Le devoir, 25 octobre 1913, samedi 25 octobre 1913
VOLUME IV—No.250 MONTREAL, SAMEDI 25 OCTOBRE.1913 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Édition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE.üsa.uu DEVOIR Rédaction et liétrationi 71a RUE I 2 % :ques MO il ." .- ^ e.'i TÉLÉPHONES ^ ADMIN 1ST! | lain 7461 RÊDACTIOI \ t Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! U CONFERENCE INTERPROVINCIALE Si notre mémoire est fidèle la conférence interprovinciale qui se réunit lundi à Ottawa est la quatrième.Feu M- Mercier convoqua la première à Québec en 1887.Ce fut une affaire très solennelle, qui dura trois ou quatre jours, mit toute la société québecquoise en'ébullition, eut beaucoup de retentissement dans le pays et provoqua un débat considérable à la législature.D’accord avec le gouvernement sur la question des subventions, l’opposition conservatrice d’alors s’opposa énergiquement à la plupart des autres voeux, émis par les représentants des provinces.La discussion qui s’en suivit dans la presse et à la législature forme un chapitre particulièrement intéressant de notre histoire politique.Le résultat pratique immédiat fut nul.Sir John, qui voyait dans le mouvement une tentative dirigée contre son prestige, accusa à peine réception des délibérations des délégués.Sir Wilfrid Laurier, de qui M.Mercier, auteur de la conférence, attendait plus de sympathie, quels que fussent ses motifs, se montra aussi prudent.Avant les élections provinciales de 1897, alors que le cabinet Flynn annonçait son intention d’insister auprès du pouvoir fédéral pour obtenir le rajustement des subventions aux provinces, un membre important de l’opposition provinciale, M.F.X.Lemieux, aujourd’hui juge en chef suppléant à Québec, s’était écrié en pleine Chambre que jamais Laurier ne donnerait d’argent à une province gouvernée par un parti qui l’avait tant dénoncé.On croyait donc que le succès du parti libéral à Québec en 1897 mettant à peu près toutes les provinces en sympathie politique avec l’autorité fédérale, la solution serait plus facile.11 n’en fut rien.M.Marchand ne semblait pas pressé de s’adresser à Ottawa.Plus hardi, M.Parent convoqua une nouvelle conférence à Québec en 1902.Cette fois on laissa de côté plusieurs des sujets discutés à la première conférence pour s’en tenir surtout à la question financière.Le budget des différentes provinces s’équilibrait de plus en plus difficilement et les besoins locaux devenaient également de plus en plus urgents.Le succès ne fut pas plus prompt, bien que dans toutes les législatures, les deux partis fussent unanimes à réclamer.Il fallut une troisième conférence pour décider l’exécutif fédéral à prêter une oreille attentive aux demandes des provinces- Depuis 1906, celles-ci touchent chaque année une subvention proportionnée au chiffre de la population constatée de décade en décade.Ainsi la part de la province de Québec est depuis l’an dernier de trois cent mille piastres plus élevée qu’auparavant.* * * Reviendra-t-on de nouveau sur la question financière à la conférence de lundi?Nous n’en serions pas surpris bien que le dernier rajustement ne date que de quatre à cinq ans.A Québec on parle depuis deux ans, de l’insuffisance des ressources provinciales et de la difficulté de les augmenter considérablement sans toucher directement au contribuable, mode impopulaire, on le sait, l^s provinces de l’Ouest s’endettent rapidement.Les provinces maritimes restent toujours avec un budget très restreint.Le revenu fédéral augmente sans cesse.Et à la Chambre des Communes même on fait entre les revenus fédéraux et provinciaux des comparaisons qui sont bien de nature à encourager les gouvernements provinciaux.Reste à savoir comment le cabinet Borden comprend la question.Lui aussi, il a de nombreuses demandes à satisfaire et son intérêt n’est pas de donner trop de moyens aux gouvernements qui peuvent devenir autant d’adver-i saires un jour ou l’autre.On ne peut nier d’autre part qu’il ait déjà mon-, tré une certaine générosité à l’endroit de ceux-ci.Le crédit annuel qu’il i a voté pour l’agriculture, la somme qu’il offre de consacrer à l’améliora-j tion de la voirie sont autant de manières de soulager dans une certaine mesure le budget des provinces.II n’est pas impossible non plus que la province de Québec soumette j des réclamations particulières.On sait que la Colombie Anglaise a réussi à obtenir de M.Borden une enquête sur les siennes qu’elle base sur sa situation particulière qui l’oblige à des dépenses spéciales.Québec se trouve à peu près dans la même position par rapport à l’immigration qui augmente considérablement ses frais de justice criminelle, par exemple-L’Ouest demandera sans doute la propriété de ses ressources naturelles.Quand les provinces nouvelles furent créées on les indemnisa A ce .sujet et elles se déclarèrent satisfaites probablement parce qu’elles ne voulaient pas s’indisposer l’élément Sifton qui dominait tout l’Ouest à cette date, et dont l’emprise sur les terres et les forêts était le plus sûr moyen de conserver son influence.Mais les choses ont changé depuis.C’est M.Rogers qui règne actuellement sur l’Ouest et les provinces administrées par des gouvernements hostiles au cabinet fédéral réclament énergiquement la propriété de leur sol.La leur donnera-t-on?M- Borden l’a promis, bien formellement et à plusieurs reprises.Et quelle solution suggèrera-t-on à la question de la représentation fédérale des provinces maritimes?Car c’est l’objet principal de la conférence qui va siéger lundi.On sait que la Nouvelle-Ecosse le Nouveau-Brunswick, File du Prince-Edouard, alarmés de la diminution de leur représentation à Ottawa, demandent qu’on fixe un minimum.D’un autre côté l’Ouest dont l’ambition ne s’attarde guère aux considérations de sentiments et Québec dont le nombre de représentants ne peut varier, voient dans cette solution une faveur dont ils redoutent les conséquences.Jusqu’à présent l’on n’a suggéré aucun moyen acceptable à la communauté.Peut-être devra-t-on en venir à la proposition que nous avons déjà faite ici: compenser généreusement les provinces maritimes qui ne peuvent bénéficier du partage de l’Ouest qu’elles ont contribué à acheter et à développer, tout comme Ontario, Québec et le Manitoba, et dont le peuplement menace ou, du moins, atténue leur influence aujourd’hui.De ce point de vue il nous semble que l’argument des provinces maritimes est juste et irréfutable.Québec s’e.st agrandie avec l’Un gava, Ontario, le Manitoba, la Saskatche-man, l’Alberta aux dépens de l’Ouest et la Colombie Anglaise demande déjà le Yukon en attendant qu’elle réclame la partie ouest du Mackenzie.A cause de leur situation géographique, jamais les provinces maritimes ne pourront avoir leur part de ce gâteau.Une compensation financière généreuse affectée particulièrement, si l’on veut, à leur développement agricole aurait peut-être pour résultat indirect de maintenir à un chiffre raisonnable leur représentation à Ottawa.Jean DUMONT.POUR LES VIEUX Parce qu’ils sont vieux, infirmes et maladifs ; parce que la vie pèse trop lourdement sur leurs épaules fatiguées ; parce que le monde est trop changeant pour leur stabilité mourante ; parce que leurs rêveries vont trop loin dans le passé, n’ayant plus d’avenir devant elles ; parce que les jeunes oublient qu’ils sont encore et qu’ils luttent encore, les vieux et les vieilles ont besoin qu’on les soigne, qu’on les soutienne et qu’on les aime.» .Pauvres vieillards, seuls dans la vie, sans toit familial, sans amour d’enfant, étrangers dans un monde qui passe plus vite que vous ; n’ayant plus rien à espérer de votre courage, ni de vos bras, vous alliez tomber dans la m’isère, dans la souffrance dans l’abandon.La Ptovidence vous prit ; clic mit auprès de vous, pour vous, une soeur, afin de soigner vos infirmités.Parce que vous désirez la stabilité, elle, ne change pas, car la cornette qui se penche sur votre vieil âge, vous l’avez connue, petit enfant.Parce que vous n’nimez pas ln| jeunesse qui s’égare dans des rêves d’avenir, sous le voile noir de la soeur, elle, garde In sagesse de tous les âges passés, vers le terme très rapproché de demain.Parce que les antres oublient votre existence et vos luttes, la soeur est auprès de vous, pour vous encourager et vous soutenir.Mais, pauvre comme vous, n’ayant à vous donner qtie son coeur, que son amour et que sa vie, afin que cependant vous ayez du pain, un toit, des vêtements et du bonheur, la soeur de la Providence s’en va rappeler à tous que vous existez et que vous avez besoin de secours.Et des mains généreuses se tendent pour donner 1 Oui, espérez, vieillards, Dieu veille sur vous et dirige les coeurs des chrétiens charitables.Aujourd’hui, c’est comme au temps de grâce où chacun apporte son obole aux fêtes de Charité qui ont lieu à votre Asile de la Providence.Chacun rivalise pour mettre dans votre âme un peu de joie, en même temps que sur votre table, du pain.La générosité de notre peuple, ô beaux vieillards abandonnés, ne demande qu’à s’épanouir.Vous verrez bientôt la foule nombreuse envahir votre salle toute décorée, toute avenante ; vous entendrez les éclats de rire de ceux qui savent trouver la gaieté en faisant l’aumône.Des artistes, dont le talent égale la générosité, charmeront vos .visiteurs aux sons des orchestres et des chants.D’autres, passés maîtres dans l’art de bien dire, offriront l’attrait de leur déclamation.Ce seront deux agréables soirées.Pour vous, vieillards, ce sera l’as-surance du bien-être.Oui donc, espérez, vieillards.J’ai confié vos espérances aux lecteurs du Devoir : je suis sûr qu’ils ne les tromperont pas.Gaston LEURY.BILLET DU SOIR.LA GALANTERIE La galanterie, disent les gens moroses, les originaux qui ne voient de beau que le passé et qui semblent assis, dans le tramway de la vie, en contre-dos, de sorte qu’ils n’aperçoivent les charmes du paysage qu’une fois qu’ils sont derrière eux — la galanterie, disent les gens moroses, s’en est allée dans la dernière chaise de poste.S’il faut en croire l'histoire que je viens de lire, elle est descendue, en route, chez un bottier américain.Oyez plutôt: Dans un magasin ultra chic, que des miroirs prolongent de tous les côtés, une petite dame, dont la silhouette précise remuerait la plume de Dana Gibson, fait son entrée froufroutante.Sa démarche est poussée en avant par de hauts talons: on dirait une danseuse trottinant sur ses pointes.Un commis, avec sourire obligato, s’élance: —“Madame désire?