Le devoir, 25 mars 1913, mardi 25 mars 1913
VOLUME IV—No.69 MONTREAL, MARDI 25 MARS, i9U UN SOU LE NUMERO.ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 ÜNION POSTAXE $6.00 Edition Hebdomad lire : CANADA.« .$1.00 ETATS-UNIS • • * m • $1.50 UNION POSTALE * « * » «2.00 DEVOIR Rédaction et Administration i 71a RUE SAINT-JACQUE3 MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: REDACTION; Main 7s 7461 ?Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS I LE SECOND MANIFESTE Que devient l’urgence ?— Est-ce une offre de compromis ?Le ministère et l’opposition continuent d’échanger des manifestes.Les agences télégraphiques nous apportent, ce matin, le document ministériel No 2.Il ne manque pas d’intérêt: sur une couple de points, il atteint l’opposition en pleine chair; sur une couple d’autres, il ruine la position jusqu’ici prise par le gouvernement.Ce dernier effet n’était probablement pas cherché, il est tout de même magnifiquement réalisé.Notons d’abord les deux bottes portées à l’opposition.Le manifeste rappelle, et ce rappel a son importance, qu’à trois reprises au moins, pendant la campagne de 1911, M.Fisher, (que l’on tient en grande partie responsable de la lutte actuelle), s’est prononcé en faveur de la modification des règles de la Chambre.Le manifeste retourne également le fer dans la plaie de M.Laurier en répétant que lui et ses collègues ont déjà approuvé la proposition de prendre dans le trésor canadien une somme de $35,000,000 pour ‘‘augmenter immédiatement les forces navales effectives de l’Empire".Par ce vote, l’opposition acceptait le principe de l’utilisation pour une fin extérieure, et non prévue par la constitution du Canada, de l’argent du peuple canadien; elle acceptait même le chiffré de la dépense fixé par le ministère; elle lui remettait ainsi une arme dont il ne pouvait manquer de se servir et qu’il utilise toujours avec effet.• * « Mais, d’autre part, sur quoi le gouvernement basait-il surtout la défense de sa politique?Sur l’urgence du péril cù, à son avis, se trouvait l’Empire; sur la nécessité de placer dans la mer du Nord — point particulièrement menacé — les dreadnoughts canadiens; sur le fait que la présente contribution étant simplement accidentelle et ne comportant aucun caractère de permanence, il n’était pas besoin de la soumettre au peuple pour ratification.Or, que devient ]e plaidoyer d’urgence quand le manifeste dit en propres termes: “Si les contrats de construction des trois navires sont donnés avec le maximum de célérité, ces navires ne seront pas prêts à prendre la mer avant l’élection générale prochaine?” Que resle-t-il de l’argument dit de la mer du Nord quand ce même manifeste a le soin de préciser que la disposition définitive des navires ,.— envoi dans la mer du Nord ou rétention dans les eaux américaines — pourra être réglée dans la prochaine campagne électorale?Quel est le ministériel intelligent et honnête qui oserait désormais soutenir que la politique de M.Borden ne comporte aucun caractère de permanence, quand le manifeste précise que les navires pourront servir de noyau à une flotte locale?Et que devient, devant cet aveu, la fameuse distinction entre la politique permanente et la politique d’urgence?A y regarder d’un peu près, ce manifeste paraît eneore plus dangereux pour le gouvernement que pour l’opposition.Mais l’on peut se demander si, sous les apparences combatives, il n’y q pas là une simple offre de compromis.Ce ne doit pas être pour le simple plaisir de la chose que M.Borden s’efforce de réduire au minimum la différence entre sa politique et celle de ses adversaires; ce ne doit pas être sans un dessein particulier qu’il entreprend fie prouver que l’une n’empêche l’autre, que le plan dont il propose aujourd’hui l’adoption pourrait même servir de préface à celui de ses adversaires.Lisez, en effet, avec quelque attention, la partie maîtresse de son manifeste et vous verrez qu’elle peut se résumer ainsi: Mais pourquoi nous chicanons-nous?Vous avez accepté comme nous ce principe que le Canada doit contribuer à ‘‘augmenter immédiatement les forces navales effectives de l'Empire’’; vous avez accepté le vote des $35,000,000: nous ne différons que sur la façon de dépenser ces millions, et encore la divergence est-elle si peu considérable que notre plan pourrait indifféremment recevoir votre conclusion ou la nôtre.Il s’est fait toute une campagne — dont l’écho s’est retrouvé sur les lèvres du libéral Guthrie et du conservateur MacLean — pour amener les deux partis à tomber d’accord sur un compromis de ce genre.Mais jamais la proposition ne s’était présentée avec une allure aussi solennelle et sous une signature aussi autorisée.Il sera intéressant de voir l’accueil que lui fera M.Laurier.Quant à pcimcttre au peuple de dire clairement, dans un plébiscite, s’il ne préférerait pas employer au développement du pays les fameux $35.000,000, le premier ministre n’y songe pas plus que le chef de l’opposition.Le peuple n’aura-t-il pas la satisfaction de vider ses poches et cela ne lui suffit-il pas?firm HER0UX A L’ALLIANCE FRANÇAISE.“ La Louisiane coloniale ^ M.Alcée Fortier, chevalier de la 'Légion d’honneur, professeur à l’U-jiiiversité Tulane, à la Nouvelle-Or-iléans, parlait hier soir, à McGill Union, sous les auspices de l’Alliance française, de “la Louisiane coloniale”.M.Fortier cause de son pays avec un tranquille chauvinisme tempéré par un humour attendri.L’espace qui nous est mesuré ne nous permet pas de le suivre d’aussi près que 'nous voudrions; nous essaierons néanmoins d’esquisser les lignes essentielles de sa copieuse conférence, faite dans une langue aisée, familière.Peu de temps après les explorations de Joliet et du P.Marquette, La Salle découvrit, en 1682, l’embouchure du Mississipi, fleuve dont les Louisianais s’enorgueillissent à bon droit, tels les Montréalais du 'Saint-Laurent.On se rappelle aussi que Ch.Lemoyne et ses fils fondèrent la Louisiane et d’Iberville et son frère Bienville, la Nouvelle-Orléans.Ceux-ci étaient nés à Montréal.Donc, conclut M.Alcée Fortier, sans votre ville nous n’aurions pas existé.La Salle mourut au Texas, tué par les siens, en 1687.Pour bien comprendre l’histoire de la Louisiane, il faut avoir présentes à l’esprit celle de l’Espagne et surtout celle de la France.Ainsi, si Louis XIV mit onze ans à remplacer La Salle, c’est qu’il était engagé, dès 1688, dans une longue guerre, puisqu’elle ne se termina qu’en 1697 par le traité de Ryswick.Dès l’année suivante, Iberville Était désigné pour succéder à La Îiallc.Ce fut une grande date dans ’histoire de la Louisiane, que le 24 octobre 1698, alors que d’Iberville partit de Brest avec ses deux bn-îenux, le Marin et la Badine.La Louisiane, fondée en 1718, fut Ainsi nommée en l’honneur de Louis XIV, mort trois années auparavant.Et nous sommes heureux que notre pays porte le nom de ce grand roi, dont nous admirons le courage et la splendeur.John Law participa à In fonda-Mon de la Nouvelle-Orléans.Et son «venture n’est pas banale.Né à Edimbourg, il fut contrôleur des finances de France.C’est lui qui, le premier, imagina le système du crédit, qui s’est depuis universalisé et dont chacun aime, à l’occasion, tirer parti.Law obtint la concession de la Louisiane et créa, en 1717, la Compagnie d’Occident, Ses garanties, prétendait-il, reposaient sur les mines d’or du pays, où il n’y a d’ailleurs pas d or.M.Fortier assure qu’elles ne reposaient, pas sur autre chose que les brumes du Mississipi.Et les événements semblent lui donner raison, car la Compagnie d’Occident coula avec foutes les autres affaires de John Law, dans une banqueroute monstre, et le contrôleur des finances fila en Belgique.