Le devoir, 15 novembre 1979, jeudi 15 novembre 1979
DEVC “F LUNDI, MARDI MERCREDI de9H a5H.30 JEUDI, VENDREDI: DE 9H à 9H SAMEDI: DE 9H.a5H.X3 XJ S S A.-CJ X-T 8955.BOUL.ST-LAURENT MONTREAL TEL.: 384-8760 7 '/* 4(«k j flou7 [ Vol.LXX — No 267 Faible neige passagère Maximum 2.Montréal, jeudi 15 novembre 1979 Saint Albert le Grand 25 CENTS l'actualité économique Lutte féroce pour le marché de la bière La situation n’est pas très gaie dans l’industrie de la bière, où les mauvais présages s’accumulent.Comme le «gâteau» ne semble pas vouloir grossir, les brasseurs devront se livrer une lutte de plus en plus féroce pour le partager.Mais il y aura des obstacles, et de taille.Notamment les restrictions sur la publicité des boissons alcoolisées.qui risquent de s’intensifier avec le temps, sous la pression des groupements de consommateurs.— page 15 Un institut qui se veut plus productif Après plusieurs mois d’hésitations.l’Institut national de la productivité a fait connaître hier ses grandes orientations générales.Ce nouvel organisme présidé par M.Alfred Rouleau (notre photo) entend se pencher sur tous les aspects de la productivité.Les objectifs à court terme demeurent toutefois difficiles à déterminer en raison de la diversité des membres de son conseil d’administration.— page 17 ¦ Les hôpitaux et centres d’accueil ne savent à quoi s’attendre — page 3 ¦ Avant le débrayage général: un éditorial de Jean-Claude Leclerc — page 4 m Les échos de l’Assemblée nationale ¦ Le régime d’allocations familiales ne sera pas modifié en 1980 — page 7 .¦ La loi 101: un cheval de Troie — page 12 ¦ L’Ontario, un parent pauvre de la fédération • — page 23 LIGHT LEGER Le scotch léger, clair et sec, au goût du Quebec.Triple victoire libérale par François Barbeau Le Parti libéral du Québec a remporté haut la main hier les trois sièges qui étaient en jeu aux élections partielles de Prévost, Maisonneuve et Beauce-Sud, trois victoires qui sont pour le chef du PLQ, M.Claude Ryan, « un rejet catégorique de l’option constitutionnelle du PQ »».Pour sa part, le premier ministre du Québec, M.René Levesque, explique ces trois défaites par le climat social qui prévaut au Québec ces temps derniers.« Il serait profondément malhonnête, dit M.Lévesque, d’y voir une relation avec le référendum ».Les trois victoires libérales ont été retentissantes, chacun des candidats élu l’ayant été par une forte majorité, surtout Mme Solange Chaput Rolland, qui l’a emporté par plus de 10,000 voix sur son adversaire, M.Pierre Harvey, alors que le prédécesseur de ce dernier, M.Jean-Guy Cardinal, avait été élu 11 y a trois ans aujourd’hui avec plus de 7,000 voix de majorité.MAISONNEUVE Lalande G.(L) 11,114 Desmarais J.(PQ) 7,520 Ces fortes majorités ne risquent pas d’être modifiées aujourd'hui lorsque les résultats seront complets.Au moment d'aller sous presse, avec quelques boîtes encore à dépouiller, M.Georges Lalande battait M.Jacques Desmarais par plus de 3,500 voix dans Maisonneuve.A la même heure, dans Beauce-Sud, M.Hermann Mathieu devenait le premier député libéral du comté depuis 17 ans PRÉVOST Chaput Rolland S.(L) 23,598 Harvey P.(PQ) 13,096 avec plus de quatre mille voix de majorité.Les Beaucerons ne pourront d’aucune façon être accusés de n’avoir pas rempli leur devoir de citoyens: 82% des électeurs inscrits sur les listes se sont présentés hier dans un bureau de scrutin.Prié d’expliquer les raisons de la débandade du PQ dans Maisonneuve, quartier populaire de Montréal représente de- BEAUCE-SUD Mathieu H.(L) 15,452 Boisvert R.(PQ) 11,431 puis 1970 par le parti de M Lévesque et où les électeurs ont été appelés aux urnes pour nommer un successeur à M Robert Burns, qui a démissionné pour des raisons de santé, le candidat péquiste, M.Jacques Desmarais, a laissé entendre que ses électeurs étaient de ceux qui ressentaient plus durement que les autres les effets de l'inflation et ou chômage.Une chose est certaine, a-t-il affirmé, c’est que ni le Parti libéral du Québec ni M Claude Ryan ne pourront régler le problème du chômage au Québec, encore moins dans Maisonneuve.Tandis que son successeur faisait connaissance avec la défaite, M Robert Voir pape 6: Victoire Ryan: le rejet de l’option péquiste par Rodolphe Morissette Les trois victoires du Parti libéral aux élections partielles d’hier révèlent, suivant son chef, M.Claude Ryan, que les Québécois ne rejettent pas seulement l’option constitutionnelle du Parti québécois, mais encore la manière dont le gouvernement Lévesque dirige le Québec.Après avoir salué la victoire de Mme Solange Chaput-Rolland dans le comté de Prévost, M Ryan s’est amené, tard en soirée, dans la circonscription de Maisonneuve, où l'attendaient le nouveau député libéral, M.Georges Lalande, et une foule de partisans.Le chef libéral interprète la triple victoire d’hier comme « une acceptation enthousiaste du renouveau institué dans le Parti libéral du Québec » depuis qu’il en a pris la direction.Voilà qui prouve, selon lui.que « les Québécois s’y retrouvent ».Il a salué en outre cette pratique des libéraux de Maisonneuve, qui enton- nent fréquemment l’hymne national du Canada depuis quelque temps, heureux qu’il est d’« accueillir cette libre expression de vos convictions véritables ».Pour M.Ryan, le triomphe d’hier signe le « rejet catégorique » de l’option de la souveraineté-association défendue par le gouvernement du Parti québécois et, plus immédiatement, de son expression contenue dans le livre blanc sur le sujet rendu public par le gouvernement le 1er novembre.Les électeurs de Prévost, de Beauce-Sud et de Maisonneuve ont indiqué, a dit M.Ryan, qu’ils « ne veulent plus de ce genre de direction.Au contraire, les Québécois recherchent une direction plus ouverte, plus ferme et plus claire en face des tensions sociales du moment.Es viennent de dire, a ajouté le chef libéral, qu'ils n’approuvent pas la manière dont le gouvernement dirige les affaires économiques et sociales au Québec.» Voir page 6: Ryan Lévesque: une bonne leçon pour le PQ par Bernard Descôteaux QUÉBEC — La défaite du Parti québécois aux trois élections complémentaires de Maisonneuve, Beauce-Sud et Prévost est clairement liée au climat social et constitue à plusieurs égards « une sacrée bonne leçon pour le gouvernement ».C’est en ces termes que le premier ministre René Lévesque a commenté tard hier soir le résultat des trois élections partielles où son parti a subi la défaite aux mains du Parti libéral.