Le devoir, 9 juin 1947, lundi 9 juin 1947
"Li Canada ett une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis ou de qui que ce soit d'autre, l’attitude qu'il lui faut prendre envers le monde.” Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Montréal, lundi 9 juin 1947 VOLUME XXXVIII - No 131 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME.MONTREAL TELEPHONE *BEIoir 3321 SOm.DIMANCHES R PETES Dlrecttui i Girard FILION FAIS CE QUE DOIS RidccUm n ch il i Onu HEROUX Administration Rédaction : Gérant : BEIoir 3361 BEIoir 3366 BEIoir 3363 es inondations et les tornades font 22 morts aux Etats-Unis s e nouvel Archevêque de Québec nomination de Mgt Maurice Roy à l’archevêché de 'c n'aura surpris personne.11 apparaissait à tous ceux ht suivi sa carrière comme visiblement destiné aux ,iautes fonctions.Lorsqu'à peine rentré de ses lon-tnnees de dur service en Europe, il fut désigné à la fion du regretté Mgr Comtois, nombreux furent ¦eux qui pensèrent: Ce n’est que le premier échelon.onnes gens des Trois-Rivières, surtout lorsqu’ils j pris avec lui un plus intime contact, ne pouvaient pcher de mêler à l’expression de leur joie des ac-jdc regret.Malheureusement, disaient-ils, nous ne le 'ons pas longtemps.Us ne savaient point d’où vien-ic coup, mais ils avaient la nette impression que leur dont ils sont si fiers pourtant, ne serait forcément .leur jeune évêque qu’un champ d’expérience, que s lourdes tâches lui étaient réservées, mort prématurée du vénérable cardinal Villeneuve ipité l’ascension de Mgr Roy.Mais, pour jeune relient que soit le nouvel archevêque de Québec, il a ment été préparé de longue main pour les très hautes ons qui seront désormais les siennes.* * Ÿ illeurs, ce n’est pas tant le nombre des années qui ent en pareil cas que la façon dont elles ont été rem- n'est un secret pour personne que le nouvel archevê-Québec a été élevé dans un milieu très cultivé.Son Imagistrat en vedette, doyen de la Faculté de droit val, homme de vaste culture générale, fut l’ami, le er de tous les Québécois instruits de sa génération.Iéréc mère était la fille de Napoléon Legendre, l'écri-ien connu.De respirer très jeune pareille atmosphè-i compte.Ajoutez que le goût du travail, du travail et méthodique, aussi bien que la haute et simple |tion des manières, faisaient partie de l’héritage fa- futur archevêque a fait des études brillantes.Il a eu tage de les compléter par d’assez longs séjours à et à Paris.Son cours classique à peine terminé, de prendre la soutane, il avait eu le bonheur — le est vraisemblablement pas trop fort — de faire un r voyage d'Europe en compagnie du regretté ’hilippe Perrier.De longues années après.Mgr Per-ui avait souvent reçu chez lui, au Saint-Enfant-son ancien compagnon, disait avec un ton quasi cl qu'expliquaient la différence d’âge et les rela-mciennes: Maurice a l'âme sacerdotale.Sur les de l'ancien Curé, l'éloge n'était pas mince.* * * jbé Maurice Roy semblait d'abord voué au haut lemcnt.Mais un incident de son séjour à Paris ex-beaucoup de choses qui se sont produites depuis, des grandes écoles françaises, le jeune prêtre voulut u ministère dans la région la plus difficile de Paris, qu on appelait la banlieue rouge, dans les milieux is pauvres et les plus affectés par la propagande lionnaire.Ce goût du contact avec les petits et les es.avec ceux qui sont le plus exposés, qui souffrent durement, a •) Imièrc vue, le spectacle sta-I est touchant et édifiant lys comme le nôtre, démo-I et souverain tout en étant.Ile libre Dominion, meîhbre ¦ mille commonweltbaire et ¦que, qui distribue scs dc-lec une telle et très belle lé.On pourrait croire que le liable canadien a cessé d’être liable pour devenir percep- pntribuablc canadien sait II.et il le sait bien, que la 1st tout autre.1,554,000 qui touchent les allocations familiales, le nombre est petit de celles qui les peuvent retenir, qui en peuvent bénéficier.Les paiements qui sont faits par le trésor d’Ottawa ne sont, dans un très grand nombre de cas, qu’un trom-pe-l’oeil.La mère reçoit d’un côté -car les chèques d’allocations