(Ce fut un précurseur).Ln 1727, les Dames Ursulines vinrent se fixer à la Nouvelle-Orléans.Elles y ont depuis prospéré; et clics donnent maintenant des grades universitaires, si bien qu’on a pu dire que les Louisianaises n’ont pas besoin d’aller en France pour apnrendre à plaire.Bienville fut, a trois reprises, gouverneur de la Nouvelle-Orléans! Le marquis de Vaudreuil, qui lui succéda, s’il ne semble pas avoir laissé au Canada un souvenir très heureux, en a laissé un excellent, sans doute à cause de ses soupers fins, en Louisiane où l’on n’en parle jamais sans le désigner sous le nom du “grand marquis”.Mais en 1762 le misérable roi Louis XV décida de se débarrasser de la Louisiane, qui comprenait aloi s un territoire beaucoup plus vaste que celui d’aujourd’hui.Par Je traité secret de Fontainebleau le 13 novembre 1762, le roi de France l’abandonnait nu roi d’Espagne, son cousin.Cependant, les Louisianais ne voulurent point se soumettre à l’Espagne.Ils envoyèrent en France des messagers, des ambassadeurs.Mais le ministre de Louis XV, Choiseul, leur ferma sa porte.Puisque la France les repoussait, ils se soulevèrent, en 1768, et réclamèrent l’indépendance.Et c’est un sujet de fierté pour nous que la Louisiane, huit ans avant la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, ait parlé de liberté.L’un des chcth révolutionnaires, Nicholas Chauvin de la Frenière, qui étail né d'un père canadien, prononça en octobre 1768 un discours admirable.Le premier, il exprima sur le sol américain l’i- AVANT LA BATAILLE La séance de cet après-midi.— Les droits du président.— La cloture.— Combien de temps parlera=t=on ?LETTRE J)EFFRANGE Le problème scolaire.— Un projet absurde.— Un anticlérical qui se promène avec un billet de confession.— La fréquentation scolaire : le projet Dessoye.— Un débat qui traîne.— La situation budgétaire.— Graves perspectives.BILLET DU SOIR LE CYCLONE.En bruit de fusée fend l’atmosphère: c’est l’espace qui se déchire.Les branches geignent et les oiseaux, affolés, voltigent sans vouloir s’y poser.Un frisson agite le fleuve; sa face se ride comme courroucée.Là-bas, à l’horizon, le jour agonise noyé dans un nuage d’encre.La nature disparaît bientôt dans les plis du manteau de la nuit.Les champs frémissent sous les houles de l’herbe; les bêtes épouvantées se ruent vers la forêt qu’un tremblement secoue jusque dans sa racine.Un fracas retentit: du fond de la une opaque rugit l’ouragan fauve qui s’élance impétueux et tord, écrase, broie, {anéantit en une minute, l’oeuvre d’un siècle.Le chêne est foudroyé; le roseau cherche le sol pour s’y engloutir.Palais et masures, serrés dans un étau d'airain, sont réduits en atomes et s’en vont tourbillonnant avec la poussière des chemins, charriés par la fougueuse vague vers l’infini.L’homme fuit sans but.Les cris s’étranglent dans les poitrines; les prières se figent sur les lèvres et l’esprit sombre sous les cvânes pris de vertige.La tempête Pageant toujours fait siffler dans l’air la lame de l’inexorable faucheuse.La terre convulsée entrouve une commune fosse où roulent, côte à côte, l’humble et le superbe.L’efroyable spectacle s’illumine d’un, brasier aux flammes de sang; les crépitements de la fournaise étouffent les derniers râles d'agonie.Puis c’est le calme.Une pluie descend en larmes sans fin et vient étendre un immense linceul sur ce charnier où plane déjà l’éternel silence.Au loin, comme un, cierge mortuaire, l’incendie s’éteint lentement, marquant de sa lueur blafarde la route d’une nuée de corbeaux.Et le Titan courbe la tête! NAP.TELLIER.-— i ¦ —i - dée d’une république.L’Espagne crut que pour rétablir l’ordre en Louisiane il ne fallait rien moins qu’une armée de quatre mille cinq cents hommes.Telle était celle qui fut dépêchée à la Nouvelle-Orléans, sous le commandement d’un officier dont le nom n’était pas trè*> espagnol: il s’appelait O’Reilly.Il fit arrêter trente-trois révolutionnaires; six furent fusillés et plusieurs envoyés en captivité à Cuba.(La race irlandaise, remarque le conférencier, a produit des hommes nobles et généreux, mais O’Reilly, unanimement abhorré chez nous, n’élait pas de ceux-là).Ainsi fut inaugurée la domination de l’Espagne, qui, par la suite, fut juste.La Louisiane connut même des gouverneurs espagnols qui étaient des hommes charmants.(Je crois, propose M.Fortier, que cela venait de ce qu’ils avaient épousé des Louisianaises).En 1800, Bonaparte était déjà le vainqueur de Marengo, et l’on n’avait rien à refuser au vainqueur de Marengo.Aussi, quand il demanda à Charles IV d’Espagne de lui céder la Louisiane, ce dernier la lui céda.Mais, le 30 avril 1803, la Louisiane devint américaine.(Ici, M.Fortier tient à expliquer que Napoléon n’a pas vendu la Louisiane.Il l’a donnée aux Américains, explique-t-il, et ceux-ci, reconnaissants, ont versé quinze milions de dollars à l’Empereur.L’histoire, écrite de la sorte, a plus d’élégance).Et c’était tant mieux pour les Louisianais, qui se mirent à conduire eux-mêmes leur bateau, et n’eurent plus pour pilote un Louis XV ni même un Napoléon.Celui-ci, du reste, avait obtenu la garantie que la Louisiane deviendrait un Etat de l’Union et jouirait de certains privilèges.Et depuis, conclut M.Fortier, nous aimons voir le tricolore flotter auprès de la bannière étoilée et, tout en apprenant le langage de notre pays, nous cultivons la langue française.Aussi, la Louisiane possède une littérature qui a commencé par un poème épique et une tragédie aux nombreux vers tous judicieusement alexandrins.Et elle a des romanciers, entre autres le docteur Alfred Mercier, fondateur de l’Athénée louisianais, et M, Georges Dessotn-mes.(Celui-ci, qui assistait à la conférence, était tout confus de ce qu’un de ses pays mît en lumière une vocation littéraire que sa modestie cache soigneusement).Elle possède encore, cette littérature, des drames, dont un sur la révolution de 1768, et des gerbes de poésies.Le conférencier lit quelques brefs poèmes de bonne tenue, témoignant d’un régionalisme profond et sincère.Et il termine par la lecture d’une lettre en soi-disant dialecte acadien et qui ressemble à s’y méprendre au langage savoureux parlé dans quelques-unes de nos campagnes.Sa péroraison, dans laquelle il observe que la culture française est un avantage pour n’importe quel peuple, est chaleureusement applaudie.Léon LORRAIN.Ottawa, 25.— Les députés reviennent en foule.L’ordre des whips était évidemment de rentrer pour le premier jour de la reprise de*s travaux.Il parait entendu que l’on discutera cet après-midi la question soulevée par M.Emmerson au sujet du pouvoir d’un président de comité général de se faire remplacer à son gré et du pouvoir de l’orateur de reprendre son siège quand la Chambre siège en comité général.Quant au premier point, les présidents temporaires se sont fait remplacer jusqu’à présent sans la moindre protestation, mais nous sommes en temps de crise et si l’opposition peut tirer de l’incident le moindre avantage, il est sûr qu’elle ne perdra pas l’occasion.L’avantage serait d’obliger le vice-président de la Chambre à rester constamment à son siège ou à y revenir chaque fois que celui qu’il aurait désigné pour le remplacer serait fatigué.Il n’est pas impossible que toute la séance soit consacrée à cette discussion.Après cela l’on reprendra le débat sur la question navale et tout peut arriver.Si l’opposition consent à voter le paragraphe actuellement en panne et qui autorise la dépense de 35 Les écoles de Winnipeg L’OPINION DE M.MUNSON Le Manitoba s’efforce, dans un assez long article, de prouver que la consultation de M.Munson, l’avocat de la Commission scolaire de Winnipeg, est mal fondée en droit et d’établir lo que rien, dans la loi du Manitoba, n’empêche la Commission de louer les écoiês pFivées; 2o que rien n’interdit le port du costume religieux dans les écoles publiques; 3o que l’article 220, qui interdit la séparation des élèves par croyances religieuses pendant les heures du travail séculier, est virtuellement aboli par les amendements Coldwell et donc que l’on peut, sous la direction de maîtres catholiques, constituer des classes exclusivement composées d’enfants catholiques.