Le devoir, 3 mars 1911, vendredi 3 mars 1911
DEUXIEME ANNEE—No.51 MONTREAL.VENDREDI 3 MARS, 1011 UN SOU LE NUMERu ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA BT ETATS-UNIS.« , .$3.00 UNION POSTALE.$6,00 Edition Hebdomadaire: OANADA .*.$1.00 ETATS-UNIS.* v .$1.50 UNION POSTALE.$2.00 LE DEVOIR Rédaction et Admii^ ^tk»^ 7U RUE SAINT-JAC A MONTREAL ^ TELEPHONES : \ REDACTION: Mme 7460 ADMINISTRATION: Main 7461 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LES REVOLTES DE M.SIFTON 1905- 1911 Toute la presse ministérielle s’efforce de prouver que la défection de M.Sifton n’aura aucune influence politique sérieuse.Nous croyons qu’elle a raison, dans une large mesure, et que l’opposition s’illusionne grandement si elle croit que la révolte de l’ancien ministre marque le début d’une sorte de révolution.Les hommes qui ont été longtemps vaincus éprouvent souvent le besoin de donner aux généraux ennemis une stature de géant et de leur attribuer un mystérieux prestige; cela les dispense de voir dans leurs propres faiblesses—ou dans un état d’esprit trop igénéralisé—la cause tie leurs édites.Mais il est rare que l’événement vienne transformer en solide réalité ces fantaisistes illusions.En tout cas, il est dès maintenant certain que le discours de M.Sifton ne déplacera pas cinq voix à la Chambre.Et nous nous rappelons les dures journées de 1905.« * * En ce temps-là aussi M.Sifton levait l’étendard de la révolte.Et toute la troupe ministérielle française, au lieu de crier au suicide, au lieu de réduire à ses vraies proportions une insurrection que beaucoup croyaient n’être que le prétexte d’une retraite forcée et attribuable à de tout autres causes, semblait croire que la terre allait cesser de tourner et le ciel se dérober sur nos têtes.Sous les menaces du révolté, on vit le gouvernement sacrifier le fameux texte de loi qui garantissait à la minorité de l’Alberta et de la Saskatchewan leurs droits scolaires et prendre à son compte un article bâtard qui la laissait pratiquement à la merci de la majorité.Et lorsque quelques députés, plus fiers que les autres, voulurent— non pas imposer un texte nouveau, mais bien maintenir le texte même présenté par le gouvernement—toutes les forces ministérielles se ruèrent sur eux, au cri d’A bas les démagogues! Daus le même temps, et d’un bout à l’autre de la province, on répétait Si le gouvernement ne cède pas, Sifton va le tuer ! M.Sifton était passé à l’état d’épouvantail, de véritable croquemi-taine.» Les choses en vinrent à un tel point que, n’eût été la vigoureuse campagne menée par l’ancien député de Labelle, le second article 16 eût été adopté sous une forme qui exceptait de toute garantie quelconque la presque totalité des écoles fréquentées par les catholiques de l’Ouest.Encore fallût-il, pour imposer à la presse ministérielle un silence relatif, que M.Fitzpatrick, le ministre de la Justice d’alors, vînt contresigner la discussion juridique du député de Labelle et déclarer juste et fondée en droit la thèse que les ministériels qualifiaient de folie.'C’est à son intervention in-extremis doublant la campagne du député de Labelle, que nous devons l’amendement Lament qui permet aux catholiques d’avoir leur demi-heure de catéchisme—«près la classe—dans les écoles publiques ou séparées.Mais le second article; 16 a quand même sanctionné tous les empiètements commis par les ordonnances de 1901, toutes les violations de droit perpétrées par M.Haultain et ses associés.Et ce crime a été fait, subi et toléré sous quel prétexte?Farce que M.Sifton menaçait de tuer et de briser tout;—le même M.Sifton dont la presse ministérielle dit aujourd’hui que c’est purement et simplement un homme à la mer! * * * .Cinq années sont passées et les esprits ont eu le temps de se calmer.Nous le demandons sincèrement aux ministériels qui se sont laissés prendre à cette clameur et qui voient aujourd’hui leurs journaux réduire à sa réelle valeur l’opposition de M.Siftoncroient-ils que la révolte de l’aneieu ministre pouvait, en 1905, déterminer la chute d’un cabinet qui disposait d’une majorité de soixante voix et qui pouvait compter sur l’appui d’au moins dix de ses adversaires ordinaires?Croient-ils qu’au lendemain d’une élection générale, il se serait trouvé trente-cinq ou quarante députés ministériels pour abandonner M.Laurier et suivre M.Sifton, au risque de provoquer une nouvelle lection?Croient-ils que, si on avait fait donner les journaux contre Sifton iomme on le fait aujourd’hui, il aurait pu déterminer une vraie gran-le crise?.Non! Et tout le travail que la presse ministérielle est obligee de ’aire pour ruiner l’effet de la, nouvelle défection de M.Sifton va, du nême coup, prouver qu’en 1905 elle a honteusement et délibérément rompé l’opinion, qu’elle a de toutes pièces créé l’épouvantail avec le-juel 0n a voulu excuser la pire des reculades.rm/mt?WTîW.mrY NOS RUES L’état actuel des rues de Montréal est pitoyable.Il est impossible de se promener en voiture sans s’exposer à se tordre le cou cent fois pour une.Tout n’est que pentes, trous et tas de glaçons accumulés près'de la chaussée, ce qui rend encore plus étroites nos rues déjà pas si spacieuses.•le comprends qu’à l’Hôtel de Ville, le bill du tramway occupe l’attention des têtes dirigeantes, ce n’est pas une raison pour que M.Barlow se désintéresse de la voirie.Le transport des marchandises à travers nos rues est, actuellement, presque impraticable.Sur les rues principales, il n’y a presque pas de neige et sur les autres, tout n’est que routes défoncées, ornières, trous, etc.Tl semble qu’on devrait profiter du peu de journées froides que nous aurons encore pour réparer autant que possible ces rues, niveler le chemin et faire enlever, sur les rues principales, les tas de glaçons qui les encombrent.Les trottoirs sont dans un état tout aussi déplorable.Contrairement au bon sens, l’administration de la Voirie a fait répandre un peu partout, des cendres.Y a-t-il quelque chose de plus malpropre que de la cendre sur un trottoir, et pour les piétonsyct pour nos maisons?Ce n’est pas tout fils sont loin d’être tous de niveau; certains propriétaires les creusent à plaisir sous prétexte d’enlever la glace.Dans les temps doux, vous avez ainsi autant de cavités qui retiennent l’eau et vous causent de, désagréables surprises quand vous y mettez les pieds.Il y a pourtant des règlements municipaux qui défendent de creuser ainsi les trottoirs, mais comme bien d’autres, ils sont lettres-mortes.Avec un peu de bonne volonté, il serait pourtant facile d’entretenir nos rues d’une façon convenable.Je comprends que nous avons un climat difficile.Ce n’est pourtant pas une raison pour n’adopter aucun système pratique et mettre tout eu oeuvre pour rendre notre voirie passable.Sans parti-pris, actuellement nos rues ne sont-elles pas dans un état lamentable?Ne sont-elles même pas très dangereuses pour les piétons comme pour les chevaux et ceux qui les conduisent?Qu ’attend-on pour y voir ?TANCREDE MARSIL.