Le devoir, 11 novembre 1911, samedi 11 novembre 1911
DEUXIEME ANNEE—No.264 MONTREAL.SAMEDI II NOVEMBRE, 1911 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.93.00 UNION POSTALE .» .$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA .ETATS-UNIS UNION POSTALE $1.00 • » ****** 91.50 92.00 LE DEVOIR Rédadion et Administration : 71.RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.Directeur : HENRI BOURASSA TELEPHONES : Ministration: Main 74ôi i ~ I CTION : Main 7460 FAIS CE QUE DO* f M.CAH AN ET L’IMPERIALISME BILLET Dü SOIR FADETTE.PLÉBISCITE.- INDÉPENDANCE Deux passages du discours de M.Cahan ont laissé quelques doutes dans mon esprit.J’y reviens à cause des arguments qu’ils suggèrent.' Le premier a trait au plébiscite dont il a été maintes fois question.M.Cahan semble vouloir écarter cette solution—ou plutôt ce mode d’y arriver.Il y voit une double objection! la première, c’est précisément que le plébiscite n’est pas une solution; la seconde, c’est que le peuple canadien n’aime pas beaucoup ce genre de consultation populaire.Je n’insiste pas sur ce dernier point.Il est assez difficile de déterminer dans quelle mesure le peuple canadien accepte ou repousse le principe des consultations populaires, appliqué indépendamment des élections parlementaires.On a prétendu que le plébiscite est contraire aux principes de la constitution anglaise.M.Cahan n’est pas tombé dans cette erreur.L’éminent avocat est trop averti pour ne pas savoir combien il est difficile de définir ce qui est ou n’est pas britannique en fait de lois ou de pouvoirs politiques.Maintes pratiques, devenues lois organiques et fondamentales du peuple anglais, auraient été considérées, il y a cinquante, cent ou cinq cents ans, comme aussi peu britanniques que la consultation plébiscitaire.Il est du reste assez remarquable que ce mode de législation a fait beaucoup plus de progrès chez les Anglo-Canadiens que chez les Canadiens-français, et que nos compatriotes d’origine et de tradition britanniques en font un usage beaucoup plus fréquent que nous.# # # Mais l’autre objection est plus sérieuse.“Cette proposition [de plébiscite], dit M.Cahan, est malheureusement basée sur la présomption erronée que la question dépend tout d’abord de la décision du peuple canadien.” Evidemment, si l’on proposait un plébiscite au Canada comme une solution complète et définitive de la question, cette objection serait péremptoire.Le problème doit être résolu par l’accord du peuple anglais et du peuple canadien.Le peuple anglais qui possède aujourd’hui l’autorité suprême et exclusive de l’Empire doit d’abord décider ce qu’il est prêt à offrir à la nation subalterne en échange des sacrifices qu’il lui demande Le peuple canadien ne peut donc, à lui seul et par aucun mode, décider du fond de la question.Mais personne, que je sache, n’a suggéré de plébiscite de ce genre.Ceux qui, comme nous, ont combattu également les premières propositions de M.Borden et la loi navale de M.Laurier, ont simplement déclaré que le peuple canadien doit être consulté avant que le ministère et le parlement ne l’engagent dans une voie nouvelle.Plusieurs d’entre nous ont suggéré un plébiscite, non comme solution définitive, mais comme le moyen le plus efficace de connaître l’opinion du peuple canadien sur la question concrète de la Loi de la marine.M.Caban croit que le jour où le peuple canadien aura pris une détermination sur le principe de la question, il se donnera un gouver-aement qui mettra sa volonté à exécution.Il me semble qu’iei la clairvoyance politique de l’éminent avocat est un peu en défaut.Dans une élection parlementaire, des mobiles nombreux et divers dirigent, les suffrages : esprit de parti, souci du pouvoir, préoccupatiom d’intérêt local, personnalité des candidats, influence du “patronage”, corruption, etc.