Le devoir, 28 février 1911, mardi 28 février 1911
DEUXIEME ANNEE—No.48 MONTREAL, MARDI 28 FEVRIER, 1911 UN SOU LE NUMERO e.ABONNEMENTS : Edition Quotidienne î O AIT ADA ET ETATS-UNIS.*3.00 UNION POSTALE.$6(00 Edition Hebdomadaire : ^.*1.00 8TATS-UK7S.# • • $1,50 IW10N POSTAIiB.# .$^.00 LE DEVOIR Rédadfon et Adminiftratioo i 7It SAINT-JACQUES.ONTREAI.\ - TELEPHOl\’: REDACTION^ Mua 7460 ADMINISTRATION: M.la 7461 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS i LES DESSOUS DU BILL Tramway, Eclairage, Referendum Au risque de faire grand’peine à ceux qui trouvent que nous parlons trop du bill des tramways, nous allons y revenir une fois de plus.La Presse s’intéresse énormémènt aux cornes hypothétiques du bébé qui aurait pu être un monstre ; les cornes très réelles du monstre parfaitement tangible que veulent nous imposer MM.Langlois, Robert et Compagnie nous intéressent davantage, nous le confessons.—11 est parfait! s’exclamait hier, avec une sorte d’admiration, un vieux praticien du barreau en examinant le texte du projet Langlois.11 est peut-être aussi dangereux par ce qu’il veut extraire des statuts que par ce qu’il essaie d’y mettre.En cflfct, prenez l’article.24: “Les articles 5917 à 5919 inclusivement____dos statuts refondus 1909 ne s’appliqueront pas à la compa- gnie.” Rien de plus simple, rien de plus catégorique non plus, et l’on n’a qu’à jeter un coup d’oeil sur les articles supprimés que l’on trouvera ci-dessous pour mesurer l’importance de ce trait de plume.Afin de protéger les citoyens contre les faiblesses ou l’incurie de leurs mandataires, le parlement a décrété, il y a quatre ou cinq ans, que les conseils municipaux ne pourraient accorder à qui que ce soit “le privilège, le droit, la franchise, pour plus de dix années, de poser et de maintenir ses rails dans la municipalité et d’y faire circuler des voitures électriques, etc.” sans un appel aux électeurs.Pour être bien sûr que ectte disposition ne serait point éludée, pour ne pas laisser le moindre doute sur sa volonté, le parlement a décrété que cette règle prévaudrait “nonobstant toute disposition contraire ou incompatible dans une loi générale et spéciale.” De sorte que, à l’heure actuelle, où l’on parle beaucoup de prolonger la franchise de la compagnie des tramways, toute prolongation de plus de dix ans serait nécessairement soumise à un referendum et devrait, pour “avoir force et effet, être approuvée par la majorité en nombre des électeurs municipaux” qui prendraient part au scrutin.Que le projet Langlois soit adopté au contraire, avec ces trois lignes de l’article 24, et la clause protectrice du referendum devient lettre-morte en tout ce qui concerne les tramways.Mais il y a plus: Le trust ne contine pas son ambition à l’absorption de tous les tramways et chemins de fer aériens, souterrains, et de surface, présents ou futurs, de l’île de Montréal, des îles Jésus et Bi-zard; il vent en outre se faire donner le droit de se fondre avec qui il voudra, d’acheter n’importe quelle autre compagnie ou, pour employer les termes précis du paragraphe 11 de l’article 21 du projet, d’“acquérir et exploiter toute autre entreprise manufacturière ou autre” qu’il “croira pouvoir être convenablement exploitée concurremment avec ce qui précède, ou destinée directement ou indirectement à augmenter la valeur de quelques-uns des biens ou des droits de la compagnie ou à les rendre profitables.” 11 est évident, d’après le texte du bill, que le trust pourra, s’il le désire, acquérir des compagnies d’éclairage au gaz ou à l’électricité.Or, s’il le fait, s’il acquiert par exemple la Canadian Light, Heat & Power ou la Montreal Light, Heat & Power, qu’adviendra-t-il de ces quatre lignes de l’article 24 du projet Langlois?Elles supprimeront, par ïe fait même, toute nécessité du referendum en matière d’éclairage.Car, notez-le bien: on ne dit pas: les articles 5917 à 5919 ne s’appliqueront pas aux tramways ou aux chemins de fer de la compagnie, mais bien “ne s’appliqueront pas à la compagnie,” ce qui couvre toutes ses entreprises actuelles et futures.Et l’on a bien soin de demander l’abrogation, non seulement de la section a de l’article 5917, laquelle vise les tramways, mais celle aussi de la section b qui concerne spécifiquement l’éclairage.Et soyez-en convaincus, les avocats du trust savaient ce qu’ils faisaient en pratiquant dans la loi générale cette large coupure.# * * Les citoyens de Montréal sont-ils disposés à laisser ainsi abroger d’un trait de plume, et par un coup de jarnae, cette clause du referendum qui reste leur grande sauvegarde contre les entreprises d’un conseil faible ou corrompu?" S’ils ne le veulent pas', qu’ils surveillent ce qui se passe à Québec, qu’ils fassent entendre très haut leurs protestations! La Presse et la Patrie, grandes prêtresses du bluff et de la télépathie, la Presse et la Patrie, qui consacraient de pleines pages à se qualifier réciproquement de menteuses et de Sheldon de l’annonce, ont beau éprouver subitement une sainte horreur du bruit, le bruit reste parfois utile.Il a plus d’une fois servi à éloigner d’une proie ardemment convoitée la bande de chacals qui rôdait alentour.OMER HEROUX.CEUX DONT ON SE DEBARRASSE LE REFERENDUM Nous commençons aujourd'hui, pour faciliter à nos lecteurs la pleine intelligence du bill du Tramway, la publication des articles de loi dont le trust demande l’abrogation à son profit.Voici d'abord la clause du referendum commentée dans l'article ci-des-sus :i 5917.Nonobstant toute disposition contraire ou incompatible dans une loi générale ou spéciale, lorsqu’une municipalité, dans Texcrcice d’un pouvoir qui lui est oonféré par sa charte ou par une loi générale, fait quelqu’un des actes suivants, savoir : (a) Accorde à une personne, à une société, à une corporation ou à un syndicat le privilège, le droit ou la franchise, pour plug de dix années, de poser et de maintenir ses rails dans la municipalité et d’y faire circuler des voitures électriques, à vapeur ou à autre pouvoir moteur pour le transport des voyageurs et du fret, ou des voyageurs ou du fret, ou d’y faire circuler telles Voitures sur des rails déià posés pour les mêmes fins ; ou (b) Accorde à une personne, à une société, à une corporation