Le devoir, 10 mars 1976, mercredi 10 mars 1976
,V Id météo: faible chute de neige.Venteux par moments.Minimum la nuit dernière - 10.Maximum - 7.Demain: passages nuageux.Détails en page 6.Fais ce que dois 25 CENTS Vol.LXVIII - No 58 Montréal, mercredi 10 mars 1976 Saint Vivien Robert Bourassa Trudeau: élections-référendum?OTTAWA (d’après CP) — Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau a déclaré hier, à sa sortie des Communes, qu’il mènerait volontiers une campagne électorale sur la question du rapatriement de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, s’il ne parvenait pas à obtenir l’accord soit des provinces, soit du parlement.En de semblables circonstances, a-t-il précisé, une élection pourrait être “une façon de vérifier si la population souhaite vraiment que soient effacées les dernières traces de colonialisme” au Canada.Peu auparavant, le premier ministre avait informé la Chambre du voeu gouvernemental de faire disparaître les derniers vestiges de colonialisme au pays.Au leader du Crédit social, M.Real Caouette, qui l’interrogeait à ce propos, M.Trudeau avait répondu que le gouvernement n’abandonnerait pas ses efforts visant à un accord avec les provinces, mais qu’adve-nant un échec complet à ce niveau, c’est aux Communes et au Sénat qu’il proposerait lui-même le rapatriement.“Le Canada est le seul pays au monde dont la législation puisse être amendée par un autre pays.Nous voulons mettre fin à cette situation,” a encore déclaré le premier ministre, avant de faire savoir qu’il aura pris une décision définitive, d’ici un mois, quant à l’idée d’un rapatriement unilatéral.M.Caouette venait justement de louer “le courage” qu’avait manifesté M.Trudeau à Québec, vendredi dernier, en annonçant aux congressistes libéraux l’intention du gouvernement fédéral de procéder unilatéralement au rapatriement de la constitution, si les provinces ne faisaient pas l’accord sur une formule donnée.Le chef du parti conservateur, M.Joe Clark, a déclaré pour sa part, hors des murs de la Chambre, que le premier ministre Trudeau avait déjà modifié son attitude quant à la possibilité d’un rapatriement unilatéral.Selon M.Clark, les dernières remarques du premier ministre Trudeau indiquent qu il a déjà réalisé son erreur, qu’il est maintenant plus doux, plus conscient du rôle que doivent jouer les provinces, “plus conciliant car il a spécifié qu’il y aura consultation avec toutes les provinces, non seulement avec le Québec”.“Je crois, a poursuivi M.Clark, que tous les Canadiens espèrent que la Constitution sera rapatriée, mais ce n’est pas si simple que ça.” M.Clark s’est permis des commentaires sarcastiques sur les propos électoraux du premier ministre.Ce dernier donne l'impression “de se livrer à une partie de pêche où il tendrait l’appât aux questions électorales”, a-t-il déclaré.M.Trudeau ferait preuve de peu de sagesse, a ajouté M.Clark, en se livrant au rapatriement de façon unilatérale, même s’il ne parvenait pas à obtenir l'accord de toutes les provinces.Il est indispensable, selon lui, que soit mise au point une formule d’amendement acceptable à toutes les provinces.“Il ne servirait de rien, précise-t-il, de ramener la constitution au pays, si elle ne peut pas être utilisée ensuite.” Mais M.Clark est convaincu que la question particulière d’une formule d’amendement n’aurait que peu d’attrait en campagne électorale.“La seule façon d'en faire une question valable, dit-il, consisterait pour le premier ministre à en faire l’objet d'un référendum." Mais le chef de l’opposition ne voit pas les référendums d’un bon oeil, sous un régime de démocratie parlementaire.Pierre-Elliott Trudeau Bourassa mobilise les provinces par Gilles Lesage QUÉBEC — Le premier ministre a confirmé hier soir qu il est en voie d’établir avec ses homologues des autres provinces une “stratégie" d’ensemble, pour le cas où M.Trudeau mettrait à exécution sa menace de procéder de façon unilatérale au rapatriement de la constitution.Sans dévoiler le contenu de ses entretiens avec les autres premiers ministres — il a parlé à tous, sauf à M.Bennett, de la Colombie-Britannique, qui est en va- cances — M.Robert Bourassa a dit qu’il avait pris les devants et qu’il était fort encouragé par la réaction de ses collègues.