Le devoir, 19 novembre 1948, vendredi 19 novembre 1948
“Vous aver une double mission : premièrement, la mission de conserver intact votre héritage religieux et national; deuxièmement, la mission de répandre cet héritage.J’ajoute que c’est'votre droit de garder votre héritage, et votre devoir de le défendre.” Son Exc.Mgr lldebrando Antoniutti, délégué apostolique au Canada et à Terre-Neuve.Dbecteui i G*raid FHJON FAIS CE QUE DOIS VOLUME XXXIX — No 271 MONTREAL, VENDREDI, 19 NOVEMBRE 1948 *e EKtaberti de Hongrie NUAGEUX Minimum .^7 Maximum .Cinq sous le numéro Sur une thèse de M.Garson -es relations fédérales-provinciales après le 28 juillet — Le pacte de 1867 était-il fondé sur un aménagement fiscal ou sur une répartition des fonctions ?Lors de son assermentation comme premier ministre, lundi, M.Saint-Laurent a dé-1 claré, à propos de la question des relations J fédérales-provinciales, qu’il aimerait “à la voir traitée au mérite et non comme argument d'élection”.Ce souhait se comprend sans peine, car comme argument d’élection, ce débat n’a pas été très heureux pour le nouveau premier ministre.Le 22 juillet dernier, monsieur Saint-Laurent affirmait : “Le gouvernement fédéral a des pouvoirs illimités en matière de taxation.Il n’y a rien que le gouvernement fédéral ne puisse pas taxer”.Or cet argument électoral, formulé au cours d’une campagne qui a porté principalement sur l’autonomie provinciale, a été répudié de façon non équivoque, car le 28 juillet M.Duplessis faisait élire 82 députés, tandis que M.Godbout, appuyé par M.Saint-Laurent, en conservait seulement 8.Faut-il conclure des paroles prononcées par le nouveau premier ministre que la leçon a été comprise?L’on dit dans les milieux politiques fédéraux que M.Saint-Laurent se propose de freiner le mouvement de centralisation.Attitude d’autant plus plausible que le parti libéral ne peut pas risquer de perdre trop de terrain dans notre province.• Mais c’est aussi lundi dernier que M.Saint-Laurent faisait entrer dans le gouvernement, comme ministre de la justice, M.Stuart Garson, ancien premier ministre du Manitoba, qui est l’un des principaux partisans de la centralisation fédérale, et dont on ne peut pas dire qu’il a compris la leçon du 28 juillet.Car lors de la convention libérale, tenue après l’élection québécoise, M.Garson a réaffirmé le programme de centralisation, en prononçant un plaidoyer qui a vivement impressionné certains délégués du Québec.Ces derniers craignent, après avoir entendu M.Garson, qu’on puisse faire dire n’importe quoi à la Constitution canadienne, et qu’en matière d’impôts notamment, il serait plus prudent de ne pas trop creuser les textes qui pourraient être tournés contre nous.La thèse de M.Garson consiste à montrer qu’en 1867 la répartition des fonctions et des taxes entre le fédéral et les provinces confiait à Ottawa le plus fort des ressources comme des dépenses, que le budget fédéral, dès lors beaucoup plus considérable que celui des provinces, était alimenté par les impôts indirects qui étaient pratiquement les seuls importants.De même que le gouvernement fédéral recevait les principales sources de revenus, c’est à lui qu’incombaient les principales dépenses que comportaient à l’époque les budgets publics.D’autre part, les provinces n’avaient que des budgets modestes, .et les subsides que le pouvoir fédéral devait leur verser constituaient la plus forte partie des revenus provinciaux.• M.Garson conclut de là que, comme les principales sources d’impôt ont changé et qu’en même temps les dépenses des Etats ont non seulement augmenté, mais ont changé de caractère, il faudrait pour rester fidèle à l’esprit de la Constitution, telle que conçue par les Pères de la Confédération, enlever aux provinces et donner au pouvoir fédéral les grandes sources de taxation comme les fonctions nouvelles qui incombent aux Etats modernes.Il demande aux champions des droits provinciaux si la Constitution ne doit pas être interprétée à la lumière des conditions qui existaient en 1867; si la situation entièrement différente d’aujourd’hui n’exige pas une adaptation afin de maintenir Yesprit du pacte confédératif ; si ce pouvait être l’intention des Pères de la Confédération que pendant la décennie 1930 l’on ait prélevé 7% des taxes au Canada selon la capacité de payer du contribuable, et 93% par d’autres impôts dont la plupart étaient dommageables par leurs effets économiques?En 1867 les Pères de la Confédération ont donné au pouvoir fédéral les principales taxes du temps — douanes et accise.Est-ce qu’en 1948 les mêmes Pères voudraient que les principales taxes d’aujourd’hui — les impôts directs fondés sur la capacité de payer — fassent l’objet d’une concurrence entre dix gouvernements, avec dix systèmes de perception, et sans intégration, ni du point de vue du contribuable ni du point de vue de l’Etat?! Et puisque les dépenses des provinces ont non seulement décuplé mais centuplé, est-ce que les subsides fédéraux, qui étaient censés représenter une part substantielle des dépenses provinciales, devraient demeurer pratiquement les mêmes?• Ce plaidoyer ne manque pas d’habileté et peut à première vue paraître solide.Mais il est faux par sa base même.En 1867, les principaux revenus et les principales dépenses ont été attribués au nouvel Etat canadien.Cependant, en 1867 comme aujourd’hui, pour les groupes comme pour les individus, l’argent devait être et doit rester un moyen et non une fin.Le compromis de 1867 n’a pas porté principalement sur les questions de finance, de taxes, de subsides; mais bien sur la répartition des domaines attribués respectivement à l’Etat canadien et aux provinces.Si le nouveau pouvoir fédéral eut le gros des taxes et des charges, c’était non seulement parce que les principaux impôts de l’époque — douanes et accise — devaient être perçus à la frontière du pays tout entier, mais aussi et surtout parce que les principales dépenses publiques du temps se rapportaient aux questions placées sous la juridiction fédérale.Les dépenses et les services de l’Etat moderne ont non seulement augmenté, mais ils ont envahi des domaines que la Constitution canadienne réservait aux provinces.M.Garson souligne lui-même le fait que les charges provinciales en matière d’enseignement, de santé, de services sociaux, ont centuplé.L’Etat moderne, à l’étranger comme chez nous, s’occupe de plus en plus de problèmes qui intéressent les valeurs culturelles et religieuses, que les droits provinciaux doivent sauvegarder; il s’occupe de questions qui touchent de plus près la vie privée, la vie familiale, la vie sociale, et qui par conséquent entrent non seulement dans le champ du droit civil, mais encore dans le domaine moral qui est inséparable de la religion.