Le devoir, 15 novembre 1913, samedi 15 novembre 1913
VOLÜMFIV—No.267 MONTREAL, SAMEDI 15 NOVEMBRE, 1913 LN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : ^ W V Rédaetion e.Admini^tion: Édition Quotidienne: JS * fjia ^ ^ Ê( RUE SAINT-JACQUES CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 WM S^| Kâ ff ^Ej Ww 1^ WW MONt’BEA L.UNION POSTALE.$6.00 iÊM ÊmM Êj PP| E||S ' PPhrÆ^ & c^fMitnHetJomaMn: I | I J I m I1! ¦I H B I W\*TÉLÉFHOft~ % \ UNION postale.,.$,.oo ÆksÆ ®ÊÊÈ2É^Î lUf ^îi ëM® ^ RÉDACTIG.\ lin 7460 Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ^ ^2> V 4 À * LES PROPOSITIONS DU TRAMWAY L&S propositions faites hier aux autorités municipales par la Compagnie des Tramways ne sont que l’amorce d’un débat qui .se prolongera pendant des semaines et peut-être des mois.Noos aurons donc l’occasion d’y revenir.D’ailleurs 11 serait impossible à un profane de dire an pied levé la portée réelle des “suggestions” sur lesquelles travaillent depuis des années les experts de la Compagnie.Nous nous contenterons, pour aujourd’hui, d’indiquer certaines des choses qui, à première lecture, sautent aux yeux.Ce que demande la Compagnie d’abord: Une franchise de quarante ans, qui se renouvellerait automatiquement de dix ans en dix ans, si la Ville n’use pas du privilège qui lui serait réservé d’exproprier la Compagnie as a going concern, c’est-à-dire comme une entreprise en pleine activité; Le privilège de construire des voies souterraines dont la Ville garantirait les obligations hypothécaires; Le privilège d’exploiter certaines lignes d’autobus; Le privilège de faire, à titre de droit, le transport du fret qu’elle ne fait actuellement que sous un régime de tolérance; L’octroi d’un certain nombre de rues, dans le centre de la ville; La construction, de compte à demi avec la ville, de certains tunnels; Le remaniement du pourcentage actuel, qui serait réduit à 4% sur ï’ensemble des recettes brutes, mais qui s’étendrait à tout le territoire de la ville.La Compagnie est actuellement obligée de payer 15% sur tout l’excèdent de ses recettes brutes (dans l’ancienne ville de Montréal) à partir de $3,000,000.Elle a versé de ce chef, l’an dernier, au trésor municipal, une somme de $189,000.Les experts seuls peuvent dire ce que représenteraient à la fois l’abaissement du pourcentage et l’extension du champ de perception.* # * Il est à remarquer, en attendant, que la Compagnie ne fixe d’aucune façon la date de parachèvement et de mise en exploitation de ses tram-Xvays souterrains.Elle commencera le premier dans un délai de trois ans, mais elle le finira quand?Rien ne le dit.Tout ce qui est indiqué sur ce point, c’est que le deuxième sera commencé quand le premier seia fini, et le troisième avant la fin du deuxième.Cela, si la Compagnie ne croit pas à propos de se presser, peut nous mener à n’importe quelle date.Il est à remarquer aussi que tramways souterrains et autobus seront exploités à part, sur un tarif de cinq sous, sans billets jaunes, rouges ou verts, et sans correspondances entre les tramways de surface, les souterrains et les autobus.II est -i remarquer encore que les propositions' ne comportent aucune réduction de tarif et ne prévoient aucune révision de tarif dans Ta-venir.Si elles étaient acceptées telles quelles,les tarifs seraient, semble-t-il, fixés pour quarante ans et même plus — puisqu’à l’expiration des contrats, on ne parle que d’expropriation ou de renouvellement automatique du contrat, et non point de remaniement.Il va de soi que la Compagnie n’offre point de pourcentage sur les recettes des souterrains et des autobus.Ajoutons, dans ce rapide examen, qu’il paraît y avoir une différence considérable entre la situation qui serait faite à la ville, au point de vue de l’extension des voies, par le nouveau et l’ancien contrat.L’ancien dit que la Compagnie fera son service “dans les rues ci-après mentionnées et dans toutes autres rues que le Conseil pourra désigner à l’avenir” (section I du règlement 210).Le projet nouveau dit: “Quant aux extensions du tramway de surface qui pourraient de temps en temps être jugées nécessaires pour les besoins du trafic, la Ville et la Compagnie devront s’entendre.” En cas de désaccord, quant à la nécessité, 5/a question (nous résumons) sera réglée par un arbitre dont la décision itéra finale.Cela semble bien vouloir dire ^qu’après avoir accordé à la Compagnie les rues que celle-ci demande aujourd’hui, la Ville devrait s’en remettre à la 'décision d’un arbitre pour obtenir de nouvelles extensions.* -r> * o Ce n’est là, encore une fois, que le relevé des premières constatations qui sautent aux yeux.Il faudra tourner et retourner ces propositions, afin d’en saisir la véritable portée.Mais une chose peut être cou-sidérée comme certaine.De même que la Compagnie n’a jamais entendu faire accepter tel quel le projet où elle demandait à la législature de lui accorder la ten e et presque la lune, en 1911, de même elle ne compte sûrement pas faite accepter ces propositions en entier.Elle se réservait, en 1911, d’opérer des abandons qui sembleraient une concession à l’opinion publique; elle se réserve sûrement aujourd’hui le droit de jouer certains autres atouts.Nous ne sommes qu’au début d’une très grosse partie.Orner HER0UX.LETTRE DE QUÉBEC L’ADRESSE EST VOTEE Québec, 14.— L’adresse a été votée à 5 heures cet après-midi par une chambre à moitié vide, la plupart des députés étant paidis par le convoi de cinq heures.Trois députés ont parlé cet après-midi: MM.Taschereau, Sauvé et Robert, de Rouville.M.Taschereau souhaite à M.Tel-lier Th ermine qui serait la récompense d’une carrière de luttes décevantes.M.Tellier ferait, dit-il, un Juge idéal.La prohibition de Tex-portation du bois brut a eu son résultat en dépit des tentatives de Washington pour fermer le marché américain à notre papier et à notre pulpe.A Pabos, Portneuf.Joncquiè-res, Grand’Mère, de nouvelles usines s’élèvent où la production est doublée.La prohibition de Texpor-tation du bois brut continuera d’exister.M.Taschereau demande k l’opposition de s'unir au gouvèr-nement pour réclamer Taugmenta-lion de la subvention fédérale.La province a besoin d’argent pour l'agriculture, la voirie, l’instruction publique, les ponts en fer à la construction desquels elle a contribué pour près d’un million depuis 1908.Le rachat des chemins et ponts de péage a coûté $329,000.Il y a progrès général dans la province, en instruction publique, en agriculture, en colonisation, etc.Et M.Taschereau est très satisfait.M.Sauvé s’affirme plus conservateur que jamais.Le vrai parti conservateur est encore représenté à la Chambre et il entend s’affirmer avec une vigueur nouvelle, dénoncer tous les abus du régime actuel, défendre son passé, respecter ses traditions.Lafontaine, Cartier, Chauveau, Ouimet, Chapleau, Bo i-cherville, Taillom ont infusé à ce parti des principes .le vie que ni le temps ni les ennemis les plus puissants ou les plus turbulents ne sauront jamais détruire.Les principes politiques ne peuvent cependant être fixes parce qu’il est ini-;pos«ible de déterminer quels se-iront les problèmes de l’avenir.De-Itmis quelques années, continu® M.Sauvé, le parti conservateur n’a pas donné à son programme toute Tarn-pleur nécessaire, mais aujourd’hui il est dégagé de tout.Pour ma part, dit M.Sauvé, je ne veux pas croupir dans l’incertitude ou attendre sur le bord de la pente.Comme par le passé, les bonnes mesures du gouvernement recevront Tappui de l’opposition; le député de Saint-Louis n’a pas non plus toujours tort et les nationalistes ont souvent raison.C’est avec cet esprit que nous devons faire la lutte, dit-il.Puis M.Sauvé, imitant M.Gouin, refait une comparaison entre le régime de 1892 et le régime actuel.M.Robert n’aime pas qu’on “prononce des lectures «je journaux”.Le langage de M.Sauvé l’inquiète.Que signifie cette déclaration de retour aux auciens principes?Regrette-t-on les mariages mixtes qu’on a faits pour “capter le bénéfice des alliances qu’on a rencontrées depuis quelques années”.“L’opposition en est rendue à un point qu’elle ne figure même plus dans les questions publiques”.Pourquoi ces récriminations des “mêmes témoins qui ont été témoins de les entendre applaudir avec tant d’enthousiasme”* Après cela l’adresse est votée et la Chambre ajourne à 8 heures lundi soir.Jean DUMONT.P.S.—Le délai pour le dépôt des pétitions a été prolongé jusqu’au 21 exclusivement.M.Lavergne soumettra un projet de loi pour obliger les journaux édités par des compagnies à publier la liste de leurs actionnaires; un autre concernant les exercices militaires pour décréter que le temps consacré au service ne devra pas compter comme vacances; un autre encore pour décréter les élections générales a date fixe.Un éditeur de beaucoup d’initiative doit publier prochainement des recettes de cuisine électorale, d’un auteur anonyme, mais qu'on croit être M.Rogers.11 n’y sera pas question de Tomelctte renversée de Macdonald.BILLET DU SOIR.ULTRA-JAUN1SME A'olre siècle devra beaucoup à la Patrie pour ses innovations darns le domaine du journalisme.Tout le monde a sans doute entendu parler de son fameux service de télépathie sans fils qui reliait, il y a deux ans, la rédaction de la Presse à la sienne, pour le plus grand bonheur de la Montreal Tramways.Notons en passant que le service ne fonctionne plus ; Vinvention n’en a pas moins été une manifestation de génie.Mieux réussi cependant fut le service de dépêches spéciales d’Ottawa, qui permit à la Patrie de traduire au “fur et à mesure qu’il était dir (c’est ce qu’annonçait la Patrie) le discours de M.Borden sur le projet de contribution, et de le publier au moins une heure avant qu’il ne soit PRONONCE.C’était merveilleux mais ce n’était rien comparé à ce que la Patrie, du fond de son cerveau créateur, mijotait.Jadis, les journaux se contentaient de publier les nouvelles locales; avec l’aide de la poste commencèrent à paraître des courriers régionaux puis, en retard (Tune ou deux semaines, des informations d’outremer.Le télégraphe révolutionna tout et le lecteur put quotidiennement lire les nouvelles du jour, du monde entier.Quelle misère pour une feuille de Venvergure de la Patrie.Ce qu’il fallait au grand journal, ce n’était plus la nouvelle d’avant-hier, d’hier ou d’aujourd’hui, ni même de demain, mais celle de jamais.Le nouveau service a été lancé hier soir; une manchette de sept colonnes en marquait l’apparition : “Le Sherlock Holmes américain, William-J.Burns, est à Montréal, avec le dénonciateur qui a fait sa gloire.’’ Quelle supériorité sur les confrères qui eux, bien renseignés, dnnon-çaient tout simplement que Burns était à Détroit et que le gouvernement canadien défendait au “dénonciateur qui a fait sa gloire" de traverser la frontière.Cette dernière innovation s’appelle Tultra-jaunisme; mais ce n’est pas la fin: vous verrez bientôt le super-ultra-jaunisme.Max.SOREL.