Le devoir, 24 mars 1931, mardi 24 mars 1931
Volume XXI ( — No 68 \ Abonnements par la poste* Edition quotidienne CANADA.* 6.00 E.-Unls et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA .2.0L E.-UNIS ET UNION POSTALE .3.00 DEVOIR Montréal, mardi 24 mart 1931 .TROIS SOUS LE NUMERO Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE: .HArbour 1241* SERVICE DE NUIT : Administration:.HArbour 1243 Rédaction : .HArbour 3679 Gérant : .HArbour 4897 Cest l’avenir qui nous sollicite s .».La Fédération des oeuvres sociales de santé Chronrque La Fédéralion des oeuvres sociales de santé fait appel pour la troisième fois à la générosité du public montréalais.La campagne de souscription a été lancée, hier, sous les plus heureux auspices, puisque Sou Excellence l’archevèque-coadjuteur de Montréal accorde son haut patronage à l’oeuvre.Les protestants et les Juifs ont opéré la fédération définitive de certaines de leurs oeuvres avec le plus grand succès.Le public protestant ou Israélite est soumis à un marmitage intense par la publicité des journaux qui dure une quinzaine de jours.II cède.Et pendant le solde de l’année on le laisse tranquille.De plus, la fédération offre l’avantage appréciable d’une réduction de frais.Il n’en coûte pas plus cher, ou à peine plus cher, de lancer une souscription pour dix oeuvres que pour une seule.On pourrait comparer chez nous la fédération des oeuvres à la petite entente.Les grandes institutions se tiennent en dehors et n’ont pas encore la grande entente.On peut dire que la campagne de souscription reste à l’état d’expérimentation.Si on veut lire entre les lignes des commainiqués, on peut y discerner que du succès de la campagne de cette année dépend La permanence de cette quête collective.Il »est donc doublement important qu’elle réussisse.* * ** Les oeuvres sociales, ainsi fédérées, toutes dignes de sympathie, ont entre elles ce lien commun qu’elles s’adressent presque toutes à l’enfance.C’est donc l’avenir qui nous tend la main, l’avenir qui demande d’être préparé, d’être meilleur.L’Ecole d'hygiène sociale appliquée figure en tête de liste.Nos lecteurs la connaissent: elle a inauguré la qoutte de lait perfectionnée, portée à son plus haut degré d’efficacité, et les résultats acquis dans les centres les plus populeux et conséquemment les plus malsains sont simplement prodigieux.II est à souhaiter qu’elle puisse étendre à toute la ville ses activités.Quant aux gouttes de lait paroissiales, il n’est guère besoin de les présenter.On les connaît désormais dans tous les quartiers et dans presque toutes les paroisses de la ville.Elles ont contribué plus que tout autre facteur à la baisse de la mortalité infantile par les soins apportés aux nourrissons, mais surtout par l’éducation des mères, par l’hygiène prénatale.Elles sont, pourrait-on dire, en reprenant une formule célèbre, l’une de nos meilleurs raisons d’espérer.Par elles, quand s’y ajouteront tous les organismes perfectionnés par l’école d’hygiène sociale appliquée, nous pourrons escompter la réduction à ses proportions normales de notre mortalité infantile si affreuse qu’elle nous force à baisser la tête quand elle est évoquée devant l’étranger.Le massacre des petits chez nous nous apparente à l’Asie.Nous mettons plus de fierté à avoir des enfants qu'à les conserver; il faut pourtant admettre que l’un est plus facile et moins méritoire que l’autre.Le néomalthusianisme n’a pas encore pénétré profondément les couches populaires, s’il pourrit déjà la haute société.Mais il ne faut pas éviter un mal pour tomber dans un autre et le massacre des innocents ou le néo-hérodisme ne vaut guère mieux que le néomalthusianisme.Celui-ci est aisé à discerner et à combattre; l’autre l’est beaucoup moins.Il est difficile, en effet, de tirer la ligne entre l’ignorance et la négligence, l’imprévoyance et la pauvreté, le manque de ressources et le manque d’hygiène.Les Colonies de vacances des grèves viennent en troisième lieu dans la liste.Elles