• Et là nous sommes vraiment au coeur de la Constitution canadienne, sur le terrain qui a fait l’objet du compromis, du contrat de 1867.Il s’est trouvé, à cause de l’évolution économique parallèle, que les principaux impôts d’aujourd’hui sont des taxes directes fondées sur le revenu, taxes que la Constitution réservait principalement et spécialement aux provinces.Mais dans l’hypothèse où les principaux impôts seraient restés ceux du domaine fédéral, il aurait fallu modifier la répartition des impôts en faveur des provinces, parce que les fonctions exclusives à l’Etat provincial ont, dans le monde moderne, beaucoup plus augmenté proportionnellement que celles qui étaient dévolues à notre Etat fédéral.Et c’est dans ce sens qu’on peut parler vraiment de fidélité à l’esprit qui animait les Pères de la Confédération.Tous les arguments de M.Garson ne sont pas faux; il est certain qu’un aménagement fiscal s’impose, un accord entre les provinces pour une équitable répartition du fardeau commun.Mais ce n’est pas par la centralisa-tisation qu’il faut procéder, car on violerait ainsi ce qui est l’essentiel, la condition fondamentale du pacte de 1867.,,.xi.» Paul SAURIOL BLOCS- Pierre l'Ermite Ce n’est pas du prédicateur de la première Croisade, mais bien du Croisé moderne, du Pierre ¦’Ermite de la Croix de Paris, ne nous voulons aujourd’hui év quer l’image.On vient, en présence de.l’Ar-chcvtoue de Paris et du Nonce apostolique en France, de célé-1) er scs noces de diamant sacer-dolnlcs.Car, encore qu’on ne puisse guère s’en douter à la lecture de .«es chroniques hebdomadaires et (* c ses romans, Pierre l’Ermite, dent le nom de famille est Loutil et qui dirige une des grandes parois'es de Paris, Saint-François de Sales, a aujourd’hui quatre-vingt-cinq ans.Sa carrière — sa double carrière plutôt, car, depuis soixante ans.il fait concurremment du ministère sacerdotal et de l’apostolat par la plume — a été extrêmement féconde.I.c représentant du Pape et son archevêque ont loué son oeuvre proprement sacerdotale.Il n'est aucun de ceux qui s’intéressent à la littérature et au journalisme qui ne voudra, à l’occasion des fêtes récentes, saluer en Pierre I.’Ermite le romancier el le journaliste de grand talent.C’est un écrivain très vivant, d’une extraordinaire fécondité et NOTES dont la prose, pour rester pro.prement apostolique, ne sent jamais, si l’on ose dire, le cierge ni la sacristie.C'est un tour de force vraiment qu’au cours d’une si longue carrière, chargée de lourds travail*.ecclésiastiques, l’écrivain ait pu trouver le temps de bâtir tant d’oeuvres d’imagination, tant de chroniques.Celles-ci.dont les premières parurent dans la Croix en 1889, doivent être tout près d’atteindre les trois mille.Or, les dernières, que nous apporte encore chaque semaine notre confrère parisien, sont tout aussi vivantes, tout aussi pittoresques, tout aussi pétillantes d’esprit que celles de sa jeunesse.L’auteur ne parait vraiment pas avoir vieilli.Le nom de Pierre l’Ermite est connu dans tous les milieux catholiques de langue française.Le prêtre vénérable et le vieil écrivain nous permettront de leur adresser, par-dessus l'Allan-tique, l’hommage de notre vive admiration et de notre affectueux respect.L'autre côté Toute médaille a son revers; voici bien longtemps qu’on l’a dit et répété.Un article du London Daily Herald, le grand journal travailliste anglais, que reproduisait le Star de mardi, nous apporte de cette vérité ancienne une illustration nouvelle.M.E.-H.Louw, l’un des ministres sud-africains qui assistaient à la conférence des représentants du Commonwealth, à Londres, parlant à un groupe de journalistes.leur a déclaré, d’après le Herald: La décision du nouveau gouvernement de l’Union de restreindre l’ampleur du projet d’immigration, présenté par le gouvernement précédent, a été représentée comme animée par un sentiment antibritannique.L’allégation, cela va de soi, est absurde.La décision du gouvernement,n’affecte pas que l’immigration de Grande-Rretagne, mais celle aussi de tout autre pays européen.L’Afrique-Sud, comme tous les autres pays, souffre des conséquences de l’après-guerre.Elle souffre, par exemple, d’un manque aigu de logements.Des dizaines de milliers de Sud-Africains n’ont pas de foyer et plusieurs d'entre eux vivent dans des conditions déplorables.La politique du gouvernement, c’est que nous ne pouvons fournir des maisons aux étrangers tant que nos propres gens n’ont pas de foyer.De même aussi la baisse Les débardeurs d’Halifax dans un dilemme Obéiront-ils à Ottawa ou suivront-ils leurs camarades américains?EFFETS LOINTAINS D’UNE CREVE m Ils risquent d'un côté l'amende, de l'autre le nom de "briseurs de grève" Pour l'instant, ils sont encore à l'oeuvre-Le chef des débardeurs* américains en grève menace la compagnie de navigation Cunard de représailles CEUX DE MONTREAL REFUSERONT DE BOUGER Un porte-parole de la section montréalaise dans l'union internationale des débardeurs membre de la Fédération américaine du travail déclare que cette section maintient sa décision de ne décharger aucun des navires qui pourraient chercher eicale ici à la suite de la grève de leurs camarades amé | coins sur la côte de l'Atlantique.Le porte-proie en question ne prévoit toutefois pas d'arrivées de tels navires, car aucun quai ne serait disponible pour eux en ce moment, vu l'urgence de la fin de saison de navigation; par ailleurs les débardeurs affirment avoir déjà plus de travail à accomplir qu'ils ne disposent de temps.Le bureau de poste de Windsor, Ontario, ressent durement les effets lointains de la grève des débardeurs dans les ports américains de la côte do l’Atlantique.Le courrier destiné à New-York et Boston a dû en effet prendre la route de Halifax, d'où il est acheminé sous scellés vers Windsor pour lui faire traverser la frontière, en direction de Détroit, et le ramener en sol américain.Ici, Arthur Lacharité, du bureau de Windsor, aide un collègue américain à charger sur camion une partie de ce courrier supplémentaire imprévu.