Le devoir, 28 mars 1929, jeudi 28 mars 1929
Volume XX — No 73 Abonnements parla poste : Edition quotidienne CANADA.• S** Euu-Unis et Empire Britannique .8.M UNION POSTALE.1Ô.W Edition hebdomadaire CANADA.2-0* UTATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 DEVOIR Montréal, jeudi 28 mars 1929 TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRErDAME MONTREAL TELEPHONE: - - HArbour 1241* Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! SERVICE DE NUITi Administration: Rédaction: Gérant: * ¦ HArbour 1243 HArbour 3079 HArbour 4$97 Une dépêche singulière faut-il pas y rentrer aussi en appliquant la loi aux Congrégations qui n'ont aucun droit d’exister en France puisqu’elles ne sont pas autorisées et que le gouvernement ne propose pas de les autoriser.Un régime de simple tolérance a pu se justifier jusqu’à présent et pour un certain temps: mais l’on ne saurait Hais qui, à la lumière des textes, s’éclaire — L étrange I concevoir au lendemain du vote des propositions gouvcrnemen- caractère des projets de loi autorisant les congre \GATl0ySAVTORISEES.,.du Comité centra! de la gâtions missionnaires — Les protestations de la L/^ue des Droits de l’Homme, qui adaptait, le 7 février dernier gue des Droits du Religieux Ancien Combattant — L’incohérence d’une politique — Le double objectif que poursuit l’anticléricalisme A QUEBEC Une dépêche de l’Agence Havas, la grande agence télégraphique française, nous apportai!» datée du 25 mars, 1 information suivante: La Chambre des Députés a accordé sa confiance au ministère en adoptant par 317 voix contre 1 l’article PENALISANT les congrégations qui violent les lois laïques.Ce texte’peut sembler étrange à ceux qui n’ont pas suivi le débat sur les congrégations missionnaires, auquel il se rattache manifestement.On n’a qu’a je rapprocher de cet uactualité extrait d’un communiqué de Drac (la Ligue des Droits du Rfd-gieux ancien combattant), daté du 10 mars, pour constater qu il répond à une douloureuse réalité: Le projet-type (article 1er) [// s'agit du projet élaboré par la Commission des Affaires étrangères et qui sert de base à la discussion] accorde l’autorisation à 9 congrégations missionnaires seulement; mais à LA CONDITION EXPRESSE qu’elles se soumettront aux lois existantes, loi du 1er juillet 1901, loi du 4 décembre 1902, loi du 7 juillet 1904, sous peine des sanctions prévues par l’article 13 de la loi de 1901: amendes, prison, fermeture d’établissements.* * * Il va de soi que ce texte, destiné à autoriser les congrégations pour service en dehors du territoire métropolitain (c est-à-dire, de la France continentale), contient une clause générale d’autorisation; mais soumise à quelles conditions?Ici encore nous transcrivons le communiqué de Drac : Moyennant quoi, ces Congrégations missionnaires auront la faculté de se recruter, mais: Article 5: on limitera strictement le nombre de leurs établissements et le nombre des professeurs et des élèves.— Autrement dit: Je vous autorise à devenir une famille nombreuse, à la condition de n’avoir pas baucoup d’enfants.Article 8: Chaque établissement autorisé devra au début de chaque année envoyer au ministère de l’Intérieur et au ministère des Affaires étrangères la liste de son personnel, l'état inventorié de ses biens meubles et immeubles et le compte financier de l’année écoutée.— On n'a pas osé pousser plus loin la comparaison avec les faillis, les repris de justice, les assistés de conseil judiciaire, et exiger des congréganistes certificats de vie, photographies d’identité, mensurations et empreintes digitales des mains et des pieds.C'est dommage.Beaucoup de missionnaires marchent nu-pied, on aurait pu ainsi les suivre plus sûrement à la trace.Article 9 — Nulle personne faisant partie de la Congrégation ne pourra disposer par acte entre vifs ou par testament, soit en faveur d’un des établissements de la Congrégation, soit en faveur d’un membre de ces établissements, d’au delà du quart de ses biens, à moins que le don ou legs n’excède pas la somme de 50,000 francs.