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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 30 mars 1911
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
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Références

Le devoir, 1911-03-30, Collections de BAnQ.

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DEUXIEME ANNEE—No.74 Montreal; jeudi do mars, m] un Sif^ ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : ONION POSTALE.*\ Edition Hebdomadaire : WATS-UNIS.Sî-ÿx ONION postale.r.; Jgloo LE DEVOIR l E NUMERO Rédaction et Ac^, Übatim î 7 U RUE SAINT-jACQUES, MONTRBAL TELEPHONES : REDACTION: MU.7460 ADMINISTRATION: Mû 7461 Directeur : HENRI BOURASSA MARIAGE ET DIVORCE FAIS CE QUE DOIS 1 On discute très vivement de ce temps-ci dans la presse anglo-protestante, la législation catholique sur le mariage.M.l’abbé Perrier a bien voulu résumer pour nous l'état actuel de la question.On lira son article avec grand intérêt : Les journaux (protestants sont tout pleins de récriminations contre le décret Ne tcmerè.On y lit des choses étonnantes qui accusent une ignorance profonde de la législation cononique sur les mariages, Nous ne voulons pas faire oeuvre de polémique.Une simple exposition de la doctrine catholique sur quelques-uns des points discutés pourra peut-être éclairer des esprits de bonne foi.Elle ne sera pas inutile à un grand nombre de catholiques pour lesquels la science religieuse posssède encore des secrets.Que le mariage soit un sacrement de la loi nouvelle, c’est une vérité qu’il n’est pas permis de révoquer en doute après la définition solennelle du Concile de Trente: “Si quelqu’un dit que le mariage n’est pas vraiment, et proprement un des sept sacrements de la loi évangélique, institué par le Christ, Notre Seigneur, mais qu’il a été inventé dans l’Eglise par les hommes et qu’il ne confère pas la grâce, qu’il soit anathème.” Cette définition contient un enseignement qu’il importe de bien souligner.Elle nous dit que l’acte humain par lequel l’homme et la femme se donnent l’un à d’autre ne se sépare pas de l’acte divin qui confère la grâce.C’est le contrat naturel lui-même qui est élevé à la dignité de sacrement.Il a reçu de Jésus-Christ la mystérieuse investiture de produire la grâce.C ’est lui qui est le signe sensible que l’on retrouve toujours sous une forme ou sous une autre dans tous les sacrements.L’échange même des consentements constitue les éléments sacramentels dont résulte, suivant l’expression du Père Monsabré, “non plus seulement un lien purement naturel comme dans le mariage primitif.mais un lien surnaturel imprégné et pénétré de la grâce de Dieu.” Or.pour admettre un fidèle à recevoir un sacrement, l’Eglise a le droit de lui imposer certaines conditions, et d’exiger de lui certaines dispositions.Ne pas remplir ces conditions manquer de ces dispositions permet à l’Eglise de refuser l’agrément qu’on vient lui demander et qu’elle se réserve de ne donner qu’à ceux qui sont en règle avec sa loi.Tel est le principe des empêchements au mariage.Il peut ennuyer les juristes, dont l’ambition jalouse réclame toute autorité en faveur de la puissance séculière.Mais ils doivent en faire leur deuil.Le mariage chrétien est une chose sacrée, son essence et ses propriétés fondamentales ne peuvent être soumises au pouvoir législatif d’une autorité purement humaine.Aussi bien l’Eglise a toujours revendiqué fièrement ses droits.Elle n’enregistre point en aveugle ou en automate la déclaration de tous les couples qui viennent lui dir e leur intention de s’unir par mariage: elle a charge d’âme, et ne se prête pas à sanctionner des conventions qui ne lui paraissent pas exemptes de danger.Toutefois, elle n’a pas voulu que tous les empêchements qu’elle promulgue eussent la même sanction.Les uns sont simplement prohibitifs ; ils ne rendent pas le mariage invalide, mais simplement illicite.Les autres sont dirimants, c’est-à-dire qu’ils séparent ceux qui se croyaient faussement en possession du droit de s’unir.Que l’existence d’un empêchement dirimant soit juridiquement démontrée, et il appartient au tribunal ecclésiastique de faire cette preuve, — le mariage sera non pas cassé, comme on le dit communément, mais reconnu et déclaré nul: il n’y a pas eu, il ne pouvait pas avoir de mariage, et le jugement ne fait que le constater.Or parmi