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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 25 septembre 1913
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1913-09-25, Collections de BAnQ.

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VOLUME IV—No.224 MONTREAL, JKUDI 25 SEPTEMBRE, 19B ABONNEMENTS Édition Quotidienne j CANADA ET ETATS-UNIS $8.00 UNION POSTALE.«6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.«1.00 ETATS-UNIS .«1.50 UNION POSTAUB» y ^ ^ a* ^2.00 LE DEVOIR Rédaction et Administration 2 le RUE SAINT-JACQUES MOJWPEAL., - TÉLÉPHONES : ADMINISTRA RÉDACTION 1 Main 7461 'dn 7460 Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ¦O L'ELECTION DE CHATEAUGUAY QUELQUES QUESTIONS A POSER II y a quatre sièges fédéraux vacants: Châteauguay, Middlescx-Est, Bruce-Sud et Lanark-Sud.Au lieu de faire toutes ces élections le même .jour, le gouvernement fixe celle de Châteauguay au 11 octobre, celle de Middlesex ad 21 et remet les deux autres à une date ultérieure.Le motif est facile à deviner.La circonscription de Châteauguay est libérale par une faible majorité.Celle de Middlesex est acquise d’emblée aux conservateurs.Le ministère en appelle d’abord aux électeurs de Châteauguay, afin que les échos des appels au jingoïsme, qui vont se multiplier dans le Middlesex, n’arrivent pas à leurs oreilles.On leur parlera le moins possible de marine et d’impérialisme; et l’on s’efforcera de les convaincre par des moyens énergiques, familiers à Bob Rogers.Le Sifton conservateur a fait une première descente dans le comté et ouvert l’écluse des subsides publics.Si les ministres l’emportent, ils crieront à tue-tête que la province de Québec approuve leur politique navale.S’ils sont défails, ils diront qu’il n’y a rien de changé dans la situation relative des partis, et ils couvriront immédiatement leur échec du prestige de la victoire facile de Middlesex.Ils tenteront ensuite fortune dans les deux autres circonscriptions.C’est ce genre de manipulation et de chantage électoral que M.Tel-lier voulait avec raison faire disparaître, lorsqu’il suggérait, à la législature provinciale, que les élections générales se fissent à date fixe et les élections particulières dans un délai déterminé par la loi.Je me borne, pour l’instant, à signaler le cynisme du procédé, afin de marquer nettement qu’à nos yeux il est aussi immoral, pratiqué par les bleus, qu’il l’était lorsque les rouges s’en servaient.* «• * «¦ Mais il y a quelque chose de plus important que la forme, c’esi le fond même de la consultation populaire que le gouvernement va tenter.Et puisque c’est dans le comté de Châteauguay que cette consultation se tient tout d’abord, il n’est pas indifférent de rechercher dans quelles conditions la lutte devrait s’y faire.La question qui prime toutes les autres, c’est celle de la participation du Canada aux guerres dp l’Angleterre.Elle se pose dans toutes les possessions britanniques avec une intensité toujours croissante.Au Canada, elle se présente pour l’instant sous la forme d’une double alternative: la contribution de trente-cinq millions, proposée par le ministère; et la construction de deux escadres, au coût probable de cent millions, suggérée par l’opposition.Ces deux politiques, nous l’avons prouvé maintes fois, aboutissent au même résultat: faire participer le Canada aux guerres de l’Empire, dont les causes, les mobiles et la direction échappent entièrement au contrôle du gouvernement et du peuple du Canada.Elles m’offrent donc aucune satisfaction aux nombreux Canadiens qui croient que le peuple du Royaume-Uni, maître absolu du gouvernement de l’Empire et de sa politique étrangère, devrait continuer à porter le poids de sa défense; que le Canada n’a d’autre devoir en celle matière que de pourvoir à la défense de son territoire; et que le gouvernement canadien devrait consacrer toutes les ressources du pays à son développement.Ce fut la politique traditionnelle et féconde des 'auteurs de la Confédération et celle des deux partis actuels jusqu’aux jours troublés de l'impérialisme.Ce n’est que depuis que nos ministres vont, à tour de rôle, chercher leurs inspirations et leur politique à Londres que ces projets de marines, d’armements et de contributions navales ont pris naissance et menacent d’entraver la croissance et la prospérité de notre jeune pays.