Le devoir, 4 avril 1985, Supplément 1
r LE DEVOIR CAHIER Montréal, jeudi 4 avril 1985 LA RELIGION DES JEUNES ?Le temps viendra où la jeunesse nous apprendra à vivre sous le signe de Dieu JEANNE SAUVÉ gouverneur général du Canada Mme Sauvé a été de 1942 à 1947 présidente nationale de la Jeunesse étudiante catholique.Elle n'a jamais cessé de témoigner publiquement de sa foi.Elle le faisait encore tout récemment, le 6 mars, dernier au Déjeuner montréalais de la prière.LE DEVOIR lui a proposé de faire part de ses réflexions sur la religion des jeunes d’aujourd'hui.Elle a accepté spontanément Nous lui en sommes reconnaissant JE sursaute quand on me dit que les jeunes n’ont pas la foi et même pas de préoccupation religieuse.Dans sa globalité, l’affirmation relève d’un refus d’observer et d’analyser les faits.Ceux-ci sont complexes, plus encore, inédits pour les nostalgiques de l’unanimité.Ils dérangent à tout le moins si l’on rêve d’un retour à ce temps de chrétienté qui fut celui de ma génération engagée derrière son clergé et proclamant une foi qui, pour paraître aujourd’hui démodée dans ses manifestations, n’était pas moins l’expression d’un credo vivant et dynamique qui, suivant la plus ancienne tradition chrétienne, a transmis le dépôt et nourri la vie eccl^ale.Depuis lors, au prix de grandes douleurs, l’Ég^ s’est unposée l’effort d’une mutation intérieure qui n’a pas manqué Photo CP Lasorphoto Mme Jeanne Sauvé, gouverneur général du Canada rencontrait récemment des jeunes au cégep de l’Outaouais à Hull.Mme Sauvé a été dans les années quarante présidente nationale de la Jeunesse étudiante catholique.de modifier les traits de son visage visible.Certains ont prétendu ne plus la reconnaître; d’autes — c’est le grand nombre — ont vécu avec Elle, dans le doute et l’angoisse, ce rajeunissement et ce ressourcement.Mais comment et où situer les jeunes dans une expérience qui, pour ceux qui ont aujourd’hui de 15 à 20 ans, appartient à un passé qu’ils n’ont pas connu ?Poser cette question, c’est amener les aînés à s’interroger sur leur propre démarche.Car il n’y a pas heu de juger la jeunesse selon des critères d’avant et d’après Concile.Il faut essayer de la voir dans un vécu différent, sans toutefois commettre l’erreur d’ignorer les constantes de la psychologie de l’homme et ses inquiétudes fondamentales.Je ne pense pas que les jeunes soient d’instinct moins religieux que nous; qu’ils échappent au tourment métaphysique de l’existence; qu’ils ne se posent pas la question de savoir quelle est leur nature, leur origine et leur fin.C’est à ce niveau essentiel qu’il importe de situer notre regard sur leur conscience et leur comportement.Pour rejoindre ce peuple nouveau, il faut s’employer à inventer un discours qui, constant dans sa substance, emprunte ses termes au langage contemporain.Il y a deux manières d’aborder la délicate question de la religion et de sa pratique : celle qui craint d’indisposer en évoquant la nécessité du spirituel et de Dieu; qui, sous prétexte de respect de la liberté n’impose plus rien, ne se risque qu’à suggérer ou a offrir; qui prétend qu’il faut laisser s’épanouir la personnalité, se dessiner l’adulte, s’affirmer l’être autonome et disponible; celle du choix librement fait, sans influence de qui ou de quoi que ce soit.En fait, l’éducation par le silence, par l’omission et par l’absence.Il y a l’autre dont le pivot est l’enseignement du donné révélé et l’exemple de la vie de foi.Cette manière consiste à instruire avec conviction et à témoigner.ape suasion.La persuasion qui s’exerce dans l’affirmation, et l’audace dans la contradiction de tout ce qui pourrait empoison- ner le climat nécessaire à l’éclosion de la fol.Est-il besoin d’ajouter que cette méthode ne fait pas appel à la force ou à la crainte, qu’elle se veut respectueuse de l’autre, mais qu’elle n’entend pas laisser à quiconque l'exclusive du champ qu’il faut ensemencer.Il semble qu’on oublie que la jeunesse est disposée à l’écoute, qu’elle a soif de ce dont on néglige de l’abreuver et faim de ce qui devrait la nourrir, qu’elle est possédée d’un idéal dont on aurait tort de suspecter l’authenticité.Je me rends compte que les jeunes réagissent toujours positivement quand on leur présente un projet collectif, qu’ils ont de leur avemr une conception qui n’exclut pas nécessairement le sacré.Peut-être attendent-ils de nous des signes et que, scandalisés par notre égoïsme et notre indifférence, ils répugnent à prendre place dans le temple délabré de nos démissions.C’est de confiance réciproque que doit se nourrir le dialogue avec la jeunesse sur le sujet de la reUgion.Je sais des jeunes qui se réunissent pour parler de Dieu, qui chantent et qui prient; des jeunes qui s’engagent dans les mouvements sociaux et les oeuvres de charité; des jeunes qui vont très loin chercher des témoins qui les exaltent et les soutiennent; d’autres qui apprennent à découvrir leur entourage et a s’y insérer pour vivre en plénitude le mystère de la grâce.Je ne puis donc accepter tous les clichés obli-gés sur l’indifference religieuse des jeu- Sulte à la page XII JEUNESSE OUVRIÈRE CHRÉTIENNE ?Croyants à leur façon, les jocistes sont sur la ligne de feu CAROLE BEAULIEU L’auteur est journaliste au DEVOIR et co-responsable du secteur des affaires sociales.kORTÊE par la « crise économi-'que », la Jeunesse ouvrière chré-tienhe (JOC) connaît depuis un peu plus d’un an « un regain de vie », à la grande surprise de ceux qui la croyaient morte et enterrée.Plus d’une centaine de jeunes ont pris part l’automne dernier aux cinq congrès régionaux qui ont fait le « procès de la jeunesse ouvrière », une nette augmentation sur la poignée de militants qui subsistait au Québec au cours des années 70.Les organisateurs en attendaient plus de deux cents au Grand rassemblement du 30 mars à Montréal.Qui sont-ils ces jocistes des années ‘80 qui, à l’instar des fondateurs du mouvement, vont « vers les chômeurs et les travailleurs », revendiquent la parité de l’aide sociale pour les moins de trente ans, participent à des occupations de bureaux de députés?La plupart ne vont pas à la messe.Plusieurs ne se disent même pas croyants.Ils parlent peu, sinon pas, de Jésus-Christ ou de l’EgUse.Us sont à la JOC « pour changer leur vie ».« Ce n’est pas facile pour personne aujourd’hui d’avoir un discours signifiant au niveau de la religion, explique Gilles Thibault, responsable des affaires sociales auprès de l’Assemblée des Evêques du Québec, ces jeunes n’y échappent pas.» Cette difficulté à « nommer sa foi » ne veut toutefois pas dire, soutient l’aumônier national du mouvement, Alain Léonard, que le « C » de la JOC a été évacué, même si le journal du mouvement ne s’appelle plus désormais que Jeunesse Ouvrière.« Seul le contexte culturel dans lequel les valeurs chrétiennes sont véhiculées Suite à la page XII QUAND LES ÉVÊQUES.frappent à la porte des jeunes FRANÇOIS QLOUTNAY L’auteur est pigiste.Mgr Jean-Claude Turcotte: « La malorité de nos communautés chrétiennes n’offrent pas aux jeunes un visage très attirant.Nous avons des édifices d’un autre siècle, d’une autre génération, notre clergé se fait vieillissant et nous nous cherchons au niveau des ministères ».L’évêque auxiliaire à Montréal le reconnaît d’emblée : « Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’amener une cer-lainejeunesse à s’engager au service l’Eg- de l’Eglise.¦ Il y a 20 ans, selon l’enquête sur les « nouveaux citoyens », effectuée par les sociologues Marcel Rioux et Robert Sévigny, 78 % des jeunes de 18 à 21 ans participaient aux célébrations dominicales.Depuis, malgré les espoirs suscités par Vatican II, malgré l’adoption d’outils de catéchèse mus appropriés, malgré le rapport Dumont sur l’implication des laïcs dans l’Eglise, la proportion des jeunes pra-Uquants ne cesse de décroître.Entre l'Eglise et les jeunes, les routes divergent.« L'Eglise ne fait plus signe, ni par ses sacrements, ni par son langage », commente Mgr Maurice Couture, évéque auxiliaire à Québec.Pourtant, lors d’occasions privilégiées, leurs destinées se croisent.Au Stade olympique, par exemple, le 11 septembre dernier, lorsque Jean-Paul.Il et 60,000 jeunes ont entamé un dia- logue.Et plus récemment, les 9 et 10 mars, lorsque les membres de l’Assemblée des évêques du Québec ont écouté quelque 60 jeunes venus exprimer leurs attentes et leurs préoccupations.Lors de cet événement, cinq évêques ont bien voulu répondre aux questions du DEVOIR.Outre Mgr Turcotte et Mgr Couture, Mgr Robert Lebel, évêque de Valleyfleld, Mgr Adolphe Proulx, évêque du diocèse de Gatineau-Hull, et Mgr Raymond Salnt-Gelais, évêque auxiliaire à Saint-Jérôme ont évoqué, notamment, la difficile transmission de la foi, les points de tension entre la jeune génération et les structures ecclésiales et l’attrait qu’a exercé le pape Jean-Paul II auprès des jeunes québécois.« Les jeunes n’entendent plus parler de Dieu ?Mais voyons, ils entendent parler de toutes sortes de dieux ! », lance Mgr Turcotte.Des extra-terrestres aux sciences occultes, en passant par le « dieu-consommation » tant idolâtré en Amérique du Nord.« Il y a tant de courants dans la société que les jeunes éprouvent des difficultés A reconnaître en quel Dieu Us croient», avance Mgr Proulx.Les choix, en matière religieuse, sont totalement différents de ceux qu'ont pu connaître les générations précédentes.La référence religieuse « n’est pas spontanée dans leur vie quotidienne », note Mgr Salnt-Gelais.« On vivait, nous, dans un système dominé par U fol où tout éUlt cohérent.Aujourd’hui, dans une société pluraliste, la foi, il faut la maîtriser pour bien la situer», ajoute Mgr Lebel.Pourtant, les jeunes recherchent un sens à leur vie, cela ne fait aucun doute.Mais la société oriente subtilement leur recherche, prétend l’évêque de Gatlneau-Hull.« Ils sont les victimes d’une société très convaincante au sujet de la richesse et du confort.L’homme et la femme qui ne « progressent » pas dans l’échelle sociale, ne dit-on pas qu’ils n’ont pas de sens à leur vie ?» Faut-il en conclure que la catéchèse enseignée dans les écoles depuis l’abandon du « petit catéchisme » aura eu des effets contraires à ceux souhaités ?Qu’au lieu d’une plus grande prise en charge de leur fol, les jeunes ressortent des cours dans la confusion la plus totale ?« La catéchèse scolaire ne suffit pas », soutient Mgr Proulx.Le bagage acquis au cours des années scolaires est impor-tanL Impressionnant même mais, regrette Mgr Lebel.« On dirait que ça n’a reposé sur rien et que ce bagage s’est volatilisé.La catéchèse n’a pas reçu l’appui d’une famille et d’une communauté chrétienne ».Guère outillés pour répondre aux Questions de leurs enfants, déroutés evant leur rôle d'accompagnateurs de la fol, peut-être même distants face à la pratique religieuse, les parents ¦ défont » quelquefois ce que Vé-cole aurait pu Inculquer.« Quand les jeunes nous posent des questions, ce sont souvent celles de leurs parents », tuH* à la I iXll PiMlo JOC Des militants de la JOC se sont joints l'automne passé au Regroupement autonome des jeunes lors de l’occupation du Centre des services sociaux du Montréal métropolitain.Ils revendiquaient la parité pour l’aide sociale avec les plus de trente ans.déplore Mgr LebeL « Elles ne partent pas de leur propre expérience.» Quant à la communauté paroissiale, les jeunes n’osent guère rapprocher.L’Image qu’ils en gardent est celle des cérémonies dommcales fastidieuses.Même pour ceux qui oeuvrent au sein de comités de liturgie, la pratique dominicale en paroisse demeure difficile.