Le devoir, 29 octobre 1912, mardi 29 octobre 1912
VOLUME III—No.256 r MONTREAL, MARDI 29 OCTOBRE, 1912 UN SOU LE NUMERO y V- ) * & f ABONNEMENTS : CANADA ET ETATS-UNIS .UNION POSTALE .Edition Quotidienne : « • • $3.00 v • $6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .$1.50 UNION POSTALE .$2.00 DEVOIR Rédaction et Adminift 7 U RUE SAINT-J ACQUET.% MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mai, 74&I REDACTION: Mai.7460 % Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS l K HOCHELAGA L’élection d’Hochelaga sera l’une des plus intéressantes que nous ayons eues depuis longtemps.Les circonstances lui donnent une signification et une portée qui dépassent de beaucoup la personne du nouveau Secrétaire d’Etat etl les querelles ordinaires de parti.La Gazette, interprète officieux de la pensée gouvernementale, indiquait hier avec une grande justesse le caractère particulier de la campagne qui va s’ouvrir ces joius-ci.“Il (M.Coderre)accepte, cela va de.soi, la responsabilité du programme gouvernemental jusque dans ses détails.H demandera à ses électeurs de faire de sa réélection une expression de confiance dans le personnel du cabinet et une approbation de la conduite du gouvernement.” C’est l’indiscutable doctrine constitutionnelle.En ramasKaut le portefeuille de M.Monk, M.Coderre condamne explicitement la conduite du ministre démissionnaire et approuve d’une façon aussi explicite le.programme qui a déterminé M.Monk à abandonner l’une des plus hautes fonctions: du pays.9 * X Des faits déjà connus, de la déclaration de M.Monk notamment, il résulte au moins que celui-ci s’en est allé parce que le cabinet refusait de consulter le peuple sur sa politique navale.M.Coderre accepte donc de couvrir de son nom le refus d’appel au peuple, le désaveu donné à la politique prèchée par la presque totalité des députés conservateurs de Québec, au cours des campagnes de 1910 et de 1911, et qui leur a valu d’entrer à la Chambre des Communes.Il demandera donc à ses électeurs de ratifier ce désaveu de la consultation populaire, de déclarer, en le réélisant, qu’ils ne veulent pas être consultés, qu’ils désapprouvent l’attitude de M.Monk et toute la campagne de 1910-1911.Il y a plus.Bien que le silence du cabinet et du ministre démissionnaire laisse planer l’incertitude sur les détails de la politique ministérielle, il n’en est pas moins certain que le cabinet se propose d’offrir à l’Angleterre, sans consultation populaire, sans représentation dans les •conseils impériaux, une contribution dite d’urgence en argent ou en vais-staux.De cette contribution—qui nous abaisserait, suivant l’énergique expression de M.Caban et du Halifax Chronicle, à la situation d'état tributaire—de cette contribution, dont la nécessité est contredite par les déclarations des hommes politiques les plus éminents d’Angleterre, M.Coderre devient aussi le parrain responsable.En demandant à ses électeurs de lui renouveler son mandat, ils les invite à poser leur signature à côté de la sienne.* # * La première chose donc que les électeurs d’Hochelaga doivent exiger de lui, c’est l’exposé clair et précis de la politique qu’il veut leur faire contresigner.Qu’est-ce que le gouvernement se propose exactement d’offrir à l’Angleterre?Sont-ce des bateaux?Et pourquoi des bateaux, si les chefs du gouvernement britannique, seuls maîtres de la politique de l’Empire, seuls responsables de sa sécurité, déclarent qu’ils sont actuellement en état de faire face à toutes les éventualités probables?Est-ce de l’argent?Et pourquoi de l’argent, quand l’Angleterre a t>u, l’an dernier, diminuer sa dette?quand ses taxes générales ne dépassent point nos seules taxes fédérales?î’ourqqoi surtout cette rupture avec toute la politique traditionnelle lu Canada, avec les principes essentiels du régime britannique?