Le devoir, 30 novembre 1914, lundi 30 novembre 1914
VOLUME V—No 281 MONTREAL, LUNDI 30 NOVEMBRE 1914.DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poète : Édition quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$0.00 Édition hebdomadaire : ETATS-UNIS.Llso UNICN POSTALE.$3.00 LE DEVOIR Rédaction et Administration 3 43 RUE SAINT-VINCENT MONTREAL* TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461.RÉDACTION ; • - Main 7460* Directeur : HENRI BOURASSA.FAIS CE QUE DOIS ! LA CH AMBRE DE COMMERCE ET L’AGRICULTURE Qu'on ne s’étonne pas de nous voir revenir sur ce sujet.C est le temps d’insister.L’initiative commune des industriels et des agriculteurs de l’Ouest, que nous avons déjà signalée et qui se continue dans un esprit apparemment très sincère, montre bien toute l’importance qu’on attache avec raison au progrès de l’agriculture.Seulement, il ne faut pas penser qu'à l’ouest.Parce que la terre de l’Ouest demande moins de défrichement et produit plus vite en plus grande quantité, tout l’avenir agricole du Canada n'est pas dans l’Ouest.Oe Halifax au Lac Supérieur, le sol, pour exiger plus de travail préliminaire, n est pas moins fertile; et celui de la province de Québec en particulier mérite bien l’attention de tous ceux qui s’intéressent au développement solide de l’Est canadien.On trouve de plus grandes fermes, on n’en trouve pas de plus belles ni de plus avantageuses dans 1 Ouest que les terres du Richelieu, du nord de Montréal, des Cantons de 1 Est, de la Beauce, du Lac Saint-Jean, du bas de Québec, de la Métapédia et de la Baie des Chaleurs, qui, même insuffisamment cultivées, produisent en majeure partie autant que celles du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta.Un peu d’encouragement et de bonne volonté suffirait pour accroître sensiblement cette production d'une année à l’autre et la doubler dans l’espace de dix ans.Tout le monde est convaincu* de cela, mais personne ou à peu près ne se préoccupe assez de stimuler le progrès graduel qui conduirait à ce résultat.Il suffit pourtant d’y penser pour comprendre de quel avantage il serait à toutes les classes de la société.Une meilleure production veut dire plus d’amélioration et plus de travail sur la terre, des revenus plus considérables, par conséquent plus de consommation à la campagne même, et, donc, plus d’échanges avec la ville ou l’étranger, c’est-à-dire plus de commerce et surtout plus d’affaires stables.Les crises commerciales sont inévitables parce qu’il est impossible qu'une réaction un peu grave dans quelque partie du monde n’affecte pas les échanges en général, mais il est aussi vrai que la stabilité économique d’un pays contribue à en atténuer l’effet chez lui.Ainsi le Canada souffrirait beaucoup moins de la crise actuelle si les centaines de mille immigrants qui sont venus ici depuis dix ans s’étaient établis sur des terres au lieu de s’occuper à la construction des chemins de fer et de renvoyer en Europe une très forte partie de l’argent que nous lui empruntions.Tant que ces travaux ont duré, l’industrie canadienne en a sans doute bénéficié, mais une fois terminés l’émigration d’un grand nombre en quête d’ouvrage ailleurs et le chômage de ceux qui nous sont restés dans les villes ont aussitôt ralenti la consommation et, donc, l’industrie et le commerce.L’effet serait beaucoup moindre, on l'admettra, si la plupart de ces immigrants étaient à la fois des producteurs et des consommateurs tirant de la terre un revenu permanent au lieu d’un salaire passager d’un travail aléatoire.Le commerce doit cois-prendre cela mieux que qui que ce soit, mais on dirait qu’il ne le comprend bien qu’en temps difficile.Souhaitons du moins qu’il profite de la crise pour s’organiser de façon à ne plus l’oublier.Pour cela, il est nécessaire qu’il se trace un programme qui l’oblige de s’intéresser davantage et constamment à l’agriculture, à la terre, à l'habitant, à la campagne, non pas seulement pour le plaisir, la distraction, le repos et le luxe d’existence qu’elle offre à l’époque où elle donne si pleinement la joie de vivre, mais en tout temps et à tout ce qui peut contribuer au développement maximum de ses ressources inépuisables.* * * Notre Chambre de Commerce semble vouloir entre résolument dans ce courant.La conférence qu’elle a demandée au Dr Brisson et qu’elle va publier dans son bulletin est une excellente chose.Il y a beaucoup de bon dans les idées du conférencier.Elle n’en restera pas là, espé-rons-le.Elle compte au nombre de ses membres des hommes fort intelligents, actifs et énergiques dont l’expérience et le succès dans leur sphère peuvent beaucoup être appliqués à un sujet de relation si étroite avec leurs affaires de chaque jour.Pour rattacher la jeunesse à lagterre, l’idée se généralise que le meilleur moyen est de modifier le programme des écoles rurales Ile manière à pénétrer l’esprit de l’enfant de la noblesse de la profession agricole.Pour sortir la culture de la routine on admet que la ferme, exemple local, est un moyen d’action efficace à condition qu’elle ne dépasse ni les proportions ni le budget d’une ferme ordinaire et que la culture y paye ses frais.Que la Chambre de Commerce mette ces deux projets à l’étude, qu’elle se documente et s’aide de l’expérience d’experts et qu’elle leur donne ensuite le poids de son influence si elle est convaincue de leur à-propos.Que de chose^ encore elle pourra faire et elle aimera à faire si elle veut réellement s’intéresser au sujet ! Qu’elle se garde d’un danger ce-pendanf.L’erreur trop