“ Je crois que le Québec ne sera pas isolé”, commente-t-il.M.Bourassa avait choisi l’émission de télévision “Le 60", de Radio-Canada, pour faire connaître ses premières réactions à la diatribe que lui a servie M.Trudeau vendredi dernier.Il a préféré cette tribune, pourtant fort décriée dans les rangs libéraux, à une conférence de presse où tous les journalistes auraient pu l'interroger.Radio-Canada a toutefois eu la gentillesse de permettre aux reporters de voir à l'avance l’entrevue de vingt minutes que M.Bourassa a accordée à André Payette.Comme la plupart des observateurs s’y attendaient, M.Bourassa — aussi bien coiffé et maquillé que d’habitude — ne s’est pas départi de son "low profile”; et même s’il a décoché quelques flèches légères à M.Trudeau, il l’a fait sur un ton neutre, ne s’enflammant que pour dénoncer “la démagogie et l'opportunisme des chefs séparatistes”.M.Bourassa reconnaît que M.Trudeau semble avoir atténué sa position rigide de vendredi, mais il répète que, sur le fond, le Quebec n’est pas d’accord pour faire du rapatriement de l’AANB une opération complète en soi.Il ne veut pas prendre de risque sur ce sujet, d’où ses consultations téléphoniques avec les autres chefs provinciaux, dont M.Hatfield, du Nouveau-Brunswick, qui a dit que ce serait un “a-bus de pouvoir" si Ottawa rapatriait unilatéralement la constitution de Londres.M.Bourassa se contente de constater sobrement que M.Trudeau a employé “un ton insolite” à son égard, que M.Marc Lalonde s’est employé à qualifier de “boutades”.Il note qu’il est de tradition que les premiers ministres du Québec qui ne sont pas d'accord avec un projet fédéral reçoivent ce traitement de la part d'Ottawa: ainsi de M.Saint-Laurent envers M.Duplessis, ou de M.Trudeau en-' vers M.Johnson et lui-même.Il ajoute que les attaques des péquistes et des diri-eants syndicaux du secteur public l’ont abitué à ce ton “assez hargneux”, qu'il ne veut pas utiliser lui-même et qui, à tra-Voir page 6: Bourassa Une Mauricie sans fi n~ d’épinettes et de sapins par Guy Deshaies Dons le cadre d’une enquête sur les problèmes du transport, notre collaborateur Guy Deshaies traverse présentement le Canada A bord du Super-, Continental du Canadien National.Il nous livre ici son carnet de voyaqe.Une fois passé North Bay le jour se lève, blafard, parmi les épinettes qui défilent sous les vitres embuées du Super-Continental.Le train serpente et la locomotive du devant siffle souvent bien que les passages à niveau soient rares et déserts.Pendant ce temps, sur la voie du CN qui sépare Toronto de Carreol, le long de la baie Géorgienne, un autre train file vers le nord pour venir accrocher ses deux wagons-coach au Super-Continental.Il a quitté Toronto à minuit avec sa cargaison de passagers, la plupart des jeunes gens à la conquête de l’Ouest.A 8 h 25 le Super-Continental numéro 1 rentre à l'heure à Capreol et se glisse le long du convoi de Toronto arrive quelques minutes plus tôt.Il fait très froid mais les quatre jeunes Québécois se promènent en riant le long du quai de la petite gare.On procède au décrochage et à raccrochage des wagons tandis que Pierre, le préposé au service voyageur, traverse le train en annonçant que le petit déjeuner est servi dans la voiture-restaurant.C’est le premier service.C'est à nouveau les bruisements de rideaux, les voix endormies qui demandent à Oscar où on est rendu, les grincements des portes coulissantes des compartiments.Oscar consulte sa rosse montre, soulève son képi rouge e sa main droite pour se gratter la tète et annonce triomphalement de toutes ses dents blanches: “On est à l'heure." Cela veut dire que dans les 424 milles qui nous séparent maintenant de Montréal on a rattrapé 45 minutes de retard.Et pourtant, outre les arrêts statutaires a Daventry et Field, il y a eu quelques convois de marchandise à faire passer en priorité.Lorsqu'un train venant en sens inverse franchit avant son opposé les feux qui sont situés à un mille de part et d’autre de la voie d’évitement, un aiguillage automatique dirige l'autre train sur cette voie.Les mécaniciens appellent cela “faire du siding”.Parfois, l’hiver, les aiguillages sont gelés et les mécaniciens doivent descendre sur la voie avec leurs lanternes et un outil spécial pour ouvrir l'aiguillage.