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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 4 mai 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1912-05-04, Collections de BAnQ.

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nV'.% TROISIEME ANNEE-No.105 MONTREAL.SAMEDI 4 MAI, 1912 UN SOU LE NUMERO V ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CAKADA ET ETATS-UNIS .ft* Aft dniok ««taie.;.||gg Edition Hebdomadaire : CANADA ETATS-UNIS .ONION POSTAUB ‘A .91.00 • « **.«.$1.50 $2.00 DEVOIR Rédadbon et Admini^ *;oni 7U RUE SAINT-JACQl MONTREAL.> V TELEPHONES : ^ ADMINISTRATION: Mail 746 REDACTION: Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! REFORME ESSENTIELLE Aux conditions nouvelles il faut un système nouveau Enfin, l’opinion commence à comprendre l’imporlance de la colonisation au double point de vue du développement commercial et industriel de la province et de noire influence politique dans la Confédération.Ea Gazette elle-même, qui paraissait indifférente au sujet, ft publié, ces jours-ci, un article très pratique pour montrer quel bien résulterait pour le commerce et l’industrie de l’application du programme de M.Tellier sur ce point.En fait, qu’est-ce que c’est que la colonisation?C’est la mise en valeur des ressources naturelles d’un pays.Et que peut-on faire avant d’avoir défriché, semé et récolté?Rien.C’est donc par là qu’il faut commencer.La hache et la charrue resteront toujours les, premiers instruments de l’agriculture.Nul ne peut vivre là où le colon n’a pas passé pour frayer la voie avec sa hache, et fécondé la terre de sa semence.Toutes les belles paroisses que compte aujourd’hui notre province ont commencé par la colonisation, se sont développées par la colonisation et ont essaimé' par la colonisation.Ce n’est ni le marchand, ni le médecin, ni l’avocat qui ont créé les paroisses, mais le colon et le prêtre, qui, souvent, fut colon lui-même et, toujours, le meilleur appui, le plus fidèle ami, le soutien indéfectible du colon.Leur tâche commencée, vint ensuite le négociant, plus tard l’industriel, enfin le professionnel, et, l’oeuvre commune se fortifiant, des centres se formèrent qui devinrent des villes dont la prospérité dépend invariablement de la richesse des environs.Riroouski, Fraserville, Chicoutimi, Roberval, Montmagny, Lévis, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Joliette, Valleyfield, Saint-Jérôme, Nicolet, Richmond vivent de la production régionale.L’échange de la production crée le commerce qui, groupant à son tour un certain nombre d’âmes, fait surgir de petites industries qui en amènent d’autres plus considérables.Et Montréal et Québec, par leur position exceptionnelle, grandissent par l’ensemble de ce développement progressif dont l’origine a été la colonisation.C'est donc à la colonisation qu’il faut revenir pour activer le progrès commercial et industriel de la province de Québec.Mais la colonisation comme toute autre chose subit l’influence du temps, ce dont on ne tient malheureusement pas assez compte.Au début, elle était la carrière naturelle à tout garçon en état de s’établir.La difficulté des communications, l’isolement presque complet des villes bornaient l’horizon des jeunes gens de la campagne, qui trouvaient tout naturel de continuer l’oeuvre de leur père.La vie modeste de la famille, l’habitude du travail ardu, contribuaient aussi à les garder à la terre.Défricher, labourer, semer pour le père bu pour eux-mêmes ne changeaient aucunement leur façon de vivre.Tandis qu’aujourd’hui coloniser demande un effort de volonté, de courage, de patriotisme autrement plus méritoire.Devenue plus facile, la culture des vieilles terres alanguit le courage; le luxe développe des habitudes et des goûts nouveaux; les facilités de communication contribuent de leurs tentations; l’appât des villes sans cesse rappelé par la voie des journaux éblouit les cerveaux; enfin la perspective de l’argent touché chaque semaine comparée aux longues années de privations, de déceptions £t de misère dans la forêt font dans la été du jeune homme de la campagne ce travail de réflexion qui finit :rop souvent par le déraciner du sol.S’est-on assez préoccupé du problème qui découle de ces conditions louvelles?Certainement non.Le cultivateur sc contente de regretter larfois l’éloignement des siens; satisfait de l’accroissement de ses affai-•es dû à la prospérité générale, le négociant ne s’intéresse qu’au pro-ïrcs de son milieu; le professionnel ne voit généralement rien en dehors rie ses éludes; et les gouvernants, de plus en plus attentifs à leurs intérêts personnels, n’écoutent que les influences dont l’activité en temps d’élection peut leur assurer le pouvoir qui conduit aux positions lucratives avec l’assurance d’une vie luxueuse et une vieillesse à l’abri de toutes vissiscitude matérielle.Pourtant .s’il y a un homme qui devrait sympathiser avec le colon, réclamer justice pour lui, sc passionner même pour sa cause, c’est bien le cultivateur.Pour le cultivateur, Ton a fait quelque chose d’appréciable.On Ta sorti de la routine; on lui a infusé le goût des méthodes nouvelles; on Ta amené à transformer l’industrie laitière; on a créé une sorte de légion d’honneur qui stimule son ardeur et l’entraîne aux améliorations; on lui a fait la place plus large dans la société.Et ce fut certainement une belle et bonne inspiration que celle de reconnaître par une médaille commémorative son attachement au bien de la famille à l’occasion des fêtes du troisième centenaire de la fondation de Québec.Pourquoi lui qui est fort parce qu’il est groupé, qu’il a du bien et de l’influence, pourquoi n’exige-t-il pas des pouvoirs publics, que son fils, son frère, son voisin, son co-paroissien, son compatriote, le colon, obligé d’ouvrir une terre nouvelle, de commencer par où tous nos pères ont débuté, le défrichement, soit mieux traité?Que dirait-il si on venait lui défendre de cultiver à son goût, de vendre son bois, de grever sa propriété pour vivre si nécessaire?Et c’est pourtant le sort du colon.Tandis qu’on a amélioré les conditions du cultivateur.Ton s’acharne à empirer celles du colon.En même temps qu’on l’oblige à défricher une partie de son lot pour avoir le droit de le garder, on lui a rendu pendant longtemps le défrichement pratiquement impossible par certaines défenses de brûler ses abattis.En même temps qu’on l’oblige d'habiter son lot, on lui rend l’habitation odieuse en lui défendant d’emprunter un sou pour se bâtir et pour vivre.On l’invite à prendre une terre et on le décourage en la lui refusant si le marchand de bois ne veut pas la céder.Et si le marchand de bois cède la terre on ruine le colon en laissant au concessionnaire le privilège de raser tout le bois.Surgit-il un conflit, ce sont des retards, des contradictions, des tracasseries sans fin qui tien*-nent le colon dans l’incertitude et Tangoisse pendant un an, deux ans, trois ans, dix ans même.D’où suit l’hésitation, l’abandon des terres nouvelles et finalement le départ vers Touest, l’Ontario, les Etats-Unis, de milliers de jeunes gens par année, soit autant de consommartcurs de moins pour le commerce et l’industrie.Au point de vue politique maintenant.Nous venons d’agrandir noire territoire par l’annexion de TUngava.Québec devient par ce fait la plus grande province de la Confédération.Mais gardons-nous de croire que notre influence politique monte d’autant.Car c’est la population seule qui compte à Ottaxva, et Tune de conditions de cette annexion c’est précisément l’exclusion de la population de TUngava du tola! qui sert à déterminer le quotient de la représentation fédérale.De sorte que TUngava compterait-il un million d’habitants plus tard, ce million n’influera jamais sur la représentation des autres provinces de la Confédération.Cette condition, à notre avis très dangereuse, a été acceptée par considération pour les provinces maritimes dont la voix aurait pu être affaiblie un jour par l’appoint que la population de TUngava aurait pu donner à la province de Québec.N’est-ce pas toutefois une raison de plus pour nous fortifier davantage dans le vieux Québec, dans cette partie qui peut faire vivre aisément dix millions d’habitants, pourvu que Ton sache en tirer profit et réapprendre aux jeunes générations l’amour du sol?