« Il faudra analyser beaucoup de choses au lendemain de ces trois élections, mais il est certain que le facteur prédominant qui a affecté beaucoup les attitudes des électeurs, c'est le climat social », a déclaré le premier ministre à Tissue d’un banquet d’un groupe professionnel où il était l’invité d’honneur hier soir au Château Frontenac.La série d’affrontements des derniers mois, la grève générale illimitée, qui était prévue pour lundi dernier, ont pu donner aux citoyens une impression a’inconsta-bilité de la situation, a-t-il dit, tout en sou- lignant que avant ce « terrible problème » le gouvernement aurait pu être tenté d’acheter la paix à n’importe quel prix avec les syndicats en passant des choses sous la table.Mais cela n’aurait pas été responsable, a-t-il soumis.Dans les circonstances il n’est pas injuste, a soutenu le premier ministre, que « les citoyens aient exprimé leur mécontentement sur la seule cible qu’ils pouvaient atteindre par le biais de ces trois élections, soit le gouvernement.» « C’est une sacrée bonne leçon », a répété à plusieurs reprises M.Lévesque dans ses commentaires.Une leçon tout d’abord pour le gouvernement qui a commis ses erreurs de parcours dans la conduite de ces négociations dans les secteurs public et parapublic, a reconnu le premier ministre qui admet volontiers « que peut-être certaines de nos attitudes passées ont pu créer l’illusion qu’il existait en ce domaine des recettes magi-Voir page 6: Lévesque ¦ Autres informations — page 2 Saluant la victoire de son candidat dans le comté de Maisonneuve M Claude Ryan chef du Parti libéral et député d'Argenteuil.a déclaré que les Québécois faisaient plus confiance au PLQ qu'au Parti québécois pour régler leurs problèmes.(Photo Jacques Grenier) -v s aàjfcijfe, J w ww» s # W Ma :; : MaaBs Le Front commun incite à la désobéissance civile par Paule des Rivières QUÉBEC — Au moment où la menace d’une grève générale illégale à compter de lundi matin se précise d’heure en heure, le gouvernement se fait prudent et mise avant tout sur un déblocage majeur aux tables de négociations.Les responsables syndicaux des 190,000 employés d’hôpitaux et d'écoles du Front commun ont d'ailleurs, eux aussi, réitéré hier leur désir de négocier intensivement et, en fin de journée hier, la grande majorité des groupes avaient mis fin à la suspension des pourparlers que la loi spéciale avait engendrée.C’est en petits comités restreints qué les discussions se déroulent désormais.Hier midi, les trois coordonnateurs du Front commun, MM.Marcel Gilbert (CSN), André Therrien (CEQ) et André Daoust (FTQ) ont confirmé qu’ils recommandaient le défi à la loi spéciale — interdisant le droit de grève pour une période de 15 jours, soit jusqu’au 29 — et des assemblées ont eu lieu toute la journée hier, qui tendaient à confirmer les mandats de débrayage général.« Les perspectives de rejet de la grève sont faibles », a commenté hier un des porte-parole du Front commun.Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, l'opposition s’est demandée si le gouvernement serait capable de faire respecter la loi.Le responsable de la négociation pour la CSN, M.Marcel Gilbert a tout de même invité à la patience les quel- ques syndicats d’employés d'hôpitaux ui s’apprêtaient à déclencher la grève ès minuit hier soir.Du côté des 23,000 techniciens et infirmières des organismes professionnels de la santé (COPS), les négociations progressent et le porte-parole, Mme Patricia Gauthier, a indiqué hier que rien ne justifiait pour l’instant le recours à la grève.La loi spéciale adoptée lundi soir comporte l’obligation, pour le gouvernement, de déposer ses offres finales Voir page 6: Front commun L’escalade des mesures de rétorsion Gel des avoirs iraniens aux USA CTCUM: un autre sursis?par Alain Duhamel En principe, les autobus et le métro de la Commission de transport de la Communauté urbâine de Montréal (CTCUM) circulent normalement ce matin.Hier, bien que la Fraternité des chauffeurs d’autobus et des opérateurs de métro ait donné Tordre de poursuivre le travail, les chauffeurs de la division Namur ont dressé des lignes de piquetage et interrompu le service d’autobus sur une douzaine de lignes dans les secteurs de la Côte-des-neiges, de Snowdon, de ville Mont-Royal et de ville Saint-Laurent.Bien que la Fraternité ait annoncé au cours de la journée une reprise du service sur ces lignes à brève échéance, le service d’autobus provenant de la division Namur est demeuré interrompu toute la journée.Il devrait reprendre ce matin.Le président de la Fraternité, M.Nor-Voir page 6: CTCUM TÉHÉRAN (AFP) - Entre Washington et Téhéran, l’escalade des mesures de rétorsion se poursuit.Mercredi après-midi, le président Carter a décidé de « geler » tous les avoirs iraniens aux États-Unis, y compris tous les dépôts bancaires, quelques heures à peine après que le responsable iranien, des Affaires étrangères; M.Abolhassan Banisadr, eut annonce qu’il avait ordonné le transfert des dépôts iraniens aux États-Unis (environ 12 milliards de dollars) « dans des banques de pays qui entretiennent de bonnes relations » avec le sien.D’autre part, pour répondre à la décision américaine de suspendre ses importations de pétrole iranien, le gouvernement de Téhéran a demandé à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), de « réviser sa politique pétro- lière vis-à-vis des Etats-Unis ».Selon l’ayatollah Mohamed Behechti, secrétaire général du Conseil de la révolution, le pétrole précédemment livré aux Américains pourrait être fourni à des acheteurs français et japonais.Toujours dans le cadre des mesures de rétorsion, dont Tenjeu reste la libération de la soixantaine d'Américains détenus à Téhéran par des étudiants islamiques, on relève que l’Iran a décidé mercredi d’interdire son espace aérien et ses eaux territoriales aux avions et navires américains.Aux États-Unis, la Chambre des représentants a voté à l'unanimité la suspension de toute aide économique (à l’exclusion des ventes de céréales) et militaire à l’Iran.Ce durcissement de la situation inter- vient au moment où un tournant semblait se négocier dans la crise irano-américaine.M.Banisadr venait de saisir le Conseil de sécurité d’une demande tendant à dissiper le « climat de guerre » entre les deux pays.Il avait annoncé qu’il se rendrait à TONU pour y expliquer « les justes revendications du peuple iranien ».Au cours d’une conférence de presse mercredi matin, le responsable de la diplomatie iranienne a d’autre part reconnu que « les États-Unis ont le droit d'exiger la fin de l’occupation de l'ambassade et la libération des otages américains », mais, ajoutait-il, « nous avons pour notre part le droit de demander l’extradition du Chah.Si nous pouvions parler sur les droits respectifs de nos deux pays, nous pourrions aboutir à une solution ».