générale chez nous est de croire que pour réussir il faut faire grand, très grand, le plus grand possible.Gela peut frapper l’imagination et l’admiration de ceux qui ne savent pas que ce sont eux qui payent.Mais avec le cultivateur, pratique même dans sa routine, il faut procéder autrement.Il faut lui démontrer que ce qu'on lui propose va le payer, par conséquent ne pas le décourager par des projets disproportionnés à ses ressources.Jean DUMONT.LETTRE DE BELGIQUE Notre correspondant de BeZÿ/qHe, ' viennent Ig pitié et la commiséra-après avoir dû forcément rester lion de toutes les aines généreuses muet ttepnis le mois d’août, nous qui s’efforcent d’alléger nos souf-écrit de Hollande, — où il est ré gu-1 frances.gié prés de la frontière, à Huyber-\ Je n’entrerai pas ici clans le dé-gen, — lu pathétique lettre suivan- \ tail des actes de barbarie dont nous te : Les lecteurs du Devoir ont bien voulu s’intéresser aux choses de Belgique, 5 sa politique, à ses oeuvres, à ses aspirations vers un idéal de prospérité et de justice sociale.Ils ont suivi avec sympathie les né-ripéties de ses luttes dans le domaine religieux et économique et nous nous faisions une joie de ies renseigner selon nos faibles moyens, sur les événements principaux qui se passaient chez nous.Sans nul doute, l’épreuve terrible qui nous accable en ce moment aura rendu plus vif encore l’intérêt qu’on nous portait au Canada, et je suis persuadé que les quelques lignes que je vous adresse recevront le même accueil que nos précédentes lettres de Belgique.Mais, hélas! quelle différence entre la Belgique dont nous vous parlions alors et celle d’aujourd’hui! Il y a I mois nous pouvions passer pour le peuple le plus heureux du monde, tout souriait à notre jeune patrie, et ses progrès dans tous les domaines, faisaient l’admiration de l’univers entier.LA GUERRE Aujourd’hui, h n’est pas de nation plus malheureuse que la nôtre et au spectacle des calamités qui nous affligent, du monde entier nous re- témoignage et de vous dire ce dont j’ai moi-même été témoin.Je garantis sur mon honneur la vérité de tous les détails que je vous donne.DETAILS VERIDIQUES Le 11 août, j’assistai à l’incendie d’un village; voici comment les choses se passèrent.Durant la nuit du 10 au 11, une violente fusillade nous réveilla, elle dura environ un quart d’heure; au milieu de cris sauvages, nous entendions devant la maison le galop impétueux des chevaux et nous nous imaginions qu’une escarmouche avait lieu entre patrouilles française et allemande.Dès qu’il fit jour nous sommes sortis, pour voir s’il n’y avait pas de blessés laissés aux environs de la maison, mais nous ne vîmes rien et bientôt nous avions acquis la certitude que les' Allemands seeds étaient les auteurs de la fusillade nocturne.Des balles avaient été tirées dans toutes les directions et même dans les fenêtres des maisons.Nous en avons conservé la preuve indéniable: une de nos fenêtres était traversée d’une balle qui était venue se loger dans le mur en trouant la vitre d’une armoire.Dans une autre maison, un vieillard, réveillé en sursaut, avait soulevé le rideau de sa fenêtre pour voir ce qui se passait, une balle vint l’atteindre à la joue.Les Teutons prétendirent qu’on avait tiré sur eux de derrière une haie et accusèrent les civils — (toujours la même histoire).Le lendemain un détachement de hussards arrive et commence l’incendie du village; les habitants recevaient l’ordre de sortir de leurs habitations sans avoir le temps d’emporter quoi que ce fut en fait de linge ou d’argent.Quand ils se trouvaient sur la rue, devant leur maison, on jetait de la paille puis des amorces de benzine aux quatre coins du rez-de-chaussée, et la maison brûlait devant ses propriétaires.Les barbares n’épargnèrent que quatre maisons.les douze autres furent complètement détruites.UNE“ERREUR” Us allaient continuer leur oeuvre et s’attaquer à nous quand, à la suite d’une parole qu’un des habitants leur adressa en réponse à une question posée, ils s’aperçurent qu’ils avaient fait erreur : On leur avait enjoint de brûler le village de Losange, ils avaient brûlé Gérimont.Ils s'excusèrent en disant que l’erreur était “comoréhensible” : Il v a quatre lieues de distance entre les deux villages et pour des oreille allemandes.Losange et Genmont sont faciles à confondre.A 2 lieues de chez nous, au village d’Assières, se passa un fait digne de figurer ici pour vous montrer de quel côté se trouve la barbarie.A l’arrivée d’une patrouille allemande un pauvre idiot s’approcha des soldats et prétendit être l’Empereur.aussitôt on s’emparê de lui et on le plia en deux.Pendant que les Allemands s’amusaient à le torturer des jeunes gens vinrent leur expliquer qu'ils avaient affaire à un fou; on ne commit pas leur explications et trois d’entre eux (trois frères) furent fusillés.C’était d’ailleurs toujours et partout le même procédé.Le nombre de civils tués est incroyable.Un jour sans doute tout sera dévoilé à la honte de l’Allemagne.23 PRETRES TUES En arrivant dans les villages, les Prussiens s’emparaient aussitôt du curé et du maire et ceux-ci étaient prévenus que si un seul ettpp de fusil était tiré sur les soldats ils seraient eux deux considérés^ comme responsables et tués aussitôt.Dans le seul diocèse de Namur 23 prêtres ont été tués.Non pas que l’un ou l’autre de leurs paroissiens ait réellement attaqué les Allemands, mais voici ce qui se passait souvent: les soldats visitaient les caves des habitants, buvaient le vin, s’enivraient puis se battaient entre eux, l’un ou l’autre était tué et le curé était rendu responsable.Au point de vue des moeurs, la conduite des soldats a été ignoble, la plume se refuse absolument à redire même ce qu’il y a de plus bénin en cette matière.Qu’il me suffise de vous dire qu’un fait qui s’est renouvelé souvent s’est passe à une lieue de notre paroisse: une femme a été violentée sous les yeux de son mari et de ses enfants.Que devant de tels attentats, un homme se révolte et abatte d’un coup de revolver le lâche qui abuse de sa force pour une besogne aussi odieuse, c’est ce qu’on comprendra facilement mais ce qu’on ne comprendra plus à moins peut-être d’avoir la .mentalité germanique c’est que par .suite de cette vengeance légitime un j ,Y /q tout 1 village tout entier soit ravagé par .