corrigent une injustice sociale.Les enfants riches, suralimentés, bien vêtus, bien logés, peuvent jouir du soleil tonique de la campagne (on sait que celui de la ville l’est beaucoup moins, à cause du voile de fumée qui le couvre et intercepte les rayons ultra-violets); les enfants pauvres, pour le plus grand nombre, ne connaissent guère, tout l’été, que le pavage de la ville où se cultive si sûrement le rachitisme.Des centaines d’enfants des deux sexes profitent, aujourd’hui.d’un séjour au champ, car la Colonie Jeanne-d'Arc joue le même rôle bienfaisant pour les fillettes.Comme la précédente, elle figure dans la liste de la fédération.\ S Assistance publique s’adresse aux vieillards.Ellé n’a pas besoin d’être présentée: il n’y a pas d’oeuvre plus connue à Montréal; mais si nous insistons, c’est parce que, sauf erreur, elle est seule des oeuvres fédérées à s’occuper d’un autre âge que l’enfance ou l’adolescence.C’est l’exception à ce que nous disions tantôt sur le lien commun des institutions qui sollicitent notre charité, cette semaine.Le Patronage Saint-Vincent-de-Paul et la Jeunesse ouvrière catholique de Montréal remplissent une fin très louable.Les jeunes ouvriers, ou fils d’ouvriers, qui auront la bonne fortune de prendre contact avec elles seront plus protégés que les autres contre la pénétration des doctrines pernicieuses.Celles-ci font leur chemin, on le sait, on exploitant surtout l’ignorance, les préjugés et la bonne foi des milieux ouvriers.Cette classe ne lit guère que les quotidiens à sensation, dont le propre est d’abêtir plus que d’instruire.Enfin, l’une des oeuvres les plus nouvelles, mais qu’on doit souhaiter, pour cette raison même, se voir développer le plus vite afin de regagner le temps perdu, c’est la Fédéralion des scouts ou éclaireurs catholiques.Cette fondation est inspirée directement de la pensée papale elle-même.On sait que le Saint-Père a favorisé le mouvement scoutiste catholique en Italie, qui s’est heurté au fascisme ombrageux.Nous l’avons déjà dit, dans toutes les paroisses do notre ville, on doit souhaiter voir s’établir ces éclaireurs catholiques, pour que soit changée en occupation tonique pour l’esprit, Pâme et le corps, le funeste désoeuvrement des vacances.Cette transformation, ce prodige, le scoutisme l’opère.En temps de vacances, il conduit où il peut conduire quotidiennement ses adeptes par les bois et les champs et.en même temps qu’il développe les corps, il forme les âmes grâce à une discipline qui découle de la charité chrétienne.C’est la chevalerie des enfants.Supposons cette oeuvre munie de ressources abondantes.Elle emploie des propagandistes, forme des instructeurs, essaime rapidement dans tous les coins de la grande Hile.En peu de temps, l’aspect de notre jeunesse est altéré.Les vacances, période de déformation intense, deviennent, par ce renversement, période de formation intense.Le scoutisme combat le relâchement en tout, le relâchement de l’attitude, de la volonté, du langage, notre défaut majeur, en somme.Voilà, sommairement évoqué, le caractère des oeuvres sociales qui nous tendent la main.C’est surtout par elles, demain, qui nous sollicite, demain qui, encore une fois, veut être meilleur qu’aujourd’hui et qui le sera si cet appel n’est pas vain, si nous nous montrons proportionnellement aussi généireux que nos concitoyens de religion juive ou protestante.Louis DUPIRE La signature Lanonymat est en train Je disparaître du journal contemporain.Il y eut jadis le quotidien où tout était signé.L’on y mettait des initiales au bas du moindre fait-divers.C’était l’excès de la signature.El puis vint le journal anonyme.Plus rien n’y était signé.Un brave homme qui a pendant trente ans pratiqué ce genre de journalisme n'était connu, après ces trente ans, que des journalistes de métier.Le public ne savait jamais qui lui parlait, dans Ick journal dont cet homme était l’un des principaux rédacteurs.En cela aussi, c’était l'excès de l'anonymat dans le journal.L’on