“A part toutes les réponses documentées qu’on peut faire à la consultation Munson, dit encore le Manitoba, il convient d’ajouter ce fait dominant que la loi de 1912 a été faite dans le but exprès de supprimer la double taxe pour les catholiques de Winnipeg et de Brandon ; que cette loi a été rédigée par une main maîtresse et que, en dépit de toutes les sophistications ingénieuses qui furent de tout temps le peu glorieux apanage de Pavocasserie plaidoyeuse, on doit supposer que cette loi Coldwell est capable de remplir la fonction pour laquelle on l’a mise en existence.” Si telle fut bien l’intention des auteurs de la loi, ils ne devraient pas hésiter à accepter la proposition que leur fait, dans son commentaire de la consultation Munson, la North West Review.“C’est, dit l’organe catholique anglais, le devoir des- officiers en loi (lam officers) du gouvernement du Manitoba, de donner une interpréta, lion publique deleurspropres amendements à la Loi des écoles publiques, pour la gouverne de tous les bons citoyens qui veulent se conformer à la loi.Nous ne doutons point que ceci soit fait, soit par les officiers en loi du gouvernement, soit par le ministre de l’Instruction publique de la province.” Nous serions enchantés pour notre part, de voir le gouvernement du Manitoba, auteur des amendements Coldwell, en donner une interprétation publique semblable à celle du Manitoba.Cela faciliterait singulièrement la besogne de ceux des commissaires qui peuvent être bien disposés.Et, comme les négociations, sous une forme ou sous une autre, durent depuis près d’un an et que M.Coldwell lui-même a déjà rencontré les Commissaires, on ne pourrait reprocher à l’interprétation d’être hâtive ou prématurée.0.H.- — i —- Commerce et finances L’année fiscale se terminera avec le dernier jour du mois courant.Il s’écoulera ensuite quinze jours et peut-être un mois avant que nous ayons le chiffre complet des opérations commerciale's et financières de ces douze mois.millions, il y a quelque chance d’un répit qui, en définitive, favorise la solution de l’imbroglio.Mais si elle persinte à le combattre, lundi prochain au plus tard, et peut-être avant, ce sera la proposition d’amender les règles de la Chambre.Bien que le gouvernement soit décidé à recourir à ce moyen pour faire passer sa loi, il hésite encore et M.Borde.n, pour un, épuisera toutes les autres ressources pour l’éviter.Et s’il lui faut absolument y recourir, on dit que l’amendement projeté ne sera pas la clôture, mais une restriction du débat juste assez sévère pour confiner l’obstruction à certaines limites.L’opposition n’en combattra pas moins l’amendement et comme chacun de ses membres pourra parler au moins une fois sur le sujet, il s’écoulera bien encore quinze jours ou trois semaines avant que l’amendement soit voté.D’une manière ou de l’autre donc, le débat peut se prolonger très longtemps.Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel reviennent les députés.Us paraissent décidés à la bataille d’un côté comme de l’autre, mais les apparences sont quelquefois trompeuses.Il est certain qu’à gauche comme à droite il y a un groupe de députés qui trouvent la situation jridicule et qui donneraient beaucoup pour en sortir.payées, entre dix à quinze millions dans la caisse.L’un et l’autre résultats démentent assez les prédictions des chefs libéraux annonçant que le retour des conservateurs au pouvoir ramènerait la gêne dans les affaires et le désarroi dans les finances.Voilà dix-huit mois que ceux-ci ont pris la place des libéraux et, loin d’en souffrir, le commerce paraît s’en trouver mieux.L’augmentation de 1912-13 sur 1911-12 est tout près de deux cents millions de piastres, augmentation qui dépasse, croyons-nous, toutes celles de la période antérieure.NaturelQement ce sont les importations qui comptent le plus dans cet accroissement extraordinaire, mais les exportations représentent aussi un chiffre coirsi-dérable, cinquante-cinq millions.Nos importations sont cependant encore de cinquante pour cent plus élevées que nos exportations.L’on dit que la consommation nationale, absorbant la plus grande partie de la production industrielle, paralyse nécessairement le mouvement des exportations.Cela est possible, mais cela prouve aussi combien l’industrie a d’avenir au Canada et combien nous avons besoin de tous nos capitaux.Ce sont nos achats à l’étranger qui déterminent en grande partie le chiffre de notre budget.Plus nous achetons de l’extérieur, plus la douane encaisse de droits et, le trésor, d’argent.La recette de cette année sera de cent soixante-dix millions.Tl fait bon d’apprendre qu’elle suffira non seulement à payer la dépense ordinaire, la dépense extraordinaire et la dépense spéciale, mais qu’il restera encore un surplus de plusieurs millions.En serait-il de même si l’on entreprenait tous les travaux publics reconnus d’utilité pressante, de nécessité nationale?La construction du Transcontinental a servi >'us qu’à présent d’excuse pour ajourner d’autres travaux d’importance capitale, — le creusement du canal de la Baie Géorgienne, entre autres; maintenant qu’elle achève et que les plus gros déboursés de ce chef sont à peu près terminés, n’est-il pas temps d’y penser?Le ministre des finances a commencé à diminuer la dette.C’est un bon mouvement, probablement inspiré par le désir de prouver la richesse de l’échiquier fédéral avant d’offrir trente-cinq millions en cadeau à l’Angleterre.Quoi qu’il en soit, le développement des voies de transport à même le revenu ordinaire serait peut-être, au point de vue du crédit national, une opération financière aussi avantageuse (pie la diminution de la dette.Jean DUMONT.Sur le Pont d’Avignon.Les Orangistcs ont apposé leur sceau au projet de contribution Borden.Que dirait-on en certains quartiers si la Société Saint-Jean-Baptiste apposait le sien au projet Laurier?* * * L’on publiait récemment une liste des règlements municipaux demandant à la Compagnie des tramways des améliorations à son ser- Paris, le 14 mars 1913.