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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 16 décembre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1912-12-16, Collections de BAnQ.

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VOLUME III-No.29ô MONTREAL, LUNDI 16 DECEMBRE, 1912 ÜN SGU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : C AK ADA ET ETATS UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .$2.00 LE DEVOIR Rédaction et Administration 1 71a RUE c ^MT-JACQUES •C ' TELEPHONES ^ ADMINISTRATIO.V’ .ai» 7461 REDACTION: Main ,460 Directeur : HENRI BOURASSA FA/S CE QUE DOIS ! ECHOS DU DISCOURS DE M.LAURIER Témoignage d’une âme naturellement honnête Avant de reprendre l’analyse de la politique ministérielle, jetons un coup d’oeil sur certains points du discours du leader de l’opposition, qui, tout en offrant moins d’intérêt que sa proposition principale, n’en méritent pas moins quelque attention.C’est souvent dans la pénombre que la pensée des esprits retors se dessine le plus nettement.M.Laurier trouvé, comme nous, que le mémoire de l’Amiraut''* ne démontre aucun péril urgent ni même lointain.11 n’y voit, comme nous, que la peinture d’une situation connue depuis longtemps: c’est que dans l’état actuel de scs relations internationales, la Grande-Bretagne doit concentrer ses flotles dans la mer du Nord, comme, en d’autres circonstances, elle les concentrerait dans la Méditerranée ou les mers de Chine.Ce n’est pas, du reste, un cas de télépathie.C’est la conclusion patente et élémentaire qui s’impose à n’importe quel écolier qui connait l’a b c de son histoire et de sa géographie.Laissé à lui-même, M.Laurier en tirerait les mêmes déductions que nous: la Grande-Bretagne, maîtresse absolue de ses relations étrangères, doit subir les conséquences de sa politique extérieure, et porter le poids des armements que ses alliances et ses inimitiés lui imposent.D’autre part, les colonies autonomes doivent soulager la métropole d’une partie du poids de ses responsabilités, en rendant aussi imprenables que possible leurs ports de mer et leur territoire; ce qui ne se fait pas par une flotte, mais par une bonne défense côtière et une milice bien organisée— deux choses qui manquent absolument au Canada.Mais non: forcé de donner une entorse à la logique et de faire taire scs propres convictions pour plaire à ses maîtres, les jingos et les par-, venus fournisseurs de fonds, M.Laurier tire de la situation qu’il a si bien comprise et décrite un argument boiteux en faveur de ses escadres du Pacifique et de l’Atlantique et des flottes coloniales en général.Ces flottes, il veut les créer afin de “remplacer” les vaisseaux anglais qid stationnaient autrefois dans les eaux coloniales.Pourquoi les “remplacer”, puisque, du propre aveu de M.Laurier, la Grande-Bretagne en retirant ses escadres des eaux coloniales ne s’est exposée à aucun péril prochain ou lointain?Il affirme avec plus d’assurance que nous ne l’avons jamais fait, que la Grande-Bretagne ne court aucun danger, qu’elle ne demande absolument rien aux colonies, que la concentration de ses flottes est une chose naturelle et nécessaire —et cependant, il propose que nous construisions deux escadres, comme “adjoncüon”à la flotte anglaise, qui est d’après lui, amplement suffisante à tous les besoins de l’Empire, et que nous “stationnions” ces escadres partout où l’amirauté anglaise trouve qu’il est absolument inutile de laisser des vaisseaux en ce moment.Si la flotte anglaise est toute-puissante, comme M.Asquith, M.Churchill, M.Laurier et nous le pensons, pourquoi ces “adjonctions” dont il veut faire payer les frais par le Canada?Si la “concentration” des flottes anglaises sur un point quelconque est nécessaire, pourquoi proposer un système de flottes locales, inutiles à l’Angleterre comme aux colonies, et horriblement coûteuses à bâtir et à entretenir?M.Laurier a voulu trop prouver: une moitié de son raisonnement détruit l’autre.A-t-il voulu se payer la tète des ignorants cossus qui se paient sa liberté?ou dans son zèle à servir leurs désirs, a-t-il oublié le conseil de Talleyrand, son maître sur tant de points: “Surtout pas de zèle?” # * * A propos de “l’indépendance” des flottes coloniales, le chef du parti libéral, a