sont adressés à la mère—, la mère reçoit ce que le père doit rembourser d’autre part au même trésor fédéral.En règle générale, le père n’a même pas le souci” de rembourser le trésor, c’est le trésor qui se rembourse lui-même, en se faisant retenir par le patron, sur le salaire du père de famille, ce que la mère de famille a reçu en allocations.Les allocations familiales ne sont alors, pour l’Etat fédéral aussi bien que pour le contribuable, qu’un?occasion de plus de payer des frais de chèques, de port, de papeterie et de frais généraux.11 n’y a pas à s’étonner après cela que l’effectif de l’armée des fonctionnaires fédéraux soit encore ce qu’il est.A quand le débat ù la Chambre des communes sur cette farce des allocations familiales que l’Etat fédéral verse régulièrement à des gens qui se les voient enlever aussitôt?Un arbre par 2,000 habitants L’hôtel de ville, service des parcs et terrains de jeux, a fait parvenir aux journaux, ces jours derniers, un brin d’information qui ne manque pourtant pas d’intérêt.Le service municipal en question annonce qu’il a procédé à la plantation de 600 arbres en différentes régoins de la ville, dont 400 dans les parcs et dans les terrains de jeux.La note parue dans la presse ajoute qu’une porte-parole du service-car ce service de peu d’arbres se peut tout de même faire les frais d’un porte-parole—a dit que la ville avait eu l’intention de planter un plus grand nombre d’arbres cette année, mais qu’il lui avait été impossible de s’en procurer davantage.Six cents arbres nouveaux pour une population d’au moins 1,200,000 habitants, cela fait en moyenne un arbre par groupe de 2,000, Il n’y a certes pas.pour chacun, de quoi se mettre confortablement à l’ombre./ Les six cents arbres en question représenteront-ils seulement le remplacement des arbres qui, pour des causes diverses: manque de soin et d’entretien, destruction stnpide.etc., disparaîtront de la fqrct municipale au cours de l’année?Si encore, en nous apprenant la carence de ses plantations, le service municipal des parcs et des terrains de jeux nous faisait part de sa décision de protéger, par tous les moyens possibles, les arbres qui existent déjà dans Montréal.Mais cela serait sans doute rompre avec une trop vieille, trop noble et respectable tradition.Si l’on se mettait à prendre soin des arbres municipaux de Montréal, en bordure des rues, dans les squares et dans les parcs, ne devrait-on pas se mettre ausi, une belle et bonne fois, à la réfection qui s’impose depuis au moins un demi-siècle de l’historique marché Bonsecours?Or il semble entendu et convenu, de façon définitive, que le marché Bonsecours ne doit modifier son état de djerépitude que pour l’augmenter.N’est-ce pas, d’une façon assez générale, symbolique de la chose municipale montréalaise?Balayage à sec L’autre soir, vers six heures, terminus du Tramway, rue Craig, côté ouest, au nez d’une foule de gens qui attendaient, qui.le tram Saint-Henri, qui le tram Rleuru.qui le tram Park, gui le tram Wellington ou le tram Van Horne, un balayeur y allait d’un crin déterminé et brusque: balayage à sec et la poussière volait en nuages d’une épaisseur à faire peur.La Compagnie des Tramways n’aurait-elle pas l’autorisation de la Commission des Tramways pour faire l’achat du matériel qui permettrait le balayage humide?S’il en faut croire les préceptes que prêchent des hygiénistes d’nnc érudition notoire, le balayage à sec, meme à l’intérieur d’une maison privée, est chose à proscrire.La règle ne vaudrait-elle pas autant et même davantage dans le cas du balayage d’un endroit public, au nez d'un public nombreux?Nous soumettons le cas à la Commission du Tramway.Comme le problème de l’entassement des usagers dans les voitures lui parait laisser d’assez nombreux loisirs, peut-être pourra-t-elle en consacrer quelques-uns au petit problème du balayage des quais du terminus de la rue Craig.Emile BENOIST 9-VI-47 Choses d’hier et d’aujourd' hui Co qui vient par la querre e’en retournera par la guerre; toute dépouille tera reprise, tout butin sera dlipereé: tous