« Ils ont l'habitude d’être assis en cercle, de se sentir les coudes.Les mettre en rang d'oimons sur des bancs d'église, c’est toutâ fait aux antipodes de ce qu’ils vivent.Comment voulez-vous qu’ils se sentent attirés ?», reconnaît Mgr Couture.Une agressivité révolae Tous les évêques sont d’accord sur ce point ; l’agressivité envers l’Eglise n’existe plus.L’attitude de bon nombre de jeunes se résume â un sentiment d Indifférence.« Normal », dira Mgr Couture, « on vit dans un monde ou il y a énormément d'insécurité.Il faut d’abord penser â sui^vre avant de penser â quoi que ce soit d’autre.Y compris l’aspect religieux ».• Il n’y a aucune institution qui incarne, à leurs yeux, les valeurs aux-queUe» Us croient.A commencer par 1 ÊgUse », ajoute Mgr Turcotte.Faut-il abandonner î Certainement pas : 1 annonce de la Bonne Nouvelle est aussi destinée aux jeunes.Mais encore faut-11 leur laisser une place à 1 intérieur de la vie de la corn- AU SOMMAIRE Paul Tremblay Qu’est-ce qui a changé en vingt ans dans l’expérience religieuse de jeunes?Page II Plerre-Phllllpe GIngras Les jeunes universitaires s'intérssent d’abord aux affaires du monde Page III Denise Roblllard La « nouvelle catéchèse » a laissé une culture religieuse approximative Page IV GInnanIna Mercler-Gouin et Reynald Lavoie Les jeunes n’ont pas décroché; ils n'ont jamais accroché Page V Robert Tessier Les jeunes sont porteurs du sacré Page V Françoise et Pierre Laplante Les jeunes redécouvrent l'amour ailleurs que dans ie mariage Page VI Renée Rowan Une jeune recrue de .38 ans Page VI Renée Rowan Vie religieuse: quelques rares femmes font encore le saut Page VII Johanne Paquette Être jeune, femme et théologienne en 1985 Page VIII Jean-Paul II Message à l'occasion de l'Année internationale de la jeunesse Page VIII Guy Marchessault et Jérôme Martineau On choisit la théologie d’abord pour sa croissance personnelle Page IX Jean-François Lacerte Les sectes?Oui, mais avec réserve Page X François Gloutnay De la parole aux actes PageX Suzanne Asaelln La danse, lieu renouvelé de la rencontre avec Dieu Page XI COORDINATION Jean-Pierre Proulx MISE EN PAGES Mireille Simard PUBLICITÉ Francine Gingras Il Le Devoir, jeudi 4 avril 1985 LA RELIGION DES JEUNES Ce qui a changé en 20 ans dans l’expérience religieuse des jeunes PAUL TREMBLAY Ex-président du Comité catholique du Conseil supérieur de l'Education, l'auteur enseigne maintenant à l'Université du Québec à Chicoutimi.î quoi vous fait penser le // Z» mot religion »?Voici des -^^réponses de jeunes de 18-20 ans : « Je ne crois pas que la religion catholique soit la seule bonne.Je .crois en la diversité des religions ».La religion, ça m’horripile .à cent pour cent.Je considère que la rehgion c’est absolument inutile pour l’homme ; s’il était bien éduqué, il n’aurait absolument pas besoin de religion ».« Le mot religion me fait penser à une mentalité de vie ; je VOIS le côté religion surtout comme une manière de vivre ».« D’abord, c’est mon devoir de chrétien ».Ce ne sont pas des cégépiens d’aujourd’hui qui parlent.Non,’ce sont des jeunes des années 1962-1964, des étudiants de collèges classiques, formés dans la tradition catholique pure.Robert Sévigny, psychosociologue à l’Université de Montréal, avait alors mené parmi eux une étude minutieuse sur leur univers re-ligieux.(l).Il est éclairant de relire cette étude à plus de vingt ans de «iis-tance.D’abord, on croit se retrouver devant ces « portraits de conventum » d’autrefois que l’émission « Avis de recherche » a récemment remis à l’honneur.Photos vieillies qui font sourire : costumes démodés, professeurs en soutane, directeurs spirituels, J.E.C., congrégation mariale, messes quotidiennes, etc.Leur seul mérite consiste à faire mesurer l’évolution rapide qui s’est opérée en deux décennies.Mais l’étude de Sévigny est bien plus qu’un portrait de classe démodé.Conduite avec beaucoup de rigueur, elle permet de reconstituer le paysage spirituel et religieux de ces jeunes gens d’alors, aujourd’hui adultes dans la quarantaine.On y retrouve ce qui s’agitait dans la tête et dans le coeur de ces jeunes au moment où s’ouvraient les portes de la Révolution tranquille.Au moment où s’amorçait le dégel amenant ce qui allait être le printemps du Québec, cette saison impétueuse et courte, aujourd’hui dépassée.Car nous sommes bien entrés dans une autre saison et les jeunes d’aujourd’hui en sont les vivants indices, tout comme leurs pères le furent il y a vingt ans.En relisant le livre de Sévigny, il saute aux yeux qu’il existe entre les jeunes de 1960 et ceux de 1980 d’évidentes ressemblances et de profondes différences.Mettre en lumière ces points communs et ces différences c’est non seulement indiquer le chemin parcouru mais encore indiquer les directions et les défis de l’heure.De l’autonomie au narcissisme À travers les propos des étudiants de 1962-1964 ressort une première caractéristique : la recherche de l’autonomie.Ces jeunes achevaient une formation systématique; ils se débattaient avec les sens tout construits qu’on leur avait proposés ou imposes au collège ou au foyer.Ils revendiquaient fortement la responsabilité d’assurer eux-mêmes un certain accord entre leurs valeurs et leurs expériences.Sévigny analyse les données de son enquête à partir du modèle théorique de « l’actualisation de soi » emprunté à Cari Rogers.On sait combien ce modèle a i^iré la pensée et la pratique éducative et pastorale au cours des deux dernières décennies.Il s’est avéré le modèle tout indiqué pour des éducateurs et pasteurs désireux de se libérer du poids des contraintes antérieures et de lever les obstacles à l’épanouissement de la personnalité.Ce schéma était déjà latent dans l’esprit des jeunes de 1962, comme une sorte d’air du temps.Sévigny note que leur rapport à la religion et à l’Église était foncièrement déterminé par la possibilité d’y trouver un lieu d'actualisation de soi, dans la ligne de la cohérence, de la congruence et de l’autonomie.C'est ainsi, par exemple, que l'abandon de la pratique religieuse a pris chez plusieurs le sens d’une démarche d’autonomie.Cette requête d’autonomie se révèle également omniprésente chez les jeunes de 1985.La religion ne prend sens pour eux que si elle s'expriment comme une voie d’actualisation, comme un chemin d’humanisation.I.,a pastorale es.saie d’ailleurs de mieux prendre en compte cette donnée de départ, elle qui ne cesse d’affirmer, en dépit de blocages et de durcissements permanents, qu’il im- Porte de < prendre la route de homme ».Mais à y regarder de près, on est frappé par une énorme différence : la recherche actuelle d’autonomie renvoie à une variété infinie de modèles et de contre-modèles.Dans leur démarche, les jeunes de I960 partaient d'un système de valeurs Des étudiants de Chicoutimi en 1964.Les jeunes partageaient encore le rents mais on était à l’aube de l’éclatement de cet univers.très structuré dans lequel ils pouvaient se couler en y ajoutant du sien ou contre lequel ils pouvaient se rebeller.Alors, comme le note F.Dumont dans la préface du livre de Sévigny, « les plus nettes affirmations d’incroyance (n’étaient) que l’inversion, presque termes à termes, de la croyance ».Les jeunes de 1985 ne partent pas du néant mais la société pluraliste et permissive actuelle écarte pratiquement toute possibilité d’identification, d’opposition ou d’agressivité, ignorant ainsi l’aspiration des jeunes à rencontrer des modèles consistants.Dans ce contexte, ne leur est-il pas difficile d’arriver à se structurer ?En vingt ans, les jeunes sont passés de l’autonomie d’opposition à l’autonomie d’indifférence, même si un certain nombre retrouve depuis quelques années les voies de la recherche et de l’affirmation.Les propos d’autonomie des jeunes tournent souvent au narcissisme ambiant de notre société : être bien dans sa peau, se faire une bonne situation, profiter de la vie.Après le discours sur l’actualisation de soi de Cari Rogers, nous assistons au retour de Narcisse.L’attention au moi.semble primer sur tout investissement transcendant.Du rejet à l’absence d’hérédité Sévigny observait déjà chez les jeunes de 1962-1964 la tendance à rejeter les formes institutionnalisées et collectives de l’expérience religieuse : Église, dogmes, pratique culturelle.On était au début du processus de rejet car les informateurs de l’auteur demeurent somme toute encore bien fidèles par rapport aux critères d’aujourd’hui.En effet 8 sur 10 vont régulièrement ou presque toujours à la messe, dont un seul parce que « obligé ».Sévigny vérifie cependant auprès d’eux l’hypothèse suivante : plus l’Église constitue pour ces jeunes un cadre dans lequel 11 leur est possible de vivre des expériences « actualisantes », plus ils auront tendance à y demeurer.Inversement, plus l’Église leur apparaît « non actualisante », plus ils auront tendance à délaisser son enseignement et ses pratiques.L’Église « actualisante » est celle qui manifeste une attitude d’acceptation inconditionnelle, de valorisation de leur personne, de compréhension et de cohérence, celle qui fournit un cadre de relations interpersonnelles gratifiant.L’érosion de la pratique cultuelle s’est généralisée depuis 1960 pour de multiples motifs sans doute, mais notamment en raison du fait que beaucoup n’arrivent pas « à s’actualiser » dans leur rapport avec l'Église.C’est ce que continuent de dire beaucoup plus crûment les jeunes de I98l Ceux qui maintiennent un lien avec l’Église le font parce qu'ils ont le sentiment d’y trouver un lieu d’accomplissement personnel, un lieu de santé et de salut.N'est-il pas normal d’attendre de l'expérience ecclésiale qu’elle produise des effets d’humanité ?Les typologies religieuses qu’utilise Sévigny paraissent aujourd’hui désuètes mais le trait central de l’actualisation de soi qu’il met en relief demeure très présent dans les essais de typologies plus récentes.Par exemple, on élabore aujourd’hui une typologie à partir des voies qui conduisent à l’expérience religieuse, car ces voles sont devenues imprévisibles et multiples.Ainsi, aux États-Unis les jeunes accèdent au monde spirituel et religieux par les chemins suivants : l’ex^rlence de l’impuissance à travers la drogue et alcool ; l’expérience des mouvements d’exode contemporain comme la lutte pour les droits civiques, pour l’écologie, contre le nucléaire ; l’expérience du service communautaire chez soi ou à l’étranger ; l’expérience personnelle de mystère ; la recherche de la sécurité ou l’expérience de la fraternité dans un groupe religieux ou une secte.Ces chemins passent tous en dehors du terrain proprement ecclésial et institutionnel.Si les jeunes s’y engagent c’est qu’ils y trouvent une voie d’humanisation personnelle et collective.Alors que les jeunes de 1960 commençaient par la critique ou le rejet des pratiques ecclésiales du temps, les jeunes d’aujourd’hui doivent prospecter leur route et inventer des itinéraires totalement inédits.Iis grandissent sans hérédité et sans souvenir.Cela complique singulièrement leur quête d’identité, d’autant plus Photo Office du film du Québec même univers religieux que leurs pa- qu’ils ont à faire face à la montée des incertitudes dans le monde actuel.Tout se passe comme si les jeunes, ignorants du passé, incertains et inquiets de l’avenir, devaient se mettre en quête de tous les éléments pour une construction nouvelle.Tache énorme, qui effraie et paralyse.D’une langue commune à la confusion des langues Dans le questionnaire qu’il présentait aux jeunes des années soixante, Sévigny cherchait à cerner leur expérience religieuse àpartir de réalités comme : Dieu, l’Eglise, les prêtres, la messe, l’Action catholique, la morale.Et les jeunes semblaient à l’aise devant ces catégories objectives.L’auteur cite de longs extraits de certains de ses informateurs : leurs propos sont articulés, raisonneurs.L’assurance du ton frappe.Ces jeunes ont les idées claires, que ce soit pour l’adhésion, l’opposition ou le rejet.