“Ça prendrait deux voies, répète le conducteur, qui nous parle du temps où les locomotives à vapeur étaient plus rapides en temps moyen que les trains diesel d'aujourd'hui même si ces derniers peuvent filer à plus de 80 milles à l’heure.En réalité la moyenne de vitesse du Super-Continental est d’environ 35 milles à l'heure entre Montréal et Vancouver puisqu'il met 84 heures à couvrir les 2,914 milles qui séparent les deux villes.Mme Tania émerge de son compartiment dans un étourdissant tourbillon parfumé à la framboise, se plaint d’avoir mal dormi et dirige ses pas vers la voiture-restaurant.A 9 h 35 le train démarre.Ce ne sera que le lendemain matin, vers 9 h, qu’il quittera l’Ontario pour entrer au Manitoba.Depuis Montréal le Super-Continental entre en Ontario vers 1 h le matin ce qui signifie que la traversée de l'Ontario dure 33 heures.Il décrit une grande boucle autour des lacs Huron et Supérieur mais à 100 milles plus au nord dans la partie la lus large de l’Ontario, d’est en ouest.passe au sud de la réserve Tima-gami pour rejoindre la ligne venant de l'Abitibi à Nakina, au coeur de l’Ontario.Il passe ensuite au nord de la réserve forestière de Nipigon, file sur Superior Junction et Sioux Lookout avant de quitter la frontière ontarienne à Ophir.En clair cela veut dire, des épinettes et des trembles tout au long, de la neige, des lacs gelés, des ponts de bois, des chemins blancs déserts, de temps à autres un convoi de bois de pulpe et avec de la chance un chevreuil qui enjambe une cascade on dirait une Mauricie sans fin.Voir pag« 6: L'Ouest J L’accident du Stade Erreur, incompétence, hâte, le coroner ad hoc décidera MM mWÏV'M En grand désarroi, le directeur général de la Régie des installations olympiques, M.Roger Trudeau, reconnaît que la tragédie est attribuable à une “erreur humaine”.(Téléphoto CP) per Bernard Descôteaux Pour la Régie des installations olympiques, l’accident qui vient de coûter la vie à quatre travailleurs au chantier olympique est tout simplement le résultat d'une "erreur humaine”; pour les syndicats de la construction, c’est surtout’le résultat d'un rythme fou de travail, une “erreur d'incompétents et de gars pressés”.C’est ce qui ressort des declarations faites hier par les représentants de la Régie au sommaire ¦M.Bourassa fidèle à lui-même: un éditorial de Michel Roy ¦Un enjeu pour les cantonales: une analyse de Georges Vigny ¦ Le stade de la mort: un commentaire de J.-C.Leclerc — page 4 ¦ Réalités économiques Scandinaves — page 8 ¦Un rapport recommande une réforme radicale de la police de Laval — page 3 ¦La violence à la télévision: un coup de frein de l’Ontario ?— page f 0 ¦Claude Desrosiers: revaloriser le rôle du député et freiner l’érosion de son influence — page 11 et des syndicats, cherchant chacun à expliquer les circonstances de l'accident, oui sera d'ailleurs l'objet d’une enquête du coroner, à une date encore indéterminée, sous la présidence de Me Cyrilie De-lage, commissaire aux incendies, nommé coroner ad hoc par le ministre de la Justice.L’accident est survenu à 22 h 20 lundi soir: deux pièces de béton préfabriquées pesant respectivement 19 et 22 tonnes sont tombées d’une hauteur de 185 pieds.Deux des quatre ouvriers qui travaillaient à l'intérieur de ces pièces ont été tués sur le coup, les deux autres sont décédés un peu plus tard.Les victimes sont Benoit Breton, 27 ans, de Saint-Henri-de-Lévis, Bertrand Fortin, 23 ans, de Notre-Dame-’ d'Hébertville, Paul-Emile Neveu, 40 ans, de Montréal, et Xavier Harvey, 43 ans, de Saint-C’harles-Borromée, comté de Lévis.Depuis l'ouverture du chantier, sept ouvriers y ont perdu la vie, selon les décomptes officiels.Cette tragédie n'a pas manqué de semer le désarroi et la consternation parmi les ouvriers.Immédiatement après l’accident, le chantier a été fermé.A la reprise du travail hier matin, plusieurs compagnons des victimes ne sont pas rentrés et l'après-midi, le chantier était totalement désert.Selon un porte-parole du Conseil provincial des métiers de la construction, M.Jean-Claude Lebrun, aucun mot d'ordre n'a été donné.L’accident a provoqué la colère des ouvriers, dit-il, et ils ont signifié leur exaspération en refusant de travailler.Leur colère se doublait de peur puisque plusieurs autres accidents graves sont survenus au cours des jours précédents, a précisé M.Lebrun.Du côte de la Régie, on se disait assuré que les ouvriers reprendraient le travail normalement dès 19 heures, hier soir, mais du côté des syndicats, on disait tout ignorer des intentions des ouvriers.Au cours de la soirée, un porte-parole de la Régie a indiqué que seulement quelques centaines d'ouvriers s’étaient présentés au travail.Du même coup, la Regie reportait à ce matin ses espoirs de voir la situation revenir à la normale, mais rien n'était certain.Voir page 6: Erreur Ford et Carter vainqueurs en Floride WASHINGTON (AFP) - Le président Ford et l'ex-gouverneur de Géorgie Jimmy Carter émergent