Le devoir, 20 mars 1911, lundi 20 mars 1911
T y T DEUXIEME ANNEE—No.65 MONTREAL.LUNDI 20 MARS, 1911 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne s CANADA BT ETATS-UNIS.„ .03.00 UNION POSTALE.06,00 Edition Hebdomadaire : •ANADA .¥ .01 00 ¦TATS-UNIB ._ , 01.50 ONION POSTALE .ggloO Directeur : HENRI BOURASSA DEVOIR RéfiadHon et i 7îs RUE SÀir^ACQUES, MONTH • _____f, TELEPHONES : \ REDACTION: Maia /460 ADMINISTRATION: Main 7461 FAIS CE QUE DOIS ! M.A1NEY ET LA “ PATRIE ” M.Ainey porte déerdément malheur à la Patrie.Mercredi elle l’accusait de n’avoir pas osé répéter à l’Hôtel de Ville ses protestations du Monument‘National, au sujet de la franchise de quarante-deux ans.Nous avons immédiatement prouvé que c’était une injustice évidente et démontrée, non seulement par le témoignage des autres journaux, mais par le propre compte rendu de la Patrie de la veille.Le journal qui affiche si bruyamment son amitié pour jles petites gens n’a eu le courage ni de reconnaître son erreur, ni de réparer le tort causé à JVI.Ainey.11 revient à la charge pour essayer de l’atteindre d’une autre façon, mais pette fois encore son arme lui éclate dans les mains.Tout l’article de la Patrie de samedi repose, eu effet, sur cette affirmation que le règlement 210—le contrat qui lie actuellement la ville et la Montreal Street Railway—'donnait aux autorités municipales le moyen de faire disparaître tous les griefs dont se plaint le public et d’obvier ainsi à la nécessité d’un nouveau contrat.Nous citons textuellement: “D’où est sorti le bill des Tramways?D’un service défectueux et des pourparlers entamés par les contrôleurs avec la Compagnie.Si les contrôleurs avaient énergiquement, fait appliquer le règlement 210, la compagnie eût été forcée d’améliorer son service et aucune nécessité d’un nouveau contrat n’aurait pu être invoquée.’ ’ Et comme la Paine tient exclusivement à atteindre M.Ainey, elle a soin d’ajouter: “Des quatre contrôleurs un seul avait l’impérieux devoir de s’opposer à toute tentative de prolongation de.contrat; c’était M.Ainey, représentant des ouvriers, partisans intransigeants, irréductibles de la municipalisation.” Et plus loin: “Des quatre contrôleurs, trois avaient toute la liberté d’action en la matière; ils représentent des électeurs, des intérêts qui ne sont pas opposés à la municipalisation.L'e quatrième, M.Ainey, était le seul qui devait se refuser à toute tentative de prolongation de .contrat, prolongation qui ne pouvait être accordée étms reculer l’heure de la municipalisation.” On ne saurait être plus clair: de l’avis de la Patrie, lo île contrat actuel parait à toutes les difficultés et, 2o M.Ainey, partisan de la 'municipalisation, devait, en vertu mêm e de ses principes, s’opposer à toute prolongation de 'contrat, à tout nouveau contrat.Or, que disait la Patrie du 15 février, quatre ou inq jours avant que M.Langlois dépose son projet de loi, alors que le texte en était sûrement 'arrêté ?“ La question des tramways à Montréal Téclamc une solution immédiate.A l’aide de son contrat actuel, il nous parait impossible que la compagnie puisse faire face mix conditions créées par l’augmentation de la population et par l’agrandissement de la ville.” Vous avez bien lu: La Patrie, qui déclarait samedi que “si les contrôleurs avaient énergiquement fait appliquer le règlement >210, la compagnie eût été forcée d’améliorer son service et aucune nécessité d’un nouveau contrat n’aurait pu être invoquée.” disait en +oûtes lettres cinq semaines plus tôt: “A l’aide de son contrat actuel, IL NOUS PARAIT IMPOSSIBLE QUE LA COMPAGNIE PUISSE FAIRE FACE AUX CONDITIONS créées par l’augmentation de la population et par l’agrandissement de la ville.” Bien plus, elle sommait les commissaires municipaux de remettre à la Commission des services d’utilité publique—et c’était le plan que le trust devait proposer une semaine plus tard—le soin d’établir le nouveau contrat.