bien voulu rendre un témoignage tardif mais précieux à l’exactitude de nos opinions.».On se rappelle-le fameux arrangement conclu ù Londres entre M.Laurier, alors premier ministre, et le gouvernement impérial, dans le T but de définir l’autorité respective des deux pouvoirs—britannique et canadien—sur cette flotte hybride.C’est cet arrangement qui faisait pâmer d’aise les “écrivains” de la Presse, en face de cette magnifique conquête de “l’autonomie complète” du Canada, mais qui par contre faisait dire au correspondant particulier de la Presse, à Londres, que “ees bons farceurs d’Asquith et de Lloyd-George fen profitaient pour nous mettre sur le dos la police d’une partie de l’Atlantique et du Pacifique”; mais que peut-être les “beastlft colonials”—y compris les rédacteurs de la Presse et du Canada—“ne s’apercevront-ils pas tout de suite du cadeau qui vient de leur être fait.” On n’a pas oublié, sans doute, que cet arrangement fut conclu dans le plus grand mystère; que M.Laurier le garda secret tant qu’il put; qu’il refusa de le produire à la Chambre des Communes canadienne plusieurs jours après qu’il eût été communiqué au parlement britannique; qu’il ne s’y décida enfin qu’au moment de la prorogation.C’était la première fois, l’autre jour, que sir Wilfrid Laurier exprimait son opinion sur la portée de cet arrangement—le dernier acte de sa politique “autonomiste”.Voici ce qu’il en dit: L’amirauté peut, en tout temps, compter sur la flotte canadienne, parce que l’an dernier nous avons conclu avec l’amirauté un arrangement par lequel nous avons créé des stations navales pour la flotte canadienne.Ainsi, l’amirauté savait qu’eu tout temps il y aurait, dans ces régions, des vaisseaux canadiens pour garder les mers et que du moment que les navires d’une puissance ennemie de VAngleterre apparailraicfit dans ces eaux, ce serait LE DEVOIR de notre, flotte, de fondre sur ces navires et de les couler à pic, absolument comme s’ils se fussent trouvés dans la rade de.Halifax.Qu’est devenue “l’autonomie complète” du Canada?le “droit absolu du parlement canadien de decider's! la flotte canadienne prendrait part îi la guerre ou non”?“l’autorité exclusive” du Canada sur ces fameuses ’ânes?“Du moment que.les vaisseaux ennemis de l'Angleterre apparaîtront", dit M.Laurier, c’est “le DEVOIR des vaisseaux canadiens”—sans consulter D.A.Laforlune ni Rodolphe Lemieux—“de fondre sur ces navires et de les couler”—ou de se faire couler, comme à Yarmouth.Tout vient h point à qui sait attendre.Nous savions bien qu’un jour ou l’autre, l’honnêteté native de M.Laurier prendrait le dessus sur es mauvaises habitudes qu’il a contractées dans la politique et la fréquentation de la Presse, et qu’il finirait par dire la vérité—même .au risque de prouver que toute la troupe des “écrivains” et des “orateurs” qui out fait l’article “autonomiste” de M.Laurier en 1911, n’étaient bien, en effet, que les beastly colonials si exactement décrits par le correspondant de la Presse et incapables de s’apercevoir par eux-mêmes du bon lour que “ees farceurs d’Asquith, de Lloyd-George”—et de Laurier— leur ont joué en “leur mettant sur le dos le cadeau” des fameuses zones.C’est probablement pour consoler son troupeau d’esclaves du magistral soufflet qu’il leur inflige par cet aveu, qu’il a cru devoir revenir mr les vieux rabâchages des doctrines “pernicieuses” prêchées dans la province de Québec—il ne dit plus particulièrement par les nationalis-(es.Il a employé un bon tiers de son discours à ressasser, sans même les rafraîchir, les vieilles loques des harangues de son toutou Rodolphe.“Le Canada ne doit rien à l’Angleterre”—quelle abominable ingratitude! “La doctrine Monroe protège le Canada”—quelle hérésie! “L’indépendance es! la destinée naturelle du Canada”—crime et folie! / Nous examinerons demain, si M.Laurier a élé aussi candide sur ces divers aspects de la question que sur le marché qu’il a conclu avec l’A-nirauté._ Henri BOURASSA.LA CONTRIBUTION DE $35,000,000 La proposition Borden, la contre-proposition Laurier, les dessous d’une manoeuvre Pour juger de la portée vraie de la eontre-proposîtion Laurier, il faut la rapprocher de la proposition Borden, et bien voir ce qu’elle lui ajoute ou enlève.' La proposition Borden se lit ainsi: LA PROPOSITION BORDEN “Qu'il est expédient, en rapport avec le bill actuellement devant cette Chambre intitulé: “Loi à l’effet d'autoriser des mesures en vue d’augmenter les forces navales effectives de l’Empire”, de décréter:— (a) Que, à même le fonds du revenu consolidé du Canada, il soit loisible de verser une somme n’excédant pas trente-cinq millions de dollars dans le but d’augmenter immédiatement les forces navales effectives de l’Empire; (b) Que la dite somme sera utilisée sous la direction du Gouverneur en conseil pour les fins de la construction et l’équipement de bâtiments de guerre ou de croiseurs cuirassés, du type le plus moderne et le plus puissant; (c) Que les dits navires, une fois construits et équipés, seront placés par le Gouverneur en conseil à la disposition de Sa Majesté pour la défense commune de l’Empire; et (d) Que la dite somme sera versée et utilisée, et les dits navires construits et mis à la disposition de Sa Majesté en conformité des conditions et conventions consenties et conclues entre le Gouverneur en conseil et le gouvernement de Sa Majesté”.Le préambule de la résolution fixe le principe de la contribution; l’alinéa A en détermine le chiffre, et les autres l’emploi.Or, (iue dit le préambule de la proposition Laurier?“Cette Chambre ne croit pas devoir donner son concours à ladite résolution et ordonne de la renvoyer au comité avec instruction de la modifier de la manière suivante, savoir: de retrancher tous les mots APRES L’ALINEA A et de leur substituer les suivants”.APRES L’ALINEA A! Donc, la proposition Laurier laisse subsister le préambule et le paragraphe A; donc, elle les incorpore à la proposition amendée.Si la Chambre votait la proposition Laurier, voici ce qui serait consigné dans ses procès-verbaux, voici ce que serait la politique “canadienne”, inspirée par M.Laurier: Qu’il est expédient, en rapport avec le bit! actuellement devant cette Chambre intitulé: “Loi à l'effet d’autoriser des mesures en vue d’augmenter les forces navales effectives de l’Empire”, de décréter:— (a) Que, à même le fonds du revenu consolidé du Canada, il soit loisible de verser une somme n’excédant pas trente-cinq millions de dollars dans le but d’augmenter immédiatement les forces navales effectives de l’Empire; Le mémoire préparé par le Bureau de l’Amirauté sur la situation navale générale de l’Empire et communiqué à cette Chambre par le Très Honorable Premier Ministre, le cinq décembre, fait voir que plusieurs des plus importants pouvoirs étrangers ont adopté un programme défini pour augmenter rapidement leurs forces navales.Que cette décision a forcé le Royaume-Uni à concentrer ses forces navales dans son voisinage immédiat, entraînant par là le retrait de ses navires, des possessions éloignées de l'Empire; Que ce retrait implique pour le Canada la nécessité d’inaugurer immédiatement et activement un programme permanent de défense navale; Que toute mesure d’une aide canadienne à la défnse navale de l’Empire, qui ne comprendrait pas une politique permanente de participation au moyen de navires possédés,équipés et entretenus par le Canada et ne pourvoierait pas à leur construction aussitôt que possible en Canada ne serait pas une expression adéquate ou satisfaisante des aspirations du peuple canadien au sujet de la défense navale, et ne représenterait pas la part raisonnable que devrait assumer le Canada dans le maintien des forces navales de l'Empire; Que cette Chambre regrette d’apprendre que le gouvernement a l’intention d’ajourner indéfiniment l’adoption par le Canada d'une politique navale permanente; Que cette Chambre est d’opinion que des mesures devraient être prises au cours de la présente session pour mettre en vigueur d’une manière active et prompte la politique navale permanente comprise dans la loi du service de la marine de 1910 passée en conformité de la résolution approuvée unanimement par cette Chambre, en mars 1909; Que cette Chambre croit de plus qu’augmenter la puissance et la mobilité de la marine impériale par l'adjonction de deux escadres fournies par le Canada sous le régime de la susdite loi, et qui seraient stationnées sur les côtes canadiennes des océans, Atlantique et Pacifique, respectivement, plutôt, que de recourir à une contribution, soit