; soins d’entretien et “ traité à 16 sous de l’heure, $30.50; “ fabrication de 190 Ibs de beurre “ $5.00, formant en tout un total dç “dépenses de $92.50.soit un excé-“ dant de $16.50 sur la recette.” Pour établir sa théorie que notre industrie laitière ne paie point, “Technicien” emprunte, une unique statistique de M.Ruddick quand il aurait, il me semble, été plus sage pour lui d’utiliser toutes celles que cette autorité a citées en la même occasion.M.Ruddick a dit que la moyenne généralo d’après le nombre’ total des vaches oomptées au recensement de 1910 était de 3,805 livres, non pas pour faire croire que l’industrie laitière était en baisse ou stationnaire, mais .:; contraire pour établir une comparaison avantageuse avec le recensement de 1901, dans lequel la moyenne, suivant le nombre de vaches compiées à cette époque, n’était alors que de 2,850 Ibs de lait.Maintenant il ne faut pas donner à cette moyenne ainsi déterminée par le’ total d’un recensement décennal.plus d’importance et surtout d’exactitude qu’elle doit avoir.Dans une énumération de ce gen-i e, n’oublions pas que les mauvaises comme les bonnes laitières figurent et que les jeunes ' aches qui n’ont i pas atteint le meilleur âge de la lactation sont aussi en nombre important.Or cette énumération est trop aléatoire pour qu’elle serve de base à porter jugement sur un sujet aussi important que l’industrie laitière.Dans cette exploitation de la ferme, comme dans toutes les autres pour pouvoir en juger impartiale ment Iq^ valeur et ie rendement, ce n’est pas chez les cultivateurs réfractaires à toutes les méthodes d’ense gnement et de réformes que nous allons chert.1er nos comparaisons et nos exemples; mais bina crez les cultivateurs qui connaissent les bonnes laitières, en font un élevage et une sélection raisonnas, puis entretiennent orr compte, un troupeau qui donne un rendement comme le dit également ette fois-là M.Ruddick, de 6 000-7,000 et 8,000 Ibs de lait par an.Seules ces laitières, qui sont assez considérables en nombre, doivent être citées quand nous voulons vraiment parler de notre industrie laitière.“Technicien”, après avoir imaginé deux tableaux, un qui s’adapte à la recette que peut produire une vache et un autre pour démontrer ce que.suivant lui, elle coûte à ses propriétaires, s’arrange pour y trouver une perte de $16.50 par an.puis il s’écrie avec une pointe d’ironie : "Et nos thuriféraires de crier au merveilleux développement de notre indust’jje laitière.” Donc d.iprès “Technicien” notre industrie laitière serait décadente, et alors mieux n’en vaudrait plus ‘faire, puisqu’elle est à perte, si ce n’est avec le moyen radical qu’il propose, celui de la comptabilité.Nous serions même portés à croire que c’est pour mieux faire ressortir la réforme qu’il préconisa, comme moyen infaillible, que “Technicien” l’a ainsi encadrée dans un si sombre article.Car quelle est la personne qui s’entend en industrie laitière qui oserait affirmer sérieusement qu’elle n’a pas été une source d’ab son- dants revenus, depuis ces deux dernières décades?Je dirai plus, que sans l’industrie laitière, même ex- même que le nombre de nos vaches dans le pays a augmenté de 7 pour cent seulement dans la dernière décade, tandis que la valeur des produits pour la même époque ont augmenté de 6U pour cent.Nous avons donc produit beaucoup plus avec moins de tête de bétail, preuve irréfutable de l’amélioration du troupeau et de l’industrie.Aussi dans la Province de Québec où nous accusons pour cette période de 1900 à 1910 une augmentation de $11,455,394, loin d’augmenter, le nombre de vaches à diminuer, car de 764,825 qu’il était en 1900, ii tomba à 753,134 en 1910 — soit 14,-691 de vaches en moins.