ou à un syndicat le privilège, le droit ou la franchise, pour plus do dix années, de construire, de maintenir et d’exploiter dans la municipalité un ou des systèmes d’éclairage au gaz pu à l'électricité, ou au gaz et à l'électricité, ou un ou des systèmes d'énergie électrique, séparés ou faisant partie du ou des système d’éclairage, ou de poser, de maintenir et d’exploiter dans la municipalité des fils ou conduits, ou les deux, pour le gaz et l’électricité et les appareils accessoires dans les chemins, rues ou places publiques de la municipalité, ou d’y fournir au public le gaz ou l’électricité ou les deux, pour les fins d’éclairage, de chauffage, de force motrice et de traction, ou de chacune d’elles : Le règlement ou la résolution s'y rapportant doit, avant d’avoir force et effet, être approuvé par la majorité en nombre dos électeurs municipaux qui votent sur ce règlement ou cette résolution.S.K.Q,.4650a ; 7 Ed.VII, e.16, s.l.' , 5918.Le règlement ou la résolution doit être soumis à l'approbation des électeurs municipaux dans les trois mois de sa passation par le conseil, à défaut de quoi il est frappé de nullité.S.U.Q., 1650b : 7 Ed.Vif.c.46, s.1.5919.Les procédures de l’assemblée et de la votation pour l'approba-lion du règlement ou de la résolution par les électeurs èinnieipaux sont celles."inutati» mutandis”, prescrite» par la charte de la municipalité ou par la loi générale s’y appliquant, ou par les deux, pour l'approbation des règlrmsnts par les électeurs municipaux propriétaires, S.H.IJ.1650c ; 7 Ed.VU, c.16, s.l.TUEZ LE BILL! L Association dos Citoyens a pris hier l'attitude la plus simple et la plus logique a la fois.Le bill des tramways n est pas un projet plus ou moins discutable que 1 ou puisse améliorer par des retouches de détail: e’est un monstre qu il faut tuer.ix's origines, J atmosphere de mensonge qui l’enveloppe, la hâte ocmTK Il y a trois générateurs d’hypocrisie: le temperament, l’éducation et la race.L’intérêt ou le besoin s’en mêle aussi quelquefois, per aecidens.Depuis dix ans que je cultive le vieil A', je puis affirmer, sans trop Ig vanter, qu’il a été trois fois engendré à son rôle, et qu’il est triplement hypocrite.C’est un génie: il a du tempérament, on lui a donné et surtout il s’est donné de l’éducation, et il est de race.Il faut beaucoup de caractère pour être un homme:—nous le savons bien, vous et moi, qui avons tant de peine à le devenir! Il en faut deux fois plus pour être un hypocrite, puisque, en lui, il y a deux hommes.Il y en a même trois.L’un est inventeur: c’est /Shakespeare créant son personnage L’autre est acteur: c’est Coquelin qui le met en scène et le joue.Le troisième est exploiteur : c’est Sheldon qui en tire profil.Trois titres, trois gloires, ou plutôt trois anneaux d’une même chaîne, laquelle est rivée au même boulet, lequel est lié au même pied.Pour être menteur avec succès il suffit d’avoir de la -mémoire, afin de rementir à propos et de ne pas faire mentir les premiers mensonges.L’hypocrisie exige, avec la mémoire du passé, une claire rue de l’avenir.Elle exige de plus la souplesse du geste qui replace ou enlève le masque, la mobilité du visage, qui s’égaie, s’attriste, compatit, fronce le sourcil, lève les yeux au ciel, selon ce qu’éprouve le coeur et surtout ce qu’il n’éprouve pas.Elle exige des paroles huileuses pour écouler l’amertume,—l’ha bitude des contradictions viles entre l’âme qui dit non en colère, d la bouche qui dit oui sur un ton de prière; entre la fierté de coeur qui crie : lève-toi, et le corps qui se traîne sur toutes ses pattes pour arriver; entre la promesse et l’alliance qu’on fait, et la trefliison qu’on médite; entre les titres d’amitié qu’on énumère, avec les embrassements qu’on donne, et les tours de jarnae qu’on organise, en attendant le coup de couteau dans le dos.Avouez que tant de personnages dans le même, comme des fauves dans une même cage, c’cst un phénomène.La race qui l'engendre tient dans son masque l’avenir.Quand le monde sera assez ramolli pour ne plus défendre les belles causes trahies, ne plus penser, ne plus lutter, elle régnera: le monde ne l’aura pas volé.Elle n’a qu’à attendre; seulement elle a l’air de trop se presser.J’admirerais beaucoup l’Hypocrite, si je ne le méprisais pas tant.JACQUES MOREAU.Journalisme moderne Vendredi soir, dans un coin quelconque de Montréal, quelques gamins s’avisaient de faire courir le bruit que le bébé de chez X avait des cornes—tout simplement.Il n’en fallait pas plus, comme bien l’on pense, pour ameuter autour de la maison toute la marmaille, des environs et toutes les commères en veine de curiosité.L’incident méritait peut-être 30 lignes, sur un ton humoristique, dans un coin quelconque" journal ordinaire.Mais la Presse n’est pas un journal ordinaire—et l’on a pu voir cette mauvaise plaisanterie de quartier s’afficher en première page de la Presse d’hier, tout à côté de la photographie du président FalHères et du récit de la dernière crise ministérielle en France.Deux colonnes, s’il vous plaît, avec renvoi en seconde page et, double photographie: photographie de.la maman avec.Je pauvre bébé, qui a la tête la plus ordinaire du monde, photographie de la maison où vit le bébé qui aurait, pu avoir des cornes.Nous sommes peut-être exigeants, mais nous avouons (pie cela ne nous satisfait pas complètement.-Nous regrettons que la Presse, pendant qu’elle y était, n’ait pas publié le dessin de la corne qu’aurait pu avoir le bébé.Si elle ne fait pas mieux une autre fois, sa cadette lui ravira la palme du modernisme et de Vup to date.JEAN.Sir A.P.Pelletier prend du mieux Atlantic City.28.