- m i — - LES ETATS-UNIS ET LE MEXIQUE Le président Wilson annonce qu’il se croit sur le point de déloger le général Huerta de la présidence provisoire du Mexique, grâce à Tappui que les puissances européennes prêtent à sa politique et à l’impossibilité où se trouve le gouvernement mexicain de se procurer les ressources financières qui lui manquent.Pour arriver à ses fins et forcer la main à Huerta, M.Wilson a entamé des nègociatton officieuses avec le général Carranza, chef des constitutionnalistes.On croit qu’il serait disposé à permettre l’exportation des armes et des munitions au bénéfice des rebelles du nord, dans le cas où Huerta s’entêterait à rester à son poste et où Carranza offrirait des garanties suffisantes pour l’avenir.Le but poursuivi par le président des Etats-Unis est d’arriver à écarter du pouvoir les éléments qui rendent impossible l’entente entre les belligérants comme l’élection libre d’un président définitif et d’un nouveau congrès.Mais on se demande s’il sera bien plus avancé quand il aura remplacé Huerta par un Carranza et si le Mexique lui-même aura gagné au changement.Un journal français publie à ce propos les notes mie lui adresse l'un de ses amis en ce moment à Mexico et qui, spectateur impartial, connaissant parfaitement Tâmc mexicaine, laisse entendre que la grande majorité de la population du Mexique préfère le gouvernement du général Huerta à la domination des survivants de la faction Madé-riste.“Les révolutionnaires, qu’on appelle constitutionnalistes, dit-il, ne sont plus qu’une bande de pillards; ils ont voulu prendre TorréonTville riche, située à la frontière nord, parce qu’ainsi il leur était plus facile de se réfugier en territoire étranger au premier choc avec les troupes fédérales.11 ne reste plus, en effet, que ce coin du pays en proie à la révolution et aux mains des constitutionnalistes.Le reste, c’est-à-dire plus des trois quarts du Mexique, accepte le gouvernement actuel."La personnalité du général Huerta a souvent été critiquée, mais il faut comprendre l’utilité d'un homme énergique dans un pays aussi agité.11 semble auiour-d’hui prouvé qu’il est la “main forte” indispensable à un gouvernement aux prises avec de si grandes difficultés.Devant le Mexique, il y a deux éléments en présence; les Etats-Unis et l’Europe.L’on dit que les Etats-Unis veulent laisser au Mexique son autonomie et son gouvernement propre; ceci est certain, mais il n’en est pas moins probable que l’Amérique aurait quelque tendance à voir ses nationaux coopérer à la direction des grandes exploitations minières qui sont d’uno ri- chesse extrême au Mexique: tels l’argent, le pétrole et l’or.C’est peut-être là qu’il faut trouver Tex-plieation de l’influence et du contrôle que voudrait exercer, le gouvernement de Washington sur le Mexique.“Dans la gestion des affaires, le président Huerta s’est vu souvent dans le plus grand embarras; si Ton envisage combien les provinces sont différentes de races, leurs aspirations belliqueuses, on comprend les difficultés qu’il a pu rencontrer.C’est peut-être ce qu’ignorait aussi le gouvernement américain, essentiellement civil, dont la petite armée suffit à une très grande population.Le Mexique, au contraire, est un peuple batailleur, qui a besoin d’etre conduit et maîtrisé.Pour éviter l’anarchie, il faut, contrairement aux Etats-Unis, un gouvernement militaire dans chaque province et à la tête de l’armée un vrai chef.Lorsque l’anarchie sera domptée, il sera peut-être loisible d’arriver à une direction plus douce dans l’ensemble du pays, mais le moment n’est pas encore venu d’implanter le système démocratique des Etats-Unis (où il n’y a que cinq mille Indiens, tandis qu’au Mexique on en compte huit millions).De Washington on ne peut voir clairement ce qui se passe dans les provinces mexicaines.Les Idées d’un savant et d’un philanthrope sont inapplicables dans la réalité chez un peuple si différent de race, qui parie quarante dialectes différents.” Quoi qu’il en soit des motifs qui inspirent l’intervention des Etats-Unis au Mexique, — restée purement diplomatique jusqu’aujourd’hui, — il est impossible de nier que dans son ensemble elle concourt à une oeuvre de civilisation éminemment désirable.Le dogme de la souveraineté intégrale des Etats, constamment contredit en pratique, n’est pas inattaquable au point de vue scientifique.Il apparaît bien souvent comme un obstacle au progrès du droit international, car la Société des Etats, comme toute autre société, a besoin d’une organisation, pour ne pas tomber dans Tanarchie.A qui se conduit en mineur parce qu’il n’a pas atteint Tâge de la maturité, il est indispensable de donner un tuteur, et pour les Etals, pas plus que pour les individus, il n’y a, à Tavène-ment de leur majorité, aucun déshonneur dans le fait d’avoir accepté quelque temps une tutelle nécessaire.C’est à la haute protection des Etats-Unis que Cuba doit d’avoir appris à faire un usage à peu près acceptable de son indépendance.Il y a gros à parier que le Mexique, qui a déjà connu une assez longue période de tranquillité sous un gouvernement énergique, se trouverait bien d’une aide extérieure qui lui permettrait de retrouver son assiette et le calme nécessaire à la poursuite de son idéal /national et de son développement économique si malencontreusement entravé par d’interminables révolutions.Uldéric TREMBLAY.HISTOIRE ET COOPERATION AGRICOLE II Je disais dernièrement qu’un danger se dressait menaçant devant nos cultivateurs.M.Nagant, directeur du Journal de l’Agriculture, dans une conférence qu’il donnait récemment à Québec, l’indiquait bien clairement.La population des villes augmente au détriment de celle des campagnes.En 189R la population rurale était de 71.3 pour cent de la population totale de la province, tandis qu’eu 1911 elle n’élait plus que de 54.5 pour cent.Ces chiffres n’ont pas besoin de commentaires.Ajoutons pourtant que dans 26 comtés de notre province, de 1897 à 1911, la population rurale a décru; et si dans toute la province nos campagnes augmentaient de 1901 à 1911 de 39,951 habitants, nos villes par contre gagnaient 313,863.Quelle est la cause de cet état de choses?Sans doute, le grand développement de nos industries qui attirent vers les villes un si grand nombre de nos fils de cultivateurs, mais aussi le dégoût de la terre, provenant de ce qu’elle ne rend pas riches ceux qui la cultivent.Tandis que dans T Ouest, la classe rurale neut arriver à mctlre de côlé chaque année une moyenne de $250 par tête, c’est à peine si, dans Québec, on atteint le chiffre de $100.Il est vrai que nos familles sont plus nombreuses, mais tout de môme la différence est beaucoup trop grande.Aussi avait-on raison de dire, il y a quelques années, que si l’on n’améliore pas la situation de nos gens de la campagne, il y aura exo* de vers l’Ouest comme il y a eu émigration aux Etats-Unis de 1850 à 1900.En 1909, 19,093 personnes quittaient la province.Et la désertion continue.Dernièrement encore, je recevais d'un de mes amis une lettre d’où j’extrais le passage suivant: “De.(et il nommait l’une des vieilles paroisses du diocèse de Trois-Rivières), en un seul été, 40 jeunes gros gaillards ont déserté pour la ville, tandis qu’à.(une autre place), 30 chefs actuels ou futurs de familles canadiennes se sont ouvert des terres dans Ontario.” Et combien d’autres faits nous pourrions citer! La désertion des campagnes, parce que les campagnes ne donnent plus ce qu’on en attend, voilà donc le mal qui nous menace.Et y a-t-il spectacle plus triste cme de se représenter en imagination cette longue procession de “déserteurs” qui, chaque année, s’en vont demander à d’autres deux le bien-être qu’ils ne trouvent plus sur la terre du vieux Québec?Voilà bien un péril national, un danger menaçant pour la force et la vitalité de la race, péril aussi grand peut-être que celui qui menaçait les 60,000 colons de 1760, danger aussi redoutable que celui d’une lutte avec les conquérants d’alors! Que deviendrons-nous, si nos cultivateurs délaissent la terre, s’ils ne Taiment plus, s’ils n’y trouvent plus de quoi vivre et établir leurs familles?Question angoissante qui devrait intéresser tous ceux qui ont à coeur l’avenir de notre race, tous ceux qui savent que la force d’une nationalité consiste dans la force de sa classe rurale, que c’est à la campagne que se trouvent les grandes réserves d’énergie nécessaires pour assurer notre avenir.Quelles sont donc les causes de la situation actuelle?Manque d’économie et habitudes de luxe, alcoolisme, mauvaise direction de Tenseignemcnt primaire, etc., etc., tout cela sans doute concourt à faire cette situation, — et il faut lutter, améliorer tout cela,— mais, je ne crains pas de le dire, tant qu’on ne s’organisera pas sur le terrain économique, tant que nos cultivateurs ne se grouperont pas pour acheter à meilleurs prix les choses nécessaires à l’amélioration 'de la terre, le mal existera.C’est dans la coopération agricole bien entendue qu'est le grand remède.Nous le verrons prochaine-ment.COOPERATEUR.SUR LE PONT D’AVIGNON.Le ministère Gouin vient d’établir une école d’industrie sucrière, à Beauceville.Des élèves y recevront des cours théoriques et pratiques d’experts dans la fabrication du sucre ‘d’érable.Le projet a du bon.Il ne manquera pas de plaire à beaucoup de monde,- y compris M.le doc- teur Paquet.* * * MM.Sèvigny et Lafortune ont, paraît-ii, renoncé à leur bataille en champ clos.Ni les électeurs de Dorchester ni ceux de Montcalm ne pourront donc se prononcer sur le mérite des deux politiciens.C’est malheureux pour la masse des collectionneurs de lafortuniai-series et de sévigniaiseries.Des dis-cours de M.Lafortune et des lettres de M.Sévigny les eussent consolés du coût sans cesse grandissant de la vie.* * • Un député à la législature québécoise blâmait M.Bernier, de Lévis, d’avoir promis des travaux publics énormes dans son comté, d’appartenir au parti qui promet des ponts dans Châteauguay, et de se scandaliser ensuite de la construction d’un pont en fer dans Dorchester.Ni les bleus ni les rouges, sur ce point, n’ont de reproches à se faire les uns aux autres.Ils sont tous pro-metteurs, en temps d’élection, surtout s’ils ont le pouvoir.L’achat en bloc des comtés s’est pratiqué autant par les libéraux qu’il Test aujourd’hui par les conservateurs.Ces politiciens, tous les mêmes 1 * * * M.Coderre, le secrétaire d’Etat' a présidé, hier soir, à Ottawa, disaient les journaux, une conférence du docteur Ami sur la Méditerranée.Sans doute, la prochaine fois, M.Coderre fera lui-même la conférence.Il traitera de “la lumière et de son effet sur les politiciens et les élections”.C’est une question de physique politique.* * * Oscar Wilde, le poète anglais qui scandalisa tout le monde littéraire, il y a quelques années, est-il mort ou vivant ?Des journaux européens se posent cette question.Il est bien vrai que, naguère, on célébrait les funérailles de Wilde, à Paris, et que, tout récemment, on lui élevait, au Pèie Lachaise, un monument autour duquel 11 se fit beaucoup de bruit.Mais des gens qui ont bien connu Wilde affirment qu’il vit encore, aux Indes ou dans Tlndo-Chine.Qu’est-ce que cela fait ?Ses oeuvres détestables se lisent encore/ n’est-ce pas comme s’il vivait ?