d’argent, soit de navirbs, est une mesure de beaucoup la plus propre à venir au secours de la défense navale impériale et, pour employer l’expression contenue dans le mémoire de l’Amirauté, à “redonner une plus grande élasticité de mouvement aux escadres britanniques sur toutes les mers et contribuer directement et davantage à la sécurité des dominions”, et, que le gouvernement canadien devrait prendre des mesures propres à la réalisation la plus prochaine possible de cet objet.SIMPLE COMMENTAIRE Donc, MM.Laurier et Borden se donnent la main pour affirmer que le Canada doit contribuer à “augmenter immédiatement les forces navales effectives de l’Empire;” Donc, ilsilaceordenl à déclarer que nous devons, cette année, voter une somme de trente-cinq millions.Ils ne diffèrent fque sur le mode d’emploi.M.Bourassa à Ottawa IMPERIALISME ET NATIONALISME M, Bourassa fera une conférence ( Ottawa mercredi soir, devant les membres du Canadian Club.II a oris pour sujet: Impérialisme cl Nationalisme.Cela lui permettra de Irsiler de nos relations générales nvec la métropole et spécialement les deux politiques actuellement «oumlscs aux Communes.Faites-vous inscrire Les délais, pour l'inscription sur la liste électorale expireront le 20.La nouvelle loi donne le droit de suffrage à presque tous les citoyens, mais la ville n’inscrit que ceux qui lui paient quelque chose à titre de propriétaire ou de locataire.Les autres doivent se faire inscrire spécifiquement et les premiers feront bien de vérifier à l’Hôtel de Ville la régularité de leur inscription.BILLET DU SOIR SANTA CLAUS Hier, mon filleul Toto, ayant cassé un verre de Bohème, inondé de soupe la nappe et maculé de deux taches la redingote des dimanches à son papa, allait faire la petite scène que.Sainte-Beuve, aimait parce que c'est le moment où on emporte les enfants, quand sa maman lui dit: — Va, mon Chouchou, va, chercher ta lettre de Noël pour la montrer à parrain.Toto soudain calmé, me revint, une minute après, tapant te sol de scs talons neufs et tenant des deux mains une feuille de papier, étoilée de pâles d’encre, où sa grosse écriture, à peine différente des bâtons primitifs, avait inscrit ses desiderata.La liste en était longue, la jeune expérience de mon filleul sachant déjà que le Bonhomme Noël est généreux.pour les enfants des riches.Comme je la parcourais, tachant d’y dénicher un cadeau assorti à la bourse du parrain, je remarquai l’entête en orthographe réformée: A meusieu Centa-Classe.— Quel est ce monsieur à qui tu t’adresses?dis-je.— C’est lui tu sais, qui donne les joujoux.— Mon cher filleul, je croyais que Sanla-Claus allait dans West-mount chez les petits jingos.De mon temps, les petits Canadiens était plus patients que toi.Ils attendaient, huit jours plus tard que le Xmas, le passage du père Noël, un bon vieux type de trappeur.Même on nous racontait que ca’ui-Qi était accompagné d’un autre vieillard, bien méchant, le père' Foaellard, qui laissait des verges aux enfants pas sages.Toto, si tu veux que parrain obtienne pour toi un beau cheval mécanique, change l’adresse de ta lettre, et ajoute un post-scriptum où tu demanderas des verges pour papa et maman.Ils le méritent bien, va, pour an-glifier ta petite imagination, en profanant nos belles légendes.Et Toto a tout de suite, devant son père et sa mère vexés, rédigé mon post-scriptum.Louis BRETON.L’impôt des automobiles La législature, par sa commission de législation particulière, refuse à la Ville le droit de taxer les propriétaires, chauffeurs ou conducteurs de voitures-automobiles, sous le prétexte qu’ils paient déjà patente au gouvernement de la province.Les délégués ont eu beau déclarer qu’ils ne tenaient pas à l’argent, mais seulement au contrôle de ces voitures, ce fut en pure perte.Si nous nous souvenons bien, nos législateurs avaient déclaré, quand ils se sont réservé l’impôt sur les automobiles, que c’était parce que ces voitures se servent tout autant des routes de la campagne que des chaussées urbaines.C’était peut-être juste à une époque où Ton ne voyait que des voitures de tourismes; mais, à l’heure actuelle, Tau-tomobile sert autant au transport des voyageurs et des marchandises qu’à celui des promeneurs.Et c’est précisément les taxautos, les camions-automobiles