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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 16 décembre 1968
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1968-12-16, Collections de BAnQ.

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la météo Chutes de neige locales Se dé gageant Venteux Minimum la nuit dernière et maximum au jourd'hui 5 et 10 Fite du jour: saint Eusèba LE DEVOIR Fais ce que dois VOL LIX NO 295 Montréal, lundi, 1 6 décembre 1 968 10 CENtS Antonio Barrette est décédé hier à l'hôpital Notre-Dame L’ancien premier ministre du Québec, M.Antonio Barrette, est mort hier à l’hôpital Notre-Dame de Montréal où il était entré pour subir des examens.Le premier ministre Jean-Jacques Bertrand a envoyé à la femme de son prédécesseur un télégramme disant: “J’apprends la nouvelle très cruelle du décès de M.Barrette.Je vous prie d’agréer au nom de tous mes collègues et de tous les membres de l’Union nationale l’expression de nos sincères condoléances en ce deuil qui vous afflige ainsi que tous les membres de votre famille.Ma femme se joint à moi dans l’expression de nos condoléances personnelles".Antonio Barrette était âgé de 69 ans.Il avait été longtemps employé aux chemins de fer nationaux et était fier, devenu ministre, d’être demeuré membre actif du syndicat des cheminots.Il s’était présenté sous l’étiquette de l’Union nationale aux élections de 1936 dans le comté de Jo-liette et jusqu'à sa démission, il avait toujours été réélu En 1944.le premier ministre Maurice Duplessis Antonio Barrette le nommait ministre du travail.Le 8 janvier 1960.six jours après la mort de Paul Sauvé qui avait succédé à Maurice Duplessis, Antonio Barrette devenait le 18e premier ministre du Québec.Il devait le rester 166 jours, la victoire libérale de juillet 1960 mettant Jean Lesage à sa place.Quelques mois plus tard, à la suite de dissensions, il donnait sa démission de leader de l’Union nationale et de député de Joliette.En 1963, le premier ministre John Diefenbaker le désignait comme ambassadeur en Grèce, poste qu’il conserva jusqu’en 1966 M.Barrette rentra alors au Québec et, retiré dans sa maison de campagne, se mit à rédiger ses mémoires, refusant de se mêler à la vie politique du Québec.Premier ministre durant 166 jours.Antonio Barrette n'était jamais parvenu à imposer son autorité dans le parti et son prestige dans la province.On lui reconnaissait de grandes qualités - sincérité, honnêteté, modestie - mais il demeurait incapable, aux yeux de son parti et d'une plus grande partie de l'électorat, d'assurer la succession de Paul Sauvé dont le règne avait été aussi bref que fulgurant.Peut-être aurait-il surmonté ces obstacles et affirmé sa personnalité s’il avait pu mener son parti à la victoire à l’été de 1960 Mais son sort semblait lié à celui de l'Union nationale, éprouvée par la perte de Duplessis et la mort prématurée de M Sauvé.Il eût fallu relever le défi que ce dernier avait su faire naître pour le Québec, dès lors engagé dans la révolution tranquille Isolé après la défaite dont on le tenait responsable M.Barrette n'avait pu réaliser l’unité de ses troupes, démoralisées et Voir page 2 : Barrette Vigoureux débat sur la motion de renvoi du bill 85 L'Union nationale ¦ w n a rien renie de ses engagements, affirme Cardinal Saigon s'attend à une offensive généralisée SAIGON lAFP) "Nous avons des indices et des commencements de preuves selon lesquels les communistes se disposent à attaquer très bientôt la tête qu’il leur faut abattre" a déclaré hier au cours d’un entretien exclusif avec un des envoyés spéciaux de l’AFP le premier ministre sud-viet-namien, M Tran Van Huong M.Huong a précisé que les commandants militaires chargés de la protection de la capitale disposaient de documents d’interrogatoires de prisonniers faisant état de cette prochaine offensive "Mais, a-t-il ajouté, nous sommes prêts à recevoir les communistes et je ne pense pas qu’ils pourront réussir à atteindre les objectifs qu’ils se sont proposés.” Interrogé sur un possible et prochain remaniement ministériel, M.Huong a répondu: "Nous en parlons beaucoup avec le président Nguyen Van Thieu qui en décidera.Nous pensons qu un tel remaniement doit intervenir avec une absolue opportunité.Il est probable que l’ouverture des négociations à Paris le provoquera" L’offensive Vietcong doit être déclenchée avant le 20 décembre, indique un document saisi au début du mois dans la province de Kien Hoa à une centaine de milles au sud de Saigon, a déclaré pour sa part un officier supérieur vietnamien au "Saigon Post".Cette offensive, précise le document cité par cet officier, doit marquer le huitième anniversaire de la fondation du BRÉSIL • vague d'arrestations • censure sévère • apathie de la population RIO DE JANIERO (AFP) Arrestations de nombreuses personnalités (environ 200) y compris d’hommes qui soutenaient jusqu’à maintenant le maréchal Costa E.Silva, censure sévère sur les journaux qui, pour certains comme ceux de Rio de Janeiro, renoncent à paraître, et enfin apathie apparente de la population telles sont les caractéristiques essentielles de la nouvelle "révolution” brésilienne Sont actuellement en prison des hommes aux tendances les plus diverses, depuis l’ancien président “de gauche" Janio Quadrus jusqu’à l’ancien gouverneur Carlos Lacerda, polémiste et homme de droite qui avait été l’artisan de la chute de Joao Goulart, en passant par l’ancien président Kubitschek qui avait tenté ces derniers mois, de fonder un parti d’opposition légal et pacifique Mis à part les centaines d’arrestations, il n’y a pas eu à proprement parler un "pro-nonciamento” au sens traditionnel de ce type d’intervention militaire dans la vie de l’Etat.Le président, maréchal Costa E Silva, légalement au pouvoir, a utilise ses prérogatives avec l’appui des militaires pour suspendre la vie parlementaire Le plus grave est pourtant l’atteinte aux droits constitutionnels de la Cour suprême fédérale qui s’est vu ôter sa prérogative essentielle juger de la cons titutionnalité des actes gouvernementaux En fait, le maréchal Costa E.Silva et son gouvernement ont relevé deux des trois défis qui leur avaient été jetés par le parlement, la justice et le clergé.Le parlement qui avait refusé de lever l’immunité parlementaire du député Alves, ne peut plus siéger et les députés sont invités à retourner chez eux sauf ceux déjà mis en état d’arrèstation.Le tribunal fédéral suprême d(Tnt les membres sont inamovibles, continue à exister mais son rôle est maintenant réduit à rien.A la rigueur il peut tout juste jouer le rôle d’un tribunal administratif et à la condition que le gouverne- Voir page 2 : Brésil Front national de libération du Sud-Vietnam.Ce document ajoute le quotidien saigonnais de langue anglaise.révèle que le plan des Vietcong comporte trois phases: - attaquer les avant-postes et s’y maintenir bombarder les villes pour semer la terreur et la confusion.- organiser des manifestations de rues anti-gouverne-mentales pour réclamer la formation d’un gouvernement de coalition avec les communistes, qui mettra un terme à la guerre.Durant ces trois phases, poursuit le "Saigon-Post", citant l’officier supérieur vietnamien.les Vietcong intensifieront leurs activités terroristes.Ce militaire a également déclaré au journal que les troupes de sa garnison de Can Tho, la ville la plus importante du delta, sont en alerte vingt-quatre heures sur vingt-quatre Les principaux combats de la guerre au Vietnam, se sont déroulés durant les dernières heures près de la frontière cambodgienne, dans le delta du Mekong et dans la zone démilitarisée.Dans la partie est de la zone démilitarisée, des avions d’observation ont tiré contre une concentration de Vietcong et une ligne de bunkers, au sud de la rivière Ben Hai.Selon les aviateurs, leurs tirs auraient détruit 35 bunkers.Dans le delta du Mekong, à environ 120 milles au sud-ouest de Saigon, près de la ville de Gia Rai, des forces alliées ont attaqué et dispersé deux compagnies de "communistes".Au cours des combats, 19 Vietcong ont été tués, et 2 Sud-Vietnamiens ont été blessés.Dans le même secteur, 5 marins américains, dont la vedette était tombée Voir paga 2 : Viatnam par Gillet Lesage QUEBEC - Se disant solidaire et loyal envers le premier ministre, le ministre de l’éducation et vice-président du conseil, M.Jean-Guy Cardinal, a soutenu samedi que le gouvernement prenait ses responsabilités et ne reniait en rien ses engagements en déférant à un comité parlementaire le projet de loi (bill 85) sur les droits linguistiques dans l’enseignement.Du moins dans sa forme actuelle, le projet présenté il y a une semaine par M Bertrand a entrepris une laborieuse agonie, mais le gouvernement affirme qu’il n’est pas renvoyé aux calendes grecques et que le comité fera rapport à la prochaine session.Tout en appuyant avec force la motion de renvoi à un comité, M René Lévesque souhaite pour sa part que ce soit l’avis de funérailles du projet et que toute la question soit soumise à la Commission royale d’enquête sur les langues, le projet de loi retournant “au néant d’où il n’aurait pas dû sortir".L’opposition libérale est favorable à ce que le projet soit renvoyé à un comité parlementaire où les intéressés pourront se faire entendre, mais seulement après que l’Assemblée nationale aura eu l’occasion de se prononcer sur le principe du bill afin de connaître de façon claire et nette les intentions du gouvernement.De part et d’autre, une dizaine de députés se sont fait entendre jusqu’ici, au cours d’un vigoureux débat de près de sept heures qui reprend ce matin, et au terme duquel la motion de renvoi sera mise aux voix et finalement adoptée par la majorité ministérielle.Après avoir soutenu que le gouvernement n’avait jamais promis que le projet serait étudié par les députés avant la fin de la session, M.Cardinal a confirmé que le premier ministre, au repos depuis une semaine, avait accepté que le bill soit déféré au comité de l’éducation, lequel pourra siéger durant l’intersession et faire entendre des témoins et des experts.Le ministre de l’éducation a dit que M.Bertrand avait fait preuve de courage en déposant le projet, tel que promis, et que “le gouvernement démontre le même courage dans les circonstances".Affirmer que le caucus est divisé, c’est une affirmation facile, et je ne me permettrai pas en cette Chambre d’utiliser les mêmes procédés.” Le ministre a déclaré que la convocation immédiate du comité ne donnerait pas le temps requis aux intéressés pour faire valoir leurs vues de façon réfléchie et exhaustive."Le gouvernement prend et prendra toujours ses responsabilités, face à une situation qui doit être corrigée, et ce n’est pas en hâtant l’adoption du projet de loi que ses responsabilités seront le mieux assumées.Bien des gens ont manifeste le désir que ce bill soit étudié, qu’il soit amendé.Il faut que cette étude puisse se faire dans la paix, dans un délai raisonnable, pour que le projet représente vraiment les aspirations et résolve les problèmes qui se sont posés ou Voir page 2 : Cardinal Le général Moshe Dayan, ministre de la défen se d’Israël, s'est entretenu, en fin de semaine, à New York, avec le président élu Richard Nixon Dans une déclaration à la télévision M Dayan a déclaré dimanche que Moscou ne souhaitait pas une reprise des hostilités au Moyen Orient Lire nos .informations à la page 7 (Téléphoto AP) dans ce numéro ¦ Un nouveau parti, le "Réveil de Montréal", entre dans l'arène municipale (Page 3) ¦ La Chambre de commerce du Québec entérine le rapport sur le "fédéralisme renouvelé".