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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 20 octobre 1970
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1970-10-20, Collections de BAnQ.

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Bit TilPiTI ¦ L'université de Montréal s'interroge sur la disparition de ses facultés.(page 3) H Rupture d'un front commun entre des Néo-Québécois et le FR AP dans Villeray.(page 3) ¦ Dans les hôpitaux, le retour des médecins spécialistes s'effectue à un rythme normal.(page 3) ¦ la météo Ensoleillé et moins frais avec un maximum d'environ 60.LE DEVOIR Fais ce que dois Chicoutimi, Saguenay, Bas-du-Fleuve, Rive-Nord, Québec-région, Ontario (Ottawa exclu): 15 CEN fS On est toujours sans nouvelle de M.Cross Les fouilles policières restent infructueuses On était toujours sans nouvelles, hier soir, de l’attaché britannique James Richard Cross, kidnappé par le FLQ le 5 octobre, et les deux hommes que la police soupçonne d’avoir enlevé et mis à mort M.Pierre Laporte étaient toujours au large.Une rumeur voulait cependant qu’un membre de la cellule Chénier du FLQ se soit livré à la police au début de l’après-midi, mais hier soir la police n’avait aucunement confirmé cette nouvelle.Ertre-temps, les policiers relevaient minutieusement les indices laissés dans une petite maison de la rue Armstrong, à Saint-Hubert, où les autorités sont maintenant persuadées que Pierre Laporte a été gardé en captivité avant d’être exécuté froidement.Aucun rapport d’autopsie n’avait été publié hier soir sur les circonstances de la mort de Pierre Laporte, mais on sait que ce dernier a été étranglé après avoir subi des sévices corporels.Dans la maison sise au 5630, rue Armstrong, à Saint-Hubert, que les policiers ont repéré à la suite d’un coup de téléphone d’un voisin qui s’inquiétait du va-et-vient dont cette maison avait été le théâtre depuis quelques semaines, on a trouvé du linge ayant appartenu au ministre du travail et de l’immigration.Les policiers ont relevé également des taches de sang, ont constaté que les occupants avaient pratiqué une ouverture entre le garage et l’intérieur de la maison et ont retrouvé des écrits attribués au FLQ.La maison était vide hier matin, mais les policiers ont pu apprendre que ses derniers occupants étaient deux jeunes gens et une jeune fille, que la Chevrolet verte dans laquelle on a retrouvé le cadavre du ministre Laporte et qui avait servi à son enlèvement avait été vue devant la maison et que des visiteurs plutôt jeunes arrivaient et repartaient de la maison à des heures indues.Entre-temps, la police a publié les photos de deux hommes, Marc Carbon-neau, 37 ans, ancien chauffeur de taxi (qui avait été atteint d’une décharge de fusil lors de l’émeute à la Murray Hill le 7 octobre 69) et Paul Rose, un des organisateurs de la Maison du pêcheur à Percé, figure dominante dans beaucoup de manifestations à Montréal, arrêté lors de la manifestation de Saint-Léonard.Ces deux hommes sont maintenant l’objet d’une des plus vastes opérations de recherches policières jamais déclenchée dans tout le continent nord-américain.Aux frontières américaines et ontariennes, les policiers faisaient vigilance de même que sur les routes du Québec et à Montréal.Depuis la mise en vigueur de la loi sur les mesures de guerre, 323 personnes ont été arrêtées au cours de plus de 600 descentes, mais il semble que jus- qu’à présent la police ne tienne pas un indice sérieux quant au lieu où se trouveraient Rose et Carbonneau.Ce dernier, selon la police, aurait rasé sa moustache afin de ne pas être reconnu.A Burlington, en Ontario, un citoyen a donné hier le signalement des deux hommes, affirmant qu’il les avaient aperçus dans une voiture Ford Cortina portant des plaques du Québec.Mars rien ne laissait croire que cet indice était fondé.La police a du reste reçu plusieurs signalements du genre Voir page 2: Les fouilles Loi des mesures de guerre Ottawa A la requête même de Mme Pierre Laporte Des funérailles sans apparat nrénarp une % C’est dans la plus grande simplicité, sans la pompe des funérailles d’Etat, que seront célébrés cet après-midi, à 16 heures, en l’église Notre-Dame de Montréal les services religieux à la mémoire de M.Pierre Laporte, assassiné samedi après avoir été détenu pendant une semaine par des membres du Front de libération du Québec.A la demande même de Mme Laporte, seuls les parents et amis de l’ancien ministre du travail et de l’immigration du Québec, et les dignitaires du pays prendront plàce dans la nef de la vieille église du quartier des affaires.L’accès sera interdit aux journalistes.Depuis dimanche soir, des citoyens de tout âge et de toute classe se pressent à l'entrée du Palais de justice de Montréal où repose la dépouille de M.Pierre Laporte, assassiné samedi par le FLQ.L'économie canadienne va au ralenti solution de rechange par André Bellemare, de la PC OTTAWA - Le gouvernement fédéral soumettra d’ici un mois , aux Communes, un projet de loi devant assurer l’ordre et les libertés civiles au Canada en remplacement de la présente loi sur les mesures de guerre, a annoncé le président du Conseil privé, M.Allan MacEachen, hier matin, aux Communes.Les trois partis d’opposition ont favorablement accueilli la nouvelle.Dans la nuit, de jeudi à vendredi, le gouvernement canadien avait dû agir de toute urgence à la demande du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal, devant la précipitation des événements.A la suite de l’enlèvement de MM.James Cross et Pierre Laporte, pour la première fois en temps de paix, le gouvernement se voyait obligé d’avoir recours à la loi des mesures de guerre devant “une insurrection éventuelle’’.Des groupes et associations ainsi que les progressistes-conservateurs et les néo-démocrates aux Communes avaient dénoncé “la trop grande rigueur de la loi par rapport aux événements”.Entrée en vigueur vendredi à 4h.du matin, la loi donne des pouvoirs élargis aux forces policières.En vertu de la nouvelle législation annoncée par M.MacEachen, les libertés civiles et individuelles seraient assurées tout en permettant à l'Etat et à la police de détenir les pouvoirs nécessaires pour faire échec à toute tentative d’insurrection ou de révolution au Québec et partout au Canada.Le leader parlementaire des progressistes-conservateurs, M.Gerald Baldwin, a consenti à retirer l’amendement de son parti à la loi des mesures de guerre afin de rendre moins rigide l’application de cette loi d’urgence.Le chef du Nouveau parti démocratique, M.T.C.Douglas et le leader du Ralliement créditiste, M.Réal Caouette, Voir page 6: Ottawa Un diagnostic du CEC par Donat Valois, de la PC OTTAWA (CP) Le Canada doit commencer à réduire l’écart entre la production réelle et son potentiel aussitôt que possible ainsi que diminuer le coût humain et économique d’un chômage trop répandu, tout en tenant compte de la nécessité d’une stabilité raisonnable des prix.C’est là le défi que le Canada a à relever au cours des prochaines années, soutient le Conseil économique du Canada, dans un rapport spécial d’une centaine de pages, portant sur la tenue et le potentiel de l’économie du milieu des années 1950 au milieu des années 1970.Le CEC note dans ses conclusions que l’une des principales préoccupations se trouve dans le fait que le rendement de l’économie est actuellement sensiblement en deçà du rendement potentiel.“La faiblesse actuelle de la production et de l’emploi sont une source d'inquiétudes pour les Canadiens", déclare-t-on dans le rapport.Le document du CEC traite des cinq sujets suivants: principales caractéristiques du rendement de l’économie, poli- tique de demande globale, leçons à tirer des années 1960, défis des années 1970 et implications pour la politique économique.Les trois premiers sujets font l’objet d’analyses de la tenue de l’économie au cours des 15 dernières années; les deux OTTAWA (PC) - Le nombre inégalé de personnes hautement qualifiées qui sortiront des institutions d’enseignement post-secondaire pour accéder au marché du travail constitue un nouvel élément de défi pour la création d’un nombre suffisant d’emplois et l’augmentation de la productivité au cours des années 1970.C’est ce que soutient un rapport du conseil économique du Canada portant sur derniers permettent au CEC de faire des projections et des suggestions sur le rendement de l’économie nationale durant les années 1970.Le CEC considère que le Canada doit relever cinq défis relatifs au rendement de l’économie s’il veut réaliser ses cinq la tenue et le potentiel de l’économie du milieu des années 1950 au milieu des années 1970.Au chapitre consacré au défi des années 1970, le rapport souligne que l’arrivée de nouveaux travailleurs à un degré d’instruction plus élevé sera le résultat des grands investissements publics faits dans l’enseignement au cours des années Voir page 6: Les chômeurs grands objectifs économiques et sociaux: le plein emploi, une croissance économique forte et régulière, une stabilité raisonnable de prix, une situation viable de la balance des paiements et une répartition équitable des revenus de plus en plus élevés.Le bon rendement de l’économie suppose que les cinq objectifs majeurs soient réalisés simultanément, dit le Conseil, même s’ils ne sont pas tous complémentaires et même s’ils ne se soutiennent pas mutuellement.La période prolongée du taux de natalité exceptionnellement élevé entre la fin des années 1940 et celle des années 1950 vaudra au pays, au cours de la présente décennie, selon le Conseil, l’arrivée d’un