— Ce qui constitue une exception criante d’injustice dans notre code, les bagnards eux-mêmes jouissant du plein droit à l’héritage et à la disposition de leurs biens.' On voit que la dépêche n’exagère vraisemblablement pas ?n parlant de pénalités.Drac ajoute du reste à son texte ce dur commentaire: ’’Renonciation aux droits d’association et d’en-ieignement, c’est payer bien cher le cadeau de l’autorisation." * * * Il y a plus, et l’article 5 du projet-type contient un dispositif dont l’équivalent ne se trouve, croyons-nous, dans aucune loi française.On y lit en effet ceci: "La Congrégation devra répartir dans les établissements qu’elle possède hors de France les Religieux qui se trouveraient en surnombre dans les établissements autorisés sur le territoire métropolitain.” Jusqu'ici, quand on parlait de lois d’exil, on entendait signi .fier l’effet indirect de lois qui aboutissaient à mettre le religieux dans l’impossibilité légale de pratiquer sur le territoire de son pays sa pleine vie de religieux.• Aujourd’hui, dans une loi qui prétend améliorer le sort d’un certain nombre de congrégations, l’exil est expressément prévu.Le fait inspire à la Ligue des Droits du Religieux ancien combattant des commentaires que nous ne reproduirons pas.Leur juste et naturelle virulence est plus à sa place sous la plume de religieux français que sous la nôtre.* * # » Mais il faut noter une fois de plus — et ce sont des choses que l’on voit aussi bien, peut-être mieux, du dehors — l’incohérence d’une politique qui prétend viser à l’expansion de l’influence française par le moyen des congrégations missionnai rcs et qui, en même temps, s’en interdit presque la possibilité qui s’efforce de discréditer ô l’avance, aux regards des peuples, ceux et celles dont elle prétend faciliter l'action et capitaliser, pour ainsi dire, à son bénéfice, les mérites.Comment, en sjmples observateurs, les chefs du gouvernement peuvent-ils rte pas se rendre compte que, pour avoir des missionnaires, il faut un terrain et une atmosphère favorables et que les lois laïques qu’ils prétendent conserver tendent à détruire l’un et l’autre?Comment peuvent-ils ne pas se fendre compte qu’en limitant à l’étranger l’action des congrégations qu’ils prétendent favoriser, ils les frappent brutalement et gravement dans leur prestige, donc dans leur bienfaisante puissance?Oh! pas chez nous! pas dans les milieux où religieux et religieuses de France sont déjà connus, où la réaction n’atteint point leur prestige, mais frappe au contraire le-s politiques assez sectaires (ou assez sots) pour ne pas vouloir utiliser chez eux la science et le dévouement d’hommes et de femmes qui commandent notre respectueuse admiration! Pas chez nous, mais comment veut-on que ceux qui ne les connaissent point, les redoutent ou les haïssent (et que le scrupule ne gène point), ne tournent pas contre eux les mesures dont les frappe leur propre gouvernement?Comment les chefs d’un grand pays peuvent-ils aussi sottement-desservir les intérêts de leur nation?* * # La Ligue des Droits du Religieux ancien combattant note un autre aspect de ce débat, dont on a beaucoup moins parlé jusqu’ici.L’action des anticléricaux a poursuivi, dit-elle, un objectif double.D’une part, on s’est efforcé de diminuer autant que possible l’efficacité de la législation projetée; d’autre part, on se propose d'utiliser cette législation pour réclamer l’application aux congrégation* non autorisées, mais actuellement tolérées, des lois existantes.Drac cite à ce propos deux dBsAirntians topiques: l'une de M.Jacquier, député de la Haute-Savoie, qui écrivait dans le journal Lumière: "Nous vivons depuis longtemps en matière de congrégations hors de la légalité.Le gouvernement propose d’y rentrer en autorisant neuf congrégations.Mais alors ne l’ordre du jour suivant: "Considérant que les articles soumis aux Chambres soulèvent toute la question de l'application des lois de 1001, 1003 et 100't, la Ligue se propose d’examiner à bref délai LES MOYENS DE RENDRE A CES LOIS LEUR VIGUEUR ET LES MESURES A PRENDRE A L’EGARD DES CONGREGATIONS NON AUTORISEES ET ILLEGALEMENT RECONSTITUEES.” Morale: l’anticléricalisme ne désarme point.Et ceci n’a rien d’éhfhnant, puisque cette politique s’appuie sur une formidable coalition de fausses doctrines, • l'un en I) .C bleu avec rots .rroisr.t'autre eu fourrure plate prise.39.50.Les manteaux sont d’un genre plus féminin EN croisé, en drap de sedan ou en lainages légers, les manteaux, ce printemps, sont d’un genre plus féminin et plus fantaisiste, ou d’une simplicité toujours élégante.Nous sommes Jiers de notre assortiment dans lequel vous aurez plaisir à faire votre choix, fiers surtout de nos prix avantageux, permis par le grand pouvoir d’achat EATON.Troisième étape — Rue Sainte-Catherine .'dik'-ilt.:: Ldkk-: iiSiililj MAGASIN FERME TOUTE LA JOURNEE LE VENDREDI SAINT ?T.EATON C°u HfTKb OK MONTREAL —rrr fonde douceur a se sentir un peu chrétien, ne serait-ce que par ta filière de