(Page 3) ¦ Le ministère de l'éducation fusionne ses deux projets de loi sur l'enseignement privé (Page 3) ¦ En page 4, Vincent Prince commente le mémoire de la Colombie Britan nique Lesage accuse certains députés unionistes d'avoir trahi leur chel QUEBEC (DNC) Le chef de l’opposition libérale, M.Jean Lesage, a parlé de "trahison” envers leur chef de la part de certains députés de l’Union nationale devant la décision du gouvernement de ne pas soumettre le principe du bill sur les droits linguistiques à l’adoption de l’Assemblée nationale.ainsi que le veut le règlement, avant de le déférer au comité de l’éducation.J'admets que c’est une procédure qui a été suivie dans le passé, a dit M Lesage, mais lorsqu’il s'agit d'un prin- cipe aussi important que celui qui est contenu dans le bill 85, je considère que les députés de cette Chambre doivent être appelés à se prononcer sur ce principe et sur la suffisance ou sur l’insuffisance du bill.Ils doivent pouvoir s'exprimer clairement et sans contrainte, avant de demander l'opinion des tiers.Si l'opinion des tiers peut être importante, l’opinion des députés de cette Chambre doit s’exprimer et c’est un droit souverain pour chacun de nous ” Le leader libéral a dit que M.Bertrand avait été fidèle à la parole donnée il y a plus de trois semaines, mais que ses adversaires, à ce moment-ci.n’étaient pas des libéraux, mais "un groupe” de députés unionistes."Que se passe-t-il du côté ministériel?On a l'impression que durant l’absence du chef, la pagaille règne et que le caucus de l'Union nationale est devenu la tour de Babel et que les hommes sérieux de l’Union nationale ne peuvent plus faire entendre la voix de la raison De Gaulle accueillant le nouvel ambassadeur canadien Le Canada trouvera son équilibre dans la coopération entre peuples égaux PARIS (d’après AFP) En recevant samedi le nouvel ambassadeur du Canada en France, M Paul Beaulieu, le général de Gaulle a rappelé que le Canada a été formé par deux nations, que ces deux nations existent toujours et qu’il ne souhaite certainement pas voir se développer entre elles des griefs et des querelles "Nous souhaitons au contraire quelles s’accordent.Nous Paul André Beaulieu Le compte à rebours a débuté Le vol Apollo 8 est 'fin prêt' CAP KENNEDY(AFP) A une semaine du lancement d’Apollo 8 en direction de la lune, le véhicule spatial qui permettra à trois Américains de vivre, dans les derniers jours de l’année, l’aventure la plus spéctaculaire à laquelle l’homme ait jamais songé, a été déclaré “fin prêt", samedi, par les responsables delà NASA Les membres de l’équipage de la cabine, le colonel Frank Borman, commandant d’Apollo 8.le capitaine James Lovell et le commandant William Andres, ont procédé, dans la matinée, avec les techniciens du vol, à une ultime vérification de l’appareillage de l’engin à bord duquel ils effectueront, aux alentours de Noël, le premier voyage terre-lune-terre de niis-toirè de l’astronautique et la première reconnaissance visuelle, à moins d’une centaine de milles de distance, du satellite naturel de notre planète Ils ont pu constater que les dispositifs dont Apollo 8 est doté sont tous en parfait état de fonctionnement Les astronautes se sont soumis, d’autre part, à un examen médical, qui s’est révélé satisfaisant, ainsi qu’à une séance d’entraînement en simulateur, au cours de laquelle ils ont répété les manoeuvres les plus délicates de leur pro- chaine mission inter-planétaire.Hier, le colonel Borman et ses deux camarades ont été autorisés à s’accorder une journée de complète détente dans les quartiers d’urgence où ils vont se tenir pendant les six jours précédant leur départ L’équipe chargée du lancement, pour sa part, a mis en marche hier soir, le programme du compte à rebours.Les opérations préliminaires devaient commencer hier à 19 heures locales, soit 103 heures avant la mise à feu de la fusée porteuse Saturne 5.le samedi 21 décembre, à 7 h 51 locales, à la tour no.39 du cap Kennedy L’embarque- ment des réserves d’eau à bord de la cabine spatiale est la première de ces opérations Le compte à rebours proprement dit commencera dans la soirée de jeudi, 28 heures avant le lancement d’Apollo 8.Pendant une vingtaine d’heures, le 24 décembre, Frank Borman, Jim Lovell et Bill Anders, aux commandes d’un véhicule de près de trente tonnes, graviteront à une centaine de kilomètres (soixantaine de milles marins) au-dessus de la mer de Tranquillité, de l’océan des Tempêtes, des cratères Copernic et Olbers Ils seront aussi les premiers à découvrir la fa- Voir page 2 : Apoilo pensons quelles pourraient s'accorder, mais à la condition que leurs personnalités nationales soient respectées et ne se confondent pas ”, Aussi, le président a-t-il exprimé le souhait "qu un jour le Canada trouve son équilibre dans des conditions nouvelles sous la forme d’une coopération organisée entre peuples égaux" Pour sa part, l’ambassadeur Beaulieu, en remettant ses lettres de créance (il succède à M Jules Léger), a notamment déclaré "Notre pays se proclame en entier ouvert à la vie française et entend devenir pour elle, dans les immensités géographiques et humaines de l’Amérique du Nord, un milieu particulièrement favorable, une terre d'élection qui garde encore.d'un océan à l’autre, l’empreinte des premiers explorateurs français”.Voici le texte intégral de l'allocution du président de Gaulle, suivi de celui de l’allocution de l’ambassadeur Beaulieu "Monsieur l’ambassadeur, j’ai reçu de vos mains les lettres de créance par lesquelles votre gracieuse souveraine, qui est en même temps celle du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, vous a désigné pour représenter, auprès de moi-même et du gouvernement de la République française, son gouvernement d'Ottawa."Monsieur l’ambassadeur, je n’épiloguerat pas du reste, en le faisant, je n’ajouterais rien à ce que vous avez dit vous-même sur le fait que cet immense ensemble qui s'appelle le Canada est en pleine évolution.A l’origine, il a été formé par deux nations.Ces deux nations existent toujours.Elles s’y trouvent côte à côte Nous ne souhaitons certainement pas.nous qui avons fondé le Canada, voir entre elles se développer des griefs, des querelles Nous souhaitons, au contraire, qu'elles pourraient s'accorder, mais a la condition que leurs personnalités nationales soient Le général de Gaulle respectées et ne se confondent pas."C’est ainsi qu’en tant que Français et en pensant à tous les Français du Canada, j’exprime le souhait qu un jour le Canada trouve son équilibre dans des conditions nouvelles sous la forme d'une coopération organisée entre peuples égaux."Monsieur l’ambassadeur, cela étant dit, vous pouvez être assuré de trouver, auprès de moi et de mon gouvernement.les facilités nécessaires à votre mission II y a maintes raisons de maintenir des rapports entre vous et nous, qu’ils soient politiques ou pratiques”.Voir pag« 2 : Le Canada Avec l'aide de Machiavel, M Lesage a invité le ministre de l'éducation a se rappeler que le plus grand danger qui guette un homme public, c'est celui de l’atermoiement et de la neutralité Il a poursuivi, d un ton agressif a l'endroit de 1 Union nationale ("est un gouvernement qui a peur d’agir et qui invente toutes sortes de stratagèmes pour cacher son incapacité et sa profonde division Même les hommes les plus lucides, les plus expérimentés, sont pris de panique." S’étonnant que la motion ait été inscrite, non pas au nom du vice-premier ministre mais à celui du ministre du travail, le chef libéral a dit que M.Bellemare l'avait sans doute fait par souci de préserver son parti durant la maladie de son chef.11 y a des attitudes prises par certains de nos a-mis d’en face qui sentent la trahison à plein nez.” Insistant pour que le gouvernement respecte le droit des députés de se prononcer sur le principe du bill, M Lesage a lancé ("est ce droit que nous réclamons et nous n avons pas l’intention de nous le laisser ravir parce qu’à l’intérieur du parti ministériel, il y en a qui se sentiraient plus à l’aise dans le MIS.” M.Gérin-Lajoie "Je suis profondément convaincu.a dit pour sa part M F’aul Gérin-Lajoie, que tout délai dans I étude et dans la disposition du bill 85 est une source de prolongation de cette situation troublante dans laquelle se trouve actuellement la population de la province de Québec ’’ L’ex-nunistre de l’éducation a ajouté qu’à la suite des événements des derniers jours, l'on était en droit d’entretenir les plus grands doutes’ sur les intentions réelles du gouvernement Le gouvernement parraine-t-il vraiment encore ce projet de loi ou serait-il tout disposé à le mettre complètement de côté après la présente session, à la suite d'études en comité?Nous n’en savons rien ’’ Rappelant les déclarations selon lesquelles le bill visait d’abord à résoudre des situations semblables à celle qui se pose à St-Léonard, depuis le printemps dernier, le député de Vaudreuil-Soulanges a dit qu’il s’opposait de façon véhé- Voir page 2 : Lesage ¦ au gré du temps Le fidèle castor lorsqu’on est aux prises avec les tourments les plus pénibles de l’hiver, on se plaît à penser que l’être qui a su singulièrement s’adapter au climat canadien, c’est la marmotte Ce rongeur pour n’avoir pas à faire la distinction entre connaître et comprendre a choisi de régler les problèmes de la mauvaise saison en s’en retranchant le Léthé qui lui fait oublier le temps, ses maux et ses plai sirs, c’est le sommeil.Elle ne sait du Canada que son visage coloré et tiède.Mais c’est le castor qui a été choisi comme