les vainqueurs seront vaincus et toute ville pleine de proie eera saccagée à son tour.IOÜBEHI Le coup d’Etat communiste en Hongrie a tout de suite été considéré comme une riposte de i’U.R.S.S.aux Etats-Unis, et les événements qui se sont déroulés ces jours derniers ont montré qu’il s’agit d’un mouvement d’ensemble s’étendant à plusieurs pays.Cette manoeuvre communiste a maintenant un nom; comme elle répond au programme d’aide à la Grèce et à la Turquie qui a reçu le nom de doctrine Truman, on l’a nommée la doctrine Staline.Toute une série d’incidents se relient déjà à cette offensive soviétique.Après la chute du gouvernement hongrois, provoquée par la terreur, ce fut, vendredi, l’arrestation du chef de l’opposition au parlement de Bulgarie, M.Nikolai Pet-kov.En Autriche, un chef communiste vient de déclarer que la Russie ne signera jamais un traité de paix avec le gouvernement actuel.Si cette déclaration est inspirée par Moscou, c’est un ultimatum à l’Autriche de passer dans la zone soviétique sous peine de demeurer indéfiniment divisée et occupée.La présence des alliés d’Occi-dent en Autriche ne permettra pas aux communistes d’y perpétrer un coup de force comme en Hongrie.Mais la restauration du pays, le retour à une vie normale et à l’exercice de la souveraineté nationale sont peut-être ajournés pour longtemps.Des conférences et consultations entre les gouvernements satellites de Moscou font croire à l’imminence d’une fédération balkanique: même s’il n’est pas annoncé officiellement, ce bloc soviétique existe déjà à toutes fins pratiques.L’offensive de Moscou se déroule non seulement à l’intérieur de la zone soviétique, mais aussi au delà, dans des pays qui ont déjà subi l’influence de la doctrine Truman.La France et l’Italie, qui ont exclu les communistes de leurs gouvernements, sont aux prises avec des difficultés que les observateurs attribuent à l’intervention de Moscou.Des communistes armék font la guérilla dans le nord de l’Jlalio, et la France, qui a tant besoin de, toutes ses énergies, est paralysée par une grève ferroviaire.La défaite de Trotsky Donner à cette manoeuvre le nom de doctrine Staline c’est une idée qui a tout ce qu’il faut pour réussir, mais cela prête à confusion, car • on pourrait»y voir simplement une contre-offensive à l’adresse des Etats-Unis.La férité est tout autre.I,a doctrine Staline existe depuis longtemps.Elle a triomphé dans une lutte qui a divisé le monde soviétique à la mort de Lénine.Trotsky et ses partisans pensaient que jamais un Etat commu niste, si vaste fût-il, ne pourrait vivre à côté d’Etats capitalistes; d’où leur programme d’attaquer le capitalisme partout et de répandre au plus vite le communisme par toute la terre.Staline avait une autre con-ception du problème.Il voulait d’abord fortifier la Russie, base du communisme, pour la rendre invulnérable aux attaques; et ensuite procéder par étapes, consolider graduellement les gains.Mais les deux groupes, les deux théories qui s’op posaient visaient le même bul ultime; Staline admettait comme Trotsky que le communisme n’aurail vraiment de sécurité que lorsqu’il couvrirait le monde entier; il s’agissait seulement d'une différence de tactique, de méthode, non de principe.Cotte lutte s’est terminée par l’exil cl le meurtre de Trotsky, la liquidation de ses partisans dans une série de purges.Parce que Staline semblait moins agressif et bornait provisoirement l’activité communiste militante à la Russie, il a passé pour modéré; à la faveur de la propagande de guerre on en a fait line sorte de nationaliste qui voulait seulement la sécurité ïussc.Rien de plus faux, l’horaire seul différait par rapport au programme Trotsky.Le programme communiste Après la guerre, l'occasion favorable s’étant présentée par la politique d'apaisement, grâce à l'incroyable, naïveté et à l’aveuglement de Roosevelt, Staline a jugé le moment venu de passer à la phase internationale, il a entrepris l’expansion qui ferait la joie de Trotsky s'il en était témoin.Expansion à peine camouflée, mais qui voulait se donner des apparences de