“Technicien” trouvera-t-il dans ce résultat autre chose que l’amélioration de notre troupeau — au moins chez les cultivateurs qui ont le bon esprit de lire les revues, bulletins, etc., trouvera-t-il également que notre industrie a périclité?Par la moyenne de 3,805 Ibs.de lait par vache, citée par M.Ruddick et qui a tant alarmé “Technicien” si nous voulons le moindrement comparer ces chiffres dans le bon sens, nous trouverons que durant les dix années écoulées entre les deux recensements, la vache laitière avait augmenté son rendement de 34 pour cent; et il ne faut pas non plus oublier que la moyenne totale d’augmentation dans la production du lait dans le pays a été de 44 pour cent.La preuve est bien simple à produire: En 1901 — 2,408,677 vaches produisaient 6,866,834 livres de lait.En 1910 — 2,594,179 vaches produisaient 9,871,178,103 livres de lait.Augmentation du nombre de vaches 185,502.Augmentation de la production 3.004.344.103 livres.Nous constatons donc par les chiffres du recensement de 1910, que 2,594,179 vaches ont produit 9.871.178.103 livres de lait, soit 3,- 004.344.103 livres d’augmentation, c’est-à-dire, la moitié de production de 1900, or, à la moyenne de rendement des vaches de 1900, pour produire cette quantité cela aurait requis 1,054,894 vaches de plus quand en réalité, le nombre de vaches n’a augmenté que de 185,502.La vérité crève les yeux, car par ces chiffres nous constatons que l’amélioration de nos troupeaux s’est graduellement manifestée depuis une vingtaine d’années et qu’elle se continue encore avec avantage.Tout vient à point avec le temps et c’est ce qui arrive avec notre industrie laitière, surtout quand des raisons que j’expliquerai plus loin, selon moi ont été les obstacles constants qui ne nous permettaient point de gagner de l’avance.Enfin, d’après mon opinion que j’exprime d’ailleurs bien modestement, le développement de notre industrie laitière a été excellent pour ne pas dire merveilleux.Mais me dira “Technicien” votre illustration s’arrête à 1910 et depuis quatre ans qu’en dites-vous?Eh bien je n’hésiterai pas à dire que le rendement est excellent, malgré les nombreuses exportations de vaches de tous les âges, aux Etats-Unis, il y a deux ans.La valeur totale du lait et de ses dérivés consommés au Canada, dit M.Ruddick, est présentement d’environ $106,000,000.Si à ce chiffre nous ajoutons $21,193,168 pour nos exportations de produits laitiers pour l’année terminée le 31 mars 1914, nous arrivons au joli chiffre de $121,193,168 quand il ne fut que $109,339,934 en 1910 — soit une augmentation de $11,753,234 en 4 ans.Malgré tout je ne suis pas aussi optimiste que “Technicien” semble pessimiste et je lui avouerai qu’il y a encore de la marge en Canada et dans la Province de Québec pour augmenter non seulement la production du lait mais pour répandre les connaissances si nécessaires au succès complet de l’exploitation de la ferme.Car la production du lait qui s’évalue à une quantité totale très considérable est, dit M.Ruddick, relativement faible par acre, ou pour la superficie consacrée à I industrie laitière où à la culture mixte.Or comment remédier à celte lacune ou plutôt pourquoi cette apathie?Je dirai plus loin ce que je crois en être la cause.Mais avant il me faut réfuter le compte de dépense que “Technicien” a fabriqué pour l’entretien d’une vache qui selon lui rapporte $16.50 de perte palan.Dans ce mémoire il tombe, suivant moi, dans l’exagération car il est très mal avec l’exactitude.Ainsi premièrement: valeur de la vache $50.00; intérêt à 6 pour cent: $6.00 par an.Or une vache qui don-ne pas plus que 10 à 12 livres de lait à Pannée, ou même 20 livres pendant sept mois ne vaut pas et ne se vendra jamais $50.00 comme laitière.Technicien” porte $5.00 par an comme amortissement de l’animal.Ceci est illogique, une laitière augmente en vieillissant.Elle n’a d’ail- ploitèe d’une façon lamentable par leurs son complet développement que vers son 3e ou 4e veau et elle se maintiendra ainsi jusqu’à sa dixième année.Et si elle deduie à cet âge, quoique plusieurs sujets vont bien au delà, il faut alors t’envoyer à la boucherie.Il charge 16c de l’heure pour entretien et la traite soit $30.50 palan.