—Tard, hier après-midi, le Dr Walter P.Conway a déclaré nue air Alphonse Pelletier, lieutenant-gouverneur do la province de Québec, était hors do danger.ISir Alphonse prend du mieux rapidement et on croît qu’il pourra revenir à Québec In semaine prochaine.C’EST UN ABUS bit, ville de Montréal fait souvent payer des taxes très élevées sans se soucier des obligations qu’elle contracte par le fait même.Ainsi, les agences d’immeubles sont, par elle, taxées lourdement.Quelle protection leur accorde-t-elle?Je prendrai par exemple une compagnie à responsabilité limitée, au capital de $10,000.Mlle devra payer à la ville une somme approximative de $52 à $55 par an comme taxe d’affaire, en plus de la taxe d’eau, quelque chose comme une trentaine de dollars, puis $50 de licence comme agence d’immeuble.Le gouvernement Gouin, qui ne taxe jamais, n’eii imposera pas moins 1-8 de 1 p.c.sur le capital, plus $50 pour Montréal au pro rata, d’où quelque chose comme $45.84 à payer encore.Total, environ $192 avant d’avoir transigé une seule vente.Je ne compte pas le loyer et les frais de bureau.recto de $50, elle doit les protéger contre toute concurrence déloyale.Ainsi, combien de personnes qui appartiennent à toutes les professions, à tous les métiers et qui, sous prétexte de faire do l’argent, d’aug mentor leur traitement, font de l’immeuble sans payer de taxe à la ville et perçoivent des commissions ?G’est de la concurrence déloyale et c’est à Montréal de prendre les mesures de la faire cesser.Si' non, qu’elle supprime cette taxe de $50.Le conseil tient-il à maintenir cette obligation onéreuse?11 devra exiger que tout acte enregistré au greffe ou au bureau d’enregistrement, porte les noms dos personnes qui ont transigé la vente, l’échange, le transport de tel ou tel immeuble ou lot vacant, et s’il y a eu une commission de payée ou non Car c’est la commission qui fait le commerce d’immeuble.Actuellement, quelques policiers cherchent à découvrir ceux qui font de l’immeuble sans payer de licence, mais c’est insuffisant.Leur travail est-il efficace et répond-il à la mesure de protection que réclament les agences d’immeubles qui payent plein prix?Non.Que le conseil impose une pénalité de quatre à cinq cents piastres payable par toute person- ne qui sera pincée à faire de l’immeuble sans licence, et, cette mesure vaudra mieux que le travail intermittent de quelques agents de police.TANCREDE MARSIL.Sur le Pont d’Avignon.Les (Jodfroy fameux : Godfrey do Bouillon ; Frère (Jodfroy ; Godfrey Trois-points ; Godfrey l’Equerre ; Godfrey le Trustard.(est cet après-midi que M.Sift on fait ee grand discours ! Le "Telegram ” de Toronto, dit (pie le pire malheur que puissent avoir les adversaires de la réciprocité, c’est d’avoir Sifton de leur côté.«lolie opinion ! Le trust du tramway pourrait bien ne pas tant vouloir asaujétir Montréal queJ'île de Montréal, celle de Jésus et Hie Hizarre.La découverte de ]a Commère — pas sa baloon, mais sa télépathie — fait fureur actuellement.Lt la balloon?* Idle n’arrive rias vite.(Dernière heure).— On annonce que le ‘‘trust” se propose de demander quelques modifications à son bill.On le restreindrait ainsi : Art.I.— Iæ trust est maître de tout.Art.II.— Il peut en faire ce qu’il veut.-1- La qualification foncière rétablie Quebec, 28.— Au comité des bills privés du Conseil Législatif ce matin on a discuté le bill de la cité de Montréal.La clause exigeant la qualification foncière H été rétablie et on a aussi décidé que les électeurs (pii n’auront pas payé leur taxe d’enu seront disqualifiés.Contre le Bill des Tramways Hier soir les membres du Club Ouvrier Lafontaine se sont réunis en assemblée pour protester contre l'adoption du bill de la Montreal Tramway Uo.Ils ont rdopté une résolution il cet effet.Les amis d’occasion sont dangereux In M.Pierre Leclerc, de Québec, passait ici en rente pour l’Ouest quand il a fait la rencontre de deux amis d’oreasinn qui lui ont enlevé su montre et une somme do 8200.Plaints n été portée A la sfireté.ROUTINE DE LA CHAMBRE Projets de loi déposés: — -—Pour amender l’article 1150 du Code de procédure civile.—Pour amender les statuts refondus de 1909 relativement au greffier de la cour de circuit dans et pour la seconde division du comté de Pontiac, siégeant à Villcmarie.—Pour amender la loi constituant en corporation l’Ecole technique de Québec en autorisant celle-ci ft emprunter jusqu’à concurrence de $500,-000.Lois définitivement adoptées à l’assemblée législative: —Loi concoruant la succession de Jérôme Latour.—Loi concernant la construction de l’église et de la sacristie de la paroisse de Saint-Gabriel de Brandon.—Loi déclarant final et définitif le partage des biens substitués de feu (lame Mathilde Leelaire.—Loi constituant, en corporation le village de Greenfield Park.—Loi amendant la charte du chemin de fer de Québec et de l’Ile d’Orléans.—Loi constituant eu corporation la ville do La Tuque.—Loi amendant la loi constituant en corporation la compagnie d’assurance Le '‘Herald’’ disait hier, au cours d’un très vigoureux article do rédaction : "On semble porté à croire que d’autres influences peuvent agir plus fortement sur un certain nombre de députés que le désir d'appuyer la politique publique du Cabinet et do la Législature.“Si tel est, le cas.la position doit devenir difficile.Si l'on adopte une mesure qui renverse la politique du Cabinet.le Cabinet doit demander que le Gouverneur applique son veto à la mesure.La population de Montréal avait presque réussi à obtenir In veto du gouverneur contre l’acte accordant une charte au Power en 1901.‘‘Il est inutile d’embrouiller les cartes.Montréal compte sur la Législature pour le rejet de ce bill.“On a toute raison do supposer que le bill sera rejeté.On ne voit pas encore pourquoi on l'appuierait.Il est très certain toutefois, qu’une demi douzaine d’hommes déterminés, avec une si bonne cause à défendre, peuvent combattre cette emprise jusque dans ses derniers retranchements, et avec de fort belles perspectives de victoire.11 n’y n aucun doute sur ce point que la lutte sera livrée.Il ne devrait être question que de savoir qui d’entre eux qui peuvent combattre, entreprendra la lutte le premier,” Et, dans un double colonne de première page, il déclarait ; JEAN DUMONT.mutuelle des scieries mécaniques et changeant le nom do la dite compagnie en colui de “La Mercantile, comp.'i gnie d’assurance mutuelle contre le feu.” Projets do loi votés en deuxième lecture: —Loi concernant les boulangers et, la fabrication du pain dans les municipalités rurales.—Loi amendant le Code civil, —Loi concernant l’annexion d'une partie du canton de Wexford au comté de Montcalm pour toutes fins.—Loi validant certaines ventes d’immeubles faites par autorité de justice dans l’Hc de Montréal.—-Loi amendant l’article 6992 des Statuts refondus.