* * * Voilà M.Pelletier colonel honoraire.Qu’est-ce que Ton va maintenant faire de M.Nantel ?Un ambassadeur anglais à Berlin ?* # • M.Lespérance, lui, ne veut pas être lieutenant-colonel honoraire ; il se contenterait d’être ministre et honorable.Il est d’ambitions modestes.« « * La session fédérale doit s’ouvrir vers le dix janvier prochain.“Faites vos emplettes de bonne heure”, disent déjà les journaux aux gens nul pensent aux achats do la Noël.Le conseil s'applique aussi aux gens désireux d’obtenir quelque chose de nos parlementaires.“Do it now”! .Le Veilleur.LA SESSION Le “ DEVOIR ” à vingt-cinq sous Les intérêts de tous les citoyens de Québec peuvent être affectés par cg qui se passera d’ici quelques semaines, au parlement provincial.Tous ont donc un intérêt essentiel à être parfaitement renseignés sur les faits cî ' gestes de nos députés.Et ils ne peuvent l’être que par des comptes rendus impartiaux, faits par un homme compétent.Pour vingt-cinq sous,—en dehors de Montréal et de sa banlieue—on recevra le “Devoir” tous les jours d’ici la fin de la session provinciale.Les comptes rendus du “Devoir” sont faits par un homme qui connaît parfaitement son métier et le parlement, M.Jean Dumont.Le “Devoir” est indépendant de toutes les cliques et de toutes les coteries.QUESTIONS ARTISTIQUES MONTREAL VU PAR UN DEC0RATENR Un archilccie viennois déclarait l’autre jour qu’en matière d’art, nous en étions encore à l’âge de pierre.La lettre suivante, que nous adresse un professeur de l'Ecole polytechnique, prouvera qu'il n’est évidemment pas le senti de cet avis.Point n’est besoin, croyons-nons, du témoignage des voyageurs canadiens ou étrangers qui ont vu Bruges, Paris, Grenade ou Florence, puisque les .gens de goût — et ils ne manquent pas ici — s'accordent volontiers à reconnaître que Montréal n’est guère plus artistique qu’un tas de briques et rie madriers.Ce qui serait plus utile que ce témoignage, c’est le tableau des innombrables laideurs de la ville exposé sous les yeux du public et proposé à la méditation de tous ceux qui contribuent if Tenlafdlsseml'ht systémau-que de la métropole.Au cours d’un article précédent, nous signalions l’apparition récente, à l’ouest de la rue Sainte-Catherine, d’un grand magasin échappé de la cervelle d’un architecte atteint de jaunisse.Voyez l’heureux effet de la publicité :diuit jours plus tard un second magasin de la même rue arborait à son tour un jaune deux fois plus citron que le premier, justifiant ainsi le proverbe qui veut qu’un malheur n’arrive jamais seul.Si les propriétaires de ces cages à serins cherchent avec la peinture criarde à attirer l’attention des acheteurs, avouons qu’ils réussissent pleinement.Mais s’ils croientdonner à leurs magasins une toilette attrayante,, rappelons-leur doucement que nous ne sommes pas en Abyssinie et qu’il ne faut pas faire de Montréal un cirque jaune pour amuser des nègres.Car c’est bien là le sort que nous réserve l’avenir.Si l’esthétique de la ville reste entre les mains de ces amateurs de grotesque, si les autorités municipales n’avisent sans retard au moyen d’endiguer ce débordement de hideurs, si les architectes et les peintres ne se soucient pas plus de leur réputation que des contrats qu’ils ne peuvent obtenir, la ville de Montréal sera vers 1917 une exposition d’une rareté exceptionnelle, recommandée par les médecins étrangers aux fous de la persécution, aux nerveux tristes et aux enfants terribles qui veulent des images d’Epinal.Nous n’avons encore signalé que deux magasins, mais quel livre ne feroit-on pas avec l’énumération de toutes les /naisons de commerce, avec les édifices religieux et civils, avec les résidences qui insultent à la beauté, au goût, disons même au plus simple bon sens ?N’est-rl pas insensé d’appeler Palais de Justice ce tas de murailles percées de trous au fond desquels siègent nos tribunaux ?Si vous voulez la définition du mot palais, allez la lire à Versailles, ou à Londres, ou en Italie, mais ne perdez pas votre peine à la chercher sur le Champ de Mars.Toute votre énergie n’en viendrait pas à bout.sont tes Ilots transparents et dociles, les fond-.! eut s et les artistes de Venise, la ville-reine des eaux.Montréalais qui n’avouez pas encore que Montréal n’est qu’un amas de caricatures, descendez avec nous le cours du Saint-Laurent, de Verdun à Viauville ; écoutez-nous et regardez : La Pointe Saint-Charles, quartier sale, maisons grisâtres, usines rouges et noires, ciel enfumé, atmosphère de charbon et de suie que le vent éparpille à plaisir aux quatre points cardinaux.L’entrée du canal, même décor, une petite place triangulaire avec une église à i’un des coins ; mais quelle église I quelle architecture 1 Un bâton de réglisse en équilibre siafûne 'îlpette de chocolat ! Un peu plus bas, le vis-à-vis réjouissant de la rue Wellington jusqu’à la rue McGill.Nous ne sortirons jamais du noir et du gris ! Le port, les hangars" maritimes, les élévateurs à grains, silhouettes élégantes qui n’ont qu’un mérite à nos yeux, c’est de cacher momentanément les silhouettes non moins gracieuses du centre de la ville.On en arrive presque à déplorer que le fleuve ne soit bordé d’élévateurs.Un peu plus bas encore, la voie du Pacifique Canadien triomphe de la ligne horizontale.Du charbon, toujours du charbon! Enfin un monument! Erreur.c’est l’ancienne Prison! passons.Usines noires, manufactures noires, raffineries noires.Viauville; un peu mieux, Viauville; mais voilà, ce n’est plus Montréal.Rien ! Pas un bout de balustrade, pas la moindre façade digne seulement d’un coup d’oeil, pas la plus petile perspective d’une avenue, pas une fontaine, pas un bouquet de verdure.depuis 1642! Nous ne pousserons pas la cruauté jusqu’à promener le lecteur dans les quartiers du Nord-Est de la ville, ni dans les ruelles boueuses comme celle qui abrite sa modestie sous le nom 'd'A venue de Châteaubriand.Ce genre de promenade peut s’effectuer en contemplant durant quelques minutes un fourmilière sur un fromage.Montréal est une école d’art mais, hélas, d’une espèce toute particu-jlière; l’enseignement qui s’en déga-| ge mêle à son ambiance, une odeur | étrange oubliée en Europe depuis il’âge de pierre.Les artistes qui naissent dans cette ambiance “peintu-:rcnt” les magasins en jaune [qu’au sixième étage; on a toutes 1 peines du monde à leur faire coi (prendre qu’une statue monumenta I serait mal à Taise à côté d’un poi mier et vice versa; ils dessine amoureusement l'annonce du f meux tabac Sweet-Canadien sur 1 rideaux de théâtre; Ils n’ont pas e core annoncé le fameux Gin Croi Verte sur le plafond de l’Opéra ma vous verrez que ça viendra d Glissons en passant sur les rues résidentielles qui se laissent appliquer, de ci de là, des boutiques de savetiers et des affiches d’agents d’immeubles en gti'ise de vésicatoires.La rue Saint-Denis bénéficie de ce privilège et n’entend pas qu’on le lui ôte.On a pu remarquer souvent que les grandes villes d’Europe sont traversées ou bordées par des rivières de l’effet le plus heureux.L’eau est la note gaie, la pensée fraîche et toujours jeune d’une ville.Un bassin dans un parc est un tableau devant lequel on aime à s’asseoir.Une' simple fontaine au milieu d’une cour est quelquefois tout un décor.Les grands constructeurs de villes savaient cela quand ils ont posé leurs plans sur les bords de la Seine et de la Tamise, quand ils ont fait Amboise, Chcnonceaux, Tours et Chambord ; ils savaient les mer- qu’ils y penseront.Que voulez-vous; c’est l’ambiance qui fait Tâme de l’artiste.C’est l’ambiance normande qui a fait Millet, c'est Tam-bianee vénitienne qui a fait Zlem, c’est l’ambiance romaine qui a fait Michel-Ange.Chcrcihcz maintenant ce que meut O faire l’ambiance montréalaise.Je vous laisse y rêver.F.BABOULENE.Professeur d’art industriel à l’Ecole polytechnique.Les journaux mentionnaient Jeudi quelques noms de députés susceptibles de devenir ministre de la voirie.Pourquoi n’a-t-on donc pas parlé de M.Rainville?C’est à lui que M.Gouin devrait penser, il a tant do voi\ JLE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 15 NOVEMBRE 1913 VOL.IV.— No.267 La Musique à Montréal "Y Y.L’ECOLE SOCIALE POPULAIRE RESUME DES COURS DE SOCIO-LOGIE DU R.P.E.PLANT!ER, S.J., DANS LA SEMAINE DU 10 NOVEMBRE.LES GRANDS CONCERTS DE DEMAIN.Il ne faut pas oublier que c’est demain, l’apres-midi et le soir, qu’auront lieu Ic.s deux grandes auditions de l’oeuvre de M.Alexis Contant, “LES DEUX AMES’ .Bien Hue le compositeur soit l’un de nos compatriotes les plus distingués, l’impartialité la plus élémentaire nous commanderait le silence si ce travail n'avait aucune valeur.Mais au contraire l’oeuvre de M.Contant a déjà ses admirateurs, non lias de ne.s entousiastes irréfléchis pour qui tout est bon en musique.Ce sont des connaisseurs avides d’étudier une partition et de l’analyser.Avons-nous besoin de répéter ici le nom de M.Walter Damrosch, l’un des chefs d’orchestre les plus accrédités aux Etats-Unis?On sait que M.Damrosch est un grand admirateur des travaux de M.Contant et comme bon nombre d’Américains.il est difficile puisqu’il entend beaucoup d’excellente musique dans son pays.Le témoignage d’un étranger ne devrait pas laisser indifférent le public, de Montréal.Aussi nous comptons qu’aux deux auditions de demain, il " aura foule, au théâtre Princess.Qu’on songe que c’est une “première” qu’on va donner.Pourrions-nous demeurer Indifférents devant un événement duquel les peuples de la vieille Europe attachent la plus grande importance?On n’ignore nas en effet qu’à Paris, par exemple, les “premières” sont très courues.On retient ces places des mois à l’avance et les trois quarts du temps les salles sont trop petites pour contenir la foule de ceux qui désirent entendre l’oeuvre nouvelle.Imitons les Français en cela.Allons applaudir en masse “LES DEUX AMES”, une composition incontestablement fort belle et qui fait honneur à son auteur.On peut se procurer des billets en s’adressant au théâtre Princess.Tous les solistes, les choristes et l'orchestre sont instamment priés d’assister à la répétition finale qui aura lieu dimanche matin, à 10 heures précises, au théâtre Princess.LA SAISON D’OPERA Lundi soir aura lieu l’ouverture de la première saison de la National Opera Co.of Canada.Pour l’information de nos lecteurs, nous publions de nouveau la distribution de “La Giocnnda” qui est à l’affiche pour ce soir-là.lante jeune école tend.Les critiques compétents dont les jugements sont fonctés sur une étude sérieuse de l’histoire du violon à travers les siècles prétendent que parmi les grands maîtres qui ont précédé Ysaye nul n’a dû atteindre le degré de perfection que possède aujourd’hui le virtuose belge.Cho.se certaine, c’est que depuis à peu près vingt ans qu’Ysaye émerveille le monde aucun autre violoniste n’a pu atteindre le fini et la distinction qui caractérisent l'éminent violoniste.Son apparition à Montréal au commencement de 1914 marquera sans exagération le plus grand et le plus brillant événement musical^ de fa saison car nous aurons en même temps l’occasion d’entendre le célèbre violoncelliste Jean Gérardy, le plus merveilleux violoncelliste de l’époque.De l’avis de tous les musiciens à qui nous en causons, le Princess ne pourra pas loger, c’est certain, tous ceux qui voudront entendre un aussi beau concert.Ce sera la seule apparition d’Ysaye et Gérardy dans un même concert au Canada et il viendra des gens d’en dehors de Montréal pour Ips enten-d re.Une liste de .souscription est ouverte chez Willis & Cie, angle Drummond et Sainte-Caterifiie Ouest.Les souscripteurs auront l’avantage de retenir leurs sièges avant l’ouverture de la vente au public.C’est un privilège qui aura son importance dans le cas d’un événement comme celui-là.LE VIOLONISTE THIBAUD LA GIOGONDA Opéra en 4 actes de Ponchielli, en italien.Gioconda.Marie Rappold Enzo.Giovanni Farmo La Cieca.Rosa Olitzka Laura.Maria Claessens Al vise.Giovanni Martino Barnaba.José Segura-Tallien iîuane.Natale < Wi Can tore.Pirtro Anglii Isepo.Enrico Rossi Grand Corps de Rallet Première danseuse.Ethel Gilmore Chef d’orchestre.Agide Jacchia On reprendra “La Gioconda” samedi .soir.Mardi et jeudi “Madame Butterfly”.Mercredi après-midi- concert d’orchestre avec Mlle Kathleen Par-low comme soliste.Le programme est le suivant : 1.Ouverture.