Çela n'est pas rationnel, à mon sens, car en économie agricole, le salaire de l’agriculteur ne peut être comparé à celui de l’ouvrier, car l’agriculteur, se trouve sous le rapport du salaire, dans les conditions ordinaires, de tous les producteurs.S’il en était autrement, et qu'un cultivateur qui exploite sa ferme avec sa famille était tenu dans son revient total d’y trouver en dehors de profits nets, un salaire à chacun de ses membres et qu’il fixerait ce salaire d’après celui qu’il aurait eu à payer à toute personne venant du dehors, il n’y aurait dans la majeu re partie des cas point d’agriculture possible.Quoiqu’il arrive qu’à certaines époques de l’année, le cultivateur à court de mains engagera pour une courte période, un domestique il ne s’en suit pas de là que ce soit une règle générale.Ce montant de $30.50 est donc à mon sens, erroné, car le travail sur la ferme est un enchaînement et sa rémunération est dans la recette totale.Le service du reproducteur à $3.00 par an est de même une charge factice.Cela arrive une fois sur cent que le cultivateur paiera pour ce service.J’ai même connu un éleveur de renom qui offrait gratuitement, à ses voisins, les services d’un reproducteur “holstein” qui lui avait coûté $600.00 à l’âge de 12 mois.Et ceux-ci n’en voulurent pas.Là où l’on apprécie l’importance d’une bonne sélection, on a recours au cercle agricole pour faire l’achat d’un reproducteur et comme c’est par un octroi du gouvernement que s’opère la transaction, il s’en suit, que les honoraires de service est gratuit.Enfin je crois que “Technicien” veut fendre les cheveux en quatre avec son calcul — pour moi l’item de $40.00 qu’il porte au coût de la nourriture couvre bien tout l’entretien, etc.La finale de “Technicien” n’est pas ad rem quand il dit: “Tout à fait autre aurait été le résultat, si au lieu d’avoir distribue “au cultivateur autant de publications plus ou moins utiles, on lui “eut mis entre les mains une mc-"thode de comptabilité appropriée à “ses besoins.” Cette conclusion n’est pas à mon sens très claire, car comment le cultivateur pourrait-il mieux comprendre, apprécier et utiliser une méthode de comptabilité quand d’après “Technicien” lui-même, il n’est pas apte à tirer profit des diverses publications des gouvernements, lesquelles ne sont au fond que de bons conseils qui font connaître de quelle façon on doit s’y prendre pour faire de l’argent, en adoptant les méthodes raisonnées en industrie laitière, méthodes fournies par l’étude et l’expérience acquise dans nos fermes experimentales et chez nos cultivateurs modèles.Non, les cultivateurs en général et, il ne faut pas leur en faire un crime, ne sont pas plus capables de calculer que d apprécier les bulletins, revues, etc., et la lacune, il faut bien l’avouer, est qu’ils ne sont pas assez instruits, voilà la faiblesse : voilà le mal.Si nous nous étions donnés, com-ine disait encore dernièrement un homme réputé dans notre enseigne-nient agricole, autant de peine pour instruire les enfants des cultivateurs que l’on a fait de sacrifaces pour instruire les gens des autres professions, ils ne seraient pas aussi dépourvus qu’ils le sont en général.Enfin, il n’y a pas si longtemps que 1 on prêchait “qu’il n’était pas necessaire d'être si instruit pour faire un habitant.” Nous ressentons tous les jours 1 erreur de cette doctrine.J’ai moi-meme donné des conférences sur I elevage, l’entretien du bétail laitier et autres, durant cinq années à travers toute la province, avais à cette époque comme , lechtncten” une foi ardente dans I efficacité de la comptabilité agricole.M.Dalaire, le distingué directeur de 1 ecole de laiterie à Saint-Hyacinthe, une école, soit dit entre parenthèse, qui forme’' de ces merveilleux fabricants de beurre qui vont tous les ans décrocher les premiers prix aux expositions de la province d’Ontario, en commençant par celle de Toronto, M.Dalaire, dis-je avait publié une méthode de comptabilité qui avait reçu une appreciation très flatteuse de toutes nos autorités agricoles.Or, je vous apprendrai que j’en distribuai plusieurs centaines d’exemplaires apres en avoir minutieusement explique le fonctionnement, lequel était d’ailleurs d’une extrême facilite.Eh bien! le croiriez-vous?je n’ai jamais par la suite rencontré plus d une personne par cent qui avait procédé plus loin que la première page.Et pourtant toutes les personnes a qui je donnai les cahiers, étaient bien décidées d'en retirer toute l’u-tihte possible.Pourquoi ne le firent-ils pas?L est que malgré toute la simplicité, cette comptabilité était encore evi-demment