« La crise, a-t-il dit, a été provoquée par la décision des États-Unis d'accueillir le Chah.Il faut que cet aspect soit aussi examiné par le conseil de sécurité pour résoudre la crise ».Dans sa conférence de presse, M.Banisadr avait indiqué que son gouvernement tentait de faire libérer par les étudiants islamiques les otages déclarés « innocents ».Les étudiants ont fait savoir un peu plus tard qu’il n’en était « pas question ».À New York et à Washington, certaines rumeurs laissaient prévoir mercredi après-midi un départ précipité de Tex-souverain iranien, des États-Unis Le « New York Times ».qui cite des sources proches des médecins du chah, croit savoir que ce dernier sera rétabli de son Voir page 6: Gel Un mode dlépaigne supérieur Les certificats de dépôt garanti.innucl Période de ans.§ TRUST GENERAL DU CANADA 2 ¦ Le Devoir.Jeudi 15 novembre 1979 PRÉVOST 1966 1970 1973 1976 1979 Parti libéral 38.9% 46.1% 47.8% 30.3% 63.3% RIN/Parti québécois 7.6 24.8 35.9 48.7 35.1 Union nationale 52.3 18.8 3.1 13.8 - Autres 1.2 8.7 11.8 5.3 1.5 BEAUCE-SUD 1966 1970 1973 1976 1979 Parti libéral 38.3% 24.8% 41.5% 22.0% 57.3% RIN/Parti québécois 0.2 5.0 8.2 9.2 42.4 Union nationale 53.9 27.0 2.9 _ Autres (crédit.) 5.1 41.9 45.4 67.0 0.3 •> MAISONNEUVE 1966 1970 1973 1976 1979 Parti libéral 40.3% 31.5% 40.4% 24.8% 59.3% RIN/Parti québécois 12.0 44.2 49.6 60.4 39.2 Union nationale 43.9 16.6 1.6 8.0 — Autres 2.0 5.5 5.7 4.0 1.5 l Évolution du vote dans les trois comtés ou leurs équivalents depuis 1966.en pourcentage (par rapport aux suffrages exprimés) Dans Maisonneuve, Lalande renverse la majorité de Burns par Rodolphe Morissette Le comté de Maisonneuve, sis dans la moitié est de l’île de Montréal, s’est choisi hier un député libéral à l’Assemblée nationale au Québec.M Georges Lalande, élu avec une majorité de près de 4,000 voix, a renversé la majorité de plus de 9,000 votes obtenue par le député du Parti québécois, M.Robert Bums, au scrutin de 1976.Les derniers chiffres qu’on pouvait obtenir hier soir, représentant 124 boites de scrutin sur 126, accordaient 11,592 voix à l’élu libéral et 7,670 au candidat du Parti québécois, M.Jacques Desmarais.Les quatre autres candidats ont récolté ensemble quelque 290 voix.Ils représentaient respectivement le Parti communiste du Québec, le Parti communiste du Canada, le Parti communiste ouvrier (marxiste-léniniste) et le Parti des travailleurs du Québec.Les électeurs de Maisonneuve ont participé à environ 67.4% au scrutin d’hier, 3ui fut sans incident.Même les militants e l'organisation en lutte, qui avaient annonce qu'ils tenteraient d’amener les électeurs à annuler leur vote, avaient pratiquement disparu du paysage.Sur les 124 bureaux ae scrutin dont les résultats étaient disponibles, le Parti québécois n'a eu le dessus que dans huit.La formation obtenait ainsi 39.2% des suffrages exprimés, tandis que les libéraux en récoltaient 59.3%, soit un pour cent de moins que ce que révélait l’éclatante victoire pequiste de 1976 dans ce comté.Au comité du Parti québécois, rue Adam, la consternation était grande.D’abord, on n’a pu y obtenir de résultats électoraux avant 20 h 15.Mme Lise Payette, ministre d’État à la Condition féminine, M.Marcel Léger, ministre de l’Environnement et organisateur en chef du PQ pour les élections partielles, de même que le député péquiste de Sainte-Marie, M.Guy Bisaillon, étaient les seuls ministériels présents.Mme Payette a réconforté les militants présents en disant que « le Parti québécois en a mangé des claques dans le passé » et que ces revers « avaient toujours contribué à nous tricoter plus serré ».C’est ce qui va se produire maintenant, a-t-elle conclu.Quand, vers 21 h 15, le candidat défait, M.Desmarais, fit son entrée, la tension tomba et ce furent les effusions, une explosion de joie.Dans le camp libéral, on ne s’attendait pas à une telle victoire.On estimait plus Îénéralement l’emporter par quelque ,500 voix.Quatre fois au cours de la soirée, les quelque 200 libéraux présents à leur comité de la rue Sainte-Catnerine ont entonné l’hymne national du Canada, une pratique qui semble retrouver quelque popularité dans les rangs du Parti libéral.Dès 17 h, les organisateurs libéraux avaient préparé des balais sur lesquels on avait inscrit le nom des trois comtés en élection hier.Vers 20 h, on sortit donc les balais, pour saluer les trois victoires du parti.Les députés libéraux de Montréal, de même que les deux députés libéraux fédéraux de la région, MM.Jean-Claude Malépart et Serge Joyal, ont interprété la victoire retentissante dans Maisonneuve en invoquant la rencontre d'une pluralité de facteurs.Et les organisateurs libéraux qui ont travaillé sur le terrain le confirment.On mentionne d’abord le fait que les électeurs de ce comté, comme l’atteste du reste sa tradition électorale depuis 1960, ne sont guère portés à la fidélité à un parti.Depuis 1970, ils élisaient M.Robert Burns plus qu’ils n’accordaient leur préférence, dit-on, au Parti québécois.Les personnes interrogées soulignent également les tensions sociales, — la grève des transports en commun, puis les menaces de débrayage dans la fonction publique et parapublique.Voilà, disent-ils, qui joue contre le parti au pouvoir.Chacun mentionne également le travail d’organisation qu’a réussi le Parti libéral et son permanent local, M.Georges Boudreault.M.Georges Lalande a, quant à lui.rencontré personnellement près de 80% des foyers du comté.Pendant que les libéraux s’organisaient, depuis le mois de juillet, le Parti québécois tardait à se mettre en branle et quand la campagne commença vraiment, fin septembre, ses militants se brouillaient pour quelques semaines, à la suite de l’assemblée a’in-vestiture qui choisit M.Desmarais aux dépens de son rival, M.Michel Bourdon.Pour M.Serge Joyal, député fédéral de Hochelaga-Maisonneuve, le balayage libé- ral réussi hier dans trois comtés aussi divers indique l'humeur de l’électorat québécois à 1 heure actuelle.Certes, précise-t-il, une bonne portion des Québécois estiment le gouvernement Lévesque comme « un bon gouvernement », mais ce dernier laisse entrevoir les « risques » que paraissent ne point vouloir prendre les citoyens: non seulement ceux qui sont liés à la question nationale, précise-t-il, mais aussi ceux qui touchent les conditions actuelles de l'économie.Réaction conservatrice, en période difficile.« Le comté a beaucoup vieilli », note le député, qui fait allusion aux groupes d'âges.