- > — - Sur le Pont d’Avignon.La balooiL de la Compresse ne vient toujours pas vite, hein Barlatier?D, A.a parlé sur la réciprocité, au Club Saint-Gabriel.On ne rapporte encore aucun cas d’asphyxie! M.L.A.Rivet n’est pas encore juge, niais il est toujours candidat à la magistrature.Sévérin l’Etourneau veut être député, mais il aime bien le “comité” d’organisation.Les citoyens.—Tuez le bill du tram way.M.Gouin.—Je ne suis pas la législature?L’Opposition.— Que faites-vous do votre majorité ?Aux dernières nouvelles Graindorge confond encore entre ses deux masques, Paul-Louis et.Jean-Louis! Pas que je sache, non.— L’Amiral la-Gaffc est toujours ministre.Oui.Honoré Gorvais attend pour prendre sa place! C’est pour notre plus grand bien que le “trust” veut s’emparer de la ville ! Ses avocats l’affirment du moins.Mon tablier, ma truelle et le "trust”, s’écrie Frère Godfroy.BILLET DU SOIR Les deux côtés de la Médaille LETTRE DE FRANCE UN POÈTE DE CHEZ NOUS (1) “Fous serez comme des dieux disait l’astucieux serpent à notre grand’mère Eve.Cet éternel mensonge de l’éternel menteur, est encore celui qui séduit la femme, et la voilà qui s’agite, ronge son frein, commence à dédaigner ses attributs féminins et à vouloir se muer en homme.Elle veut tout apprendre afin d’égaler l’homme, et dans cette revendication de ses prétendus droits, elle ' est en train de négliger ses devoirs de femme et de mère.Voici comment parlerait un antiféministe si la discussion était ouverte.Ce serait, à son sens, régler cette question définitivement.Elle est portant bien compliquée, la question! Le féminisme, comme le socialisme, est un chaos où s’entrechoquent, pêle-mêle, des idées excellentes et des passions détestables c’est un ' mélange savamment brouillé, par les pêcheurs en eau trouble, d’inspirations généreuses et légitimes et de revendications outrées et ridicules.Il s’agirait de voir clair 'et de débrouiller cette confusion.Les gens de tout repos, béatement installés dans l’état actuel des choses, et tremblant d’être dérangés, ne veulent'voir que les excès du grand mouvement féministe.Ils haussent les épaules et glatissent en parlant de la déchéance des “reines qui veulent descendre, de leur trône dans l’arène, pour combattre à côté des hommes!” O phrases et guirlandes! Les “reines”—dont la royauté pourrait être contestée—mais qui sont, tout de même, les femmes privilégiées que l’on respecte et que l’on protège, ne sont pas celles qui se plaignent.Ce sont les autres qui appellent des réformes: C’est la foule des jeunes filles forcées de gagner leur vie et qui rencontrent tant d’obstacles à leur bonne volonté; ce sont les pauvres malheureuses dont le travail pénible sert à alimenter les vices et les débauches d’un mari indigne, ce sont les pauvres enfants, séduites par un lâche, qui les abandonne au mépris ' public pendant qu’il jouit de la considération, même s’il se vante de sa vilenie.Les voilà les victimes qui 'emplissent le monde de leurs clameurs, et, aucun homme digne de ce nom, n’a le droit de se boucher les oreilles et d’ignorer leur plain-' te.Fous êtes-vous jamais demandé, par exemple,, pourquoi, à travail égal, le salaire de la femme est moindre que celui'de l’homme?“Elles ont moins de défiensÀs et moins de charges,” répond-rm inconsidérément.Vous ne connaissez rien de leurs charges, et’en général les (files se sacrifient pour leurs parents plus volontiers que les fils.Quant aux dépenses, j’admets qu’il ne leur faut ni bocks, ni cigares, ni admission dans des endroits plus ou moins suspects, mais il leur faut du pain et les femmes le payent le même prix que les hommes.Et bien souvent, quand il faut qu’elles travaillent au dehors, n’est-ce pas par suite de l’incurie ou des vices des hommes qui devaient'les protéger?Tourner le féminisme en ridicule, faire des caricatures des femmes en mal de masculinité, n’est pas une solution à ce problème inquiétant, et on est étonné de voir qu’il n’arrache qu’un sourire ou des plaisanteries à des hommes qui se prétendent sérieux! MARC LEPRANC.La Banque du Canada Ottawa, -3.— Le bill de la "Banque du Canada” organisée par M.Rodolphe Forget et quelques autres financiers de Montréal, est venu devant le comité dos banques cc matin, mais on en a remis l’étude à, la semaine prochaine.On dit que le ministre des Finances demandera do modifier un pou le nom do cetto nouvelle institution afin d’empêcher toute équivoque à, ce propos.Il ne voudrait pas que à, l’étranger on prit cette banque pour la banque d’Etat du Canada.-f- L’échevin Dubeau perd son siège LA COUR DE REVISION CONFIRME L’ANNULATION DE L’ELECTION DE L’ECKEVIN DU QUARTIER LAFONTAINE.La Cour de Révision a confirmé ce matin le jugei "nt de la Cour Supérieure invalidant l'élection de M.Eudorc Dubeau à l’échevinage do la Ville de Montréal, Le quartier Lafontaine se trouve donc momentanément sans éche-vin.M.Dubeau posera eertainoment de nouveau sa candidature dans ce quartier.dans l’élection dont le maire Guerin fixera bientêt la date, et il aura probablement pour adversaire M.L.-A.Lavallée, avocat, ancien échevin du même quartier.LA QUESTION SCOLAIRE.—- LE DUEL CONTINUE.—- LA FEUTRA-LITE ET LES MANUELS SCOLAIRES.— 2,000 ENFANTS QUITTENT L’ECOLE OFFICIELLE.— EN L’HONNEUR DE BRANLY.— A L’ACADEMIE.— UNE FETE PROFESSIONNELLE.—UN GRAND DEUIL.Paris, 17 février 1911.— La dis- cussion du budget do l’instruction publique a réveillé une fois encore la querelle scolaire, et le ministre, franc-maçon, protestant sectaire, a prononcé un discours qui constitue un véritable réquisitoire contre les catholiques.Ceux-ci ont trouvé d’ailleurs un défenseur éminent en la personne de M.Groussau, professeur aux facultés catholiques' do Lillo et député du Nord.Ce furent d’ailleurs discours dépourvus do sanction; mais les tendances qui so sont heurtées une fois de plus doivent être notées, aussi bien que l’extraordinaire fréquence avec laquelle se pose le problème scolaire : c’est l’indication de ce que seront les batailles de demain.Dans la presse, le même sujet provoque de nombreux articles, que signent les personnalités les plus éminentes: M.de Mun on traitait récemment dans le “Gaulois” et M.Ferdinand Buisson, qui fut directeur général do l’enseignement primaire, qui est franc-maçon et député radical-socialiste de Paris, a répondu à M.de Mun dans l’“Action”.Cette réponse mérite de vous être signalée parce qu’elle contient des aveux significatifs et que nul témoignage n ’a été plus clairement rendu de la justesse de^l revendications des catholiques de France.“Non seulement l’Etat se reconnaît le devoir de faire à tout prix la neutralité, mais il n’a jamais cessé d’agir en ce sens.” Ainsi dit M.Ferdinand Buisson; laissons les faits qui ne sont pas à l’honneur de l’Etat; c’est tout de même quelque chope que le principe soit proclamé, surtout avec cette adjonction —signée encore par M.Ferdinand Buisson: DLa neutralité serait violée si l’Etat ' affichait la prétention d’employer et de maintenir dans ses écoles des livres blessant la conscience des catholiques ou inversement celle des non-cqthoRques.