« Mon père a des positions périmées.Ma mère considère que la religion c’est fait pour être vécu, si on veut ou si on ne veut pas.Alors j’ai pleine liberté de ce coté-là ».« Il (l’aumonier) disait que si quelqu’un n’avait pas d’idées.s’il n’avait jamais d’objections, ça ne ferait jamais un bon gars.Il faut se dire : « ça je comprends pas ça » et essayer de se faire expliquer.Après ça on comprend, vu qu’on a déjà été contre ».Manifestement, les réponses renvoient à une langue commune, à des significations définies et apprises, même si on commence à s’en éloigner.On aurait aujourd’hui bien de la peine à cerner l’expérience religieuse des jeunes à partir de catégories aussi objectives.Pour qu’ils s’expriment, il faudrait sans doute recourir à un langage moins ecclésial et moins code, et surtout faire appel à des expériences plus larges.Le langage quotidien des étudiants d’aujourd’hui serait vraisemblablement simplifié et raccourci de beaucoup (« c’est super », « c’est débile »).Plus indéfini et plus imprécis : car les connaissance religieuses sont totalement éclatées.Moins rationnel et plus subjectif (« je me sens bien » ou « je ne me sens pas bien là dedans »).Plus perplexe et plus incertain ; car dans le domaine religieux comme dans les autres, les jeunes de 1985 arrivent mal à se situer, à définir leur rapport à la foi.Typique cette réponse affirmative-négative d’un jeune : «Je ne suis pas non croyant ».Depuis vingt ans, un décalage majeur s’est opéré entre le langage religieux de l’institution ecclésiale et le langage des jeunes générations.Des efforts ont certes été accompli en vue de renouveler la terminologie, de « s’adapter aux jeunes » comme l’on dit en une formule remplis d’ambiguïtés, mais les jeunes avancent toujours plus vite.et quand on croit les rejoindre, ils sont déjà partis ailleurs.À telle enseigne que le discours religieux donne l’impression d’un message en perte de vitesse, qui se perd dans la confusion des langues et des dialectes spirituels.Le défi du langage, inapparent en 1960, est devenu aujourd’hui un défi capital.Par delà les similitudes et les différences observées entre les jeunes de 1960 et de 1980 concernant l’expérience religieuse, une question vient à l’esprit.Qu’est-ce qui a changé le plus depuis vingt ans ?Est-ce les jeunes eux-mêmes ?Ou toute la culture ambiante ?On risque souvent de mettre au compte ou sur le dos de la jeunesse beaucoup d’effets induits sur toute la population par les mutations culturelles.Le schéma qu’utilisait Robert Sévigny pour photographier les jeunes de 1960 est lui-même typique d’un courant culturel qui est aujourd’hui remis en cause après avoir été un ferment pour les renouveaux éducatifs et pastoraux.On le soupçonne aujourd’hui de conduire plus souvent au narcissisme qu’à raffermissement du moi.Que la relecture de ce livre au moment de l’Année internationale des jeunes, où on nous invite à nous remettre « à l’écoute des jeunes », ne devienne pas un prétexte de plus pour verser dans « l’adolescen-trisme ».J’aime cette réflexion de G.Avanzini « De nos sociétés divisées, usées, disloquées, marquées par la dénatalité, émerge le role de l’adolescence tentatrice, un véritable ado-lescentrisme.Et cela devra, si difficile que ce soit, induire une révision des théories classiques de la psychologie et des concepts mêmes d’adolescence et d’adultité, dont la pertinence devient problématique».(2).(1) R.Sévigny, L'expérience religieuse chez les jeunes, Presses de l’Université de Montréal, 1971.(2) G.Avanzini, « La relation éducative aujourd'hui » dans « Valeurs juvéniles », Le Supplément, Cerf octobre 1984, p.80.LES SOEURS DE SAINTE-ANNE Engagées à la suite de JESUS-CHRIST pour continuer la mission d’éducation de leur fondatrice MÈRE MARIE-ANNE 1950, rue Provost, Lachino, Qc H8S 1P7 T6I.: 637-3783 + poursuivent la mission de Sauveur, assumée par Jésus.AMOUR — RÉPARATION — COMPASSION + portent assistance aux malades, aux personnes âgées et aux démunis.L’Institut accepte, dans ses rangs, des personnes handicapées.2825, Willowdale, Montréal, Qc — H3T IH6 LES RÉPARATRICES DU DIVIN COEUR SRS DE STE-CHRËTIENNE 2375 AVE ROBERT GIFFARD BEAUPORT, QUÉ.GIE 4H1 ou% SOEURS DE SAINTE JEANNE D’ARC Institut voué au service spirituel et temporel du Sacerdoce LES FÊTES RELIGIEUSES ROUGE ET OR / PELICAN LE LIVRE DE LA BIBLE Textes de la Bible merveilleusement illustrés de dessins et photos couleurs 315 pages, 16,50$ ISBN 2-261-00793-0 (imprimatur P.Faynel) LE NOUVEAU TESTAMENT RACONTE AUX ENFANTS Textes du Nouveau Testament pour tous les enfants, illustrés de dessins couleurs.60 pages, 11,25$ (imprimatur K.FaynrI) ISBN 2-261-01197-0 LE NOUVEAU TESTAMENT RACONTÉ AUX ENFANTS DISPONIBLES EN LIBRAIRIE INSTITUT CATHOLIQUE DE MONTRÉAL Ecole privée pour la formation et le perfectionnement des maîtres H.-> .'Hi IH.) i.-'l/ )!-! / ^ .ivi'irii it.il WfSlMOlINI g.i: !.' I H.?Y iX" Baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire 9o crédits Certificat de cycle en sciences de Véducation 30 crédits Le Devoir, jeudi 4 avril 1985 LA RELIGION DES JEUNES Les universitaires s’intéressent d’abord aux affaires du monde PIERRE-PHILLIPPE GINGRAS L'auteur est journaliste au journal Forum de 'l'Université de Montréal.La EXPÉRIENCE ^religieuse en milieu universitaire n’est pas morte.Elle emprunte simplement des voies nouvelles.À l’époque des collèges classiques, la pastorale occupait une large part des activités étudiantes au sein d’une communauté pratiquante.Il était impossible de dissocier la religion des études, la théologie de la philosophie, la littérature de la Bible ou les mathématiques des dix commandements ! Les choses ont changer dans le tournant de la Révolution tranquille.De nos jours, les jeunes universitaires chrétiens manifestent beaucoup plus une volonté d’échanges et de partage où prime le dialogue interreligieux que celle de convertir quelques indécis égarés dans l’univers de la foi.Actuellement, la question religieuse dans nos universités gravite autour de la participation aux problèmes quotidiens de ce monde, allant du désarmement pour la paix aux difficultés sexuelles dans le couple, en passant par le besoin de silence dans la nature au problème du suicide chez les jeunes.Le phénomène n’est pas étrangé à l’ouverture de l’Église sur le monde, et plus récemment aux différents messages livrés par le pape à cette jeunesse mondiale lors de ses pèlerinages en terres chrétiennes.En outre, si hier la pastorale universitaire régissait la route à suivre en matière religieuse, les diverses associations de jeunes étudiants chrétiens orchestrent maitenant les principales activités religieuses universitaires en accord dans la majorité des cas, avec les autorités ecclésiasti- Ainsi à l’Université Laval, le Service de pastorale opère dans un climat d’accueil et de coopération.Depuis maintenant plus de cinq ans, on propose dans cette ligne un programme d’assistance aux groupes religieux qui demandent une reconnaissance officielle.Dans le plus profond respect du pluralisme religieux et en vue d’une promotion effective de la liberté reli- gieuse dans le milieu universitaire de Laval, ces groupes peuvent bénéficier d’un ensemble d’appuis divers auprès de la communauté.Un nombre impressionnant d’associations possèdent ainsi des liens avec la pastorale universitaire de Laval : Groupe bibli-que universitaire.Groupe évangélique étudiant, Association chrétienne Maranatha, les Navigateurs de l’Université Laval, les chrétiens melkites et maronites, la Mission francophone de l’Église orthodoxe russe Hors frontières, missionnaires mormons, adeptes de Sri Chlnmoy, etc.Chaque groupe propose ses activités aux etudiants et doit souvent s’associer au Service de pastorale pour rejoindre le plus grand nombre possible de jeunes susceptibles de s’intéresser aux projets annoncés.Composé de deux prêtres et de trois animateurs, le Service de pastorale de l’Université Laval poursuit un objectif à long terme : contribuer à établir un lieu de rencontre et de dialogue interreligieux dans son milieu en relation très étroite avec tout groupe ou toute personne sensibilisée a un tel projet.Parmi les activités au programme, les jeunes universitaires chrétiens LES PERES BLANCS.MISSIONNAIRES D’AFRIQUE • Équipes internationales • Pour annoncer l’Évangile • et servir le monde africain Tu veux Investir ta vie dans le projet du Christ en Afrique?Écrla-nou»; 11100 boul.de l'Acadle Montréal H3M 2S8 Tél.: (514) 331-3520 DÉVELOPPEMENT ET PAIX QU’EST-CE QUE DÉVELOPPEMENT ET PAIX?Développement et Paix est un organisme de solidarité fondé par l'Épiscopat canadien en 1967.Son mandat consiste à promouvoir la solidarité internationale active des Canadiens avec les peuples du Tiers Monde, par l’appui financier à des projets de développement dans ces pays, et par un programme d'information et d'éduca-tion auprès de la population canadienne.tl Nil «m W TMn4MIIM Oui, "développement" est le /nouveau nom de la paix.Jean-Paul II Edmonton 1964 0É¥EiapPîMfm BMIX Pères et Frères ASSOMPTIONNISTES "Advenist Regnum Tuum” 'Faire nôtres les grandes causes de Dieu et de l'homme.' Au Québec: Et Ailleurs: Monmartre Bayard Presse Beauvoir Le Centurion Maison St-Augustin Missions Centre A.R.T.Dans 25 pays Vice-Provincial: 625, av.Chouinard, Québec GIS 3E3 (527-1676) L’Espérance aux mains nues • Un livre où intervenants et jeunes se retrouveront • Un livre plein de tendresse et de sensibilité • Un livre où l’Évangile est vécu au quotidien Éditions Stock-Salvator, 1984, 23S p.I4.95S Prix spécial jusqu'au 30 avril I98S: 11.95$ €D Librairie des Editions Paulines 4362 rue Sl-Denii Montréal, H2J 2LI tél.: (314)849-3583 ont le choix notamment entre un cercle biblique à rencontres hebdomadaires, le counselling pastoral, des fins de semaine intensives sur le mariage, des forums sur la visite de Jean-Paul II, des thèmes sur la prière, etc.À l’Université de Montréal, les activités religieuses, outre la formation académique à la Faculté de théologie, tendent à favoriser la croissance des personnes et des groupes et, ainsi, permettre d’intégrer les valeurs reçues, de les critiquer et de les confronter.De plus, on place un accent particulier sur rengagement social.Dans plusieurs facultés et departements, la pastorale s’associe à diverses causes telles que Amnistie internationale, Développement et Paix ou encore Cen-traide.Ainsi, on s’intéresse à la démilitarisation, à la prévention du suicide ou même à la désormais célèbre Montée à Saint-Benoit-du-Lac.L’événement réunit chaque année des centaines d’étudiants d’universités canadiennes et québécoises désireux de communiquer et d’échanger leurs expériences humaines, religieuses et spirituelles.Comme dans les autres institutions universitaires, on n’impose plus la présence de Dieu comme tel, mais on cherche plutôt à la faire sentir par des priorités directement liées à l’actualité de la vie spirituelle à l’université : les couples-étudiants et le mariage religieux, son implication personnelle dans le tiers-monde, la bataille des sexes dans l'Église ou la nouvelle prise de parole des femmes, etc.Donc, en termes d’engagement chrétien, les etudiants de l’Université de Montréal cherchent eux aussi à s’impliquer, moins dans une recherche fondamentale de la foi religieuse, mais bien dans les applications réalistes d’une croyance proche des questions que suscite déjà le troisième millénaire.