* * * Y qura-t-il, dans le comté de Châteauguay, un candidat assez courageux, assez patriotique, assez clairvoyant, pour combattre de front la politique des deux partis et donner au vrai sentiment national l’occasion de s’affirmer?Ce m’est guère probable.Le résriltat n’aura donc aucune signification réelle et la réponse des électeurs n’offrisa aucune indication précise de l’opinion des électeurs sur tous les aspects de ce grave problème.Et surtout, le verdict populaire ne portera nullement sur le véritable conflit, qui se poursuit entre ceux qui veulent garder le Canada aux Canadiens et ceux qui veulent l’asservir à l’Empire.La seule vraie manière de connaître l’opinion du peuple serait de dégager le problème impérial des disputes de parti et de l’enehcvêtre-ment des multiples questions d’intérêt local ou secondaire.Seul, un plébiscite pourrait donner la solution en permettant aux électeurs de se pronomeer sur les trois aspects principaux de la question: marine “canadienne en temps de paix et impériale en temps de guerre”, contributions à la flotte impériale, et statu quo ou restriction des préparatifs militaires du Canada à la défense de son territoire.Les chefs des deux partis se sont constamment donné la main pour étouffer toute proposition de plébiscite, parce qu’ils savent que la majorité se prononcerait contre les deux politiques navales.Or, ils sont engagés, envers les autorités impériales et les intérêts financiers qui les dominent, à faire triompher l’une ou l’autre de.s deux politiques antinationales.* * S’ils sont laissés à eux-mêmes, les politiciens des deux partis me se borneront pas à éliminer de l’élection de Châteauguay le débat de fond entre la politique traditionnelle et les nouvelles doctrines impérialistes; ils s’efforceront également de rétrécir et de déguiser leurs projets d’armements et de contributions navales, et surtout d’em cacher la fin et les développements inévitables.Sans doute, les libéraux attaqueront violemment le vote de trente-cinq millions; mais ils parleront le moins possible de leurs deux escadres “construites, montées et commandées” par des Canadiens pour le salut de l’Empire.Quant aux ministériels, ils vont mettre en mouvement, sous la direction savante et vigoureuse de Bob Rogers, tout le mécanisme du patronage et de la corruption électorale.Seuls, les électeurs peuvent forcer les politiciens à sortir de leurs retranchements.S’ils m’ont pas l’avantage de se prononcer sur le fond même du débat, ils peuvent au moins exiger des déclarations catégoriques et des explications complètes des deux candidats*et des leaders des deux partis, qui iront réclamer leurs suffrages.C’est le droit et le devoir du peuple de connaître les pensées et les intentions véritables de ceux qui le représentent et le gouvernent.Meme si ces déclarations 'n’offt-ent aucune satisfaction aux adversaires des deux politiques navales, elles ne manqueront pas de fournir des données précieuses et des points de repère importants pour l’avenir.Car, comme bien l’on pense, la question ne sera pas réglée au lendemain de l’élection de Châteauguay.Les candidats et leurs chefs auraient mauvaise grâce à refuser de donner ces explications.Les ministériels ne sauraient prétexter, comme l’an dernier, qu’îl faut attendre, avant de condamner la politique du ministère, qu’elle ait été formulée.Les libéraux me peuvent sc retrancher derrière le même prétexte pour éluder la question, comme à Richelieu, ou fuir lâchement, comme à Hochelaga.* * * Naturellement, ce sont les ministres et leur candidat qu’il importe davantage de faire parler clairement, Ce sont eux qui gouvernent.Leur politique a plus de chances de prendre corps que celle de l’opposition.Le parti libéral, lui, a le temps de changer vingt fois de principes et d’attitude avant de reprendre le pouvoir.M.Bordem se doit à lui-même et aux électeurs de Châteauguay, comme au pays tout entier, de venir dissiper les nuages qui enveloppent son action future.Et il doit le faire assez tôt pour que les électeurs aient le.temps d’étudier ses projets.Se propose-t-il de saisir de nouveau le parlement de son projet de contribution?Le fera-t-il dans les mêmes termes et pour les mêmes motifs?Croit-il encore à l’urgence du “péril” qui menace l'Empire?Il disait, l’autre jour, à Halifax, que la concentration des flottes anglaises dans la mer du Nord constituait la meilleure preuve de la gravité et de l’urgence de la situation.Il a fait la même démonstration au parlement pour Justifier sa mesure d’urgence.Or, selon