Le devoir, 7 décembre 1912, samedi 7 décembre 1912
VOLUME 111—INO.ABONNEMENTS: Edition Quotidienne: CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE .* „ « .$^.00 MONTRÉAL, SAMEDI 7 DECEMBRE, iVlz UN SOU LE NUMERO Rédaction et Administration J 7 U RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mm.7461 REDACTION: Main 7460 Direcfteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! L'HONNETE “WITNESS” X ï.e Witness vient rie nous donner un nouvel exemple de ses méthodes et de Sa singulière conception de l’honnêteté.On n’.a peut-être pas ou blié que vendredi de la semaine dernière, il taxait de calomnie notre directeur et l’acicusait de dire sur le compte des immigrants britanniques, "derrière l'écran de su langue", des choses qu’il n’ose point répéter en anglais.M.Bourassa démontra (voir ie Devoir de lundi) que lo le Witness avait soigneusement découpé son article pour en outrer et fausser le sens; 2o que cet article ne faisait que reproduire la substance des déclarations qu’il a faites, en anglais, à la Chambre des Communes et qu’il vient, du reste, de répéter à Toronto; 3o que l’exactitude de ses affirmations était confirmée par une lettre du capitaine Andrew Hamilton, officier en retraite de l’armée anglaise, et par une circulaire de la Church Army, l’une des sociétés mises en cause.Il somma le Witness de se rétracter et de reproduire la preuve du mal-fondé de son accusation.Quatre numéros du Witness ont paru depuis (mardi, mercredi, jeudi, vendredi), mais l’honnête journal n’a pas daigné s’apercevoir qu’on l’avait démenti.Il fait le mort.Comme les quatre-vingt-dix-neuf centièmes de ses lecteurs n’ouvrent jamais un journal français, comme l’immense majorité d’entre eux sont du reste totalement incapables de lire le français, ils resteront convaincus que le directeur du Devoir s’est attaqué à toute l’immigration britannique, qu’il n’a pas apporté la moindre preuve à l’appui de ses appréciations et qu’il lient, dans les milieux anglais et dans son journal, un langage différent.L’honnête Witness aura commis une eanaillcrie de plus; mais, contre les nationalistes, tout n’est-il pas permis?Orner HEROUX LA LANGUE FRANÇAISE ET LE COMMERCE UN MOT A PROSCRIRE f)e toutes les expressions anglaises qui se sont introduites dans notre langue et la minent sourdement, aucune n’e*st entrée plus avant que le mot cent.Tout Canadien, je crois bien, l’a prononcé quelquefois dans sa vie; pas un marchand qui ne l’emploie couramment chaque jour.Anglicisme de pure marque, il 'doit être, comme les autres, impl-floyablement proscrit.Mais par ’cjncl terme le remplacer?Deux ox-rpressions ont été suggérées.Et d’a-^ (bord le mot cenlin.Plusieurs brades gens en émaillent déjà leur con -;versation.On le rencontre même jdans des livres et des journaux, i Ceniin cependant a contre lui qu’il n’est pas français.Et l’on admettra qu’en l’espèce c’est quelque chn-< se, c’est même tout.A quoi boa se 1 battre les flancs pour opérer un changement difficile si l’expression à adopter ne vaut guère mmux que l’expression à rejeter.Quelques-uns vont me répondre: “Pardon! centin l’emporte de beaucoup uir cent.D’abord il n’est pas anglais-premier avantage; ensuite — deuxiè.me — s’il n’est pas français, il peut le devenir.N’en tient-il pas qu'a nous?Adoptonsde, vulgarisons-le Il entrera dans la langue comme poudrerie, sucrerie, etc, mots qui ne se rencontrent pas dans les diction naires, que nous avons créés nous mêmes et dont on ne peut aie • maintenant le caractère français.” Ce raisonnement serait excellent, s’il ne péchait.par la base.On ue crée, en effet, à bon droit des mots que lorsque la langue ne possède déjà aucun terme pour désigner l’objet qu’on veut appeler.Ainsi dans les exemples apportés plus haut.Mais pour exprimer U pièce de monnaie anglaise cent, il existe un mot bien franais.C’est l’autre expression suggérée: le mot sou.Le mot sou a de longs états de service dans Ja langue française D’or, puis d’argent, il fut contemporain des premiers rois mérovingiens; de cuivre, il représenta, peut-être des les Valois, à coup sûr du temps de Louis XIV, une monnaie très courante.Il signifiait alors la vingtième partie de la livre.C’est sous cette valeur qu’il s’introduisit au Canada avec la domination française.Il y régna jusqu’à la cession.Notre expression 30 sous qui représente 25 cents de la monnaie anglaise, est un reliquat de cettï époque.Mais ni le sou ni la livre n'avaient absolument la même valeur dans les différentes provinces.Un nouveau système qui fit loi dans toute la France s’imposait.Il fut établi par un décret de la Convention.Le franc remplaça la livre.Comme elle, puisqu'il en relevait, le sou perdit alors sa valeur monétaire.Il demeura cependant un des mots les plus vivants de la langue française.Il continua même de signifier ce qu’il avait toujours représenté, une petite pièce de in.u:-naie, voire la plus petite du système en cours.D’où ces expressions aussi usitées avant qu’après le décret: Amasser sou à sou.— Tl n’a pas un sou de dette.— Ca ne vaut pas un son.