emblème, lui qui refuse d'oublier jusqu’à l'oubli même, se plongeant au coeur glacé des problèmes.A-t il tort ou a-t-il raison de préférer l'affrontement aux délices ouatées de l'hibernation?Doit-on l imiter?on se le demandait hier alors que soufflait le blizzard.Louis-Martin TARD É 2 • Le Devoir, lundi, 16 décembre 1968 suites de la première page CARDINAL qui pourraient se poser à-l'avenir." Pour sa part, le secrétaire de la province, M Rémi Paul, a pris exemple de la décision d'Ottawa d’ajourner l’étude du bill sur les langues, pour dire "Lorsqu'il s'agit des minorités ou des majorités, nous n’avons pas le droit de sacrifier les droits de l’un ou l'autre des groupes ’ Il a ajouté que le gouvernement ne pouvait prendre la fin de la session comme échéance, parce que "le droit des langues est trop sacré pour que nous ne prenions pas le temps de communier avec le peuple, de connaître ses besoins, ses aspirations, et lui donner une législation qui puisse sauvegarder ses droits non pas seulement dans l'immédiat mais pour des générations à venir M René Lévesque De son côté, le président du Parti québécois a dit que dans cette atmosphère de tension et d’absurdité" où baigne le Parlement depuis quelques jours, la motion de renvoi était devenue indispensable.Le gouvernement s'est rendu compte in extremis de la gravité possible de la situation et de la fragilité du lien nous pouvons presque dire du fil - tendu à craquer qui demeurait entre lui et trop de Québécois.” Le député indépendant de Laurier est convaincu que.derrière une stratégie de fin de session, l'opposition libérale a aussi le sentiment qu'une étude immédiate sur le principe du bill "n’aurait pu être qu'à la fois hautement passionnelle et hautement partisan".Un débat aussi crucial, dit-il, ne peut être mené à bien en quelques jours, dans la bousculade." A part cela, comment croire pouvoir réussir un tel tour de force sur un projet de loi lui-même trop évidemment rédigé à la vapeur et dans une pagaille assez dangereuse du cabinet et du caucus min^rieD" VIETNAM dans une embuscade, sur une rivière du delta, à environ 30 milles au nord-ouest de Saigon, ont été blessés Près de la frontière cambodgienne, à l'ouest de la capitale, des troupes aéroportées sud-vietnamiennes ont été attaquées dès leur descente d'hélicoptère Des renforts ont été amenés, et après un combat de plusieurs heures, les Nord-Vietnamiens se sont retirés en laissant, a déclaré un porte-parole.38 cadavres sur le terrain, tandis que les gouvernementaux ne subissaient que des pertes “légères".Enfin, au nord de Tay Ninh.les équipages d'hélicoptères armés américains, ont tiré sur un groupe de 30 ennemis, en tuant une vingtaine Enfin, à Paris, on a confirmé samedi que la délégation du Front national de libération du Sud-Vietnam à la conférence à quatre sur le Vietnam, conduite par M.Iran Buu Kiem.membre du praesidium du comité central et président de la commission des relations extérieures du comité central du Front national dé libération arrivera par avion spécial à l'aéroport du Bourget cet a-près-midi à 17h40 BRÉSIL ment considère n'ètre pas mis en cause.Aucune décision n'a encore été prise à l'encontre du clergé et nul ne sait pour T instant ce qu'il adviendra des trois prêtres français dont on laissait entendre, il y a quelques jours, qu'ils seraient expulsés S’attaquer au clergé sera la tâche la plus difficile du maréchale Costa e Silva.Le clergé brésilien, y compris une partie des évêques, est un élément presque révolutionnaire qui réclame avec vigueur des mesures sociales propres à remédier à la misère souvent atroce des paysans et aussi des habitants des faubourgs misérables des grandes villes Toutefois, le clergé est divisé et une autre fraction de l'épiscopat fidèle à l’ordre établi, défend des thèses conservatrices.L’apathie de la peculation devant les événements de ces dernières heures, frappe tous les observateurs qui ont pu sortir du Brésil depuis samedi Il serait cependant imprudent d'en tirer une conclusion définitive car il faut se rappeler qu'à l’appel des étudiants.100,000 personnes avaient manifesté pacifiquement il y a quelques mois dans les rues de Rio de Janeiro.Plusieurs prêtres ouvriers étrangers, dont deux français, dont on ignore l'identité, auraient été arrêtés samedi aux environs de Santos et de Sao Paulo, selon des informations parvenues hier à Sao Paulo.D'autre part à la liste des artistes détenus, vient s'ajouter, selon une source proche du ministère de l'intérieur, le nom de Francisco Buarque Molanda.auteur de la chanson "Te Sabia", qui avait gagné le prix du festival international de la chanson en 1968.De même, le poète musicien.Geraldo Vandre, qui avait obtenu le second prix, a été appréhendé.Sa chanson "Caminhando" avait été inter- L’exotisme vous tropical et le menu met en i Réservations pa téléphone à 842 r tropical - ^ ^ KolVTlU -HÔTEL SHERATON MT-ROY AL «il* */ e '".40 V«%v* i S"1 ; * ,e^0P°^a ^st'^e'"ede JEUNES fILLES! JEUNES CENS! qui désirez vous faire de l'argent de poche LE DEVOIR a besoin de vous Si vous avez de 10 à 16 ans et si vous résidez dans les secteurs suivants : NOTRE-DAME-DE-GRÀCE - WESTMOUNT Communiquez sons farder arec s MME H.F.SENEZ - 484*630$ dite par 1 armée mais elle connaissait toujours un vif succès dans les milieux d'opposition des villes et des campagnes Dans l'ensemble, on considère cependant que le rythme des arrestations a diminué sensiblement dans la journée d’hier Les communistes essaient de détruire les structures politiques et sociales du Brésil en employant des techniques révolutionnaires, a affirmé samedi le général José de Araujo Rabelo Pinto commandant de l’école de perfectionnement pour officiers.Dans un discours prononcé à l'occasion d’une remise de diplômes aux élèves de cette école et dont le texte a été publié hier, le général a déclaré "Le fait que des religieux se disent partisans du communisme qui prétend détruire la religion est une contradiction et une aberration"."Le communisme, a-t-il poursuivi, est en train de développer la guerre révolutionnaire dans notre pays pour tenter de prendre le pouvoir, en s'infiltrant dans nos foyers, nos collèges, nos universités, notre clergé et nos organisations militaires" "Pour que la sécurité nationale soit maintenue, il est nécessaire et indispensable que nous gardions allumée la flamme de la révolution de mars 1964".a conclu le général Pinto.De son côté, le général Au-relio de Lira Tavares, ministre de l'armée, a affirmé que l’armée était unie dans la lutte contre la subversion et il a souligné "Punité d'esprit et la solidarité de tous les membres de l'armée devant la montée des offenses dirigées contre notre institution militaire dont la cohésion constitue le facteur essentiel pour la défense de la démocratie brésilienne".LESAGE mente a ce que de nouveaux délais soient imposés avant d'en arriver à une solution M Genn-Lajoie a conclu que le gouvernement avait démissionne Qu'on renvoie ce projet de loi.à I heure actuelle.avant deuxième lecture, à un comité pour entendre tous les intéressés eh bien, cela est l'équivalent, de la part du gouvernement, d'une démission devant le projet de loi.dans le sens suivant le gouvernement donne très nettement l'impression qu il se dissocie du projet de loi.qu il s'agit dans ce cas-ci.bill 85.d un projet de loi hérité d'un autre gouvernement et que le nouveau gouvernement veut le déférer à un comité pour entendre tout le monde s'exprimer et.au besoin, rejeter le projet de loi présenté en cette Chambre par un ancien gouvernement.par un ancien premier ministre.pencher et à engager dans un esprit d’entente leurs ressources humaines et matérielles Le Canada, en ce qui le concerne, est déterminé à entreprendre et à réussir un grand effort de rénovation et d'affirmation nationale en parachevant chez lui, sur l’étendue de son territoire, le rayonnement de la civilisation française.Monsieur le Président, c'est le message qu'aujourd'hui en assumant les fonctions d'ambassadeur de mon pays, j’ai l'honneur de vous tranmet-tre de la part du peuple canadien et de mon gouvernement En ce faisant, monsieur le président, j'ose espérer que, digne de votre confiance et méritant votre estime, je serai en mesure de me faire auprès de vous l'interprète fidèle des aspirations de mon pays." Réactions Les interprétations auxquelles l'allocution du président de Gaulle a prêté en fin de semaine sont contradictoires Certaines dépêches d agence veulent y voir une déclaration d'hostilité envers le Canada.Ainsi, pour Dimanche-Matin .qui s alimente à l agence United Press International.De Gaulle enguirlande le nouvel ambassadeur du Canada à Pans".Le même journal, sur la foi de la dépêche de U PI.titre a l'intérieur: "Le gouvernement d'Ottawa est discriminatoire envers les Français canadiens".phrase reproduite entre guillemets, comme si le général l avait effectivement prononcée.ce qui.naturellement, n'est pas le cas Pour France-Presse, le général de Gaulle "a ainsi défini une nouvelle position vis-à-vis du problème canadien pour lui.il existe deux nations au Canada, les Français et les Anglophones " Citant des "observateurs".France-Presse écrit encore: Le général de Gaulle pose deux conditions principales à révolution du Canada l égalité entre les Français et les Anglophones et le respect de ce qui les distingue Ces conditions posées, il laisse au Canada le soin de trouver la formule union de deux nations ou confédération, plutôt que fédération - qui permettra de la réaliser ' Pour l'agence Presse Canadienne".qui s'en remet aussi aux "observateurs '.le général.par cette allocution, "a semblé tempérer son attitude séparatiste".En réalité, si l'on se reporte aux déclarations et discours du président depuis juillet 1967.il n'est rien dans l’allocution de samedi qui révèle un changement de position ou dât-titude à l égard du Québec et du problème canadien Mais on aura remarqué deux aspects particuliers: 1) le général ne souhaite "certainement pas" que se développent des griefs et des querelles entre "les deux nations” du Canada; 2) le ton de l'allocution est plutôt bienveillant.Quant au fond la substance reste la même Déjà, à Québec, à l'issue du dîner offert en son honneur par M Daniel Johnson, le 23 juillet 1967.le général avait évoqué “ce que les Français d’ici, une fois devenus maîtres d eux-mêmes, auront à faire pour organiser en conjonction avec les autres Canadiens les moyens de sauvegarder leur substance et leur indépendance au contact de l'Etat colossal qu’est leur voisin." APOLLO ce cachée de la lune, à