* Elle leur criait: “Les négociations ont duré trop longtemps; la diplomatie s’est usée en vains efforts; il ne reste plus qu’une issue; déférer toute la question à la Commission d’utilités publiques.“Et si les commissaires «veulent s’entêter à prolonger l’intolérable situation que la presse et le public ont dénoncée, nous demanderons au gouvernement de solliciter ou de guider l’intervention de la Commission.’ ’ De deux choses l’une: Ou la Patrie était alors sincère et croyait à la nécessité d’un nouveau contrat, et pourquoi /soutient-elle aujourd’hui le contraire?Ou elle mentait, et quels motifs commandaient ce mensonge ?Quelle raison nouvelle lui impose aujourd’hui de se donner un troisième démenti ?* * * Mais il y a plus: La Patrie qui n’a rien fait, absolument rien fait pour protéger la ville contre les manoeuvres du trust, :qui les avait d’avance préparées par son article du 15 février, éprouve un besoin frénétique de s’agiter dans le vide, de paraître défendre les intérêts de la foule.De là sa série d’articles sur les petites gens; de :là sa déclaration de samedi: “C’est avec la plus profonde satisfaction que nous avons lu la motion adoptée jeudi ,par le Conseil des métiers et du travail, se prononçant en faveur de la municipalisation du service des tramways.la Patrie.a toujours réclamé cette municipalisation.Mais elle n’a pas réfléchi que, là encore, elle se passait au cou un noeud coulant.Car’, si la campagne jadis faite par M.Ainey en faveur de la municipalisation lui imposait le strict devoir de “se refuser à toute tentative, de prolongation de contrat, prolongation qui ne pouvait être autorisée sans reculer l’heure de la municipalisation,” les principes affichés samedi par la Patrie et qu’elle dit TOUJOURS avoir été les siens, n! imposaient-ils pas à la feuille amie des petites gens, une attitude semblable et aussi énergique?Ce qûi tvaut pour un, vaut pour l’autre.Ce qui vaut pour M.Ainey vaut pour la Patrie.Or, qu’a fait la Patrie dans cèt article du Û5 février?Non seulement elle a affirmé que les “eonditions créées par l’augmentation de la population et par il’agrandissement de la ville” imposaient un nouveau contrat ; mais elle a sommé les autorités municipales de remettre à un pouvoir extérieur et irresponsable au peuple de Montréal : la Commission des services d’utilité publique, le soin de faire ce nouveau contrat, de lier pour «le temps qu’il lui plairait la ville et les citoyens de Montréal.Elle a déclaré que, si les commissaires ne voulaient ipas accepter cotte dernière humiliation, elle demanderait au gouvernement provincial de briser leur résistance, d’annihiler pour toute fin «pratique les pouvoirs des commissaires et du Conseil, et de nous imposer par la force un nouveau contrat.Elle a d’avance présenté à l’opinion publique, et au nom de l'intérêt général,—avec toute l’autorité dont elle pouvait disposer—la thèse «que M.Robert et ses amis devaient produire cinq ou six jours plus tard devant l’Assemblée Législative de Québec.Il est impossible de se moquer plus impudemment du publie et de soi-même., / * * # Au fond, la Patrie sait mieux que personne dans quel bourbier elle s’est enfoncée, et c’est pourquoi elle essaie, par les plus extravagantes diversions, -de dérouter l’attention publique et de rejeter sur d’autres la responsabilité qu’elle sent l’écraser.Jeudi, elle criait que ceux de ses confrères qui ont vigoureusement