« Il n’est plus en état d'ébullition sociale, comme c'était le fait en 1970.» Le président des élections dans le comté de Maisonneuve avait identifié, pour 118 bureaux de scrutin sur 126, un total de 572 bulletins rejetés.Un nombre relativement important d’annulations.Une majorité de plus de 10, OOO voix Solange Chaput Rolland triomphe dans Prévost par Pierre O’Neill C’est par plus de 10,000 voix de majorité que la candidate libérale Solange Chaput Rolland, a vaincu son adversaire péquiste, Pierre Harvey pour remporter hier l’élection partielle dans le comté de Prévost.Plusieurs centaines de partisans, délirants de joie, s’étaient entassés très tôt en soirée au sous-sol de l’église Sainte-Paule de St-Jérôme pour entendre l'annonce des résultats et acclamer leur nouveau député et le chef du parti, Claude Ryan.Pendant que les libéraux fêtaient leur victoire, les partisans péquistes, moroses, s’efforçaient de consoler leur candidat de cette cuisante défaite.Le dépouillement de 240 des 259 bureaux de scrutin donnait en fin de soirée les résultats suivants: Solange Chaput Rolland (libérale): 23,598 voix; Pierre Harvey (péquiste): 13,096; Richard Lé-pine (Parti des travailleurs du Québec): 255; Jean-Paul Poulin, (Crédit social uni): 224; Marc Blouin, (marxiste-léniniste): 88 voix.Pour sa part l’Union nationale avait crû plus sage de s’abstenir de présenter des candidats à ces élections artielles dans Prévost.Beauce-Sud et aisonneuve.Émue aux larmes.Mme Chaput Rolland a rendu hommage à son adversaire, Pierre Harvey et à son épouse pour la « dignité » qui a marqué leur comportement au cours de cette campagne, « Je pense à eux avec amitié et respect.» Au Invitée à dégager la signification du vote des électeurs de Prévost, Mme Chaput Rolland a émis l’opinion que le climat socio-économique perturbé, ainsi que la publicité qui a entouré la publication du livre blanc doivent être considérés parmi les facteurs déterminants de cette victoire libérale.Selon le nouveau député de Prévost, il faut voir également dans ces résultats une réaction inspirée des sentiments d'insatisfaction, a’insécurité et d’incertitude suscités par les politiques, le style et le comportement du gouvernement Lévesque.Enfin, Mme Chaput Rolland croit que les électeurs de Prévost ont voulu protester contre cette tendance du PQ à simplifier le comportement des Québécois en classant les bons citoyens de son côté et les mauvais dans le clan des libéraux.« Ils ont voté contre la hargne.» Pour le chef du PLQ, Claude Ryan, la victoire de Mme Chaput Rolland et de ses candidats dans Beauce-Sud et Maisonneuve indique un rejet massif de l’option péquiste, le vif intérêt des Québécois pour le renouveau au sein de son parti et un vote de blâme contre la façon du gouvernement Lévesque de gérer les affaires économiques et sociales de la société québécoise.Au moment de se lancer en politique active, Mme Chaput Rolland était connue comme journaliste, écrivain et animatrice d’émissions d’affaires publiques à la radio et à la télévision.C’est le 24 août 1977 qu’elle devenait membre de la commission Pepin-Robarts sur l’unité canadienne.Mme Chaput Rolland est la cinquième femme à être élue à l’actuelle Assemblée nationale du Québec.Mme Thérèse Lavoix-Roux (L'Acadie) représente également le PLQ au Parlement tandis que trois femmes siègent du côté du gouvernement: Mme Jocelyne Ouellette (Hull), Mme Louise Guerrier (Vaudreuil-Soulanges) et Mme Denise LeBlane (îles-de-la-Madeleine).Aux élections générales de 1970 et 1973, les électeurs de Prévost avaient fait confiance aux libéraux pour les représenter à l’Assemblée nationale.À la faveur de la vague d’insatisfaction antigouvernementale de 1976, l’ex-ministre unioniste Jean-Guy Cardinal était élu pour le Parti québécois.C’est un comté où le mouvement de contestation contre la loi 22 avait, à l’époque, joué un rôle déterminant dans la désaffection de l’électorat envers le Parti libéral.C'est par une majorité de 7,569 voix que Jean-Guy Cardinal avait remporté le comté tandis que la cote du Parti libéral chutait de 48.5% à 317o des voix.Voir page 6: Prévost Georges.Lalande, député de Maisonneuve pa M Solange Chaput Rolland, député de Prévost même moment, devant les journalistes, le candidat du PQ reprochait à Mme Chaput Rolland de s’être cachée tout au long de la campagne et lui rappelait du même souffle qu'elle faisait dorénavant partie de « l’imbécile armée ».Dans Beauce-Sud, les deux partis se réjouissent du résultat par Jean-Claude Picard SAINT-GEORGES - Libéraux et péquistes avaient tous deux des raisons de se réjouir des résultats électoraux enregistrés hier soir à l’occasion du scrutin complémentaire de Beauce-Sud.À la faveur du vacuum politique créé par le départ de l’indépendant, M.Fabien Roy, les deux principaux partis du Québec ont en effet effectué des gains majeurs auprès de l’électorat beauceron.Selon les résultats communiqués en fin de soirée par le president des élections, le libéral Normann Mathieu remportait le comté avec 15,452 voix, soit 57.3% du vote exprimé, tandis que son rival péquiste, M.Raymond Boisvert, obtenait 11,431 voix, soit 42.4% des suffrages.Quant au pourcentage de participation, il se situe aux environs de 80% de l’ensemble de l’électorat.Pareil résultat représente une percée importante pour chacun des deux candidats, le PLQ et le PQ ayant respectivement obtenu 23% et 9% des voix lors des élections générales de 1976.Le gain est évidemment plus significatif du côté libéral puisque non seulement M.Mathieu a remporté le comté mais encore que Beauce-Sud retourne dans te giron des rouges après une infidélité qui aura duré 17 ans.En fait, depuis le début de la Confédération, les Beaucerons n’avaient voté libéral qu'à une seule occasion, soit lors de l’élection générale de 1960.Cette guigne libérale se reflétait d'ailleurs dans le climat qui prévalait en début de soirée hier au comité central de M.Mathieu.Les quelque 200 militants qui y étaient réunis n'osaient croire les résultats qui leur parvenaient même si leur candidat détenait.au bout d'une heure, une solide majorité de plus de 1,000 voix.Inquiet, grillant cigarettes sur cigarettes, le président de l'association libérale du comté, M.Roch Jolicoeur.répétait autour de lui que rien n'était assuré.« J’en ai tellement perdu d’élections que j’y Hermann Mathieu, député de Beauce-Sud croirai seulement lorsque tout sera terminé », disait-il.Pourtant, cqtte majorité a continuellement augmenté tout au long de la soirée, si bien qu’à la toute fin, M.Mathieu remportait le scrutin avec un peu plus de 4,000 voix d'avance sur son rival péquiste.En fait, cette victoire libérale correspond à quelques pojnts près au résultat qu’avaient prédit les maisons CROP et IQOP lors de deux sondages publiés au cours des derniers jours.Rejoignant ses militants une fois sa victoire assurée, M.Mathieu, qui est notaire à Saint-Ephrem, a accueilli avec une certaine modestie le verdict des électeurs beaucerons.