— et quantité d’aul-es du même genre.Puisque donc le mot son.iel qu’employé par nos pères, ne répond plus à aucune réalité — le système monétaire dont il faisait partie ayant disparu — puisque d’autre part, d’après une acception ^ bien française, il signifie toujour-* une très petite pièce de monnaie, n’est-il pas naturel de l’employer pour désigner notre cent, la plus petite de nos pièces de monnaie?Que cette extension de sens son légitime, Ja France elle-même nous en donne une preuve.Elle a fail pratiquement ce que nous vouloir; faire.Le changement qu’opéra lu Convention souleva des réclamations.Elles furent si vives qu’un nouveau décret permit, tout en maintenant aux pièces de monnaie leur nouvelle valeur uniforme, de leur donner les anciens noms.Ainsi la pièce de cinq centimes se nomma un sou.Ce décret, il est vrai, fut rappelé plus lard, mais le peuple n’en continua pas moins à employer les vieux termes.Ainsi on appelle - communément aujourd'hui une pièce de cinq centimes un sau, une pièce d’un franc vingt sous, une pièce de cinq francs cent sous.Dernier détail très important en l’occurrence, cette pièce de cinq centimes, ou d’un sou, a une valeur à peu près identique à notre ceni.Si petite est la différence qu’on n’eu tient pas compte dans le commerce avant d’atteindre le franc.Notre piaslre (100 cents) vaut à peine 103 Sous français.Donc et la signification générale, traditionnelle je dirais, du mot sou, et sa signification nouvelle monétaire, nous autorisent, nous obligent même en quelque sorte, à l’employei pour traduire le mot cent.A ce raisonnement, ajoutons ue argument d’autorité.Si nous cou Ions parvenir à épurer la langue qui nous parlons, un accord dans le choix des termes est essentiel.Cil accord, seule la société du Parie: français peut le créer.Elle repre sente chez nous la plus haute auto rilé linguistique.Ses membres se recrutent par tout le pays, ses ofi'i ciers sont des hommes d’une valeui intellectuelle et d’un jugement pratique reconnus, ses décisions ne sont adoptées qu’après avoir été longuement mûries et discutées.Il se pourrait que quelques-unes de ces décisions heurtassent nos opinions personnelles.Notre devoir est de nous y rallier quand même.Le salut de notre langue est à ce prie Or le numéro de mars 1908 du Bulletin du Parler français contient les lignes suivantes: “Centin n’est pas français; cent monétaire est anglais, La Société du Parler français a sug géré le mot sou pour cenlin ou cen1.’ Je sais bien l’objection qu'on pout soulever, qu’on a soulevée: La niece de 25 cents équivaut au Canada à 30 sous.Vous ne changerez pas cela.Et cette difficulté suffit pour empêcher votre réforme de réussir.Voyez-vous la belle confusi m qu’elle créerait?— Allons donc! (pue seule locution à modifier: comme si c’était une montagne à déplacer! Supposons que tout le monde s‘y mette.Dans le temps de le dire.— Mais tout le monde ne s’y mettra pas! — C’est vrai.Tout Je monde ne s’y mettra pas, ainsi Jes esprits opposés par nature aux changements même les plus urgents, ainsi 1rs utilitaires, ainsi les sceptiques.Mais les autres, et nous croyons qu’ils comptent encore dans notre race, ceux sur qui les raisonnements ont encore prise, ceux qui se soucient de bien parler, ceux que l’avenir de leur laiî gue intéresse, etc., ele.Par eux la réforme s’implantera peu à peu.Elle s’implantera surtout, s’ils le veul-nt, chez les enfants, et c’est le prinri pal.Aux maîtres et aux maîtresses d’école incombe spécialement celte tâche.La classe d’arithmétique les oblige à se pronnnrer enlre les mois cent, centin el sou: qu’ils n’hésilcnl pas à adopter ce dernier.Que les marchands, les confiseurs en parli-culiers, fassent de même.Que les journalistes enfin y ai! lent de leur concours.11 est précieux.Plusieurs journaux ont déjà imprimé sur leur première page: “un sou le numéro”.Cette prati-que devrait être suivie par tous.Mais le journal n'a pas que le prix de ses copies à indiquer.Allez aux pages intérieures.Les annonces regorgent de cent et de cenlin.Nous connaissons une revue où, par ordre de la direction, ces mots sont impitoyablement prohibés.Gare au malheureux qui en laisserait passer un, l’annonce eût-elle été on voyée déjà composée.Et la défense est juste.Une fois un principe admis, il faut en accepter jusqu’au bout les conséquences.Donc, employons, à chaque occasion, le mot sou.Répétons-le à pleine bouche.Ce sera d’aillems de vraies délices! Cent et cenlin étaient d’un goût très âcre.Il a, lui, une saveur si française! Pierre HOMIER.BILLET Dü SOIE CRÈME DE TARTE Si la Patrie sauve l’Empire britannique, elle ne l’aura pas fait sans se donner de mal.L’article, dont elle remplissait hier presque toute sa première page constitue le plus grand effort d’imagination qu’elle ait fait depuis la dernière pendaison.Alors, aile gémissait; aujourd’hui, elle, exulte.Mais la grimace ne varie guère.Tout d'abord, elle tranche certaine question qui paraissait équivoque au commun des Canadiens: “Que le péril allemand existe ou n’existe pas, dit-elle, peu importe! Ceci réglé, elle s’emballe, telle Jennie W.: “Il n’y a qu’une chose à faire pour les colonies britanniques: se porter au secours de la Grande-Bretagne, comme le feraient des enfants dévoués pour leur mère que dvs ravisseurs menaceraient de mort." Cepcndcmt, en attendant que nous nous portions au secours de la Grande-Bretagne, comme le feraient des ravisseurs dévoués pour leur mère que des enfants menaceraient de mort, il importe par-dessus tout de fondre sur les nationalistes.El les MM.Tarte fondent: “Les têtes chaudes qui, depuis quelques années, soulèvent les préjugés et les passions au sein de la population canadienne-française.” "Et il est parmi nous de braves gens qui se laissent tromper pnr de.vulgaires hâbleurs de carrefour.’’ “Il n’appartient pas aux imberbes et aux étourdis du nationalisme.” Nous pourrions peut-être soumettre respectueusement aux MM.Tarte qu’il vaut mieux avoir la têle chaude que le cerveau glacé; mais que dire à ceux qui vous appellent “imberbes’’?Les MM.Tarte ont-ils plus ou moins de poil que nous?Nous n’en savons rien, hélas! Par conséquent, de quoi nous prévaudrions-nous pour ne pus nous porter comme des ravisseurs, etc.?Si, encore, nous n’avions que la tête chaude et chauve, il nous serait peut-être encore possible de trouver quelque gaieté dans la lecture de la Patrie; mais ce sont là nos moindres défauts.Oyez les autres : “Pour l'honneur de notre, province, que les parasites, les faiseurs, les hiboux (Oui, ma chère, tu as bien lu: les hiboux), et les pitres du nationalisme, les semeurs de discorde, les pusillanimes qui tremblent devant tes devoirs et les cbligalions nouvelles que nous impose notre Hire de sujets britanni qi.es et de citoyens d’un pays appelé à de brillantes destinées, disparaissent dans leur trou!” Brrrrroa! Et ça, messieurs, dames, c’est du meilleur Tarte, c’est, si on peut dire, de la crème de Tarte.Aussi il y a de quoi faire lever.les épaules de tous les gens intelligents.Léon LORRAIN.SOMMAIRE PAGE 2 —Le Sénat et la contribution, par John Galbraith.—La diction française et son importance, par Mlle Idola Saint-Jean.PAGE 3 —La question de la défense impériale, discours prononcé à la Chambre par M.Mondou, député d’Yamaska.—La musique à Montréal, Paul-G.Ouimet.—La fédération Nalionle Sainl-Jean-Baptislc.PAGE 4 NOTEE PAGE LITTERAIRE',— —L’Eglise dans le cimetière, poésie, J.de Prehutle.—De Bossuet à Brunctièrc, pur Victor Girard.—Le véritable Shakespeare.—Les lunettes de Lamartine.—Corneille et tes Champignons.—Victimes de l’orthographe.PAGE 5 —Troisième conférence de M.René Gautheron.—Dans le monde ouvrier.PAGE fi LA VIE SPORTIVE:— —Tremblay aura à défendre son Hire.—Newsy Lalande recevra rn.cjj.PAGE 7 —Les associations ouvrières, par Henri Beauvais.DERNIERE PAGE —Toutes les nouvelles de lu dernière heure.Quelles étrennes faire ?Un médecin très connu nous adresse cette amusante et instructive fantaisie: Lundi soir, après avoir lu la chronique de cette excellente Madeleine, en faveur des employés de commerce, j’ai compris que les hommes avaient aussi leur part à faire, et, au coin du feu, j’ai fait tourner la conversation de ce côté.— Si lu penses, m’a franchement répliqué Joseiphte, que je vais acheter mes cadeaux du jour de l’an, quinze jours d’avance, lu te trompes.J’ai eu trop de misère, l’an dernier, à cacher mes bibelots aux regards investigateurs des enfants, de la servante et -des autres, pour recommencer, à la même date, mes soucis.C’est la veille, entends-tu, et encore faudra-t-il qu’on ne ne les envoie que dans ta soirée, que j’achèterai mes étrennes pour tout le monde.De cette façon Titoune, la fureteuse, ne se doutera de rien, Jeannot en sera quitte jjour ses suppositions, Fanchette sera plus sage, parce qu’incertaine et Julie, l'officieuse, n’apprendra rien à personne.A ce compte, ma chère femme, il me faut recommencer dès ce soir mon plaidoyer en faveur de mes petites demoiselles de magasin.C’est imprudent de ta part de m’obliger ainsi d’avoir constamment sous les jeux, en esprit, j’entends, cette légion de malheureuses qui crient “Pitié”, et que persone encore n’écoute.— Mais, cette année, j’sfi une idée que je n'ai pas eue l’an dernier.Elle tient à la fois de la galanterie et de la force de volonté, caractéristique des hommes.J’entends être à la hauteur de la situation, et afin de ne pas prêcher uniquement dans le désert que par ton obstination, tu personnifies, à l’heure présente, ma femme, je vais m’adresser, tout simplement, aux autres homme*,, mes frères, en faveur de nos soeurs, de nos cousines, de nos parentes, de nos amies, victimes de l’obstination de toutes les femmes qui te ressemblent, et qui gémissent de n’ètre pa*s comprises et s’étiolent à vous servir.Mesdames, si ce n’est à deviner vos désirs, souvent lyri-.üsables, aux comptoirs et à l’étalage des magasin*;.En fin de compte, j’ai aussi à coeur le succès de mon oeuvre el mon oeuvre est celle de tous les hommes de coeur.Mon idée va se répercuter, j’en suis sûr bien au-delà de mon foyer.Si tu l’adoptes, elle sera la récompense et celle de tout le monde.J’adresse à mes amis, par voie recommandée, la lettre suivante : Mon cher ami, Autant j’ai peu de sympathie peur les petites demoiselles importées au téléphone qui, cent fois le jour m’agacent le crâne en me répondant à distance: Line is busy, autant je m'intéresse aux employées de magasin obligées, douze,, quinze et dix-huit heures par jour de répondre, avec un sourire, aux pimbêches, aux curieuses de toutes sortes et à nos femmes.Dans le cours ordinaire de l’année j’admire leur patience non sans remarquer leur teint flétri avant l’heure, et cet air narquois qui indique autant le malaise physique que la contention d’esprit.Elles souffrent habituellement dans leurs organes, ces commis perpétuellement verticales, et il faut ne pas comprendre l’organisation physiologique de la femme pour ne pas les plaindre.D’homme peut demeurer trente jours par mois debout.Le repos de la nuit lui suffit.11 n’en est pas de même pour les femmes.Tu le comprends et je n’insiste pas.Et cependant, chose curieuse, ce sont elles qui sont le plus assidues au travail.Rarement elles manquent à l’appel, tandis que les commis de notre sexe ne se font pas prier pour chômer, surtout le lundi qui vient immédiatement après le dimanche et le samedi soir.Est-il