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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 17 novembre 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
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Références

Le devoir, 1913-11-17, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.268 MONTREAL, LUNDI 17 NOVEMBRE, 1913| UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.«3.00 UNION POSTALE.«6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.Kl.OO ETATS-UNIS.«l.SO UNION POSTALE.4 .üuj.oü LE DEVOIR Rédaction et Administration ; 7 U RUE SAINT \ ’'.QUES MONT - TÉLÉPHONES: %% ADMINISTRAI-^ 461 RÉDACTION a \ \Z> Diredleur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! t AUTOUR DU TRAMWAY BILLET DU SOIR.LE NAÏF DE LA LUMIERE ! Que les propositions actuelles de la Compagnie des Tramways ne représentent point -ce qu’elle a réellement l’espoir d’obtenir, cela nous parait évident et nous l’avons dit dès samedi.II est clair qu’elle demande plus et qu’elle n’offre à peu près rien pour se garder le moyen de faire ensuite des offres qui, sans affecter *s intérêts essentiels, pourront sembler de généreuses concessions.C’est de celte façon qu’elle a procédé en 1911.On peut compter da reste que ses concessions auront pour mesure la pression de Topieilon et l’énergie de ceux qui négocieront av ec elle.Si elle po-uvait tout garder, elle le ferait volontiers.L’important, pour le moment, c’est de rechercher la portée réelle de ses propositions, et c’est une besogne qui prendra du temps.Elle soulève des problèmes de toutes sortes et qui paraissent d’auVint plus nombreux qu’on y regarde de plus près.Il ne faut jamais perdre de vue deux choses: c’est que la Compagnie a des experts qui ont tourné ces propositions en tout sens et qu’une fois le contrat fait, s’il doit se faire, elle en tirera tout le bénéfice possible, — cherchant à élargir les mailles qui la gênent et à rétrécir toutes celles qui pourraient permettre à la ville de la serrer de près.* * * Prenez une simple question, par' exemple, celle du remaniement du pourcentage.II est évident que la Compagnie, avant de le réclamer, en a étudié de très près les conséquences et la portée.Il faudra que l’on sache aussi clairement, de l’autre côté, à quoi aboutirait la proposition.Prenez une autre question, dont nous avons déjà dit un mot: cede de l’octroi des rues.La Compagnie demande de façon très claire celles qu’elle veut obtenir dans le centre de la ville.Quant aux autnès, quant à celles que les besoins du trafic pourraient exiger encore, l/octroi devra en être fixé, dit-elle, par entente entre la ville et la Compagnie et, en cis de désaccord, par un arbitre.Or, le contrat actüel dit (section I) : “La Compagnie étalMjfq et fera.le service de lignes de voies ferrées.dans les nus ci-ûprcs mentionnées, ET DANS TOUTES AUTRES RUES QUE LE CONSEIL POURRA DESIGNER A L’AVENIR", et (section 34), “advemmt l’annexion ù la cité d’aucune des municipalités environnantes, la Compagnie sera tenue, dans les trois mois, SUR L’ORDRE DU CONSEIL, de prolonger les voies ferrées dans les territoires ainsi annexés et non déjà pourvus de chars électriques." 11 ajoute (section 43): “Chaque fois que le service public l’exigera.LA CITE AURA LE DROIT.PAR SIMPLE RESOLUTION DU CONSEIL, DE CHANGER ET DE MODIFIER CES CIRCUITS ET D’ORDONNER DE NOUVELLES ROUTES.” Aux yeux des profanes, les deux textes spnt radicalement différents.Dans le premier cas, la ville agit comme pouvoir souverain et, disposant de scs propres rues, dit à la Compagnie: Vous irez ici ou là; dans.le second, elle s’en remet à la décision d’un tiers.Si d’aventure ce tiers est favorable à la Compagnie, la ville sera absolument incapable de faire poser deux pouces de voie nouvelle.* * * Autre question, à propos des rues./ La lettre de M.Robert dit (il s’agit des voies qui pourront être ouvertes en dehors d?celles qui sont spéciüquement désignées dans sa pro position) : .La Ville et la Compagnie devront agir d’accord, la Ville fournissant les rues et la Compagnie faisant la construction.The Cil,] and the Company to agree together, the City to supply the streets and the Company to make the construction.” S’il ne s’agit point là d’une simple lapalissade, car on n’imagine p: s :nic la compagnie fournisse les rues et que la ville fasse la construction, que signifie ce texte?Veut-il dire qu’advenant la nécessité d’élargir une rue que le tiers-arbitre accorderait à la Compagnie, la ville supporterait, à elle seule, tous les frais de l’expropriation qui pourrait s’imposer?S’il en est ainsi, non seulement la ville ne serait plus maîtresse souveraine se ses rues, non seulement elle serait privée de son autorité actuelle sur la Compagnie, mais elle pourrait encore être chargée de frais qu’elle jugerait absolument inutiles.Si ce lexte n’a point eetlc portée, que signifie-t-il?* « * Des dizaines et des dizaines d’autres questions pourraient être posées tant au point de vue de l’interprétation même de la lettre que des pr j-b’èmes d’ordre financier et technique qu’elle soulève.Dans le Herali de samedi, M.J.