survoler, entre autres pics escarpés dantesques, le mont d'Alembert.Ils pourront dire alors si le satellite naturel de la terre est effectivement une masse de basalte "gris sombre" sous un "ciel noir empli d’étoiles", comme le croit Wemer von Braun, "père" de la fusée géante Sgtume 5 grâce à laquelle ils auront effectué cette fulgurante ascension de 220.000 milles.BARRETTE travaillées par la dissension Il avait démissionné avec fracas en accusant le grand argentier de PUN.M.Gérald Martineau, et ceux de son entourage, de lui avoir refusé la confiance sans laquelle tout redressement lui paraissait impossible En réalité, M Barrette n'avait jamais été sérieusement consulté quant à la gestion et à l'usage des fonds électoraux du parti Sorti de l'école à l’âge de 14 ans.M Barrette était autodidacte, et fier de l'être Il lisait beaucoup et affectionnait les belles reliures Il aimait s’entretenir longuement au coin du feu.dans 'a maison de Joliette.avec des personnalités qu il invitait parfois à le visiter.La conversation ne portait pas seulement sur la politique.mais aussi sur l'histoire.sur la littérature, sur lart.CARRIÈRES ET PROFESSIONS CONTRÔLEUR LE CANADA Voici le texte de l’allocution de M Paul Beaulieu: "Monsieur le président, a déclaré l'ambassadeur, en vous remettant aujourd'hui les lettres m'accréditant auprès de vous et de votre gouvernement en qualité d'ambassadeur du Canada, j’ai pleinement conscience de l'honneur que m'est fait et des responsabilités qui m’échoient.Je le suis d’autant plus que le Canada et la France, pays fraternels en temps de guerre comme en temps de paix, sont étroitement liés par leur passé, par leur présent et par leur avenir."C’est la France qui a exploré.peuplé et ouvert à la civilisation une grande partie du pays canadien La présence au Canada de plus de six millions de Canadiens d'origine française en est un témoignage éclatant Cependant, ( histoire et la géographie ont fait que le Canada s'est trouvé pendant un certain temps isolé des grands courants de l'esprit français."Ces temps, Monsieur le Président, sont à jamais révolus.Notre pays se proclame en entier ouvert à la vie française et entend devenir pour elle, dans les immensités géographiques et humaines de l’Amérique du Nord, un.milieu par-ticulièrement favorable, une terre d'élection qui garde encore.d'un océan à l'autre, l’empreinte des premiers explorateurs français "L’avenir, j'en suis sûr, ouvre de vastes perspectives pour nos rapports.^C’est sur les immenses richesses de cet avenir que dès maintenant nos deux pays sont appelés à se ARCHITECTES BEAULIEU, LAMBERT TREMBLAY ««CMiitcres J«*0 C d> la CM* as où le service sera té lébté à 19b Et de rie*«i per Jeceve* H«ter WH STOCNIS.WONTM»! VI en» I rial Le Devoir, lundi.1 6 décembre 1 968 Le mémoire de lo Colombie-Britannique Il est difficile de n’être pas d’accord avec plusieurs points que soulève le mémoire préparé par la Colombie-Britannique en vue de la prochaine conférence fédérale provinciale Ce mémoire, rendu public vendredi par le premier ministre W A.C.Bennett vise, en effet, dans son ensemble, à renforcer l'autonomie des provinces et à forcer le gouvernement fédéral à demeurer strictement dans les champs de compétence que la constitution lui a attribués Malheureusement, à l'instar de M.Manning.le premier ministre Bennett s'entête à nier tout droit de cité au fait français dans ce pays en dehors du Québec.Dans un geste qui confirmera nos indépendantistes dans leurs convictions, il s’oppose carrément à l'adoption du projet de loi fédéral sur les langues officielles et à l’insertion de toute garantie des droits linguistiques dans la constitution.M Bennett a certes raison de voir dans les disparités économiques que l’on constate d une région à l’autre de ce pays l'un des grands obstacles à l'unité canadienne.Mais il se fait grandement illusion quand il croit que les objections du Canada français au fédéralisme actuel tiennent d’abord et avant tout à des motifs d’ordre financier Heureusement que des hommes comme lui et M.Manning ne sont pas étemels et qu'on a de sérieuses raisons de penser qu’ils ne sont pas très représentatifs de l'opinion éclairée d une très grande partie de leurs concitoyens.Autrement, mieux vaudrait préparer dès maintenant les funérailles de la Confédération.• Le principal point du mémoire de la Colombie-Britannique sur lequel nous voulons dire notre accord est celui qui réclame la réduction du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral aux seuls champs de compétence que lui reconnaît la constitution.Le mémoire officieux du Québec, déjà rendu public également, formule d'ailleurs la même requête.(Voir Le Devoir du 10 octobre).C’est largement en vertu de ce pouvoir très général de dépenser, en effet, qu’Otta-wa a pu si souvent, dans le passé, envahir les plates-bandes des provinces.C'est un passe-partout qu’il faut absolument enlever des mains du gouvernement central.La seule restriction que l’on peut accepter ici a trait aux paiements de péréquation.Il faut que l’administration centrale puisse continuer, par ce biais, à redistribuer le plus équitablement possible la richesse de ce pays.La réforme du Sénat qu'envisage le mémoire de M.Bennett rencontre aussi les vues du Québec.Pour M.Bennett, les sénateurs devraient être nommés par les provinces de façon à faire de la Chambre haute un mécanisme cohérent de responsabilité régionale dans la législation fédérale.Ce serait une façon de permettre au Sénat de s’acquitter du rôle que les Pères de la Confédération avaient imaginé pour lui mais qu'il n'a jamais pu jouer en raison de sa composition elle-même.Un Sénat ainsi constitué pourrait, même s'il ne bénéficiait que d'un droit de veto provisoire, mettre un frein valable aux visées centralisatrices du pouvoir fédéral La proposition du même mémoire visant à réduire de dix à cinq le nombre des provinces canadiennes n’a peut-être rien de parfaitement original - elle a déjà été mise de l’avant par divers groupes ou personnalités politiques — mais il est sûrement intéressant de voir que la Colombie-Britannique la reprend à son compte.Le projet finira peut-être par triompher si les appuis continuent ainsi de se multiplier Les trois provinces de l’Ouest et les quatre de l'Atlantique, une fois regroupées, seraient nécessairement plus fortes et plus en mesure de défendre leur autonomie.Jusqu'ici, elles ont été plutôt des alliés complaisants du pouvoir central.Les provinces de l'Atlantique, en particulier, ne se sentent pas les moyens financiers d’être autonomes.Enfin, le mémoire de M Bennett réclame, à juste titre, une répartition plus claire des sources de revenus.Il voudrait que les trois grands impôts directs: l’impôt sur le revenu des particuliers, l’impôt sur les profits des sociétés et l’impôt sur les successions soient entièrement laissés aux provinces.Sans nous prononcer sur la valeur de cette proposition particulière, disons qu’il est sûr qu'on éliminerait beaucoup de confusion si l'on pouvait mieux délimiter les pouvoirs de taxation.Certes, une telle délimitation ne résoudrait pas tous les problèmes.Le contribuable appelé à payer ces divers impôts étant le même, ce qu'il verse en taxe directe doit nécessairement être pris en considération lorsqu'on veut hausser sa taxe indirecte, ou vice versa.En d’autres termes, le fait que les impôts seront mieux définis ne permettra point aux provinces ou au gouvernement central d’aller chacun leur chemin sans se soucier de l'autre.Il faudra toujours procéder à des ententes fiscales et il faudra constamment remettre celles-ci à jour selon l'évolution des besoins et des priorités sociales ou politiques.Mais, au moins, on aura fait disparaître une importante source d'anarchie.• Sur la question des droits linguistiques, par contre, M.Bennett se classe dans la catégorie de ceux qui n’ont pas encore compris que ce pays ne peut continuer de vivre que s’il accepte une forte dose de bilinguisme d'un océan à l'autre.Pour M.Bennett, la reconnaissance de la langue française en dehors du Québec aurait pour effet de faire des francophones des citoyens de seconde zone.Le premier ministre de la Colombie-Britannique estime aussi que le projet de loi Trudeau sur les langues officielles est inconstitutionnel.Il partage, en cela, les vues de son ex-collègue, M Manning, et celles de l'ancien juge Thorson.Et il est conséquent avec lui-même en refusant l'inclusion de toute garantie du genre dans une éventuelle déclaration canadienne des droits de Thomme.M.Bennett est un conservateur dans tous les sens du mot.Il craint toutes les innovations.A la conférence-provinciale de février dernier, à Ottawa, il n’a cessé de s’opposer à une proposition de M.Pearson invitant toutes les provinces à traiter leur minorité officielle comme le Québec traite la sienne.Celui qui le remplaçait aux dernières heures de la réunion n’a donné son assentiment à une version modifiée de la même proposition que parce qu’il n en avait pas saisi toute la portée.Cette version modifiée de la proposition Pearson comportait simplement l'acceptation des recommandations de la commission Laurendeau-Dunton.Or, la commission Laurendeau-Dunton avait soustrait la Colombie-Britannique à l’obligation de se déclarer bilingue et de créer chez elle des districts bilingues.Le porte-parole de M.Bennett ne se souvint que de cet aspect du rapport.Il oublia que les commissaires, par exemple, préconisent que Tes provinces autres que le Québec, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario reconnaissent l’usage du français et de l’anglais dans leurs assemblées législatives, et que ces provinces procurent à leurs minorités francophones les services appropriés en français.” Il oublia aussi que les mêmes commissaires recommandent des écoles françaises même en dehors des districts bilingues, particulièrement dans les grands centres urbains de plus de 100,-000 âmes (tels Vancouver et Victoria).Ceux qui croyaient que la Colombie-Britannique avait alors fait marche arrière doivent aujourd’hui se raviser.M.Bennett retire, en quelque sorte, une concession qu'on lui avait escamotée.La seule consolation, dans tout cela, c’est que la faiblesse des arguments du chef de la Colombie-Britannique devient de plus en plus évidente.La prétendue inconstitutionnalité du projet de loi sur les langues officielles, par exemple, n'a recruté jusqu’ici qu'une poignée de défenseurs.L’immense majorité des experts approuve, au contraire, la mesure envisagée par le premier ministre Trudeau De plus, à part quelques irréductibles de la