les dépêches venues hier d’Angleterre, l’Amirauté a décidé de “changer radicalement sa tactique navale” ci de dispenser de nouveau ses escadres.Si le raisonnement de M.Borden était juste, si In concentration des vaisseaux marquait l’évidence du danger, leur dispersion indique—et les mêmes dépêches le constatent — que le “péril allemand” est sensiblement diminué, sinon totalement disparu.Dans les circonstances, le premier ministre, qui a posé en principe que le gouvernement canadien doit s’en rapporter implicitement aux lumières et aux avis de l’Amirauté, va-t-il persister à voler quand même-au secours de l’Empire et à se dérober à son engagement îde semmettre au peuple “toute politique nouvelle” ayant pour objet de.faire participer le Canada à la défense générale de l’Empire?* * * Si toutefois M.Bordcn et ses collègues s'obstinent à établir une distinction réelle ou imaginaire entre une “mesure d’urgence” et une politique permanente, ne croient-ils pas que le moment est venu de faire enfin connaître au peuple du Canada — et en l’occurrence, aux électeurs de Châteauguay, — au moins les grandes lignes et les élémenïs principaux de cette politique permanente?Se proposent-ils de faire abroger la Loi navale votéefen 19(10, ainsi qu’ils s’y sont engagés, les uns formellement et les autres 'implicitement?La presse anglaise a annoncé, comme chose décidée, que le premier ministre, au lieu de convoquer le parlement canadien, irait à Londres dans quelques semaines, afin de délibérer de nouveau avec les ministres impériaux et les représentants des autres colonies.L’un des objets de cette délibération est précisément de chercher à combiner les deux politiques navales entre lesquelles les électeurs de Châteauguay sont (appelés à exercer leur choix.Ils ont assurément le droit de connaîtra si M.Borden est prêt à favoriser cette combinaison, ou si, au contraine, il repoussera toute tentative de conciliation, même si les autorités anglaises le priaient de faire cesser le conflit entre les deux partis, au Canada, et le désaccord entre la politique adoptée par l’Australie et celle que*pré>-conise le gouvernement canadien.A la même conférence, on discutera l’opportunité d’accepter des contributions des diverses principautés et gouvernements de l’Inde.Cette question entraînera nécessairement la discussion du problème de l’émigration des Indous dans les colonies blanches.M.Borden est-il décidé à ouvrir ou à fermer la porte du Canada aux sujets britanniques de couleur?Voilà des questions auxquelles il serait fort opportun que le chef du gouvernement donnât des réponses précises avant de solliciter des électeurs de Châteauguay et de Middlesex des-suffrages qu’il interprétera comme une approbation de la politique ministérielle.En dehors du problème de la défense de l’Empire, il y a aussi quelques questions d’intérêt vital pour le Canada, sur lesquelles il serait également à propos que le ministère fit connaître ses intentions.Un jour ou l’autre, je suppose, le parlement canadien se décidera à laisser le parlement anglais s’occuper des affaires de l’Angleterre et il accordera quelque attention aux choses du Canada.Ne serait-il pas temps que les ministres adoptassent des mesures pour réglementer beaucoup plus sévèrement l’immigration étrangère qui menace de dénationaliser à brève échéance le caractère, les moeurs et les institutions du pays?Et le canal de la Baie Géorgienne?Le ministère a-t-il résolu d’entreprendre et de pousser vigoureusement cette oeuvre gigantesque, infiniment plus urgente pour l’unité économique et nationale du Canada que trois vaisseaux de plus pour “sauver l’Empire”?Va-t-il au contraire céder aux objections aussi égoïstes que peu intelligentes d’une faction mercantile de Toronto, qui soutient fort sottement que cette nouvelle artère commerciale ferait tort à ses opérations?Il y aurait bien d’autres questions à poser aux ministres et à leurs candidats.J’indique celles-ci à la hâte, parce qu’elles s’imposent à l’attention immédiate du peuple canadien.Il y a assurément, dans le comté de Châteauguay, quelques électeurs assez libres du joug des partis pour interroger ministres et candidats et les empêcher tj’escamoter les suffrages du peuple de telle sorte qu’ils puissent en faire “des choux et des raves”, une fois l’élection gagnée.Henri BOURASSA.LETTRE DE FRANCE La défense laique.La reprise des relations avec Rome.