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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 30 mai 1914
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1914-05-30, Collections de BAnQ.

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VOLUME V—No.125 mONTREAL.SAMEDI 30 MAI, 1914 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : 'CANADA.*1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.$2.00 LE DEVOIR ^ • • • Réda&ion t > enîniftration : 43 RUE S.aio: TELEPHONES ’"N CENT O v c ADMINISTRATION ; Main 7461 RÉDACTION ; - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LE BILAN DE LA CATASTROPHE AUTOUR DU CANADIAN NORTHERN Le débat du projet de convention avec le Canadian-Northern achève.II serait déjà fini probablement* sans l’intervention de M.Pugsley qui n’a découvert rien de nouveau mais qui tenait à signaler son retour à la Chambre.Aucun des amendements offerts jusqu’à présent par l’opposition n’a été accepté.Le gouvernement, qui invitait les suggestions au début, les repousse maintenant avec une vivacité qui n’indique pas un meilleur sort à ceux qu’on soumettra avant le vote final.Vous n’ètes pas sincère, dit-il à la gauche; vous avez fait tout le contraire de ce que vous proposez, dans votre contrat avec le Grand-Tronc-Pactfique.Et cela est vrai.Au Grand-Tronc-Pacifique, l’on a donné garanties et argent sans exiger le moindre avantage tangible pour le trésor public.Le Canadian-Northern lui-même a obtenu à peu près lout ce qu’il a voulu du gouvernement précédent sans qu’on ait songé à demander la garantie personnelle de Mackenzie èt Mann, le partage du stock ordinaire, etc.Au contraire, comme si Ton eût craint de ne pas faire assez pour l’entreprise de Mackenzie et Mann, on les a couverts d’honneurs tous deux.Inutile de nier ces faits qui sont du domaine public.Ils montrent que M.Laurier n’était pas aussi de précaution au pouvoir que dans l’opposition et ils excusent le doute quant à sa sincérité présente.Mais justifient-ils le gouvernement actuel d’imiter cette imprévoyance?Nous ne parlons pas de l’amendement Macdonald.Le renvoi à six mois n’était pas désirable au moment où il a été proposé.Du moment en effet que la nécessité de parachever le Canadiart-Northern,est admise, et l’impuissance des promoteursà poursuivre leurs travaux sans l’aide de l’Etat, reconnue, le renvoi à six mois ne s’explique qu’à la dernière phase de la procédure, quand l’adversaire a épuisé en vain tous les autres moyens de faire accepter ses suggestions.L’amendement Oliver touchant l’uniformité des prix de transport dans l’Ouest comme dans l’Est ne nous semblé pas non plus acceptable pour le moment.Nous ne croyons pas qu’il soit juste de faire actuellement une exception pour le Canadian-Northern.Du reste, l’amendement Oliver est plutôt un leurre.Ildemande que deux mois après le contrat projeté, le Canadian-Northern soumette un tarif uniforme à la commission des chemins de fer, a moins qu’il n’établisse que le coût du transport soit plus élevé dans Ji’Ouest que dans l’Est.C’est en somme une nouvelle enquête par-dessus celle que vient de faire la commission des chemins de fer et dont le résultat a été une réduction du tarif de toutes les compagnies.L amendement Pugsley demandait que le gouvernement réduise le stock commun du Canadian-Northern à 30 millions, qu’il termine lui-même la construction du chemin et remette le tout à Mackenzie et Mann ensuite.Or, pour réduire le stock à 30 millions, il faut en confisquer une partie ou obtenir le consentement de Mackenzie et Mann.Et s’ils i et usent ?C est la propriété d Etat, pratiquement.Il y a longtemps que M.W.F.McLean la demande et peut-être sera-t-elle acceptée un jour.Mais pour le moment on peut douter que le pays l’approuverait.Nous préférons l’enquête demandée pqr l’amendement Ross, encore que le mode choisi ne nous offre pas rie garanties suffisantes sur la construction du Canadian-Northern et les relations de Mackenzie et Mann avec cette entreprise.Nous avons fait une enquête, une autre retarderait le parachèvement de l’entreprise, répond M.Borden.Erreur.Il y a eu une vérification de livres et de titres, mais il n’y a pas eu d’enquè-te.Une enquête, telle que nous l’entendons du moins, nous dirait com-menr a été employé, non pas une partie de l’argent, mais tout l’argent fourni directement ou indirectement par l’Etat, si la construction a été faite économiquement, si l’on a eu recours à la concurrence ou si les promoteurs ont eu le champ libre, bref si tout a été fait honnêtement'ou si, comme plusieurs l’affirment déjà, le produit de l’escompte obtenu grâce à l’endossement du pays a servi partiellement à corrompre les députés et les électeurs.Seulement, le tribunal qui offre le plus de garanties pour une enquête de cette nature, c’est une commission royale.Croit-on qu’une commission parlementaire épuiserait tous "les moyens de savoir combien Mackenzie et Mann ont donné de millions à l’un ou l’autre parti?Jean DUMONT.LETTRE D’OTTAWA Le service civil et un projet de réforme, — Une séance d'étude du budget chaçpie fonctionnaire, sera dorénavant de S100, au lieu d’être de $50.Et cette clause aura peut-être un effet rétroactif, à compter du 1er jan-vi r 1014.Toute cette législation n’affecte que les fonctionnaires publics relevant du service civil intérieur.LES FEMMES ET LE - Ottawa, 29.— La Chambre a travaillé aujourd’hui de manière plutôt distraite.L’épouvantable catastrophe de l’“Empress of Ireland occupait lout le monde.Dans les couloirs, les députés se précipitaient sur les journaux, et, aux Communes, les gens présents lisaient les derniers détails du naufrage.A la séance du matin, MM.Borden et Laurier ont fait allusion à cel événement, dommageable pour la voie fluviale du Saint-Laurent, et présenté les sympathies du parlement aux parents des victimes.Le reste du jour, il a été question du traitement des fonctionnaires de l’Etat, et aussi du budget de différents ministères.Une dénonciation des fonctionnaires par certains députés, et une protestation de l’un d’entre eux contre le trop grand nombre de femmes et de jeunes filles employées dans les différents ministères, ont été les principaux incidents de la journée.LE TRAITEMENT DES FONCTIONNAIRES Depuis longtemps, les fonctionnaires de l’Etat, à Ottawa, demandaient une réforme de la loi du service civil; le ministre des Finances en a déposé un projet, aujourd’hui, rédigé d’après les suggestions d’un expert anglais, sir George Murray, qui a fait enquête, il y a une couple d’années, sur le fonctionnarisme public du Canada.Ce projet de loi, soumis aujourd’hui aux Communes mais dont l’adoption, d'après M.White, n’aura pas lieu avant la prochaine session, comporte un remaniement des traitements annuels, comme suit: fonctionnaires de première catégorie, section A, de $3,500 à $4,000 par an; section B, de $2,000 à $3,400; section C, de $2,200 à $2,800: fonction-naircs de seconde catégorie, section A, de $1,650 à $2,100; section B, de $1,350 à $1,600; section C, de $1,000 a $1,300: fonctionnaires de troisième catégorie, section A, de $1,250 à $1.800; section B, de $1,050 à $1,200; section C, de $600 à $1,000: fonctionnaires de quatrième catégorie, de $500 à $1,000.Les sous-ministres auront un traitement annuel de $5,000.Mais ceux d’entre eux qui auront une tâche les chargeant de responsabilité considérable, ou exigeant d’eux des connaissances spéciales, pourront recevoir davantage.Il y aura une catégorie distincte et particulière aux experts.A l’heure présente, l'Elnt ne peut payer à un fonctionnaire expert plus de $4,000.11 ne peut SC procurer, à ce traitement, de Techniciens de première capacité.L’an prochain, le ministère adoptera une loi spéciale obligeant à l’avenir les fonctionnaires à prendre leur retraite à l’âge de 65 ans révolus.Ceux qui sont aujourd’hui à l’emploi de l’Etat et ont plus de 05 ans pourront rester en fonctions jusqu’à l’Age de 70 ans, et ceux de 70 ans révolus, à l’heure actuelle, pourront encore rester au poste Jusqu’à 73 ans.L’augmentation minimum annuelle de traitement, pour FONCTIONNA RISME Il y a un grand nombre de femmes et de jeunes filles, à l’emploi Je l’Etat, dans les différents ministè-tères, à Ottawa.Elles ne béniront certes pas M.Proulx, le député libéral de Prescott.Car, cet après-midi, M.Proulx s’élève contre leur affluence dans les ministères, contre la place qu’elles y prennent, au détriment des hommes, dit-il, et contre les traitements, trop élevés qu’elles y reçoivent assez souvent.Il affirme que “ le paiement de traitements élevés à des jèunes lilies équivaut à l’imposition d’un embargo sur le mariage ”, que la plupart de celles qui reçoivent de tels traitements et n’ont pas de familles à faire vivre le gaspillent à s’acheter des colifichets et des chiffons, qu’elles ne pensent plus à se marier, à moins d’épouser un mari riche, qu’elles prennent la place de pères de familles, et qu’elles sont payées plus que ne le sont bien des employés chargés d’enfants.Il croit aussi que cette rage du fonctionnarisme, chez les femmes, est responsable, en grande partie, de la désertion de l’enseignement, surtout dans l’Ontario.Et, sur un autre point, il note la nécessité d’une réforme dans les examens d’admission au fonctionnarisme ; “ il faudrait, dit-il, exiger de tous les fonctionnaires de l’Etat, dans les bureaux publics, pour le service intérieur, qu’ils sachent le français, surtout parmi les fonctionnaires des catégories les mieux payées.11 faut plus de français, et moins de latin et de mathématiques, aux examens d’admission.Le français est une des deux langues officielles du Canada, il ne sert à rien de vouloir nous le faire oublier, et le plus tôt les ministres et les fonctionnaires le sauront, le mieux ce sera.Il ne faut pas que se répète ce spectacle, trop fréquent, de commissaires-enquêteurs qui vont dans le Québec et ne sont pas capables de recueillir ou de comprendre les dépositions faites en français.” Les députés cana-diens-français présents approuvent ces paroles.M.McLean, de Halifax, un autre libéral, n’est pas de l’avis de M.Proulx, quant à l’admission des femmes parmi les fonctionnaires de l’Etat.Il le lui dit en ces termes : “Je diffère tout à fait d’avis d’avec M.Proulx.Le monde progresse, les idées et les moeurs changent, il faut suivre l’évolution.Les idées de M.Proulx, sur le fonctionnarisme des femmes, sont tout à fait démodées.” Par ailleurs, M.McLean demande que l’on se préoccupe surtout de l’honnêteté, de la dignité et de l'intelligence des fonctionnaires canadiens.“Il arrive maintes fois, dit-il, que les ministres ne sont que des façades, et que ce sont les fonctionnaires qui administrent l’Etat.Ayez d’honnêtes fonctionnaires, et qui soient intelligents, et le pays sera mieux gouverné.Et si vous voulez de tels fonctionnaires, rémunérez bien leurs services.” Après quoi M.Edwards fait le procès des fonctionnaires, qui, d’après lui, mènent souvent une vie mi delà de leurs moyens et passent la moitié de leur temps à mendier des augmentations de traitement.M.Fowler, lui, conseille au ministre des finances et au ministère d’introduire une réforme radicale, dans l’intérêt de tout le monde, en enlevant le droit de vote à tous les fonctionnaires publics.“De celte manière, af-firmc-t-il, nous éviterons une somme considérable d’embarras à tous ceux dont les fonctionnaires demandent la protection, l’influence, et qu'ils veulent faire intriguer dans leur Intérêt." M.White promet que, l’an prochain, la Chambre confiera à un comité spécial, composé de membres choisis des deux côtés des Communes, le soin d’étudier son projet de loi et de l’améliorer, s’il y a lieu.LE BUDGET La Chambre entreprend ensuite l’étude du budget de plusieurs ministères.Au chapitre des chemins de fer et canaux, elle vole 3 millions pour le pont de Québec,travaux de construction et de parachève- CAUSERIE LITTERAIRE M O NT C AL M Drame canadien en cinq actes et en vers par les PP.Qoudard et Desjardins, S.J.N’est pas dramaturge qui veut.Trouver une situation dramatique empoignante est beaucoup plus difficile qu’on ne pense.Mais soutenir cette situation, mettre sur la scène des caractères vivants, des hommes à la hauteur de leur tâche, c’est un mérite fort rare.Après une audition du Montcalm des PP.Goudard et Desjardins, je n’hésite pas à affirmer qu’ils ont tourné l’écueil et qu’ils ont fait oeuvre de vie.Ce drame en effet n’est pas une banale amplification, un exercice de style, un ramas de métaphores, plus ou moins lyriques, c’est une tragédie où des passions puissantes s’agitent, se heurtent, se froissent et émeuvent fortement les spectateurs.Une tragédie d’après Brunetière, c’est un conflit de volontés où dans la lutte âpre et pathétique les âmes fortes donnent leur mesure.Montcalm, c’est l’agonie émouvante, c’est la mort de la Nouvelle-France française.Mais cette mort est plus belle que les plus triomphantes victoires.Des hauteurs de Carillon où commence l’action, aux Plaines d’Abra-ham où Montcalm expire en faisant appel à la clémence du vainqueur, Montcalm, le dêses|&lr ducs l’âme, s’acharne contre l’armée anglaise, contre la ruse, contre la trahison de Bigot, contre l’apathie de Versailles, contre la concussion qui affame le peuple, et il s’ensevelit peu à peu sous les décombres nationales.Oui, mes amis, il fait bon le voir et l’entendre.Ce n’est pas un héros de carton, c’est une âme dont le son va droit au coeur, parce que ce son est celui que rend le patriotisme le plus sincère et le plus profond.Héros chrétien, il s’agenouille snr le champ de bataille devant la croix rédemptrice, il arrache au couteau des sauvages un espion anglais qui a tiré sur lui en cachette, il envoie en hâte Bougainville à Versailles, afin que la vérité puisse percer enfin le réseau d’intrigues ourdies par la Pompadour et l’indifférence des blasés et des lâches, il reçoit et console les débris décimés des Acadiens traqués comme des fauves à travers les forêts de leur pays, il menace l’intendant, il parle en père aux Canadiens et aux sauvages, qui accourent autour de lui, prêts à mourir pour la France, et tombe enfin comme doivent tomber les bra ves.D’assister à la représentation de pareilles scènes console en vérité des revers d’autrefois.Et quelle joie de voir autour de Montcalm parler et agir le brave Lungy, coureur de bois, Bougainville, Bourlamaque et les autres 1 Le Canadien Langy est une belle création, mais le sauvage Kisensik en est une plus belle, peut-être.Dévoué à Ononthio jusqu’à la mort, l’oeil ouvert sur les dangers qui le menacent, il tue son propre fils qui a été payé pour trahir, il vient expirer aux pieds de Montcalm expirant.Et quelle couleur locale dans ses paroles! Comme un chant de wigwam est douce ta [parole ! Je pars : mes pieds seront le geai bleu qui [s’envole Et ma voix le tonnerre où l’éclair blanc [se tord ; Va! je réveillerai le tomahawk qui dort.Nous trouvons dans ce drame des héros agissants.Mais où est l’obstacle, où est le noeud, où est l’intrigue?L’obstacle, c’est Bigot soutenu à la cour par le mensonge, et par l’aveuglement de Vaudreuil, c’est la malveillance qui durait pu décourager un autre homme que Montcalm, c’est l’indifférence de Versailles, c’est l’Anglais enfin qui, disons-le, paraît beaucoup plus tolérable que la trahison intestine des aigrefins, satellites de l’intendant.Vergor le traître, en face de l’Anse au Foulon, se rendant compte de ce qu’il fait, est pris d’un remords profond et vrai qui est un des endroits les plus pathétiques du drame.C’est donc fini, je suis enfermé dans mon , , [crime.Je suis la trahison, je suis la lâcheté.Si mourir effaçait tout! Heureuse la [mort! etc.Sans doute, cette pièce n’est pas parfaite.La forme n’est pas celle des Racine et des Rostand.L’auteur qui a eu l’heureuse idée de cette pièce, cédant à l’inspiration, a travaillé vite, il n’est pas revenu sur sa composition, pour assouplir comme il aurait pu le faire la période poétique, pour mettre toujours à la place de l’expression parfois facile l’expression pittoresque, mais il a le mérite de nous avoir donné la plus belle pièce canadienne que nous ayons, si je ne me trompe.Et puis, le style du drame n’est pas le style lyrique de la poésie.Le drame vit de passions plus que de métaphores.Et ce style est solide et joliment tourné quand même et très souvent heureux.Il y a à mon avis certaines longueurs, qu’on retranchera sans doute, plus lard, et qui en lout cas sont discutables quoique de belle venue.Mais, je tiens à signaler tout de suite à 1 attention du public un drame qui fera battre le coeur de tout Canadien-français, qui lui inspirera l’héroïsme et la fierté et l’amour de tout ce qui fait un grand peuple.L’auteur qui « noué un pareil drame et celui qui a complété l’oeuvre méritent de chaleureuses félicitations.Edmond LEO.ment, 8 millions pour le Transcontinental-National et $4,500,060 pour le chemin de fer de la Baie d’Hudson, dans l’avenir duquel plusieurs députés ont peu de foi.Cela fait, en quelques heures, 15 millions et demi votés à même le budget de 1914-1015.Incidemment, M.Gauvreau (Témiscouata) attaque M.Gutelius, de la commission d’administration de Vlntercnlonial: “Bien des gens, dit-il, sont convaincus que cet ancien fonctionnaire du Pacifique Canadien subordonne les intérêts de ce chemin de fer-ci à ceux de 17/i-tcrcolonial.,> Le ministre des postes défend M.Gutelius et rapporte que celui-ci lui n fort aidé, quand il s’est agi de traiter avec les chemins de fer de la question du transport des postes.Alors, M.(tutclius n’a certes pas travaillé en faveur du Pacifique-Canadien, dit M.Pelletier.Le reste de la journée se passe à discuter l'autorisation de maintes autres dépenses.La gauche y donne son assentiment.L'affaire du Nord-Canadien ne reviendra pas à l’affirhe, d’après toutes les probabilités, avant le lundi, premier juin.Quant au remaniement, la cqmmissinn n'a pas encore fait rapport; on parle de celui-ci comme s’il devait être soumis aux UN ROMAN PAR MOIS Noire dernier roman mensuel, Les Ames fortes ”, par G.Saint-Germain, est à la disposition de nos lecteurs et abonnés.Il faut pour avoir droit à un exemplaire des " AMES FORTES ” présenter à ncs bureaux les bons qui ont paru dans le "Devoir”, du 18 ou 23 moi, plus trois sou* à nos bureaux, ou bien nous les adresser pra la poste plus 6 sous pour couvrir le prix du roman et les frais d'emballage et d'expédition.Dans ce dernier cas, on recevra le roman franc de port.Rappelons que le " Devoir *' n'ayant pas paru le jeudi 21, Jour de l'Ascension, cinq bons seulement, et non pas six comme d’habitude, seront exigibles.SURVIVANTS ET DISPARUS Liste officielle fournie par la Compagnie du Pacifique Canadien Une liste corrigee des passagers et de l'équipage de I’“Empre»a of Ireland”, publiée par le Pacifique Canadien donne 1,3S7 comme étant le nombre total de personnes à bord d r‘‘Empress’\ réparti comme suit:— Passagers de première classe, 87; passagers de seconde classe, 153; passagers de troisième classe.714; officiers et équipage, 413; total, 1,367.La liste suivante des survivants, des disparus et des morts identifiés de l’“Empr«ss of Ireland” a été compilée d’après les renseignements Us plus sûrs qui aient été obtenus:— PASSAGERS DE PREMIERE CLASSE SAUVES Abbott, F.E., Toronto.Adie, M.et Mme Percy, Birmingham, Ang.Atkinson, John.Burrows.A.J., Nottingham, Ang.Cunningham, R.A., Winnipeg, Man.Fenton, W-, Manchester, Ang.Gallagher, Cedric, Winnipeg.Guant, Mlle Doris, Birmingham, Ang.Gosselin.L.A., Montréal.Henderson.G.H.S., Montréal.Hyamson, L.A., Londres, Ang.Kent, Lionel, Montréal.Kohl.Grace, Montréal.Lyon, C.B„ Vancouver.Mullen, Mme A.A., Londres, Ang.O'Hara, Mme, Toronto, et sa fille.PASSAGERS DE PREMIERE Abbot, F.E.Anderson, A.B., Londres.Averderck, P.C., Manchester.Barlow, A.E.Bariow, Mme, Montréal.Bennett, Mme Hart, Nassau, N.P.Bloomfield, Mme W.R.Bloomfield, lieut.