(Photo C.P.) LETTRE D'OTTAWA Les premières escarmouches électorales de M.St-Laurent L'importance particulière de l'élection partielle de Laval-Deux-Montagnes Ottawa, 19 — Le premier ministre Louis Saint-Laurent, a quitté la capitale hier après-midi pour se rendre en Nouvelle-Ecosse.Il fait le voyage pour assister au banquet que les électeurs de Digby-Annapolis-Kings offrent à Kentville à M.James-L.llsley, qui a représenté la circonscription aux Communes pendant 22 ans, et fait partie du cabinet pendant plus de la moitié de cette période.M.Saint-Laurent tient sans dans la production du temps de guerre de nos fabriques a naturellement eu pour résultat un certain degré de chômage.On a trouvé de nouvelles sources d’emploi, niais tant que les conditions ne seront pas revenues à la normale, nous ne pouvons admettre un nombre considérable d’immigrants qui feraient concurrence, sur le marché du travail, à nos propres Sud-Africains.Voici une explication qui paraît avoir beaucoup de sens et dont l’on pourrait peut-être ailleurs tirer profit.M.Louw a pris soÿi, du reste, de préciser que la participation de son pays à la Conférence, où il représentait le premier ministre Malan, a été conditionnée par le souci des intérêts sud-africains et par la stricte application du principe: L’Afrique-Sud, d’abord.11 a dit et répété que l’Union sud-africaine n’entretient, à l’endroit de la Grande-Bretagne, aucun sentiment d’hostilité."More King ." M.King a tenu, dans la vie politique canadienne, un rôle si considérable qu’on discutera longtemps encore de l’importance, de la qualité de ce rôle, ainsi que des motifs, des tendances qui ont commandé l’action de l’ancien premier ministre.Nous versons au dossier un témoignage assez vieux déjà, puisqu’il remonte presque à l’accession, à la tête du parti libéral, de l’ancien premier ministre.Nous étions à causer (il y a bien de cela un quart de siècle), un homme politique canadien-français qui avait connu d’assez près le jeune chef, un journaliste de langue anglaise, bon nationaliste, et votre serviteur.L’homme politique essayait de deviner la conduite prochaine de M.King.Il était enclin à croire que, dans la personne du petit-fils de William Lyon Mackenzie, nous aurions un premier ministre très nationaliste, le plus nationaliste de tous ceux qui avaient encore occupé ce poste.Mais l’on sait que, si la mère de M.Mackenzie King était la plus jeune des filles de l’agitateur anglo-ontarien, son père, avocat fort intelligent, très cultivé, infiniment estimable, du reste, était tout le contraire d’un révolutionnaire, ou même d’un agitateur.FU notre journaliste anglo-ca* nadien de dire: The trouble with Mackenzie King is that he is much more King than Mackenzie (la difficulté avec Mackenzie King c’est qu’il est beaucoup plus King que Mackenzie).Ce serait un beau sujet d’étude que de rechercher dans quelle mesure la double hérédité de M.King a pesé sur sa carrière.* O.H.doute à s’associer à l’hommage que l’on veut rendre à l’un de ses anciens collègues, mais il ne perd sûrement pas de vue Téléc tion partielle qui doit se tenir le 13 décembre pour choisir un successeur à M.llsley.On peut prévoir que le ban quet de Kentville marquera à toutes fins pratiques l’ouverture de la campagne électorale libérale dans Digby-Annapolis-King et que la présence du premier ministre ne manquera pas de stimuler les militants du parti dans la circonscription qui assisteront au banquet.Les élections partielles qui se tiendront en décembre prochain dans quatre circonscriptions qui se trouvent distribuées dans les quatre principales régions du Canada marquent les débuts de M.Saint-Laurent comme généralissime des forces libérales.M.Saint-Laurent était déjà chef du parti et premier ministre intérimaire au moment des élections partielles d’Algoma-Est et de Rosthern, mais M.King p’avait pas encore abandonné le commandement.Le nouveau premier ministre fera donc ses premières armes en décembre.Ces élections seront les premières escarmouches en préparation des grandes opérations prévues pour 1949 ou 1950.M.Saint-Laurentt a bien choisi les champs de bataille où il livrera ses premiers engagements.La circonscription néo-écossaises de Digby-Annapolis-King était représentée par un minis tre qui obtenait des majorités de l’ordre de 5,000 voix.La circonscription manitobaine de Marquette était également représentée par un ministre, M.J.A.Glen, et le candidat libéral qui.brigue sa succession, M.Suart Garson, est un ministre qui dirigeait Je gouvernement provincial du Manitoba jusqu’à ces tout derniers jours.Le premier ministre a donc lieu d’escompter des succès assez faciles dans ces deux circonscriptions.Quant à la circonscription ontarienne de Carleton, les libéraux n’y risquent rien et ils peuvent même y gagner beaucoup.Ils ne risquent rien parce qu’ils ne font pas la lutte au chef conservateur qui a fait lui-même le choix de cette circonscription pour s’assurer un siège aux Communes.Ils peuvent gagner beaucoup parce que la victoire du candidat socialiste, qui semble devoir obtenir un appui discret des libéraux, pourrait entamer sérieusement le prestige de M.Drew.Reste la circonscription québécoise de Laval-Deux-Montagnes.M.Saint-Laurent doit attacher plus d’importance à cette élection partielle qu’à tontes les autres.Son prestige et sa force électorale dans le pays dépendent en effet largement de son emprise sur le Québec.Une vic-toir décisive dans Laval-Deux-Montagnes constituerait un excellent début pour M.Saint-Laurent puisque la circonscription a souvent élu des conservateurs et qu’elle était représentée depuis 1945 par un député oppo-sitionniste, M.Liguori Lacombe.L’escarmouche de Laval-Deux-Montagnes pourrait devenir un combat acharné si les conservateurs ou d’autres groupes opposi-tionnistes décidaient de mettre un candidat en lice et de tenter une épreuve de force contre M.Saint-Laurent.Pierre VIGEANT Halifax, 19 (C.P.) — Le président de l’union internationale des débardeurs, une section de la Fédération Américaine du Travail, au port d’Halifax, J.J.Campbell, se trouve en ce moment dans une position incommode.Campbell avait d’abord suivi nu début de la semaine Tordre de son supérieur, le président général de l’union, Joseph P.Ryan, de New-York, de ne pas faire travailler ses hommes par sympathie pour les débardeurs américains en grève sur la côte de TAtlantique, du Maine à la Virginie.Il a depuis changé d’idée et permis aux