—Des souliers, monsieur, des souliers, seulement., —Seulement?—Seulement, J’ai une petite par-titi,tarifé, un petit.défaut.—Un défaut! Il ne peut être grave.et quel est-il donc?—J’ai un pied plus gros que l’autre.{Cependant la dame s’est assise et de dessous le banc, le commis a tiré ce tabouret étrange où une sorte de semelle s’offre au pied de l’acheteur, en permanence).—Ce n’est pas possible.—Mais si, je vous assure, c'est une ligne, un rien, mais je vous dis qu’il y a une différence.{Elle a quitté ses bottines et ses fins orteils remuent impatiemment leur enveloppe de fil).—Oui, en effet, il y a quelque chose, mais vous n'avez pas un pied plus gros que Vautre quand même.—Comment?Expliquez-vous.—Mais, madame, vous n’avez pas un pied plus gros, mais plus petit que l’autre.C’est sept dollars, madame.La cliente rit, paye, et dans la rue, elle sourit encore.Louis BRETON.UNE NOUVELLE CRISE A CUBA Les fréquentes interventions des Etats-Unis dans la vie mouvementée à l’excès des Etats latins apparaissent assez souvent comme le résultat inévitable d’un état de choses chronique: les révolutions auxquelles aboutissent les luttes des factions à Passant du pouvoir.Cette action coercitive se développe logiquement, tantôt sous la forme brutale d’une intervention nettement politique, tantôt en s’engageant dans une voie nouvelle, à la fois habile et féconde, sous la forme d’une tutelle, financière dans son principe, politique dans ses effets, pacifique dans son aboutissement, et qu’on ne saurait trop sous quel vocable classifier parmi les institutions du droit des gens.Mais de quelque nom qu’on les désigne, ces manifestations de l’impérialisme américain, — que légitime en quelque sorte la prétendue doctrine Monroe, — sont parfois contrecarrées par la diplomatie des gouvernements européens, désireux de prendre en main la protection de leurs nationaux.En 1902, l’action coercitive an-glo-germano-italicnne au Vénézué-la, le blocus des côtes, la destruction de l’escadrille vénézuélienne et le bombardement de la Guayra, Puerto-Gabello et Maracaibo, provoquèrent un malaise général aux Etats-Unis et dans les républiques sud-américaines.Les troubles actuels du Mexique ne laissent pas que de susciter à Washington quelque nervosité, parce que l’Angleterre prétend avoir, elle aussi, sa politique, qui ne cadre pas avec celle du président Wilson.Les Etats-Unis, cependant, n’ont pas à redouter ces entraves quand il s’agit de Cuba, dont ils ont assumé la tutelle jusqu’à l’âge de la maturité.La jeune république cubaine, qui est dans la onzième année de son existence, a déjà passé par plusieurs crises, et elle paraît aujourd’hui à la veille de nouvelles perturbations qui nécessiteront une fois de plus l’intervention pacificatrice de l’Oncle Sam.Le président Menocal est aux abois.Il avait convoqué le congrès en session extraordinaire pour obtenir l’autorisation de lancer à l’étranger un emprunt de $15,000,000.L’administration libérale, congédiée le printemps dernier à la suite des élections qui ont porté M.Menocal au pouvoir, avait transmis un trésor vide, ne laissant au nouveau régime d’autre ressource que l’emprunt.Mais les libéraux ne l’entendent pas ainsi.Pour eux, admettre la nécessité de l’emprunt serait condamner leur propre administration, et comme ils sont en minorité dans les chambres, ils refusent d’assister aux séances, empêchant le congrès de siéger faute de quorum.Les libéraux ont une autre raison d’opposer un front solide à toute législation qui rappelle les désastres de leur passage aux affaires.11 y a quelques mois, le président Menocal a annulé sine concession accordée HONORONS NOS HEROS ! Demain, dimanche, sera grande fête à Chambly.L’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal a pris l’initiative de célébrer dignement le centenaire de la bataille de Châteauguay.Cri s’attend à ce qu’au moins cinq à six cents personnes de Montréal assistent à la manifestation.On déposera des fleurs sur le monument de Salaberry et l’on aura le plaisir d’entendre certains de nos orateurs les plus connus.MM.Armand Lavcr-gne, député de Montmagny, Olivar Asselin, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, René de Salaberry, l’un des descendants du héros, M.le curé Laforce, de Chambly Bassin, W.J.Lighthall, J.O.Dion.J.Rainville, M.P., et Merrill Desaulniers, M.P.P.On a demandé à M.de Salaberry d’apporter avec lui l’épée du vaillant colonel.On la placera sur le monument pendant la manifestation.Bien que cette manifestation ne soit pas militaire, le 65éme Régiment enverra une garde d'honneur.Les Même et 85éme régiments seront représentés par leur état-major.Il y aura également un fort détachement des cadets de Laval et de ceux du Mont Saint-Louis.Plusieurs des membres de la famille de Salaberry seront aussi présents.Après les discours, les manifestants iront déposer des fleurs sur la tombe de Salaberry, au cimetière, et M.le curé Laforce récitera le De ProfundLs.Les sociétés nationales sont invitées à se joindre à l’Association Saint-Jean-Baptiste, pour cette célébration.Un convoi spécial quitterd Montréal pour Chambly à 1 heure p.m.dimanche, pour revenir à 5 heures.Pour tous renseignements on peut s’adresser à M.Emile Vaillancourt, Main 8355, Monument National.Les billets seront en vente à la gare Bonaventure an prix de 55 sous pour adultes et 25 sous pour enfants.Des billets seront également en vente aux stations de Saint-Henri, de la Pointe Saint-Charles et de Saint-Lambert.par son prédécesseur à la compagnie des ports cubains, organisée pour améliorer les ports de Pile, et qui avhit obtenu des privilèges extraordinaires.Les intérêts affectés par cette mesure administrative ont réclamé la protection du gouvernement des Etats-Unis.Ce dernier a offert ses béns offices, et M.Menocal a défendu son acte en disant qu’il était tenu de protéger Cuba contre les entreprises des concussionnaires.Les esprits sont très montés.On prévoit dès maintenant que l’intervention des Etats-Unis sera nécessaire pour prévenir ou réprimer une nouvelle révolution.Uldéric TREMBLAY.LE COMMERCE DU CANADA La disproportion entre les importations et les exportations du Canada diminue.La statistique du mois de septembre constate une exportation totale de quarante un millions et une importation totale de 54 millions.La différence est encore considérable mais beaucoup moindre que pour le mois -correspondant de 1912.L’écart de Pan dernier était de 28 millions tandis que celui de celte année n’est que de treize millions.L’augmentation de nos ventes est générale et comprend les produits agricoles aussi bien que manufacturés.Détail à noter, les importations ont diminué de trois millions en septembre et d’un demi-million pour les produits payant un droit d’entrée à la douane.Le revenu de cette source a dû diminuer par conséquent.C’est un fait, passager peut-être, mais dont le gouvernement devra tenir compte dans son budget.J.D.Sur le Pont d'Avignon.Les journaux calculent cc que coûte la guerre.Mais s’en trouvera-t-il pour calculer ce que coûtent au pays, au tarif ordinaire des séances: douze piastres la minute, les hymnes entonnées par MM.Sévi-gny et Rainville et les invocations à M.Pelletier de ce pauvre docteur Paquet?* * * De toutes parts, on se demande si M.Nantel reste ou s’il pari.Qu’il reste ou qu’il parte, il ne parle pas.En ces temps où tant de politiciens nous accablent de leur verbiage, il est bon d’en rencontrer un qui se tait obstinément.Et voilà pourquoi H doit rester.Car, s’il partait, il ne resterait plus un seul oasis dans le désert parlementaire.On parle beaucoup de Pouvertu-re du canal de Panama.Et c’est intéressant.Mais que ne parle-t-on du canal de la Baie Géorgienne?# # » M.Coderre est rentré dans l’obscurité.Mais “M.Pelletier brille toujours nu firmament politique”, dirait {’Evénement.Il faut admettre que M.Pelletier a moins peur de la lumière que le secrétaire d’Etat.Il la recherche même beaucoup.* # » Le tridnum politique de Québec, — l’expression est rlu journal de M.Lespérance, — est terminé.Mais il est incomplet.M.Borden aurait dû promettre aux Québécois de prendre M.D.-O.Lespérance dans le ministère.Et cela aurait prouvé aux Québécois qu’ils me revalent pas, en écoutant les promesses de M.Borden.Celle-là leur aurait fait ouvrir les yeux.Le Veilleur, LES CONGRES DE COMMISSAIRES D’ECOLES La campagne pour le progrès scolaire se continue avec une niagnifi-qye énergie.La semaine dernière c était à Québec que se réunissaient lès commissaires d’écoles des 'Comtés de Québec et de Lévis.Demain, ce sera à Longueuil que les commissaires de la région avoisinante entendront le surintendant de l’Instruction Publique, l’inspecteur général et les représentants des autorités civiles et ecclésiastiques.C’est la meilleure propagande qu’on ait encore faite en ce sens.L’OPINÏoN DES AUTRES LE COUT DE LA VIE “La population de ce pay.s payant plus que celle des autres pays pour sa nourriture, et au moins autant pour les autres nécessités de la vie, dures nécessités durant l’hiver, nous le répétons, le gouvernement aedéral devrait faire une enquête et, si possible, atténuer ce lourd impôt national.Est-ce que le gouvernement fait son devoir à ce sujet?Non.Autant qu’on peut le sa-roir il ne fait rien, bien qu’il soit difficile de comprendre son inaction.L’opposition concentre sa critique sur l’inactivité du gouvernement en cette matière et elle fait bien.Il n’y a rien qui empêche l’administration Borden de faire une enquête concurremment avec l’exécution de sqn programme général.Il n’y a aucune question domestique dont l’importance est comparable à celle du coût de la vie au point de vue .du bien-être des citoyens.” — Daily Mail, Montréal.LE MINISTRE DES ELECTIONS "11 restait à M.Borden de donner au Canada un ministre des Elections.M.Rogers n’a pas été appelé dans le cabinet Borden à cause de son habileté administrative, car son défaut d’habileté est admis même par ses propres amis, mais à cause de ses méthodes électorales vantées par lui et ses amis.Et pour être juste à son égard il faut admettre que son record dans la politique provinciale du Manitoba a prouvé qu’il est un expert dans la matière.”