grand nombre de jeunes sur le marché du travail.En conséquence, au cours de ces années, le taux de croissance du potentiel de l’économie sera élevé, non seulement par rapport au passé, mais aussi, note-t-on dans le document, par rapport au taux de croissance potentielle de la plu- Voir page 2: L'économie Dimanche, le whip du parti libéral du Québec, M.Louis-Philippe Lacroix, avait annoncé que des funérailles d’Etat seraient réservées à Pierre Laporte.Mme Laporte, cependant, s’y est opposée.Elle a meme demandé au public de ne pas envoyer de fleurs et de consacrer plutôt l’argent destiné à cette fin au camp Françoise Cabrini pour enfants handicapés.Le cardinal Maurice Roy, primat de l’Eglise canadienne, et Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal, officieront.Après le service, la famille et les proches de M.Laporte se rendront au cimetière de la Côte-des-Neiges où se fera l’inhumation.Les citovens ont jusqu’à midi pour défiler devant le cercueil de Pierre Laporte, exposé en chapelle ardente au Palais de justice de Montréal depuis dimanche soir.Hier, des milliers de personnes sont allées rendre un dernier hommage au disparu.Avant de pénétrer dans le hall du Palais de justice, chacun est som-mairement fouillé.Les visiteurs ne font que passer devant le cercueil, certains se signant, d’autres se recueillant pendant quelques brefs instants.La dépouille est recouverte partiellement du fleur-delysé.Quelques rues seulement séparent le Palais de justice de l’église Notre-Dame où auront lieu les cérémonies, et de l’Hôtel de ville dont les drapeaux sont en berne.Pour marquer le deuil national de trois jours décrété dimanche par le conseil des ministres, de nombreux bureaux du gouvernement seront fermés aujourd’hui, à compter de 13h30.A Ottawa, les Communes ajourneront à 16 heures tandis que des citoyens se proposent de faire une vigile silencieuse entre midi et 14 heures sur la colline parlementaire.De nombreuses personnalités politiques du Québec et du pays tout entier assisteront aux funérailles, à la tête desquelles le premier ministre du Canada.M.Pierre Elliot Trudeau, et le premier ministre de la province, M.Robert Bou-rassa.Jamais autant de politiciens n’auront voyagé aussi discrètement.D’Ottawa seulement, une centaine de ministres et députés se rendront aux funérailles, et le plus grand mystère entoure les plans de voyage non seulement du premier ministre Trudeau mais aussi de tous les autres.Selon certaines sources, le premier ministre assistera aux funérailles en dépit de l’opposition de la Police montée et d’autres services de sécurité.Il y aura, prévoit-on, tellement de policiers et de soldats aux abords de l’église Notre-Dame que des incidents pourraient se produire ailleurs.Malgré la consigne de secret, on croit que M.Trudeau pourrait se rendre à Montréal par hélicoptère comme il l’a fait dimanche lorsqu'il est venu rencontrer le premier ministre du Québec et le maire de Montréal.Quant aux autres politiciens, ils monteraient à bord d'avions fournis par le ministère du transport et celui de la défense.Les membres du cabinet ne prendront pas tous place dans le même avion.Le chef de l’opposition, M.Robert Stanfield, représentera les conservateurs aux funérailles montréalaises.Un service religieux aura lieu en même temps à la basilique catholique romaine d’Ottawa.L’ancien premier ministre Diefenbaker dont la maison est gardée par trois hommes armés, y assistera notamment.Témoignages Les expressions de sympathie envers les proches de Pierre Laporte et les expressions de l'horreur inspirée par les circonstances de sa mort continuent d'affluer.¦ Un éditorial de Claude Ryan: que pensent les citoyens?(page 4) ¦ La lutte contre-révolu- tionnaire: 3e et dernier article (page 5) ¦ La réaction de la pres- se mondiale à l'exécution de P.Laporte (page 5) L’Association des policiers provinciaux et la Fédération des policiers du Québec tiennent à assurer la population que leurs membres “font tout ce qui est humainement possible pour régler cette fragile situation, au prix de nombreux sacrifices”.La Jeune Chambre de Montréal condamne énergiquement l’odieux des circonstances de la mort de M.Lapor' 3 et donne son entière confiance au gouvernement Bourassa afin qu’il poursuive ses recherches intensives “en vue de châtier les crapules responsables de cet acte de sauvagerie”.La Communauté urbaine de Québec souhaite pour sa part que “les forces désireuses de détruire notre démocratie soient démasquées" et espère que le sacrifice de M.Laporte permettra à tous les hommes politiques d’apporter, de concert avec la population, des solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux de notre époque.M.Emile Girardin, président de la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins, déclare notamment: “La disparition de M.Laporte laisse un vide troublant.Le sens du devoir accompli poussé jusqu’au don de sa vie sera perçu par nos deux millions et demi de membres et par l’ensemble des Québécois comme une prise de conscience du prix inestimable de la liberté.” L’exécutif du Parti Québécois du comté de Chambly, comté représenté par Pierre Laporte, a décidé d’annuler les assemblées de section qui devaient avoir lieu cette semaine à Saint-Lambert, Voir page 2: Les funérailles L Ëterne! féminin La promotion de la femme s'affirme constamment et de tous les azimuts nous en recevons des témoignages.Voici les plus nouveaux et les plus étonnants: on peut lire dans le même journal deux nouvelles: d’une part, il est annoncé que, pour la première fois, une femme ose poser sa candidature à l'Académie française , aréopage strictement masculin: il s’agit de la romancière et journaliste Françoise Parturier, féministe militante qui n’a cessé de dénoncer le “racisme sexuel’’ de l’homme; d'autre part, on nous apprend un autre fait inédit, deux saintes, Thérèse d’Avila et Catherine de Sienne, viennent d’être élevées au rang de docteur de l'Eglise.Voici, pour le sexe féminin, deux façons exceptionnelles de s’élever au-dessus du commun: le statut d'académicienne qui.affir-me-t-on, assure l'immortalité et le statut ' de membre privilégié de la communauté des saints, placé au plus haut des autels de l'Eternité.Louis-Martin TARD Le défi des années 70: les chômeurs instruits • • é • • é 2 • Le Devoir, mardi 20 octobre 1970 suites de la première page ?LES FUNÉRAILLES Longueuil et Boucherville et “réprouve avec la dernière énergie les méthodes inhumaines du FLQ ainsi nue les propos démagogiques de ceux qui essaient d’y rattacher le FQ”.Le Conseil du Barreau de Montréal souhaite que la vie de M.Laporte n’ait pas été sacrifiée en vain et que l’on se rende compte que c’est “uniquement par le respect des lois qu’il est possible de maintenir la paix et d’assurer la sauvegarde des libertés individuelles et collectives’’.La Fédération des ingénieurs et cadres (CSN) déplore la perte de M.Laporte et demande aux ravisseurs du FLQ et au gouvernement de négocier rapidement la remise en liberté du diplomate britannique, M.James Richard Cross.L’ÉCONOMIE part des autres pays industriels.Le Conseil affirme que pour que l’économie atteigne son potentiel de production en 1975, il faudra que le produit national brut en dollars de 1969 augmente, entre 1969 et 1975, à un taux annuel moyen de quelque 5.5 pour cent.Cela signifie qu'en dollars de 1969, le produit national brut devra s’accroître de plus de $50 milliards et atteindre environ $110 milliards en 1975.Le Conseil note que durant la seconde moitié de la décennie, le taux potentiel de croissance restera encore élevé, soit de plus de 5 pour cent.Ce qui devrait alors porter le produit national brut à environ $140 milliards en 1980.Le rapport soutient que pour atteindre en 1975 le potentiel réalisable, le nombre d’emplois devra augmenter fortement, soit d’environ 1.3 à 1.4 million par rapport à son chiffre actuel.Pour la décennie complète, il faudra créer environ 2.5 millions de nouveaux emplois au pays.D’autre part, le Canada devra réaliser un accroissement considérable des nouveaux investissements "afin de mettre à la disposition d’un nombre croissant de travailleurs l’équipement et les installations nécessaires, ainsi que les logements et autres équipements sociaux indispensables, notamment dans les régions urbaines en expansion rapide.” Entre 1969 et 1975, le volume total des investissements des secteurs public et privé devrait augmenter de 7 pour cent par année, dit le conseil.Ceci représentera des investissements nouveaux dont la valeur en dollars de 1969 devrait passer de $17 à plus de $26 milliards d’ici 1975.Le Conseil souligne que ses chiffres comprennent, entre autres, la construction de plus de 1,250,000 nouveaux logements au cours de la période allant de 1969 à 1975.Le rapport note encore, à ce chapitre, qu’au cours des années 1970, le Canada doit également s’attendre à une concurrence accrue sur les marchés d’exportation.