raisonnable de retenir ces pauvres filles au travail après six heures du soir?Est-il raisonnable de les accabler de questions, de leur faire dépaqueter et repaqueter la marchandise, simplement pour la voir, alors que tout le inonde est pressé, et que les besoins de chacun sont impérieux?Est-il raisonnable, même, simplement, d’encombrer les magasins pour voir, privant ainsi, du peu d’air disponible celles qui en ont le plus besoin, les vendeuses?Rien de tout cela n’est raisonnable, et voici ce que j’ai pense: En atlendanl qu'un gouvernement légifère raisonnablement sur la fermeture à bonne heure; en atlendanl que les prescriptions de l’hygiène soient accessibles aux propriétaires des grands comme des petits ma: gasins; en attendant que l’esclavage des blanches soit prohibé par delà les comptoirs; en attendant one les femmes de toutes catégories soient moins sottes el moins eurieu-ses, plus attristées et plus compatissantes à l’époque des fêtes, imposons donc notre volonté, ou plutôt, ce qui réussit généralement mieux, faisons-la partager par nos femmes, à nous, qui ne sont certes pas celles dont on pourrait dire que je médis.Et disons: Ma femme tu comprends, mieux que moi encore, toute la misère qu’ont ces pauvres petites.Veux-tu me promettre trois choses: 1.— Faire, dès demain, la liste de tes étrennes; 2.— Ne pas changer d’idée en route et ne marchander et n’acheter que ce que lu auras sur ta liste; 3.— Compléter toutes tes emplettes pour le 15 décembre.En retour je te promets: 1.— Ma plus ''elle humeur pour tout le mois de janvier; 2.— Mon appui cordial auprès de nos débrouillards enfants, en vacances; 3.— Les plus belles étrennes de ta vie; un jour de l’an sobre et la bénédiction paternelle aux enfants.Mon cher, sans lui dire que je t’en écrivais, j’ai tout dit cela à ma femme.Elle m’a pris par le cou et puis.et puis elle a rédigé instantanément sa liste d’étrennes.Y compris le beau cadeau que je vais lui faire, ça va me coûter $10.00 meilleur marché que l’an dernier, car elle a été effrayée du premier grand total.Elle va recommencer demain ses additions et j’espère bien sa soustraction.A la fin tout le monde y gagne.Essaye donc de mon procédé, veux-tu?Fais les conditions que tu voudras.Je connais assez ta femme pour savoir qu’elle partagera tes idées, bonnes cette fois! L’important, c’est de décongestionner les magasins dans le temps des fêtes.Toute la question est là pour soulager les commis et faire marcher notre oeuvre.Nous en reparlerons.Cordialement à toi, E S.P.La dette municipale LETTRE DE QUEBEC La loi de la chasse Québec, 6.—lii peu de députés à la Chambre, cet après-midi, que, par moments, il a fallu recourir à la tabagie pour former le quorum nécessaire.Une session avant les fêtes n’est évidemment pas mieux suivie, qu’après les fêtes.Mais la vie politique oblige à tant de sacrifices,—les (b pûtes les plus négligents flous l’affirment du moins—qu’il ne faut pas être trop exigeant.Pas la moindre mesure ministérielle nouvelle à l’horizon non plus! En soumettra-t-on et quand?Qu’on prenne au moins le temps de les mûrir et cela évitera bien des discussions.Celle que M.Devlin a réussi à faire passer cet après-midi étal F si confuse et si mal bâtie qu’on a eu toutes les peines du monde à la comprendre.C’est le fameux projet d’amendement à la loi de chasse et de pêche qui revient tous les ans, tous les deux ans, avec cette conséquence, remarque justement M.Tellier, qu’on ne sail plus d’une année à l’autre, ce qui est permis ou défendu.Ainsi l’an dernier, on se faisait autoriser à payer pour faire tuer ie castor et cette année l’on prohibe la chasse du castor.* • • Tel que voté, le bill de M.Devlin recule au 15 septembre la date de l’ouverture de la chasse; prohibe la chasse du castor jusqu’en 1917 dans le territoire s’étendant jusqu’au comté de Saguenay; permet la chasse du lièvre à partir du 15 octobre et réduit à $2 l’amende pour infraction à la loi en ce qui concerne le lièvre; fixe l’ouverture de la chasse de la perdrix au 1er octobre, prohibe de nouveau la vente de la perdrix grise à partir d’avril prochain et déclare enfin que tout différend entre clubs de chasse ou de pèche et marchands de bois devra être référé au lieutenant-gouverneur en conseil qui décidera.• * * Aj| point de vue général, M.Prévost prétend que tous ces amendements qui ajoutent, retranchent, modifient quelque peu la loi ne sont généralement pas d’un grand effet.Avant de quitter le ministère de la co-b nisation, instruit par la saisie d'un seul paquet de fourrure évalué à $.n),000 il avail fait décréter que les grandes maisons de commerce de fourrures devraient faire comme les marchands de bois, déclarer par affidavits la quantité de peaux prises par saison.Sou but était d’en arriver à une évaluation du commerce des fourrures dans la province afin d’en tirer un revenu raisonnable pour la province.Ce dispositif de la Iqi existe encore, mais on ne l’applique pas.Il ne croit pourtant pas exagérer en évaluant à 5 millions le produit annuel de la chasse dans la province par les grandes compagnies qui ne donnent presque aucun revenu à la province.Pourquoi ce commerce fait dans la province ne Contribue-t-il pas au revenu de la province?c’est ce que le député de Terrebonne ne comprend pas.Mais on ne pense qu’au commerce de bois.Les fourrures et les poissons on ne s’en occupe pas.