• • • Or, nous ne ramènerons la jeunesse rurale à la terre qu’en lui rendant la terre propice, c’est-à-dire en la débarrassant des entraves qu’elle V rencontre aujourd’hui, en lui en donnant la maîtrise complète, en Tni-dant dans les premières années, en Tentourant dans ses établissements ïouveaux de conditions qui diffèrent le moins possible du milieu qu’elle quitte, bref, en lui permettant de vivre.Certes, nous ne voulons aucunement laisser croire que toutes ces réformes dépendent du gouvernement.Non.Il faut que l’opinion publique agisse, que les classes supérieures reconnaissent l'importance de la colonisation et apprennent à regarder le colon comme l'instrument essentiel de notre influence dans le pays.Mais que servirait encore ft l’opinion de s’affirmer, si le système actuel n’était pas changé?Changer le système, voilft donc la première réforme ft faire.Et c’est parce que nous espérons le changement de système d’un changement de régime que nous appuyons M.Tellier, Les Idées qu’il a exprimées sur ce point, lea motions qu’il a soumises à la Chambre, l’attitude qu’il a lui-même adoptée en 1904, son expérience de la vie du colon que lui a donnée l’exercice de sa profession au milieu d’une région de colonisation, et sur tout ses principes bien connus en matière de droit, nous justifient de croire qu’avec lui l’abominable système actuel subira une transformation radicale,—la réforme aussi nécessaire à notre avenir commercial et industriel qu’au maintien et à l’accroissement de notre prestige dans la Confédération.# Jean DUMONT.Une commission de $20,000 PETITS MEMOIRES CINQ ! En ce temps-là, M.Gouin passait pour être le premier ministre.Ou plutôt, il passait pour l’avoir été.Car il ne VétaU déjà plus.Et il s’en rendait compte.Presque seul, il faisait sa dernière campagne dans le district de Montréal.J’étais encore curieux des choses de la politique.Et le talent d’orateur de M.Gouin, souvent loué par la presse ministérielle, me semblait plutôt pauvre, bien que j’eusse écouté le premier ministre parler cinq ou six fois sur des sujets intéressants.Un vieil ami me disait: "Tu es préjugé.Il faut venir entendre M.Gouin quand il parle devant une classe de gens instruits et éclai rés.C’est là qu’il déploie toutes ses qualités d’esprit et d’intelligence et qu’il rend lucides les sujets les plus obscurs.” — “Mais je l'ai déjà entendu à l’Assemblée Législative de Québec, et il ne m’a pas paru que.” — Allons, mon cher, tu ne prends pas l’Assemblée Législative pour un corps intelligent et instruit?Tu n’es pas si naïf que ça?Dis donc, si tu veux entendre M.Gouin faire un excellent discours, viens avec moi ce soir par delà la montagne, à Outremont.Je te promets une belle soirée.” Nous parûmes.Le jour s’éteignait lentement, tout là-haut, et au-dessus du Mont-Rogàl les premières étoiles s’allumaient.Il ne me souriait guère d’aller entendre pérorer M.Gouin.Mais mon ami avait dit juste*.ce n’est pas A l’Assemblée Législative que M.Gouin peut donner toute sa mesure.Et je fis, à regret néanmoins, le sacrifice de quelques heures de délicieuse flânerie au long de la montagne ceinte et couronnée d’érables.Chemin Sainte-Catherine, mon ami m’arrêta devant un édifice prétentieux au fronton duquel l’on a inscrit: “Town Hall.” Les toiles, baissées comme dans un hôtel oiï vont s’abreuver loin des indiscrets des assoiffés éternels, laissaient filtrer de rares rayons de lumière.Tout était tranquille.Un chat, en boule sur le gazon, ronronnait paresseusement, quelques automobiles passaient ,rapides et presque silencieux, et, sur le seuil de la porte, un bourgeois à tète de poire surmontée d’un vaste et ancien huit-reflets, fumait son cigare.Je crus reconnaître M.Rogomme, propriétaire célèbre d’une grande, feuille iroquoise, l'organe des chiens écrasés et des bonnes voies vicinales.M.Rogomme avait l’air triste.— Enterre-t-on quelqu’un, là-dedans, demandai-je à mon compagnon?” — Non.C’est ici que parlera tantôt M.Gouin.— Vraiment?Mais il ne me parait pas y avoir foule?— Attends, tu vas voir arriver les électeurs”, répondit mon ami, déjà nn peu inquiet.Nous attendîmes.Un quart d’heu re se passa.Un petit garçon arriva, mit le nez dans le “Town Hall”, fi une moue, cria: “Le premier ministre a-t-il déserté?” et partit.A neuf heures et demie, je regardais monter la lune à l’horizon, et, dans la salle, mon compagnon affirmait à trois vieux messieurs que M.Gouin allait balayer la province.A dix heures moins quart, ils étaient quatre dans la salle, A dix heures et demie, nous étions cinq.M.Rogomme, pestant contre les absents, était allé mettre son bonnet de nuit.Vers onze heures, nn moment d’émoi; quelqu’un cria: "Voilà le pre mier ministre”, un bruit d’aulomo-bile trépidant ronfla, mais la machine passa à toute allure devant le “Town Hall” et, cinq minutes plus tard, nous entenflions des grenouilles lointaines coasser monotonc-ment.Puis le silence tomba, plus morne encore; or, tous cinq, fidèles, nous attendîmes néanmoins, en bâillant.Vers minuit moins quart, te gardien fit sonner ses clefs, s’ap procha de nous, et poliment, nous dit: "Messieurs, M.Gouin ne vient pas ce soir.Il a décommandé l’assemblée, trop de monde dans la salle, la fumée l’incommode." Et le brave homme, pince-sans-rire, nous poussa dehors.Voilà comment, le deux mai, à Outremont, une immense assemblée de cinq personnes ne put entendre parler M.Gouin, C’est un homme de prestigel JEAN PAUMIER.Qui ne dit mot.On remorquera que In presse mi-nistériclle n'a même pas tenté la moindre réponse aux chiffres que nous avons cités et > Jules Ferry — Henry Rochefort — Léon Gambetta DAVIDÉE BIROT Par M.ETIENNE LAMY LE DRAME DE LÉCOLE Il \ ii un uruTno, rt lr plus pognant fins drames, dans In dernier roman de AI.René Bazin, “Davidée Birot” I.’auteur n'a rien d’un pamphlétaire : le.mal est plutôt pour lui un objet do pitié (ju’un objet de haine.Ses pitis fortes colères ne vont guère, au delà d'un regard de miséricorde.Il v eut nu XVIle siècle un certain Père de Longueville aucpiel oh reprochait scs fureurs d’absolutions ” ; Al.It.Bazin a eu moins l'efithousiasmc de !"n dulgcnce plénière.Il ne nie pas le mal.mais c’est à peine n d eroit nu méchant; sa belle âme •• atpariuquc, rayonnante, contient lout ; I- ¦ aagde.et le répand en flots de ¦•aix et dp douceur.D’autres aurai-.1 it écrit au frontispice du roman l’un o.i l'autre de ces titres : '‘Mademoiselle Prruaire’’ ou bien "Madame Alibomn" ; ,M.li, Bazin ne veut pas de eos représailles voyantes et bruyantes, fi ne hait pus, il ne méprise point ; il met à la première page ; " Davidée Bi -of, ", et la figure de son inutitutri-v est si aima hle.si att ira nie, qu’ >.i la placora p-ail rtro, cr s jours-ci, sur'tesl ni .1 l’ail les (!»¦ nos écoles libres., , Ce livre do paix ocd cependant un \\-' re de vérité, damai/ encore on n 'ait.si bien décrit le fléau dont les Écoles de France, sont le foyer.C’est comme un hôpital qui s’ouvre ; les victimes sont là, disant leur plainte, avouant leur détresse, implorant un remède, et, au milieu d’elles, l)avidée Birot se frappe ,1^ uoitjrine, s’avoue impuissante (’1 réclame pour elle-même la délivrance du mal qu’elle a propagé de les mains inconscientes.Kl le en fut la première atteinte.Lo jour où elle entra à l’Kcole normale, la religion n’étaM déjà plus pour elle lu un vague souvenir de robe blanche pt de f raîrlVè couronne.On l’a mise, durant deux on trois ans, au régime du brouet officiel ; on lui a servi de grandes pauvretés dans l’assiette com-’nune.on l’a gorgée de principes sur 1 honneur, la dignité, la solidarité, et de tout le gratin de la morale indépendante.Et la pauvre enfant, trop • nfcère et trop sensible pour ne pas ipercevoir Le néant de cette nourriture !r platée, se demandait : “ Que i aut ."e *(|u’on me donne ?F.st-ce de la hi-mière pour mon esprit, de la force pour ma volonté, du sang pour mes veines ?.” K< l’on riait autour d’elle de ses inquiétudes et de ses impatiences.La voici maintenant flans sa chaire, chargée de rompre le pain à de jeunes affamées.Que veniez vous qu’elle leur donne, sinon, le.peu qu’elle a?Rt ce n’est rien: des mois, des phrases des btflles d’air qui vont à peine jusqu’au plafond de l’école.Au bout do quelques jours, elle est réduite à se compa rer à “une semeuse de graines vides”; elle a le droit d’avouer à sa mère en une heure de confidence douloureuse: “.J’essaye de former des consciences et je sens qu’elles m’échappent, qu’elles meurent’ comme des nouvean-néos, qu’on m’a chargée de nourrir et pour qui je n'ai pas de nourriture.Je n’ai que l’angoisse maternelle.’’ Oui, on meurt autour d’olle; elle n’a devant elle que de pâles anémiées, do pauvres petites créatures que rien n ’élève ni ne soulève et qui ne peuvent même pas marcher, alors qu’elles de iraient voler.Un jour, elle Srrive au chevet d’une de ses élèves qui agonisé; la moribonde lève vers elle des regards de naufragée qui cherche Répare ou s’accrocher, elle dit f-*’1 Faut-il que je prie, mademoiselleî.N’est-ce nas qu’il y a un bon Dieut.” Et Davidée Birot demeure muette; «lie ne sait pas.La mort est partout dans ce paysage do l’école athée, et la mort *ans un sourire, sans un espoir qui console.Il y a 1^ df's scènes rt ’un symbo-lisme tragique.Une maîtresse fait devant la classe la leçon de morale.Elle pérore, elle dit: “Vous savez que je no crois pas â l’immortalité do Làmc.Je crois aux ttanhformâtions de la matière.Si ma petite fille à moi mourait, au lieu de prier pour elle, ce qui serait peine perdue, je planterais et je sèmerai-des fleurs "pur sa tombe, et j’irais 'n respirer le parfum’’.Alors, dès gé-nissements éclatent, des cti* perçants l’élèvent; tout* la classe est debout : '‘Anna, qui ont martel.Elle a les roux fermés.Comme elle est blanche! Slle est nforte.