-C.Walsh, qui étudie la question depuis des années, pj-sait pour sa part cinquantaine points d’interrogations.Et l’on pourrait y ajouter.De tout cela nous concluons, une fois de plus, que la chose la plus urgente, c’est de savoir exactement où nous en sommes et ce qu’on nous propose.Et l’on aura besoin d’y regarder de très près pour être sûr d’avoir tout vu.Orner HEROUX.On ne trouve guère plus d’étoffe du pays que dans de très anciennes catalogues; les bons “habitants” des dessins de Julien portent les derniers souliers de boeuf, et les brillantes ceintures fléchées de nos ra-quetteurs sont peut-être fabriquées en Allemagne: les campagnardes portent des chapeaux à fleurs et des bas à jour, et les pannes d’automobile sur le “chemin du roi” désintéressent les haridelles de labour et les vaches rêveuses.Il n’y a plus moyen d'épater avec le progrès le cousin de campagne, à son premier voyage à Montréal, car le malin a passé par New-York.L’un des témoins de celte histoire racontée par mon ami Paul-Emile, qui en est une mine d’histoires, l’apprit à ses dépens.Polyte venait voir son cousin Narcisse, en ville.C’est une façon de parler, car c’était surtout la ville qu’il venait voir sous la conduite de son cousin Narcisse.Narcisse était un de ces farceurs qui vont faire la causette, le samedi soir, chez le barbier de banlieue.En apercevant, à la gare Bonaven-ture, son parent, vêtu avec cet à peu près disgracieux que seuls réussissent les tailleurs de campagne, se dit: “Je m’en vas rire.” Il l’emmè-na tout droit sur la montagne, et de là lui montrant les silhouettes inégales des édifices, églises ou maisons de rapport, il lui disait: ¦—Est-ce assez haut pour toi ?ou bien, Vous en voyez pas souvent de même par chez vous.L’autre ne paraissait pas s’étonner et Narcisse jugea à propos de renchérir.Le réservoir desséché était à leurs pieds.Il s'avisa d'en faire une mine d’automobiles délaissée.—Tu vois ça.qu’il lui dit, on avait coutume d’y trouver des automobiles, mais maintenant on en cherche dans une autre mine.L’antre ne broncha pas.Narcisse proposa de descendre nie Saint-Laurent, où son cousin constaterait qu’il y avait plus de mande que dans la grande rue de son village.Rendus près de la me Sainle-Ca-therine, ils aperçoivent une enseigne en lettres d’or indiquant le nom d’un commerçant juif.Au bout, les caractères hébraïques se détachent comme des fantasques triples croches.—Hein?dit Narcisse; es-tu capable de lire ça?Le cousin flaire un piège, mais u'n éclair lui traverse T es prit, il comprend: ce ne sont pas des lettres, c’est de la musique.—Non, dit-il, je ne suis pas capable de le lire mais si j’airais mon violon j’te le jouerais en batèche.Louis BRETON.SURLEPONT D’AVIGNON.Un Italien tuait hier, à Montréal, un autre Italien, de deux coups de stylet, et puis disparaissait.La police le cherche encore, j C’est le quatrième meurtre, à Montréal, depuis une semaine, dans lia colonie étrangère.L’immigration a du bon ! * * * L’ECOLE SOCIALE POPULAIRE ET LES ACH ATS DES FETES Nous sommes heureux do voir que VEcole Sociale Populaire, qui avait mené Tan dernier une énergique campagne pour encourager le public à faire le plus tôt possible ses achats des'Fêles, se remet cette année-ci à la besogne avec une énergie nouvelle.La direction de l’Ecole nous genl et les soutiennent.L’Ecole Sociale Populaire.Nous avons trop souvent insisté sur ce devoir de charité intelligente, dont nous parlions la semaine dernière même, pour avoir besoin d’ajquter à cet appel un long commentaire.Nous souhaitons simplement qu’on, y réponde avec touté la vivacité qu’il mérite.0.H.-4» -*¦ mm - A PROPOS DE L’HISTOIRE DE CARNEAU Les statistiques de la consommation du tabac, pour les douze derniers mois, au Canada, prouvent que chaque habitant a fumé 3.8 lives de tabac pendant cette période, sur lequel le consommateur a pliyé un impôt de 81.48 uMète.Il s’est aussi grillé 99(5 m'ilions de cigarettes.Jamais la consommation ne tabac n’a encore atteint ce chiffre, au pays.C’est le ministère des contributions indirectes qui perçoit la plus grand?partie de ces impôts sur le tabac.Et c’est M.Nantel qui est ministre.M.Nantel, s’il n’ouvre pas la bouche, est tout de même important.à cause de ce que les autres fument.adresse l’appel suivant, dont nos lecteurs apprécieront la justesse : ACHETEURS l ACHETEUSES ! Voici Noël et le Jour de l’An qui approchent.Déjà vous songez aux cadeaux que Ton va vous faire et à ceux que vous allez donner, N'oubliez pas Que ce temps de bonheur et de joie pour le plus grand nombre, Les Employés de Magasin*' le voient venir avec terreur ; car c’est pour eux la période des longues veilles et du surmenage.Rappelez-vous Que vous pouvez et que vous devez faire beaucoup pour leur rendre moins pénibles ces jours de presse.SOYEZ BONS ! pour les Demoiselles de magasin, pour tous les Commis, pour les Livreurs, pour les Ouvrières et Coh-fectionneuses, que vous ferez travailler.La faligne aiguise leur sensibilité.Autant les exigences déraisonnables et les paroles dures les blessent profondément, autant un bon mot, un sourire bienveillant les encoura- M.Hector Garneau nous informe que le tome II et dernier de la nouvelle édition de THISTOIRE DU CANADA, par F.X.Garneau, paraîtra Tan prochain.Les deux volumes auront ensemble douze à treize, cents pages et contiendront à peu près deux mille cinq cents notes et appendices.Pour s’orienter à travers pareil ouvrage, il semble bien qu’un index analytique soit chose indispensable.Cet index serait publié à part, par la Librairie Alcan, de Paris, et se vendrait 60 sous environ.M.Hector Garneau prie les souscripteurs de THISTOIRE DU CANADA qui désirent se procurer l’index de lui faire parvenir au plus tôt, par carte postale, ieutfc noms et adresses, au No 710, me de TUnî-versité (Montréal).BENEDICTION D’ORGUES La bénédiction des nouvelles orgues de l’église Sa'int-Vinteur d’Ou-tremont aura lieu dimanche prochain, sous la présidence de Mgr Gauthier, évêque auxiliaire de Montréal.Mlle Cartier, organiste d’Outre-moniti donnera un concert à cette occasion.* Un pair d’Irlande, qui siège à la Chambre des lords, le baron Hadley, vient de se faire mahométnn.Et il y aura avant longtemps, à Londres, une mosquée pour les Anglais mahomètans.¦ Il y en a plusieurs qui ie sont par excentricité, parce que ça devient la mode.Montréal n quelques adeptes de la religion du feu, des Maz-daznanistes Avec le tango, nous aurons peut-être aussi le mahométisme, Thiver prochain ?