en vainqueurs en Floride de la troisième des grandes “primaires" qui jalonnent, en 1976, la longue course à la présidence.Alors que plus de 75% des bulletins de vote étaient dépouillés, le président Ford menait avec 53% contre 47% à M.Reagan.Du côté démocrate, Jimmy Carter recueillait quelque 35% des voix, suivi du gouverneur George Wallace avec 32% et le sénateur Henry Jackson avec 22%.Dans le camp républicain, la victoire du président, considérée comme acquise par les trois grandes chaînes de télévision une heure seulement après la fermeture des bureaux de vote, parait sonner le glas des espérances de M.Ronald Reagan.L'ex-gouverneur de Californie avait frôlé de près la victoire dans la première des “primaires”, dans le New Hampshire, le 24 février.Une semaine plus tard, dans le Massachusetts, le président Ford le distançait largement.En Floride, Etat "sudiste" et surtout traditionnellement considéré comme “conservateur", l’échec de l'ex-gouverneur de Californie, donné par ses partisans il y a quelques semaines encore comme un vainqueur certain, est particulièrement cuisant.On voit mal à présent comment M.Reagan ou un autre aspirant à l'investiture tel l'ex-gouverneur du Texas John Connally, qui ne dissimulait guère ses ambitions, pourrait sérieusement menacer le président Ford pour la nomination de son parti devant la convention républicaine de Kansas City en août prochain.Le président Gerald Ford s’est déclaré enchanté hier soir par les résultats de l'élection primaire républicaine de Floride où il a devancé M.Ronald Reagan, son rival pour l'investiture de son parti pour l’é- lection présidentielle de novembre.“Je suis tout simplement ravi des résultats”, s'est exclame, tout sourire, le chef de l’exécutif.M.Ford a ajouté que ce n'était cependant pas pour lui le moment de conseiller à l’ancien gouverneur de Californie, M.Reagan, de renoncer à son défi contre le président sortant.La semaine prochaine les deux hommes seront à nouveau opposés à l’occasion de l'élection primaire l'Illinois.La lutte reste beaucoup plus ouverte dans le camp démocrate.Le net succès de M.Carter réduit sans doute à néant les es- Voir page 6: Ford ie CRÉDIT HYPOTHÉCAIRE inc compagnie gérante de I ENTMIK IMM0M.IBK UtUKKTEME 9 2 • Le Devoir, mercred* 10 mars 1976 La station CFVO est encore viable, disent ses dirigeants devant le CRTC OTTAWA (PC) — Bien qu’ils ne disposent que d’une marge d’action fort limitée, les dirigeants de la station coopérative de télévision CFVO estiment que l’état financier de l’entreprise hulloise est assez bon pour lui permettre de croître sans abandonner ses objectifs premiers.Postulant hier, devant le Conseil de la radio-télévision canadienne (le CRTC), le renouvellement de son permis de radiodiffusion, le conseil d’administration de CFVO a présenté des prévisions budgétaires excédentaires pour l’exercice de l’année courante.Le président du conseil d’administration, M.Rémy Beauregard, a précisé que les revenus publicitaires s’élèveraient à environ $1,5 million et que les dépenses d’opération prévues se chiffraient par $1,3 million, donnant un profit total, avant amortissement, de plus de $170,000.Les frais d’amortissement atteignant $200,000 par année, CFVO sera confronté à un léger déficit de $27,000 que les dirigeants de la station entendent combler grâce à une campagne de financement populaire.Ce budget remanié a été mis au point par le comité des finances de CFVO, récemment créé pour répondre aux problèmes financiers que connaît depuis sa création la coopérative.Le comité réunit le président et le vice-président du conseil d’administration, ainsi que des représentants des Caisses populaires de l’Ontario et du Québec, de la Caisse de dépôt et de placement et de la Banque canadienne nationale.Plusieurs membres du CRTC ont donné une attention marquée au rôle exact du comité en question, et certains ont exprimé l’inquiétude qu’il ne s’empare de la direction de la station.Mais M.Beauregard a tenté de rassurer les commissaires en expliquant que le co- Accident de téléférique en Italie: 42 morts TRENTE (AP) — Quarante-deux touristes ont trouvé la mort hier soir dans un accident de téléphérique dans les Alpes italiennes, non loin de Trente.Selon la police, la plupart des victimes sont oes étrangers, en majorité ouest-allemands et autrichiens.Quatre seulement sont italiennes.Un seul des occupants, une fillette, de la benne accidentée a survécu.Elle est grièvement blessée.La cabine a littéralement éclaté en