-.Elle n'entend plus.” âinsi meurent- les âmes sur les bancs le la primaire.M.Debierre qui, eu la qualité d’atanomiste, ne travaille que sur les cadavres, s'applaudirait )ans doute de la proie qui lui est offer-le.Mais que de cadavres, grand Dieu! Nos écoles dégorgent sur les salles d’amphithéâtre.Vous dites que tout cela vit; Davtdée Birot vous répond: “Quelle* pourriture!.Je suis développée par elle.Il y en a que .je no tonnais pas et.qi)e je devine.J’ai peurt d’elle.” * 1 .[ Et, contre cette pourriture, il n’y a plus de remède, •Une fois gangrénées, il est rare que les consciences se guérissent.Davidée Birot le sait bien.Qtend elle sort de son école, la rua ne lui offre que dés’ tableaux de corruption.Ils sont beaux les saints de la morale indépendante! Voici une jeune femme qol e»t la honte du village; Da-vidéa essaie de la sermonner.Elle lut parle des loie, de* usages reçus, de la rtarale apprise.Et Phrosine riposte Urdimant: “Est'de que chacun n’a pas le droit de disposer de son corps f.\ ous croyez que c’est, le maire qui permet cela?Vous racontez ça aux enfants! Mais voyez-vous, la’ loi, c’est comme les usages, mademoiselle: on peut y faire attention quand on est riche et qu’on a le temps.Arotre morale à vous, c’est ce que vous voulez; la mienne, à moi, c’est ce que je peux.” ht que répondre à la Phrosine?Elle est logique dans ses monstrueux paradoxes.On I a nourrie d’un certain nombre de négations qui l’on débarrassée du divin, et de quelques principes humains sans la moindre prise sur sa conscience fruste On l’a installé dans I anarche abstraite; elle sc concrétise et sc réalise dans la brutale anarchie morale.Pour la condamner, simplement pour la discuter, Davidée Birot devrait en appeler à un ordre supérieur qu’elle ne connaît pas encore.Elle le connaîtra un jour.Par le seul instinct de la vie et des nécessités de la vie, elle reviendra au seuil du temple que son éeole nie ot insulte.En dehors île AL Poincaré et de M.Guis-t hau, quelques-uns sont payés pour perpétuer sur la terre de France la grande famine dont meurent les consciences.Il y a Mme la Directrice, dont la chaire est presque un trône et.qui porte sa férule comme si c’était un sceptre.Aime la, Directrice ne s’afflige de rien et se console du reste.Vous lui dites qu’il est bien fâcheux qu’une femme mariée vive illégitimement; elle vous répond aussitôt: “Quel mot! Com.me vous y allez! Qu’est-ce que cela peut mus faire?.Des mots.La morale, e’est ce que je dis en classe, d’après dos programmes qui changent; une leçon; la géographie des bancs do sable.C’est ec que voudra l’inspecteur, ce que voudra le ministre.Us sont chefs de religion, f’a les regarde, ça ne me regarde pas.Je vis comme je veux, je.laisse les gens vivre comme ils veulent.” Mme la.Directrice fait peser son joug de fer sur celles qui vivent à son ombre: elle ne connaît que cette morale élémentaire.Il y a ensuite M.l’Inspecteur.M.ll’npsecteur a le teine fleuri, la boutonniere fleurie; il fleurit mémo sa parole.I! a le regard direct, impérieux, presque' impérial.Cauteleux avec des formes rudes, il joue au proteecteur -n-diligent et paterne.M.l'Inspecteur, do son vrai nom, n'est que M.l’Inquisiteur.Tl inspecte, c'est-à-dire qu'il enquête.Devant les enfants, il abonde sur l'orthographe et les lépidoptères; devant les maîtresses, il insiste plus volontiers sur l'athéisme dont il est le gardien salarié: Vous lui demandez: “Ai-je lo droit d'entrer dans une église, d'y porter mon livre de messe, d’y prier pour mes morts?” Il lève de grands yeux distraits vers les nuag''s qui passent et il vous répond par des fariboles sur la liberté.jusqu’au bout de la longe.Mais, derrière M.l’Inspecteur et Mme la Directrice, il y a Davidée Ri rot.Tl y a une âme en peine, une âmo en voyage vers Dieu.Elle s’en vient de très loin, d’un foyer où le père met tait sa fin dernière en une entrée à la préfecture et confondait la couronne des élus avec l’écharpe municipale.A l’école normale, on lui a dit que le devoir c’est ce que la société exige, ce qu’elle sanctionne du verdict de son opinion et de ses peines effectives.Maintenant, la jeune fille voit bien que se soumettre à l’opinion revient s’asservir â ce qui se passe, à ce qui change: “Avoir pour soi l’opinion d’aujourd’hui et l’avoir contre soi demain, et, pour lo même acte, être approuvée hier et blâmable aujourd’hui.Quelle morale était-ce lâ?” Et, devant ses cahiers de l’école normale, elle reste â peu près comme un homme qui enferma sa fortune dans un coffre-fort et qui n’y trouve plus rien après quelques mois passés.File esf en marche.Toutes les puissances morales sont soudain déclanchées ; l’âme a pris sop essor vers Dieu.File veut se dévouer à la misère qui l’entoure, aimer, consoh-r, et elle vite fait de se s, ntir â la limit© de son pouvoir.File veut enseigner, éclairer, illuminer ; et la moindre question sur l’au delà de 1,, île la lais sans parole.La jeune malade qui l’interro-gera sur Dieu et sur la prière est toujours devant ses yeux : "Petite malade, tu avais cru à l,, fontaine ; je suis sans eau, je suis de la boue dessé-rhér, de la pierre friable, comme les buttes d’ici, où oe qui désaltère le monde, l’espérance, est tout, de suite tarie.” Se détacher ainsi, c’est déjà monter c douter à ce point, c’est rroi-re presque.Ft Davidée monte t oujours, sans cesse plus avide rie croire.File assiste â des funérailles : elle console elle apaise, elle expérimente „u jour le juin- la force morale du esihotlicianic et la convenance de l âme humains au mystère de lu foi.Oh! qu’il est beau eo “vol do l’âme”, comme disait L.Vint il lot.ce vol de l’Ame blessée qui seeoue le sang de la blessure et remonte en était continu vers les -.Mmes «pin le sifleil inonde, où la paix habite, cette paix qui ©st "la respiration dons la certitude’’ ! M.R.Bnzin Communique un tel essor à eette âme que rien no l’arrêter* ftlus et qu’on se «lomandn par quel miracle d’adaptation elle Pourrait encore s’attarder dans sont milieu ot se résigner fl son métier.On lira avec un plaisir particulier ces portraits si nettement dessinés que nous extrayons d'un article de M.Etienne Lamy, l’éminent académicien dont nous sommes heureux do saluer la présence parmi nous, sur “Le Gouvernement de la Défense Nationale.(“Revue des Deux Mondes” du 15 juin 18!>6).L’auteur prend ses personnages au 4 septembre 1870: Tandis qu’en Jules Simon la fermeté des principes était comme dissimulée sous la souplesse de la nature, en Jules Ferry la qualité maîtresse était l’énergie violente de la volonté.Une intelligence moyenne et des talents ordinal res ne lui permettaient pas de chercher dans la politique ces satisfactions d’art qui consolent les orateurs et les écrivains d’avoir dit en vain qunad ils ont bien dit.Il ne pouvait prétendre qu ' aux joies de l’action.Sa parole et sa plume, massives, vulgaires, lourdes «le citations, de documents, de sophismes, n ’étaient pas pour lui des armes de lutte, mais des instruments d’une profession, et peu lui importait leur forme, leur grossièreté, leurs souillures, pourvu qu’ils fissent leur ouvrage, c est-à-diro creusassent une empreinte dans les faits.Il ne servait pas seulement sou dessein à la tribune ou par des écrits: partout où il y avait des initiatives à prendre, des projets à poursuivre, des nouvelles à donner ou à recueillir, il était présent, sans cesse en quête de ses amis pour les maintenir fidèles, des incertains pour les gagner, des adversaires pour les combattre.Pénétrant où il n ’était pas attendu, revenant où il n ’était pas désiré, à l’épreuve des froideurs et des rebuffades, dépourvu de tous les scrupules qui arrêtent ou retardent, ü savait qu'où l’on ne réussit pas â convaincre, il reste à lasser, et que la plus grande puissance de ce monde est peut-être l’importunité persévérante.D’ailleurs, prêt à courir le premier les risques des partis où il prétendait entraîner les au très, il aimait le combat jusqu’à on aimer le péril; et le péril fût-il de ceux où la chair est menacée et la.vie “n jeu, il était homme à payer bravement de sa personne.Il avait donc à un degré rare l’un des dons les plus nécessaires en tout temps, plus