les empêchements de mariage, il s‘en trouve uu proclamé par le décret Twmetsi du Concile de Trente.Il dit que le mariage doit être contracté devant le curé ou l ’Ordinaire du lieu, ouunprêtre délégué par T un d’eux, et deux autres témoins.Cette publicité que l’on veut donner au mariage a pour but de prévenir de graves abus que l’on trouvait alors dans les mariages clandestins.Comme avant 1e Concile de Trente il suffisait de se prendre pour mari et femme sans aucun témoin, sans aucune solennité, on se trouvait dans l’impossibilité de prouver ou l’existence ou l’absence d’un mariage clandestin antérieur.Une ressource restait à l’Eglise; 1 organisation d’une publicité spéciale pour les mariages à peine de nullité.Cette loi cependant ne fut pas appliquée partout.Même après avoir été promulguée, elle fut supprimée dans certain pays et dans certaines colonies.Au mois d’août 1907.le Pape Pie X fit un nouveau décret sur les mariages.Tout en apportant certaines modifications au décret Tamet-si, il en reproduisait substantiellement les dispositions fondamentales et annulait partout les unions qui ne sont pas contractées devant les témoins, dont la loi réclame la présence.Cette exposition suffit, ce me semble, pour démontrer que les attaques contre le décret Ne temerè n’ont pas leur raison d’être.Si les parties n’observent pas la loi qui demande que le mariage soit contracté devant l’Ordinaire, le propre curé ou un prêtre légitimement délégué, 1 on ne doit pas etre surpris si 1 ’officialité diocésaine proclame nul dès le commencement l’engagement contracté dans de pareilles conditions.La difference de religion crée également un empêchement qui doit être levé par dispense.On crie à l’intolérance.C’est de bon ton dans certains milieux.Pourtant, si je ne m’abuse, il faut appartenir à l’Eglise pour recevoir un sacrement.Si clone on autorise une union mixte, il faut tout au moins que la dispense soit sollicitée par la, partie catholique, et que la partie non-catholique s’engage à laisser élever les enfants dans la religion catholique.Ce que vaut cet engagement, Dieu le sait.lui.qui sonde les reins et les coeurs.Mais l’expérience nous apprend qu’il n’est pas toujours observé.C’est sans doute une des raisons qui ont déterminé Mgr l’Archevêque de Montréal à ne plus accorder cette dispense.BILLET DU SOIR musique avec paroles Et les concerts vont leur train.Chaque soir un bénéfice, une oeuvre de charité, un récital attirent dans une salle à la mode quelques centaines de personnes qui viennent étudier écouter, admirer, ou critiquer, selon les tempéraments et les caractères, Mais, dans ces foules, qui applaudissent mécaniquement la plupart du temps, il est une catégorie, toujours la même, qui choisit la salle de concert comme boudoir à papotage, et qui proteste contre le chanteur ou la cantatrice qui sov/pire mne ro mancc sentimentale ou contre les artistes qui tonitruent un hymne patriotique.Dans le premier cas, la mélodie est trop douce pour qu’on puisse parlçr dans Vauditoire, et dans Vautre, le chanteur empêche les causeurs de s’entendre.Décidément les concerts sont ennuyeux.Il n’y a plus moyen de patiner en paix, même au concert.Où allons-nous de ce train-làf H’il faut maintenant s’interrompre à tout bout de champ pour le simple plaisir de faire une concession aux convenances sociales, n’y a plus de liberté et, comme la vertu dans la bouche de Brutus, la conversation n’est plus qu’un nom.Comment, voici des gens qui payent fort cher une place dans une salle très grande, qui se toilettent richement des pieds à la tête, (c’est une façon de parler) qui s’endettent chez le fleuriste pour parer un corsage ou une coiffure, qui attendent depuis longtemps l’occasion de montrer comme l’on est bien de personne et d’atours, et le premier musicien venu les empêcherait de can-canner sous prétexte d’art! Mais c’est de l’anarchie, cela et bientôt ces instrumentistes du gosier et des cordes arboreront le drapeau rouge à nos portes mêmes, La musique, la poésie, allons donc! Tout cela, c’est du décor, et tout au plus bon à donner une ambiance un peu idéale aux racontars qu’on se transvase à voix haute, dans l’oreille.Le.ténor chante “Salut demeure chaste et pure”, et l’on entend une voix argéUque qui déclame sur un ton tragique-.