“Le capital disponible devra donc être employé avec le maximum de compétence et d’efficacité.” Au cours des années 1970, déclare le Conseil, la conciliation à réaliser entre la stabilité raisonnable des prix et le rendement élevé en tenues d'emploi et de potentiel de croissance apparaitra comme un défi non moins considérable.Il s'agit toutefois, selon lui, d’un “défi à long terme” et ce n’est qu’en l’envisageant de cette façon que le Canada pourra obtenir, en matière de prix, des résultats systématiquement égaux ou supérieurs à ceux des Etats-Unis et des autres pays industriels.Le Conseil note aussi à ce chapitre que deux défis particuliers devraient retenir davantage l’attention des Canadiens au cours des années 1970.Le premier consistera à trouver, pour le secteur de la construction, qui est devenu, selon lui, l'une des grandes sources d'instabilité pour l’économie, les moyens de mieux servir l’intérêt public ainsi que ses propres intérêts.L’autit, plus important encore consistera à trouver des moyens de contenir la vague inflationniste que fait déferler sur l’économie, soutient la CEC, l'expansion rapide des services: soins de santé et éducation, administration publique, transports en commun, et même de nombreux services commerciaux.Le Conseil affirme qu’au cours de la présente décennie, le maintien d’une forte position concurrentielle sur le marche international constitue aussi un défi important du point de vue du rendement économique.L'augmentation des exportations et le recours sans entraves à des capitaux étrangers resteront indispensables pour pouvoir financer les importations croissantes de biens et de services dont les Canadiens auront besoin, l’aide extérieure que le pays consentira et des investissements croissants des Canadiens à l’étranger.Le Conseil soutient qu’au cours de la décennie, le Canada ne pourra obtenir les résultats escomptés dans son commerce extérieur qu’à la condition que les producteurs parviennent à accroître leur capacité de concurrence, à l’intérieur et à l’extérieur du pays et qu’ils soient appuyés dans cet effort par des politiques et programmes publics appropriés.D’autre part, le CEC estime qu’une forte position internationale ne pourra être assurée que si le Canada et st- partenaires voient dans la coopération internationale un objectif qui leur serait mutuellement avantageux s’ils sont prêts à développer une telle coopération.Le Conseil soutient que la répartition équitable des revenus restera au couis de la décennie une priorité.La réduction des disparités économiques régionales et l’élimination de la pauvreté devront, selon le Conseil, retenir le plus l’attention du gouvernement.“Ces deux défis devront être relevés non seulement pour des raisons humanitaires et sociales, mais aussi pour des raisons économiques”, souligne le CEC.LES FOUILLES de la part de citoyens bien intentionnés qui croient voir les ravisseurs de Pierre Laporte qui sont peut-être aussi les mêmes que ceux de M.Cross.Entre-temps, les arrestations se sont poursuivies en vertu des mesures de guerre.On a retrouvé quelques bâtons de dynamite à Sorel et à Rimous-ki au cours de descentes mais il reste toujours quelque 1,800 de ces bâtons volés récemment et qui sont entre les mains d'inconnus.A l’aéroport de Saint-Hubert, les avions de plaisance n’ont pas reçu la permission de survoler Montréal et chaque pilote devait avoir un plan de vol bien établi avant de prendre l’air.Il y a eu aussi en fin de semaine quelques appels à la bombe dont le dernier, hier sou-, au poste de police de Tracy, en banlieue de Montréal, sur la rive sud où six bâtons auraient été déposés.Enfin, tous les ministres, personnalités politiques, diplomates et autres personnes qui pourraient être la cible du FLQ sont escortés et protégés par les soldats.L’UdeM.Suite de la page 3 tissement d’une démarche qui aurait permis à l’étudiant d’étudier trois disciplines simultanément.Les grands avantages de cette nouvelle structure seraient, selon M.Lussier, qu’elle permettrait une bien meilleure coordination entre les départements grâce à des vice-doyens qui auraient à promouvoir la coordination essentielle à de telles études.Les départements pourraient avoir plus d’initiative et les étudiants pourraient avoir des cours plus flexibles puisque les cloisons ne seraient plus aussi infranchissables entre les facultés.Au pire, selon M.Lussier, on peut prévoir des cloisons entre matières mais non plus entre des groupes arbitraires de matières.L'opposition La réforme préconisée par le rapport Lussier a été vivement attaquée hier par M.Philippe Garigue, doyen des sciences sociales.Ce dernier a réussi hier à faire modifier l’ordre du jour pour discuter de l’ensemble du rapport avant d’en faire une étude plus systématique.Cela aura permis de discuter pendant trois heures sans rien régler.M.Garigue s’est opposé au rapport sous prétexte que le baccalauréat général multidisciplinaire ne correspond pas aux besoins de la clientèle déjà spécialisée qui arrive des CEGEP.Tout en admettant la nécessité des réformes, M.Garigue a émis l’opinion qu’elles pouvaient se réaliser à l’intérieur des structures actuelles.Le vice-recteur, M.Lacoste, s’est fermement opposé à cette façon de voir en soulignant que l’histoire prouve l’inutilité de tous les efforts de renouveau à l’intérieur des structures actuelles.D’autres, comme M.Parizeau, économiste bien connu, M.Guy Desbarats, doyen de la faculté d’aménagement, et M.Jacques Henripin, ont attaqué sur un autre front la reforme proposée en souli- Sant la grosseur “monstrueuse” de la mité des Arts et Sciences.Une telle structure, à leurs yeux, serait trop lourde, impossible à administrer et constituerait cne structure administrative sup-lémentaire entre les professeurs et la aute direction.A cela.M.Lussier a répondu qu’une telle faculté devrait évidemment être très décentralisée.Il a aussi dit, à l’intention de ceux qui trouvaient que le groupement de 26 disciplines dans une faculté unique nécessiterait certains regroupements intermédiaires, que le rapport ne voulait pas entrer dans de tels details.Une réforme temporaire Le plan que l’assemblé universitaire étudie actuellement est donc une étape provisoire, une sorte de cadre très général qui permettra à tous les intéressés de se doter ensuite des structures qu’ils jugeront nécessaires pour fonctionner.Cest un peu comme si l’on décidait de supprimer les structures fédérales canadiennes et américaines pour demander ensuite à chaque Etat et province de l’Amérique du Nord d’établir avec ses voisins les rapports qui conviendront le mieux à chacun.Dans cette perspective, certains pensent même que le rapport n’est pas allé assez loin en ne supprimant pas toutes les facultés ou en ne démantelant pas les départements eux-mêmes pour ne laisser que de petits groupes d’enseignement et de recherche (GER) beaucoup plus mobiles et flexibles.C’est notamment la position du nouveau doyen dess sciences de l’éducation, M.Michel Plour-de.Enfin, il est à noter que la réforme proposée pour l’université de Montréal prend le corps professoral comme unité de base et non pas les étudiants comme dans les “modules” de l’université du Québec.M.Lussier précise simplement que la participation des étudiants au sein des departements n’a pas encore été étudiée.L’université apparâit donc comme une structure assez permanente qui inclut des professeurs.Les étudiants, eux, seraient plutôt des clients ou des utilisateurs de cette “machine”.BLOC-NOTES Suit* de le page 4 Un cancer localisé?Ceux qui prétendent qu’il suffira d’aguerrir l’Etat pour venir à bout d’un terrorisme fascisant, ceux qui ont déjà basculé à droite et invitent la “majorité silencieuse” à les suivre, ceux-là entretiennent peut-être des illusions dangereuses.Dans la déclaration qu’il a faite vendredi dernier, le premier ministre du Canada a parlé “du cancer que représente un mouvement révolutionnaire armé, voué à la destruction des fondements mêmes de notre société.” Les mesures drastiques prises par Ottawa et Québec seraient alors le scalpel qui permettait à l’Etat d’extirper ce cancer du corps social avant qu’il ne contamine tout à fait.A la condition, toutefois, que le cancer soit encore localisé.Car même en grattant l’extrémisme québécois jusqu’à l’os, il n’est pas sûr que l’on puisse éviter qu’il se propage.Il est des cancers que l’on dépiste trop tard; il en est d’autres que l’on ne peut empêcher de se généraliser.La seule chirurgie est alors contre-indiquée; elle peut même accélérer la propagation du mal.Dans ces cas, d’autres thérapies sont de rigueur -celles qui désinfectent tout l’organisme et le prémunissent contre une nouvelle infection.Ce sont ces autres thérapies que les gouvernements devraient entreprendre d’appliquer de toute urgence au mal québécois.Claude LEMELIN Des étudiants suspendent leurs cours pour scruter l'information Les étudiants et les professeurs du département de journalisme et information de l’université Laval à Québec ont résolu, hier, de suspendre leur programme régulier de formation pour consacrer tout leur temps à l’étude approfondie des divers aspects de l’information telle qu'elle se pratique actuellement tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’Université.Cette attitude, qui n’est pas sans rappeler la contestation des étudiants de Nanterre en 1968.s’inscrit “dans le cadre d’une résistance passive face à l’instauration d’un régime brimant les libertés civiles de tous les citoyens, restreignant la liberté d’information et permettant des arrestations arbitraires de citoyens, dont des journalistes en devoir ainsi que des étudiants en journalisme et information de l’Université Laval”.Au cours de leur réunion spéciale d’hier, professeurs et étudiants ont également appuyé les demandes du Front commun visant' à la reprise des négociations pour la libération de James Richard Cross, “et cela, disent-ils, pour le bien de la société québécoise Les étudiants et les professeurs du département de journalisme et information avaient, au cours d’une réunion antérieure, décidé de débrayer ou du moins de suspendre leurs cours réguliers.Ils avaient alors demandé au comité des programmes formé également de