unionistes de décharger les navires qui viennent faire escale à Halifax, depuis que la grève leur interdit Taccès des ports chez nos voisins: mais ce peste Ta placé dans un dilemme.Si, en effet, il ordonne une reprise de la grève, il s’expose, comme le gouvernement fédéral canadien Ten a prévenu, à une amende personnelle de $100 pour chaque jour d’arrêt du travail — avec une amende de $1,000 par jour pour l’union — pour n’avoir pas eu recours aux procédures normales d’arbitrage.Mais, s’il défie Tordre de Ryan, il risque de sc voir traité avec tous ses hommes de briseur de grève.Pour l’instant toutefois, on ne compte à Halifax qu’un seul paquebot d’importance qui ait dû se diriger vers ce port de préférence à New-York; il s’agit du Rrilannic, de la ligne Cunard-White Star.Ce travail n’occupe que 250 des 2,000 débardeurs de la capitale de la Nouvelle-Ecosse.Mais on prévoit l’arrivée d’ici !) jours d’une vingtaine de grands navires étrangers dont les ports réguliers d’attache se trouvent dans la république voisine.Campbell n’a lias encore répondu formellement aux dernières déclarations de Ryan; mais on rappelle qu’il a déjà dit ne se souvenir d’aucun cas où l’union internationale ait demandé à Tune de scs sections d’enfreindre les lois de son pays pour lui témoigner sa sympathie par une grève concurrente.Hier, Ryan avait rapporté avoir rappelé à ses camarades d’Halifax que les débardeurs américains ont fait une grève semblable de sympathie en faveur des Canadiens en 1937 et qu’ils ont alors couru le risque de violer leurs propres contrats particuliers de travail, ce qui entraîne la réciproque.Par ailleurs, Ryan menace aujourd'hui d’user plus tard de représailles à l'égard des coni; pagnies comme la Cunard qui ont ordonné à leur navires un changement de route vers Halifax.La Cunard avait promis hier que si la grève américaine cessait avant que ses principaux paquebots, le “Queen Mary” et le “Queen Elizabeth” soient arrivés de ce côté-ci de TAtlantique, elle leur commanderait de changer encore une fois de direction et de mettre le cap sur New-York pour tout de bon.Ryan trouve ce geste une "in- sulte” à l'adresse des débardeurs d’Halifax qui ont appuyé un moment la grève américaine.“Si cette compagnie, assure-t-il, espère pouvoir miser sur les deux tableaux, elle se trompe grandement.” Entre temps, le directeur adjoint du service fédéral américain de conciliation des conflits ouvriers, William Margolis, a entrepris une série d’entretiens pour venir à bout de.la grève.Il estime que les négociations devront se poursuivre pendant encore deux semaines.La grève fait déjà sentir des effets désastreux sur l'économie des Etats-Unis.à l’intérieur du pays, où divers chargements ont cessé de circuler.H.Henri Queuilie demandera un vote de confiance à l'Aiemblée Paris, 19 (A.P.u — Le premier ministre français Henri Queuilie vient d’obtenir de son cabinet In permission de réclamer mardi un vote de confiance h TAssem-blée nationale sur la manière dont il a réglé la grève rérente de sept semaines dans les charbonnages.Le cabinet a approuvé en même temps le texte du discours que M.Queuilie prononcera alors pour clore le débat sur cette grève.Par ailleurs, les chefs ouvriers communistes français ont ordonné aujourd’hui une grève de 24 heures de tous les officiers mariniers.Il se peut toutefois que celle-ci prolonge sa durée et joigne son effet à celui de la grève générale que les 25,-000 débardeurs doivent entreprendre lundi, sans limite de temps, dans tous les ports.Quelques-uns de ces débardeurs n’ont même pas attendu Tordre de leurs chefs, en particulier à Dunkerque où 2.000 d’entre eux se sont barricadés derrière des amas de caisses et de colis sur les quais, en face de 3,000 tirailleurs sénégalais et marocains chargés de les surveiller.Démission du cabinet Paul Spaak micr ministre de Belgique, Paul-Henri Spaak, a démissionné aujourd’hui avec tout son cabinet de coalition catholique-socialiste Cette démission a été entraînée par celle du ministre de la justice Paul Struye, le Parlement belge ayant fortement critiqué celui-ci pour avoir commué la sentence de mort portée contre deux anciens collaborateurs de Toccupation nazie (iiii.auraient causé la mort de plusieurs patriotes.Une première faille était d’ailleurs survenue ces jours-ci dans la coalition au sujet du subside d’Etat aux écoles catholiques séparées.On croit savoir que M.Spaak refusera de tenter de former un autre gouvernement.En une telle occurrence, le régent du royaume belge, le prince Charles, pourrait appeler un des chefs catholiques.Gaston Eyskens, jusqu'ici ministre des finances, a former le prochain cabinet, mais seulement après s’être entretenu avec les chefs de tous les principaux partis au Parlement de Bruxelles.L'ACTUALITE ANTICIPATION Done à la session de JÜ Ï9, connue dans l’histoire suas le nom de Courte Session, les arbitrages disparurent.Mais les municipalités ne devinrent pus complètement heureuses pour cela.Il leur arrivait encore de temps à autre quelques petits ennuis.Cela apparat clairement à quatre d’entre elles à l’automne de 1951.En novembre de cette année-là, des malheurs survinrent à Saint-X, à Saint-Deux-X, à Saint-Trois-X et à Saint-Quatre-X.A quelques jours d'intervalle, des accidents de nature diverse, qu’il serait trop long de résumer, s’g produisirent, causant des dommages considérables à plusieurs habitants.Ces dommages allaient en progression arithmétique, comme le laissait d’ailleurs présager le nom des cités: $18,000 pour Saint-X, $86,000 pour Sainl-Dcux-X, et ainsi de suite.Suprême malheur: il apparut clairement que la responsabilité incombait tout entière aux municipalités, par suite de négligences graves.Il était évident que devant les tribunaux civils les-dttes cités seraient condamnées à payer “jusqu'à la dernière cenne”.• — Nos administrés sont gens paisibles el loyaux.Ils ne poursuivront pas leurs édiles, qui sont leurs élus —, pensèrent les autorités municipales, en fonction d’un principe démocratique fortement posé par les autorités provinciales.Hélas! Un vent de révolte souffla sur les Quatre X.L'esprit de résignation et iespril démocratique subirent là un quadruple échec, El tes administrés lésés osèrent intenter au corps munici-nal une série de procès devant 'es tribunaux du pays.On imagine le détarroi dee édiles.Un expert financier prouva que le budget des municipalités serait bouleversé.La caitse des sinistrés n’avait qu’un seul atout : elle était juste.Aussi, confiants, les Quatre X firent front commun et se présentèrent à Québec avec an mémoire remarquable sur les finances des cités el l'autorité municipale compromise, • Ce problème ne laissait pas le gouvernement de Québec indifférent.D’ailleurs quel problème férent ?ut admirable- ii rs q indif ion fi laisse Québec La délégation ment reçue.