— Je continue ma lettre de la dernière semaine, en m’attachant surtout à vous montrer quelle est la position du problème scolaire et élu problème budgétaire.Il me sera possible, par un bref rappel des questions électorale et militaire, de vous donner une idée assez exacte de la situation présente de la France.Le problème scolaire est presque aussi ancien que la République elle-même.Voici trente ans passés que Jules Ferry essaya de le résoudre en posant le triple principe de l’obligation, de la neutralité et de la gratuité dans les écoles primaires publiques payées par1 l’Etat.Sur la gratuité on s’est mis facilement d’aeçord.Mais le conflit est permanent en ce qui concerne “l’impossible neutralité”, et voici qu’on s’est aperçu du caractère illusoire d’une obligation dépourvue de sanctions.Le parti radical-socialiste a, pour la vingtième fois, saisi la chambre de textes destinés à compléter la législation existante.Pourquoi le parti radical-socialiste s’attache-t-il à cette oeuvre dans le temps même où de si nombreux et si urgents soucis appellent l’attention?La déterminante de cette attitude est colle même qui règle à peu près tous les gestes de ce parti : l’intérêt électoral.Et sans doute la masse de la nation ne réclame pas de mesures restrictives de la liberté d’enseignement.Mais les radicaux ne s’occupent point des sentiments de la foule; ils ne tiennent compte que de la volonté des meneurs, c’est-à-dire de l’état-major issu des Loges Maçonniques.Et ils considèrent avec quelque raison que les divisions profondes qui ont dissocié l’ancien Bloc de gauche «e peuvent être oubliées que si la reprise de la lutte anticléricale remet en ligne, des deux côtés de la barricade, les mêmes effectifs qu’autrefois.Nous assistons donc, en réalité, sous le couvert d’un complément à la législation scolaire, à une suprême tentative de reconstitution du Bloc de gauche.Depuis que la séparation de l’Eglise et de l’Etat est un fait accompli, c’est autour de la question scolaire exclusivement qu’une pareille tentative peut être effectuée.L’élat d’esprit de la majorité des parlementaires n’est d’ailleurs que médiocrement favorable à un tel projet.Si les préoccupations d’an-tan survivent chez une centaine de radicaux-socialistes et chez quel ques socialistes, le plus grand nombre souhaitent que les questions irritantes soient délaissées, et, hier même, après un beau discours de Maurice Barrés, ils acceptaient, sinon toul ce que nous demandions, du moins des mesures vraiment efficaces pour la protection et les réparations des églises.Aussi ne peut-on s’étonner qu’à demi de voir l’accueil relativement frais fait par la majorité aux projets scolaires: ce ne sont plus les fureurs d’antan.Elle les soutient, mais avec mollesse; et elle ne dissimule pas, après les quatre jours de débat auxquels nous avons déjà assisté, en quel embarras elle est plongée.Elle en témoigne en ne faisant preuve d’aucune hâte à conclure cette discussion par un vote.De fait, les projets actiicdlement soumis à la Chambre sont complètement absurdes.L’un, “le projet Brard”, dù à l’initiative du député ainsi nommé, crée en France deux catégories de communes: celles où la liberté d’enseignement primaire sera maintenue; celles où elle sera supprimée; et le critérium sera exclusivement celui-ci: la population.Voici en effet le dispositif du projet: “dans les communes où la population est inférieure à 3,000 habitants, il ne pourra plus être ouvert d’école libre sans autorisation gouvernementale.” Qu’un tel projet puisse être déposé, qu’il trouve des défenseurs, qu’il soit pris au sérieux, c’est vraiment lamentable.Cependant, il a perdu quelque terrain à la suite de la publication faite dans la Libre Parole, sous la signature de mon ami Henri Bazire, document présentant M.Alfred Rrard, son auteur, sous .son véritable jour: ce sectaire, cet adversaire frénétique des catholiques, n’a été élu qu’en se posant en catholique ardent; il alla jusqu’à montrer, dans ses réunions électorales, un billet de confession obtenu par lui au temps des Pâques précédentes.Ces révélations n’ont pas été sans soulever à la Chambre, même parmi les radicaux, une émotion compréhensible, et beaucoup hésitent aujourd’hui à se solidariser avec M.Brard en votant son projet.Plus sérieux est, à coup sûr, le projet relatif à la fréquentation scolaire: M.Dessoye en est le rapporteur'et lui donne couramment son nom.Nul ne peut nier qu’une grande négligence se soit introduite dans les habitudes des écoliers et de leurs parents: ceux-là s’absentent volontiers, ceux-ci retieneent leurs fils ou filles toutes les fois qu’ils attendent d’eux quelque service.Et peut-être faut-il admettre que ce soit l’une des causes efficientes de l’accroissement du nombre des illettrés.A l’arrivée au régiment, on constate habituellement 4 à 5% d’illettrés absolus, 30 à 35% de jeunes gens ne lisant et n’écrivant qu’avec difficulté.Les instituteurs qui réduisent à 200 par an le nombre des jours de scolarité, ont ici leur part de responsabilité.Comment obtenir que les enfants soient exacts?Les remèdes proposés sont assez médiocres.Mais nos radicaux ont imaginé — suivant les traditions qui leur sont chères — que l’absentéisme scolaire était dû pour une part à l’influence de NN.SS.les Evêques et des curés qui, sans doute, détournaient les en faint*! de fréquenter l’école publique, matérialiste et athée.Us ont tout aussitôt forgé em texte, aux termes duquel tous les tiers (parents, frères, soeurs, prêtre*!, conférenciers, journalistes), coupables de détourner les enfants de l’école en blâmant les livres scolaires ou l’enseignement oral donné par l’instituteur public, seraient passibles d’amende et de prison.Mais ici une grave difficulté sc présente, sur laquelle mon collègue, et ami Lefebvre du Prey a appelé l’attention de la Chambre, en sorte que la commission se trouvât désemparée: “comment connaître la personne qui a détourné l’enfant de faire son devoir scolaire, sinon par la dénonciation de l’enfant lui-même?Et quand l’enfant dénoncera son père ou sa mère, son frère ou sa soeur, voit-on l’instituteur relater cette dénonciation à l’autorité judiciaire pour que celle-ci se dresse?” C’est monstrueux en ce qui concerne l’enfatit, c’est absurde au regard de l'instituteur.MM.Jacques Pion, Groussau, T.e-fas, Augé ont apporté d’autres cri-tirmes très intéressantes du projet scolaire.Nous ne savons quand on en terminera; mais nous avons bon espoir de sortir victorieusement da cet assaut suprême livré à la liberté d’enseignement.D’ailleurs, nos adversaires eux-mêmes insistent moins parce qri’ils ont donné aux instituteurs et institutrices de l’enseignement primaire public une satisfaction personnelle si large qu’ils comptent sur eux pour assurer leur réélection.50 millions affectés à des augmentations de traitement ont été votés par une énorme majorité: 484 voix contre 29! Le gouvernement lui-même ne sait pas, à la vérité, où il trouvera ces 50 millions.Car nous sommes en face d’un problème budgétaire des plus graves.Si nous arrivons, ce soir, à voter l’ensemble du budget de 1913, dont le débat a commencé le 30 niai 1912, c’est que nous ferons un tour de force et il faudra encore que le Sénat examine l’oeuvre de la Chambre.Or c’est une oeuvre dont il n’a sujet d’être fier: le déficit réel, masqué par des expédients presque tous détestables, atteint 400 millions pour l’exercice 1913 — et l’on prévoit 200 millions de charges nouvelles pour 1914, sans compter les dépenses militaires.Que la l’rance soit, à la rigueur, assez riche pour supporter la charge de cinq milliards, on en peut discuter.Mais il faudrait qu’entre ccs cinq milliards il y eût au moins quelques millions appliqués à des oeuvres utiles, génératrices de richesse.Il faudrait aussi que nous révisions un système fiscal un peu démodé, tout en nous gardant d’improvisations fâcheuses.II est certain qu’une véritable lassitude règne dans tous les milieux producteurs, que cette incertitude combinée avec les préoccupations extérieures et avec la nécessité d’un gros effort militaire détermine dans notre pays un état de malaise.Il est certain que nous allons traverser une période tout à fait sérieuse, même si le Sénat, en adoptant les principes de la réforme électorale (1), nous épargne crise ministérielle, crise présidentielle et le reste.L’attitude des socialistes et des radicaux-socialistes, se mettant en bataille contre la loi de trois ans, est grosse de conséquences graves et peut-être tragiques.Joseph DENAIS, député de Paris.NOTE DE LA REDACTION.