| l’incendie.L’incendie voilà le grand moyen barbares n’ont-ils pas poussé l'impudence jusqu’à faire enterrer des maris par leurs femmes, en forçant ces malheureuses à approuver le meurtre commis.Dans le Hainaut, le pays de Charleroi et Borinage ont énormément souffert.Là aussi ce fut l’incendie, le meurtre: il fallait terroriser.A Tamins, 357 ci vols ont été tués; comme les fusils ne faisaient pas assez vite la besogne ou a employé les mitrailleuses; là aussi le curé a été fusillé.A Tournai, au faubourg Morelie, dans un combat entre Français et Allemands, ces derniers ont fait marcher devant eux la population civile.L’HONNEUR BELGE Je n’en finirais pas à raconter toutes les scènes d’horreur oui ont signalé le passage des barbares.Aujourd’hui, il nous reste un trentième de notre territoire que nos soldats défendent avec un héroïque courage.Dans tout le pays, c’est l’occupation prussienne avec scs tyrannies, ses caprices de vainqueurs odieux.Toutes les communications sont rompues, nous sommes reportés à plus d’un siècle en arrière.Nos industries chôment, nos institutions sont ruinées.La Belgique est blessée dans toutes ses forces vives, elle a tout perdu.à part l’honneur.Mais parce que l'honneur lui reste, parce que cette honneur s’est grandi et épuré dans la lutte, parce que le drapeau belge s’est teint du sang de nos héroïques soldats nous avons confiance malgré tout.Nous nous relèverons moins riches, moins à même peut-être de fai re envie par notre prospérité économique, mais plus glorieux parce qu'à Imites les gloires de notre passé, nous joindrons celle d’avoir tout sacrifié pour le respect de la parole donnée.Et si nous devions être vaincus, chassés de chez nous par l’étranger victorieux, nous partirions empoi-tant dans nos coeurs Tamour de la Belgique, et cent fois, et mille fois plus fiers d’être Belges et vaincus que d’être victorieux et de porter le nom d’Allemand.F.H Huyberen, (Hollande).Trois TULLE T DU SOIR ARTHUR BUIES i_a guerre: UN SEDAN GUETTE LES ALLEMANDS corps d’armée teutons luttent désespérément pour se frayer un chemin à travers les lignes russes qui les encerclent et les menacent de destruction complète.Les Alliés avancent au sud d’Ypres et font reculer les Allemands.— Est-ce une retraite générale qui se prépare ?— La reine Elisabeth souffrante.LE SIEGE DE CRACOVIE EST COMMENCE Qu'g a-t-il donc dans ce nom bref qu’on ne puisse le lire ou l’entendre sans qu’un monde de souvenirs vous monte an cerveau, sans que tout le terroir canadien se présente à l’esprit et vous itn pose le sourire ému que l’on a pour les gens ou les choses aimés jadis et qui ne reviendront pas?Ah! c’est qu’en lui longtemps toute la race s'est regardé vivre et penser qu’elle a reconnu avec complaisan ce sa propre voix dans le rire franc qui s’échappait de cette poitrine sincère; c’est que nul n’a été plus que lui intensément canadien, amant du sol, de l’histoire et de la forêt, âme grande, coeur tendre et cerveau puissant, tout imprégné de la sève un peu acre de notre terroir, et l’exprimant au dehors en phrases émues ou en rires larges qui retentissaient au coeur de la race entière.Plus que tout autre, peut-être, il a été pour nous Le porte-voix en quelque sorte offi- [ciel Par quoi le cri du sol s’échappe [vers le ciel! Pour que son nom se gravât plus U.fûmes les victimes.L’AUemagn.qui aurait dû en passant sur notre sol, s’efforcer de nous faire ou brier qu’elle violait par là les droits les plus sacrés des neutres, a tout fait au contraire pour laisser sur la ter- ^ le de Belgique des empreintes éter- ()e terrorisatinn, l’incendie organisé neups de sa brutalité.systématiquement.Un homme nono- On a nie.nous le savons, les ebo- r'ai3]e m’a dit avoir trouvé la liste ses les_ plus indéniables; notre pa- villages à incendier sur le passage des troupes allemandes.role n’est pas reçue en terre allemande, au dire de nos ennemis nous sommes des calomniateurs et ce n’est que pour faire oublier nos pro-! lires forfaits à l’égard des soldats aï-lemands (pie nous inventons des atrocités qui n'ont jamais été commises.Il est maintenant prouvé que nous ne sommes coupables d’auciyi de ces forfaits inventés de toutes pièces pour jeter sur notre pays la honte et l’opprobe.On nous appelle un peuple de bandits, mais les savants de l’Allemagne, ces lumières du monde, ces représentants attitrés de la culture germanique, qui ont souscrit à re manifeste calomniateur ont négligé de suivre les traces de leurs armées à la lueur des incendies et des flaques de sang innocent qui marquèrent leur passage.11 y a longtemps sans doute que le peuple canadien est éclairé sur toul ceci.Toutefois je considère comme un devoir d’ajouter îbi mon L’INCENDIE Du Luxembourg, où j'étais au commencement de la guerre, je me suis rendu