vieille garde, ceux qui, en Colombie-Britannique, s’opposent à la reconnaissance du français se font de moins en moins nombreux.En ces derniers mois, les grands quotidiens de cette province, l’Union des municipalités, la Fédération des enseignants et quelques autres mouvements se sont, au contraire, clairement prononcés en faveur de la reconnaissance du fait français.Il convient donc, dans les circonstances, de demeurer malgré tout assez optimiste.Le déblocage est commencé.Des hommes comme M.Bennett peuvent Tentraver provisoirement, ils ne sauraient sûrement l'arrêter pour de bon.Le premier ministre de la Colombie-Britannique finira par se lasser de nager à contre-courant à moins que les électeurs de sa province ne se lassent de lui avant qu’il n’ait eu le temps de se convertir.Le véritable esprit canadien, de toute façon, finira par triompher.Vincent PRINCE —H faut répondre au téléphone, aux anglophones, aux francophones .DEUX DOCUMENTS DE L'ÉPISCOPAT CANADIEN Une prise de position sur l'avortement • Texte d’une déclaration publiée le 5 décembre par le Conseil d’administration de la Conférence catholique canadienne.Alors que les débats se poursuivent autour du projet d’amendement à la loi sur l’avortement, beaucoup de gens se demandent en core pourquoi l’épiscopat catholique du Canada a pris sur la question de l’avortement une attitude plus catégorique que sur la question de la vente des contraceptifs.Cette différence d’attitude vient du fait que l’avortement met en cause le droit sacré à la vie.Aussi.nous affirmons à nouveau qu’il n’est pas possible de faire de l’avortement une question purement personnelle, comme si dans ce cas.la vie d’une autre personne n’entrait aucunement en jeu.Ce point est déjà manifesté dans la déclaration qu’a faite en février 1968 la Conférence catholique canadienne De plus, nous voulons souligner ici que l’attitude des évêques ne peut être réduite à une prise de position dictée uniquement par des données d ordre religieux ou théologique Elle découle plutôt de notre conviction profonde que la loi et les coutumes sociales se doivent de manifester le plus grand respect pour ce bien inestimable qu’est la vie humaine, et en cette instance particulière, la vie en question ne peut s’exprimer si nous ne lui prêtons pas notre voix C’est pourquoi notre appel s'adresse avant tout à l’intelligence de tout homme préoccupé de ces valeurs primordiales Cependant, nous nous devons de rappeler aux catholiques qu'ils sont tenus de suivre l'enseignement de l'Eglise, indépendamment d une loi qui s'adresse à une société pluraliste.La loi canadienne sur l'avortement doit respecter la valeur inappréciable de toute vie humaine et susciter, en chacun, un approfondissement et non une diminution du respect de la vie Voilà dans quel sens on doit chercher le progrès de la civilisation Plusieurs pensent que des changements à la loi pourraient réduire le nombre des avortements clandestins et leurs suites désastreuses Mais 1 expérience des quelques pays, où l’on a déjà approuvé une loi semblable, montre qu’il faut plutôt craindre le contraire.Dans son rapport de décembre 1967 le comité parlementaire chargé d’ertidier la question de l’avortement reconnaissait lui-même 1 insuffisance des études et des enquêtes sur la question Au moment où le projet de loi est proposé à la Chambre des communes, ne faudrait-il pas qu’on rende public le résultat des études faites depuis cette déclaration du Comité parlementaire’’ Etant donné sa complexité, on ne peut espérer résoudre le problème de l'avortement par des solutions de facilité.Tout autre, disait la déclaration de février, est la voie que nous préconisons elle est promo tion du respect de la vie humaine à tous les stades de son développement.par l’éducation et par des lois qui soient elles-mêmes éducatrices de ce respect; elle est étude sérieuse sur la fréquence des avortements clandestins et sur les moyens à prendre pour les éliminer, elle est stimulant à la recherche médicale elle est effort concret pour mettre à la disposition des mères en difficulté les ressources de la médecine et de la psychiatrie; elle est développement d une attitude compréhensive à l'égard des mères célibataires et de leurs enfants ainsi que réponse positive à leurs besoins, elle est aide accrue au soin des maladies mentales; elle est recherche active et mise en oeuvre généreuse d’une plus adéquate politique sociale et familiale Histoire interne de la déclaration sur l'encyclique TENDANCE GÉNÉRALE EN OCCIDENT Le ralentissement de l'expansion de la recherche par Jean-Louis Lavallard PARIS (Le Monde) - Dans la plupart des pays occidentaux.la recherche scientifique est financée en grande partie par l’Etat Si la proportion des crédits publics et privés varie d’une nation à l’autre, il n’existe pas de grand pays industrialisé où la part de l’Etat ne dépasse pas la moitié quand elle n'atteint pas les deux tiers de la totalité des sommes consacrées à ces activités.Certes, un examen des seuls budgets gouvernementaux n'est pas suffisant pour se faire une idée précise du rythme de développement de la recherche dans chaque pays.Il est cependant un révélateur honnête et assez précis de son évolution.Ces budgets officiels, le fait est assez remarquable, suivent des courbes assez parallèles d'un pays à l'autre En ne considérant que les dix dernières années, on constate une première période faste où I accroissement est très rapide, dépassant généralement 10^.et atteignant même parfois 20 ou même 30%.Cette première période est maintenant suivie d'une autre où, s’il y a encore généralement progression, les taux d’augmentation atteints sont plus faibles, au point de devenu- bien souvent proches de zéro Chaque pays, bien sûr, a suivi ses propres impératifs Les évolutions ne sont donc pas strictement parallèles.Schématiquement.les Etats-Unis ont donné le ton, et les autres pays occidentaux se sont définis le plus souvent par rapport à eux, cherchant surtout à ne pas se faire submerger par la science d’outre-Atlantique Les temps de réaction ont été variables selon les caractéristiques nationales.l'Allemagne de l'Ouest, par exemple, partie plus tard dans un certain nombre de domaines (spatial et nucléaire notamment i.se trouve encore dans une phase de développement accéléré On peut chercher à cette situation des explications de deux ordres: une explication générale.liée à l’évolution de la situation économique, des explications particulières qui sont fonction de la nature même de la recherche scientifique.Il est certain que ’es difficultés actuelles du système monétaire occidental portent leur part de responsabilité dans la compression des budgets de la recherche.Tous les grands pays occidentaux: Etats-Unis, Grande-Bretagne.France, à l'exception de l’Allemagne, ont eu ces dernières années à défendre leur monnaie Ils ont.en conséquence, tous voulu réduire la demande intérieure et en particulier les dépenses gouvernementales.Or le poste de la recherche scientifique est un des plus faciles à comprimer: les effets d'un arrêt de l’expansion ou d’une stagnation dans ce domaine ne se font sentir qu'à long terme, et, sur le plan social, u est possible de réduire les crédits sans pour autant débaucher du personnel, du moins directement.Mais cette explication économique est à elle seule insuffisante.Il faut y ajouter la diminution de la pression de la compétition avec le monde socialiste Les Etats-Unis sont maintenant convaincus qu’ils sont, pour le moment du moins, les gagnants du défi que les Soviétiques leur ont lancé en mettant sur orbite, il y a un peu plus de dix ans.le premier satellite artificiel de la Terre.Mais on peut aussi se demander si un développement harmonieux de la science et de la technique ne suppose pas au-jourd hui une "pause'’ relative.Cette hypothèse trouve une amorce de confirmation dans le changement qualitatif qui s'annonce dans la répartition des crédits à l’intérieur même du budget de la recherche, La recherche fondamentale, et singulièrement celle qui est faite dans les universités, voit en effet sa part diminuer dans tous les pays.Les Anglais et les Français insistent officiellement sur la nécessité de développer le plus possible les applications La meme tendance se fait jour aux Etats-Unis, mais d’une manière moins officielle et moins apparente.Quoi qu’il en soit, cette diminution du taux de croissance de la recherche de type univer-sitaire risque de poser des problèmes graves ces prochaines années.Les difficultés sont en effet toujours amoindries dans un secteur en forte expansion.comme l’était jusqu'ici la recherche universitaire Mais elles deviennent très apparentes quand cette expansion cesse.Il est probable que l'évolution actuelle des crédits doit mener à terme à un changement de l’état d’esprit des chercheurs et au-delà à une restructuration de la recherche fondamentale.Il est également probable que cette réorganisation sera demandée par les intéressés eux-mêmes.Les perspectives de carrières des jeunes universitaires ne sont, en effet, nullement comparables aujourd'hui à celles de leurs aînés, qui ont eu la chance de pouvoir prendre des postes de responsabilités dans une période d’expansion forte où les postes étaient créés en très grand nombre De plus, un recrutement qui se restreindrait au remplacement du personnel partant de postes existants ne manquera pas, si les règles actuelles sont toujours suivies, d’entrâlner un vieillissement particulièrement préjudiciable à la bonne marche de la recherche.Deux explications principales peuvent être apportées à cette désaffection relative des gouvernements pour la recherche fondamentale de type universitaire.L'une est liée à la situation actuelle dans les universités.Il est certain que l'agitation latente des étudiants n’a rien fait pour redorer le blason des enseignants.Si la recherche elle-même n’en a pas toujours pâti, le prestige des professeurs - et par conséquent celui des chercheurs, dans la mesure où ce sont les mêmes personnes - en a souffert Et avec ce respect risquent d’être perdues un certain nombre de subventions et aides gouvernementales ou privées Ne peut- on aussi croire que les gouvernements voient d’un mauvais oeil ces milieux aussi contesta-taires et sont d'autant moins enclins à faire droit à leurs demandes de crédits?Mais surtout, on peut se demander si, dans un certain nombre de domaines où la recherche a été très active ces dernières années, le nombre des découvertes à faire n'est pas en diminution et si l'effort consenti n'a pas épuisé certains secteurs.L’histoire des sciences montre en effet que, dans chaque discipline, il y a des périodes fastes, où les découvertes sont nombreuses et importantes.et des périodes d'“hibemation'', où les progrès sont plus lents sinon inexistants.Il serait souhaitable, par exemple, que certaines équipes fort efficaces en leur temps aient le courage soit de se disperser soit de se convertir à d'autres activités.Enfin, il est également probable qu'au moins dans certains secteurs les résultats nouveaux ont été si nombreux et importants que la société dans son ensemble n’a pas encore été capable de les assimiler Il existe en effet, dans le domaine économique, un optimum de renouvellement des techniques, et aller trop vite peut parfois être économiquement néfaste.Cette idée, qui est de plus en plus répandue à propos des pays sous-développés, n’a aucune raison de ne pas être valable aussi, dans une certaine mesure, pour les pays industrialisés.C’est ainsi que la vitesse à laquelle se succèdent les générations de calculateurs est un exemple frappant.Constructeurs et utilisateurs s'essoufflent à en suivre les progrès presque quotidiens.Chacun espère que le temps où la technique se stabilisera n’est pas trop éloigné Or il est évident qu’une recherche fondamentale bien conduite peut (et doit) entraîner des applications.