“Nabucco”.Verdi Orchestre.2.Concerto en la mineur.Saint-Saëns Mlle Kathleen Parlow (avec l’orchestre).3.Marche militaire.Schubert Orchestre.4.(a) Nocturne.Hubay (b) Danse hongroise.Brahms-Joachim (cl Polonaise en la mineur.Wieniawski Mlle Kathleen Parlow.6.Intermezzo.“Amico Fritz”.Mascagni Orchestre.Chef d'orchestre : Agide Jacchia.Mercredi et vendredi soir, “Thaïs”.Samedi, en matinée, on joueira “Cavallerfa Rusticana”, de Mascagni, et “Le Secret de Suzanne”, de Wolf-Ferrari, ! Pendant sa jeunesse, alors que ses moyens de subsistance étaient lassez modestes, Jacques Thibaud j fut employé au Café Rouge de Paris comme violoniste, et c’est là que le chef d’orchestre Edouard Colonne l’entendit un jour ; le maître fut tellement épris de son jeu déjà re-imarquable qu’il l’engagea sur le I champ comme membre de son or-j chestre, Peu de temps après le violoniste soliste des concerts Colonne sc trouve indisposé et Thibaud fut chargé de le remplacer, ce qu’il fit avec une telle maîtrise qu’on le fit entendre cinquante-quatre fois au cours d’une même saison.Louis Schneider, le critique si autorisé, écrivait dernièrement : “Dans les deux séances que Jacques Thibaud a données sur les trois annoncées.l’admirable violoniste s’est donné la tâche de parcourir tout ce que la littérature musicale du violon a produit de plus divers.Jacques Thibaud nous a joué le concerto de Beethoven, la Chaconne de Bach, le concerto de Mendelssohn, relui de Max Bruch en sol mineur, relui de Saint-Saëns en si mineur, etc., etc.Jacques Thibaud, partout, a fait preuve d’une incomparable maîtrise ; son style est du plus pur classique ; mil sacrifice au mauvais août, nulle tïiganerie, nul truc pour décrocher le succès.C’est d’un art très noble et très élevé- sur lequel bien des violonistes devraient prendre modèle.Ce ne sont du reste pas des applaudissements, mais de vraies ovations qui récompensent Jacques Thibaud à chaque séance.” Jacques Thibaud iouera à l’un des concerts d’orchestre de TOpéra.NOS MUSICIENS ET LA SAINTE-CECILE C’est jeudi soir prochain qu’aura lieu à l’Arsenal du G5ième Régiment le grand concert à l’occasion de la fête Sainte-Cécile, organisé par le corps de musique de ce régiment, l’Alliance Musicale.Madame Desmarais, notre sympa-thiqsie contralto, se fera entendre, ainsi que MM.L.P.Bénibé et Paul G.Ouimet, deux artistes lyriques que le public est toujours heureux d’applaudir.M, G.Hasenier, le célèbre clarinettiste, est aussi au programme.Le professeur J.J.Goulet, chef de musique de notre populaire musique militaire, a préparé pour cette fête un programme très intéressant, sur lequel nous lisons l'ouverture “Si j'étais roi”- la célèbre marche suédoise du Couronnement, du grand compositeur Svandsen : une Eélaction sur l’opéra “La fille du régiment” et autres pièces caractéris-tiqnes.Un tel programme nous promet ïme belle soirée digne de la patronne de la 'musique.(Communiqué) RECITAL D’ORGUE Le ditnanciho après-midi.30 novembre.après les vêpres, M.J.-D.Dussault donnera un récital d’orgue à l’église Notre-Dame.Ce sera le premier d’une série qui auront lieu dans le cours de l’hiver.LA CHORALE DE YAMACHICHE (Spécial au “Devoir”) Yamachiche, 15.— Dimanche dernier, à une assemblée générale, on a procédé à l’élection des nouveaux officiers.Voici les noms des fondateurs de la chorale: M.le chanoine Caron, président honoraire; M.Adélard Ltipien, vicaire, aumônier; Raoul Pellerin.directeur; Al-béric Meunier, président; Antonio Carbonneau, secrétaire-trésorier; A, Milot, vice-président; Aldêric Hê-roux et Germain Beauehemin, conseillers; Charles Bellemarc, bibliothécaire; Lucien Rave.luy, organiste.Les membres actifs sont MAT.Es-dras Lamy, Ernest Langlois, Odilon Rellemare, Evariste Jîélinas, Dionis Descoteaux, Hercule De.scoteaux, Joseph Descoteaux, Honorât Lamy, Antonio Rellemare, Alphonse Ville-mure.Emile Rellemare, Arthur A.Davelny, Maîoric Lamy, Fernand Reaucheniin, Gilles Reseoteanx, Donat Boucher, A.Carbonneau, Léo-nidas Proulx.Lucien Canneville, Charles Carbonneau.LE VIOLONISTE ALBERTO BACH-MANN On annonce la prochaine venue à Montréal du célèbre violoniste Alberto Bachmann, dont la réputation européenne n’est plus à faire, mais qui ne peut manquer de la rendre mondiale en se faisant applaudir en Amérique.Nous aurons la bonne fortune de l’entendre à l’un des prochains concerts du dimanche au “Princess”.Ces concerts, de plus en plus intéressants de par leurs programmes d’orchestre, attirent chaque semaine un public plus connaisseur.Avec des solistes comme Valentine Cres-pi, comme Alberto Bachmann, avec des virtuoses incomparables et acclamés partout où ils passent, tout ce qub Montréal compte d’amateurs de musique se rendra en foule nombreuse aux après-midi, aux soirées du dimanche, et prendra l'agréable habitude de n’y plus manquer de la saison L’ILLUSTRE MAITRE YSAYE NOUS REVIENT.YSAYE, incontestablement le plus illustre maître du violon des temps modernes, viendra se faire entendre à Montréal le 16 février prochain au théâtre Princess.Dans toutes les parties du monde où ’e fameux virtuose s’est fait entendre il n’existe, qu’une seule opinion ; Ysaye règne en dominateur suprême, Il est le point de comparaison, l’idéal vers lequel toute celte bril- AMEMORATION A LA CHORALE PLAMONDON-MICHOT.Cette jeune société chorale, la seule qui ju.suu’à présent rémunère ses membres, vient de décider la création de classes gratuites de solfège et de chant choral.11 va sans dire que ces classes ont lieu en dehors des jours réguliers de répétitions et sont ouvertes aussi aux élèves de l’école de chant du même nom.Leur but est d’avancer la cau-!se musicale en cette ville et d’accélérer l’étude du répertoire de la société touf en donnant une démonstration théorique et pratioue du solfège nécessaire pour atteindre le but proposé.C’est au Rtiz-Cnrlton qu’aura lieu le premier concert de la Chorale.Les membres vont disposer de la plus grande partie des billets mais on peut aussi s’en procurer aux magasins de musique Willis & Cie et E.Archambault, rue Sainte-Catherine.Des circonstances, indépendantes des volcanos humaines, ont fait transférer les cours, offerts aux membres du clergé, du mardi qui leur allait si J bien, au jeudi qui en gêne plusieurs.| Mais le zèle est ingénieux, il saura I s’arranger pour suivre plus fidèle-! ment encore des études d’un grand j intérêt—elles deviennent de plus en I plus pratiques.Les délibérations ani-' mées du jeudi, 13 novembre, l’ont bien fait voir.Cette semaine, en effet, les «ours ont roulé sur l’“Epargne et la Prévoyance”.Nul ne s’attendait à rencontrer dès l’abord D'Epargne” ou plutôt l’aménagement des forces personnelles physiques, intellectuelles et morales, elles sont pourtant un facteur essentiel de la production.Il était facile de s’en convaincre par les théories de Taylor et du Dr Imbert sur le l‘rendement maximum par un minimum d’efforts”.“Brûler sa vie” par le plaisir surtout est la pire manière de s’en servir.Voilà pourquoi organiser le repos hebdomadaire familial est.une mesure très sociale.Grand art aussi de savoir faire ses dépenses à temps, acheter ce qu’il faut, comme il faut, et n’aller jamais jusqu’à i’épuiseiment de ses ressources disponibles.Une ménagère avisée «-aura, s’adresser aux fournisseurs qui font l’escompte comme l’a si bien organisé la Fédération économique de Saint-Jean-Baptiste.Puisque les petits ruisseaux fout les gram.es rivières il faut faire fructifier les petites épargnes : il y a tant de moyens aujourd’hui:—lo Les “Caisses Postales” à accessibles aux dépôt minimes et aux modiques retraits — Petit revenu, sans doute, mais si sûr! — Pourtant de beaucoup leur sont préférables; 2o les “Caisses Patrona es”, quand le patron a la bonté et la sagesse de se rendre débiteur de ses ouvriers.11 les attache ainsi au succès de l’entreprise, sans restreindre ses droits de patron.Plus moralisateur encore est: 3o le système dies “Caisses Populaires” dé M.Desjardins, basées sur a) l’imité paroieisialeâ b) J’asso-ciation de personnes (hommes ou femmes) d’une honnêteté avérée; c) constituant une banque de dépôts et de prêts; d) gérée par des compétences du pays même et “pour le pays”.en place d’instdtutromg qui draignent l’épargne locale et l’expatrient n’importe où.C’est par des oeuvres analogues où l’intérêt a sa part que les prêtres de France retiennent ou ramènent autour d’eux leurs ouailles.Attention! au mode d’utilisation des dépôts : portons-en le moins passible aux caisses d’Etat; il aura toujours trop d’argent pour en être parcimonieux; aux société anonymes ne recourons qu’en dernier lieu, quand elles n’ont pas souci des améliorations locales.Concentrons nos bons vouloirs autour d’organisations, oeuvres, installations qui permettent la plus grande rpercusision matérielle, moralisatrice, même religieuse.De cet ordre sont: 4o “Les Mutualités” de toutes sortes sur lesquelles on peut greffer— outre la prime en cas de décès, très uSitée au Canada—tant de créations protectrices des petits et dea humbles; secours en cas de maladie, blessures ou infirmités,.pensions de retraite,.assurances individuelles ou collectives,.cours professionnels, office de placement, allocations de chômage,.