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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 28 mai 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1912-05-28, Collections de BAnQ.

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TROISIEME ANNEE-No.125 MONTREAL, MARDI 28 MAI, 1912 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS: Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .03,00 ONION POSTALE.06.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.01.00 ETATS-UNIS .» 01.50 UNION POSTALE » » » « » » 02.00 DEVOIR Rédaction et Adminiftratiotti 7 U RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATION: Mû 7461 REDACTION: M^a7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS t LE TEMPS PRESSE Echevins et commissaires paraissent de ce temps-ci d’humeur fort combative.Il ne se passe guère de séance sans qu’ils échangent quelques coups de boutoir.Nous permettraient-ils de leur demander s’ils ne pourraient point, entre deux querelles, donner une solution, au moins partielle, à une question de prime importance pour les citoyens de Montréal?Il s’agit toujours de Tutilisation, comme terrains de jeux, des cours de récréation des écoles publiques.Tout le monde sait et répète qu’il faut aux enfants de Montréal plus d’air et d’espace, qu’il y va de leur santé et, donc, de l’intérêt général.Tout le monde sait qu’il existe de vastes terrains scolaires, connus d’une grande partie des gamins, et qui restent inutilisés pendant toutes les vacances, en sorte que c’est précisément pendant la période où ils ont le plus le temps et le besoin de jouer que les écoliers ont le moins de terrains de jeux.Nous ne croyons pas qu’il y kit un citoyen qui, réfléchissant à cet état de choses anormal, ne le déplore.En fait, il y a plus d’un an que ce projet d’utilisation des cours de récréation a été mis devant le public et qu’il a reçu l’appui des hommes les plus compétents.Il ne reste à régler que des questions de détail.Nous nous refusons à croire que les intéressés — échevins, commissaires municipaux et membres de-s commissions scolaires — soient incapables de résoudre ces questions de détail.Mais il n’y a pas de temps à perdre: dans trois semaines, ce sera les vacances et si rien n’est fait d’ici là, nous verrons encore les gamins jouer dans les rues empuanties, absorbant à pleins poumons poussières et microbes, pendant que tout à côté leurs anciennes cours de récréation resteront sans emploi.En somme, le tout paraît se réduire à une question du coût et de surveillance.Il devrait y avoir moyen de s’entendre là-dessus.Que l’on fasse au moins une expérience! La santé des enfants vaut bien cela.Les oeuvres et les personnes qui s’intéressent particulièrement à la santé de l’enfance ne pourraient-elles point aider et faciliter le travail de l’Hôtel de Ville?Le temps presse.Orner HEROUX.BILLET DU SOIR M.Lozeau et la critique française La dernière livraison des Annales nous apporte un article sur la poésie au Canada, par M.Auguste Dorchain, poète qui a écrit de fort beaux vers, ainsi la Jeunesse Pensive, Vers la Lumière, et auteur renommé de VArt des Vers.M.Dorchain, entr’autres auteurs canadiens-français qu’il cite, nomme notre colaboratour, M.Albert Lozeau, dont il avait dit en 1908, quand parut l’Ame.Solitaire: “Ce malade est digne de la guérison, ce jeune homme est digne du bonheur, ce poète est digne de la gloire.” “Je le redis avec plus de force encore, — et à l’heure où peut-être mes voeux commencent à se réaliser, maintenant que j’ai lu son second recueil, son livre d’hier, le Miroir des Jours,” écrit aujourd’hui M.Dorchain, “La guérison sans doute est venue, car le cercle semble s’ètrc élargi, où se meuvent les pas du poète; on sent, à la tendre sérénité de certains vers, que le bonheur approche; et, si la gloire ne venait point déjà, ce serait une injustice que ne manquerait pas de réparer l’avenir.” Et M.Dorchain continue: “La renommée de M.Albert Lozeau doit d’ores et déjà dépasser les limites de son pays, comme sa Muse a dépassé les frontières d’une inspiration principalement canadienne, pour atteindre la région de la poésie universelle, de celle qui peut parler, sans rien perdre de sa vertu, au coeur, toujours pareil, de tous les hommes.Mais il y a là un talent désormais si achevé, une sensibilité si