À Sherbrooke, le responsable de l’unité pastorale célèbre mariages et baptêmes.M.Michel Nault, aumônier au développement spirituel et religieux et responsable du secteur de pastorale catholique, offre aux intéresses une politique d’animation religieuse où les activités ne manquent pas.Fait particulier, la Communauté chrétienne est incorporée civilement et possède son propre conseil d’administration et son assemblée générale annuelle.Encore ici, le pro- gramme général qui s’adresse aux jeunes chrétiens universitaires vise l’accompagnement des différents groupes sur les plans spirituels et religieux.Pour certains mouvements qui fonctionnent en marge du catholicisme, comme les musulmans qui se retrouvent sur la majorité des campus universitaires, les responsables des unités de pastorale offrent à ces associations des ressources techniques.Par contre, on insiste, dans l’importance de la dimension spirituelle, sur le respect des droits d’autrui.Comme dans les autres universités, les étudiants de Sherbrooke, intéressés par la pratique de leur foi, concentrent leurs actions autour d’un programme d’aide et de partage, d’information et de dialogue.« On remarque de plus en plus chez les jeunes universitaires une grande préoccupation pour la qualité de vie, note M.Michel Nault.Ceux et celles qui se laissent attirer par la pratique de la foi chrétienne, dit-il, portent en eux la soif de l’absolu.En somme, ils représentent environ 10 % de la population étudiante universitaire, tandis que les autres viennent à l’Université en fonction d’un diplôme à obtenir dans les plus brefs délais.On sent chez beaucoup de jeunes chrétiens universitaires une sorte d’insécurité existentielle en même temps qu’une recherche d’un lieu pour nourrir sa quête de sens.Alors qu’autrefois, on proposait des activités strictement pastorales, désormais on adopte une attitude d’ouverture d’esprit pour accueillir-les propositions des jeunes.On offre bien sûr plusieurs services, mais, dans certains cas, souligne M.Nault, on préfère attendre la demande.Et, lorsqu’elle vient, qu’il s’agisse de projets de conférences-débats, de visites pour des personnes âgées, de messes spéciales, d’activités de fin de semaine ou de discussions bibliques, on est prêt ! » Partisans de l’égalité et de la paix, soucieux de sensibiliser leur entourage aux problèmes actuels d’une jeunesse souvent en difficulté d’avenir et conscients que le nouveau rôle social de l’Église passe, plus que jamais, par l'affu’mation et la défense des droits de l’homme, les jeunes chrétiens universitaires, par leur engagement et leur foi, ont intégré leur vie sociale et leur vie religieuse dans une plus grande compréhension des uns envers les autres.Photo Buroou dt l'intormatton dt l'UdoM Evénement annuel de partage de réflexion, la Montée à Saint-Benoit-du-Lac constitue le symbole de continuité dans i’expérience religieuse des jeunes universitaires chrétiens du Québec et même du Canada.DEUX CONTRTOUTIONS MAJEURES À L’fflSTOIRE DES lÆLIGIÔNS Sous hi ilircvtioii tic N ivc Voisine et jean llainelin LHS L'LTRAMONTAINS CANAniHNS-l’RANÇAIS Etudes d histoire religieuse presentees en hommage au professeur Philippe Sylvain qui a exerce une influence considerable sur I histo-riographie québécoise et est considéré comme I un des plus grands historiens des idees au Canada français.Ce volume, inspire en grande partie de ses recherches, olire une vue d ensemble de I un des deux grands courants de pensee qui ont marque la société québécoise au siecle dernier En librairie a 19.95S $Oti9 Ui (ftitriton (Ir Nive VoHirii* rl J^iin cL- Dis W ULTRAMONTAINS tA\AI)IK\S - FR\\Ç\IS Ëltftf*» C h'iloir* «HigiruM 9n hommag* mu p«n1>9>»ut Sv(vM>n Histoire du catholicisme québécois*** ifcèm pÊT Mw latme Il jn li.niM-liM ¦ Vit «ilr ( tiivnnn 1.0 W sioclo iorM FApfTM Himi \i f Sons l;i cliruciion ilc Ni\ c N'oisiiu' msToiRi’: Dl CA I IIOI.ICISMI-: Ql RHHCOIS, III — I.c XXc siècle Un ouvrage qui s adresse aux membres du cierge, aux religieuses, religieux et laïques engages aux etudiants, a tous ceux qui veulent comprendre revolution recente de la société québécoise et.plus précisément.I immense mutation que la religion catholique a connue depuis 1960 Tome 1 (par Jean Hamelin et Nicole Gagnon) 22 SOS Tome II (par Jean Hamelin) 19 95S Aux éditions du BORE AI.EXPRESS Wr systém JEUNES COUPLES, AUJOURD’HUI par Françoise et Pierre Laplante témoignages recueillis dans le cadre d’une démarche systématique et selon les régies de l'enquête psycho s(x;iologique.Une telle démarche pourrait ap^rter une contribution essentielle à la réflexion en cours sur l’avenir de la famille au Québec.(Préface de Soucy D.Gagné.SORECOM) Ce livre intéressera: tous les Jeunes et les couples, les parents.les éducateurs, les agents de pastorales, et tous ceux qui se posent des questions sur l'avenir de la famille.éditbn/ du méridien Jeunes couples, aujourd’hui par Françoise et Pierre Ijqdante % pages 5 I /d" X 7 3/4" 9,95$ -rsemplaires t.Sphn 1,003 pow «rah 4c pan et 4e msnvlMitkin diMin.NOM:.ADRESSE:_________________________________________________ CODF.POSTAE.1tl.£PHONi::._________________ Faire parvenir le bon 4e commande avec votre cMque i l'ardre 4e ÉDITIONS DU MÉRIDIEN Place SIteibroohe.vtdic MOO, 1010 Sherbrooke, atMd, MotUrtoL Qiit.I11A 2T2 TU.; (SI4)044-100I SERA EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE HABITVEL IV Le Devoir, jeudi 4 avril 1985 LA RELIGION DES JEUNES La «nouvelle catéchèse» a laissé une culture religieuse approximative DENISE ROBILLARD L'auteur est pigiste.Que reste-t-il, chez les jeunes de la « nouvlle » catéchèse introduite il y a vin^ ans, de ces programmes < d’éducation de la foi » dont le but n’était pas d’enseigner des données abstraites, mais de construire des attitudes vitales en se fondant sur un apprentissage par l’expérience ?La question est piégée.Peut-on vraiment évaluer un tel apprentissage ?Un dialogue avec une quinzaine de jeunes âgés de 17 à 22 ans a toutefois permis de constater le caractère approximatif et limité de leur culture religieuse, une culture qui doit beaucoup moins à l’école qu’à la famille, de même que la cohérence qu’ils attendent de ceux, personnes et institutions, qui lui proposent la foi ou des valeurs morales.Bernard a 22 ans, il a perdu la foi à 13 ans.Ses parents, pratiquants, ne lui ont iamais parlé de religion.De la catéchèse à l’élémentaire il a retenu les dessins, une notion de Dieu liée à la lumière et au bonheur.Mais il n’est pas tendre pour la « religion » qui lui parait être la cause des guerres.Dieu, pour lui, c’est l’être suprême qui nous veut du bien, mais c’est aussi « me débrouiller, prendre le droit chemin ».Il aime lire la Bible.L’Apocalypse l’attire particulièrement, de même que l’ésotérisme.Il ne croit pas en la résurrection.Dieu relève du merveilleux et de la science fiction.Clément a fréquenté l’école jusqu’à 16 ans sans pouvoir apprendre à lire ou à écrire.Ses parents, des pratiquants occasionnels, ne lui ont jamais parlé de Dieu, mais il porte avec dévotion une croix que lui a donnée sa grand-mère.Il ajoute qu’il ne la porterait pas si elle ne signifiait pas quelque chose d’autre.Dieu, pour lui, est « le meilleur de la terre et nous aide à vivre ».Il ne va pas souvent à la messe, mais quand il y va, il en revient avec une plus grande confiance en lui-même.Claude a été forcé de pratiquer jusqu’à l’âge de 19 ans par des parents pratiquants.Il a rejeté l’enseignement religieux reçu au secondaire.Il est aujourd’hui en train de « regagner la foi » dans le cadre d’une expérience de participation : « Le Père Gilles nous lait lire des textes à la messe ; on prend plus contact de cette façon-là.Il y a de la chaleur.Pour moi, Jésus est une personne qui guide.C’est grâce à Lui si je suis ici».En suivant le voyage du pape, il a été frappé par son message ^ paix et par des paroles comme : « Ceux qui boivent et se droguent se font un paradis artificiel ».— « C’est vrai en maudit », commente-t-il.« La vie, c’est pas ça ».Il apprécie au plus haut point la relation au sein du groupe qui se réunit autour du prêtre pour célébrer l’eucharistie ; « Le Père Gilles a le sens de la famille.On rit, on n’est pas toujours sérieux, la messe, ça dure une heure et on ne s’ennuie pas ».Mais il est catégorique.Une fois parti, il n’ira pas dans les églises paroissiales.Il reviendra au Cénacle pour la messe où il .r.Ton retour dam ta tioire, nous l’attendons Jésus a dit: “tfel.tl Oil MW.K MON VUKA l’OlR TOI JOI RS.KT MOI, JE I.E HESSlsr 11 ERAI Al: UI.RNIER JOl H." Jeüit 6.5J VIENS, OHÎ OUI, VIKN.S, SKKîNElîR JÉSUS! Aposati^s): ?J, 10 t'- -K' Des extraits du « petit cathéchisme » des années 60, Célébrons ses merveilles qu’étudiaient en deuxième année ceux qui ont aujourd’hui 20 ans.Ici, tu peux écrire d’autres prières que tu composes toi-même et que tu aimerais te rappeler pour les dire au Seigneur.trouve une fraternité et de la chaleur humaine.Le P.Gilles Martel est animateur spirituel au Cénacle Notre-Dame qui accueUle des jeunes de 18 à 29 ans vivant des $ 154 du bien-être social, qui n’ont pas de toit, ont connu une enfance malheureuse, sont aux prises avec des problèmes d’alcoolisme et de drogue.Il constate que ces jeunes sont ouverts à la recherche religieuse et qu’ils ont une piètre connaissance des sacrements et de la Bible.Ils répondent à 80 % à la démarche spirituelle qui leur est proposée.La condition : être concret.Les jeunes sont surtout impressionnés par l’Apocalypse, par tout ce qui se rapporte aux fins dernières, aux cataclysmes, au nucléaire et ils orientent leur recherche en ce sens.Ce qui leur reste de la catéchèse ?« Non pas ce qu’ils ont appris à l’école, mais ce qu’ils ont reçu à la maison.L’influence de la famille reste prépondérante ».Il ne reste pas grand-chose de la relation théologale proposée par la catéchèse.Le P.Martel précise : « L’Église dira quelque chose aux jeunes quand elle laissera les jeunes lui dire quelque chose ».Jésus, c’est quelqu’un nominalement et cérébralement, mais les jeunes n’ont pas de relation affective avec lui.S’ils ne rencontrent pas un répondant adulte pour les faire cheminer, le sens du pardon et le sens éthique leur échappent totalement.À l’école de la vie qui a été dure pour eux, ils ont développé de l’agressivité contre la société, l’école et l’Église.Ils n’ont ni formation ni information sexuelle et considèrent leur comportement en dehors de toute considération éthique.Ces jeunes ont besoin de « vérifier » les données religieuses qu’on leur propose.C’est ainsi qu’ils se refusent à toute proposition d’un Dieu Père et à tout geste qui y fait référence, s’ils ont été déçus par leur père naturel ou adoptif.Cette vérification, ils la font également dans la société : l’injustice, l’indignité dans laquelle ils sont plongés font obstacle.Ils ont besoin d’etre accompagnés par des adultes cohérents qui ne nient pas, par leur indifférence ou par leur comportement, le discours qu’ils proposent.Mieux articulés, des cégépiens et cégépiennes de 17-19 ans du Collège Grasset ont manifesté les mêmes sensibilités, la même lucidité et les mêmes exigences.Ils sont croyants, la plupart pratiquants, engagés dans un processus de recherche dynamique de maturation de leur foi.La catéchèse à l’élémentaire a été « la continuation des cours d’art plasti- §ue », une période intéressante où le essin permettait de s’exprimer, un monde féérique, le récit d’une belle histoire, une image mythique.Pour ce qui est du contenu, on le juge « trop abstrait, difficile ».Ils ont « participé sans bien comprendre ».Tous signalent le rôle de leurs parents : la plupart leur ont parlé de religion, leur ont expUqué pourquoi ils allaient à l’église.Il y a aussi d’autres exemples, comme cette grand-mère qui avait une façon de rendre compte de sa foi qui réchauffe encore le coeur de sa petite-fille.I.es jeunes jugent l’insistance des pa- rents temporairement nécessaire, mais vient un moment où ils doivent être laissés libres de poursuivre leur cheminement de façon autonome.Ces jeunes sont choqués de voir des parents non pratiquants insister pour faire baptiser « des enfants qui ne seront pas pratiquants ».Ils ont été déçus par des professeurs de re-liaon « pas très connaisseurs » et pas très impliqués.Faut-il rappeler qu’à la fin des années 60,75 % des futurs maîtres inscrits à des cours de préparation à renseignement de la ca-théchèse, se disaient non croyants ?La baisse de la pratique religieuse correspond pour ces jeunes à Ta disparition de la pression sociale : une victoire sur l|’hypocrisie.Ceux qui sont croyants considèrent que l’Église a changé, qu’elle « essaie de bâtir quelque chose de plus sain, qui a un but précis, par amour, et de façon plus consciente ».Mais la majorité des autres continuent de véhiculer des images dépassées de l’Église.Ces jeunes sont passés à travers les affres du secondaire où « quand on parlait de religion, on était traité de quétaine ».Ils considèrent qu’au secondaire, les valeurs morales ont graduellement pris le pas sur la présentation de Jésus dans les cours de religion.Mais ils se rendent compte que ces notions leurs servent dans des situations de vie.