démocratie Le truc a joué longtemps.Il est usé et l’Occident organise la résistance.Alors les Soviets mettent de côte certains ménagements; ils gardent tout juste le vocabulaire qui peut encore tromper leurs compilées et sympathisants, leurs cinquièmes to-lonnes à travers le monde.La campagne lancée par le président des Etats-Unis méritait de s'appeler “doctrine Truman” narre que c'était une innovation, c’était le renversement de la politique antérieure des Etats-Unis et même jusqu’à un certain point de tout l’Occidcnt, l'organisation d'une défense de notre civilisation contre le communisme.Mais il ne convient pas d’appeler “doctrine Staline” la série d’agressions lancée par Moscou pour riposter à la politique de Washington; car cela n’est pas vraiment neuf; Staline, l'ancien allié de Hitler, enlève seulement un autre masque, et montre qu'il est disciple de Trotsky aidant qu’héritier de Lénine, “ ‘ Les dommages s’élèvent à plusieurs millions de dollars La crue des eaux du Mississipi New-York, 3 (A.P.Ï — Les résidents des terres basses, riverains du Mississipi, ont été chassés de leurs logis, aujourd’hui, par la crue des eaux, tandis que le nombre des morts causées par les inondations s’élève à plus de 22.Les dommages causés aux récoltes et à la propriété ont été évalués à plusieurs millions de dollars.Ottumwa, qui a le plus souffert des inondations, compte sept des 11 morts dans l’Etat d’Iowa alors que les eaux de la rivière Des Moines ont atteint environ le tiers des maisons de cette ville de 32,000 habitants.Le directeur des opérations de sauvetage, M.Hershel Loveless, a dit, toutefois, que d’autres cadavres pourraient être retrouvés dans les débris ou dans la rivière, en aval d’Ottumwa.Le Mississipi, suralimenté par les eaux de la rivière Des Moines, a roulé ses eaux sur plusieurs milliers d’acres dans les Etals de 1T1-linois et du Missouri après avoir brisé six barrages et ino>dé le village d’AIexandria.et forcé plus de 1,000 familles à évacuer leurs fermes entre Warsaw, HL, et Hanni-bel, Mo., hier.A Quincy, 111., la rivière a atteint un niveau record de 23.6 pieds.Toutefois, la ville, bâtie sur une élévation, a échappé à I l’inondation.De l’autre côté de la rivière, la partie basse de Hannibal a été submergée.On mande de Hannibal que quelque 20,000 acres de terre ont été inondées entre Kéokuk, Iowa et St-Louis.Des centaines de personnes ont dû évacuer la région mais on ne rapporte aucune perte de vie.Toute la circulation ferroviaire entre St-Louis et Burlington a été paralysée et toutes les routes le long de la rivière ont été fermées dans les régions inondées.Sfe Sharon.Pa., 9 (A.P.) — Une autre tornade a ravagé une partie de l’Ohio et l’ouest de la Pennsylvanie, en fin de semaine, tuant au moins 5 personnes et causant des dommages évalués à $1.000,000, dans une douzaine de villes.A Sharon, qui a subi les plus lourds dégâts, quinze pâtés de maisons ont été assez endommagés pour forcer leurs habitants à évacuer.La tornade, suivie d’une tempête de grêle, a tout d’abord frappé Ravenna, dans l’Ohio pour passer ensuite en Pennsylvanie ou Sharon, Farrel, Grove City, Mercer et autres villes ont été endommagées.Le maire Myron Jones de Sharon a dit qu’au moins 150 maison* avaient été endommagée* considérablement.Au moins 45 blessés ont été transportés à l’hôpital %ihl.Des centaines de personnes ont reçu de» blessures légères.¥ ¥ ¥ Les Dalles, Ore., 9 (A.P.) —- Les survivants d’une crue des eaux inattendue d’un ruisseau voisin qui a fait au moins un mort et forcé quelque 100 habitants à quitter leurs demeures, tentent aujourd’hui de rattraper leurs effets que le courant entraîne.Dans le* salles publiques on a entassé de la nourriture et des vêtements pour les sinistrés.Plus de 50 personnes ont échappé à la mort en grimpant sur les débris flottants ou dans les arbres.La première et aeule victime apparente de cette inondation-surprise * 4té.Mme Michael Yallup, de Toppenish, Wash.Son cadavre a été retrouvé à environ un mille du camp où elle et son mari étaient engagés.Cinq blessés dans une collision Paul