—On sait que le Sénat a, depuis la date de cette lettre, culbuté le ministère Briand.Reprise des hostilités aujourd’hui à Ottawa.Si les deux partis sont aussi décidés que l’indiquent les proclamations des chefs, la conclusion sera la dissolution des chambres ou un supplément d’indemnité pour les députés.le grand total des échanges coin- VC1„ ,, mercJaux du Canada avec les autres ique si l’on dépensait moim pays atteindra, s’il ne dépasse léaè- ! temps, à la fabrication des h Et cela prouve encore une %.4 VO il V I SIUV O* 1 V/l» pv.»» -va J i Jlll/I II .Ira, s’il ne dépasse légè- iten,I>3 à la fabrication des k renient, le milliard.Quant nu hud- règlements et un peu phn get d sera de 170 millions nu moins]existent, tout le inonde s’en j et il laissera, toutes dépenses rail peut-être mieux. LF.DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 25 MARS 191o.VOL.IV.— No.69, t Coupon ae Vote BON POUR CINO VOTES Ce coupon sera nul après le 1 Avril 1913 CONCOURS DU “DEVOIR” NOM.RUE.VILLE.District No.C?coupon vaudra cinq votes s’il est rempli suivant les indications et envoyé au gérant du co.cours à la date ci-dessus mentionnée ou avant.Les coupons doivent être en bon ordre et réunis en paquets.L'on doit écrire le nombre de votes sur le coupon de dessus.LE COLLEGE CLASSIQUE A EDMONTON Il obtient ia personnalité civile, — Le projet de ses fondateurs T î On nous fcrit : Les Canadiens-français d’Edmonton viennent de faire reconnaître, par le gouvernement de l’Alberta, la personnalité civile du collège classique catholique qui s’ouvrira dans cette ville au mois de septembre prochain.Mglgré L’ooposition de quelques protestants, l’honorable Prosper Lessard, M.P.P., ancien ministre libéral dans l’Alberta et M.Wilfrid Gariêpy, rédacteur du “Courrier de l’Ouest.’’, avocat des requérants, surent mener leurs réclamations avec assez d’habileté pour obtenir l’adoption du “bill” qu’ils présentaient.Ce collège sera dirigé par les R.R.PP.Jésuites.Il comprendra un cours commercial anglais et un cours classique français ; l’on attachera cependant à l’anglais l’importance que lui donne la situation du collège dans une ville et dans une province en majorité anglaises.Déjà l’on a commencé la construction d’une bâtisse considérable qui, espère-t-on, sera prête à recevoir, en septembre, les élèves du cours préparatoire et des premières classes du cours latin.Les Canadiens-français d’Edmonton ont généreusement souscrit, jusqu’ici plus de 50,000 piastres pour le collège.If y aura bientôt dix ans qu’ils sollicitent la venue des Jésuites dans leur ville, et que S.G.Mgr Légal est en pourparlers avec les supérieurs de l'Ordre au Canada.Le manque de sujets, l'éloignement de la région arrêtaient ceux-ci.Les instances qui furent faites, l’an dernier, au congrès des Oanadiens-français de l’Alberta, vainquirent toutes les hésitations.Plus de trente paroisses françaises représentées à ce congrès demandaient à grands cris la fondation d’un collège.Il y a, dans l’Alberta, environ 20,000 Canadiens-français.C’est le R.P.Théophile Hudon, S.J., qui prépare l’ouverture du col-:lège d’Edmonton.Installé, depuis | l’été dernier, dans la paroisse que Mgr Legal a confiée aux Jésuites, il y a fait construire un presbytère qui sert de chapelle temporaire.Le site de la paroisse renfermant beaucoup de terrains libres, on espère que les Canadiens-français formeront bientôt ceinture autour du collège qui deviendra le château-fort de la langue française dans l’Alberta.DANS LE Monde Ouvrier —— LA CONVENTION DES CORDONNIERS Les cordonniers organisés de Montréal mettent la dernière main à l’organisation de leur grande convention générale qui sera tenue à Montréal, le 16 juin prochain.Vendredi dernier, ils se sont réunis en assemblée générale et ils ont constitué définitivement leurs comités pour l’organisation de la convention et pour la réception des délégués.Ces comités sont formés avec les officiers et les membres suivants: Président, M.Joseph F.Barbeau; secrétaire, Cléophas Thibault; administrateurs des finances, Z.Lespé-rance, Chs.McKereher, J.O’Reilly et G.M.Déchêne.* Comité de souscription: Z.Lespé-rance, Geo.Duval, C.Bilodeau et Albert Riel.Comité des impressions: A.Leblanc, P.Hébert, Cléophas Thibault.Comité d’organisation dans la convention: J.O’Reilly, Chs.McKereher, et Lionel Thibault.Comité des amusements: C.Thi-bault, L.Thibault, G.Duval, C.Bilodeau, G.M.Déchêne.Ces comité se réuniront en assemblée générale tous les quinze jours jusqu’à la tenue de la convention, à la salle Dionne, 784 Ste-Catherine-Est.La prochaine assemblée aura lieu lundi prochain, 31 mars courant, à 8 h.p.m.La convention, à laquelle trois cents membres prendront part, se tiendra dans la grande salle de l’Assistance Publique, coin Lagauchetière et Berri.LE TRAVAIL A LA JOURNEE Le Club ouvrier municipal a tenu une nombreuse assemblée hier à la salle Saint-Onge, 655 Mont-Royal.M.A.Saint-Onge, tailleur de pierre, présidait.Une dizaine de citoyens se firent inscrire membres du club, parmi lesquels M.McKereher, pompier en retraite, bien connu dans la brigade.Le club a continué à s’enquérir des causes qui ont forcé un certain nombre de pompiers à prendre leur retraite récemment.Au sujet de l’administration municipale, MM.Montmarquette, J.A.Guérin, J.D.Lafleur et autres ont longuement discouru sur les avantages que doivent retirer la ville et les contribuables du système dit du “travail à la journée”, c’est-à-dire du travail exécuté sous les ordres directs et immédiats des ingénieurs de la ville.Une résolution a été adoptée approuvant et félicitant le bureau des commissaires d’avoir introduit le système d’après lequel la ville concourt avec les soumissionnaires étrangers.De cette manière, la ville, qui ne peut manquer d’être la plus basse soumissionnaire, devra rester en peu de temps la seule soumissionnaire, et faire elle-même ses travaux de voirie, aussi bien que les travaux pour les services dé l’aqueduc, des parcs et de l’incinération.LA MORT D’UN CHEF L’Union des tailleurs de pierre vient de recevoir la triste nouvelle de la mort de M.Ferdinand Godin, de Québec, un des officiers les plus connus parmi les ouvriers de toute la province.M.F.Godin était l’un des organisateurs de la vieille école: il avait fondé l’Union des tailleurs de pierre de Québec, et avait organisé celles de Terrebonne, de Saint-Marc des Carrières et d'autres places.Il y a deux ans, il fut élu à une forte majorité, par tous les tailleurs de pierre organisés d'Amérique, vice-président général de cette association.| Très sympathique, porté naturelle-I ment à rendre service à ses camara-, des, doué d’une grande facilité de pa-I role et d’une éloquence entraînante, il s’était acquis la confiance et l’estime de tous.Les Canadiens-français étaient réellement fiers de le compter comme leur représentant, au sein du conseil international, qui est presque complètement composé d’hommes des autres nationalités.' C’est une grande perte pour les tailleurs de pierre.M.Godin n’avait que 62 ans.LA LOI MARTIALE.Charleston, Virginie, 24.— Le gouverneur Henry D.Hatfield a ordonné aujourd’hui à une compagnie de la milice de la Virginie de l’ouest d’évacuer le district du comté de Kanawha, où a lieu une grève de mineurs de charbon, et où la loi martiale est en vigueur.D’autres compagnies recevront, dit-on, demain Tordre de rentrer dans leurs garnisons.FLORISSANTE ORGANISATION.Le bureau exécutif-général de l’union typographique internationale, publie, sous la signature de M.J.W.Hays, secrétaire-trésorier un rapport assermenté de la plus haute importance.Uest l’état financier de cette organisation, au 20 février dernier.FONDS GENERAL.— Balance en mains, le 20 janvier 1913: $125,615.75; Reçu au 20 février 1913: $21,512.85.Total: $147,128.60.Dépenses : $14,792.68.Balance : $132,336.92.FONDS MORTUAIRE.