« Je suis maintenant le député de tout le monde.Cette victoire est celle du peuple, du renouveau qu’a connu le Parti libéral sous la direction de Claude Ryan », a-t-il dit.Pour sa part, le leader parlementaire des libéraux, M.Gérard-D.Lévesque, qu’accompagnaient à Saint-Georges une dizaine de députés de son équipe, s’est fait plus volubile.« Ce succès liberal constitue un rejet de la politique constitutionnelle du gouvernement.C’est un non très clair au livre blanc sur la souveraineté-association », a-t-il dit sous les applaudissements nourris des militants qui se félicitaient tout autant des résultats réalisés dans les comtés de Prévost et Maisonneuve que de ceux enregistrés dans Beauce-Sud.M.Lévesque, qui est un orateur très apprécié en Beauce, a ajouté que le verdict enregistré au cours de ses trois partielles, présageait du résultat du référendum, de même que de celui de la prochaine election générale.Du côté péquiste, l’heure n’était pas a la déception en dépit de la défaite que venait de subir l’industriel Raymond Boisvert.En fait, les quelques dizaines de militants réunis au comité du parti soulignaient que le PQ avait considérablement progressé dans l’opinion beauceronne et que le comté venait de franchir une étape qui permettait d’envisager un sort meilleur aux prochaines élections générales.Pour sa part, M.Boisvert, qui a fait une brève apparition publique en fin de soirée, a pris sur lui tout le blâme de la défaite.« Il s’agit, a-t-il dit, d’une défaite personnelle qui n'a rien à voir avec la souveraineté-association ou avec la performance du gouvernement.Les Beaucerons ont tout simplement rejeté ses projets et ont préféré un candidat qui était meilleur que moi.» Cette opinion n’était toutefois pas partagée par l'ensemble de ses militants qui affirmaient que le projet souverainiste constitue toujours le talon d'achille du gouvernement péquiste.Seul ministre présent sur les lieux, M.Jean Garon a accueilli avec un certain stoïcisme les résultats de l’élection.M.Garon s’est dit encouragé par la performance de M.Boisvert mais semblait nettement plus inquiet des piètres résultats enregistrés par le PQ dans les comtes de Prévost et Maisonneuve.Le ministre de l'Agriculture ne croit pas que la défaite de son parti dans ces trois comtés va donner lieu à de profondes révisions gouvernementales mais convient « qu’il faudra réfléchir sérieusement au cours des prochains mois ».Comptant ou hypothèque?Rien ne vous empêche d’acheter votre nouvelle maison au comptant.Mais c’est là, avouons-le, une option assez exceptionnelle.Si vous êtes de ceux qui veulent acheter une maison de façon pondérée, vous aurez recours aux Services immobiliers du Trust Royal.Ils établiront un programme de financement à votre mesure, selon vos besoins, vos projets et votre fnode de vie.L’on pourra aussi vous être utiles en d’autres domaines; que vous soyez acheteur .JÊtÊÊk ou vendeur.' -«llgig flsssssi (mum wmm IlI'iil'Sîl aaa I ¦¦¦¦¦¦ au lipaaanaaai Iasgg&ss Mfgsjjj MBaaaaail ¦m« mmb «naaaa «a ¦T s*y JÉjfF #r Vous n’aurez qu’à juger de l’ampleur de nos listes de propriétés et de notre façon efficace de les offrir sur le marché.Quant à nos bureaux, ils sont incontestablement à votre portée puisqu’il s’en trouve 30 dans le Grand Montréal.Faites-nous le plaisir de passer nous voir à l’un de ces bureaux.Nous y sommes toujours à votre service.V M IMMEUBLE L’ENSEIGNE QUI FAIT VENDRE 4 LE DEVOIR Montréal, jeudi 15 novembre 1979 r le MOUSSEUX des prir^cefe et le Roi des MOUSSEUX méthode champ#nol»« CODORNIU Shawinigan: l’usine Alcan vidée par la police SHAWINIGAN (PC) - Une dizaine de policiers de l'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec a mis fin abruptement, à six heures hier matin, à l’occupation de l’usine d’électrolyse et de chimie de la société Alcan, entreprise la veille en soirée par les 620 travailleurs de la compagnie.Les syndiqués, membres de la CSN, protestaient contre des mesures disciplinaires infligées à deux d'entre eux Ils accusent la société d’user de tactiques de harcèlement depuis quelques jours.Après s’être réunis mardi matin, les employés ont décidé de quitter le travail et d’occuper le poste de garde.Ils sont entrés dans l’usine en début de soirée et l’ont quittée dans l’ordre, tôt hier matin, lors de l’arrivée des policiers.Le menace de fermer l’usine Bohn est sérieuse par Louis-Gilles Francoeur Les 65 employés syndiqués de la compagnie Bohn, de Longueuil, ont accusé hier leur employeur de recourir au « chantage » d’une fermeture en janvier pour tenter, d’une part, d’adoucir leurs demandes en vue de la signature d’une première convention collective et, d’autre part, d’empêcher Îiar la perspective de cette fermeture a constitution d’un nouveau syndicat chez les employés de bureau.La compagnie a récemment avisé le ministère du Travail de son intention de fermer boutique en janvier mais le ministère lui a répondu que l’avis requis en vertu de l’article 45 de la loi 51 n’était pas nécessaire en période de conflit.C’est ce qu’a précisé de son côté hier un représentant autorisé de la compagnie.Les syndiqués CSN de l’usine Bohn, qui fabrique des appareils de réfrigération industriels, ont été accrédités en juin.Au milieu d’octobre, l’employeur décrétait le lock-out à la suite d’une journée d’étude et d’une baisse importante de la productivité au retour des employés.L’annonce soudaine de cette fermeture a toutefois modifié le climat de négociation déjà fort orageux.Les parties doivent toujours se rencontrer à la fin du mois, en présence d’un conciliateur.Le syndicat croit fermement que ce projet de fermeture est une tactique « dure » de négociation.Il a rendu public une lettre de la compagnie à ses employés, datée du 2 mars dernier, dans laquelle l’employeur prévoit un accroissement record du volume d’affaires cette année.On y précise en outre que la compagnie songe à accroître sensiblement le nombre des produits offerts à sa clientèle.La compagnie aurait en outre voulu imposer du temps supplémentaire à ses employés dans les jours qui ont précédé le lock-out et elle aurait embauché deux nouveaux employés et doublé la surface de son magasin.Des cadres supérieurs ont aussi parlé, durant la meme période, de la possibilité de doubler le personnel au cours des deux prochaines années.Un porte-parole de la compagnie a précise hier que la fermeture « était sérieuse » et qu’un employeur renvoie rarement tout son personnel cadre à des fins de négociation.L’anciennete, la sécurité-santé et les congés comptent parmi les principales pierres d’achoppement de ce conflit.Selon un porte-parole syndical, la compagnie voudrait avoir le droit de mettre à pied qui elle veut pour des périodes oe temps inférieures à trois jours, ce qui constitue, dans l’esprit du syndicat, un moyen