— Vers un nouveau Concordat ?Le silence du “Star” Je sais plus d’un lecteur du Star qui a dû, hier soir, éprouver une amère déception.Le Star, nul ne l’ignore, est le gardien-né de l’Empire,' son sauveur officiel; il est pareillement le grand commenlateur des actes et décrets de l’Amirauté britannique.Or, l’Amirauté vient de prendre une décision d’importance exceptionnelle, et le Star cependant n’en soufflait mot dans ses colonnes de rédaction, presque monopolisées pourtant, depuis des années, par les questions impériales.Serait-ce que cette décision ruine par la base l’un des principaux arguments du Star?Parce que l’Amirauté concentrait la majeure partie de ses forces dans les eaux britanniques et la mer du Nord, le Star en concluait que l’Empire était menacé dans ses parties vitales.Il dressait chaque jour devant ses lecteurs, amusés ou épouvantés, le spectre du “péril allemand”.Or, l’Amirauté vient d’envoyer dans la Méditerranée une forte partie de ses forces et de détacher vers les Bermudes une autre escadre.Si l’argument du Star valait quelque chose il y a trois ou six mois, il faut conclure de celte décision que le “péril allemand” n’est plus chose menaçante ou peut-être, comme le dit la Gazette, qu’il ne le fût jamais.Et cela dérange singulièrement les calculs du Star.Au fond, son silence est peut-être aussi éloquent que ses articles.0.H.—- — i m - Le français aux Postes Le ministère des Postes distribue, comme chacun sait, des carnets de timbres fort utiles.La couverture de ces carnets porte toute une série d’indications, très intéressantes, sur le tarif postal.Mais pourquoi ces indications ne sont-elles publiées qu’en anglais ?Le ministère des Postes, qui vient de sanctionner par la publication de cartes postales bilingues l’égalité pratique des deux langues, devrait tout de suite faire disparaître cette anomalie.Du reste, il ne s’agit pas simplement d’une question de principe.Il est extrêmement utile, et de l’utilité la plus immédiate, que le plus grand nombre possible de citoyens puissent lire les indications que portent ces carnets.“ Visions Gaspésionnes” Nous avons le plaisir d'annoncer que les Visions Gaspêsicnncs, le prochain livre de Mlle Blanche Lamontagne, paraîtra d’ici quelques jours, avec une préface de iM.Adjutor Ri-vand.BILLET DU SOIR.LE PETIT JUPON Le Bulgare s’en va, le Bulgare est parti.Longtemps il a tenu le haut du pavé et déjà son nom s’efface de la mémoire, des hommes.On ne parlait pourtant que de lui : Foemina en avait à pleines colonnes ; le Miroir des Modes en débordait et tous les étalages des bou-liques de nouveautés ne nous montraient qu’étoffes bulgares, ceintures bulgares, broderies bulgares, etc.Il n’y a pas jusqu’au “burlesque" américain qui ne se soit ressenti de la crise balkanique et qui n’ait pas servi à son public émoustillè un solide mollet bulgare.Le mollet “dutch” en est même devenu tout blême de dépit, sous sa petite enveloppe de soie transparente.Aujourd’hui que le vent de la faveur est changé, le tour est à la Grèce, la vogue est à l'Hellade, la mode s’empare du pays d’Homère, de Phi.dias et de Calopoulos, le restaurateur du coin.Le grec, ma chère, tout comme le lapin russe, sera très porté cet hiver.Dans les cercles philosophiques de la rue Sherbrooke, où ils abondent comme chacun sait, il sera de bon ton d’être pythagoricien ou socratique.Seul, Godfroy Langlois restera ré-fraclairc à cet engouement et continuera de tomber les auteurs grecs, au grand désespoir des potaches condamnés, dans nos collèges, à traduire les Phüippiques.Nos intellectuels de la PETITE EGLISE se feront un courte PRIERE SUR L’ACROPOLE, à leur niveau, et qu’ils réciteront tous les soirs devant une miniature du grassouillet Renan, Rue Sainte-Catherine, dans l’ouest, les élégantes promèneront les toilettes chères aux Athéniennes, et les hommes, au bal, à l’opéra ou au par.lement, ah ! les hommes.On ne sait pas encore ; tout dépendra de la crânerie d’un seul qui saura oser.Sévigny, interroge au procès Lavergne vs la Patrie, s’est modestement refusé à lancer la mode nouvelle.Jos.Rienvil, qui possède dans son bureau deux portraits de Laurier et pas un seul de Borden pour qui il vote constamment, est à étudier la question.Je ne crois pas qu’on puisse compter dessus : s’il accepte, au dernier moment il dira le contraire, par force d’habitude.La question est embarrassante.Qui lancera le petit jupon blanc plissé, des montagnards grecs, qui sc porte sorts l'habit à queue et par-dessus le pantalon noir ?Allons, Bruno Nantel, si vous voulez conserver votre titre d’arbitre des élégances, vite, END0SSE7.