professeurs et d’etudiants de trouver une formule adaptée à leurs résolutions.Celui-ci a arrêté, conformément aux voeux de l’assemblée, que: - les cours du programme, maintenus quant aux lieu et place où ils se donnent, tiennent compte du rôle de la presse parlée et écrite dans la situation qui prévaut actuellement au Québec; - le programme de journalisme et information entreprenne des études approfondies sur les divers aspects de l’information telle qu’elle se pratique actuellement au Québec, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’université; - l’université Laval, par son programme de journalisme, devienne le libre lieu de la discussion publique du traitement de l’information par les média d’information québécois.BISSON Joseph à Montréal, le 18 octobre 1970 à l’âge de 76 ans, est décédé, M.Joseph Bisson, époux de feu Antoinette Paquette, demeurant au 320 Ontario est.Les funérailles auront lieu mercredi le 21 octobre.Le convoi funèbre partira de la Société Coopérative No 302 rue Ste-Cathe-rine est à 11 heures 15, pour se rendre à l'église St-Jacques où le service sera célébré à 11.30 heures.Et de là au cimetière de l’Est lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.DUBREUIL Camil.A Montréal, le 18 octobre 1970 à l’âge de 49 ans, est décédé, M.Camil Du-breuil, époux de Laure A.Côté demeurant au 10, 105 Basile-Rou-thier.Père de Cari et France.Les funérailles auront lieu mercredi le 21 octobre.Le convoi funèbre partira du Salon Urgel Bour-gie Limitée No 745 bouL Créma-zie est à 10 heures 45, pour se rendre à l’église St-Paul de la Croix où le service sera célébré à 11 heures.Et de là au cimetière de St-Vincent de Paul lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d'y assister sans autre invitation.S.V.P.pas de fleurs, dons à la Fondation Canadienne des Maladies du Rein, a/s de M.Bar-selo, seraient appréciés.LACOURSIERE Dr.Philippe.A Shawinigan-Sud 18 octobre 1970 à l’âge de 56 ans, 11 mois, est décédé, le Dr.Philippe Lacour-sière, maire de Shawinigan-Sud, époux de feu Lucille Bédard, demeurant au 550-119e rue.Shawinigan-Sud.Les funérailles auront lieu mercredi le 21 octobre.Le convoi funèbre partira de 1 Hôtel-de-ville de Shawlnigan no 900 6e avenue à 2 heures 45, pour se rendre à l'église St-Sau-veur où le service sera célébré à 3.00 heures.Et de là au cimetière de St-Michel (Shawinigan-Sud) lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d'y assister sans autre invitation.Direction des funérailles : Maison Germain Carbonneau & Fils Inc.LAPORTE Pierre, Non.A Montréal, le 17 octobre 1970 à l'âge de 49 ans, est décédé, l'Ho-norable Pierre Laporte.Ministre du Travail et de l’Immigration, gouvernement du Québec.Epoux de Françoise Brouillette Père de Claire et Jean Les funérailles auront lieu mardi le 20 octobre 1970.Le convoi funèbre partira du Nouveau Palais de Justice No 100, rue Notre-Dame, Est.pour se rendre à l’église Notre-Dame de Montréal où le service sera célébré à 4 heures.Et de là au cimetière de la Côte-des-Neiges, lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.S.V.P.pas de fleurs.Dons au Camp Françoise Cabrini seraient grandement appréciés au 4285 boul.de Maisonneuve Ouest.Montréal 215.Université du Québec à Montréal Les pavillons et locaux ouvriront de nouveau, le mercredi 21, à huit heures du matin.L'UQAM reprendra donc son activité normale et les cours seront donnés selon les horaires réguliers.Par décision du Conseil d'administration.Berlitz peut améliorer votre situation Si la barrière linguistique est une entrave à votre avancement, Berlitz peut résoudre votre problème en quelques semaines! Venez nous voir! On vous donnera une démonstration en anglais .espagnol .allemand .ou italien.Mais, soyez prêts pour une meilleure situation.Berlitz# Langues vivantes » Leçons pratiques Montréal, 2055, rue Peel.Tél.288-311 ! Montréal, 50, Place Crémazic, Tél.387-2566 Sl-Jean, 207, Richelieu, Tél.346-6100 _____________________y 't- .r- r OU /Woz ~UxoJL£L.- -y Cest encore ( heure du courage! Cest toujours I heure de l'expérience! DIMANCHE, ATTENTION! Vous allez engager votre avenir et celui de notre ville.Il faut que TOUS les électeurs votent! Vous aussi! Tous les candidats du Parti Civique de Montréal s’engagent à continuer, POUR VOUS, le travail entrepris depuis dix ans.Ils méritent votre confiance! Notez bien le nom des candidats de votre district et votez pour eux! A la Mairie: Jean Drapeau Ahuntsic: 1.Jean-Paul Bonin, 2.Jean C.LeBlanc, 3.Paul-Emile Robert Côte-des-Neiges: 4.Paul Lacoste, 5.John Lynch-Staunton, 6.Sydney Wise Laval: 7.Lawrence Hanigan, 8.Georges E.Marchand, 9.Roger Sigouin Maisonneuve: 10.Pierre Lorange, 11.Normand Lussier, 12.Dr.Yvon Payette Mercier: 13.Adrien Angers, 14.Fernand Desjardins, 15.Richard LaSalle Notre-Dame-de-Grâce: 16.James Bellin, 17.Guy Lacoste, 18.John N.Parker Papineau: 19.Jean-Paul Cloutier, 20.Gérard Niding, 21.Jean-Paul Marchand Rivière-des-Prairies: 22.Lionel Bourdon, 23.Dr.René Masson Rosemont: 24.Jean Guillet, 25.C.René Paris, 26.Jean Trottier Ste-Anne: 27.Albert Collette, 28.Joffre Laporte, 29.Yves Magnan St-Edouard: 30.Jean Labelle, 31.Roméo Desjardins, 32.Jean Malouf St-Henri: 33.Angelo Anfossi, 34.Yvon Lamarre, 35.Guy Moses St-Jacques: 36.Ernest Chenier, 37.Georges Girard Jr., 38.Fernand Drapeau St-Louis: 39.Fernand Alie, 40.Hyman Brock, 41, J.Raymond Collins St-Michel: 42.Rocco Luccisano, 43.Ernest Roussille, 44.Aimé Sauvé, 45.Raymond Rail Saraguay:46.Léonard Leblanc Snowdon: 47.Abraham Cohen, 48.Lucien H.Gagné, 49.Gerry Snyder Villeray: 50.Arthur Gagnon, 51.Jean La Roche, 52.Charles Martel On vote le dimanche 25 octobre, de 10h.du matin à 8h.du soir.De nombreux citoyens, conscients de la gravité de la situation, ont contribué à la publication de ce message important. LE DEVOIR Montréal, mardi 20 octobre 1 970 ¦ ¦ * V •*- ¦ ¦ •••¦ i K- :¦•••¦' On a relevé sur le sol du garage attenant à la maison où se terraient les ravisseurs de Pierre Laporte, rue Armstrong, à Saint-Hubert, ce que l'on croit être des taches de sang.Pour communiquer entre la maison et le garage sans avoir à passer par l'extérieur, les ravisseurs avaient arraché un panneau mural, au dire de la police.L'U de M s'interroge sur la disparition de ses facultés par Gilles Provost L’unanimité est loin d’être faite, à l’université de Montréal, sur la nécessité de supprimer les structures traditionnelles des facultés pour assurer une plus grande collaboration entre les diverses disciplines.C’était tout particulièrement évident hier après-midi quand l’Assemblée universitaire a commencé l’étude du rapport Lussier sur les structures de cette institution.Le comité présidé par M.Jean-Paul Lussier, doyen de la faculté de chirurgie dentaire, avait d’abord remis un premier rapport qui préconisait des structures semblables à celles de l’Université du Québec et dont celle-ci s’est d’ailleurs inspirée.C’est cependant une deuxième version de ce rapport qui est maintenant à l’étude.VOUS ÊTES FATIGUÉ, TENDU, NERVEUX?N'attendez pas APPELEZ M.E.M.GALBRUN Masseur de Paris Téléphonez de 8h.à 9h.a.m.ou 7h.à 9h.p.m.à 739-8071 Centre-ville (coin Dorchester et Bleury) DÉBOSSAGE, PEINTURE.MECANIQUE Excellent travail DOWD AUTO REPAIRS INC.366 rue Dowd Tél.: 861-6510 Protéger sa maison est une économie LES GOUTTIÈRES HO DO sans joint installée exclusivement par PRIMEAU MÉTAL sont la meilleure protection.Émaillé, galvanisé, cuivre.Estimation gratuite Montréal et Banlieue 322-4160 Québ« et Banlieue 872-9244 Hull et Banlieue 776-2549 Ottawa et Banlieue 822-2549 Cornwall et Banlieue 933-2549 # LA CHAMBRE DE COMMERCE OU DISTRICT DE MONTRÉAL prie ses membres de bien vouloir noter que le déjeuner-causerie qui devait avoir lieu aujourd'hui est contremandé.Cette deuxième version ne propose plus l’abolition de toutes les facultés.Les facultés de droit et de théologie et éventuellement la faculté de médecine garderaient leur indentité, de même que les écoles affiliées (HEC et Polytechnique).Toutes les autres facultés et départements seraient cependant refondus en une énorme faculté des arts et des sciences.Le département, unité fondamentale Au sein de cette faculté, la structure de base serait le département, qui regrouperait tous les enseignants d’une même matière.Les départements seraient aussi chargés de dispenser l’enseignement.Sous cet angle, le deuxième Dans les hôpitaux QUEBEC (Par G.L.) - La rentrée des médecins spécialistes dans les hôpitaux s’est faite hier à un rythme régulier.L’on prévoyait que “la situation sera redevenue normale, dans tout le Québec, d'ici quelques heures".Il y avait un nombre suffisant de spécialistes.dans tous les hôpitaux, pour assurer des services adéquats.Cest ce que l’Office d’information a fait savoir dans un communiqué publié au cours de l’après-midi.Bien que la grève déclenchée il y a douze jours ait pris fin dimanche, le comité des services de santé d’urgence a été maintenu et le sera pour quelque temps encore, semble-t-il.C’est ce comité qui, chaque jour, se tenait au fait de la situation dans les hôpitaux pour en faire rapport au ministre et au public.Tout comme durant la grève, le comité est entré en contact avec l’administration de chaque hôpital.C’est à la suite d’un tel relevé que l’Office a pu rapporter hier que la situation redevient normale dans les hôpitaux.La loi numéro 41 adoptée jeudi dernier ¦ aujourd'hui Le congrès des consommateurs 1970, commandité par l’Association des consommateurs du Canada, a lieu aujourd'hui et demain à l’hôtel Sheraton-Mont-Royal.A lOh 45 ce matin, M.Gérard Fillon, directeur général de Marine Industries Limitée, prononcera une conférence intitulée: “Aide-toi, le gouvernement t'aidera’’.De lOhOO à 16h00.au Dawson Boys Club.666, avenue Woodland, conférence communautaire bilingue organisée par le Conseil des agence communautaires de Verdun pour enfants et adolescents.