de procéder à des sanctions disciplinaires déguisés.Les deux parties n’ont pas entamé les négociations des salaires.Dans ce domaine, le syndicat veut rattraper le retard accumulé.Il souligne que les soudeurs sont payés $4.80 à leur entrée, ce qui est fort loin des conditions du marché.Le salaire maximum serait porté de $6.25 l’heure à $9.50 en vertu des demandes syndicales formulées au début de la négociation.Si la compagnie veut fermer une usine aussi rentable, ont ajouté les porte-parole syndicaux, que le gouvernement la nationalise purement et simplement.COLLOQUE RCM Samedi, le 17 novembre 1979 9 00 -17 00 hrs LA QUALITÉ DE LA VIE A MONTRÉAL ET LES SERVICES MUNICIPAUX 9.00- 12.00 Panel: Pierre Bélec.Directeur général de 1 Association quebeco'Se du Plein A- Jean-Pierre Bonhomme, loumaliste a Le Presse Michael Fainstat.conseiller rrum pai du RCM Louis John, rédacteur Revue DTS MORT ~ ' Jean-Claude Marsan, architecte et ur bamste 14.00- 16.00 Atelier 1- Qualité de la vie 2- Services municipaux 3- Projet* d'action 16.00- 1700 Pie iie-e - Sous-sol de l’Église St-Jean 110 est.rue Ste-Catherine (roin de Bullion) Les hôpitaux et centres d’accueil de Montréal ne savent plus trop bien sur quel pied danser par Marie Laurier Devançant leurs collègues de l’hôpital Sainte-Justine qui s'apprêtaient tôt ce matin à se mettre en grève, les 250 employés CSN du Centre d’accueil Pierre-Joseph Triest ont débrayé dans la nuit de mercredi, soit à 2 h 15.Cet établissement situé dans l’est de Montréal reçoit 250 hommes âgés répartis dans cinq unités de soins psychiatriques, de gériatrie et de soins prolongés.Dans la journée d'hier, les services essentiels ont été « partiellement » respectés selon l’évaluation faite par la partie patronale, ce qui est contesté par la partie syndicale.Les 25 cadres du centre d’accueil ont dû prêter main forte au personnel restant.Selon M.Serge Bilodeau, conseiller en gestion du personnel, c’est à la buanderie, à l’entretien ménager et à la cuisine ue les principaux problèmes d’inten-ance étaient les plus aigüs.Un certain nombre de « bénéficiaires » souffrent d’incontinence, d’autres sont entière- ment dépendants pour les moindres soins corporels.Les employés de Joseph Triest ont formé un syndicat unique et ils ont débrayé à plusieurs reprises depuis le 13 octobre.Mais hier, c'était un arrêt de travail illégal en vertu de la Loi 62 qui suspend le droit de grève jusqu’au 28 novembre.Pendant ce temps, la direction de l’hôpital Sainte-Justine s’apprêtait hier à faire face à une grève de ses 1,200 employés généraux qui pouvait être déclenchée à minuit ce matin.À moins d’un contre-ordre reçu à la toute dernière minute à la suite du conseil fédéral de la CSN qui s’est déroulé hier à Québec et qui recommandait d’attendre la grève générale de lundi prochain, les employés généraux de Sainte-Justine étaient bien décidés, hier soir, à défier la loi dès aujourd'hui, en vertu d’un mandat reçu mardi.Les médecins et le personnel cadre de Sainte-Justine étaient prêts à venir prêter main forte pour dispenser les soins et les Le train de Mississauga: une nouvelle explosion fait fuir les secouristes MISSISSAUGA (PC) - Plus de 75 ouvriers et techniciens spécialisés ont dû prendre leurs jambes à leur cou, hier, uand une bouffée de chlore et de vapeur 'eau s’est mise à jaillir d’un wagon-citerne déraillé, formant un nuage d’acide chlorhydrique mortel.Mais les solliciteur général de la province M.Roy McMurtry, a par la suite affirmé, en conférence de presse, que malgré cette bouffée les concentrations de chlore n’avaient pas augmenté dans le secteur de l’accident de samedi soir, qui a entraîné l’évaluation de 223,000 personnes, dont 75,000 attendent toujours de rentrer à la maison.Une autre bouffée s’est produite mardi soir, a-t-on également appris.Elle a fait fuir les éouipes de secours et a jeté au sol un spécialiste des fuites chimiques.Personne n’a été blessé à cause de ces deux bouffées de chlore mais tous les spécialistes ont alors mis leur masque à gaz.M.McMurtry a affirmé que les 75,000 personnes devaient passer une quatrième nuit loin de leur demeure, située dans les 40 km carrés entourant le site de l’accident.Les ouvriers et techniciens ne sont pas encore parvenus à colmater la fissure de 90 cm dans la coque du wagon de chlore.« La réparation du wagon s’est avérée plus compliquée que ce qu’on prévoyait », a admis M.McMurtry.Il n’y a toutefois pas de danger pour les 150,000 personnes qui ont pu rentrer chez elles mardi, a-t-il ajouté.Le maire de Mississauga, M.Hazel McCallion, a annoncé que CP Rail allait payer la note pour les 800 personnes, maintenant logées dans des centres de secours, qui devront aller rester à l’hôtel.La plupart des personnes encore évacuées demeurent chez des parents ou des amis.De son côté, le ministre ontarien de l’Environnement, M.Harry Parrott, a précisé sans plus de détails que le secteur est soumis à de mauvaises odeurs.Aux personnes rentrées chez elles mardi, on avait conseillé d’ouvrir les fe- nêtres en arrivant afin de chasser les gaz toxiques qui auraient pu s’accumuler dans leur demeure.La concentration maximum de chlore a été de six fois celle qui provoque des pleurnichements et des irritations de la gorge et du nez, ont révélé des fonctionnaires à la suite de la conférence de presse.Des poches de gaz se sont formées dans des creux de terrain, près de l’autoroute Queensway et de la vallée de la rivière Credit.Selon le leader du gouvernement aux Communes, M.Walter Baker, personne ne devrait signer de renonciation à d’éventuelles poursuites, à la suite du déraillement de wagons-citerne de la fin de semaine, près oe Toronto, sans avoir reçu l’avis dhn avocat.Il répondait hier au député libéral Peter Stollery, de Toronto-Spadina, à propos de l’offre du Canadien Pacifique de rembourser « Les dépenses raisonnables » de gîte et de couvert des personnes évacuées de Mississauga et d’Oak-ville, à la condition qu’elles signent des renonciations de poursuites.Il a toutefois rejeté la suggestion de M.Stollery, s’appuyant sur l’argument que les chemins de fer sont de juridiction fédérale, voulant que le gouvernement fédéral fasse les premiers pas dans le dédommagement des évacues.L’usage veut que les provinces demandent d’abord l'aide d’Ottawa en cas de catastrophe, a ajouté M.Baker.Le président du Conseil du Trésor, M.Sinclair Stevens, a de son côté démenti l’affirmation du député libéral Jesse Elis, de Toronto Parkdale-High Park, voulant que la Commission canadienne des transports (CCT) ait l’intention de congédier 100 personnes.La CCT, responsable des chemins de fer, s’est déjà plainte d’une insuffisance de personnel.Mardi soir, devant le comité des Trans- orts des Communes, le commissaire .A.D.Magee, de la CCT, a révélé que le gouvernement avait ordonné cette réduction.Le RCM tiendra un colloque sur les services de la ville L’occasion d’un colloque sur les services municipaux marquera, pour le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), une manifestation de vitalité.En dépit de résultats électoraux décevants à l’automne 1978, le RCM a voulu maintenir une action post-électorale soutenue au Conseil municipal aussi bien que dans les quartiers.