* * îf Quant aux détails, ce sont la clause de référence au licutenant-gou* verneur en conseil et la clause retranchée prohibant la chasse du che* vreuil au moyen de chiens qui ont soulevé le plus de discussion.Celle de référence d’abord, MM.Prévost et Lavérgne l’ont combattue, parce qu’elle met, disent-il1.;, les petits intéressés à la merci des gros.Elle a évidemment été demandée par les marchands de bois à la suite d’une cause décidée contre eux.Une écluse- faite par une compagnie d’exploitation forestière, causait des dommages à un club.L’affaire fut référée aux tribunaux qui décidèrent en faveur du club.Le gouvernement plaide que l’importance du commerce de bois doit lui donner la préférence, et l’opposition soutient que dans le cas cité plus haut, la commerce de bois n’a aucunement souffert et qu’en outre quiconque possède un droit de la Couronne doit être également protégé.* W La clause prohibant la chasse du chevreuil au moyen de chiens existait dans le projet, mais le ministre veut l’en faire disparaître, bien qu’il soit convaincu qu’elle est excellente.—Et alors, s’écrie M.Lavergne, vous faites une loi que vous dites avoir mûrie pendant deux ans, vous déclarez à la Chambre qu’elle est excellente, et vous demandez de la retirer.Pourquoi?Eh bien, répond M.Devlin, parce que je n’ai pas pu convaincre les clubs de chasse que j’ai raison.—-C’e'st la peur alors, reprend M.Lavergne, c’est la peur qui vous fait agir.Je vous ai connu plus tenace que cela, en Irlande, quand vous dénonciez les abus de la tyrannie britannique—Vous n’ignorez pas que les réformes en Irlande ont été obtenues une à une, remarque M.Devlin.—Non, répond M.Lavergne, mais je n’ignore pas non plus, que vous ne lâchiez jamais, tandis qu’iri vous lâchez tout 'de suite.M.Devlin explique qu’Ontario n’a pas encore de loi semblable, el qu’il faut attendre un peu.Ali! c’est la voix de Toronto qui vous mène, répond M.Lavergne.Prenez garde: ces chiens finiront par manger les moutons du ministre de l’Agriculture—-Ceux d’Ottawa, interrompt celui-ci.Si c’est pour manger ceux-là, réplique M.Lavergne, je suis prèd a les aider à les “souccer”, comme on dit.Le bill est finalement adopté.Jean DUMONT.D’après un rapport de M.Pelletier, contrôleur des finances municipales, aux commissaires, la dette de la Ville sera de $(13,000,000, en 1913, et il faudra payer $2,750,000 en intérêts.C’est une alimentation de $450,000 sur les charges fixes qu’à dû acquitter la Ville, cette année.On comprend, devant ces chiffres que les commissaires ne voient plus d’un oeil favorable l’abolition de la loi qui oblige les propriétaires à payer le coût des pavages.Il y a quelques semaines, un membre du bureau executif déclarait que si l’on veut continuer à faire autant de travaux que par le passé, le coût des pavages étant redevenu payable par la Ville, on devra ou négliger d’autres travaux aussi urgents ou ajouter à la dette $200,000 ou $300,000 de travaux.Les adversaires de la loi des pavages répondent à cela que rien n’oblige Ta Ville à dépenser tout sou pouvoir d’emprunt, qu’avec l’augmentation de l’évaluation foncière, il n’est que juste de donner aux propriétaires une compensation sous la forme de l’abolition d’une taxe détestée, qu’en continuant à se servir de la taxe des pavages, on perpétue l’injustice reconnue de la loi.La question va donc faire, à Québec, l’objet d’un débat vigoureux, car l’état actuel des choses a ses partisans comme ses adversaires.Les commissaires reconnaissent que la loi des pavages, sous sa forme actuelle, est susceptible d’amélioration; ils croient en particulier qu’on pourrait fixer un prix moyen pour toutes les espèces de matériaux ,au lieu qu’à l’heure actuelle ce sont souvent les petits propriétaires qui paient pour les matériaux les plus coûteux.Il n’y a pas de doute, de l’avis des adversaires de la loi eux-mè-mes, qu’en revenant à l’ancien ordre de choses on grèvera encore le budget extraordinaire et ordinaire de la Ville.Faudra-t-il faire moins de travaux de pavages, ou diminuer la dépense d’un autre côté?Dévra-t-on emprunter jusqu’à la limite du pouvoir d’emprunt qui sera, en 1913, d’une douzaine de millions, sacrifiera-t-on plutôt des travaux d’embellissement à quoi d’ailleurs on ne fan guère jamais que songer?C’est ce que l’avenir dira.Il se peut aussi que la législature, qui a, l’an dernier, donné à la Ville le droit d’imposer la taxe des pavages, juge que l’expérience d’une année est insuffisante et qu’il vaut mieux amender qu’annuler.Fred.PELLETIER.NOTRE DIRECTEUR M.Bourassa est arrivé de l’Ontario dans la soirée d’hier, il fera la semaine prochaine dans le Devoir l’examen de la nouvelle politique navale.Le 18 décembre, il parlera, à'Ottawa ,de nos relations avec la métropole.Lavergne vs Sévîgny fSerrie» particn)i«r) Québec, fi.— M.Armand Lavergne a pris aujourd’hui une action en diffamation contre M.A .Sévi-gny, M.P.Le montant réclamé est de $900.Routine de la Chambre PVOJETS DE LOI VOTES EN DEUXIEME LECTURE —Loi ratifiant certains règlements de la paroisse du Saint-Laurent.—Loi constituant en corporation “The Farmer’s Interurban Electric Railway Company ”.—Loi amendant la charte de l’association de bienfaisance des pompiers de Montrêa,.—Loi amendant la charte de l’association des anciens élèves de l’école polytechnique de Montréal.PROJETS DE LOI DEPOSES : Pour ratifier certains contrats de vente entre James Cochrane K ng et David Yuile.