—Leader, Régina.CEUX QUI ECHAPPENT “Le candidat qui se fait élire par la corruption mérite d’être puni, Le malheur est cependant que tous les coupables ne sont pas poursuivis avec une égale vigueur.S’ils l’étaient on verrait beaucoup plus de scandales électoraux.Le nombre et la vigueur des poursuites dépend du contrôle qu’un parti a sur le mécanisme de la loi, sur le nerf de la guerre.Aussi longtemps que cela sera le cas, il y aura autant de coupables qui échapperont à la loi que d’autres en seront victimes.” — News, Moose Jaw.AUTRES TEMPS.AUTRES ARGUMENTS “Le gouvernement libéral de l’Alberta a agi sagement en augmentant le salaires des ministres provinciaux et en créant une allocation pour le chef de l’opposition conservatrice.Cela permettra au Globe de réaffirmer ses principes.Quand M.Borden était chef de l’opposition à la Chambre des Communes, le Globe soutenait qu’il était aux gages du gouvernement, qu’il ne pouvait parler qu’avec la permission de sir Wilfrid Laurier, et qu’on pouvait toujours le réduire au silence en lui faisant savoir que son salaire était en danger.Mais depuis que sir Wilfrid Laurier est devenu chef de l’opposition et qu’il a retiré régulièrement le salaire attaché à cette position, le Globe ne dit plus rien.” —News, Toronto.LA COURSE AUX ARMEMENTS “Ayant battu la voie en matière de construction navale, les hommes d’Etat britanniques reconnaissent enfin la folie criminelle qui consiste à dépenser beaucoup d’argent pour la construction de vaisseaux nui ne fait qu’inciter les autres nations à de plus grands efforts pour construire à leur tour.11 n’y a que huit ans que l’Amirauté britannique mettait A l’eau le premier dreadnought au coût total de $8,750,000.Aujourd’hui, les différentes puis- CAUSERIE LITTERAIRE VISIONS GASPESIENNES Par Blanche Lamontagne Les poètes qu’on lit sont ceux qui ayant observé directement la vie puissante et ordonnée Pont exprimée palpitante dans une forme idéale.Les imitateurs plus ou moins heureux qui oublient ce contact avec le modèle vivant n’aboutissent qu’à des oeuvres fades, qu’à des expressions livresques, à un formalisme qui cache en vain le vide de la pensée et du sentiment profond.L’une des plus graves erreurs de notre poésie canadienne a été ce manque de contact avec la vie puissante.Nos artistes ont travaillé d’après des modèles, ils ne sont pas descendus bien avant dans leur moi, leur psychologie est courte, ils n’ont pas observé autour d’eux avec le regard patient, prof^Pd et enthousiaste de l’artiste.Nous avons trop de poèmes de seconde main.L’auteur des Visions gaspésiennes n’a certes par oublié ses modèles, et l’on peut parfois dire avec assez de certitude qui Pa inspirée ; cependant — et c’est là son mérite réel — elle a vécu ses vers, elle les a fait passer par son émotion sincère ; c’est un auteur de bonne foi.Elle a observé autour d’elle, plus avec son coeur qu’avec ses yeux.Ses poèmes émeuvent doucement.L’inspiration de la poésie est courte sans doute, mais au moins elle sait retrancher le détail traînant et éviter le verbalisme.Les brises gaspésiennes ne sont pas des vents puissants qui ébranlent et penchent les rois de la forêt.Cc sont des souffles qui nous apportent un délicat arôme du terroir.Chacun de ces poèmes, malgré parfois des gaucheries, la raideur du rythme, quelque trace de bana lité, renferme l’essence précieuse de la poésie.Ecoutez parler le coeur de l’artiste : ' I.ES VIEIIXÉS Les belles femmes sont les vieilles, Dont l’Ame a noblement aimé, Kt dont l'amour s’est consumé Dans hi sainte angoisse des veilles.Tueurs lèvres ne sont plus vermeilles.Mais, dans leur coeur tout parfumé, Dure un trésor ensoleille Comme un jardin, mis en corbeilles: Les belles femmes sont les vieilles! Voulez-vous l’alliance de la grâce et du sentiment ?LES RIPES Les rides ce sont des sourires, Des sourires éternisés.Oui valent mieux que des baisers Kt sont plus nobles que les rires.Ce qu’elle affectionne cc sont les horizons familiers et rustiques : Ici cVst le berceau, là c’est In cheminée, Et le visrifte cher auprès qui nous sourit; (.est la chaise d’aïeul, hélas! abandonnée 1 Son regard s’arrête avec amour sur le vieux toit, sur les bardeaux que le vent emporte, sur la clôture de pieux, sur les petits gas aux grands yeux bleus.Et elle sait toujours mêler l’image et le sentiment délicat.La poétesse ne se pique pas d’être philosophe, mais elle vit son caté.chisme, elle admire l’aïeule tremblante Qui hien tard dans la nuit redit son clm- I pelet.Elle n’imagine pas des vies impossibles, mais dans cetie nature que d’autres estiment vide, elle voit avec évidence le Dieu suprême ordonnateur et les épis eux-mêmes chantent à l’homme des refrains sublimes : Ils disent que tu dois aimer, prier et croire.Lutter contre le vice et contre, le malheur Comme l’épi des champs lutte dans l'om- Ibre noire.Que tu te dois grandir par h\ sainte douleur Laisser ton coeur ouvert aux pitiés fia- îternclles, Et mourir sans orgueil, comme une simple ( fleur, Pour devenir l’épi des moissons éternelles'.Mademoiselle Blanche Lamonta.gne a compris la beauté du catholicisme et ne s’est jamais imaginé, comme le croyait ce bénêt de Boileau, que le chrétien ne devait monter sur Pégase que la corde au con, les cheveux couverts de cendre, les mains jointes.Boileau était l’ami des Jansénistes.I/évangile.N’offre de toutes parts que pénitence h (faire, etc.Si la poétesse ignore le désir païen et sensuel qui n’aboutit qu’au plaisir et à la mort, elle connaît la grandeur de cet amour profond et suave, voulu de Dieu, de cet amour qui fonde les foyers et se penche sur des berceaux où sommeillent des enfants de Dieu, des saints en herbe.Elle connaît cet amour qui dilate le coeur et le rend capable des plus héroïques dévouements quand il reste pur et dans l’ordre : Il lui dit, le coeur lourd et le front dans [la brise.Tes rêves d’autrefois et souvent les ours [mémei Viendront rôder autour de notre humble I maison— Qu'importe! dit Louise à Jean, puisque tu [m’aimes.Pour consoler les longs martyres De nos coeurs lentement brisés, Dieu veut que les chers fronts usés Soient décorés comme des lyres: Les rides ce sont des sourires.Voulez-vous le portrait d’une soeur ?Le soir, fi son fuseau,tout comme notre mère Elle poursuit très tard son cher et dur [labeur; Et pour se délasser elle nous lit Homère, Ma soeur ! Les deux premiers vers me paraissent beaux, mais j’ai peine à croire qu’on lise Homère dans les veilléçs gaspésiennes.Mais continuons : Elle nous npprennit à dire nos prières, Et, près du vieux berceau, chantant, à la „ , „ __ (noirceur.Souvent elle a veillé le sommé il de nos ffrères Ma soeur ! La strophe suivante mériterait des éloges sans restriction, si la pensée et l’allure du vers ne rappelaient un peu trop une pièce très connue de Madame Rostand.Lorsque je serai vieille et que je serai lasse Du fardeau de la vie et du poids du mal- [lieur, Je veux la voir encor, me parlant à voix (basse.Ma soeur ! Mademoiselle Lamontagne n’a pas l'ampleur chaleureuse de Fréchette, elle ne possède pas la maîtrise du rythme, la souplesse de la versification de tels de nos contemporains, sa langue même est parfois imprécise — oh ! rarement (1) — mais le verre où elle boit est si gentil ; et ce verre est plein d’eau de source fraîche et aromatisée de senteurs du terroir.Elle est poète par la délicatesse des sentiments et le goût profond du beau.Souhaitons qu’elle assouplisse son rythme, que fortifiée par l’admiration de ses modèles, elle observe plus directement encore la nature et la vie, et amplifie son chant déjà si sincère et éloigné de Imite préciosité.Edmond LEO.N.B.— La préface de M.Adjulor Rivard est la mesure même parfumée d’atticisme.(1) Par exemple elle dira : Si Mademoiselle Blanche Lamontagne a un coeur délicat elle a aussi des yeux pour voir sa Gaspésie : Son large golfe et son “rocher” Où le soleil vient se coucher, Chaque soir, dans une féerie.SI ton esprit.Croit que le réel domine le mystère.Elle veut dire la plate vulgarité.Car le réel est au fond de tout, Pab-sohr domine le mystère.sances possèdent 150 dreadnoughts déjà construits ou on construction, au coût total de $1,850,000,000.Il y a huit ans, la Grande-Bretagne seule construisait des dreadnoughts.Son exemple a été suivi depuis non seulement par les grandes puissances, mais par d’autres nations qui jusque-là n’avaient aucune prétention à la puissance maritime.Ayant ouvert la course, la Grande-Breta-ne est maintenant, comme Fran-enstein, hantée par le monstre horrible auquel elle a donné naissance.Le premier dreadnought était déjà hors d’usage avant d’avoir Htlekit la ligne de combat.Le dernier cuirassé a 600 pieds de long, tandis que le premier n’en avait crue 490 et il a une bordée de capacité double à celle du premier vaisseau de ce type.En revenant à une politique plus saine, comme Pa dit M.Churchill dans son pressant appel à l’Allemagne, “on sauverait des millions, un vaste trésor, pour le progrès de l'humanité.” Les démocraties du monde savent re (pie signifie cette diversion d’intelligence, de capital et de muscle, d’un objet productif à une fin destructive, et ce que le premier Lord de l’Amirauté suggère aujourd’hui en langage diplomatique oourra être proclamé demain d’un ton plus menaçant par les peuples surtaxés de qui les seigneurs guerriers reçoivent le droit de gouverner.”—Globe.Toronto.UN VILAIN DEFAUT “C’est bien pénible de le constater, mais les Canadiens-français sont trop portés à se jalouser les |uns les autres.Ils se créent eux-mê-jmes des misères inutiles et com-i promettent souvent, par crainte 'qu’un voisin en tire quelque crédit, les causes les plus sacrées et les intérêts les plus chers de la race.