est revenu de cet excès comme de l’autre, du journal impersonnel comme du quotidien trop personnel.La tendance est au juste milieu.Dans bien des quotidiens présents, si l’on ne signe pas encore les articles, la plupart des rubriques portent déjà la signature.Le journal américain, jadis anonyme à outrance, a maintenant ses vedettes; et pour la plupart elles signent de leur véritable nom leurs articles.Un quotidien new-yorkais du matin portait l’autre jour 22 signatures au bas d'autant de rubriques; et le même jour un quotidien du soir publiait 31 articles signés (voir Editor & Publisher, 21 mars).Chroniques sur la politique, la finance, les livres, le cinéma, la radio, le théâtre, la musique, l’art, tu vie mondaine, l’immeuble, tes affaires, l'enseignement, la médecine, le droit usuel, les modes, la tenue de la maison, la cuisine, le temps qu’il fait, les sciences, les voyages, les sports, etc.tout cela est maintenant signé.A quoi cela tient-il?.4 ce que le public qui lit veut savoir à qui il a affaire.Les propriétaires de quotidiens s’en rendent si bien compte aujourd’hui que si tel ou tel de leurs rédacteurs s’est spécialisé, sur tel ou tel sujet, ils mettent d’avant son nom.Publient-ils un article de quelqu’un qui se soit distingué, dans les sciences, les voyages, les lettres, te nom de l’auteur est bien en tête de ta colonne où paraît son texte.Un homme d’autorité, ou qui porte un nom connu ou qui a fait une belle carrière écrit-il dans un quotidien?Le temps est passé où l’article passait sans plus.Il est préfacé du nom et de l’énumération des titres du collaborateur.C’est ; toute justice pour celui-ci comme pour le lecteur.Même dans nos quotidiens, que voit-on?Jadis, tout y était anonyme, sauf dans certaines feuilles qu’on affectait, dans les milieux hostiles à la signature, de considérer comme désuètes et s’en tenant à un mode de journalisme vieillot.Aujourd’hui?Feuitleiez-les et vous verrez.Les signatures y ont reparu, craintivement et par exception, d’abord, il y a peu d’années.Et puis, peu à peu, elles se sont hissées aux places d’honneur.Pourquoi?Parce que ces mêmes journaux, qui se complaisaient jusque là dans le régime de l’anonymat, ont 'obtenu des collaborateurs auxquels Us trouvent de l’autorité, de la compétence, des connaissances et quelque souci de la forme.Ils en avaient peut-être, auparavant, et capables de bien faire, si on lejir en donnait la liberté; mais une politique, des soucis, une jalousie d’ordre mesquin les en empêchaient.L’ire du journalisme anonyme tire à sa fin, du moins dans un bon nombre de quotidiens.Et c’est tant mieux, — tant mieux pour le jonnialisle, tant mieux pour te public, tant mieux, pour le journal même.Le sent susceptible de pouvoir s’en plaindre, ce sera l’homme incapable d’écrire honnêtement, d’autant plus prompt à l’attaque injuste on à ta calomnie qu’il se sait convert de l’anonymat.S’il lui fallait sr nommer, pourrait-il encore continuer d’exercer son métier'’ Pierre KIROUL A Ottawa MM.Chevrier et Casgrain répondent à M.Lavergne L’un et l’autre l’attaquent à fond - M.Totzke proteste contre l’affirmation que les citoyens d’origine étrangère sont les auteurs du mouvement communiste au pays —M.Bowman défend les immigrés, endurcis au travail et qui ont le sens familial — Bon discours de M.Speakman M.SAUVE AUJOURD’HUI, M.LAPOINTE JEUDI SPENCER-WOOD DEPENSE RAISONNABLEMENT Bloc "notes Partout! Ix* iTiouvcmerd en faveur de la restriction de l'immigration se traduit un peu parfont sous les formes tes plus diverses.On est loin des retentissantes campagnes de jadis, des appels aux millions! Mais ce mouvement peut prendre des formes extrêmes.C’est ainsi, par exemple, qu’un projet de loi actueHetnen.1 présenté à la législature de l'Alberta porte le texte suivant : Toute personne qui a demeuré dans la province pendant une période de pas moins de cinq uns, âgée de 17 ans, sujet britannique ou qui manifeste l’intention de le devenir, et qui le demande de.la manière