-col.W.R., Auckland, N.Z.Brandon, A.G-, Manchester.Burrows, A.J.Cayley, J.J., Hamilton.Cay, Mme C.P., Golden, C.A.Crathern.Mlle Waneta, Montréal.CulUn.Mme F.W.Cullen, Mlle Maud.Cullen.Master.Toronto.Darling, M.D.A.Dunlevy, Mme F.H., Denver.Edwards.Cox, Yokohama.Goldthorpe, Charles, Bradford, Ang.Graham, W.D.Graham.Mme, Hong Kong.Hailey, Mme D.T., Vancouver.Hisenheimer, W., Montréal.Hirst, A., Birmingham.Holloway, Mme C., Québec.Uowes, F.W., Birmingham.Irving, Laurence.S.B., acteur; fils de feu Sir Henry Irving, Londres.Patton, Mme W.E., Sherbrooke.P : Seybold, E-, Ottawa.Abercrombie, J.R., Vancouver.Clark, Chas.R., Détroit, Mich.Cash, M.et Mme Harwood.Nottingham, Ang.Duncan, J.Fergus, Londres, Ang.Darling, M.D.A., Londres.Ang.Godson, F.E., Kingston, Ont.U , Gallagher, C., Winnipeg.Johnson D., Fredericton.J Lee, Mlle Alice, Nassau.' 7 Malloch.C., Larde.C.A.Townsend.Mlle T., Nouvelle-Zélande.Taylor, Mlle H., Montréal.Wallett, Rev.J., Londres, Ang.CLASSE MANQUANT A L’APPEL Hyamson, L.A.Irving, Mme Laurence (Mabel Hackney!.Johnson, David Frederick.Lindays, Dr.Alex., Halifax.; VJ Lyman, H.H., Montréal.Lyman, Mme, Montréal.Maginnis, A.G., directeur de MM.Mappin & Webb, Londres.Marks, J.Gabriel.Marks, Mme Suva, Fiji.Miller, Mme, Sainte-Catharines, Ont.Mullins, Mlle E., Londres.O’Hara, H.R., Toronto.Palmer.W., Leonard, du London Financial News, Londres.Palmer, Mme W.L., Londres.Price.Mme H.W., Nouvelle-Zélande.Rutherford, F.J., Montréal.Seton-Karr, Sir Henry, Londres, Seybold, E.Seybold, Mme.Smart, G., Bouge, Ottawa.IStork, Mme A., Toronto.Tylce, C.G.Tj'Iee, Mme.Taylor, J.T.Taylor, Mlle D., Montréal.Taylor, Mlle H., Montréal.Wakerfield, A.J., Montréal.PASSAGERS DE Black, J.W., Ottawa.Black, Mme J.W„ Ottawa.Court, Mile E., Liverpool, Ang.Dandy, J.F., Pierson, Man.Davies, William, Toronto.Davies, Mme William, Toronto.Erainger, J., Winnipeg.Langsley, J.W., Vancouver.Langsley, Mlle M.E., Vancouver.Law, E., Galgary.Law, Mme E., Calgary.SECONDE CLASSE SAUVES | Law, L., Calgary.! » \ Lennon, J., Winnipeg.\ Liston, Mlle A., Londres, Ang.Uijij McAlpine, A., Montréal.Matier, A., Indianapolis.Moir, Mme Charles, Toronto.Morgan, J., Winnipeg.Morgan, William, Winnipeg.Simmonds, Mme Reginald, Londres, Ang.Weinrauch, B., Montréal.J’Mn PASSAGERS DE SECONDE CI.Assafery.Mlle A.S.M., Winnipeg.Atkin, Mlle M., Prince Albert, Satk.Balcomb.Mlle D., Vancouver.Baies, Mlle, Toronto.Barbour, Mme W., Silverton, C.A.Barbour, Mlle E.Florence, Silverton, C.A.Barbour, Mlle Evelyn, Silverton, C.A.Barker, Alfred, Saskatoon, Sask.Barrie, W., Silverton, C.A.Rawden, Milo Bessie, Hillsboro, Ind.Hawden.Mlle Florence, Hillsboro, Ind.Baxter, Mlle Mary.Toronto.ASSE MANQUANT A L’APPEL | Braie, Edward, London, Ont.Berry, Mlle E.Vancouver, C.A.Birkctt, Henry, Carstairs, Alb.Birne, E., Brisbane.Birne, Mme E., Brisbane.Birne, Mlle F., Brisbane.Bishop, G.D., Vancouver.Bishop, Mme G.D., Vancouver.Blackhurst, Mlle L, Paris, Ont.Boch, Mlle Edith, Rochester, Minn.Boch, Rein hold t, rentier, Rochester, Minn.Boynton, Mme F.E., St.Thomas, Ont.'m Tt* !,.a*: .mm ;rnrn Communes jeudi prochain.Le programme est encore bien chargé.Et les députés auront fort à faire sj comme tous le désirent, la Chambre doit terminer ses travaux le samedi soir prochain, 6 juin, pour proroger le lundi suivant, huit, dans 1” cours de l’après-midi.Georges PELLETIER.L’IMPRESSION A LONDRES Londres, 30 — Londres fut attristé pur la nouvelle du désastre de l’“Empress of Ireland”, et à quatre heures les craintes se dissipèrent quand il fut rumeur que tous les passagers étaient saufs.Le message de M.Thomas Shuughnessy envoyé à M.George McL.Brown et annonçant qu’il y avait seulement 400 survivants, fit perdre les derniers espoirs.De midi à minuit les bureaux du “Trafalgar Square” furent envahis par une foule qui se répandait même dans la rue.Mais elle était re.marquablement calme.Parmi res gens postés à l’affût des nouvelles se trouvaient des membres de l’Armée du Salut, inquiets du sort des 160 délégués qui venaient prendre part au congrès du mois prochain.A minuit ils apprirent que ving seulement de leurs coreligionnaires avaient été sauvés.Us firent des prières toute la Journée, et le général Booth rendit visite à tous les parents des victimes.Le roi s'infnrma une fois du sort des passagers, et la reine deux fois.L’un des passagers était M.Smart, d’Ottawa, de l'immigration juvénile à Ottawa, et il venait à Londres dans l’intérêt de l’oeuvre.Le prince de Teck, dès qu’il apprit l’étendue du désalre, envoya au secrétaire du haut commissaire canadien à Londres, M.Griffith, un message de sympathie pour les victimes, en son nom et au nom de ta princesse.Tous les bureaux canadiens et toutes les banques canadiennes de Londres avalent un air de deuil.Le "Financial News" s’informa souvent de Palmer et de sa femme, tl est étrange, dit ce journal, que M.Palmer, à la tète de la délégation des manufacturiers anglais, après un voyage heureux de 12,000 milles, ait dû traverser tout le Canada pour trouver la mort.C’était un homme de valeur.Le cas de Madame Wild offre encore de plus extraordinaires coïncidences.Son père se noya sur le “Britannic”, il y a quinze ans.Son mari et son frère étaient des officiers du “Titanic”.Et le seul frère qui lui restait devint un des membres de l’équipage de l’“Enipress”, il y a trois mois.Elle est la nièce du capitaine Kendall.On n’ajouta foi à l’étendue de la catastrophe que tard hier soir, à Londres, ear le souvenir des nouvelles colportées lors de la collision de r“Empress” et du “Helvetia”, il y a deux ans, faisait beaucoup d’incrédules.LES ASSURANCES Londres.30.— Jamais depuis le désastre ou “Titanic” tes assureurs des “Lloyds" ne subirent plus de pertes.L’“Empress of Ireland” avait été assuré pour le montant de $14,-000,000 outre la cargaison assurée pour une somme de un demi-million.Aux premières nouvelles du désastre on réassura le navire au taux de deux guinées pour cent, tant elles paraissaient invraisemblables; quand il n’y eut plus de doutes le taux monta à cinquante guinées pour cent.Quand arriva la confirmation finale de la nouvelle on refusa d’assurer le paquebot à aucun prix.Le premier commis aux vivres, Goade, a déclaré que la conduite de l’équipage avait été admirable.‘fL’equipnge, dit-il, a fait tout ce qu’il était humainement possible de faire, ce qui veut dire peu de chose.S’il y a plus de réchappés parmi l'équipage que parmi les passagers, c'est que les matelots étaient plus forts et plus durs au froid et a la tempête.(Suite à la dernière page) O LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 30 MAI 1S14 VOL.V.— No.125 LETTRE DE FRANCE Le résultat des élections.— Les succès des partis extrêmes.— Les éventualités prochaines.Paris, 15 mai.—Le télégraphe vous a transmis des noms, des chiffres, des statistiques et surtout l’expression de la folle joie des partis d’ex-tréme-gauche.Je vous dis tout de suite que ceux-ci, en effet, ont gagné des sièges et que la crise politique et sociale va aller s’accentuant.Mais je vous demande maintenant la permission d’analyser la situation dans son ensemble et de vous indiquer quelles éventualités peuvent se por-duire.En la tôt dté de ses fi02 membres, la Chambre se décompose précisément (je vous donne le résultat de mon pointage qui n’est pas celui du ministère) en cinq grands groupe- j ments : 102 socialistes unifies dont M.Jaurès est le chef ; 166 radicaux : unifiés et socialistes indépendants ! avec MM.CailJaux et Augagneur ; | 182 radicaux indépendants et répu- , blicains de gauche qui suivent MM.i flriand, Barthou, Millerand — ou qui j n’obéissent qu’à leurs caprices per- I sonnels ; 132 républicains libéraux ! et progressistes ; et enfin 20 “ droi- ; tic -s ” anti républicains.Le plus grand nombre des succès I socialistes et radicaux unifiés ont ; été remportés au second tour, di- ; manche 10 mai, parce qu’entre eux j ils ont scellé une étroite union et ! que la discipline a été généralement j observée par les deux tiers ou les trois-quarts de leurs troupes.CV;* La seule chose qui soit vraie, c’est que le parti radical, qui masquait généralement les socialistes, s’est bruyamment effondré.Sur les 54 députés de Paris et département de la Seine, il reste trois radicaux — et aucun n’est orthodoxe.Dans le département du Nord, sur 23 députés, il reste cinq radicaux élus à la suite d’un cartel avec les socialistes — mais quatre radicaux sortants ont disparu.Il en est, il en sera de même dans toute la France, parce que les radicaux ont abdiqué au profit des socialistes unifiés.Le journal le “ Radical ” le confessait, le proclamait plutôt, cette semaine, en affirmant que nulle divergence de programme et d'action, pendant les quatre années de la législature qui commence, ne saurait séparer les amis et M.Caillaux et ceux de M.Jaurès.•K # if Cela, les électeurs ne l’admettent pas ; l’opinion publique ne le tolérerait pas.On a pu, dans le désarroi de la bataille électorale, lier ainsi les états-majors.On ne saurait entraîner les troupes : la petite bourgeoisie, le commerce et l’industrie, qui fournissent les cadres du parti radical, répugnent de toutes leurs forces — et de tous leurs intérêts — à l’avènement du socialisme et abandonneront leur parti, rallieront le 11 Uio-VJ Llcll Ici UC ICLliN 11 I III J Jl.3.' ! le fait politique le plus important c^ifros (^‘,s forces républicaines mode- lé plus gros de conséquences pour f avenir.Car, numériquement, la force des partis ne sera cas, dans la Chambre nouvelle, très différente de ce | qu’elle était dans l’ancienne.Si les socialistes unifiés gagnent 30 sièges,, ils en prennent 22 à leurs alliés les! socialistes indépendants ou les radicaux unifies.Evidemment, la prin-1 cipale inconnue tient au grand nombre des nouveaux — 191, dont les tendances exactes ne sont pas tou- ; jours très nettement connues.Quant aux personnes, vous connaissez déjà les principales mutations survenues.Le scrutin de ballottage a consommé la défaite de i MM.Massé et Paul Boncour, anciens ! ministres, de M.Lépine, ancien pré- ! fet de police, de M.Dron, vice-pié*;i- ! dent de la Chambre, du général Bail- j loud, de M.de Ramel, forâtVr Ici plus écouté de la droite, de M.Pierre i i.eroy-Bear.heu, de M.Louis Hébert, .à la parole singulièrement mordante et aussi de quelques-uns des boni- \ mes qui nous étaient particulière-rement ennemis et que la “ Libre Parole ” a abattus (come elle avait fait au premier tour pour Brard et Thalames) : les deux frères Reinaçh rees, dès qu’ils auront pris cons cience de ia trahison commise par leurs chefs.Les événements précipiteront la crise.Bien évidemment, toutes les sommations de M.Jaurès ne feront pas décider l’abrogation, même différée, de la loi de trois ans : aucun ministère ne saurait y consentir dans l’état actuel de l’Europe.La vraie bat ni le s’engagera sur la reforme fiscale.Ici le parti socialiste sera très exigeant parce que l’institution de l’impôt personnel qui frapperait 5,600,000 chefs de famille, serait une préface merveilleuse à tontes les oppressions et à toutes les spoliations.Mais parmi les radicaux (je ne parle pas des hommes politiques) l’opposition est formelle à toute mesure inquisitoriale.Ce sera le divorce entre les élus du parti et le gros de scs forces.A la vérité, le fait capital (les élections du 26 avril et du 10 mai, c’est d’avoir réduit à deux le nombre des partis politiques (exception faite de quelques intransigeants d’extrô-me droite).D’une part, il y a le parti de la Révolution ; d’autre part, il y a le parti de l’ordre et de la défense sociale.Certes, la soudure n’est pas parfaite et un autre Juif, M.Juval, qui était le !’.f?*1 P‘,s pa1 laite entre les divers nrinoinnI nrntnffnnUm rW m»’ 30 Saint-Jacques.Main 185.1.Rs., 240 Visitation.Prêts sur hypothèque, achats de créances.MEDECINS Dr.M.LEMOYNE 257 SHERBROOKE EST (Près Saint-Denis) Maladies des yeux, oreilles, nez, gorga, larynx.Tel.Est 4559 ' Diplômé «n hygiène Pub.——— Dr.J.N.CHAUSSE SPECIALITE s Voies nrinaires.mala-1 dies de la peau.Heures : 12 à 2 p.m., 6 à 8 p.m.Tel.Saint-Louis, 4826, 1333 Are.[ DeîoHmier.eoin Mont-Royal.EST 6734 Docteur A.DESJARDINS Ancien Moniteur de l’Hôtel-Dieu de Paris.Maladie des YEUX, des OREILLES, duj NEZ et de la GORGE.523 Saint-Denis, (en face du carré Saint-Louis).VRAI BARGAIN.— Deux terrain» de 25 x 120 pieds pour le prix de $200, chacun.Ces terrains sont situés à environ 300 pieds de la Rivière des Prairies.Endroit idéal.C’est une véritable aubaine.A qui la chance?Conditions faciles.E.Lavergne, 16 Saint-Jacques, chambre 2.Tél.Main 6693.DIVERS ARGENT A PRETER, Nous prêtons de l’argent sur ameublement et salaire.Ecrire à Casier 104 “Le Devoir”.AUX HOTELIERS.Une personne désire acheter un Café, payable par versements mensuels.Ecrire, mentionnant le prix et le montant des versements.Casier 20, “Le Devoir”, Cité.NOUVEAUTES, MERCERIES, ETC.L.M.Cornellier, 1189 Mont-Royal Flst, en face de la rue Parthenais.— Marchandises sèches, merceries, bonneteries, tapis, prélarts, et articles d’utilité générale.Ayant ouvert au No.864 Mont-Royal, en 1908, il nous a fallu cette année prendre un local plus spacieux, sur la même rue, dans le quartier De Lorimier, où nous invitons tous nos anciens clients et les nouveaux de venir nous voir.A L’ASSISTANCE PUBLIQUE Le euchre d’après-midi, mardi, à l’Assistance Publique, a eu plein succès.Une très élégante société s'y était donné rendez-vous.Mesdames A.Chevalier, L.-H.Painchaud, J.Fi-liatrault, R.Moraohe présidaient à la table d’honneur et par leur entrain ont créé beaucoup d’animation.Mesdemoiselles Provost et Trotticr s’occupaient de poinçonner et combien gentilles elles furent.La Partie de cartes était dirigée par Mlle H.Lanctôt (des Cours particuliers), (tout le tact et la distinction sont bien connus.C’est dire que la „ , , partie a été des plus joyeuses.Les t ar la Congrégation du Gesù, sous nombreux prix si jolis ont ravi tes direction des HR.PP.Jésuites, le [heureuses gagnantes.Ua direction de l’Assistance Publique désire remercier toutes les personnes qui ont encouragé ees euchres mensuels durant l'année, soit par leur présence, soit par des prix de toutes sortes.Merci aux dames dévouées qui ont prêté leur concours, de quelque façon que ce soit.Des remerciements sincères sont aussi adressés aux journaux qui ont mis leurs colonnes à notre disposition, avec tant de gracieuseté.Tous ees efforts réunis ont donné un joli résultat à la cause des pauvres et la Direction de l'Assistance Publique est profondément reconnaissante envers le généreux publie.Au revoir, à la prochaine saison des fetes.A partir de dimanche, le 81 mai, le vapeur “Trois-Rivières” fera un service du dimanche à Berthicr, Sorel et les porta intermédiaires, quittant Montréal à 9 hrs a.m., et revenant ù Montréal le même soir à 8 hrs 30.t.SERRURES Clefs, serrures.Spécialité : découpage de clefs Yale, Corbin, Sergent et Green Leaf.Pour toutes vos réparations de clefs allez au No 182 a rue Sanguinct.COMPAGNIE DE CHEMIN A BAR-RIERES DE TERREBONNE.Avis est par les présentes donné que l’assemblée générale annuelle des actionnaires de la Compagnie de Chemin à Barrières de Terrebonne aura lieu à Terrebonne, au bureau de la dite compagnie, mercredi le dix-septième jour de juin prochain, à dix heures de l’avant-midi.DOMINION COALCÇVMPANY DOMINION ¦t SPRINGHILL Itmifecf Charùon bilu-mlneui, à vapeur el à gai bureau general des ventes HJ Rue Saint-Jacquet.Montréal.Dr J.-ROMEO LEDUC ELECTROTHERAPIE, PHOTOTHERAPIE, RAYONS X.Tîraitements spéciaux, maladies nerveuses, neurasthénie, insomnie, rhumatisme, rétrécissements, mala-dies des femmes, poils follets.Consultations: de 1 heure à 3 heure» p.m.et de 7 heures à 9 heures p.m.1050 RUE SAINT-DENIS Téléphone Saint-Louis: 1507.Dr M.LEMOYNE 257 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n’arrête Disaient en recourbant l’écume de leur crête’.C’est le Seigneur, le Seigneur Dieu! VICTOR HUGO.Mme de SE VIGNE EN BRETAGNE Par ANDRE H ALLAYS Du récent recueil de “ flâneries ” do M.André Hallays : “ De Bretagne en Saintonge ”, nous extrayons ces intéressantes pages sur les séjours de Mine de Sévigné en ses terres de Bretagne : “ Quatorze contrats de mariage de père en fils ; trois cent cinquante ans de chevalerie ; les pères quelquefois considérables dans les guerres de Bretagne et nien marqués dans l’histoire ; quelquefois retirés chez eux comme des Bretons ; quelquefois de grands biens, quelquefois de médiocres f mais toujours de bonnes et de grandes alliances.Celles de trois cent cinquante ans, au bout desquels on ne voit que des noms L.e oaptême, sont de Quelnec, Montmorency, Baraton et Château-giron.Ces noms sont grands ; ces femmes avaient pour maris des Rohan et des Clisson.Depuis ces quatre, ce sont des Guesclin,*des Coët-quen, des Rosmadec, des Clindon, des Sévigné de leur même maison ; des du Bellay, des Rieux, des Bo-degat, des Plessis Ireul et d’autres.” Tels étaient, d’après Mmç, de Sévigné, les titres nobiliaires de la maison à laquelle appartenait Henri de Sévigné.Marie de Chantal a«e trouvait donc apparentée à la meilleure et à la plus vieille noblesse de Bretagne.Tout de suite après leur mariage, les époux étaient venus habiter leur terre des Rochers.Ils y firent ensemble de longs séjours pendant les premières années.Ensuite la marquise y revint seule ; le marquis demeurait à Paris occupé à tromper et ruiner sa femme.Celle-ci l’ai-mhit tendrement, et lorsque le chevalier d’Albert eut d’un coup d’épée envoyé Sévigné dans l’autre monde, la jeune veuve parut inconsolable.Ce fut aux Rochers qu’elle alla cacher ses larmes.Depuis elle y retourna maintes fois.Jamais elle n’y a senti d’autre chagrin que celui dont elle soutirait en tout lieu, l’éloignement de sa fille.La rudesse bretonne offensait la délicatesse de son goût, la tristesse du ciel mettait sa bonne humeur bourguignonne à de terribles épreuves, l’humidité du climat réveillait ses rhumatismes ; malgré tout, elle savait — nous le verrons — goûter le charme de ces grands bois de Bretagne “ dont la beauté et la tristesse étaient extraordinaires ”.h Cet attrait, cependant, n’eut peut-être pas suffi à la ramener si souvent aux Rochers et à lui faire affronter de si longs et si pénibles voyages.Mais ses intérêts, compromis par les frasques et les gaspillages de son mari, l’obligeaient à surveiller ses domaines et, comme on dit, à faire des économies.Elle '¦s’y employa d’abord pour ses enfants.Puis, lorsque ceux-ci eurent recueilli la plus grande partie des biens paternels, elle subsista du revenu m diocre de quelques métairies et d’une pension que lui faisait soi: fils Ce fils, un charmant étourdi, plein d’enjouement, d’esprit et de belle humeur, adorait, amusait, taquinait, soignait sa mère, la prenait au besoin pour confidente de ses déboires, avait pour elle des gentillesses de toutes sortes, lisait à ravir et jouait “ comme Molière ” ; mais il avait hérité de son père la plus folle prodigalité et avait trouvé “ l’invention de dépenser sans paraître, de perdre sans jouer et de payer sans s’acquitter ” : sa main était un creuset qui " findait l’argent ”, Pour payer ses dettes, il appelait les bûcherons qui rasaient les futaies.Puis les fermiers étaient recalcitrants et trouvaient mille prétextes pour retarder les payements.La scène que voici se répétait sans cesse : “ Ce matin, il est entré un paysan avec des sacs de tous côté.s ; il en avait sous ses bras, dans ses poches, dans ses chausses.Le bon abbé, qui va droit nu fait, crut que nous étions riches û jamais : “ Hélas ! mon ami, vous voilà bien chargé : combien apportez-vous ?