mené campagne contre le trust, “devront ¦supporter l’entière responsabilité des résultats que donnera le bill des Tramways,” qu’elle déclarait être sorti de la Commission des chemins de fer pire qu’au début; samedi, elle terminait son article par cet autre cri: “Avons-nous tort de dire que la responsabilité de la situation actuelle ‘pèse presque entièrement sur M.Ainey?” Le souci d’accuser n’importe qui, et à propos de n’importe quoi, afin de porter ailleurs les soupçons, est tellemenl évident qu’il ne trompera personne; mais il aura ee bon effet de fixer l’attention sur la propre conduite de la Patrie, de l’exhiber sous ses vraies couleurs et de mettre dans une brutale lumière l’ignoble conduite qu’elle'a tenue depuis quatre ou cinq semaines.Sans le vouloir, elle aura facilité une grande besogne de salubrité publique.OMSK HBROUX.BILLET DU SOIR Histoire et Mathématique» Le conseil municipal nommera probablement cet après-midi une commission extraordinaire pour rebaptiser quelques rues des nouveaux quartiers dont les noms, déjà utilisés dans l’ancien Montréal, font double emploi.A cette occasion, un journal remet sur le tapis la question du numérotage des rues.Ce système serait d’un fonctionnement très simple: l’on prendrait comme point central le boulevard St-Laurent, par exemple,et les numéros des rues monteraient en s’en éloignant.Et l’on donnerait ainsi à la vieille ville de Maisonneuve l’aspect précis et mathématique d’un vaste établissement industriel, ou bien encore, si l’on peut me permettre cette figure, les rues de Montréal ressembleraient aux forçats dont les noms, à l’entrée du bagne, se transforment en numéros.Ce système .est imité des Etats-Unis, pays des chiffres.On copie trop volontiers les Etats-Unis, é> c’est d’aufant plus regrettable que l’imitation, comme c’est la coutume, s’exerce de préférence sur les choses les moins recommandables.Libre à l’Américain de numéroter ses rues, pour permettre au der nier venu de ses concitoyens de s’y reconnaître plus facilement ; nous ne verrions même aucun inconvénient à cé que le voisin numérote ses enfants, si la loi du divorce et l’extrême facilité de son application lui permettaient d’en avoir en grand nombre; mais ici, le calendrier contient assez de noms de saints pour nos fils et notre histoire, assez de noms glorieux pour nos rues.Tous les Canadiens—Français, Anglais, Irlandais, Ecossais—sc doivent à eux-mêmes et doivent à ceux qui leur succéderont sur cette terre canadienne où, chacun à sa manière, leurs ancêtres se sont illustrés, de s’opposer à ce que l’on substitue, dans le baptême des rues, le chiffre bête au nom historique.Le nom des rues peut être une excellente, leçon d’histoire.Non pas seulement la leçon qu’on donne à l’école, entre le cours de géographie et les mathématiques, mais une leçon constante, imposée à toute heure du jour aux petits et aux grands.Il est des hommes que nous n’avons pas le droit d’oublier et des dates dont il est de notre devoir de nous souvenir.Sous les noms, aux coins des rues, ajoutons deux dates, comme cela se fait dans plusieurs villes européennes, et l’enfant et le passant apprendront presque malgré eux les dates capitales de notre histoire.La commission extraordinaire du conseil municipal, pendant qu’elle sera en train de baptiser au rait une belle et bonne oeuvre à accomplir.Pourquoi ne pas faire une fois pour toutes, et de façon dé finilivc, la revision des noms de toutes nos rues.Il en est qui pourraient demeurer tels quels, mais combien certaines modifications seraient désirables! Nous avons des rues, pas plus mal pavées ni plus mal bâties que bien d’autres, qui provoquent la risée, et