Le devoir, 26 février 1914, jeudi 26 février 1914
VOLUME V—No.47 MONTREAL, JEUDI 26 FEVRIER, 1914 UN SOU LE NUMERO - • ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.*3.00 UNION POSTALE.w $0.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.*1.00 ETATS-UNIS.*1.50 UNION POSTALE.* .,, , .*3.00 LE DEVOIR v.-JirjK Rédadtion et Administration ; 7la RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION ; - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA # • FAIS CE QUE DOIS ! LE SCANDALE DE TORONTO Les dépêches de Toronto nous apportent Je récit d’un nouveau scandale.On en trouvera ailleurs les détails: ils sont infiniment tristes.En fait, il est peu de lectures plus pénibles que celle de cette lettre de M.Gustave Evanturel, député de Prescott, produite hier devant l’As-seinblée législative.Le malheureux y supplie son correspondant d’obtenir de l’Association des marchands d’alcool de la province une somme de dix mille piastres comme prix de sa défense de l’association et de ses intérêts: “Je suis un pauvre homme; écrit-il, ne vidant que de ma petite indemnité sessionnelle, et j'espère que l'association trouvera le moyen de m’aider.Dans ma lettre an bureau de direction, je demandais une somme d’au moins *10,000 — $3,000 comptant et le reste par versements afin de subvenir à mes besoins.Je suis disposé pour ce salaire à me faire le défenseur de l'association et à présenter à la Chambre tout amendement au projet de loi ministériel restreignant la vente des liqueurs, etc.Je crois qu’il serait utile à votre association d’avoir un député qui serait là sur le parquet de la Chambre pour accepter et présenter à ta Chambre toutes les suggestions venant de votre importante association.Aurez-vous l’obligeance d’appuyer ma demande, quand elle sera présentée au bureau, à sa prochaine réunion?Je signerai tout engagement qu’exigera votre bureau pour être sûr que je suis l'homme qui défendra votre cause à la Chambre.Je désirerais que t'affaire fût réglée aussi tôt que possible, car j’ai actuellement besoin d’argent.’’ Est-ce assez lamentable?On voudrait douter de cette déchéance, mais M.Evanturel n’a même pas contesté l’authenticité de la lettre, et aucun témoignage ne peut plus durement le frapper que celui au bas duquel s’étale sa propre signature.La faute est deux fois grave, car le député de Prescott appartienl à une minorité qui lutte pour le respect de ses droits élémentaires, dont il a prétendu se faire le champion et sur laquelle rejaillira forcément une partie de son déshonneur.11 serait peut-être nécessaire cependant pour apprécier avec équité son cas personnel deJe situer dans l’ensemble de notre vie politique.11 est d’abord évident que l’auteur de cette extraordinaire lettre est, du point de vue intellectuel, un être fort peu doué.Jamais un homme d’intelligence moyenne n’aurait signé de pareilles pièces, ne se serait aussi stupidement livré à ses maîtres.Il faut compter ensuite que, pour être plus voyante et entourée de circonstances qui soulèvent le dégoût, son aventure ne diffère pas assentiellement de celle de tel ou tel député, qui, défendant sur le parquet de la Chambre des intérêts privés, reçoit indirectement sa récompense sous forme d’honoraires versés à son ou ses associés professionnels, chargés de plaider la même cause à la barre de l’Assemblée.L’existence de cette dernière pratique est un peu partout affirmée: l’Assemblée législative a donné de la consistance aux pires rumeurs-en refusant d’obliger M.Beck à nommer les avocats qui, affir-me-t-il, lui ont déclaré en avoir la preuve éerile.M.Evanturel, comme M.Mousseau, est dans une certaine mesure victime d’un système qui leur est antérieur à l’un et à l’autre; mais l’abcès qui vient de crever à Toronto, après celui de Québec, montre qu’il est plus temps que jamais de travailler à la réforme des moeurs publiques.La véritable urgence, la voilà! Orner HEROUX.LETTRE D’OTTAWA LE REMANIEMENT DE LA CARTE ÉLECTORALE DE QUÉBEC > NOS CHEMINS DE FER Le ministère des chemins de fer coin mu nique à la presse un résumé de ses statistiques de l’an dernier.C’est une idée que les autres départements devraient suivre.La publication des livres bleus retarde tant, en effet,que les renseignements qu’ils contiennent perdent de leur intérêt.Ce résumé qu’on nous adresse est lui-même déjà vieux de six mois.La dernière décade a vu l’extension la plus considérable de notre système de