“M.L.C.Farly, dans l’Ach’on Populaire de Joliette, en donne un exemple bien frappant: “C’est un fait connu, dit-il, qu’un compatriote ne peut se lancer dans un commerce déjà exploité par son voisin sans provoquer de la part de ce dernier les commentaires les plus arbitraires et qui dénotent les plus basses jalousies.” “Des paroles, on en vient vite aux actes; on guette l’occasion de prendre son rival en défaut, et si eette occasion ne vient pas assez tôt, on .saisit le premier prétexte qui se présente; les mensonges, les insinuations, la détraction, tout est mis en oeuvre; et, afin de mieux berner le public, on entortille tout cela d’une dignité pharisaïque (pii en impose trop souvent.“Qui pourra jamais dire les torts 'immenses que la jalousie a causés à notre peuple?Que d’oeuvres utiles elle a brisées! Que de nobles dévouements elle a paralysés! “La jalousie a pour l’appuyer Fé-goïsme et l’orgueil et avec ces trois puissances du mal, couvertes du masque de l’hypocrisie, on est capable de toutes les audaces et Pou lient sans trembler compromettre les plus nobles causes.”—-Le Droit, Ottawa. LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, Zt> OU1UMKE ISIS VOL.IV.— No.Jî)0 L’ASSISTANCE MATERNELLE LE TRES REVEREND P.RAGE PARLE DE LA CHARITE Un auditoire distingué applaudit le savant dominicain, hier soir, au Monument National.Des artistes agréables donnent un concert.VENDEUSES DE FLEURS (Suite et fin) L’ASSISTANCE MATERNELLE Vous avez compris, Mesdames et Messieurs, rallusion contenue dans cea dernières paroles.C’est plus Qu’une allusion ; c’est la présentation, en deux mots, de l'Oeuvre de l’Assistance Maternelle, de son but.de ses moyens d’action, de son organisa lion.Si multiples que fussent les oeuvres de charité à Montréal, il a semblé A des âmes généreuses et dé- j vouées qu’il en restait une à fonder, i ît pour ira part, venu ici pour en- j tourager cette fondation, je voudrais | vous convaincre que s’il y a dans no- j tre ville, depuis tantôt deux ans, une | teuvre de plus, il n’y a certainement : pas une œuvre de trop.L'Assistance Maternelle a donc pour but de venir en aide à la mère pauvre et à son entant, au moment de la naissance de celui-ci.1Yapparition d’un être humain à la lumière lt à la vie est toujr.urs quelque choie de grand et qui porte avec soi le Cachet de la prédestination divine (Ile-même.Pour fréquente que soit cette apparition et pour ordinaire que soit cette loi, ni l’une, ni l'autre ne perdent rien de leur grandeur et de leur sublimité.Aussi, le berceau apporte-t-il normalement, au foyer une jouissance incxprinahle.Il en set la lumière, la consolation, la richesse et l’ornement *, c’est lui qui relie le passé au présent, lui qui rer ¦ terme toutes les espérances de l’ave-air.Comment dire, alors, la grandeur le la mission maternelle ?Celle-ci n’est-elle point la participation réelle, active, profonde d’une pauvre créature humaine à la fécondité de Dieu.Il est écrit que “la lumière du visage de Pieu est imprimée sur ions.” Chez la mère, c’est dans son coeur que brille cette lumière.Comme Il y a le cœur du Père qui est dans le ciel, il y a le cœur de la mère qui est ici-bas.La vie s’échappe de l’un, la vie s’échappe aussi de l'autre.L’un et l’autre sont des principes, des sources, des foyers.L.V haut, par delà le lien et le temps, quelqu’un regarde Dieu et dit : Mon Père,chez nous, parmi nos ombres et nos vicissitude», quelqu’un regarde une femme, et dit : Ma Mère.Et telle est la pénétrante douceur de cette appellation, et telle est la puis-bance intimé de ce titre, et telle est la perpétuité de cette gloire, et de cet amour, que l’homme, pourvu qu’on lui ait mis le cœur à la bonne place, conserve pour sa mère un c .tie que la mort elle même ne peut parvenir à effacer et qu’arrivé à 3 àas bénéficié d’une pareille fortune.Aujourd’hui, dans les librairies d’outre-Rhin, les livres se succèdent, de mois on mois, qui tantôt approfondissent tel ou tel détail de la biographie bismarckienne, et tantôt vulgarisent, pour l’instruction des foules, lu “geste” du grand homme.D’une part, des travaux érudits; d’autre part, de factices trophées.Mais In physionomie de Bismarck, mais l’epopée bismarckienne ne furent ni ne deviennent, pour les lettres germaniques, un élément d’inspiration, une matière d’art.La'profusion même des travaux d’histoire dont Bismarck est l’objet s’oppose à cc que s'élabore une légende nismar-kienne, comme s’élabora jadis une légende napoléonienne.Son bruyant départ de la scène politique fut symbolisé dans une oeuvre dramatique iqui tit en son temps quelque bruit, : et ce fut à peu près tout.Les essais 'de poésie lyrique ou de “bismarckia-I des”, tentés en l'honneur dç Bis-marck par certains versificateurs, ; n’ont généralement donné que de I pauvres résultats.Bismarck assiè-;ge les mémoires allemandes, il les | remplit, j’allais dire qu’il les encom-jbre; niais les âmes ne s’émeuvent point, elles ne s’exaltent point.Et tandis que Napoléon conquit le romantisme après avoir conquis l’Europe, Bismarck, qui sut unifier l’Allemagne politique, est plutut desservi que servi par I’A’lemagne littéraire.On dirait même qu’elle fit entendre à scs oreilles les premiers murmures de disgrâce qui devaient un jour se condenser et faire fracas sur les lèvres de Guillaume II.J’en trouve une preuve, bien précise, à certaines pages d’un livre très fouillé, très ins-*¦ uctif pour le lecteur français, que vient de publier à la librairie Alcan, M.Dresch, professeur à l’Université de Bordeaux, sous le titre : “Le Roman social en Allemagne (l?üO-l'JÜO)-” Durant ce demi-siècle, le roman social eut quatre représentants- GutzLow, Fr ;/ a'„ Spielbagen et Eontane; quatre hommes d’opinions singulièrement différentes, de 'ej.p^raci.'rts sing ulèrement d:t-tinc.s.Gulzkow était un idéaliste, rappelant à beaucoup d’égards la “vieille barbe” de 1848; Kreytag apparaît comme le parangon d’un certain libéralisme bourgeois; en Spiel-hagen, nous avons le type, plus fréquent qu’on ne croit, d’un antiaristocrate qui avait des goûts aristocratiques; quant à Eontane, c’est un national libéral à tendances démocratiques.et qui pourtant aime les hobereaux.Ils habitaient, on le?voit, à des pôles divers de l’horizon politique; et tous quatre, rencontrant dans leur champ d’observation l’oeuvre bismarckienne, appuyèrent sur des considérants variés des jugements unanimement sévères.Le vieux Gutzkovv, au lendemain de 1870, dans son roman “les frères Sérapion”, regarde l’Allemagne : il voit les milliards français s’y répandre, comme une nappe d’eau trop vertigineuse, qui, au lieu de fertiliser, ravage.11 sent nu nter le matérialisme; il s’écrie d mloureuseinent; “Pensez-donc! un peuple entier, un peuple a\/ec toutes ses classes sociales, forcé, de toute nécessité, à l’avis de Moitke, de monter la garde jusque dans le XIXe siècle!” Bismarck, pour lui, n’est qu’un “héros de la matière”; et Gutzkovv augure des krachs, des secousses sociales, de turbulentes et brutales déceptions, “qui se chargeront de venger 1 année 1848, cette année qui a été trompée dans son attente, cette année qui a été rejetée”; 11 semble que l’esprit de 1848, tenace et réclamant des représailles, s’insurge contre les réalités de 1870, dans les pages de vieillesse de Gutzkovv.Freytag déroule sous les yeux de sa nombreuse clientèle une série de tableaux historiques dans lesquels le point d’arrivée de Hiistoire allemande paraît être l’épanouissement d’une bourgeoisie très vertueuse, très simple, assez cultivée, mais peu sensible à la fascination des grands souvenirs du saint empire; Bismarck, à ses yeux, a eu tort de créer un cm pire où fatalement les hobereaux relèveront la tête.Freytag, est un fier bourgeois de Prusse, qui trouve que la royauté des Hohenzollern avait “quelque chose de meilleur et de plus lier que cette vieille couronne impériale” exhumée par le chancelier.Ces exhibitions lui répugnent, la dictature bismarckienne l’agace et toute son oeuvre, mi-romanesque, mi-historique, au lieu de préparer l’Allemagne à accepter Bismarck, semble la prédisposer à ne le pas comprendre du tout.Spielhagen construit un grand ro man; “Le Cyclone”, pour analyser la crise économique et morale qui suivit l’affhiK do nos milliards,et puis un autre: “Ou allons-nous?” où il essaye de pressentir l’avenir.Il est sombre en si's analyses, sombre en ses près sentiments.Un professeur qu’il met en scene regrette que par l’etfet de la guerre “la source de réconfort intellectuel et esthétique que la France ouvrait aux Allemands soit tarie pour eux”.Un commerçant demeuré vieux libéral assiste à la montée du socialisme et tient ce phénomène pour un résultat naturel du régime bismarckien, pour une application lamentable, imprévue, du principe d’après lequel la force prime le droit.Un Italien survient pour annoncer à l’avance, dans un roman qui précéda de plusieurs années l’évolution bismarckienne de 1878, que, dans sa lutte contre les prêtres, Bismarck sera vaincu, que Bismarck sera “obligé de revenir au clergé”.Et ce professeur, et ce commerçant, et ce perspi cace Italien semblent postés la, dans ces romans de Spielhagen, pour jeter un mauvais sort à l’oeuvre bismarckienne.Longtemps encore après 1870, les imaginations gardaient de complai santés familiarités pour ce roi Frédéric-Guillaume IV, à qui la couronne d’empereur, en 1848, avait été offerte pur les mains mêmes du peuple; elles osaient penser quelquefois que le geste de Bismarck imposant aux souverains de l’Allemagne l’empire des Hohenzollern, et à Guillaume 1er la dignité impériale, avait été comme une usurpation sur les droits et sur la bonne volonté de la nation allemande, qui, vingt et un ans plus tôt, avait voulu couronner le romantique souverain de la Prusse.