• Le cocktail de presse que le président de la Régie de la Place des Arts, M.Marcel Fiché, devait donner ce matin à llhOO est contremandé.Le déjeuner hebdomadaire de la Chambre de commerce du district de Montréal est contremandé.Le conférencier devait être le ministre de la justice.M.Jérôme Choquette.• La rencontre de la Société d’étude et de conférences qui devait avaoir’lieu à J4h30 au Ritz-Carlton, a été contremandée.M.Victor de Wilvera, consul général du Brésil au Canada devait y parler de son pays.• A 20h00, à l'école Lanaudière, 4300 rue Lanaudière.réunion des délégués du Conseil central des Syndicats nationaux de Montréal, affiliés à la CSN.On y discutera des modes d'action que les délégués au Conseil confédéral soumettront demain, à Québec, aux assises des trois centrales CSN, CEQ et FTQ Rappelons que le président du Conseil centrai, M.Michel Chartrand.a été arrêté vendredi dernier, sous l’empire de la loi des mesures de guerre.rapport est différent du premier qui préconisait deux structures différentes pour regrouper les enseignants et les professeurs.Les départements seraient des sortes de petites facultés mais ils ne décerneraient pas eux-mêmes leurs diplômes.Comme à l’université du Québec, les étudiants du premier cycle auraient le choix entre trois types de baccalauréat: 1) le baccalauréat spécialisé où la presque totalité des cours sont dans la même matière.2) le baccalauréat majeur où l’étudiant consacre les 2/3 de son temps à une matière et le reste à une ou plusieurs autres.Enfin, il y aurait le baccalauréat général qui serait Tabou- Suite à la page 2 faisait sous peine de fortes amendes et même de prison, obligation aux spécialistes de reprendre le travail régulier en fin de semaine.Mais ce n’est qu’à compter d’hier que l’on pouvait vérifier si cet ordre avait été suivi.Bien que la situation redevienne normale, un porte-parole du ministère de la santé a déclaré que Ton n’hésitera pas à intervenir contre les éventuels récalcitrants, ainsi que la loi le stipule.Un autre a dit douter qu’il faille en venir là.Il est normal, a-t-il fait remarquer, que les médecins rentrent en maugréant, du moins certains d’entre eux: il en est ainsi après chaque retour de grève.Mais ce haut fonctionnaire estime que tout rentrera rapidement dans Tordre.Dans un premier temps, samedi, les spéciahstes étaient convenus de passer outre au “bill” 41.Mais dimanche, à la suite des événements tragiques du weekend et “des informations selon lesquelles des soins médicaux d’urgence seraient peut-être requis”, ils se ravisaient et décidaient de retourner au travail, en demandant au gouvernement d’abroger la loi 41.A 20h00, à Thôtel de Ville du Cap-de-la-Madeleine.ouverture du congrès annuel de l'Association des commissaires industriels du Québec, qui se poursuivra ensuite au She-raton-Château de Blois, à Trois-Rivières, jusqu’au 23 octobre.A 18h00, au Reine Elizabeth, dîner de l'Association nationale des secrétaires (internationale).M.Donald Mumford.président de Hilton of Canada Limited, sera le conférencier.A 18h00, à l’hôtel Hilton de Dorval, conférence de presse organisée par le comité "Moratoire au Vietnam” à l’occasion du départ pour Stockholm d'un délégation canadienne qui assistera à des auditions sur "les crimes de guerre au Vietnam”.L’UQAM rouvre ses locaux demain Le conseil d’administration de TU-niversité du Québec à Montréal a décidé hier que la réouverture des locaux et pavillons se fera demain à 8 heures du matin.Dans un communiqué, TUQAM a fait savoir que le conseü d’administration avait approuvé à l’unanimité la décision du comité exécutif qui avait fait fermer ces mêmes locaux vendredi dernier, en raison de la “gravité de la situation”.Etudiants et professeurs devraient donc se retrouver à TUQAM dès demain matin.La rentrée des spécialistes se fait à un rythme régulier Séquelle de la crise du FLQ Rupture du front commun entre les l\léo-Québécois et le F RAP par Pierre Richard La rupture du front commun qui unissait dans une même lutte contre le Parti civique du maire Drapeau un groupie de néo-Québécois appartenant à la corpiora-tion des citoyens de Parc-Extension et un groupie de salariés francophones appartenant au comité d’action du FRAP.dans Villeray, compromet la tentative de ceux qui veulent unir Québécois francophones et néo-Québécois dans un combat social commun, par-delà la question nationale.La constitution de ce front commun en vue des élections municipales du 25 octobre, avait été annoncée le 25 septembre et avait nécessité plusieurs semaines de consultations et de négociations.Selon les termes de ce front commun, le FRAP présentait deux candidats francophones dans le district de Villeray, compiosé aux 2/3 de francophones, et un troisième candidat d’origine anglophone était choisi par la Corporation de Parc-Extension et faisait campagne sous l’étiquette du FRAP.Ce front commun était apparu à plusieurs observateurs comme un tour de force.Parc-Extension était le quartier qui a causé la défaite de René Lévesque aux dernières élections et la plupart des membres du FRAP se déclarant indépendantistes.Nonobstant la question nationale sur laquelle les deux groupes ont des vues pour le moins différentes, la Corporation de Parc-Extension et le comité dans Villeray se rencontraient sur plusieurs points: opposition à l’administration du maire Drapeau, volonté de donner le pouvoir aux travailleurs, volonté de s’attaquer à des problèmes sociaux tels le logement, la santé, le chômage, etc.Même si les salariés néo-québécois, en majorité d’origine grecque, de Parc-Extension et les salariés francophones du quartier Villeray connaissent sensiblement les mêmes problèmes, même si les deux organismes concernés adhèrent à des objectifs sociaux et politiques semblables, ce front commun ressemblait fort, dans les circonstances, à un mariage de raison.Et ce mariage, basé avant tout sur une analyse politique, a volé en éclat dès qu'une crise majeure a fait remonter à la surface les sentiments des deux parties.Cette crise a été celle provoquée par l’action du FLQ et les événements qui l’ont accompagnés.Vivement traumatisé par les événements, le groupe de Parc-Extension a été complètement dérouté par la prise de position du FRAP en faveur de l’objectif du FLQ, c’est-à-dire la prise du pouvoir par les travailleurs.La première réaction en a été une d’affolement.Après de longues discussions au sein de la Corporation des citoyens de Parc-Extension, les dirigeants de celle-ci ont décidé de rencontrer les responsables du FRAP dans Villeray pour discuter de la possibilité de maintenir le front commun.A cela, Parc-Extension a posé deux conditions: que le FRAP de Villeray se prononce en faveur de la préservation des droits des minorités dans un Québec indépendant et, deuxièmement, qu’il désavoue la violence comme moyen d’action.Selon des sources dignes de foi, la corporation des citoyens de Parc-Extension était prête à reconnaître, comme l’avait fait le FRAP.la pertinence de la critique de la situation québécoise telle que formulée dans le manifeste du FLQ et d’autre part, son candidat dénonçait aussi ouvertement que le faisait le FRAP, la violence du système en place.La première condition a été acceptée sans aucune difficulté, mais les débats ont été très ardus sur le deuxième point soulevé par Parc-Extension.Le comité d’action politique de Villeray a refusé de désavouer la violence comme moyen d’action.Dans un communiqué subséquei le CAP déclare que Parc-Extension voulut lui faire désavouer publique la posi- M.José Lévy n’est pas candidat du PRO Contrairement à ce que Le Devoir avait annoncé, M.José Lévy, architecte, est candidat indépendant au poste de conseiller municipal dans le district de Côte-des-Neiges aux élections de dimanche prochain et non pas candidat pour le Parti réaliste ouvrier.C’est le chef du PRO et candidat à la mairie, M.Claude Longtin, qui avait présenté M.Lévy comme étant un candidat de son parti; or, M.Lévy affirme qu’il n’a jamais eu de lien avec le PRO.M.Longtin qui avait promis de se présenter en compagnie d’une trentaine de candidats dans divers districts, se retrouve donc seul comme représentant du PRO.Etait-ce un manque de réalisme?Un programme en quatre points M.Lucien Monette, un rentier de 64 ans et un des 7 candidats à la mairie, a dévoilé les grandes lignes de son programme: • Réduction des tarifs du transport en commun; 20 billets pour un dollar pour les étudiants, 6 billets pour un dol- tion adoptée par le FRAP et son président; or, selon les informations que nous possédons, tel n’était pas le cas: les dirigeants de Parc-Extension étaient prêt à endosser la position du FRAP, à la condition que le comité d’action de Villeray dise clairement qu’il n'approuvait pas les moyens violents même s’il adhérait à l’objectif du FLQ.11 semble bien que si l’affolement qui régnait dans le groupe de néo-Québécois, plusieurs membres du comité francophone, pour leur part, voyaient d’un bon oeil la fin de ce front commun.Une volonté de prendre une revanche contre Parc-Extension qui avait causé la défaite du chef du lar pour les adultes et laissez-passer à vie pour les personnes âgées; • Entrée gratuite à Terre des Hommes et dans tous les pavillons pour tous les citoyens ; • Construction de 50,000 logements à loyer modique pour les chômeurs, les ouvriers et les assistés sociaux.Ces maisons seront construites sur des terrains appartenant à la ville et le coût approximatif du loyer pour un logis de 5 pièces sera de $70 par mois ; • Rectification des salaires des policiers, pompiers et employés de la ville, Montréal se devant d’avoir un personnel bien rétribué.Mise au point de CKVL Suite à une déclaration de M.Paul Cliche, président du FRAP, qui a fait état du refus du poste CKVL d’accorder une demi-heure gratuitement au FRAP pour la retransmission d’une partie de Tas-semblée du dimanche soir, 11 octobre, le chef de l'information de CKVL, M.Marcel Beauregard, a tenu à préciser qu’il n’avait pas pu accéder à la demande du FRAP parce que cela supposait la rentrée d’un personnel à temps supplémentaire.