-LE comme Blouin ta culotte de l'ouvrier, et ne vous laissez pas siffler l’honneur d’etre le premier à arborer le petit jupon blanc, si blanc et si bien plissé !.SAINT-YVES.Une campagne de Lloyd Georges Les dépêches de Londres réfèrent souvent à la campagne que Lloyd Georges doit entreprendre contre le système actuel de tenure des terres en Angleterre.H y a déjà longtemps que le chancelier de l’Echiquier a annoncé son intention d’aborder résolument le sujet.Et les conclusions de la commission qui vient de l’étudier serviront sans doute au réformateur anglais.On affirme que 710 personnes possèdent le quart des terres en Angleterre, 70 personnes, la moitié de celles de 1 Ecosse et un trentième de un pour cent de la population, les deux tiers des terres du Royaume-Uni.Lloyd Georges est l’ennemi de ce système tandis que le premier ministre Asquith passe pour lui être plutôt favorable, avec certaines modifications.Dans ces conditions, la campagne du chancelier de l’Echiquier peut être intéressante.Il est certain que la question préoccupe les hommes d’Etat anglais depuis plusieurs années.Il y a déjà trente ans qpe Gladstone croyait lui donner une solution satisfaisante en protégeant l’occupant contre 1 éviction.En 1908, on autorisait aussi les conseils de comté à acquérir ou louer dos terres pour revendre ou sous-louer.Cette législation a eu un certain résultat mais son défaut, dans l’opinion de Lloyd Georges, est de perpétuer la grande propriété.Lloyd Georges, lui, veut le fractionnement au profit de la masse.La dépopulation des campagnes est générale dans tous les pays mais en Angleterre plus qu’ailleuns et il ne manque pas d’observateurs qui l’attribuent au système anglais qui empêche, les occupants d% devenir propriétaires.Il y a évidemment du Pour et du contre mais on ne peut se cacher que la tendance générale est à la possession du sol par ceux qui le font produire, et que l’impossibilité de satisfaire cette tendance doit compter pour beaucoup dans le mouvement de la population rurale d’Angleterre vers les pays neufs.Le désir de .posséder .est du reste bien humain et pour peu que que le projet de Lloyd Georges soit raisonnable on peut être sûr qu’il séduira le peuple anglais.Mais qu’arrivera-t-il si le chancelier de l’Echiquier veut briser radicalement le système actuel?La commission Qui a fait enquête sur la tenure des terres ne conclut pas dans son sens.Elle recommande plutôt d’élargir le système établi par Gladstone.Et tout en se prononçant en faveur de l’achat par celui qui a suffisamment d’argent pour payer, elle condamne le système d’achat subventionné par l’Etat.Elle donne pour raison que le petit propriétaire s’endettera infailliblement et tombera aux mains du prêteur d’argent.C’est un peu l’argument des unionistes.Il est douteux que Lloyd Georges se contente de ce raisonnement.G.DALLAIRE.Sur le Pont d'Avignon.La Patrie annonce que les conservateurs veulent laisser aux libéraux de Châteauguay “la plus entière liberté de choisir leur candidat”.Non, mais sont-ils assez bons princes, messieurs les ministériels ! * * * On annonce que M.Dubois, marchand de Saint-Jean Chrysostôme, se présentera comme candidat conservateur dans Châteauguay avec l’appui de M.Hospice Desrosiers qui fut élu dans le même comté, il y a quelques années.M.Dubois a, paraît-il, déclaré qu’il restera sur les rangs, quel que soit le choix de la cenvention qui sc tient aujourd'hui.Les ennuis de M.Rogers commencent.* * *:¦ L’Evénement se demande si “l’élément perfide” — les nationalistes naturellement — mettra un candidat dans Châteauguay.LEvénement voit d’un bien autre oeil les candidatures nationalistes maintenant que l’amour de la crèche oblige la plupart de ses chefs de se battre.# * * Certains journaux de Londres et même quelques-uns du Canada déclarent que la population de l’Ulster est parfaitement justifiable de se révolter contre le home raie.Parleraient-ils de même si les Irlandais nationalistes se révoltaient contre l’UIster ou l'Angleterre ?* * * Progressistes et Républicains travaillent à se réconcilier aux Etats-Unis dans le but de reprendre le pouvoir.Roosevelt serait leur candidat aux prochaines élections.Si l’accord dure et que.d’autre part, le président Wilson réussisse à tenir son parti uni, la prochaine bataille électorale chez nos voisins ne manquera pas d’intérêt.