Le devoir, 20 avril 1928, vendredi 20 avril 1928
Volume XIX.-j\o 92.Abonnements par la poste: Edition quolidlenn» CANADA.» «JN Buia-Unia «( Baptr* BriUsolqo* .>-N UNION POSTALS.10.M Edition hebdomadaire CANADA .1M ETATH-UNIS ET UNION POSTALS 8.0* DEVOIR Montreal vendredi 20 avril 1928.TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 336-340 NOTRE-DAME EST UONTRKAL TELEPHONE: Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! Main 74SH Main 5121 Service de nuit: Rédaction.Adminiatratlon.Main 5158 Le “Bremen” retournera eh Allemagne par la voie des airs, dit Faviateur Koehl (voir page 3) La commission technique Croquis D'aucun* #‘eu réjouissent; d’autres le déplorent, iniers voudraient capitaliser ce l’ait, réunir la L’agglomération montréalaise atleint un million de population.Les pre-ville et ses banlieues sous un système administratif dit borough system pour faire prendre à Montréal, au plus grand Montréal, rang parmi les métropoles du inonde qui comptent mille milliers d’âmes.Ils se tournent vers le gouvernement provincial, arbitre de nos destinées, ej le pressent d’agir.Celui-ci n’est pus resté oisif.Il a nommé une commission et qui fonctionne pour étudier le système préconisé et l’adapter aux besoins locaux; mais ce que les avocats de la décentralisation municipale ne semblent pas voir, c’est que le même gouvernement, dans im autre domaine, bien proche de l’administration municipale — Celui de l'administration scolaire—Vient de prendre une attitude diamétralement opposée à celle qu’ils lui conseillent, vient de supprimer les commissions de district, qui correspondent aux boroughs,, pour centraliser l’administration «ous l’autorité d’un seul et unique corps.Ailleurs, on fait le procès de la centralisation.En Europe, où elle est allée aux abus extrêmes, elle est de partout ilécriée.Aux Etats-Unis, dans un récent manifeste, M.Coolidge demande qu’on y fasse échec dans l’intérêt de la nation; mais il ne semble pas que dans la province, au moins dans certains domaines, on veuille tenir compte des expériences faites ailleurs.De sorte que nul ne peut savoir à quoi aboutira cette commission des boroughs.Peut-être aboutira-t-elle, par un détour imprévu, à prescrire une centralisation plus grande quand elle «’était réunie pour trouver les moyens d’aboutir à la solution opposée ! Ceux qui déplorent l’agrandissement de Montreal, qui ne voient pas de motifs d’orgueil au développement précoce et prodigieux d’une tête monstrueuse pour un petit corps de moins de dix millions d’habilants.ou même si l’on ne tient compte que de la population de la province, de moins de trois millions, sont impuissants à enrayer cette hydrocéphalie, à empêcher le jeu de cette force centripète, de cette migration vers les villes qui exerce une action constante dans tout l’univers civilisé.Partisans du statu quo.ennemis de l’agrandissement de Montréal, amis de la centralisation brutale ou amis de la centralisation mitigée comme les partisans du système de boroughs, tous doivent se rendre compte d’un fait qui domine la situation, d’un problème, fonction inévitable de l'agrandissement de la ville: le désordre, le chaos et, partant, le besoin d’ordonner, de prévoir.La ville a grandi sans plan comme une maison construite sans l’aide d’un architecte et à laquelle on ajoute tantôt un étage, tantôt une aile, tantôt une rallonge.Cela fait un tout fantastique.Trop pris par la nécessité de rajuster le linge de la grande fille qui poussait comme mauvaise herbe, le* tailleurs de l’administration municipale n’ont pas pu prévoir ou pas su prévoir.Elle csl aujourd’hui, pourrait-on dire, mal attifée et sans trousseau.Ou, en d’autres termes, chaque jour elle se heurte à quelque nouveau problème pour lequel il n’a pas été prévu de solution., Logiquement, elle devrait s'agrandir de ce côté; mais la voie est bloquée.Pour la bloquer, il faudrait de» expropriations qui coûteraient des millions.Elle est riche, elle est importante, elle doit tenir compte des données de l’hygiène et d’une certaine esthétique.Mais on continue de construire chez elle des horreurs du double point de vue sanitaire el esthétique parce qu’il n’existe pus un code défini de règlements de construction et de corps, à la fois compétent et indépendant, pour les mettre en vigueur.Bien plus, les quelques règlements qui existent ne protègent rien du tout.Chaque jour un électeur influent, avec l’appui d’un échevin, passe à travers ce fragile réseau comme un hanneton à travers une toile d’araignée.