— Balance en mains le 20 janvier 1913: $98,-663.90.Reçu au 20 février 1913: $25,-292.64.Total: $128,956.54.Dépenses : $28,861.68.Balance: $95,091.86.PENSIONS AUX VIEILLARDS.— Balance en mains le 20 janvier 1913: $529,863.56.Reçu au 20 février 1913: $26,488.75.Total: $556,352.31.Dépenses : $19,577.88.Balance : $536,774.43.HOPITAL DES TYPOGRAPHES.— Balance en mains, le 20 janvier 1913: $25,863.56.Reçu au 20 février 1913: $8,862.14.Total : $34,725.39.Dépenses : $8,012.71.Balance: $26,-712.68.Ces chiffres ont été assermentés devant le notaire Albert Smith.Ce rapport financier dit éloquemment l’état florissant de cette association ouvrière, sans qu’il soit besoin de l’accompagner de commentaires.IMPORTANT AVIS.L’union nationale des travailleurs du cuir, vient de décider qu’à partir de ce jour, elle ne tiendra plus ses assemblées régulières, le mardi, à la salle Chagnon.Jours et salle de réunions sont également changés.Désormais, cette importante organisation tiendra ses assemblées, chaque vendredi, à la salle Mozart, coin des rues Logan et Maisonneuve.Ainsi, l’assemblée, qui devait avoir lieu ce soir, à la salle Chagnon, a été remise à vendredi prochain, à 8 heures p.m., à la salle Mozart.On discutera les derniers articles de la constitution.REUNIONS POUR CE SOIR, lié tue MARDI DU MOIS: AU TEMPLE DU TRAVAIL.Union des ferblantiers-couvreurs.Union des plombiers.Union des maçons.Union des tailleurs de marbre.A LA SALLE DIONNE.Conseil conjoint des cordonniers.Union des forgerons et aides-forgerons.A LA SALLE SAINT-JOSEPH.Union des machinistes.A LA SALLE GARIEPY.Union des employés civiques.-—+.- Faluchand, un géant qui dépasse deux mètres, interpelle Bébé, son neveu : —Viens m’embrasser! Bébé, avec une voix prèeoce de gavroche : —Ya pas d’ascenseur.POLITIQUE ETRANGERE Les photographes La question de France et tarifaire aux R.Poincaré Etats - Unis TOUS AURONT LE DROIT DE j M.BRYAN, SECRETAIRE D’ETAT FIXER L’OBJECTIF DEVANT Le! CONDAMNERAIT L’ATTITUDE PREMIER CITOYEN DE LA RE-i DE M.UNDERWOOD ET DE SES PUBLIQUE DANS UN CON-j COLLEGUES RELATIVEMENT COURS GENERAL.! AU TARIF SLR LES LAINES.Paris, 24.— Un résultat amusant des difficultés où se trouvent les personnages officiels de l’Elysée à choisir un photographe officiel a été l’ouverture d’un concours pour la meilleure photographie du président qui posera pour tous les concurrents.On sait que toutes les mairies, les bâtiments publics, les écoles et les bureaux du gouvernement doivent avoir une copie agrandie du portrait officiel, aussi, à peine le président était-il élu, que les maisons de photographie les plus importantes de Paris s’empressèrent de mettre tout en oeuvre pour obtenir le contrat officiel.Il y avait tant et tant d’intrigues, de recommandations, etc., qu’un choix semblait impossible.M.Poincaré a donc pris la résolution héroïque de consacrer une demi-journée la semaine prochaine à tout photographe qui se présentera à l’Elysée Les épreuves des photographes seront ensuite soumises à un comité de l’Académie des Beaux-Arts qui choisira la meilleure.En attendant le nouveau portrait officiel, M.Fallières continuera de sourire, d’un sourire paternel, aux couples venus devant M.le maire pour se marier.On dit que depuis trois heures de l’après-midi, le 18 février, à la réception à l’hôtel de ville de Paris jusqu’à dimanche dernier, M.Poincaré a battu tous les records d’activité présidentielle.En un mois, il a assisté à 42 banquets, reçu 93 députations, présidé à une revue militaire, visité onze expositions et trois hôpitaux, tenu quatre réceptions à l’Elysée, a été deux fois au concours agricole, ainsi qu’à l’Académie, à la Sorbonne, à l’Académie de médecine et a été l’invité d’honneur à des banquets donnés par des ambassadeurs, des avocats, des sénateurs, des députés, des journalistes; en tout 214 visites plus ou moins officielles.ALLEMAGNE Le coût de l’armement Washington, 24.—Le président de la commiasiou des voies et moyens, M.Oscar W.Underwood s’est rendu hier soir, à la Maison Blanche, où il a présenté au président Wilson le travail fait jusqu’ici dans la révision du tarif.M.Wilson connaissait la substance des 14 articles, mais n’en avait pas encore vu le texte.Bien que les délibérations soient entourées du plus grand secret on a pu savoir, cependant, que le bill ixp différera guère de celui de 1911 auquel le président Taft imposa son veto.Les quelques baisses qu’on a pu faire en certains endroits sont compensées par les hausses que l’on a faites ailleurs.Maintenant que l'on sait que M.Underwood a maintenu le taux de 15 p.c.de douane sur l’importation de la laine brute, on craint que la bisbille naisse dans le camp démocrate dès le début de l’administration Wilson.Le bruit court, en effet,que M.Bryan va réveiller la vieille querelle qui divisa autrefois Underwood et lui.M.Bryan, on le sait, fut toujours un ennemi acharné de l’imposition des laines, et, tout secrétaire d’Etat qu’il est, il n’hésitera pas, pense-t-on à dénoncer M.Underwood et ses collègues.Il n’y a pas d’ailleurs que du côté de M.Bryan qu’on entretient des craintes.Plusieurs autres factions dont la plus importantes est celle des démocrates progressistes, se sont formées pendant la discussion de ce bill.On s’oppose à la rédaction du bill en caucus secret, et bien qu'il soit déjà donné à l’imprimeur, on continue les intrigues pour faire modifier certaines dispositions tarifaires.Pour éviter la scission, il faudra que le président ait beaucoup de doigté.ANGLETERRE Elles restent tranquilles LES SUFFRAGETTES NE CAUSENT AUCUNE SENSATION A PAQUES.— PRECAUTIONS A WINDSOR.Socialistes Unis, a passé une résolution demandant à la France et à l’Allemagne de consentir enfin au désarmement des deux nations.On déclarait dans cette résolution que la rivalité qui existe actuellement entre elles, bien qu’on la dise très en faveur de la paix, ne peut faire autrement que provoquer la guerre.I.e seul moyen d’empêcher cette dernière serait de faire un traité par lequel les deux puissances réduiraient simultanément leurs armées.Gustave Hervé, le grand agitateur anti-militariste, a proposé aux Soeia-listes de demander au gouvernement français d’entrer en négociations avec l’Allemagne pour obtenir l’autonomie de 1’Alsace-Lorraine.“ I.’Alsace, a-t-il dit, était allemande par sa population et sa civilisation ; elle avait, été déjà possession allemande, tandis que la Lorraine était exclusivement française.Une de ces provinces appartenait naturellement à l’Allemagne et l’autre à la France.Si l’Allemagne consentait à l’autonomie des deux provinces, Üit-il en terminant, les deux nations seraient satisfaites et elles travailleraient par là à réduire considérablement leurs armements.” —“ Mais si l’empereur refuse ” ?réplique l’un des délégués.M.Hervé répond que si, dans les circonstances, la France consentait à cette proposition et s’apprêtait seule à désarmer, en cas de guerre, l’Allemagne serait en conséquence regard e comme l’agresseur.PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES APPRENTIS DEMANDES APPRENEZ a' devenir un barbier moderne.Chance exceptionnelle.Quelques semaines suffisent.Professeurs | de 18 à 26 années d’expérience.Outils] gratuits, positions assurées.S’adres- j ser: Modem Barber College, 62 Boni.] S'int-Laurent, Montréal.ON DEMANDE des finisseuses pour costumes de dames.Travail à la pièce ou à la semaine.S’adresser à la New York Cloak and Suit Mfg., Co., 45 Dorchester Ouest.HOMME On demande un bon homme (marié) parlant les deux angues, capable de faire de l’ouvrage de bureau, faire la I collection et se rendre utile pour un commerce de bois et charbon.Devra posséder de bonnes références.Bon salaire sera payé à un homme compétent.Ecrire à Casier 25 le “Devoir’’.Une opinion de M.F.de Pressnsé “L’A LS ACE-LORRAINE NE TIENT PAS.DIT-IL, A REVENIR A LA FRANCE.M.F rancis de Pressensé, ancien député socialiste, a déclaré que le temps avait fait son œuvre, et que la Lorraine ne désirait plus retourner à la France.Il ajoute : “Le temps de la revanche est passé.” L’assemblée adopta une résolution par laquelle elle s’associait aux socia-j listes d’Alsace-Lorraine, qui ont affir-I mé qu’ils ne désirent pas de revanche, laquelle mettrait en conflit le France et l’Allemagne.I/assemblée déclara qu’elle agirait énergiquement en faveur d’mn arbitrage international entre la France et l’Allemagne, de l’établissement de milices nationales et pour s’opposer au service militaire 'de trois ans.Berlin, 24.