* * * L’année anglaise compte un bon nombre d’Irlandais nationalistes parmi scs officiers et soldats.On imagine ce qu’ils doivent penser du concours que certains généraux anglais sc disent prêts à donner pour les empêcher d’obtenir l’autonomie de leur pays.Le fanatisme orangiste prépare peut-être de cruelles déceptions à l’Angleterre.Le Veilleur.Paris, le 12 septembre 1913.Nous sommes encore en pleines vacances, le Président de la République se livre, comme les simples citoyens, aux douceurs dû tourisme automobile, les grandes manoeuvres militaires se déroulent avec leur habituel succès d’intérêt auprès de la foule, lout est calme et les journaux ne s’occupent guère de la question financière dont les énormes plus values dans les recettes des derniers mois atténuent l’acuité.Aussi ne sommes-nous pas étonnés que les politiciens de gauche renouvellent le débat sur la question religieuse.C’est M.Glémenceau qui l’a institué.M.Clemenceau a soutenu le gouvernement dans le vote des mesures de défense nationale, mais il n’a pas pardonné à M.Poincaré d’avoir été élu président de la République et il poursuit ses ministres d’une haine féroce: toute occasion lui est bonne de leur marquer son animadversion et nul d’entre eux n’échappe à ces traits acérés.M.Glémenceau donc s’est avisé que des négociations secrètes devaient être engagées entre le gouvernement de la République et le Vatican.De là à crier à la trahison pour M.Glémenceau il n’y avait qu’un pas.Sa conviction sans doute n’était pas très arrêtée, mais, encore une fois, il s’agit là pour lui d’un moyen de combat el il utilise la seule arme qu’il ait pu trouver.Encore arrive-t-il cette singulière aventure que les seules tentatives sérieuses de conversation entre Route et Paris ont eu lieu voici deux ans, sous le ministère Monis et Gail-laux (MM.Cruppi et de 'Selves étant ministres des affaires étrangères) et que le ministère Poincaré les a interrompues.Naturellement, les journaux radicaux et radicaux-socialistes se sont ; associés à l’initiative de M, Ciémen-ceau, ils ont publié de longs articles sur “l’indépendance de la France laïque”, ils ont sommé le gouvernement de s’abstenir de tout geste qui paraît impliquer un rapprochement avec le Saint-Siège et ils ont profité de l’occasion pour assigner à leurs amis politiques le devoir d’une vigoureuse campagne anticléricale en vue des élections générales de mai prochain.Ils ont trouvé un appui auprès de l’acadé- L’OPINION DES AUTRES LE FRUIT DES COMPROMIS “Le docteur Pyne commence à recueillir les fruits de son compromis.En faisant une concession il a encouru l’antipathie de ceux qui s’opposent à l’extension du privilège bilingue.En ne faisant qu’une concession il m’a pas obtenu l'approbation des Canadiens-français qui désirent ce privilège et qui ne voient dans le changement qu’un moyen d’éluder la question.Et ce n’est pas la fin.” — Citizen, Ottawa.BONNE SUGGESTION “Un congrès des chambres de commerce de l’Ouest canadien tenu récemment à Winnipeg s’est prononcé en faveur de l’organisation de chambres de commerce provinciales dont les délégués constitueraient une chambre de commerce nationale.C’est une proposition intéressante et importante.Il semble très désirable qu’en matière du ressort des chambres de commerce il y ait plus d’entente entre les différentes organisations de ce genre.La création d’une chambre de commerce nationale assurerait peut-être la permanence de bonnes i dations entre l’Est et l'Ouest do Canada.Et à cette période du développement général du pays tout ce qui peut tendre à ce but esl certainement désirable.”—Albertan, Calvary.L’AUTONOMIE AUSTRALIENNE “L’Australie possède certainement l’autonomie d’une façon plus complète que le Canada.Cela apparaît de deux façons, la première louche la procédure respective de chaque pays concernant les amendements à sa constitution.Il est vrai que dans chaque cas la constitution — celle du Canada qui date de 1867 et celle de l’Australie datant de 1901 — est contenue dans un acte du parlement impérial et théoriquement, la constitution de l’un comme de l’autre peut être amendée par le parlement impérial.Mais dans le cas du Canada le pouvoir, de modifier la constitution doit être sollicité presque comme une faveur, du parlement impérial.Dans le cas de l’Australie c’est bien différent.Là, la constitution peut être amendée sans référer au parlement impérial.Plusieurs des