(C’est ce fait qui a provoqué, à Notre-Dame-de-Grâce une indignation dont M.Biggar a profité.) On vient d’arrêter chez les échevins, pour désencombrer et rendre plus ordonné et plus digne l’aspect intérieur de l’Iiôtel de ville, que les flâneurs sans but et sans raison n’y pourront plus séjourner.Souhaitons que cette police s’exerce avec fermeté et donne les résultats visés; mais ce qui est certain, c’est que les échevins.s’ils voulaient constituer un bureau de placement municipal, se débarrasseraient de la fonction de commissionnaires, sans compter qu’ils observeraient de la sorte l’esprit de la charte et qu’ils établiraient plus de justice et plus d’ordre dan» l’octroi des places.Cette besogne menue les absorbe et les avilit et, en fin de compte, ils ont créé plus de mécontents que de contents, comme il leur est totalement impossible de placer plus de dix pour cent des gens qui tiennent a porter la livrée de Concordia qui a la réputation de bien traiter ses serviteurs.C’est le comité exécutif, ce sont les échevins, pris tous le» jours et à toutes les heures du jour par une besogne de routine indigne d’eux, arrêtés par des détails insignifiants, qui doivent s’élever à des tâches compliquées qui demandent du temps, de la culture, des vues d’ensemble, un effort long et constant.Malheureusement.la cuisine quotidienne, qui met le» échevin» et le» commissaires en contact avec leur» électeur», qui, tou» le* jours, fait »urgir à leurs yeux la date de l’échéance et de la reddition de compte, l’emporte par la force même des choses sur la besogne plu» élevée mais d’un effet électoral bien moindre.Et voilà pourquoi la promesse du maire de faire nommer une commission technique — pas trop proche de» politiciens — devrait être tout de suite soumise au conseil et adoptée par lui.Si celui-ci se rebiffait comme il l’a fait déjà, parce qu’il craint à l’égal d’une calamité publique la perte d’une parcelle de patronage ou d’une ombre d’autorité, le maire, jeune, actif et pour l’heure de plus en plus populaire, aurait k sa disposition le» moyens de consulter l’opinion publique de nouveau et de l’employer k faire preasion sur se» collègues.Ce qui est certain, c’est que la première nécessité pour Montréal à l'heure présente, c’est de mettre de l’ordre dans le chaos, de «avoir où elle en est, de prévoir se» développements futurs, d’améliorer ses services de transport, de voir à la localisation convenable de* gares, à la disparition des traverses à niveau, à l’amélioration de l’hygiène, et que ce travail technique, de longue haleine, difficile, ne peut être fait que par une commission d'hommes indépendants de l’électorat, d’hommes compétents, de spécialistes.Louis DUPIRE Vieille nie Fare \ou* habitons une vieille ruei sans éclat, sans splendeur, que vous I trouveriez laide peut-être, sans un beau [tare qu'elle longe, et qui, —, comme avec des bijoux, — la de ses feuillages.Sauf deux ou trois maisons, toutes les outras sont anciennes; il y en a de hautes, pointues, à lucarnes logées dans un toit à pente vertigineuse; U y en a de larges, carrées.coloniales, en brique salie, effritée par place, mais qui iclé, habillées de vignes grimpantes accrochées jusqu’aux larges cheminées romantiques, reprennent leur air d’autrefois; il y en a une immense, en pierre des champs, à portes fenêtres, qui, isolée aurait l'aspect d’un nianu/r; A côté de voisines plus humbles, elle est quand même superbe, restaurée, cossue, rajeunie .y d'un porche à colonnes ivoire, et elle regarde le parc en propriétaire.Il y en a deux petites, .voeurs jumelles, coiffées de toits qui penchent de chaque côté et leur font un visage de nonne en cornette; il y en a une amusante, haute sur cave, le rez-de-chaussée garni d’une La session tVOttaica Les commissions administratives des ports canadiens disparaîtront ?.1.