— Quinze jours se sont écoulés depuis que les grandes lignes du plan militaire extraordinaire du gouvernement sont connues, mais il est impossible d’avoir d’autres dé tails.De façon générale, il est certain que le gouvernement demande 1,000,-000,000 de marces ($250,000,000) pour dépense iirmédiate et 200,000,000 de marcs pour dépenses supplémentaires annuelles ; mais il cache les détails, tout en contredisant certains rapports, et diffère d’annoncer quelle sera l’augmentation probable de l’armée.Bien des Allemands commencent à se demander si les augmentations demandées sont justifiées et comment on fera face à la dépense.Naturellement, il est impossible de dire si la majorité de la nation est en faveur du plan ou non, mais il est certain qu’il n’a pas soulevé l’enthousiasme sur lequel on avait d’abord compté.Il faut se rappeler que plus d’un tiers des Allemands sont socialistes, et que les socialistes sont violemment opposés à de nouveaux armements.Il est certain aussi qu’une grande, partie des deux autres tiers de la population ne croit pas à la promesse que le milliard de marcs sera prélevé au moyen d'un impôt sur les grosses successions et la grande propriété.On a beaucoup insisté sur la prétention que les principales maisons princières se soumettraient volontairement à l'impôt.En fait, les sommes obtenues ainsi ne seront qu’une gcutte dans l’océan Rudolf Martin, le statisticien bien connu, vient de publier un livre traitant des fortunes des maisons régnantes et montre que ces fortunes ne sont pas considérables, particulièrement au point de vue des revenus des princes.Le kaiser vient en ttte de la liste, avec 140,000,000 de marc»: le roi de Saxe n’a que 25,000,000 de marcs ; le roi de Wurtemberg, 10,-000,000 de marcs ; le grand duc de Hesse, et le duc de Sax-Cobourg et Gotha, 5,000,000 de marcs chacun.Les richesses réunies des vingt-deux maisons régnantes ne dépassent pas 500,000,000 de marcs dont 400,- I 000,000 de marcs sont imposables.Au I taux de 4 pour cent, le taux le plus ; élevé qui ait encore été suggéré, on I ne pourrait ainsi prélever plus de 16,000,000 de marcs.ETATS-UNIS L’EMPRUNT CHINOIS Londres, 25.— On s’attendait à quelque frasque retentissante des suffragettes pendant les fêtes de Pâques, mais cdlcs n’ont rien fait à part l’in cendie d’une maison en construction à Beckenham, et le tour joué au congrès ouvrier siégeant à Manchester.Le chateau de Windsor a été l’objet d’une surveillance toute spéciale.Il y avait de la police et des détectives dans le parc et les parties du château d’habitude ouvertes aux visiteurs étaient fermées.A Manchester, pondant que le président du congrès ouvrier exprimait l’espoir que les femmes obtiendraient le droit de vote, les suffragettes enfer niaient les congressistes à clef et enchaînaient les portes.11 fallut scier les chaînes pour délivrer les ouvriers.L’enquête Marconi TROIS MINISTRES ANGLAIS DEVRONT COMPARAITRE DEMAIN DEVANT LE COMITE PARLEMENTAIRE POUR REPONDRE AUX ACCUSATIONS PORTEES CONTRE EUX PAR LE “MATIN" DE PARIS.Les fonctionnaires du département d'Etat sont surpris des commentaires faites aux communes anglaises Washington, 24.— Le département d’Etat a été supris d’apprendre aujourd’hui qu’on avait fait certains commentaires à la Chambre des Communes anglaises, parce que le Foreign Office n’avait pas reçu avis officiel de l’attitude du président Wilson envers l’emprunt chinois.M.McAdee, agissant comme chef du département en l'absence du secrétaire Bryan, a dit qu’il n’était pas du tout nécessaire d’aviser les gouvernements étrangers et que l'attitude du gouvernement au sujet de cette affaire concernait seulement le président Wilson et le groupe des banquiers américains.Le président, dit-il, avait déclaré aux banquiers que l’administration ne les prierait pas de continuer leurs négociations pour participer à l’emprunt.Il n’avait pas ajouté autre chose et là s’arrêtait l’attitude du gouvernement.Néanmoins, des copies conformes avaient été envoyées à l’ambassadeur américain en Chine et aux représentants américains auprès des cinq autres puissances intéressées.MEXIQUE Les rebelles fortifient Paredon Monterey, Mex.; 25.— I,es rebelles dont l'attaque récente sur Saltillo a été repoussée, se sont fortifiés dans la ville de Paredon, à l’ouest de Monterey.Dans leur retraite de Saltillo, ils se sont servis de trains, Le gouvernement a envoyé des trouves de Saltillo et de Monterey pour déloger les rebelles de leurs nouvelles positions.Londres, 25.— Lloyd George, chancelier de l’Echiquier, Sir Rufus Isaacs, Procureur Général, et Herbert Samuel,Maître Général des Postes, rendront témoignage demain à l’assemblée du Comité Parlementaire dans l’enquête Marconi.A une assemblée privée, tenue ce matin par le comité, il a été décidé, à la suite d’une longue discussion sur le libelle publié par “Le Matin”, qu'on inviterait les ministres inculpés afin qu’ils puissent donner des explications sur leur conduite comme actionnaires dans la Compagnie Américaine Marconi.Cette assemblée provoque le plus grand intérêt parmi la population anglaise ; il est qestion depuis longtemps de nommer un successeur à Lord Alverstone, au poste de juge en chef de la Chambre des Lords, et l’on sait que Sir Rufus Isaacs est l’un de ceux qui pourrait le mieux remplir cette charge.Sea chances à la succession sont cependant regardées aujourd’hui comme très faibles, vu l'accusation récente porter contre lui par “Le Matin.” FRANCE Le nouveau ministère IL EXPOSERA SON PROGRAMME MARDI, A LA RENTREE DES CHAMBRES.Paris, 24.— M.Barthou a présenté samedi les ministres, ses collègues, au président Poincaré et l’a assuré de leur dévouement à la république.Le président a remercié le président du nouveau cabinet et ses collègues et a déclaré qu’ils avaient sa confiance et son entière sympathie.Un peu plus tard, les minstres ont pris possession de leurs portefeuilles.M.Franklin-Bouillon,, député de Seine-et-Oise, va interpeller M.Barthou sur la composition du cabinet et sur sa politique générale.M.Barthou et ses collègues se sont entretenus dans leur première réunion.sans caractère officiel, de la réforme électorale ,de la loi de trois ans qu’ils soutiendront de même que l’amnistie, l’impôt sur le revenu, la défense laïque.Ils s’efforceront debater le vote du budget, déjà passé à la chambre.Mardi, à la rentrée des chambres, le programme du gouvernement sera lu à la chambre et au sénat.Le Congrès des Socialistes Français IL DEMANDE LE DESARMEMENT DE L’ALLEMAGNE ET DE LA FRANCE.— M.GUSTAVE HER-VE ET L'AUTONOMIE DE L'ALSACE-LORRAINE.Rrort, France, 25.— Le Congrès National Français, tenu ici, hier, par les 1492 milles en ballon RUMPELMAYER BAT TOUS LES RECORDS EN DISTANCE EN FAISANT UNE RANDONNEE AERIENNE DE 2,400 KILOMETRES.Paris, 25.