heurtant les rochers et les corps ont été dispersés sur une large étendue.Les premiers sauveteurs, des chasseurs alpins rapidement acheminés sur les lieux par hélicoptère, se sont aussitôt mis à l’oeuvre pour les rassembler à la lumière des projecteurs électriques.La catastrophe s’est produite vers 17 h 30 (16 h 30 GMT).La cabine redescendait vers la station d’arrivée lorsque un câble s’est cassé.Les cadavres ont été déposés dans une chapelle improvisée.Leur identification aura lieu ce matin par le juge de première instance.D’ici là, personne n’a le droit de pénétrer dans l’hôpital, gardé par les carabiniers.mité n’avait qu’un rôle purement consultatif.D’autre part, le directeur général de la station, M.Gilles Poulin, a souligné le fait 3ue le nombre d’actionnaires était passé e 1,500 à 10,000 depuis 1973, et le capital-actions de $250,000 à $1 million.Il en a inféré que la formule coopérative a été entièrement respectée et s’est même renforcée, depuis l’octroi du permis à CFVO, le 3 août 1973.Il est vrai, a-t-il ajouté, que nous avons dû retarder la mise en oeuvre de certains de nos objectifs, mais ceux-ci n’ont jamais été perdus de vue.Ainsi il reconnaît que la programmation locale est passée des 17 heures et demi du début à deux heures et demi puis cinq heures plus récemment, mais cet “a-bandon” a été exigé par la faible rentabilité des émissions locales, due à leur faible cote d’écoute.La station ou-taouaise ne prévoit pas d’ailleurs augmenter le nombre d’heures consacrées aux émissions locales cette année; celui-ci pourrait même être réduit de nouveau à deux heures et demi par semaine, en juin prochain.D’autre part les dirigeants de la coopérative ont déploré qu'ils n’aient pu s'approvisionner en emissions ailleurs qu’à Télé-Métropole.Ainsi ni l’Office national du film, qui est lié à Radio-Canada par un contrat d’exclusivité, ni Radio-Québec, ni l’Office du film du Québec ne lui ont fourni de matière première.L’un des commissaires, M.Jacques Hébert, venait de signaler que le contenu canadien des émissions de CFVO était inférieur à la norme définie par le CRTC, et avait reproché aux dirigeants de la station de programmer des émissions de violence et des films pornographiques.M.Poulin a également précisé que les restrictions budgétaires adoptées par le conseil d’administration avaient nécessité une nouvelle réduction du personnel, qui sera de 38 employés le mois prochain, contre 59 à l’origine.Toutefois, les effectifs du service des nouvelles et de l’infor- mation se sont accrus.Une douzaine d’organismes populaires de la région de TOutaouais ont soumis des mémoires au CRTC, la plupart favorables au renouvellement du permis mais réclamant un “retour” aux objectifs fondamentaux de la station coopérative.La veille, le Front commun des communications, qui regroupe des syndicats des communications et des associations de consommateurs, avait également rappelé que CFVO était à l’origine un “projet cooperatif à caractère communautaire orienté sur la participation populaire.un instrument de promotion sociale axé sur les besoins de la collectivité de l’Ou-taouais”.Contre les sondages en période électorale OTTAWA (d’après CP) - La publication des résultats de sondages d’opinion en période électorale n’a guère d’autre effet que de perturber le processus même des élections: les députés membres du comité parlementaire sur les élections en semblent à peu près tous convaincus, et ont indiqué nier qu’ils favoriseraient tout au moins l’adoption de mesures restrictives à l’égard de ces sondages, sinon leur suppression.La question a été soulevée au cours de l’examen par le comité de projets de loi particuliers présentés par deux députés conservateurs.L’un, le député John Reynolds, propose tout bonne- ment l’interdiction des sondages durant les campagnes électorales; sa province, la Colombie-Britannique, a déjà adopté une mesure du genre, voici quelque temps.Son collègue M.Robert Costes, recommande que les sondages soient soumis à une réglementation, à l’époque des campagnes électorales.Il est peu de représentants des trois principaux partis de la Chambre qui se soient prononcés contre le recours aux sondages en temps d’élection, mais la plupart d’entre eux sont d’accord pour dénoncer la publication des résultats dans les journaux ou les media électroniques.En appelant le juge Hugessen Drury tentait d’obtenir que Ouellet s’excuse auprès de Mackay hors cour OTTAWA (PC) — Le ministre des Travaux publics, M.W.M.Drury a appelé le