* Donc, au regard même de M.Ferdinand Buisson, adversaire déclaré de notre foi, les catholiques ont raison de se plaindre si des livres blessants pour leur conscience se trouvent dans les écoles, et les évêques — que l’on poursuit et que certains tribunaux condamnent — ne sauraient avoir tort de faire connaître aux fidèles les manuels scolaires anticatholiques.Nous n’avons pas réclamé autre chose.Mais la prétention de M.Ferdinand Buisson est que les évêques n’ont pas qualité pour dicter au père de ' mille tel ou tel sentiment sur les livres scolaires.On reconnaît là le protestant, la mentalité do ceux qui ont érigé le libre examen en une manière de doctrine, et qui, ayant secoué tous les joug sont impatients que tout le monde les imite.Cependant le bons sens s’élève manifestement contre la prétention de M.Buisson.Supposons en effet que chaque père do famille élève une réclamation personnelle, basée uniquement sur son critérium individuel.Cette réclamation vient devant des juges ____ recteur d’Université, ministre, conseiller d’Etat — qui n’ont eux-mêmes que leur critérium individuel pour apprécier le bien-fondé du recours.N’est-il pas do sens commun qu’en cette hypothèse le sentiment intime du juge commandera sa sentence?Mais ce sentiment intime ne se fonde-t-il pas précisément sur les enseignements d’une Eglise ou d’une Contre-Eglise?Evidemment oui.Alors n’est-il pas plus loyal et plus logique de reconnaître, comme M.Briand l’a fait une fois en donnant satisfaction à l’évêque de Belley, que l’autorité religieuse a qualité pour réclamer la suppression de tels ou tels manuels?Ce n’est mémo pas “livrer l’école a ! E glise”: l’Eglise ne prescrit pas i’usage d’un livre; elle se borne à prohiber certains livres, et combien peu nombreux! C’est M.Ferdinand Buisson qui l’écrit: “ Sur la longue liste des petits livres de classe faits pour l’école primaire, il s'en trouve une douzaine que les évêques condamnent comme portant atteinte à la foi catholique.” Reste la question du principe même de la neutralité, M.Ferdinand Buisson s’en proclame le champion et trace de l’oeuvre éducatrice de l’école neutre— telle qu’il la comprend — un tableau enchanteur: “L’école apprend à des enfants dont les familles sont d’opinions et de religions différentes à vivre les uns à côté des autres sur le pied d’égalité, et comme les membres d’une même famille, la famille française.Elle leur fait prendre, dès le début de la vie, l’habitude do constater sans surprise et sans haine toutes les divergences qui pourront les séparer.Elle les incline, par une pratique, toute naturelle, à fraterniser par-dessus les barrières des confessions religieuses et des partis politiques.” M Ferdinand Buisson appelle cela “la religion laïque” et souhaite que l’école publique “l’enseigne et la propage”.N’est-il pas manifeste qu’on matière religieuse l’école ainsi comprise est une arme ,de guerre con- tre la foi, et que ses apôtres tendent, tout simplement à instaurer ce que quelques-uns d’entre eux appellent “la religion de l’humanité” ?La neutralité, au vrai, est un leurre: certains athées — comme le professeur Aulard — le reconnaissent eux-mêmes.On n'est pas “neutre”, c’est-à-dire sans opinions, sans tendances, et l’instituteur qui serait le plus irréprochablement “neutre” dans sa classe, cesserait fatalement de l’être par les exemples que fournirait sa vie, qui serait celle d'un catholique ou d’un non-catholique, mais qui, dans un cas ou daus l’autre, ne serait pas sans influence sur la formation morale dos enfants qui lui sont confiés.l’ersonne, même pas sans doute M.Ferdinand Buisson, ne croit à la possibilité d’une telle neutralité.Et l’idée fait son chemin que l’Etat devrait s’en remettre aux citoyens du soin de créer telles écoles qu’il leur plairait, d’y donner un enseignement orienté à leur guiso et de ne connaître l’Etat que par son service de contrôle assurant le respect do m constitution et des lois et par la subvention accordée a toute écolo proportionnellement au nombre de ses élèves.A voir le renouveau des écoles primaires libres — dont s’inquiétait hier le ministre do l’instruction publique— on peut penser que le régime de la liberté subsidiée n’aurait point d’effets néfastes sur la diffusion de l'enseignement, et quand on apprend, do source officielle, que dans un seul département très pauvre — l’Ardèche — plus do 2,000 enfants ont abandonné l’école parce qu’il y était fait usage de manuels condamnés par les évêques, on se prend à penser qu’a faut vivre en des temps bien barbares pour voir violenter à ce point des âmes enfantines.Hier soir encore, dans un autre ordre d’enseignement, dans l’enseignement supérieur, la fête offerte au grand physicien Brauly, pour son élection si disputée à l’Académie des Sciences, administrait la preuve de ce que peut 1 instruction catholique, si surchargée qu elle soit d’oeuvres de toute sorte.Ln la Salle d’honneur de l’Université catholique de Paris, autour du recteur, Mgr Baudrillart, et de M.Branly.se pressaient, au nombre de plus d’un millier, les savants éminents, les littérateurs populaires, ia foule dos étudiants et des professeurs.Et tous célébraient d’un commun élan, dans cette maison des Carmes où coula le sang des martyrs pendant la grande Révolution, dans ce sanctuaire de la science dont jamais les pouvoirs publics ne voulurent connaître l’existence, tous célébraient le succès de M.Branly comme un hommage rendu à.la science française, mais plus encore comme une victoire de la pensée catholique.On eut pu se tourner vers une autre des personnalités présentes et fêter aussi sa gloire : M.Denys Cochin avait tenu à donner à l’Université catholique, à laquelle de vieux liens l’attachent, sa première soirée après l’élection qui, dans l’après-midi, l’avait fait membre de l’Académie Française.Ce fut une élection très disputée : un auteur fameux de comédies et do romans — dont je vous parlais dans ma dernière lettre —, M.Alfred Capus, avait la faveur publique : M.Denys Cochin, orateur parlementaire et philosophe, paraissait devoir échouer l’élévation de son caractère, la très grande sympathie qui se dégage do sa loyauté même ont fait son succès.Personne ne saurait le regretter pour l’Académie, les catholiques ont le droit de s’en réjouir franchement, cur M.Denys Cochin, qui appartient à une grande famille parisienne justement célèbre par sa générosité, a conquis In sympathie reconnaissante de tous les catholiques en offrant, d’un geste large, sa demeure au vénérable cardinal Richard, lorsqu’il y a quatre ans il fut expulsé de son vieux palais archiépiscopal où brûlaient de s’installer nos Excellences ministérielles — non sans y faire, aux frais des contribuables, un million de réparations.M.Denys Cochin, qui a droit