clauses de la constitution australienne disent expressément qu’elles ne vaudront que jusqu’à ce mie le parlement australien en décide aulrc-ment.D’autres clauses peuvent être amendées par l'action conjointe du parlement et du peuple, en la manière spécialement prévue par l’Acte constitutionnel.Un amendement de ce genre peut être proposé par l’une ou l’autre des chambres; et si les deux chambres donnent une majorité absolue, en sa faveur ou si une chambre l’approuve à deux reprises en un intervalle de trois mois, il est alors soumis au vote de l’électorat et si la majorité de celui-ci dans la majorité des Etats l'approuve, cet amendement micien Anatole France qui a adresse aux organisateurs du congrèl dés jeunesses laïques une lettre ridicule, les adjurant de protester contre toute reprise des relations diplomatiques avec Rome.Pour tout homme de bon sens, il apparaît bien que cette agitation bruyante est parfaitement ridicule: il faut être inintelligent ou de mauvaise foi pour prétendre qu’un» conversalion avec le Vatican constitue un danger pour un pays quelconque, si “laïque” qu’on le suppose.L’attitude des Etats hérétiques et schismatiques à l’égard du Saint-Siège est.A cet égard, significative.En réalité, la grande colère de M, Glémenceau et de ceux qui foni chorus avec lui provient de deux sources: d’abord, comme je vous l’indiquais, du désir politique de créer des embarras à un ministre détesté, ensuite, de l’irritation qu’engendre la conviction où so trouvent les radicaux et radicaux-socialistes d’avoir commis une très lourde faute, d’avoir brisé les relations avec le Vatican.* * * Il arrive là ce qui est arrivé pour la loi militaire.Dans un but électoral, les radicaux avaient en 1905 compromis la défense nationale en réduisant, sans aucune mesure pour la constitution de cadres solides, la durée du service militaire dans toutes les armes à deux années seulement.Vous savez combien ils ont dû corriger, cette année, leur erreur, et nous nous souvenons qu’un de.s grands arguments de.s adversaires de la loi de 3 ans était celui-ci: “Nous ne pouvons pas avoir l’air de mous être trompés en 1905.” De même ayant rompu brutalement et follement avec le Vatican, ils ne veulent pas avoir l’air de s’être trompés, et ils s’irritent parce qu’ils sentent la nécessité, de réparer la lourde faute commise.• Sur la portée de l’erreur, ne ns none en effet n’a plus aujourd’hui le moindre doute.Les faits sont là qui enseignent que l’intérêt national ds la France lui commande d’apparaître en Orient, et même en Extrême-Orient, comme la protectrice de.s catholiques.Mais de quelle manière les protéger sans causer aveo Rome?Les événements des Balkans, en faisant passer un certain (.Suite de la première page) devient partie de la constitution.” ;— Politicos, dans le Star, Toronto.LE COMMERCÉ ET LA PAIX “Les terreurs du péril allemand s'évadent tellement que l’auteur anglais du mélodrame décrivant les horreurs de l’invasion étrangère devrait éprouver le besoin de faire des excuses.Le dernier indice de la disparition du fantôme jusqu’à ce qurune occasion plus favorable se présente se trouve dans le projet qu’on prépare actuellement à Berlin pour réglementer le commerce entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne durant l’année 1914.En résumé l’Allemagne donne à l’Angleterre et à ses colonies le traitement des nations les plus favorisées.La publication des statistiques du commerce entre les deux .pays, préparées à l’occasion de ce projet, jettent beaucoup de lumière sur l’influence du commerce au point de vue de la paix européenne.L’Allemagne a importé d’Angleterre pour une valeur de $210,000,000 celte année, tandis qu’elle a vendu à sa prétendue rivale militaire pour une valeur de près de $300,-000,000.En face de,ces chiffres, la compagnie Krupp elle-même éprouvera de la difficulté à persuader l’Allemand solide et pratique que John Bull n’est pas un compagnon qu’il est bon d’avoir comme ami et associé.” — Citizen, Ottawa.FUTURES ALLIANCES “La Bulgarie n’est pas La seule puissance qui fasse de visibles avances aux Turcs; la Grèce a, de son côté, le souci d’empêcher un rapprochement bulgaro-turc qui lui porterait ombrage et d’attirer à elle a nation ottomane.