* # Les circonstances imposent aux électeurs d’Hochelaga une excep-lionnclle responsabilité.Ils ont le devoir, avant de formuler leur ver-d.'ci, d’exiger des candidats, et spécialement du nouveau ministre, les déclarations les plus catégoriques et les plus précises.Orner HEROUX Qu’est-ce que le public a dû conclure?Que les accusateurs et les accuses avaient trop peur les uns des autres pour se mesurer en public.Et le public a-t-il tort?Jean DUMONT.BILLET DU SOIlt TOUT EST FAUX LA QUESTION BILINGUE Opinion de M.W.H.Walker, député de Huntingdon LES ELECTIONS DANS L’OUEST L’Ouest n'est pas plus avancé que nous au point de vue des moeurs électorales.Nous avons eu dans POnlario les urnes a double compartiment pour substituer le bulletin d’une canaille au vote des honnêtes gens, le scrutin manipulé par les présidents d’élection, les expéditions organisées pour s’emparer des bureaux de votation.Québec a inventé la trappe de Sainte-Anne, pratiqué la personnification sur une vaste échelle, et cent autres trucs moins savants, mais tous aussi malhonnêtes.Les provinces maritimes ont parfois confectionné, des listes où l’on trouvail surtout .des individus qui ne possédaient pas le droit\le suffrage.Jusqu’ici cependant on paraît s’être borné à utiliser les sujets canadiens ou britanniques.Dans l’Ouest on s’occupe peu de la nationalité des électeurs.Nous avons signalé l'autre jour les excès attribués aux conservateurs et dont les libéraux se scandalisent beaucoup.Les élections générales de la Saskatchewan n’ont lias été moins frauduleuses.La polémique qu’elles ont provoquée dans les journaux de là-bas dure encore, et par les détails qu’elle fournit, il est facile de voir que le cabinet Scott redoutait énormément te résultat du scrutin.Peut-être se fût-il maintenu quand même.11 est certain qu’avec les listes honnêtes sa majorité eût été consi-fiérablement réduite.Les listes qui ont servi do basç au scrutin étaient extrêmement défectueuses et malhonnêtes.Des centaines de conservateurs n’ÿ figuraient pas.A East Lake, 300, à Lloydminstcr 200, à Millstone 250, à Last Mountain 300, à Pinto Creek 250 conservateurs manquaient.C'était assez pour modifier considérablement le résultat.On peut dire que cette défectuosité accuse plutôt l’incurie des conservateurs que la malhonnêteté des libéraux.Les conservateurs ont certainement eu tort de négliger la confection des listes, mais l’omission d’un si grand nombre d’électeurs ne prouve pas l’impartialité des officiers chargés d’inscrire les électeurs.En tout cas, cela n’cxruse pas les libéraux d’avoir substitué des étrangers aux Canadiens.Et les substitutions ont été nombreuses.Dans Battleford Nord, 300 étrangers ont voté, à Kindersey, 200, à Wayburn 114, et à Millstone, 100.Avec les conservateurs défranchisés en masse et des listes permettant à des centaines d’étrangers de voter, il n’est pas étonnant que le cabinet Scott se soit maintenu facilement.Pour s’excuser de toute intention malhonnête, le parti libéral de la Saskatchewan prétend qu’il ignorait la présence d’étrangers sur les listes.L’on croirait plus aisément cette défense s’il n’existait pas une circulaire signée par l’organisation libérale, à l’effet que “tout homme “inscrit sur la liste avait droit de “vote qu’il fut naturalisé ou non, “ et que personoe-ne pouvait l’om-“ pêcher d’exercer ce droit”.Pourquoi cet avis quand la loi électorale déclare que tout électeur doit être sujet britannique?Que les noms des étrangers aient été ou non inscrits à la connaissance des libéraux, il est trop évident que ceux-ci savaient que le vote étranger leur était favorable, et qu’ils ont pris les moyens de l’avoir.C’est une manoeuvre illégale qui devrait être sévèrement punie, mais il n’est pas probable que les coupables en souffrent le moindrement.L’attitude des partis à l’égard des manoeuvres frauduleuses est une des choses qui contribuent le plus à la démoralisation du peuple.En Chambre, rouges et bleus s’accordent admirablement pour faire des lois électorales très sévères, peut-être trop sévères sur certains points; mais leur bonne volonté s’arrête là.La pratique nous les montre sous un jour tristement différent, excepté dans les cas extraordinaires, et encore! Vous rappelez-vous ce qui arriva