“Au-jjourd’hui Bismarck triomphe, gémissait un personnage rie Spielhagen, il croit du moins avoir vaincu, il fait parade de sa victoire et de la couronne impériale qu’il a conquise pour son maître et qu’il a prise sur la corniche où un autre l’avait mise, qui ne voulut pas la prendre des mains du peuple! Des mains du peuple d’autrefois!” Et Spielhagen paraissait croire que tout au fond de beaucoup d’âmes allemandes survivaient certains regrets, certains songes, certaines aspirations, qui les mettaient en défiance contre l’ascendant du chancelier.Quant à Eontane, il est d’autant plus terrible pour l’oeuvre de Bismarck que malgré lui il l’admire.11 la dit “géniale” et puis “construite sur la force, sur le mensonge”, et, dès lors, fragile; il la voit “gigantesque”, mais il la qualifie de "ui-cherie”; et quand meurt Bismarck il RKSIL.IÆ A.CL Faite de cheveux naturels et à pel nie.Hpnrgnc le trouble de cacher tremltés, Pas de caoutchouc ni frange.Knvoyer un échantillon de < pour assortir.Mes clients se recrute Ta mniUcurc société du pays.Je fa des papjllottes, des “braids" et des f Résille A.0.30c chacune, quatre pou blanches ou grises, 401' chacune, tro 31.00.ANNA M.CONSI1 rnbricanti* «l’articlea en che 20-22 East, Mth M.New-YoïJk LES PRECEPTES A SUIVRE POUR LE RETOUR D’AGE Les Pilules Rouges Nettoient, stimulent et tonifient Festomac, les intestins, le sang.Quelles que soient les épreuves par lesquelles une femme puisse avoir à passer, quelque difficiles que puissent être les étapes de sa période critique, elle peut éviter tous les dangers du retour d’âge si elle s’en tient aux préceptes suivants :— Avoir l’estomac propre, c’est-à-dire dégagé de toutes humeurs ou biles, fonctionnant normalement, ayant de bonnes digestions qui permettent d assimiler complètement et rapidement les éléments digestifs.Avoir l’intestin libre, débarrassé des déchets d’alimentation dont les fermentations putrides empoisonnent l’organe et favorisent l’éclosion et le développement des microbes intestinaux.Avoir le sang pur, source de santé et de vie portée par les vaisseaux sanguins à tous les tissus, donnant la richesse organique qui défie toute invasion morbide et microbienne.Le corps bien nourri, sain et florissant, c’est la santé; l’estomac malade et l’intestin obstrué, c’est le sang vicié et le corps empoisonné.Pour assurer le bon fonctionnement de l’estomac et de l’intestin et la rénovation du sang ; pour pouvoir passer hardiment les épreuves de l’âge critique il n’y a qu’un remède : les Pilules Rouges.Les Pilules Rouges débarrassent sans fatigue l’estomac des humeurs et des biles; elles dégagent sans danger l’intestin et surtout dépurent et rafraîchissent le sang, purifient sa substance et stimulent sa circulation.Les Pilules Rouges sont le trésor des femmes sur le retour de l’âge.Compagnie Chimique Franco-Américaine, 274 rue Saint-Denis, Montréal.Messieurs, •• j ;.-j : _ J’ai beaucoup tardé à vous écrire après ma guérison parce que je craignais de vous importu- ner avec des lettres trop fréquentes.Ce n’est pas l’envie de vous entretenir de mes progrès qui me manquait, mais je vous sais si occupés que je ne voulais pas vous détourner des soins que sollicitaient d’autres femmes malades comme je l’ai été moi-même.Vous m’avez si habilement guérie que je ne voudrais pas priver les autres femmes des bienfaits de votre traitement que je recommande à toutes.C’est d’abord lorsqu’est survenu mon retour d’âge que j’ai eu recours à vous et, grâce à vos bonnes Pilules Rouges, tout s’est passé sans trop de difficulté et je n’ai pas trop souffert; mais plus tard, un malaise grave s’est déclaré.Certaines journées, j’avais de terribles attaques qui me bouleversaient la tête, me faisaient perdre la mémoire.Mes pieds étaient chauds comme du feu, même si je les mettais sur la glace.Les jointures étaient enflées et les douleurs que je ressentais étaient terribles.C’est lorsque je me trouvais dans cet état que je vous ai encore une fois appelés à mon secours.Vous m’avez sauvée.Les Pilules Rouges que vous m’avez ordonnées ont fait merveille.Je me porte, aujourd’hui que j’ai pris ce traitement, aussi bien qu’on peut le demander.Je travaille à la manufacture huit heures par jour et en plus je fais mon ouvrage de maison.Je pèse cent quatre-vingts livres, mon appétit est bon et je dors tranquille, mes nerfs sont calmes, ma tête reposée.Je ne ressens plus de ces embarras de la hanche droite qui me faisaient tant souffrir; je n’ai plus de brûlures d’estomac ni de renvois.Enfin, je suis toute autre.J’ai pris en tout douze boîtes de Pilules Rouges.Certaines personnes croyaient que je me faisais mourir en prenant tant de remèdes, mais, aujourd’hui elles sont bien surprises de me voir si bien.Quant à moi, je m’en tiens toujours aux Pilules Rouges et je vais même commencer à en reprendre un peu.Aussitôt que quelque chose va mal, je n’ai confiance que dans les Pilules Rouges qui sont mon salut.—Votre dévouée, Dame E.BRUN, 23 rue Hamilton, Holyoke, Mass.CONSULTATIONS GRATUITES.— Femmes qui souffrez, que ne venez-vous immédiatement voir les Médecins de la Compagnie Chimique Franco-Américaine ou ne leur écrivez-vous, si vous ne pouvez vous rendre à leurs bureaux?Ils donnent leurs conseils gratuitement et gjtdenl les femmes malades dans le traitement qu’elles doivent suivre.Vous pouvez les voir tous les jours, excepté le dimanche, de 9 heures du matin à 8 heures du soir, au No.274 rue Saint-Douis, Montréal.Les Pilules Routes sont en vente chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi par la poste, au Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50c pour une boîte, $2.50 pour six boîtes.Toutes les lettres doivent être adressées : COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, 274 rue Saint-Denis, Montréal.commet quelques belles strophes, mais, dés qu’il est “de sens rassis”, les scrupules lui reviennent; et, descendant en lui-même, il constate que “pour élever sa pensée” il doit “contempler d’autres héros que Bismarck, homme de ruse”, il garde l’impression que, parfois, Dieu collabora avec le chancelier; et alors Eontane s’incline; mais, il se hâte d’ajouter que “Bismarck hobereau, que Bismarck politique, à l’affût d’avantages personnels, lui est totalement antipathique-” Ainsi parlaient ces quatre maréchaux de lettres, à une époque où l’équilibre intérieur de l’Allemagne, où T’équilibre européen,où l’équilibre balkanique, paraissaient encore devoir être régis, pour de longues années, par les conceptions bismarckiennes.Us refusaient à Bismark l vainqueur les apothéoses que cinquante ans plus tôt, la littérature française prodiguait à Napo.’on vaincu.C’est peut-être que dans le mépris de Bismarck pour les hommes, dans ce mépris écrasant, inique, dont souffrirent scs meilleurs auxiliaires et qui contraste si nettement avec les élans de tendresse de Napoléon pour tel de ses maréchaux ou tel de ses grenadiers, il y -ivait quelque chose de trop foncièrement inhumain, pour que les “bonnes lettres”, les “lettres humaines”, comme disaient nos vieux classiques, eussent beaucoup de goûl à parer de leurs propres prestiges l’inquiétante personnalité du chancelier.Il suffit parfois d’être craint pour régner sur son propre peuple, et même sur les autres; mais on ne règne sur les lettres que si l’on a mérité d’inspirer un peu d’amour.Georges GOYAU.-*- Ils demandent un Mage Au premier plan dé l’actualité, ainsi que le proclame l’américaniste “Revue”, apparaît, cette année, Alfred de Vigny.En 1913, en effet, expire l’ingrate période d’attente posthume que le poete s’était imposce à lui-même, aVant d’entrer dans la grande immortalité.Aux armes, donc “bataillons sacrés” de la jeunesse du siècle vingtième, qu’avait prophétiquement évoqués son génie méconnu, prenez vos formations de combat, arrachez,arrachons leur couronne à d’autres fronts de poètes S’il ne s’agissait que d’obtenir plus de justice littéraire pour Vigny, l’unanimité se ferait aisément parmi ceux qui le lisent.Sans doute la spontanéité, la souplesse, la grâce familière lui font, par endroits, un peu défaut; mais il a su parler assez souvent la langue des maîtres.Romantique entre les romantiques, il compte cependant à son actif un certain nombre de vers qui semblent dater du XVHe siècle.Force, netteté, relief, éclat, pureté,rien ne leur manque de ce qui peut leur assurer une durée immortelle.Malheureusement, les actuels admirateurs de Vigny ne dissimulent point la nature vraie de leurs ambitions qui sont d’ordre philosophique.Ils entendent que leur poète soit Mage, c’est-à-dire, chef ou chemin, ou conducteur des êtres.Ils (les Muges) sont ItimlM-e et nourriture, Ils donnent nu coeur lu nilture, Ils ('îritnttent aux âmes Dieu.Rendons ce témoignage à Vigny, qu’il est un blasphémateur de haute allure.Il a mis en formules definitives toutes les contre-vérités fondamentales qui constituent la philosophie du romantisme.Quelques insen- sés nient l’existence d’un Dieu créateur, d’autres voudraient bien le dissoudre dans le grand tout, d’autres enfin l’injurient platement.M.le comte de Vigny inflige à Dieu une haute leçon de dandysme; il lui reproche un manque de politesse choquant et des habitudes de vulgaire improbité: Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, Si le Ciel nous laissa comme un monde [avorté.Le Juste opposera le dédain à l’absence Et ne répondra plus que par un froid silence Au silence éternel de la Divinité.Depuis que des anges et des hommes orgueilleux existent, personne sans doute encore n’a atteint ce degré d’insolence.Lucifer ne voulait être que l’égal de Dieu; M.le comte de Vigny traite Dieu comme un inférieur qui connaît mal son plus élémentaire devoir.Ce que les hommes se décident le plus difficilement à outrager après Dieu, c’est la femme.La main de Vigny ne trembla point quand il écrivit ce vers sacrilège: La femme, enfant malade.Je n’achève pas la citation.Vigny d’ailleurs a complété dans d’autres poèmes sa pensée de misogyne; pour lui, la femme c’est toujours Dalila.Jamais Marie?.Non, jamais, et si M.le comte de Vigny s’occupe de celle que l’Eglise appelle l’immaculée, c’est pour la déposséder de sa Tour d’ivoire.La prière, elle-même, la prière n’évite pas les condnmrations outrageantes du poêle révolté.Gémir, pleurer, prier est également lâche.Quelle horreur! Il faut plaindre les croyants et même les incrédules qui, en lisant de tels blasphèmes, n’éprouvent pas le besoin de murmurer tout bas quelques divines prières: '•elle d’Esther ou de Polycucte ou même d’OEdipe prosterné dans le bois sacré de Col inc.Vigny méritait bien de renaître à l'officielle vie littéraire sous la présidence de M.Poincaré, ce touriste d'Etat qui craindrait de se perdre, à jamais, en entrant dans une église.L’auteur de Moïse a trouvé des for mules d’un laïcisme radicalement anticlérical qui feraient la joie de Dos plus vils politiciens.Par exemple, deux jeunes amoureux v nt se suicider dans la forêt de Montmorency.On trouve, après leur mort, expliquées sur le papier jaune d’une salle à manger d’auberge, leurs dernières et plus explicites volontés.