—Loi amendant les Statuts refondus, 1909, relativement aux compagnies de lumière et de pouvoir électrique.-Loi amendant le Code municipal relativement, au rachat des rentes constituées.—Loi amendant les Statuts refondus 1909, relativement à l’expropriât! m eu matière do construction d ‘églises et.do presbytères.—Loi amendant l’article 4971 des Statuts refondus, .1909, relativeme it aux rebonteurs reconnus comme tels par le publie.‘ Los citadins ont appris avec consternation que 1rs commissaires et, la Compagnie des Tramways ont négocié et, qu’un compromis est en marche.‘‘Compromis de quoi?Quel compromis la ville peut-elle avoir?Nous avons un contrat.Nous ne cherchons pas à le changer.Si la compagnie le cherche, qu’elle retire d’abord son projet do loi.On ne devrait pgs négocier avec un homme qui vous ordonne do rompre votre engagement et qui vous met un pistolet au front pour vous faire obéir.‘‘La Compagnie dos tramways a peut-être produit cette mesura extraordinaire dans le but d’amener les Commissaires à un compromis par la frayeur."H faut en premier lieu tuer le bill.Alors les Commissaires et la compagnie pourront discuter.Mais non pus dans le but de faire un contrat qui détruira Tutilité de la Commission de* services d’utilité publique et laisser 1* ville et la banlieue dans une situation aussi mauvaise qu’elle l’est aujourd'hui pour les deux.11 faut considérer les besoins de l’ile entière et non pas de la ville seulement, et, le Conseil municipal ne peut pas légiférer pour la banlieue.Tout arrangement! fait par la ville doit conserver à la Commission des services d’utilité publique le pouvoir de sauvegarder les intérêts de toute l’ile et en tout temps.” U est donc juste et équitable que relui qui paye soit protégé.•Si la ville, de Montréal exige des agences d’immeubles une taxe di- Godfroy lui-même est épouvanté de son filleul : il annonce qu’il va proposer de lui faire subir quelques retouches.Le “ Herald ” et le Tramway Notre confrère demande la mort du Bill et proteste contre tout compromis LK DEVOIR, Mardi.2H Kévrirr.Z LETTRE D’OTTAWA LE MASSACRE DES INNOCENTS C OMMENCE.— CEUX QUI RESTENT AU FEUILLETON DE LA CHAMBRE.— ENCORE LA REFORME DU SENAT.—UN INVENTEUR ET SON PROJET.— M.LAURIER N’EN VEUT POINT.— LE PONT DE QUEBEC ET LA CHAMBRE.— EXPLICATIONS DE M.ORA H.M.— LE PROCHAIN RECENSE MENT.— LE DRAPEAU ANGLAIS EN HAUT! — LA LIBERTE INDIVIDUELLE.— LE SPHINX P ARLERA, Bill Miner est pris Une bataille en règle Entrepôt incendié, entre Macédoniens rue Qneen LE CELEBRE PILLEUR DE TRAINS EST SOUS VERROUS.Ottawa.27 Févrior.Savez-vou» ce que c’est que le "massacre des innocents En tenues parlementaires, l'es “innocents”, ce sont les projets de loi,—bills privés ou mesures particulières,—et les avis de motions, qui, à la fin de la session, restent encore au feuilleton de la Chambre, sans avoir atteint le dernier degré de leur évolution.Le.gouvernement a massacré aujourd'hui quelques-uns de ees innocents.Il avait décidé que ce lundi serait le dernier jour affecté aux députés.Et comme la Chambre n'a pas voté toutes les mesures particulières et n'a pus ordonné la production de tous les documents demandés par nos‘législateurs, nous n’en entendrons plus parier, jusqu’à la prochaine session.Dorénavant, d’hui à-1’ajournement de mai, les projets de loi du gouvernement auront le pas sur tout le reste, à chaque séance.(’hieago, -S.Miner, ali i|ck tiains, iifrété In il j .L 1 subi pour $0,000 do dommages.La maison S.-H.Ewing, importateur de thés et cafés, a aussi subi de légers dommages par l’eau et la fumée.Les pompiers en l’occurence ont fait preuve de beaucoup de sang-froid et d’habilité.Ils sont restés sur le théâtre du sinistre toute la nuit.UNE NOUVELLE UCCURSALE La .Société des Artisans Canadien»-h rnnçiiis a inauguré dernièrement une nouvelle succursale qui.portera le nom de Sainte-Clohilde No 444.Les fondateurs de cett ie eu rsa le sont MM.Archambault, Doscbamps, (’i.ièvremenr, Klz.Stuart et le Dr Aumont.Les offciciers do la nouvelle succursale sont MM.l’abbé J.A.Bourassa, aumônier; ED.Stuart, président; A.Rondeau, 1er vice-président; F.OU-elle, -lemo vice-president; I).O.Forget, secrétaire trésorier; .1.Burnet, 1er commissaire ordonnateur; .T.E.Payment, 2e commissaire ordonnateur; J.I'.Marchand, T.Prud’homme et JI.Brault, censeurs.lies assemblées auront lieu le deuxième et le quatrième dimanche du mois dans la salle du Cercle Paroissial St e ('lotiIdc, 20 Chemin de Ja Côte Saint-Paul.Elle meurt en sortant de l’église I ne dame Jobin, domiciliée au Xo 28b nielle Limoges, u été frappée subitement, hier soir, d’une syncope, en sortani do I ngtise do Maisonneuve, où elle venait d'assister à.]a retraite.On la fit transporter chez elle et là l’abbé I nfortune lui administra les derniers sacrements; elle succomba peu de temps après.r• LETTRE DE FRANCE LES ARIUiTS SE SUIVENT, MAIS NE SE RESSEMBLENT PAS.— LA MAGISTRATURE ET jA POLITIQUE.— LES PETITS IAPIERS DE WALDECK-ROUSSEAU.— UN COIN LE L’HISTOIRE CONTEMPORAINE.— LA RECONCILIATION BRIAND-CQMBPS, — VERS PLUS DE PROPRETE.Paris, 10 février 1911.— Les arrêts ' des forces constitutives de la Républi-rle justice sont comme les jours: ils ,,ue, il ruinerait l'esprit révolutionnai-sc suivent et ne se ressemblent pas.re.Hier, le tribuaul Je Rolei a prononcé Toujours est-il qu’il fut l’inventeur ¦’acquittement de Mgr de Ligonnès, j de la formule fameuse de “la défense ivcque du diocèse,poursuivi par l’Ami- républicaine.” On lit en effet dans les traie des Instituteurs de sou départe- j notes dont il s’inspira pour prononcer ment pour avoir signé et publié la fa- j son discours du 26 juin 1899, jour où meuse lettre de septembre 1909 sur les son ministère parut devant les Chambres : “Le cabinet commence mauvais manuels scolaires.Certains évêques, vous ic savez, ont été, par contre, condamnés et je vous ai dit comment la première Chambre d’Appel de Paris avait confirmé cette condamnation à l’encontre du cardinal Luçon, archevêque de Reims.Le jugement de Rodez, survenant au lendemain de cette confirmation, est du plus > haut intérêt parce qu’il en constitue une manière de réfutation.Juridiquement, cette réfutation est d’ailleurs très forte, et les magistrats de Rodez ont certainement