voies ferrées, onze mille milles en 10 ans, de 1903 à 1913.Toutes les provinces en ont bénéficié.La décade actuelle verra un développement plus rapide encore, probalement, car les chiffres du ministère affirment que le 30 juin dernier, il y avait au Canada 18,647 milles de voies en construction, dont 2,956 à peu près complétés, bien que non encore reçus officiellement.Ontario est la province le mieux pourvue, avec ses 9,000 milles de chemin de fer.Québec n’a pas la moitié de ce réseau: elle n’a pas tout à fait ses 4,000, moins que Ta Saskatchewan.Quant à l’Ouest en général il a déjà presque autant de chemins de fer que l’est.Le Manitoba, par exemple, grand comme la main comparé à Québec, a quelques milles de voies ferrées de plus que la province de Québec, tandis que les quatre provinces situées à l’ouest du Lac Supérieur possèdent 13,134 miles de chemin de fer et les provinces de l’Est, 16,170 milles.Et dans deux ou trois ans l’Ouest l'emportera considérablement sur l’Est, avec ses 26,630 milles.A moins de projets nouveaux et très rapidement exécutés, Ontario.Québec et les provinces maritimes n’auront alors que 21,321 milles.T.a statistique du matériel roulant explique pourquoi il n’y a pas eu congestion du transport des produits de l’Ouest l’automne dernier.Avec 635 locomotives et 41,-303 voitures de plus, un seul trajet de la moitié de ce matériel amenait aux entrepôts de dix à quinze millions de minots de grain.Les dépenses d'exploitation augmentent considérablement, mais les -ecettes aussi et, malgré les fréquents rajustements de salaires, les devenus nets des compagnies sont considérables.Rien ne le démontre .^csi catégoriquement que le chiffre des dividendes aux actionnaires; il a presque triplé en cinq ans: 13 milions en 1908, 33 millions et demi en 1913.Et, malgré cette juste part faite au capital, il restait encore dans le trésor des compagnies une quinzaine de millions.Jean DUMONT.LA CONFERENCE DE M.0’HAGAN On nous dit que, dans sa conférence du 6 mars, M.O’Hagan se propose de traiter sous toutes ses faces la question bilingue dont il a fait une étude spéciale.On peut donc s’attendre à une séance particulièrement intéressante.BIBLIOTHEQUE RURALE On a demandé au gouvernement fédéral s’il ne croyait pas à propos d’adjoindre aux bureaux de postes ruraux de petites bibliothèques pour récréer et instruire la population des campagnes.Le premier ministre a répondu tpie le sujet était à l’etude.On sait ce que cela signifie dans la bouche d un politicien; les trois-quarts du temps cela veut dire que le ministre n’y a jamais pensé, n’en sait rien et ne s’en occupera pas du tout.Les lectures, les bonnes lectures instruisent et élèvent et l’on finira sans doute par installer de petites bibliothèques rurales dans les bureaux de poste, là où il y en aura besoin, Et le monsieur qui aura obtenu cela et le gouvernement qui l’aura donné, croiront peut-être qu’ils ont accompli une merveille et activé proportionnellement le progrès.Au risque de gâter leur satisfaction, apprenons-Ieur que la bibliothèque rurale existe depuis très longtemps dans la provinces de Québec.Tous les dimanches après la messe, dans nos paroisses bien organisées, et la plupart le sont, ceux et celles qui ont le temps de lire vont prendre un ou deux volumes à la bibliothèque paroissiale.J.D.LES LOGEMENTS SALUBRES LA CONFERENCE DU 4 MARS Tous les journaux s’occupent plus ou moins de la question des logements salubres dont parlera M.le Dr Nadeau, à la conférence du 4 mars.On s’organise actuellement, dans les milieux anglais, pour obtenir une seconde conférence de M.Nadeau.L On sait que la réunion convoquée sous les auspices du Devoir aura lieu mercredi soir prochain, sous la présidence de Mgr Gauthier, évêque auxiliaire de Montréal.Elle se tiendra dans la salle académique du Gesù.rue Bleury, et sera illustrée de nombreuses projections.L'entrée sera absolument gratuite.Les dames sont particulièrement invitées.M.BOURASSA A WELLAND M.Henri Bourassa prononcera ce soir, à Welland, un discours sur la question du français.Nous donnerons demain un résumé de son discours.BILLET DU SOlIt.CENDRES.il se surmène, le bonhomme gris comme un jour de pluie et qui, faisant sans retenue le geste auguste du semeur, répand abondamment sur le trottoir des cendres poivre et sel.Il profite de Voccasion pour vous en lancer une poignée à la figure et une généreuse pincée dans les yeux.Peut-être