¦ Pensées pour notre temps La clé de l’enseignement de demain est dans la réforme de la société "Disons aux éducateurs que noqs voulons des hommes, ayant choisi l'imagination et le mouvement; ayant le goût du risque et de la responsabilité, capables de travailler en équipe; susceptibles de mettre constamment en cause les classements, les habitudes, les structures, les droits acquis ; plus soucieux de connaissance que de diplôme, de progrès que de possession, hostiles aux castes mais respectueux des hiérarchies, formés au débat et non aux discours; ayant le respect du fait, se défiant des catégories; peu soumis à l’Etat mais respectueux de ses exigences fondamentales , soucieux de 1 unité nationale mais ouverts à la construction de l’Europe et à la présence du monde.(Extrait du “Plan National d’Education Permanente" présenté par M.Edgard Pisani.ancien ministre et député U.D., Sème République, France, Bulletin Hommes et Citoyens, mars 1968).• Dans un geste Inusité, le Conseil d'administration de la Conférence catholique canadienne publiait ces jours derniers un texte louant, en particulier, la presse de la façon dont celle-ci présenta et expliqua au public la déclaration de la CGC sur Humanae vitae, publiée le 28 septembre Le dernier texte des évêques contient une description intéressante de la manière dont se déroulèrent les délibérations lors de leur rencontre historique tenue à Winnipeg à la fin de septembre.Voici cette partie du texte.(.) Plusieurs nous ont demandé en maintes occasions, comment nous avions pu en venir honnêtement à cette unité de pensée et de position qui a marqué notre réunion de Winnipeg et notre déclaration au sujet de l'encyclique Humanae Vitae.En considérant notre épiscopat de l’extérieur, on pouvait difficilement s attendre à cela II y a, en effet, au Canada une centaine d’évêques qui dans leur ensemble représentent toute la gamme des ré-acüons humaines, des personnali tés.des âges et des tempéraments De plus, notre pays est un pays vaste et aux aspects divers Les conditions locales et les points de vue y sont nécessairement différents et.forcément, très variés Il y a aussi dans l’épiscopat canadien une situation originale qui pourrait être considérée par les personnes mal informées comme un facteur de division Nous voulons parler de cette situation particulière qui est celle d’un pays bilingue ou l’Eglise est régie par des évêques de culture française ou de culture anglaise A notre époque de courants d'opinions contradictoires et de conflits politiques et religieux, il semblerait que ce fait soit de nature à rendre la situation difficile à vivre sinon explosive Et pourtant, notre réunion a été extraordinaire d’unité et d'entente.Laisser entendre qu’en aucun moment de la rencontre il n'y a eu de divergence d opinions serait non seulement naif et malhonnête mais une insulte à la vérité Les participants étaient tous des hommes aux vues claires et nette, animés d’un amour ardent de l’Eglise et de tout ce que ! Eglise représente, y compris ces aspects mystérieux et toujours en évolution qui ne sont pas toujours envisagés par tout le monde sous le même angle Dans la formulation de cette loyauté à l'égard de l’Eglise et l’expression de notre souci pastoral au sujet d'une question extrêmement difficile.il n était pas probable que nous puissions trouver une formule toute faite pour exprimer notre opinion globale.Et cependant, le fait demeure acquis que.contrairement au reportage dramatique qu'en a fait un article.un seul à notre connaissance, il n’y a pas eu de camps hostiles pas de tension digne de mention Ce qu’il y a eu.c’est du travail sérieux, et d’honnêtes divergences de vues jusqu'à ce qu’on eût trouvé une formule acceptable Mais il n’y a pas eu d'affrontements, pas de recours à l’Assemblée, pas d'oppositions de blocs inconciliables voilà les faits dans toute leur simplicité Nous n avons pas l’intention de rédiger ici un procès-verbal de la réunion Qu’il nous suffise de dire qu à chacun des votes portant sur la substance du document, votes qui avaient pour objet l’une ou l'autre des sections, l’unanimité a été complète sauf sur un point où il y a eu six voix dissidentes contre environ soixante-dix affirmatives Il y eut un vote très serré, avec majorité d’une seule voix Encore ne s’agissait-il que d’accorder au comité de rédaction le pouvoir de retenir ou de supprimer les mots "Dans son enseignement" dans l'article 2 de la déclaration Il est intéressant de noter que le comité de rédaction jugea à propos de retenir les mots en question et que sa décision fut approuvée à 1 unanimité des voix quand le texte fut soumis à l’assemblée plénière.En conséquence, nous répétons qu’il n'y a pas eu de contestations de coulisses, ni de ces recours à la décision de l’Assemblée que chérissent les amateurs d’événements sensationnels.Sous ce rapport notre réunion a diffère beaucoup de certains débats dramatiques qui ont marqué le second concile du Vatican Nous pourrions résumer la question en disant qu’il y a eu constamment une unité de base au sein de la commission théologique Nous avons atteint cette unité non pas immédiatement mais au prix de quelque difficulté, après discussion entre nous et avec nos conseillers Les évêques eux-mêmes en sont arrivés à un consensus d'opinion aussi rapproché de l'unanimité qu’il est possible d’y atteindre en ce bas monde Nous écrivons ceci en partie pour corriger de fausses impressions et en partie pour rendre hommage aux personnes qui.grâce à leur esprit d’équipe, ont si bien accompli leur tâche à Winnipeg Nous n hésitons pas à inclure dans l'équipe, non seulement les évêques du Canada avec leurs secrétaires compétents et dévoués, mais aussi les théologiens et les experts et.non les moins méritants, les hommes et les femmes des moyens de communication N'importe lequel de ces groupes aurait pu créer une atmosphère de division Le fait que cela ne se soit pas produit est pour nous tous une source de profonde et durable satisfaction.Nous nous proposons de consacrer une bonne partie du temps de nos prochaines réunions plénières à l étude des aspects plus profonds du rôle de l Eglise dans le monde actuel.Nous croyons que c’est le désir des évêques de déléguer une plus forte partie du travail de routine à son conseil et à son comité exécutif afin de se consacrer à mieux discerner les mouvements de l'Esprit C’est dans cet Esprit, en effet, que nous trouverons toujours l'unité et l'entente qui ont caractérisé notre travail et les résultats que nous avons obtenus à l’occasion de la déclaration de l'épiscopat canadien sur l'encyclique "Humanae Vitae" LE DEVOIR f'onclé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée société à responsabilité limitée, dont le siège social est au no 434 est rue Notre Dame Montréal II est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont Inc .à 9130 rue Boivm.Ville LaSalle Seule la Presse canadienne est autorisée è employer et é diffuser les informations publiées dans Le Devoir Directeur Claude Ryon Directeur de l'information Jean Francoeur Trésorier Arthur Lefebvre TELEPHONE 844 3361 ABONNEMENTS édition quotidienne, Montréal, Québec, tévis et ban lieues 12 mois $28 00, 6 mois $15 00, 3 mois: $8 00 Ailleurs au Canada, par la poste 12 mois $25 00; 6 mois: $13 00; 3 mois $8 00 A l'étranger 12 mois $40 00, 6 mois $25 00 Edition du samedi 1 2 mois $9 00 le ministère des postes a autorisé l'affranchissement en numeraire et l'envoi de lo présente publication comme objet postal de deuxieme classe Le Devoir, lundi, 1 6 décembre 1968 • 5 des domines Plaidoyer pour des institutions supranationales 1 -Le réalisme de l'utopie par Georges Friedmann PARIS (Le Monde) Devant les désordres du monde actuel, ses maux, les dangers bien pires dont il est menacé, je ne suis pas, heureusement, le seul chez qui a mûri peu à peu cette certitude une issue ne saurait être trouvée que dans la voie d'institutions supranationales, dotées de pouvoirs juridiques, économiques, constituées pour contrôler l’emploi de l'énergie nucléaire, la production et la distribution des aliments, l'utilisation de l'espace par les satellites de télécommunication à des fins d'information, d'éducation Ces institutions sont nécessaires et réalisables.Leur instauration progressive, à l'échelle fédérale, appelle une action concertée sur les opinions publiques.une ouverture des intelligences et des sensibilités à cette nouvelle dimension d in-téjéts.de projets, d'entreprises.donc une profonde mutation pédagogique Je sais combien ce programme paraît désaccordé aux réa- " Réservez à ce vin une fin digne de sa naissance (Père Anselme) Tavel Rosé 1966 RAQ 529-fc 26 oz.