—sans compter l’obstacle principal et ordinaire de la multiplicité des questions qui se posent.Même cette année où le terrain était mieux déblayé que d’ordinaire, où l’attention publique s’est concentrée sur deux questions principales, qui saurait démêler le nombre de suffrages favorables ou opposés à la loi de la marine?Je crois, comme M.Cahan, que le peuple du Canada ne voulait pas plus de cette loi que de la convention Taft-Fielding.Et cependant que d’adversaires de la marine ont voté pour les candidats du ministère Laurier, soit à cause de la réciprocité ou pour tout autre motif! Pareillement, quoiqu’à un degré beaucoup plus restreint, plusieurs adversaires irréductibles de la réciprocité ont voté contre le ministère, bien qu’ils fussent favorables à la loi de la marine, ou indifférents.Par instinct, par intérêt et par tradition, les politiciens de mentalité inférieure—et c’est la grande majorité dans un pays comme le Canada—évitent autant qu’ils le peuvent les situations tranchées et les luttes de principe.D’ici longtemps, je le crains, les partis politiques canadiens parviendront à empêcher le peuple de se donner des gouvernants qui se mettent dans le cas de connaître et d’exécuter loyalement la volonté populaire sur les questions de principe, dégagées des intérêts sordides des factions.Ils s’arrangeront toujours pour brouiller les cartes.C’est pourquoi j’incline à croire à la supériorité relative des plébiscites sur les élections parlementaires—non pour offrir des solutions définitives et complètes, mais pour connaître la volonté réelle de la nation sur les questions immédiates et concrètes.• * * L’autre réserve qui me paraît nécessaire je l’ai indiquée dès le début.M.Cahan croit qu’en arrière et au-dessus de la question concrète de la participation des colonies à la défense de l’Empire, se dresse le .problème infiniment plus grave de notre avenir national çt que nous devons déterminer dès maintenant ce que sera cet avenir.“Nous sommes au carrefour des routes f AT THE PAKTING OF THE WAYS), dit-il, et en déterminant la nature et la portée de notre politique navale, nous déciderons en réalité si le Canada doit entrer dans la voie qui conduit à rindépcudance politique, ou suivre celle qui conduit à une participation plus active au gouvernement et à la défente de l’Empire.Dans Une certaine mesure, c’est rigoureusement vrai—comme dans toute évolution constitutionnelle des possessions autonomes de la Couronne.Lorsque le gouvernement militaire a fait place au gouvernement civil, lorsque le gouvernement responsable a remplacé le gouvernement oligarchique, lorsque le bon plaisir des gouverneurs a dû céder devant la volonté des mandataires élus par le peuple,—en chacune de ces occasions, il a fallu choisir entre ces deux voies.Et, fait remarquable, c’est en persévérant dans la route dont le terme semblait être la séparation, que le lien impérial s’est fortifié—tandis qu’en voulant diriger les colonies américaines dans la voie de l’unité plus étroite on avait produit la rupture.Rien n’est moins logique que la constitution anglaise—sauf dans scs bases profondes.• * * Il ne me semble pas que nous devions nous préoccuper outre mesure de ce qui adviendra de la situation nationale du Canada lorsqu’une décision suprême s’imposera.Appliquons-nous à développer toutes les forces vitales de la nation, ne compromettons pas par une politique d’aventure la liberté et l’héritage des générations à venir, afin qu’elles puissent décider de leur sort dans la plénitude de leur force : tel est, me semble-t'il, le devoir du moment.Que le Canada devienne indépendant ou qu’il s’unisse plus étroitement aux autres parties de l’Empire, il est un fait certain, c’est que l’unité nationale, l’aècord des hommes de bonne volonté se fera, ne peut se faire que sur le terrain, si bien défini par M.Cahan, de l’équilibre des droits et des devoirs nationaux ou impériaux.Plaise au ciel qu’un nombre croissant de Canadiens-anglais, de la valeur et de la force de M.Cahan, se préoccupent davantage d’étudier ces problèmes vitaux et d'exprimer leur opinion avec cette vigueur et cette franchise.Et nous neg tarderons pas à sortir de l’atmosphère d’hypocrisie dont les politiciens feus ont trop longtemps entourés pour envisager ces questions.tfenri BOURASSA.