SAURIOL Les Trois-Rivières, 9 (D.N.C.) — Cin' ciste.s unissent leurs efforts, resserrent leurs rangs sous les plis de la bannière rédemptrice du jo-risme afin que de cette communion d’efforts surgisse puissant le jo-cisme américain! “Dès lors, je considère une fois pour toute la présente lettre comme la circonstance la plus favorable pour l’établissement du jocisme péruvien.Que Dieu Notre-Seigneur bénisse les efforts de ceux qui travaillent à cette cause, comme ceux qui viendront après, et je leur dis comme en son temps proclamait Pierre l’Ermite; Dieu le veut.Si Dieu le veut, elle sera nôtre par notre ténacité et notre circonstance, notre regard étant tourné vers les hauteurs et le coeur trempé à la force de la charité, de l’amour de l’ouvrier notre frère, et de l’amour de l’humanité rachetée par le sang du Christ Notre-Seigneur.” Lima, fi avril, en ce jour de Pâ ques 1947.t JUAN GUALVERTO CARDINAL DE GUEVARA, archevêque primat de Lima Lettres au "Devoir'* A Alger, en 1942 À propos d’une tentative manquée de restauration monarchique Une interview du comte de Paris Mirai ne pabllooi que les (turcs svento i des communication! accompagnées d’une lettre irignée arec adresse autnenti-que.Ls "'Devoir ' ne rrond pas la responsabilité de ca qui parait ioui cette lunn qne.Les services de santé Montréal, le 3 juin 1947.Monsieur Alexis Gagnon, Rédacteur au Devoir, Montréal.Cher M.Gagnon, Permettez-moi de vous féliciter pour votre article intitulé “Le problème hospitalier”, paru jeudi, le 29 mai dernier.Vos considérations fort opportunes sur l’encombrement indicible des hôpitaux, qu’il faudrait soulager en construisant des maisons de convalescence, font toucher du doigt l’un de« problèmes sociaux les plus sérieux de l’heure: celui du coût de pins en plus élevé des services hospitaliers et des soins professionnels auxquels doivent faire face les classes moyennes.La remarque de votre médecin grognon “qu’il n'y a que deux moyens de sc faire soigner, être quê-teux ou très riche” ne manque pas d’esprit ni d’à-propos, comme elle explique les difficultés matérielles quasi-inextricables du salarié moyen lorsque la maladie ou l'accident l'arrachc à son gagne-pain.On constate tous les jours que la note hospitalière jointe aux comptes du médecin, du chirurgien, du pharmacien ou de l’infirmière, dissipe les économies de quiconque n'a pas le bonheur d’être sur la paille ou de rouler carrosse.Et quand les économies s'avèrent insuffisantes, le pauvre diable doit alors «’endetter et se priver parfois du nécessaire pour honorer ses engagements.Avec le coûl ascendant de la vie et les exigences voraces du fisc, la classe moyenne des villes en particulier ne peut guère satisfaire à son besoin inné d’épargner, de parer aux aléas d’un avenir assombri.Le citoyen désireux à juste titre de tirer lui-même son épingle du jeu, en matière de sécurité sociale, n’a plus qu’une planche de salut: lu coopération.En effet, cette formule hardie et humaine peut lui éviter de passer sous les fourches cau-dines de la médecine étatisée.Je vous sais gré d’avoir bien voulu signaler l’existence et les progrès d’une société coopérative de soins médico-chirurgicaux et hospitalier de chez nous — “Les Services de Sanlé de Québec” — dont l’objet est précisément d’obvier aux nombreux embarras financiers que suscite souvent la maladie, surtout si elle entraîne un séjour à l’hôpital.Fondés par un jeune médecin de Québec, au début de 1946, les SSQ sont désormais en mesure — contre une prime mensuelle minime et payable au travail ou dans un groupe — d’ernpèehcr, en cas de maladie grave, la misère de s'installer au foyer des pctiles gens.Après aovir noté les avantages qu’offrent les Services de Santé, vous sifjnnlez toutefois un inconvénient sérieux: celui de l’exclusion de l’individu non agrégé à un groupe.Or, tout en sauvegardant le principe rigoureux du risque collectif— qui est à la base même de toute assurance-groupe — les SSQ expérimentent actuellement une formule inédite qui permet à tout individu isolé d’entrer dans leurs rangs.Et cela, sans surprime