* # * La compagnie des tramways ne demande pas grand chose, rien que la ville de Montréal.Pourquoi ne oas la lui donner, en cadeau de Noël ?* * * En dépit de la dernière tempête effroyable, sur les grands lacs, le blé canadien s’expédie vite, il n’y aura pas de congestion, à la tête des lacs, quand finira la navigation, dans •quelques semaines, disent les dépêches.C’est excellent.Mais est-ce qur cela fera que la farine ne se vendra pas plus cher à Montréal qu’à Londres et à Liverpool?# * * Le dernier rapport officiel de la gendarmerie royale à cheval, dans le Nord-Ouest canadien, indique qu’il y a à l’heure présente 44 procès pour meurtre, oam l’Ouest; la plupart des accusés sont des nouveaux-venus au pays, des foreigners, dit-on dans les cercles où Ton parle d’immigration.L’enquète du Devoir sur Timmi-ratlon n’exagère certes pas le péril tt régime actuel.Les trois assassinats dans la colonie italienne de pdonVréul, au cours d«« huit damiers Le “Devoir” publiera demain un article de M.Henri Bourassa LA SESSION Le “ DEVOIR ” à vingt-cinq sous Les intérêts de tous les citoyens de Québec peuvent être affectés par ce qui se passera d’ici quelques semaines, au parlement provincial.Tous ont donc un intérêt essentiel à être parfaitement renseignés sur les faits ci gestes de nos députés.Et ils ne peuvent Têtre que par des comptes rendus impartiaux, faits par un homme compétent.Pour vingt-cinq sous,—en dehors de Montréal et de sa banlieue—on recevra le “Devoir” tous les jours d’ici la fin de la session provinciale.Les comptes rendus du “Devoir” sont faits par un homme qui connaît parfaitement son métier et le parlement, M.Jean Dumont.Le “Devoir” est indépendant de toutes les cliques et de toutes les coteries.LE PAPE ET LOUIS VEUILLOT Un bref de Pie X à M.François Veuillot Le Souverain Pontife vient d’adresser à M.François Veuillot, le neveu du grand journaliste dont on célébrera ces jours-ci le centenaire de naissance, le bref suivant qui couronne la série des hommages adressés depuis quelque temps i la mémoire de Louis Veuillot.Le quatrième volume de la vie de Veuillot, auquel ce bref fait allusion, parait ces jours-ci à Paris, chez Lethiel-leux.Au très Cher Fils François Veuillot.Très Cher Fils, C’est avec une bien douce et grande satisfaction que Nous avons reçu Thoniraage de la dernière partie de la “Vie de Louis Veuillot”, voire oncle, et Nous vous félicitons de tout notre coeur d’aVc-Tr mené à si heureuse fin cet ouvrage de haute importance, laissé inachevé par votre digne père.La publication de votre beau travail ue pouvait se faire à une heure plus opportune, puisqu’elle a précédé de peu de temps la date mémorable du centenaire de naissance de l’éminent publiciste catholique, dont le nom désormais est glorieusement fixé dans l’histoire.A l’exemple des deux Papes qui Nous ont précédé sur ce Siège Apostolique, et principalement de Pie IX de sainte mémoire, il Nous est agréable de rendre témoignage à ce ce grand homme de bien, défenseur irréductible eds droits de Dieu et de l’Eglise.Avec la flamme de son zèle d’apôtre, il entra dans la lice, orné des dons précieux qui font l’écrivain, Tarliste et le penseur de génie, par lesquels il a égalé et surpassé les maîtres les plus illustres, car, dans les saintes batailles de la défense des principes sacrés- sa plume était à la fois un glaive tranchant et un lumineux flambeau.Ce qui entraînait la vigueur de son esprit, ce.qui l’enveloppait de lumière, ce qui en centuplait l’énergie, c’étaient, avec sa foi profonde, l’amour de l’Eglise dont il désirait le triomphe, et Ta-mour de sa patrie qu’il voulait fidèle à Dieu.Guidé par celte foi, inspiré par ce double amour, il sut repousser comme une impiété toute diminution de la souveraineté de Jésus-Christ et Soute renonciation aux enseignements de la Chaire Apostolique.Il comprit que la force des sociétés est dans la reeonmiissance pleine et entière de la royauté sociale de Notre-Seigueur et dans Tac-ceptation sans réserve de la suprématie doctrinale de son Eglise.Avec quelle âme droite et fière, avec quel coeur indomptable, il fit entendre, sur ces questions fondamentales, ses proclamations les plus courageuses, confessant sans hésitation et sans atténuation la vérité catholique, ne voulant jamais distin- guer entre les droüs que le monde moderne admet et ceux qu’il prétend proscrire.Avec quelle généreuse franchise, il sut démasquer les théories libérales, aux déductions si funestes, dans les sophismes dissimulés sous le nom de liberté.Convaincu que la nation qui porte à travers les siècles le nom de Fille Aînée de l’Eglise, doit à sa foi, à son génie, à la logique de son histoire, de reconnaître dans leur plénitude les_ droits du Saint Siège et l’autorité du Pontife Romain, il s’appliqua avec toute Tardeur de sou âme à dissiper les préjugés et les équivoques du Gallicanisme, et fut d’une aide puissante dans le grand mouvement vers le Siège Apostolique qui signala son époque.Nul n’ignore la persévérance avec laquelle il s’éleva toujours contre les esprits pervertis qui s’attaquaient aux sources vives des traditions chrétiennes, force et gloire de sa patrie.C’est assurément lin grand honneur pour un serviteur de l’Eglise d’avoir, pendant près d’un demi-siècle, projeté sur les événements qui se sont supcédés dans le monde, la pure lumière de la doctrine catholique et d’avoir poursuivi sans trêve ni merci Terreur qui s’étale au grand jour et l’erreur qui serpente dans Tombre.Il lui reste le mérite et la gloire de l’avoir fait avec le courage, Tentrain et l’enthousiasme d’un homme qui possède la Vérité et (juî sait que cette Vérité a des droits imprescriptibles.11 lui reste le mérite et la gloire de l’avoir fait dans l’obéissance et la discipline, le regard fixé sur les directions du Saint Siège.Tl lui reste le mérite et la gloire de l’avoir fait avec un désintéressement complet, ne cédant jamais aux séductions, aux louanges, aux promesses, bravant l’impopularité, les intrigues les antipathies, les accusations calomnieuses de ses adversaires, parfois la désapprobation même de ses compagnons d’armes, “heureux d’avoir été.trouvé digne de souffrir des affronts pour le Nom de Jésus”.