la race, les souvenirs d’enfance, l’éeho lointain d un cantique, l’exemple oublié des jmrents, l’image exhumée des morts.Henri LANLDAN de l'Académie française.Education d’hygiène principale précaution, l^e foyer le plus dangereux rie la grippe, r’esl la poche masculine où s entassent mouchoirs, pièces malpropres de monnaie, billets douteux, des et au-Ires objets hétéroclites, touchés cent fois dans la journée sans la moindre appréhension.” lit le docteur commande de vider.de retourner, de brosser et de désinfecter les poches régulièrement, aussi souvent que possible.I ne bonne habitude à prendre par Uvs jeunes sera la suivante, qui leur permettra d’éviter la grippe : “('.’est bien de prendre des précautions multiples, niais on oublie toujours les plus importantes.Buvez des boissons chaudes, couvrez-vous bien, fuyez les brusques changements de température, emplissez vos narines d’une huile spéciale, gargarisez-vous; très bien, mais, ce faisant vous négligez la Essayez le SAINDOUX Graisse pur lard de S.L.CONTANT Ltée Feuilleton du Devoir Le Suprême Amour par Jacques Grandchamp il se savait aimé, lui qui avait con-1 frémissante.Et, pleurant rie joie, nu cette amère douleur de n’être telle s’abattit sur la poitrine de son 28 (Suite) Je l’espère, maigre qu’il y ait entre nous bien des dissemblances, mais chacun y mettant du sien nous ferons bon ménage.Je suis prête â tout pour ma pmi, Pierre! tu verras quelle femme d’intérieur je vais être! Je te ferai In cuisine, je raccommoderai tes chaussettes, et puis je veux que tu sois fier de moi! Je sais que mes manières de garçon le déplaisent, pauvre cher! Je vais me corriger, je m’appliquerai à bien parler, je me servirai même de l’imparfait du subjonctif si lu l’exiges, bien que je ne l’aime guère! Je ne t’en demande pas lant! assura Pierre en riant.Il faudra me dire tout ce que tu désapprouves en moi.Trouves- lu ma robe à ton goût?suis-je bien coiffée?• Elle portait ce soir-là une robe de mousseline blanche à multiples volants, serrée a la taille par un ruban de velours pensée, qui la faisait ressembler à un portrait de Winterhalter descendu de son cadre.L’émotion embellissait singulièrement son joli visage que le chagrin avait jiûli.ses splendides yeux se levaient vers Pierre, empreints d’une telle adoration qu’il en fut ébrouL Comme une enfant confiante, elle appuyait sa joue contre sa joue; il sentait battre à coups précipités re jeune coeur palpitant dont un simple effort de sa volonté venait de le faire roi.Il possédait tout près de lui ce trésor de jeunesse et de beauté que l#tit d’autres eussent envié sans ej.Doir; pas aimé, et il lui parut, tout à coup, que son horizon gris devenait d’azur et d’or, que l’avenir lui souriait ineffablement.Nany,«répète-moi que tu m’aimes! commanda-t-il avec une sorte de violence.— Je t’aime, Pierre, répondit-elle, docile.Il baisa ses paupières et se tut.Ce n’élnit pas cet amour-là qu'il avait rêvé, ni même cette paix indicible dont la suavité l’étonnait en un fcl instant.Il eût voulu se sentir plus agité intérieurement, moins maître de lui, grisé en quelque sorte par la magie de l’heure cl le charme de la femme qu il venait de choslr.L’amour vrai ne s'analy.ve point, ne s’éfinTfo pas .Pierre se posait à lui-même un point d’interrogation dont il éluda bien vite la réponse .EL tout haut: ' père qui, dans sa surprise beureu-I se de la retrouver el de voir ses j projets réalisés, oublia totalement | la mercuriale qu'il avait savamment ) préparée: Ah! mes chers enfants, quel ibonheur! Et Charles d'Avricourt, ce soir-là, soir-là, le plus ravi des trois! .XIII i “Le comte du Laz d’Avricourt, chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre, a l’honneur de vous faire part du mariage de Mademoiselle Anne du Laz d’Avri-courr.sa fille, avec Monsieur Pierre Villard-Lebrcuil.lieutenant nu 90e dragons, chevalier de la Légion d'honneur.Croix de guerre.“Le contre-amiral, baron Spiegel, ! commandeur de la Légion d’honneur, commandant en chef les for-i ces navales de l’Atlantique, et la baronne Spiegel ont l’honneur di Rentrons, ma chérie, il se fait vous fajr* ou aux agents locaux.I PETIT AGENDA DU MONDE PROFESSIONNEL j 41 •‘Di \t "Un a souvent besoin d'un plus "ferré' Que * FORD MOTOR COMPANY OF CANADA LIMITED, FORD, ONTARIO j !»oi” — dirait Lafontaine £ i.*»*»*»* Notaire HArbour 71 J?Bélanger & Bélanger Prêt* hypothécaires 10 rue St-Jarqurs est Montréal Professeur ta upi«wn «m Cour» préparatoire
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