ni clause restrictive supplémentaire.Gomme toute société coopérative bien ordonnée, les SSQ n’entendent pas brûler les étapes.Leurs progrès sont donc lents mais assures.Que nos compatriotes, y compris la profession médicale elle-même, posent au plus tôt le geste logique et pratique d’entrer dans les SSQ, et ceux-ci feront faire des pas de géant à la médecine préventive au Canada français! La vulgarisation et l'extension des services actuels sont fonction de leur force numérique, comme elles permettront une amélioration rapide de la santé publique.Veuillez agréer, cher monsieur Gagnon, l'expression de mes meilleurs sentiments.Le représentant régional îles SSQ, Jean-Robert BONNIER, 3779, rue St-André.Le comte de Paris est arrivé hier | dans noire pays pour y rencontrer quelques membres de sa famille.Il nous parait intéressant, à cette occasion, du publier à Dire documentaire une interview que le comte de Paris a accordée récemment et dans laquelle le prétendant au trône de France a raconté comment échoua, en 1942, la tentative de res-' tauration monarchique d'Alger.H- * * Parmi les événements à sensation qui ont agité l'opinion an eours de ces dernières années, l’affaire d’Alger mérite une attention particulière: au cours des événements qui suivirent le débarquement des alliés en Afrique du nord, le comte de Paris, prétendant à la couronne de France, fut bien près d’être appelé, au moins provisoirement, au pouvoir.Mais le public ignore, généralement dans quelles circonstances le prince fut sollicité pan certains de ses compatriotes.C’est’ce que je me suis permis d'aller lui demander au cours d’une audience qu’il a bien voulu m’accorder dernièrement .à Londres.— Monseigneur peut-il me donner quelques détails sur le putsch monarchiste d’Alger, fin 1942?— 11 ne s’agit nullement d’un putsch, ni même d’un coup d’Etat.Il s’agissait tout simplement de main'enir l’unité et la continuité française jusqu’à la libération totale du territoire.La confusion était telle, alors, que la nécessité de l’union de tous les Français s'imposait absolument.— (1 parait surprenant qu’en raison du principe monarchique que vous représentez, l’union des Français ait pu se faire autour de votre personne.— J’étais le seul sur lequel l’union aurait pu se faire et les événements ultérieurs me paraissent l’avoir prouvé.Ma personne est une garantie d’arbitrage absolument impartial.Au-dessus des divisions et des factions, la couronne demeure.Henri IV l’a bien montré au cours des sanglantes guerres de religion quand il sut s’élever au-dessus de ceux qui mettaient en péril l’unité fondamentale de la nation.C’est ce que certains de mes compatriotes comprirent._ De tous les horizons, je fus soRicité, et je dois mentionner qu’à côté de toutes les tendances politiques l’assentiment vint également des milieux musulmans et du Consistoire israélite.Vraiment l’unanimité des Français parassait effectivement se faire sur mon nom.Les pourparlers étaient très avancés.Les raisons d'un échec — Mais alors pourquoi l’affaire ! n'a-t-elle pas réusssi?— J’avais des soutiens, la chose es! certaine, dans tous les partis politiques tt dans tous les milieux, y compris les indigènes, qui ne voyaient pas sans appréhension les querelles intestines des Français.Tous désiraient une union et ils savaient qu’elle n’était possible que par quelqu’un qui pût avoir leur confiance commune et qui fût aussi leur garant commun.Les conseillers généraux, d’après la loi frévenenc les seuls détenteurs du pouvoir légal après que l’oceunation de la zone sud eut condamné à l’impuissance le pouvoir politique de Vichy, aides par certains éléments de l'armée, devaient mettre Darlan en demeure de se retirer.Rs devaient ensuite me proposer comme l’homme le plus capable, en ces heures trou- >avants ingénieurs français et américains à Montréal M.de Gaspé Beaubien.Le., a annoncé vendredi soir, au cours d'une conférence de presse, que la C.I.G.R.E., Conférence internationale des grands réseaux électriques, dont le président est un Français, le col.Ernest Mercier, de Paris, tiendra