que nous tolérons parce que l’habitude est prise, et que l’habitude émousse le sens du ridicule.N’insistons pas.Des gens de bonne volonté se feraient un devoir et un plaisir de soumettre à la commission, une longue liste de noms historiques ou tout simplement remarquables, tant anglais, irlandais, écossais que français, qui, affichés, à tous, les coins, seraient plus intéressants cl plus instructifs que les chiffres que nous voyons de reste, d’aiUcurs, durant notre séjour parmi les hommes.L’administration ,municipale a déjà réalisé h problème de l’éclairage, celui du filtrage des eaux et quelques autres; mais il n’y a pas que le progrès matériel, et elle mériterait bien des contemporains cl de ceux qui suivront si elle mettait à exécution une réforme d’un ordre plus élevé, et qui s’impose.LEON LORRAIN.Un train et un tramway viennent en collision Buffalo, 20.— Un train de voyageurs allant à toute vitesse est venu en collision avec un tramway de la rue Clinton.L’accident est dû probablement à l’inexpérience du wattman qui en était encore à ses débuts.Au lieu de modérer en arrivant à la pente assee prononcée qui conduit A la voie ferrée, il le laissa partir en entier.I.e train vint frapper avec violence juste au moment oû Je tramway traversait la voie.H n'y avait que trois voyageurs dans le tramway.Mme John McCormack fut tuée instantanément et le wattman Hochn mourut è l’hftpital quelques heures après.Les blessés sont John Kay, comédien, P.Gottman, Thomas L'hl, conducteur et un inconnu.A PROPOS DE BOXE Certains députés ministériels sont prompts, vifs et.moins que braves, si j’en crois mon gras voisin qui, ce matin même, dépense ses colonnes à réhabiliter deux des siens, MM.dis Gauvreau et le Dr Neely.Naturellement, le Canada s’attaque à M.Monk et à M.Glen Campbell qui ont simplement demandé raison à leurs collègues de la droite pour injures grossières et gratuites.Ne ferait-il pas mieux de conseiller aux douces et timides brebis du troupeau de continuer de jouer innocemment leur rôle ?Rien d’amusant comme le bravache qui insulte, puis se dérobe aux coups sous un prétexte quelconque.r _ C’est en vain que la feuille pii-nistérielile s’attaquera à un gentleman comme M.F.D.Monk, et tentera de le ridiculiser.Quand le député de Jacques-Cartier a jugé à propos de lancer son gant à M.•Chas Gauvreau, il savait parfaitement que ce dernier, embusqué derrière ses collègues, ne retirerait pas les propos injurieux qu’il avait prononcés délibérément en pleine Chambre.Tout autre que le député de Té-miscouata se fût r "tracté sur l’heure.Lui, non! Il est resté ridiculement cloué à son siège, tout pâle, tout tremblant.Et c’est ce triste courage que défend ce matin même, mou voisin qui blâme M.Gleu Campbell d’avoir remis, peut-être brusquement, le Dr Neely à sa place, la semaine dernière.Sans être Johnson .ou Jeffries, un homme a droit d’exiger la réparation d’une injure ou de era-vaeher le lâche insulteur qui se dérobe ou fuit.Est-ce que MM.Monk et Campbell ont fait autre chose ?Si maintenant, le Canada veut se montrer par trop scrupuleux sur ce genre de sport, je lui demanderai de me dire pour quelle raison il n'empêcjiç pas certain député ministériel anglais de boxer son ministre, en plein bureau de poste, sous prétexte que ce dernier distribue à sa guise tout le patronage et tout le picotin?A quand la réponse.TANCREDE MARSH-.Pas de buvette au Carré St-Louis Une requête circule dans la paroisse Saint-Louis de France demandant l’établissement d’une buvette à l’angle nord du carré St-Louis et de ,1a rue St-Denis où était autrefois la pharmacie Brault.Hier matin, en faisant les annonces à la grand’messe, M.l’abbé