croit-il bon, en ces jours de carême, de nous rappeler que nous ne sommes que poussière.Au fait, quand il vous a coudoyés, vous n’êtes que poussière, littéralement ; vos vêtements et votre moustache ont vieilli de vingt ans.Il n’était que juste, n’est-ce pas, que la rare activité, le zèle de ce semeur de cendres fussent signalés à l'hôtel de ville.J'en ai parlé à un fonctionnaire de la Voirie.Et j'ai voulu savoir de lai pourquoi l'on répand tant de cendres sur les trottoirs.Il me semble, lui ai-je exposé humblement, qu'il est déjà assez dif/icile de marcher dans la neige, sans qu'on jette des cendres qui, mêlées avec de la ‘glace fondante, collent aux semelles et alourdissent encore les pieds.Et que dire des mamans qui poussent devant elles des traîneaux de bébés, et qui n’évitent une panne qu’en prenant la chaussée périlleuse ?Il est vrai que les cendres sont censées nous empêcher de glisser.—Mais non, ce n'est pas ça, rétorqua mon interlocuteur.Et, confidentiel, il me confia ; Les élections approchent, voyez-vous, et les cendres ne sorti, pour ainsi dire, qu’une machine, électorale.__ ?-—¦Réfléchissez.Vous use: vos caoutchoucs à marcher sur la cendre, vous usez vos tapis en rentrant chez vous, vous usez vos vêtements et votre chapeau en les brossant ; donc, les cendres font aller les affaires ; donc, ceux qui répandent abondamment sur le trottoir des cendres poivre et sel, et qui sont candidats, auront l’appui chaleureux des marchands de chaussures, d’habits, de chapeaux, et même des oculistes.—Videmment.Parions que c’est Médéric Martin qui a trouvé le caup des cendres.—Chut ! Léon LORRAIN.' 1 1— *¦*- UN CENTRE ALLEMAND AU CANADA UN APPEL DU “WEST CANADA" Dans son numéro du 1er février, le TVesf Canada, de Winnipeg, nous apporte un article de rédaction, qui invite, avec insistance, les Allemands de l’Ouest canadien à s’unir, à former un groupe compact, résolu à ne donner ses voix dans les élections qu’à bon escient, qu’en retour de promesses formelles en faveur de l’Eglise, voire de la nationalité allemande.Déjà, paraît-il, libéraux et conservateurs se disputent les voix allemandes dans cette partie du Dominion.Pourquoi, se demande le West Canada, les Allemands n’auraient-ils pas des Allemands pour les représenter aux parlements soit fédéral, soit provincial?Il s’exprime en ces termes: “Est-ce que, ami lecteur, un Anglais ou un Français vous représentera mieux que ne ferait un de vos compatriotes?Anglais et Français ne voient en nous que des étrangers.A notre situation s’applique exactement le proverbe : Aide-toi et le ciel t’aidera.Qu’est-ce que nous, catholiques allemands, avons obtenu jusqu’ici?Rien.Chaque année nous revenons pleins d’enthousiasme de notre assemblée populaire, tranquillisés par la pensée que nous avons annuellement une telle assemblée, et nous n’hésitons pas ensuite à accepter les deniers de Judas de la part des libéraux ou des conservateurs sous la forme dé quelques faveurs.de quelques dollars ou d’insignifiantes places.Celui qui s’estime rusé, reçoit des deux partis à la fois, se rassurant par la maxime qu’il faut hurler avec les loups.” Le journaliste rappelle qu’à l’origine du Centre allemand étaient d’autres hommes, des hommes de caractère, de vrais catholiques, mettant par-dessus lout le reste leur parole, leurs sentiments cl leurs opinions.Ils voyaient grand et loin dans l’avenir.Puisse Dieu envoyer à leurs eompatriote“s établis au Canada des hommes semblables, des hommes de la trempe d’un Kette-ler, d’un Winthorst, d'un Mallin-chrodt, d’un Reiekensperger, des hommes, qui ne trahissent pas leurs frères allemands et leurs coreligionnaires, en trafiquant de leurs votes.Avec une fierté peut-être un peu bien berlinoise, l’écrivain du West Canada s’approprie la parole: Germania docet.Cela veut dire, ex-plique-t-il, que l’Allemagne montre aux autres peuples ce qu’on doit faire.Ainsi, dit-on, l'entendit un jour le Saint Père, à Rome.En tous les cas, Dieu veuille qu’on puisse dire encore au Canada: Germani docent! Les catholiques allemands se sont unis, organisés; ils ont leurs représentants dans les parlements, donnant par là le bon exemple, montrant le droit chemin aux autres nationalités; ils ont fondé un parti qui, s’appuyant sur la base ferme d’un christianisme pratique, soutient toutes les propositions favorables au pays, qu’elles émanent des libéraux ou des conservateurs; et qui, se faisant en