au titre de baron, est issu do la vieille bourgeoisie parisienne qui constitue l’une des forces les plus solides de notre pays et qui, grâce à Dieu, ne cesse de se recruter dans le commerce et l’industrie.Dimanche dernier, nous étions quelques-uns, hommes politiques égarés, à côté de trois prêtres, dont deux jésuites, parmi quatre cents “patrons” parisiens, qui s’honorent do compter entre les catholiques les plus ardents, de même qu’ils sont au nombre des plus distingués de leur profession.Ces patrons avaient été, le matin, au Sacré-Cœur do Montmartre, redire leur foi et leurs espérances ; le soir, ils applaudissaient chaleureusement des hommes tels que le Comte de Mun, l’amiral Bienaimé, le Commandant Dri-ant, le Comte de Ludre, tous députés '•atholiquos, leur répétant, en un langage magnifique, la grandeur de la vie professionnelle catholique.Un deuil s est abattu sur nous qui soulève une émotion plus grande que d’habitude : dans une catastrophe de ¦hemins de fer, prèfl* de Chartres, nous avons à déplorer une quinzaine de morts.J,’accident est inexplicable, ou plutôt il serait inexplicable s’il n'y avait lieu^ de constater que, sur le réseau de l’Etat, depuis quelques mois, un désordre effroyable s est introduit, qui a gagné de la direction jusqu’aux agents les plus modestes, et rond possibles dos catastrophes telles qu’on n’en eut jamais à déplorer do si fréquentes et de si graves, sur d’autres réseaux.L’opinion publique réclame des sanctions : il est douteux qu’on lui en donne de satisfaisantes.Au vrai même, il n'y on aurait qu’une : abandonner la conception détestable de l’exploitation par l’Etat.Mais comment faire accepter cotte conception par des politiciens qui veulent étendre toujours davantage le rôle do l'Etat pour pouvoir caser un plus grand nombre ne leurs agents électoraux ?JOSEPH DENAXB.Conseiller municipal de Paris.Quand passait la mort, leur rude “épée” Tombait et sur les corps traçait sa “ croix (Dollard des Ormeaux).En plaçant en tête de son recueil la pièce qui contient ces vers, M.Tremblay a-t-il voulu indiquer dès le début les doux inspirations qui le dominent et qui ont éveillé sa muse ?On le croirait, à voir comme son “Dollard des Ormeaux” cadre peu avec les autres “Evocations”: on prendrait volontiers ce sonnet pour une préface, une manière de timide manifeste.M.Tremblay a le culte des ancêtres, dont on no dira jamais assez qu ’ils brûlèrent de deux passions, colles des grands coups d’épée et des grands actes do foi.L’auteur pense qu’on a tort de no pas évoquer davantage leur mémoire, de ne pas faire revivre le souvenir de leurs fortes croyances et de leurs nobles gestes.Il s’y emploie pour sa part “ de tout son appétit”; et c’est pour que nous l’entendions bien sans doute qu’il a esquissé dès en commençant cette vision touchante do leur épée en croix couchée sur leurs cadavres.Par cette vision de la croix, en même temps qu’il symbolise la piété des aïeux, M.Tremblay nous indique aussi les sentiments pieux qui l’animent.Il aime à retrouver partout la trace de Dieu.Avec quelle ingéniosité il sait la révéler au lecteur “ La Luciole” est là pour vous l’apprendre: Je feuilletais un livre, un livre négateur, Dont les phrases sapaient l’oeuvre du Créateur, Elle fit scintiller scs stigmates de feu Partout, sur le feuillet, où vibrait le mot Dieu! Vers le Maître, sa prière monte, et, bien qu’elle ne se dégage pas assez parfois d’un sentimentalisme laniarti-uien.comme duns “Excelsior”, elle sc parc, dans “Messidor”, de cette robustesse qui rappelle la foi du Breton et le “Credo du Paysan”; Je contemple le flot qui doucement s'apaise, L’immensité, le ciel serein, l’astre de feu Et mes yeux éblouis voient la trace de Dieu, On voit ainsi que ia piété du poète raisonne, suivant le conseil do l’Apôtre : “ rationnbile sit obsequium ves-trum ”.Aux rêveurs, astrologues ou devins, qui s’évertuent à chercher Dieu dans des creusets, il rappelle le grand argument de la saine philosophie : “per ca quae sunt visibilia invisibilia e jus cog-noscuntur” (Lumen).Pour découvrir de la sorte le Créateur, on se passe volontiers des yeux du corps: “L’Aveugle” croit et sa foi”.Fait naître dans son coeur une image de Dieu.Sans doute sur ce thème fécond.M.Tremblay n’insiste guère.Son livre n’est ni un traité ni même un ensemble : c’est le recueil de simples impressions confiées à son carnet au fur et à mesure des circonstances.Aussi les gentos dos anciens preux ne reçoivent-ils que quelques notations dans l’oeuvre du poète.Au lieu de brosser un minutieux tableau d’histoire, daus “Survivance” il raconte plutôt comment et pourquoi leur glorieuse phalange .s’effondra comme un géant! ¦ L’épée de des Ormeaux dessine bien à trois reprises l’éclair de sa courbe (“Dollard”, “Nos ancêtres ”, “Haut les coeurs”!); mais “Nos ancêtres” n’évoquent qu’à grands traits les campagnes d’autrefois.Et c’est tout ou à peu près.Oserons-nous penser que ce n’est pas assez?On voudrait que M.Tremblay, passionné comme il l’est pour les gloires de son pays, les eût davantage exaltées et plus longuement chantées.Ces esquisses ne satisferont guère ceux qui no consentent pas à admettre chez l’oiseau le droit de gazouiller et voleter toujours et lui attribuent le devoir de se poser et de chanter longtemps.Ce peu d'insistance à célébrer les aïeux, on serait mal venu pourtant à le reprocher au poète.M.Tremblay possède une âme vibrante, impressionnable, où la fibre des “saintes colères ” s'enflamme comme l’étoupe.Quand sa pensée lui rappelle les grandes actions d’hier, le présent, auquel scs fonctions le mêlent activement, s’évoque par contraste en son esprit.Et le contraste est frappant de cos hommes d’autrefois qui s’exposaient en personne au péril ou qui ouvraient, la charrue d’une main, le mousquet de l’autre, -sr Le large sillon des araires Et le fécondaient sous leurs pas, avec ceux qui de nos jours font fendre à leurs "Bristols”, montés par les fils gâlonnés de leurs commettants, les vagues écumeuses et peu fertiles do la mer ! L’ire du patriote s’emporte comme malgré lui : devant la déchéance présente et l’écœurement qu’elle lui inspire il oublie vite les grandeurs du passé pour maudire l’égoïsme du présent (Le passé), la vilenie de ses politiques ( Nos ancêtres ), le servilisme des (‘ronds-de-cuir” et des "fils à papa” (Haut les cœurs!), la trahi- Tremblny (Julea): “ De» Mots, Das Vers, (7 1-4 x 4 8-4 pouces, 228 pp., Montréal, Beauchemln, 19ll).son nationale érigée en un titre do gloire ( liégina ).Ces pages compteront parmi les meilleures du recueil.Elles devront cette faveur non pas tout à leur caractère actuel qu'à l’intensité du sentiment qui y palpite et y éclate, à li* correspondance de ce sentiment aveo les effluves les plus sincères de notre âmes nationales.Longtemps sans doute se répercutera derrière le portrait ciselé des courtisans de Versailles, ( Survivance), .Parasites cancéreux Qui, comme une morsure,mcorporaienü leur honte