stipulée plus loin, aura droit de s’inscrire pour l’octroi d’un homestead d’une étendue de terre disponible propre à la culture n’excédant pas un quart de section, etc.Ceci aurait pour effet, comme l’on voit, de rendre ces terres fnac cessibles aux Canadiens des autres provinces, de l’Ontario, du Québec, etc.L’Assorlation eanadienne-française de l’Alberta.l*A.C.F.A., a aussitôt adressé au gouvernement provincial la résolution suivante: Attendu que notre Association approuve le principe de restreindre et de réglementer les droits ’ des anbnins mix homesteads en Alberta; « Attendu que la clause no 15 i/e la Loi des terres actuellement (Par Emile BENOIST) Ottawa, 23.— La députation ministérielle a fait preuve aujourd’hui d’une p4us grande 'loquacité que la semaine dernière.Quatre conservateurs ont participé au débat sur l’adresse en réponse au discours du trône.Il faut dire que ce sont quatre débutants de la vie parlementaire.Du côté de l’apposition, quatre députés ont également pris la parole, M.Pierre-F.Casgrain, whip en chef du parti libéral, M.Edgar Ohe^-vrier, député d’Ottawa, M.A.-F.Totzke, député de Huimibolt, M.Harry Butcher, le nouveau député sas-katchewanais de 'Last-Mountain.Un Jibéral-proigres'siste, M.A.-L.Beaubien, de Proven cher, Manitoba, et un fermier-uni, M.Alfred Sipeaksman, de Bed-Deer, Alberta, ont complété le programme oratoire de la journée.Dix discours en un seul jour, c est beaucoup.On serait même tenté de dire que c’est trop.Après le dixième discours, l’auditeur le plus patient, l’auditeur qui était le mieux disposé au début commence à se sentir saturé d’édoquence.Le fait principal de la journée, c’est que le vice-president de la Chambre.M.Anhand Lavergne, a été violemment pris à partie par trois députés libéraux.MM.Cas-grain, Chevrier et Totzke.Les deux premiers lui ont reproché d’accuser Laurier d’avoir trahi la province de Québec.Ils ne l’ont d’ailleurs pas ménagé à propos d’autres choses.M.Totzke — dont les parents étaient allemands — a surtout reproché à M.Lavergne d’avoir laissé entendre que ce sont les éléments étrangers qui ont introduit le communisme au Canada.Les immigrés du Canada ont d’ailleurs eu un autre défenseur aujourd’hui, SM.Bowman, député conservateur de Dauphin, Manitoba.Celui-ci a affirmé que ce ne sont pas les immigrés étrangers qui font de l’agitation et qui prêchent la sécession au Canada.Les immigrés étrangers, gens travailleurs, ayant de la méthode dans leurs entreprises, imbus de l’esprit de famille, ont généralement été un élément de stabilité sociale dans notre pays.M.M.-F.Hepburn, le nouveau chef du parti libéral provincial d’Ontario, est encore député fédéral.Il vient de faire sa rentrée â Ottawa, la Législature de Toronto lui en laissant le loisir.11 est probable que M.Hepburn parlera des demain.On annonce d’ailleurs pour demain une grosse journée : M.Arthur Sauvé, M.Samuel Gobeil, député conservateur de Compton, M.C.-N.Dorion, député conservateur de Québec-Montmorency.M.Arthur Barrette, député conservateur de Berthier-Maskinongé, Al.Alphonse Fournier, député libéral de Hull, parleront.On annonce encore que M.La-pointe, l’ancien ministre de la Jus- soumise à ta Législature atteindrait partiellement ce résultat, mais alors ne reconnaîtrait pas le droit inhérent à tout Canadien né au pays de s’établir n’importe où au Canada sans qu’il en soit empêché par des restrictions indues; Attendu que notre Association considère que le séjour exigé de cinq ans dans la province constitue une telle restriction indue à l’égard des Canadiens nés au pays; A/tendti qu'il est de l’intérêt économique et de l’intérêt moral d’un Canasta uni que les Canadiens nés au pans s'établissent; eux et leurs familles, dans n’im-[wrtc quelle partie du pays qu’ils choisiront ou des /erres libres sont disponibles; Attendu que tout empêchement indu au libre déplacement, à l'intérieur du Canada, des colons Canadiens nés an pays, détruit Limité nationale; Attendu que ta clause no 15 dans