“Ma chère que le beurre est cher”.Voyons, entre nous, croyez-vous qu’il y en ait beaucoup dans la salle, qui n’aiment pas mieux écouter la commentatrice du beurre que de suivre le chanteur?A l’avenir, on lira sur les programmes-.M.Fol Fémur accompagnera les conversations de ces dames à neuf heures avec un extrait des “Dragons de Villars”.—Ne parle pas.Rose, je t’en supplie, ’ ’ Jules TREMBLAY Défendons-nous ! Sur le Pont d’Avignon.On reparle d’élections générales.Qui sautera le premier, Ottawa ou Québec 1 La “Presse” devrait ouvrir un nou veau concours: quel est le vrai nom de Sheldon?Elle pourrait offrir au vainqueur une promenade en “baloune”.Mais entre les non-catholiques , 1 Eglise fait une distinction entre ceux qui sont baptisés et ceux qui ne le sont, pas.Si la partie protestants est baptisée, on a l'empêchement de religion mixte (religionis mixtae).Il est simplement impédient.11 ne rend pas le mariage inva iide.Si le non-cathholique n’est pas baptisé, l’empêchement qui résulte de ce fait est un empêchement dirimant, il s’appelle “disparité de culte”, (Disparitas cuit us).' Mais il faut bien noter que les mariages mixtes sont soumis au décret Ne temerè qui établit pour eux les mêmes conditions de publicité que pour les autres mariages.D’où la règle suivante: Le cathholiquc est inhabile à c oniracier clandestinement, même avec un non catholique baptisé.Voilà le point nouveau qui a besoin d’être mis en lumière.Autrefois au Canada et aux Etats-Unis, les mariages mixtes contractés sans l‘assistance du curé et de deux témoins étaient gravement illicites, mais depuis la fête de Pâques 1908, ces mariages sont invalides et nuis.Cette législation atteint le catholique, et son obligation le suit partout, et dans tous les câs possibles.Elle atteint indirectement le protestant, parce que le sacrement de mariage est, le contrat naturel élevé à la, dignité de sacrement.Le contrat est indivisible.Il doit être tout entier valide ou tout entier invalide.Le Souverain Pontife, dans sa sagesse.n’a pas voulu accorder à la partie catholique, même baptisée, de dispense de la loi de publicité du mariage.Elle porte donc partout uveo elle son incapacité de contracter en dehors des formes prescrites ; oi cette incapacité atteint tout le contrat.Cette loi est générale et établit une discipline uni forme dan* l’E-glise.L’empire d’Allemagne seul en est exempté en vertu de la Constitution Provida, donnée Va 8 janvier 1906.Abbé Philippe PERRIER, La “Patrie” racontait hier les méfaits du chat qui a mis le feu à la maison de ses maîtres.Il avait peut-être eu le cerveau détraqué par la lecture des journaux jaunes.Le “Canada” annonce” qu’il est venu nu pays 271,397 immigrants durant les onze derniers mois”.Il n’y a pas à dire, on nous noie et sûrement encore.Braves ministériels, va! Graindorge assistait, ce matin, A l’assemblée annuelle des tire-laines et des pick pockets de cette province.A l’exemple de Sir Lomer, tous, dlt-oo, avaient chacun un poignard.A la prochaine session, on présentera un Mil, nous informe Graindorge, dont le but serait d’appliquer à la province de Québec, la loi contre le vol des lots de grèves et des limites A bois.(Dernière heure).— Le député Adélard Lanctôt, lo “peinturluré” de Bord, demande à subir son procès devant jurés.Entendu sur la rue: —Et votre ids, à quelle carrière le destinez-vous?—A entrer aux chantiers de Borel.Le major Boyer va changer le port, de la carabine pour celui du révolver dans son régiment: c’est plus léger et moins dangereux pour les inexpérimentés.Un amateur de Lanctôt, député de peinture: Adélard lichelieu.Le “Canada” donne en primeur, une résolution qui sera, dit-il, déposée A l’assemblée annuelle des tire-laines et des “plek-pockete” de la province.Aurait-Il été choisi comme organe officiel de la susdite association ou jouit-il près de ses chefs de faveurs particulières?Nou* n’aurions jamais osé lui sup-ser d’aussi compromettantes fréquentations.Le sénateur Roche, de Halifax, s’est permis hier d’attaquer, à fond de train les journalistes canadiens qui, dit-il, ne sont pas des gens de la plus haute influence, mais sont choisis en considération de la petitesse du salaire qu’ils acceptent.