(Act.V.47.) L’ensemble de sa carrière illustre est digne d’être présenté comme modèle à ceux qui luttent pour TE-glise et les causes saintes, et qui sont sujets aux mêmes contradictions, aux mêmes déchaînements de la passion.Qu’à Texempje de Louis Veuillot.ils soient fiers de leurs titres de chrétiens et de serviteurs de TEglise ; ‘qu’ils sachent que Dieu combattra avec eux et leur donnera la victoire à l’heure marquée par sa Providence.Avec.1s témoignage de toute Notre satisfaction.Nous vous accordons, très cher Fils, comme gage des faveurs célestes, à vous et à tous les membres de votre famille, à tous les descendants de Louis Veuillot, la Bénédiction Apostolique.Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 22 octobre de Tannée 1913, de Notre Pontificat la onzième.Plus P.P.X.Let enquêtes du DEVOIR U IMMIGRATION CANADIENNE SECONDE PARTIE VIII L’immigration primée et le droit d’entrée Le Canada, depuis plusieurs années, a recruté, grâce à diffèrent* moyens, des immigrants dans certains pays d’Europe.Il a surtout fait porter ses efforts sur la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, et certains pays pays de l’Europe continentale, dont l’Allemagne, la Hollande, le Danemark et l’Islande, la Suède et la Norvège.Eu Belgique et en France, il ai quelques bureaux dont M.Asselin a longuement étudié et ex-' pliqué le mécanisme et les défauts, dans son rapport officiel rendu public en janvier 1912, “L’immigration belge et française au Canada".Le ‘ Canada recrute aussi des immigrants en Suisse.Il a aussi fait de la propagande, pendant quelque temps, en Finlande, en Russie et en Autiàche-Hougrie.Il est inutile d’insister sur l’organisation des bureaux canadiens d’immigration, en Grande-Bretagne, et sur l’infériorité des bureaux continentaux, surtout en France et en Belgique.Le rapport de M.Asselin a truité à fond ces deux sujets.______ L'IMMIGRA TION PRIMÉE L’un des moyens employés par le Canada pour recruter des immi-( grants dans tous les pays d’Europe, c’est le versement d’une prime de cinq piastres par tête, à certains agents, pour chaque agriculteur, domestique de ferme, ou servante envoyés au Canada.L’immigration primée, au temps de la North Atlantic Trading Company, a donné lieu à maints abus, dénoncés à cette époque par plusieurs hommes politiques, entre ^ autres par M.F.-D.Monk.L’enquête parlementaire faite à ce propos vers 1904 a nettement démontré que la North Atlantic Trading Company s’est fait verser — tant qu’elle a opéré et fait, si Ton peut ainsi dire, Ut traite des immigrants, — au delà d’un demi-million de piastres, pour des individus qu’elle prétendait être des agriculteurs, et qui, parfois, ~-cela fut nettement établi à l’enquête, — étaient des enfants encore à la mamelle, amenés ici par leurs parents.Depuis 1904, le système de Timmlgration à prime s’est un tant soit peu amélioré.Le gouvernement a continué cependant de payer aux agents maritimes (“booking agents”) européens plusieurs centaines dj mille piastres, — exactement, la somme de 81,026,415, — de 1904-1905 à 1912-1913 inclusivement, line moyenne de 17.3 pour cent de Timmi-gration anglaise est de l’immigration primée, de même cpie 3.22 pour cent de l’immigration américaine et 6.27 pourcent de l’immigration continentale européenne, depuis 1904.Les statistiques officielles du ministère de l’immigration portent donc à 26.79 pour cent la moyenne de l’immigration primée, pendant cette période, et donnent un total de 205,28,1 immigrants d’un coût de $5 par tète chacun, au Canada.De ce nombre, 147,196 viennent de Grande-Bretagne, 24,142 des Etats-Unis, et 33,985 di l’Europe continentale.Aux termes de la loi, ils devraient tous être cul< U valeurs, domestiques de ferme.«I servantes.Mais, en pratique, «no assez grande proportion de ces gens connaissent peu Tagricultitre ou H service domestique.Certains agents, désireux de toucher leur prime da $5 pour chaque immigrant de cette catégorie qu’ils expédient au Canada, ne se font pas faute, dans maints cas, de porter à la liste des agrieuh leurs, des domestiques de ferme ou des servantes, des gens qui n’en sont, ni de prés ni de loin, ou qui ne le sont que pour fins d’immigration.Ort dit même, dans certains cercles, que telle ou telle société apparemment philanthropique fait un bon profit, sur le nombre d’immigrants qu’elle envoie ici chaque année.Car elles les inscrirait, pour les besoins de son budget, comme agriculteurs ou domestiques, — et toucherait de ce chef une prime, outre le montant qu’elle retirerait à titre, d’agent de.placement, au Canada, du fait qu’elle distribuerait un peu partout ces gens, Tl est Impossible de vérifier cette assertion, pour le moment.L’ABOLITION DU SYSTEME DE PRIME Ce système d’immigration à prime a pu avoir, pendant un certain! temps, son utilité plus ou moins grande.11 n’en a plus aucune.Le Canada, aujourd’hui, est assez bien connu, dans lous les pays d’où Ton émigre, pour n’avoir plus besoin de recruter ses immigrants à prix d’argent.11 offre assez d’avantages aux agriculteurs, aux domestiques et aux servantes pour qu’ils y viennent sans que le pays soit pour cela obligé de verser chaque année quelques centaines de milliers de piastres aux agents maritimes d’outremer.Le.meilleur agent de.recrutement, c’est l’immigré content de son sort et qui le fait savoir