juge en chef adjoint James Hugessen en janvier pour tenter d’obtenir un règlement hors cours, afin d’éviter un procès sous l’accusation d’outrage au tribunal au ministre de la Consommation, M.André Ouellet.C’est ce qu’ont révélé hier soir des sources gouvernementales.M.Drury a demandé au juge Hugessen, qui devait entendre la cause de M.Ouellet, si le ministre pouvait présenter ses excuses au juge Kenneth Mackay afin d’éviter un procès.Selon le réseau CTV, M.Drury a également fait valoir au juge Hugessen que toute cette affaire “était extrêmement délicate” parce que M.Ouellet et certains membres du cabinet “tendaient à interpréter l’accusation d’outrage comme le harcèlement d’un ministre canadien-français par l’establishment juridique de Montréal.” “Si ce rapport est vrai, alors le ministre a passé le Rubicon”, a déclaré le leader conservateur de la Chambre, M.Walter Baker, "s’il ne l’avait pas déjà franchi”.“Si cela est vrai, il ne lui reste auxune possibilité de défense.Car c’est une preuve très évidente d’ingérence et qui devrait mener à sa démission immédiate du gouvernement.” M.Eldon Williams (PC — Calgary Nord) a insisté en demandant au ministre si sa réponse signifiait que les conversations des ministres sont secrètes “p»u importe ce qui se dit”.La nouvelle réponse affirmative de M.Drury a provoqué les huées de l’Opposition.Le premier ministre Trudeau a déclaré mal comprendre pourquoi l’Opposition se livrait ainsi à ce qu’il a appelé des “tactiques de diversion”.Le débat doit porter sur ce que les ministres disent aux juges et non pas sur ce dont ils parlent entre eux, devait-il ajouter.Interrogé au sortir des Communes, M.Clark devait confier son intention de continuer à harceler les ministres sur ce sujet épineux, mais, a-t-il expliqué, nous sommes limités dans nos efforts parce qu’ils ont parfaitement le droit de ne pas répondre aux questions.les négociations: salaires offerts aux enseignants Le Gouvernement du Québec et ses partenaires offrent aux enseignants des commissions scolaires et des collèges d’importantes augmentations de salaires dans le cadre des négociations en cours.Selon les années de scolarité et d’expérience, ces augmentations varient de 26,5% à 50% en 1975/1976 en regard des échelles en vigueur en 1974/1975.Pour les deux dernières années de la convention, les augmentations seraient respectivement de 8% et de 6%.1974/1975 Années d'expé- rience scolarité *• 12 ans at moins 13 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans* 1 5 824 6 218 6812 7 487 8 232 9 033 9 940 10 920 12012 2 5 972 6 455 7 062 7 755 8 525 9 366 10 307 11 324 12 436 3 6 133 6 688 7 314 8 025 8 818 9 695 10 675 11 730 12 855 4 6 381 6 950 7 586 8 325 9 134 10 057 11 076 12 168 13318 5 6 637 7 216 7 867 8 624 9 459 10 420 11 473 12 606 13 772- 6 6 902 7 487 8 148 8 916 9 782 10 781 11 874 13 041 14 227 7 7 189 7 781 8 470 9 245 10 138 11 176 12 303 13510 14716 8 7 485 8 079 8 766 9 577 10 494 11 570 12 738 13 977 15 201 9 7 772 8 378 9 078 9 909 10 850 11 962 13 167 14 446 15 689 10 8 066 8 671 9 391 10 240 11 206 12 355 13 598 14 913 16177 t 11 8 385 9 002 9 734 10 602 11 606 V 12 792 14 072 15 433 16712 12 8 708 9 332 10 075 10 963 12 006 13 231 14 546 15 950 17 249 13 9 024 9 665 10 420 11 324 12 405 13 666 15 020 16 469 17 788 14 9 348 9 996 10 764 11 685 12 806 14 103 15 495 16 989 18 322 15 9 665 10 327 11 107 12 048 13 203 14 540 15 969 17 506 18 860 1975/1976 Années d'expé- rience Scolarité ** Moins de 14 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans* 1 8617 8 890 9 733 10 660 11 638 12 574 13 814 15 195 2 8 933 9216 10 081 11 040 12 067 13 038 14 325 15 732 3 9 252 9 545 10 432 11 419 12 491 13 504 14 838 16 262 4 9 596 9 900 10 822 11 829 12 957 14 011 15 393 16 847 5 9 952 10 266 11 211 12 249 13 425 14 513 15 947 17 422 6 10 307 10 633 11 591 12 668 13 890 15 021 16 497 17 997 7 10714 11 053 12018 13 129 14 399 15 563 17 090 18816 8 11 089 11 440 12 450 13 590 14 907 16 114 17 681 19 229 9 » 11 484 11 847 12 882 14 051 15412 16 656 18 274 19 847 10 11 880 12 255 13312 14 512 15918 17201 18 865 20 464 11 12314 12 703 13 783 15 030 16 481 17 801 19 523 21 141 12 12 745 13 148 14 252 15 548 17 047 18 401 20 177 21 820 13 13 181 13 598 14 721 16 064 17 607 19 000 20 833 22 502 14 13616 14 047 15190 16 584 18 170 19 601 21 491 23177 15 14 050 14 495 15 662 17 098 18 733 20 201 22 145 23 858 Il faut aussi noter qu’à chaque année l’expérience acquise permet au professeur de gravir un échelon de