sa rédaction actuelle érige une barrière contre les Canadiens nés au pays et venant des antres provinces aven l'intention de s’établir ici; Attendu que de telles restrictions ne sont pas dans tes meilleurs intérêts du Cumula comme un tout : En conséquence LA, C.U.L demande que ladite, rlan.se soit remaniée de façon à sauvegarder tes droits et les privilèges des fils du Canada.Espérons que Te gouvernement et la législature de l’Alberta auronl le bon esprit de se rendre à ccs fortes et sages observations.Le gaélique Une petite dépêche de Dublin souligne l’intéressant effort qui se poursuit présentement en Irlande pour la renaissance du gaélique.On y lit en effet que la principale caractéristique île la Saint-l’atricc ccttc année, ce fut la pré- titee, pariera jeudi.Si le débat actuellement en cours se termine avant les vacances de Pâques, ce sera beau.Suit un résumé malheurciiseiniem succinct des discours de la journée.M.Pierre Casgrain Le whip libéral, en ouvrant le débat sur l’adresse en réponse au discours du trône, s en prend d’abord à M.Armand Lavergne.Si celui-ci siège maintenant avec les tories, c’est qu’aucun parti n’aurait voulu l’accueillir.Le parti liberal en tout cas n’en voulait pas."Le député de Montmaguy est entré dans le temple comme le Pharisien de l'Evangile, en proclamant hautement ses propres mérites: "Je vous remercie, Seigneur, d avoir fait de moi un bon Canadien en me permettant de devenir tory; d’avoir fait de moi un homme qui ne vit pas que de pain.Je porte maintenant en moi une lumière qui ne peut s’éteindre.Je vous remercie de n’avoir pas voulu que je sois un de ces libéraux matérialistes qui considèrent encore nécessaire d'avoir du pain pour vivre, qui sont assez audacieux pour prétendre qu’il est possible d’aimer son pays autrement que je ne le fois inoi-mê-me.Amen.’’ Le premier ministre, continue M.Casgrain, aura l’occasion d’apprécier l’esprit critique de sa nouvelle recrue et il pourra s’amuser des hauts faits de ce député libéral-nationaliste-tory.M.Lavergne a dit sa fierté d’être chrétien.Est-ce son esprit chrétien qui l’a poussé à sa vilaine attaque contre la mémoire de Laurier?La postérité jugera.M.Casgrain passe au discours du trône.S’il fallait prendre cette pièce au sérieux, le peuple du Canada devrait chanter un Te Deum pour remercier le Seigneur de lui avoir donné un gouvernement tel que celui de M.Bennett.Ce qu’il y a de I plus amusant en cela c’est que M.Bennett lui-même a rédigé le discours du trône.Quoi que M.Bennett en puisse dire, l’état des affaires n’a fait qu’empirer au Canada depuis l’accession au pouvoir des conservateurs.Le chômage va en augmentant et l’émigration s’intensifie.Un journal de Toronto annonçait récemment qu’un fort groupe de mécaniciens qui ne peuvent trouver d’ouvrage au Canada partiront au mois de mai avec leurs familles pour aller travailler en Russie.Parmi ces ouvriers il y a des Canadiens, des Russes, des Français, des Finlandais.' A Montréal il n’y a jamais eu autant de rhômage que cette année.L’enlèvement de la neige a été le seul secours qu’on leur ait offert.Il y avait bien le vaste projet du Canadien National.M.Casgrain uf-(Sutte à ta paye 2) A Québec L'emprunt de 3 millions du 30 juin 1930 estât légal ?M.Duplessis pose un dilemme à ce sujet - Le ministère ne répond pas - Par distraction, la Chambre vote une motion de M.Guertin qui condamne la politique d’affermage des lacs-"M.Houde, absent, est avec MM.Perrault et David’’ (Par Alexis GAGNON) Québec, 24.—- Dans la plus grande paix, les députés ont continué leur travail, hier.Il y en avait une vingtaine qui se regardaient les uns les autres avec, un air d’ennui et regardaient tous ensemble l'horloge où les aiguilles semblaient endormies.Au dehors, le soleil dorait les pignons et incendiait les fenêtres du Château; le fleuve étalait sa nappe.