nécessaires encore en 1870.Mais ici il faut constater une fois de plus combien de raisons contraires et de lacunes différentes peuvent rendre des -hommes inutiles à leur pays.Ferry n’avait, pour conduire son activité brutale, qu'une volonté sans principes.Son intelligence, que sollicitaient uniquement l’utile et les réalités immédiates, avait trouvé dans les doctrines positivistes un refuge contre les hypothèses immatérielles, trop lointaines pour sa curiosité.Et son incapacité de croire à l'invisible l'avait plus que personne rendu inapte â se former des doctrines en politique.Celle-ci n’a vait pour lui qu’une réalité, le pouvoir.C’est à, la possession du pouvoir qu'il marchait avec la vigueur d’un instinct.Il no s’interrogeait pas lui-même pour savoir ce qui était bon et juste, et se mettre au service do la meilleure cause.Il ne regardait que hors de lui les faits, les circonstances, les forces, pour employer tout à son plus grand et immédiat avantage.Il était allé à la démocratie parce qu'il avait reconnu en elle une puissance, et il la servait pour être porté par elle.Il se défiait des principes comme des gens pieux des scrupules: il estimait qu’ils troublent la liberté de l’esprit et embarrassent celle de la conduite.Obligé de se servir des idées, puisqu’elles sont le plus puissant moyen «t'agir sur les hommes, il s’approvision-uait de celles qui avaient cours, comme d’une monnaie nécessaire pour ac quérir l'influence, et eu les émettant, il n’avait pas plus d’attache à elles qu’un acheteur n'a de fidélité aux sou verains dont l'effigie est gravée sur ses pièces.Par suite, loin que son énergie fût capable de donner une direction à la politique, et de mettre sur lo gouvernail la main tenace et inflexible d’un grand volontaire, il avait pour unique dessein de mettre sa vigueur au servi ce des liassions régnantes.Cet homme de volonté, abandonnant au hasard des circonstances et de la foule ce qu’il devait vouloir, condamnait sa vie aux contradictions.Il avait commencé sa renommée en combattant dans uno brochure, dont le titre ont du succès (1), le régime d'exception imposé â Paris Pour obtenir son siège législatif, :] s'était dit partisan d’un “Etat fai ble ' ’, et de libertés absolues pour les citoyens.Tl allait commencer ses métamorphoses en devenant le successeur do AI.llaussmann â ces fonctions qu’ il venait la veille de dénoncer au ridicule et de déclarer funestes; flatter la démagogie parisienne jusqu’aux heures où, assiégé dans l’Hôtel ds-Vil le,, il déploierait contre elle un courage subit et, éclatant: après la paix et la Commune, funestes au parti révolution naire, devenir le lieutenant de M.Thiers et rie la République sage, en attendant que, revenu aux affaires au lendemain du Seize-Mai, il s’assoe.it avec obstination â toute la violence des linines antireligieuses et par son plus grand acte, ses lois d’enselgnemenr, prétendît accroître jusqu’au monopole les droits «l»' l’Etat.Enfin, lorsque, après avoir commis ce mal pour assi-oir définitivement son influence sur le parti avancé, il devint, par un mystère de punition et de justice, l’hor reur de la .faction révol-utiomni ", i| rêva de tourner au profit «le sot n n'ii tion le désenchantement des modères, et se présenta comme le champion de l’ordre, sans comprendre que son passé avait élevé entre les hommes d’or dre et lui d’immatérielles, mais infranchissables barrières.Et e ’est alors que, tout, le cercle de ses contradictions étant parcouru, et, leur leçon étant complète, sa vie s'acheva.Il était au Qua-tre-Scptembre l’homme qu’il devait rester jusqu'au bout.11 allait rendre (1)—“Ties d'Haussman.” comptes fantastique* R6v« de poète ! dira-t-on.Rêve» pos-«ilâe tout de même.Il n'y n d’ail- leurs t)u* deux Issut-K â la trngvdio dont 1 écolo e«t, le théâtre : on bien jl'Amo de France s’endorinirp dnns la j mon, > rebiffera pour re-1 venir à la vie.Messieurs les libiu-aux préféreraient sans doute un autre dénouement à e« dramu ; un matiago j quelconque, un contrat ù la Falloux -avec de mutuelW concession».Mais les j mariages libéraux ont été si siériles et I ont abouti â tant do divorces que jo ne crois guère à la conduriou de oô-1ui-o,i.( L'Univer»).O.LEGIONS.stériles pour l’Etat de» qualité» précieuses, et comme amoindrir l’importance de la plug noble, sa vaillance, par la médiocrité des causes, auxquefie» il, se donnait.Sa force n’était ni.dans sa pensée, ni dans sa conscience, elle' n e-ta.it que dans son tempérament.Prodigue de toutes ses énergies â son par-ti du jour, et n’ayant de fidêtité éôhs-tante qu’à lui-même, Ferry, avec un coeur de soldat, un cerveau de sceptique, et malgré quelques parties subalternes de l'homme d’Etat,-n’était qu un type achevé de politicien.Dans chacune de nos révolutions, quelques aristocrates se sont faits peuple, ont gardé dans ce changement de partie la marque de leur origine, ot c’est peut-être la forme la plue raffinée de l’aristocratie que le dédain des choses et le mépiris des hommes.Rochefort la représentait dans le gouvernement du Quatre-Septembre.II n’avait appris des affaires publiques que ce qu'il fallait pour les railler,-et il aurait cru déroger, s’il se fût appliqué sérieusement à les conduire.Il avait commencé en pur sceptique son cours d’irrespect contre l’Empire: les représailles qui l’avaient atteint l'avait fait pamphlétaire, et la violence de ses ripostes prouvait surtout qu’il ne pardonnait pas les attaques à sa personne.On le crut uniquement voué aux griefs de la liberté.Pour avoir poursuivi sa vengeance et étendu sa réputation, il obtint la gratitude publique.Député, chef de faction, membre du gouvernement, il s'était laissé emporter par cette popularité qui offrait à ses délicatesses de curieux des émotions nouvelles, et il trouvait dans l’enthousiasme même soulevé par sa personne le sujet le plus originaL d’ironie.Il n'y avait pas d’ailleurs à s’y méprendre: il était une puissance et dans son plein développement, une puissan ce plus grande que la conviction, le savoir, l’éloquence et la vertu.Ceux qui possèdent ces autres mérites ou s’en piquent, ont sur le public des prises restreintes: il faut, pour subir leur ascendant.des hommes capables de juger les hommes ou les idées; et, même chez un peuple amoureux de la parole, les beautés graves de l’art ne sont pas accessibles à tous.Tous sont accessibles au rire et intelligents des sarcasmes et des in jures.Contre l’Empire, Ro "hofort avait accumulé mieux que les indignations ou des preuves, il l’avait submergé sous les moqueries.L’esprit, est, encore ce qui divise le moins les hommes, et comme Rochefort, prodiguait tout ensemble le plus fin et :e plus gros; il n 'y avait personne qui n'eût aperçu, grâce à lui, la face plaisante et les laideurs scélérates des majestés humaines.Car son originalité était de répandre la haine par le rire.Le sien n’était pas celui qui désarme, mais celui qui rend cruel: il jetait son sel sur les plaies vives, il rendait méprisable tout ce qu’il bafouait, avilissait par des traits toujours nouveaux la caricature toujours ressemblante de ses victimes, et n'était sans talent que pour louer et respecter.Toute sa.puissance était donc de destruction.La place qu'il venait d’accepter à l’Hôtel-de-Ville ne lui permettait pas d'écrire, moins encore de juger, moins encore de railler, et.suspendait sa force.11 ne la reprendrait que si, las de ce silence, tenté par la provocation de fautes qui prêteraient à sa verve, jaloux de rajeunir son influence, il reprenait la liberté.Et le jour où il reviendrait une force, cette force serait pour le gouvernement un danger.Gambetta, le plus jeune de.tous, semblait être le Benjamin de la fortune.Elle lui avait prodigué les dons, fourni les occasions, il était de ceux que, même avant les preuves de leur mérite, annonce un renom de supériorité et comme un pressentiment de succès.Une plaidoirie politique avait suffi en I860 pour le révéler ;Vla France et 'e porter à la Chambre.Sa parole ne ressemblait à aucune autre.Beaucoup avaient plus d’ordre, de logique, de clarté, de correction et de mesure, personne autant de' spontanéité et de jaillissement.Les autres méditaient, lisaient ou déclamaient leur éloquence, lui vivait la sienne.El lo n’était pas une oeuvre d’art, mais une force de nature, précipitait sa puissance comme un torrent son cours, en traînait dans sa masse et son mouve ment l'auditoire avec l’orateur, belle contre toutes les règle*, et: îheapablo d’être imitée, précisément parce qu’elle n'était pas elle-mômè d’irnttation de modèles antérieurs, mftîs la triomphe des dons les plus personnels, et surtout les plus innés, là' puissance de la voix, la vigueur dé l'action, la sympathie et l’autorité de l’homme.Car cette maîtrise n’était pas