—C’est un homme, hein?— me dit un avocat, en me scrutant de ses deux yeux narquois et en passant la main dans sa tête barbelée.—Evidemment, reprend le notaire d’en face; tu comprends bien qu’une femme n’écrit pas comme ça.—Bah! s’il croit nous mystifier avec son nom de Fadette!.s’écrie un troisième.Tous affirment et parce qu’ils sont sûrs de leur coup-, ils interrogent.Seule, fait exception une demoiselle, ancienne et amère, auteur d’un madrigal dont une gazette refusa la copie, en 1875.—Oui, oui, c’en est une, femme, et on la reconnaît assez à ses morales de Bourdaloue en chignon! J’ai beau répondre-.—Quand je vous dis que ça ne me regarde pas; que je m’en bats l’oeil! pourquoi m’interrogez-vous?Si je la connaissais, je ne vous la montrerais pas; si je vous la montrais, vous n'en croiriez pas vos yeux.Si elle-même vous disait: — Monsieur, c’est ynoi Fadette, — vous lui répondriez-.— F on, puisque vous êtes en jupe! Rien n’y fait.On me tire des questions à bout portant, comme si j’étais un psychologue officiel, un anatomiste chargé tie découvrir, dans leurs phrases, le sexe des écrivains.Un étudiant m’insinue: — Fadette, dites, est-ce que ce n’est pas vous?— Hélas! non.Une musicienne, fine connaisseuse pourtant de style comme d’harmonie, lit, s’arrête, pose son journal et s’écrie: — Fadette! une femme?never, jamais de la vie! Au moins, celle-ci est ferme sur son diagnostic, et si elle m’interroge, ce n’est pas par curiosité: c’est pour m’apprendre ce qu’elle .voudrait savoir.Je lui griffonne sur un coin du Devoir:—Fadette est femme, très femme, depuis le cou jusqu’aux pieds.— Elle me répond -.— Vous tranchez, ih, Monsieur, la plus longue partie de la question; mais l’autre?Que voulez-vous que je tranche après cela?Faites vous-même, Madame, en dévisageant Fadette, dans son style, ses mois virils et bien campés, son franc-parler, ses conclusions logiques, mâles, claires, sans verbiage.Tout cela vaut mieux qu’une redingote pour indiquer le sexe.C’est ainsi que jugea un Jésuite fameux après avoir causé avec sainte Thérèse: “On m’avait dit que c’est une femme célèbre: pas du tout, c’est un grand homme!” — Alors, Fadette, c’est un hom.me?un grand homme?— Non, je n’ai pas dit cela.— Eh bien, couchiez que c’cst une femme.— Jamais de la vie! — Donc, c’cst un homme et c’est une femme, c’cst lui, c’est elle, c’est deux Fadette?— Ah! vous me faites plaisir! il n’y en aura jamais trop.J’éprouve à vous entendre toute la joie de cet organiste bien connu, qui, ne pouvant subir, à la fois, le bonheur fou et la terreur de se voir devenir père pour la première fois, s’enfuit de sa maison tant que dura l’avènement.Comme il ne pouvait plus y tenir et qu’il rentrait; il rencontra à la porte le médecin-accoucheur -.— Eh bien! docteur, est-ce un garçon?— Non, mon cher Dominique.— 'Fichtre! alors, c’est donc une fille?— Non plus, mon pauvre vieux.— Mon Dieu, mon Dieu, dis donc, mais dis donc vite, qu’est-ce que c’est?— C’est deux filles!.Allons, ai-je assez répondu?et est-ce clair pour tous?Frank LeMARC.Dépenses de voyage Un document officiel nous montre que les dépenses de voyage de certains fonctionnaires provinciaux représentent un beau chiffre.On y voit, que M.J.C.Lange-lier, et sou fils, M.Gustave Lan-gelier, ont touché plus de vingt mille piastres pour dépenses de voyage de 1897 à 1908.M.J.C.Langelier a reçu en plus $5,050, pour la classification de cinquante cantons.C’est cette classification qui a fait croire un instant que le domaine de la colonisation avait été réellement séparé du domaine fores tier.n Il n’a rien été.La confusion règne comme auparavant et il y a toujours deux maîtres sur le même domaine ou plutôt un maître, le concessionnaire des limites et nn esclave, le colon- JEAN.Le dernier