— “Vos concitoyens, commença te premier ministre, osent poursuivre une corporation dont les administrateurs sont choisis par le peuple.’’ Les édiles respirèrent : ça commençait bien.— “Avez-vous pensé, poursuivit le premier ministre, qu'il y a une contradiction inique, abominable et centralisatrice, dans le fait de remplacer le choix du peuple par un organisme qui n’est pas l’élu du peuple?" Les édiles songèrent tout de suite à la Commission municipale.Mais non, avec une discrétion admirable, le premier ministre désignait les juges.De fait nos magistrats ne sont pas élus.Et laisser des juges juger les municipalités, quel scandale ! — “Comment pouvez-vous savoir quelles seront vos dépenses, si vous permettez qu'un organisme qui n’est pat élu par le peuple vienne compliquer vos problèmes financier* ?” C’était le bon sens même.Permettre à des juges d’obliger une Cité à payer des dommages aux contribuables, n’est-ce pas là une prétention anarchique, et quand on y pense bien, centralisatrice, antidémocratique et cmtifamiliale ?— “Alors, coi»rhf< Jé premier ministre, vous vous livrez à une trentaine d’individus respectables en eux-mêmes, mais qui n’ont pas été élus."Alors, vous avez le gouver* nement d’une classe par une classe et non du peuple par le peuple”.• Les canes n en croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles.Tu parles qu’y parle, songeaient-ils démocratiquement dans leur for intérieur.Réfléchissez un seul instant: à quoi sert celle distinction entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, sinon à embeter les gouvernements?Dire qu’il y a des imbéciles qui se sont battus des siècles pour arriver à ce résultat là.Le temps n etait-tl pas venu de changer tout ça, de redonner à tous tes exécutifs te pouvoir d’être à la fois juge et partie 7 Le ministre des Affaires municipales résuma ta question dans une formule lapidaire: “Un jugement de cour, dil-il, est toujours une abdication des pouvoirs conférés par le peuple”.• Après cela la cause, si je puis dire, était entendue.Une loi la régla dès la session suivante.Désormais la démocratie triomphe.Les juges ne jugent plus.Les municipalités etaous-sent elles-mêmes le montant des indemnités.Sans doute les dommages sont-ils uniformément sous-tvalues.bienheureux' le pauvre diable qui reçoit 10% de ce qu’on lui a lait perare.Mats toutes les solutions ont leurs inconve nients et le mieux, n’est-ce pas.est l’ennemi du bien.Désormais le "bien commun" est préserve, les budgets restent en équilibre, et nous avons le gouvernement du peuple par.les gouvernants.A ut rément, qu est-ce qui resterait de l'autonomie municipale ?„ CAHWHE LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 19 NOVEMBRE 1948 PAGE DEUX Lettres au devoir A LA PROCHAINE SESSION PROVINCIALE ^ Nous ne publions qus Iss lettres signes* ou des communications accompagnées d'une lettre signée avec adresse authentique."Le Devoir" ne prend pas la responsabilité de ce qui parait sous cette rubrique- Pénurie d'instituteurs au Canada En cette semaine consacrée à l'éducation, de nombreux problèmes se posent, auxquels il faut chercher une solution.Celui de la pénurie d’instituteurs au Canada n’est pas le moindre.En janvier dernier, il manquait au Canada 7,276 instituteurs, d’après une ¦ récente enquête poursuivie à travers le pays par la “Canadian Education Association”.Si nous ajoutons le nombre de ceux qui n’avaient suivi que des cours d’entrainement tronqués, des cours de guerre, la pénurie d’instituteurs sc chiffre à 10,860, à cette date.On estime par ailleurs que 60% des fnstituteurs ne se font pas de la profession une carrière.mais laissent l’enseignement après une ou quelques années.Or, la population du Canada augmente rapidement, surtout en ces derniers temps, alors que l’émigration nous amène environ 70.000 personnes par an.Il devient donc évident de conclure (pic le Canada doit pouvoir préparer des instituteurs en nom-lires croissants.En effet, on prétend qu’au cours dos dix prochaines années il faudra au pays de 100.000 à 120,000 nouveaux instituteurs.Où allons-nous trouver ces 100.000 personne?Jetons un coup d’oeil sur nos sources d’approvisionnements.(Juelle classe de gens pouvons-nous tenter d’intéresser à la profession?L’année dernière, on a demandé à 3,500 instituteurs à l'entraînement quelle était la profession, ou le métier, de leurs parents.Les résultats ont été les suivants: agriculture, 37%; commerce, 8.2%; services de communication, 6.2%; métiers non spécialisés, 5.2%; métiers spécialisés, 10.2%; services civil ou clérical, 8.2%; professions libérales, 6.2%; services individuels, 4.8%.Peu de classes sociales, par conséquent, paraissant intéressées à se tailler une tarrière dans l’enseignement.L’agriculteur est celui qui répbnd le ipieux à l’invitation; les autres tournent assez facilement le dos Ù une profession qui ne les intéresse pas.SALAIRES .* Mais pourquoi la profession irintéresse-t-clle que si peu de gens?Pourquoi pas toutes les classes de la société?Pourquoi?ejL ne paye pas.Voilà la princi-palc raison.Voici des chiffres révélateurs publiés par le Ministère du Revenu National, pour l’année 1916.Oés chiffres sont, pour diverses professions ou divers métiers, le revenu annuel moyen, tel que déclaré en vue de l’impôt sur le revenu: Médecins .$7.466 Avocats.6,528 Avis de décès : CARON.— A St-Boniface de Shawinigan, le 17 novembre 1048, à l’âge de 88 ans, est décédé M.Thomas Caron, époux de feu Azilda Caron.Les funérailles auront lieu samedi le 20 courant.1-e convoi' funèbre partira de la résidence pour se rendre à l’église paroissiale, où le service sera célébré à 9 heures 30.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.PEPIN — A l’Hôtel-Dleu de Sorel, le 18 novembre, à l’âge de 61 ans et 5 mois, est décédé Evariste Pépin, fils de feu le l)r A.