raison “en droit”.Cela ne veut malheureusement pas dire “qu’en fait” leur thèse triomphera.Une constatation vient précisément d’être faite à propos de l’arrêt rendu contre le Cardinal Luçon, qui indique à quels subterfuges misérables s’abaisse parfois chez nous, sous l’influence des politiciens, une justice odieusement partiale: l’excellente “Revue d’organisation et de défense religieuse” établit que si la Cour, pour motiver la condamnation, s’est appuyée sur un texte “falsifié” de l’un des conseils du Cardinal; il y a eu copie “inexacte”, inexacte jusqu’au mensonge, d’une consultation donnée par écrit.Vous vous souvenez déjà que, pour réhabiliter l’ex-capitaine Juif Alfred Dreyfus, la Cour de Cassation a dû falsifier ic texte de l’article 445.Il est vraiment fâcheux, pour l’honneur de la magistrature, que la Cour d’Appel vienne de se rendre coupable d’un fuit analogue.Mais on ne peut nier — et je vous l’ai dit à maintes reprises — que la politique, comprise d’une certaine ma nière, soit parvenue à gangrener chez nous force institutions et beaucoup d’hommes.Comme le dit certain per sonnage de 1’“ Aventurier ”-la dernière pièce d’Alfred Capus — “la poli tique, c’est le moyen d’être agréablo à ses amis et de, les servir contre ses adversaires.” Ce n’est point un a-xiôme, certes, mais c est une constatation qu’il faut bien faire pour coinp-prendre l’extraordinaire histoire de notre temps.Si.à cette constatation vous joignez cet autre élément d’information qu'au contraire des pays anglo.taxons nous subordonnons toute notre conduite à nos conflits religieux et moraux,vous aurez l’explication du tout ce qui peut vous paraître bizar-re_ et même incohérent dans l’histoire le notre temps.Précisément, depuis une semaine, le “Matin” publie uu certain nombre de notes, papiers, lettres et documents, à lui transmis par les héritiers de l ’ancien président du conseil Waldeck-Rousseau.C’est de l’histoire contem-poraine, puisqu’il ne s’est pas écoula douze années depuis l’accession do AValdcck-Rousscau au pouvoir.Nous vivons tellement vite que la plupart des circonstances où s’est accusée la transformation totale de l’ancienne politique opportuniste se sont déjà effacées de nos esprits.Plusieurs même n’avaient jamais été révélées qui apparaissent maintenant; et surtout des explications sont fournies de certains actes, de certains gestes, de certaines paroles, qui ont eu une influence décisive sur notre pays.Vous vous rappelez qui était.Waî-deck-Rousseau : grand avocat, en ce sens qu’il était Je conseil écouté de la plupart des compagnies financières les plus puissantes, homme politique ayant parcouru une carrière déjà longue depuis que, ministre en IS.S4, il faisait voter la loi célèbre sur les syndicats professionnels Waldeek-Rousseau était le prototype du “républicain-conservateur ” ; par sa famille, il était un grand bourgeois et un doctrinaire, et son père, magistrat éminent, s’était honoré— lorsqu’on I8S0 fuient brutalement chassés de leur demeure, pour la première fois, les Jésuites—en leur offrant publiquement I appui de son nom et le refuge de sa maison.Or IValdeck-Rousseau, chargé par M, Loubet de constituer le ministère, fait appel aux adversaires les plus déterminés, les plus notoires, et de la religion catholique, et do l’ordre social.II introduit, chose inouïe, un socialiste, M.Millerand, dans le ministère ; il cherche sa majorité à gauche, écarte par des conditions inacceptables, les collaborateurs qu’il feint de chercher parmi les républicains modérés, et se pose, dès le premier jour, on adversaire de tout ce qu’il défendait la veille.Pourquoi ce revirement ?Les documents publiés ces jours-ci établissent qu’il n’a [ms été l’effet de circonstances fortuites, mais bien le produit d’un dessein mûrement, arrêté.Dès que la confiance du chef de l’Etat l’eût inves-1 i du soin de former le ministère, Wal-deck-Roussenu résolut de prononcer nettement à gauche le mouvement qni lui paraissait nécessaire “pour mettre fin aux menées réactionnaires et.césariennes.” Peut-être se bercnit-il, comme son ancien maître Gambetta, d’être tissez fort pour discipliner, voire pour domestiquer toutes les fractions du parti républicain, et constituer "un grand ministère ”, dont feraient partie les divers chef» dg groupes, Peut-être aussi »e eroyalt-il assez fort pour briser, en le» absorbant, les force» des partis démagogues, et Imaginait-il qu’en les admettant, avec un minimum ds discipline, au nombre a une des frontières fdu parti républicain) et finit à T autre.Comment je concilie mes opinions avec celles de tel autre.Réponse sera simple : Oui, sur 1 évolution des sociétés, des opinions différentes ; sur le devoir de l’Etat, des conceptions qui se heurtent.Mais au-dessus de ces divergences, nous plaçons un idéal commun : Pidéal républicain, raison d’être essentielle, supérieure et philosophique de notre croyance.Alors nous avons pensé que ce n’était pas seulement le devoir, mais le droit de tous les républicains qui n’attendent la réalisation de leur rêve que du suffrage universel de s’unir dans une même pensée de défense.” Se défendre ?contre quoi ?Il y avait eu sans doute, au soir des obsèques du président Félix Faure, la tentative de Déroulède et de Marcel Habert, qui essayèrent d’entraîner quel-ques régiments vers le centre do Paris pour sauver la France et rénover la République.Leur échec avait été total ; le jury de la Seine, auquel ils avaient été déférés, les avait acquittés, mais leur propagande s’était trouvée brisée.Tout était calme.Mais un point demeurait, préoccupant : l’agitation en faveur du traître Alfred Dreyfus commençait, manifestement odieuse à la population.M aldeck-Rousseau était acquis à cette agitation ; il cachait sous la formule pompeuse “défense républicaine contre les entreprises césariennes et cléricale dessein forntebement arrêté de donner gain do cause aux réhabili-teurs de l’officier condamné.On avait toutes raisons de le supposer; une lettre de Waldeek-Rousseau à M.Joseph Reinach qui fut le chef d’orchestre Juif— do la campagne dreyfusarde .prouve que ces suppositions étaient moins formelles que la vérité: Waldeck Rousseau était asservi aux Juifs de telle manière, qu’on cours des négociations engagées