exquisement nuancée, une vie intérieure si haute et si profonde que je me sens découragé, devant l’impossibilité d’en donner une suffisante idée, dans le peu d’espace qui me reste.Que citerais-je, même, pour faire pressentir quelque chose de tout "cela?Des vers d’amour, à la si caressante et si vibrante musique, tour à tour, comme par un archet sur la corde, effleurée, appuyée, ralentie, précipitée, retenue?” Et M.Dorchain cite alors ces beaux vers: (page 132) “J'ai tenu ta main ti&de.Puis, il transcrit ces vers d’impression mystérieuse et de mélancolie, (page 33): “La poussière de l’heure et la cendre du jour dont il écrit: "Cette variation sur le thème, quatre fois présenté, du premier vers, mais repris, alternativement, dans l’ordre primitif et dans l’ordre inverse de ses hémistiches, ramené à la fin dans Tordre contraire à celui du vers initial, est l’oeuvre d’un admirable artiste, non pas seulement d’un virtuose qui se corn plaît aux plus subtiles ressources de son instrument, mais d’un inspiré qui n’en joue que pour mieux exprimer tous les frémissements de son émotion la plus secrète.Cette pièee devrait figurer, d’ores et déjà, dans toutes les anthologies.” Et, après avoir finalement cité, pour montrer “la foi lyrique du , croyant et du philosophe,” la fort belle pièce intitulée Aspiration, (page 234) et qui commence par cette strophe d’un tour harmo-! nieuXj “AhI ce besoin d’aimer, cette ardeur infinie Ce grand rêve fervent de bonheur immortel C’est lui qui dans nos coeurs suscite une [ harmonie Et nous donne l’espoir consolateur du ciell” M.Dorchain conclut en ces ter mes: “Mais ces quelques citations ne Suffisent-elles pas à _ montrer tout ce qu’il y a de beauté, de- pureté d’amour et de mélodie dans ce jeune et lointain chanteur, issu, après trois siècles et là-bas, de notre sang de France, et dont il nous faut être fier?Je salue en lui, comme à son avènement, le premier des poètes du Canada contemporain, et Tun des premiers, à l’heure qu’il est, de tous les pays de langue française, compris le nôtre.” Et voilà comment la renommée du jeune poète canadien-français grandit dans les cercles intellectuels.Le Devoir, à maintes reprises, a cité les commentaires élo-gieux de la presse anglo-canadienne, au sujet des nouveaux vers de M.Lozeau.C’est le premier poète canadien-français dont les critiques anglo-canadiens aient fait tant de cas.Et c’est aussi Tun de ceux auxquels la critique française de Paris décerne le plus de louanges, et de justement méritées.Nous en faisons tous nos compliments au poète qui doit méditer, à l’heure actuelle, dans sa solitude, un nouveau volume de beaux vers.C’est le chien à Jean Nivelle Qui s’en va quand on l’appelle.Et vu que je ne suis pas le chien à Jean Xivelle, je viens à vos appels, mesdames.Quand je me taisais, je n’en continuais pas moins à penser à vous, et je vous livre ce soir le résultat de mes dernières méditations.J’ai étudié consciencieusement et à votre profit l’art féminin de conquérir les hommes.Je n’ai pas de fausse modestie, je sais que ce billet me vaudra les éloges de mes sueurs et de mes frères.Pour réussir, posons en principe général, qu’il vous faut souvent jouer la comédie.mais on sait que cela n'est pas pour vous faire reculer! Pour séduire un homme intelligent, n’ayez pas peur de paraître un peu sotte.oh! gentiment vous savez! Si vous posez au grand hom me des questions qui lui coupent la respiration, n’oubliez pas de sortir avec vos questions.ingénues, tous vos jolis sourires.Je connais une femme qui en examinant la bibliothèque d’un intellectuel doublé d’un bibliophile, lui demanda en ouvrant, très grands, ses jolis yeux clairs: “Par qui, Sophocle?” Il la trouva adorable! Pour attirer un homme vertueux, un grain de perversité n’est pas pour vous nuire: le désir de vous convertir, d'un côté, la satisfaction de vous dominer de toute sa perfection, de l’antre, l’amènent très vite à composition.S’il s’agit d’un sot, un peu fat,— il s’en trouve!