-A.Pépin et de Marie-Louise Bergeron également décédée.Les funérailles auront lieu à St-Aimé de Richelieu, samedi le 26 du courant à 9 h.30 a.m.Parents et amis sont priés tb’assister aux funérailles.ACHETEZ VOS FI.Ele Montréal.Cette causerie intéressera sans doute, pour des raisons diverses, ceux qui suivent nos colonnes Mention que nous publions ci-après les remarques de Mlle Lacroix: c’est à leur Il y avait un an le 19 septembre dernier que la bibliothèque de Montréal inaugurait un nouveau service: la cinémathèque.Je vais essayer en quelques minutes de vous expliquer le onctionnement et l’organisation de celle-ci.Tout d’abord, notre cinémathèque se compose d’environ 100 films documentaires et éducatifs.CLASSIFICATION Ces films sont traités, au point de vue technique, de la même façon que les livres, c’est-à-dire, classifiés, catalogués et prêtés.La classification suivie est celle de Dewey, simpli-fiée.La fiche de catalogue d’un film est faite au titre.Elle comprend ensuite la durée et le format, car il y a des films de J5, 16, 9.5 et 8 mm.Le 16 mm.est le format standardisé pour le film éducatif .Il faut aussi mentionner si le film est sonore ou silencieux, en couleur ou en blanc et noir, le nom du réalisateur, l’année de production et la traduction, anglaise ou française, si nous possédons les deux copies.Il faut enfin rédiger une courte explication sur la nature du film et si celui-ci comprend plusieurs sujets, il nécessite un sommaire.Une fiche de sujet est indispensable et nous nous servirons de notre fiche d’achat comme topographique quand nous commencerons nos achats.SYSTEME DE PRET Nous voici au système de prêt.Comme les % des films sont réservés par téléphone, ce système demande d’être bien à point pour éviter les complications.D'une certaine façon, c’est la partie la plus importante dans l’organisation d’une cinémathèque.Notre système comprend un kardex où les fiches sont placées par ordre alphabétique.Ces fiches sont d’environ 6 x 8, en carton léger et contiennent le titre du film, la durée et si le film est en couleur ou en blanc et noir.Chaque fiche représente un an et est divisée en mois et en jours.Quand un film est demandé, il faut: 1.vérifier au kardex si le film est disponible ; 2.indiquer sur la fiche au moyen de croix au crayon, dans chaque petit carré représentant les jours, lès dates pour lesquelles le film est réservé; 3.remplir le feuillet de sortie.* Celui-ci est numéroté et en trois copies: une blanche, une verte et une jaune.Il comprend les éléments suivants: le nom de l’association ; l’adresse complète, le numéro de téléphone; le nom de la personne qui agit au nom de l’emprunteur ; la date de sortie ; la date de représentation ; la date de retour et enfin les titres du ou des films réservés.Ce feuillet de sortie est placé dans un classeur divisé par dates.Chaque jour, il faut retirer les feuillets de sortie, remplir les commandes et placer les films dans de petites valises en fibre pour faciliter le transport.Quand l’emprunteur ou son préposé vient, il signe le feuillet de sortie et garde la copie blanche comme reçu officiel, les deux autres copies sont placées de nouveau dans un autre classeur divisé également par dates.Mais cette fois-ci, les feuillets sont placés à la date où les films doivent revenir.Les films revenus, les deux feuillets sont retirés, la copie verte est classée au dossier de l’emprunteur et la copie jaune dans un dossier spécial et servira à la fin de chaque mois à la vérification de la caisse.Chaque prêt est accompagné d’une fiche que l’emprunteur remplit.Cette fiche contient le nombre de représentations, l’assistance et quelques mots de commentaires sur le programme.C’est avec ces fiches que nous dressons les statistiques.lu Audio-Visual Committee de VAmerican Library Association a adopté une façon standard de dresser les statistiques quand il s’agit de films.Une personne qui assiste à la repré- sentation d’un film constitue une unité d’auditoire, 100 personnes constituent un auditoire de 100 et ce même public, s’il voit 3 films, deviendra un auditoire de 300 personnes.L’essentiel en ce domaine est d’enregistrer le nombre de films présentés et le nombre de personnes qui les ont vus.REGLEMENTS Le prix de location des films est de $0.25 par bobine et la limite de temps du prêt est de 3 jours.Chaque emprunteur est responsable des films empruntés, mais il est presque impossible d’exiger une indemnité pour une pellicule endommagée à moins d’une ruine complète due à l’usage d’un film de 16 mm.sonore sur un appareil de 16 mm.silencieux ou même sur un appareil de 8 mm.En réalité, le seul règlement que l’on doit imposer et maintenir d’une façon inflexible est l’assiduité à rapporter les films à la date spécifiée.INSPECTION DES FILMS ET REPARATION Avant d’être prêté, un film doit être révisé et réparé si nécessaire.Une petite brisure ou une perforation peut causer des dommages sérieux et même irréparables si la réparation a trop tardé.C’est pour cette raison que l’on ne doit jamais prêter un film sans l’avoir révisé.Et quand, dans une semaine, le film est demandé 9 fois, vous vous imaginez le travail, le soin et le temps que cela représente.SERVICES FOURNIS PAR LA CINEMATHEQUE Les services qu’on est en droit d’attendre d’une cinémathèque dans une bibliothèque publique peuvent se diviser en 4 catégories: 1.prêts de films; 2.organisation de programmes pour écoles, associations, cercles d’études, etc.; 3.correspondance et prêts par d’autres cinémathèques pour certains clients intéressés par des films que nous ne possédons pas ; 4.renseignements sur les films, conseils sur le choix et l’achat de films, recherches des endroits où l’on peut trouver certaines catégories de films, etc.A MONTREAL Voici maintenant quelques chiffres qui vous donneront une idée de l’activité du plus petit département de la bibliothèque de Montréal.De septembre 1947 à septembre 1948, nous avons prêté 6,569 films et ces 6,569 films ont été vus par 636,837 personnes.Un pourcentage approximatif de ces statistiques peut s’établir de la façon suivante: Ecoles, uni\ersités, cercles d’études: 25%; paroisses, communautés religieuses, églises protestantes: 30% ; associations, clubs, industries: 35% individus: 10%.MANIERE DE S’EN SERVIR L’emploi du film éducatif, comme vous pouvez le constater, se développe énormément.C’est un merveilleux moyen d’éducation.Pour tirer profit d’un film, il faut avant de le montrer, surtout quand l’auditoire est composé d’enfants, expliquer un peu à ceux-ci ce qu’ils vont voir.Puis le film terminé, poser des