l’échelle salariale.Ainsi dans l'exemple illustré, le professeur qui avait 16 ans de scolarité et 7 ans d’expérience gagnait $10138 au 30 juin 1975.Son salaire passe à $13 590 au 1er juillet 1975 (8e échelon) puis à $15175 au 1er juillet 1976 (9e échelon).Enfin au 1er juillet 1977, le salaire de ce professeur se situe à $16 613 (10e échelon).Entre l’échelle de 1974/1975 Lt celle de 1977/1978 la différence pour ce professeur est dohc de $6 475 soit une augmentation de 63,8%.i Les pourcentages d'augmentation prévus à l’échelle de 1975/1976 sont les suivants: années de scolarité Moins de 14 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans de 35% à 50% 30.5% 30% 29.5% 28.84% 26.5% 26.5% 26.5% Ces pourcentages incorporent l’indemnisation (pour le coût de la vie) déjà versée pour 1974/1975 en supplément de l’échelle de 1974/1975.$6 475 63.8% 1977/1978 Années Scolarité* rience Moins de 14 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans* 1 9 864 10 177 11 143 12 204 13 323 14 395 15814 17 396 2 10 227 10 550 11 540 12 638 13 814 14 926 16 399 18 010 3 10 592 10 928 11 943 13 073 14 299 15 459 16 986 18617 4 10 986 11 334 12 389 13 542 14 834 16 040 17 621 19 287 5 11 393 11 752 12 834 14 023 15 369 16614 18 256 19 945 6 11 800 12 173 13 269 14 502 15 901 17 196 18 886 20 603 7 12 265 12 653 13 758 15 030 16 484 17816 19 564 21 311 8 12 695 13 096 14 253 15 558 17 066 18 447 20 241 22 013 9 13 147 13 563 14 748 16 086 17 644 19 067 20 920 22 721 10 13 600 14 029 15 240 16 613 18 222 19 692 21 596 23 427 11 14 097 14 542 15 779 17 206 18 867 20 379 22 350 24 202 12 14 591 15 052 15 567 16316 17 800 19 516 21 065 23 098 24 980 13 15 089 16 853 18 390 20157 21 751 23 850 25 760 14 15 587 16 081 17 389 18 986 20 801 22 439 24 603 26 533 15 16 084 16 594 17 930 19 574 21 446 23 126 25 352 27 313 1976 /1977 Années d’expé- rience Scolarité** Moins de 14 ans 14 ans 15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans* 1 9 306 9 601 10 512 11 513 12 569 13 580 14 919 ’ 16411 2 9 648 9 953 10 887 11 923 13 032 14 081 15 471 16 991 3 9 992 10 309 11 267 12 333 13 490 14 584 16 025 17 563 4 10 364 10 692 11 688 12 775 13 994 15132 16 624 18 195 5 10 748 11 087 12 108 13 229 14 499 15 674 17 223 18816 6 11 132 11 484 12 518 13 681 15 001 16 223 17817 19 437 7 11 571 11 937 12 979 14 179 15551 16 808 18 457 20 105 8 * 11 976 12 355 13 446 14 677 16100 17 403 19 095 20 767 9 12 403 12 795 13 913 15175 16 645 17 988 19 736 21 435 10 12 830 13 235 14 377 15 673 17191 18 577 20 374 22 101 11 13 299 13 719 14 886 16 232 17 799 19 225 21 085 22 832 12 13 765 14 200 15 392 16 792 18411 19 873 21 791 23 566 13 14 235 14 686 la 899 17 349 19016 20 520 22 500 24 302 14 14 705 15171 16 405 17911 19 624 21 169 23 210 25 031 15 15 174 15 655 16915 18 466 20 232 21 817 23 917 25 767 ' Scolarité de 20 ans et un doctorat de 3iéme cycle.' Conformément au Manuel d évaluation de la scolarité du ministre Gouvernement du Quebec Ministère de l'Education à V UE DEVOIR Page 3 Montréal, mercredi 10 mars 1976 rLE NORD ?Bien sûr .mais aussi 23 vols par semaine pour OTTAWA, HAMILTON, PITTSBURGH, WINDSOR/DETROIT NO Fi OA!R Le vol aux heures d’affaires jS Une firme d’experts-conseil s recommande au gré du temps une réforme radicale de la police de Laval par Gilles Provost Boiteux et inefficace, le Service de police de Ville de Laval est dépeint en termes extrêmement sévères dans le rapport d'une firme d’experts-conseils qui, a la demande de la ville, a déposé hier un plan de réforme complet et détaillé de toutes les activités policières sur l’île Jésus.De façon générale, les deux épais volumes déposés par la firme Roger Pomin-ville Ltee tracent un tableau accablant de la situation actuelle de cet important corps policier.Son rendement est inférieur à celui des autres corps policiers comparables; les pouvoirs de decision sont trop concentrés entre les mains d'un directeur indécis et incapable de collaborer avec un état-major incompétent; un personnel insuffisant, déchiré par de graves dissensions internes, est éparpillé dans des locaux non fonctionnels et mal situés; un climat de travail irrespirable et des relations humaines déplorables entraînent un taux d’absentéisme alarmant; les mesures discipli- naires et les promotions sont arbitraires et inconséquentes; les objectifs et priorités sont mal définis, l’organisation est défaillante, il manque de coordination, etc.Pour parer à ces problèmes angoissants pour les citoyens qui déplorent