dans le Hainaut aux premiers jours de septembre.Tous les moyens de communications étant supprimés, j’ai dû faire la route à pied, traversant une contrée ravagée; l’Entrc Sambre-et-Meusc.A Surice, le curé avait (dé fusillé; l’église et la plupart des maisons entièrement détruites par le feu.D’autres villages étaient partiellement dévastés.Bourne lez Walcourt, (85 maisons), Silenvieux, etc., etc.En traversant la ville de Merbes-le-Château, nous rencontrâmes une rue entièrement incendiée; au moment où nous passions arrivaient les cavaliers allemands qui s’adressant aux femmes qui se trouvaient près des ruines se vantaient d’avoir brûlé 'eurs maisons.Et il fallait tout sup- profondèment dans notre mémoire, il l’a attaché par le souvenir à toutes les parties de notre pays: Québec, Montréal, Ottawa, font assaut d’anecdotes locales sur son compte, le Lac Saint-Jean garde son nom inscrit dans toutes ses baies, dans toute son ambiance vaste, large et an pen monotone, qu’il a si intimement comprise et si éloquemment décrite; le Saguenay le rappelle par tous ses abîmes et par tout son évident cataclysme préhistorique ; l’Outaouais supérieur l’a vu passer, et la “Province de Québec" toul entière a défilé sous sa plume attentive et affectueuse.Avez-vous vu Québec, par une mate après-midi d’hiver?Je passais un jour dans la rue Saint-Jean, remplie des promeneurs nombreux qu’on y rencontre à cette heure.Un seul côté de la rue, cependant, était ainsi peuplé; personne sur l’antre trottoir, bordant l’espace vide et morne du marché Champlain.Ai-je dit personne?J’y remarquais un passant unique, grand, sec, mince, marchant à grands pas, la tète droite, l’oeil vif, le nez au vent.Il s’ar-net, à un moment, bien qu’aucun motif extérieur ne semblât justifier cct arrêt brusque duns sa promenade; cl je regardais distraitement cette haute silhouette, et cct oeil qui semblait voir au loin, très loin.—Sais-tu quel est cet homme?médit mon compagnon de promenade; c’est Arthur Unies.Pourquoi ce simple nom me remplit-il a’émotion?Je fus tenté de traverser la rue, de me réclamer hardiment d'une connaissance commune, de lui varier, de l'écouter.Alias la timidité me retint : “Une autre fois, me dis-je, plus tard.’’ Plus tard! On apprit qu’il était mort ,deux mois après.Ulric Bar-the écrivit que son cercueil lui avqit paru bien étroit pour tant de pensée, C'êlait le premier hommage de la postérité; ce ne devait pas être le dernier.Robert VAL.New-York, 30.—Un câblogramme de Londres reçu par le “Herald”, ce matin, dit :— “Pratiquement entourés par les Russes, deux et peut-être trois corps d’armée allemands combattent désespérément ce matin, pour se frayer un chemin vers le nord, à travers les lignes compactes ennemies, dans le but d’opérer leur jonction avec des renforts envoyés de Thorn à leur secours.La position des Teutons, qui ont le visage tourné vers le coeur de la Pologne, et n’ont devant eux qu’une étroite ligne de communication avec la frontière de Posen, orifice trop étroit pour permettre à leurs troupes de passer sans être annihilées, fournit l’un des chapitres les plus dramatiques de l’histoire des opérations du théâtre oriental de la guerre.Les Allemands peuvent-ils éviter un Sedan?Voilà ce que tout Londres se demandait hier soir.On admet à Pétrograd lu grande détermination dont font preuve les ennemis.Mais vu les énormes renforts reçus perpétuellement par le grand duc Nicholas en arrière, il y n peu de doute à conserver sur le sort des corps Teutons qui traînent en arrière.La gravité de la situation rendant sa présence nécessaire sur le théâtre oriental de la guerre, le Kaiser est apparu de nouveau sur la frontière russe et s’est joint au général Hindenberg pour lui donner ses avis et encourager les troupes”.LA SITUATION SUR LE LITTORAL Paris, 30.*— Les Alliés s’avancent au sud d’Ypres, et les Allemands, de toute évidence, dit-on, font graduellement retraite.‘Anglais et Français vont de l’avant, occupant les tranchées abandonnées.Durant le cours de la semaine dernière, le feu de l’artillerie ennemie a graduellement diminué de violence, et maintenant, dit-on, plusieurs des tranchées inondées des Flandres, ont été évacuées.Au sud d’Ypres, réduite en ruines par le bombardement des Allemands, ies Alliés s’avancent prudemment.Une forte canonnade est dirigée contre les casques à pointe.Mises à couvert par leurs pièces d’artillerie, les troupes alliées occupent les retranchements.Uri mouvement général d’offensive n’a pas encore été exécuté.On ignore encore si c’est le commencement d’une retraite général allemande, mais incontestablement, les Teutons font preuve de beaucoup d’activité dans la Flandre occidentale.Un grand nombre de matériaux de sous-marins continue à venir des arsenaux maritimes allemands à Anvers et à Bruges.Les torpilleurs alliés, dans l’intervalle, font avec soin la patrouille le long du littoral, et en arrière des lignes ennemies, les aviateurs anglais et français font tous les jours des reconnaissances jusqu’à la frontière orientale de la Belgique, (pii troublent l’ennemi et permettent aux Alliés d’obtenir des renseignements complets sur les mouvements des envahisseurs.BULLETIN OFFICIEL DE PARIS Paris, 30, (2.50).—On a publié cet après-midi le communiqué officiel suivant : “En Belgique, l’ennemi reste sur la défensive.La canonnade a été faible, et nous avons gagné du terrain en quelques endroits.“Dans la région de Soissons, les Teutons ont dirigé un feu intermittent d’artillerie contre la ville.