“Ils n’u-vaient rien oublié”.Et Dieu?— Tel est Je siècle, ils n'y pensèrent jaas.(.’est cc qu’on pourrait appeler, si je ne me trompe, la separation de l’Eglise et de la société: Ailleurs, le poète met aux prist-.un prêtre et un prisonnier mourant: LE rilETRE Mon fils.Voici l’éternité.LK MOURANT A rnoi?Je n’en veux pas; j’y trouverais [tics chaînes.Une telle haine de Dieu implique l’anarchie.Vigny pour ne pas être en contact avec la socié'é se construit une maison roulante.la maison du berger qui se cache dans la bruyère des montagnes.Il glorifie le suicide, il identifie son âme avec celle d’Eloa, la niaise archange qui s’éprend d’amour pour Lucifer foudroyé.Il est trop facile de découvrir dans tout ce stoïcLmc anarchique un orgueil immense, inlini, romantique.Comprenez que Vigny, c’est Moïse, l’un des plus grands parmi les hommes.Or, ce Moïse parle à Dieu, sur le ton que voici : Seigneur, ne finirai-je pas?Où voulez-vous encor que je porte mes pas.Que vous ai-je donc fait pour être votre élu?Je suis très grand, mes pieds sont sur les (nations.Vos anges sont jaloux.Seigneur, vous m’avez fait puissant et [solitaire, Laissez-moi m’endormir du sommeil de la [terre t L’égotisme de Vigny est aussi ro-mantique que son orgueil, ou si vous voulez, il forme autour de son coeur comme une triple cuirasse d’airain.Je trouve légitime qu’il ait révolté Sainte-Beuve: “Vigny fait colonne et obélisque à part.Nul n’a le droit de s’imposer tout sculpté, façonné de ses propres mains au culte des contemporains et de la postérité”.Il semble bien que notre génération veuille donner raison à Vigny, contre Sainte-Beuve.Mais elle ne réussira pas dans son dessein.Vigny est le contraire d’un poète populaire, et loutes les ni armies de sympathie dont on l’accable en ce moment ne font pas qu’il soit vraiment sympathique.Qui donc donnera ce Mage, dont ils ont si grand besoin aux politicien; et aux intellectuels de la Révolution?il faut décidément remiser Hugo qui est “bête comme l’Hima-laya”.Vigny, l’ingénieux panégyriste de Julien l’Apostal, ferait bien leur affaire.Mais il manque trop de base pour se tenir debout, et déjà, il demande grâce en murmurant: Dormir, mourir, et, cette fois, définitivement: Laissez-moi m’endormir du sommeil de [lu terre î Abbé DELFOUR.(L’“Univcrs”).TUE DANS UNE EXPLOSION Rimouski, 24.— Un bien triste ac-dent s’est produit mardi soir sur le lac Caribou, à trente milles d’ici et a causé la mort d’un de nos citoyens.M.Majorique Morin, employé à la construction d’une écluse pour la compagnie Price, fut transporté ici où les, soins médicaux ne purent lui sauver la vie et hier soir, il a reçu les derniers sacrements.Il était âgé de 28 ans et laisse une femme, trois enfants, son père, sa mère, un frère et trois soeurs.t— - ———— BUVEZ L’EAU LA SEULE QUI PUISSE ETRE GARAN- “OZONE” TIE ABSOLUMENT PURE L’Ozone détruit infailliblement tous les bacilles contenus dans l’eau sans rien ôter à sa saveur.THE OZONE WATER KST LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI, 25 OCTOBRE 1913 VOL.IV.—No.,250 LE MARC HE IMMOBILIER AU PUBLIC J'ai le plaisir de vous annoncer que lout en continuant de m’occuper de propriétés, j’ai ouvert un département qui s’occupera, spécialement de places de commerce, tels que restaurants, épiceries, hôtels, ou tout autre genre de commerce, magasins de tabac, etc., aussi toute personne qui désire acheter ou vendre son commerce est invitée à venir me "oir.Ayant moi même 30 années d’expérience dans le commerce, j’espère pouvoir donner satisaction à ceux qui voudront bien me confier leur vente ou achat de commerce.S’adresser à J.A.ROY Edifice de la Sauvegarde, 92 NOTRE-DAME EST, Main 1318.Ou le soir 875a Durocher, Saint-Louis 5825.Pigeon Realty Co.1457 BOULEVARD SAINT-LAURENT $110,000 Rue Demontigny, maison 3 étages, 17 logements, magasins et garage.Ron revenu.Kchange-rait contre terrains, propriétés ou fermes Faites une offre.y £4 4 A —Rue Duluth, 2 coins, 20 «4# i I UyUUw logements et magasins.Moderne, bien louée.Echangerait contre terrains bien situés, balance de prix de vente t du comptant.Une offre considérée.fl ft ft—Avenue Green, Westmount.909|UUU Maison 3 étages, 30 logements.Pierre solide, revenu $8,200.Moderne.Echangerait contre bons terrains, balance 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balustrade et orné d’une jolie corniche.Cette construction particulière rehausse le cottage et lui donne un très joli aspect.Le salon principal est à gauche, avec galerie devant et un vestibule central ouvrant sur le salon et la salle à dîner à gauche.Il y a une grande cheminée avec foyer au centre dans le salon et une autre dans la salle à manger avec dispositif pour chauffage.L’escaJicr principal part du côté du salon en arrière du foyer et communique de façon très commode avec la cuisine.Le salon est divisé par une porte d’arche et la partie ainsi séparée sert de boudoir, avec raj-ons pour livres de chaque côté.Cet étage est fini en chêne avec parquet de même bois qui pourra être teint ou laissé naturel au goût du propriétaire.Le second étage a deux grandes chambres de 14 pieds par 15 chacune, une chambre de bain et tout l’espace voulu pour garde-robes.Le fini de cet étage est de pin peinturé ou émaillé et le parquet en érable, Il y a un bon sous-sol avec fondation et plancher en 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le stain quo s’est maintenu dans le monde des immeubles.D’après l’opinion de plusieurs des plus importants courtiers en immeu.blés, dont quelques-uns font même partie de la nouvelle Bourse de l’immeuble, qui vient de commencer ses opérations, la crise financière qui paralyse d’une façon si appréciable une foule d’entreprises et nuit à certaines opérations commerciales, n’a pas et n’a pas eu un effet déprimant sur les opérations immobilières.Le seul effet de cette rareté de l'argent a été de ralentir quelque peu la vente des lots à bon marché ; mais par contre les bons placements ont été plus nombreux et en dépit de la rareté de l’argent et la diminution, en quelques endroits, de la valeur de la propriété foncière, on a vu des sommes considérables investies dans l’immeuble comme placements de tout repos.Il ne faut pas prendre trop au sérieux ce que nous pouvons dire plus haut, quant à la diminution de la valeur foncière en quelques endroits.Cette diminution est plutôt fictive.Ce qui arrive, en réalité, c’est que la propriété immobilière n’a pas perdu de sa valeur ; mais par contre elle n’a rien gagné non plus.SI “ne pas avancer c’est reculer”, nous sommes donc justifiables de parler de diminution.Mais s’il n’y a pas eu de diminution, pas plus que d’augmentation, il y a fort à présumer pour cette dernière alternative, dans un avenir prochain, ce qui par conséquent justifie les bons placements sur les propriétés foncières.A part certaine transaction très intéressante dans Westmount, au coin nord-est de la rue Sainte-Ca- therine et de l’avenue Greene, où 23,700 pieds de terrains ont été vendus pour la somme de $350,000, quatre ou cinq autres transactions de $50,000 chacune ont été enregistrées dans le cours de la semaine qui vient de s’écouler.En outre une foule d’autres ventes moins importantes ont été enregistrées.On a enregistré dans le cours de la semaine dernière environ deux cents ventes.Une vente digne d’attention a été celle faite par M.J.M.M.Duff à M.E.E.Fairmam, d’une propriété située rue Saint-Antoine pour la somme de $80,000, ce qui représente exactement un prix de $14 le pied carré.La plupart des courtiers d’immeubles auxquels nous avons posé la question, sont satisfaits de la situation actuelle des valeurs immobilières et fondent beaucoup d’espoir pour un avenir très rapproché.Bureau : Main 7038.Ré*idence : Saint-Louis 4675.J?1?*8 disposer encore de deux chars de Sable à Béton par jour; un convoi de mon Sable arrive à Montréal tous les matins.J.EDOUARD MORANVILLE COURTIER EN IMMEUBLES COLLECTIONS Bureau : Edifice Morgan, 54 Notre-Dame Est, Ch.60-61-62.H.Beauregard ENTREPRENEUR GENERAL EN CONSTRUCTION 70 SAINT - JACQUES MONTREAL Tél.Bell Main 735 Loranger, Lemoine & Girouard 1009 AVE MONT-ROYAL EST “ Bargain V LES HINDOUS AU CANADA LES AUTORITES FEDERALES SOUMETTENT UN PROJET DE REGLEMENT AU GOUVERNEMENT DE LA COLOMBIE-AN-GLAISE, DANS LE BUT DE CONTROLER L’ARRIVEE DE CES IMMIGRANTS.Ottawa, 25 — Le gouvernement vient de faire de nouveaux règlements concernant l’immigration des Orientaux au Canada, règlements qui sont appelés à fournir les moyens d’en obtenir un contrôle effectif.Ils seront maintenant soumis h l’approbation du gouvernement britannique.Cette question est déjà vieille et très compliquée.Depuis quelques années elle a été l’objet de nombreuses difficultés dans la Colombie Anglaise.Sous l’ancien gouvernement, on a cherché à faire certaines réserves.Les Hindous, par exemple, devaient venir directement au Canada.Cependant on ne s’est pas conformé a ces règlements.Cet été, on a saisi sur les côtes de la Olombie Anglaise une goélette qui laissait à ta dérobée débarquer un grand nombre d’Hindous et autres Orientaux sur le territoire canadien.Les nouveaux règlements tendent surtout à mettre fin à cet état de choses.C’est pourquoi le gouvernement a cru sage de s’adresser au gouvernement anglais pour savoir ce qu’il pensait de son attitude actuelle Vis-à-vis ces immigrants.Sir Richard McBride, durant son voyage en Angleterre, a exposé à sir Edward Grey les vues de ta Colombie Anglaise sur cette question.Il donnera un résultat de ses démarches, la semaine prochaine, au ministre de l’intérieur.Si on adopte les nouveaux règlements, la Colombie Anglaise pourra se féliciter de voir disparu le spectre de l’invasion des Orientaux sur son territoire et possédera des moy.ens beaucoup pins effectifs de la contrôler à sa guise.UN RECORD DANS LE TRANSPORT DU POISSON Le navire “Prince George” a établi un nouveau record en transportant do Prince Rupert 150 tonnes de flétans.Ce navire, appartenant à la Compagnie du G.TP a dépassé tout ce qu’on a déjà vu dans • trafic du poisson sur la côte du Pacifique, et portait 