« Par son dynamisme soutenu, par son accessibilité a la population et par la façon dans laquelle son programme reflète les aspirations des sans-pouvoir dans la société, le RCM a clairement démontré qu’il est le seul parti capable de canaliser les forces de l'opposition à Montréal, et ce malgré un contexte politique urbain très difficile, auquel s’ajoutent les préoccupations de beaucoup de personnes pour la question nationale et les négociations dans le secteur public », affirme le RCM dans un communiqué.Ses interventions sur diverses questions.la présentation de mémoires au Conseil de sécurité ou à l'Assemblée nationale, la reprise de l'activité militante dans certains quartiers,la participation à la campagne de protestation contre la hausse des tarifs des autobus, ont fait du RCM.selon ses dirigeants, l’une des rares forces actives sur un plan municipal.« Au cours de cette année, qui a été marquée par une paralysie et une aliénation sans précédent de la population, seul le RCM a résisté efficacement à cette tendance et a tout fait pour inclure la population dans le débat municipal ».Le colloque du RCM, prévu pour le samedi 17 novembre, à l’eglise Saint-Jean, 110 rue Sainte-Catherine est, a pour but de faire le point sur la qualité de vie des Montréalais et leurs services municipaux.« Comme nous le constatons déjà depuis plusieurs années, la ville de Montreal connaît des difficultés financières qui se traduisent par une diminution des services offerts à la population.Du côté de l'administration, on parle de rationalisation des services, tandis que pour les quartiers la situation se traduit par des fermetures de centres récréatifs ou des diminutions du nombre d’heures d'ouvertures des piscines, patinoires et bibliothèques, quand ce n’est pas la fermeture pure et simple de centres d’activités socio-culturelles.» Le thème du colloque survient précisément au moment où la ville de Montréal décide de fermer quelques dizaines de patinoires extérieures comme en témoignait une page publicitaire diffusée dans un quotidien de Montréal et payée par le Syndicat des employés manuels de la ville de Montréal.A cette annonce, l’administration municipale réplique en affirmant qu’elle ferme les patinoires peu fréquentées qui ne justifient plus leurs frais d entretien et de surveillance.rAWiiianaii L ex-ministre de la Justice du Québec.M.Jérôme Choquette, parlera du livre blanc à 13 h devant les étudiants de l’Université Concordia, à l’auditorium de la bibliothèque Vanier, campus Loyola ¦ A 14 h.assemblée publique du conseil des commissaires de la CECM, au 3737 rue Sherbrooke est.¦ A 17 h 30 débute à l’Université Laval le collo-ue « Pompéi 79 » organisé par las Sociétés ’études grecques et latines du Québec ¦ A 19 h.discussion et présentation du film Double journée sur la condition de la femme en Amérique latine Soirée organisée par le Comité anti-impérialiste des peuples du tiers-monde au 3553 rue Saint-Uroains A 20 h, soirée d’information de l’Association canadienne pour les Nations unies, au 2801 rue Êdouard-Montpetit.¦ A l'hôtel Le Quatre Saisons, déjeuner annuel de l’Institut canadien des compagnies immobilières publiques Le ministre federal des Finances, M.John Crosbie.est le conférencier invité.¦ A l'hôtel Beauséjour de Moncton se poursuit la Conférence nationale sur la santé et la sécurité au travail.¦ Les centres permanents de la Croix-Rouge sont ouverts aux heures habituelles, rue Sherbrooke est et boulevard Dorchester ouest Il y a aussi clinique de sang au service des loisirs de Longueuil.1863 rue Brébeuf.de 14 h 30 à 20 h 30.services aux patients, au cas où la liste des salariés prévus pour les services essentiels serait insuffisante.En fin d’après-midi hier, l’hôpital logeait 344 enfants et 30 bébés, soit a peu près la moitié de sa capacité d’accueil en temps régulier.« Nous avons agi exactement comme nous avions envisagé de le faire lundi dernier, au moment où nous envisagions le débrayage général de nos employés », a précisé M.Michel Vézina adjoint au directeur général de l’hôpital Sainte-Justine.Ce scénario prévoit une diminution des occupants du centre hospitalier, l’interruption des admissions électives, la liste de disponibilité des médecins et du personnel-cadre.M Vézina a précisé que « jusqu’à nouvel ordre », l’urgence et les cliniques externes restent ouvertes.« Il est bien entendu que nous suivons l’évolution de la situation minute par minute, d’heure en heure, a dit M.vézina.Nous sommes en mesure d’assurer la population que toutes les dispositions seront prises pour dispenser les soins et services requis aux enfants ».D’autres établissements de santé ont décidé par un vote majoritaire de défier la loi 62, certains affirmant que le débrayage aurait lieu tôt ce matin, pour se raviser par la suite préférant attendre le mouvement général de lundi prochain.Parmi ces établissements, mentionnons les hôpitaux Queen Elizabeth, Saint-Michel, Hôtel-Dieu de Montréal, Louis-H.Lafontaine.Rivière-des-Prairies, Saint-Luc, Villa Medica et le CLSC Saint-Henri.Un avis de grève a été envoyé à la direction des pavillons Sainte-Croix et Val-Joli pour le 19 novembre.Enfin, le Conseil sur le maintien des services essentiels a dépêché un expert à la Résidence de Ville Saint-Pierre, en banlieue ouest de Montréal, afin d’examiner la situation qui prévaut dans ce centre d’accueil où les employés membres de la FAS-CSN ont repris le travail mardi matin après une grève qui durait depuis le 23 octobre.Un imporsant nuage de chlore et de vapeur d’eau s’est formé hier au-dessus du train déraillé de Mississauga.Ce nuage d'acide était mortel.