trop compliquée.Et la faire plus simple, mieux valait laisser au cultivateur sa méthode particulière et son gros bon sens qui supplée dans une certaine façon à son manque d’instruction.Voilà, M.le rédacteur, ce que je voulais dire à “Technicien”, je ne Un en veux nullement pour le malaise qu il a pu créer chez notre monde agricole que nous avons nullement intérêt à décourager, convaincu que ce n’était pas là son intention.De mon côté ma lettre ne com-porte pas d’autre objet que de rec-iiler .s.eIon "'es connaissances, une allegation trop risquée.Je n’ai pas i intention d entretenir une polémique sur ce sujet avec “Technicien” qui, je le sais, comme journaliste, a bien autre besogne; mais le cas échéant il ne serait que fairplay que j aie le plaisir de connaître à qui je m’adresse.Gustave BOYER, AUVENTS SERVICE RAPIDE PAR AUTOCAMIONS LES PLUS BAS PRIX Ci« d'Auvents des Marchands Ltée, 25 Notre-Dame Est.Main 3329’ Comble Français Système Breveté.L’ASSASSINAT Président de la Société d’industrie laitière de la Province de Québec.DE LINCOLN Comment John H.Surratt, l’un des principaux acteurs dans ce drame tragique a, au Saint Lawrence Hall, à Montréal, échappé à la surveillance des limiers de la police secrète, venus de Washington et de New-York pour le capturer.La lecture de l’article de M.Uldé-ric Tremblay (L’assassinat de Lincoln) dans le Devoir du 14 avril 1915, me remet en mémoire les circonstances qui ont précédé, suivi ej accompagné le complot organisé par les jiartisans des esclavagistes pour s emparer de la personne du président Lincoln pour le livrer aux Con-fédérés, telles uue je les ai lues à la bibliothèque du Capitole, à Washington.dans les feuilles publiées après la sinistre tragédie du théâtre Ford, le Vendredi Saint, 14 avril 1865.Toutefois, ce que ees feuilles ne disent pas, il y a dans ce drame pour les Montréalais surtout, une série de faits du plus haut intérêt puisque leur vieille cité, dans ‘.es jours qui ont suivi l'assassinat du chef de l’Eéeutif des L.ats-Unis, a abrité l’un des complic.se les plus actifs du sinistre Booth.L’émotion profonde causée aux Etats-Unis par l’assassinat de Lincoln ne fut pas moins intense à Montréal où le meurtrier John Wilkes Booth était très connu.On sait que Booth était un acteur de profession et il avait, quelque temps auparavant, joué au théâtre Royal, dans la compagnie appelée Buckland Stock Co., et il avait pris ses quartiers généraux au vieux Saint Lawrence Hall, l'hôtellerie la plus opulente du temps où étaient réfugiées, depuis le commencement de la guerre civile, les riches et aristocratiques familles des principales villes des Etats Confédérés.Booth y rencontrait journellement les MacGruders, de la Virginie, les Clays, les Saunders, les Thompson, les Ballons les Beyérely, les Tucker, les Blackburns et les Benjamin, de la Caroline du Sud ; le gouverneur Wescott, de la Floride, et plusieurs autres personnalités considérables que l’on désignait généralement sous le nom de “ Confederate Junta ”.Booth était d’un commerce charmant et il était un biïlardiste fameux.Ses qualités lui avaient valu de oelles amitiés dans le cercle de ce que Montréal comptait de plus élégant et de plus distingué alors.On peut juger de leur stupeur quand les journaux apportèrent à la métropole la nouvelle de son crime et de leur profonde émotion quand ils apprirent que Booth avait été tué à Ja suite de son forfait, dans une grange appartenant à un nommé Garrett — que l’on peut voir encore — tout près du Capitole, à Washington, par un troupier du 16e de la cavalerie de New-York, sous le commandement de Edward P.Doherty, un Canadien des townships de l’Est.Tous les conspirateurs furent nis à mort, à l’exception de celui qui fait le sujet de cet article.John II.Surratt, qui, uans un article reproduit dans le .