même temps le champion des droits de l’Eglise, contribue de toutes ses forces à ce que la barque de Pierre vogue en sûreté à travers les flots déjà gros et menaçants que soulève autour d’elle la furie du sectarisme et de la franc-maçonnerie.L’auteur de l’article voit dans les associations d’hommes (Manncrvereine) le noyau du futur parti.11 pousse à la fondation de pareilles associations dans tous les groupes allemands, il exhorte ses lecteurs à s’y enrôler.Plusieurs, parait-ij, s’en éloignent pour des motifs d’argent.Mais quoi! ajoute-t-il, où est le pays, où est le peuple qui puisse arriver à la prospérité religieuse sans un véritable esprit de sacrifice?LE LISEUR.FAILLITE A PROPROS D’AGRICULTURE Un homme qui suit de près les questions agricoles nous écrit : Le fait est là brutal, indéniable.Les campagnes se vident au profit des villes : nous ne produisons plus assez pour notre subsistance.Pas d’illusion ! loin d’être accidentel, passager, le déficit continue, s’accentue, menace de devenir permanent.Tous de geindre et de se lamenter ; et l’homme des villes et l'homme des champs, et l’industriel et l’ouvrier, et le producteur et le consommateur.Est-il un état mieux défini de souffrance et de malaise organiques ?Et ce palladium de l’agriculture : Notre système de fermes expérimentales ; Nos commissaires de ci, nos commissaires de ça ; Nos associations d’éleveurs ; Nos sociétés d’industrie laitière ; Nos cercles, nos comices, nos conférenciers ?Faillite ! Plus profondes qu’on ne le croit, les racines du mal.Où sont les cas de positions enviables échangées contre d’autres moins lucratives ?M La terre est abandonnée parce qu’elle ne paie plus celui qui la cultive.Aussi vraie aujourd'hui qu’en 1836, cette réflexion d’Arago : “Ce n’est pas avec de belles paroles qu’on fait du sucre de betterave.” Qui dit système, organisation, indique une chose complète où tout s’emboîte et sc tient.Autrement, stériles les efforts, gaspillées les forces.Que penserait-on d’une compagnie de chemin de fer qui ne s’occuperait pas de trouver voyageurs et trafic pour alimenter la voie qu’elle vient de construire ?Qu’a fait notre organisation agricole pour convaincre les esprits que les méthodes anciennes devaient céder le pas aux méthodes nouvelles ?Ici, comme dans toute autre sphère, l’absence de conviction laisse la place libre à l’indifférence et à l’incrédulité : “Le conférencier a les mains trop blanches.Est-il possible à un particulier d’implanter sur sa terre les méthodes en existence sur les fermes du gouvernement ?.” Et, notre chemin de fer, — dans l’occurence notre organisation agricole, — ayant failli à racoler des clients, négatifs sont les résultats de son entreprise.Comptes en main, constatant à n’en plus douter que certaines de ses opérations ne lui raportent aucun profit, le cultivateur irait de lui-même à ces sources d’information tandis qu’il reste réfractaire aux enseignements qu’on veut lui faire entrer dans la tête à coup de conférences ou au moyen de publications de toute nature.Est-il aussi surprenant que cet homme se décourage et cherche un autre champ d’action ?Que ne lui a-t-on mis entre les mains une méthode de comptabilité qui lui aurait vite fait découvrir les points faibles de son exploitation, et les voies nouvelles conduisant au succès ?Donnez-lui la lumière, et le cultivateur ne tardera pas à retourner à la terre.Distribuer gratuitement parmi la population agricole une méthode de comptabilité simple et pratique était trop élémentaire, il fallait faire le tour plus grand pour arriver à une.faillite qui affecte malheureusement toutes ies classes de la communauté.Ottawa, 25.— La commission parlementaire du remaniement de la carte fédérale a commencé ses travaux cette semaine, dès le 23.En 1903, l’ensemble des délibérations des sept députés chargés de soumettre à lu Chambre une nouvelle carte des comtés a duré deux mois; et cependant, il y avait à délimiter 221 comtés au lieu de 234 ou 235, nombre de ceux qui existeront, les travaux de la commission actuelle une fois terminés.11 est vrai que celle-ci travaillera pendant les séances de la Chambre des Communes et que, de ce fait, elle épargnera du temps.Mais il esl peu probable qu’elle achève sa lâche et fasse rapport à la Chambre des conclusions où elle en sera venue, avant les vacances de Pâques; on compte que si ce rapport est déposé aux Communes vers le 15 avril, ce sera déjà