questions ou donner un devoir sur le film.C’est ainsi que les professeurs pourront se rendre compte si les enfants ont bien compris la leçon et s’ils en ont tiré profit.La grande difficulté est de faire comprendre aux personnes qui organisent une séance que les films éducatifs et documentaires ne sont pas faits pour récréer mais pour enseigner! Comme pour toute chose nouvelle, le temps se chargera sans doute de faire comprendre à tous la portée du film éducatif, et la façon de s’en servir pour en tirer le plus de profit possible.Jacqueline LACROIX Un film sur Terre-Neuve Il est en couleurs et dure 20 minutes Voilà pour le moins un film d’actualité! Décrire Terre-Neuve, c’est dire son histoire, on peuple et ses ressources.Les premiers à > mettre pied furent attirés de façon primordiale par la richesse incomparable de ses eaux: le poisson était là qui n’attendait qu’à être pris.Et puis, il y eut ses fo-ivts Immenses qui tentèrent et ensuite on resta.La vie n’a jamais été facile à Terre-Neuve, aussi les gens qui habitent la erande île depuis des générations se ressentent-ils de cette dureté de la nature à leur endroit.Ils sont semblables en ceçi à tous les peuples qui tirent le gros de leur subsistance de la mer.Quoique Terre-Neuve soit pour ainsi dire mitoyen du Canada, bien peu sont les nôtres qui la connaissent.Le film s’arrête aux nombreux villages et hameaux qui s’accrochent à la côte rugueuse et d’où partent, chaque matin à Taube, les barques de pêche.On voit le séchage de la morue sur les branches de sapin et les maigres résultats d’une nauvre culture maraichère.Dans la plupart des cas, les essais d’industrie et d’agriculture n’ont pas permis à la population de se créer une vie à peu près convenable, si bien que l’Etat n’a pu répondre à ses obligations les olus pressantes (dans le domaine éducatif, par exemple) non plus '-u’empêcher l’émigration vers ’’s autres pays d’Amérique.Ouand même, Terre-Neuve recè-' un potentiel impressionnant e ressources naturelles, mais •'¦qu’ici, à cause de circonstan-s malheureuses, on n’a pas su enpîciter de manière à leur ’ - er l’essor qui aurait pu la communauté entière tence quotidienne est aléatoire,' on n’a qu’à -bien observer cette scène du film dans laquelle un caboteur apporte à chaque village de la côte les produits les plus essentiels qu’on troque contre de la morue, de l’huile de poisson et de la chair de phoque mise en conserve.Et voilà comment cette grande île, en bordure d’une des routes maritimes les plus fréquentées, a poursuivi son existence pendant des sèicles, ignorée du reste de Funivers.et aussi du Canada.Pourtant, ne serait-ce qu’au point de vue stratégique.Terre-Neuve est bi»'! la sentinelle de l’Atlantique, le rond-point de toute première importance à la croisée des grandes routes aériennes transocéaniques.Le problème, posé sous cet angle, donne à réfléchir.Terre-Neuve, sentinelle de VAtlantique, est un film en couleurs qui a été produit par l’Office national du film.Les intéressés peuvent se le procurer aux bureaux de Montréal ou de Québec du Service de Ciné-Photographie, ou encore aux différentes cinémathèques locades.Sa durée est de 20 minutes.M.Goudry Delisle revient d'Europe Le Bal’et de Winnipeg Le programme qu’offrira le Ballet de Winnipeg, lors de sou passage les 26 et 27 novembre, en soirée, au His Majesty’s, comprend aussi bien des ballets classiques que des ballets modernes.Cette troupe de ballet est sans contredit la meilleure compagnie au Canada.Tous les amateurs aimeront sans aucun doute revoir des oeuvres familières qui sont devenues classiques dans le répertoire.Ainsi, les danseurs et danseuses qui composent le Ballet de Winnipeg, offriront un ballet intitulé “Etude”, qui a été écrit sur la musique des Sylphides de Chopin.De plus, on présentera des extraits du “Lac des Cygnes” et de "La Belle au bois donnant”, de Tschaikowsky.Un ballet remarquable, extrait du répertoire anglais, sera présenté pour la première fois à Montréal.Il s’agit de "Allégorie” écrit sur les Variations symphoniques pour piano et orchestre de César Franck.La suite Scènes de Ballet de Glazounoff, sera dansée sous le titre “Arabesque”.Parmi les nouveautés que présentera le Ballet de Winnipeg, on remarque un ballet “Finishing School”, écrit sur de la musique de Johan Strauss Sr., qui n’a été découverte que très récemment.Cette musique sera exécutée pour la première fois au Canada.Les parties d’orchestre employées seront les seules qui existent au monde.On pourra également voir d’autres ballets sur le Deuxième Concerto pour piano et orchestre de Rachmaninoff, et aussi “Chapitre 13”, musique originale du compositeur canadien Robert Fleming, qui est une satire des mélodrames radiophoniques et des opéras-savon.Les décors et costumes du Ballet de Winnipeg sont les oeuvres d’artistes canadiens.Francis Coleman, jeune chef d’orchestre montréalais, dirigera l’orchestre symphonique.Un groupe de neuf directeurs des services provinciaux d’éducation est arrivé à l’aéroport d* Montréal, hier, dans un avion North Star d’Air-Canada.Ils ont passé deux semaines en Angleterre à discuter l’usage des films 16 mm.dans les écoles, comme invités de la maison J.Arthur Rank.Dans le groupe figurait M Gaudry Delisle, du secrétariat de la province.L’AVION AU SSRVICE DE LA VIE Mgr Sheen convertit Elizabeth Bentley New-York, 19 (A.P.) — L’Américaine Elisabeth Bentley, qui avait reconnu elle-même avoir été membre du parti communiste de 1935 à 1945, s’est convertie a la foi catholique après avoir reçu l’instruction religieuse nécessaire de Mgr Fulton Sheen.Miss Bentley avait attiré l’attention en révélant devant un comité parlementaire des Etats Unis avoir autrefois transmis aux Russes des informations secrètes qu’elle recevait de divers hauts fonctionnaires.Son initiateur dans sa conversion et son parrain au baptême a été l’ex-journaliste communiste Louis Budenz, lui-même un autre cou ir _______- * (y*" t* ** endre combien l’exis- verti de Mgr Sheen.I Un homme blessé, grièvement! Comment sauver cette vie qui s’en va?Il faudrait l'hôpital.Mai* l’hôpital est éloigné de cent milles, et plus .La route! il n’y faut pas songer.A vrai dire, il n’y a pas de route qui mène à ce chantier isolé: seulement un sentier, des portages.Mais! l’avion existe pour les cas de cette nature.EXTREME URGENCE, une production de l’Office national du film, décrit comment on s’y prend en Saskatchewan pour porter secours rapidement et efficacement dens les endroits les plus reculés.Ce documentaire pourra bientôt être vu de tous car il sera déposé aux cinémathèque* locales ainsi qu'aux bureaux de Québec et de Montréal du Service de Ciné-Photographie.Une licence et deux maîtrises A l'Ecote supérieurs de musique d'Outremont L’Ecole supérieure de musique d’Outremont avait récemment sa collation des grades universitaires et des diplômes, sous la présidence de Son Exc.Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal.Soeur Jean d’Alexandrie, des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, s’est vu décerner une licence en musique; Mlles Janine Belzile, de Rimouski, et Henriette Vervant, de Montréal, la maîtrise en piano; Mlles Thé-r e s e Charbonneau, d’Ottawa, Pauline Guilbault, Jeannine Lachapelle, Jacqueline Poirier et Huguette Séguin, de Montréal, le baccalauréat.Les trophées ont été distribués comme suit: Mlle Réjane Cardinal, trophée Jean Lallemand (chant); Mlle Claide Durand, trophée Frédéric Pelletier (solfège); Mlle Andrée Gingras, trophée Victor Mainville (cours de religion); Mlle Anna-Marie Glo-benski, trophée Frédéric Pelletier (dictée musicale); sdeur Jean d’Alexandrie, trophée du gouvernement français (composition musicale), et Mlle Henriette Vervant.trophée du gouvernement français (piano).C’est M.Claude Champagne, D.M., représentant officiel de l’université de Montréal à l’Ecole supérieure de musique d’Outremont, qui a donné lecture du palmarès.La directrice de PEcole est Soeur Marie-Stéphane.D.M.Le rôle- de Sonia, de l’opérette de Franz Lehar “Le Tzarewitch”, sera tenu par Mme Marthe Lapointe, talentueuse vedette des Variétés Lyriques.Les représentations de cette oeuvre romantique commenceront le 2 décembre au Monument National.Ce soir, à l'Entraide Samuel Levitan sera le premier pianiste-invité au récital inaugurant la saison de l’Entraide de l’Ecole Auguste Des-carries, ce soir, à la salle D’Arcy McGee, 220 ouest, avenue des Pins.Tous les membres' honoraires et les membres-souscripteurs sont invités à être présents.Le récital débutera à 8 h.30.CORNEL W IDE «i j?m&mwmm 4 Ut.ri A! N wmi Une grande soirée au Forum Une soirée de gala, dont l’éclat fera époque dans les annales artistiques de Montréal, aura lieu lundi soir prochain, le 22 novembre, au Forum.Cette manifestation, qui groupera sur la scène des célébrités et, dans l’auditoire, des notabilités de la province de Québec et d’ailleurs au Canada, se déroulera sous les auspices du Fonds de secours collectif pour la Grande-Brrtagiie.Au nombre des artistes au programme—un programme de dix-sept numéros — on remarque le grand ténor Nino Martini, que des millions ont déjà applaudi à l’opéra, en concert, à la radio et au cinéma, et la grande sensation de 1948 dans le monde cho régraphlque: José Torres, un virtuose de la danse qui a fait fu reur à Montréal récemment et dont la tournée triomphale aux Etats-Unis tient de l’extraordi naire.Avec Martini et Torres, le pu blic est déjà assuré d’un programme extrêmement riche, mais d’autres artistes réputés paraîtront aussi lundi soir sur la scène du Forum: Claire Gagnier, qui compte parmi les sopranos canadiens les plus goûtés du public; l’éminente pianiste Freda Trepel, le soprano coloratura Lina Aimaro, le baryton Mino Cavallo et Earl Wrightson, un autre baryton de célébrité internationale.L’orchestre, qui compte soixante-dix musiciens, sera dirigé par Alfredo Antonini.Non seulement le gala artistique de lundi, au Forum, groupe-t-il sur le même plateau plusieurs célébrités qui, chacune, pourrait faire salle comble, mais le programme lui-même est d’une richesse inusitée: dix-sept numéros dont la musique a été composée par des maîtres comme Listz, Rossini, Leoncavallo, Mozart, Verdi, Smetana, Albcniz et Puccini.Les bilcts sont en vente au Forum et chez Ed.Archambault.• Gazette • artistique Horaire des cinémas SAINT-DENIS : “Le Maître de Forges” 12 h.20, 3 h.35, 6 h.M, » h.50.“Chèque au porteur'’ 1 h.40, 5 h-, 8 h.10.CINEMA PE PARIS i “Bethsabée” 11 h.50.2 h.20, 4 h.50.7 h.20.9 h.50.CHAMPLAIN : “Mr.Vincent" 12 h.50.3 h.5 h.10, 7 h.20, 9 h.30.Dernière repréieatatlon, 9 h.10.ORPHEUM : “The Adventure* Of Robin Hood” 11 h.25, 2 h.55, d h.20.9 h.50.“Jezebel” 9 h.50.1 h.15, 4 h.40.8 h.10.PALACE : “Apartment For Peggy” 10 h.10, 12 h.30, 2 h.50, 5 h.10.77 h.30.9 h.50.LOEW’S “The Paradlne Case” 10 h., 12 h.15.2 h.38, 4 h.55.7 h.15.9 h.35.CAPITOL : ‘The Velvet Touch” 10 h.10, 1 2h.30.2 h.50.5 h.10.7 h.30.9 h.50.PRINCESS : ‘Rachel And The Stranger” 10 h.10.12 h.30, 2 h.50, 5 h.05, 7 h.25, 9 h.45.IMPERIAL : “The Search” 11 h.30.2 h.55.8 h.15, 9 h.40.“Close-Dp” 10 h.1 h.20.4 Ù.40, 8 h.08.KENT : ‘Hamlet” 2 représentations par Jour — i 2 h.34 et à 8 h.30.Spectacles GESU: Tit-Coq, pièce en trois actes de Gratien Gélinas.* * * GESU: Le Père Desmarais, O.P., conférence les 22 et 29 novembre.“Le bonheur cet inconnu”.*£ •£ PLATEAU: Samson François, pianiste, en récital le 25 novembre.* * * HIS MAJESTY’S: Les 18, 19 et 20 novembre, revue de la Junior League.•£•¥**¥* MONUMENT NATIONAL: La revue Bleu et Or, par les étudiants de l’Université de Montréal, les 25, 26 et 27 novembre.v *y* THEATRE DES COMPAGNONS — Marionnettes: les 20, 23, 24, 25 et 26 novembre, en soirée.Les 20 et 25 en matinée.JNS®'1 F.-’CHE «B#** PRII1CESS mm Fie* MH HDD MARIES IAUSHT0H CHARLES CORDRH.(TREE BARRYMORE ” LOUIS MAN -VAELI______ 2c semaine m» er seuMior *.OEW* sa ûiaim Miitii srantu u jie sm] CINECOLOR! JOAN LESLIE-JAMES CRAIG JACK OM «ft CHIU WILIS' VICTOR KHIAN and TH* Dog."FlAME" s&.»?\ VaffïcTie h HIS MAJESTY'S 26 novembre et 27 novembre SEULIMENT Le BALLET de Winnipeg ORCHESTRE SYMPHONIQUE COMPLET mi i iPTsi • Maeasin d® mmiQUC Lindsay» MA.6425 BILLETS .de Archambault, MA.6201 4N£oL°fr * r- MM t DERNIERES REPRESENTATIONS ^ CE SOIR ET SAMEDI SOIR FORUM MATINEE DEMAIN è 2 h.30 Billet*: 1.50, 2.00.2.50, 3.00 Il re«te encore de bons billets.SALUT A LA GRANDE-BRETAGNE SOIREE ORGANISEE PAR "UEFB" “Fond* de secourt collectif pour la Grando-Brotagra” LUNDI, 22 NOVEMBRE O 8 h.30 P.M.u FORUM mettant en vedette NINO MARTINI, ténor CLAIRE OAONIER.soprano JOSE TORRES, danseur FREDA TREPEL.pianiste UNA AIMARO.soprano MINO CAVALLO, baryton EARL WRIOHTSON.baryton ORCHESTRE DE 79 MUSICIENS DIRIGE F*** ALFREDO ANTONINI Impresario : Canadian Concorts
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