—Pour constituer la Fédéra-ion Industrielle du Nord.Sur leToiïr d’Avignon.Lord Beresford n’admire point la politique de M.Borden.Il semble même la trouver singulièrement absurde.La “Patrie” va-t-elle le classer parmi “les parasites, les faiseurs, les hiboux et les pitres du nationalisme” qui ont le malheur de ne point partager son enthousiasme?4! * * “Le Premier-ministre n’a pas changé, moi non plus”, déclare M.Paul-Emile Lamarche.Combien, parmi ceux qui dénonçaient la “politique non moins nefaste” de M.Borden vont avoir le courage de répéter cela?* * $ Une erreur dans la rédaction d un titre nous a fait dire que l’“Amirauté en retour s’engage à construire des croiseurs de seconde classe pour le Canada.” On aura vu par le texte que M.Borden a simplement exprimé sa conviction que l’Amirauté construirait plus tard des navires de guerre au Canada.Nous donnons, mais on ne nous donne point.La maison Rothschild de Londres câble son enthousiasme, au sujet de notre projet de contribution.Nous serions curieux de savoir ce qu’en pense la maison de Rothschild de Berlin.Le Veilleur.M.I .avergne et le projet Borden Le député de Montmagny reste en faveur du plébiscite.(Service particulier) Québec, fi.— Après tout, nous dit M.Lavergne, quand nous lui demandons son opinion sur le projet Borden, — après tout, la presse ministérielle n’avait pas raison de dire que je parlais trop tôt quand je disais à Lorette que M.Borden voulait donner 35 millions à l’Angleterre.C’est bien cela, n’est-ce pas.Je reste de la même opinion que celle exprimée par les résolutions de Saint-Eustache, approuvées par MM.Nantet et Coderre: celte politique est encore plus néfaste que celle de M.Laurier.Quant à l’honorable M.Pelletier, j’ai exprimé souvent la même opinion au devant lui avant le 21 septembre et je ne l’ai jamais vu s’en scandaliser.La plupart des autres députés canadiens-français ont fait voter ces résolutions, dans leurs comtés respectifs et je ne vois pas pourquoi ils auraient changé d’opinion.Ce qui me frappe davantage dans ce projet de trois dreadnoughts, c’est qu’il n’offre aucune garantie de protection pour le Canada et que, advenant une guerre nos vaisseaux feraient partie de l’escadre anglaise et ne nous donneraient à nous aucune protection.D’ailleurs ce projet implique des changements considérables dans nos relations constitutionnelles avec la Grande-Bretagne.Nous assumons des obligations nouvelles qu’aucun gouvernement n’a songé à nous imposer depuis la Confédération à venir jusqu’en 1909 et je reste convaincu que tout changement de ce genre doit être référé au peuple par voie de plébiscite. Z LL, DEVOIR, MUXIREAL, «SAMEDI, 7 DECEMBRE 1912 VOL.III.— No.2S9.« LE SENAT ET LA CONTRIBUTION Ceux qu’il faudrait d’abord envoyer au feu» d’après M.John Galbraith M.cation John i été (ialbruith forcément nous adresse la*lcttre suivante, dont la publi- retardée : l>U trea- Ed'Uor of Devoir, M on I real, Que.Sir:— Il seems that unless the Senate of Canada exercises its intended functions, and holds its consent until the people have a chance to consider the naval contribution l>u a plebiscite, the Harden adniinis tralion intends to hand over millions of Canada's nxoneij, filched out of the Canadian farmers protection, into the Imperial sury to aid the British navy.Another rumour that is heard, that Premier Borden is very anxious to give a contribution, so that at the next Dominion election, he will be heralded by the "jingo"press of England and Canada, as Canadian statesman, who snatched Canada from the scheming Yankees and strengthened and raised the standard of the British navy.The loyalty cry and flag-waving unit be worked over-time.This will make the British-born vote solidly for Mr.Borden.Then Sir Wilfrid Laurier and the, liberals will be badly defeated, which will force him to resign as leader and then enter the class with Sir Shades Tapper us Honorable "has-beens".This hatched out scheme must be interesting to Sir Wilfrid Lauder, especially when Canadians furnish the.financial end of it, under the pretence of aiding the British navy.Permit me say, and I think your readers will agree with me, that if Canada must give a direct money contribution, that the follow-inf' condition or proviso should go with it: That in all future war between England and other countries.Hud in every battle or engagement with the enemy, the following classes should be put in the front ranks.11 ) Members of the English House of Lords.(2> The Land holding Aristocracy of England.(d) English gun-makers and naval shipbuilders.( i ) English diplomats and Editors of the “jingo" press.Your readers may think I am caustic or satirical, but if they will read the constitutional history of England, they will see that under the feudal system introduced after the Norman Conquest, the nobility of England got their lands and estates, on a condition, that they should fight for and maintain the king in his wars with other countries.This continued for a time butas years and centuries rolled by, the succeeding generations of nobilily shirked and threw their responsibilities oner onto the muss of landless people, by a system of taxation.while the nobility or landholders put the income from such lands into their pockets.The great English chivalry of the ancient nobility has fallen into decadence, and now the poor half starved Englishman, forced by class legislated conditions, has to do the actual fighting, while the aristocratic class sit around in their palaces, and live in luxury on the incomes of the land, which was originally given to their ancestors for the carrying on of the wars under the feudal system.Now when AK le directeur, Le Devoir.Montréal, Qué.Monsieur, Il semble qu’à moins que le Sénat du Canada n’exerce ses fonctions et ne retienne son approbation jusqu’à ce que le peuple ait l'opportunité de se prononœr, par un plébiscite, sur la contribution d’urgence, le gouvernement Bordeui entend verser des imlli « r * heu- Cours gratuits HISTOIRE DE L’ART Dimanche, le 8 décembre, à 8 res du soir, au Monument National, sous le patronage det l’Association Saint-Jean-Baptiste, M.J.