Grégoire, curé temporaire de St-Louis de France, a dit que jeudi prochain une délégation de paroissiens se rendrait auprès de MM.les Commissaires des licences afin de protester contre l’établissement de la dite buvette.Il a encouragé tous les paroissiens à se joindre à, la délégation.M.l’abbé Grégoire a parfaitement raison.Les buvettes, en général ne sont, d’aucune utilité.Nous irons même jusqu’à dire qu’elles sont nuisibles en bien des cas, particulièrement quand elles sont situées trop-près d’une église ou d’une école.La buvette qu’on se propose d’ouvrir sera, bien près de l’école Aberdeen.Que ce soient des enfants catholiques, protestants ou juifs qui fréquentent cette école, peu importe.Ce sont des enfants et on no saurait les exposer au scan dale.De plus ce débit de boissons sera dans une des plus belles localités de la ville et on peut prévoir que les ivrognes d’habitude n’hésiteront pas à le fréquenter,, surtout l’été, afin d’aller cuver leur vin dans une de nos plus remarquables places publiques.Ce serait une disgrâce pour la ville et, encore une fois, un scandale pour les enfants qui, n’ayant pas la bonne for tune de passer l’été à la campagne, vont s’amuser auprès du grand bassin situé au centre du carré St-Louis.Ces arguments suffisent, nous le croyons, pour empêcher l’ouverture de la buvette projetée.Nous osons croire que MM.les Commissaires considéreront les graves inconvénients que nous signalons et qu’ils agiront en conséquence.PAUL-O.OUIMET.Léger incendie à l'abattoir Un léger incendie «’est déclaré, hier vers i' heures, aux abattoirs tie la Poinle Saint-Charles.1æ feu prit naissance sous unn pile de bois ; les demi maires sont peu considérables.L'affaire Rémillard à Hall Ou nous éc'iit> de Hull: “Bien des insinuations perfides ont ste faites la semaine dernière dans presque tous les grands journaux concernant la mort du jeune Rémillard.Les médecins autopistes et le jury du coroner viennent de dégager le Frère Théodore do toute responsabilité relativement^ à la mort de l’enfant.Tout l’échafaudage monté par des gens avides de scandales vient donc de s’écrouler.Quelques journaux ont là-dessus remis les choses au point.J, affaire montée par quelques protestants a malheureusement trouvé chez de soi-disant catholiques, de» gens qui auraient été contents que le Frère fût reconnu coupable et que la religion eût à souffrir d'un scandale.Et cependant à quoi se résument les faits?En octobre dernier, le jeune Rémillard fut quelque peu sévèrement puni par son professeur.La chose est regrettable.mais ceux qui lui jettent la pierre parce qyi’il a manqué de patience en ayant cinquante enfants à conduire, s exaspèrent souvent parce qu’ils ne peuvent venir à bout de leurs propres enfants.Quoi qu il en soit, l’enfant continua à aller à l’école, joyeux et bien portant, et à.la fin de février, près de cinq mois après l’incident, il tomba malade.Le premier mars l’enfant expirait .Ce n est qu au lendemain de ses funérailles que de» personnes qui auraient honte maintenant d’être connues du public,lancèrent le fameux soupçon que l’enfant aurait succombé par suite de la punition qui .lui avait été infligé en octobre dernier.L’affaire, de bouche en bouche, prit des proportions tellement considérables que le coroner Lyster demanda au Procureur Général la permission de faire faire l’autopsie du cadavre.Dans le temps, les journaux publièrent leurs articles là-dessus, tous plus ou moins malveillants.L’autopsie terminée, les médecins déclarèrent que l'enfant était mort d’une méningite tuberculeuse et qu’il n’y pouvait être nullement question de coups reçus.Avant do dicter leurs devoirs aux professeurs, des