Épargnez temps et argent Dictez au téléphone et nous dactylographions, 24 heures par jour, tout ce que vous désirez.Pour beaucoup moins de $1.00 = lettre 100/mots.Aussi à votre service: Comptabilité Traduction.Composition.Rapide et sans erreru.Pour de plus amples renseignements signalez, 521-6157 Demandez Mlle Jocelyne Turcotte Entreprises GOTHAM Inc.Suite à la page 6 les élections du 25 octobre parses «PERFORMANCES • SA SÉCURITÉ • SON ÉLÉGANCE • SON CONFORT • SA ROBUSTESSE • SA TECHNIQUE • SON PRIX ($2,595.00)* ia IPdtycSEOfiT RÉPOND AU BESOIN D UNE ÉPOQUE EN DÉMONSTRATION AUX GRANDS GARAGES DU QUÉBEC 306 EST.RUE SAINT-ZOTIQUE TEL.: 273-9105 Equipement complet et accessoires inclus sauf radio. 4 • Le Devoir, mardi 20 octobre 1 970 éditorial Que pensent les citoyens?A Ottawa, hier, les députés ont approuvé par 190 voix contre 17 une résolution exprimant l’appui de la Chambre au gouvernement dans la décision qu’il a prise de se prévaloir de la loi des mesures de guerre.Ce vote n’a pas de quoi surprendre.D reflète très bien l’état de terreur et de panique qui s’est emparé de l’opinion publique canadienne au lendemain de la mort de M.Laporte.On se serait attendu normalement à ce que l’assassinat de M.Laporte suscite des réserves quant à la politique intransigeante adoptée par les gouvernements fédéral et québécois en face des exigences des ravisseurs.C’est plutôt le contraire qui s’est produit.Depuis dimanche, des milliers de citoyens ont conclu, assez paradoxalement, que les événements avaient donné raison au gouvernement canadien.Ceux qui doutaient vendredi et samedi de la sagesse du gouvernement ont vu leurs rangs s’amincir en fin de semaine.A première vue, le gouvernement fonctionne donc avec l’appui très solide de l’opinion.D suffit cependant de creuser un peu pour constater que les choses sont loin d’être aussi simples.Je n’en veux pour preuve que certaines indications tirées des événements des derniers jours.• Les premières indications viennent d’un sondage réalisé pour le compte de plusieurs journaux canadiens, dont Le Devoir, par l'Institut de Cueillette de l’Information, de Montréal.Le sondage fut réalisé les 15 et 16 octobre, chevauchant ainsi sur deux phases radicalement distinctes du drame, soit la journée qui précéda et ceüe qui suivit la proclamation de la loi des mesures de guerre.Il précéda aussi de deux jours la découverte du corps de M.Laporte.Cela rend naturellement les résultats moins percutants par rapport à l’actualité nouvelle qui a surgi.Les enquêteurs ont néanmoins fait des constatations d’une valeur certaine.Celles-ci révèlent la complexité et l’extrême mobilité de l’opinion publique.Sur 277 personnes interrogées, on constate d’abord que 109, soit plus de 35 p.c., ont refusé de répondre.Ces refus sont sans doute attribuables dans une certaine mesure à une méfiance qui n’a rien à voir avec l’hésitation.A première vue, ils expriment aussi, cependant, une mesure significative d’hésitation.Autre aspect révélateur: des chefs politiques qui ont parlé sur les événements, deux avaient fait, lorsque fut réalisé le sondage, des interventions d’une importance capitale: MM.Jérôme Choquette et Robert Bourassa.Le ministre de la justice avait fait, le 10 octobre, une déclaration généralement reçue comme reflétant une ligne dure.Le premier ministre québécois faisait, le lendemain, une déclaration qui fut comprise, jusqu’à jeudi dernier, comme annonçant une ligne plus souple.Des deux hommes, c’est M.Bourassa, par une marge de 50 contre 1, qui reçoit l’approbation des personnes interrogées.M.Trudeau n’est mentionné que par 22 p.c.des répondants.Mais il n’avait pas fait, au moment du sondage, son grand dis- cours télévisé du 16 octobre.Même en supposant (ce que nous faisons volontiers) que ce discours aurait valu à M.Trudeau une approbation aussi forte que celle qui était accordée quelques jours plus tôt à M.Bourassa, ce fait révélerait surtout la facilité extrême avec laquelle l’opinion peut être transportée d’un état dans un autre.Troisième indice: la position des répondants sur la libération des prisonniers politiques.On s’oppose assez fortement (52 p.c.contre 33 p.c.) à la libération pure et simple.S’il est question, cependant, de transporter les prisonniers vers Cuba ou l’Algérie, on devient favorable dans une proportion de 45 p.c.contre 39 p.c.La situation ayant changé, l’opinion a beaucoup évolué depuis trois jours.On aurait tort, cependant, de ne pas retenir l’extrême diversité des vues que reflète le sondage de l’ICI.Cette diversité est peut-être plus révélatrice des tendances profondes de l’opinion que le monolithisme temporaire créé par le choc de samedi.Si tel est le cas, il faut le dire aux gouvernants et aux citoyens.Ce fait aidera à mieux comprendre la crise actuelle et à définir avec plus de modération et de retenue les politiques requises afin de la résoudre.• D’autres indications me viennent des nombreuses réponses qui ont fait suite à deux déclarations publiées, ces jours derniers, par un groupe de dirigeants sociaux québécois, et faisant appel à une ligne modérée.Invité à me joindre à cette initiative, j’y ai souscrit sans hésitation, car elle correspondait à la ligne adoptée par Le Devoir depuis le début du drame Cross-Laporte.Or, cette expérience m’a apporté de très intéressantes réactions.Parlons d’abord du côté anglophone.Les lettres et appels en provenance de lecteurs anglo-canadiens n’ont pas manqué.Elles sont, en majorité, défavorables.J’en retiens surtout le thème suivant: “Nous avions confiance à vous; maintenant, c’est fini”.Au risque de scandaliser, je dirai que je suis content de cette réaction.Elle met fin, dans plusieurs cas, à une équivoque., On vous appuie souvent parce qu’on ne vous comprend pas.Mieux vaut être compris et désapprouvé.Pour compléter le tableau, j’ajoute que les réactions positives n’ont pas manqué du côté anglophone.Elles m’ont permis de constater, une fois de plus, qu’en ces matières, la ligne de partage n’est pas d’abord ethnique ou linguistique, mais tient plutôt à des conceptions de la politique, de l’homme et de la démocratie qui peuvent très bien se rejoindre par-delà les clivages ethniques.Du côté francophone, deux principaux types de réaction: les appels téléphoniques, plus spontanés, et les lettres, plus délibérées et généralement plus réfléchies.Phénomène intéressant: les appels téléphoniques sont assez souvent défavorables; les lettres (au nombre d’une bonne centaine) sont en très grande majorité favorables.Je n’oserais pas résumer le tout, de peur d’être trop long.On me permettra cependant de citer des extraits d’une lettre reçue d’un vieux militant des secteurs religieux, coopératif et social, dont j’apprécie depuis toujours l’honnêteté et la droiture, qui n’a d’autre intérêt que celui de son peuple, qui n’est à la recherche d’aucun “job”, qui observe et réfléchit beaucoup, et qui n’a rien de l’auteur professionnel de lettres aux journaux.Dans le dilemme cornélien qu’avaient à trancher les autorités politiques, E.G.opte pour le primat de la vie humaine.Mais ce n’est pas cela que je retiens.C’est plutôt ce qui suit: “D suffit de dialoguer quelques instants avec nos enfants, nos parents et amis ainsi qu’avec les habitués des restaurants pour constater combien la situation est grave.Ma crainte ne vient pas du FLQ, ni du séparatisme, mais du peuple lui-même.Son agressivité se dirige non pas contre le FLQ (son manifeste est accepte par un très grand nombre), ni contre l’Etat, mais contre ceux qui sont responsables de la situation économique et sociale actuelle, laquelle prime dans leur esprit la question du séparatisme.Je crains fort que, tout à 1 heure, il n’y ait pas de forces policières capables de la contenir, car elle va s’exprimer sur plusieurs fronts à la fois”.Je veux bien que Jean Marchand m’impressionne avec la quantité de carabines et de dynamite qui sont présentement en des mains dangereuses.Je veux bien que M.Trudeau invoque la loi des mesures de guerre pour combattre le FLQ.Mais je trouve qu’ü y a plus de vérité dans ce qu’écrit mon correspondant que dans tout ce qu’ont dit MM.Trudeau, Bourassa et Drapeau ces derniers jours.Et à l’intention de ceux-ci, j’ajoute ce dernier extrait de la même lettre: “J’ai l’impression que nos hommes publics ne veulent accepter aucun changement dans leur façon de penser et d’agir.Or, il y a un éveil de la conscience populaire que personne n’a le droit d’oublier.En plus, il y a des chefs pour le faire valoir”.