vers 1900?Les élections de Huron et Brockville avaient révélé une corruption effrénée.Ivc vole des électeurs avait été en partie dénaturé par des présidents malhonnêtes.I/o parti conservateur qui en souffrait demanda et obtint une enquête.M.Laurier l’accorda avec accompagnement d’un discours magnifique sur la sainteté du suffrage et le devoir impérieux des hommes publics d’en assurer la liberté.Seulement l’enquête fut bl@-quêe dès que le gouvernement s’aperçut des conséquences qui pouvaient en résulter.On lui substitua une commission royale, quelque chose de plus solennel, pour démontrer sans doute In bonne foi du gouvernement.II y a douze ans de cela, et la Commission Royale n’a pas encore siégé! Un humoriste canadien observait, il g a une vingtaine d'années: “Tout est faux, sauf un discours d’un conseiller législatif.” Il y a des vérités tellement cocasses que seul un humoriste ose, en souriant, les énoncer.Celle-là s’est affirmée de plus en plus depuis un quart de siecle.Tout est faux.On a dit, H y a quelque temps déjà: “Aujourd’hui, on fait du vin avec tout, même avec du raisin.” Quant à notre national sirop d’érable, on en fabrique avec n'importe quoi, sauf avec de la sève.Et dès maintenant, la production bat son plein dans des caves discrètes.Une grande partie du vin de Champagne qu’on boit en Amérique vient d'Allemagne, et des centaines de fûts de bourgogne, sont tirés, chaque année des vignes californiennes.De modestes lapins ont l'honneur posthume de fournir des peaux d'hermine; et des chiens et des chats laissent après leur mort des fourrures précieuses — tels l’âne recouvert de la peau du lion.M.Paul Hubault, ancien interne des hôpitaux de Paris, a fait des constatations qui n’ont rien de rassurant.Ainsi, au lieu de pétrir le, pain avec de la levure, on emploie maintenant des produits chimiques; dans les gâteaux, on remplace très souvent le beurre, par la vaseline.quand on n’a pas sous la main d’antiques et authentiques oeufs chinois; et le jaune de naphtol se substitue, dans les croissants, aux jaunes d’oeufs.Il serait trop long d’énumérer les falsifications ingénieuses qu’on fait subir au lait et an vin.Et qui connaîtra jamais toutes les choses avec quoi on fait dn café?Ce qui entre dans la fabrication du miel si des confiseries et dn chocolat?Bref, la chimie a fait de si grands progrès et son utilité est si bien reconnue aujourd’hui qu'il faut renoncer à savoir ce que nous mangeons et ce que nous buvons, et même ce que nous voyons; car la beauté physique est, la plupart dn temps, chimique.Mous ignorons même d’où viennent nos vêlements.La douane américaine nous apprend que des monceaux d’étiquettes de modistes et couturières parisiennes ne cessent d'arriver aux Etats-Unis.Et les chapeaux et les costumes $ Vendredi, M.Maréchal parlait au correspondant du Herald comme un homme à peu près décidé à entrer dans te cabinet.Et c’est M.Coderre qui entre à sa place.“Il y a quelque chose là-dessous”, comme dit la chanson.* * * C’est sans doute pour prouver son amour pour la province de Québec, que M.Rogers passe au ministère des Travaux publics.* * * Les dépêches disent que les Turcs sont démoralisés.On le serait à moins.En trois mois les Américains ont bu 720 millions de gallons de bière et 33 millions de gallons de whiskey.C’est un record.* « * Du train que vont les choses, la guerre ne durera pas longtemps, à moins que les Turcs ne soient aussi rusés en campagne qu’en diplomatie.* !» * Le général rebelle Diaz est condamné à la peine capitale.Le régne de Madero ressemble de plus en pins à celui de son prédécesseur.>:< * * Les liens qui unissent la France, la Russie et l’Angleterre, sont impérissables, déclare M.Poincaré, Que devient le péril allemand en face de cette déclaration?