une réunion à l’hôtel Mont-«’loyal, à Montréal, à l’occasion de *.a présence de plusieurs de ses j | membres dans notre ville pour le ! grand congrès conjoint de l’Amer-j icon Institute of Electrical Engineers \ ct dc VEngineering Institute of Canada.Ces événements réunis, a dit M.Beaubien, sont un honneur pour Montréal.C’est la première fois de-1 puis 25 ans que la C.I.G.R FL tient.ses assises hors d'Europe.Ses délégués européens, dont quatre Français, un Suédois, un Russe et un Italien, arriveront par avion, à Montréal, directement d’outre-mer, mardi prochain.Quant à VAmerican Institute, il compte environ 27.000 membres, aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.C’est donc l’une des trois grandes sociétés d'ingénieurs d'Amérique.Cotte convention d’ete qu’elle tiendra à Dhôtel Mont-Royal : est un événement très important, puisqu’elle est on même temps rassemblée annuelle de la société.C’est sur l’invitation de Y American Institute que l’institut canadien portici-j pe à la convention, et le comité d’organisation de cette dernière, dont M.Beaubien est le président, comprend des membres dos deux ; corps.En toul, on prévoit (pie quelque I, 600 personnes prendront part, de hindi à vendredi, au grand congrès international dc l’hôtel Monl-Royal.Un millier d'ingénieurs étrangers sont déjà inscrits dims nos hôtels, qui se montrent insuffisants dans des occasions de ce genre.Les délé- ! gués auront, entre les réunions, | l'avantage de visiter Montréal, de faire connaissance avec nos jeux de j golf, avec les Laurcntides, et surtout ; de faire des visites d’inspection à l'université McGill (le cyclotron), à Beauharnois ct à Shipshaw.Plu-1 sieurs ne manqueront pas de faire le magnifique voyage par bateau au Saguenay.Parmi les principaux conférenciers, relevons les noms du Dr C.j J.Mackenzie, président du Conseil ; national des recherches.M.John E.j Housley, président de l'A.LE.E.el | le général McNaugbton, délégué ca- : nadien à la Commission d’énergie atomique de t'O N.U, blées.de ramener le calme et l'unité afi.i de présider à l’oeuvre Je la libération française.Mais quelques grands chefs, qui ne voyaient pas sans dépit leurs ambitions personnelles échouer par ma venue au pouvoir, se dressèrent contre cette solution.Ces “grands féodaux” ne pouvaient pas accepter qeu la place qu’ils convoitaient ne leur échappât définitivement.Ils désiraient maintenir la lutte des factions.Le maintien du conseil d’empire a Alger pouvait leur permettre d’arriver à leurs fins.J’ai alors réalisé que ma personne ralliait les éléments divers qui composent le peuple français et que seuls y étaient hostiles ceux dont les ambitions démesurées pouvaient être brisées.L'opposition des Américains Mais les Français n’étaient pas seuls pour prendre des décisions.Les Américains contrôlaient de plus en plus la vie du pays et rien ne pouvait être fait sans leur accord.Ils avaient préparé à l’avance leurs relations avec d'autres hommes, et l’on sait depuis que ces relations furent l’objet de nombreux pourparlers délicats, notamment avec Darlan et le général Giraud.Le général Eisenhower fut touché pour savoir quelle serait la réaction des Américains.L’accueil fut défavorable, les Américains jugeant toute autre combinaison que celles qu’ils avaient envisagée comme imprudente ou aléatoire.Us allèrent jusqu’à dire que, s’il le fallait, ils placeraient des chars d’assaut dans les rues.Dans ccs conditions, il n’y avait pas à insister.Il ne fallait pas que le sang français coulât en Afrique du Nord.Je décidai alors de me retirer.Ayant une violente crise de paludisme avec 40 degrés de fièvre, je partis me reposer à Sidi-Ferruch avec l’intention de rejoindre peu après le Maroc espagnol avec ma famille.Le 25 décembre, à 5 heures du matin, des amis viennent m’annoncer que, la veille, dans l’après-midi, Darlan a été assassiné.Ils me supplient de rester à Alger, où je revois quelques amis.Cet assassinat était grave de conséquences.Certains ont même voulu m’en faire porter la responsabilité.Toutefois, mes conseillers insistent pour me faire désigner par le Conseil d’Iâmpire, dont certains membres m’étaient favorables.Nouvelle démarche auprès des Américains.Nouvel échec.Le conseiller Murphy répondit en substance: “J’ai voulu faire l’opération avec le général Giraud, il m’a claqué dans Tes doigts.J’ai joué l’amiral Darlan, on l’a tué.L’opinion américaine ne comprendrait pas que je soutienne le comte de Paris.” Malgré l’insistance de mes amis, je renonçai pour la deuxième fois, car c'eût été de la folie que de persévérer devant l’opposition américaine.