(>//; York Times deux ans après, en 1870, avait écrit 'es circonstances de sa fuite à Montréal et de son séjour dans cette ville jusqu'au jour où il la quitta.Surratt avait été le compagnon et l’ami de Booth ; il était un sécessionniste des plus outrés du sud tu Maryland.Encore au collège lors de l’ouverture de la guerre civile, il vint à Montréal en qualité de chargé d’affaires des Sudistes que j’ai nommés.Il n’a jamais nié qu’il connaissait la trame du complot pour s’emparer de la personne de Lincoln mais il a toujours affirmé qu'il ignorait absolument la conspiration pour l’assassiner.Sa version sur son séjour à Mont réal n’est pas toutefois absolument exacte selon ce que se rappellent ceux qui l’ont connu.On dit qu'il était à Elmina, à l’ho-tel Bratnard, enregistré sous le nom de “ John Harrison ”, le jour du meurtre.De là, il se rendit à S.-AI-bans, Vt, et ne toucha Montréal que 4 jours après la mort du président Lincoln.Montréal était alors envahi par les plus habiles limiers et agents secrets de New-York et de Washington qui, de concert avec la force locale, faisaient le guet jour et nuit dans les hôtels et restaurants où les visiteurs se Heurtaient à des “sleuths” américains, ayant juré de mettre le grappin sur le fugitif qu ils avaient tracé jusqu’à Mopl-real mais qu’ils ne réussissaient iis à arrêter après maints efforts inutiles.A Montréal, Surratt se cacha pendant quelques jours dans l’iin des bureaux d’une des compagnies d'assurance de la ville, alors occupé par Alfred Berry, prévôt des incendies ; mais les choses prirent une telle tournure que M.Berry, ayant t'té averti du dossier de Surratt, lui conseilla de quitter la ville, ce qu’il fit immédiatement.A la faveur d’un déguisement, Surratt quitta le lieu de sa retraite et se rendit au St.Lawrence Hall où il s’inscrivit d’une écriture presque illisible cependant que dans la rotonde de l'hôtel fourmillaient tous les plus alertes détectives qui, l'oreille au guet, épiaient des yeux les allants et venants de l'hôtel! Après avoir signé le registre, Surratt sortit de l’hôtel sans façon, accompagné de son ami Berry et d’un banquier Sudiste, et disparut immédiatement de la vue des Montréalais.A peine avait-il quitté le seuil de ITiôtel du côté de là rue Craig qu’un P vol de New-York, se rendit au registre où il reconnut aussitôt la griffe du fuyard.L’inconnu se répandit en reproches violents contre les limiers floués et ordonna qu’on mit le blocus sur tous les points de sortie de la ville et d’arrivée dans, la campagne voisine afin de sauver l’honneur du métier et de capturer Surratt qui devait son salut à leur manque de circonspection.Surratt, qui était catholique romain, se réfugia à Saint-Liboire, où il trouva dans la personne du curé, le Révérend M.Boucher, un protecteur qui l’hébergea depuis le mois d’avril jusqu’au mois de juin, et après lui un autre prêtre, qui le garda chez lui de juin jusqu’à la seconde semaine de septembre ; apres quoi il se rendit à Québec avec ;es deux amis et prit passage pour 1 Europe à bord du steamer de la ligne Allan, le “ Péruvian ” en destination de Liverpool, puis il se dirigea sur Borne où il arriva sain et sauf après avoir trompé la vigilance île toute la force dont j’ai parlé, ainsi que celle de l’Europe qui avait été mise sur pied pour le capturer.Le fuyard s’enrôla dans le régiment des Zouaves Pontificaux et 'it du service pendant plusieurs années dans la Compagnie No 9.Sa fuite du Canada aux Etats-Unis mit tons les détectives des Etats-Unis aux abois ; on organisa une battue générale qui réussit à le capturer, grâce à l’indiscrétion d’un camarade avec qui Surratt avait eu des démêlés à Baltimore, quelques années auparavant.Surratt fut arrêté près de Rome, dans une baraque à Vitry, sur les ordres du gouvernement des Etats Pontificaux le 7 novembre 1866.Par une habileté presque géniale, ü réussit à s’échapper encore de t’escorte militaire sous laquelle il était en se jetant dans un ravin profond et il put atteindre Rome sain et sauf.Il se rendit de là à Alexandrie Egypte, où il fut arrêté de nouveau, le 27 novembre, par le Consul général américain, qui le conduisit aux Etats-Unis sur un cuirassé armé, le 21 décembre.On le tint dans les fers pendant tout le voyage.Son procès eut lieu le 10 juin 1867 dura 62 jours, et se termina; sans conviction, le jury ne s’accor- j dant pas.Surratt reconduit en prison fut, ! subséquemment élargi en fournis-! sant un cautionnement de $25,000.09.Jugé une seconde fois, le procès j dut se terminer pour la même cause