et les tracteurs à moteurs mécaniques que la Ville veut atteindre par cette taxe.Or personne n’a jamais vu les autobus, les taxautos, les locomotives à vapeur, à pétrole ou à essence se balader par les chemins ruraux; ils s’y casseraient roues et ressorts, ou s’y embourberaient irrémédiablement.La raison que donne la commission de législation particulière n’a donc aucune valeur.Que n’a-voue-t-on pas plutôt que l’impôt sur les automobiles commence à former un revenu assez gentil pour que la province ne tienne pas à s’en priver?Ce serait plus net.Mais tous les arguments de nos législateurs ne prévaudront pas contre le fait brutal que les camions à roues dentelées, que 1rs tracteurs de fourgons chargés à s’écraser continueront à défoncer nos pavages sans que notre gouvernement municipal puisse s’y opposer.Tout ce que pourra faire la Ville sera de réclamer des dommages, et Ton sait qu’il y a loin de la demande à l’obtention.La Ville pourra continuer à réglementer les cochers, mais elle sera impuissante devant les chauffeurs de taxautos.La Compagnie Canadienne d’Autobus est liée à la Ville par un contrat régulier, mais toute autre compagnie qui voudra' établir un service semblable pourra le faire, sans qu’on n’ait rien à redire.C’est devant des faits semblables qu’on déplore que les citoyens de Montréal soient obligés d’obtenir la permission des députés du golfe —et peut-être de l’Esquimau, que TUngavu pourra envoyer un jour à Québec, — pour disposer de l’argent et des immeubles qui leur appartiennent.Pred.PELLETIER.Le danger d’un règlement de comptes LE “WEEKLY SUN" DEMANDE DES DETAILS.Ce que prévoyaient tous les esprits un peu clairvoyants arrive.M.Borden, forcé d’appeler à son secours tous les arguments, avait tenté, pour justiiier sa contribution de $35,000,000, d’établir que l’Angleterre a dépensé pour notre protection quelque chose comme $400,-000,000.La production de ce chiffre devait fatalement provoquer de la part des Anglo-Canadiens, gens pratiques et qui n’aiment pas à se faire rouler en affaires, une demande de détails et une comparaison de chiffres.Aussi le Weekly Sun de Toronto, le journal anglais le plus répandu dans,les milieux agricoles, disait-il, dès jeudi dernier: “Fl serait intéressant d’avoir un compte détaillé.Dans ce cas, il pourrait nous être possible d’en présenter un aussi.Par exemple, le coût de la guerre de 1812-15 est probablement compris dans cette prétendue dette.Qui a amené la guerre?Pas le Canada sûrement.La cause principale en a été retracée dans Pacte brutal des capitaines de navires anglais qui se donnèrent le droit de faire des perquisitions dans les vaisseaux de guerre américains, sous prétexte d’y chercher des déserteurs de farinée britannique.L’embargo dont fut frappé le commerce des Etats-Unis avec l’Europe, pendant les guerres de l’Angleterre avec Napoléon, en fut une autre cause.Le Canada ne fut responsable ni de Tune ni de l’autre.Et pourtant, lorsque vint la guerre, notre pays fut la scène du conflit; les pertes amenées par l’invasion et l’interruption du commerce furent subies par notre peuple; nos taxes aidèrent à défrayer le coût de la guerre; dans la bataille qui eut lieu, nos troupes firent certainement leur part.Dans cette occurrence, au lieu de porter au débit du Canada les dépenses encourues par TAngleterre, il semblerait que le Canada dût être le créancier.“Il est probable que ia liste de nos débits contient aussi le coût des préparatifs dç.guerre lads au.Canada par T Angleterre lors de Tal-faire du Trent.La guerre dont nous fûmes alors menacés eût été amenée, indirectement, par un vaisseau de guerre américain qui avait accosté, en pleine mer, un vaisseau de la marine marchande anglaise, et s’était emparé d’une couple d’envoyés sudistes qui allaient en Europe demander de l’aide en faveur de la Ligue du Sud qui voulait se détacher de l’Union.La vraie cause, toutefois , ne fut autre (pie la destruction du commerce américain par un corsaire de construction anglaise, VAlabama, et la sympathie active des classes privilégiées qui dominaient alors en Angleterre, pour les propriétaires d’esclaves du Sud, qui s’efforçaient d’abattre la République.Ici encore, le Canada ne fut nullement responsable.La cause ou les causes du conflit dont