Le devoir, 18 juin 1913, mercredi 18 juin 1913
VOLUME IV—No.140 MONTREAL, MERCREDI 18 JUIN, ivu UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : % Edition Quotidienne ; CANADA ET ETATS-UNIS .93 00 ÜNION POSTALE Edition Hebdomadaire : •••••••• 8*1.00 1 $1.50 , »2.00 CANADA ETATS-UNIS .UNION POSTALE Rédaction et Administration i 71a RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEF ^ NES : ADM.Direcfteur : HENRI BOURASSA REDAl ' FAIS CE QUE DOIS / ATI ON : Mû 74M Main 7460 ¦G _ L’ESPRIT DE PARTI ET LES ENQUÊTES PARLEMENTAIRES L’EXEMPLE ANGLAIS Un député de 1 Ouest, né en Angleterre, nous disait récemment : The curse ou this country is that you arc conducting politics on to strong party lines.Party lines are well defined in England to bat public opinion do not allow parlies to go as far as both parties are going here on certain matters.” ‘Le mal de ce pays, c’est que l’esprit de parti est poussé à l'extrême.Un Angleterre Je*; dénonciations de parti sont très nettes aussi, mais l’opinion publique ne permet pas aux partis de pousser les choses à l’extrême comme vous le faites ici sur certaine»; questions.” —e British Whig, de Kingston, fait les mêmes réflexions à propos des divergences d’opinion provoquées au sein du parti libéral anglais par le rapport de la commission parlementaire d'enquête sur les relations de MM.Isaacs et Lloyd George avec les compagnies accesso'res du syndicat Marconi pendant que celui-ci négociait avec le gouvernement.La commission exonère complètement les ministres et, en fait, il ne parait pas que ceux-ci aient réellement bénéficié personnellement des avantages que le syndicat sollicitait du gouvernement dont ils font partie.Mais ils se sont exposés au soupçon, ils ont commis une imprudence et grand nombre de libéraux trouvent que la commission devait au moins mêler une certaine critique à ses conclusions.“La Nation, organe libéral, continue Je Whig, interprète l’opinion de plusieurs partisans lorsqu'elle dit que sir Rufuus Isaacs devrait démissionner et que Lloyd George devrait manifester quelque regret d’avoir pris part à ces transactions.Les libéraux d’esprit indépendant n’aiment pas beaucoup le blanchissage des ministres impliqués dans l’affaire.Ils croient qu’on aurait dû mêler aux conclusions du rapport quelques critiques assez sévères et ils ont sans doute raison.” Puis le Whig compare cette indépendance à la servilité qui existe au Canada et qui fait que quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent les partis exonèrent leurs accusés, quelle que «oit la preuve.Le Whig est sans doute heureux d’offrir l’exemple des libéraux anglais en contraste à l’attitude du gouvernement Whitney qui n’a pas donné toute la latitude désirable à M.Prodfoot, l’accusateur de M.Hanna, et il est fort possible qu’il sérail plus discret si ses amis politiques d’ici devaient on souffrir.N’empêche qu’en principe, il a raison.L’esprit de parti est poussé à un tel point au Canada que les enquêtes parlementaires sont devenues une farce.M.Carvell, député de Carleton, qui fut le plus zélé protecteur de tous les accusés libéraux sous le régime Laurier, disait lui-même au cours de la dernière Session, qu’elles ne valaient que par la preuve faite et non pas les conclusions de ses membres.Et r’esl peut-être pour cela que M.Carvell s’employait tant à étouffer toute preuve dangereuse pour ses amis.Quoi qu’il en soit, le conseil du Whig est sage: en matière de parti nous y gagnerions à suivre l'exemple que nous donne l’Angleterre, et è c suivre au pouvoir comme dans l'opposition.Hans l’opposition, l'indépendance est évidemment plus facile puisque toutes les oppositions ?n font plus ou moins preuve on certaines circonstances.Pourquoi ce qu’on regardail comme une preuve de .supériorité de caractère devient-il si difficile et si mal noté au pouvoir?C’est ce que nous ne comprenons pas.Est-ce qu’il n’y a pas de gouvernement possible sans discipline?C’est ce que prétendent les chefs et les whips.Mais l’exemple rie l'Angleterre est là pour démontrer le contraire.Pourquoi le même système de gouvernement n’endurerait-il pas la même critique dans les .’olonies que dans la mère-patrie?Jean DUMONT.Elgin et Pope L’une des choses qui paraissent le plus étonner certains anglicisa-teurs, c’cst qu’on leur dise sérieusement que la présence des Canadiens-français dans ce pays est la plus sûre garantis du maintien du lien britannique et de l’unité canadienne.S’ils connaissaient quelque peu leur histoire et s’ils voulaient pendant cinq minutes réfléchir, ils constateraient bientôt que l’assertion est d’une absolue exactitude.La justesse en a du reste été reconnue par des Anglais très distingués.M.Chicoyne, l’ancien député de Wolfe, me contait qu'il avait un jour demandé à M.John Henry Pope, l’ancien ministre des chemins de fer, pourquoi il favorisait rétablissement des Canadiens-français dans les cantons de l’Est.—C’est extrêmement simple, lui répondit le vieil Anglais.Nous n’avons nas de frontière naturelle.Si, tic notre côté de la ligne imaginaire Tu! divise îc Canada des Etats-tteis.nous plaçons des gens qui ont la même langue, la même religion r?les mêmes moeurs que ceux de l’autre côté, ils auront bientôt fait de penser et de sentir comme eux.L’influence américaine déferlera mr notre propre territoire et domi-îcra bientôt tout le voisinage.Tan-lis que si, face aux Américains, mus plaçons des gens qui ne parent pas la même langue, qui ne I Les autos et le plébiscite Le vote populaire a décidé hier, dans THe du Prince-Edouard, de cette question longuement débattue dans la plus petite province de notre Confédération, de savoir si les automobiles seront admises à circuler dans les routes.On .sait que par une loi de la législature, les voitures à essence oc peuvent traverser le détroit de Northumberland pour aller rouler à travers l’He.Celle loi prohibilive avait été votée par un gouvernement libéral, et le parti conservateur qui est actuellement au pouvoir se trouvait dans une position assez difficile par son effet.Hans les villes de Charlottetown, de Summerside, de Souris de Ti-gnish, on réclame à grands cris le rejet des statuts d’un texte qui, dil-on, fait de ITle, la risée du continent.Le rappel de cette loi ne manquerait pas d’amener dans l’He de nombreux touristes à qui
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