seulement en l’orateur, mais en tout l’hom me.Il ne semblait pas moins fait pour dominer un conseil que la tribune, et manier les individus que les assemblées.Une extrême promptitude d’in telligence.et, à peine apprise la moitié des choses, l’intuition du reste le talent de discerner les difficultés, l'a rt d Vn suivre tantôt le siège mê thodique et tantôt de les emporter d’assaut; et, quoi qu'il résolût, un fond de confiam'c contagieuse, étaient scs qualités maîtresses 4e gouvt.ne-ment.Dans ses rapports ayec Jes.hommes, toutes les apaprenres de la simplicité, de la confiance .et de la bonté.; quand il voulait-plaire et attacher, toutes les séductions de l'abandon et des caresses utiles; quand .il voulait .ire craint, tous les emportements de la colère agitée et violente;_ pour ceux qui s'engageaient dans sa "fortune et lui étaient, restés fidèles, la sollicitude, ij partialité, la générosité, d'un bon niât tre; avec ses eompagrions, une gaîté naturelle et irrésistible, au tour imprévu, aux images originales, une verve copieuse et souvent grasse, et la prodigalité de toutes ses ressources en des entretiens où les pensées sérieuses, les jeux de mois, les réparties étincelantes, les.considérations profondes et «les éclairs subits d’éloquence se succé daient, dans un merveilleux «lésordre, et laissaient une inoubliable impression de vie et de puissance.Quoi qu’il, fît, en effet, il s'imposait.Non qu’il payât de mine, replet, haut, en couleur, borgne, la tête enfoncée dans îesépau les, et les membres attachés Trop court à un corps trop gras.Mais sa façon de rejeter en arrière cette tête, l’autorité du geste, la flamme qui semblait jail-lits plus intense de son oéil unique, transfiguraient l’homme: caressea,prières même venant de lui semblaient descendre de haut, et 11 y avait de l’autorité jusque dans son rire.Il possédait la fore* supérieure à la démona-tration ; devant lui .lea volontés pliaient, aim* quand le*, intelligence» Savez-vous où vous trouverez le choix le plus beau et le plus varié de TAPIS, PRELARTS, CARPETTES, RIDEAUX, DRAPERIES, PORTIERES OU TOUTES AUTRES FOURNITURES DE MAISON AINSI QUE LES PLUS Hautes Nouveautés pour la Saison ?C'EST A LA Toujours au premier rang pour la qualité de ses marchandises, qu'elle importe directement, et la modicité de ses prix.Des milliers de clients en ont acquis la preuve à leur grande satisfaction.VENEZ ET VOUS SEREZ CONVAINCUS COMME EUX.m M f- Filiatrault & Lesage 429 à 433 BOULEVARD ST-LAURENT, près Demontigny.a’étaient pas conquises, et il paraissait naturel aux autres d’obéir, comme à lui de commander.Dans cette domination tout n’était pas primauté légitime.Son éloquence roulait dans sa sonorité le mauvais goût, les lieux communs et les sophismes, pêle-mêle avec lés idées justes et fortes, et le torrent était plus gonflé par là boue des orages que par la pureté des sources; dans son assurance, il y avait de la présomption; sous l'éclat de son personnage se trahissent des pauvretés d’éducation et des grossièretés de goûts, et l’on avait droit de se demander parfois si la démocratie avait-trouvé en lui son homme d’Etat oü son commis voyageur.De plus, ce qu'il laissait voir n'était pas lui tout entier.Cet être, convaincu jusqu’à la passion, spontané jusqu’à , l’emportement, sincère jusqu'à l’imprudence, se doublait d’un politique habile à combiner de loin ses plans, à les poursuivre en dissimulant.Cette chaleur de tempérament était au service d’une intelligence froide: même quand il paraissait -tout élan, ses élans pouvaient être tout calcul, il était capable de jouer comme en un rôle les .émotions qui semblaient le dominer, et d’employer même ses fausses confidences et ses effusions publiques à mieux cacher ses desseins.Le sang génois qu'il tenait de son père lui avait peut-être transmis cette aptitude à la dissimulation, à la feinte, aux manèges occultes.Mais elle était insoupçonnée en cet 'homme si bruyant qü ’il paraissait tout dire.Le Gascon cachait l’Italien.Pour ses défauts apparents, les vulgarités d’une nature d’ailleurs si riche, ils servaient même à son influence.Ils étaient corn me des airs de famille entre lui et la multitude, ils diminuaient entre eux- la distance, ils garantissaient au sucrage universel l'origine populaire de son élu.Et la révolution de 1870 éclatait à l'heure opportune pour porter à son apogée le destin de cet homme.Tan dis que les moins insuffisants de ses collègues perdaient avec le Parlement le théâtre naturel de leurs aptitudes, apportaient à la révolution des qualités trop délicates pour être goûtées de la foule, n’avaient pas encore achevé la formation de leur mérite, ou étaient déjà sur leur déclin, Gambetta se trouvait élevé aux affaires dans la jeunesse d’une réputation déjà faite.La révolution le transportait hors do 1 edifice où son éloquence, vue de trop près, s’adressant à trop peu d'hommes, et trop cultivés, eût paru démesurée et so fût elle-même sentie à l’étroit.La révolution lui donnait la place publique pour laquelle sa voix était prête, et la foule, c’est-à dire l’auditoire qu’il était fait pour séduire et qui était fait pour l’inspirer.Quelle république allait il servir?Par ses dons les plus hauts, il aspirait à un gouvernement de liberté et de justice, car aux sommets de l’intelligence esr assise la générosité: c’est elle qui ré pand sur l’éloquence les plus grandes inspirations, et le sentiment de l’art suffirait à attacher un grand orateur à une politique de principes.Maisfram-betta ne tenait à ces principes que par la rhétorique, et, comme sa philosophie n’était que.doute, ses nobles instincts flottaient sur ses incertitudes.Conscient de sa force, et pressé de ]’exercer, il avait mêlé à ses revendications en faveur de l’indépendance publique, plus d’un sophisme de parti et de die tature.Ses amitié* n’étaient, pas plus décisives que ses paroles.Ses attractions de goût étaient poiir les partisans d’un régime sage, et ses liens politiques avec les chefs du parti jacobin.L’-incertitude'sur ses desseins achevait d'attacher à lui les républicains de toute école.Chacun prétendant le mieux connaître, les libéraux lui pardonnaient ses déela,rations violentes comme la tactique d ’üne guerre, maintenant finie, contre l’Empire; les jacobins comptaient sur l’engrenage du pouvoir, des difficultés et des oppositions, pour porter eet homme autoritaire et plein dé soi vers la dictature.La France regardait ce jeune hercule arrêté à l'embranchement dés deux chemins.-Quelque Voie qu’il «‘hoisît, il en traînerait sur ses pas une grande partie de la nation.Car elle espérait et croyait en ce nouveau venu: elle espérait et Croyait par cette raison qui souvent précède les autres et supplée à toutes tes autres -elle aimait.Et la révolution avait célébré les fiançailles de la multitude et d’un tribun.L'anecdote inédite que rappelle 1’ "Intransigeant” no manque pas d’acUmiité à Pheuro où le gouvernement français vient de lounnger officiellement le roi F/l ou s rd Vil.('’était sous Ip, présidenoe fîrévy.T* printv de Oalh's.bien qu> it eût préféré faire un autre emploi de «a soirée, s’é-,tait rendu à une réosption «\ l’Elysée.Mme Grévy, rxocll nle personne peu accôùtuntôe nu oéreiminial protocolaire, se crut otfMgéo d’entretenir In con-vernation,,mai» il n’y ajvait pas beau eoup.do sujets également, intéressants pour les deux causeurs.Elle finit par parler du fils d* son hôte et.demanda naïvement : —Et votre garçpn, qu’esrt-oe que vous nompte» en {aire ?le .prince de Cl a lie» se contenta de cou rire en répondant- : -—Oit f mrsm whwnvtw orné '?**«4.isptkrJt Hugo en Suisse M.Léon Séché publie dans la “Revue” quelques lettres inédites de Victor Hugo à Louis Boulanger, écrites de Suisse en 1839.L’une d’elles a quatorze pages et décrit l’église de Vevey où le poète remarque deux tombes: celle d’Edmond I/udlow et celle d’Andrew Broughton.Tous deux, on le sait, se reiugièrent en Suisse, après avoir jugé et condamné à mort Charles 1er.“A côté d’une chapelle condamnée, «où m’avaient attiré quelques belles vieilles consoles du XlVe siècle, oubliées là par l’architecte puritain, j’ai aperçu dans un enfoncement obscur une grande lame de marbre noir appliquée au mur: c’est la tombe d’Edmond Ludlow, un des juges de Charles 1er, mort, réfugié à Vevey, en 1698.Je croyais eette tombe à Lausanne.Comme je me baissais pour ramasser mou crayon tombé à terre, le mot “Depoeitorium”, gravé sur la dalle, a frappé mes yeux; je marchais sur une autre tombe, sur un autre régicide, sur un autre proscrit, Andrew Broughton.Andrew Broughton était l’ami de Ludlow.Comme lui, il avait tué Charles 1er; comme lui, il avait aimé Cromwell; comme lui, il avait haï Cromwell; comme lui il «lort dans la froide église de Vevey.En 1816, David (1), en fuite comme Ludlow et Broughton, a passé à Vevey.A-t-il visité l’église?Je ne sais; mais les juges de Charles 1er avaient bien des rlwses à dire au juge de Louis XA7I.Us avaient à lui dire que tout s’écroule, même les forteresses bâties sur un échafaud; que les révolutions ne sont que des vagues, où il ne faut être ni écume, ni fange; que toute idée révolutionnaire est un outil à deux tranchants, l’un avec lequel on coupe, l’autre auquel on se coupe ; que l’exilé qui a fait des exilés, que le proscrit qui a été prescripteur, traînent après eux une mauvaise ombre, une pitié mêlée de colère, le reflet des misères d’autrui flamboyant, comme l’épée de l’ange, sur leur propre malheur.Us pourraient dire aussi à ce grand peintre — n’est-ce pas, Louis?