nous fûmes alors menacés ne peuvent, d’aucune manière, être attribuées au peuple de ce pays.Cependant si le conflit avait eu lieu, le choc en serait retombé sur le Canada, et les seules dépenses encourues pour nous prémunir contre toute éventualité furent très considérables.Cette fois encore, s’il y a obligation quelque part, clic n’est pas de notre côté.A notre liste pourrait aussi s’ajouter le coût des invasions des Eéniens, — invasions qui furent le résultat d’hostilité non pas contre le Canada lui-même, inais contre le Canada possession britannique.S’il faut établir des comptes, le Canada a certainement quelque chose à mettre à son crédit.” Il est évident que les choses n’en resteront pas là.Une fois l’examen des vieux comptes commencé, on ira jusqu’au bout.Le Weekly Sun veut distraire des $400,000,000 les frais de la guerre de 1812, ceux des préparatifs nécessités par l’affaire du Trent et le coût de l’invasion fénienne — tous imputables à la politique anglaise et à notre état de colonie britannique; il indique que le Ca-nqda aurait droit, de son côté, d’opposer au compte des dépenses anglaises celui des pertes et déboursés que nous avons subis du fait de ces guerres dont nous n'étions pas responsables.Le livre de M.Ewart ouvre un autre chapitre dans la comptabilité anglo-canadienne.Le grand avocat affirme que le Colonial Office du temps où il administrait notre service post: 1, nous a extorqué chaque année des milliers de louis par son tarif excessif; qu’il nous a imposé des fonctionnaires-inutiles ; que les gouverneurs anglais ont sacrifié nos territoires à des favoris; que le gouvernement britannique nous a imposé pendant des années un régime qui, en limitant notre liberté commerciale et la liberté de ia navigation, nous a causé des dommages énormes.Tous les vieux comptes seront ramenés à la surface, puisque Ton essaie de nous charger d'un nouveau fardeau; et, comme l’événement vient de le.prouver, ce ne sont |>as les Canadiens-français qui seront les premiers à discuter les comptes anglais et à formuler ceux du Canada.Est-il un homme intelligent qui n’aperçoive le danger évident du règlement de comptes provoqué par le premier ministre?On ne tardera pas à constater que cette politique “impérialiste” réserve à l’Empire les plus désagréables aventures.Orner HER0UX -^ i .La conférence de Londres C’est aujourd’hui que, s’ouvre à Londres, la conférence chargée de fixer les conditions de la paix Mitre la Turquie et les Etats balkaniques.On saisit tout de suite l’importance de cet événement historique destiné à marquer le commencement de la fin de la domination ottomane en Europe et la naissance sur se* ruines d’une nouvelle puissance: la Confédération des Etats balkaniques.L’armistice conclu à Tchataldja avait surtout pour but d’accorder aux plénipotentiaires un délai suffisant pour continuer les entretiens commencés et chercher, au moyen de combinaisons nouvelles, à établir les bases d’une paix définitive et durable.Il serait difficile et téméraire d’affirmer que les efforts des délégués des nations belligérantes aboutiront du premier coup au résultat souhaité.A Sofia comme à Constantinople, on n’en est pas bien convaincu.Les Turcs paraissent déterminés à faire l’impossible pour conserver Andrino-ple, et les Bulgares se résigneront difficilement à y renoncer, si on en croit les déclarations faites à Londres par le Dr Daneff, chef de la délégation bulgare.D’autre part, les dépêche nous apprennent ce matin qu’un groupe imposant de députés appariement de Sofia s’est formé, qui réclame la rupture des négociations et demande à Tarmée bulgare d’aller à Constantinople même .dicter les conditions de la paix.Cependant, on a l’impression que ni d’un côté ni de l’autre, on ne se soucie de reprendre les hostilités et que la période héroïque de la crise est désormais close.11 entre dans les négociations qui vont s’ouvrir trop de facteurs etrangers, trop de considérations qui échappent au gros public pour que, là où on croit voir des problèmes insolubles, on ne finisse pas par trouver des solutions inattendues qui, probablement, renverseront tous les calculs.Ainsi, déjà ne discute-t-on pas l'éventualité de l’entrée de la Turquie dans la Confédération balkanique?C’est un peu tôt, avouons-le.Quelque