— Monsieur, dit-il en repirant à peine, je crois bien qu’il y a ici trente wanes ” C’étaient, ma bonne, tous les doubles de France, qui se sont réfugiés dans cette province, avec les chapeaux pointus, et qui abusent de notre patience.” Malgré les conseils du “ bon ab-¦ ’ bé ”, l’abbé de Coulanges, malgré le secours que scs amis lui apportèrent en maintes occasions, la pauvre femme se débattit toujours r.u milieu de cruels embarras.Un an avant sa mort,elle écrivait qu’elle pensait mourir sans argent comptant, mais aussi sans dettes : “C’est tout cfc que je demande à Dieu, et c’est assez pour une chrétienne.” Son voeu ne fut pas exaucé ; elle devait à soi) décès plus de soixante-sept mille livres.Les biens que possédaient les Sé-viigné étaient disséminés dans la! Haute et la Basse-Bretagne.Le ma-efir patrimonial, près de Rennes, avait disparu, et il ne restait sur la terre de Sévigné que des moulins et deux métairies.Les Rochers étaient situés^ à une lieue et demie de Vitré, le château de Buron à quatre lieues de Nantes.La terre de Bodegat, sans manoir ni château, dépendait de la paroisse de Mohon, à mi-chemin entre Loudéac et Ploermel.Enfin, Mme de Sévigné était propriétaire de quelques terres en Cornouaille, sur les bords de l’Odet.Flânant sur les routes, j’ai cherché et retrouvé les propriétés des Sévigné, et je suis plus avancé que la marquise, qui ne vit jamais ses trrres de Basse-Bretagne.“Je fus, hier au Buron.J’en revins le soir, je pensai pleurer en voyant la dégradation de cette terre : il y avait les plus vieux bois du monde ; mon fils, dans son dernier voyage, leur a donné les derniers coups de cognée.Il a encore voulu vendre un petit bouquet qui faisait une assez grande beauté ; tout cela est pitoyable ; il en a rapporté quatre cents pistoles, dont il n’eut pas un sou, un mois après.Toutes ces Dryades affligées que je vis hier, tous ces vieux Sylvain s qui fie savent plus où se retirer, tous ces ancien® corbeaux établis depuis deux cents ans dans l’horreur de ces bois, ces chouettes qui, dans cette obscurité, annonçaient, par leur® funestes cris, le malheur de tous les hommes, tout cela ms fit hier des plaintes qui me touchèrent sensiblement le coeur ; et que sait-on même si plusieurs de ces vieux chênes n’ont point parlé, comme celui où était Clo-rinde, ?Ce lieu était un “luogo d’in-can,to ’, s’il en fût jamais: je revins toute triste ; le souper, que me donna le premier président et sa femme, ne fut pas capable de me réjouir.” [27 mai 1680], N tes’-elle pas touchante cette plainte de Mme de Sévigné qui fait écho a celle de Ronsard ?Escoute, bûcheron, arreste un peu [le bras : Le ne sont pas des bois que tu [jettes î bas * Ne vois-tu pas le sang lequel dégoûte .[à force ucs nymphes qui vivaient dessous [la dure escorce ?Ni les allusions mythologiques ni les réminiscences du Tasse n’empè-chent de sentir combien était sincère ce cri de tendresse et d’indignation.Mme de Sévigné aimait les arbres, elle aimait ceux de Livry et ceux des Rochers ; elle aimait aussi ceux de Buron et, quand son fils les eut tous coupés, elle n’aima plu: rien à Buron.Elle y venait rarement ; désormais, elle ne fit plus qu’y passer.Le voisinage de Nantes et la société qu’elle rencontrait dans cette ville lui déplaisaient.Autre grief : “ Dans ma jeunesse, J air de Nantes, un peu mêlé de celui de la mer, perdait mon tint.” La jeunesse passée, Mme de Sévigné, quoi qu’elle en ait dit, resta vaine île ce ici.t dont Mlle de Scudéry avait un jour célébré la blancheur si merveilleuse “ qu’on y voit en toute saison cette fraîcheur qu’on ne voit qu’au lever do l’aurore sillies plus belles roses du printemps”; ét, après la cinquantaine, elle mettait encore au nombre des bicn-faits de l’air des Rochers la propriété de nourrir le teint Enfin, même dans le temps que son chateau gardait encore une magnifique parure d’arbres séculaires, elle n’était point femme à subir longtemps les sombres prestiges de ce " luogo d’incanto ”.Elle sentait toutes les beautés de la nature : cependant le goût îles “ sublimes hor-reursl ” n’était pas son fait : rien de Jean-Jacques en cette raisonnable personne.Elle eût voulu conserver les vieux bois ; mais, obligée do vivre à Buron, clic aurait tracé, à travers les fourrés, de belles allées droites, comme aux Rochers, “ des allées qui auraient leur mérite à Versailles, c’est tout vous dire ”, 11 faut encore ajouter que ces coupes de bois devaient causer à Mme do Sévigné d’autant plits d’affliction que Buron Tui appartenait en propre ; ses enfants lui avaient abandonné cette terre pour ses reprises matrimoniales ; c’était chez elle que Charles de Sévigné exerçait ses ravages.Le château de Buron est intact.Au vieux donjon et nu vieux manoir du moyen Age, on ajouta, depuis Mme de Sévigné, un corps de logis qui.bâti du même granit, n’a pas altéré la ligure rie la construction ancienne.II domine une grande prairie où se réunissent les sources du Cens, un gentil ruisseau qui.après avoir serpenté dans une gentille vallée.va se jeter dans l’Erdrc.Dons cette belle maison, on a dévotement conserve le souvenir de celle qui l’a illustrée en quelques li- gnes.Au rez-de-chaussée du donjon, une chambre octogonale, lambrissée de belles boiseries du XVlle siècle, fut occupée par la marquise dans les brefs séjours qu’elle fit à Buron.Son lit et ses meubles sont restés à leur place.Deux portraits de Mme de Sévigné, dont l’un est fort ancien et fort beau (d’après Nanteuil), décorent les parois de la pièce.Quant aux grands bois, naguère il n en restait que des débris, et il est à croire que, depuis le XVIIe siècle, Charles de Sévigné eut quelques imitateurs.Mais les environs du château ont été replantés en ces dernières années ; bientôt Dryades et Sylvains, corbeaux et chouettes reviendront chez eux, et l’ombre de Mme de Sévigné sera consolée.* * * C’ets ici une splitude faite exprès pour y bien rêver ; vous en feriez bien votre profit et je n’en use pas mal : si les pensées n’y sont pas tout à fait noires, elles y sont tout au moins gris-brun.” (29 septembre 1675.1 _ .Ce jour-là, Mme de Sévigné dit avec une charmante sincérité la nuance du sentiment qui l’attachait aux Rochers.Elle a connu dans cette_ maison le demi-bonheur dont il lui fallait se contenter, lorsqu’elle était séparée , de Mme de Grignan.Là, tout lui rappelait de tendres souvenirs : les brèves illusions de ses premières années de mariage, les tristesses de son veuvage consolées par la présence de sa fille ; là, le spectacle de la campagne et des bois, une existence saine et active, de fidèles amitiés rendaient moins cuisant son chagrin d’amour maternel.Presque rien n’est changé aux Rochers depuis le XVIIe siècle.Une piété intelligente a gardé tout ce qui peut y évoquer le souvenir de Mme de Sévigné ; pour s’en convaincre, il suffirait de lire la description du domaine que contient un “ aveu ” rendu en 1688 par Charles de Sévigné.Le château a perdu “ ses défenses.canonnières et fortifications ”, mais les bâtiments sont restés debout avec leurs tours et tourelles.La chapelle a conservé son tableau d’autel, ses chandeliers, ses sièges et ses boiseries un peu lourdes de l’invention du bon abbé de Coulanges.La chambre de la marquise est convertie en une sorte de musée où sont réunis des portraits, des estampes, ainsi que les meubles et les objets familiers de celle qui Ta jadis habitée.Ces reliques sont respectables et précieuses ; mais c’est dans le parc, dans le jardin, sur les terrasses des Rochers que les plus jolies lettres se présentent d’elles-mêmes à notre mémoire.Le jardin, qu’une belle grille sépare de la cour d’honneur, a conservé le dessin qui avait été tracé sur un plan de Le Nôtre.L’ordonnance en est simple et charmante.Des cèdres, plantés au XIXe siècle et qui ont magnifiquement grandi, en altèrent un peu le caractère ; mais la place.Coulanges avec son mur en hémicycle n’a pas été modifiée, et Ton y entend toujours un double écho, “ un petit rediseur de mots jusque dans Toreille ”.De la place Madame, le regard embrasse toujours le même horizon : “ Nous avons ici une lune toute pareille à celle de Livry, nous lui avons rendu nos devoirs.Cette place Madame est belle : c’est comme un grand belvédère d’où la campagne s’étend à trois lieues d’ici à une forêt de M.de la Trémoillc, mais elle est encore plus belle, cette lune, sous les arbres de votre abbaye ; je la regarde et je songe que vous la regardez : c’est un étrange rendez-vous, ma chère mignonne.” Les bois sont moins hauts et moins toufifus qu’au temps de la marquise ; il y a maintenant plus de taillis que de futaies ; mais on a respecté les allées tracées par la marquise et qu’elle avait nommées : la Solitaire, TInfinie, la Royale, l’Humeur de ma mère, THumeur de ma fille, etc.Elle aimait ses bois, et le dessin des avenues fut toujours sa grande affaire, quand elle vint aux Rochers.Suivie de son jardinier Pilois, “ son ami Pilois ”, dont elle préférait “ la conversation à celles de plusieurs qui ont conservé le titre de chevalier au Parlement de Rennes ”, elle arpentait son parc, abattait parfois des arbres, en plantait de nouveaux.Elle créait un labyrintne avec des palissades et des tapis verts, se construisait de petits pavillons, décorait ses arbres favoris de devises ou de vers de Guarini.Tous ces enfantillages, fort à ta mode au XVIIe siècle, ne l’empêchaient pas de sentir profondément geaient de la consoler des tristesses du climat.Des rêveries sous les arbres du parc et les colloques avec le jardinier Pilois n’occupaient pas toutes les heures de Mme de Sévigné aux Rochers.La tapisserie, les livres, les gr.zettes, la correspondance prenaient le reste de son temps.Parfois passait un bateleur qui exécutait clés tours merveilleux, ou une bohémienne qui, par ses yeux, sa taille et sa façon de danser, faisait souvenir de Mme de Grignan.Cependant, elle eût probablement trouvé cette existence lourde et fastidieuse, si elle n’avait eu, autour d’elle, oes voisins empressés et de fidèles amis.Leur commerce la sauvait de Tennui.Sa nature bienveillante, prompte à la sympathie, était touchée du moindre témoignage d’affection, supportait les importuns, tolérait les ridicules ; pour mériter son amitié, il suffisait d’un mot sur les mérites de sa fille.Puis comment se fût-elle résignée à une véritable solitude, elle dont l’amusement était de regarder, écouter et conter ?Elle semblait ne rassembler tant dmstoires et de commérages que pifr dévouement maternel, pour distraire Mme de Grignan ; mais elle s’en divertissait la première.C’était le jp-and délassement de cet esprit malicieux et curieux du prochain.André HALLAYS.La survivance française au Canada {PAR MAURICE BARRES) Sous ce titre vient de paraître, à la librairie Emile Paul, un livre du prince de Beauvau-Craon, pour lequel M.Maurice Barrés a écrit une préface; VEcho de Paris en publie le passage essentiel: Nous interrogeons toujours avec une vive sympathie, ceux qui reviennent de visiter nos cousins de là-bas.“Que font-ils?Pensent-ils à nous?Sont-ils heureux?” Et pour mieux les connaître, pour les suivre avec un sentiment amical plus intime, j’ajoute: “A quoi rêvent-ils?” “A la France”, ne manquent pas de nous dire quelques-uns qui exagèrent.Le certain, c’est que, là-bas, on continue de sentir à la française et de parler français.Et voilà qui tient du miracle.Ainsi, le prince de Beauv.au, à son tour, vient nous l’assurer, les mères continuent d’endormir les enfants avec les chansons de la vieille France! les curés, indéfiniment, prêchent leurs ouailles, comme ils l’eussent fait dans un village de notre Ouest ou de la Basse-Normandie.Et pourtant, ce qu’on a constaté en Alsace et en Lorraine, après l’annexion, s’était produit là-bas d’une façon plus générale.Ce qu’il y avait de cultivé, de distingué, d’un peu riche, le plus grand nombre des dirigeants et des autorités sociales avaient quitté cette terre qui n’était plus la patrie.Ceux qui restèrent après l’abandon, ce furent des paysans, des chasseurs, quelques soldats.Ces petites gens ont tout sauvé.C’est qu’ils étaient d’excellente race.Le gavant abbé Casgrain a établi la généalogie des familles canadiennes.La plupart prennent leur souche dans notre réaliste Normandie et dans le raisonnable Poitou.Peu die Celtes au Canada.A Dieu ne plaise que Ton médise des Celtes! Mais cette héroïque et profonde Bretagne, peu disposée à Ten-tente, à la subordination, et, pour tout dire, peu sociale, demeure le pays de l’individualisme rêveur et des clans.L’homme de Normandie apportait au Nouveau-Monde une robuste volonté de vivre, sa tena cité, sa discipline, son esprit des affaires, supérieur, m’assure-t-on, à celui des Anglais et des Yankees.Ajoutez à cela que la Compagnie de Jésus, qui s’était chargée du soin de peupler la colonie, ne recruta, pour l’émigration, que des éléments de choix, d’une parfaite santé physique et morale.Après un siècle et demi écoulé, cotte intelligence pratique qui organisa Immigration fait éclater son bienfait.De ces soixante mille Français vigoureux qui peuplaient le Canada, en 1708, est sortie une population de près de trois millions d’hommes, aujourd’hui bien vivants.Et, sans négliger la valeur propre des ouvriers, je crois , , - i » •„ «v • .i'Iu’R.nVst pas exagéré d’affirmer le charme des bois.Vraiment, di- qu’ici Tintelligence ecclésiastique a I prieieuse parut avoir apporté la poésie avec elle.A dire vrai.Ton ne saurait affirmer que le Canada introduise dans notre littérature une note lyrique particulière.Mais il mêle d’une manière constante à sa vie la poésie du souvenir.Les abbés Casgrain et Tanguay ont écrit Thistoire des origines de la colonie; Philippe Aubert de Gas-pé a rassemblé les traditions qu*il avait recueijlies dans son enfance et sa jeunesse de la bouche des vieilles gens qui avaient encore connu le temps où la France était maîtresse là-bas; Gérin-Lajoie, petit-fils d’un sergent qui avait combattu avec Montcalm, nous a raconté les luttes de ses compatriotes pour obtenir la liberté politique; ce même Gérin-Lajoie a fondé le roman canadien avec Thistoire d’un certain Jean Rivard qui s’enfonce dans la forêt, y crée une propriété, une famille, un petit centre urbain, beau sujet qui me rappelle par sa grandeur simple ceux qu’a traités notre Balzac, dans ces chefs-d’oeuvre que je préfère à tous: le Curé de village, et le Médecin de campagne.Et Ton dit encore qu’au Parlement d’Ottawa les députes de notre langue l’emportent en éloquence sur leurs adversaires bri-, tanniques Après cela, qu’ils soient orgueilleux, les Franco-Canadiens, je les comprends et les en loue.Je n’avouerai jamais ec la rnrvetté fait ; un terrain sec et une place Ma- Canrtetense.Dennis mt’nvait dame ou le midi est a plomb, et •in ! dispn-p à l’horizon In dernière ga-bout d une grande allée où le cou- 1ère de Ternis le Bien-Aimé, on n’n-cl.nnt fait des merveilles, et quand |Vnit pas vu un seul navire de guerre il pleut, une bonne chambre avec un .français dans les eaux du Saint-T.am grand feu.'rent.L’arrivée de celui-ci souleva Il y avait pourtant des lours ou h,ne prndigie„«e émotion, qu’un H-la pluie de Bretagne était plus forte braire de Qnébee.Octave Créma-qii; 1 optimisme de la marquise,.7jp, f)xn dn„.cbimson fnmense mais, ces Jours-là, ses amis se char-'du vieux soldat canadien.La Cn- qu’ils nous gardent, une nuance de dédain pour nos agitations politiques, nous n’allons pas nous en offenser! Ces parents d’outre-mer croient volontiers, dit-on, que leur rôle historique sera de reprendre, un jour, là-bas, au Nouveau-Monde, l’héritage de notre culture.Nous ne pourrions souffrir de celte ambition que s’ils étaient indignes de la remplir.Au milieu de ses aventures, la l'rance est heureuse de savoir qu’elle ne joue pas sur une seule carte sa destinée.Maurice BARRES.-»- Lacordaire et les chemins fie fer La “Revue Lacordaire” public, parmi quelques nouvelles lettres inédites du P.Lacordaire, celle qu’il rédigea pour demander aux compa-gnis de chemins de fer d’accorder aux Frères Prêcheurs le bénéfice d'une réduction de prix.La lettre est datée du 12 mai 1854; la “Revue Lacordaire” la publie sans indication du destinataire.Il est vraisetn blable que c’est le même texte qui fut adressé à toutes les compagnies.Voici ce texte: “Messieurs, “Les Administrations des chemins de fer ont accordé à plusieurs Ordres religieux l’avantage d’une dimi nation de moitié dans le prix du transport des personnes.En ma qualité de provincial de l’Ordre des Frères Prêcheurs pour ht France je viens de solliciter de vous la même faveur.Notre Ordre est consacré au ministère apostolique; il nous oblige t des voyages fréquents, et ec serait pour nous une faculté précieuse, utile à quelque degré ntl bien commun du pays, si nous pouvions être exonérés d’une partie de nos frais de route.Les Ordres religieux sont pauvres; il est nécessaire peut-être qu'ils le soient; mais cela leur permet de recourir, dans une mesure opportune, à la générosité éclairée des grandes Administrations publiques et privées.