(Photolaser CP) p: m comme décisif et irréversible alors que les libéraux ne considéreraient que le « non » comme ayant la thème valeur.Claude Ryan déclarait même à l’émission « Présent » du matin du 5 novembre qu’il ne se sentirait pas lié par un oui au référendum s’il était par la suite élu à l’élection générale.René Lévesque ferait sans doute, à l’inverse, la même déclaration.Ce qu’il y a d’historique, c’est le fait que le Québec votera pour la première fois dans un référendum sur la question constitutionnelle et ce qu’il y a de décisif, c’est que ce vote enclenchera ou non un processus global et irréversible de négociation, confirmant un Canada à 10 ou reconnaissant un Canada à 2 ou même 2 pays souverains et indépendants Tout le reste n’est que stratégie et parade de négociation.Car il devra y avoir négociation, c’est la prochaine étape, quels que soient les partis au pouvoir.Or, dans une négociation, il y a traditionnellement une ou des parties patronales « en défense » et une ou des parties syndicales n en demande ».Bien que toute analogie soit boiteuse, on me permettra de comparer ici le gouvernement fédéral et les provinces canadiennes à la partie patronale alors que le Québec serait comparable à la partie syndicale.C’est en effet lui qui est à l’origine des revendications, qui s’est formé en syndicat et, face à une partie patronale qui se traînait les pieds, s’est donné un exécutif « dur », entendez par là le Parti québécois.Pour poursuivre cette image, l’indépendance serait le droit de grève.Le nouveau contrat ou la convention collective recherchée par l’actuel exécutif syndical s’appelle la souveraineté-association.De son côté, le Parti libéral se présente comme une équipe alternative à cet exécutif syndical.Il proposera au Québec de négocier un projet de convention collective différent (le fédéralisme renouvelé) plus proche des positions patronales (fédérales et canadiennes) traditionnelles mais encore largement inacceptables ou de toute façon refusées dans le passé.Il s'engage de plus, tant auprès de ses membres (les Québécois) qu'auprès des représentants patronaux à ne jamais recommander ou favoriser la grève.D'un côté, le Parti québécois a une déplorable et désagréable vieille habitude à ne considérer comme bons Québécois Une solution véritable pour les réfugiés du Vietnam Le Carrefour tiers-monde a préparé cette déclaration en obtenant l’appui de plusieurs organismes: Fraternité-Vietnam, Développement et paix (Québec), Entraide missionnaire.Encuentro.Service universitaire canadien outre-mer (SUCO-Québec).Centrale de l'enseignement du Québec, et Carrefour des mouvements de la Jeunesse ouvrière chrétienne, de la Jeunesse étudiante chrétienne, du Regroupement action-milieu, et du Mouvement des travailleurs chrétiens.sur notre planète en plein XXe siècle de progrès?Sensibiliser le public au sort vraiment tragique de cette masse humaine, serait-ce empêcher la politique injuste des pays ricnes envers les pays pauvres, politiques dénoncée clairement par ceux-ci à la récente assemblée de CNUCED à Manille?A propos du Vietnam, n’est-il pas très inquiétant de constater que les principaux promoteurs du Comité québécois d’aide aux réfugiés du Sud-Est asiatique sont surtout des personnages influents de la haute finance et du monde des affaires?(cf.DEVOIR, 1er août 1979).Pourquoi dans cette campagne humanitaire en faveur des réfugiés vietnamiens, les gouvernements font-ils encore de la « sélection » en accordant un visa surtout aux commerçants, aux intellectuels, aux professionnels et en délaissant les pauvres, les infirmes, les plus démunis?Pourquoi ces mêmes gouvernements, dont le Ca- nada, cessent-ils toute aide au Vietnam, aggravant encore les difficultés économiques auxquelles 53 millions de Vietnamiens doivent faire face pour reconstruire leur pays dévasté par des dizaines de millions de tonnes de bombes et de défoliants déversés par les Américains qui pratiquent depuis quatre ans le blocus economique?Ces hommes, ces femmes, ces enfants ne méritent-ils pas d'être assistés dans leurs efforts pour améliorer leurs conditions de vie, d’être aidés pour sortir de la misère actuelle et du sous-développement?Poser les premières questions, c’est eut-être mettre en lumière l’aspect iaisé de la campagne menée par certains ouvernements pour les réfugiés au nom es principes humanitaires.Répondre aux questions qui suivent, c’est révéler notamment que l’action en faveur des réfugiés par la tournure qu’elle prend constitue une arme utilisée pour déconsidérer et isoler le Vietnam.De même, l’attitude de nos gouvernements, soi-disant éclairés, va toujours dans le même sens que par le passé.Ils ont appuyé en toute bonne conscience la destruction du Vietnam à l’époque du massacre par les Américains.Aujourd’hui, au lieu d’aider le Vietnam à se reconstruire, on le boycotte en coupant toute aide financière.De fait, une grande partie des Vietnamiens qui veulent quitter leur pays y resteraient si les conditions materielles de vie s’amélioraient.Or, malgré d’énormes difficultés, des efforts immenses sont faits au Vietnam dans les domaines de la santé (mise en place d'une admirable médecine préventive reconnue comme exemplaire par l’Organisation mondiale de la santé), de l’éducation (cette année, 12,850,000 enfants à l’école), de l'assistance sociale (réhabilitation des drogués, des ex-prostituées, soin aux orphelins).Du Vietnam on a tout dit, des choses même les plus contradictoires en ce qui concerne les réfugiés.En 1978, lors des premières sorties de réfugiés, on accusa le Vietnam d’empêcher de sortir ceux qui le désiraient au nom du principe de la liberté d’immigrer dans le pays de son choix.Puis quand il y en eut trop, on l’accusa de chasser les « indésirables ».A la conférence de Genève du 21 au 23 juillet 1979, les puissances occidentales lui ont demandé de « fermer la porte »aux sorties de réfugiés.La position du Vietnam est celle-ci: pour éviter toute sortie de Vietnamiens par voie de mer et dans des conditions périlleuses, il propose qu’on organise une immigration légale vers les pays riches mais sans option de choix de la part des pays hôtes.Dans ces circonstances, la vraie solidarité humaine nous oblige à aider les projets de développement au Vietnam pour permettre à ceux qui veulent vivre normalement dans leur patrie de le faire.Cette aide apportera en même temps une solution véritable au problème des réfugiés du Vietnam.Il ne faut pas que les réfugiés servent d’instruments ae propagande en faveur d’une politique pseudo-humanitaire contre les efforts de développement authentiques du tiers-monde et du Vietnam.que ceux qui partagent non seulement ses choix, ses orientations et ses politiques mais autant que possible ses habitudes, ses névroses et ses complexes ou même ses tics.De l’autre côté, les fédéralistes développent progressivement la même attitude d’intransigeance à l’égard des Québécois qui n’acceptent pas de s’afficher « Canadiens d’abord »; ce sont sans doute les sous-produits d’une polarisation qui connaîtra des sommets d'intolérance et d’intransigeance au cours des prochains mois.Plus nombreux seront ceux qui y résisteront, moins difficiles seront les lendemains du
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.