“Dans la région de l’Argonne, nos troupes ont repoussé plusieurs attaques contre Dogatelle.“Un épais brouillard a plané sur les hauteurs de la Meuse.“Dans la région de Woevre, l’ennemi a bombardé la forêt d’Apremont, mais sans résultat.“Il n’y a rien à signaler dans les Vosges”.LA REINE DES BELGES SOUFFRANTE Rotterdam, via Londres, 30 (10.8 matin).—Le journal "Maasbode” apprend que la reine Elisabeth de Belgique est malade à la suite des fatigues qu’elle s’est imposées au chevet des hospitalisés de la Croix Rouge.LES RUSSES BOMBARDENT CRACOVIE Milan, via Londres, 30 (8 heures 10 matin).—D’après la dépêche reçue d’un de ses correspondants qui accompagne l’armée moscovite, par le “Corriere della Sera”, le siège de Cracovie est commencé.11 télégraphie que les Russes bombardent avec leurs pièces d’artillerie lourdes les faubourgs de la ville et que l’un de ces derniers est déjà en flammes.SUCCES FRANÇAIS EN ALSACE Londres, 30.ciaîc de Genève au Une dépêche spé- qu’occupent 8,000 Teutons.Grâce ,, .‘ Daily Express”,] à ce succès on peut communiquer datée u hier, dit: — Durant ces der- : directement avec Belfort, et éviter mers jours, il s est livré des engage-j de passer par le ballon d'Alsace.Dans le cours de ces engagements, plusieurs milliers d’hommes ont été tués et blessés des deux côtés, car A DEMAIN Remis à demain, vu l’abondance des matières, un article de M.Charles Dufresne sur un projet d’assis-porter et faire mine d’approuver.Les' tance pour les pauvres ee Montréal.ments sérieux le long de la frontière, entre Verdun et Belfort.Les soldats combattaient dans plusieurs pouces de neige.Plusieurs régiments des deux années ont été munis de skis pour l’hiver, mais les chasseurs alpins, habitués de longue date à se servir de skis, pour avoir escaladé en temps de paix les Aines suisses et françaises, peuvent facilement, grâce à leur vitesse et à leur connaissance des forêts remplies de neige, se jouer des régiments alpins allemands.A Bressel, en Alsace, une compagnie de chasseurs alpins français, munie de skis, s’engagea dans une forêt, coupa la retraite d’une compagnie d’éclaireurs teutons, et la fit prisonnière.Depuis 2 jours les Français, avec leurs fameux canons de 3 pouces, bombardent Scpois, Bresel.et Larystzen.L’artillerie et l’infanterie françaises commandent maintenant les hauteurs de Gebwei-ler, où la position de la garnison vn bientôt devenir intenable.• Une armée française descendant de Schlucht à Stossewcier et Munster, a jris Gebwenheim.gjrès de CernaA* les cngagemenLs, en dépit de leurs petites proportions, ont été terribles.BULLETIN OFFICIEL DE BERLIN Berlin, via Londres, 30 (3.05).— Communiqué officiel.— Il n’y a rien de nouveau à signaler sur le théâtre occidental des opérations.Sur la frontière de la Prusse orientale, les Russes ont tenté vainement de diriger’ une attaque à l’improvis-te, le long des fortifications érigées à l’est de Darkeham.ils ont subi de lourdes pertes dans le cours de cette tentative, et nous avons capturé quelques officiers et 000 hommes.Au sud de la Vistule, les contra-attaques dont nous avons fait men- LA SITUATION VUE DE LONDRES Londres, 30 — Les allusions faites aux succès remportés par les Russes sont devenues plus modérées depuis la publication du rapport prudent publié par le grand-duc Nicholas.Toutefois, d’après les dépêches reçues à Londres, les experts dans les capitales des Alliés persis-’ tent à croire que les Allemands envahisseurs ont subi en Pologne un échec que seuls les efforts énergiques des commandants teutons pourront empêcher de dégénérer en désastre.Un rapport de Pétrograd fait ressortir le fait que les casques à pointe ignorant complètement le nombre des Russes massés le long de la Vistule, ou en faisant fi, ont lancé trois fortes armées contre le centre russe, laissant des lignes de communication très faibles entre les ailes.Chose sans précédent dans l’histoire de la stratégie militaire.Dans l'intervalle, la reprise de l’offensive russe fit enfoncer un coin dans le centre de l’armée teutonne.Si les kaisellcks peuvent conserver intactes leurs lignes de communications avec leurs ailes, ils pourront peut-être conjurer le désastre.Les communiqués de Berlin persistent à dire que la bataille livrée le long de la Vistude et de le War-tha n’a pas encore eu de résultat décisif.Us n’en réclament pas moins quelques petits succès autrichiens et allemands, tels que la prise de prisonniers ou de canons.Dans l’ouest, d’après le communiqué de Paris d’hier soir, il y avait accalmie partout, excepté dans l’Argonne, où les attaques dirigées par les Allemands ont échoué, dit-on.Des rapports non officiels annoncent que Zeebrugge se prépare à subir une autre attaque par mer.Les Teutons s’efforcent de supprimer tous les signaux qu’on pourrait donner aux navires de guerre au large du littoral.LES NAVIRES ENNEMIS DANS LE PACIFIQUE Seattle, Washington, 30.—La présence des cinq croiseurs allemands dans les deux eaux de l’Amérique du Sud, a fait disparaître les craintes que les dépêches annonçant leur passage à divers endroits dans les eaux du nord, avaient causées à Vancouver, à Victoria et à Prince Rupert.Le prétendu engagement naval dont on parlait hier est un mythe, disent des officiers de la marine anglaise.Le puissant croiseur japonais “Idzumo” continue à faire la patrouille au large de la Californie, le “New Castle”, le long de la côte de l’Orégon et du Washington.Le “Rainbow” protège le littoral de la Colombie-Anglaise.On a fermé et miné le détroit de Broughton.Des canons en commandent rentrée.LES RUSSES PROGRESSENT PARTOUT Pétrograd.30.viâ Londres.