$2.65 Œaiiel lités qui s'offrent à nos yeux.Nous constatons de tous côtés non un courant d'unification, mais de dissociation et d'affrontements.La faillite des Internationales ouvrières la "patrie du socialisme " devenue un empire ne reculant devant aucun moyen pour servir ses intérêts, les ex-opprimés sécrétant, dans tous les continents.de nouveaux nationalismes et.en Afnque comme ailleurs, s entredéchirant avec l aide intéressée des Grands, les Noirs aux Etats-Unis substituant à la lutte pour l intégra-tion dans la société américaine la renvendication de former une nation de plus, les nationalismes linguistiques faisant rage de la Flandre au Bengale, que d'autres exemples on pourrait citer, qui composent un sombre tableau' De bons esprits jugent que la première tâche est aujourd'hui de comprendre les raisons d'un phénomène multiple qu'aucun des grands penseurs du dix-neuvième siècle ni du nôtre n'a prévu: le comprendre d'abord, pour mieux ensuite le combattre.Mais le temps presse, et ce lent travail d'élucidation risque de n'éclairer que des ruines.Par ailleurs les utopies'’ disposent de nos jours, elles aussi, grâce au progrès scientifique et technique, de nouveaux moyens d'action pour se réaliser.Un cercle vicieux Les chiffres illustrant les étapes de la course aux armements nucléaires ont été souvent cités et.au reste, sont largement dépassés au moment où on les publie.Les spécialistes jonglent désormais avec les mégatonnes et mégamorts (un million de tués), le vocabulaire mathématique et 'tactique', les engins "‘opérationnels", les stratégies "anti-forces ", "contre-forces" ou '"contre-ressources" (ou " anti-cités" celle-ci signifiant l'attaque contre des objectifs non militaires mais démographiques’', c'est-à-dire le génocide Si l'on confronte les évaluations les plus plausibles des stocks nucléaires avec celles de la population mondiale, on constate que chaque nou-veau-né trouve aujourd'hui dans son berceau plusieurs tonnes d équivalent de T.N.T.Le B-52 américain peut en transporter une trentaine de mégatonnes.Parmi les récents progrès ", mentionnons seulement les tirs nucléaires à partir d'un sous-marin immergé et la possibilité de charges mises sur orbite, étudiée par les Soviétiques et par les Américains.Environ 180 milliards de dollars ont été dépensés pour les armements dans le monde, en 1967 En ce qui concerne l’U R S S., malgré la rareté des informations, nous savons qu elle a consacré à ASSURANCES • AUTOMOBILE • SKI DOO • FEU • VOL • RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE P.MASSE C.L.U TEL: 352-4392 ses armements en 1966, 1 e-quivalent de 135 milliards de dollars, budget vraisemblablement très nférieur à celui de 1968 Quant à la France, le budget officiel de la défense nationale (où n'apparaissent qu'en partie les crédits des recherches scientifiques orientées vers les armements) est, en 1968.de 27,623 millions de F Dans le système des souverainetés nationales, les efforts de 10 N U.vers un désarmement nucléaire ne pourraient aboutir que par l'interdiction de produire les armes et la destruction des stocks.Tant que cet exemple (c'est en fin de compte par l'exemple que les sociétés et les individus peuvent agir) n est pas donné par les grandes puissances nucléaires, l'accord sur la dissémination, dont la ratification est d'ailleurs loin d'être assurée, a très peu de chances d’être efficace L'équilibre de la terreur se maintient en absorbant des ressources fantastiques.sans lesquelles les problèmes à la fois économiques, sociaux, culturels (éducation généralisée, santé, logement, "participation", sort des personnes âgées, etc.) et avant tout ceux du "tiers monde " sont insolubles.De bien des côtés, on vante cet équilibre qui, nous dit-on.évite le pire en nous assurant un répit Les observateurs "réalistes " qui admettent la force stratégique nucléaire comme un instrument diplomatique d'une efficacité sans égale, qui acceptent de comparer le coût humain actuel (risque génétiques, pénurie de l’assistance au "tiers monde") aux avantages politiques éventuels conférés par la possession d une force nucléaire, ceux-là mêmes reconnaissent que ce calcul est fondé sur le postulat d’une jungle internationale et qu'à plus ou moins long terme, (comment le mesurer?) le danger de la catastrophe subsiste.il suffirait dans une période de crise que quelques "responsables' perdent la tète ou même de circonstances fortuites comme celles qu'imagine Bertrand Goldschmidt dans les Rivalités atomiques (Fayard, 1967): un submersible de nationalité inconnue déclenchant une guerre mondiale par une fusée, tirée du fond des mers.Les réalistes de tout bord sont en fait de permanents et rétrospectifs justificateurs des décisions qui se réclament de l'intérêt national" Ils misent sur la passivité des masses Leur système se développe dans le vide de l'opinion publique qu’ils prennent la lourde responsabilité d'entretenir Le comportement, face à la course aux armements nucléaires, de l’immense majorité des citoyens, dans la société de consommation, semble leur donner raison.En fait, il s'agit d'un cercle vicieux.au sens le plus fort du terme Le "tiers monde" et les égoïsmes nationaux Parviendra-t-on à vaincre les tabous de la souveraineté nationale pour faire face aux problèmes du "tiers monde"?Qu'on retourne ceux-ci de toutes les manières (comme La fait la deuxième conférence des Nations unies qui s'est tenue à New-Delhi du 1er février au 20 mars 1968), on ne trouve pas d’issue véritable sans briser le cadre des é-gôismes nationaux Par la détérioration des termes de l'échange, le fossé entre pays riches et pays pauvres s'élargit La différence entre leurs économies n est pas de degré mais de nature.La part des pays producteurs de biens primaires (ou matières premières) dans le commerce mondial ne cesse de se réduire.Les pays riches, u-sant de produits de synthèse et de remplacement, se passent de plus en plus des matières premières, principale ressource des pays pauvres dont les prix s'amenuisent.Le rapport de l'indice des prix à l'exportation avec celui des prix à l'importation, dans chacun des pays "sous-développés”, tend à décroître.En même temps, la population du globe augmente deux fois plus vite que les ressources alimentaires.En 1965.la F A O estimait qu'il faudrait quadrupler L'INSTITUT Di FORMATION PAR LE GROUPE INC.Offre un troisième programme annuel de formation a l'intention des cadres d'organisations.FORMATION DIS DIRIGEANTS AU TRAVAIL D'ÈQUIPi DANS L'ENTREPRISE DATES: 1ère partie: du 2 au 8 février 1969 2e partie: du 13 au 19 avril 1969 Ces sessions son* organisées par I Institut de Formation par le Groupe L'I.F.G.est un organisme composé de psychologues sociaux professionnels; il se specialise dans l'entrainement et la consultation en relations humaines appliquées au travail et a l'action de groupe Ces sessions s'adressent à toutes les personnes qui, travaillant au sein d'une organisation sentent la nécessité de perfectionner leurs relations avec les autres et leur efficacité dans le travail de groupe.Ce* ***»iont ont lè#u à l'Institut Coopératif Detford”1* Lévis Renseignements : INSTITUT DT FORMATION PAR LE GROUPE INC.3600 av« Barclay, 420.MU t«l 733 3171 — 733 3172 MEMBRES DE L I E.G.responsables de ces sessions Aline Fortin, L.Ps.membre associe des National Training laboratories; Yvon Tellier, Ph.D., professeur de psychologie au Collège Sainte Marie et membre associe des National Training Laboratories Roger Tessier.Ph .D professeur de psychologie à l'Université de Montréal ceux-ci, synchrones et disposant d'émetteurs de puissance moyenne, étaient encore dépendants de relais Ils ont permis des échanges de programmes par-dessus l'Atlantique, les belles réalisations de "mondovision" et considérablement accru la quantité commune d'informations qui peut circuler à travers de grandes distances.Ils pourraient d'ores et déjà.à l aide d'ententes internationales.constituer un support efficace pour des systèmes d'éducation fondamentale et aider à résoudre les problèmes du "tiers monde": en particulier l'éducation agricole des masses et le contrôle des naissances.Par exemple, un programme fondé sur les nouveaux moyens techniques et coordonné entre l'Inde, les Etats-Unis et la France serait de loin plus efficace que l'aide classique, dispensée depuis des années, et qui n'a pas empêché la situation de s'aggraver dans le sous-continent indien Mais le “second âge" des satellites, où nous sommes en trente-cinq ans le total des près d'entrer, va rendre inutile.par des transmetteurs à grande puissance, le relais des réseaux nationaux, et susciter des difficultés insurmontables sans une autorité supranationale Qui pourra empêcher une nation, exerçant un droit souverain sur son satellite, de submerger de ses informations.de sa propagande, les collectivités et les individus d'une autre nation en corres- ressources alimentaires dans les pays du "tiers monde" pour que leurs habitants disposent d'une ration minimale, suffisante en calories La famine, mal endémique dans ITnde.le Pakistan, le Nordes-te brésilien, risque de gagner l'Egypte, la Turquie, une partie de l'Afrique et bien d'autres régions du globe Les années qui nous séparent de l'an 2000 seront parmi les plus critiques dans l'histoire de l'espèce Des économistes, qui ont étudié ces problèmes, préconisent une succession de plans d'au moins cinq ans permettant au gouvernement d'une nation "sous-développée" de déterminer, par priorité, les points où s'appliquerait son action.Mais comment de telles entreprises, qui exigent une industrialisation "en profondeur", la création d'un "milieu industriel”.comprenant un important contingent de cadres, seraient-elles réalisées par cette nation, abandonnée à ses seules ressources en équipement et en substance grise?Il y faut la solidarité des pays riches, consacrant une large part de leurs moyens à une aide technique adaptée, désintéressée (respectant la personnalité et l 'indépendance du pays qui en est le bénéficiaire), nécessairement coordonnée dans une première étape à Léchel-le régionale, changeant, à travers l'éducation, les infrastructures, formant des cadres prêts à s implanter, non à émigrer, aide technique qui.loin de gaspiller de prérieu ses ressources en armements pour adjuger aux fournisseurs des pions sur l'échiquier de leur stratégie et de leur puissance, serait tout entière orientée vers des fins pacifiques.Comment supprimer le scandale des surplus agricoles dans les pays riches, les affecter aux besoins les plus pressants des pays pauvres sans une autorité supranationale, capable de penser et organiser à l'échelle mondiale l'assistance au "tiers monde’9 Des séjours répétés dans diverses zones "sous-dévelop-pees" (surtout en Amérique latine) m ont convaincu qu il n’existe pas d’autre issue pacifique: nous abandonnons à certains “réalistes ' la solution de la guerre pour résoudre.plus sûrement que par la famine, les problèmes suscités par l'explosion démographique dans le "tiers monde" Satellites et information de base Au cours du "premier âge” des satellites, du type Intelsat pondant directement avec les usagers de récepteurs de