à ses parents et à ses amis de là-bas.A l’heure actuelle, cet immigré, grâce à aux relations du famille qu’il a gardées de l’autre côté de l’Atlantique, induit plusieurs milliers des siens à venir le rejoindre ici.M.Asselin cite, dans son raoi port, le cas de “trois Bretons établis au Manitoba, en 1904, et qui ont clé depuis, à leurs frais, chercher parmi leurs parents, amis et connaissances de Bretagne quelque chose comme cinq cents colons.” C’est à da tels immigrés beaucoup plus qu'aux agents maritimes que 'e Canada doit d’être le pays recherché par des gens de tous les coins de l’Europe.Et, presque toujours, cet agent reçoit cette prime de $5 pour avoir seulement vendu un billet de passage à un immigrant déjà décidé de venir au Canada et que, partant, il n’a eu nulle peine à convaincre des avantages que lui offre ce pays.Lors de la refonte de la loi de l’immigration, en 1911, plusieurs dé* pûtes ont demandé l’abolition du système des primes.Le ministère à dit alors qu’il avait encore son utilité.Il Ta maintenu.La vérité, c’est que les compagnies de navigation, de chemins de fer et celles qui spéculent sur la vente des terres, dans TOuest canadien, peuvent être intéressées au maintien de ce régime, mais que le Canada y gaspille maintenant son argent, et q\ie, plus tôt on l’abolira, mieux ce sera, dans l’intérêt dé tout le monde, sauf des actionnaires de ces compagnies.UN DROIT D’ENTRÉE POUR CERTAINES GENS jours, prouvent aussi qu’il est grand temps d’éloigner du Canada certaines classes d’immigrants.* » * La Nouvelle-Ecosse imnorte des moutons de Perse pour améliorer Li race ovine des Provinces Maritimes., „ .Les politiciens sont satisfaits de la condition actuelle des moutons parlementaires.* * * Î1 v aura, dit le Mail, un poste de ministre sans portefeuille créé prochainement, à Ottawa, et qui sera confié à un député des Provinces Maritimes., , On devrait bien ajouter aussi à ta représentation de Québec dans le ministère un ministre sans norte-feuiile, mais qui travaille.A Theure présente, de cinq ministres qu’elle n, deux seuls s’affairent.Ce n’est ni M.Nantel, ni M.Coderre.* * * Les ministres fédéraux ne seraient pas autrement contrariés, si M.Cochrane, qu’on dit souffrant, donnait sa démission.Ils se plaignent, et les députés avec eux, qu’il administre les chemins de fer de TEtat avec trop de mépris pour les politiciens, et sans tenir compte de leurs désirs.C’est justement pour cela qu’il rêt, uniquement,” dit le Soleil, à propos des bleus de Québec.Il n’y a pas lieu de s’en scandai! sot, surtout pour le Soleil.Depuis quand l’intérêt n’est-il pas la mesure des actions des rouges comme des bleus, dans la politique active ?Le Veilleur.A L'ALLIANCE FRANÇAISE La.Seconde de la série des conté, rences de l’Alliance Nationale a eu lieu samedi dernier, au Ritz-Carie-ton.M.Jean Ducros, professeur il TUnl versitê Columbia;, présenté par M Gonzalve Désaulniers, C.R., président de la société, a entretenu son auditoire de l’Epopée Romanttique.Le conférencier a fait l’évocation des poèmes épiques, anciens et modernes, en commençant par THiade Jusqu’à la Henriade et le Paradis perdu.n a aussi parlé de la chfltd d’un Ange, de Jocelyn et du Juif Errant, d’Edgar Quinet.CONDOLEANCES * * w M.Lavallée, de Belleehasse, est de retour d’Ottawa* où il esl allé passer quelques jours, dans l’intérêt tic ses électeurs, dit l’Evénement.Il n’est certes pas allé racheter les promesses de 1911 qu’il n’a pas tenues ensuiie.• * # # "En un mot, ils obéissent à Tinté- Le télégraphe nous apporte, de Hull, la nouvelle de la mort de Madame F.Albert Labelle, née Augustine Saint-Julien, épouse de M.le notaire Labelle, de Hull, P, Q.Madame Labelle était âgée de 40 ans.Son mari et plusieurs enfants lui survivent.Le Devoir offre à su famille Pex-pression tic scs vives condoléances.Les Etats-Unis frappent d’un droit d’entrée de 84 par iète tout immigrant admis dans leur pays.En 1911-1912, le trésor américain a re« tiré de ce fait la somme de 83,315,086, perçue de 828,773 immigrants dq toutes catégories, et il Ta versée au fond de l’immigration.11 y a peq d’immigrants exemptés de cet impôt.Et, depuis que la république Ta établi, elle a, de cette source seule, reçu plusieurs millions, qui servent à défrayer les frais d’entretien du service d’immigration.Le Canada n’impose aucun droit d’entrée aux gens de race blanch®» De 1903 à 1913, il a dépensé $1,662,254 pour fins d’immigration.L’or» comtirend que, pays jeune, relativement peu peuplé, eu égard à son immense étendue, il n’aille pas frapper toutes les chusses d’immigrants d’un droit d’entrée sur son territoire.Imposer ce paiement à tout immigrant qui arrive au Canada, équivaudrait, dans maintes circonstances, à refiw ser l’admission à de certaines gens, qui n’ont guère d’argent, lors de leur arrivée ici, et ne pourraient le verser qu’en se saignant à blanc.Ce serait les décourager.Ainsi, un agriculteur suédois ou norvégien accompagné de sa famille de cinq membres devrait payer, si nous avions un régimq analogue à celui des Etats-Unis, $24 pour l’admission de tout son monde» ce qui serait une somme considérable pour lui.Et pourtant, par ails ¦leurs, cet immigrant pourrait être fort désirable.On ne devrait donq pas établir ce droit d’entrée pour les agriculteurs, ni pour la main-d’oeu* vre experte à l’époque où nous en somme*.Mais il y n une catégorie nombreuse d’immigrants qui s’en viennent ici, non pour cultiver la terre, mais soit pour travailler dans les villes, comme journaliers, soit pour faire des terrassements, le long des voies ferrées, soit pour chercher de l’emploi, à titre de manoeuvres inexpérimentés, dans les grands travaux de construction.Tandis que, de 1903 d 1913, le Canada recevait chez lui 806,916 agriculteurs, et domestiques da ferme, il laissait aussi entrer dans ses ports de mer et par la frontière américaine 529,576 journaliers de.toutes nationalités.Si T agriculteur ne doit pas être frappé d’un droit d’entrée, lors de son arrivée, parca que, règle générale, il restera au Canada et contribuera m développement agricole du pays, il n’en est pas de même du Journaliér.Celui-ci, les neuf-dlxièmes du temps, arrive seul au Canada, et le pays ne bénéficie guère de cette migration isolée.On calcule, aux Etats-Unis, que pial de quarante pour cent des immigrants de cette classe, ne viennent eu Amérique que pour, quelques mois, exportent, tandis qu’ils y sont, unn quantité considérable d’argent dans leur pays d’origine, y retournent (Suit» d» la Zièmo page) £ LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI, 17 NOVEMBRE 1913 VOL.IV.