— La bataille sur le front russo-prussien tourne tout à notre avantage, télégraphie un correspondant du “Messager des Armées”.Notre cavalerie a dispersé l’ennemi qui en rertai-tant abandonne ses munitions.La poursuite énergique faite par nos troupes empêcha les Allemands d’occuper les positions qu’ils avaient préparées en vue d’une retraite.Au sujet des opérations en Gali-cic, le "Messager des Armées’’ dit: “Toutes nos opérations en Galicie tournent à notre avantage aussi.Nous continuons à pousser l’armée autrichienne dans la direction de Cracovie.Malgré l’intensité du froid qui retarde notre offensive nous avançons victorieusement.Plusieurs de nos contingents sont déjà en ligne avec Cracovie et nous tournons vers le sud les défenseurs de cette place.L’esprit de nos troupes est excellent.PRISONNIERS INVALIDES REMIS EN LIBERTE Berne, Suisse, 28, viâ Paris, 30.— Le gouvernement suisse a négocié une entente entre la France, l’AHe-n^'t-o et l’Autriche, en vertu de la-(jTTile_ les; prisonniers civils, entre lion hier, ont été couronnées de ré- i àgr de 45 et de soixante ans, seront sultats satisfaisants.Dix-huit ca- remis en liberté si on les trouve nons et plus de 4,500 prisonniers physiquement incapables de porter sont tombés entre nos mains.les armes.Cette entente affecte plu- II ne s’est produit rien de notable sieurs milliers de nationaux de cec dans le sud de la Pologne.‘ divers pays.‘i 2 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI .30 NOVEMBRE 1914 VOL.V.— No 281 EN PAYS FRANCO - AMERICAIN M.Bourassa à New-Bedford New-Bedford, M;iss., le 2G noverabre 1914.Le Conseil de ville modèle de Holyoke a pour objectif particulier la naturalisation des Canadiens-français et leur formation à la vie publique.La Chambre de Commerce franco-américaine, qui donnait ce! soir son huitième banquet annuel et, dont M.Bourassa était l’hôte d’hon-j neur, s’occupe particulièrement .des questions commerciales et d'intérêt j local.Elle compte près de trois j cent cinquante membres, recrutes dans le monde des affaires et des professions.Ce fait seul suffirait a témoigner de l’importance du groupe canadien-français de New-Bedford.H compte environ trente mille âmes, solidement encadrées et, réparties en plusieurs paroisses.Au banquet de ce soir figuraient, outre les membres de Chambre, ctj un grand nombre de prêtres franco-1 américains, le maire de New-Bed-j ford, M.Ashley, des députes et des; sénateurs.Présenté par le distin-j gué président de la Chambre, M.El-zéar H.Choquette, M.Ashley a tenu! à rendre hommage au travail et a l’énergie des Franco-Américains, eni même temps ou’il saluait M.Bou-‘ rassa et ëiii offrait, au nom uc *a«j a • a ui as.* q n y à dix heures du 1 avant-midi, au Nu j UN POUR Cr.-rsiT paya.îles aux ^ i«jme Avenue Luchine, et au domicile du bureaux de la banque dans cette ville - et à ses succursales le ou après MARDI le PREMIER JOUR DE DECEMBRE prochain aux actionnaires inscrits le 31 octobre 1914.L’assemblée générale annuelle des actionnaires aura lieu aux bureaux de la banque LUNDI le SEPTIEME JOUR DE DECEMBRE prochain.Le président sera au fauteu” à midi.Par ordre du bureau de direction.Frederick Williams-Taylor, Gérant-général.Montréal, 23 octobre 1914.LE COURS DE CHANT ____GREGORIEN Lundi soir, à 8 heures, à l’Université Laval, le cours de chant grégorien inauguré le 9 novembre sous la présidence de Mgr l’Archevêque, se fera sous une forme peu banale.Il consistera en exercices pratiques dans lesquels la “Schola” du Grand Sémi naire alternera avec Tassistance composée d’un grand nombre de maîtres de chapelle et de chanteurs.LES MONTREALAIS EN AVANT Ottawa, Ont., 30.— La troisième batterie de Montréal est arrivée la première dans un concours d’artillerie, au camp de Tetawawa, en juin dernier.Trente-sept batteries, venant de toutes les parties du Canada, prirent part â cette épreuve.Le groupe d’artilleurs montréalais obtint un total de 692 points sur un maximum de 1,000 points.Ottawa vient en deuxième place avec 687.2 points el Winnipeg avec 667.7 points.CITE DE MAISONNEUVE SOUMISSIONS DEMANDÉES Des soumissions pour la fourniture et la laille de granit de la base du Bain Public de la Cité de Maisonneuve seront reçues jusqu’à lundi le 7 décembre à 5 heures p.m.Les plans et devis peuvent être examinés au Bureau de l'Ingénieur de la Cité.MARIUS DUFRESNE, Edifice de la Banque de Toronto, Coin Ontario et Lasalle, Maisonneuve.Les soumissions devront être adressées au Bureau du Secrétaire Trésorier de la Cité de Maisonneuve.Le Conseil ne s’engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions.MARIUS DUFRESNE, Ingénieur de la Cité.LA DULUTH - SUPERIOR Les recettes-passagers brutes de la Duluth-Superior Traction Company, pour les trois premières semaines de novembre onl atteint $72,446, soit une perte de $2,782, équivalant à 3.7 p.c., par comparaison, avec la même période de l’année dernière.Le revenu brui de Tannée jusqu’à ce jour s’élève à un million $150,798, en plus-value de $36,007, ou 3.2 p.c., sur le temps correspondant en 1913.New-York, 30.— La Bourse du café de New-York a rouvert ses portes aujourd’hui, après une fermeture de quatre mois pour des opérations à la normale.Les cours d’ouverture onl été de 130 à 149 points plus faibles que ceux de la clôture du 30 juillet, mais de 7 à 14 points plus hauts que les cours de liquidation de samedi.Le ton du marché a été ferme et il y avait re-lativement peu de café à vendre.Les offres ont été immédiatement absorbées par des maisons faisant affaires avec l’Europe.Il était évident que l’Europe était séduite par les bas prix du marché.