courte que puisse être la rancune des Turcs, il conviendrait au moins d’attendre que les bases de la paix aient été posées.Après cela, bien malin qui pourrait prédire avec quelque assurance ce qui arrivera ou n’arrivera pas.La diplomatie nous ménage parfois d’étranges surprises, et les Turcs sont passés maîtres dans cet art redoutable.Qui sait si la Porte, en s’unissant à la puissance qui s’élève sur les ruinfcs de son empire européen, ne se fie pas à la supériorité de sa finisse dans Tintri-gue pour préparer, sur un terrain qui lui est familier et où elle conserve des intelligences, des revanches qu’elle désespère d’obtenir autrement?Du reste, l’histoire contemporaine nous montre des alliances tout aussi extraordinaires.N’a-t-on pas vu l’Autriche s’unir à l’Allemagne après Sadowa?Uldéric TREMBLAY.-—n.- Sur le Pont d’Avignon.Les deux partis s’accordent à faire retentir, sous les voûtes de la Chambre des Communes canadiennes, le God Save the King et le Baie Britannia.Mais personne ne paraît songer à entonner TO Canada ni le Maple.Leaf for ever.Le fait est caractéristique de ce débat où les chefs des deux partis prônent des politiques également néfastes aux intérêts canadiens.«< * ü< Pourquoi M.Laurier, si prompt à se cantonner dans les lignes de Torres Vedras, a-t-il cette fois a-bandonné sa tactique ancienne et proposé T“alternative” qui répugne à un si grand nombre de libéraux?La question intrigue plus d’un observateur.* * * La vie politique offre de beaux spectacles.Joseph Rainville conduisant le choeur impérialiste n’est pas mauvais, mais Louis-Philippe Pelletier criant à M.Gorges Graham: Vous êtes en train de devenir nationaliste! est tout à fail délicieux 1 * (K * Le même M.Pelletier voit dans les souscriptions canadiennes-françaises à la flotte britannique au moment de la Révolution, un exemple et une leçon.Pourquoi n’ouvre-t-il pas, à son tour, une liste de souscriptions?Cela lui permettrait de nous donner un grand exemple, * * 9 Un certain nombre de syndicalistes français, qui restent absolument en dehors des croyances catholiques, du reste, commencent à s’inquiéter sérieusement de la pré- sence dans leurs groupements des Maçons du Grand Orient.Ils ont du flair, et leur attitude pourrait faire réfléchir un certain nombre de braves gens de chez nous.Sk s»; A- Le Travail, qui vient de paraître et qui s’intitule “organe de la classe ouvrière”, sort des mêmes ateliers typographiques que le Pays et il a la même apparence matérielle.Le premier numéro semble indiquer que ce n’est pas le seul point de contact qu’aient les deux journaux.üfi ii A On affirme que, depuis des semaines, la collection de l'Evénement de 1911 est introuvable à la bibliothèque du Parlement.Elle serait dans le bureau privé d’un politicien qui tient beaucoup à faire on plutôt à empêcher qu’on fasse certaines vérifications relatives à ses discours de 1911.A $ ft M.D.A.Lafortune a prononcé un discours de 50,000 mots.En foncé, I témost hène ! >[; a >:< Churlebois vient de publier un nouvel album de caricatures : Montréal juif, qui ne manque pas de piquant, cl dont la pointe égratigne aussi volontiers les chrétiens que les Juifs.Dépôt général à l’imprimerie Bi-laudeau, 71-73, rue des Commissaires, 25 sous l’exemplaire.A * A Mrs Mary Leigh, qui a atteint John Redmond avec un hachereau destiné nu premier Asquith, prétend qu'elle n’a voulu faire qu’un geste symbolique.Elle a le symbole tuochant.A A A La Gazelle publie ce matin, dans son compte rendu des tribunaux civils, une colonne de français.Que dira l’Orange.Sentinel?A A A Faites vos achats de Noël! Le Veilleur.-g- Remaniement militaire en France (Service particulier) Paris, 16.—Les généraux Michel,De-langle de Cary, Fe.ch et Brochin ont été nommés: le premier, gouverneur militaire de Paris, en .remplacement du général Maunoury, qui passe au cadre de réserve ; le deuxième, membre du conseil supérieur de la guerre ; le troisième, commandant du 8e corps d’armée, et le quatrième commandant du 5e corps.-?- ' Quai démoli par un traversier (De notre corresDondant) Québec, 16 — Le traversier “Plessis”, de la compagnie de la Traverse Limitée, a abordé son quai de Québec avec une telle violence, samedi matin, à 7 hrs 30 qu’il a démoli une parti» du quai, causant pour plusieurs milliers de piastres de dommages. LE DEVOIR, MONTREAL, LL'MM.16 DECEMBRE I'J12 VOL.Ht.