-B.Daga-cê fera sa quatrième conférence sur l’Histoire de l’Art, laquelle sera illustrée de nombreuses projections lumineuses.Sujet — L’Art Romain.Architecture, Sculpture et Peinture.Eutrêe libre.HYGIENE Dimanche après-midi, le 8 décembre, à 2 heures 30, au Monument National, conférence sur l’hygiène par le docteur C.N.Valin sous les auspices de l’Association Saint-Jean-Baptiste.Sujet.—Hygiène pulmonaire : Anatomie et physiologie des poumons.Nécessité de l’air pur pour la santé.Diverses sources de viciation de l’air dans nos habitations.Moyens de ventilation.Démonstration par projection lumineuses.Entrée libre.Feu Tabbé Rainville 5o.—Il a été aussi dit que ce con-trat était arbitraire.Le fait est cepen- « dant que pendant nombre d’années où ^ ces contrats ont été eu vogue, nous n’avons jamais renvoyé un homme qui J» en avait un avec nous.A ceci, je ré- ' 4t> ponds: “Mercredi dernier, le 27 no-1 K vembre, un des chefs de la maison j “Gunn Langlois” nous a menacés tous j de renvoi si nous refusions de travail-1 ^ 1er jusqu’à 9 heures p.m.,; nous avions J ît travaillé les soirs précédents et nous étions fatigués, et cela trois jours seu- i 4.lement avant que nos contrats finis- * sent.Plutôt que de perdre ce bonus, £ nous avons travaillé”.Et pour vous T convaincre de ce que j’avance, voici *; comment se terminent ces contrats si £ favorables à l’ouvrier.Voici le texte:—-Il est aussi enten- î?du et convenu que le présent arrange-ment peut être annulé par la Cie en tout temps pour mauvaise conduite ou désobéissance de ma part ou si mon travail ne donnait pas satisfaction.C’est clair, c’est épatant, tout à l’avantage du patron et de l’ouvrier, on s’en fiche.Union des Mireurs d’Oeufs de Montréal.A.ROBITAILLE, Secrétaire.\ (U, Librairie Saint-Louis \_____________________r On offrira cette année, pour Jour de l’An le livre de l’auteur | en vogue au lieu des bon-! bons du grand confiseur.” le t t r » t* c» * ?•> » r Est paru:— “A BOUT PORTAIT” de Nap.Tellier Le vol.franco.27cts EN VENTE AU DEVOIR Les restes mortels de M.l’abbé ! Noël Rainville, en son vivant curé à Northampton, Mass., et décédé à Pa-1 ris le 19 novembre dernier, arrive-1 ront aujourd’hui à Marieville lieu de de la sépulture Un service solennel sera chanté en l’église paroissiale de Marieville mardi prochain le 10 décembre à 10 hrs 13 a.m.Est paru:— “A BOUT PORTANT” de Nap.Tellier L“ vol.franco.27cts' PeMANDEZ NOS PRIX | POUR TOUS * .VOS TRAVAUX s?4€ •f fous voulei •voir un ouvrage soigni c! bien fait, donnez vos com mandes au DEVOIR 99 71a ST-JACQUES T& Mita 7411 SATISFACTION 0ARANTIB ?# 4-t.?# « 4.4» f « i 4 4b I 4b « I 4t> * 4 4b Z 4b 4b 4b 4b 4b Z 4 4b 4b 4 L’ARTICLE QUI A LANCE LA MODE —Qu’est-cc que je vais bien lui offrir pour le Jour de l’An?On pourrait compter ceux de nos cou-temporaius qui ne se posent pas en ce moment cette question pénible.Il est vrai que la plupart la résolvent de la façon la plus banale et la plus expéditive: une liste d’adresses, une commando chez le confiseur; en cinq minutes, c'est réglé.Mais, si vous préférez autre chose, ne songez tous pas que les femmes de vos amis peuvent être aussi éeoeurées par tant de sucreries?Au lieu de marrons glacés, pourquoi.par exemple, ne pas leur offrir un livre?Ce n’est ni plus difficile, ni plus coûteux.—Comment! Un livre, comme aux enfants f —Sans doute.; posez-vous principe que les enfants sont seuls assez sérieux pour aimer la lecture?Poussez-vous le mépris des femmes jusqu’à imaginer qu’elles ne sont capables de goûter que les bonbons?Dans le choix d’un livre, on peut mettre une, intention, un hommage, un souvenir, une jolie pensée.On suppose que la destinataire «.de l’esprit, ce qui la dispose aussitôt à vous en prêter.Et puis, pour lancer cette mode nouvelle, s’il faut invoquer un argument décisif : ça se fait beaucoup en Angleterre.( ' ‘Le Journal’ Gustave TERY.14 décembre).L’envoi d’un livre,spé- 5 cialement choisi et Æ adapté aux goûts dudes- £ tinataire eft, en effet, ^ une attention plus per- £ sonnelle et moins cou- ?teuse qu’un envoi de fleurs ou de bonbons.C’eét un cadeau qui ne se consomme pas par l’usage, mais un souvenir que l’on garde.y Livres à offrir LES DERNIERS ROMANS PARUS.ESSAIS DE CRITIQUE ET D’HISTOIRE.RECUEILS DE POESIE.— Spécial: Anthologie fies Poètes Français, 3 magnifiques vol., reliure cuir souple.Chaque Vol.se vend séparément.$1.25 POUR ENFANTS.— Grande variété d’Albums d’images, en couleurs, 25c., 40c., 50c., 75c.$1.00 Fables de LaFontaine et Fables de Florian en Images.Albums de Peinture.Bibliothèque Rose.LIBRAIRIE SAINT-LOUIS^ 288 Rue Sainte-Catherine Est Montréal TKI.KHT ^OOO.^ i.*****é*é* 9*$***************** ************ **9?*4**** rf Le Comptoir Mobilier Franco-Canadien 117-119 RUE CRAIG OUEST Fait des avances d’argent sur tous objets ou effets ayant une valeur commerciale et déposés à ses Bureaux. 6 LK DEVOIR.MONTREAL, SAMEDI, 7 DECEMBRE 1912 VOL.III.