À cette époque comme aujourd’hui, c’est dans les groupes de pastorale qu’ils trouvent à alimenter leur foi au sein d’une communauté de partage et d’engagement.Certains ont réussi à s’inscrire dans les cadres d’une paroisse dynamique où on leur fait une place.Ils trouvent dans les cours dispensés au cégep une formation plus systématique : Bible, histoire comparée des religions, expérience reugieuse, sectes, science et foi, formation reli^euse.Les animateurs et les professeurs qui reçoivent ces jeunes au cegep consUtent une absence de notions religieuses : « La catéchèse leur a fait vivre des choses qu’on ne leur a pas appris ensuite à nommer ».La plupart en gardent un « feeling » à l’endroit d’un père bon, mais qui n’engage à rien.En privilégiant l’apprentissage, la catéchèse s exposait à n’être efficace qu’auprès des enfants dont les parents croyants et pratiquants assureraient un suivi cohérent avec l’approche scolaire.Les jeunes l’ont bien compris.Aussi sont-ils sévères pour ceux qui propose la catéchèse « sans que le coeur y soit ».Ils estiment aussi que le matérialisme ambiant de notre société axée sur l’argent est responsable de l’oubli des valeurs religieuses, et s’écartent des lieux traditionnels de célébration.s’ils n’y trouvent pas une communauté de personnes, un lieu dynamique d’engagement et de partage.Il y a dix ans, le Rapport April (1) sur l’évaluation de la catéchèse, mettait en lumière le questionnement et les difficultés des maîtres et des parents face à l’ensemble du renouveau amorcé au sein de l’Église ca: tholique, leur malaise face à un nouveau langage et l’absence de synthèse du contenu global de la catéchèse.L’actuel projet de réforme de l’enseignement religieux dans les écoles préconise des programmes ayant des objectifs précis, identifiant des éléments notionnels et proposant des apprentissages équivalents.Dans sa dernière livraison, la revue Communauté chrétienne (2) présente cette réforme comme un « tournant de la catéchèse » en insistant sur les responsabilités accrues qu’elle implique, en particulier pour la communauté chrétienne et les parents.La voix des jeunes vient confirmer la justesse du projet.I I (1) Conférence catholique J canadienne, évaluation de la < catéchèse au Canada français, Ottawa, 1975.(3) 1985 : le tournant de la catéchèse, Communauté chrétienneno 139, janvier-février 1985.LUTTEZ CONTRE LES MALADIES DU REIN Donnez à la Fondation Canadienne des Maladies du Rein.AUJOURD’HUI CREDO Mensuel rétonné 10 numéros: $12.00 3480, bout.Décarie Montréal H4A 3J5 Tél.: 486-9213 eSoeuti.cU r^NotxL-^î^anu.Ju ^J^ex^ituat Ætaouxs.communauté apostolique qui a pour mission ecclésiale de traduire la présence amoureuse et compatissante de DIEU à l'endroit des plus DÉMUNIS.8l-Damlen, BeUechasae, Qc.QOR 2Y0 Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph m Appelées à vivre la liberté des enfants de Dieu, en femmes de foi, incarnant la tendresse et la compassion du Christ dans le service de ses membres, spécialement les pauvres, les malades et les plus démunis, en union de charité.2450 Ch.Cte Ste-Catherine Montréal, Qué.H3T 1B1 (514) 342-2146 Les Servantes du Saint-Coeur de Marie 1860-1985 125 «II# 4#« «#rWc« dmn» Maisons provinciales: 598, 8e avenue Québec G1J3L7 30, avenue des Cascades, Beauport G1E2J8 365, rue Compton Est, Waterville JOB 3H0 Centra Interprovincial canadien 37, avenue des Cascades, Beauport G1E2K1 « Une fois à table avec eux.Il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.Alors leurs yeux s'ouvrirent et Ils le reconnurent.» (Le 24, 30-31) Les Religieux du Très Soint-Socrement 4450/ rue St-Hubert, Montréal 524-1131 LES SOEURS DE LA PRÉSENTATION DE MARIE Filles de AAorie Riviar, lo Femma-Apôtre, angogéet dont l’évongélisotion l'éducation l'animation pastorale Évangile Démunis Fraternité Justice Jésus-Christ /Jir Foi Jr Vivre Joie Partage Simplicité François d'Assise Montréal Tél: (514) 336-2600 LES RELIGIEUX HOSPITALIERS DE SAINT JEAN DE DIEU UNE VIE CENTRÉE SUR LE CHRIST POUR UNE HOSPITALITÉ MISÉRICORDIEUSE EN FAVEUR DES MALADES ET DES PERSONNES EN DIFFICULTÉS.Maison provinciale 12817 —eOème Avenue Montréal, Qué.HIC 1P7 648-5003 — 648-4168 LES CLERCS DE SAINT-VIATEUR PROVINCES REUGIEUSES de L*Abitibi de Montréal de Joliette du Saint-Laurent au service des Jeunes au Québec depuis 1847 \ LA RELIGION DES JEUNES Les jeunes n’ont pas décroché; ils n’ont jamais été accrochés GIANNINA MERCIER-GOUIN et REYNALD LAVOIE tes auteurs sont respectivement présidente et vice-président de l'Association québécoise des professeurs de morale et de religion L* ÉCOLE ne peut avoir à elle seule le mandat de former .des chrétiens, des croyants et des pratiquants du catholicisme «omme le supposent les hautes ins-[tances du ministère de l’Éducation ¦et ses concepteurs de programmes.iL’école, certes, peut proposer une démarche pédagogique autour du ¦contenu de la foi, mais elle ne pourra Jamais garantir que le produit fini ¦soit un chrétien, un catholique, un lcroyant en Jésus-Chnst.La vie de foi présuppose d’abord un embryon so-.hde de traditions et de vécu religieux ;à la famille.¦ Ces jeunes étudiants sont tous "baptisés.Mais les sacrements sont d’abord pour la majorité l’expression d’une appartenance sociologique à l’Église et non pas celle d’une foi vivante en le Dieu de Jésus m d’une appartenance à l’Église en Jésus-Chnst Le problème est simple : les cours de religion approuvés par le ministère de l’Éducation sont les mêmes pour tous alors que la clientèle est polarisée : d’une part, les catholiques d’appartenance sociologique, très nombreux, d’autre part les catholiques pratiquants d’appartenance ecclésiale, moins nombreux.Les statistiques en pratique religieuse sont éloquentes : 98 % sont baptisés mais 28 % pratiquent Dans nos classes, nous retrouvons parfois 5 élèves pratiquants contre 26 ou 28 non pratiquants L’enseignement religieux ne peut pas à lui seul et ne peut plus pallier les carences familiales, scolaires, paroissiales et en même temps répondre au désir des parents qui s’attendent à ce que l’école va dispenser à leurs enfants des règles de bon comportement, de bonnes moeurs avec une enveloppe à caractère rehgieux.On dit souvent • « Un peu de religion ne fait pas de tort.Au moins, ils en auront entendu parler ! ».Mais à quel prix pour le jeune étudiant et le professeur ?L’un choisit un cours par méfiance contre la morale ou tout simplement pour éviter les embêtements de la grille-horaire.L’autre a devant lui un étudiant qui veut d’abord et avant tout ne pas entendre Victimes, les jeunes sont porteurs du sacré ROBERT TESSIER L auteur est chargé de cours au module de sciences religieuses de l'UQAM .ÉSORMAIS, toutes les // I Iségrégations, tous les '' racismes, toutes les op- pressions, et aussi tous les gaspillages et pollutions, sont ressentis par leurs victimes comme la violation de quelque chose de sacré » ( 1 ) L’mtuition est de taille et concerne sans détour les jeunes et leur religion; ils sont victimes et, d’autant plus, porteurs de sacré.Héritiers d’un monde pollué, en proie à la confusion.Jeunesse dorée aux énergies gaspillées.Objets d’une ségrégation flagrante par les structures sociales mises en place par la génération précédente Les hommes et les femmes de moins de 30 ans sont aujourd’hui confrontés à la rhétorique fallacieuse des portes fermées et de la bonne volonté.On a beau palabrer, on ne saura empêcher l’affront à la dignité qui constitue le véritable coup porté par la place qu’on leur fait (sic) dans notre société.Et cette douleur est porteuse de sacré.Sa propre vie devient une métaphore des mibeux détériorés et de tout ce qu’il faudrait faire bouger pour enclencher l’avenir.Le jeune prend souvent partie, non pas idéologiquement, mais viscéralement, pour tout ce qui symbolise sa propre situation.Le gaspillage des ressources naturelles, l’injustice sociale, l’inégalité des chances, les abus de pouvoir, les questions relatives à l’avemr de la planète, c’est lui II se reconnaît dans le sort fait à la nature et dans l’holocauste nucléaire.La plus forte mythologie n’est pas celle qu’on a voulu nous uicul-quer, mais celle qui s’installe par la portée analogique de notre vécu.On a cru au progrès parce qu’on fondait famille et augmentait son revenu.Les jeunes d’aujourd’hui disent « No Future » et cela vaut tant pour eux que pour la terre entière.Le sacré, comme le dit Ellul (2), est la plongée dans les forces obscures qui sauvent ou qui menacent l’homme.On reconnaît une religion par sa fonction d’identification des valeurs qui sauvegardent « l’Ordre du monde » et qui font que « mes actes ne sont plus fous ».En cela, nul besoin de chercher chez les jeunes ou pour eux une rehgion autre que la leur.Même si elle nous échappe parce qu’elle ne correspond pas à nos normes du religieux.La fixité du rite et la stabilité de l’institution doctrinale ne sont pas essentielles.La profondeur du questionnement suffit.Il y a vécu religieux au sens phénoménologique du terme et cela n’est pas si éloigné de nombre de réflexions théologiques sur la dignité humaine, le partage et le sens de la vie.1) Aubert, J-M .Un nouveau champ éthique l'écologie, Revue des sciences religieuses, Université des sciences humaines de Strasbourg, 56e année, no 3 (Juillet 1982), page 201-219 2) Ellul, Jacques, Les nouveaux possédés, Paris, Fayard, 1973 trop parler de Dieu, de Jésus, de la Bible ou de religion, tout simplement.Quelle ambiguïté ' D’aucun dirait' « Quel marasme » ' La famille qui s’alignait sur les directives de l’Église s’est ajustée sur les valeurs de cette nouvelle société Il en résulte des situations conflictuelles entre la famille, l’Église, l’école confrontéees aux valeurs nouvelles des jeunes.Les jeunes ne se sentent pas invités à ce qui se passe à l’église et dans l’Église « Il ne se passe nen là pour moi, disent-ils » Ont-ils tort, ont-ils raison"’ Là n’est pas la question.Les stéréotypes pastoraux et liturgiques de l’Éghse institutionnelle ne rejoignent que difficilement les jeunes.Les jeunes, bien malgré eux, véhiculent à l’école foule de préjugés et de méfiance face à l’institution de l’Église, méfiance et préjugés que leurs aînés, leurs parents n’ont pas su intégrer et analyser en profondeur.Déconcertées, la famille et l’Église demandent