“Je ne serais pas surpris, toutefois, que Bulgares et Grecs fussent finalement éconduits en faveur de la Serbie.Il sera difficile, en effet, à la Porte de sc fier à la sincérité de l’amitié bulgare, tant qu’Andri-nople restera aux mains des Turcs: d’autre part, avec les points d’appui que lui assureront ses nouvelles frontières maritimes et la possession des îles de la mer Egée, la Grèce est appelée à devenir 1© plus redoutable adversaire de la puissance ottomane.“Or, de semblables défiances n’existent pas à Constantinople contre la Serbie.La Turquie, au contraire, a tout intérêt à garantir à la Serbie ses possessions actuelles en Macédoine contre les éventuelles tentatives de la’Bulgarie qui, si elle, reprenait quelque jour les territoires qu’elle convoitait et qu’elle croyait obtenir en Macédoine, se renforcerait au détriment de la Turquie.Il est également dans l'intérêt de l’empire ottoman de protéger les Serbes contre une attacme du côté grec qui sc produira fatalement si la Serbie, comme il est â prévoir, cherche un accès vers la mer Egée.Aussi bien un© alliance serbo-turque n'est-elle pas impossible el peut-être alors — mais plus tard —¦ y admettra-t-on la Bulgarie, nu cas où un groupement gréco-roumain se réaliserait, ainsi que le souhaite l’Allemagne.” — René d’Arnl, le Gaulois, Pari*» , ' LE DEVOIR, MONTREAL, JEUDI, 25 SEPTEMBRE 1913 VOL.IV.— No.224 Lettre de France (.Siiile à la 'le page) nombre dVtabti.ssern«nUi français sous la loi serbe ou la ft»i Kreci|iie •— moins favorables que le régime turc des “capilulaüons” — exigent également une entente avec Rome dans l’Eglise où ils ne sont que des occupants?(lent questions ainsi sc présentent qui sont réglées par espèces et, provisoirement, grâce à la bonne volonté générale et aux interprétations très larges du Conseil d'Ivlat, mais qui, de fait, ne sont pa.s prévues par la loi."Il faut une loi nouvelle”, disent L'IMMEUBLE cisme et disposés à prendre en toute circonstance la défense do nos missionnaires.On parle même de la reconstitution en France, par une singulière dérogation aux lois proscriptrices de 1901, de certains noviciats destinés à faciliter le recrutement des congrégations vouées à l’évangélisation des terres lointaines.Je ne prétends pas que l’irréligion officielle soit, de ce fait, atténuée le moins du monde.Nous avons d’ailleurs en ee moment même de tristes preuves qu’elle ne l’est pas: le Président de la République en voyage dans U centre de la France a accepté un banquet dans une chapelle volée aux Ur.suli-pes, et brutalement, A Paris et à ^Toulon, on vient de fermer d’importantes éroles libres.Tout au plus pourrait-on noter ee changement qu’au lieu de forger des lois nouvelles, on se borne à appliquer les lois existantes.Mais il est malheureusement certain que la génération des proscripteurs officiels fait place seulement à une génération de négateurs: ceux-ci détestent moins le catholicisme, mais ils font profession de l’ignorer et violent, insensibles, toutes ses lois et toutes se.s délicatesses.Aussi n’attribué-je pas et ne faut-il pas attribuer à une pensée de réparation ou de repentir l’évolution (pie l’on peut constater dans les sphères officielles! Il arrive .seulement que nous sommes en présence de gens de plus d'intelligence et de sang-froid.!M.Combes et ses compagnons de bataille étaient des sectaires bornés, aveugles, qui ont oublié le vieux proverbe: “La colère est mauvaise con.sieillère”; dans leur emportement ils ont fait des sottises, leurs successeurs rêvent de réparer ces sottises, non pas dans une pensée d’équité envers l’Eglise, mais dans le dessein d'améliorer la situation de l'Etat.* * * Le fait est vrai pour la reprise des négociations,avec le Vatican.Il l’est également piour ce qui concerne le règlement définitif de l'Eglise en France.Je dis “le règlement définitif”, jrar il n’y a rien de moins définitif Jque la loi de 1905 sur la séparation, et la loi de 1907 sur l’occupa-Jion des édifices du caille.Celle-ci^ >l’après son auteur, M.Briand, avait gin caractère provisoire, on U* eon-Jçoit aisément.Qu’est-ee que la situation du prêtre “occupant” l’E- Î;lise à titre précaire, sans y avoir héoriquement même les droits d’un (locataire et ne pouvant cependant être expulsé’?Comment les comimi-,lics propriétaires des églises et de i leur mobilier peuvent-elles être tenues de les enlt rte tenir?Qui juge eti ,(dernier ressort de la nécessité des ir,avaux?Quelle est la conséquence de f’mtroduction* par les prêtres ou par les fidèles d'objets mobiliers Au Maroc, de même façon, l’auiuô- J env'’ lJfirl's:ar * a(C
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