télévision?La planete risque d’être soumise à une "guerre des satellites" à côté de laquelle la "guerre des ondes", même à ses moments les plus intenses, serait dérisoire La propriété des satellites, leur contrôle, l'élaboration d'un programme coordonne d'information : ces problèmes proches de nous ne peuvent même pas être sérieusement abordés dans la jungle des souverainetés nationales De tous côtés, et jusque dans l’espace, le progrès technique fait éclater des cadres, traditions et institutions millénaires.Attendre une nouvelle guerre?La tendance vers des institutions supranationales dans une fédération de nations autonomes se heurte à la résistance des Etats, du côté aussi bien des pays “socialistes que des pays capitalistes.Défendre le projet d'institutions supranationales, c'est aussi se heurter d emblée, dans l'opinion courante, aux objections de sceptiques, de suiveurs, de fatalistes, de réalistes" de tous bords et de toutes nuances, de tous ceux qui crient à F" utopie" on invoque, avant tout, la " na turc humaine ", l'éternelle et universelle agressivité (un des postulats du freudisme, aujourd’hui très discuté par les ethnologues) et.d'autre part, firréductibie opposition des nations à abdiquer une part importante de leur souveraineté dans des institutions fédérales à l’échelle mondiale Les réalistes le sont beaucoup moins qu'ils ne le pensent, en fonction des réalités nouvelles, des menaces et des promesses quelles comportent.Pour la première fois, une guerre menée avec tous les moyens techniques que les nations souveraines se sont donnés peut signifier le suicide de l'espèce Les avocats de l'équilibre de la terreur, y compris les plus décidés, ne nient pas sa précarité Par ailleurs, à travers mille tâtonnements.avances reculs, obstacles (dont la politique gaullienne, que semble n'avoir pas changée la grande crise de mai 1968 n'est pas le moindrei, l’amorce d'institutions supranationales existe en Europe sur le plan économique grâce aux trois communautés récemment unifiées par la fusion de leurs exécutifs.Il y a quelques décennies les réalistes n'auraient pas admis la possibilité de faire fonctionner de tels organismes.ni même celle d un Marché commun des Six auquel dès maintenant, d'autres pavs d'Europe continentale et la Grande-Bretagne tendent à s'associer.Le plan Schuman-Monnet de 1950 aboutissant l'année suivante à la creation de la C E C A .a cons titué une étape importante, une innovation absolue, en sanctionnant le retrait d'industries de base (aciéries, charbonnagesi d'un contexte purement national, en précisant aussi que dans I accomplissement de leurs devoirs les membres de la Haute Au torité s'abstiennent de tout acte incompatible avec le caractère supranational de leur fonction Chaque Etat membre s'engage à respecter ce caractère supranational et ,i ne pas chercher à influencer les membres de la Haute Autorité dans l'exécution de leurs tâches” (1 ) Pour obtenir la Société des nations et la Cour de La Haye, il a fallu une guerre mondiale Pour poser les premiers fondements de l'Europe, il en a fallu une autre.On ne peut attendre "la prochai ne” pour établir des institutions supranationales Ce sera trop tard Demain Préparer l’esprit et le coeur i?fï Hughes Ménard .7 38 2- St-Louis Roberts (4 « Srhock ' 15 31 Punitions Joyal (0 11), Fiait et Picard ($0:00).Troisième période 3- St-Louis Ecclestone (3' i McDonald B Plager > 2 16 4- St Louis Roberta (5) (Keenan B Plager 11 55 Punitions Irvtne double mineure Roberts double mineure Partie remise "because" tempête ! A cause de la tempête de neige qui, hier, a peut-être plus paralysé la Vieille Capitale que la métropole, la joute de hockey que le Providence et les As de Québec devaient se disputer au Colisée de Québec a été remise à plus tard.visitez 'Design Canada' VOYEZ L'EXPOSITION "DESIGN CADEAUX’ PRÉSENTÉE JUSQU'AU 4 JANVIER Vous y verrez de beaux objets aussi fonctionnels qu'agréables à regarder.CENTRE DESIGN CANADA', Place Bonaventura ouvert tous les jours do 10H30 à 18h sauf Is dimanch# Sous les auspices du Conseil netlonel de l'esthétique industrielle, ministé a de I Industrie du Canada 10 • Le Devoir, lundi, 1 6 décembre 1 968 arts et spectacles Une exposition Luis Feito au Musée d'art contemporain Le Musée d'art contemporain exposera du 19 décembre au 16 février, une exposition intitulée "Luis Feito 1953-1968 Alors que dès le début du 20e siècle, l'art en Europe s’engageait dans une voie qui le mènerait à l'abstraction.l'Espagne depuis la guerre civile, se trouvait coupée de ce formidable mouvement de libération esthétique II faut attendre 1948 pour déceler à Barcelone, un premier signe de vie avec un groupe d'artistes, autour du peintre Juan-José Tharrats qui fonda et anima une revue intitulée "Daul al Set", titre qui signifie littéralement la septième face du dé" Emprunté à André Breton.ce mouvement est nettement d'inspiration surréaliste.A Madrid, le renouveau plastique ne se fait sentir que vers 1955 avec le groupe El Paso" qui signifie “l'escalier", inspiré du critique Michel Tapié et "l'art autre".Ce titre a été choisi parce qu'il implique la notion "un pas vers autre chose" Le groupe est constitué principalement des peintres Millares.Saura et Feito.L'exposition présentée au Musée d'art contemporain groupe en une cinquantaine d'oeuvres l'évolution de cet artiste, depuis ses premières oeuvres très dessinees de 1953 jusqu'à ses dyptiques monumentaux de 1968 où seules des taches de couleurs violentes éclatent sur des fonds uniformes.La pianiste belge Nadia Strycek donnera un récital, ce soir au théâtre Port Royal â 20H 30.dans le cadre de la série internationale du centre des Jeunesses Musicales de Montréal.Le programme comprendra des oeuvres d'Haydn, Schubert.Chopin, Debussy, Jongen et Stravinsky Szanto, A noter: certaines oeuvres seront commentées par la musicologue Andrée Desautels dés 20H Le bruit de la ville BOURSES Le Conseil des arts du Canada a décerné, à la suite de ses derniers concours, des bourses d'études postdoctorales et des bourses de travail libre dans le domaine des sciences sociales et des humanités.Les boursiers, au nombre de 205 (parmi un total de 357 candidats), se partageront une somme d'environ $1,500.000 Les bourses préfectorales (d'une valeur maximum de $8,000 ) s'adressent aux universitaires qui ont obtenu leur doctorat au cours des dernières années et qui désirent élargir le champ de leur expérience.Les bourses de travail libre ont pour objet de permettre aux professeurs d’université de mettre à profit un congé d'étude, pour faire de la recherche indépendante ou d'autres travaux propres à faire avancer leur spécialité.Elles sont de $7,000 au maximum THEATRE: Une entente est intervenue entre Geneviève Bujold et le T\M pour le rôle de Oeopâtre dans "Cesar et Cléopâtre" de Bernard Shaw.pièce qu'on doit présenter au cours de la saison 69-70.Ce rôle marquera la rentrée de Geneviève Bujold au théâtre.PERSONNALITE: L'actrice Tallulah Bankhead est décédée à New York à la suite d'une mauvaise grippe: elle était âgée de 65 ans.Son con-conformisme.ses opinions bien tranchées, son goût pour la conversation avaient fait d'elle une personnalité recherchée à la scène.Horaire des théâtres CENTRE Dl THEATRE D AUOI RD HU L ecote des bou/fons de Chelderode tous les soin a 20h 30; relàdie hindi COMEDIE-CANADIENNE Pauvre Amour' de Marcei Du be 20h 30 Relàrhe le lundi i LE PATRIOTE Eva a 21b et 23h LE PATRIOTE A CLEMENCE La grosse tête revue satirique et musicale THEATRE DE QL’ATSOUS Peuple à genou* 20h 30 THEATRE Dl RIDEAU VERT Les pos ten comédie-musicale 20h 30 PLACE DES ARTS THEATRE WILFRID-PELLETIER: relâche THEATRE MAISONNEUVE relâche THEATRE PORT-ROYAL Le- J AI ( présentent la peantsle Nadia Strycek itth Horaire des cinémas EN LANGUE FRANÇAISE XIjOI FTTI.U Docteur Jivatn 1 I» 4 30 8.00 AMHERST Les Playgirb et ia Chasse aux filles ATM ATER ‘ Vivre pour vivre' BIJOU Les Vierges' et Mission Suicide a Singapour BON A VENTURE leos Oiseaux vont mourir au Pérou 1 05 - 3 00 5 00 - 7 00 i# 00 Sam 11,15» C ANADIEN l.e Miracle de 1 amour 2 40 6 2t* 10 00 • Coplan sauve sa peau 12 30 4 15 - 8 00 CINEMA j Le vieil homme el 1 enfaa: ~ 30 S .10 - Dim i ,30 • 5 30 - 9 30 CHAMPLAIN - Evasion sur commande et Violence a Jénrho CHATEAU - » Voir Amherst; CINEMA DE PARIS Le grand Meaulnes 1 30 3 30 5 30 7 30 9.30 CRHMAZIE t Voir Champlain < • DAI PHI N Salle Renoir Baisers volés 7 30 9 30 - sam et don 1 30 - 3 30 5 30 7 30 9 30 DAUPHIN Nailt McLaren Vivre pour vivre - 7 30 9 30 sam et dim 12 45 2 50 - 5 05 - 7 30 9 30 ELEC TR A la Curée et Cacino Royale PLEURS DE LYS I,e grand Meaulnes 1 30 3 30 7 30 9 30 FRANÇ AIS - Caroline Cherte' et Sexy ' GRANADA Voir Français JEAN-TALON Les grandes vacances' .8.30 9 50 Son seul amour 8 10 U DO f Ville de lava/- Une femme mariée 6 40 9 50 La peau douce 8 20 MAISONNEUVE Les grandes vacances 5 30 9 50 Son seul amour 8 10 MERCI ER ( Voir Electra MIDI MINCIT Comment les séduire et Suxaone PAPINEAl La Petite vertu PARISIEN Mademoiselle le Chevalier de Mauphin 10 05 12.15 2 25 4 30 P1GAI.LE Voir MidéMinuit» PLAZA Le Miracle de I amour 2 40 6 20 10 00 Coplan sauve sa peau 12 30 4 15 8 00 RIT'/, lat 4e Sexe et 1ÜD Prisonniers du plaisir RTVOIJ Autanl en emporté le vent soirs a 8 Oü matinées sam et mer 2 00 T DENIS (Voir Bijou» EN LANGUE ANGLAISE AVENUE Rachel.Rachel 1 05 .105 5 05 7 15 9 25 VTLLERAY .Voir Electra CAPITOL The Split CINEMA IMPERIAL ice Station Zebra 8 30 du lundi au samedi 7 30 dim 2 00 mere sam dim CINEMA WESTMOUM >01 \RE I love you Alice B Toklas ELYSEE Salle Eisenstein Faist&ff 7 30 9.30 Sam et dim 130 3 30 5 30 7 30 9 30 GUY The War Game 100 - 3 45 - 6 10 8 45 Privilege !! 50 • 1 45 4 25 7 00-9 35 KENT Thunderball et From Russia with I-ove VERDI Tom Jones 9 30 Zorbt the Greek -7 10 LOEW’S Anyone t an play PALACE Thunderball et From Russia with love" PLACE DU CANADA Funny Girl 2 00 8 15 PLACE MLLE MARIE Grande salle-The Graduate 1 15 3 15 5 15 7 15 •9.15 SEVILLE Romeo and Juliet des 1 00 SVIWDON Doctor Zrvago 1 00 4 30 800 VAN HORNE The bank Dick el Never Give a Sucker an Even Break WKSTMOCNT Hot Million; 155 3 30 5 30 7 20 9 25 YORK The Bliss of Mrs Blossom’ ET AUTRES LANGUES Hébreux ou ytddfeh.v.-».angl et fr ART CINEMA Ervmka l 15 3 15 515-715 9 15.Japonais x t aoglau VENDOME The House of Sleeping Vir gins 12 45 2 50 5 00 - 7 15 9 10 Japonaix.s l fraiH.ai^ FESTIVAL Onibaba 7 30 9 30 - dim ' 130 3 30 5 30 7 30 9 00 Japonais.% l anglais SAI-LE HL.KM ES Onibaba 8 00 10 00 dim 2 00 4
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