(tout ce que les statuts auront prévu et voulu)” telles sont les déduction,s du principe de la mutualité qu'énumère la loi française du 1er avril 1898.Sur toutes ces matières, la législation canadienne est sage et libérale : en 1908 “Annuités Act” pour la vieillesse; en 1909 “Accident du travail” d’Edouard VII ; puis “Coopératives agricoles” de George V.Au reste en matière sociale dopais tantôt vingt ans, tous les gouvernements civilisés se copient à l’envi.Prenons garde, cependant, à l’absorption des initiatives privées; gérons nos affaires nous-môme.Ainsi ont fait, en France, las mutualistes “Prévoyants de l’Avenir”, quand le législateur voulait les mettre en tutelle.Ils résistèrent à une administration tracassière.Il est vrai qu’ils sont près de 600,000 avec une caisse centrale de plusieurs centaines de millions!.Quelle force irrésistible auraient les mutualistes canadiens si seulement leurs sept mutualités catholiques, de la province de Québec, étaient fédérées autour d’une caisse centrale gérée par des conpétences : réduction des frais généraux énormes ; disponibilités puissantes pour exploitations agricoles, forestières et minières.Ce seront, peut-être 5o les “Coopératives” qui réaliseront ce rêve.Par actions très réduites de 10 piastres, de 5 piastres, une petite ouvrière peut devenir co-propriétaire d’uhe coopérative de “consommation”; par exemple dans l’épicerie, la boulangerie, la laiterie, etc.Les coopératives de “production” demandent en général plus | de capitaux, des connaissances têch-' niques et spécialement des débouchés assurés.Pourtant les coopératives ouvrières d'Angleterre, à leur dernier congrès de l’été 1913, ont accusé une situation prospère : leur formation expérimentale remonte à un demi-siècle.Qu’il serait donc intéressant de mettre en bonne lumière tout ce que les initiatives courageuses peuvent développer d’énergies chrétiennes autour des institutions sus-énoncées ! C’est au cours eux-mêmes qu’il faut venir en prendre une idée.ELEUTHERü Je vous donne la Médecine, Vous donnez un peu de Temps Quelques jours seront suffisants, pour prouver sa valeur sur votre maladie PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES Quelques minutes de votre temps durant quelques jours, et Je vous démontrerai sans qu*i! vous en coûte rien, que J’ul une médecine qui chasse de l’organisme le poison de l’Acide Urique et de cette façon conquiert les maladies des reins et de la vessie, et le rhumatisme.Je ne vous demande pas dVn croire ma parole, mais désire tout simplement que vous me laissiez vous envoyer un peu de cette médecine pour que vous puissiez l’employer personnellement.J’essaye de convaincre In multitude de gens souffrant de ces maladies, que je suis en possession de quelque chose bien meilleur que la combinaison ordinaire de remèdes, traitements et autres choses semblables, et la seule façon de le prouver est en faisant la dépense de composer la médecine et en l’envoyant gratuitement.Je suis heureux de faire ainsi pour tout malade qui veut bien prendre la peine et le temps de m’écrire.Comprenez bien, que je ne vous enverrai pas un “Echantillon preuve ou Traitement d’essai” sans valeur, ni ne vous enverrai un paquet de médecine en vous disant que vous pouvez en emploj'er une partie et payer pour le reste; non, Je vous enverrai franco une provision gratuite de remèdes et vous n’aurez pas à payer pour ce cadeau, ni ne contracterez aucune obligation.Tout ce que je désire savoir, est si vous souffrez d’une des maladies pour lesquelles ma médecine a été établie, car elle ne guérit pas toutes les maladies.Je vous indique d-contre, les principaux symptômes des maladies des reins, de la vessie et du rhumatisme et si vous remarquez un seul ou plusieurs de ces symptômes, vous avez besoin de cette médecine et je serai heureux de vous en envoyer un peu, si vous voulez bien m’indiquer les numéros des symptômes que vous ressentez ainsi que votre Age, votre nom et votre adresse.Envoyez votre lettre, au Dr.T.Frank Lynott, 5914 Franklin Illdg., Toronto, Ont.Vous ne me promettez rien, ni n’avez rien à me payer en échange.Tout ce que je demande, afin qu’il ne se produise aucun erreur, est de recevoir les numéros de vos symptômes ou une description de votre cas écrite comme vous l’entendrez et de vous voir employer la médecine suivant les instructions que Je vous enverrai.C’est là ma façon de faire de la publicité pour ma médecine, afin qu’elle devienne universellement connue.Quand vous aurez employé ma médecine, vous reconnaîtrez qu’elle dissout et chasse de l’organisme le poison de l’acide urique.Elle règle l’action des reins afin qu’ils travaillent en harmonie avec la vessie.Elle renforce la vessie afin que les désirs d’uri- j ner trop fréquents et les autres désordres , urinaires disparaissent.Elle arrête les pei- ! nés et douleurs rhumatismales.Elle dissout les cristaux de l’acide urique de telle façon ' que le dos it les muscles ne vous font plus souffrir et que les articulations déformées se redressent rapidement Elle reconstitue Jcs nerfs et le sang de telle sorte que vous vous sentez bientôt en meilleure santé et plus fort, mangez et dormez mieux et possédez ainsi de l’énergie pour toute la journée.Elle accomplit tout cela et ne contient cependant rien de dangereux et est absolument garantie selon la loi.mm* DR.T.FRANK LYNOTT qui envoie ta médecine gratuitement à tous ceux qui en ont besoin Tout individu souffrant de ces maladies redoutables et dangereuses, peut certainement dépenser quotidiennement quelques minutes durant une période de quelques Jours pour se donner la satisfaction de se démontrer s’il est curable.Principalement si vous considérez qu’il n’y a aucune dépense à faire pour cela et que' je vous donne volontiers, mon temps et ma médecine.Tout malade intelligent, désire savoir si telle médecine peut LE ou LA soulager et vous avez à présent, ici, l’occasion île le savoir, sans dépense, obligation ou perte de temps sérieuse.CES QUELQUES JOURS, peuvent être l’époque marquante de votre vie.Tous ceux qui sont suffisamment intéressés pour m’écrire pour la médecine gratuite, recevront également un exemplaire de mon grand livre médical illustré qui décrit entièrement ces maladies.C’est le livre de.ce genre, le plus complet qui ait jamais été écrit pour distribution gratuite, et une nouvelle édition en est actuellement sous presse.Je vous écrirai aussi une lettre d’instruction et d’avis médicaux qui devrait vous être de grande, assistance, mais afin de pouvoir faire cela, je dois savoir si vous avez besoin de la médecine.Ecrivez-moi les numéros des symptômes qui vous tourmentent ainsi que votre Age et je tiendrai promptement mes promesses.Témoignez de votre désir de vous rétablir et écrivez moi, et je vous enverrai très volontiers la provision gratuite.Voici les symptômes 1.Douleur dans le dos.2.Désir trop fréquent d’uriner.3.Nervosité, amaigrissement.4.Douleur ou sensibilité dans la vessie.6.Faiblesse du sang.6.Douleur ou gaz dans l’estomac.7.Débilité générale, faiblesse étourdissement.8.Douleur ou sensibilité sous les côtes droites.9.Rhumatisme sciatique.10.Constipation ou trouble du foie.11.Palpitation ou douleur sous le coeur.12.Douleur dans la hanche.13.Douleur dans le cou ou la tête.14.Douleur ou sensibilité dans les reins.15.Douleur ou enflure des articulations.16.Douleur on enflure des muscles.17.Douleur ou sensibilité des nerfs.18.Rhumatisme aigu.Tél.St-Louls 2112- DEMERS & GAUTHIER PnÜMeun et Rsmbouneui* SPECIALITE * Réparation de mou-blea antiques.OT4 HAINT-liKNI» MARIAGE R1NFRET- RAYM0ND On iHinoncc pour le 25 novembre le marinae de Mlle Juliette Rinfrct, de Cap Santé, avec M.Charles-Auguste Raymond, médecin de Montréal.LE SAINT-PERE ECRIT AU CERCLE PIE X 4 octobre, dernier, le Cercle Pie X, de l’A.C.J.C., par l'entremise du cardinal Billot, présentait une supplique au Saint-Père, à laquelle Fie X vient de répondre, dans une lettre écrite de sa propre main.Voici la réponse de Sa Sainteté : "Très volontiers nous recevons “sous notre garde et protection nos “bien-aimés fils du Groupe Pie X.“De tout coeur nous les félicitons “de leur amour pour ce Saint-Siège "et surtout de la singulière édifira-“tion par laquelle ils portent les au-“tres à les imiter dans les oeuvres “de religion et de charité.I>es ex-“hortant à se rappeler toujours et “partout qulls sont sous le regard “de Dieu et à accomplir toutes cho-“ses en sa présence, comme gage [ “de notre satisfaction et de notre “'bienveillance, nous leur accordons “très affectueusement la Rénédic-“tion Apostolique.“Du Palais du Vatican, le 4e jour du 'mois d’octobre de l’année NOUVELLES D’EDMONTON (Service particulier) Edmonton, 14.— Le température continue d’être très belle dans l’Alberta, et il n’est pas tombé de pluie depuis plus d’un mois, ce qui a beaucoup aidé aux travaux de la moisson; la récolte est l’une des plus belles qui se soient vues depuis longtemps et 1 “Alberta ensoleillée”, comme on l’appelle justement ne souffrira pas de disette cette année, loin de là.Il n’y a qu’une chose qui soit rare, c’est le capital étranger nécessaire aux constructions grandes et petites, aux industries nouvelles dont l’afflux incessant de population a rendu la création nécessaire.Edmonton, qui n’avait, il y a dix ans qu’une population de 5000 environs, compte maintenant plus de 70,000 âmes et ne peut manquer de voir ce chiffre porté à 100,-000 d’ici une couple d’années, grâce à l'excellence de son agriculture, à sa situation avantageuse par rapport aux immenses et fertiles régions du Nord-Alberta, aux deux chemins de fer transcontinentaux qui la traverseront bientôt, etc., etc.En un mot, c'est rtiistoire de Chicago qui se rér pète, et le spectaple de cette ville grandissant irrésistiblement sous la poussée du pays riche et immense qui l’entoure, est fort intéressant.Seulement, le capital européen, qui est nécessaire à ce progrès, manque un peu depuis quelques mois à cause d© la tension monétaire actuelle des grands marchés financiers, et il y aurait ici des placements fonciers très intéressants et parfaitement garantis pour les capitalistes petits et grands de la Province de Québec.On peut actuellement placer sur première hypothèque couvrant seulement 40 à 50 p.o.d© l’évaluation municipale, des sommes grandes et petites sur terrains et maisons de rapport, à des taux qui varient entre 7.8.et, 9 p.c.Quand l’œuvre admirable des Caisses Populaires de M.le commandeur Desjardins aura fait son travail d'enrichissement de la Province de Québee, 1© capital oana-dien-français jouera dans le Dominion le rôle influent du enpital de France dans le monde entier.En attendant votre correspondant est en mesure d’offrir aux intéressé» les placements suivants, qiïii ont été soigneusement étudiés par quelques-unes des ni us compétentes autorités financières d’Edmonton, et recommandés à tous noints de vue, mais remis à plus tard faute de fonds disponibles dans le moment : LE POEME DE LA CREATION LA SEANCE D’ADIEU DE R.P.PLAN TI ER AU PUBLIC DE MONTREAL.Le H.P.Plant ter, qui donne actuellement, sous les auspices de l’Ecole Sociale Populaire, des cours .si remarqués et si suivis, tout en ee spécialisant dans les études sociales, a toujours porté un intérêt presque passionné à la science astronomique H en a fait une étude trèis fouillée et peut parler avec une grande compétence des merveilles de la création.Tous ceux qua, selon le mot de Pascal, “le silence éternel des espaces infinis épouvante’’, ou plus simplement Intrigue, tous ceux, et ils sont nombreux, que les énigmes de l'Univers Intéressent, apprendront donc avec plaisir que le distingué sociologue a bien voulu consentir à donner une conférence astronomique, le 18 décembre prochain.En voici le titre: “Le poëme de la Création dans les Mondes du Firntament”.La conféren-' ce sera illustrée de projections Inmi-i neuses et accompagnée d’un concert .dont le nom de l’organisatrice, Mlle | Idole Saint-Jean, garantit d’avanoe | la grande valeur artistique.Les conditions d’admission seront publiées pluef tard, avec la liste des ! endroits où l’on pourra se procurer , des billets^ On demande à emprunter (DOO.sur terrain et maison, valeur 82500.Trois ans cm cinq ans, taux offert 9 p.c.89500.sur terrain évalué A 86000.ou 83000.sur propriété évaluée à 87000.82500.mir pronriété évaluée à 86500 ou 810,000.sur propriété évaluée à 824.000.Pour certificats d’évaluation municipale et tous autres renseigne tnents.s’adresser an Secrétaire de la Société du Parler Français, casier 1268.Edmonton, Alta.Tous ec» pincements rapporteront entre 8 1-2 et 9 n.c.On demande également une bonne rnttitutricc parlant les deux langues, et, un cordonnier pour un bon contre Canadien-français.UN DISCOURS DE M.BORDEN Ottawa, 14.