journaux comme le “ Temps ” d'Ottawa devraient bien mettre en pratique leurs propres devoirs concernant la justice wt la charité chrétiennes ou du moins réparer noblement leurs bévues quand elles peuvent blesser toute une congrégation.De ce scandale manqué ne sont sortis salis que ceux qui ont voulu éclabousser les autres.Espérons toutefois que ces mêmes personnes enlèveront do devant leurs yeux cette poutre de l’ingratitude qui les empêche de voir le bien immense réalisé par nos lions Frères depuis au-delà de trente ans qu’ils élèvent notre jeunesse et qu’il ne profiteront plus d’un oubli léger et passager pour essayer de paralyser le bien que 1e personnel intelligent et dévoué du Collège Notre-Dame veut réaliser.LES OUVRIERS ET LE BILL DU TRAMWAY Le parti ouvrier proteste énergiquement contre la franchise de 42 ans, demande le referendum et préconise la mu.nicipalisation.— M.Ainey et la “ Patrie.’’ — Les échevins Turcot,'Tétrauit et Clément pris par surprise.Texte de la résolution.— Pétitions d’ouvriers.Sur le Pont d’Avignon.La “Patrie'’ parle de municipalisa tion et plaint les petites gens quand le bill est presque définitivement adop té.Que n’a-t.elle parlé à temps ?Existe-t-il toujours de la “télépa thie’’ entre la ‘‘Compresse’’ et la ‘ Batterie’’ ?Non, ni Gauvreau ni des héros ! Neelv ne sont Médéric pense que ça prendra “de l’a belle argent’’ pour faire les prochaines élections.A lire les journaux créchards, on di rail- que Lanctôt ne s’est servi que de peinture blanche, tant ils veulent le blanchir sans plus attendre.Godfrey est Hans les bonnes grâces de Sir Lomer depuis le “bill des p’tits chars’’ ! M.l’amiral Brodeur s'est fait accom pagner à Kigaud, hier, de deux vétéri naires, M.Pilon, ce député qui coupe la queue aux jeunes chiens, et.Gustave Boyer, major, etc.M.Brodeur, lui.avait sa gaffe ; craignait-il de s’en blesser ?Les électeurs do cc comté-là se sont amusés de voir ce beau trio pérorer, à la veille de la débâcle.Le “Canada’’ parle des “qualités ox-ceptionnelles” que possède M.Boyer, le député du comté.C’est vrai : il a un style de journaliste qui fait rêver M.BeauparlanL Rencontré maître 1).A.Lnfortune dans la rue.—Etes-vous allé à Rigaud, M.le substitut ?lui avons-nous demandé.—Ben oui, ben oui ! J’ai surtout admiré Beauparlant : il a gesticulé à grands cris ! Tl était question d’inviter M.Lanctôt de Sorel à Rigaud, mais.la peinture est encore si fraîche, voyez-vous ! M.Brodeur n’a pas encore dit à M.Lanctôt comment ça lui coûtera pour une triple couche de peinture blanche, au comité des privilèges et élections.11 faut qu’il consulte Pagé, de Sorel.“Les tas, c’est nous”, faisait dire Ajax-Sftint-Denis-Lemieux, aux journalistes nationalistes dans un récent article à la Vigie.Hon.Rodolphe : le tas, c’est toi ! L’enquête sur la grève du Grand-Tronc Le juge Barron est arrivé à Montréal pour faire une enquête sur la grève du Grand-Tronc, à la demande de M.Hays qui est désireux de voir à ce que satisfaction soit donnée aux employés et à la compaguie.M.Barron siégera à huis clos è l’hôtel Windsor, et aucune des parties en cause n’aura le droit de se faire représenter nar un avocat.Le Parti Ouvrier a tenu hier une très importante assemblée à la salle Saint-Joseph, sous la présidence de M.Alphonse Verville, député ouvrier do Maisonneuve.Il y avait là des membres du Comité Général du Conseil des Métiers et du Travail, des clubs Ouvriers de Montréal et des diverses unions ouvrières de notre Ville.Parmi les orateurs nous avons remarqué MM.A.Verville.Jos.Ainey, Gustave Eraneq, J.Kelly.O.Proulx.N.Arcand et les échevins Turcot, Té-trault et Clément.M.Jos.Ainey.du bureau des commissaires