-#- EXPORTATION DE LA LAINE Melbourne, viâ Londres, 20.¦— Le ministère du Commerce du Commonwealth a annoncé qu'il a été décidé de permettre l’exportation de lu laine au Canada cl au Japon.Joseph Beauchamp, âgé de 30 ans, marié el père de cinq enfants, s’est noyé en traversant le Lac Saint-Joseph pour aller à la messe.Le cadavre n’a pas été retrouvé et ta glace rend les recherches impossibles.LA POLITIQUE DE L’ANGLETERRE AVANT ET APRES LA GUERRE PAR M.HENRI BOURASSA village hier.Un de nos colons, M.jurer pour l’avenir de la race cana dienee-fraiiçaise.Puis le Révérend Père fait connaître quelques résultats ob:enus: En 1913, à 1 hôpital de l’avenue Laurier, on a hospitalisé 432 enfants; on en a guéri 256.On a amélioré l’état de 64 enfants.Dix-sept n’ont pas reçu d’améiieration notable, 16 n’ont pas été traités, et 64 sont morts, dont 54 48 heures apres leur arrivée à l’hôpital.Cette année, on n'a pas encore pu-La brochure de M.Henri Rentras- blié un compte-rendu, mais il y a 88 sa sur La politique de VAngleterre j Tts disponibles.On a so'gné 40 ma-aviint et apres la guerre, ou se trou-', , ‘ vent réunies son analyse du “livre |lBÜes au d,3pen8R,re’ et ranip;1 40 blanc” anglais, des articles de MM.prescr ptions par jour.Brailsford et Edwart, une préface L’an dernier 593 opérations ont inédite des extraits du Corrcspon-l été pratiquées, 5 816 consultations ont é.é données et 5,788 prescriptions ont été remplies.Le prédicateur rap pelle qu’on donne au d spensaire de?cours aux jeunes filles sur les soins a douzai- i à donner aux enfants et dans sa pêne.$20.00 !e cent, plus 1rs frais ^oraison, adresse un dernier et briî- h-»* ™>'i » >* « défend désespérément; et tant qu’elle ne sera pas écrasée pour tout de bon, il convient d’accueillir avec beaucoup de prudence les rumeurs d’un Sedan pour les soldats du kaiser.De Londres, on prétend que trois corps d’armée teutons ont été isolés et coupés de toutes communications avec le gros des forces ,'>«1 cm an des, et que ce n’est qu'à la suite d’un prodige qu'ils pourraient échapper, soit à l’anéantissement, soit à la reddition générale.Mais les dépêches de Petrograd ne confirment pas encore cette nouvelle.11 est vrai que la Russie expédie sans cesse des renforts au grand-duc Nicholas et que les armées du kaiser n’ont, pour retraiter sur la frontière, à la hauteur de Posen, que des voies de communication peu nombreuses, dans un pays difficile à traverser vivement, surtout pendant la saison présente.Il est aussi rumeur que le siège de Cracovie est commencé.AU SECOND PLAN Les opérations allemandes en Belgique et dans le nord de la France ont été rejetées au second plan par les nouvelles de Petrograd au sujet de la bataille entre la Vistule et la Wartha.Mais tout semble Indiquer.d’ici peu, une nouvelle tentative de percement des lignes alliées.à la hauteur d’Arras, en France: les Allemands veulent exécuter à tout prix ce mouvement: et pour y réussir ils auraient massé plus de 700,000 hommes dans la région avoisinante.Ceci occasionnerait, après la seconde bataille des Dunes, qui paraît à la veille de se terminer par un échec allemand considérable, des opérations oui occuperaient le premier plan, pendant quelques jours.Le grand étal-major français se croit certain de la victoire finale, sur ce point d’attaque comme ailleurs, en France et dans la Flandre occidentale.Tout le long de l’Yser et dans la région d’Y près, les Alliés ont repris l’offensive et pressent vigoureusement les Teutons.Les fusiliers marins de France occupent Dixmude et les Allemands ont reculé devant eux.tout comme, à Ypres, le drapeau britan nique flotte sur les ruines de la ville dévastée.LES NEUTRES Chez les neutres, on signale une animosité soudaine contre l’Allemagne, en Suède et en Norvège; les sentiments de ces deux pays, jusqu’ici, étaient plutôt sympathiques à l'Allemagne, vu la proximité immediate de la Russie, dont la péninsule Scandinave regarde avec suspicion l’influence sans cesse grandissante et redoute les intentions, quant à l’acquisition d'un port de mer libre sur 1 Atlantique.L’Allemagne vient de déclarer le bois contrebande de guerre.Or, l’exportation du bois est l’une des grandes industries de la péninsule Scandinave.Et, en Suède seulement, l’arrêt du commerc-* de bois équivaut à une perte de 15 millions de piastres par an.La Norvège en exporte aussi pour un très fort montant; mais elle a, sur l'Atlantique, des ports de mer d’où l’exportation du bois se peut continuer en partie vers la Grande-Bretagne et la France, en dépit de certains risques de saisie par les navires allemands.Ses pertes seront peut-être moindres que celles de la Suède.Du fait de cette déclaration de contrebande de guerre, la Scandinavie perd une partie de ses ressources.L’acte de l'Allemagne est dicté par son désir de causer un tort considérable à l’indus-¦trie des mines anglaises, qui importe «le Suède et de Norvège tout le bois dont elle a besoin pour supports de ses galeries souterraines.Il vise aussi la construction maritime anglaise; car si le bois ne sert plus à la charpente des navires de guerre il faut encore des étais et des pièces considérables de bois au cours de la construction et du lancement des navires d’acier.La décision de l’Allemagne, malencontreuse, au point de vue suédo-norvégien, est donc de nature à faire tort à sa cause, chez les Scandinaves.CHEZ NOUS Le gouvernement canadien projette d’employer, de concert avec les ministères