—On s'est bien amusé ici, des rapports publiés danskles journaux de l’est du Canada, disant que M.R.L.Borden, dans un discours prononcé à New-York, récemment, aurait affirmé que les Canadiens ne sont pas opposés à un traité de réciprocité.Oette assertion est basée sur le rapport du dîner du New-York Lotus Olub, publié dans le “New-York Herald”.M.Borden, que la presse libérale disait très malade, assistait à ce dîner.j Le rapport du discours de M.Borden, publié dans le “New-York Herald” est tout à fait inexact et trompeur.Ce n’est pas la première fois quie le “New-York Herald” fait au sujet de la réciprocité des affirmations qui ne sont aucunement justifiées par 1 les faits, ou que les journaux libéraux i ont été induits en erreur en y attachant trop d’importance.| “LES TABLETTES NA-DRU-CO - CONTRE LA DYSPEPSIE me sont démontrées d'une grande valeur" La seule explication des nombreuses lettres enthousiastes que nous recevons louant les Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie consiste dans ce que ces tablettes guérissent positivement toute sorte de dérangements de l’estomac.Voici une lettre typique de Mlle.Armsworthy, de Canso, N.S.: “C’est avec plaisir que je vous écris pour vous informer que vos Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie m’ont prouvé qu’elles étaient d’une grande valeur.J’essayai remède sur remède mais aucun ne me donnait un bien durable.Ayant entendu parler de vos tablettes guérissant des cas comme le mien je décidai d’en faire un essai M, Wilfrid Gnriénv.M.FM’ , prési- 1 ,,,,, - dent do la Société du Ferler Français.«'/es me prouvèrent qu’elles et Al.Iran L- (Y,té.M.F.F., pré»h satlsfa.sautcs pour mon cas.” “1913.TIE X-Pape.” dont do la Société do Colonisation d’Alborta, sont partis vendredi matin pour une tournée dans leurs comtés resoeotifs de Rivière Castor et do Gronard.î-e orand “Château Masdonald” qui rappelle beaucoup par son arehiteotlire et se* dimensions, le premier Ch à teau-Fronetenne de Québec-, est à peu près terminé à l’extérieur et.sera ou vert au public l’été prochain.Le succès remarquable des Tablettes Na-Dru-Co contre la Dyspepsie est un succès tel que seul peut obtenir un remède honnête, composé'suivant une 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Est-ce donc moi,'mon Dieu ! qui sous un ciel de fête.Quand l'orgue chantait moins que mon coeur triomphant, Du pied de vos autels emmenai cette enfant, Le bouquet d’oranger au sein et sur la tête?De quels rayons divins ce jour étincela ! Que de fleurs dans les champs ! dans les airs quels murmures ! Tout nous riait, les eaux, les bois, les moissons mûres Est-ee moi qui passai par là?Sur mon front qui se ride ai-je vu tant de flammes?Ai-je d'un jour si beau vu le doux lendemai i?Est-ce à moi qu’on a dit, en me pressant la main : “Pour t’aimer, j’ai deux coeurs, je porte en moi deux âmes”?Elus tard, à ce bonheur quand vous mettiez le sceau.Ai-je été ce mortel Ibéni dans sa tendresse Qui vous offrait.Seigneur, des laines d’allégresse.Prosterné devant un berceau?Dieu clément, est-ce moi?Les berceaux, la couronne.L’avenir.Maintenant quand je songe à ces biens, J’ignore si je rêve ou si je me souviens.J’habitais dans la joie, et ie deuil m’environne.Le souffle de la mort, plus tranchant que le fer, A moissonné mes fleurs dont les parfums périssent; Mille maux dans mon coeur à leur place grandissent O doux passé, regret amer ! Le temps, ce ravisseur de toute joie humaine, Nous prend jusqu’à nos pleurs, tant Dieu veut nous sevrer; Et nous perdons encore la douceur de pleurer Tant de chers trépassés que l’esprit nous ramène.Ah ! comme ils sont présents ! comme elle vit, la mort ! Comme l’on voit ses yeux entr’ouverts, ses mains roides ! Comme elle s’éla|blit dans nos demeures froides.Dans nos coeurs navrés qu’elle mord ! Le temps n’a pas marché ; c’est hier, c’est tout à l’heure ; J’étais là.près du lit de mon père expirant, J'allais d’un ami mort vers un ami mourant.; Et vous, trésors de Dieu, trésors qu’au moins je pleure, Bien que j’eus un instant et dont j’ai su le prix, Doux enfants, chaste épouse, ô gerbe moissonnée ! O mon premier amour et ma première née, Ange que le ciel m’a repris ! Mes pas suivent encore le char qui les emporte ; Dans la fosse mott coeur tomjie encor par lambeaux : Et, comme les cyprès plantés sur leurs tombeaux, Ma douleur chaque jour croît et devient plus forte, J’ai vu le champ romain, de ruines couvert, Poussière de splendeur sans retour écroulée ; Rien ne vit dans la plaine à jamais désolée; Le cyprès seul est toujours vert.Louis VEUILLOT.que chose du parler des servantes de Molière; tantôt vif, gai, étincelant, à la façon de Voltaire, tantôt éloquent, avec une grandeur et une simplicité qui trahissait l’admirateur de Bossuet ; luttant d’insolence gouailleuse avec Gavroche, ou vaticinant comme un prophète biblique ; talent singulièrement complexe, toujours original, sincère et puissant.(Paul Thureau-Dangin, dans le “Français”).* * * Jamais homme ne fut mieux organisé pour une semblable tâche.Le style des maîtres d’autrefois semble s’être transmis directement à l’incomparable écrivain qui personnifie si noblement le bon sens, les sen.écrivain perd de vue cette loi essentielle de notre langue, son talent d’artiste est diminué d’autant.J’ouvre au hasard les Odeurs de Paris, et je rencontre cette phrase "Ne vous y trompez pas, Romains ! les lèvres de l’homme n’ont point de paroles qui rompent le sommeil du tombeau.Vos ancêtres ne renaîtront pas, et prenez garde aux enchantements de César !” 11 y a là deux mots dont l’effet d’éloquence saisit d’abord : rompent et enchantement.L’un et l’autre est pris dans son sens latin ; et le voisinage de l’étymologie est là tout près qui soutient la vigueur de l’expression.Quand à chaque page on a de ces simplicités de vocabulaire et de syntaxe, on est timents élevés, les croyances de la i ‘° vieille France.Amis ou ennemis sont V |]f ,s 61S".!' ,?,,pPnt d’accord pour reconnaître l’origina-1 ou comique, ,uWta« et flmilte.,'7"'Vàifj.e'Jie'ÏSée'1 Louis Veu'iliot, c’est tout à la fois ^ Lr°^f ““Æ' __, r, .j, a la tete relevée, qu un habile co- Bossuet, Mohere et la Bruyère : il i h rorApjnite il ]ona des Dentes monte souvent aussi haut que le pre- j , montagnes les tenant mr oua-mier, il amuse comme Je second il j*?bLtTe^ÆTe portraiture comme le troisième.-A ,serre sfl main robuste.j.ai vu plis chaque pas on rencontre des tours d,un coach dévaler ainsi le long‘des charmants, des bonnes fortunes | rou(;€S du district des Lacs.Depuis prises de phrases rav d’expression incroyables, des sur- s ?e ^ême la Bruyère, l’un des plus issames, tlt-S linrrÂni#»nv /»r»n vc .H/s TsHnoc/so traits mordants, des aperçus déli- ingénieux conducteurs de phrases , , it • t rA-i •- tt y 0it eu est assurément l’écri- cats et fins.Un mot suffit a Veuillot j vain des 0deurs de Paris.Il y a pour peindre, pour flageller, pou dans toute sa prose la présence con-terrasser, pour attendrir, pour faire , tjnue d>une doctrine.C’est le grand justice, dans une raillerie, dune .personnalité médiocre ou d’un mau- VEUILLOT JUGE PAR SES CONTEMPORAINS Opinion Paul Bourget, Henri de Pene, Edouard Drumont, Paul Thureau-Dangin, Oscar Havard et autres.vais ouvrage.Il y a tels de ces portraits en dix lignes qui resteront au -si longtemps que certains caractères de la Bruyère.(Edouard Drumont, dans la "Liberté”).# * * Le Veuillot véritable, le Veuillot de derrière les fagots, c’est le prosateur, -c’est le polémiste ; c’est ce Vol-Maire retourné qui accable les voltai-i riens avec l’ironie de Voltaire, baptisée et devenue chrétienne ; d’un style moins léger, moins rapide, moins menu, mais plus savant, plus savoureux, plus incisif, où la pointe acérée de î’épigramme s’ajoute au coup de massué, où le sarcasme, voire le quolibet, s’élèvent tout à coup à l’émotion et à l’éloquence.Là est la supériorité de Louis Veuillot, d’ailleurs si essentiellement polémiste, qu’il ne peut jamais cesser entièrement de l’être, même dans ses prières, et qu’il lui arrive de terminer une belle page sur la charité par un maître coup à l’adresse de l’ennemi.Lisez les Libres Penseurs.Voilà d’affilée vingt, trente, quarante pages d’impitoyables railleries, de silhouettes à l’emporte-pièce, de portraits gravés à l’eau-forte, où Galu-pet, Vipérin, Greluche, Babouin et ChaqT|®s> courrier d’Europe nous upporte un article ou un discours pur Veuillot.Mais beaucoup se demandent au milieu de cette quasi-apothéose ce qu’ont dit du grand polémiste, ses contemporains au f lendemain de sa mort.C’c.st pour donner à cette question une réponse partielle que nous avons groupé ici un certain nombre d extraits de journaux, publiés en 1883.Nous ferons remarquer seulement qu’Eugène Veuillot a tenu à déclarer que ceux-là se trompaient qui donnaient son frère comme un familier de Rabelais.Ecrivain! il le fut à toutes les heures de sa longue carrière, tantôt tard que le volume vit le jour, et montra aux admirateurs et aux ennemis un Veuillot inconnu, qui déclarait ne rimer qu’à son corps défendant et comme pour charmer les loisirs d’un entr’acte: Ce n’est pas mon métier ni mon ta-lent; la prose M irait mieux, si j’avais à dire quelque chose.O prose, mâle outil et bon aux fortes mains! Quand l’esprit veut marcher, tu lui fais des chemins.Si l’on connaissait les vers de la Bruyère, je m’imagine qu’ils pourraient ressembler a ceux de M.avantage des écrivains qui ont adop té une solution définitive sur la vie humaine, et doublent leur oeuvre d’une affirmation profonde et dogmatique.Tandis que les autres littérateurs cherchent et se tourmentent sur les grands problèmes, ceux-là dont la certitude est établie vont de l’avant.Ils sont, par rapport aux autres, comme des généraux qui dirigent des troupes tout équipées, sont par rapport au général qui devrait, avant de faire campagne, équiper les siennes.(Paul Bourget, dans le "Parlement").