pour former le ministère, il rendait compte à M.Rei-naeb, jour par jour, heure par heure, des pourparlers engagés.Quelle chaîne dorée liait Waldeek-Rousseau ?est-ce que le souci de garder la clientèle des grands financiers juifs a suffi ?Ce seul point n'a pas encore été éclairci.Quant à l’attitude de Waldoclt Rousseau à l’egard des congrégations, elle est surabondamment expliquée par un mot qui fut prononcé au Convent Maçonnique de 1899.0„ v discutait les moyens d’aliéner aux congrégations les sympathies populaires; un F dédain: “ Il n'y a qu’à dire que leurs biens valent un milliard et qu’en les chassant on aura ce milliard pour les retraites ouvrières.” Cette parole abominable, ee grossier et fallacieux argument de tribune, Waldeek-Rousseau le reprit dans son fameux discours do Toulouse.Il se révéla ainsi asservi à la franc-maçonnerie, comme sa lettre à M.Joseph Reinach établit qu’il fut aux ordres de la juiverie.Ce sont ces deux forces, la maçonnique et la juive, qui — prenant pour prétexte la réhabilitation d’un traître dûment convaincu par le jugement de ses pairs— s’emparent définitivement de la République.Idles l’ont malheureusement gardée, et il faut bien avouer que le rêve, i -m-ri Par d’aucuns, de trouver quelque élément de résistance, soit chez M.Briand soit chez les membres nouvellement élus, même sous l’étiquette radicale, s évanouit chaque jour un peu davantage sans se, traduire par aucune réalité.Tout au contraire ou parle aujour-Inu.non sans quelque raison, d’un rapprochement de M.Briand et de M.Combes dans une même pensée de persécution religieuse et de dissimulation d’étouffement des scandales auxquels peut et doit donner lieu la divulgation du dossier concernant la liquidation des biens congréganistes, H est évident, eue la, fureur antichré-tieniie demeure encore aujourd’hui un ciment assez fort pour unir contre ics catholiques des éléments très divers.Et les catholiques ont les plus grandes peines à s’unir et à se discipliner.Us laissent passer les chances de relèvement.Pour terminer sur une note plus consolante, laissez-moi vous signaler le mouvement très accentué qui se prononce au théâtre et dans le roman en feveur de la littérature non-seulement propre, mais irréprochable.Je vous citais au début de cette lettre l’“ Aventurier”, de M.Alfred Capus.acteur favori du public mondain.Eh bien, 1’"Aventurier” précisément est une pièce absolument propre, où nulle ignominie, nul calcul méprisable n’est complaisamment étalé sous prétexte de faire valoir la vertu.Dans le roman, le mouvement de 'réaction est plus significatif encore, et c’est dans les feuilles les moins chrétiennes que l'on rencontre maintenant des romans non pas absolument chastes à coup sûr, mais épurés de toute peinture licencieuse, et souvent même portant la trace d’un souvenir chrétien.Toute exagération serait évidemment de la démence.Mai» tel quel le mouvement présente déjà un certain intérêt, et, plus que jamais, vous pouvez croire que l’on calomnie singulièrement notre pays qunnd on l'aeeuse de ne faire de sueeê» qu’aux pièces ou aux ouvrage» malhonnêtes, et même abject», JOWBPH DENAIS, Conseille* municipal de Pari*.L’Eldorado Navigation de l’Ouest Océanique 1 n canadien-français qui, après avoir résidé longtemps aux Etats-Unis, est allié, il y a doux ans, se fixer dans l’Alberta-Centre, déclarait dernièrement à un do ses amis de Montréal : “J’ai peiné durant dix ans dans les centres manufacturiers des Etats-Unis et j'y ai fait moins d’argent que pendant mes deux années de séjour ici.Je suis sûr d’arriver à l'aisance et d’etre bientôt en état de fournir à nies enfants les moyens de se créer d’excellentes positions.Si les Canadiens-français de la province de Québec connaissaient la merveilleuse fécondité du sol dans cette partie du pays, jamais ils ne songeraient à émigrer aux Etats-Unis.Au lieu d’affaiblir leur santé dans l’air empesté des usines américaines, ils se hâteraient d’acquérir ici, dans l’Alberta-C’entre, un homestead de 160 acres pour la modique somme de 810.00 et de so livrer dans les plantureuses plaines de l'Ouest à la culture do la terre et à l’élevage des bestiaux.Au lieu do s’adonner à des travaux pénibles et qui ne leur procurent généralement que de faibles salaires, ils viendraient ici conquérir l’aisance et vivre une vie large et saine.Au lieu d’être perdus dans l’immensité de la population américaine, iis jetteraient ici les bases d’une nouvelle province française, d'une seconde province de Québec.Mais il leur faut se hâter.Des gens de toutes nationalités : allemands, anglais, galiciens, russes et, américains s’emparent avec avidité de ce sol que les Canadiens-français semblent dédaigner.1,’année dernière 92,000 américains ont quitté leur patrie, vendu les belles terres cpt’ils y possédaient pour venir s’établir dans l’Ouest canadien.C’est parce qu’ils estimaient cette région plus avantageuse que celle où ils demeuraient.Dans quelques années il sera peut-être trop tard.Pour moi, je me propose d’aller bientôt voir mes amis canadiens-français des Etats-Unis et de les induire à venir ici avec leurs familles jouir do l’aisance que donne cette terre féconde.” Ces paroles n'ont rien d’étonnant, car il est impossible d’exagérer la fertilité du sol do l’Alberta-Centre.C’est la plus vaste et la meilleure région à blé du monde entier.La moyenne du rendement est de 30 minots à l’acre.Cette région comprend les paroisses de St-Paul des Métis, Arthabaska Landing, Lac St-Vinccnt.St-Louis do Moose l.ake, St-Edouard, Lafond, St-Paul l)u-vernay, Thérien, Brosseauville et Edmonton, capitale do l’Alberta.Elle est aussi reconnue comme très propre à la culture des céréales et des légumes.T,a moyenne du rendement pour l’avoine est de 55 minots à l’acre et pour l’orge do 10 minots.Le mil rapporte de 2 à ^5 tonnes à l’acre et il peut être vendu SI8.00 la tonne dans n’importe quelle ville de la province.Les pâturages produisent des bœufs d’une qualité égale à celle des animaux élevés à l’étable dans Ontario ou en Europe.Depuis plus de vingt ans les chevaux des plaines de l’Alberta détiennent une réputation mondiale et la demande à cet égard est bien supérieure à l’offre.De plus.l’industrie laitière offre les moyens de payer