recensement et le prochain M.Laurier et ses ministres nous avaient promis que le recensement de 1911 serait une surprise.Il #n a été une, mais désappointante pour tout le monde.Il nous manque un million d’hommes, qui de vraient être au Canada et qu’en ne peut retrouver.M.Fielding, qui calculait une population de huit millions pour le Canada, et plaçait notre dette nationale à tant par fête serait obligé de recommencer tous ses calculs, s'il était ministre 11 est heureux pour lui que le peuple lui ait évité cette tâche en l’écartant de la direction des finances canadiennes.Ces jours-ci, des journaux ont lancé l’idée d'un nouveau recensement, fait dès l’année prochaine.Le projet est impraticable.Et personne ne le prend au sérieux.Il est vrai que ce que nous lègue M.Fisher est un recensement d’opéra-comique.Mais la farce de cette année allège d'un million au moins le trésor fédéral, et il faut être économe.Il y a cependant des gens qui disent: “Le Canada ne peut songer à rester dix ans sans savoir au juste quelle est sa véritable population.Nous somme en 1911, pourquoi n’aurions-nous pas un nouveau dénombrement en 1915?” Peut-être ont-ils raison.Mais il faut permettre d’abord au nouveau cabinet de parfaire son organisation, dans tous les ministères, de s’orienter sagement, afin d’éviter une foule d’erreurs commises par le régime Laurier, et de préparer de longue main, à propos du recensement, des fonctionnaires et des méthodes qui nous donnent de meilleurs résultats que nous n’en avons obtenus, cette année.Il n’est pas douteux que les fonctionnaires attachées au service des statistiques canadiennes sont pour la plupart des hommes compétents.Mais les méthodes et l’abus du patronage politique les ont, cette fois-ci, empêché d’obte-uir un aussi bon résultat qu’ils l'auraient fait, si l’on eût pas délégué, sous prétexte de leur aider, une foule de créatures politiques qui n’avaient qu’un but, celui-ci: faire le plus d’argent possible, grâce à l’emploi temporaire que des députés ou des amis venaient de leur procurer.Au sujet du dénombrement des citoyens canadiens, de leur origine, de leur état de fortune et de mille autres détails qu’il importait de connaître, à leur endroit, l’on fait bien des suggestions.Il y en a une surtout en apparence très rai sonnable et qui donnerait peut-être un meilleur résultat que celui de cette année.Pourquoi, dans les districts ruraux, le gouvernement ne confierait-il pas le soin d’amasser toutes les statistiques nécessaires aux recenseurs d'Ottawa, aux secrétaires-trésoriers des municipalités?Dans les campagnes, le secrétaire-trésorier de l’endroit est celui qui peut faire cet ouvrage de la manière la plus exacte possible.11 suffirait, la plupart du temps, à l’exécuter très vite, et bien, surtout s’il avait l’autorisation de se choisir un ou deux aides, familiarisés avec les gens de l’endroit; et le recensement serait fait, du moins dans les campagnes, d'une façon plus juste et aussi plus économique qu’il ue l’est jusqu’ici.Il est singulier que nos gouvernants n’aient jamais songé à employer ce mode véritablement pratique de savoir la vérité, quant à la population et aux ressources de toutes les parties rurales du Canada.Il pourrait en user aussi dans Içs petites villes de moins de dix mille âmes, d’après les derniers dénombrements municipaux.Quant aux grandes villes, si le gouvernement voulait coopérer avec, les autorités du lieu, il trouverait vite un excellent moyen de déterminer le chiffni de la population sans être obligé d’avoir recours au service d’une nuée de gens plus ou moins capables d’accomplir la tâche auxquels on les emploie.Un recensement fait de cette ma nière donnerait, il nous semble, de bien meilleurs fruits que celui qui nous a coûté cette année un million dépensé en pure perte, car il n’a servi qu’à certains politiciens qui en ont fait surtout une machine à patronage.Georges PELLETIER.En page quatre Nos lecteurs trouveront dans la