« v * Le Free Press de London, parlant rir la question bilingue, dit que les Allemands d’Ontario ne demandent pas (’enseignement de leur langue.C’est leur affaire.Le pacte de la .Confédération n’a d'ailleurs pas éf* Huntingdon, Ont., 22nd 1912.Henri Baurassa, Esq., lia St.James, St.Montreal.My dear sir.Yours of the 11th inst.received, but owing to other matters I have delayed answering until the present time.In answer to question No.1, 1 would say that I cannot see any great effect from being too arbitrary in teaching the English language, where there are totally French speaking scholars in the Districts.Although at the same time it would be in my humble opinion, in the interest of those Districts to learn English, as l believe it will be the prevailing language of the Dominion, perhaps not in your time or mine, but it is coming and coming fast, as the immigration from the English speaking countries, such as England, Scotland and Ireland arc greatly in excess to those coming from France.2nd and 3rd.The circular which you so kindly sent me is not according to the spirit of Confederation, as laid down in the British North America Act, but at the same time, the minister of Education in issuing that law as contained in the circular, has probably studied the mutter fully and considers it is in the interest of the young people to have English thoroughly taught and give them a good English education, but not in my opinion to the.expulsion of their own language.For instance in all I understand commercial houses, book-keeping is done in English.Even the Accountant in the House of Quebec uses the English language and English system for keeping Ihe books of the House, although the book-keeper speak English ¦iery indifferently.My opinion is, that this is the reason why the minister wishes to inculcate a good English education into the scholars of the present age, and not for the expulsion of the beautiful French language.\th.I must say the Protestant minority are dealt with very fairly in the Province of Quebec, at least I have no cause to complain, in the experience I have had with the Government daring the past 12 years.I do not think the.Hon.the Minister of Education for the Province of Ontario, has any idea of extinguishing the French language as it is a.s necessary for the furtherance and well being of all classes, as is the English, and I take it that it is to fit and prepare the young people for the battles of life, and to prepare them for such he has taken this course.As you are aware of Ihe.fact there are some counties in the Eastern part of Ontario that the French Canadian arc almost if not so, as numerous as in some conn-lies in ihe Province, of Quebec.Believe me, my dear sir, Yours sincerely, IV.H.WALKER.Huntingdon, 22 oct., 1912.M.Henri Bourassa, 71a rue Saint-Jacques, Montréal.Cher Monsieur, J’ai reçu votre lettre du 11 octobre, mais d’autres affaires m’ont forcé de retarder ma réponse jusqu’à présent.A la première question, je réponds que je ne vois pas de quel grand profit serait l’enseignement trop arbitraire de la langue anglaise, quand il n’y a que des élèves de langue française dans les districts.Cependant, dans mon humble opinion, il serait de l’intérêt de ces districts d’apprendre l’anglais, parce que je crois que ce sera la langue dominante dans le Dominion, peut-être pas de mon vivant, ni du vôtre, mais cela s’en vient et vite; en effet, l’immigration des pays de langue anglaise: Angleterre, Ecosse, Irlande, est considérablement supérieure à celle qui vient de France.Deuxièmement et troisièmement, la circulaire que vous m’avez envoyée n’est pas dans l’esprit de la Confédération, tel que posé par l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord.Cependant, le ministre de l’Instruction Publique a probablement, en faisant la loi telle que l’expose la circulaire, étudié la question à fond et il est d’opinion qu’il est dans l’intérêt des jeunes enfants de leur enseigner l’anglais d’une façon complète et de leur donner une bonne instruction en anglais, quoique, à ce que,je pense, sans aller jusqu’à prohiber l’enseignement de leur propre langue.Par exemple, je crois que dans toutes les maisons de commerce, la tenue des livres se fait en anglais.Le comptable île la Chambre de Québec lui-même se sert de la langue