provinciaux les sujets des pays belligérants hostiles au Canada, qui sont ici sous surveillance ou dans des camps de concentration, au défrichement de certaines régions, dans le nord du Québec et de l'Ontario.Les autorités militaires auraient la surveillance de ees travaux, qui prépareraient l’établissement prochain de nouveaux centres de colonisation dans ces régions.Le projet, s’il est bien mis à exécution, aurait du bon, et fournirait de l’ouvrage à des aubains qui eu manquent totalement de ce temps-ci.D Ottawa, l’on télégraphie en outre que les Alliés prennent des renseignements sur la possibilité de se procurer ici certaines semences de variétés hâtives de blé.Il y aurait aussi une demande assez considérable, en France, pour des instruments aratoires, et nas fabricants canadiens pourraient trouver là un champ d’opérations agrandi, ce qui donnerait plus de travail à nos artisans.Mais il faudrait, pour cela, qu’ils ne se laissassent pas devancer par les fabricants américains.Georoes PELLETIER.L’ETAT FINANCIER Quelques chiffres fort intéressants.— “Le Sou de l’Assistance Municipale’’ projeté par M.L.A.Lapointe.— Que sont devenus les $ 10,000 versés au fonds de l’exposition ?Nous avons obtenu des renseignements fort intéressants sur la situation financière de la ville.Les chiffres sont officiels, mais sujets à révision.Ils établissent la comparaison entre l’année courante et l’année prochaine; on constatera que pour 11115, les dépenses sont très peu accrues: Voici le tableau: Intérêts .Taxes d'école.Réserve.Pertes.Salaires.Dépenses Pensions.Contingents 1914 .S 3,452,0(10 1,940,000 36,905 80,000 .3,620,000 .2,735,776 31,305 100,000 1915 $ 4,261,0191 1,990,0001 379,500 i 70,000 1,019,594 1,881,088 39,871 0 Total.812,330,172 812,050,388 croit trouver ainsi la solution à apporter au problème auquel se trouvent acculés les hôpitaux.11 n’y aura pas de nécessité d’imposer une nouvelle taxe d’un dixième de un pour cent pour l’entretien des refuges, hôpitaux et autres institutions de secours aux indigents.M.Lapointe assure qu’il n’est pas opportun de demander de nouveaux sacrifices aux propriétaires, mais que cela devrait être subordonné à la révision complète de notre système de perception d’impôts.II est l’avis que le sou de l'assistance municipale rapportera des milliers de piastres à la ville sans que personne en souffre que les gens qui sc donnent du plaisir.La justice sociale veut que ce soit eux qui payent pour les infortunés qui doivent se priver même du nécessaire.LE SOU DES PAUVRES LES $10,000 DE L’EXPOSITION M.L.-A.Lapointe a annoncé, ce matin, qu’il allait lancer un impôt d’un nouveau genre sous le nom de “Sou de l’Assistance Municipale”.11 demandera au comité de Icgisla tion de préparer, en collaboration avec lui-inènie, ce projet et obtiendra ensuite de la législature les pouvoirs nécessaires pour mettre le nouveau système en vigueur.Sur tous les billets pour les spectacles ou festivals, concerts, euchres payants de tout genre, la ville percevra un impôt d'un sou, que le propriétaire des dits etablissements devra faire payer, directement ou indirectement au spectateur.La ville percevra cette taxe sur les billets vendus.M.Lapointe M.Lapointe demandera demain, au conseil, que la ville s’adresse à ses avocats afin de prendre les mesures nécessaires pour rentrer dans les $10,01)0 qu’elle a versés à la société d'exposition, laquelle n'a pas eu d’assemblée depuis quatre ans et qui n’a rien fait pour organiser une exposition.L’EMPRUNT DE $5,000,000 (le matin, M.Hébert a eu une entrevue avec les banquiers de New-York qui proposent à la ville un emprunt de $5,000,000.II est entendu que cette proposition sera de nouveau soumise au conseil demain, étant légèrement amendée.M.B0URASSA A WOONSOCKET (Dépêche spéciale au “Devoir”) i cessantes impressions sur l’Angle- ! terre, la Belgique, la France et la Woonsocket, 30 M.Henri Bon- Suisse.Il a surtout demandé aux ra'-sa a donné une conférence hier Franco-Américains d’être et de de-si r ,à la salle de l’Opéra, sous les meurer fidèles toujours à la conser-piccs du Uercle National Dra- vation de leur langue et de leurs tra-malique.ditions.La salle était comble.Au premier L’attention de l’auditoire fut exrang on remarquait le gouverneur trêrnement soutenue pendant tout le du Rbode-Ls!and, M.Aram .1.Po- cours de la conférence, thier et Madame Pothier, ainsi que La réroraison a été coupée de de nombreux membres du clergé.longues et frénétiques acclama* Le conférencier, présenté par M.lions.Adélard Archambault, ancien lieu- Ce soir, M.Bourassa parlera à tmant-gouverneuer, a donné d’inté- Fall River.LES SECOURS AUX BELGES L’Oeuvre de Secours pour les Victimes de la Guerre en Belgique vient de recevoir trois télégrammes, l’un de Londres, un autre de Toronto et le troisième d Halifax.Le premier dit que la Belgique ne vit actuellement que des vivres importes dans le pays.Ceux envoyés par le Canada ont été dirigés sur Bruxelles et Liège, tandis que les vêtements ont été transmis aux réfugiés en Hollande, au nombre de 100,600.Ces distributions sont faites par le Comité National dirigé par la Société Générale de Belgique» La Commission de Secours aux Belges de Londres, qui envoie ce télégramme, remercie chaleureusement le comité de Montréal.Le second télégramme averti ce comité que 16 wagons du Grand Tronc se dirigent actuellement sur Halifax.Le troisième, que le “ Doric ” a quitté Halifax avec toutes les m ir-chandises recueillies par le comité et
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.