—il faut paraître superlativement intellectuelle: allez sans crainte jusqu’au has-bleuïsme le plus azuré: ces petits étalages prétentieux seront l’expression du cas que vous faites de sa haute intelligence, et il sera à vos pieds après quelques petites séances.Si enfin l’homme que vous “visez” est un diable cultivant avec succès tous les vices et se parant de toutes les séductions machiavéliques, le rôle de la petite sainte est tout indiqué.Ornez-vous d’ailes blanches, planez dans l’éther, armez-vous de la vertu la plus collet-monté, et c’est à genoux que Don Juan vous suppliera de devenir son ange gardien’.Voici mes recettes.J’ajoute que votre humble serviteur n'étant ni très intelligent ni très sot, ni très vertueux ni très diable, lui plaire est chose peu compliquée: il demande à chacune d'être tout simplement elle-même sans pose ni artifices.MARC LEFRANC.Les cale- sèches GEORGES PELLETIER Les noms des rues Pour les vieilles Institutrices LE PROJET DE MAISON DE RE TRAITE Le Conseil Municipal a adopté le rapport de la commission chargée de rebaptiser les mes dont les noms font double ou triple emploi ou qui possédaient à la fois plusieurs noms.11 y a cent quarante-cinq changements, dont quelques-uns ont été apportés à la liste déjà longue qu’on avait faite Tan dernier.La commission n’ayant pas voulu communiquer le répertoire des nouveaux noms avant son adoption par le conseil, les remarques que nous avions à faire arriveront peut-être comme moutarde après dîner,mais nous n’en tenons pas quittes nos édiles.Nous élisons nos échevins et nos commissaires pour administrer les affaires, mais nous n’avons jamais entendu leur conférer de Tautori-té en matière d’histoire et d’esthétique.Puisqu’ils se confèrent un brevet que peu d’entre eux pourraient revendiquer, ils ne sauraient trouver à redire si nous n’approuvons pas tout ce qu’ils font.On a décidé qu’aucun nom ne serait traduit.C’est ainsi que la rue de la Montagne ne portera que le nom de Mountain sur ses pla ques.C’est peut-être dans la pensée de perpétrer la légende que cette rue a, pour patron, le premier évêque anglican de Québec.Je crois avoir prouvé Tan dernier que cette rue s’appelait de.la Montagne, bien avant 1825, date de la mort du Rév.J.J.Mountain, (voir le Devoir du 31 mai et du 10 juin 1911).Je ne reviendrai pas sur ce sujet, car je crois que malgré Té-dilité, on continuera k dire la rue de la Montagne, et que les employés des Postes continueront à comprendre.Va-t-on appliquer ce principe à l’avenue de THAtel de Ville, par exemple?Faudra-t-il forcer les anglophones à ae décarcasser les .mâchoires pour arriver à dire cela en françai*.ou nous forcera-t-on à dire avenue City üXlft îred.PELLEIIéR.Ü>Moin' Notre dernier article sur les vieilles institutrices nous a valu de Tune d’elles la lettre suivante: L’idéal pour les vieilles institutrices serait une maison de retraite, car ce n’est pas en leur donnant un minimum de pension de $100.00, $125.00 ou $150.00 qu’on leur rendrait justice et qu’on retirerait de la misère celles qui sont sans ressources et qui n’ont ni feu ni lieu, lorsque la pension d’une femme coûte actuellement $15.00 par mois, ou $180.00 par année, dans une modeste maison de pension; il faut en outre le vêtement, les médicaments, les soins médi eaux et autres dans la maladie et la vieillesse, de sorte qu’avec un minimum de pension de $150.00 les institutrices seraient encore dans la misère et exposées à être mises à la porte d’un jour à l’autre dans leur vieillesse.En outre, pourquoi ¦ augmenter inutilement la pension de celles qui ont déjà amplement les moyens de vivre et qui n’ont besoin de rien de plus?Avec une couple de cent mille piastres on pourrait construire une maison de retraite, très convenable pour les institutrices, et, informations prises, la nourriture d'une vieille personne ne coûte que $60 par année dans ces sortes de maisons.Les vieilles Institutrices pourraient donc payer leur pension elles-mêmes avec leur minimum de pension actuelle de $75.00, et il leur resterait $15.00 pour leurs menus besoins; celles qui ne seraient pas satisfaites seraient libres de se retirer ailleurs, pouvant disposer elles-mêmes de leur pension de retraite.Il n'y aurait donc qu’à pourvoir à leur logement par la fondation d’une maison de retraite, dont voici approximativement le coût par année: Intérêt de $200,000 à 5 p.c.$10,000 Chauffage, éclairage, service, etc., environ.10,000 Total.