* * * Faut-il maintenant dire un mot de l’écrivain que la France a perdu ?Personne n’ignore qu’il est hors de pair.Pas un littérateur de ce siècle ne saurait être mis au-dessus de Louis Veuillot ; amis et ennemis s’accordent pour le reconnaître pour leur maître.Ce prodigieux génie littéraire s’est surtout affirmé, selon nous, dans les deux ouvrages parus sous ce titre ; Borne pendant le concile et Paris pendant les deux sièges.Qui voudra savoir au milieu de quel conflit de sentiments et d’idées s’ouvrit et délibéra la grande assemblée conciliaire, et qui désirera se rendre compte des terribles émotions dont furent déchirées.Beaucoup de femmes, sans être réellement malades, sont souffrantes, ne se portent pas bien, n’ont pas autant de force qu’elles le désireraient, subissent souvent des malaises et des gênes qui, sans être graves, attristent beaucoup leur existence et chagrinent leurs amies et leurs entourage.Cet état constamment aggravé leur fait craindre de ne jamais trouver une fin à leurs souffrances.Elles ont fait tant et si souvent d’essais de guérison infructueux qu’elles ont perdu tout courage, toute vigueur.Le moral est affecté et, par suite, leur corps est affaibli, l’énergie paraît avoir quitté tous leurs membres, la mélancolie et la tristesse s’emparent d’elles et elles voient tout en noir.Ce qu’il faut, c’est réagir, remonter le moral et le physique et pour cela il n’y a rien d’aussi efficace que les Pilules Rouges.Leur action puissamment reconstituante et régénératrice du sang en même temps qu’épurante produit toujours un effet merveilleux.Elles agissent sur le sang qu’elles rajeunissent et ce grand rafraîchisseur des cellules enfiévrées et douloureuses, reprend sous leur poussée sa mission souveraine qui est de porter la vie aux extrémités les plus lointaines de l’être humain.Sous leur magique influence, la créature frappée et découragée se relève, lutte; l’appétit qui la fuyait revient et la terrible crise d’affaissement et de débilité qui l’avait abattue est conjurée pour faire place à un état de santé parfaite.La lettre suivante montre l’action puissante de ce merveilleux remède: Compagnie Chimique Franco-Américaine, 274 rue Saint-Denis, Montréal.Messieurs, “Je vous remercie bien sincèrement des excellents conseils que vous m’avez prodigués et qui ont si grandement aidé les Pilules Rouges, prises Navet sont écorchés tout vifs, com- pendant la guerre, toutes les âmes âpre et terrible dans la polémique (Louis Veuillot.On trouve pourtant comme un pourfendeur sur le]chez celui-ci des passages de sensi-chainp de baluille, tantôt railleur à bilité, des cris de douleur intime, la verve gauloise comme Rabelais, auxquels se seraient, je crois, refu-ou Mathurin Régnier, tantôt ému et]sée la plume puissante et colorée tendre comme un poète devant les comme un tableau de Decamps, scènes de la nature ou la grandeur mais sèche et laborieuse, de l’auteur de Rome, merveilleusement habile des Caractères.Voici, par exemple, toujours à combattre, à observer et:un fragment d’élégie domestique à sentir.Il nous souvient d’un temps de Veuillot, pour savourer en gourmets littéraires quelques colonnes de cette prose “mâle outil /et bon aux fortes mains”, et où les rieurs, qui sont le grand public, applaudissaient le talent du maître.“J’aime tant le talent, disait un jour M.de Rémusat à Sainte-Beuve, que je serais capable de voter pour ce diable de Veuillot, s’il se présentait à l’Académie!” Et M.de Rémusat exprimait ce jour-là une opinion que nous-même avons entendue bien souvent de la bouche des adversaires les plus résolus du directeur de VUniuers.Seulement Veuillot ne se présenta jamais à l’Académie française.Avec cette modestie fière qui le caractérisait, il n’ambitionnait pas plus le fauteuil d’académicien que le siège de député; et nous n’avons pas oublié sa réponse aux électeurs de 1871 qui le sollicitaient d’accepter «n mandat à la Chambre: “Je n’ai Pas ce qu’il faut pour représenter aris, et Paris n’a pas ce qu’il faut pour être représenté par moi.” Tout Veuillot est dans cette réplique.Né écrivain, il a eu le bon sens de rester écrivain, .sans chercher les «ventures politiques et les attitudes solennelles, sans poursuivre aucune ambition, sans rien demander aux pouvoirs qu’il soutenait, sans transiger non plus avec ceux qu’il combattait., , (L Union).* * * Ecrivain, M.Veuillot a su faire résonner toutes les notes que peut donner la plume.Le journaliste seul est populaire en lui, mais le romancier et même le poêle .sont dignes de la plus haute considération.Si Ton avait encore le goût et le loisir des comparaisons littéraires, ie conseillerais de lire i'Honnrtc femme de Louis Veuillot.Balzac.Charles de Bernard, "t, bien pins tard, Flaubert, dans Madame Bovary.Zola, dans certaines peintures dont le relief de vérité locale a paru une nouveauté aux oublieux.n’ont pas dépassé les beaux chapitres de Yllonnète.femme.Comme poète.M.Veuillot s’est révé- qui rappelle plutôt Victor pleurant sa fille morte: Hugo Biens que j’eus un instant et dont j’ai su le prix, Doux enfants, chaste épouse, ô gerbe moissonnée! O mon premier, amour et ma première née 1 Anges que le ciel m’a repris! La mère, en s’en allant, des agneaux fut suivie: L'une partit, puis l’autre; avant qu’il fut deux mois.De mes tremblantes mains j’en ensevelis trois______________________ (Henri de Pêne, dans le "Gaulois”).* •* * Le talent de Louis Veuillot, inconnu ou méconnu de la masse, qui ne connaissait le rédacteur en chef de l’Univers que par les attaques dirigées contre lui par les Journaux libres penseurs, était d’une nature si rare, si forte et si exquise, qu’il charmait les lettrés les pins hostiles aux idées de ce père laïque de l’Eglise.Sainte-Beuve qui se fit enterrer civilement, était l’un des admirateurs les plus passionnés du grand polémiste ultramontain, auquel il a consacré deux articles.Un libéral sceptique, qui était un homme d'infiniment d’esprit, M.de Rémusat, a fait de lui, en deux mots, un hommage plus grand encore dans cette boutade : “Ce diable de Veuillot n tant de talent, que, s’il avisait de vouloir entrer à l’Académie, je ne pourrais pas me décider à lui refuser ma voix.” M.Safety, qui n’est lias plus clerical que Sainte-Beuve, a dit.cent fois combien il admirait les articles de Louis Veuillot.Tous les am'is du beau style, de la belle langue ; tous les gourmets, tous les connaisseurs, quelles que fussent leurs convictions religieuses ou leurs passions antireligieuses, ont été d’accord pour admirer et pour célébrer ce talent hors ligne, si vivant, si français, si gaulois, et.qu’on nous passe le mot, cette verve si endiablée.(Le Constitutionnel).# # # Celui-ci nous apparaît un croyant, i,'.tard et mroîl-il avec une «ran- ,non un l'^0,’0Rje'n, phis homme de !ie’définnreP dc‘lùilmfupe.^Mrdc ^W* plus.nrtisle Pcnlmartîn a raconté qu’au mois de i Polilique.Avant tout, ç est un „in 183(1 il fai anpelé à faire partie |J«”'’m.Iistr, et.comme tel, il es de d'une sorte d" condnve laïque dVlPremi des Imnresslons dans tous les oenrae Oiivran* narsML Eugène Payette s’est assuré la deuxième position dans le tournoi do pool à la salle Gaiety on triomphant do Saint-Jean par 150 A 120 hier soir.jT.es plus fortes séries furent : j Payette.19 17 15 I Saint-Jean .17 14 12 i Ce soir Hervé Duquette et Harry j Watson olétureront le tournoi, et cotte partie décidera de la troisième plaça.Berlin, 15.— On dit ici que les relations personnelles de Guillaume II avec l'empereur François-Joseph d'Autriche sont très tendues, parce que presque tous les émigrants austro-hongrois qui avaient d’abord affaire au Pacifique-Canadien s’embarquent maintenant sur des bateaux allemands.La cour d’Autriche dit que les autorités allemandes doivent connaître l’origine des nombreuses cargaisons de Galiciens et de Hongrois qu’on expédie de Brême et de Hambourg et que l’allié allemand n’aurait pas dû laisser Vienne dans l’ignorance des méthodes qui privent la double monarchie de ses meilleurs soldats.On dit à Vienne que dans la masse de correspondance confisquée à la suite des révélations, on a trouvé beaucoup de lettres qui compromettent les compagnies allemandes de navigation et une agence d’immigration, bien, connue de Hambourg.Des recherches faites à Brême et à Hambourg ont amené l’aveu que des milliers d’Austro-Hongrois partent par les ports d’Allemagne, de Belgique et de Hollande.Les compagnies de navigation disent qu’e lies ne cherchent pas à savoir si les émigrants sont des déserteurs ou non.C’est, disent elles, l’affaire de l’Etat.Si des déserteurs parviennent à émigrer, ce ne peut être qu’avec de faux papiers.FEU M.JOS.B.DURAND (De notre correeponilent) Champlain, 14 — Noue avons 1# regret d’annonrer la mort de M.le capitaine Joseph B.Durand, survenu# le 13 courant, à »a résidence.Le ; défunt est mort A l’Age, de soixante et «lix-sept ans, aprAa une très courte j maladie.Estimé de tous ceux qui l'ont connu, tl no laisse que des regrets.il était le père de Mme Vve Al phonso Hamelin, Champlain; de M.Adélard Durand et de M.J.L.Durand dos Trois-Rivièro».Nos aympathtas A ta famille.EAU DE CONTREXÉVILLE (PAVILLON SPRING) Eau Minérale Naturelle (France) Pour-la Goutte—la Gravellc—le Diabète Elle débarrasse l’organisme de l’acide urique— et c’est un remède positif contre le Rhumatisme.Ecrivez pour le pamphlet.DÉPÔT AU CANADA • The Leeming Miles Co., Limited, 4 Boulevard St-Laurent, - Montréal.His Majesty’s Theatre Sièges pour la semaine prochaine mainte* nant en rente.—National Opera Co.f of Canada.—Max Ilabinoff, Directeur-Gérant.LUND.et SAM.à 7.45: “La Gioconda” avec Mmes Rappold, Claessens, Olét/.ka.MM.Far-| mo, Segura-Tallien, Martino, Grand corps do liallet.Première, Mme Gilmore.Dir.Jac-chia.SAM.Mme Cassuto au lieu de Mme Rappold.MARDI et JlftJDI, à 8.15, “Madu-ma Butterfly** avec Mmes Villani, De Sel-lem, MAf.Gaudenzi, Segura-Tallien.DJr.Jacchio.MERC.à 3.30, Concert Symphonique, Soliste Kathleen Parlow.Dir.Jacchia.1.Ouverture, “Nabucco** .Orchestre 2.Concerto en la mineur pour violon.Saint-Saëns Kathleen Parlow (avec orchestre) 3.Marche militaire .Orchestre, Schubert 4.(a) Nocturne.Hubay (b) Danse Hongroise .Brahms-Joachim (c) 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à la Cité de Montréal quatre pour cent (4 p.c.) sur tout le trafic brut des lignes de surface pour la superficie ci-haut mentionnée, de temps en temps, for-I mant partie de la cité.” LE DRAME DE ST-JEAN-BAPTISTE L’ENQUETE DU CORONER TOUJOURS OUVERTE EST Saint-Hilaire, 15.— La quatrième session de l’enquête conduite par le coroner Viger, de Saint-Hyacinthe, sur la mort de Mme Louis Chevalier, dont le cadavre a été trouvé le 24 octobre dernier au matin, dans sa mai-,-on située à la naissance de la montagne de Rougemont, (Rouville) n’a pas apporté d’éclaircissements sur les circonstances qui ont entouré ce lâche assassinat.Le principal témoin entendu hier a été M.Joseph Denis, cultivateur demeurant dans le voisinage où a eu lieu le crime.A la deuxième enquête, Joseph Lajoie avait déclaré dans son témoignage que le soir du memtre il avait entendu une voix â l’intérieur de la maison de Mme Chevalier qui ressemblait fort à celle de M.Denis.Lors de la troisième enquête, le détective Samson se rendit a la demeu re de ce dernier.Lorsqu’il le demanda, on lui répondit qu’il était aux bois.Le coroner ajourna alors l’enquête jusqu’au moment où le témoin Denis pourrait être entendu- A sa reprise hier après-midi, Joseph Denis a avoué qu’il avait bien fait des affaires avec Mme Chevalier, dont il voulait loué la maison pour y passer l’hiver, étant forcé actuellement de demeurer chez son beau-père; mais que le soir du meurtre il ne se trouvait pas dans les parages puisqu’il s’était rendu à Saint-Jean-Baptiste où il voulait acheter un cheval.Le beau-père de M.Denis, M.P, Auclair, MM.Joseph Desourdi, Jr., et Joseph Chabot sqnt venus corroborer ce témoignage.Port Huron, 15.