— No.268 ( SUITE DE LA 1ère PAGE) eux-mêmes au bout de quelques mois, ou de peu d’années, ne s’assimilent donc aucunement, et laissent dans les prisons, les pénitenciers, les asiles d’aliénés et autres institutions analogues un dechet considérable qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, de rapatrier.Les grandes sociétés industrielles, les grands usiniers, les compagnies de construe lion, les chemins de fer en voie de parachèvement et les entreprises de ce genre bénéficient seuls de celle catégorie d’immigrants.Si le Canada ne peut ni ne doit imposer de droit d’entrée sur les agriculteurs et les domestiques, non plus que sur la main-d’oeuvre experte, m pourrait-il.pour sa protection même, frapper les journaliers et les manoeuvres d’un droit d’entrée de $2 à $4 par tête’?Plusieurs, qui s'intéressent au problème de l’immigration, seraient favorables à rétablissement d’un tel impôt.L’on objectera, en certains quartiers, que les grands industriels et les grandes entreprises ont besoin de ces immigrants, qu’ils y recrutent les sept-huilième.s de la main-d’oeuvre de leurs établissements.Soit.Mais, si ces capitalistes en ont besoin, qu’ils paient eux-mêmes le droit d’entrée de ees gens, dont l’affluence en trop grand nombre, au pays, est certes dangereuse pour la paix et la sécurité publiques.Car c’est dans les villes et les centres industriels qu’ils se groupent de préférence et c’est surtout dans cette classe que le crime et la folie font le plus de victimes, ainsi que l’établissent les statistiques de toutes Je s provinces et les tableaux démographiques de l’immigration américaine.Comme ’é-crivait en tète de son rapport la commission américaine sur l’immigration, en 1910, “Un développement graduel de l'industrie, développement qui permettrait l’adaptation et l'assimilation de la main-d’o.livre étrangère, est préférable à une expansion industrielle trop rapide qui provoque l’immigration de journaliers de moeurs et de capacité peu élevées, "t dont la présence compromet les conditions du travail et le barème des Salaires du pays où ils viennent en grand nombre.’’ La question ouvrière, au Canada comme aux Etats-Unis, est déjà assez grave pour qu’on r.’aille pas la compliquer de propos délibéré en admettant ici, sans precautions, une infinité de gens qui deviennent la proie facile du socialisme et de doctrines analogues.Il faudrait donc, à notre sens, frapper d’un droit d’entrée le journalier étranger, inapte à un métier quelconque, bête de somme destinée B un traitement pire que celui que les industriels et les entrepreneurs donnent à leurs chevaux ou à leurs machines, et qui, s’il survit aux risques de mort où il s’expose chaque jour, s’en retournera en Europe, sans que le pays aif bénéficié d’aucune sorte, de sa présence au Canada.Ce montant total perçu de la sorte .servirait aux fins de l’immigration.CELUI QUI ABANDONNE SA FAMILLE Un nombre considérable d’immigranls abandonnent leur famille, outremer, et ne lui donnent plus signe de vie.Un exemple: récemment, disait M.Kufus D.Smith, secrétaire général de la Charity Organization Company, à Montréal, la Charity Organization de Glascow, Ecosse, notifiait ses correspondants canadiens que 864 familles écossaises demandaient des nouvelles de leurs chefs, émigrés au Canada en disant qu’ils leur enverraient de l’argent pour les y faire venir; ils n’ont plus donné signe de vie.Cette désertion des familles, en Europe, est, au dire de ceux qui s’occupent de la question de l’immigration, un des plus grands dangers qui en résultent.Il est certes difficile de l’éviter, mais il y a là un grave sujet d’études pour le sociologue.El c’est un des multiples aspects dont se complique ce problème, d’un si grand intérêt pour le Canada.Un autre des aspects de ce problème, c’est la protection qu’il faudrait donner à l’immigrant, dont certaines classes sont exploitées ici, tantôt par ceux qui logent l’immigrant dans des conditions hygiéniques épouvantables, tantôt par le pseudo-banquier de .sa nationalité qui le filoute, n’expédie pas en Europe l’argent qu’il lui donne pou - envoyer à sa famille, et disparaît un bon matin avee ses épargnes péniblement amassées.Une nuée de parasites vit de l’immigrant, s’il n’est pas vite mis au fait des dangers qui l’entourent et n’est pas défendu contre ces gens, contre leur cupidité, contre son ignorance même.Or, les gouvernants n’ont encore fait que peu de chose dans ce domaine, et l’immigrant reste souvent à la merci du premier exploiteur venu.Des sociétés de charité et des associations philanthropiques, comme la Charity Organization Association, et quelques autres de ce genre, font d’excellent ouvrage dans ce champ.Mais elles n’y peuvent suffire.Il appartient nu gouvernement, qui a induit ces étrangers à venir ici, de piendre 1 initiative de mesures destinées à les proléger et à les défendre.Et, sur ce point, tout est à faire, nu presque tout.Georges PELLETIER.MARDI: Co'nclusion: une enquête de l’Etat sur l'immigration.LES CAMBRIOLEURS DE COFFRES-FORTS Ils opèrent samedi soir dans un établissement de la rue Wellington mais sont! pris sur le fait.