Aux flancs débiles d’un Capet, la gifle cinglante qui retentit à la fia de "Nos ancêtres ” : —-Le présent, igeariote.A tout cc passé qui sanglote Jette le soufflet d’un "Bristol".Longtemps aussi l'on entendra la plainte déchirante qu’arrache au fils des premiers possesseurs l’invasion favorisée en haut lieu semble-t-il des métèques et do la caste sordide que le fouet du satirique fustige du nom do l’éternel réprouvé : Souffre en paix, vieux Shylock : tort nom est immortel ! Reniant et Judas et les deniers du l hump.Toute la terre te méprise ! M.Tromblav s’il a voulu eonquérir la sympathie de tous les patriotes, y aura réussi.Pas un homme de cœur ne refusera do s’associer à la protestation qu’il exprime hardiment contre les mécréants qui oublient l'histoire et livrent notre pays, nos forces et nos deniers aux mains rapaces de " '1 noer, qu’il ait nom Abraham ou Chamberlain.On ne saurait indéfiniment manier le fouet qui cingla "l’Idole" ou faire entendre le rire d’écœurement qui accompagnait le "Dors-tu content Voltaire?' Pour s'arracher aux comparaisons humiliantes que suggèrent notre présent et notre passé, M.Tremblay sc plonge dans le passé des autres nations.Sort cœur a battu au murmure des ruines: In poésie ombreuse qu’elles récèlent a été pour lui comme une révélation, Leur désert lut n éloquemment parlé j au fond des catacombes, il l’avoue.Je n’ai pas ressenti la terreur d’ètr* seul.Son âme méditative y a recueilli des leçons précieuses sur la survivance do l’âme (Ruines).L’âme seule a des droits à l'immortalité, sur la vanité de la vie et la noblesse de la mort ( Forum ).Des licteurs.Devant tant de grandeur inclinent! leurs faisceaux, sur le triomphe final emporté par leg martyrs ( Colysée, pour Colisée).Son ombre souveraine .s Ecrasera César dans la postérité, A M.Tremblay les vieilles choses n’ont donc pas tenu un autre langage que celui qu’elles tiennent à tous leurs adorateurs ; elles lui ont dit que “co vit vit le plus, c’est ce qui est mort.’1 Le poète a su cependant traduire leura confidences avec des accents personnels:! l’antithèse, par exemple, entre les colonnes tombées du "Forum” et l, s licteurs "debout dans leur solidité” e^t bien de lui et constitue, crovons-nous, une image absolument neuve dans notre littérature à nous.La figure offre line nouveauté pareille à celle qui forme le fond de "La Catalogne C’est une reine encore ælle-là, mais qui n’est pas étrangère à notre pays.Pour bien faire sentir comme il l’a aimée, M.Tremblay entasse les uns sua les autres.Les dessins tapageurs, les coloris perçants ; aucune do ces couleurs chatoyantes na le ravit à l’égal de La catalogne aux fils tordus du CauaH da.Pourquoi le poète n’a-t-il pas célébré plus de reliques du même genre 2i Lee choses de chez nous, si l’on en juge par cotte pièce, ont le don «le séduire et d’inspirer d’ingénieuses strophes.M.Tremblay, avec la puissanca d’émotion qui le caractérise et sa finesse d’observation, était l'artiste tou# désigné pour les chanter.Abbé Emile CHARTIER.( Suite à demain ) -.L’hon.M.Sifton SON INTENTION N’EST PAS DR DEMISSIONNER.NI D’ENTREE DANS LA POLITIQUE IMPERlAe LE.Ottawa, 3, — L’hon, Clifford Sifton, interviewé, hier soir a déclaré qu’l) n’y a rien de vrai dans la rumeur qu’il devait abandonner son siège au fédéral, pour entrer dans la politique impériale.H a dit : “Je n’ai pas l’intention de démissionner.Il n’y a rien de vrai dans cette rumeur.Interrogé s’il était vrai que l’Ouest était solide pour la réciprocité, il a dit: “Je ne pense pas qu’un homme puis-se parler avec assurance do ce que sera le vote de l’Ouest sur cette question comme sur toute autre”.Il n’a guère l’air de se préoccuper des nombreux articles contradictoireé écrits sur son compte. 1 e LE DEVOIR.Vendredi, 3 .Mars, 1911.LETTRE D’OTTAWA UN AUTRE RECALCITRANT.— M.GERMAN, DE WELLAND, S’OPPOSE A L’ENTENTE TAFT-FIELD1NG.— Y AURA-T-IL D’AUTRES REVOLTES?— UN DISCOURS D’UNE HEURE.— DEROGATION AUX VIEUX PRINCIPES DU PARTI.— M.LAURIER INQUIET.— M.GERMAN ET SON ATTITUDE PASSEE.— NAGUERE ET AUJOURD’HUI.— L’EPOUVANTAIL DE L’ANNEXION.— LES DECLARATIONS DE M.LAURIER EN 1899 ET EN 1901.— LE CAPI TAL AMERICAIN AU CANADA.— AMERICAINS ET POMICUL TEURS.— POURQUOI SE HATER?— QUI BENEFICIERA DE L’ENTENTE?— LA RECIPROCITE IMPERIALE.— LA PROTEC TION MODEREE.— BLANC ET NOIR.— M.LAURIER, LA SEMAINE PROCHAINE.1 Ottawa, 2 Mars.lincorn un récalcitrant, à la droite, aujourd’hui.C’est M.^ ¦ M.'tferman, député ministériel de Welland, Ontario, un membre do la, vieille garde libérale, puisqu'il fût élu pour la premiere fois en 1891, aux dernières élections faites par sir John A.McDonald.Le gouvernement s’attendait à cette défection, car, il y a trois semaines, M.1 Germ an annonçait son intention formelle de ne pas suivre son parti, en cette affaire de l’entente Taft-Fiekling.Aussi M.Laurier n’a-t-il pas paru surpris de son attitude; il a.écouté fort attentivement l'orateur, d'un bout à l’autre de son discours, tandis que son collègue, M.Fielding, était absent de la Chambre.La protestation de cet autre député ministériel, après celle de M.Sifton.¦qui fait tant gloser la presse et les politiciens, précède, dit-on celle de M.Sealey, député de Wentworth.On avait compté aussi que M.Lloyd M arris, représentant de Brantford, s'embrigaderait avec les récalci trants, mais, paraît-il, cela n’aura pas lieu.T M.German est, un grand et bel homme à la chevelure et à la mous-la die toute blanches, au teint fleuri, l’air alerte et jeune, malgré ses soixante ans sonnés.Avocat à Welland, il n’est pas éloquent, mais 'parle avec facilité et lion sens, et,-—à en juger par son discours de cet après-midi,—il sait être bref, car il a parlé à peine une heure.Cela olui a suffi pour nous exposer clairement ses motifs de se séparer de son chef sur cette question.I Voted ionniste modéré, il voit, dans l’entente Tal’t-Fielding une dérogation aux vieux principes libéraux.“Ce sont, dit-il, mes chefs qui ' désertent la vieille doctrine libérale, non pas moi qui déserte mon parti!'’ Los!arguments de M.Kifton et les siens se touchent d’assez près; -ruais si son discours offre peu de nouveau, il est néanmoins assez intéressant.de la pari d’un député ministériel.La droite et la gauche ont applaudi à tour de rôle les paroles fran-•ches de M.German; et les ministériels,—“c’est à peu près la seule consolation que je puisse offrir à mes collègues de la droite, dit en riant M.German.