—“Were not men of highest influence, but were ehoosen rather for the smallness of the salaries they would accept.” J’ignore quels journalistes le sénateur Roche frequente et connaît.t e que je sais de mes confrères, amis ou adversaires que j’ai rencontrés, tant dans le domaine politique qu’ailleurs, m’oblige à désavouer les paroles du sénateur Roche.Il faut admettre que pendant longtemps, le journalisme a été le refuge suprême des talents en voie de sombrer.Il compte peut-être encore dans ses rangs, quelques unités peu desirables, mais.Dieu merci, comme corps, les journalistes canadiens peu vent être comparés aux plus respectables, aux plus dignes, aux plus brillants de ce pays.En général, le journaliste est pauvre.lout épris qu il est de se créer un nom, une carrière, il travaille sans compter le salaire, souvent trop léger qu’il reçoit.Au contact des gens qu’il rencontre, il s’affirme, corrige ses impressions, rectifie sou jugement.La lutte journalière aiguise son esprit, stimule son ardeur combative.Il lui faut du tact, du doigté, de l’initiative pour percer; il lui faut du travail, de l’étude, de l’énergie, de la ténacité pour réussir dans la carrière qu’il embrasse.Il lui faut de la prudence pour coudoyer les politiciens et leurs partisans fanatiques et intéressés.Comme au sénat et ailleurs, tous les journalistes ne sont des perfections ni tous des étoiles de première grandeur.Tout comme au Sénat et ailleurs, il en est qui n’ont pas la bosse du désintéressement, mais l’échine souple, la conscience élastique, l’appétit excellent et l'ambition démesurée.Quelques journalistes, tout comme un bon nombre de poiticiens, suivent aveuglement un chef ou tout simplement qui les paye en argent, eu positions lucratives ou en titres quelconques.C est un peu la maladie du siècle même au Sénat! S il est quelqu’un qui doit nous dire de leurs vérités, le moins qualifié n’est-il pas le politicien, parvenu au nom, dont le parti auquel anpartient a demandé à la presse et aux journalistes faveurs sur faveurs et souvent de le faire ce qu’il est?Est-ce au politicien, parvenu ou non, de cracher son mépris à la figure des membres de la presse canadienne, quand aujourd’hui même ou sûrement demain, le même homme, ses amis, son parti demanderont aux journalistes aide et protection contre des adversaires politiques et peut-être même contre l’opinion publique qui secouera leur joug?Le sénateur Roche nous reproche notre pauvreté, et le petit salaire que nous acceptons ! Il nous serait peut-être plus agréable de ne rien faire, ou presque, et d’encaisser annuellement $2,500.C’est fort possible 111 Non, vive Dieu, les journalistes canadiens ne sont pas les “petites gens” que veut bien nous peindre, ce bon sénateur do l’Est.Us sont nombreux ceux qui préfèrent un maigre salaire, c’est vrai, mais la liberté de dire haut et ferme, en face, tout ce qu’ils pensent, tout ce qu’ils ressentent de bon, de haut et de noble pour leur pays, pour leurs institutions, leur foi et leur langue.Tous ne sont pas esclaves.Et si leur caractère bohème, leurs goûts modestes leur permettent de s’accommoder d’une maigre pitance, ils n’en ont que plus d’idéal, plus de combativité quand il s’agit, de se jeter dans la mêlée quotidienne pour défendre un principe, exiger une réforme, attaquer un abus.Il est encore dons nos rangs des caractères fortement trempés, des volontés irréductibles, des coeurs qui savent donner, se prodiguer sans compter et c’est encore la majorité.Dans la lutte de chaque jour, nous échangeons de rudes coups et dans notre fougue, nous manquons peut être de mesure: question de temoérament.Si, entre nous, nous voulons bien nous quereller, nous dire de gros mots, comme frères de bonne race, nous n’entendons pas que le premier venu y mette son nez, dans le simple but de nous dénigrer.Nous sommes assez intelligents pour supporter la critique, mais assez, braves pour venger l’injure.Il y a bien assez qu’un loustic ait écrit pour agacer nos créanciers : Aux petits des oiseaux.Dieu donne la Gens pratiques Nous croyions que les gens d’Amérique, Canadiens ou Yankees, savaient faire les élections.11 faut en rabattre: les uns et les autres ne sont que de petits garçons & côté des républicains portugais.En Amérique, et pas très loin de chez nous, on subventionne les journaux qui chantent les louanges du pouvoir; on leur donne des contrats plantureux, qui leur permettent d’exécuter cette besogne sans trop obérer la bourse de leurs propriétaires.On organise contre les feuilles d’opposition une propagande savante et qui