“Je vous prie, Messieurs, d'arrêter un moment votre attention sur la demande que j'ai l’honneur de vous adresser.SI elle vous paraît convenable et appuyée sur des précédents honorables pour vous et utiles à tous, vous la prendrez sans doute en considération et je me permets de vous offrir d’avance mes vifs rcmer-ciements.“Veuillez agréer etc.“Fr.Henri-Dominique Lacordaire, “Prov.des Fr.Prêcheurs.” COURAGE! COURAGE! Lus PILULES ROUGES s’offrent à toutes les femmes qui souffrent et sont le salut de toutes.Courage! voilà le grand mot de l’énigme donLse compose la vie, et c’est ce qui devrait nous aider à mieux en supporter le poids.Courage! tel est aussi le cri d’espérance que nous lançons à tous, particulièrement à tant de misérables femmes que la douleur étreint et qui languissent, faibles et souffrantes, sous le mal qui les mine.Oui, courage! jeunes filles qui languissez faute de sang et que la débilité rend si pâles et si maigres.Courage! jeunes femmes déjà épuisées par de trop fréquentes maladies qui ont épuisé vos forces.Courage! mères qui avez donné à vos enfants tout le meilleur de vous-mêmes et qui, maintenant, avez tant de peine à soigner ces chers petits qui pourtant vous réclament nuit et jour.Courage! femmes dont la mission est terminée, mais qui fléchissez maintenant sous le coup de troubles nouveaux et traversez l’âge ci'itique.Courage! Courage! vous toutes qui souffrez, parce que vous êtes femmes, car, à tous vos maux il y a un remède suprême qui, plus fort encore que vos douleurs, peut anéantir tous ces maux qui vous accablent et vous refaire une existence toute de bonheur, de joie et de tranquillité.A toutes les femmes qui souffrent, nous disons courage! et nous leur indiquons le remède à prendre, les Pilules Rouges, pour guérir le mal dont elles ont à se plaindre.Et pourquoi chacune ne pourrait-elle pas croire et espérer pour elle-même, lorsque tant d’autres ont trouvé consolation, soulagement, force et guérison, en prenant les Pilules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine?Les exemples multiples, qui se présentent chaque jour dans les journaux, de personnes guéries par ce remède, devraient être autant de.motifs d’encouragement pour les femmes malades.Une autre dame se plaît encore aujourd’hui à raconter ce (juc les Pilules Rouges ont fait pour elle:— “Avant mon mariage, je n’étais pas très robuste et je souffrais souvent de maux de tête.Entrée en ménage, lorsque vint la famille, ma santé déclina et, d’année en année, je sentais une langueur, un épuisement général s’emparer de moi.A la naissance de chacun de mes enfants, la faiblesse me retenait au lit durant plusieurs semaines, et, lorsque je me relevais pour pren-dr soin de ma famille, de mon intérieur, les forces ne m’étaient pas encore assez revenues, et les efforts que je devais faire pour voir à tout me maintenaient dans un état lamentable.Cependant, malgré cet état, j’ai eu quatorze enfants.On peut s’imaginer un peu par quels ennuis je suis passée.J’étais parfois tellement brisée que le découragement me prenait; les nerfs me faisaient mal; je mangeais peu et ne dormais presque pas.Après des années de cette vie, j’eus la bonne idée de recourir aux Pilules Rouges pour me fortifier et j’en ressentis bientôt les bons effets.Dès lors, ma situation changea; je fus de mieux en mieux chaque semaine, plus forte et ayant quelques douleurs de moins.Enfin, aussi parfaitement que je pouvais l’espérer, ma santé se refit et depuis c’est aux Pilules Rouges que jTai toujours recours quand mes forces s’en vont et que j’ai besoin de quelque soutien”.— Mme ALPH.DUMAS, 121 rue Cumberland, Woonsocket, R.I.CONSULTATIONS GRATUITES—Nous invitons toutes les femmes qui souffrent à venir consulter nos médecins spécialistes au No 274 rue St-Denis, Montréal; elles seront l’objet d’une attention toute spéciale et les conseils et avis qu’elles recevront leur seront d’un immense avantage.Celles qui ne peuvent venir à la consultation sont priées d’écrire parfaitement leur état ou, si elles le préfèrent, de nous demander un blanc, nos médecins leur diront ce qu’elles doivent faire pour se guérir.Ces consultations, soit verbales, soi! par correspondance, sont STRICTEMENT CONFIDENTIELLES et absolument GRATUITES.AVIS IMPORTANT.— Les Pilules Rouges pour les Femmes Pâles et Faibles sont en vente citez tous les marchands de remèdes au prix de 50c la boîte ou six boîtes pour «$2.50; elles ne sont jamais vendues autrement qu’en boîtes contenant 50 pilules; jamais au cent; elles portent à un bout de chaque boîte la signature de la Cie CHIMIQUE FRANCO - AMERICAINE et un numéro de contrôle.Lorsque vous demandez les Pilules Rouges, n’acceptez jamais un autre produit que Ton vous recommanderait comme étant aussi bon.REFUSEZ CATEGORIQUEMENT.Défiez-vous aussi des COLPORTEURS; les Pilules Rouges ne sont jamais vendues de porte en porte.Rappelez-vous que les PILULES ROUGES sont la grande SPECIALITE pour la femme, qui guérit tous les jours un grand nombre de personnes, ET QUI VOUS GUERIRA AUSSI.Si vous ne pouvez vous procurer dans voire localité les véritables PILULES ROUGES pour Femmes Pâles et Faibles, ECRI-VEZ-NOUS, nous vous les ferons parvenir FRANCO.Adressez toute correspondance : COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, 274 rue Saint-Denis, Montréal.LÀ REVUE FRANÇAISE POLITIQUE & LITTÉRAIRE-HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉE ANCIENNE REVUE MAME Directeur : Antoine R1DIER Vente et Abonnements pour l’Amérique du Nord t Librairie LANGKVIN & L’ARCHEVEQUE, 8, rue Saint-Jacques, Montréal (Cumula) Revue de famille paraissant chaque semaine sur 32 paxes Illustrées de grand format IRREPROCHABLE TENUE MORALE.— IRREPROCHABLE TENUE LITTERAIRE LA REVUE FRANÇAISE est une publication littéraire, tllustriie, destinée aux fmnllies.Elle paruit chaque semaine, sur 32 pages «le grand format.Le but poursuivi pur ses fondateurs, et qui est aujourd'hui atteint, n «'ll1 de donner au public français une Revue non seulement Irréprochable, mais bienfaisante, où tontes les traditions religieuses, nationales et familiales, «inl ont fait la grandeur de In Patrie, s«>ient constamment rappelées et célébrées par l’élite des écrivains.Au point «le vue moral, LA REVUE FRANÇAISE ne se contente pas «t’t'trc Impeccable ; elle entend prendre l’offensive contre toutes les défaillances, tous les sophismes, toutes les «lésertlous que la littérature malsaine encourage et que tolère lu littérature mondaine.Au point de vue littéraire, la valeur de LA REVUE FRANÇAISE est Inconitestéc : c’est son originalité d’avoir pris sa place dans In lltti'-rnture contemporaine, d’avoir obtenu les plus brillantes collaborations, «te s'ètre mise au rang d«’s publications les plus estimées dans les milieux Intellectuels, sans avoir Jamais rien sacrifié «les convictions qui sont l'honneur et la force de sa rédaction.LA REVUE FRANÇAISE organise des conférences qui, reproduites, "In extenso”, dans ses colonnes, vont porter h des milliers de lecteurs de France et de l'étranger un enseignement «l'une belle portée morale et d'un éclat littéraire incomparable.DEMANDEZ UN SPECIMEN LANGEVIN & L’ARCHEVÊQUE LIBRAIRES-IMPRIMEURS, AMEUBLEMENTS ET ARTICLES DE BUREAU 8 rue SAINT-JACQUES, Montréal, Canada.A SAINTE-ANNE DE BEA UPRÉ Fèlerinaffe annuel des R.P, Dominicains.Par BATEAU : Le ** Murray Bay.M 15 JUIN, 5 hrs du soir, départ Prix: $3.50 adultes, $1.75 enfants Pour Cabines, •'adresser aux Dominicains.N.*R.de Grâce, Tét.Westntmmt l#7I Lisez le NATIONALISTE demain. 4 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 30 MAI 1914 VOL.V.— No.125 UNE THESEJEJ’HILOSOPHIE Belle fête intellectuelle au collège de Tlm-maculée Conception “La philosophie, a dit Condillac,]essentielle entre la température et est un océan, et les philosophes ne le temps.sont souvent que des pilotes dont] puiSj après ces deux premières les naufrages nous font connaître jieijres d’argumentation latine, tous les écueils que nous devons éviterjpr]renl un repos mérité d’une demi-C'est bien là en effet l’impression ! heure, pendant lequel on servit un qui se dégageait de la thèse embras- goûter.Et la séance reprit à 11 AUTOUR DES ELECTIONS FRANÇAISES LES PROFESSIONS TES.DES DEPU- sant tous les systèmes de philosophie que le R.P.Charles-Edouard Lefebvre, scholastique de la Compagnie de Jésus, soutenait publiquement, lundi matin, au collège de l’Iinmaculée-Conccption, devant un auditoire d’élite.Après la cérémonie religieuse de dimanche, les Révérends Pères Jésuites, qui se sont fait une réputation enviable comme hommes d’étude, ne pouvaient mieux commémorer le rétablissement de leur (Compagnie que par une fête intellectuelle de ce genre.La soutenance publique était offerte par le R.P.Lefebvre à Son Excellence le Délégué Apostolique.Un grand nombre de religieux et de prêtres, qui, la plupart, avaient assisté la veille aux fêtes religieuses du Gesù, suivirent avec intérêt tous les détails de cette discussion qui dura près de quatre heures, en deux séances.La première séance s’ouvrit par une dissertation, en français, du R.P.Lefebvre sur la théorie de l’immanence, soutenue par Bergson et son disciple catholique Le Roy Après avoir exposé, au moyen de citations surtout, la théorie bergso-nienne, le R.P.la réfuta brièvement et conclut en faisant toucher du doigt “l’orgueil insensé qui sature la pensée moderne.” Puis, vint la partie la plus piquante de la fête.Six argumentants avaient été invités spécialement à attaquer au choix, en latin, quelqu’une des 300 thèses que le R.P.Lefebvre s’offrait à défendre contre tous.Sa thèse générale couvrait près de 50 pages, format in-8, et l’index bibliographique des questions étudiées couvrait 12 pages, de même format, de texte fin et abrégé.C’est dire que le défendant possédait sa matière, et qu’il allait prouver que le travail de géant que lui avait coûté la préparation de sa thèse n’était pas infructueux.M.l’abbé Hébert, vicaire à Saint-Stanislas, attaqua le premier, et se fit momentanément matérialiste, en soutenant, au moyen d’une argumentation serrée, la dépendance intrinsèque de l’intelligence envers la matière.Le R.P.débrouilla facilement ce qu’il y avait de volontairement spécieux dans les raisonnements proposés, et se mit en garde contre l’adversaire suivant;r.: Celui-ci.M.l’abbé Cu rot le, chapelain des Dames du SacT&Cgijæfci au Sault-au-Récollet.soutint port?une demi-heure la théorie panthéiste, confondant la nature divine avec celle des choses créées.Le défendant reçut l’attaque très crânement et ne para que les coups les plus, violents, laissant passer par condescendance les coups de moindre importance.Enfin, M.l’abbé Robert, professeur d’histoire de la phSlosophric au Séminaire de Québec, chercha spirituellement à mêler Ict oltoses au sujet de la notion exacte du temps.Ce qui permit au R.P.diéfebtre de rappeler qu’il y a une' différence heures et demie pour se terminer vers 1 heure et demie.Le premier argumentant de la deuxième séance fut le R.P.Gou-thier, dominicain.Celui-ci laissa de côté les spéculations abstraites de la métaphysique pour s’attaquer, des lèvres seulement, à la doctrine catholique au sujet des droits de l’Etat en matière d’éducation.Cette question toute d’actualité intéressa vivement les auditeurs, qui écoutèrent avec un sourire blasé la théorie de la suprématie des droits de l’Etat sur tous les autres droits, même les droits fondamentaux de la famille.Et cette escarmouche se termina par une mise au point, de la part du R.P.Lefebvre, qui proclama, avec tous les catholiques, que l’Etat ne peut exiger des citoyens l’obéissance qu’en autant qu’il obéit d’abord lui-même à Dieu.L’adversaire suivant fut le R.P.Tierney, jésuite, de New-York.Celui-ci, par souci d’originalité, et au grand amusement des RR.PP.dominicains présents, soutint pendant une demi-heure la théorie thomiste contre la théorie moiiniste au sujet du concours divin et de la science moyenne.Le R.P.Lefebvre, malgré les difficultés que comporte la question, sortit avec succès de cette discussion si controversée et encore pendante.Enfin, le dernier argumentant fut le R.P.Jean-Joseph, franciscain, qui soutint brillamment la théorie du Docteur subtil (Scot), au sujet de la béatitude, consistant essentiellement, d’après lui, aussi bien dans l’acte de la volonté que de l'intelligence.Le R.P.Lefebvre sou-t'f.i la théorie thomiste, disant que la béatitude, essentiellement, ne consiste que dans l’acte de l'intelligence.Tout finit par s’arranger, et Monseigneur Stagni se leva pour clore la séance en latin.,,.Son Excellence le Délégué Apostolique commença par affirmer qu’il n’y avait ni vainqueurs ni vaincus dans la jouté â laquelle on venait d’assister.Puis il félicita la ville de Montréal de posséder un collège comme le collège de philosophie de l’Im-maculée-Conception, dont on venait d’admirer un des plus brillants élèves.Il se montra satisfait de ce que, suivant les prescriptions de Léon XIII, on y enseigne la philosophie scholastique qui, seule sait éviter tes écueil nombreux de l'océan de la philosophie, en tenant constamment ses regards fixés sur la Révélation comme sur un phare protecteur.Son Excellence termina en réitérant ses chaleureuses félicitations au brillant philosophe qui soutint avec succès un combat si pénible durant quatre heures, et accorda un grand congé à tous les scholastiques du Collège deTlmmaculée-Concep-lion.Un Auditeur.Voici la classification des membres de la nouvelle Chambre suivant les professions qu’ils exercent: “Avocats, 142; médecins, 53; anciens officiers ou marins, 21; agriculteurs ou viticulteurs, 16; jouma-j listes et hommes de lettres, 46; pro-] fesseurs, 43; propriétaires, 46; anciens fonctionnaires, 27; industriels, 32; négociants, 27; armateurs, 3; financiers, 6; anciens magistrats, 10; avoués, 12; pharmaciens, 11; vétéri naires, 3; notaires, 3; ecclésiastique, 1; employés de commerce ou d’administration, 25; entrepreneurs, 3; imprimeurs, 5; éditeur, 1; hôteliers ou cafetiers, 6; ouvriers, 22.” JE DOIS LA VIE A “FRUIT-A-TIVES” IL M’A FAIT PLUS DE BIEN QUE TOUS LES AUTRES REMEDES REUNIS LE MAGASIN POPULAIRE DE L’EST LES PARENTES ENTRE PUTES.DE- LES MARIAGES MIXTES La “Liberté de Fribourg” publiait l’autre jour les déclarations d’une feuille protestante d’Allemagne, qui montraient de quelle façon le prosélytisme sectaire s’exerce dans les ménages mixtes.On donnait à ce propos une statistique qui indiquait les pertes d’âmes que coûtent chaque an née à l’Eglise les unions mixtes, en Allemagne.Voici, sur ce point, une statistique plus complète: elle comprend toutes les villes principales de Prusse; elle indique la proportion de l’élément catholique dans la population totale, et le pourcentage d’enfants issus d’unions mixtes qui sont élevés dans le catholicisme, selon que c’est la mère ou le père qui est catholique.Proportion «Us cnthol.Proportion d’enfunts cath.pour ion M. Un tel changement était un mys- tère pour Jack chaque fois qu’il y pensait.Cela s’accordait si peu avec l’opinion qu’il s’était formée de son camarade à son arrivée, et avec les éloges que Tom lui avait faits de la bonté de son maître ! Il le fit remarquer à Kearslcy, un jour qu’ils étaient seuls ensemble.—Savez-vous ce qu’il a ?Lui est-il arrivé quelque chose à Oxford ?Dick cessa de se ronger les ongles et se mit à le regarder : —Arrivé ?dit-il d’un ton rogue.Je n’en sais rien, ni n’en veux rien savoir.Y comprenez-vous quelque chose?—Non.Mais laissez-le en paix.Et Son Altesse ?Pensez-vous que le Parlement consente au couronnement ?Us causèrent des affaires de l’Etat.Dick fit de sombres prédictions à propos de la mort de Gardiner, de l’avènement de Paget, de l’indiscré- tion et de l’arrogance de Philippe, et de l’entêtement de l'Angleterre.Il parla aussi de la révolte qu’on craignait, et il ne fut plus question de Guy.Ce ne fut que vers la fin du mois de février que Jack fut mis au courant d’un des secrets qui préoccupaient son ami ; mais encore cela ne lui apprit-il pas giand chose.Depuis deux jours, Guy n’avait pas paru à la Cour.H n'y avait rien à faire, et la reine ne paraissait p esque plus jamais en piiblb* Le contrôleur avait dit à Jack que Guy avait demande une permission de quai ante-huit heures.Tout-à-coup, il était revenu.Jack était dans sa chambre, se préparant à se mettre au lit.Il avait enlevé son pourpoint et ses chaussures, il se chauffait devant le feu avant d’aller affronter la froidure de ses draps dans la chambre voisine.11 ne pensait guère à Guy.Comme d’habitude, il songeait mélancoliquement à Magdalene Dacre avec qui il avait échangé quelques mots, ce soir-là, dans la longue galerie.Elle s’élnit faite maintenant à la vie de la Cour.Elle prenait les eho-ses moins au tragique.Elle se résignait à ce qu’elle ne pouvait empêcher, Quelle belle dame elle ferait, et quelle femme charmante pour l’heureux coquin qui la posséderait! Jack soupira un peu.en s’étirant devant le feu.Jamais il n’avait éprou vc d'amour si fidèle 1 Tout à coup on frappa à la porte, Jack cria d’entrer : et, un instant après, Guy se trouva dans la chambre et la porte se ferma derrière lui.11 portait un costume que Jack ne lui avait jamais vu : un beau pourpoint avec des crevés de soie aux épaules, un manteau cramoisi, une grande plume au chapeau et des bottes de cuir jaune, assez criardes.Il ressemblait à un aventurier.Il avait à la main une petite cravache et une longue épée, dans un fourreau terni, pendait à sa ceinture.Son pâle et brun visage aidait à donner cette impression.H avait le regard extraordinairement dur et brillant et serrait les lèvres avec une sorte de mépris désespéré.On aurait dit qu’il avait bu.C’était un mélange d’elégance et de misère qui l’eût fait très difficilement prendre pour un officier de la maison de la reine, et encore moins pour un étudiant et un maître ès arts.Jack sursauta.—Jésus ! dit-il.Guy traversa la chambre d’un pas rapide en regardant fixement son ami : —Savez-vous garder uu secret, Jack ?—Je le suppose, dit Norris, en le regardant aussi.Etes-vous ivre, Guy ?—Oui, tellement ivre que je vais vous confier un secret.Jurez-vous ?11 parlait d’un ton âpre et dur, à demi-voix, en continuant ù regarder Jack droit dans les yeux.—Je jure par la messe, dit Jack avec force.Guy repoussa du pied son épée, ôta son chapeau et se laissa tomber sur une chaise près du feu : —Très bien, monsieur.Dans ce cas, écoutez.Jack leva la main pour lui imposer silence, prit son pourpoint, l’enfila, enfonça ses pieds dans ses chaussures, s’assit, le menton sur la main, et sc mit à observer, à la lumière du feu, le profil bien découpé de son ami, le mouvement de ses lèvres et, sur sa tempe, le battement de l’artère.