Ê» Un bandit de réputation internationale a été arrêté samedi soir, quelques instant après avoir essayé, en compagnie de son copain, de faire sauter le coffre-fort de l’établissement Webster & Fils, coin des rues King et Wellington.Vers neuf heures et demie samedi soir, l’agent de police Butler, du poste de la rue Young, était de quart rue Wellington, lorsqu’il entendit le bruit d’une explosion.L’idée que l’on avait fait sauteir un coffre-fort lui vint aussitôt à l’esprit.Il téléphona au poste de la rue Young d’où l’on dépêcha le capitaine Fennell, les détectives Walsh et Thibault, et trois autres agents.Après enquête, l’on s’aperçut que des bandits avaient essayé de faire sauter le coffre-fort de l’établissement Webster & Fils, marchands de matériaux de construction.Ija porte du coffre-fort gisait sur le plancher, les murs étaient en partie démolis et les vitres brisées.Heureusement, les cambrioleurs n’avaient rien emporté, car la porte intérieure du coffre-fort était intacte.Les détectives fouillèrent les bureaux mais ne trouvèrent personne.L’on se rendit aux hangars situés à l’arrière de l’établissement.L’un de ces derniers semblait fermé par l’intérieur, ce qui porta les détectives à croire que les cambrioleurs s’y étaient réfugiés.Après avoij- défoncé la porte, les détectives désarmèrent le nommé Michael Kelly, et dans un coin, trou vèrent Joseph Wilson, qui était tellement ivre qu’il dût être transporté par les agents.Aux bureaux des détectives, l’inspecteur McLaughlin reconnut Kelly comme étant Pat Malone, de réputation internationale, et Wilstti comme étant Dick Flanagan, un autre récidiviste.L’on trouva en possession de Mak> ne, une bouteille de jiitro-glycérine capable de faire sauter l’hôtel de ville, un morceau de dynamite, un morceau de savon, un revolver chargé, une lampe électrique, et une petite scie en acier.Flanagan n’avait rien en sa possession et l’on dut faire venir un médecin, tant il était ivre.Malone qui est âgé de 51 ans est na’-tif de Montréal.A l’âge de 17 ans, il fut impliqué dans la destruction du coffre-fort de Ives & Allen, rue Queen.C’est presque au même endroit que Malone a été arrêté samedi soir.Flanagan âgé de 41 ans, est né à Québec, mais a toujours vécu à Montréal.Fl a déjà été arrêté nombre de fois pour cambriolage, entre autres, dans un magasin de la rue Hermine.Interrogé par l’inspecteur McLaughlin, Malone a répondu que c’était lui seul qui avait fait sauter le coffre-fort.Flanagan a raconté la même histoire, et il ne se rappelait pas avoir vu Malone le soir du cambriolage.I UNE REEDITION DU V0LTURN0 LE NAVIRE ESPAGNOL ‘ BALMES’ PREND FEU AU MILIEU DE LA MER, ET EST SECOURU PAR LE "PANNONIA”.POLITIQUE ETRANGERE SUEDE DECES D’UN_POUTICIEN Stockholm.16., — Le baron Bond, orateur rie la seconde Chambre du parlement de Suède, est.mort aujourd’hui., à la suite d’une attaque d’apoplexie.causée par la nouvelle de la port de sa femme.ITALIE EXONERE Rome, 16.— Alfonso Calderozzo, l’ex-nvusicten du cuirassé “Utah" appartenant à l’escadre des Etats-Unis a été entièrement exonéré de l’accusation d’abus de confiance portée contre lï, il y a quelques jours.Il avait disparu, après avoir reçu une somme de quinze mille francs que lui avaient confiée les matelots des cuirassés “Utah’’, “Delaware”, “Vermont” et “Ohio”, ancrés actuellement dans les ports français de ViTlefranche-sur-Mer et de Marseille.Cette somme devait être employée à effectuer diver-r - excursions.FRANCE DEJEUNER DTONNEUR Paris.16.—M.Kokovtzof, premier ministre de Russie, a offert un déjeuner, auquel assistaient MM.Dubost, président du sénat, Deschanel, président de la chambre des députés, Bar-thou, président du conseil, Pichon, ministre des affaires étrangères, Klotz, ministre de lintérieur, Dumont, ministre des finances, Etienne, et Baudin, ministre» de la guerre et de la marine, Isvolsky, ambassadeur de Russie à Paris, :1e général Joffre, M.Delarmey, préfet de la Seine.ANGLETERRE L’ISLAM AU COEUR DE L’EMPIRE Londres, 16.—L’Islamisme ne confine pa.s son prosélytisme en Afrique et dans les possessions étrangères de l’Empire britannique; le baron Hed.ltey pah- irlandais à la Chambre des Lords, vient d’embrasser la religion du pro-| phète, annonçait, samedi dernier, un I membre de [’“Islamic Cociety".1 Des assemblées se tiennent mainte nant toutes les semaines dans le but de construire une mosquée à Londres même.(Serric» particulière New-York, 15.Des renseignements plutôt maigres, reçus ici par dépêche de télégraphe sans fil racontent le sauvetage de 103 passagers du navire espagnol en flammes le “Balmes” par le “Pan-nonia” de ia ligne Cunard.Bien que le feu fît encore rage aujourd’hui, on présume que l’équipage est resté à bord du navire qui s’en va, remorqué par le ‘‘Pannonia” vers les Bermudes où il devra arriver lundi.Les premières dépêches n« rapportaient pas ou ni comment,, ni quand l’incendie a éclaté.Le navire se dirigeait vers l’Espagne avec une cargaison très Inflammable de coton et de rhum, quand le “Pannonia” s’est porté à son secours.Ceci doit s’être produit vers 7 hra.du soir,mercredi dernier.Car à ce moment le ‘’Pannonia” annonçait qu’il était à mille milles du phare Ambrose, mais ne faisait pas la moindre mention du “Balmes”.Les premières nouvelles de l’incendie arrivèrent par un mar-conigramrne recueilli par le télégraphiste de Cape Race, Terrene,uve.Comme ce message était censé venir du “Pannonia” qui disait avoir à son bord les passagers du “Balmes”, l’opérateur ne pouvait s’expliquer ! comment il se faisait qu’un navire muni d'un appareil relativement faible pfit atteindre un aussi grand rayon.Le mystère n’a été éclairci que lorsque les autorités de la ligne Clinard ont reçu des Lloyds,aux Bermu-:des, une dépêche, les Informant que leur navire “Pannonia” se rendait jvers ces îles escorté par le navire espagnol Balmares, toujours en flam-jmes.! Le “Balmes” est uu navire de di ! menai on plutôt petites, appartenant, à ! une compagnie espagnole.I New-York, 15.