—X’ètes-vous pas resté à Alger quelques jours encore ?—Oui, je jsirais ne pas partir tout de suite.Si j’étais parti trop tôt.que n’eût-on pas raconté à mon -ujet ?Je rencontrai le général Giraud, qui me demanda de par-lir.Je refusai.#“Alors, me dit-il, entrez dans l’armée française comme aspirant.— Non, lui répondis-je, le chef de la Maison de France ne peut être que général ou deuxième classe.— Deuxième classe, c’est le “grade” que j’avais à la Légion étrangère en 1940.Dix jours après, le 10 janvier, je quittai Alger pour Rabat, puis pour Larache, où je rejoignis ma femme et mes enfants.Le comte de Paris revient d’un voyage d’un mois aux Etats-Unis.A-t-il pu y dissiper les hésitations et les oppositions américaines qui furent à l’origine de son échec k Alger ?f/est son mystère, et l’avenir nous le dira.Roger BOUTITTE — De la Suisse, de Genève.PURGATIVE LE ROI DES PURGATIFS Importée de VICHY.France.Un poste cTessence doit (ermèr à 7 h.Jugement important de M.Léonce Plante — La gasoline est une "marchandise" La gasoline est une "marchandise”, au sens de la loi, ct les postes d’essence doivent en conséquence se conformer aux exigences du règlement municipal No 695, art.2, et fermer leurs portes à 7 heudes tous les soirs, sauf le vendredi et le samedi.C’est l’opinion du recorder Léonce Plante, qui a rendu jugement dans ce sens hier après-midi, contre M.Emile Pigeon, vendeur d’essence, qui a tout de même bénéficié d’une remise d’amende, sans frais.Voici le texte de l’important jugement de M.Plante: “La Cour est d’opinion qu’un par-i ticulier peut, en veytu du règlement ! 514 de la charte dc la cité, porter plainte lorsqu’il s’agit d’un règle-1 ment municipal.“La Cour est ausi d’opinion que i la gasoline est “une marchandise” | el que ces stations tombent sous le coup du règlement 695, article 2, et 'devraient cesser toutes ventes après sept heures du soir.Cependant, le tribunal suggère que ce règlement: soit amendé, afin que certains pos-1 tes d’essence, dans les différents quartiers de la ville, aient un per- ! mis spécial pour vendre après sept heures.L’inculpé Pigeon est décla-! ré coupable, mais la Cour accorde ; une remise de peine, sans frais! (Cour du recorder — No 1079).-En février dernier, M.L.Langlois arrivait chez Pigeon, à 9 heures du soir, et y achetait de l’essence pour sa voiture.Puis, le vendeur était poursuivi.Le procès s’instruisit.Mc-Aimé Desrosiers, avocat de la poursuite, plaida au nom de Langlois que tout citoyen pouvait porter une plainte devant le recorder pour vio-lanon des règlements municipaux.Le congrès des Jeunesses Laurent>’ennes Il aura lieu aux Trois-Rivières, les 4, 5 et 6 octobre prochain Les Trois-Rivières, 9 — Les jeunesses Lauren tiennes du Canada tiendront leur grand congrès annuel dans la ville des Trois-Rivières, les 4, 5, et 6 octobre prochain.Ce congrès, le premier du genm.* dans notre ville, réunira plus de 306 délégués venant de toutes les régions de la province et du Canada.Les congressistes arriveront aux Trois-Rivières le vendredi soir.3 octobre, et en repartiront le lundi fi.Ces assises sont tenues dans le but de dresser un programme d’action pour les deux prochaines années dans tous les domaines où les jeunesses Laurcnticnnes exercent leur action, en particulier le national, l’éoônomique ct le social.En ce dernier domaine, on étudiera le problème des loisirs chez les jeunes.I^s Jeunesses laurcnticnnes .qui DÉVELOPPES IMPRIMÉS en HEU- RES PipilCIE KEXTKM.Jg- •ptuA' 'OiancU^ jp.YUxnsrr\JU**c
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.