—Et maintenant, écoutez.Quand j’ai été à Oxford pour l’exécution, j’ai ouvert les yeux avec soin.C’était pour cela qu’on nous envoyait.Il y avait là un homme, Master Kingston, — vous le connaissez, n’esl-ce pas?Tl était dernièrement à la Cour.Il y avait là aussi un autre individu, Master Christopher Ashton.Tous deux se trouvaient en compagnie d’un troisième.— Master Ashton possède une maison à Abingdon.Eh bienl ce troisième, je peux vous dire son nom ¦— c’est Brownrigg, Stephen Brownrigg.C’est un dangereux, un séditieux coquin, et il a toujours été ainsi.C’est aussi un ami de Master Edward Underhill .Il s’arrêta, en voyant Jack se dresser brusquement.—Oui, monsieur, Master Edward Underhill, reprit Guy — et il y a là un joli indice.—Master Underhill n’était pas là, dit Jack.—Non, mais les trois autres y étaient, et d’autres encore dont je vais vous donner les noms.Bref, ces trois ne se quittaient -guère.Ashton et Brownrigg logeaient au “Sanglier Bleu” et les autres, je ne sais où.peut-être à Abingdon.Quand j’ai su qu’ils étaient là et entendu ce qu’on racontait dans la ville, j’ai cru que j’avais découvert mes oiseaux et j’ai mis en arrêt mon chien Tom.Cet enfant a un flair de.—Et une voix d’ange, interrompit Jack, que l’énervement semblait gagner.Guy ne fit pas attention à la réponse et continua: —Quand je revins de l’exécution, mon garçon me dit que les oiseaux s’étalent envolés.J’allai voir l’auberge, rentrai chez moi, changeai mes habits, informai Diek que je partais et partis à cheval pour Abingdon.Deux individus se trouvaient dans le jardin.L’un d’eux, comme je l’appris plus tard, se nomme Horsey.Je l’aperçus par-dessus le mur, mais il n’y avait rien à faire; je n’osai pas rester; je revins à Oxford, au “Sanglier Bleu”.J’avais envoyé mes bagages à Londres avec un domestique, tous mes bagages à l’exception d’un petit sac que portait Tom.Donc, je donnai un nom.Je dis que je venais chercher Master Ashton et Master Brownrigg qui étaient mes amis; mais l’hoteRKf resta muet: il me dit seulement qu’il ne savait pas où ils étaient allés, — ce qui me confirma dans mon opinion qu’ils étaient là pour quelque affaire secrète.Je passai là la nuit, enfermé, de peur que quelqu’un ne connût ma présence et ne vint me parler, et aussi pour faire croire à l’hôtelier que je me cachais.Je laissai tomber quelques mots à propos d’Abingdon et de la maison que Master Ashton y possédait.Je parlai aussi de Master Horsey qui avait été à l’auberge.Mais ce camarade secouait la tête en me regardant avec des yeux de rat.Bien à faire.Le lendemain, donc, je pliai bagage et commandai mes chevaux.Puis je montai chez le camarade pour payer mon écot.Je dis quelques mots sur la vie et la mort, et combien je regrettais de ne pas avoir rencontré mes amis.Il ne répondit rien, et je descendis l’escalier, en pensant que je les avais perdus.Comme je mettais le pied à l’étrier, il sortit en courant de la maison et s’approcha de moi.—Peut-on se fier à vous?demanda-t-il.— Je ris sans rien répondre.—Eh bien! on vous donnera de leurs nouvelles à leur ancienne auberge, dit-il.(A suivre) imw 12 4 2 10 „E DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 30 MAI 1914 VOL.V.— No.125 La ATROCITES DE LA GUERRE BALKANIQUE commission d'enquête Carnegie publiera lundi son rapport.— Il révélera des choses atroces et détruira de nombreuse légendes.•Il n’y a, déclare la commission, dans le droit international pas une clause relative à la guerre sur terre et au traitement des blessés qui, dans une mesure plus ou moins grande, n’ait été violée par tous les belligérants.” LES PERTES DES DIVERS ADVERSAIRES Le 1er juin prochain, 1a Commission Carnegie publiera simultanément à New-York, à Washington et à Paris, les résultats de son enquête dans les Balkans.Cette enquête menée par MM.Mi-lioukow, leader des cadets russes à la Douma, M.Brailsford, publiciste anglais connu, M.J.Godart, député du Rhône, M.Samuel Dotton, professeur à l’Université Columbia de New-York, a duré cinq semaines.La Commission s’était adjoint, à titre consultatif, M.Victor Bérard, dont la compétence comme spécialiste des questions orientales est universelle; M.Hirst, directeur du “The Economist”, et M.Jean Brunlies, professeur de géographie humaine au Collège de France.Le volume où sont consignés les rapports des enquêteurs compte 400 pages.En voici les dispositions essentielles: Le premier chapitre est consacré à l’historique des origines des deux guerres balkaniques.Les chapitres II (“Grecs et Bulgares”), III (“Bulgares, Turcs et Serbes”) et IV (“La Guerre et les Nationalités”), consacrés aux excès de toute nature commis par les belligérants, seront sans doute, de tout le rapport, ceux qui frapperont le plus vivement l’opinion publique.Nous disions plus haut que la Commission ne s’était pas proposé de faire, après coup, du reportage de guerre; elle ne cherchait pas à rivaliser avec la presse quotidienne par la truculence de narrra-tions atroces.Mais, quand elle fut sur le lieu des opérations, quand elle vit de ses yeux les villages incendiés, les villes mises à sac, les victimes mutilées, quand elle put interroger les prisonniers de guerre, les soldats, les fugitifs campés autour de Salonique, quand elle pût compulser les lettres de soldats saisies dans les bagages, les notes rédigées pour les consuls ou les étrangers désintéressés, alors la réalité s’imposa à elle dans toute .-son horreur.Ce n’est pas, tant s'en fgut, que tout fût vrai, dans., de s télégrammes sensationnels que les quotidiens du monde entier ont publiés au cours de la guerre; “il est avéré qu’un grand nombre d’atrocités ont été inventées ou amplifiées par certains belligérants pour couvrir leurs propres excès et déshonorer leurs adversaires vis-à-vis de l’opinion civilisée”.C’est ainsi que la Commission a.trou-; vc en parfaite santé les évêques grecsï de Doiran, de Kavalla et de Serrés dont la presse grecque avait annoncé le massacre avec de pathétiques précisions.Mais, pour avoir atténué en bien des points les nouvelles contemporaines de la guerre, le témoignage de la Commission n’en est pas moins écrasant: massacre systématique des populations allogènes, mauvais traitements infligés aux ¦ prisonniers, massacres de non belligérants, pillage et incendie, puis, plus fréquemment, semble-t-il, que tout le reste, violences innommables imposées aux femmes.Mais il ne suffit pas de s’indigner; il faut tâcher de comprendre.Un pareil déchaînement de bestialité ne peut s’expliquer simplement par l’éveil des passions les plus basses dans le coeur de l’homme.La guerre des Balkans n’est pas un duel quelconque entre deux nations qui se mesurent.La Commission nous paraît avoir aperçu la raison psycholbgique de ce débordement de violence, quand elle explique que cette guerre, la première du moins, renversait le rapport séculaire des maîtres et des serfs.Les atrocités balkaniques ont été, dans le principe, les représailles d’une longue et pesante oppression.Il est rare, en effet, surtout à l'origine, que les excès aient été commis par des troupes régulières; mais on constatera presque partout que les vainqueurs sont suivis de bandes locales, de volontaires en marge de l’armée officielle et qui, sûrs désormais de l’impunité, se vengent sur leurs adversaires d'injures personnelles ou nationales inexpiées.La Commission ne craint pas d’écrire: “Dans la Macédoine du Nord, c’est la population victorieuse qui organisa la suppression systématique des musulmans.” Elle dit ailleurs: “Les populations elles-mêmes s’entre-tuèrent et se poursuivirent avec d’autant plus d’acharnement qu’elles se connaissaient et qu’elles nourrissaient les unes contre les autres de vieilles rancunes et des haines de longue date.” Aussi est-ce un fait très général dans ces deux guerres, que chaque combat est suivi d’un exode en masse des éléments nationaux apparentés aux vaincus.Un vent de terreur collective (Wifflait là où passait la défaite.Dans les villages, où se croisaient sans se mêler des éléments ethniques violemment hostiles, il y avait toujours, quel que fût le vainqueur, un parti prêt à exercer sur l’autre les ré press U les de querelles séculaires.C’est pourquoi on a pu voir dans les mêmes village», selon les aléas des combats réguliers, les Bulgares massacrer ou chasser les musulmans, et ceux-ci revenir en force pour exterminer les Bulgares.Plus tard, à mesure que se prolongèrent les fatigues et les privations de la guerre, il semble bien que les armées de tous les belligérants aient subi, à leur tour, la contagion de la violence, et l’on voit, de plus en plus, au cours surtout de la seconde campagne, les violations des lois de la guerre commises par les troupes régulières.On est ainsi naturellement amené à se demander quelle a été, dans ces atrocités, la responsabilité des gouvernements?La question ne saurait résolue directement Si des or- dres ont été donnés — et les preuves précises fournies par la Commission obligent à admettre qu’il en a été donné par certains gouvernements,—ces ordres ont été naturellement tenus secrets.Au surplus, il est impossible de faire exactement la part des ordres qui ont pu venir d’en hput et des initiatives individuelles des chefs de troupe.Cependant, la Commission a dû reconnaître à plusieurs reprises la responsabilité des autorités, celle, par exemple, des Bulgares dans le massacre des Turcs de Serrés; celle des Turcs dans les violences commises lors du retour victorieux des troupes ottomanes en Thrace et à Andri-nople; celle des Serbes dans les conversions forcées des Bulgares de la Macédoine orientale; celle des Grecs dans les massacres de Bulgares et dans les incendies de la seconde guerre.Aucun des belligérants ne saurait se prévaloir d’avoir suivi, même approximativement, les lois et coutumes de la guerre moderne.Que si, cependant, on cherche à établir une sorte de classement dans ces tragiques responsabilités, on ne peut méconnaître que le rapport de la Commission relève à la charge des Serbes les violations les moins graves du droit des gens, et qu’“en revanche il se montre extrêmement sévère contre les Grecs”.en Grèce (90,000) ou en Bulgarie (112.000), ont imposé à la Turquie, à la Grèce et à la Bulgarie de lourdes charges.D’utre part, les alliés devront, comme on sait, assumer une partie de la dette ottomane, que la Commission financière de Paris n’a pas encore déterminée.Dès à présent, d’ailleurs, il est permis d'éaluer l’accroissement formidable de la dette des vainqueurs.Celle de la Grèce s’élèvera environ du chiffre de 1 milliard à celui d’un milliard et demi; la Bulgarie ajoutera environ 400 millions au milliard de sa dette actuelle, et les emprunts récemment contractés par la plupart des Etats balkaniques confirment la détresse financière à laquelle les ont acculés leurs victoires aussi bien que leurs défaites.A tout prendre, cependant, il ressort des recherches de la mission que les Etats balkaniques ont relativement moins souffert dans leurs intérêts matériels que ne l’auraient fait des Etats très industrialisés, où une nombreuse population ouvrière vit au jour le jour de son salaire.Dans ces pays demeurés presque purement agricoles et soumis au régime de la petite propriété, les vieillards, les femmes et les enfants ont, à défaut des paysans mobilisés, assuré tant bien que mal les semailles et la moisson, et la récolte de 1913 n’a pas été sensiblement affectée par l’absence de la génération virile de 20 à 40 ans.Aussi bien, la situation des Caisses d’épargne est-elle restée très satisfaisante en Grèce et en Bulgarie.Ajoutons qu’aucun des alliés n’a vu son territoire envahi.La Turquie (au sujet de laquelle on regrette que la Commission n’ait pu recueillir, au moment de son enquête, que des données économiques sommaires), a supporté la plus lourde part des désastres matériels de la guerre, après avoir subi, en raison de l’étendue de l’empire, les plus fortes dépenses de mobilisation.On sait d’ailleurs que, depuis six mois, la Turquie avait dû cesser le payement de ses fonctionnaires, quand elle a réussi enfin à contracter en France un premier emprunt d’un demi milliard de francs.Du chapitre VII (“Conséquences morales et sociales de la guerre”), nous ne dirons qu’un mot.Plus qu’aucune autre guerre moderne, celle des Balkans a mis en évidence la déformation radicale que ces grandes perturbations sociales infligent à des hommes, qui, dans leur milieu coutumier et dans des circonstances nor- neurs a moyenne.un niveau de moralité Th.RUYSSEN.(La “Croix” de Paris): COURRIERS PROVINCIAUX PROV.DE QUEBEC en appuyant, d’ailleurs, son jugement ., .sur une masse imposante de faits dont l’évidence ne semble pouvoir être contestée.Le dossier des Turcs n’est pas très chargé; peut-être est-il incomplet.Il ne nous semble pas, en effet, que la Commission ait fait la lumière sur les excès qui ont été reprochés aux troupes ottomanes, au lendemain des premières défaites de l’automne de 1912.Quant aux Bulgares, ils se trouvent certainement disculpés d’une partie des crimes que les Grecs leur ont reprochés au cours de la seconde guerre, et dont l’enormité même avait laissé bien des esprits sceptiques; ils auront peine, cependant, à * se relever, devant l’opinion, d’atrocités bien établies, telles que celles dont ils se sont rendus responsables à Serrés, à Donato et ailleurs.Le chapitre V (“la Guerre et le Droit international”) s’ouvre par cette déclaration, qui en est un saisissant résumé: “Il n’y a pas dans le droit international une clause relative à la "guerre sur terré et au traitement des fessés qui, dans une mesure plus ou 'moins grande, n’ait été violée par tous les belligérants.” Cette affirmation est confirmée par une revue des principales lois de la guerre — lois reconnues par les puissances balkaniques, signataires de la Convention de La Haye — et de l’application qui en a été faite par les armées balkaniques.Dès son début, la guerre commence par une violation du traité du 29 février-I3 mars 1912, qui liait les alliés; quant à l’arbitrage, prévu par le même traits, aucune des parties ne songe à l’invo'quer.Les conventions de 1899 et de 1907 sur les lois de la guerre semblent n’avoir pas été portées à la connaissance des officiers, qui n’ont entendu parler que de la Convention de Genève.Sur le champ de bataille, quantité de blessés ont été achevés, et beaucoup de prisonniers ont été tués en masse ou abandonnés aux tortures de la faim.L’emploi des balles explosibles a été constaté, à plusieurs reprises, de la part des armées bulgare et grecque.La Commission relève encore des cas de violation du pavillon parlementaire, d'attentats contre les ambulances et hôpitaux qu’aurait dû protéger la croix de Genève.Sur “les Conséquences économiques de la guerre”, qui font l’objet du chapitre VI, la mission ne pouvait espé rer faire oeuvre définitive.Quand bien même elle n’eût pas été entravée parfois dans ses recherches par l’indifférence voulue des gouver nements, elle n’aurait pu dresser le bilan définitif des pertes entraînées par la guerre des Balkans.Elle a pu dresser approximativement le tableau des pertes en hommes (1).Mais bien des années passeront avant que soit possible le calcul exact de la destruction et de l’usure du matériel de guerre et de transport et des voies ferrées, celui des sommes exigées par le remboursement des indemnités de guerre, la réfection des routes et des ponts, la réparation des ravages causés par l’incendie et le pillage.Pour l’instant, les chiffres fournis par les Etats, et dont la mission a dressé le tableau (2), sont sujets à caution, car ils ont servi de base aux réclamations présentées par les belligérants à la Commission financière de Paris et ont été vraisemblablement majorés à dessein.Mais la mission a indiqué avec précision certaines répercussions financières spéciales à la guerre des* Balkans.L’exode des populations grecque, bulgare, et, ottomane hors du théâtre des opérations, la nécessité de transporter en Anatolie les milliers d’Ottomans dépouillés de leurs terres de Thrace ou de Macédoine, celle d’entretenir puis d’installer sur un sol disponible les paysans qui se sont réfugiés, selon leur nationalité, SEANCE DU CERCLE LA SALLE.Longueuil, 30.— Jeudi, 28 courant, avait lieu dans la salle du Collège de Longueuil, la quatrième séance annuelle du Cercle La Salle A.C.J.C.Le siège présidentiel était occupé par M.le Dr Geo.-H.Baril, Président de l’Association de la Jeunesse.A ses côtés on remarquait, M.E.Rochon, Président du Cercle La jBalle, M.l’abbé A.Lapierre, Chapelain du Cercle, MM.les abbés Ph.Perrier, curé de Saint-Lambert, H.Guay, E.Dionne, de Longueuil, le R.P.Dugas, S.J., M.Camille Tessier, vice-président de l’A.C.J.C., M.A.de la Rochelle, secrétaire de l’A.O.J.C., M.E.Girard, trésorier de l’A.C.J.C-, les Rvds Frères Viateurs de Saint-Lambert, MM.les échevins Art.Vincent, H.Mongeau, A.L’Heureux, J.Simon.Au début de la soirée, M.E.Rochon, président du Cercle La Salle, présenta M.le Dr Baril et remercia les Frères des Ecoles Chrétiennes de leur hospitalitd.Il termina par quelques remarques au sujet du programme de la soirée.Ce programme comportait tout d’abord un drame social en trois actes: “Le Député Bernard”.C’est une peinture fidèle de la situation faite aux catholiques de France par les lois do 1904.Cette oeuvre a été rendue avec succès par le groupe d’amateurs du Cercle La Salle.M.Cam.Houde, dans le rôle de Bernard, député socialiste, a été très applaudi, ainsi que MM.Léonce Fortin, L.Préfontaine, Max.Brissette, G.Girard, H.Des-Rcchers.Après le troisième acte, le Dr Baril félicita ses amis du Cercle La Salle, puis tira la leçon qui se dégage du drame qui venait d’être rendu.Le Dr Baril profita d’une allusion faite par le Président à son voyage en France pour donner à l’auditoire des détaiLs destinés à jeter le jour sur la situation faite anx catholiques français d’aujourd’hui.En terminant, le Dr Baril félicita le Cercle La Salle du bel exemple qu’il donna aux autres groupes de TA.C.J.C., par l’organisation des retraites fermées annuelles.Le Cercle La Salle a clôturé la soirée par une comédie en deux actes de Mark Twain: “Le Cultivateur de Chicago”.Ijcs principaux interprè tes étaient MM.Cam.Houde (Sam Brooker), Max.Brissette (Le Direc-fceur)w A.Favreau, Don.Corbeil, G Girard, L.Préfontaine, J os.Patenau-de.La partie musicale fut rendue par l’Orchestre la Salle.Les artistes étaient sous la direction de M.Paul Pratt.(1) la Bulgarie a déclaré les chiffras suivants: tués, 579 officiers, 144 -313 soldats; disparus, 710 officiers, 7,763 soldats; blessés, 1,731 officiers, 102,853 soldats.La Serbie indique simplement environ 22,000 morts, 25,000 blessés et 45.000 malades.' (2) Bulgarie, 1,260,858,223 francs; Monténégro, 103,131,100 francs; Grèce, 467,878,764 francs; Serbie, 690,.865.000 francs.LES AMERICAINS ENN0RVEGE Christiania, 30.