beau.Et les députés prendront bien une couple de semaines à en discuter certains détails; de sorte que si la nouvelle carte électorale est prête et adoptée par les Communes vers le 1 mai prochain, on pourra dire que celles-ci auront agi avec assez de promptitude, étant données les circonstances.UNE BESOGNE ARDUE La commission du remaniement a une tâche ardue el délicate à remplir, d’ici à quelques semaines.Il lui faudra tirer au clair la question de représentation de l’Ue-du-Prin-ce-Edouard, délimiter les comtés de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, en enlever trois ou quatre dans ces deux provinces, donner à l’île de Montréal une douzaine de députés, au lieu des six que cette ville a actuellement, et, partant, faire disparaître au moins cinq comtés ruraux, en remanier plusieurs autres, faire une nouvelle carte pour l’Ontario, dont quatre comtés doivent disparaître et tailler de nouveaux collèges électoraux dans les provinces de l’Ouest.Les neuf députés de la commission auront donc fort à faire, s’ils veulent donner satisfaction aux deux partis.Le noeud de la question, c’est la manière dont se fera le remaniement des comtés dans la province de Québec.Il est entendu que l’unité de représentation sera plus considérable pour les comtés urbains que pour les circonscriptions rurales.L’unité théorique, dans Québec, et pour lout le reste, du pays, — puisque celle de Québec sert d’étalon au reste du Canada,— est, d’après les chiffres du dernier recensement, de 30,819.La moyenne de la représentation ,dans chaque province, devra donc être de ce chiffre.Mais la commission n’a pas encore établi l’unité de représentation relative, pour les villes et pour la campagne.On estime qu’elle sera de 40 à 45 mille dans les villes, et de 20 à 25 mille dans les campagnes.Ceci, toutefois, n’est qu’approximatif.LA REPRÉSENTATION DE MONTRÉAL Montréal, depuis le recensement de 1903, s’est accru considérablement.A l’heure actuelle, cette ville a sept collèges électoraux: Hoche-laga, population, 75,049; Maisonneuve, population, 170,918; Sainte-Anne, population, 21,676; Saint-Antoine, population, 48,638; Saint-Jacques, population, 44,057; Saint-Laurent, population, 55,860; Sainte-Marie, population, 54,910.Si l’on ajoute à ces collèges ceux de Laval et de Jacques-Cartier, d’une population respective actuelle de 29,-977 et de 65,023 habitants, l’on a, pour Tile de Montréal et ITIe Jésus, une population totale de 566,108 âmes.(Aux dernières élections, il y avait 130,900 électeurs inscrits sur les listes de ces comtés).Si l’on prend le chiffre de 45,000 comme unité de représentation, l’on aurait, après remaniement, dans les limites de ces neuf comtés, 12 circonscriptions électorales.SI l’on prend 40,-000 comme unité, il y en aurait 14.Il est probable que ce chiffre de 40,000 sera l’unité de représentation pour les villes.Il faudra donc, puisque la région de Montréal aura cinq nouveaux députés, — 14 au lieu de 9, — que la commission du remaniement en fasse disparaître cinq dans le reste de la province ; car le Québec ne doit toujours avoir que 65 députés, d’après la constitution.Quels comtés disparaîtront ?Si l’on s’en tenait en tout aux chiffres du dernier recensement, — celui de 1911, — il faudrait rayer de la carte et annexer à d’autres comtés survivants les plus petits, à l’heure actuelle, au point de vue population.Ce sont : Soulanges, population, 9,400 ; Québec-Ouest, population, 9,610 ; Vaudreuil, population, 11,039 Rouville, population, 13,131 ; Montmorency, population, 13,215, soit trois comtés dans le district de Montréal et deux dans celui de Québec.Mais cette liste n’est pas exacte, car elle ne concorde pas tout à fait avec celle des comtés que le ministère se propose de faire disparaître.Le projet de carte qu’il va soumettre à la commission, en ce qui a trait à la province de Québec, pourvoit à la disparition des comtés de Soulanges, (population, 9,400), de Rouville, (population, 13,131), de Montmorency, (population, 13,215), déjà énumérés ; et il fait aussi disparaître, au lieu de Vaudreuil et de Qué-bec-Üuest, les circonscriptions de Montcalm, population, 13,862, et de ITslet, population, 16,435, 11 se pourrait que les délégués libéraux à la commission de remaniement protestassent d’abord contre la disparition de Montcalm.Mais comme le comté voisin, Joliette, n’a qu’une population de 23,911, il est probable que tout Montcalm lui