— que, pour le penseur, on un jour de contemplation, il sort de la sérénité du ciel et de l’azur profond du Léman plus d’idées nobles, plus d’idées bien veillantes, plus d’idées utiles à l’hu inanité, qu’il n’en sort en dix siècles de vingt révolutions, comme celles qui ont égorgé Charles 1er et Louis XArî; et qu’au-dessus des agitations politique-s.éternellement au dessus de ces tempêtes climatériques des nations, dont le flux bourbeux apporte aussi bien Marat que Mirabeau, il y a pour les grandes âmes l’art qui ' contient l’intelligence de l’homme, et la nature qui contient l’intelligence de Dieu.Pendant que je me laissais aller à ces rêveries, un rayon du soleil couchant, entrée par je ne sais quelle lucarne, et comme dépaysé dans cette église nue et morne, est venu se poser sur les tombes, comme la lumière d’un flambeau, et j’ai lu les épitaphes.Ce sont de longues et graves protestations où semble respirer l’âme dés deux vieux régicides, hommes intègres, purs et grands d’ailleurs.Tous deux exposent les faits de leur vie et le fait de leur mort sans colère, mais sans concession.Ce sont des phrases rigides et hautaines, dignes, en effet, d’être dites par le marbre.On sent que tous deux regrettent la patrie ; la patrie est toujours belle, même Lon dresÿ.vue du Léman.Mais ce qui m’a frappé, c’est que chacun des deux vieillards a pris une posture différente dans le tombeau.Edmond Ludlow s’est envolé, joyeux, vers les demeure* éternelles: “sedes aeternas laetus ad volts vit”, dit l’épitaphe debout rentre 1* mur.Andrew Broughton, fatigué des travaux do la vie, s’est endormi dans le Seigneur, “in Domino ob-dormivit”, dit l’épitaphe couchée à terre.Ainsi, l’un joyeux, l’autre las.L’un a trouvé des ailes dans le sépulcre, l’autre y a trouvé un oreiller.L’un avait tué un roi et voulait le paradis, l’autre avait fait la même chose et demandait le repos.Ne vous semble-t-il pss.comme à moi, qu’il y a dans ces deux petites phrases si courtes la clé des deux hom mes et la nuance des deux convictions?Ludlow était un penseur; il avait déjà oublié le roi ment, et ne voyait plus que le peuple émancipé.Broughton était un ouvrier; il ne songeait plus ni peuple, et a^ait toujours présent à l’esprit cette rude besogne, de jeter bas un roi.Ludlow n ’avait jamais vu que le but; Broughtou, que le moyen.Ludlow regardait en avant.Broughton re gardait eu arrière.L’un est mort ébloui, l’autre harassé.«(‘•L’Univors”) (1) Louis David, exilé comme régicide et mort à Bruxellea.POUR PARAITRE: A BOUT PORTANT Un volume contenant un choix des “ billets du soir ” de Nap, Tellier •e Les commandes, afin de fixer le tirage, sont reçues dès maintenant par l’auteur, au “ Devoir Le volume : 25 cents franco : 27 cents PRIX SPECIAUX AUX LIBRAIRES UNE IDEE DE LA MODE DU JOUR BLOUSE DE DAME Cette blouse peut être faite pour porter avec jupe séparée ou peut être combinée avec uoe jolie jupe pour former un costume complet.La blôusft est taillée avec erapiècemenî et manches d'une seule pièce et peut être faite de deux tissus, tel que représenté sur vignette, ou d’un seul tissu uni.Le foulard, la soie, le guingan ou la toile peuvent servir.Le patron No.5,771 est taillé en grandeurs de 32 & 42 pouces, mesure de buste.La taille moyenne de la blouse telle que représentée sur la vignette exige 1 verge 14 do tissu de 30 pouces, 1 verge 1-2 d’all-over do 18 pouces et 2 verges de rucher.On peut obtenir le patron ci-dessus en ei-voyant 10 cents au bureau de ce journal.Les lectrices du "Devoir” peuvent obtenir ces patrons aux conditions suivantes : Remplir le coupon ci-dessous et retournez-le au DEPARTEMENT DES PATRONS AU "DEVOIR”, 71a rue St-Jacques, Montréal.COUPON pflp&rtsment des Patrons an “D*.Ecrivez lisiblement.PATRON No.5,771 Nom.No.Rue .,, V1U» .Mesure du buste ., De taille.(Juand vous désirez un uttron soit pour fillette ou enfant, ne mentionnez jsmals 1» mesure; mentionnez V&7.seulement.‘° Envoyez ce coupon «prés quo vouo r RAYs écoles à l'influence délétère et corruptrice de la politique.Ce système d’éducation, la province «le Québec a le droit d’en être fière et je m’engage à le défendre.¦ le suis convaincu «pic la campagne de tempérance poursuivie depuis quelques années dans la province de Québec, est éminemment bienfaisante et je m'engage h la seconder de toute mon influence, si vous me faites l’honneur de m’élire.le me présente «lans Dorion sur l’invitation pressante que m’ont faite un grand nombre d’électeurs de ce comté, appartenant à toutes les classes et à tous les partis politiques.Ma victoire, le 15 mai prochain, sera celle de tous les honnêtes gens, à quel -que parti qu'ils appartiennent, qui aiment leur rare, et qiX veulent la voir prospérer et grandir dans le sens de ses traditions.•f.R.R.POIRIER.Candidat «nivrier indépendant dans le comté de Dorion.DIVISION LAURIER M.Alban Germain, candidat opposi-tionniste dans la division Laurier, a ouvert sa campagne hier soir oar une grande assemblée à la salle Saint-Jean-Baptiste.MM.R.Monty et M.A Brossard ont adressé la partie, ainsi que M.Germain.M.Pierre Béd'ard ed.le Dr CamilU Bernier, présidaient.QUEBEC-COMTE Demain aura Heu à la Jeune-Loretïe la convention qui doit choisir un candidat oppositionniste.Le candidat sera probablement M.Alleyn Taschereau.L’hon.M.U.P.Pelletier, M.Armand Uavergne et M.Ph.Uhaloult adresseront la parole.SAINT-SAUVEUR ( De notre correspondant 1 Québec, 4.— En face du nombre de candidatures actuellement sur les rangs d'ans la division Saint-Sauveur, l’organisation opposi tiennes te du district a décidé do mettre un candidat opposi-tionnistudans la division.Il y aura donc un candidat oPPo-sitionnistc dans Si-Sauveur.Tous les conservateurs, les nationalistes et les anti-ministériels auront l’occasion de se prononcer sut le programme de M.Teliier.Nul doute que cette candidature sera accueillit avec enthousiasme et que le candidat de l’opposition sera l’élu du 15 mai.I/ASSOM RT ION On parle de M.Papineau Mathieu comme candidat oppositionniste dan; le comté de l’Assomption.M.Mathieu a été à maintes reprises «clKeiié de su porter candidat «lans le* comté, mais il n’a pas encore répondu d’une manière rie finitive.DORION M.J.R.E.Poirier adresse la lettre DIVISION SAINT-GEORGES M.-I.M.M.Duff a refusé la candidature contre M.GauR.On parle de M.0.MePhee.M ASK INONCE M.Georges Lafontaine, ex-député de Madfeinotruh et candidat oppositionniste dans la présrnte campagne, était à Montréal hier, et il a donné les nouvelles les plus rassurantes de ]a région «les Trois-Rivières.AI.Lafontaine est d'opinion que les oppositionnistos vont Remporter dans Ohamplain, Saint-M('jUriee, et Trois-Rivières, et dans Maslrn mge, naturellement.COMTE LABELIiE.— Liste des assemblées de J.C.Langlois, candidat oppositionniste: Dimanche, 5, Mont-Laurier, après la messe; Ferme-Neuve, 8 h.p.m.Mardi, 7, Notre-Dame de la Paix, 2 h.p.m.Mercredi, 8, Papineauville, 2 h.30 p.m.Jeudi, 0, Namur, 2 h.p.m.; St-Emile, 8 h.p.m.Vendredi, 10, Rt-Rémi, 10 h.a.m.; Boileau, 8 h.p.m.Dimanche, 12.