—n'ont pas manqué de souligner d’applaudissements la tirade où le député de Welland dit: “Je ne vois rien, néanmoins, dans cette entente, qui puisse justifier l'opposition de crier au péril annexionniste.” La séance n'a pas eu le cachet de solennité qu elle avait, mardi, grâce au discours retentissant; de M.Hifton.Il ne s'agissait pas non plus d’une rupture complète, car M.German, simple député, n’a pas répudié son parti à tout jamais, tandis que M.Sifton.ancien collègue de M.Laurier dans le cabinet, “a.postasiait”.mardi, pour employer l’énergique expression d'un fidèle sectaire ministériel.Néanmoins, ces défections dans les rangs de son parti,—bientôt compensées, disent les gens de la droite, puisque, d'après eux, MM.Gilbert, et Paquet suivront peut-être le gouvernement.en cotte affaire,-inquiètent M.Laurier; il aurait même mis en oeuvre, disent certains indiscrets, toutes ses séductions de charmeur " ' ¦ pour empêcher .l'esclandre de M.Sifton; mais celui-ci lui aurait répondu: “d'en ai assez, de l’opportunisme de ce cabinet-ci.je vais dire une fois pour foules ma façon de penser, et le faire clairement !” Comme le premier ministre n'a pu réussir à, calmer M.Sifton, il va, dit-on, dès mardi ou mercredi prochain, faire un grand effort oratoire pour raffermir ses ouailles auxquelles la révolte du député de Brandon et de M.German, donne à, songer, quelque peu.C'est peut-être à cause de son prochain discours, peut-être aussi à cause de l'ennui qu’il sent, à, ne pouvoir garder sous sa houlette tout son troupeau d'habitude docile, que le premier ministre a l’air songeur, ces jours-ci, et qu'il l’a paru davantage, mardi, en écoutant M.Sifton, et, cet après-midi, en suivant l'argumentation de M.German, i • $ " U Dès le début de ses remarques, devant une assistance assez nombreuse, M.German -dit nettement : “Je diffère d’avis de ceux dont j'ai toujours été l'associé.Mais je suis sincère, et il me faut faire part à la Chambre des raisons pourquoi je me sépare de mon parti sur cette question-ci.J'ai toujours été un partisan politique tenace, élevé dans les principes du Globe.Aujourd’hui.j envisage cette question d’une entente tarifaire avec les Ktats-Unis non pas avec les yeux d’un politicien, mais je le fais en recherchant avant tout l’avantage du Canada.‘'Dès 189], j’ai été candidat libéral dans Welland.Mon parti, alors, voulait ]« réciprocité illimitée, l'union commerciale avec les Ltats-Unis.1 ai fait la lutte sur cette question, et le peuple m’a élu." Mais, me direz-vous, vous avez donc été jadis libre«éeliangisto?” Je I avoue,—ce principe de la réciprocité absolue ne me souriait guère, mais candidat du parti, j'gi suivi mou parti.Au reste, alors, les conditions du commerce n'étaient pus ce qu'elles sont aujourd’hui.Les affaires étaient mauvaises, les temps durs, le marché local, pratiquement inexistant, les industries acculées à la ruine.Je voulais la réciprocité afin de faire cesser cet état de choses.Mais nous n'arrivâmes pas au pouvoir, en 1891, et ce fut peut-être aussi bien, comme Fa dit •M.Fisher, qui ne me semble pas avoir été, à cette époque-là, fort en laveur de l'union commerciale.(Applaudissements à gauche.) ''Kn 1896, nous réussissons: M.Laurier devient premier ministre .et renonce à son libre-échangisme, puisqu’il n’en est pas question aux élections.Notre parti modifie sa'politique tarifaire et, pratiquement, adopte la politique nationale de Sir John A.McDonald, avec des modifications de peu d’importance; nous adoptions, nous aussi, le principe de la protection modérée.(Applaudissements à gauche.) “Disposons donc tout de suite, tandis que j’y pense, ajoute M.German, de cet argument-ci, qu’il faut repousser l’entente Taft-Field-ing parce qu’elle nous pourrait amener l’annexion aux Etats-Unis.Je ne crois pas cela.(La droite applaudit) de ne crois pas qu’il soit juste de mettre ainsi en doute la loyauté des Canadiens.Elle ne dépend pas du commercé}, les questions de piastres et de sous ne la doivent pas influencer, ne l'influencent pas, j’en suis certain.Et voilà certes le seul argument de la gauche qui.à mon gré, ne vaille rien.C'est là tout ce que je puis concéder à mes amis de la droite.” Après une courte allusion à la prospérité générale du Canada, depuis 1896, M.German remarque: “Si le pays est aussi prospère, depuis quatorze ans.à quoi le doit-il?A la protection modérée, à notre refus de donner aux Américains les avantages que nous allons leur céder aujourd’hui.A ce propos que je vous rappelle deux faits, de nature à vous prouver que M.Laurier ne voulait pas la réciprocité, alors; en 1899, notre premier ministre disait, à propos des négociations avec Washington: “Le Canada ne veut pas de ht réciprocité, et, ce tpi ’il lui faut, c’est d’être indépendant du marché américain.” (La gauche applaudit) Eu 1901, à Montréal, M.Laurier disait aussi : “Nous n’irons plus à Washington, Washington viendra dorénavant à.nous et nous lui donneroûs alors poliment la leçon que nos voisins des Etats-Unis nous ont donnée naguère !“ (Signe d’approbation à gauche).Leur avons-nous donnée, cette leçon?J1 me paraît que non, messieurs!” La droite est silencieuse, la gauche fait du bruit, el M.Sifton, assis droit eu avant de M.German, et tourne vers lui, se fait un cornet acoustique de sa main droite pour mieux saisir ce qu'il dit à la Chambre.“On m’a dit, continue M.German, que je déserte mon parti.C’est faux.De quelle utilité est un parti politique, s'il n'est une aggregation d’hommes mus par un ensemble de principes qu’ils estiment avantageux au pays?Je ne puis dans ce cas-ci, suivre mes chefs de jadis quand ils prônent un principe que j’estime devoir être désavantageux à mon pays ! ’ ’ M.German soutient (pie, dès 1896 et depuis, jamais il ne fut question de réciprocité avec les Slats-Unis, aux élections générales, “où personne n’en parlait ni n'en voulait.” 11 constate que, dans la seule division de Welland, des industriels américains ont déboursé sept ou huit millions pour construire des usines qui emploient plusieurs milliers d’employés et ont créé un marché local tout aussi bon que celui de Buffalo.“Il ne faut pas, selon moi, mettre en péril, détruire même cette prospérité, aujourd’hui générale dans tout le pays.Si mes chefs renoncent à leurs principes libéraux, moi, je n'en suis pas!” .M.German explique ensuite que depuis vingt ans les terres en culture.dans sa région, ont pris une plus-value de soixante-dix pour cent, et s’écrie: “Mais, quand Jqs Américains nous ont fait des propositions d’entente commerciale, pourquoi M.Laurier ne les a-t-il pas accueillis comme il a reçu les pomiculteurs, en leur disant: “Vous vêliez trop tard.” C’eût été agir mieux que vous ne U avez fait à l’égard de ces pomiculteurs, c'eût été plus juste)” (La gauche applaudit à tout rompre, la droite no bronche’pas.) M.German reprend cet argument, déjà employé par M.Sifton, et quelques autres, que le gouvernement n’a aucun mandat de négocier cette entente, constate que, en 1897, MM.Fielding et Paterson, avant de remanier le tarif ont consulté les hommes d’affaire et les agriculteurs tandis qu 'ils n’en ont rien fait, cette année, les blâme d’avoir procédé, à Washington, sans mettre personne an courant de leurs intentions, et d’être arrivés ici en disant: “Supportez cette entente, ou vous êtes de mauvais partisans!” “J'en suis un, dit-il, puisque je fais ce que jfc crois juste de faire!” “Au reste, ajoute-t-il, pourquoi nous hâtons-nous tant, en