sera annexé, ce qui donnerait à Joliette, avec ses nouvelles limites, mu* population de 37,060.Rouville, enclavé entre Chambly-Verchères, Saint-Hyacinthe, Bagot, Shefford et Saint-Jcan-et-lberville, se fragmentera entre Ragot et Saint-Jean-et-Iberville ou Saint-Hyacinthe, s’il n’est pas tout entier annexé à ce dernier comté.Dans ce cas, le nouveau comté aurait 33,-000 âmes à peu près.Soulanges et Vaudreuil seront annexés, pour faire un nouveau comté encore peu populeux, puisqu’il n’aurait qu'une population totale de 20,439.Dans le district de Québec, Montmorency, borné au comté de Québec, d’un bord, et à celui de Charlevoix, de l'autre, sera divisé, de manière à accroître la population dans ces deux comtés.Il paraît vraisemblable que Je gouvernement, désireux de garder à l’élément irlandais la circonscription minuscule de Québec-Ouest, la plus petite de la province, après Soulanges, au point de vue de la population, (9,-610), annexera une partie du comté de Québec à Québec-Est, puis une partie de Québec-Est à Québec-Centre, une partie de Québec-'Centre à Québec-Ouest, et adjoindra à l’autre extrémité de Québec-Comté, une partie de Montmorency.Il est rumeur qu’il annexerait au comté de Bellechasse, — population, 21,-141, — ITIe d’Orléans, jusqu’ici rattachée au comté de Québec, mais sise en face des limites de Belle-chasse.Quant au comté * w * m* ¦.«* *•*.duire la tâche de la ménagère.Ajouterons-nous encore que dans un intérieur bien tenu jamais un torchon ne doit être noirci.La publicité moderne nous fournit abondamment de papier; servons-nous en pour nettoyer le dos des casseroles, de nos poêles et le dessus de nos fourneaux, ce sera économiser notre linge de manière intelligente.Habituons aussi nos cuisinières à ne pas mettre toute leur cuisine en désordre parce qu’elles lavent la vaisselle; pas de gouttes d’eau sur ,1e sol, pas de tables encombrées: du commencement à la fin de l’opération la cuisine doit donner Vipipression d’une pièce où l’on travaille avec ordre.La vaisselle lavée, il faut la ranger.Pour celle qui a sa place à la cuisine (casseroles, passoires, etc.), le plus simple, et le plus rapide, c’est de ranger les objets à mesure qu’on les essuie.Quant à ceux qrul doivent' être placés dans les armoires de la salle à manger, on les disposera au fur et à mesure qu’on les essuiera en piles sériées sur des plateaux et le transbordement se fera avec facilité.Bien ranger la vaisselle, comme le fait très justement remarquer M.Schindler, c’est par contre-coup simplifier la tâche de la personne qui mettra le couvert, et qui le mettra d'autant plus vite que l’ordre sera plus parfait.ENTRETIEN DE LA CUISINE.La vaisselle lavée, rangée, c’est au tour de la cuisine.On brossera l’évier à la brosse de chiendent, on rangera les bassines bien frottées, on videra les cendres, on remplira le récipient d’eau, on balaiera la cuisine et on finira en la lavant proprement.Las débris ménagers, lorsque cela sera possible, seront enlevés après chaque repas et le récipient qui les contenait sera lavé proprement.Ceci pour l'ordre journalier.Aux jours de grands nettoyages, les murs, les étagères de la cuisine seront lavés, les armoires vidées, lavées, puis rangées, les.meuble# de bois frottés au sable, les vitre* nettoyées à l'eau ammonia-, Urbain et de laisser à l’Eglise naissante sa demeure nuptiale pour être convertie en église.C’est cette demeure de sainte Cécile que le cardinal Rampolla a découverte et restaurée, avec un culte pieux, un sens archéologique éclairé, une patience inlassable et une splendide munificence.Depuis 1899, comme titulaire de la basilique de Sainte-Cécile dans le Transtévère, il n’a cessé de poursuivre son oeuvre de restauration.Conformément au désir de sainte Cécile, aussitôt après sa mort, les chrétiens commencèrent à se réunir dans la salle la plus grande de sa maison, dans la “basilique”.Ils y étaient relativement protégés par l’inviolabilité du domicile.Dès l’an 499, on trouve les noms des prêtres titulaires de Sainte-Cécile dans le Concile tenu par le pape saint Sym-maque.Mais une série successive de monuments, une véritable végétation de pierre, enfouit peu à peu de plus en plus profondément l’antique maison de la Sainte.Ia revue “Rome” a jp-dis consacré une étude bien curieuse à ces basiliques qui se sont superposées au cours des siècles.Dès le début du Vile siècle, on abandonna le sanctuaire intérieur et on éleva une église supérieure.Il en est question dans la lettre de l’apparition de sainte Cécile au Pape.