donc à l’école, dernier lieu où elle peut étendre son autorité, de jouer un double rôle ; éducation et évangi-hsation.Les enseignants ont donc le devoir, selon les décrets en vigueur, de faire l’éducation de la foi Les parents ont à tout le moins le droit de décider ou non de la pratique inhérente au vécu de la foi du jeune en dehors des murs de l’école II faut avoir assisté à ces premières communions solennelles, premières célébrations du pardon, à ces confirmations massives pour comprendre que les semaines qui suivent, tous ces beaux confirmants, ces beaux commumants ont retrouvé leurs habitudes de la non-pratique.Il n’y a pas si longtemps, l’école transmettait des valeurs véhiculées par la société et donc, la famille On vivait alors un monolithisme religieux, social et familial Aujourd’hui, l’école ne peut plus garantir cette homogénéité des valeurs qu’elle transmet et ce pluralisme attemt tous les âges de la société québécoise Cela d’ailleurs n’est pas sans nous causer de séneuses inquétudes.Quand la population québécoise vivait un certain consensus relativement aux valeurs religieuses, spirituelles et morales, et qu’on pouvait clairement identifier les principes directeurs des valeurs, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter de ce que l’enfant recevait comme enseignement à l’école Les professeurs transmettant nécessairement les mêmes valeurs que celles véhiculées dans la famille et la société, mais aujourd’hui que révolution de cette société nous conduit vers un pluralisme dans le monde des valeurs, comment s’imaginer que ce même plurahsme ne se retrouve pas à l’école, chez les professeurs eux-mêmes, membres de cette société en mutation.Comment garantir alors que les principes directeurs des valeurs tant en enseignement religieux que moral seront respectés dans leur fondement s’ils ne sont pas donnés par des gens spécialement formés dans ce sens.Dans cette crise des valeurs, l’Église n’a pas été épargnée Vatican II n’est pas si loin.Elle est pas- sée d’une Église d’autorité à une Église de service et de dialogue laïcisée.L’Église vieillit dans ses membres L’Ég^ institutionnelle a de la difficulté^ rejoindre toutes les couches sociales.Il lui manque duper-sonnel.Le pluralisme de la socmé a obhgé l’école au respect des différences, d’où le règlement de l’exemption de l’enseignement religieux, l’option morale.En principe, le discours institutionnel garantit le vécu et la vie de foi par son projet éducatif et chrétien.Dans les faits, la réahté est bien autre.Nous ne connaissons aucune école où l’ensemble du personnel soit aUgné sur les principes du beau pro-j^et éducatif chrétien.La réalité est bien autre.Nous ne connaissons aucune école où l’ensemble du personnel soit aligné sur les principes du beau projet éducatif chrétien.L’école regroupe toutes les tendances sociales, religieuses, idéologiques, pohtiques des différents miheux québécois.Donc les plus beaux programmes, les meilleurs enseignants, les meilleurs manuels, les plus beaux locaux de pastorale ne peuvent, sans l’aide de la famille, de la paroisse, former de vrais chrétiens Ce qui est pire, comme l’écnvait l’ex-président du Comité cathoüque, M Paul Tremblay, « cette génération actuelle ne sait plus du-e Jésus-Chnst à l’autre » Où est le jeune dans tout ce dédale de règlement, de lois, de program mes officiels, de structures bien hiérarchisées ?Il se sent bien loin 11 se sent loin du pape, loin de son évêque.lom de son curé qu’il ne sait nommer tout comme il ignore qui est le directeur de son école.Le jeune s’est tourné vers des programmes humains, du moins il le croit.Il s’est tourné vers des rites qui expriment son vécu, sa hturgie personnelle Le jeune s’est fabriqué un dieu à sa mesure, il s’avoue croyant Ils nous disent « On sait Qu’il y a quelque chose » mais de là a affu'mer leur foi en Jésus, un Jésus révélé, vécue dans une Église il y a tout un chemin à faire Le jeune a peut-être compris que le témoignange de Jésus dans le vécu de tous les jours est bien supérieur aux grands discours qui ne débouchent jamais sur des engagements concrets Les jeunes n’ont pas décroché de la religion ils n’y ont jamais été accrochés Pourtant ceux qui travaillent à la conceptualisation des programmes croient vraiment avoir trouvé aux questions des jeunes les bonnes réponses De leur côté, les jeunes veulent y rencontrer un Dieu vivant, un Dieu amour, un Dieu qui est à l’écoute de leurs besoins.Ils veulent un Dieu tout simple Ils veulent peut-être inconsciemment ce qu’a été Jésus, un homme simple et à l’écoute de tous.Si on essayait de part et d’autre d’être à leur écoute, d’essayer d’être à leur niveau, d’essayer de faire avec eux la rencontre de ce qu’ils nomment eux Jésus-christ.Tout d’un coup que cette rencontre nous ferait vraiment rencontrer Jésus-Chnst, Dieu amour.Dieu hberté Soeund de ^danitécU Zciééec 2915, Bourg-Royal Beauport (Québec) G1C 3S2 Tél.; (418) 661 -6951 LES FRËRES DE ST-GABRIEL Administration provinciale 165 Notre-Dame.CHAMPLAIN GOX ICO tél.(819) 375-9676 En SERVICE auprès des JEUNES pour les aider à dégager leur personnalité chrétienne et à engager leur responsabilité sociale.NOUVEAUTÉS LAVI6 6N LICTURft «IILIOUIt Médias pour Dieu iateue» Albeitone Basil Hume ira 1 jnfvM/artVH'MAfUc ih ttrMmîrKA ETRE PÈLERIN La vie en abondance Reflexions et méditations sur des textes de la Parole de Dieu Marcel Lefebtre 200 pages — 12,00$ L'auteur s’adresse, par cet ouvrage, à tous les chrétiens, laïcs, religieux et religieuses qui ont à coeur de réfléchir et de méditer sur la richesse de leur vie de baptisés.Médias pour Dieu mec Jacques Alberione Paul Colacray Illustré de 153 photos 96 pages — 12,00$ La vie et les oeuvres du Père Alberione comment il a fondé une famille religieuse à neuf branches pour mettre les moyens de communications sociales au service de l’évangélisation et de la pastorale.En vente chez votre libraire habituel 3965, boul.Henri-Bourassa est, Montréal, Qué.HIH ILl Tél.; (514) 322-7341 Être pèlerin Carnet spirituel Cardinal Basil Hume 224 pages — 12,00$ Réflexions et notes du cardinal archevêque de Westminster sur la vie spirituelle, ses principes et sa pratique ÉDITIONS PAULINES LES FILLES DU COEUR DE MARIE st Viens et vois” Jn1,30 4070 De Lorimler Montréal H2K 3X7 Tél.: 522-9447 Vio rollgloueo Intégrale • vécue en plein monde • sans signe distinctif Spiritualité Ignatlenne, mariale et ecclésiale ''Quand voux a/uiû/Uz à imoÿifux votXM.xôCt danx Jean Paul II aux |aunat IWOUVEA UTÉS UNE RELIGION DE SENS POM DES ADOLESCENTS NOUVEAUX UNE RELIGION DE SENS POUR ADOLESCENTS NOUVEAUX par Marguerite Lavoie 183 pages.11,955 L'adolescent est allergique aux connaissances religieuses transmi.ses de façon magistrale.Ce volume présente une expénencc réussie avec des groupes de jeunes.ALBERT CAMUS OU L'HOMME À LA RECHERCHE D'UNE MORALE par Bernard East 18S pages.12,00$ Comment l'homme peut-il vivre sans la grâce?Y a-t-il des saints sans Dieu.Dans sa recherche et sa sincérité.Camus nous force â poser ces questions.MWARD MST /1LBERT CA/ms • MVf AlAini MfDv -i Is’K MM,’* ur.NfXvilli ' '¦¦-k .1 ûditioni ûellatmin 8100, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) Canada H2P 2L9 — Tél.: (514) 387-2541 JEUNESSE - SOCIÉTÉ: CRISE D'IDENTITÉ ?Aux Jeunes et aux adultes intéressés à saisir l'ampleur de cette question dans une approche ouverte, centrée sur les valeurs et les significations fondamentales d'un monde en mutation, l'Université du Québec à Montréal offre des programmes et des cours permettant: • d'étudier les diverses manifestations du sacré; • d'explorer les valeurs morales et leurs sources; • de former ou de perfectionner des maîtres en enseignement religieux ou en formation morale.Pour plus d'information sur: • le baccalauréat en religiologie, • le baccalauréat d'enseignement eh sciences religieuses, • le certificat de premier cycle en éducation morale, • la maîtrise en sciences religieuses, veuillez vous adressser au Modulé dé «ciencés réligiéuset Univérsité du Québec à Montréal Caté pottalé 8888, Succ."A” Montréal (Québec) H3C 3P8 Tél.; (614) 282-3630 Université du Québec à Montréal VI Le Devoir, jeudi 4 avril 1985 LA RELIGION DES JEUNES Les jeunes ne se marient plus tout en redécouvrant l’amour FRANÇOISE et PIERRE LAPLANTE M Laplante a oeuvré à l’étranger pour les Nations-Unies.Retraités, les auteurs s'intéressent à la recherche sociale et s'apprêtent à publier une étude qu'ils ont eux-mêmes mené sur les jeunes couples d'aujourd'hui dont il rendent partiellement compte dans cet article En revenant au Québec après 15 ans d’absence, on nous a beaucoup parlé des jeunes qui ne se mariaient plus et de la natalité qui baissait de façon alarmante.Notre réflexe à nous était de faire confiance aux jeunes, en nous disant que l’amour et la famille étaient vieux comme le monde — et que les jeunes sauraient bien redécouvrir à leur mamère le sens de l’amour conjugal C’est un peu pour vérifier cette intuition que nous avons entrepris récemment une étude auprès des jeunes couples de 20 à 30 ans sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal.Sur les 163 couples que nous avons rejoints sur base d’échantillonnage, 24% étaient mariés à l’égbse, 12 % étaient mariés civilement et 64 % vivaient ensemble depuis au moins six mois sans être officiellement manés.C’était donc vrai! La majorité des jeunes couples ne se marient plus à l’égbse Mais cette étude a aussi confirmé notre intuition que les jeunes redécouvraient le sens de l’amour conjugal.D’une génération à l’autre Pour bien comprendre où se situent les jeunes couples d’aujourd’hui, il peut être utile de se demander d’abord quelle est l’image qu’ils se font de la vie de couple de leurs parents et comment ils ont voulu s’en différencier La plupart des jeunes que nous avons rencontrés gardent un bon contact avec leurs parents et conser- vent un heureux souvemr de leur enfance.Cela ne les empêche pas de noter d’importantes différences entre la conception de vie conjugale qu’avaient leurs parents et celle qu’ils se proposent de vivre.Selon eux, le modèle suivi par leurs parents — et leurs grands-parents — était en quelque sorte « coulé dans le ciment ».Il venait d’une tradition séculaire consacrée par l’église et la société civile.Leurs parents s’étalent mariés à l’église avec l’intention d’avoir des enfants.Le mariage prenait la forme d’un contrat irrévocable.Les rôles étaient définis à l’avance.Le père était le chef de famille et en était aussi le gagne-pain.La mère était chargée des tâches ménagères et de l’éducation des enfants.L’idéal était d’avoir beaucoup d’enfants — en évitant « d’empêcher la famille ».Certams couples étaient épanouis.Ils trimaient dur et étaient fiers de leur famille.Ils avaient la satisfaction du « devoir accompli ».Chez d’autres couples, le père et la mère menaient une existence parallèle et il y avait entre eux un mur de silence.La mère avait tendance à endurer et les petits conflits finissaient par s’envenimer.Mais les conjoints devaient attendre que les enfants soient élevés avant de songer peut-être à une séparation.Voilà du moins l’idée que beaucoup de jeunes couples se font du modèle suivi par leurs parents.L’idéal des jeunes couples Plusieurs jeunes couples nous ont dit qu’ils trouvaient que leurs parents avaient bien réussi leur mariage et qu’eux ne demandaient pas mieux que de suivre le blême modèle à quelques variantes près.C’est souvent le cas, entre autres, des jeunes qui se sont manés à l’église.Mais ce qui nous mtéresse surtout ICI, c’est la perception de la majonté des jeunes qui ont remis en cause les modèles traditionnels et ont voulu Les jeunes dans la société et