no recule devant à peu près rien.Dans les jours de crise, on sait faire jaillir du pavé les cailloux qui ont tôt fait de fermer la bouche à un orateur trop embarrassant.Au Portugal on y va plus franchement et d’une façon plus pratique encore.Les journaux qui ne plaisent pas, on les supprime ou on leur commande le silence sous peine de mort.A l’heure actuelle, il ne reste pas, paraît-il dans tout le pays, un seul journal d’opposition qui puisse user de son franc-parler.Pour compléter le tout, le gouvernement républicain invite les chefs royalistes à quitter le pays, eu leur affirmant qu’il ne peut pins répondre de leur vie,—formule admirablement significative si l’on veut bien se rappeler qu’il y a quelques mois à peine, les rues de Lisbonne étaient couvertes de sang.Le gouvernement calcule, paraît-il» qu’avec des méthodes aussi pratiques il s’assurera, dans la prochaine chambre, une majorité certaine.L’opposition crie bien que c’est là de la basse et de 1 a plus abjecte tyrannie, mais le gouvernement répond: Ce n’est pas pour rien que nous avons chassé le tyran! Et si vous n’ êtes pas contents, nous vous flanquerons en prison! Gouvernement d’hommes pratiques, évidemment, et qui doit inspirer à plus d’un gouvernement.américain des pensées d’envie! JEAN.On arbore le drapeau rouge Paris, 30.— Le drapeau rouge flotte triomphant à Bar-sur-Aube depuis hier.Les viticulteurs de l’endroit sont furieux d’avoir été exclus du district, autorise à faire du Champagne, et ils ont commencé des démonstrations menaçantes contre le gouvernement.Ils ont arboré le drapeau rouge sur la plupart des édifices publics et sur toutes les maisons privées.TTs l’ont même arboré aux bureaux du sous-préfet et à l’hôtel de ville.Les troupes qui stationnaient dans les environs ont, été rappelées hier ; mais lo sous-préfet a demandé l’envoi d un bataillon et d’un détachement do cavalerie.M.Lefebsre, député socialiste, a pré sente à la Chambre un projet do loi pour lever toutes questions ik' limites imposées à la production locale et do rendre plus sévères les lois contre falsification des vins.Le prince de Galles parie IÆ PETIT HERITIER DU TRONE EST TRES NERVEUX.MAIS IL S’EN TIRE ASSEZ BIEN.Londres, 30.— Le petit prince do Galles a fait hier à Dartmouth son premier acte officiel, et prononcé son premier discours.C’était à l’occasion d’une cérémonie depuis fort longtemps ou usage et qui consiste à présenter à la ville de Dartmouth une rame d’argent pour symboliser son titre do gardionno traditionnelle du port.Le petit prince a donné à ses futurs sujets l’impression d’une grande modestie.Mais- bien que son embarras se manifestât par ses joues rougissantes, son insistance à se mordiller la lèvre supérieure et les regards désespérés qu’il lançait à son tuteur, il no s’en est pas mal tiré, et il a été acclamé.Son frère cadet.Albert, heureux sans doute de ne porter le fardeau d'aucune responsabilité, riait joyeusement à la foule.LETTRE DE FRANCE AU CONGRES DIOCESAIN.—LE REVEIL DE LA FOL—LE CONGRES DES CERCLES CATHOLIQUES D’0UVRIERS.-L’ECART ENTRE LA VIE POLITIQUE ET LES CONVICTIONS PERSONNELLES — L’INFLUENCE DE LA MAÇONNERIE.—LE VOL D’UN COUVENT.-LA QUESTION DES FICHES.-LA MAÇONNERIE ET L’ESPIONNAGE.pâture, Mais sa bonté s’arrête à la littérature.• • • • • * Tancrède MARSIL.Mort du capitaine Toye Le capitaine P.Toyc, professeur do navigation, est mort hier soir à l’Uô-tol-Diou, à la suite d’une attaque de typhoïde.Le capitaine Toye, qui habitait parmi nous depuis cinq mois seulement, était avantageusement connu dans les cercles maritimes de Montréal, Québec, Sorel et Montmagny.Né à Pau (France), en 1868, le capitaine Toye après avoir suivi un cours spécial de marine, faisait le service entre la France et les Nouvelles Hébrides, lorsque lo gouvernement canadien requit ses services il y a quelques moi* à peine comme instructeur de marine marchande.Le capitaine Toye laisse après lui une femme et plusieurs enfants pour pleurer sa perte.Un commissaire démissionne Winnipeg, 30.— La démission de Farquhar B.Maclennan, membre de la commission dos Elévateurs du Manitoba est, dit-on, entra les mains du ministre des Travaux Publics de cette province.On omit quo M.Maclennan résigne son pos’to parce que la legislature a réduit son salaire de 88,008 à *4,000.I
de

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