— Chêneville, après la messe; Ripon, 8 h.p.m.Le candidat libéral et ses amis sont invités à toutes ces assemblées.Pour utiliser la sciure de bois Toronto, 3.On est à préparer L’élève du duc de Beaumanoir «entait ardemment ée qu’elle disait.Tout en guidant d’un fril mtr et d ut» main experte l'automobile qu» roulait à petite allure dans le beau *0» rayon- nant do oe printemps provençal, elle émettait d’une voix pénétrante oes aphorismes singuliers.La brièveté do leur promenade avait dispensé le duc et sa petite-fille de s’affubler do l'attirail des longues courses.Perle était en robe claire très simple, que la svelte perfection de son corps rendait infiniment élégante.Un chapeau Ho broderie blanche projetait une ombre légère sur le haut do son lieau visage mat, éclairé par de larges yeux noirs compréhensifs et profonds.C'était une grande et.radieuse créature de vitalité triomphante qui forçait, immédiatement l’attention.Sur le bord des routes, les bonnes gens se retournaient autant pour elle que pour l’automobile luxueux.Perle le percevait et en jouissait.L’admiration, même quelconque, est une sensation puérile et forte sur laquelle les fenmus les plus intelligentes ne se blasent pas.Intelligente, Perle l’était extrêmement, et le duc de Beaumanoir cultivait avec amour cette intelligence vaste, originale, curieuse.Culture singulière T* Perversion inconsciente et définitive ?Il était permis de se le demander devant la grâce vivante et saine de l'élève.Rien de morbide, en effet, nulle névrose dans l’équilibra de oc tempérament féminin.Mais un goût passionné et réfléchi de toutes le» saveurs do l’cxislenoe avec la volonté tenace de sauvegarder l'entière indé- pendance de la sienne.I/» mariage 'r L’a^nour ?.Ces “fins de lout ?” disait Perle.En retarder l’échéance, s'en garder le plue tard possible, lie jour où surgirait la “grande passion” toujours à redouter, eh bien ! on verrait â tirer le meilleur parti de l’aventure.Emule d'un sybarite, expert qui — presque octogénaire — aimait la vie plus qu’à vingt ans, bien que d'une autre façon, Perle avait dans le jeu de sa destinée tous les atouts humains! A ceiux cités déjà, une fortune c^n sidérable joignait son lustre, ri on corps souple ed, fort ignorait la maladie, comme son âme.nifframchie dès l’enfance de tonte loi morale, prétendait braver jusqu’à i’apparence de la douleur.Orpheline, Perle de Beaumanoir habitait avec son grand-père.Pour l’heure, après un hiver partagé entre Naples et l’Egypte, ils passaient lo printemps dans un domaine familial situé à quelques kilomètres de Mar-seillè, sur la route de Vaufrèges.L’automobile ralentit ‘devant la grill* monumentale de Beaumanoir.Puis il s’engagea dans l’avenue ombragée de quatre rangs de platanes, menant au château.Celui-ci était une habitation imposante, d’une architecture somptueuse, mais relativçmebt récente et sans caractère., ' -Mlle do Croix-Latour attend Mademoiselle dans son petit salon, — annonça un domestique, comme l’auto stoppait devant le perron à triple r» volution.Voulez-vous que je von» amèn4 Gilette, grand-père, ou désirez - voua vous reposer ?demanda Mlle de Beat* • manoir.—Va lo recevoir, et vous riendrsl me rejoindre dans le salon de verdure.—Baptiste, éeoutnz-moi bien, mon gar çon.Allez pie faire préparer un sherry au citron suivant lo dernière recette que j'ai donnée A John.Vous recom< manderez surtout au chef.Laissant le duc à l'explication mi' nutieuse d’un breuvage nouvellemeni expérimenté, Perle monta au premia! étage.Dons un petit salon d’angle tendu cl( lanipas blanc se tenait une fillett| d’une quinzaine d’années.Appuyée I l’embrasure de la fenêtre, elle regar» doit le lointain doré.—Bonjour, mignonne, fit Perle o< embrassant le front blanc qui s’of fra it.Y A-t-il longtemps que tu et là ?—Non, dix minutes, mai» il faut quf ' je parte assez vite.Maman m’envoif seulement pour., %V.'(A suivra) 19 536263 12 La candidature Robert Le Herald, cjui a vivement dénoncé la candidature de M.E.A.Robert, nous apprend qu’il se fait dans le parti libéral un mouvement assez vigoureux pour décider le président du Tramway à rentrer sous sa tente.Nous le croyons sans peine: tous les libéraux qui voient clair savent parfaitement que cette candidature, en soulignant d’une façon aussi nette que brutale les sympathies de M.Gouin et de scs amis pour le groupe Robert, leur cause le plus grand tort.D’autre part, un certain nombre d’actionnaires de la Compagnie des Tramways voicn', d’un fort mauvais oeil la candidature de leur président.Ils craignent qu’elle ne leur aliène inutilement des forces avec lesquelles ils peuvent être obli gés de compter.Il est donc possible que M.Robert se ravise et qu’il abandonne la partie.Mais en quoi cela changera-t-il la situation?Cela rayera-t-il des procès-verbaux de la Chambre les votes des deux dernières sessions?On aura enlevé une étiquette compromettante, mais la marchandise restera ce qu’elle est.Ce n’est pas M.Robert qu’il importe surtout d’exclure du parlement, ce sont les députés qui paraissent aptes à servir scs intérêts contre l’intérêt général.0.H.LE VOTE UNIQUE On nous demande de plusieurs côtés, si la loi de la dernière session décrétant le vote unique pour les élections parlementaires Sera en vigueur le 15 mai, jour de l’élection provinciale.Non.La revision des listes nécessaire pour donner effet à la loi n’aura lieu que l’an prochain.M.Gouin s’est beaucoup vanté de cette loi, mais il n’a pas voulu attendre sa mise en vigueur pour ; se faire juger.Le 15 mai l’on pourra voter autant de fois qu’on est inscrit sur les listes dans la province.-—Ht- Au Séminaire de Joliette Joliètte, L— A l’occasion do la fête du Séminaire de cotte ville, les élèves de cette institution donneront, le jeudi,!) mai, une séance dramatique et musicale.On jouera “La Tour du Nord ", drame en 3 actes, et "La Cloohe d’Ar-gent”, opéra-comique.L’hon.Fielding ne veut rien dire Londres, 4.— L’honorable W.S.Fielding qui s’est embarqué hier pour le Canada, a refusé de faire aucune déclaration,au sujet des révélations Taft Roosevelt sur la réciprocité.Sir Frederick Borden dit que, selon lui, rien ne peut changer la situation ou altérer les arguments dca Canadiens.Il est certain que Taft qui est un politicien d'une grande profondeur de vue, fait tout son possible pour amener Rosevelt à penser comme lui sur lo sujet.-^- Mort à son poste Pendant qu’il attendait l’ordre de partir sur sa locomotive, Michael Mealy, mécanicien du Grand-Tronc, est tombé mort à son poste, hier matin, à Rouses oint.Il demeurait à la ointe St-Charles et était âgé de 47 ans.¦-¦+.; Le Czar en deuil Paris, 4.— I^c grand duv Georges De Leuchtenbcrg, oncle du czar Nicolas de Russie, est mort hier.-4~.- Le déraillement LE RAPIDE MONTREAL-TORONTO SAUTE HORS DE LA VOIE.— PERSONNE N’EST GRIEVEMENT BLESSE.Toronto, 4.— Des huit wagons qui composaient lo rapide de Montréal à Toronto, par le chemin do, fer du Pa-cifique-Oanaidien, sept ont déraillé à Sandbank, à 5 milles de Bnrkton, à 5 h.30 hier noir.Les deux fourgons à bagage et le fourgon des malles ont roulé en bas du talus haut de 30 pieds à cet endroit.Le wagon de seconde classe a roulé h mi-côte.Personne n ’a été grièveme-nt blessé.Tin préposé aux bagages nommé Roy Mabce a reçu des contusions douloureuses.-4- Association Saint-Jean- Baptiste de Montréal Dimanche, le 5 mai, à 3 boutes, aura lieu au Monument National, (chambre No "6”) une assemblée générale des sociétaires dans le but d’organiser la célébration de la fête du 24 juin prochain.Immédiatement avant cotte assemblée, à dix heures tr&s précises, les officiers et les membres actifs des différentes sections de la division Ouest se réuniront dans la chambre No “3” du Monument National, pour y élire les officiera généraux de leur division.Par ordre, J.B.LAGAOE, Secrétaire-adjoint.ALLEZ CHEZ L.C.de Tonnancour BflC.MARCHAND-TAILLEUR 61 Notre-Dame Est POUR V03 HABITS DE PRINTEMPS ET D’ETE .E DEVOIR, Ma! 1012- LA MISSION FRANÇAISE ARRIVE A La question des pêcheries de Terreneuve Convention des mmeurs ?• américains Les cadavres des victimes du “Titanic” La chasse à deux Indiens dans l’Ouest Les délégués du comité France=Amérique sont Tobjet de chaleureuses démonstrations à Plattsburg et à St-Jean- M.ETIENNE LAMY PARLE DE BRUNETIERE Les délégués du comité France-Amérique sont arrivés hier soir, à 9 heures.MM.Louis Raynaud, vice-consul; Revol, président de la Chambre de Commerce, membre du comité France-Amérique; Edouard Montpetit, secrétaire; Maurice Muret, rédacteur au “Journal des Débats”, L.de Roode, de la Patrie, Gilbert Larue, de la Preste, et le représentant du Devoir étaient allés nous joindre à eux à Rouses’ Point (Etat «le New-York) A PLATTSBURG A Plattsburg, les membres de la mission française eurent le temps de descendre de voiture; une fête avait été improvisée en leur honneur, aux casernes de la vile.Une fanfare se fit entendre, on prononça quelques allocutions et un groupe de troupiers américains défila devant les délégués, ce qui intéfes-sa vivement le général LcBon.A BOUSES’ POINT Le train portant la mission française toucha Bouses Point vers 7 heures.Un hôhtel situé à proximité «le la station avait hissé en l’honneur «les délégués la bannière étoilée.Nous montons dans le wagon où les délégués ont pris place.Ceux-ci, par groupes, dans les compartiments et dans l’étroit couloir, causent gaîment pour tromper les fatigues dn voyage.AU CANADA M.René Bazin range sa malle.Les présentations faites, nous lions conversation : — Nous allons traverser la frontière, vous voilà chez vous.— Nous avons tout à fait l’impression de l’être tant l’accueil qu’on nous fait est sympathi«jtie, charmant.— Vous parlerez à Laval le lundi 13?