dans l’Église rémventer leur propre style de vie à deux en se dégageant des contraintes sociales d’autrefois.Pour eux, la vie à deux c’est d’abord une question d’amour et de consentement mutuel Ils ne voient pas très bien ce qu’un « papier » — un engagement officiel — pourrait changer à leur amour.Ils ont connu tant de couples mariés dont les promesses solennelles ont abouti à un divorce et une séparation pémble.Pour eux, la stabilité du couple c’est d’abord un souhait.Quand on s’aime vraiment, disent-ils, on a le goût que ça marche, que ça dure.Mais l’amour, c’est une fleur fragile qui doit se cultiver chaque jour.Avec le temps, l’amour-passion se mue en une affection plus profonde.Si on s’aime, on s’entraide, on se réconforte, on se fait confiance, on se pardonne aussi.Les jeunes ont une notion de fidélité qui nous semble beaucoup plus riche que celle de leurs prédécesseurs.Ce n’est pas une conception négative — comme « ne pas commettre d’adultère ».C’est d’abord une question de franchise, d’honnêteté qui imprègne tous les aspects de la vie des conjomts.Il s’agit de créer un cbmat de confiance et de respect mutuel, où il n’y a pas de place pour les cachotteries et encore moins pour les tnchenes.Et, comme disent les jeunes, « quand on est fidèle dans les petites choses, on le sera aussi dans les grandes ».Les jeunes attachent beaucoup d’importance à l’égalité des con-lomts, au partage des tâches et aussi a l’autonomie de chacun.L’idéal, pour eux, c’est que chacun ait ses activités professionnelles, ses sources de revenus, que chacun partage les dépenses et les tâches domestiques tout en gardant une marge de hberté pour vaquer à ses intérêts personnels.Chacun doit se prendre en mains tout en pouvant compter sur le support de l’autre.Les couples non mariés — comme les autres — souhaitent presque tous avoir deux ou trois enfants.Ils voient les enfants comme un complément normal de l’amour qu’ils se portent mutuellement — et qu’ils souhaitent partager avec d’autres êtres qu’ils auront mis au monde.Il s’agit là pour eux d’un projet à long terme et d’une grande responsabilité qui exige la stabihté du couple.« Quand on fait un enfant ensemble, disent-ils, c’est pour l’élever ensemble ».Cela explique sans doute ixiurquoi tant de couples non maries diffèrent l’arrivée des enfants de plusieurs années, jusqu’à ce qu’ils se sentent « mûrs » pour la matermté et la patermté.Les observations ci-dessus ne reflètent pas nécessairement les opi-mons de tous les jeunes couples que nous avons rencontrés; mais elles nous semblent refléter fidèlement la tendance de la majonté d’entre eux.Perspective d’avenir Les jeunes couples d’aujourd’hui, croyons-nous, sont en tram de redécouvrir à leur mamère un sens de l’amour conjugal qui est de nature à faire réfléchir les anciens jeunes couples que nous sommes.À ceux qm s’intéressent à l’avenir de la famille québécoise, nous suggérons de faire confiance aux jeunes.Les styles de vie conjugale et fami-hale, qu’ils sont en tram de populariser, nous apparaissent pleins de promesses.Mais il ne suffit pas de leur faire confiance; il faudrait aussi leur assurer de meilleures chances d’épanouissement.Pour ceux qui s’intéressent à la pastorale reh^euse, nous voudrions ajouter que, même si la plupart des jeunes ne vont plus à l’éghse, ils continuent, en général, d’etre animés par l’amour de Dieu et du prochain.C’est vrai que beaucoup de jeunes couples semblent allergiques aux « papiers » et aux cérémonies officielles, — mais ils n’en ont pas moins échangé de bonne foi le « oui » qui est reconnu comme le « signe sensible » du mariage dans la tradition chrétienne et dans les autres traditions religieuses.Alors, pourquoi ne pas respecter leur bonne foi comme pomt de départ pour amorcer un dialogue qui colle sur leur vie quotidienne ?Une jeune recrue de.38 ans RENÉE ROWAN L auteur est journaliste au DEVOIR Sensibilisées de plus en plus aux problèmes d’injus-tice que vivent les gens des classes populaires — chômage, exploitation dans le travail, pauvreté, logement, abandon du conjoint, — des religieuses, par petites unités, s’insèrent dans les quartiers défavonsés pour « vivre avec » les gens C’est le cas de Yolande Tourigny, 38 ans, en formation depuis deux ans pour devenir Soeur auxihatnce Communauté d’origine française, les Soeurs Auxihatnces ont pris, comme objectif communautaire apostohque, un engagement pour la justice sociale.Elles sont une vingtaine au Québec.Elles travaillent avec des membres d’autres communautés, au sein d’organismes tels l’Association pour la défense des droits sociaux, le Réseau d’entraide, le Mouvement de mobilisation contre la misère, un Comité inter-lo-gement, des coopératives d’ali-mentation, etc.Yolande Toungny est la seule « jeune » professe de sa communauté au Québec « Entrer en communauté fait partie de mon histoire d’ouvrière », précise-t-elle.Toute sa vie d’adulte, elle a travaillé en usine, sauf deux ans où elle a travaillé pour la Jeunesse ouvrière catholique, mouvement à l’intérieur duquel elle a mihté pendant 12 ans Célibataire par choix, elle pensait à la vie en communauté depuis un certain temps, mais les communautés traditionnelles ne l’attiraient pas, jusqu’à ce qu’elle rencontre une Soeur auxihatnce « Son type d’action correspondait exactement à ce que je recher- chais » Pourquoi a-t-elle décidé à 35 ans d’entrer en religion'' « Il faut croire que j’avais acquis la maturité nécessaire.En plus de mon travail, j’avais besoin de me donner une structure de prière.Je voulais continuer mon cheminement avec des personnes qui étaient engagées au niveau de leur foi tout en partageant les mêmes préoccupations de justice que moi, des personnes qui, comme groupe, avaient l’amour des pauvres, l’espérance de pouvoir améüorer leurs conditions de vie.» Pendant trois ans et demie, Yolande Tourigny a vécu en solidarité avec des ouvrières d’une manufacture de vêtements de sport à Granby où, avec d’autres, elle a tenté de fonder un syndicat.Cela lui a coûté son emploi; en septembre dernier, elle a été renvoyée pour activités syndicales.« Je SUIS actuellement sur le « bien-être » de la communauté », lance-t-elle à la blague.Pour l’instant, elle ne cherche pas de travail puisque prochainement elle quittera le Québec pour l’Afrique où elle n'a parfaire sa formation à l’inténeur d’un petit groupe de re-hgieuses de sa communauté.Puis elle reviendra au Québec pour reprendre son action soit en usine ou en s’imphquant avec des groupes d’exploités « Quand on pense à ces rehgieu-ses, féministes avant la lettre, qui pendant des siècles ont contesté la société dans ses faiblesses et qui ont réalisé tant de choses extraordinaires, pourquoi, interroge Micheline D’Allaire ( Vingt ans de crise chez les religieuses du Québec, éditions Bergeron), ne pourraient-elles pas aujourd’hui inventer de nouveaux modes de vie religieuse et de nouvelles façons de contester la société ac-tueUe'' » Oui, pourquoi pas.À certains égards, les jeunes d’aujourd’hui sont semblabes à ceux des générations précédentes Ils et elles sont portés par un idéaL remplis d’énergie, en quête d’une place dans la société, à l’heure des choix pour se tracer un projet de vie Par ailleurs, cette génération vit sa jeunesse dans une société en mutation profonde Bien qu’on arrive encore mal à cerner ce qui sera l’avenir, il est à peu près certain que la société est en train de se transformer radicalement Ces changements apparaissent d’abord sous les traits d’une crise dont les jeunes subissent de nombreux effets La crise économique, l’écla- tement de la famille, inefficacité des institutions les frappent de plein fouet.C’est la re-mière génération qui naît dans un monde qui peut se détruire demam.Les jeunes des années 1960 ont vécu à une époque marquée par l’optimisme Ceux des années 1980 voient leur avenir bloqué Pourtant, un regard plus complet amène à voir chez eux les germes de nouvelles aspirations, les éléments d’un autre projet de société, les pistes d’un avenir possible Par nécessité, ils doivent modifier certaines attitudes et façons de voir Nés dans ces changements, ils s’y adaptent plus facilement.Ils sont à la fois communautai- res et planétaires, pragmatiques et en recherche d’absolu Ils portent une vision nouvelle du travail et de la vie de couple C’est tout le rapport au réel qui s’en trouve modifié — Assemblée des évêques du Québec TERRE NOUVELLE Mouvement laïque axé sur la méthodologie du terrestre 94 est, rue Sainte-Catherine, Montréall H2X 1K7 Tél.: (514) 861-3011 ^ SOEURS DE NOTRE-DAME ^ DU SAINT-ROSAIRE RImouski Mission d’éducation chrétienne en priorité chez ies Jeunes LES RELIGIEUX DE ST-VINCENT-DE-PAUL 100 ans de présence auprès des jeunes L’AFRIQUE T’INTÉRESSE — TU VEUX PROCLAMER LE MESSAGE DU CHRIST EN TANT QUE FRÈRE OU PRÊTRE.— TU VEUX LE FAIRE AVEC UNE ÉQUIPE QUI A LE MÊME DÉSIR.Écris-nous en indiquant ton numéro de téléphone ou viens nous voir.^ Père Fernand Alain SOCIÉTÉ DES MISSIONS AFRICAINES 10759, Grande Allée, Montréal H3L 2M8 TéL: 1 (514) 387-1786 tES PRÊTRES DE SAINT-SUIPICE DE MDNTRÉAL AU SERVICE DES PRÊTRES, DES SÉMINARISTES ET DES COLLÉGIENS.iO.Montréal (Canada) Rome (Italie) Fukuoka (Japon) Manizales (Colombie) Call (Colombie) Zipaquira (Colombie) Panama (Rép de Panama) Brasilia (Brésil) 116, rue Notre-Dame Oueat Montréal, (Québec) Canada H2Y 1T2 LES OBLATS DE MARIE IMMACULÉE Oeuvres diverses d'évangélisation en milieu pauvre — Centres de renouveau chrétien — Paroisses — Sanctuaire marial, Cap-de-la-Madeleine — Université Saint-Paul, Ottawa — Novalis — Centre Saint-Pierre, Montréal — Missions chez les Amérindiens et les Inuit — Missions en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.3‘t»56.avenue du Muaée Muntréal H3G 2C7 3400, Chemin Saint-I.4>ui8 Sainte-Foy, Québec G1V 4C2 1 # LES URSULINES fondées à Brescia, Italie, en 1535 établies au Canada depuis 1639 PARTICIPENT A LA MISSION D’ÉDUCATION DE L’ÉGLISE PAR LA FORMATION CHRÉTIENNE DES JEUNES ET DES ADULTES Aimez tous vos jeunes également.puisque tous sont enfants de Dieu.Ce qu’il veut faire d'eux, qu'en savez-vous?Il le sait bien, Lui, qui peut changer des pierres en enfants destinés au ciel.Ste Angèle, 8e Avis.SOEURS DE LA PROVIDENCE 11 fondées par EMILIE GAMELIN FEMME D’HIER, D’AUJOURD’HUI et de DEMAIN à cause de sa MISSION vécue et perpétuée par sa Congrégation: Rendez vous Providence 5333 est, rue St-Zotique Montréal.HIT 1N7 (514) 727-8000 être voies de la PROVIDENCE dans une ACTION empreinte de la COMPASSION de la VIERGE DES DOULEURS auprès de toute forme de PAUVRETÉ LES PÈRES MONÏÏORTAINS DISPONIBLES ET LIBRES POUR SUSCITER ET RENOUVELER L’ESPRIT DU CHRISTIANISME pastoral» d»» vocation»: Michel Dupuy, s.m.m., Réaldence Montfort, 3245 de Cadillac, Montréal, P.Qué.H1N 2V9 (Métro Cadillac) Tél.: 256-1657 L’Église, c’est vous.Prenez votre part à la vie de ce corps, tout imparfait qu’il reste.Apportez votre exigence et votre enthousiasme.Contribuez à l’expression de la loi et de la prière, avec votre sens poétique et votre désir d’engagement.Jean-Paul II au Stade Olympique de Montréal HOMMAGE DE L’ÉGLISE DE MONTRÉAL Le Devoir, jeudi 4 avril 1985 VII LA RELIGION DES JEUNES Vie religieuse Malgré la crise, quelques rares jeunes femmes font encore le saut RENÉE ROWAN L'auteur est Journaliste au DEVOIR ON n’entre plus en religion à 20 ans.Entre 1960 et 1980, la crise a pratiquement tari le recrutement.Il y a quatre mois à peine, on dénombrait seulement 18 religieuses dans le diocèse de Montréal de moins 33 ans, soit 0.2%.Aujourd’hui, on observe une légère remontée mais les nouvelles recrues ont entre 25 et 40 ans.