anglaise pour tenir les livres de la Chambre, quoi-fpie le teneur de livres parle assez mal l’anglais.Je pense que c’est pour cette raison que le ministre désire donner une bonne instruction en anglais aux écoliers d’aujourd’hui et non pas chasser la belle langue française.Quatrièmement, je dois dire qu’on traite la minorité protestante avec beaucoup de justice dans la province de Québec, du moins n’ai-je trouvé aucune cause de grief dans mon expérience du gouvernement durant les douze dernières années.Je ne pense pas que l’honorable ministre de l’Instruction Publique de la province d’Ontario ait l’idée de faire disparaître la langue française, parce qu’elle est nécessaire à l’avenir et au bien-être de toutes les classes, comme l’anglais; je suis convaincu qu’il veut préparer la jeune génération aux batailles de la vie et, dans ce but, il a pris ce mo-,yen.Comme vous le savez il y a quelques comtés dans l’Est de l’Ontario où tes Canadiens-français sont presque aussi nombreux, s’ils ne le sont pas tout à fait, que dans certains comtés de la province de Québec.Croyez-moi, mon cher monsieur, Votre fout dévoué, W.TL WALKER.LE 5 NOVEMBRE La session provinciale s'ouvrira le 5 novembre—dans une semaine exactement.La sesion fédérale commencera le 21 novembre et, dans l'intervalle, nous aurons l'élection d'Hochelaga.Tout indique donc une période d'activité politique exceptionnelle.Les électeurs ont un intérêt spécial à être renseignés de la façon la plus complète et la plus impartiale sur tout ce qui se passera à Ottawa, à Québec et à Montréal.Le “Devoir” sera représenté à Québec et à Ottawa par des courriéristes de grande expérience, MM.Jean Dumont et Georges Pelletier.Nous faisons un abonnement spécial pour toute la durée des deux sessions.Du commencement de la session provinciale à la fin de la session fédérale, on pourra recevoir le "Devoir’’ pour $1.00, édition quotidienne.Dites-le à vos amis.PAS DE GONTRIBUTIOH DIRECTE Cette politique nous réduirait à la situation d’état tributaire — Les contribuables anglais se moqueraient de nous ÉNERGIQUE OPINION DU “HALIFAX CHRONICLE Le Morning Elmmicle de Halifax publiait dans son numéro de sa- medi, 2(1 octobre, cet article les citoyens du Canada: qui mérite d'etre lu avec soin par tous fait à leur intention, mais pour définir et protéger les droits des deux grandes races qui out fait le pays.D’après le compte rendu du Herald, M.Godfrey Langlois a dit au club de réforme qu’il est temps d’engager le combat définitif contre le contrôle de l’Eglise en matière scolaire.Est-ce l'autre moitié de la pensée que M.Langlois a soigneusement cachée jusqu’à présent?Le Veilleur.Inconséquent ou fanatique L’attitude la plus incompréhensible prise par un journal ontarien sur la question de renseignement bilingue est bien celle du “News”.De temps à autre depuis quelques années le, “News” a exprimé l’opinion que la connaissance du français par les Anglo-canadiens non seulement permettrait à ceux-ci de goûter les beautés de la.langue française, mais faciliterait aussi la solution de bie,n des problèmes nationaux.Et voici le “News” qui fait choeur avec toute la presse étroite et fanatique pour empêcher l’enseignement du français d’une façon intelligente dans les écoles de sa province 1 Oà diable veut-il donc que les jeunes gens d'Ontario apprennent le français, s’il ne doit pas être enseigné à l’école?Ce n’est pas le “News”, ni le “Globe”, ni le “Mail and F.mpire” qui le leur apprendront.Ou le “News” est inconséquent ou il est tout simplement fanatique.J.D.SOMMAIRE PAGE 2 Nouvelles des Balkans.—Les Turcs battus en brèche PAGE 3 —Deux étoiles ont passé.Paul-G.Ouimet.—Les progrès de la paroisse de St-Edouard.PAGE 4 LA VIF, SPORTIVE: —W.Bailey gagne la course dn “Merald." » » * —Le monde ouvrier.PAGE 5 —Le Transcontinental dans les Provinces Maritimes.—Deux .soldats men rent dans collision.