15 tonnes de poissons vivants et 135 tonnes de poisson gelé.Les pêcheurs à la trahie ont eu de grands succès comme résultats d’une température idéale, et ils ont eu fort à faire pour retirer le poisson.De grosses cargaisons de flétans continueront d’être expédiées pendant quelques semaines jusqu’au moment où le mauvais temps empêchera les pêcheur à se retirer et à utiliser cette énorme quantité de poissons gardés en réserve dans les entrepôts frigorifiques.Gédéon Ménard 20 SAINT-JACQUES.LES ELECTIONS AU^ MEXIQUE La date des élections au Mexique approche.Huerta semble vouloir imposer sa volonté au peuple mexicain.Néanmoins, personne ne s’en laisse imposer pour aller chez Anatole Renaud.Tout le monde sait que c’est l’endroit par excellence pour se procurer de bons tricots de laine "sweaters”.Chez Anatole Renaud, 81 Boulevard Saint-Laurent, c’est comme sur le Pont d’Avignon, tout le monde y passe.r, Magnifique coin, rue Mont-Royal, 27 x 97, bâti.Prix 930,000.00.Echangerait pour terrains, balance de prix de vente et un peu d’argent.Pour plus amples détails s'adresser à [oranger, Lemoine & Girouard 1009 AVE MONT-ROYAL EST.Phone Saint-Louis 7587.A VENDRE OU ECHANGER Cinq grands lots de 50 x 100 cha cun, au Parc Montréal, rue Cartier, près du Boulevard Gouin.Ces lots sont 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montagnes ensemble.Sur le chemin il y a une ferme en culture, avec 1000 chênes, bols blanc et noyers, avec 4 granges nu pied d'une grande étendue de terrain en culture f \ magnifiques cottages, avec tous les bâtiments, verger de 400 â 500 pommiers et tous les animaux.Un puissant1 aqueîiSS est situé a 1-2 mille de ln gare du Grand-Nord (actuellement en construction).Pour toutes informations, voyez J.H.LANGE VIN, 3,5 rut?,msÆÆest- Tél.Main 7800.Résidence : St-Hilaire Arthur Laberge COURTIER D’IMMEUBLES St.Lawrence Hall MONTREAL^ ^572 VOL.IV.— No.250 LE DEVOIR.MONTREAL, SAMEDI, 25 OCTOBRE 1913 , La Musiq ue \ a Montreal A LA MAISON NATALE DE LOUIS VEUILLOT LE DISCOURS DU R.P.JANVIER ’‘LA REDEMPTION” DE GOUNOD II arrive plus d’une fois, lorsque vous écoulez une oeuvre musicale, jque vous vous dites: “Mais, j’ai entendu ce passage, cette mélodie, cet-;te phrase quelque part.Vous ne [pouvez pas toujours vous rappeler [°ù; cependant, vous avez raison [tout de même.Il n’y a rien de nou-, veau sous le soleil, dit-on.Quelques icompositeurs vivent de “souvenirs” et leurs oeuvres s’en ressentent.Der-jnièremcnt je lisais la critique de “Cavalleria Rusticana” par M.Camille Itellaigue.Il fait très justement remarquer que Mascagni a émaillé son oeuvre de “mementos” qu’on peut dédier à Gounod, à Bi-izel.etc.Hier soir en écoutant “La Rédemption, si joliment interprétée par la Chorale Massenet, je me suis amusé à écrire, on marge du libretto, tel_ “souvenir” de “Faust”, de “Roméo et Juliette” et de quelques autres opéras de l’immortel Gou-«nod.Voilà: le maître français s’est «copié lui-même.On sait que “Faust” fut écrit avant 1859; que la première de “Roméo” eut lieu en' 1867 et que la “Rédemption” vit le.jour en 1882.Rien d’étonnant donc que Gounod se .soit involontairement souvenu, dans sa belle partition, tantôt du prélude à la romance du roi de Thulé, tantôt de celui qui précède la sérénade de Méphisto, tantôt des “Anges purs, anges radieux”, tantôt de l’admirable scène du mariage de “Roméo et Juliette”.Mais, qu’on ne se scandalise pas.Ces quelques souvenirs sont de courte durée.Avec cela que l’har-nionisaiion est différente, ce gui leur doi.ne une .seconde originalité.Les choeurs de “La Rédemption” sont tous fort beaux.Ils sont grands, pleins d’un magnifique souffle religieux.Les réciiatifs sont d’une touchante simplicité.Quant à Porchestration de l’oeuvre, elle est admirable.Gounod savait ce que c’était que l’harmonie imitative et il en a usé avec une charmante discrétion.Ce dut cire un vrai plaisir pour lui d’habiller musicalement des vers dont il était l’auteur.Avouons que le musicien, loin d’être inférieur au poète, l’a souvent dépassé.Les interprèles d’hier soir onl-ils rendu justice à l’un et à l’autre?A celle effarante question, je réponds: oui.Mais je m’empresse d’ajouter qu’il faut tenir compte de la capacité des chanteurs.C’étaient des amateurs mais des amateurs fort bien dressés.Cela m’amène à féliciter sans plus tarder M.Orpha F.Deveaux, le directeur de l’imposante phalange, du succès plus que satisfaisant qu’il a remporté.L’oeuvre qu’il poursuit dans Maisonneuve, bien d’au Ires professeurs devraient la poursuivre ailleurs dans notre bonne vieille province.C’est en réuni'sant les jeunes gens et les jeunes filles, en leur inculquant le goût de l’arl musical qu'on les éloignera petit à petit de ces théâtres qui produisent des vaudevilles sans noms,-sortis de l’imagination de pseudo-compositeurs qui ont- en vue l'exoloitation de la bêtise humaine du l’augmenlation de ses richesses.M.Deveaux a consciencieusement dirigé la chorale Massenet, bien balancée, bien .stylée, très obéissante aux ordres de son chef.Les solistes ont, nour in plupart, gentiment réussi.Qu’il me suffise de mentionner les orincipaux: Mme Aimée Barbeau, Mlles Bernadette De Bellefeuille et Aurore Stebenne ainsi que MM.Louis Verschelden, Amédée Roy, Ulysse Faquin et Albert Garant qui se sont acquitté ju-riieieusement d’une tâche parfois difficile.Les récitants avaient surtou 1 ma sympathie car ne rend pas (pii veut, d’une façon intéressante, certains récitatifs.MM.Roy.Faquin et Garant ont été écoutés religieusement.AT.Verschelden (Jésus) a bien détaillé son rôle.Un orchestre composé d’une trentaine d’instrumentistes accompagnait les chanteurs.Paul G.OUIMET.6.— (a) Traumerei.Schumann (b) Danse des sylphes .Berlioz 7.—Marche Hongroise .Berlioz On fera bien de retenir ses places d’avance cap il est certain qu’il y aura beaucoup de monde aux deux concerts.LA SAISON D OPERA La souscription pour la vente des billets de saison a été très considérable et se terminera, samedi le premier novembre.’ Parmi ceux qui ont retenu des loges pour la saison, 0n mentionne: M.R.B.Angus, Sir Montague Allan, M.Tancrède Bienvenu, Mme Guy Boyer, M.J.N.Dupuis, Sir Rodolphe Forget, Sir Hugh Graham, M.O , R.Hosmer, Col.F.S.Meighen, M.H.V.Meredith, M, Emile Ostiguy, Hon.J.Aid.Ouimet, M.Piedallu, Lady Shaugbnessy et Sénateur J.M.Wilson.Et mentionnons parmi ceux qui ont retenu des sièges dans l'orchestre : M.P.Amos, M.A.N.Brodeur, bon.Arthur Boyer, M.J.W.Blan-ehet, M.Alphonse Baillargeon, Mme W.E.Blmnhart, Dr R.Boulet, M.R.A.Bourassa, M.Th.Chase-Casgrain, M.Edouard Oholette, M.Wilfrid Chamberland, M.G.P.Carreau, M.G.Couture, M.C.Doom, M.Auguste Dufault, M.A.L.Dupont, M.J.E.Duprê, Mlle Bernadette Ethier, Dr Z.H.Ethier, Miss Pauline Forget, M.L.M.Fortier, M.Hector Favreau, M.F.Glacfeneyer, Dr J.H.Gar-eeau, Mme L.J.Gaboury, M.E.N.Hébert, M.H.Jonas, M.V.Jeannette, M.C.O.Lamontagne, M.C.O.Lamontagne, M.E.Lafleur, M.Emile Lachapelle, M.F.C.Laberge, M, Henri Lemire, M.W.R Leroux, M.E.Lamontagne, M.René Le My-re, M.Joseph Labelle, M.G, V.Moneel, Mme J.D.Monetti, Dr D.Masson, M.Alexandre Michaud, M.M.L.O’Domoghue, M.M.Pinget, M.TMbaudeau Rinfret, M.J.L.A.Va-cine, M.Ed.Favre-Surveyer, M.L.J.Tarte, Mlle A Veuillemot et Mme A.Viens.Vos lecteurs seront heureux de trouver ici les larges extraits suivants du beau discours prononcé à Hognes par le Ft.P.Janvier dans la cour de la maison natale de Louis Veuillot, à l’occasion du centenaire de sa naissance.Il vécut à Boynes les dix premières années de sa vie, et de bonne heure il laissa paraître les traits de caractère qui, sur un vaste théâtre, lui vaudront tant d’admiration ou tant d’hostilité.D’une vivacité tout re, ni concours des hommes, rien ne peut donner ce que je mettrais au-dessus de toutes les félicités terrestres: le bonheur d’habiter une vieille maison que mes pères auraient bâtie, et de rêver sous quelques vieux arbres qui m’auraient vu enfant!” Il eût voulu du moins y revenir, “se passer ce plaisir au printemps”, la Frovidence ne lui permit pas de réaliser ses voeux.u u.c lUuv Aujourd’hui, il y esi revenu dans exceptionnelle, il marchait à neuf j i®* jP®r*sonn?s,_,^1ess’eurs> ‘lui t*‘:' - _i fendez avec tant de courage, au mi- fabriqué; comment entre ses mains cette plache devint une arme redoutée de ses adversaires.On a aussi raconté qu’un jour, menacé du fouet, parce qu’il refusait d’éplucher du safran, il se sauva en criant: “Je vais me jeter dans le puits de Barvilie”; que sa mère, grâce à un procédé original autant qu’énergique, obtint qu’il renonçât à son projet de suicide, mais échoua dés qu’elle voulut le ramener à l’épluchage du safran.Plus tard, il exerça son humeur batailleuse avec LES GRANDS CONCERTS DU DIMANCHE Le second concert du dimanche, au théâtre Princess, promet do remporter un succès extraordinaire, M.J.J.Shea, le directeur et chef d’orchestre, n’a rien ménagé pour rendre les auditions de l’après-midi et du soir le plus intéressantes possible.On s’en rendra facilement compte en parcourant le programme qui suit.On remarquera que le nom de la fameuse cantatrice Eva Mylott y figure.La réputation de Cette artiste est universelle et nous croyons inutile d’in-s'ister sur Tes mérites de cette excellente musicienne.CONCERT CONTANT M.Albert Ferland, le poète canadien si connu, a bien voulu faire un résumé du poëme des “Deux Ames” qui fût écrit par le regretté, feu Henri Roultaud, et sur lequel notre compositeur canadien M.Alexis Contant, a adopté une musique que nous applaudirons à son concert du mois de novembre prochain- au Théâtre Princess.Voici le résumé de cette pièce: “Deux voyageurs, un jeune orphelin et son guide, inconnus au pied léger, à la voix céleste, parcouraient un chemin aride, pressés par la voix de Dieu qui leur disait: “Revenez vers Te Ciel, âmesf sœurs exilées!” Dans la terre hostile, sous Te ciel noir, l’orphelin redoute Tes ombres et bruit d’un torrent.Son guide le rassure: Heureux celui qui repose sous l’aile du Tout/Puissant! Puis l’orphelin entend des Voix qui viennent de lieux enchantés, de bosquets où une belle inconnue rêve d’amour et l’appelle.Tenté par la Voix séductrice, il reproche à son guide de le mener vers un mirage, et déjà il est prêt à Te quitter.Mais celui-ci le retient par des paroles sages.D’autres voix s’entendent, celles des Cités.Tentation nouvelle.Promesse de bonheurs: humains.Le jeune pèlerin, charmé par ces voix, hésite, mais sen guide lui dit: Dieu donne à l’homme ses anges pour le garder des écueils.” Nouveaux appels.La voix des Torrents lui propose une vie de gloire et de dominateur.Il sera l’inspiré, ip prophète, le dieu.Cette voix est puissante sur sa misère.Faut-il la fuir ou la suivre ?La parole du guide le détourne du danger, lui disant : Bienheureux celui qui pleure et accepte l'épreuve, il verra la vraie Patrie.Ces paroles l’éclairent.Il comprend.enfin, le drame où il lui faut lutter.Satan veut scr.