— Un message daté j des Bermudes annonce à la compa-jgnie Cunard que son navire “Panno-jnia” se rend dans les eaux de ces !tles ayant à se.remorque le navire ! espagnol “Balmes”, dont tous les I oassagers sont sains et saufs à bord du “Pannonia”.Le câblogramme sé Ut commê suit: “Le “Pannonia” nnnonce.par dénê ehe qu’il escorte le navire espagnol des Bermudes, “Balmes”.lia cargaison de coton et de rhum est en flamenca, condition critique.“Tous les passagers du “Batmen” 103, sont à bord du “T’anno-nia”.Position à 600 milles des Bermudes.Nous vous tiendrons au courant.” “JAMES, agent des Lloyds.” MARINS AMERICAINS AU VATICAN Rome, 16.— Les officiers de la flotte américaine, actuellement dans les eaux italiennes, ont assisté aujourd’hui aux fêtes anniversaires de l’élévation de Pie X au trône pontifical.La cérémonie a eu lieu dans la ch i-pelle Sixtine.Au nombre de ces officiers se trouvaient le comtre-amira! Cameron Winslow, le lieutenant A.B.Keating de 1’“Arkansan”; le capitaine William J.Maxwell du “Florida”; le capitaine William H.S.Ilainey, de rÜtah”; et le capitaine Curtiss H.Dickens du “Florida”.Toute l’aristocratie romaine, plusieurs chevaliers de l’Ordre de Malte et les marins des navires américains avaient aussi pris place dans le choeur et la nef.La cérémonie fut des plug brillantes.Le choeur de chant de la chapelle Sixtine était s cris et la musique ne reprenaient que de plus bcdle après.Un cordon de police, envoyé en toute hâte, a été impuissant à maintenir l'ordre.A New-Westminster, Thon.Price Ellison, ministre des finances à la législature provinciale, a été hué également cîi prononçant un discours dans une assemblée conservatrice.On croit que les manifestants étaient une bande d’ouvriers disséminés dans la salle.PIERRE VALADE COUPABLE D’HOMICIDE INVOLONTAIRE Après quinze minutes de délibération les jurés rapportent ce verdict dans l’affaire de la fillette Robertson jetée à bas d'une fenêtre, rue Notre-Dame.Le terrible drame qui coûta la vie à la petite fille de 13 ans, Ida Robertson, le 8 septembre dernier, vient d’avoir son epilogue en Cour d’Assises, samedi soir, par un verdict d’homicide involontaire prononcé contre Pierre Valade.Les jurés, après la charge du juge Cross, se retirèrent à 6 heures et, quinze minutes plus tard, ils rendaient la décision précitée.L’audience avait duré toute la journée.L’audition des témoins terminée dans l’avant-midi fut suivie d’une longue plaidoirie de Me Alban Germain, défenseur de Valade.A quatre heures de l’après-midi, le substitut du procureur, Me D.-A.Lafortunc.commença sa plaidoirie et, à 5 heures, le juge Cross fit l’exposé des faits, déclarant que la preuve purement circonstancielle, était plutôt faible, et que les jurés, quoicpie l’accusation fût de meurtre, pouvaient rendre un verdict d’homicide involontaire.Le tribunal, en passant, avertit les jurés de mettre de côté les déclarations de Me D.-A.Lafortunc, oui avait dit dans sa plaidoirie que l’inculpé, s’il était condamné, pouvait se pourvoir en appel.Cette remarque sur ce cpii pouvait arriver fut déclarée complètement illégale.Le juge se contenta de faire un examen de la preuve sans commentaires.Valade, à aucun moment de la séance, ne parut se rendre compte que sa vie était en jeu.Il aura maintenanl à rénondre à deux autres accusations se rapportant à la même affaire à savoir ¦ viol et enlèvement.Le verdict prononcé peut entraîner un emprisonnement à vie.S'il est trouvé coupable de viol: le tribunal peut lui infliger la peine capitale.Nos lecteurs se rappellent la tragédie nui a amené Valade devant la Justice.Le 8 septembre, une fillette de 13 ans, Ida Robertson, était jetée ou tombait du deuxième étage d’une maison de pension de la rue Notre-Dame Ouest.L’autopsie révéla qu’elle avait été violée.Des témoins établirent qu’elle était partie une demi-heure auparavant avec un inconnu.La fenêtre d’où elle est tombée, était celle de la chambre de Valade.Celui-ci, quelques instants après le crime, avait été rencontré dans l’escalier de la maison, courant, son veston à moitié mis.Il tenta de prouver un alibi, niais les témoins ne purent s’accorder quant aux heures où il avait été vu ailleurs.Une des preuves de circonstance très forte contre l’inculpé fut le fait qu’il fut vu avant le crime, vêtu d’une chemise blanche et que, plus tard, il en avait une bleue.Ce changement fut interprété comme une preuve qu’il avait fait disnaraî-tre.après le crime, une nièce à conviction.Personne n’a été témoin du crime et nersonne n’a pu savoir si l’enfant s’était jetée pai la fenêtre dans un moment de frayeur ou si clic avait été lancée dans le vide par son agresseur.Après le verdict Me Alban Germain a dêelaré â la cour mi’il nré-centerait lundi une motion noir faire annuler le verdict.Tl allègue eue le juge n’avait nas le droit de dire aux innés qu'ils pouvaient rendre un verdict d’homicide involontaire.mais bien un de culpabilité ou de non-culpabilité.EUGENE VÏAU, LIMITEE AVIS est (ioniH* au public s à ’’aise pour fenct'onner.i’éllmirat'on du poison peut se faire avec des chances de réussit^.^ VOL.TV.— No.268 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI, 17 NOVEMBRE J 913 5 COMMERCE ET FINANCE LA MATINEE A LA BOURSE DE MONTREAL Le calme plat règne à la Bourse ce matin.Par suite de la faiblesse de l’ouverture à Londres et par contre-
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