“$207000 Et avec cette modeste somme additionnelle on pourrait loger convenablement les vieilles institutrices nécessiteuses qui n’ont ni feu ni lieu: les autres, qui ont d’autres revenus que leur pension, ainsi qu'ün chez-soi, n’en ayant pas On trouve dans les journaux de ce matin une nouvelle qui n’est pas une primeur, mais qui n’en confirme que mieux la thèse soutenue l’autre jour par M.Georges Pelletier, savoir que le Canada doit d’abord consacrer son budget aux travaux qui pressent le plus.Un grand paquebot est obligé d’aller se faire réparer en Angleterre, quatre autres auraient eu besoin de réparations aussi, si nous avions des cales-sèohes pour les loger, et vingt-trois autres vaisseaux actuellement en route pour le Saint-Laurent ne pourraient être réparés au Canada, s’il leur arrivait un accident.En fait, le Canada n’a qu’une cale-sèche capable de recevoir un vaisseau de dimensions assez larges, celle de Halifax, et elle est occupée par le fameux Xiobe auquel le bal de Yarmouth fut si fatal.Et voilà six ans au moins que le projet de nouvelles cale-sèches est sur le tapis! N’ost-il pas temps qu’on s’occupe de le mettre à exécution?il faudra deux ans au moins pour exécuter ces travaux.D’ici là de nouveaux vaisseaux toujours plus grands fréquenteront nos ports.Plus on retardera, plus les besoins de la navigation deviendront pressants, moins il sera facile d’obtenir la réduction des taux d’assurances et par conséquent plus la concurrence sera difficile.La garantie d’intérêt offerte par le gouvernement Laurier n’a pas réussi; le gouvernement Borden l’a augmentée: est-elle suffisante?L’on nous dit chaque fois que des compagnies s’organisent pour entrepren dre les travaux, mais rien ne sc fait.Est-ce l’argent qui fait At eu le tiers des suffrages — plus (pie les socialistes et presque autant que les libéraux et catholiques — mais qu'ils n’ont que le sixième des sièges.Ils se voient exposés à ce que, dans tous les scru- ' lins dorénavant, des coalitions s« forment dont ils seraient les victimes.Et du coup, ils .se convertissent à la réforme électorale.(l’est ainsi.Leurs journaux le disent à l’année, et le gouvernement étudie à cette heure même un projet définitif qui ne serait pas un compromis entre le projet de la Chambre et les prétentions des partisans du statu quo, mais un projet plus large, plus généreux, plus proportionnaliste, que le texte même de la Chambre.Et de cette solution, tous les proportionnalistes se réjouiraient singulièrement si, du moins, le dépôt de ce nouveau projet ne devait pas servir de prétexte à un ajournement inadmissible.Il est un côté par lequel les radicaux sc sentent tout particulièrement atteints, c’est du côté maçon-nique.Ils tiraient depuis longtemps leur force apparente de la force secrète que leur donnait la franc-maçonnerie, et Ton pouvait dire en toute vérité que “le radicalisme était la franc-maçonnerie à découvert, comme la franc-maçon-1 ne rie était le radicalisme à couvert.” Aujourd’hui si les radicaux sont: impopulaires en tant que radicaux,; ils le sont bien plus encore s’ils ; sont francs-maçons et connus com-< me tels.Je ne sais si je vous ali parlé de la publication faite par} a Libre.Parole, au cours de ce dernier mois, de la liste des francs-maçons appartenant aux langes Parisiennes.L’effet produit est énorme et la fureur des FF.indi-i cible, A Tordre du jour de leurs travaux hebdomadaires, ils ont inscrit la recherche des moyens les1 plus convenables pour punir les auteurs de ces divulgations, et au cours de la bataille électorale, ils n’ont pas caché leur colère à l’endroit de ceux qu’ils soupçonnaient d’être leurs adversaires actifs.Par contre, la population, à Paris et dans maintes autres villes, accueille avec bonheur tout re qui peut être désagréable aux Loges.Dimanche soir, pardonnez-moi cet exemple personnel, lorsqu’en un cortège superbe, des électeurs de ma circonscription fêtèrent la belle victoire électorale par laquelle ils m’ont donné, pour successeur au conseil municipal mon ami Charles Fillion, le cri qui revint le plus constamment sur leurs lèvres fut celui de “A bas les francs-maçons I” Que les francs-maçons se soient rendus odieux par leur sectarisme, par les abominables pratiques de la délation, cela n’est pas douteux.Mais il est bien manifeste que leur impopularité a pour corollaires les progrès accomplis par le catholicisme.Je vous parle souvent do ces progrès.Je vous demande d’y insister aujourd’hui, parce que je puis me baser sur un document authentique, le rapport