À la fin de 1984, on comptait 7,360 religieuses dans le diocèse de Montréal.Un peu plus de 3% avait moins de 43 ans.La moyenne d’âge des religieuses est maintenant 67.5 ans.Comment et pourquoi, en 1985, des jeunes femmes veulent-elles, dans ce contexte, encore devenir religieuses?J’ai posé la question à Marie Tétreault, novice chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame.Elle a 27 ans.Elle avait 25 ans quand elle a fait ce choix.« Cela ne s’explique pas si simplement, ni de façon scientifique, répond-elle.Pas plus que l’on peut expliquer pourquoi on tombe en amour.Pourquoi est-on attiré vers quelqu’un?Parce qu’on est séduit, parce qu’il y a quelque chose qui nous dépasse.C’est la même chose, c’est le mystère de l’appel.» L’idée de la vie religieuse a commencé à germer en elle très tôt, au secondaire V, au contact d’une religieuse de la même communauté.« Elle nous a permis de faire une expérience, une fin de semaine de silence, dans une maison de prière.» Tout a commencé dans ce premier contact avec la Bible, suivi d’un long mûrissement.Un petit groupe de sept filles s’est formée et pendant neuf ans, toujours les mêmes, elles ont poursuivi ces temps de réflexion ponctués de silence.« A chaque fois, nous abordions des thèmes différents - prière, amour, espérance, souffrance, mort - avec un regard chrétien.Ces rencontres m’ont permis cette prise de conscience qu’il y avait quelque chose de grand qui habitait en moi.» De ce groupe, cinq sont mariées et sont engagées d’une façon active au niveau de leur paroisse, une est célibataire et il y a Marie qui, à 25 ans, a opté pour la vie religieuse.Titulaire d’un baccalauréat en nursing, elle travaillait alors à l’urgence d’un grand hôpital de Montréal.Pourquoi la Congrégation de Notre-Dame?« Ce n’est pas pour son oeuvre, ni pour sa fonction, mais pour le charisme qu’elle me présentait qui est celui de la Visitation, explique la jeune novice.C’est le débordement de la contemplation qui devient action.Marie a reçu la Bonne nouvelle.Elle ne l’a pas gardée pour elle, elle est allée la porter aux autres.Cet aspect m’apparaît important.» Marie Tétreault est issue d’une famille de cinq enfants dont elle est la cadette.Ses parents ont une foi solide, ils sont profondément religieux et pratiquants.« Ils ont respecté mon choix de vie sans pour autant l’influencer.» C’est aussi vrai de ses frères et soeurs: « Ils m’aiment pour moi, pour ma personne, mais on parle \ Marie Tétreault est novice chez les infirmières.peu de ma vie religieuse ou de mon option ».Il y a eu plus d’incompréhension dans son milieu de travail et la question était toujours la même, « mais pourquoi?» Marie Tétreault enseigne les disciplines de la santé au Collège Regina Assumpta tout en étudiant à l’Université de Montréal pour obtenir son permis d’enseignement.« Je ne me promène pas avec tambour et trompette pour annoncer que je suis religieuse.Il y en a qui le remarque, d’autres pas du tout.Quand on l’apprend, on ne me traite pas différemment pour cela.On m’accepte pour qui je suis.Chez les jeunes, il y a une assez grand tolérance même si on ne comprend pas toujours.» La jeune femme terminera son noviciat en août prochain.Alors seulement on pourra dire soeur Marie Tétreault.Chez les soeurs de Sainte-Croix, il n’y a, cette année, aucune recrue québécoise, m’indique soeur Liette Finnerty, responsable de la maison de formation (dans l’ancien vocabulaire, on aurait dit maîtresse des novices) de cette communauté traditionnellement enseignante.La maison située à Ville Saint-Laurent, sert de noviciat et accueille les religieuses de toutes les régions où la communauté est présente, le Québec, l’Ontario, l’Ouest canadien, la Nouvelle-Angle terre et Haïti.Cette année, on y retrouve sept soeurs en formation dont six au noviciat et une en ressource-ment avant de prononcer ses voeux définitifs.Le groupe ne compte aucune Québécoise; une seule est canadienne telle vient de l’Alberta), deux sont haïtiennes et les quatre autres américaines.Toutefois, deux Québécoises et une Canadienne originaire du nord de l’Ontario, font actuellem.ent leur postulat, étape préparatoire au noviciat.« C’est le signe d’un certain essor », estime soeur Finnerty.Contrairement à ce qui se passait auparavant, les jeunes fiUes intéressées par la vie religieuse con- Photo JacquM Grenier soeurs de la Congrégation de Notre-Dame.Elle enseigne en techniques tinuent, pendant leur postulat à demeurer dans leur propre milieu de vie: elles travaillent ou complètent leurs études.Durant cette période, elles gardent contact avec des religieuses pour approfondir leur foi et vérifier leur capacité d’engagement dans leur entourage d’abord.Plusieurs se désistent au cours de cette étape.Actuellement, ce sont dans les pays de mission où les communautés religieuses du Québec ont des maisons - l’Amérique centrale, l’Amérique du sud, l’Australie, le Japon, Haïti - que le mouvement de recrutement est le plus fort, constate soeur Claire Langlois, de l’Association des supérieurs majeurs du diocèse de Montréal.Ainsi, explique Jacqueline Jean, une Haïtenne de 28 ans.« Ma vocation est née dans la souffrance de mon peuple, le « peuple de Dieu.Elle est née en solidarité avec les plus démunis de mon pays».Elle est venue faire ses deux ans de noviciat à la maison de formation de Ville Saint-Laurent: elle retournera en Haïti dans quelques mois.La jeune femme est issue d’une famille très pratiquante.Dès l’âge de 12 ou 13 ans, elle pensait déjà à la vie religieuse.À 19 ans, elle a commencé à « explorer » les différentes communautés religieuses dans son pays, leurs champs d’action et de lutte pour déterminer celle qui lui convenait le mieux.Photo Jacquot Gronior Soeur Jacqueline Jean des soeurs de Sainte-Croix.« Ma vocation, dit-elle, est née dans les souffrances de mon peuple ».Elle retourne sous peu en Haïti.Enseignante, elle a travaillé trois ans avec des soeurs de Sainte-Croix dans un milieu rural en développement.« Je me suis sentie très proche de ces femmes au niveau de la pensée.Je crois dans leur action qui est celle de l’éducation, une éducation libératrice dont mon peuple a un si grand besoin.» Même dans la réflexion, en dépit du sérieux de ses propos, Jacqueline Jean a le rire facile, un rire joyeux, chaleureux.« J’ai toujours voulu être une soeur très proche des gens, très sensible à leurs problèmes, mais en même temps très gaie.» Toutes les dimensions de son être ne pouvaient s’épanouir, se développer dans la vie du mariage, estimait-elle: « Je ne voulais pas d’une vie repliée sur moi-même, mais ouverte au monde.J’avais le goût de vivre une expérience en profondeur avec d’autres, dans un contexte de foi.Pour moi, l’Eglise, le peuple de Dieu, c’est très important.» Jacqueline Jean vit présentement, a l’intérieur du groupe Contact Sainte-Croix (à l’Oratoire Saint-Joseph), une exjpérience avec des jeunes d’ici.Des ^res, des frères, des soeurs de Samte-Croix rencontrent des jeunes qui veulent discuter au niveau de leur foi, d’égal à égal, dans un climat fraternel, ex-plique-t-elle.Souvent, ce sont des jeunes qui ne fréquentent pas l’Église et n’assistent pas a la messe, mais qui veulent se rencontrer pour échanger, pour prier ensemble.Ils sont à la recherche de quelque chose qu’ils ne trouvent pas dans l’Église traditionnelle, un contact plus chaleureux, plus vrai.« L’Église du Québe^ par rapport à chez moi, est une Église languissante.En Haïti, ce n’est pas un discours qui endort, c’est une Église qui combat, qui va chercher la vie de la personne et la fait éclater.Ce n’est pas une Église en dehors du peuple, mais une Église très près de lui et qui lutte avec lui.Peut-être qu’on aura à « défaire » l’Église du Québec pour la rebâtir et la rendre plus accueillante, plus ouverte, plus près des vraies préoccupations des gens.» Comment cela pourra-t-il se faire?« Je ne le sais pas.peut-être évoluera-t-on vers une Eglise de petits groupes de chrétiens, une Eglise qui va quitter la grande bâtisse pour aller vers les gens.» Cette critique sévère, elle l’applique aussi aux communautés religieuses: « Quand on cesse d’être proche du pauvre, on s’écarte de la réalité », conclut Jacqueline Jean.Pour une Église jeune et fraternelle, une étude fondamentale ; JACQUES FLAMAND PAPE ^ PASTEUR DANS QUELLE ÉGLISE ?Plaidoyer théologique Collection Essais et recherches, n° 1, préface de Roger Lapointe, 15 x 23 cm, 226 pages, ISBN 0-919925-07-3.15 $ « Un ouvrage de qualité qui permet une réflexion éclairée sur le rôle du Pape et la place de l’autorité dans l’Église.» « Ce livre est abordable par tous, car la langue n’est ni hermétique ni réservée aux théologiens.Les termes difficiles sont bien expliqués.» Jérôme Martineau Nos livres, février 1985 JA LES ÉDITIONS DU VERMILLON 203, avenue Clemow, Ottawa (Ontario) K IS 2B3 SOEURS FRANCISCAINES MISSIONNAIRES DE L’IMMACULÉE-CONCEPTION 5690, boulevard Rosemont Montréal, Qué.HIT 2H2 Tél.: (514) 255-1441 ou 254-8661 Au service du peuple de Dieu: Enseignement, pastorale, soin des personnes âgées, missions étrangères.SOEm DES SAINTS COEVRS DE JÉSUS ET DE MARIE 390, St-Louls Jollette Qué.J6E 2Y6 OEUVRES: — éducation des jeunes — soins aux vieillards — pastorale paroissiale Aux Éditions La Presse LES DOMINICAINES DE LA TRINITÉ "Selon l’esprit de saint Dominique, les Dominicaines de la Trinité, par de multiples activités caritatives et éducatives, veulent être un reflet de la miséricorde du Père, pour porter la lumière et l’amour auprès des enfants, des malades et des défavorisés." (Constitutions des Dominicaines de ta Trinité) Maison générale: 2300 Terrasse Mercure, Montréal H2H 1P1 Tél.: 521-7984 cWium! rénCmchtvim! Les nieMagfrsdrJean4*aul II aux('jinadkns Les messages de Jean-Paul II aux Canadiens Nombreuses photos ^136 pages COMMANDEZ PA« TÉLÉPHONE SmIccrasMc Hcffkict 285-6984 Écononukei lernp et «rgéni en commandent VA livret det Ldiitont La Freue par lek* nbune Vou» n'aver i|ii'a compoaer le numéro 21I5-69M.donner votre numéro de cane VISA ou MASTKRUARDet le tour c«i|0(ie Ce lervicc eu ofTen du lundi au vendredi de 9|ial6li Comptoir de vente: 44 ouest, Saint-Antoine De la visite du pape au Canada, on retient d’abord l'image émouvante de son extraordinaire tendresse à l’endroit dea enfanta.On retient aussi son immense sollicitude envers les personnes malades ou handicapées et envers les personnes âgées.Mais qu’a-t-il dit pendant son séjour chez nous?Beaucoup de ceux qui l’ont entendu, trop impressionnés par la nouveauté et l’ampleur de i’événement, ne sauraient vraiment plua le dire.C’est pour rappeler l’essentiel dea discours de Jean-Paul II que ce livre a été publié.OFKRK SPF.( lAI.F ,\l \ ,AB()NNF(F)S DF FA PRF.SSF: 20"f DK RFDl d ION LES SOEURS DE SAINT-JOSEPH DE SAINT-HYACINTHE Une Congrégation vouée à l’éducation intégrale de la jeunesse et à l’évangélisation des pauvres AU SERVICE DE L’ÉGLISE DU QUÉBEC depuis 1877 BON DECOMMANDE 583 Veuillez me faire parvenir: ( ) ezemplairefai de «L'Égliae c’est vous!» au prix de 9,95$ chacun, plus 1$ pour frais de poste et de manutention.Je suis abonné(e) à LA PRES.SK.Veuillez me faire parvenir ( ) exemplaire(8| de «L’fUgliMe c’est vous!» au prix de 7,95$ chacun, plus 1$ pour frais de poste et de manutention.N® d'abonné(e)________ IMPORTANT; Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Éditions I.a Presse, Liée.Vous pouvez également utiliaer votre carte de crédit comme mode de paiement: MA.STKRCARt) No VISA No.EN VENTE PARTOUT A retourner aux; fdllioax La Presse Liée, 44 ouest, Siini-AnloiiM Montréal (Q«ébec)ll2Y US NOM.ADRESSE VILLE .PROVINCE „ .____ CODE PO.STAL TOTAL Ci-joint TEL.(HialtpmrlVw érpauadt $ xasimsliosl INie»
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