—C’est au tour de Jack Rose de se.dire innocent.Le tribunal des jeunes délinquants.DERNIERE PAGE - Toutes les dernières nouvelles locales et étrangères, de la dernière.heure.une Sa première opinion Le nouvel avocat en chef de la Ville, Me C.Laurendeau, est entré en fonction samedi.Il a envoyé au conseil sa première opinion officielle concernant la recommandation des commissaires de payer $(10,000 comme part de la Ville dans l’achat des ponts Vian et Lachapelle.Selon Mo Laurendeau, l'autorisation donnée à la Ville de payer ees $60,000 doit s’interpréter comme une obligation- Il semble aussi probable que peut l’être d’avance tout ce en quoi M.Borden est concerné, qu’il a déridé, ou qu’il a l’intention de faire, ou qu’au moins il pense à faire ce que ses partisans aiment à appeler une contribution d’urgence au Uv-sor du Royaume-Uni.Le fait que M.Monk a remis sa démission au premier ministre semble montrer que In proposition d’une contribution d'urgence doit au moins avoir été suggérée au conseil des ministres.Doit-on alors s’étonner que les conservateurs de Québec eux-mêmes secouent la tête et f>e cabrent devant cette proposition?Les ancêtres de In population actuelle de Québec ont ouvert ce territoire à la civilisation et posé les fondations de cette province malgré l’hostilité des Sauvages et des Anglais.Tout le monde sait cela.L’histoire du monde n’a jamais connu de pionniers plus braves, plus entreprenants et plus capables.Assaillis de partout par les armées de la Grande-Bretagne et les vaisseaux de la Grande-Bretagne, sans secours de la France des Bourbons, ils furent à la fin vaincus et subjugués.Mais cela est arrivé plus de cent cinquante ans après la fondation de leur colonie sur les rives du Saint-Laurent.Moins de vingt ans après la conquête, les Français de Québec aidaient à repousser l’invasion des colonies américaines en révolte.Grâce surtout à leur loyauté, l’Empire conserva le Canada.En 1812-14, ils eombaltirent encore avec fermeté et succès pour la cause anglaise.Depuis, il y a eu cent années de paix./ Pendant 1rs trois cents et quelques années de leur histoire, les habitants de Québec n’ont jamais tiré un coup de canon, excepté pour se défendre contre la ’Grande-Bretagne, ou pour défendre la Grande-Bretagne contre ses ennemis.Il est vrai Ique la Grande-Bretagne n’a pas eu Ile tort de les approuver depuis la conquête;—comment aurait-elle pu le faire, devant leur soumission franche et leur loyauté constante?Minis, en ce qui les concerne, lis vertus du gouvernement britannique ont été négatives, purement négatives.C’est même du peuple de Québec que sont venues toutes les faveurs.Tl a ouvert et exploité son territoire à ses propres frais, et par ses seuls effort*;.Il a lutté longtemps et persévéraimnent contre le désert.Il a abattu la forêt.11 a fait des chemins.Il a construit des chemins de fer, des canaux et des quais.Il a bâti des grandes villes et des bourgs prospères.Tl s’est continuellement accru en nombre; et avec tout cela il a donné à l’Empire une des provinces les plus grandes et les plus riches, avec une population de plus de deux millions d’âmes qui continue toujours à augmenter rapidement.Il a encore beaucoup à entreprendre.Sur ses épaules repose le fardeau du développement de la partie inexplorée de son territoire.La tâche de ees pionniers ne fait en réalité que commencer.Et c’est le moment que choisit M.Borden, avec son sauvetage d’empire, ses projets de dépouillement de sa terre natale, pour faire un cadeau gratuit de trente millions de dollars d’argent canadien péniblement gagné à nos suzerains politiques, les électeurs du Roynunie-Uni! La population de tout le Canada est de sept millions d’âmes; celle de Québec, de deux millions.La part de ces trente millions qu’- aurait à payer cette province serait de deux-septièmes soit $8,571,428, ou un impôt immédiat de $4.28 par tête pour chaque homme, femme et enfant de sa population.Doit-on, après cela s’étonner que Québec recule ou que M.Monk croie bon de se séparer d’un cabinet canadien amateur de cadeaux?ti y a aussi pour le peuple de Québec l'humiliation de cette contribution, pire que n’en sera le coût.Le versement par le Canada dans le trésor anglais d’une somme dont les Canadiens ne pourraient contrôler l’usage serait purement le premier paiement d’un tribut de la part du Canada au Royaume-Uni.On l'exigerait ensuite périodiquement.La proposition Borden ne peut, en effet.