que le premier.Celui qui fait le sujet de cet article est aujourd’hui (il l’était lu moins en 1909) un citoyen très respecté à Baltimore, vivant des souvenirs de la terrible tragédie.P.H.COTE, Avocat.POUR FAIRE MIEUX CONNAITRE NOTRE LIGNE REGULIERE d’Habits et Pardessus nous les annonçons aux prix exceptionnels de $12.00 ET NOTEE SPE.w_ Felt eut meenre» SI 8.00 $15.00 onfection parfaite dans les meil-leurs patrons importés.C tyles qui seront toujours à la mode jusqu’à usure complète.Ces bas prix extraordinaires, Au lieu des prix réguliers de $18 et $22 constituent une aubaine que vous apprécierez et qui nous permettra de conserver notre personnel d’experts occupé jusqu’à la saison des fourrures.COMPTANT UN SEUL PRIX LIVRET ET ECHANTILLONS GRATIS McCOMBER & CUMMINGS 109, rue Saint-Paul Ouest, coin Saint-Salpice ETABLIS EN 1S9S LA CHARITE DELICATE CHAUFFAGE et VENTILATION Nous préparons 1rs plans rt derls pour systèmes de chauf-faire améliorés, à l'eau chaude (système de circulation forcée ou système de rrarité), à la Tapeur (basse pression et dans le ride).Les systèmes de chauffage et de rentilation exécutés d’a-près nos plans donnent partout la plus grande satisfaction et le maximum de sécurité et d’économie.Références : Université McGill.Sém'nsire de Saint-Sul-pice, Montréal, de Saint-Hyacinthe, de Sherbrooke, de Chicoutimi, l'Université Laval, le Séminaire, les bâtisses du Parlement, le Palais Législati f de Québec, etc., etc.LA CIE E.S.MANNY 27 a rue Coté MONTREAL Mercredi soir, à la salle de ITm-maculèe-Gonception, dans la paroisse de ce nom, avait lieu un euchre auquel assistaient plus de cinq cents personnes.C’était la dernière des soirées données cet hiver pour fourbir des resources aux Soeurs de la Providence.Celles-ci ont maintenant un “Jardin de l’Enfance” dans la paroisse, et elles peuvent, grâce aux généreux bienfaiteurs, semblables à ceux qui assistaient à la soirée d’hier, prêter un concours toujours plus efficace, bien que toujours aussi caché, au soutien de nombreux pauvres que la misère de cette année a tenaillés plus durement encore.L’hiver fini, la délicatesse de la charité n’a pas perdu tous ses droits.On l’a bien vu, lorsque, il y a deux semaines, avait lieu la première communion des jietits.26 garçonnets et 16 petites filles avaient été vêtus d’hamts propres, confectionnés par les soins des Soeurs de la Erovidence, aux réunions de couture des paroissiennes zélées.On ignore trop les merveilleux ré-' sultats de nos organisations de charité catholiques.C’est là un simple fail, mais qui a son Importance, et qui convaincra sûrement toutes les personnes présentes au euchre d’hier soir qu’elles ont versé leur offrande dans des mains qui savent faire de l’or qu’on y confie une source abondante de bonheur matériel et spirituel.TEMOIN.Petit Carnei j EU CURE-CONCERT.Le choeur de chant de la Congrégation des Hommes de la paroisse Sainte-Brigide, sous la direction de M.l'abbé J.E.Carrière, organise actuellement un grand euchre-con-ccrt au bénéfice des écoles bilingues de l’Ontario.Celle soirée aura lieu le mercredi et le jeudi, 19 et 20, dans l’édifice Gauvin, coin des rues Sainte-Catherine et Maisonneuve.Les billets sont de 25 sous et sont en vente au presbytère de Sainte-Brigide où M.l’abbé Carrière sc fera un plaisir de recevoir les prix qu'on voudra bien donner à cette bonne oeuvre.L’adresse du presbytère est No 853 Est, rue Dorchester.M.J.Gascon, No 172, Bles-sis, recevra aussi les prix des donateurs.EUCHRE.Un euchre sera donné au profit de la Société S.-Vincent de Baul, jeudi le 21) mai prochain, à 9 heures, dans la salle du couvent, 381, rue^ Saint-Germain.Les candidats au concours de la popularité sont MM.L.J.Labonté et V.Ruer.On peut sc procurer les billets, au prix de 25 sous, chez ce dernier, 388, rue Préfontaine, ou 1903, rue Ontario.Téléphone: LaSalle 1457.Salons d’Optique Franco - Britanniques ROD.CARRIERE - HENRI SENEGAL OPTICIENS ET OPTOMETRISTES 207 RUE STE - CATHERINE EST Entre le* rue» Ste-EliubethH Sengninet, MONTREAL.Asiertlment complet de lorgnono, Innettes, yenx artificiels lunette* marine» et d'opéra.Ans*! 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