—1.^ ¦ ¦i.i.— , .* M.(jardin laisse entendre qu’il en faudra venir bientôt à un autre régime — (À?ministre fait un discours convaincant et parle bien l’anglais — M.Lapointe défend les intérêts du port de Québec — La gauche, récalcitrante, finit par réder LE PORT DE QUEBEC S’AMELIORE (Car EMU E BENOIST) Ottawa, 19 — Le port de Québec _ n’aura jamais tant fait parler de lui.Presque toute la journée d’hier el toute la journée d’aujourd’hui la Chambre des Commune» s’en est occupée.Ça n’aura pus été Inutilement puisque la résolution de M.Cardin afférant à un hill qui auto- galerie blanche et verte" et dont Tel risvra le “,iniHre ,les.lances k toit également en pignon est brodé' av.a"cer.s»11* P.rèt.une d’un feston de buis découpé; elle est démodée, pas élégante, mais distinguée; et surtout, elle va si bien avec les deux vieux qui ihabitent: un pasteur septuagénaire tremblât-tant, tout sec, frêle et souriant, et sa femme robuste, ronde, bienveillante, qui toujours vous salue et caresse vos enfants.Au coin le plus proche, il y a la vieille église anglicane, écrasée, autre somme de *8,500,000 à la corn mission du port de la ville que fonda Champlain, en 1608, a été adoptée.C’est à se demander pourquoi les conservateur* ont fait tant de discours afin de démontrer que celait eu le temps de dépenser pour lions.M.Cardin a parlé pendant moins d’une demi-heure aujourd-d’hui et, en si peu de temps, il n réussi à exposer ce qui en est du port de Québec et aussi h faire une \ améliorations déclaration très importante au sujet de l’administration de tous les ports du pays.Le gouvernement considère évidemment que le mode actuel d’administration des ports — c’est par des commissions ou directement par le ministère des Travaux publics — laisse à désirer et M.Cardin a déclaré qu’il cherche fi établir un nouveau système.Avant que la commission du port de Québec 1 annonce la déposition de ce rapport par le gouvernement.Celui-ci serait désireux de régler cette question de la diversion des eaux «lu Saint-Laurent en même temps que colle de la canalisation du Saint-Laurent.Et c’est pourquoi c* dossier aurait élé déppsé peu de temps après l'autre.DEUX 1)1 SCO CHS Le lecteur m’en voudrait de rapporter, même en résumé, tout le début qui s’exl fait à propos du port de Québec.I) vaut mieux s’en tenir aux deux discours les plus intéressants, ceux de MM.Lapointe et Cardin.La question s’y trouve d’ailleurs bien exposée.M.LAPOINTE M.Lapointe commence par expliquer que celle somme de $8.500,-000 que l’on veut prêter à la commission du port de Québec comprend $5,310,0011 pour compléter les travaux entrepris en 1025 li l’anse Wolfe; $2.840.(U)0 pour un nouvel entrepôt è céréalçj, et d’autres mi bassin Louise, prêt n’a pas de raison d’être.En définitive ils n’ont même pas demandé le vote sur la résolution.Elle n été adoptée sans cérémonie, sur division comme on dit ici, un vague au ccndent si bas qu’il semble d'une jolie ligne cependant, sous oppositionnute ayant dit: On ilivi-son bonnet de bardeaux gui des- sion, au moment oit M.Rodolphe tamieux s’informait: Is this motion carried?Cela revient à dire que tout simplement l’adoption n’est pas faite à l’unanimité des voix.Mais si les conservateurs n’ont )as fait de cérémonie pour finir, .ls en avaient fait pour la peine auparavant.11 s’est prononcé quatorze discours, cet après-midi et ce soir, à propos de cette résolution, presque tous par des conservateurs.Deux progressistes ont parlé, MM.Garland, député de Bow-River, et M.Gardiner, le chef du groupe, député d'Acadia, ainsi que quatre ministres.MM.En est Lapointe, P.