et représentant des ouvriers au Conseil de Ville, a défendu de nouveau son attitude au Conseil au sujet du bill des Tramways et il a protesté énergiquement comme il l’avait déjàl’ait à la réunion de jeudi du Conseil des Métiers et du Travail, contre les attaques d’un journal du soir M.Ainey déclare qu’il est faux de dire que la seule chose que les ouvriers demandent do la Compagnie, en retour des 42 ans de franchise, soit l’émission de 10 billets pour Sâ cents.Us savent qu’une longue franchise, accordée à la Compagnie, veut dire beaucoup plus qu’une simple réduction du prix de passage.La Compagnie devrait être obligée de payer un plus fort pourcentage de ses recettes, elle devrait aussi partager le fardeau de l’arrosage des rues et d’autres travaux.Les ouvriers comprennent, bien, que si la Compagnie prenait part à l'amélioration de nos rues et donnait, à la ville un pourcentage plus élevé cela amènerait do grands avantages pour lu Ville et les citoyens.M.Ainey parle de nouveau de la "Patrie” et déclare que l’attitude de celle-ci à son égard est ridicule, ridicules aussi ses assertions.Ainsi in "Patrie” accuse M.Ainey d’augmenter le fardeau des "petites gens” parce qu’il demande la partici- pation de la Compagnie aux travaux, donne aucune garantie de la municipalisation du service des Tramways et un comité a été nommé à eet effet, composé de MM.G.Francq, J.Ainey, Turcot, Proulx, C.Rodier, La comité s’est adjoint MM.Poster en Brunet.Le comité verra à faire circule^ par-“ml la classe ouvrière de notre ville des pétitions, s’opposant à la franchise da 12 ans et demandant au conseil d’en référer au peuple sur cette grave question d’intérêt public, si l’on décida d'accorder une franchise à lu Compi-gnie.Un mémoire sera présenté au premier ministre, au chef de l’opposition et an chef du parti nationaliste de suspendre ta discussion du bill jusqu’à ce que ceux qui lui sont, opposés aient eu le temps de signifier leur bon plaisir au moyen de la pétition que l’on doit faire signer.Voici le texte de la résolution que l'assemblée d’hier a adoptée.Proposé par M.N.Arcand, appuyé par R, Lynch, et adopté unanimement.“Que le Parti Ouvrier de Montréal se prononce énergiquement contre le Bill des Tramways actuellement en discussion devant la Chambre Provinciale, pour les raisons suivantes ” 1.“Parce qu’il vient à l’encontre des principes du Parti Ouvrier, qui demande la municipalisation de tous les services d'utilité publique : 2.“Parce qu’il autorise le Conseil du Ville de Montréal d’accorder une extension de franchise à la Montreal St Ry ; 3.“Parce que accorder une extension de franchise à une Compagnie, qui u encore un contrat de 12 ans à l'emplir.est contraire aux intérêts de In Ville do Montréal, et.que de plus, celte demande n’a été faite que dans un but de spéculation financière ; 4.“Parce que lu Compagnie de Tramways ne remplit pas actuellement les obligations de sa charte, qu’elle nu mieux les des rues et un plus fort, pourcentage de ses ressources pour la ville parce que, dit le journal, cette augmentation d’obligations retomberait or les voyageurs et les petites gens.Cet argument, déclare M.Ainey, ne prend pas beaucoup parmi la classe ouvrière même quand il lui est proposé par un rédacteur d’un journal quotidien.Les ouvriers comprennent que l'autonomie de notre ville est de première importance et ils sont décidés à la sauvegarder.M.Ainey dit que c'est grâce à M.Bourassa si ce qui a été fait jusqu’ici pour sauver notre autonomie la1 été avec quelque succès.On passe ensuite à la discussion de la clause, telle qu'adoptée par le comité des chemins de fer, qui dit que la clause Î>Ü17 des Statuts Révisés, obligeant