cettei affaire-ci?L’affaire n’est pas si avantageuse pour nous.Pourquoi n’avons-nous pas attendu, avant d’aller à Washington, l’arrivée au pouvoir des démocrates, la réunion du prochain congrès, qui, d’après son programme d’élections, devait diminuer le tarif américain?Nous •sommes allés trop vite.Cela n’est pas sage.Pourquoi ne pas attendre afin de voir quel acte poseront les nouveaux “congressmen?” Songez-vous que si nous approuvons cette entente, même si le Sénat américain ne la ratifie pas, nous la garderons dans nos statuts, et qu’ils eu pourront ensuite—à moins que nous ne l'en effacions,—prendre avantage, n’importe quand, eu adoptant une mesure analogue?” M.German estime que les ueuf-dixièmes des hommes d’affaires canadiens sont opposés à cette entente, ne croit pas que les pomiculteurs en souffrent beaucoup, mais ajoute que l’on eût dû les consulter avant de les sacrifier.Par contre il craint que l'industrie des viandes canadiennes ne soit fort affectée par ce traité, de même que nos meuniers, qui ue peuvent exporter leur farine aux Etats-Unis sans y payer un droit d'entrée de cinquante sous du baril; quant aux cultivateurs, ils ne bénéficieront guère de cette entente, à son avis, puisque M.Taft l’a négociée pour faire diminuer le coût de la vie aux Etats-Unis, “S’ils en bénéficient, dit-il, ce sera au détriment final des autres classes du Canada.’ “Si vous voulez absolument nous donner la réciprocité, ajoute-t-il, pourquoi ne pas nous la donner avec le reste de l’Empire! IMPORTANT Un grand nombre de nos amis se plaignent qu’ils ne peuvent, après six heures le soir, se procurer le “ Devoir ” chez leurs dépositaires.Nous avons nous-mêmes constaté ce fait et nous voulons faire tout en notre pouvoir pour satisfaire le public sans cesse grandissant des lecteurs de notre journal.Ceux donc qui veulent être assurés de se procurer le “ Devoir ” tous les jours, voudront bien remplir la formule ci-contre et l’envoyer à l’administration du “Devoir 71a Rue Saint-Jacques.Nous leur dirons où se trouve le dépôt le plus rapproché et nous enverrons en même temps une copie de plus à cet endroit, avec un avertissement qu’à partir de cette date, ils prendront le “ Devoir ’’ régulièrement.Je ECRlRli BIEN LISIBLEMENT Adresse disire acheter le “ DEVOIR ,,f pour.Mentionner ici si c'est pour ua mois, deux mois ou plus J Notre premier ministre va partir en mai pour assister à la conférence impériale de Londres.Pourquoi, s'il tient à la réciprocité, ne tait-il pas des ouvertures en ce sens, aux représentants des autres colonies britanniques?Cela ne serait-il pas plus avantageux pour l'Empire?” Il conclut enfin son discours par cette declaration de principes: "A mon sens, la véritable politique adoptée aux intérêts du Canada, c’est la protection modérée.Si nous ne nous en tenons à ee système, le Canada ne sera jamais une nation.(Applaudissements à gauche).Et l'.m sc méprend si l'on l'on conclut cette entente pour faire plaisir aux “Grain Growers” et à la classe agricole du pays.Dans trois ans, peut-être.ceux-ci verront que la réciprocité limitée ne leur - 10,339 Eaux minérales 72,420 17,240 l’or titanifèio.r>,;v.) \ Argile 18,492 2-1,000 Ciment 1.954,646 1,314,551 Magnésite .2,160 2,.Vi)$ Marbre 151,103 130,000 Flagstone .SÎH) 8,500 Granite 251,447 149,064 Chaux 236,948 105,480 Lierre à chaux.483,447 457,143 Brique 946,01 1 584,371 Tuyaux tui les.poterie J 03,7 71 i 25,000 IJuartz 2,013 Totaux- .$7,072,244 $5,552,062 Les chiffres qui suivent donneront une idée 2e—Wanderer.Russell .10.40 3e—Ottawa.Walsh.f> 4e—Wanderpr.ITylaml ., .2.05 2iême période 5e—Ottawa.Shore .J .35 Oe—Wanderer.Johnson.!•> 7e—Wanderer.Ross.-° 8e—Wanderer.Johnson .2.20 9e—Wanderer.Glass.1.50 10e—Ottawa.Ridpath .10 lie—Wanderer.Russell .2.00 12e—Wanderer.Johnson .8.55 13e—Wanderpr.Russell .2.05 •liéme période 14e—Ottawa.Lake.9.45 15e—AVanderer.Hyland.10 16e—Ottawa.Shore .5.20 17e—Ottawa.Lake.2.10 l,8o—Wanderer.Smaill .1.00 loronto, 3.— Dépêche spéciale.— Ua taxe rie courses que la législature pro-\ iimt d’imposer sur les pistes, affectera les grands hippodromes de la façon suivante : Piste VY oobitie.Hamilton.Fort Erié.Dufferin Park.YYindsor.Durée 11 jours jours jours jours jours 11 I I II 14 Montant 82,800 2,800 2.800 2,800 2,800 PERDUE, LA PARTIE AU COFFRE LE REM’REYY A TRIOMPHE DU CANADIEN PAR UN SCORE A 3 DE Renfrew, 3.— Spécial.— Malgré la présence de Racket Power sur l’équipe du Canadien, ce dernier s’est fait vaincre hier soir par le club local.l e Renfrew a tenu à gagner cette partie pour bien des raisons que le Canadien comprendra quand il aura perdu la seconde position !.L’unipirp a accordé maladroitement un point de plus au club local.Los deux défenses firent des prodiges celle du Canadien surtout.Pitre, et I.alonde ne jouèrent pas leur partie x—Remplacé par Renan, xx—Remplacé par Dallaire.Arbitre, Tom Ellis ; assistant,Jack Ryan ; Chronométeurs, A, Bernier et J.Jackes.Pénitenciers, G.Kennedy et H.Jordan.Juges des buts, A.P.Grothé et X.Campbell.SOMMAIRE Première période Total pour 70 jours.811.000 La taxe sur les hippodromes de trot et d’amble sera de S10 pour une journée, 810 pour deux jours et 300 pour trois jours.Toutes les réunions de trot et d’amble organisées dans la province seront soumises à cette taxe, dont les revenus seront fort problématiques.Vers le Championnat Les S o( I l mars prochain, les Cliff-sides joueront une partie de détail pour la suprématie de l'Interprovinciale.Le vainqueur rencontrera le G rand'Il ère.Le champion luttera ensuite contre le vainqueur do l’ouest.Voici la position des clubs dans chacune de ces deux sections de la ligue Interprovineiale : I Section Centrale ' ordinaire.Perdue ! au coffre ! A oiei quell équipes : Renfrew 1 .imlsay S.('leghorn Taylor Y air Smith 0.Cloghorn x Itowe Elle est perdue la partie f était la composition des I —Can ad ien.Paya n .2— Renfrew.Smith.3— Canadien.Power.4— Renfrew.( air.1.00 8.00 5.00 2.00 2ème per iode 5—Renfrew.O.('leghorn.10.00 G—Renfrew.Smith.7.00 Canadien période Buts Vézina 7—Canadien.Dallaire.15.00 Points Power Punitions : 1ère période, O.Cleg- Cou verts Laviolette horn.Rowe, Pay an.3 mins : 2ème Rowers Pitre période, S.Cleghorn.Lalonde, Rouan, Centres I.alonde Vair.3 mins.; 3ème période.Dalhii- Ailes droites Payan re.Pitre, 3 mins.Totaux : Canadien Ailes gauches xxPoulin.il minutes, Renfrew.15 minutes.Cliffsides .Now-Edinburgh Montréal.Victoria.Parties C.P.Aj.5 1 2 ¦ .512-.2 1 0 .0 G 0 - Points G.- (il 19 38 35 Geaîul’Mère.Westmouril.Trois-Rivières, Sherbrooke.(Section de l’Est) Parties G.P.Aj.t 2 0 - .3 3 0 .3 3 0 .2 4 0 - Points G.¦ 49 23 - 48 - 42 P.33 40 46 47 Ce soir au Jubilée Les Quilles M A.A.A.A No.2.Clarke .202 213 157 Sloxver .179 129 125 YValsIt .169 162 125 Cross .168 csa 202 Legal la is .138 170 153 Totaux 854 86 3 762 Moyenne : —495 4-5, Ix.Tï.Y.M.C.A.Cuthbcrt .204 177 137 Sisco .113 140 12(5 Smith .146 168 107 Black .173 144 141 Carmichael .156 140 135 Totaux 792 769 646 Moyenne — 441 2 5.CHAMPETRE No 1 Boit lia nnc .134 199 193 Gagnon .180 480 160 Fréchette • 178 165 166 .1.Pelletier 184 171 161 Label le .181 200 180 Totaux 857 915 860 Moyenne:- — 526 2-5.WESTMOUNT A.