“Tout porte à croire que cette nouvelle église dut être construite sous le pontificat de saint Grégoire le Grand, entre 690 et 604.’’ Au début du IXe siècle, saint Pas- il cacha le pavé de mosaïque sous un dallage.En 1823, le cardinal Doria Pam-phili enferma les colonnes antiques dans d’énormes piliers surmontés d’arcs étroits et rabaissés.Le cardinal Rampolla entreprit de remettre au jour tout ce qu’il était possible de l’ancienne basilique.Ne pouvant toucher à la basilique actuelle, il conçut le grandiose projet de creuser peu à peu entre les fondations, et, si je puis employer cette expression, de glisser une crypte sous l’église supérieure.“Les fouilles terminées, toute l’aire de la grande nef et du portique fut recouverte de voûtes, posées sur les murailles antiques et sur des pilastres modernes construits à dessein.” Les travaux ont été exécutés sous la direction du savant archéologue Mgr Crostarosa, qui en a exposé les résultats dans le “Nuovo Bolletino d’Archeologia Sacra” de 1899 et de 1900.Au cours des fouilles, on retrouva, au ras du sol primitif, le mur et les piliers de la basilique antérieure au pape Pascal 1er.On ne découvrit point de peintures comme à Saint-Clément, mais on remit à jour des fragments de pavé en mosaïque noire et; blanche, d’un dessin simple et de bon goût.On se trouvait bien en présence d’une partie de la demeure des Cecilii, et non d’une oeuvre de la décadence.En effet, les piliers retrouvés sont construits en briques.Or, depuis Auguste, l’usage du marbre pour les constructions était devenu commun.“Si la “gens Cecilia”, famille riche et puissante, avait adopté la brique dans la construction de son “oedes”, de sa maison, c’est que ce genre de matériaux était alors seul employé.Nous aurions donc devant les yeux une construction de la période républicaine de Rome.” L’examen des marques des briques a confirmé ces inductions.“Celles-ci ne portent aucune des marques de briques qui appartiennent à l’époque impériale et à la décadence.Parmi elles, on a trouvé, creusés dans un rectangle, les mots AS AB AS VC, et ce genre de sceaux de terres cuites est, de tous, le plus ancien.” On se trouve donc bien en présence de l’antique basilique domestique qui servait >ux grandes réceptions de la famille illustre de sainte Cécile.Un peu en avant de la basilique, on a retrouvé également le “narthex”.C’est une salle de 19 mètres de long sur 8m,50 de profondeur.“Elle servait de lieu de rendez-vous aux esclaves qui attendaient leur maître, et était un peu comme la salle des Pas-Perdq^.” Enfin, le “caldarium”, les bains chauds, a toujours été pieusement conservé.On y aperçoit distinctement, le long des murs, les bouches des tuyaux qui amenaient la vapeur dans la salle de bains.C’est là que sainte Cécile subit le supplice de l’étouffement et fut frappée du glaive.On peut donc dire que le cardinal Rampolla a exhumé pour la piété, pour l’archéologie et popi' l’histoire, la plus grande partie de la maison nuptiale de sainte Cécile, où se passèrent les scènes si touchantes et si tragiques que nous racontent les “Actes” indiscutables de son mar-tyre.La nouvelle crypte a été décorée avec une véritable magnificence.Le pavé rappelle les mosaïques des Xle et Xlle siècles.La voûte est enrichie de stucs, d’ors et de gemmes.Les parois sont revêtues de plaques de ci-polin encadrées de marbre rouge, avec des motifs empruntés aux décors des catacombes: des colombes, des phénix, des rameaux.L’autel principal, dédié à sainte Clotilde, consiste en une tablé de marbre précieux.Au-dessus, trois magnifiques tableaux en mosaïque rappellent les faits dominants de l’histoire de la Sainte.Deux autels latéraux sont dédiés à sainte Agnès et à sainte Agathe.Une statue de sainte Cécile en prière, due au ciseau du célèbre sculpteur Aureli, achève pour ainsi dire de la rendre présente dans son antique demeure, sur ce sol qu’ont foulé ses pieds, entre ces murs où a passé sa virginale figure.On sent que le cardinal Rampolla a mis tous ses soins à embellir “con amore” ce sanctuaire.On raconte que, quand il fit extraire du “martyrium” le reliquaire d’argent dans lequel Clément VIII avait renfermé, en 1699, le corps de la jeune martyre, il M.FISHER SE DEFEND IL DEFIE M.SAM HUGHES DE REPETER HORS DU PARLEMENT LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE LUI A LA CHAMBRE.mille dollars pour celte grande œuvré.Sans se lasser nous voulons travailler et en même temps secasirir celles d’entre noua qui sont moins fortunées.A cet effet l’Association Professionnelle des Employées de Magasin donnera le 5 mars dans la spacieuse salle du Monument National, une séance littéraire et musicale sous le haut patronage de Mgr Georges Gauthier.La Chorale des Jeunes Filles Canadiennes-Françaises, Em-! ployées de magasin, exécutera : La tu ; Mme MacMillan Ottawa, 26.