— Les centaines d’Américains qui iront en Norvège cette année pour assister ù la célé bration (tu centième anniversaire de l’indépendance de la Norvège ne manqueront pas, au point de vue spirituel, d’organisation.Un donateur anonyme de Chicago a pourvu à l’érection d'une immense tente où un predicant protestant prêchera tous les jours à pas moins ne cinq mille personnes à la fois, si les auditeurs veulent bien se rendre à son invitation.AUTOMOBILISME LES CHASSIS SONT SURBAISSES Point n’est besoin de formules ou de calculs compliqués pour faire comprendre tout l’intérêt que présente, pour une voiture automobile, l’abaissement du centre de gravité.La voiture, suivant l’expression consacrée, et combien exacte “ tient mieux la route ”, c’est-à-dire chasse moins dans les virages et ne tend pas autant à se renverser que les voitures “ haut sur pattes ” de jadis, qu’un épaulement de route un peu prononcé, qu’une incursion involontaire sur un accotement, une butte de terre, etc., culbutait fort proprement sur le côté.Cette notion de “ meilleure tenue” de la route n’a pas à être expliquée ; elle se “ sent ”, se “ voit ” au premier coup d’oeil.Il est cependant des cas où l’abaissement des châssis doit être limité, non pas en prévision d’accidents fortuits et rares, comme celui auquel assista M.Boleski ; m 1s suivant les nécessités de la circulation en général.C’est ainsi que les voitures américaines ne peuvent être •ti'oaisuv.-c:: autuni que ics noirer, en raison de l’état défectueux des routes d'Amérique, où nos jolies voi-ti/es, si plaisantes à l’oeil, auraienl tôt fait cîr laisser leurs organes in rieurs, y compris tôle-cartcr et volant.Bien entendu, il ne convient pas d’exagérer le surbaissement : en France aussi, il y a de mauvaises routes, mais vraiment, on ne peut sérieusement opposer, aux avantages du châssis surbaissé raisonnablement, l’éventualité, d’un pavé malencontreusement abandonné sur — chemin, ou d’un butoir par trop volumineux.Conclusions : Les châssis bas sont parfaits, à condition que le conducteur ne veuille pas se livrer aux joies du steeple.DES PNEUS EN TRESSES D’ACIER Contrairement à l’opinion de M.Duvergier, un assez grand nombre de bandages garnis de pièces métalliques ont été essayés depuis une dizaine d’années et la plupart ont dû être aband Képnr.lion d.mcublri antiques 974 RUE SAINT-DENTS EAU DE CONTREXÉVILLE (PAVILLON SPRING) Eau Minérale Naturelle (France) Pour la Goutte—la Gravelle—le Diabète Elle débarrasse l’organisme de l’acide urique— et c’est un remède positif contre le Rhumatisme.Ecrivez pour le pamphlet.DÉPÔT AU CANADA j The Leeming Mile» Co., Limited, 4 Boulevard St-Laurent, .Montréal.I .r, VOL.V.— No.125 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 30 MAI 1914 11 ' „ »: à LES DISPOSmONS DU HOME RULE Longue liste des restrictions imposées aux pouvoirs législatifs du parlement irlandais.— La représentation irlandaise aux Communes d’Angleterre Londres, 30.— Les gouvernements de la Grande-Bretagne et d’Irlande furent unis en 1801 par l’acte d’Union de 1800.En 1886 et 1803, des projets de lois furent présentés j|ii parlement du Royaume-Uni pour une meilleure administration de l’Irlande.Le bill de 1886 fut rejeté par la Chambre des Communes et celui de 1895, par la Chambre des lords.En 1912-13 un troisième bil du Home Rule fut présenté et voté deux fois de suite par la Charm bre des Communes, mais il fut aussi rejeté deux fois par la Chambre des lords.D’après le Parliament Act passé en 1911, un bill adopté trois lois par la Chambre peut recevoir ‘a sanction royale malgré l’opposition de la Chambre des lords.Les dispositions du bill du gouvernement d’Irlande (amendées en comité) peuvent se résumer ainsi CHANGEMENTS DANS LE PARLEMENT Parlement et Royaume-Uni.—Le pouvoir suprême et l’autorité du parlement du Royaume-Uni devront demeurer tels quels et cela sans intervention d’aucune personne en Irlande.Après la première réunion du parlement irlandais, le nombre des députés élus par les Irlandais au Parlement du Royaume-Uni sera ixduit de 103 à 42, selon la liste des comtés nommés dans la première partie du bill, savoir: Dublin, 3; Belfast, 4; Cork, 1.Le nombre des députés de comtés sera de trente-quatre, savoir: Ulster, 11; Leinster, 8; Munster, 9, et Connaught, 0.Pour reviser la situation financière conformément à la loi, on devra convoquer à la Chambre des Communes du Royaume-Uni un nombre suffisant de députés de la ^hambre irlandaise pour pouvoir établir une moyenne de représentation analogue à celle de la Grande-Bretagne.Cette moyenne sera basée sur le chiffre de la population.Ces députés seront de par la loi membres de la Chambre des Communes du Royaume-Uni, quand il s’agira de pareille révision.' LA LEGISLATURE IRLANDAISE A partir du jour convenu (le premier mardi du huitième mois après le mois où fut passé Pacte, ou tout autre jour, des sept mois précédents ou des sept mois suivants, comme il sera fixe par un ordre de Sa Majesté en conseil), il devra y avoir en rlande un parlement irlandais, Comprenant Sa Majesté le roi, et deux Chambres, le Sénat irlandais et la Chambre des Communes irlandaises.Ce parlement se réunira iur moins une fois chaque année, et pourra être convoqué, prorogé été dissous par le “lord-lieutenant”.Le Sénat se composera de 40-sénateurs, la première fois nohunés pour 5 ans par le "lord-lieutenanl”^ et les autres fois élus pour cinq ans !*r les quatre provinces (UlsflH?14, Leinster, 11.Munster, 9, Cfïïî” naught, 6), selon le principe de ret presentation proportionnelle.*“ La Chambre des Communes comprendra 164 membres: Ulster, 59; Leinster, 41; Munster, 37; Connaught, 25 (34 membres des “boroughs” formant 128 cômtés), avec deux représentants universitaires, élus pour 5 ans, à moins que la Chambre ne soit dissoute plus tôt.POUVOIRS DES LEGISLATEURS IRLANDAIS En cas de non-entente entre les chambres, le “lord-lieutehant” pourra convoquer une réunion conjoin-i^Ja- maj°rité des présents pourront faire adopter un bill contesté £ Pouvoirs législatifs : Le Parlement irlandais pourra faire des lois ) pour la paix, l’ordre et le bon gouvernement de l’Irlande, mais il ne pourra pas légisférer sur les sujets suivants : lo La Couronne —- Succession à la Couronne, Régence, propriété de la Couronne, et lord-lieutenapt ; 2o Décider la paix ou la guerre ; 3o La marine, l’armée, ou les forces territoriales ; 4o Les traités ou les relations internationales ; 5o Les dignités ou les titres d’honneur ; 6o La trahison, la félonie, la naturalisation, droit sur les aubains, le domicile ; 7o Le commerce hors de l’Irlande, les primes pour l’exportation, les quarantaines, la navigation, les ^transports et le tourisme ; 8o Le service et les taux postaux (excepté pour l’intérieur), et le dessin des timbres ; Oo Les phares, les bouées ; lOo Le monnayage, l’étalon légal ries pièces de monnaie et des poids et mesures ; /'LES TABLETTES NA-ORU-CO .- CONTRE LA DYSPEPSIE nie sont démontrées d'une grande valeur’' La seule explication des nombreuses lettres enthousiastes que nous recevons louant les Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie consiste dans ce que ces tablettes guérissent positivement toute sorte de dérangements de l’estomac.Voici une lettre typique de Mlle, Armsworthy, de Canso, N.S.: ‘‘C’est avec plaisir que je vous écris pour vous informer que vos Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie m’ont qu’elles étaient d’une grande J’essayai remède sur remède llo Les marques de commerce, les dessins, les marques de marchandises, les enregistrements,, les droits de patente ; 12o Toutes les “questions réser vées” (voir Services réservés).D’autre part le Parlement irlandais ne devra pas établir, encourager, défendre, restreindre ou donner une préférence, un privilège ou un avantage, dans une question religieuse.POUVOIR DE L’EXECUTIF Le lord-lieutenant.Le pouvoir exécutif en Irlande devra continuer d’appartenir au roi et devra être exercé au nom de Sa Majesté par le lord-lieutenant ou tout autre chef de l’exécutif pour le temps qu’il est nommé.Le lord-lieutenant sera nommé par le roi pour une période de six années ; son terme d’office ne sera nullement affecté par les changements de ministères et tout sujet du roi sera qualifié à ce poste, quels que sqient ses principes religieux.Le ministère responsable.— Le pouvoir ainsi conféré sera exercé dans les Chambres irlandaises, dont lès chefs seront les ministres irlandais, qui détiendront leur pouvoir au gré du lord-lieutenant.Ces ministres devront être membres du conseil privé d’Irlande etf devront être (ou devenir dans les six mois de leur nomination) membres de l’une des deux Chambres du Parlement.Les ministres irlandais, autres que les chefs de départements détiendront aussi leur pouvoir au gré du lord-lieutenant.Un ministre irlandais qui est membre du Sénat nu de la Chambre des Communes pourra parler dans l’une ou l’autre Chambre, mais ne pourra voter que dans la Chambre dont il fait partie.Le comité exécutif: Les ministres irlandais formeront le comité exécutif du conseil privé d’Irlande, qui donnera son aide et ses avis au lord-lieutenant dans l’exercice du pouvoir exécutif par rapports aux services irlandais.DEPARTEMENT DE LA JUSTICE Juges déjà existants: Tous les juges déjà existants de la cour suprême d’Irlande et tous les juges existants des cours de comtés continueront à détenir leurs fonctions dans les mêmes conditions qui existaient avant l’adoption du bill.Nominations futures: Après le jiiÿr convenu, les juges seront nom-mél par le lord-lieutenant et détien-duiuft leurs pouvoirs dans les mê-irms conditions qui existaient déjà avant l’adoption du bill; cependant des» demandes de changement?devront être adressées aux deux chambres du Parlement irlandais.Appels : Les appels ne seront plus portés des cours irlandaises à la Chambre des lords; mais quand de HdBÜRroits d’appels existeront, ils derront être portés au département dç la justice du conseil privé, com-pe>e de pas moins de quatre lords dont un au moins aura dû être juge de la cour Suprême d’Irlande.Les questions constitutionnelles et tous les cas où la loi irlandaise pourra être discutée devront aussi être portés devant le comité de la justice.iTTSLYE La lessive la plus parfaite du Canada.Elle a plusieurs imitations, mais pas rivales.NETTOIE ET DÉSINFECTE 100%PURE :tJs L*.61UETT COMPANY Toronto oirr.L’EMIGRATION ALLEMANDE ON CONSTATE UN RECUL TRES MARQUE DANS LE NOMBRE DES EMIGRES, AUSSI BIEN DE BREME QUE DE HAMBOURG, CETTE ANNEE.POUR LA NEUVIEME GROISAOE L’article de M.l’abbé Groulx commenté à Ottawa.— Une proposition du R.P.Villeneuve L’article publié dans le “Devoir”, sous le titre “Pour la neuvième croisade ” a été très commenté dans l’Ontario.Le “Droit” Ta reproduit en entier et lui consacrait jeudi un long article du R.P.Villeneuve, O.M.I.CONTROLE DES SERVICES CIVILS prouvé valeur.Comité des services civils: Pour les fins des dispositions du présent acte, en ce qui touche les officiers déjà existants il sera établi un comité des services civils, composé de trois membres, dont un sera nommé par le trésorier, un par le comité exécutif et un, qui sera le président, par le juge en chef d’Angleterre.Officiers irlandais déjà existants: Tous les officiers irlandais déjà existants, établis dans certaines fonctions du service civil de la Couronne et recevant un salaire payé par le trésor du Royaume-Uni, continueront d’exercer leurs fonctions dans les mêmes conditions qui existaient déjà avant que Pacte soit adopté, et pendant qu’ils exerceront ces mêmes fonctions ils ne recevront pas un salaire moindre que celui qu’ils auraient reçu si Pacte n’eût pas été adopté.CONTROLE EXERCE SUR LES FINANCES Perception du revenu: Le produit de toutes les taxes perçues en Irlande sous l’autorité soit du parlement irlandais, soit du parlement sera remis à l’échiquier du Royau-me-Uni.L’échiquier irlandais: Il v aura un échiquier et un fonds consolidé irlandais différents de ceux du Royaume-Uni et on remettra à l'échiquier irlandais les sommes remises.Tout l’argent remis à l’échi-quier irlandais ira au fonds consolide, et sera consacré aux services publics de l’Irlande en vertu du bill du Home Rule, et ne pourra servir qu a 1 objet pour lequel il a été destine.Les comptes du fonds consolide irlandais seront apurés sous la direction d’un contrôleur et d’un auditeur-général irlandais nommé par le lord-lieutenant.Le bureau conjoint do l’échiquier: Il sera établi un bureau conjoint de l'échiquier.Il comprendra cinq membres.Deux seront nommés par le trésorier anglais, deux par le trésorier irlandais et le roi choisira le président.Le bureau sera surtout charge de voir à tout ce qui a trait à 1 octroi donné par le gouvernement impérial êt de reviser les Cet article se terminait par une suggestion que nos lecteurs liront avec un vif intérêt: Comment créer ce mouvement d'ensemble, qui s’étendant d’école à école, de paroisse à paroisse, Re province à province, jusqu’à former un soulèvement général des forces de l’avenir que se prépare notre race, grandirait aux yeux des plus indifférents la majesté du spectacle et en ferait jaillir tout l’enseignement?Quel jour choisira-t-on pour la parade eucharistique de nos petits croisés ?Il nous vient en pensée qu’autre ne saurait mieux convenir ni pour les .harmonies intimes, ni pour les facilités d’exécution pratique que celui de la fête du Sacré Coeur: ne rappelle-t-il point l’amour du maître qui n’a rien laissé de plus admirable dans l’Evangile que le “'Sinite parvulos venire ad me et ne proliibueritis eus”: laissez venir à moi les petits, gardez-vous bien de les en empêcher.Advienne ainsi, et quel plus beau jour et quel plus beau geste, fait l’un polir l’autre?N’avons-nous pas besoin d’intéresser le ciel à cette bataille que nous livrons pour le salut de l’enfance?Notre Père des cieux en sera attendri.Et pour nos écoliers, je ne sache point meilleure éducation de ce dévouement toujours dû aux justes causes, plus fière leçon d’énergie surnaturelle, entraînement plus efficace, conscient et personnel, des âmes d’adolescents vers la divine fontaine de jouvence, pour s’y rénover dans l’innocence et la vigueur.Merci au coeur sacerdotal qui avec butant de discrète réserve que d’insistante conviction nous a rappelé la loi des grandes épopées chrétiennes: “Semez des hosties, et vous récolterez des héros”.Nous nous sommes .volontiers laissé dire que les dirigeants de la campagne de défense catholique et française de l’Ontario ont applaudi de tout coeur qu’ils ont applaudi avec attendrissement à cette admirable suggestion.Votre idée va donc prendre corps.Monsieur l’abbé, généreux admirateur de nos petits héros, votre enthousiasme en aura suscité d’autres par milliers.L’Association Canadienne-Française d’Edilcation d’Ontario envoie un appel à toutes les écoles de son ressort, la réponse ne va point tarder: vive les petits communiants du Sacré Coeur ! Nous permettra-t-on d’ajouter au projet?Pourquoi toutes les écoles canadiennes-françaises de l’Ontario n’en ver raient-elles point une adhésion formelle à la croisade par l’entremise des curés, par exemple, et dont la liste serait publiée au fur et à mesure?Pourquoi les écoles et maisons d’éducation du Québec, de l’Acadie, du Manitoba et des autres régions-soeurs ne s’y joindraient-elles point?Seraient-ils assez éloquents pour l’histoire, ces cahiers d’e la révolution de l’enfance pour la conquête de la liberté à vivre dans sa plénitude leur vie religieuse et nationale?Tous donc, écoliers de notre chère province, de notre cher Canada, à la communion pour l’école catholique et française en la fête du Sacré Coeur! Le 1,9 juin prochain, que vps phalanges se déroulent soirs les regards mouillés de vos pères et mères, dans toutes vos églises et vos chapelles, que vos longues théories s’avancent a la table sainte, y reçoivent le Pain des anges, qui est aussi le Pain des forts.Et ce jour-là, ne saisirons-nous point Te refrain anticipé de la victoire, dans le murmure de nos brises ensoleillées et fraîches: Mon peuple, écrasé de souffrance, Tu portes sur ton front un reflet ; d’espérance, Un rayon d’imniortalilé, .Vf.I: ••• Et le jour S’est levé sous ton soleil de gloire Où ton sol et ta foi y,ont léguer la victoire A ta postérité.J.-M.-Rfulrigue Villeneuve, O.M.l.LE FONDS DES __POMPIERS UNE LETTRE DU CHEF TREMBLAY mais aucun ne me donnait un bien clauses finales de l’acte citées plus durable.Ayant entendu parler de vos | haut.(Voir le “Parlement du Roy tablettes guérissant des cas comme le jaume-Uni.) mien je décidai d’en faire un essai volontaire.Elles me prouvèrent qu’elles étaient satisfaisantes pour mon cas.” Le succès remarquable des Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie est un succès tel que seul peut obtenir un ?remède honnête, composé suivant une formule exceptionnellement bonne, avec des purs ingrédients, par des chimistes experts.Si votre estomac vous tourmente demandez alors à votre Pharmacien des Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie, composées par la National Drug and Chemical Co.of Canada, et vendues partoutàsoc.la boite, N j42p AUX FAMILLES QUI VONT AU BORD DE LA MER Pour l’avantage des familles qui passent l’été en villégiature dans le bas du Saint-Laurent, le vapeur “Saguenay”, de la Canada Steamship Lines, fera un voyage spécial «à Saint-Irénée, Murray Ray, Rivière du Loup et Tadoussac, partant de Montréal mercredi, le 24 juin.On peut rcacrvcr dès maintenant ses billets.