— Oui.M.Hanotaux et M.Lamy porteront la parole avec moi.Et, ce «pie vous n’avez pas encore vu ici et que vous reverrez peut-être jamais, nous porterons le costume de l’Académie.Mais il tient à redire comme il est content, ravi.— Cet accueil,.cette sympathie spontanée.“Cher ami, ne nous compromettez pas!.” C’est M.Louis Barthou, ancien ministre, qui fera dimanche soir, une conférence sur “L’aviation dans la littérature française.” — J’ai été journaliste pendant trente ans, nous dit-il, et je le suis encore.— Oh! alors, inutile d’essayer de vous tirer quelque chose.A propos, à quel moment l’aviation a-t-elle pénétré dans la littérature française?M.Barthou sourit: — Pourquoi tenter de me faire raconter d’avance ce que je dirai dimanche?.Mais il ne s’agit pas seulement de l’aviation, mais de la conquête de l’air.Voici M.Etienne Lamy, debout dans le couloir, qui regarde les premières herbes sous le soleil couchant.Nous nous présentons.— Ah! je connais bien le Devoir, dit-il.— Ferez-vous une conférence sous les auspices du journal?— Je l’espère bien, répond M.Lamy.Il faudrait s’entendre pour la date.Je demeurerai ici jusqu'au congrès de la langue française.BRUNETIERE — Nous parlerez-vous de Brunc-tière?— C’est un sujet que j'affectionne particulièrement.Et, dans le brouhaha du train, parmi les joyeuses interpellations qui se croisenl, M.Lamy, qui a connu et aimé Brunetière, laisse remonter ses sous'enirs, en une langue precise, vivante: — J’ai connu Brunetière à la Revue des Deux-Mondes, en 1883.II était alors profondément irréligieux.D’ailleurs, les questions religieuses ne l’intéressaient pas du tout.Et Brunetière, très combatif, s’insurgeait d’instinct contre toute autorité.Il serait intéressant, et peut-être utile, de raconter l’évolution de ses idées.Parti de l’irréligion, il arriva ù la croyance par longues étapes; adopta successivement plusieurs doctrines, et son évolution aboutit au catholicisme.C’est l’expérience et la raison qui l’y amenèrent.Chose étrange, à quatre reprises il vint au même endroit, à Besançon, où il fut d’ailleurs accueilli avec enthousiasme, faire part à son auditoire de son état d’âme.Sa conversion fut aussi lente que sincère.Brunetière en était venu à considérer la religion comme une nécessité sociale, à y apercevoir le salut national, mais, personnellement, il n’en était pas encore arrivé à la pratique.Et l’on vit cette chose étonnante: Un homme éminemment probe professant le catholicisme sans le pratiquer.Quelques scrupules délicats le retenaient encore.Il les leva.Brune-tlèrts voulut se eonfesser.Il donna rendez-vous à un prêtre qu’il connaissait.Deux heures avant le moment fixé, ayant soif, il but un verre de vin de Champagne et dit, pris de lassitude: “Maintenant, je m’en vais dormir longtemps.” Il ne se réveilla pas.Et M.Lamy fait cette remarque délicieuse: “Peut-être avait-il mérité, par sa longue lutte intérieure^ «pie Dieu lui épargnât l’effort d’accuser ses fautes.” Le train stoppe.Nous semmes à Saint-Jean.Sur le quai de la gare, où deux mille personnes, se sont groupées, la fanfare Boisvert sonne les mâles accents de la Marseillaise.A SAINT-JEAN A peine les dernières notes du chant national français se sont-elles envolées dans l’air attiédi, que les cris de “Vive la France” éclatent pendant qu’un groupe de jeunes gens promène un large drapeau tricolore sous les fenêtres du svagon de la délégation française.M.le sénateur Dandurand se porte à la rencontre de M.Hanotaux qui vient d’apparaitre sur le marche-pied.L’ancien ministre des affaires étrangères est chaleureusement acclamé quand M.Dandurand le présente à la foule.Puis vient le tour du général LeBon, de l’aviateur Blériot, du baron d’Estournel-les de Constant, de M.Barthou, de l’illustre peintre Cormon, de M.Etienne Lamy et «le l’excellent romancier René Bazin.Au départ du train, la foule entonne avec ensemble: “Vive la France” de Louis Fréchette.M.HANOTAUX Aux journalistes groupés autour de lui, M.Hanotaux dit combien il est touché de cette chaleureuse démonstration de sympathie.Nous venons de retrouver la France dans les yeux des jolies Canadiennes venues là, tout à l’heure, pour nous souhaiter la bienvenue, continue le président «le la mission; c’est une agréable émotion, après les émotions plus graves «pic nous avons éprouvées en visitant le champ de bataille de Carillon et en traversant pour la première fois le Saint-Laurent.Nous avons retrouvé ici l’en thousiasme français.Décidément nous nous sentons bien chez nous.M.Edouard Fabre-Surveyer repré sentant du comité France-Amérique; M.U.H.Dandurand.de la Chambre de Commerce et M.Charles Gill, délégué par l’Ecole Littéraire, étaient venus de Montréal à Saint-Jean, à la rencontre des gloires françaises.Quand M.Charles Gill lui souhaite la bienvenue au nom «le ses camarades de l’Ecole Littéraire, l’illustre académicien le prie de remercier ceux-ci, et de leur dire qu’il suit leurs travaux et leurs progrès, et qu’il porte le plus grand intérêt à l’oeuvre très française qu’ils accomplissent sur cette terre d’Amérique.A MONTREAL M.Bonnin, consul de France à Montréal, accompagné d’un groupe nombreux, était venu recevoir les délégués à la gare Bonaventure.Présentations.Poignées de mains.Et nos hôtes éminents, ravis et.un pou fatigués, descendent à leur hôtel.M.d’Estournolles de Constant nous dit très drôlement, avec une dernière poignée de mains; — Je parlerai anglais puisqu’on veut que je parle anglais; mais di-les bien que je parle aussi le français!” Léon LORRAIN.-4- Wiseman était sur le Titanic LA WHITE STAR CONFIRME LA NOUVELLE DE LA PRESENCE DE L’ANCIEN LIBRAIRE DE ST- ROCH SUR LE TITANIC.(De notre correepondant) Québec, 4 mai.— Lu compagnie de navigation White Star de New-York vient do confirmer la nouvelle que M.Philippe Wiieman, ancien libraire de St •Koch est au nombre de* victimes du di'saatro du Titanic.Dans une l«>ttre adressée au bcau frèrs de M.Wiseman, M.L.T.Armand, bijoutier do la rue St-Joscph, la compagnie dit que M.Wiseman eat sur la liste des jutssagers du uialheuireux navire mais qno son nom no figure pas mir la liste des rescapés.(Service particulier) Chicago, 4.—* La grève des près-siers des principaux journaux de Chicago est devenue plus grave aujourd’hui, les stèréotypeurs ayant tous abandonné le travail, par sym pathic pour les grévistes.Comme les distributeurs rhôment aussi, cela fait la troisième union qui se met en grève.La grève des stèréotypeurs a for- tifie conférence entre les autorités du Canada et de nie aura Heu dans le but de mettre en vigueur la décision du tribunal de la Haye.—Les Intérêts américains.Washington, 3.— LTion.J.D.Hazen, ministre de la Marine et des Pêcheries, sir Edward Morris, premier ministre de Terreneuve, représentants du Canada et Chandler Anderson, procureur du secrétariat d’Etat des Etats-Unis, se rencontreront la semaine prochaine dans le but de discuter les règlements que l’on adoptera afin de mettre en force la décision du Tribunal de la Haye au sujet des Pêcheries de l’Amérique du Nord.Les arbitres ont laissé à la discrétion des gouvernements quel-«pies points importants pour les pêcheurs, mais n’impliquant aucune question de principe et dont le règlement pouvait être déterminé par le développement des faits inconnus aux arbitres lors«pie la décision fut rendue.On espère que la réunion de la semaine prochaine en arrivera à un règlement final.Un effort sera aussi fait pour empêcher le Canada de se retirer de l’entente internationale pour çe qui regarde les pêcheries intérieures.M.Taft a récemment nommé Job Hedgeij, de New-York, pour succéder à David Stan Jordan, comme commissaire américain.Il est probable que M.Hedges sera appelé à Washington, où il aura une entrevue avec le ministre Hazen et E.E.Prince, le commissaire des Pêcheries Canadiennes de l’Intérieur.Le gouvernement canadien a déjà ratifié l’entente conclue par les premiers commissaires et passé une loi pour qu’elle vienne en force, mais le sénat américain fit un amen dement au contrat signé et biffa deux clauses que les commissaires Canadiens considèrent d’une importance primordiale.Ces clauses ont trait aux pêcheries du Lac Michigan et à la pêche du saumon de la Colombie Anglaise, et sont opposées aux intérêts américains.-F- On organise une expédition à la Baie d’Hudson Le gouvernement songe à faire de Fort Churchill le terminus de la nouvelle route de la Baie.Ottawa, 4.— Le gouvernement fait en ce moment des préparatifs afin d’envoyer, d’ici au mois prochain, une expédition à la Baie d’Hudson pour étudier les avantages qu’offrent Fort Churchill et Fort Nelson comme terminus de la nouvelle route à la baie.On a décidé d’envoyer au nord le steamer “Minto”
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