-J.-A.Cardin, Lucien Cannon et James A.Robb.Il va sans dire que les ministres ont défendu la résolution.Les progressistes, sans y être opposés, auraient voulu qu’elle soit étudiée en comité particulier.Il n’arrive pas bien souvent que M.Cardin parle en Chambre.Il n’a- ui des- iH)us allongeant un peu vous en toucheriez le bord, et dont les vieux murs de pierre chaque jour paratsseAt davantage s'enfoncer dans le sol.A côté, le presbyte n est une grande maison de briques ternes, pas jeune non plus, vraie illustration de roman anglais, avec ses grandes fenêtres à petits carreaux.son entrée sur le côté, dans un beau jardin où prendre le thé sous les arbres, avec ses vastes pièces hautes, un peu nues, où vos yeux peuvent entrer librement quand le soir s'allument les lampes .Car si j'aime ma vieille rue à l’âme étrangère, sous le soleil qui brise les couleurs du vitrail de l'église basse, j'aime mieux encore, la vieille rue le soir, quand la lune derrière ses maisons escalade lentement le ciel.On dirait alors une série d'eaux-fortes, toutes ces silhouettes de toits à pointes pittoresques se dessinant en noir sur le ciel bleu.C’est calme, tranquille, silencieux; on se croirait loin en prai'ince.A vrai dire, ce n’est point une rue de jeunesse.Par les fenêtres, on voit des coins de cheminées antiques, aux manteaux de marbre blanc; quelques beaux vieux meubles, des arrangements désuets; sur une table, la lampe à abat-jour vert.Les vieilles maisons ont l'air de recéler de l'étude, de la méditation, du sommeil.Et d la fin, voyez chez nous.Ce sont les moins coquettes mais les plus amusantes de toutes, nos vieilles maisons: elles sont six.battes ensemble, soeurs pareilles, avec des perrons archaïques un peu mûrs.Elles sont si hautes que séparées elles seraient d’une maigreur ridicule; et la lune qui se perche derrière.leurs cheminées pousse jusqu'au milieu de la rue, vers te parc, les ombres comiques de leurs douze lucarnes.Michelle Le NORMAND —Ottawa, 14 avril 1928.la peine les $8.500,000 qui lui sont avancés, le ministre de la marine, M.Cardin ou son successeur, aura un projet à soumettre au Parlement.C’est l’incident de la journée.D’ici peu de temps la Commission du port de Montréal et les autres du même genre disparaîtraient.On comprend alors que 1c gouvernement ne se presse pas à nommer un successeur à M.Kmilien Daoust.* * * Le débat sur la résolution relative au $8,500.000 que nous allons prêter à la Commission du port de Québec a été long et laborieux.Les conservateur» d'une façon générale se sont franchement opposés à la résolution.M.Bennett, le chef de l’opposition, prétend qu’il n’est I {ras hostile au progrès du port de Québec mais il veut savoir à quoi s’en tenir.La Commission du port de Québec est comme une compa parti libéral prit des engagements du même genre.Il semble que ce soit le parti libéral qui finalement remplira son engagement en même temps que celui du parti conservateur.M.Cardin Les députés de l’opposition semblent sous l’impression que les $5,000.01X1 votés 4>n 1925 ont été dépensés.En fait une partie seulement de cette somim’.de 82,5011,000 à 83,000,000.a été employée.Des encoffremcnt» ont été construits, des piliers ont été enfoncés et, là dessus, on établira les quais, li reste cependant d’autres travaux du même genre à accomplir.( Quand les encoffrcmcnts sont éta-* blis, que les piliers sont enfoncés, il faut attendre que tout se soit bien assis, ce qui prend deux ans.avant d’entreprendre le revêtement en béton.Les travaux commencés en 1025 ne pourront donc sv terminer avant la fin de celle année.Le somme de 85,000,000 aura alors été dépensée.Il restera ensuite plusieurs autres choses à faire, construire d
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