— M.Sydney Fisher, ! hile direction de ty ancien ministre de l’Agriculture, a d autres artistes, comme M.A.Dan mis en circulation hier soir une dé- sereau et Mme Brosseau se sont cha.claration, en réplique aux allêga lions du Col.Sam Hughes, ministre de la milice, qui l’accuse d’avoir reçu de l’argent lors de l’achat des terrains où se font les campements militaires à Farnham.L’accusation se trouve dans le “Hansard” non révisé.Le Col.Sam Hughes aurait dit qu’“un certain Monsieur distingué, l’ancien ministre de l’Agriculture, et quelqu’un de ses ; amis de la Chambre, avaient des hypothèques sur un terrain marécageux près de Farnham.On était supposé s’en servir pour la culture du tabac?mais on cessa cette culture.“Conséquemment, ces messieurs ne pouvaient toucher le montant de leurs hypothèques.L’un d’eux dit : “Etablissons-y un camp militaire”.Des rapports furent immédiatement préparés par deux officiers distingués de la milice qui déclarèrent que c’était un beau site pour un camp, et le camp de Farnham fut en conséquence mis à la charge du Département de la Milice pour une somme fabuleuse.Ces messieurs reçurent un pot-de-vin pour les hypothèques qu’ils ne pouvaient pas toucher autrement.Je comprends que tous deux ont siégé de l’autre côté de la Chambre.Un député.—Etait-ce M.Sydney Fisher?.M.Hughes.—M.Sydney Fisher, ancien ministre de l’agriculture, certainement”.DECLARATION DE M.S.FISHER “Maintenant, je désire déclarer que cette accusation téméraire contre moi est absolument sans fondement”, dit M.Fisher, dans sa déclaration, et il ajoute : “Je sais que le ministre, quand il fit cette déclaration, savait qu’elle n’était nullement fondée.Il m’a connu pendant plusieurs années comme simple député à la Chambre, et comme ministre, et il sait que personne ayant quelque respect pour la décence et la vérité, ne m’a accusé d’avoir tiré un avantage pécuniaire des positions publiques que j’occupais.“Je ne porte ordinairement aucune attention aux vilaines accusations de ce genre, mais lorsqu’un ministre de la Couronne, sous sa pleine responsabilité, envers le Parlement, fait une telle déclaration, je ne puis la laisser passer sans la contredire.“J’ajouterai seulement que cette accusation est absolument îausse et que si le Col.Sam Hughes la répète où il ne puisse pas avoir la protection que lui accorde le privilège parlementaire, je lui intenterai le jour suivant une action criminelle en libelle gês de la partie musicale ; des amateurs distingués interpréteront : “Une minute trop tard.” En assistant à ce concert qui vc.is réjouira, vous prouverez votre reconnaissance aux Demoiselles qui chaque; jour vous recevront avec un accueil toujours bienveillant et dévoué.Une liste de souscription est ouverte pour venir en aide à cette œuvre.| Déjà quelques patrons et amis nous» ont témoigné leur sympathie en y inscrivant leur noir' accompagné dij dons généreux.Nous leur disons da tout cœur merci et espérons que tous ¦ nos patrons nous feront l’honneur da s’inscrire en adressant à l’Association Professionnelle des Employées1 de Magasin, Caisse de Secours,Chambre 14, Monument National.ATTENTION A VOTRE VISAGE DURANT FEVRIER ET MARS W La plupart des laideurs du visage, telles que les taches de rousseur, masque, rudesse de la peau, gerçures, rougeurs du nez, rides, boutons à tête noire ou toute autre sortes d’éruptions, sont presque toujours causés li n par les vents et les in-i tempéries de l’hiver et 5 à moins que.vous en empêchiez l’apparition, elles dureront toute l’année.Pour conserve* la pureté de votre teint, la douceur, la sou-* plesse et la fraîcheur de votre peau ou faire disparaître tout ce qui porte atteinte à la beauté de votre visage, il n’y a rien au m u-de d’aussi efficace que le célèbre LAIT D8SI DAMES ROMAINES, surnommé '‘Nourriture de la peau”.Pour les hommes après s’être rasés, il
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