la ville au referendum, ne s’appliquerait pas à la compagnie pour 'o présent contrat, or il est évident que la ville n'est plus obligée d’en référer à l’électorat mais il n'est pus dit qu’elle ne le puisse pas.La nouvelle loi enlève l’obligation du referendum mais elle n'enlève pas le droit à la ville d'en appeler au peuple.MM.les échevins Turcot, Tétreauit, et Clément, qui ont voté en faveur Je la motion Lapointe, ont déclaré hier à l’assemblée qu’ils avaient été pris par surprise eu cette circonstance.Il fut aussi décidé do commencer une campagne d’agitation en faveur do remplir dans l’avenir, et que, pour ces raisons, au lieu de lui accorder une extension de franchise, sa charte devrai!) être révoquée.•” “Parce que le seul moyen pour la Ville de Montréal, de se délivrer du joug des monopoles et des trusts est He “municipalise!-” tous les services d’utilité publique : “Qu’il soit donc résolu que le Parti Ouvrier commence une campagne, d’agitation en faveur de la municipalisation et contre toute extension de franchise ; que ces listes soient déposées au Temple du Travail, aux quartiers généraux des différentes unions et clubs ouvriers, que la population soit priée de les signer et que demande soit faite au journal lu “Patrie” qui s’est déclarée en faveur de la municipalisation d’encourager ce mouvement.“Et qu’il soit, de plus résolu : Que le Parti Ouvrier réitère son entière confiance au camarade Jos.Ainey, son représentant officiel dans le Bureau de Contrôle ; “Et qu'il soit également résolu, que, advenaut le cas, où le Conseil de Ville serait obligé d'accorder une extension de franchise au Montreal Street Railway, ou à toute autre compagnie do transport, que cette mesure soit soumise au vote referendum de tous Je» électeurs axant son adoption, et que copie de cette résolution soit, envoyée au Conseil de Ville, au Premier Ministre, nu chef de l’Opposition et à M.Bourassa.” Nos Missionnaires de Montréal à Canton Une lettre de Mgr Mérel, le zélé vi-|béraux et, même les arts d’agrément : cuire apostolique de Canton ( Chine), c’est le pensionnat du Saint-Esprit, a nous apporte des détails bien intéres- la tête duquel sont placées nos chère» sants sur cette chrétienté florissante religieuses de Montréal.Cette maison du vaste empire païen, qui nous est.a conquis l’estime des grandes famille» devenue plus chère, semble-t-il, depuis païennes de la cité, et nous avons tout que quelques-unes de nos Sœurs Cana- lieu d’espérer que d’année en année le # 4 i j kt-i s I f 11 ¦ 4 «k» s-, 4 .* 4 .II/,.1 * diennes d’Outremont sont allées y planter leurs tentes.Cette lettre est datée du jour des Rois — 6 janvier 11)10, et elle nous raconte le travail qui s’opère à Canton pour la conversion des infidèles et la persévérance des fidèles.Mgr Mérel, a sous sa juridiction 07 missionnaires français et 21 prêtres chinois.Il a 5 frères (petit.» Frères de Marie) enseignants, 8 religieuses de Saint-Paul de Chartres, !) canadiennes ( Missionnaires de l'immaculée Conception de Montréal-Outre- nombre des élèves ira s'augmentant.Il semble que la tenue de ce pensionnat devait suffire à fournir à nos Dames de Montréal uue tâche quotidienne assez ardue ; mais leur zèle ne connaît pus d’entraves.Outre leurs heures de classe et d’exercice» spirituel», elles savent encore trouver du temps pour l’instruction religieuse des orphelines, le soin des enfants moribonds et des vieillards, etc.” Mgr l’Archevêque de Montréal recommande instamment cette belle ceuvro mont ) , z» religieuses chinoises et 412 «J’apostolat à la charité de se» diocé-vierges chinoises.Dans son vicariat
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