—René Rumpelmayer qui vient de couvrir en ballon sphérique la distance qui sépare Paris de Kharkoo, Russie d’Europe, a battu jusqu’ici tous les records ; l’espace parcouru est de 2400 kilometres, environ 1492 milles.Rumpelmayer était accompagné de Maurice Reinmair, le pilote du ballon Picardie, qui gagne en 1912 le trophée international Bennett en établissant un record de 1361 milles.Une femme célèbre LADY DOROTHY NEVILL EST DE-CEDEE HIER SOIR A LONDRES; ELLE AVAIT VECU SOUS CINQ SOUVERAINS ANGLAIS.Londres.25.— Lady Dorothy N evil 1, dont le salon politique et artistique fut célèbre sous cinq rois d.Angleterre, est morte hier soir.Elle était la fille d.Horatio Walpole, troisième comte d’Oxford, lequel était né il y a 130 ans.Elle vécut sous Georges IV, Guillaume IV, Victoria, Edouard GIT et Georges V.Dans son salon, elle reçdt Disraeli, le duc de Wellington, lord Palmerston, G.F.Wath, qui fit son portrait en 1844.Cobden, Bright, Gladstone, lord Randolph Churchill, sir Henry Irving, Bulwer-Lytton, Tennyson, Thackering, le cardinal Manning.I.e roi Edouard VII, alors qu’il était prince de Galles, fréquentait ses déjeuners du dimanche.C’est chez lady Nevill qu’est née l’idée de la Primrose League.-1- Le Pape reçoit le nonce de Madrid Rome, 25 — Le repos absolu recommandé pour le pape par le docteur Marchiafava, n’a pas empêché Sa Sainteté de recevoir Mgr Francesco Ragonesi, le nouveau nonce papal à Madrid.Mgr Ragonesi, arrivé récemment de Bogota (Colombie) , où il a rempli pendant huit ans les fonctions de délégué apostolique, partira de Reims, demain, pour se rendre à Madrid.Le Souverain Pontife lui a donné aujourd’hui des instructions complètes au sujet des questions importances en suspens entre le gouvernement espagnol et le Saint-Siège.-«- Une découverte historique à Perpignan Perpignan, France, 25.—Des soldats ont découvert près des vieilles fortifications de Mottlouis ime bou-leillc enfouie sous terre, contenant le prétendu inventaire des bijoux ei de l’argent confiés à Manuel Perez pour les transporter chez la mère de l’impératrice Eugénie, à Madrid.La feuille porte le *sceau du second empire IS est datée du 4 septembre 1870.Il met la valeur des bijoux (fui avaient été donnés à l’impératrice par les souverains d’Europe, à 4.600,000 francs et l’argent à 200 000 francs.Près de la bouteille on a déterré un cadavre DEBENTUKES HYPOTHECAIRES PAYABLES EN OR EN 10 ANS I.'intérêt «ut pnyoblft tons les trois mof» b la Hsnqne M oison.D é n o m i n a fions $100, $.e;oo.$iooo pf roui- tiples pRVAMts 10 P c.romptant ot $10 par mois! si on 1e notro cormoonannti Québec, 25.— La Commission des Utilités Publiques a siégé à huis-clos ce matin au Palais de Justice.Le:; compagnies Quebec Ry.L.H.& P.Co.et Dorchester Electric Light et le Département du Télégraphe d’alarme de la cité de Québec qui devaient fournir à la Commission im rappor! sur la condition de leurs füs électriques aériens ne l’ont pas fait, et la commission leur a enjoint de comparaître devant elle le cinq avril pour expliquer leur conduite.LE CONSEIL NE VOTERA L’IMPOSITION D’UNE TAXE D’UN VINGTIEME D’UN POUR CENT QUE S’IL Y EST AUTORISE PAR LES PROPRIETAIRES.La Commission métropolitaine des Parcs écrit au conseil municipal pour i lui demander la somme de $30,000 ! dont elle a besoin pour les plans d’améliorations qu’elle veut dresser.Le j conseil renverra la lettre aux commissaires en leur rappelant qu’en novembre 1912, il avait déclaré qu’il ne se sentait pas autorisé par les contribuables à imposer une taxe de 1-20 de 1 pour cent, à moins d’y être autorisé par un plébiscite.Le conseil avait alors recommandé aux commissaires de soumettre la question aux contribuables aux élections gé-i nêeales ou plus tôt.Il n’a pas J changé d’avis fi ce sujet et déclare que si les commissaires veulent aider fi la commission des Parcs, ils de-, vront prendre leurs mesures pour que les contribuables soient consultés.L’échevin L.A.Lapointe ajoute que Montréal sera seul fi contribuer fl.la fondation de parcs dans toute Pile, car il n’est pas certain que les autres municipaUtés se taxeront.Pourquoi, dit-il, la commission n’est flic pas élue par les propriétaires fonciers, puisque c’est eux qui paieront 7 Ottawa, 25 — MM.Borden et Laurier ont eu ce matin une entrevue où la chef de l’Opposition aurait consenti A laisser voter en bloc un sixième du budget.Désastreux incendie LE FEU DETRUIT LA SURSTRUCTURE D’UN BATEAU, ET UN HANGAR; DIX CHEVAUX PERISSENT DANS LES FLAMMES.Le feu a causé, hier soir, des pertes estimées fi $75,000 cil détruisant le hangar de la Merchants Montreal Line, situé sur les bords du canal de Lachi-ne, à, l’angle de la rue Saint-Thomas, Le bateau fi vapeur “ City of Montreal ” a eu sa surstructure brûlée ; dix chevaux ont été asphyxiés et plusieurs compagnies de camionnage perdent leurs voitures.Le feu a éclaté soudainement et s’est propagé avec une telle rapidité que M, Frank Jaques, de la maison G.E.Baquos et Cie, dont l’écurie est fi un bout du hangar et le bureau est au centre, eut à peine le temps de se sauver avec scs livres de caisse.ï,e “ City of Montreal ” était amarré en face du hangar ; il prit feu presque au début do l’incendie.Le vent était fort et comme il y avait danger que l’incendie se communiquât aux hangars de F “ügdensburg Coal Co.”, le sous-chef Lussier sonna une seconde alarme fi laquelle répondit le chef Tremblay.En moins d’une heure, l’inccndie fut maîtrisé.Le bateau sera mis au radoub et ne servira pas pour la plus grande partie de l’été.Le hangar a été complètement détruit ainsi que l’écurie de la compagnie Jaques où se trouvaient dix chevaux.Il n’y avait pas de marchandises dans le hangar, mais seulement des camions appartenant à Cunningham et Wells, Daniel Donnelly, Robert Latimer et G.E.Jaques et Cie.On ne connaît pas la cause de l'incendie.L’inauguration de l’église Sainte-Catherine Une cérémonie préparatoire fi ceM de l’inauguration de l’église 9aint( Catherine, coin Amherst et Robin, s fera le dimanche, 30 mars prochaic fi 3 heures de l’après-midi.En présence de Sa Grandeur Mor seigneur l’Archevêque de Montrée' qui officiera, il sera procédé à la bf nêdiction de la première cloche d cette nouvelle église.L’allocution de circonstance ser faite par M.le Chanoine Lesage, pr( dicateur du carême à Notre-Dame d Mohtréal.Une tombola est en organisai!» pour le mercredi, 2 avril : cett tombola se tiendra dans le soubasst ment de l’église, à 8 heures p.m.U comité est formé, et qui doit mene à bonne fin le résultat de cette torn bola, dont les profits seront attrl bués â l’œuvre de l’église paroissiak Le soubassement de l’église sec-prêt à être livré au culte, le diman che, 4 mai prochain.A cette occa sion, il y aura également de grande cérémonies ; M.le curé Rosconl a df ployé une grande activité et un df vouement Inlassable dans l’avance ment de la paroisse naissante.DECES BILODEAU.—A Roberval, le Samedi-Saint, 22 mars courant, est décédée, à l’âge de vingt-huit ans et neuf mois, madame Marie-Louise Audet, épouse de M.Ernest Bilodeau, comptable à la Banque Nationale.Les funérailles auront lieu mardi matin, le 25, à neuf heures.LYNCH.—A Montréal, le 24 mars 1913, est décédée Catherine, Margaret McDonell, veuve de feu Patrick Lynch, Jr.Les funérailles auront lieu jeudi le 27 courant.Le convoi funèbre partira de sa demeure No.251 rue Fullum à 8 heures 45 a.m., pour se rendre à l’église St-Vincent de Paul, où le service sera célébré, et de là, au cimetière de la Côte-dps-Neiges, lieu de la sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.Prière de ne pas envoyer de fleurs.REMERCIEMENTS Madame Pierre Carmel, et sa famille remercient sincèrement les personnes qui ont bien voulu leur témoigner des marques de sympathie à l’occasion de la mort de monsieur Pierre Carmel.
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