— No.296.LETTRE DE QUÉBEC^ ?'"• b«>" J - concert de Québec et Ottawa.— Le Conseil Législatif.— Écoles 1- c^ticnn d'industrie et de réforme ,a Sa,SOn Québec, lü.—L’n hutnine politique de longue expérience me disait lier que le parlement fédéral absorbait de plus en plus l'attention pu-alique au détriment des législatures locales, l/afinée dernière, c'était la question du Kéwatin, cette année, c’est la question de la marine; quoi-flue nous fassions, nos travaux restent dans l’ombre de ces grands débats.La remarque est juste, dette année surtout l'intérêt a été concentrée sur Ottawa.Les deux sessions ont commencé à peu près en même temps, et dès les premiers jours, .l’on n’entendait qu’une interro; lion: quels sont les détails du projet Burden?quel accueil M.Laurier fera-t-il à la solution proposée par le gouvernement?quelle altitude adopteront •(X députés conservateurs catiadk-ns-français?M.Borden a livré scs secrets, M.Laurier a fait connaître son plan de bataille el les députés mi-| nistériels de la province de Québec sont encore incertains.Fendant ce j temps-là, législateurs de Québec achèvent leur tâche, à peu près ignorés du grand public.On rencontre même des gens qui vous demandent sérieusement quand aura lieu la session provinciale.Il est à craindre que cette distraction des affaires provinciales s’accentue de plus en plus.Le développement du pays, l’importance fies problèmes nouveaux que l’impérialisme nous impose, après les avoir secrètement préparé*; de longue main, vont faire du parlement fédéral le théâtre d'ï.s grandes luttes à venir.Par exemple, cette question navale ne fait qu'ouvrir le champ des conséquences et tics responsabilités.Qu’une grande guerre surgisse, nous en serons forcément par le fait de notre entrée dans la marine impériale et si peu considerable que sera le rôle du monsieur qui nous représentera dans ce comité d’apparat de la défense impériale, il aura nécessairement sa répercussion à Ottawa.Si les événements tournent bien, nous serons peut-être appelés a tie nouvelles contributions, et s’ils tournent mal, il faudra payer notre part des pots cassés.Autant d’occasions qui contribueront à ramener constamment l’attention sur Ottawa.Kncore une semaine ici el tout sera probablement fini.Ce n’est pas que la (besogne manque, mais quand vient l’heure de la prorogation tout marche à la vapeur.Le bil! de Montréal n’est pas encore sorti de ta commission de législation privée, et il n’arrivera peut-être pu.au Conseil avant mercredi.Qu’importe, il faut en finir.Le Conseil n’est pas fatigué.C’est à peine s’il a tenu une douzaine de séances depuis le i'ommencement de la session, une semaine de surmenage ne le lera pas mourir.Pauvre Conseil! Je crois certes à sa nécessité, mais je ne suis pas le seul qui le voudrais voir plus actif.On nous dit parfois qu’il a surtout pour rôle de reviser le travail des députés.Cela est vrai.Seulement, le travail de revision est souvent si peu considérable qu’il aurait, s’il le voulait, le temps de jeter des idées dans l’opinion.11 compte fptelques hommes de réelle valeur; que ne formulent-ils, de temps a autre, quelques projets.Oh! c’est toujours la même histoire: on a peur d’embarrasser le gouvernement.Le Sénat prend plus de libertés depuis quelques années.On y discute parfois des sujets très intéressants, et si le gouvernement n’en fait pas toujours grand cas, du moins le pays a-t-il l'occasion de s’apercevoir que nombre de sénateurs mériteraient les suffrages populaires.Je ne crois pas (tue le Conseil législatif ait soumis le moindre projet depuis que M.Archambcault y élabora son projet du risque i rofessionne! autrement dit de la responsabilité des accidents du travail.Il est vrai que le gouvernement le laissa dormir longtemps, mais ce n’est pas une raison pour décourager I s membres de notre Chambre haute.Après tout, le projet de M.Archambeanlt a fini par passer dans son ensemble.Pourquoi le Conseil ne discuterait-il pas maintenant la question de colonisation, la question qui reste la plus importante pour noire province?L’on a renouvelé cette semaine le contrat pour la garde et l’entretien
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