• D faut comprendre la situation d’urgence où se sont trouvées les autorités à la suite de l’enlèvement de MM.Laporte et Cross.D faut comprendre que, faute d’autre recours, elles aient dû s’inspirer dans l’immédiat de solutions dont l’ampleur physique déborde de mille coudées le problème qu’elles devraient résoudre et dont la logique pourrait les éloigner, plutôt que les rapprocher, d’une solution véritable.Mais il faut surtout dire à ces autorités qu’elles auraient tort de s’endormir en s’imaginant qu’elles ont l’opinion publique derrière elles.L’opinion instinctive, spontanée, superficielle, les appuie avec force depuis quelques jours.Ces réactions ne rendent cependant compte que d’une couche de l’opinion.D’autres couches non moins importantes doivent être entendues.C’est d’elles, bien plus que d’une quelconque conspiration criminelle, que pourraient venir, demain, de nouvelles crises.Claude RYAN bloc-notes Les détenus incommunicado Sans qu apparemment les autorités gouvernementales s’en inquiètent, une nouvelle situation explosive est en train de se créer au Québec.Depuis vendredi matin, plus de 300 personnes ont été arrêtées en vertu du règlement de 1970 concernant l’ordre public, édicté sous l’empire de la loi des mesures de guerre.L’identité de la plupart de ces détenus n’est pas connue du public, ni les conditions physiques et morales qui leur sont faites depuis leur arrestation.Des parents s’inquiètent de la disparition de leurs adolescents sans savoir s'ils sont au nombre des détenus, mais n’osent en faire part à la police, ignorant eux-mêmes si ces jeunes ne sont pas au large avec le FLQ! D’autres se demandent si, à l’occasion des raids anti-terroristes on ne va pas, à dessein ou faute de discernement, faire disparaître de la circulation des adversaires politiques.Enfin, en l’absence des moyens ordinaires de communication avec les détenus, une crainte sourde a commencé à se faire jour: pressés par l’opinion publique qui s'étonne de l’impuissance policière à démanteler les deux cellules en cause pendant 15 jours, certains éléments ne risquent-ils pas de succomber à la tentation d’arracher des renseignements à certains détenus en recourant à des moyens de persuasion radicalement opposés à notre règle de droit?Le Globe and Mail soulignait samedi que le gouvernement, dans l’immédiat, a la responsabilité de montrer qu'on n'abuse pas des me^ sures de guerre, qu’elles sont appliquées seulement pour réduire les organisations violentes et non pour intimider des ennemis politiques ou des forces d'opposition.Le quotidien torontois ajoute: “Nous devons savoir qui a été arrêté, quand l’arrestation a été effectuée, et pour- uoi, la date des procès et la nature es accusations.” Dans l’état actuel des choses, et compte tenu de l’ampleur des pouvoirs accordés aux forces policières, il n'est peut-être pas possible de répondre positivement à toutes ces questions.Mais, dans les heures qui viennent, il devrait normalement être possible pour les autorités de prendre deux mesures propres à rassurer la population et à éviter qu’un nouveau contentieux se développe entre la justice et les citoyens : — D'abord une liste complète des détenus devrait être tenue à jour et publiée quotidiennement par un bureau officiel d’information gouvernemental avec qui pourraient communiquer journalistes, parents ou autres citoyens.- Ensuite, durant tout le temps que des personnes seront détenues en vertu des mesures spéciales actuelles ou d’autres mesures analogues, des représentants impartiaux de l’opinion publique (Croix-Rouge canadienne, Ligue des droits de l’homme; Comité spécial des Eglises, ou tout autre organisme revêtu d’une certaine autorité morale), devraient pouvoir visiter les lieux de détention et les prisonniers, de façon qu’aucune infamie ne puisse s’ajouter aux atrocités du drame actuel.Ces deux mesures, sans entraver de quelque manière les recherches policières, rassureraient l’opinion québécoise et canadienne sur la façon dont les intentions gouvernementales sont effectivement appli-uées au cours des arrestations et e la détention incommunicado d’autant de citoyens.Elles permettraient à l’opinion publique de vérifier si les autorités responsables de l’application du règlement spécial n’en abusent pas et respectent les délais impartis dans les articles 7 et 9 de ce règlement.Autrement, le Québec et le Canada risquent demain de se retrouver devant une autre situation propre à créer de nouvelles tensions, d’autres affrontements, et des drames additionnels.J.-C.LECLERC Gare au ressac de l’opinion On sent déjà le ressac monter au Québec.La révulsion qu'éprouve l’immense majorité depuis l'assassinat de Pierre Laporte a provoqué dans l’opinion un glissement vers la droite qui ne laisse pas d'inquiéter.Tout le confirme: les rencontres fortuites, les phonotons radiophoniques, les bribes de conversation attrapées dans la rue, le métro, l’ascenseur.Tout déplorable qu’il soit, ce ressac était inévitable.Nous vivons depuis quinze jours un psycho-drame collectif dont les suites sont encore insondables.Le rapt de James Cross, puis celui du ministre québécois du travail, la vulnérabilité et le désemparement de l’Etat que l’un et l’autre ont révélés, l’insidieuse subversion d’un manifeste qui a eu, en plusieurs milieux, des résonances inquiétantes, les rebondissements d'une étrange négociation, exploitée savamment par des factieux, l’ultime intractabilité des autorités, la proclamation des mesures de guerre, la macabre découverte de Saint-Hubert - toutes ces péripéties tragiques devaient fatalement réveiller des instincts primaires, attiser des émotions troubles.Et la fatalité ne semble plus connaître de bornes: tous nous attendons avec appréhension le dénouement du drame, sans savoir où, ni comment, ni jusqu’à quand, le destin se manifestera à nouveau.La dernière quinzaine a balayé toutes les certitudes, ébranlé toutes les convictions, rendu vaines toutes les spéculations, suspendu toutes les aspirations, relégué au second plan rêves et projets collectifs.Rien ne tient plus, du moins temporairement.Faut-il alors s’étonner si l’opinion dérape?Mais ce serait faire le jeu des terroristes que de la laisser déraper.Il faut au contraire y mettre à tout prix un cran d'arrêt.Nul autre que Pierre Trudeau l’a reconnu, lors même qu’il proclamait la loi sur les mesures de guerre.“Ceux qui ont recours à la violence attisent délibérément la haine parmi nous, déclarait-il vendredi dernier.Et ils le font au moment précis où, pour édifier la société que nous voulons tous, il est impérieux que le pays, oubliant toute animosité, fasse preuve de tolérance et de compréhension.Et pourtant, ceux qui méprisent le cours normal des lois s’exposent à voir les honnêtes gens, dans la colère et la peur, durcir leurs positions et se refuser à tout changement, voire à toute amélioration.Car la peur tend à inhiber l’esprit de tolerance et le sens de la justice.” Une caution dangereuse Voilà pourtant que la fureur aveugle et déraisonnée qui s'épanche sur la place publique commence d’être cautionnée par ceux-là même auxquels il incombe, en pareille occurrence, de rester lucides et de discerner les enjeux véritables de cette crise.Pendant qu’un Jean Marchand, un John Turner, pour justifier l’édit des mesures de guerre.tenaient aux Communes des propos que l’on pourra juger alarmistes aussi longtemps que l’on ignorera tout des faits qui les étayent, un René Lévesque dénonçait trop hâtivement la' déliquescence du gouvernement québécois.Surtout, pendant que les chefs de gouvernement rappelaient qu’il fallait à tout prix sauvegarder, contre le terrorisme, l’ordre légal et l’idéal démocratique, un Réal Caouette, lui, réclamait que l’on fasse défiler les membres du FLQ ou ceux suspectés de l’être devant le peloton d’exécution - un lynchage collectif non moins vil que les crimes des terroristes.Et que dire de ces meneurs de l’opinion qui ne cessaient hier encore de s’apitoyer sur les libertés démocratiques et qui, aujourd'hui, dans leurs “appels aux Québécois”, enjoignent à tous de supprimer jusqu’à leurs réticences devant toutes les mesures que l’Etat pourrait mettre en oeuvre pour désamorcer la crise?Est-ce vraiment “discuter du sexe de la liberté” que de s’interroger sur l’opportunité de proclamer les mesures de guerre et, surtout, sur l’usage qu’on pourrait en faire?Est-ce “couper les cheveux en quatre" que de se demander si l’intransigeance, le courage brutal, l’action policière, la suspension des libertés civiques, viendront à bout du terrorisme?Ceux qui cautionnent ainsi le durcissement momentané des émotions et des attitudes du plus grand nombre, au Québec, devraient pourtant savoir combien volatile est l’opinion publique.Il y a trois jours, tandis que surgissaient du fatra idéologique charrié par le FLQ les épouvantables indices d’un fascisme qui s’ignore, on s’inquiétait de l’ambiguité dangereuse des réactions suscités par la publication du manifeste et des communiqués du FLQ, de la diffusion des conférences de presse et des déclarations incendiaires de ses sympathisants.Il y a deux jours, une fois l’armée fédérale accourue au secours des forces policières, une fois proclamées les mesures de guerre, on redoutait la résistance des Québécois à ce qui pouvait leur apparaître comme une ingérence du gouvernement central et une mise en tutelle de leur gouvernement.N'eut été l'assassinat de Pierre Laporte, il est probable que cette résistance aurait pris une certaine ampleur.Ces courants d’opinion sont-ils à jamais dissipés?Suite à la page 2 LIBRE OPINION Z a double perversion du terrorisme par DORVAL BRUNELLE, sociologue Pour tous ceux, bien intentionnés, qui voyaient dans les actes de groupuscules terroristes, la manifestation de malaises socio-économiques profonds, le