*•- M.le chef J.Tremblay nous prie de publier la lettre Suivante : Montréal, 29 mai 1914.Monsieur le Rédacteur en chef, Cher Monsieur, L’an dernier le public de Montréal a fait un bienveillant accueil à nos rqprésentations au bénéfice de notre Association de Bienfaisance, et son généreux patronage a été d’un précieux secours à notre fonds de retraite.Or nous ayons décidé de donner une autre série de représentations au théâtre Français, qui durera trois semaines, du 22 juin au 11 juillet prochain, et nous espérons que ces représentations n’auront pas un succès moindre que celles de l’année dernière, qui firent accourir tout Montréal.Comme nous avons 60 pensionnaires et 42 veuves à supporter, le montant des pensions excède encore considérablement nos recettes, qui.proviennent presque entièrement des contributions de tous les membres de la brigade.C’est pour cette raison que nous faisons ce nouvel appel à la générosité de nos concitoyens.Nous avons préparé un programme très intéressant et surtout très instructif et nous pouvons assurer le public que les spectacles que nous donnerons cette année surpasseront les précédents.On aura du vaudeville et des vues pour plus que la valeur du prix d’admission.On s’amusera, on sera intéressé et on aura de plus la satisfaction d’encourager une oeuvre charitable, de contribuer au pensionnement des pompiers devenus infirmes ou trop vieux pour faire du service, et au soutien des veuves de tous les membres de la brigade tués en protégeant la vie et la propriété des citoyens.Pour éviter certains ennuis qui se sont présentés l’an dernier au sujet de la vente des sièges, nous émettons cette année des billets de 10 cents et de 25 cents.Les billets de 25 cents donneront droit aux sièges de l’orchestre et ceux de 10 cents aux sièges de galeries.Cela évitera l’échange de billets, qui a suscité quelque mécontentement lors des premières représentations, et je crois que les précautions que nous prenons pour donner satisfaction au public élimineront tout sujet de critique.Je vous serais très obligé si vous daigniez publier cette lettre dans votre journal et faire en même temps un appel aux citoyens de Montréal en faveur de ces représentations.Nous reconnaissons que l’immense succès que nous avons remporté l’an dernier est largement dû à Tcncouragemcnt qui nous a été généreusement accordé par la presse de Montréal.Tous les membres de l’Association de Bienfaisance des Pompiers de Montréal, apprécieront sincèrement votre cooperation.Votre tout dévoué.,.J.TREMBLAY, Chef du Département des Incendies.L’IMPOT SUR LEREVENU LE REGIME FINANCIER ETABLI EN ANGLETERRE PAR LE CHANCELIER LLOYD GEORGE DANS SON BUDGET DE 1914-15.—LES CHARGES QUI PESENT SUR LES RICHES.(Service de la Presse Associée) Londres, 30.— D’après la nouvelle méthode d’impôt que vient d’établir David Lloyd George, chan celier de l’Echiquier, dans son budget de 1914-15, un homme qui possédera le revenu d’un capital de cinq millions, devra en payer un tiers en impôts.En premier lieu, il devra payer vingt-huit sous sur chaque cinq dollars de revenu, puis une somme égale en taxes supplémentaires.A sa mort, la succession devra donner un dollar pour chaque billet de cinq qu’il laisse.Ce qui forme une somme totale d’un tiers de son revenu.C’est sir William Lever, un des millionnaires qui devront payer, qui a fait ce calcul.Lloyd George en agissant ainsi n’a fait que.suivre les principes de ses devanciers.Il a seulement augmenté le chiffre de l’impôt et ajouté la taxe supplémentaire ainsi que la taxe sur la succession.Ce système d’impôt est basé sur une loi actuellement en vigueur dans la Colombie Anglaise.Durant les dernières années, les capitalistes anglais ont fait de nombreux parements à l’étranger.De ces placements Lloyd George espère pouvoir retirer $1,250,000 cette année et le double l’an prochain.Malgré cette augmentation, sir George Pnish, éditeur du “Statist”, a déclaré qùe la taxation était encore moindre qu'elle ne’ l’était autrefois.En 1880, alors que les dépenses étaient de $415,000,000, le revenu fut de cinq billions.Aujourd’hui, le revenu atteint $12,000,000,000.“Nous avôris raison de croire, dit-il, que le revenu et la richesse de ce pays augmenteront d’année en année.Lorsqu’ils auront atteint vingt-cinq billions, et cela arrivera sous peu, nous supportêrons plus facilement un budget de deux billions et demi que celui d’un billion en 1914.” Berlin, 30 — Les modifications du service de l’émigration méritent en tout temps qu’on prête attention à ce mouvement, surtout en Allemagne, mais l’intérêt de son développement est particulièrement vif cette année, à cause du renouvellement des concessions de navigation, car les passagers d’entrepont y jouent un rôle particulièrement important, quoique passif.C’est principalement vers le Canada que se dirigent la plupart des émigrants, actuellement.Et c’est justement avec les compagnies de chemins de fer canadiens que les négociations sont le plus ardues.Les lignes allemandes mettent actuellement en service des navires d’un tonnage inconnu jusqu’ici et exigent un prix de passage supérieur pour les passagers à destination de TAmérique du Nord.Reste à savoir si les deux derniers navires de la classe “Imperator”, et principalement le “Vaterland”, agiront à la façon d’un miroir aux alouettes sur l’imagination des passagers de 3e classe et d’entrepont.A en juge par les demandes arrivées jusqu’ici au siège de la Hambourg Amerikà Line, les espérances de la compagnie ne Seront pas déçues.Malgré le prix plus élevé du passage, nombre d’émigrants ont fait choix du “Vaterland” pour se transporter en Amérique.Le premier trimestre de l’année en cours a montré un recul très marqué dans le nombre des émigrations, aussi bien pour Brême que pour Hambourg.Les chiffres montrent combien la situation est défavorable dans TAmérique du Nord et même au Canada.La situation industrielle aux Etats-Unis est peu sûre, ce qui a amené un recul appréciable du nombre des émigrations.Une autre cause de cet état de choses est la découverte du scandale des agents d’éinigration en Autriche-Hongrie, et je redoublement de difficultés de la part des autorités de la monarchie dualiste dans le contrôle des émigrants.On compte cependant sur une recrudescence du nombre des départs pour l’Amérique, principalement pour le Canada, sans cependant pouvoir espérer que leur chiffre égale celui de Tannée dernière qui était elle-mèine bien inférieure a 1907.Le tableau suivant fera mieux apparaître les différences.Ont émigré par : Hambourg — Janvier 1914.6,800 ; 1913, 7,156 ; 1912, 4,233 ; 1911, 4,657 ; 1907, 10,- 909.Février 1914, 7,362 : 1913, 12,544; 1912, 6,299 ; 1911, 4,299 ; 1907, 11,-991.Mars 1914, 12,490 ; 1913, 15,831 ; 1012, 12,843 ; 1911, 9,770 ; 1907, 17,- Avril 1914, 12,119 ; 1913, 18,730 ; 1912, 10,037 ; 1911, 6,939 ; 1907, 18,-731.Ensemble, 1914, 38,771 ; 1913, 54,204 : 1912, 33,429 ; 1911, 25,665 ; 1907, 58,961.Brème — ¦ • > Janvier 1914.8.278 ; 1913, 7,127 ; 1912, 6,104 ; 1911, 6,237 ; 1907, 10,-963.Février 1914.10,117 ; 1913, 11,-267 ; 1942, 8,739 ; 1911, 5,963 ; 1907, 17 144 •) - 1 Mari; 1914; 16,832 ; 1918, 21,000 ; 1912, 19,635 ; 1911, 10,762 ; 1907, 30,044.Avril 1914, 13,045 ; 1913, 24,556 ; 1912, 14,575 ; 4911, 10,238 ; 1907, 28,647.Ensemble, 1914, 48,272 ; 1913, 65,040 ; 1912, 49,052 ; 1911, 33,206 .; 1907, 86,769.Par Hambourg et Brème — En avril 1914, 25,164 ; 1913, 43,-286 ; 1912, 24,611 ; 1911, 17,717 ; 1907, 47,730.De janvier à avril, 1914, 87,043 ; 1913.119,301 ; 1912, 82,481 ; 1911, 58,871 ; 1907, 145,730.Comme on le voit, Brême vient assez loin avant Hambourg et les années 1907 et 1913 ont été particulièrement favorables au mouvement d’émigration.Il faut nous réjouir de cet état de choses.Tant que T Allemagne enverra des émigrants soit au Canada, soit dans toute autre partie de l’Amérique, il est à craindre que leur nombre influe sur la politique du pays qui les aura reçus, car l’Allemand a bien plus que le Français la notion de la solidarité, et sait aussi mieux défendre ses intérêts, même quand ils ne sont nas menacés.BIBLIOGRAPHIE “In campo latinitatis Novi Flores”.—Les anciens élèves du Collège Ca-' nadien à Rome se rappellent la vénérable église du “Bambino Gesu”, via “urbana”.Plusieurs même y ont célébré, quotidiennement, la sainte messe, durant leur séjour en Ta Ville Eternelle.Le chapelain de l’institution.Don “Herminio JacobeTIi”, vient de publier un petit ouvrage, qu’il a gracieusement appelé “In eampo latinitatis Novi Flores”-—“Fleurs Nouvelles au champ de la latinité”.C’est un lexique où des appellations modernes, des noms de découvertes récentes, des mots nouveaux sont traduits en latin—et en latin classique.De temps à autre, en certains quartiers.Ton refait, pour soi, le mot de Berchoux et Ton entend le vers célèbre: “Qui nous délivrera des Grecs et des Romains 1” Et chaque fois ce cri de guerre fait surgir des admirateurs enthousiastes des études gréco-latines.L’on défend victorieusement la thèse au quadruple point de vue de la formation intellectuelle, de l’esthétique, de l’étymologie et de la linguistique.Même en descendant sur le terrain utilitaire et commercial, où se réfugient les ad versaires, Ton rencontre de forts et solides arguments.L'auteur des “Fleurs Nouvelles”— “Novi Flores” veut nous faire aimer davantage le latin, et il y réussit parfaitement.C’est une véritable récréation que de parcourir les pages de son intéressant volume.Ceux qui dé- SI VOUS VOULEZ AVOIR SATISFACTION en ce qui concerne la qualité, l’ajustement et le fini de votre HABIT venez faire votre choix dans notre assortiment complet de tissus importés.Nos prix vous causeront une surprise.McCOMBER & CUMMINGS 373 rue Saint - Paul, ANGLE SAINT-SULPICE VOUS TOUSSEZ?Ne négligez pas ce rhume; plus d’une maladie fatale est née d’un rhume négligé ou mal soigné.OUI, MAL SOIGNÉ ! On court autant de danger en soignant mal une toux, qu’en la négligeant.On se croit guéri, quand le mal n’est que calmé.Evitez les remèdes qui calment sans guérir.%gMXOl est le remède par excellence pour GUERIR radicalement rhumes, toux et maladies des voies respiratoires.En vente partout.Préparé pqr la Cie du Dr.ED.MORIN, LIMITEE, - - QUEBEC.p.p*?PAR EXCELLENCE LE SEUL VÉRITABLE APÉRITIF GARE AUX CONTREFAÇONS L CHAPUT, Fils & Cie, Limitée, Montréal Seuls dépositaires pour le Canada.HAMACS Venant d’arriver.—Jolies nuances, grands, forts et confortables.Prix depuis'.$1.50 Congélateurs crème à la glace, prix depuis.$1,75 Fontaines à eau glacée, avec ou sans filtre, depuis .$2.50 Portes à mouches, toutes grandeurs, prix depuis.$1.00 Fenêtres à mouches, prix.$0.30 Balançoires de jardin, les plus modernes, prix.$6.50 Poêle à Thuile de pétrole, brûle comme le gaz, prix.$3.50 L.J.A.SURVEYER QUINCAILLIER 52 Boulevard Saint-Laurent sirent savoir comment Plaute et Terence auraient fait dire à leurs personnages des phrases absolument modernes, voient leurs voeux réalisés.Ils auraient rendu “c’est la mode, c’est l’usage” par le joli “hodie obti-nuit”.Si Ton se demande comment traduire “aéroplane, automobile, tramway électrique, motocyclette, télégraphie sans fil, imperméable, pistolet, patinoir, cartes de jeu, billard, cigarette”, et cent autres nouveautés, Térudit chercheur tente avec un rare bonheur de nous apprendre comment se seraient exprimés Salluste, César ou Quintilien.Une “carte postale illustrée”,, c’est “chartula salutatrix”, "la caisse d’épargne” c’est “societas parsimoniae provehendae”, “un chèque”, “littera ex credito”; c’est à la fois exact et élégant.Un soin tout spécial a été donné aux vocables ecclésiastiques.Le contraire aurait surpris.C’est un prêtre qui écrit, et qui écrit à Rome! “Le prédicateur” c’est le “christianae sa-pientiae praeco”.S’il est accompli dans son art, il sera “plenus atque perfectus orator”.Le “chanoine honoraire” est “in canonicorum ordinem honoris causa adlectus”.“Le prélat de la maison de Sa Sainteté”, c’est T“antistes pontificiae domûs”.“La mère supérieure” do nos couvents et do nos monastères aurait été appelée par les anciens “antistita sacrarum virginum praeses, mater légiféra, virgo maxima”.“L’institut des Frères des Ecoles chrétiennes” se traduirait en latin classique “collegium sodalium scholarum christiani nomi-nis”; “le pape”, “summus religionis autistes, antistes sacrorum maximus, augustus pater, summus ecclesiae moderator".Evidemment, ce “vade-mecum” n’est pas complet.Il doit être continué, revu, corrigé et considérablement augmenté, comme tout dictionnaire qui se respecte.Il comble quand même une lacune.Et ce travail, modeste en apparence, est digne d’un Bénédictin.Le grand mérite de l’auteur, c’est d’avoir eu la patience et le bon goût de puiser aux sources les plus pures: Virgile, Horace, Cicéron, Tacite, Tite-Live, et Vox Urbis.Aussi ce lexique joint-il l’utile à l'agréable, même pour ceux qui n’enseignent que Ta.b.c-, “qui pueros literulas primas docent!” Si Cicéron revenait au monde des latinistes, espérons qu’il n’aurait pas à répéter ces mote cruels: “Studia ja-cent!” — “L’on n’étudie plus!” — “L’on prêche à des morts et à des ert-domis!” — “Verba fiunt mortuo!” '¦ÎH Abbé Jos’eph-N.DUPUIS.(“La Semaine Religieuse”).Note de la Rédaction.— L’on pourra se procurer ce petit opuscule “No-vi Flores” au bureau de M.l’abbé Dupuis, 121, rue Saint-Hubert v 12 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 30 MAI 1914 VOL.V.— No.125 Le temps qu’il fera ! ! I i * « » » ! * * « t I DEMAIN s Beau et chaud.DIMANCHE, 31 MAI Sainte-Angèle de Merici.Lever du soleil : 4 heures 17.Coucher du soleil : 7 heures 38.Lever de lu lune : 10 heures 10.Coucher de la lune : 18 mat.LUNDI.1er JUIN Saint-Pamphile, martyr.Premier quartier, le 1er à 9 heures a.m.î ! ?! t » » t » » Dernière — heure POUR LES VACANCES ABONNEMENTS TEMPORAI R E S ET CHANGEMENTS D’ADRESSE.Bon nombre de nos amis passent à la campayne un temps plus ou moins long.Nous leur ferons volontiers le service, du journal, pendtuü ce temps, au prix régulier d’un sou par jour.Nous sommes cependant obligés, à cause des frais de bureau, de fixer à un minimum de quinze sous cet abonnement spécial.Ceux qui reçoivent actuellement le journal par la poste, n’auront qu’à nous en avertir pour qu’il leur soit régulièrement envoyé à leur adresse de vacances.CE SOIR Lire dans le “ Nationaliste ” : Le plus pressant besoin, Léon Lorrain.Instantanés : Sir Lomer pêche, Bibi.L’immigration dans le Québec, Jean Verchères.Pour rendre le village attrayant : Que la Législature intervienne, Bernard Cerneau.Mémoires du temps présent ; La carrière de M.Langlois, le Reporter.Où mène le juunisme : Comment la “ Patrie ”, par ses méthodes de reportage sang et boue, en arrive à éclabousser la clergé.Comment ils filent — M.Leet a-t-il une montre '?Flic.Un pauvre argument, Baptiste.Chroniques, Echos, etc., etc.LES SPORTS Comptes rendus fidèles et complets des joutes de crosse : Natio-nal-Teeumseh, à Toronto, et Toronto-Québec.à Québec ; des parties de baseball Montréal-Buffalo, dans cette dunière ville, ainsi que de toutes celles des ligues Internationale, Américaine, Nationale te Fédérale.Turf : Ouverture du meeting de Blue Bonnets.La Finace.Les dernières nouvelles du monde entier.LA BÀNQÜÊ nÂTÏONALE On trouvera dans une page intérieure le 54e rapport annuel de la Banque Nationale.Il accuse un bénéfice net de $319,902.75, dont $160,-000 ont été absorbés par le dividende au taux de 8ç;., $150,000 portés au fonds de réserve, $10,000'au fonds de pension et $12,000 aux frais d’ouverture de succursales.Le fonds de réserve est de $1,700,-OfiO et le capital de $2,000,000.On étudie un projet d’émission nouvelle de capital.Les dépôts dépassent les $18,000,000.aüTarlëmênt LE CAUCUS CONSERVATEUR ET LA NOUVELLE GARANTIE DU G.T.P.—LA SECTION EST DU TRANSCONTINENTAL.Ottawa, 29.—H y a eu, hier soir, un caucus conservateur qui s’est prolongé jusqu’à onze heures.On n’a donné aucun communiqué, mais il est certain qu’on y a discuté le projet' d’accorder au Grand Tronc Pacifique une nouvelle, garantie de douze ou quinze millions.Plusieurs députés se sont montrés peu enthousiastes du projet, mais il est très probable qu’il sera présenté quand même.La théorie de ses partisans, c’est que la nouvelle garantie est la suite nécessaire de la politique Laurier.On présentera, la semaine prochaine, un projet de loi destiné à mettre le Transcontinental National sous la surveillance immédiate du ministère des chemins de fer.M.Gulelius a été vivement attaqué au cours du débat sur le section est du Transcontinental.M.L.P.Pelletier l’a vivement défendu, déclarant qu’il s’est montré bon serviteur du pays et qu’il l’a notamment aidé à faire baisser de $4,000,00(1 à $786,000, le supplément de tarif que réclamaient les chemins de fer poulie transport de la matière postale.M.Reid a déclaré que la section d’Edmunston-Moncton du Transcontinental est prête et que la section Québec-Edmunston sera prête au 1er juillet.Il a nié que le Grand Tronc Pacifique eût refusé d’exploiter la section est du Transcontinental, ajoutant que M.Chamberlin a toujours paru favorable au projet.Mais, ajoute-t-il, il sera peut-être nécessaire de faire des arrangements spéciaux pour lui faire accepter cette voie avant que le gouvernement soit en état de livrer tout le réseau.Si le G.T.P.n’exploite pas tout de suite la section est, le gouvernement prendra les moyens de l'exploiter jusqu’à ce que le G.T.P.puisse prendre possession de tout le réseau.Il ne croit pas que le G.T.P.tienne à exploiter tout de suite la section est.LIBERA A LA CATHEDRALE M.le chancelier de l’archevêché nous prie d’annoncer qu’a près lia grand’messe demain on chantera un libéra pour le repos de fame des naufragés catholiques péris dans la collision de l^Empress”.Dimanche matin aussi, à l’église Saint-Patrice, après la messe de onze heures et demie, on fera des prières et l’on chantera un libera pour leii victimes de l’“Empress of Ireland’ V Le soir, il y aura procession solennelle et l’on récitera des prières pour les morts et pour le soulagement des familles affligées.PLUS DE NEUF CENTS PERTES DE VIESOû Acheter Demain (Enregistré conformément à lu loi du Parlement du Canada, par L.