“Dieu, qu’il fait beau, cet après-midi!” murmuraient les députés qui eussent voulu sortir; mais il fallait rester au poste.Et ainsi le débat s’est traîné jusqu’à la fin.On a exécuté tout même, hier, une bonne somme de travail; étude de bills peu importants, mais qu’il faut tout de même lire et adopter: discussion de crédits, etc.Aujourd’hui, ce sera de nouveau la lutte, l’attaque obstinée d’une opposition agressive contre une majorité consciente de sa force.Les pensions La séance, d’hier après-midi a été fort calme.Au début, le premier ministre donne avis cononii«|iie?ornement persiste dans esi arrivée aux Etats-Unis.F*s gens de l’Ouest sont libre-é-changistes.Cela ne veut pas dire cependant que cette doctrine doive être adoptée et appliquée dans son intégrité, car le Canada est un pays aux intérêts trop divers pour s'accommoder du libre-échange intégral ou du protectionnisme non mitigé.Sous les conservateurs malheii; reusement, Je Canada est menacé par fa haute protection.Une appréciation non douteuse Du discours de M.A.-L.Beau-bien, député libéral-progressiste de Provencner, Manitoba, il faut retenir icctte appréciation catégorique: Le gouvernement actuel est le pire gouvernement que nous ayons jamais, eu.Il n’y a donc pas de doute à entretenir sur le sentiment de M.Beaubien à l’endroit de l’administration que dirige M.Bennett.M.Be.aubien a mis la Chambre en gaieté en racontant une anecdote électorale.Le colonel MuHins,député de Marquette, Manitoba, à ce qu'il rapporte, a fait la dernière campagne en montrant un petit bidon de crème à ses électeurs.Il leur disait que si les libéraux restaient au pouvoir, ils ne pourraient obtenir que 26 cents de la livre de gras, niais que si les conservateurs étaient élus, la livre de gras se vendrait 40 cents.Chaque fois que le colonel Mullins disait cela à une assemblée, aU firme M.Beaubien, la vache qui fournissait la crème et que le colonel traînait d’un endroit à l’autre pour remplir son bidon se mettait a beugler d’indignation.Le plus amusanl «le l’affaire, c’est que Je colonel Mullins s’est fâche pour tout de bon.il a cru nécessaire d’affirmer cue M.Beaubien rapportait très incorrectement les faits.Ont aussi parlé M.E.F.Willis, député conservateur de Souris, Man., un débutant.M.V.J.Loucks, député conservateur de Rosetown, Sask., un autre débutant, M.Harry Butcher, député libéral de Last-Mountain, débutant comme les deux autres.Les deu\ premiers ont évidemment fait l’elo-ge du gouvernement.Le troisième a fait le contraire.Emile BENOIST La session de Québec (Suite de la 1ère page» Tél.Wllhank 7119-7110 •SIA*e SorUI: 2810 NOTRE-DAME OUEST La Compact!I» d'Aniuranre Funéraire ucecL ccuceiE, limitée .IniKuporéf par Lettre» Patente» de la Province «le Québec au capital de #150.000 00 j ASSURANCE FUNERAIRE ET MRECTEURS DK FUNERAILLES s, sanctionnée par le Parlement de Québec, ibre 1016.on» mortuaire* A la ctiepoBltlon du public, j I feux m conformité avec la loi dei aaeuranc W le 23 déc< Dépôt do 125,000.00 au Ckwveniement ni-,,_ 8 ER VICK JOUR BT NUIT Docteurs, Consultes ! ! ! ETABLISSEMENTS GAIFFS, GALLOT & PILON 34.Bled 6* V»«flrard — Pari» XVéma Rayons X Diathermies Electrothérapie GALLOIS tt ens M, Chemin Villon.Lyon (Rhône) UHra-vtolet», infra-rouire» Lampes asctaUqucp pour saiiei d'operation» et dentlatca Électrode» de quart*.pria et condition» le» plu» avanteaeu* Devis et CKtaloftiie* »ur demande Service d’un Ingénieur électrlcUn-* radtolofftate.Agence générale pour le Cansd : Paul CARDINAUX.D.S.' PRECISION FRANÇAISE" 1438, St-Denl» .MA.*U7 MONTREAL sionnels, et en seconde leçture le bill qui modifie la loi des assurances.Jusqu’ici le maximum d'assurance pour un enfant d’un, an était de $20; il sera porté à 8100.Le maximum pour un enfant de 10 ans était de #400.00; il sera porté à $2,000.La location des Tacs et rivières M.Hector Laferté, ministre de la colonisation et des pêcheries, continue alors le débat sur la motion suivante qui avait été exposée vendredi «lernier par M.Aimé Guertin.“Que cette Chambre exprime le voeu que le bail consenti par 1
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