tragique assassinat du Ministre du Travail devrait les amener à remettre en question leurs prises de position face à la réalité québécoise.A l’heure actuelle, en effet, les extrémistes du nationalisme, pour donner un poids à leur action, font appel à des formules et des mots d’ordre de gauche pour justifier leurs calamités.Peut-on, dans ces conditions, définir une gauche?Peut-on espérer pouvoir trouver (ou retrouver) une i-déologie susceptible de nous permettre collectivement de dégager une voie d’action?Il nous semble que ce problème est à la base même des événements actuels et que seule une remise en cause fondamentale de notre devenu- collectif peut sauver les Québécois d’un aventurisme suicidaire.Le travail à l’intérieur des structures politiques établies peut être soit progesssiste, soit réactionnaire.Ce travail est progressiste dans la mesure où il vise à transformer ces structures ou à modifier leur fonctionnement dans le but de permettre l’épanouissement des sujets.Cei épanouissement implique la diffusion de la connaissance et de l’information afin d’élargir les bases de la participation aux actions collectives en vue d’en arriver progressivement au gouvernement des gouvernés par les gouvernés eux-mêmes.Pourtant, une telle transformation n’est pas donnée immédiatement et aucune révolution ne peut instaurer de facto des structures idéales dans lesquelles les individus viendraient s’insérer “comme par magie”.C’est ainsi qu’à côté du travail strictement politique à l’intérieur des cadres établis, toute société devrait admettre et le travail théorique et le militantisme politique.Or, pour être socialement justifiables, l’un et l’autre doivent se fixer sur les mêmes buts.Dans cette perspective, les moyens prennent toute leur importance, et jamais toutes les manipulations théoriques possibles n’ont admis que les fins justifiaient tous les moyens, quels qu’ils soient.Les aspirations de la majorité Si notre société doit être transformée pour répondre aux aspirations du plus grand nombre, cette transformation suppose non seulement une connaissance scientifique de notre réalité, mais aussi et nécessairement une collaboration des premiers intéressés eux-mêmes: les citoyens.Le fascisme (puisqu’en l’occurrence il s’agit de lui,) se propose d’utiliser tous les moyens pour parvenir à ses fins; une fraction éclairée se pose en pseudo-redresseur de torts.Les administrés n’ont, dans cette perspective, qu’à s’en remettre au jugement des révoltés.Tous, nous devenons des instruments dans leurs mains et le charriage d’un vocabulaire de gauche ne fait qu’émasculer les véritables problèmes.Quand a-t-on vu, ces dernières années, que l’on ait vou- lu.chez les révolutionnaires, transformer notre société pour le bien de cette société?Le terrorisme a pris d’abord la voie de la terreur insignifiante en faisant sauter des bombes dans des boites aux lettres et, ces derniers temps, la voie de la terreur systématique, en enlevant puis en assassinant un politicien québécois.Par derrière les auteurs immédiats de ce massacre, c’est une fraction non-négligeable des intellectuels québécois qui est responsable de l’actuelle confusion; il s’agit, en l’occurrence, de tout ce courant idéaliste de la pensée québécoise prônée par des nationalistes exacerbés, les adorateurs du particularisme quasi-mystique d’un petit peuple appelé à faire de grandes choses.Comment ne pas être appelé à faire un angoissant rapprochement avec cet autre élitisme prôné par les nazis?Comment ne pas rappeler, à cette occasion, tous les mots d’ordres, volontairement ambigüs, avancés par les fascistes?Et comment ne pas déplorer enfin, dans cet en-brouillamini, le sort susceptible d’être réservé à ce qui pourrait s’appeler une gauche cohérente?Historiquement (et il n’est peut-être pas inutile de le rappeler,) les mouvements sociaux de la gauche ont utilisé systématiquement la participation et ont essentiellement visé à alléger les contraintes sociales, jamais le contraire.Il faudrait, dans ces conditions, vider de leur contenu gauchissant toutes les théories qui flirtent avec un vocabulaire marxiste pour créer des écrans de fumée, et cette démythification est d’autant plus urgente que la confusion condamne malheureusement cette politique socio-économique et permet ainsi le rétablissement d’un statu quo préjudiciable à la transformation des structures sociales.C’est une des particularités fondamentales de l’exclusive nationaliste que d’oublier, par delà les différences entre les peuples, les conditions objectives de tout sous-développement, de toute exploitation.Confinée dans les limites étroites du pays, de l’Etat, cette philosophie particulariste étouffe les individus sous prétexte de maintenir une unité nationale basée sur des différences; à plus forte raison, quand on opère au niveau infra-étatique de la nation, de la communauté, etc.Or les problèmes du sous-développement ou, en ce qui nous concerne plus directement, du manque de développement, ne sont pas d'ordre mystique, culturel ou philosophique, mais bien d’ordre économique.L’impasse du fascisme Que des ultra-nationalistes inversent l’ordre des choses et nous parlent d'abord de politique, de culture, et l’on aboutit à l’actuelle impasse: le fascisme et, à plus ou moins brève échéance, le racisme.Tout travailleur sait qu’en remplaçant des exploiteurs par d’autres on ne change rien à l’exploitation.Ce dont nous avons un besoin urgent, ce sont de politiques économiques radicales, susceptibles de modifier les conditions objectives, essentiellement économiques, qui nous déterminent.Sur ce plan économique, la situation des Québécois est loin d’être radicalement diffé- rente de celle des Canadiens, même si nous subissons avec plus d'acuité, les contrecoups du laissez-faire et du laissez-investir actuels.Bien sûr, on peut, dans cette perspective, se dire qu’un Québec indépendant ne subirait aucun recul économique; on admet implicitement alors les mécanismes économiques actuels, soit une simple transformation au niveau des agents, c’est-à-dire le remplacement des agents actuels par des Québécois, donc le racisme le plus primitif.Il ne fait aucun doute, dans ces circonstances, que rien ne s’oppose à ce que des investisseurs continuent de nous manipuler et ce, d’autant plus que, affaiblis économiquement par l’éclatement de l’économie canadienne, nos fascistes seraient forcés de nous vendre à meilleur compte, nous entraînant dans le cercle vicieux de l’intolérance et du particularisme.L’épanouissement économique et social des Québécois est possible.On peut être plus ou moins radical dans les transformations à envisager, la voie à suivre ne change pas pour autant.C’est à cette seule condition que nous survivrons collectivement; le repli culturel, sur le strict plan social, nous entraînera irrémédiablement vers un mysticisme fasciste, vers l’exacerbation de particularismes dégradants.Sommes-nous tellement différents qu’il nous faille sombrer dans une schizophrénie collective?La langue et la culture ont-elles jamais survécu sans s’affirmer dans un ensemble qui les transcende?Faut-il, en terre d’Amérique, passer par les massacres qui ont secoué l’Europe pendant deux mille ans pour en arriver à comprendre la force de complémentarité de l’association?Ou le désespoir exprimé dans les actes recents de violence ne fait-il qu’illustrer notre incapacité à relever les seuls défis significativement essentiels?D’où nous vient cette incapacité à poser les véritables problèmes?La pensée nationaliste La mort tragique de Pierre Laporte remet en question toute la pensée nationaliste.Celle-ci ne pourra plus se cantonner dans des voeux pieux.Elle devra se définir et poser elle-même ses conclusions logiques.11 ne peut plus être question de parler d’indépendance sans expliquer comment on entend y parvenir et surtout, ce que l’on en ferait pour nous tous, Québécois, une fois que l’on y serait parvenu.Mais déjà, les faits contredisent le progressisme et la cohérence de la vision qu’un certain nationalisme nous présente de notre développement.L’épanouissement de chacun est fonction de notre développement collectif ; ce développement passe par la participation collective et non par l’agitation effrénée d’une faction.Plutôt que d’un resserrement des mécanismes de représentation, c'est d’un élargissement de la base de la démocratie dont nous avons un besoin urgent, afin d’éviter que des frustrations ne soient perverties entre les mains de terroristes.Si le terrible assassinat de Pierre Laporte doit avoir un sens, espérons que ce sera celui de nous faire retrouver le nôtre.LE DEVOIR Fondé par Henri Bourosso le 10 janvier 1910 Directeur et rédacteur en chef: Claude Ryan Rédacteur en chef adjoint: Michel Roy Directeur de l'information: Jean Francoeur Trésorier: Arthur Lefebvre LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est au no 434 est, rue Notre-Dame, Montréal.Il est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont Inc., à 9130 rue Boivin, Ville LaSalle.Seule la Presse canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans "Le Devoir".ABONNEMENTS: édition quotidienne, Canada: 12 mois: $28.00; 6 mois: $15.00; 3 mois: $8.00.À l'étranger: 12 mois: $40.00; 6 mois: $22.00 3 mois: $12.00.Édition du samedi: 12 mois: $10.00.Courrier de le deuxième classe: enregistrement numéro 0858.Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec.TtLÉPHONE: 844 3361 Le Devoir, mardi 20 octobre 1 970 * 5 hommes Ifh ftoilg æufflatl tf’tmm »S8 .< * N- ihr y#
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