-P.Deslongchamps, au Ministère de l’Agriculture) La liste des morts de l’“Empress of Ireland” porte quatorze Montréalais manquant à l’appel, entre autres MM.A.H.Lyman, A.E.Barlow, C.D.Tylee et leurs femmes Les survivants donnent de leurs nouvelles- - M.Gosselin est à Montmagny ; M.Kent est arrivé à Montréal hier soir PATHETIQUES RECITS DES NAUFRAGES Dix-huit membres de l’Armée du Salut, la plupart de Toronto, échappés du naufrage de TEmpress of Ireland, sont arrivés à la gare Viger à six heures ce matin.Les récits du terrible accident que chacun faisait aux journaliste,étaient des plus pathétiques.Le navire a sombré si vite que ce fut un sauve-qui-peut confus.Toutes les chaloupes de sauvetage d’un côté du navire ont été mises hors de service par le choc et comme le navire s'est mis à pencher immédiatement il a été très difficile, presque impossible, de mettre les chaloupes de l’autre côté à l’eau, raconte un témoin oculaire.Le lieutenant Keith de l’Armée du Salut dit qu’il a été réveillé par un tremblement du navire et avant qu’il eût gagné le pont le navire penchait de façon alarmante.11 se jeta à l’eau pour éviter d’être écrasé car il était du côté ouvert par le Storstad.Il a été recueilli à temps; il était transi par l’eau glacée.11 n’a pas vu un seul officier sur le pont; c’était des chauffeurs qui mettaient les chaloupes à l’eau.M.Bert Greenway de Toronto raconte qu’il vit une cinquantaine de personnes se débattant dans l’eau et rendues folles par le froid.Mme Cook peut à peine parler; elle a été hissée dans une chaloupe par le bout de son manteau.Le capitaine Rufus Spoôner, de l’Armée du Salut, s’est trouvé sur le bord du navire qui chavirait complètement et il a glissé à l’eau.Après des péripéties inénarrables il fut recueilli par une chaloupe.Le choc s’est produit à 2 heures 10, dit-il.Quantité de personnes ont été paralysées par l’eau froide et n'çnt pu nager pour atteindre les chaloupes.Un enfant de 7 ans, Grace Hannigan, a raconté candidement comment elle s’est trouvée dans l’eau et comment une bonne dame lui fit saisir une rame.Tous ces récits personnels étaient des plus émouvants.Les réchappés ont été reçus à bras ouverts par leurs frères de Montréal.MONTREALAIS SAUVES (D’après la liste officielle publiée par le Pacifique hier soir.) L.A.Gosselin, C.R., 501 Chemin Sainte-Catherine.Lionel Kent, gérant de la compagnie “Energite Explosives”, 4042 rue Dorchester Ouest.G.W.S.Henderson, courtier, 319 rue Mackay.Mlle Grace Kohl fille de M.George A.Kohl, 297 rue Peel.Mlle Helen Taylor, 77 rue Souvenir.SECONDE CLASSE B.Weinraugh, agent d’assurance, 1400 rue Clark.A.McAlpine qui demeurait à Montréal mais inconnu.MONTREALAIS QUI MANQUENT M.et madame A.E.Barlow, 328 avenue Esplanade, Westmount.Le major H.H.Lymans et sa femme.74 rue McTtavish.Mlle Waneta Crathern, 135 avenue Grey, Westmount.M.J.T.Taylor et sa fille Dorothy, 77 rue Souvenir.M.et madame C.I).Tylee.W.Hirxheimer.F.J.Rutherford.SECONDE CLASSE M.et madame M.Stanton.Mlle Schongutt.Bien que les noms de A.McAlpine, W.Hirxheimer, F.J.Rutherford, M.et Mme Stanton et Mlle Schongutt soient inscrits sur les listes comme Montréalais, on n’a pu découvrir de leur connaissance parmi les personnes de même nom à Montréal.Sept seulement de vingt-et-un ! passagers de Montréal, à bord de I Empress ont été sauvés.Les quatorze autres manquent à l’appel et Bon ne croient pas qu’ils aient pu être sauvés.11 y a cependant quelques naufragés à l’hôpital de Ri-mouski, mais ils sont trop faibles pour (lire leurs noms.D’autres passagers les ont identifiés, mais il peut y avoir erreur dans les noms.Cinq des sept Montréalais sauvés ont donné des nouvelles à leurs parents ici.Le sixième M.A.McAlpine, n’a évidemment pas de parents à Montréal et l’autre, Mlle Hélène Taylor est maintenant seule au monde, son père et sa soeur manquant à l’appel.Mlle Taylor s’en retournait en Angleterre avec sa famille.M.G.W.S.Henderson a été le premier à faire parvenir de .ses nouvelles à Montréal et il a annoncé que Mlle Grace Kohl était sauvée.Plusieurs Montréalais sont allés à Rimouski pour retrouver leurs parents ou ramener leurs cadavres.MM.Kent et Gosselin n’ont pu trouver place dans les chaloupes de sauvetage et ont dû se débattre dans l’eau glacée en attendant d’être recueillis.PARMI LES SURVIVANTS ET LES VICTIMES Mme Thomas Tessenden, No 4637 rue Sherbroke, a reçu hier des nouvelles navrantes de son neveu, M.Cedric Gallagher, de Winnipeg, dont la mère, Mme R.R.Gallagher, soeur de Mme Tessenden, a péri dans le terrible naufrage de l’Em-press of Ireland.M.Cedric Gallagher fut assez heureux pour quitter le malheureux navire au moment de la collision en se jetant dans une chaloupe de sauvetage.Rien que la liste des passagers à bord de TEmpress contienne les noms de MM.W.Hirxheimer et F.J, Rutherford, l’almanach des adresses ne les mentionne pas.Quant à Mlle Waneta Crathern, on sait qu’elle a péri lors du naufrage, mais que son cadavre a été repêché près de Rimouski.Il sera ramené à Montréal par son frère, M.Frederick Crathern.Parmi les personnes qui manquent à l’appel se trouve le nom de M, A.G.Maginnis, Tun des principaux directeurs de la raison sociale Mappin et Wcbb, de Londres.Il se rendait en Angleterre avec M.et Mme Adie, de Birmingham, qui sont au nombre des réchappés.11 était venu à Montréal pour y faire l’inspection de la succursale de la maison anglaise.Les noms de M.et de Mme Bar-low ne figurent pas sur la liste des personnes qui ont été sauvées.Il en est de même pour ceux de M.J.T.Taylor, de M.et Mme Charles D.Tylee, du major Henry Herbert Lyman et de Mme Lyman, tous de Montréal.RECIT DE M.LIONEL KENT M.Lionel Kent, de la rue Dorchester, qui était en compagnie de M.L.-A.Gosselin, sauvé comme lui, à bord de T“Empress of Ireland”, doit son salut au fait qu’il est excellent nageur.Pendant pas moins de quinze minutes il s’est maintenu à la surface de l'eau glacée.Il dormait, dans sa cabine, quand il entendit un bruit terrible dans les entrailles du navire.Il comprit que quelque chose d’anormal venait de se produire.Il se précipita sur le pont où déjà s’agitait une foule de femmes et d’hommes en vêtements de nuit.Le navire allait couler.Il se rua du côté de la chaloupe la plus proche, mais quand il voulut y embarquer, il y avait une telle bousculade qu’il fut rejeté sur le pont.A ce moment le navire enfonçait rapidement.M.Kent ne sait pas comment il s’y prit pour ne pas être entraîné dans l’engloutissement de T“Empress”.Il se rendit compte que tout ee qu’il pouvait faire pour son salut c’était de se maintenir sur l’eau et pendant quinze minutes il s’y employa avec succès.Il fut alors ¦ recueilli par une chaloupe de sauvetage.“C’était tard, mais je m’estimais tout de même bien heureux”, dit-il.Son compagnon de voyage et associé en affaires, M.L.-A.Gosselin, est allé à Montmagny, dans la famille de Mme Gosselin.Il reviendra à Montréal lundi.ARRIVEE DES RECHAPPES A QUEBEC Québec, 30.— Le convoi de ITn-fercolonia! portant les réchappés de l’épouvantable désastre maritime d’hier à la Pqinte-au-Père est entré en gare à Lévis, hier soir, à sept heures et quarante.Des centaines de personnes étaient massées sur la plateforme de la gare pour voir les malheureux et ont assisté à Tun des spectacles les plus navrants que Ton ait jamais vus dans cette région.ETAT LAMENTABLE DES RECHAPPES Les naufragés étaient pour la plupart dans un état lamentable.Fatigués et encore sous le coup de la violente commotion éprouvée dans ce terrible désastre, ils étaient presque tous à demi-vètus; ceux qui avaient réussi à sauver quelque chose du désastre ne portaient pour bagage que quelques petits paquets.Quelques-uns n’avaient pas de coiffure, d’autres n’avaient pas de chaussures, un pauvre vieillard, tète nue, n’avait pas non plus de blouse.Les figures reflétaient Hissi la douleur, car le plus grand nombre des survivants ont été séparés au cours de cette tragédie de la mer de parents qui ont péri sur le paquebot.La foule assista muette et Iristc au défilé des quelque cents survivants que le convoi ramenait de Rimouski et dont la condition pénible attirait la sympathie.A son arrivée le convoi passa rapidement devant la gare et alla arrêter sur une autre voie en arrière de la gare, près du quai de la traverse de Lévis, où deux navires de la compagnie de la Traverse limitée attendait les survivants pour les conduire à Québec.LES SECOURS AUX BLESSES Plusieurs médecins étaient à la gare pour donner leurs soins aux blessés qu’il y avait à bord du train et six ambulances, deux de Lévis et quatre de Québec, dont deux de la citadelle, étaient aussi à l’arrivée du convoi pour transporter les malades dans les hôpiaux.Trois hommes blessés ont été transportés à ITIôtel-Dieu de Lévis et le reste est traversé aussitôt à Québec où la compagnie du C.P.B.s’est occupée de leur venir en aide.LE NOMBRE DES SURVIVANTS Il y avait à bord du convoi 396 survivants dont 159 passagers et 257 membres d’équipage.Les passagers se répartissent comme suit; 29 passagers de première dont huit femmes et un enfant, et 101 passagers de troisième.Les traversiers “Colomb” et “Polaris” attendaient les survivants au uuai de Lévis pour les conduire à Québec.Ils furent débarqués au brise-lames où une foule énorme attendait aussi l’arrivée des bateaux.Les membres de l’équipage se rendirent à bord do T“Alsatianv’ où la compagnie du C.P.R.leur fit donner un abri jusqu’à ce qu'elle prenne des mesures pour les faire retourner dans leurs pays.Une partie des passagers ont été conduits au Château Frontenac et à Thôpital de l’immigration, où on s’est occupé de pourvoir à leurs besoins.RECITS TERRIFIANTS Les récits que font les malheureux naufragés de cette catastrophe sont navrants.Les scènes qui se sont déroulées lorsque T“Empress of Ireland”, la reine du Saint-Laurent, s’est enfoncée dans les flots, couvriraient des pages et des pages de récits terrifiants.Les détails nouveaux qui arrivent aujourd’hui du théâtre de cette tragédie de la mer démontrent que rien n’a été exagéré dans les renseignements que nous avons publiés hier.L’étendue du désastre est bien ce que nous le disions.Les pertes de vies, d’après un relevé quasi officiel, s’élèvent à 1,061.Il y avait sur P“ Empress of Ireland ” 1484 personnes, passagers et équipage.Sur ce nombre, 420 onl été sauvées.Il y a actuellement à Rimouski 250 cadavres.24 réchap-pés sont aussi à cet endroit, malades.CONDUITE HEROÏQUE DU CAPITAINE KENDALL Les recherches ont été continuées, hier, par le “ Lady Evelyn ”, qui a recueilli cinq autres survivants, une femme et quatre hommes qui étaient sans connaissance.Le capitaine Kendall, dont tour, les réchappés ne font que des éldges et qui parait avoir tenu une conduite héroïque dans ce désastre unique sur le Saint-Laurent, est très gravement malade.On le disait mort, hier soir, et quelques-uns des survivants disaient que la nouvelle leur avait été annoncée sur le convoi.Mais cette nouvelle n’est pas confirmée.Lorsque le “ Storsiad ” eut frappé P“ Empress ”, le capitaine demanda au charbonnier de continuer à faire machine en avant afin de ne pas laisser béante la plaie qu’il venait de faire au flanc du paquebot.Mais le “ Storstad ” recula et aussitôt Teau s’engouffra dans T“ Empress of Ireland ”, avec le résultat qu’en un instant tout le fond était inondé.* * * LE SAUVETAGE D’après les récits des survivants, le sauvetage Sûr T“ Empress ” s’est accompli sans difficulté el n’eût été le manque de temps, un nombre beaucoup plus grand de personnes auraient été sauvées.L’“ Empress of Ireland ” fut frappé vers trois heures, disent les survivants.Il faisait à ce moment un brouillard qui se dissipa quelques minutes après et permit de voir parfaitement le “ Stor-tad ” qui se tenait près de T“ Empress ” afin de secourir ceux qui étaient à bord.Le charbonnier a frappé le paquebot à gauche, au centre du navire et lui a infligé une déchirure s’étendant jusqu’à l’arbre de couche de Thélice.Dès que Teau s’engouffra dans ses machines, tout arrêta à bord et le manque de lumière contribua à rendre le sauvetage de ceux qui étaient en bas très difficile.Il s’écoula quinze minutes entre la collision et la disparition complète de T“ Empress ”, et pendant ce temps, on réussit à mettre à Teau sept chaloupes de sauvetage.Il y avait encore des centaines de personnes sur le paquebot, lorsqu’il s’enfonça dans les flots au milieu d’une scène épouvantable et des cris déchirants des pauvres malheureux laissés à bord.A LA MER C’est à ce moment que le capitaine Kendall et ses quatre officiers sautèrent à la mer.Le capitaine et le 4ème officier B.Tunstall réussirent à nager jusqu’à une embarcation qui les recueillit, mais les autres moins heureux, disparurent avant qu’on eut pu les secourir.Ce sont, le chef officier, M.R.Stecde, le premier officier, E.J.Jones, le second officier, R.Williams, et le troisième officier, O.File.Hier matin, un ordre a été donné à M.Laval Fortier, entrepreneur de pompes funèbres de Lévis, pour 200 cercueils, mais cet ordre a été coritremandé le midi.Contrairement à ce que disaient les dépêches, hier, au dire des survivants, T“ Empress of Ireland ” était en route lorsque l’accident est arrivé.Elle filait à demi vitesse.Le “ Storstad ” allait à pleine vitesse, dit-on, lorsqu’il a frappé.Des scènes pathétiques incroyables se sont déroulées au cours de ce terifiant désastre, comme en font foi les récits do certains des survivants qui nous ont été faits.Voici les plus intéressants : LE RECIT D’UN CANADIEN M.Philippe Lawlor, de Brand-ford, Ont., raconte Tune des histoires les plus pénibles de cette terrible tragédie de la mer.Le malheureux naufragé s’était embarqué sur (’“Empress of Ireland” avec son épouse et son fils Herbert, âgé de lo ans, pour aller visiter son pays natal d’où il émigra au Canada il y a quelques années.M.Lawlor, qui était au nombre des passagers de troisième, raconte en pleurant qu’il a perdu sa femme dans le désastre, Nous étions tous endormis, dit-il, lorsque la eollision se produisit.Les passagers furent réveillés et même précipités hors de leur lit par la violence du choc qui fit pencher sensiblement le paquebot.Les passagers de troisième eurent à peine le temps de réaliser qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire sans avoir celui de réaliser que c’était, que l’eau inondait l’entrepont.Ceux qui étaient debout purent gagner le pont mais la majorité fut engloutie avant d’avoir pu gagner les escaliers pour y monter.Mon fils me suivit, mais à partir de ce moment je n’ai pas revu ma femme qui a certainement péri puisqu’elle n’a été recueillie par aucun des bateaux de sauvetage.Avec mon fils, je pus arriver jusqu’au pont où une panique régnait dans la foule.LE SAUVETAGE Le capitaine et les officiers étaient à leur poste et des ordres avaient été donnés de descendre les chaloupes à la mer, ordres qu’exécuta le premier officier avec une partie de l’équipage.Quelques chaloupes furent mises à la mer avec succès et remplies puis envoyées au large, mais le navire qui avait penché reprit soudain son aplomb puis graduellement s’engouffra dans Teau.En quinze minutes, avec un bruit sinistre, le superbe paquebot était complètement disparu.Lorsque je vis que le navire allait couler, je sautai suivi de mon fils et nous nageâmes environ un quart de mille avant d’être secourus par une chaloupe de sauvetage qui était déjà très chargée.Des centaines de personnes étaient encore sur T“Em-press” lorsqu’elle sombra et le plus grand nombre de ceux-là furent engloutis comme des rats dans une trappe avant d’avoir pu se ressaisir et voir à se sauver.Le bateau ne coula pas à pic mais disparut sur toute sa longueur à la fois.Lorsque le dernier pont fut envahi par les vagues, je vis le capitaine et les officiers sauter à la mer.Le capitaine fut sauvé par une chaloupe avec un des officiers mais les autres disparurent.L’“Empress” fut frappé au milieu, à gauche, et aussitôt après la collision, le “Storstad” recula, laissant voir une énorme déchirure dans laquelle Teau s’engouffra.Suivant moi, au moins un millier de personnes ont péri.C,e convoi qui nous a ramenés de Rimouski portait 360 réchappés et il en reste an plus une soixantaine à Rimouski.Le ca-oitaine Kendall est gravement mala-de et on nous a même rapporté sur le convoi qu’il était mort.Ce désastre est Tun des plus terribles que Ton puisse imaginer.Rien n’était plus effroyable que le spectacle qui marqua l’engouffrement du navire dans les flots.Des centaines de personnes étaient encore sur le pont et leurs appels désespères arrivaient jusqu’à nous sans qu’il nous fût possible de les secourir.Plusieurs ont été tués en voulant faire un plongeon dans la mer.RECIT D’UN MEMBRE DE L’EQUIPAGE MCMierry, boucher, fait le récit s vaut de cette effroyable catast: phe: Il était a peu près trois heur lorsque passagers et hommes d Quipâ.^o furent tires de leur so meil par un choc terrible qui ébn la tout le paquebot.Avant que personne ait pu réj ser quelle en pouvait être la eau i entrepont et la chambre des n chines furent inondés et un gra nombre de ceux qui s’y trouvait furent noyés sur place! Seuls ce qui étaient en service se sauvèn dans cette partie du navire.Comi tous les autres bouchers du bord, réussis à gagner le pont où tout monde était affoié.Le capitaine tous les officiers étaient à leur p< te rt le premier officier s’occup de diriger la mise des chalouj a la mer.Ce travail se fit avec te le succès possible.Sept bateaux sauvetage furent descendus, remp de personnes et envoyés au larj et si on avait eu plus de temps tr le monde aurait pu se sauver.Ma TEmpress que le choc avait fait pc cher, s’enfonçait graduellement en quinze minutes elle était comp tement disparue.Sept bateaux i rent mis à la mer.Le Storstad frappa le paquet au milieu à gauche et lui fit u (Suite à la ôème pageç MORT DU DR A.0.CLOUTIER .(De notre corresBondautl Nicolet, 30.•— Hier matin, vers les deux heures, la nouvelle de la mort de M.le Dr Auguste-Oscar Cloutier se répandait comme une trainee de poudre dans la ville de Nicole!.Cette fin prématurée a surpris toute la population, car bien que malade depuis quelques semaines, rien ne faisait prévoir une fin aussi prochaine.Le départ de notre ami pour le grand voyage de 1 éternité a jete le deuil et la consternation parmi toute la population mcoletaine.C’était un excellent citoyen, un bon catholique, un professionnel consciencieux et toujours dévoué auprès de ses malades.Aussi il jouissait de l’estime de tous ses concitoyens, qu’il a toujours édifiés par ses bons exemples, ses bonnes paroles, sa charité et sa ponctualité dans l'accomplissement de tous ses devoirs religieux et sociaux.11 est mort anrès avoir reçu tous les secours de la religion, entouré de sa famille, à l’âge de cinquante-quatre ans.Le défunt s’intéressait beaucoup aux questions sociales et était un mutualiste distingué.Il apnar-tenait à la plupart de nos sociétés, telles que la C.M B.A., dont i! a été longtemps le président puis le secrétaire-financier, ainsi que membre de l’Union Saint-Joseph de Drumniondville, de la Ligue antialcoolique.Il occupait la charge de coroner depuis de nombreuses années.Ses funérailles auront lieu mardi, le 2 juin à 9 heures el demie du matin.ISf- A VENDRE AU CENTRE DE LA VILLE DE MAISONNEUVE, 200,000 pieds de terrain, ayant face sur 4 rues, $0.75 le pied, (e'n tout ou en deux parties).ST XjEONARD PORT MAURICE, une terre de 120 arpent».RUE CHATHAM, près St Antoine, 17,000 pieds, $1.50 le pied.RUE NOTRE-DAME, entre Place d'Ar-1E08 et St Laurent.Bloc de 5 étages.Prix $.COIN S.O.MACGREGOR ET SIMPSON.Lot 52 x 155, avec maison.Prix $.RUE ST HUBERT (en bas).Lot 30 x 164.Maison do 4 étages.Prix S.RUE NOTRE-DAME, côté est, un terrain de 100,000 pieds, 210 x 450, jusqu’au fleuve (eau profonde).Prix $0,40 le pied.CHEMIN PAPINEAU, près Ontario.Terrain de 17,000 pieds, $1.25.R.L.DE MARTIGNY 54, Notre-Dame Est.PHARMACIE Lecours et Lanctôt 510 STE-OATHERINE EST Coin St-Denis, iloutréai.Téléphones : Est 4008-833-2770 Thermomètres pour la fièvre / La vente des THERMOMETRES augmente rapidement depuis que les Médecins recommandent aux Malades de n’en servir.Mademoiselle Taylor de New-York, expert en Thermomètres, fera à notre Pharmacie, jeudi, vendredi et samedi de cette semaine des démonstrations intéressantes sur la fabrication, Engage et le soin des Thermomètres.Nous invitons les Médecins, les Garde-Malades et ic Public en général à venir voir ces démonstrations.GLACIERE POUR $5.69 Cette semaine, bonnes et solides glacières d’un fini irréprochable, mesurant 18 par 27 pouces, finies en tôle ÆK ÆC& galvanisée très forte.Valeur de $8.x0 pour.O» ¦ Tous nos autres modèles et grandeurs réduits en proportion.A R MAISON CHAiV.BAUL
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