présenté à Son Em.le Cardinal-Archevêque de Paris sur l’Oeuvre des chapelles de secours, qui tenait son assemblée générale annuelle mercredi dernier.Il y a.dans le Paris de 1912, neuf paroisses de plus qu’au moment de la Séparation, et ces neuf paraissent grouper 258,000 habitants, qui, si elles n’avaient été créées, seraient pratiquement privés de secours religieux.Dans la banlieue parisienne, il y a quinze paroisses de plus qu'au moment de la Séparation — et ces quinze paroisses atteignent 215,000 habitants., Enfin, tant dans Paris que dans sa banlieue, vingt-cinq chapelles de secours se sont ouvertes, dont la plupart attendent leur érection eiv paroisses et desservent 166,500 habitants.Parfois ces chapelles sont bien pauvres et petites: il faudra, dan» quelques jours, tripler Tune d’elle» par l’établissement d’une grande tente pour abriter les premiers com muninnts et leurs parents.Quant aux résultats, un seul exemple suffira: dans le sud de Paris, quartier de Plaisance, une seule famille, voici vingt ans, remplissait ses devoirs religieux dans le périmètre actuel de la paroisse Notre-Dame du Rosaire, Cette année, il y a eu 4000 communions durant le temps pascal, et le nombre des premiers communiants dépasse annuellement 250.Mais la France qui envoie des missionnaires dans tous le» pays du monde n'a pas assez de prêtres pour évangéliser tous les Parisiens.JOSEPH DSXAX* LE DEVOIR, MARDI, 28 MAI 1912.La question du mariage à la Cour Suprême LE PARLEMENT DUt CANADA A T IL LE DROIT DE LEGIFERER SUR LE MARIAGE?! TELLE EST LA QUESTION QUEt LE TRIBU NAL EST APPELE A\ RESOUDRE.MTRES NESBITT ET LAFLEUR PRESENTENT LEUR4FACTUM.Ottawa, 'JH.— Lorsqui'tla (Dur Su-îrpme s’est ajournée hier,|l Un des avocats du bill Lancaster, Mire Kug'Tte I.afleur qui suivit l’ilon trahie Wallace Nesbitt, t'.H.n lirait pa^' termine sa plaidoirie.[.audition du* cette cause durera probftblenient une semaine.La principale quesiion qui >o pose est de savoir s’il est d© la juridiction du Parlement du < niiada de légiférer mariage.C’est afin de tirer De meilleurs règlements et un Descente dans les bureaux meilleur service de ‘ L’Anarchie ’ celte question au U11r que le gourer ncmont canadien a requis les services d’avocats éminents, .lusqir’à inuinte-3anl, les provinces seules ont légiféré Sur la célébration du niai inse et à la suite >ie l'agitation qui suivit la promulgation du llecrot Ne Temere, le Hill I.ancasier.fut liroposé à la Chain bre des Communes.Ce projet de loi déclare que tout mariage célébré pur une personne a,,torisée.csi valide,quelle que soit la religion du,célébrant ou de l’officier de l’état civil • ou des parties contractantes.Certains articles de l’acie de l’Amé-ria.u© Britannique du Nord mettent en doute que le Parlement Canadien peut légiférer sur la célébration du mariage et le gouvernement A alors demandé à la Cour Suprême de se prononcer sur la question.Les avocats de la Pro- i vine© de Québ'c prétendent que la Cour Suprême n'a aucune juridiction en la matière.L’iion.M.Nesbitt et îlltre Eugène I.afleur citèrent plusieurs autorités à l’appui du droit qu’a le Parlement de légiférer sur le bill Lancaster.51.La-fleur parla longuement fies prévisions du code civil di’ la province de Québec.Effectivement M.I.afleur prétendit que d'après ce code, l’élément religieux p’é tait pas nécessaire a 1» célébration légale du mariage en cet,te province.Abordant la question du code civil de la province de Québec, Mire Laflour prétendit qu’il n'y a aucune ambiguité dans aucune des parties du code.L'art.ielc IJH dit : Le mariage doit être célébré ouvertement par un officier Oonipétem et reconnu par la loi.L'article 1JÎ1 se lit, Tous les prêtres, reeieurs, pasteurs et autres offi «ers autorisés par la loi à garder les registres de l'Etat civil sont compétents à.célébrer le mariage."Mais aucun des officiers ainsi autorisés ne peut être lorcé à célébrer un mariage dans lequel il existe un empêchement d après les doctrines et les croyances do sa religion cl la discipline de l’Eglise à laquelle il appartient.Peut-on trouver une ambiguité dans ce premier article '! demanda M.I.n-Bciir.Ce ne.sont que des précautions"’ prises polir rendre le célébrant, capable d'empêcher la clamlestinité.Ln étranger compétent, mais
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