âme.Et lorsque la “Voix des Rochers” vient lui proposer des jours fortunés et cherche à tuer son espoir d’atteindre sa Patrie, il se redresse, courageux, repousse les Esprits du mal, légions impures.Puis suppliant les Vertus célestes de le recevoir, il se sent des ailes, dit adieu à la terre et entre dans sa Patrie, joie au Oiel! Des harpes d’or chantent leur victoire, unies, les deux âmes possèdent enfin la Jérusalem eélest-'.Harpes d’or, chantez leur victoire!” On nous prie d'annoncer qu’il n’y aura im’irae répétition par semaine, le jeudi soir à 8 hrs p.m.à la salle de conférences de la maison Lariviè-re Incorporée.génie; il y est revenu dans la personne de ce neveu dont il chantait d’avance et de Rome la prochaine naissance; il me semble qu’il y est revenu lui-même, que son âme plane au milieu de nous, qu’avec une voix suave et toujours vibrante de force il»nous exhorte tous à vivre chrétiennement, à lutter et à souffrir sans murmure pour les causes et pour les drapeaux qui furent les siens.Il me semble qu’employant les accents de l’éternité, il nous un éclat qui n’a nas été égalé Sa paI’Je.tlc 1*) couronne, de la paix, de plume trempée dans l’ironie, dans l?J.ole o St-Frnnçois* Xavier.Tél.Main 0905, Hôtel Windsor, ou gare ilonaventure.ANÏIKOR-LAURENCE ÎCopi tAOic*Lf ou Cors 1 s0«.trncact mw> DOULtup; I um-n.imuJI W'i ' » 'M FRANCO PA» LA POSTX ^_£ Aii/JiwaiinniJaimuTB n Feuilleton du DEVOIR ¦ LE — Nouveau Dodeur par JULES PRAVIEUX 37 Les pauvres demoiselles Rozoir priaient M.Bcrnet, l’élève pharma-cirn, de leur dire ce qu’on devait penser, selon lui, et d’après les ordonnances, de la gravité du mal qui avait terraissé le docteur Chanteau, ce qu’il fallait craindre, et ce qu’on pouvait espérer.M.Bernet, qui n’avait point deviné les pensées secrè-les des deux jeunes filles, .se contentait de hocher la tête et de répéter: “C'esl grave, c’est excess!ve-ment grave.Mon avis est qu’il e.sl perdu.” Ces paroles sonnaient comme le glas dt* leurs rêves, aux oreilles d’Yvonne et de Berthe.Le docteur Chanteau allait mourir! C’était He ruiné de leurs projets, mais c’é-lait aussi, selon elles, “une chance inespérée” pour Françoise Chanteau, une chance qu’elles ne lui pardonneraient jamais.Ce qu’elles la détestaient! Elles l’avaient toujours enviée parce que jeune, parce que jolie,—ce qu'elles niaient pourtant,—parce que fille unique, parce que plus riche qu’elles.Les deux Bozoit ricanaient: ‘‘Elle l’a donc enfin, son Bravières, tous les jours, à son gré!” disaient-elles.Et si maintenant, “pour comble de bonheur", .son père venait A mourir, elle aurait son Bravières, pour toujours! La jalousie est le mal des petites villes: elle empoisonne l’air qu’on y respire, éveille la fourberie dans les âmes, suscite la trahison entre gens qui se disent et, peut-être, se croient amis.On en trouve (pii, s’ils voyaient Job a yds sur son fumier, l’unique propriété qui lui reste au monde, jalouseraient le pauvre homme: c’est que le fumier appartiendrait encore à Job, et ne serait pas A eux; ils en souffriraient.Yvonne et Berthe Rozoir connaissaient ce tourment: le mal des petites villes les affolait.Elles étaient jalouses du bonheur et même du malheur des autres, quand ce mai-heur n’était pas aussi complet qu’elles l’eussent voulu.Elles en étaient réduites, par envie, A souhaiter A Françoise Chanteau ce que celle-ci désirait le plus: la guérison de son père.Elles s’en furent même, un jour, conduites par leur mère, chez l’abbé Tharot pour savoir de lui l'opinion du docteur Bravières sur l’issue probable de la maladie du docteur Chanteau, mais le doyen ne put ou ne voulut point satisfaire A leur curiosité.Il était lui-même très inquiet, et de toute son Ame compatissante s’associait aux angoisses des dames Chanteau.Il espérait en un retour du docteur Chanteau A la foi chrétienne.L’abbé Tharot était trop vraiment prêtre pour ne pas ardemment désirer que le vieux médecin, s'il devait mourir, entrât dans l’éternité avec les pardons de l’Eglise.Il avait remis un voyage depuis longtemps projeté et n'osait sortir du presbytère dans la crainte qu’on ne le fit appeler en son absence.Le doyen avait fait prévenir le docteur Bravières qu’il se tenait prêt A ac- courir au premier appel.Chaque soir, l’abbé Tharot, comme il en avait l’habitude, récitait le chapelet avec son vicaire, mais, depuis que le docteur Chanteau était en danger, le curé ne manquait pas de dire avant le premier ave: “Abbé, nous allons réciter notre chapelet pour la guérison de ce pauvre M.Chanteau.” Parfois, le vicaire se prenait à penser : “Cette maladie, c’est pourtant l’accident ordinaire A >a faveur duquel les auteurs de.romans se tirent d’embarras, et qui sert A tout arranger! Mais le doyen n’y songe pas.Décidément, mon curé n’est pas romancier pour un sou!” Seule Mme Poncet envisageait avec calme la disparition du docteur Chanteau, mais elle «’acceptait pas cette éventualité avec la résignation qu’on eût pu croire.Le brusque départ du père de Françoise pour l’au-delà, s'il devait permettre à ses deux protégés de s'épouser, était vraiment un dénouement par trop banal à force d’être classique.Son tempérament romanesque, qui .se plaisait aux complications d’une intrigue amoureuse, la portait à désirer que cette petite histoire sentimentale où elle jouait un rôle A sa convenance, se prolongeât un peu: elle ne trouvait point son compte A une solution aussi peu intéressante, parce qu’en vérité trop simple et manifestement trop facile.Souvent, elle sc rendait chez Pierres Bravières pour avoir des nouvelles du docteur Chanteau.Vint un jour où la mère Moulinet lui répondit: “Oh! M.Bravières n'est pas ici, mais chez M.Chanteau! Depuis hier, il n’en bouge plus.C’c.st là que je vais le chercher lorsqu’on l’appelle en ville.Il vient A la maison aux heures des repas, déjeune à la va-vite, puis repart.Cette nuit, il n’est rentré qu’à deux heures du matin.” Elle disait vrai, la mère Moulinol: j le docteur Bravières ne “bougeait” (plus de la maison Chanteau.Dès ! qu’il était rentré de ses courses gn ville ou dans la campagne, Pierre | accourait.Depuis l’alerte qu’avait j causée aux dames Chanteau la syncope du malade, le jeune homme ! .souffrait de les savoir seules.11 ! pouvait, au reste, s’apercevoir, A son entrée dans la maison, qu’il était attendu, que Françoise et sa mère ne se sentaient un peu rassurées que lorsqu’il était là.S’il eût J voulu en douter, les affirmations répétées du docteur Daubois, qui jetait venu deux fois voir son ami ! Chanteau, ne lui eussent point per-|mi.s de s’illusionner.Il n’avait point, c’est vrai, à faire grand effort sur lui-même pour donner à son malade toutes ses heures libres, tl se .sentait porté, comme malgré lui, vers cette maison, vcr.s cette chambre de malade qu’enchantait une présence aimée.Lorsqu’il se trouvait loin, Pierre était inquiet, impatient, nerveux, et lorsqu’il y ren- trait, ses pensées l’avaient depuis longtemps devancé.Ce n’était pas, pourtant, que son malade fût particulièrement encourageant, ni qu’il lui prodiguât les témoignages de tendresse.Le docteur Chanteau parlait peu el répondait par phrases très brèves aux questions que lui posait le jeune homme.En dehors de ces entretiens obligés, toujours très courts, le vieux médecin ne semblait point s’apercevoir que son confrère fût là, auprès de lui.Jamais le père de Françoise ne prononçait un mot qui pouvait trahir sa pensée, d’où on serait en droit de conclure qu’il était revenu sur ses préventions, ou qu’au contraire, jl s’obstinait dans ses ressentiments.11 subissait les percussions, les auscultations, les interrogations, sans remercier, comme sans protester.Le docteur Chanteau tenait rigoureusement sa promesse, il laissait faire: “Que pense-t-il de moi?” se demandait souvent Pierre.La pneumonie suivait sa marche accoutumée, sans qu’un symptôme d’une complication vînt aggraver les inquiétudes du docteur Bravières, mais sans qu’aucun indice lui permit de supposer que la maladie, comme il arrive parfois, consentit à lâcher sa proie avant complète évolution, et sans avoir épuisé sa victime.Le danger de mort était toujours là, présent, et personne ne l’ignorait, ni les dames Chanteau, ni Pierre, ni le malade, mais il semblait que chacun d’eux s’efforçât de cacher son anxiété pour ne pas alarmes les autres.On était dans la seconde quinzaine de décembre.L’hiver, qui n’est jamais aimable, se montrait, cette année-là, singulièrement revêche el quinteux.Brenay .se morfondait sur sa colline.Après une journée de froid sec et de soleil clair, un ciel lourd de tristesse s’abaissait sur !a petite ville qu’il semblait vouloir écraser.Le vent se mettait à hurler, annonçant l’approche des tourmentes de neige, des niasses d'eau qui s’entassaient à l’horizon.Lorsque Pierre, après deux ou trois .heures de courses sur les routes gluantes, descendait de son auto, le corps tout trempé d’humidité, en dépit de la peau de chèvre qu'il (portait, il éprouvait un sentiment de joie physique en pénétrant dans la chambre du docteur Chanteau.A respirer l’air attiédi de cette pièce où Françoise et sa mère se tenaient assises, tout le jour, auprès de la cheminée.Comme si une longue habitude d’y venir lui eût rendu la maison familière, il avait rillu.sion d’un retour au logi.s, de se retrouver en famille: quand Mme Chanteau lui disait, à son entrée: “Docteur.vous devez être gelé, venez donc vous chauffer les pieds”, elle n’aurait pas eu d’autres inflexions de voix pour parler à son fils.(A suivre)
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