— No.289.LA VIE SPORTIVE Tremblay ai ra à défendre son titre IL KEN CONTRE K A VOl NO B HELE, J El DI PROCHAIN, A WOONSOCKET.LA U TTE SERA POUR LE CHAMPIONNAT MONDIAL DES POIDS-LEGERS.Woonsocket, 7.— Depuis - Louis de Battenberg Londres, 0.— Le Prince Louis de Battenberg, commandant la flotte de l’Atlantique en lilüô, vient d’être nommé premier Lord de l’Amirauté, et remplace l’amiral Sir Francis C.B.Bridgcman, qui a résigné.Notre-Dame des Anges NOCES DE DIAMANT ET D'OR Dimanche prochain, la chapelle de Notre-Dame des Anges sera té moin d’une fête particulièrement touchante.Deux des vétérans de la congré-gatio ndes hommes de Ville-Marie: MM.Pierre Deniers et Albéric Marier célébreront, le premier, ses noces de diamant et le second ses noces d’or comme congréganistes.Dix autres messieurs feront leur première entrée dans la société M.l’abbé H.Fihatrault, p.s.s, de Notre-Dame fera l’allocution de circonstance, et le choeur de chant exécutera un joli programme musical.Prière aux membres d’êt.’e au ïrand complet et de porter leurs Insignes.-4- De retour d'Europe M.et Mme J.Vanier, et leurs fils, le la rue Jeanne-Mance, sont de retour d’un voyage dans l’Europe Centrale.»- POUR LES FETES il vous faut, soit un habillement soit un pardessus ; allez chez L G.de Tonnancoui 61 NOTRE-DAME-EST Satisfaction garantie - LA CONTRIBUTION DE $35,000,000 La presse anglaise n'est pas unanime à féliciter le Canada du tribut qu’il s’est engagé à payer.— Ce que disent le “ Manchester Guardian ”, la “ Westminster Gazette — Opinions de journaux canadiens LES BANQUIERS ROTHSCHILD FONT PART A UN MONTREALAIS DE LEUR IMMENSE JOIE, A LA SUITE DE LA CONTRIBUTION DU CANADA LE “MANCHESTER GUARDIAN” Londres, 7.—Le “Manchester Guardian”, journal libéral influent, rappelle la prophétie que fit Gladstone, il y a cinquante, qu’il viendrait un jour où les colonies seraient prêtes à aller plus loin que leur propre défense.“Le parlement anglais, dit-il, doit garder le droit de refuser son consentement à toute proposition, qui tiendrait à une diminution de son contrôle, mais de même que nous reconnaissons la valeur de nos propres droits d’autonomie, nous devons respecter les droits des colonies.S’il paraissait que le gouvernement impérial s’était mêlé d’une question disputée par les partis politiques canadiens, et qu’il avait fait de fausses déclarations aux représentants du Canada, nous soutiendrions, pour la plupart, que nous avons été injustes envers les droits de la colonie.Nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont l’Amirauté a traité la question dans son mémoire.Elle commence par repousser toute intention de chercher à influencer le Canada, puis son ton devient plus chaleureux et elle conclut par une demande d’aide à la colonie qui ne diffère pas beaucoup, dans son esprit, de la comparaison que M.Chamberlain fit à la première conférence coloniale de l’Angleterre avec le Titan fatigué qui chancèle sous le poids trop grand de sa destinée.Le même illogisme se retrouve dans le discours de M.Borden.D’un côté, il représente l’Angleterre comme ayant besoin de l’aide du Canada, pour conserver sa position dans la Méditerranée; de l’autre il pousse le Canada à espérer que, s’il donne trois Dreadnoughts, il sera possible de redonner son ancienne puissance à notre marine dans les eaux des colonies.Est-ce l’un, est-ce l’autre?Eprouvons-nous Je la difficulté à conserver notre suprématie dans les eaux d’Europe, ou demandons-nous au Canada de nous aider à retrouver notre puissance dans d’autres mers?Ce ne peut être les leux à la fois.Nous soupçonnons quelque confusion dans les idées sur la stratégie sur quoi l’appel est basé, aussi bien qu’une inefficacité encore plus dangereuse dans les idées politiques”.riale navale/était le meilleur juge du mode de contribution, que, partant notre gouvernement devrait consulter l’amirauté britannique en autant que possible.“C’est ce qu’a fait le gouvernement Borden.En agissant ainsi nous croyons qu’il a bien agi.LE “LONDON ADVERTISER” London, Ont., 7.— “L’Advertiser’’, journal libéral, dit : La politique navale du gouverne ment Borden est une contribution de $35,000,000.Elle ne repose sur aucun principe raisonnable ou natianal ; Elle répugne au véritable sentiment canadien ; elle ne fait que rejeter sur la Mère-Patrie, le fardeau d# l’entretien de trois vaisseaux inutiles du type le plus coûteux.“Le gouvernement a mis en avant l’urgence qui existerait de l’autre côté de l’Atlantique comme prétexte de son refus lèche de faire, son devoir chez nous.Au dîner donné le jour du Dominion de 1909 à Londres, M.Borden a déclaré que la résolution adoptée par le parlement du Dominion en cette même année posait une politique permanente qui rendrait plus de services qu’aucune offre de Dreadnoughts.“La différence entre sa déclaration d’alors et ses actes d’aujourd’hui donne la mesure de sa perfidie dans l’intervalle.” LE “NEWS” DE TORONTO Toronto, 7.— La politique navale du premier ministre ne pourra être attaquée avec succès.Elle est complètement conforme avec la déclaration qu’il fit voilà deux ans que s’il était au pouvoir, il consulterait l’amirauté britannique et apporterait une aide immédiate et proportionnée, si une telîe action était jugée nécessaire.Il se déclarait partisan d’avoir voix délibêratrice au conseil de l’Empire et d’une politique navale permanente qui serait soumise au peuple par voix de plébiscite.Comme chef du gouvernement il suit fidèlement la politique dans laquelle il avait engagé s
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