-K.Rox .186 132 141 W.K.Brown .178 158 161 A.AV.Parker 129 206 153 W.-A.Holland 128 157 150 H.Hoir .151 177 179 Totaux 772 830 784 Moyenne:- - 477 1-5.STANDARDS J.Prx’sdalo .162 168 189 E.Oammell .164 158 166 E.-H.Qui un 163 200 176 P.Bougie .162 154 202 S.-J.Copemart .221 .15 158 Totaux .872 895 891 Moyenne:— 531 3-5 M.A.A.A.No 3 R.Wall .197 176 211 S.Walsh .149 154 145 D.-S.Gough .140 153 157 J.-B.Alexander .201 188 179 A.-J.Ayer .145 168 158 Totaux .838 839 850 Moyenne 505 2-5.CHAMPETRE No Stanford 168 168 202 Alf.Blaondcan .210 195 178 Jos.Nelson 192 190 203 Alb.Blondeau .218 194 183 Mireault 169 157 139 Totaux Moyenne :— 554 1-5.957 904 910 Le Cercle St-Jacques et le National reprendront leur seconde partie nulle, ce soir, au Jubilee et cette partie sera précédée d’un conflit entre les équipes des frères Baillàrgeon : Buffet vs Iv.-press.C’est la première fois rette année.quc Clovis et Baptiste en viennent aux prises sur la glace, leur club respectif ayant pacagé dans un différent pâturage.Les Buffets étant eneore sur les rangs, pour le championnat de la ligue du district, feront tout en leur pouvoir pour remporter la victoire.Quant â la partie National-St-Jacques, ceux qui ont vu les deux clubs aux prises, lundi savent qu’ils seront témoins, ce soir d’une partie excitante.— Jos Marier.Camel fait | des siennes DISCONTENT PREND LA BOURSE Jacksonville, 3.— Camel, pour avoir nui à son champ, dans la dernière épreuve, est déclassé et Discontent prend la bourse.Sommaire: 1ère course.$400.chevaux de 2 ans, 4 1-2 furlongs.— l, American Girl, 111.Byrne.5 à 1, 5 à 2, 0 à 5; 2, .Many, 105, Hufnagel, 10 à 1, | à l, 2 à 1 ; 3, Margerum.111.Gross, 15 a.1, 6 à 1, 3 à 1.Temps, 55.Traymore, Gus.Hartridge, Fred.Haie, Mary Lee, Johnson, Griff.Frog Legs, Slim Princess, Silas Grump, Colletter ont aussi couru.2ème course, $400, chevaux de 3 ans, G furlongs.— 1, Monte Fox, 115, Byrne.16 à 5.* à 5, 4 à 5; 2, Fort Car-roll, 107, But well, 8 â 1, 3 à 1, S à 5; 3, Oracle, 106.Musgravc, 5 à 1, 5 à 2, 7 à 5.Temps, 1.13 3-5.Dusty, Missive.Hand Running, Minta.Deceivable, Golden, Red Bob.La U Mexican.M’est-ern Belle ont aussi couru.3ème course.8100, chevaux de 1 ans.6 furlongs.I.Ymorrl.100.Butwell, IS à 5, 7 à 5, 7 à 10; 2.Austin Slur-tnvaut.110, Fain, 30 à I.12 à I.7 à I.3, Summer Night, 108 .G iron do, 20 à 1.8 à I.1 à 1.Temps, 1.13 3-5.English Esther, Frances Ray.McAmlrews, Y'oltaire, Dodson, Starboard.Havre, Lord Nelson.Hilda’s Sister.Meltonda-le, Henry Crosscaddin, Night Miss ont, aussi couru.lème course, handicap, chevaux de 3 ans, 7 furlongs, 8600.— L The Nigger.115, Loftns, 8 à 5, 7 à 10, I à 4; 2, Herbert Turner, 96,Dunn, 16 à 5, 6 è r, 7 à 10: 3.Ella Bryson, 101, Al c -Taggart.10 à 1.3 à I.Temps, 1.27 2-5.Attentive, Imprint ont aussi couru.5ème course, chevaux de 1 ans.8400, J 1-16 mille.— I.Spindle.107.Loftus, S à 1.3 à 1.8 ii 5 : 2.Radium Star, 104, Byrne.3 à 1.6 ii 5, 7 à 10 ; 3.Rosoburg H.107, McTaggart, 3 » I l à 2.Temps 1.48 3-5.Hill Top, Pedigree, Brevit.Judge AYalton et Tortuous ont aussi couru.fièine course, 8400.chevaux de 3 ans, 1 mille 70 verges.— 1, Discontent, 102, Winder.20 à 1, 8 à 1.3 à I -, 2.Dress Parade.103, Ross.10 à 1.4 à 1, 2 à.1 ; 3.Detect, 99.Cole, 12 à 1, 4 à 1.Temps, 1.47, Hughes.Alice, Gold Dust, Campaigner, AYaltr, Bodkin, Cherry ont aussi couru.Voici la liste des inscrits dans les courses de vendredi après-midi.1ère course, chevaux de 3 ans, 7 fur-longs.- Eastern Star.103 ; Anna, Frances Ray.Peep Shot, Blarney, YYool Spun, 109; Mozart, 114.Sème course, à réclamer.6 furlongs.—Catroke, 97 ; Gavotte, 97 : Mason, 99 : Elizabeth 0., 101 .Amerieaneer, Lady Orimar, Queen l;ead.107 ; Cano-piaii, Andy Ginter, Foregunrd, Heine.Howlet.Duke of Bridgewater.109 ; Joe Rose, 112.3ème course, chevaux de 3 ans, 7 furlongs.— Rod Wine.103; German Silver.109; The Squire.106; King’s Daughter, Donau.107 ; George S.Davis.109: Banives, 110.dénie course, chevaux de 3 ans, I mil le.- The YVhip, 88; Camel.93; Third Rail, 97; Star Blue.106: Effemii, 107.5ème course, chevaux de 3 ans, 6 furlongs.—Creole.Ihdora, 94: Rampant, Coletta, 97; Sculpture, 99; Aunt Kate, Cherry Valley, Bonnie, Bec.104; J.B.Robinson, 106; Simple Life, Abac Hamilton.107: Maritza, Jolly.109.Oème course, chevaux de I uns, 1 1-4 mille.—Star Over.99; Mique O’Brien, Sou.103; The Alonk.First Peep, 105; lluek, 108; Sam.Bernard, 110; Royal Report, 114.La Cour d’Assises LES GRANDS JURES FONT MISES EN ACCUSATION.LES mises après I I : Ja Les grands jurés ont fait les on accusation suivantes hier b midi: Thomas Waterhouse, meurtre mes Reid, vol; Francis S.Aubin, AA’.Mention, Alike Kutcbuck et Arthur Clubsein, conspiration; Francesco Cré ola, meurtre; Saado Malitz.vol avec effraction, Eddie Sullivan, avoir tenu une maison de jeu; A.1.Lemieux, vol de grand chemin; Napoléon Jubinvillo et Joseph Ouimet, parjure.Après avoir reçu ec rapport, le tribunal fait appeler les causes figurantes sur la liste.Mtres Crankshaw, père et fils, défenseurs de Waterhouse, déclarent que l’accusé est atteint de folie et demandent son internement.Le tribunal décide que les docteurs Y’illeneuve, M -Taggart et Dugas soient chargés de faire un rapport sur l’état mental du malheureux.Le procès de A.J .Lemieux est • ensuite fixé à samedi et celui de Jubiu-ville et Ouimet à lundi puis Montiori accusé de conspiration demande laper mission d'aller devant la cour des Ses sions Spéciales, ce qui lui est accordé, sans difficulté.Avant d’ajourner, on fixe te procès de Créola, l'Italien accusé de meurtre, ft ce matin.PACIFIQUE ll CANADIEN Service de Toronto li TniB ii 110.45 M.Ht Le Train de Nuit Favori Quitte Montréal plu.tard «un tout autre train «t roraenun arrivant du.eux à Toronto, plu.tflt.LM nouvoMX ot «Matou* wa*ou.-dur-lolr».pour l’teutpomenl doH)u«l.le C.1* H.cl an rouoni, .ont «ir oo train.Ira train, pour In an*) Union, Toronto, partant » *M* a.m.et p.m.CRANDTRUNIY RAILWAY SYSTEM.Voyagez sur la seule voie double ferrée Entre MONTREAL, TORONTO, HAMILTON.NIAGARA FALLS, DETROIT ET CHICAGO.Cette Session spéciale ON CROIT GENERALEMENT QU ELLE SERA LONGUE SI ELLE —.4 CONVOQUEE.PRIX REDUITS EN FORCE DU 10 MARS AU 10 | il AVRIL 1911 BILLETS TIE SECONDE CLASSE TOO R COLONS DE MONTREAL A VANCOUVER, VICTORIA.SEATTLE, PORTLAND, ORE., NELSON.ROSS-LAND.SPOKANE.SAN EU A NCI SCO.LOS AXOE1.ES.SAN DT-EOO.vlEXICO CITY.Ali-r.l-’riv rëiluits pour droits.CHARS TOURISTES La plus belle voie et le meilleur équipement.Rails d’acier 100 Ibs ü la verge.Kin ploy fis polis et al tent ifs.7’ HEURES aTOTONTO INTERNATIONAL LIMITED ” (Le train lo plus rapide dr **anaàa) Quitte Montréal à 0 a.m., tous les jour* pour Toronto et l’Ouest.| $47.70 ! 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