toutes les dépenses de la vie et des travaux de la ferme.II est facile à tout cultivateur d’avoir 20, 25 et même 50 vaches à lait.Le beurre se vend rarement au dessous de 25cts la livre et en hiver le prix moyen du beurre frais est de 40 cts la ii-yre.L’Alberta est en outre une des plus grandes réserves de charbon du monde.En des centaines d’endroits, on ie trouve de plain pied le long des rives et des cours d’eau.Le gouvernement a pris de sages mesures pour assurer ce combustible à bon marché aux cultivateurs.Par une clause du “Dominion Land Act”, tous les baux de mines contiennent une disposition à l’effet de garantir aux colons le charbon nécessaire à leur chauffage à raison de 81.75 la tonne, livrable à la mine.Aucun monopole ne peut exister au détriment des colons.De plus, dans cette partie de la région, on trouve une quantité de bois propre à se bâtir.Le colon peut obtenir du gouvernement la concession d’un homestead de 169 acres de terre à, des conditions 1res faciles.Il n'a qu’à s’inscrire au bureau des terres, payer 810.00 pour frais d'enregistrement, labourer 10 acres de terre par aimée pendant trois années, demeurer sur le homestead six mois par année et y construire une maison durant la même période de temps.Le gouvernement lui accor-priété de sou Jot.Le “Fremona”.fruitier de la ligue transatlantique Thomson, aura, cette année encore, l’honneur d'arriver pre mier à Montréal ù l’ouverture de la saison.Le “Fremona” quittera Livourne le 1er avril, arrêtera à Catajie, Messine, Palermo.Sorrento et Naples.Quelques semaines plus tard, le “Bel-lona” suivra, touchant à Tarragone et ù.Cadix.Le “Dominion”, ligne White Star-Dominion, quittera Liverpool le 20 avril, ^ le “Teutonic ' partira le 13 mai et brisera probablement le record de la traversée de l’Est à l’Ouest.Les lignes Nord-Canadien (Royale) et Allan ont choisi le 20 avril comme date des premiers départs d'Angleterre pour le'Oanada.Briseurs de Banque CINQ HOMMES ARMES FONT SAUTER LE COFFRE-FORT DE LA BANQUE DE CLOVER.Cloveri \ a., 28.— Durant la nuit, cinq cambrioleurs ont pénétré dans la ville, ont fait sauter le coffre fort de la banque do Clover et se sont sauvés avec $4,000 en argent.Les résidents aux environs de la banque, réveillés par l’explosion se sont précipités dans la rue et ont eu à éviter une grêle de coups de revolvers tirés par deux des bandits.Personne, heureusement, lie fut blessé.joes briseurs rie banque ont fui du côté de Randolph, au nord d’ici.La police est mise au fait de leurs exploits et une poursuite en règle est organisée.Le président Taft et la réciprocité IL EST DECIDE A CONVOQUER UNE SESSION SPECIALE POUR FAIRE ADOPTER LE BILL Mc-CALL.Washington.28.— Le président Taft a démontré clairement, hier soir, que rien ne pourrait lui faire abandonner la résolution do convoquer une session spéciale du congrès pour faire adopter le bill touchant la réciprocité avec le Canada.Aucun vote du séniit ne pourrait le faire revenir sur sa décision à moins qu’il ne soit évident que le sénat u’approuve pas du tout l’arrangement.Ou disait, aujourd’hui, que le président ne convoquerait pas do session spéciale si •< pouvait arriver à un vote, soit direct soit indirect qui montrerait une forte oposition à la mesure.On faisait dos efforts pour s’assurer les votes des membres qui étaient eu faveur do la réciprocité mais opposés à uno session extraordinaire.Le président a déclaré emphatiquement que rien de semblable ne le satisferait et qu’il lui fallait un vote honnête sur les mérites du bill.Ces paroles o- ' été prononcées ù la suite d'une conférence qui a ou lieu à la Maison Blanche et à laquelle ont assisté MM.Payne.Dalzell, Dwight, Weeks et Gillett.Le président avait aussi invité un certain nombre de sénateurs, mais à eause de la session du soir, ils n’ont pu accepter l’invitation du président.Us le verront demain.Im sujet discuté à la conférence a été la date de la réunion de la session extraordinaire.Cette date appartient aux leaders républicains et le président attendra de les avoir consultés avant de fixer définitivement la date de la nouvelle réunion du congrès.Sa.première intention était de la convoquer sans délai.Puis, par déférence aux désirs des chefs démocrates.Champ Clark et Underwood, il a proposé, comme compromis, le 4 (avril.- ; Il est bien entendu d'ailleurs que Québec, 28.— Hier soie est décédé !eette ,lato n’('s' 1’*'?choisio définitive Donald R.McDonald, fils de feu \ R jment: et le président a demandé aux McDonald, autrefois surintendant ' dê|0*e,s républicains de donner leur opi- la division est du chemin de fer Inter-|n'on- colonial.M.Donald McDonald était | -^- malade depuis quelque temps et avait subi uno opération à l’Hôtel-Dieu.Il était le beau-frère de M.Rodolphe Forget, député, de Montréal.Feu Donald R.McDonald Cours d’enseignement vocal Fermeture d’une mine UN BREF DE FORCLUSION EMIS CONTRE LES CARRIERES “NORTH ATLANTIC.Halifax, 28.— La Eastern Trust Co.a émis un bref de forclusion contre les carrières “North Atlantic”, de Port Morién, O.B., réclamant $930,351 des porteurs d’obligations de Ja compagnie.Cela provoquera la fermeture de la mine et mettra sur le pavé plusieurs centaines d nommes.Le gérant McKenzie a déclaré qu’il ne connaissait pas l’avenir de la compagnie.Il n’a plus rien à faire avec elle d’ailleurs.C’est le receveur général qui aura ie contrôle du bureau jusqu’à nouvel ordre.M.McKenzie ignore si les travaux se continueront bientôt ou si la mine sera à jamais fermée.M, B.A.Weston, gérant de la Eastern Company, à Port Morion, est arrivé aujourd’hui et prendra possession de la propriété.La Compagnie a négligé de ; laver l’intérêt de ses garanties le 1er janvier dernier et c’est ce qui a provoqué la forclusion.Précieux auxiliaire Le Pacifique-Canadien vient d’inaugurer un système de téléphone qui rendra do grands services en cas'de besoin aux voyageurs ou aux équipiers.Il s’agit, d’un accessoire, poteau démontable que ie personnel du train peut appliquer sur la voie dans un accident.Un appareil de téléphoné est aussitôt installé et l’on peut demander du secours et expliquer les causes et la nature d’un accident sans être obligé 1 ter sur l’aide du télégraphiste.Le système est adapté, à la ligne