être mieux caractérisée que par le mot offensant de tribut.Ce serait l’acceptation, officielle faiblo et méprisable, par le Canada, de sa subordination pratique et Ihéoriipie aux électeurs du Royaume-Uni.Ces électeurs choisissent les représentants qui auraient seuls le droit de dérider comment seront dépensés les trente millions du Canada.Ils savent tous que l’urgence n’est qu’un simple épouvantail publique.Loin de remercier le Canada pour le versement de son H*!-but.ils riraient entre eux de sa simplicité crédule et de sa naïveté ro dienle.Doit-on s'étonner que le peuple de Québec, — qui est sensé et sagace, (iui ne se laisse pas éblouit' par des drapeaux agités ou rendre sourd à la voix du bon sen*, par le battement tapageur des drapeaux, soit dégoûté et décidé à ne pas marcher?Qu’il n’y ait pas actuellement de besoin pressant pour le Royaume-Uni et que rien n’en fasse prévoir un, M.C.H.Caban, l’un des hommes les plus profondément conservateurs au Canada, l’a démontré d’une manière irréfutable à l’aide des témoignages les plu*: compétents de l'Angleterre, qu’il a donnés dan» les colonnes de l’un des organes dirigeants du parti conservateur, la Montreal Gazette.Nous avons prouvé, hors de toute doute, que les citoyens de la Grande-Bretagne n’ont pas besoin du secours des citoyen»: du Canada, et qu’ils n’y ont aucun droit, en comparant les taux des taxes payées par les citoyens de chaque pays.Nous avons montré que rhisloirc du “titan fatigué” est une colossale hâblerie.Chaque citoyen d’Angleterre a payé l'an dernier une taxe moyenne de $19.38 au Canada, pour le seul •soutien du gouvernement fédéral —nous omettons absolument toute taxe imposée par un gouvernement provincial — chaque citoyen a payé $19.31; il paiera encore plus cette année.Les trente millions de M.Borden pour un besoin pressant y ajouteront $4.28 pour rh.nqne citoyen, l’an prochain et porteront cette contribution à $23.59 contre $19.38 payés par l’habitant du Royaume-Uni.Peut-on être surpris, qu’en présence de ces faits et chiffres, M.Monk ait rompu aussitôt que possible avec le gouvernement Borden, et qu’on ne puisse trouver, comme dit M.Bourassa, qu’un seul journal conservateur français dans la province de Québec?N'est-il pas raisonnablement évident que le gouvernement de M.Borden aura à faire face dans un avenir assez rapproché, à des besoins urgents réel*:, s’il persiste dans sa proposition de donner trente millions pour un imaginaire “besoin urgent?” Z J LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 29 OCTOBRE 1912 VOL.III.— No.250.LES TUIICS BATTUS EN BRECHE À moins que les armées du Sultan ne deviennent victor! u es de la bataille qui se livrera bientôt près de la rivière Erkene, la Turquie menace de disparaitre de la carte européenne Les troupes du Sultan sont démoralisées et l’un des régiments dépose les armes et se rend.— Cent cinquante mille hommes ont pris part à la bataille de Kirkilissé.LA SEULE ALTERNATIVE POUR LES TURCS Vienne, 20 —'T.e lieutenant Wegener, rorrespondant (lu “ReirhspoKt , télégraphie des quartiers-généraux de la deuxième année bulgare, en date du 27 octobre.* Ia ni on concertée des Bulgares contre l'armée turque rie l’Rsi avance constamment, en dépit du mauvais temps.La retraite des Turcs sur Constantinople est coupée.La Voie ferrée de Constantinople à Lu le Burgas a été détruite à Toherhess-keni, a 12 milles seulement au nord-ouest, de Tehorlu, où sont les rjuartiersegénéraux des Turcs, et à cinquante mille de Constantinople.On a fait'sauter le pont sur la rivière Tdtorlu.L’armée turque n’a pas d'autre moy-en d’éviter d’être - complètement cernée que d’accepter la bataille sur la rivière Erfcene.Ce1 sera la dernière bataille des Turcs.Les forces turques stationnées d’Eski-Baba à.Lule-Burgas se composent de quatre corps d.armé-e.Environ 150.