page littéraire un discours de Jules Lemaître sur Bossuet, un dialogue d’Henri Lavedan et une poésie d’Auguste Angellier.Le nouveau régime au Mexique Le général Madero, qui fut le chef victorieux de la dernière révolution mexicaine, vient d’être officiellement investi des fonctions de président de la république.Pendant l’interrègne qui a suivi la retraite du président Diaz, le pays a été administré par un président provisoire dont l’autorité a été généralement respectée.De grands progrès ont été faits dans le sens du rétablissement de l'ordre pour assurer la sécurité de la vie et de la propriété des citoyens.Le nommé Zapata, le seul chef révolutionnaire qui ait causé des désordres à la tête d’une bande de brigands armés, donnait pour prétexte à sa conduite .séditieuse qu’il était opposé à remploi des troupes fédérales du régime Diaz.On verra s’il va se soumettre à son ancien compagnon d’armes, le général Madero.Il semble probable qu’il sera réduit à composition, car il n’y a pas de doute qu’il sera pourchassé comme un bandit et forcé de se rendre.Madero n’est pas homme à tolérer de pareilles inconséquences Il est extrêmement désirable, ^ans l’intérêt du continent américain, que les Mexicains se révèlent aptes au gouvernement responsable.Bientôt, le canal de Panama constituera la ligne de démarcation entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et si le Mexique se montre à la hauteur de l’obligation où il se trouve d’administrer scs propres affaires dans l’ordre et la paix intérieure, son influence se fera fortement sentir dans les républiques de l’Amérique Centrale.Ces républiques pourraient arriver à for mer une confédération comme le Canada, les Etats-Unis et le Mexique ,et ce changement de constitution exciterait en leur faveur l’intérêt sympathique de tout le monde civilisé.Pendant que Madero est à l’essai, il est juste de rappeler que pendant la période révolutionnaire, il s’est abstenu de dénoncer sans discernement le président Diaz, dont il a même reconnu et loué les éminents services à son pays dans une occasion récente.Madero reprochait à Diaz d’influencer arbitrairement îles élections, qui n’ont jamais été faites librement sous son long règne.Il est apparemment plus que tout autre eu état de concilier les factions belligérantes.Espérons qu’il aura la sagesse que commande sa haute situation.Uldéric TREMBLAY.Sur le Pont d’Avignon.Non.M.Lemieux n ’a pas raeonté aux dames du “Canadian Club” sa traversée épique de la rivière Modder, où il fallut que les ministres s’attelassent à un automobile, pour le tirer do la boue.Il faut dire aussi qu’il faisait une conférence sérieuse, et non pas un récit d’aventures burlesques.M.Lemieux n'a pas même osé mettre son auditore en garde contre les horlogers suisses qui vendent, — il en sait quelque chose, l’ancien ministre des postes, — des montres très belles, et fort chères, mais qui ne marchent jamais.11 n’avait pas là la même tête qu’il avait à la fameuse assemblée de fiatnt-llyacinthe.Un auditeur de M.Lemieux nous dit qu’il a beaucoup corrigé ses gestes, et qu -.n’a montré lè poing à personne, hier, au cours de sa conférence.Il a encore de l'avenir, ce monsieur-là! La “Presse” conseille aux jeunes gens de se méfier de ceux qui les incitent à faire de la politique.“Occupez-vous surtout de vos affaires”, leur dit-elle.Et surtout, jeunes gens, évitez les “Presses”! Le journal de cuisine conseille à celles qui emploieront le sac Soyer»—depuis que la “Presse” l’emploie, il est question de l’appeler le sac “Souillé” — d’en “graisser soigneusement les parois intérieures avec un pinceau ou avec la main.” D'antre part nous apprenons que M.Adélard Lanctôt, de Sorol, a inventé, pour le sac Souillé, un fameux pinceau, qu'il vient de faire breveter.Il y a un fameux M.Preston, — “ Preston-la-machine ”, — comme ou l'appelle dans les cercles politiques, qui vient de démissionner comme représentant spécial du Canada dans la Hollande.Et