London-Toronto et doit s’étendre bientôt à toutes les parties du réseau où le ., , .i téléphone à remplacé le télégraphe dans Ajoutons quo les paroisses que nous l’expédition des trains.comp- avons énumérées ci-dessus sont presque entièrement habitées par des canadiens français qui y maintiennent dos écoles séparées, dont les commissaires sont catholiques et qui sont subventionnées par le gouvernement.Comme on le voit, l’Alberta Centre offre un avenir brillant à tout colon ! énergique, travailleur et possédant un ! petit capital.i.0 meilleur temps pour j émigrer dans TOuest est vers le mois La compagnie Beaubien Une nouvelle compagnie qui sera connue sous le nom de la, Compagnie Beaubien Limitée, vient d’èt-e incorporée à Ottawa, arec un capital de i $150,000.DONNE AU SCHOLASTIC AT DES RR.FF.JESUITES PAR MONSIEUR ARTHUR LAURENDEAU.Ce cours est uue innovation; mais, comme la leçon d’hygiène vulgarisée qui, ne datant que d’hier, a déjà prolongé nombre de vies, cet enseignement nouveau répond à de vieilles et pressantes exigences.Dans beaucoup de carrières, la Voix est l’outil professionnel.Avocats, orateurs, prédicateurs maîtres et chanteurs ont, besoin d'un organe exercé pour remplir leurs fonctions.H ne suffit pas d’avoir l’âme toute pleine , l’organe par J’auotention; puis la reprise des troubles vocaux dès les premières semaines de la rentrée, enfin l’arrêt définitif.On passe dans le rang des invalides de la voix.Les RR, P.Jésuites de l’immaculée Conception ont invité, au commencement de l’année scolaire 1910-1911, Monsieur Arthur Laurendeau à donner au Scolasticat des leçons de culture vocale.Monsieur Laurendeau, professeur de chant et de diction, a perfectionné par de sérieuses études à Paris, ses" excellentes qualités naturelles.Comme, l’enseignement comporte avant tout 1 imitation, c’est un avantage précieux de rencontrer en lui, avec une théorie sûre, cette exécution impeccable qui fait l’admiration des connaisseurs.Les résultats déjà acquis permettent aux jeunes religieux do compter beau coup sur cet entraînement systématique.Parmi les directeurs Vie cette comna d avril, car alors le colon peut prendre j §mP f01,’.*' V10”' ,j0vns Beaubien, M.possession do sa terre et.en ¦ •,0S0 p.m.Les passagers pourront rester a bord jusqu'à 8.00 a.m.Prix du lit.gl.5U.Service de Wagon-Café entre Mont rca I et Québec sur les trains du matin et de l’après-midi Montréal—Sherbrooke—Lennox ville Ayl- Kerr-Ottawa .Walsh—Ottawa .Smith—Reuft-ew .Ridpath—Ottawa .Lui onde—Canadien .Darragh—Ottawa .Glass—Wanderer .Pitre—Canadien .Malien—Québec .Hyland—VVamlercr .McDonald—Québec .O.Cleghorn — Renfrew Russe,.—Wanderer .Vair—Renfrew.Taylor—Renfrew .Dunderdale —Québec .Dallaire—t.aimdien .Payai)—Canadien .Small]—Wanderer .Malone—Québec .Oatman—Québec .Rowe—Renfrew .Shore—Ottawa ., S.Cleghorn—-Renfrew .Lake—Ottawa .Pouliu—Canadien .Holden—Québec .Johnston—Wanderer .Roberts—Wanderer .Gardner—Wanderer .Ross—Wanderer .comnets.Judge Monck et Ta N mi lia ont aussi couru.Cinquième course, à réclamer, chevaux de 1 uns, 5 1-2 furlongs, I.U, Zeit, 106, Musgrave.3 à I.(i à 5.3 à 5: 2, Voltaire.103.Gross.15 à I, 6 à 1.3 à J: 3, Strike Ont, 107.But well, 13 à 5.3 à 5.Temps.1.08, Mon Ami, Detroit.Hilda’s Sister, Camel, Lady 26 ’ Sybil, Congo.Hughes.Tempter ct Bat 24 Mastersou ont aussi couru.20: Sixième course, bourse $100, chevaux Ip | de 1 ans et plus, à réclamer.I mille 17 d un seizième.I, Shapdale.111.Mu-10 grave.S à 0.7 à 10, 1 à 3; 2, Rose 1(3 burg fl.107.McTuggnrl.12 à 1.I i 15 1.2 a 1; 3.lilizabethinn.Don Diaz.] -j I Ilibernica, Miqiic O’Brien.Radiation IQueen Marguerite et Royal Onyx ont |.i aussi couru.Les Quilles 6 t En perdant soir, contre un point, les série.M.A.A.A.X< leur troisième nurlir.l le Champêtre Mo 2, Crescents ont perdu Le Turf Ce Soir A 1 Arena, ce soir, rencontre des M anderers et du Canadien.Il est actuellement difficile de se procurer des billets.Au Mikado, cependant, me St-• I neques, les “amis” pourront s’en procurer.Jacksonville.28 fév.HUI.— Bob R.a gagné l’épreuve principale hier après-midi.Peu de favoris ont eu du succès.Sommaire: Première course, à réclamer, chevaux de 2 ans, 1 furlongs.— lo, Eland, ]ES, Koerner, 11 à 5.4 à 5, 2 à 5; 2.Arn-ny, 110.But well, 6 n 1, i) à 5, 4 à 5; 3.Senator Sparks, 110, Nufnagel, 7 à I.2 à E 0 à 10; Temps.49 2-5.Terrible Boy, Sauce, Chief Jackson,Stilen-fit et Elsewhere ont aussi couru.Deuxième course, bourse 8400, chevaux do 3 ans, 5 furlongs.— 1.Stick-pin, 110, McTaggnrt, 30 à 1,,12 ù l, 6 à 1: 2, Creole.110, Wilson, 5 à 1.5 à, 2.3 à 2; 3.Emma Stuart, 110, Gross, 4 à 1,8 à 5, 4 à 5.Temps.1.01 1-5.Heather Bloom, Knight Thought.Myrtle, Marion.Song of Rocks.Gavotte.Allandale Queen.Rampant, Ruby Knight ct.Molly Ho out aussi couru.Troisième course, bourse îüOO, che- mount M.A.A.National a défait West-triomphé du SOM MAIRE Quittent 1)8.25 n.m.bl.MO p.m.ii7.‘J5 p.m., a tous les jours.UTous les jours, excepté le dimanche.BUREAUX DLS ttlLLlîTS 21.H rue Sl-J acques.T'H,'phone Main 3732-3733 ou aux gaies Yiger ou de la rue Windsor, EOEONIAl.r- '1.Ü liant .171 299 199 H.Bcsisnor .21" 161 151 ¦ J.Sutherland .201 199 25S Griffiths .Hit) 199 165 !.H.Vian .ISO 191 Hit.Totaux .939 917 933 Moyenne 562.! BEA Y KR t).t'Inrnbul .161 1 19 Is5 •I.\ ird .15s Kiti 165 A.slosem.LAs 171 1 IS F.(’ookburn .169 166 ISO F.Whittet 1 to 155 153 1otaux .7S(i T'.ls 831 Aïoyomic : Is,**.(HAMPE RE No 2 Stafford .179 196 187 A If.Blondeau .1 S3 •>02 1 to Nelson .179 1 s5 1-2 Alb.Blondeau 199 21 1 1 s.2 M ireanlt IM 291 221 1 < .taux 915 im 915 Moyenne : 5()5 M-5 CR ES( H :yi s Rryson 191 212 1-2 Harteovii.199 185 11IR Morrison 1M) 2:15 l>n Surfeit n 1 sO 1 17 179 Walker .221 189 1-9 7‘ HEURES a TOTONTO INTERNATIONAL LIMITED ” (Le train le plus rapide dr "xnada> Quitte Montréal à 9 a.ni., tous les jourf pour Toronto et l'Ouest.QUATRE TRAINS EXPRESS PAR JOUR — 13NTKE — MONTREAL ET TORONTO .a a,S.30 a.tu.b3.55 ji.m.rtSU'l) p.m.Montréal - Sherbrooke - Lennox ville Hé|>.à «8.00 n.iu.1)4.16 p.ni.«8.13 p.m.MCNTREAL-NrW YORK via 1».ê.ff.Co.l»'*p.aB.ôO a.lu.1)3.‘20 p.m.» j)7.b) p.m.-VCVTREAL - UPEINGFIELD ET MONTREAL-BOSTON viâ C.V.R.fiêp.n8.;>1 n.m., n8.30 p.in.TnT Tou* \o
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