— Pour la première fois depuis dimanche, la journée s’e«t passée sans qu’on ait a enregistrer de nouvelles pertes de vie dans la tempête qui a sévi sur les Grands Lacs au commencement de la semaine.On a appris toutefois qu’un autre navire, le “Magog”, avait sombré à la Pointe du Poisson Blanc, sur le lac Supérieur.Le navire fut abandonné hier soir par l’équipage, qui monta à bord drun autre paquebot de passage à cet endroit.Hier soir, on estimait qu’environ 800 personnes ont dû périr dans la tempête et les pertes matérielles «ont évaluées à $5,000,000.Vingt paquebots ont sombré ou se sont échoués sur les récifs.C’est sur le lac Huron qu’il y a le plus de pertes de vies.On compte que pas moins de 95 passagers et marins ont dû être engloutis dans le lae Huron.Voici la liste des navires naufragés avec le nombre des personnes qui ont péri à bord de ces navires: James Carruthers.28 Régina.’ .22 McGean.28 Henry B.Smith.30 Wexford.22 Price.28 Argus.26 Lafayette.12 Hvdrus.28 Manchester.26 Butters.20 Plymouth.7 T.ea field.15 Nottingham.3 Phare flottant No 82.6 Total.~30Î LES VICTIMES REPECHEES Du Régina.3 Inconnu.1 Du Price.7 Du McGean.5 Du Carruthers.7 Du Wexford.9 Total.32 LE BRIDGEPORT La “Dominion Goal Compapy” a perdu tout espoir au sujet du charbonnier Bridgeport.Il y a eu quinze jours ce matin, que ce vapeur a quitté Sydney, C.B.par une mer houleuse, avec 40 hommes d’équipage.Hier, le Bridgeport aurait dû être à destination cfeptiis dix jours, et M.Alex.Dick, de la “Dominion Coal Co.”, a publié une circulaire dont un des paragraphes laisse entrevoir que le navire est perdu, corps et biens: “On annonce que des épaves ont été trouvés sur le “Bird Rock Island” et il semble bien évident que ce soit le Bridgeport qui a frappé ces récifs dans la nuit du samedi 1er novembre, au milieu d’une tempête de neige et d’un brouillard épais, dont plusieurs autres vaisseaux ont aussi souffert.Après avoir touché, le vaisseau naufragé a dû faire machine-arrière et il a coulé dans l’eau profonde.” Le Bridgeport leva l’ancre à 4 hrs du matin, samedi, le 1er novembre, sous le commandement du capitaine Olsen, un vieux loup de mer norvégien; trente heures plus tard il n’était pas encore signalé au Can de la Renommée.Durant une semaine on crut que le mauvais temps avait forcé le capitaine à changer la route habituelle du vaisseau.Le Louisbourg fut envoyé en reconnaissance.Le brouillard s'étant dissipé, on put faire des recherrhes plus minutieuses, mais on ne trouva rien qui pût donner même un espoir.LA REDUCTIONDU” PRIX DE L’ACIER Londres, 15.— A une aenemblée de la “West Scotland & Northeast England Steel Makers Association”, tenue à Carliste, hier, on a décidé de réduire le prix des plaques d'acter de dix shillings par tonne.C’est la quatrième réduction de cette nature, faite depuis deux mois.Le système de rabais a été également discuté et on a décidé de l’abandonner, par suite de la difficulté que l’on éprouve k le rendre effectif.REPONSE DE* LORD STRATHCONA Ottawa, 15 — M.George E.F os» ter, premier ministre intérimaire reçu la réponse au câblogramme ' • sympathie qu’il a envoyé A Lo d Strathcona au nom de ses collégial et M.Borden.SYMPATHIES Où Acheter Demain (Enregistré conformément à la loi du Parlement du Canada, par L.-P.Dealongchamps, au Ministère de l'Agriculture) Notre IMPORTANTE MAISON ¦'«t spécialisée dans tout ce qnl concerne les ameublements pour presbytères, communautés religieuses, bureaux priréa et publics.Les commissaires d’écoles, trouveront chez nous aux plus bal prix possibles les meilleurs pupitres de professeurs, écoliers, etc., etc.Cotations fournies arec le plus rif plaisir.Tél.Est 6819.637-89 STE CAillLKlNE EST, angle Beaudry, MONTREAL.La Compagnie BRODEUR UMITBB 533 Ste-Catherine Est 1827 Ste-Catherine Est 327 St-Laurent 86 St-Pierra Services en Semi-Porcelaine* Blue Lorn9 Ce service est exclusif & nos magasins, nous l'avons continuellement en stock et nous le vendona complet selon le nombre do pièces désirées ou par morceaux séparés si vous n’aves besoin que do quelques pièces.Le décor de ce service consiste en un dessin bleu do four représentant des trèfles avec bordure en relief, d’un très joli effet.Nous avons formé un ensemble de 87 pièces pour 12 personnes, èp Si COUCHETTES DE CUIVRE ECHANTILLONS.VENDUES A SACRIFICE.EN BAS DU 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soumettre le règlement de la grève des i>m ployês du chemin do 1er, A des arbitres.Los opérations de co chemin do ter ont été abandonnées, hier.Cotte voie ferrée traverse fine des régions les plus productives do riz et do sucre, des États-Unis, et les planteur^ se sont adressés Bu président Wilson, lui demandant d’intorvenir pour ré* g Ut la grève, qui menace de faire un tort c onricU'Tuble A toute la région, si le règlement n’est pas effectué avant la saison froide.Québec, 15.— Dans son rapport A la législature, le ministre des Terres et forêts dit que la superficie des terres disponibles n’a augmenté durant l’année que par le retour à la Couronne de 62,3u7 acres par révocation de ventes.195,000 acre» ont été vendues pour fins agricole» et industrielles.Cette superficie représente 2.408 ventes dont 1,128 do lots de moins de 100 aere.s, 1,059 do lots de 100 à 125 acres et 221 de lots de plus de cent acres.L’Abitibi compte pour plus de 500 vente» dans ce total.La recette totale du ministère a été de $1,760.466.25 dont $1,134,-167.19 pour les droits de coupe, $330 203 pour ia rente foncière, j$20.424 pour les pénalités, $11,.j 180.52 pour les intérêts.JOE MARTIN DEMISSIONNERAIT Londres, 15 — Il est rumeur tet qu Joe Martin, député de East Satnt-idsmera», va déserter l’arène politiq $ pour entrer dans une société légale Vancouver.I Monseigneur Bruchési a câblé hier matin & Lord Strathcona lui exprimant ses sympathies à l’occasion de la mort de eon épouse.Quelques heures plus tard.Sa Grandeur recevait en réponse : “Je vous remercie du fonds du coeur des sentiments si sincères que vous exprimez à l’occasion de mon deuil.Strathcona.” BUVETTE CLANDESTINE Ï.# capitaine Talbot et «e» hommes ont fait une descente dans un magasin de tabac hier soir nu No.294, rue Saint-Urbain où ils ont saisi vingt-sept bouteilles de vin, 17 do bière et plusieurs autres vides.Sous le comptoir, ils trouvèrent un revolver 38.Le propriétaire, Lugi Resproli a été arrêté.UNE SUFFRAGETTE ATTAQUE M.ET MME REDMOND New-Caetle, Ang., 14.— John Redmond, chef du parti nationaliste d’Irlande, et sa femme ont été attaqués par une suffragette à bord d’un train k Durham.La suffragette pénétra dans le compartiment où se trouvaient M.et Mme Redmond et frappa le chef nationaliste ti la tête et son épouse dans le dos.Après cet exploit elle répandit un sac rie farine sur eux.M.Redmond a prononcé un grand discours ce soir k l’hùtel de ville de New-Castle.Tl a déclaré que les Nationalistes étaient prêts A considérer toute proposition de» Unionistes de l’Uister, pourvu (pie ces propositions im soient pas opposées au principe d’un gouvernement autonome pour l'Irlande.( SAVANTS EN DESACCORD New-York, 15 — Le Dr Leon Williams, de Londres, savant en anthropologie et en géologie, est arrivé de Liverpool avec quinze crânes d’hommes préhistoriques, dont l’un aurait selon lui une antiquité de 500i>000 années.Ses étude» de ces crânes l’ont, dit-il, mené à la conclusion que Darwin s’est trompé et que ce n’est pas l’homme qui descend du singe, mais bien le singe anthropoïde qui descend de l’homme primitif.-$- CAMBRIOLAGE ! De# cambrioleurs après avoir brisé un carreau donnant sur la ruelle Fortification, ont pénétré de bonne heure hier matin dans l’établissement de MM.Schafer et Wall, agents de navigation, 14 Cra’ig ouest.Leur visite ne fut pas heureuse car ils oublièrent la somme de $6,000 qui gisait dans un tiroir.Ils n’ont rien emporté.La police informe., », - ORTIE MCMANIGAL Ottawa, 15.— Ortie MoMamgal ne pourra pas entrer an Canada comme émigrant.En possession d’un billet de voyage pour l’Europe, il pourra s’embarquer à Montréal à condition toutefois que son état physique soit tel que requis par l’acte d’émigration.LE PROJET DE LLOYD GEORGE Londres, 15.— Lloyd George a engagé plusieurs conférenciers qui feront une tournée de toute l’Angleterre paur faire connaître aux contribuables les bienfaits de ea politique.La tournée commencera après Noël.NAISSANCE SAINTE-MARIE.—En cette ville.Mme Guillaume Sainte-Marie, 474 rue McntauH, une fille nul a reçu au baptême les prénoms do Marcelle-ÀUce-FIorida.Le* parrain et marraine étalent M.et Mme J.A.Guimond.DECES MOREAU,—A Montréal,, le 14 novembre 1913, à l’àge de 67 ans, 7 mois, et 20 jours, est décédé Marie, Odile.Hermine Murchll-dou, épouse du docteur Georges T.Moreau.Les funérailles auront Heu le lundi, 14 courant.Le convoi funèbre partira de la demeure de la défunte No.005 rue Saint-Denis, A 8 heures 1-2 a.m., pour se rendre A l’église Salnt-Jcan-Boptlste, où le service sera célébré, et de IA au elmetièra de la Cûtc-des-Neiges, lieu de la sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.\ GHANDI Londres, 16.— Un# dépêche de Capetown annonce que Ghandt, qui a déjà été condamné â neuf mois do prison pour avoir organisée une grt-ve parmi les coolies, a été condamné k trois mois de plus ù Volskurt.Il a admis sa culpabilité et a dit «n écoutant sa sentence, qu’il était heureux parce que seule la souffrance, la grande souffrance finira par remuer les coeurs des citoyens de l’Empire, un faveur des slene.SERVICE 9 DUBUC.—Mardi, le 18 courant i, H.:10 hsu-rea A l’église Saint-Clément.Vlnuville sera chanté un service du trentième jour pour le repos de l’Ame de Dame Louis Uuhuc, née Ellsa Slcotte, mère du Révérend M.L.A, Pubuc, curé de la psrolsse Saint-,Iran-Baptiste.Parents et amis sont invités A y assister.DECES A MONTREAL CARDINAL, Gérard, 1 mois, snfnnt de Joseph Adjutor Cardinal, rue Saint-Germain, 402.CA8TONGUAT, Alexandre, 9 Jours, *n-fnnt do Joseph Lastonguay, commis, rus du Collège, 89.FOUET, Chartes James, ét ans, gérant, Plymouth Grove, 94.M GAR1EPY, Pmil-lîmlle, 9 mois, enfant ds Paul Garlépy, boucher, rue Centre, 285.MOREAU.Odile, Hermine, Mnrchltdon, 57 ans, femme de G.T.Moreau, médecin, rus Saint-Denis, 905.OUIMET.FleuisAnge, é Jours, enfant ds N eçotéon Ouimet, Imprimeur, rue Berri, .SENEGAL.Marte Oroslesn, 65 nna, veuve de Honnlsdas Séneeal, charretier, rua Notre-Dame, 512 Ouest | TRUDEAU, Sophie St-Jean-Colton, 74 ans, femme de Théodore Trudeau, meubllcr, rua I Visitation, 458.I é
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