pourquoi ne mettrait-on pas M.Lemieux dans ce fromage do Hollande 1 Il aurait si bien l’air du rat qui vit eu ermite, rendu célèbre par le fabuliste.Un journal se plaint que ries farceurs étourdis jettent du poivre rouge dans les tramways.31 y a sûrement un de ces farceurs qui en avait mis dans le voisinage de M.Rodolphe Lemieux, à Saint-Hya-ciuthel t Minutes Heureuses -’¦fr j" Vous qui m’avez donné des yeux pour voir le ciel, Et des mains pour presser les mains douces que j’aime.Qui m’avez fait le don, Seigneur, ô Dieu suprême, De lèvres pour baiser sa bouche au goût de miel ; Vous qui clans ma poitrine avez placé la vie Que rythment les profonds battements de mon coeur, De mon coeur plein d’ennui, de joie ou de rancoeur, D’espérance, d’amour, de peine, et non d’envie; Seigneur, malgré le mal dont souffre l’être humain, Malgré les trahisons, les mensonges, les haines, Merci des jours présents et des heures prochaines! Accordez-moi de vous bénir encor demain.fi Car je n’ai pas toujours regretté sur la terre: Far mes yeux, par mes mains, par ma bouche, souvent.J’ai goûté la douceur de vivre, ô Dieu vivant, 0 Dieu si grand, si bon à l’âme solitaire! ALBERT LOZEAU.PORT LIBRE Une discussion intéressante s’est engagée mercredi soir, au club des nomades.M.V.F.Gear et M.John Kennedy y ont exposé les avantages et les besoins du port, de Montréal eu même temps que les mérites respectifs du projet de canal de la Baie Géorgienne et les canaux du St-Laurent.Malgré les améliorations du port et de la route du St-Laurent, Montréal, dit M.Gear, se trouve encore désavantagé par les taux d’assurances prélevés sur les .vaisseaux fréquentant le St-Laurent et par les droits perçus par la Commission du Havre.Quant aux taux des assurances, le remède serait plus rapidement trouve dans l’organisation d’un Lloyd canadien que dans les améliorations maritimes qui bien que considérables, n’ont pas eu jusqu’à présent beaucoup d’influence sur le tarif des assurances maritimes.Mais pour les droits du port, il devrait être facile de les faire disparaître.M.Borden en a fait depuis plusieurs années un article de son programme et s’il est une chose à laquelle les revenus du pays peuvent, être appliqués avec avantage pour tous, c’est bien à l’entretien des ports canadiens.Le nouveau régime vient à peine d’entrer en fonctions et il ne serait pas raisonnable d’exiger qu’il mette immédiatement à exécution tous les articles de son programme.Mais il est lion que tous ceux qui s’intéressent au développement du commerce se préparent immédiatement pour obtenir cette réforme qui ne suffira sans doute pas pour détourner tous les produits de notre côté, mais qui contribuera certainement à populariser nos routes de transport.Or.D ALLAIRE, Autre témoignage A l’aveu du Herald que la population canadienne laissée à elle-même, se prononcerait contre la participation aux guerres de l’Em pire, il convient d’ajouter cet autre témoignage du correspondant canadien du Times de Londres, qui confirme complètement l’opinion toujours exprimée par le Devoir.On dit que le correspondant canadien du Times est M.Willi-son, directeur du News de Toronto.Quoi qu’il en soit, le correspondant du News écrit: “C’est un fait que Québec regarde la dépenses faites pour la défense sur mer et sur terre avec défiance et que ce sentiment est exploité par les politiciens des deux partis.C’est aussi un fait que généralement le peuple canadien ne réalise pas encore parfaitement ses responsabilités quant, à la sécurité de l’Empire.Ce n’est pas seulement dans Québec que l’on se demande quelle esi la politique la, plus saine à suivre pour le Canada.’ ’ # On trouve cette lettre dans le numéro du 27 octobre 1911 de l’édition hebdomadaire du Times.Il faut que le sentiment dont, parle M.Williamson soit bien évident pour qu’un impérialiste comme lui l’admette.Et pourtant M.Rodolphe Lemieux n’a jamais voulu l’admettre.Il aimait mieux représenter sa province en opposition au sentiment général.Ne lui fallait-il pas un prétexte pour prêcher à ses compatriotes l’abdication de toute opinion ï Un mensonge et une vérité D un article de la Vigie sur sa transformation de journal quotidien en une feuille hebdomadaire, nous extrayons le passage suivant: Nous no prétendons pas quo c’est la “Vigie’?qui a gagné cos élections.Co que nous prétendons, c’est que Ica porte-drapeaux, candidats et tribuns d’un parti ont, besoin du eoncours de la presse; c’est que lo journal est !o meilleur des eabaiours pour une bonna cause, parce qu'il fait son travail tous les jours de l'année, non pas seulement à la veille des élection s.Lo jour où cette vérité sera recon nue [iar les organisateurs des partis les deux causes on présence seront sm un pied d’égalité, et c’est la meilleurf qui prévaudra.On no verra plus la répétition des accidents de la dernière lutte, ijui n’entend qu’une cloche n’entend qu'un son.Non seulement, depuis l’a ndernier M.Bourassa et ses l’api-neau en herbe ont pu impunément courir les paroisses, dire tout ce qui leur passait, par la tête, sans craindre la contradiction; les feuilles nationalistes, ont aussi été répandues à profusion, gratuitenfent, dans toutes les familles.Lorsque les journaux libéraux ont voulu on faire alitant, ils se sont vu barrer le chemin par le règlement.Lorsque pins tard nous avons porté plainte contre le “Devoir” qui violait ce reglement, grande fut notre stupéfaction d’apprendre que le fameux règlement jiostal,examiné ù la loupe, permettait la distribution d’abonnements gratuits au môme taux que les autres, pourvu ^ne lo nombre ne dépassât, pus le tiers du tirage régulier du journal! Ce qui précède contient une fausseté et nue vérité.La faussté se trouve dans l’assertion que les feuilles nationalistes ont été distribuées gratuitement dans les familles.N'i le Devoir ni le Nationaliste ne font de distribution et encore moins jouissent-ils de la moindre faveur auprès des autorités postales.Au contraire, tandis que le Globe et le Canada et autres journaux ministeriels faisaient transporter au tarif ordinaire leurs abonnements de propagande, le Devoir se voyait refuser le même droit par le service des postes, et il était obligé d’organiser, à grands frais un service spécial de distribution.La vérité, c’est que le système de propagande le plus efficace est celui du journal dont l’action constante en dehors de la période électorale surtout vaut infiniment mieux, règle générale, que toutes Les hiil'lnjences financière f?en temps d’élection.On en a la preuve à chaque élection.Là où un groupe n’a pas d’organes, il est généralement écrasé.Seulement la difficulté est de faire comprendre cette vérité à ceux qui peuvent aider financièrement aux triomphes de leurs idées.Tel qui viendra de lui-même une généreuse souscription électorale ne s’expliquerait pas pourquoi vous lui demanderiez cent piastres pour lu diffusion de e,es mémos idées par le journal.JEAN DUMONT.- ^ i - Le “Star” de Toronto dit que le gouvernement Whitney ne peut abolir les écoles bilingues ontariennes sans, obtenir au préalable le consentement de M.Bourassa et des nationalistes.S’il n’en tenait qu’à M.Lemieux, peut-être aurait-il vite fait de prouver que nos frères ontariens n’ont pas droit à leur langue dans leurs écoles.Un journal annonce que M.Le mieux adressera lundi soir la parole au club Lemieux.Il n’y aura pas de souper aux huîtres; M.Lemieux n’aime pas qu’on déguste d’autres huîtres que la sienne, Un député d’origine canadienne, M, Bonar Law, est devenu le chef de l’opposition au parlement anglais.On dit que M.Rodolphe Lemieux avait refusé de l’être.Le “Herald” d’hier après-midi parle en toutes lettres, — troisième colonne, seconde page, — do “Sir Rodolphe Lemieux ’ ’.C'est co qui s'appelle tourner lo fer dans la plaie! « LE DEVOIR, Samedi, Il Novembre.1911 LA VIE AUX CHAMPS NOS POULES Ou fait ai-tuftllement
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