-000 hommes en tout ont pris part à la bataille de Kirkilissé ; la plus grande partie de ces troupes cependant.battu en retraite dans la nuit du 23 oeèoitre pendant'qu’une division et demie couvraient la retraite en continuant la défense de la ville.Les prisonniers disent qtue l’armée turque est.bien démoralisée et que les officiers sont les' premiers à Tâcher pied.Parmi les trophées .pris par les Bulgares à Kirkilissé se trouve un sabre d’honneur offert par le sultan à Muk-lar Pacha, le eorrmmndant turc.La chute d’Andrinople est imminon te.Une partie des troupes qui y sont stationnées pourront peut-être s'échap-par le long de la Marritza,, mais la retraite est.déjà coupée pour'la garnison de 60,00 hommes.fes terribU'S pertes que les 'Pures ont éprouvées dans leur récente sortie c ’Andrinople onttdémoratHsé les troupes du sultan et un régiment entier a déposé les armes sans opposer de résistance.L’ABA YDON DTTSKI B \ tanya, Serbie, 20 mains de M.i.-ni/elos, le président du ()n ,jjt l,.s!“< llu ministre de la guern abandonné Lu.Irttrs drapeaux.de façon* à s»*! Parmi les personnages officiels pre ml.()n croit "wts Ü y avait h» ministre de l’inté- finanecs.un d(.* 1 année et colonel llordeau, un membre de la troupes turques ont place force d’I skub.concentrer plus au qu'ils se sont r.urancbés dans les col rieur.le ministre ri lines au sud (b* la vide, ce (pii leur ffrand nombre d oflic’n offrirai» de grands «v antages au ! é/RTK point de vue du terrain.Midi K I)’AM) RING PLF.Vienne.29 J e correspondant de la “Ueirhspost”, qui eM.croit-on.un officier autrichien, n envoyé du pre rnier (juartier-gén' ial de l’armée bulgare, vendredi, à 10 heures du matin.la dépêche «uivanto : "Le général Ivanoff resserre .ses 11 gnrs autour d Andrinople, principale ment au nord et à l’ouest."Il renforce également ses positions par ememental " Mir ' dit eue lef; 'Pures effectm ni leur retraite en désordre et que la population s’en fuit vers Constantinople.Tye \ ilîage de Kotchavi ér.é capturé par les Bulgares, hier, après un rude Combat à ia baïonnette.LA BATAILLE DE KM VAN’OYA lx,n 4P I 4» *i 4b 4b NOUVEAUX PATRONS on tissus noir, tel que voile de Paris, serge lama, avec bordure de sole, dessins broohé et braklé, largeur do 46 pouces.Valant, la verge : $1.25, $1.50, $2.00, $2.50 * $5.00 DRAP VICTORIA noir fini satin, liantes nouveautés de Paris, largeur 46 et 54 ponces.Prix, la verge $1.50, et $2.00 NOUVEAUX WHIP CORD noir, léger et pesant, pour robes de toilette et costumes de rue Prix variant do 50c, 90e, $1.25, SI .50, à S2.25 NOUVEAUX VELOURS il costumes, noir, dans les grandes largeurs, à partir de $1.25, $1.50, $2.00, $2.50 $5.00 VOYEZ NOTRE VITRINE DE NOIRS CETTE SEMAINE ti94******* ***¦*******'** **** ?**?*?*#?«'*** va ta «a «a ta «a ¦-a ta ta ta -a a » ta $ «a £ t ça # a a î a "a Z ça a «a S ça « » ça S ! P i I Z ta ç» Retour d’une expédition! Québec, 29.— M.Félix Lflliborté, in génieur forestier, qui avait été chargé parle département des t/erree d’explorer le sol et la forêt des deux rives de la rivière Nottaway est revenu hier de* régions arctiques avec le» membrtus do son expédition.Le» membres de l’expédition ont parcouru A pied ou en canot 325 milles sur les rivièros Nottaway et Balia.CONVOI DE MONTREAL TAMPONNE South Vernon, Vt., 28.— L’express de Montréal du Vermont Centra], a frappé, a été le seul blessé.Ls trafic train de fret, à eause de l’épais brouillard Huit chars de fret ont été brleéi mais Ucxprfws n'a pas déraillé.C.H.Davison, mécanicien du train frappé, a été le seul blessé, Le trafic a été obstrué durant, nuatre h»»—v 4 LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 29 OCTOBRE 1912 VOL.Ï1L — No.25a LA VIE SPORTIVE W.BAILEY GAGNE LA COURSE DU HERALD Il parcourut la distance de 10 milles en 57 minutes et 50 secondes.— Clouette, du National, se classa deuxième etShorvers, du St-Patrick, troisième.—Fabre se retire à la jonction de Snowdon.Wm.Bailoy, de la M.A.A.A., a
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