très souvent des plaintes sans que personne ne fasse enquête, le rapport Pominville recommande une longue série de réformes parfois draconiennes et généralement très détaillées.Après avoir fait remarquwr que les ci- toyens de Laval paient moins cher, per capita, pour la police que bien d’autres villes du Québec et soulignant que le personnel de ce service a augmenté trois fois moins vite que le reste des fonctionnaires de Laval, le rapport recommande d’embaucher immédiatement vingt policiers supplémentaires ainsi que 14 civils qui pourraient assumer des tâches présentement assumées par des policiers.D’ici cinq ans, dit le rapport, il faudrait qu’on arrive à un taux de 1.65 policiers Les commissions protestantes ont le droit de contester la loi 22 (Deschênes) par Clément Trudel Le juge en chef de la Cour supérieure, M.Jules Deschènes, a admis hier la requête des 10 commissions scolaires protestantes oui contestent la constitutionnalité de la Loi 22 sur la langue officielle.Il a écarté la prétention des procureurs du gouvernement qui mettaient en doute l’aptitude légale des pétitionnaires.On se rappelle que vendredi dernier, au nom du procureur général du Québec, Me Roger Thibaudeau, avait invoqué quatre motifs à l’appui de sa requête en irrecevabilité.Le juge en écarte deux carrément; 1) l’action déclaratoire en inconstitutionnalité d’une loi existe au Québec et l’arrêt Saumur, cité par Me Thibaudeau, a précédé la modification apportée (en 1966) à l'article 55 du Code de procédure civile, de sorte que le juge Deschênes croit que ce recours est ouvert aux demanderesses; 2) le tribunal n’est pas prêt à restreindre le droit d’ester en justice accordé aux commissions scolaires par l’article90 de la Loi de l’instruction publique (Me Thibaudeau était d’avis qu une commission scolaire, créature de la législature provinciale, n’était pas autorisée à contester une loi de la province qui lui avait délégué ses pouvoirs).Quant aux deux autres motifs d’irrecevabilité, le juge Deschênes tranche ainsi le débat: al la défense assimile la démarche des commissions scolaires à une ‘‘class action" ou action représentative, mais sans en donner une définition; avant d’y revenir dans son jugement sur le fond, fa Cour estime q-’.'il serait pour le moins dangereux d’extrapoler, d’appliquer à des commissions scolaires des arrêts touchant d'autres types de corporations.b) reste le dernier motif alléguant que les commissions scolaires ne sont pas des personnes physiques et ne répondent pas a la "class of persons" visée par l’article 93 de l’AANB.Il serait prématuré de trancher aujourd’hui, affirme le juge Deschènes.dont le jugement intérimaire sera transcrit et disponible ces jours-ci, avant d’entendre les parties sur le fond.Les commissions scolaires “paraissent" affectées par la Loi 22 dont elles cherchent à faire déclarer ultra vires plusieurs paragraphes.Pour l’instant, les causes citées, qui se sont rendues jusqu'au Conseil privé, inspirent cette remarque au juge Deschênes: le Conseil prive ne prononce pas d’exclusive à l’encontre des personnes morales.Les heures qui suivirent, lors de l’au- aujourd’hui Les collectes de sang de la Croix-Rouge se tiennent aujourd'hui, de 9 h 30 à 16 heures au cégep Ahuntsic et de 10 h à 16 h 30 au cégep Dawson.• A midi.M.Yvon Charbonneau est l’invité des étudiants de l’École Polytechnique de Montréal à l'occasion du débat-midi.• A 12 h 30.l ex-Jérola Jean Lapointe est l'invité du Club Saint-Laurent Kiwanis de Montréal au salon bleu de l'hôtel Ritz Carlton.• A 14 h 30, s’ouvre à l'Oratoire du Mont-Royal la neuvaine à Saint-Joseph.Ces neuf jours de reflexion et de prière précèdent chaque année la fête du 19 mars et marque un temps fort dans la vie de ce sanctuaire.• A 19 h 30, le Mouvement Action-Chômage continue sa série d'assemblées d'information sur les nouvelles législations concernant l'assuranco-chômage, au 4245 Berri.pour les travailleurs du centre-ville.• A 20 heures, M.Jacques Gouin parle du rôle militaire de la famille Panel, lors de la réunion mensuelle de la Société généalogique canadienne-française.à l’école Laurier, angle Laurier et Berri.• A 20 heures, M.Y.A.Wilks prononce une conférence sur les “aspects philosophiques de l'intelligence artificielle", à l’invitation du département de philosophie de l’UQAM, au centre Riverin, 1199 Bfeury, local 10010.GUÉRIR du diabète: espoir de milliers de Canadiens ASSOCIATION DU diabeteI bu QUEBEC dience d’hier, ont été réservées à Me Robert Graham, qui s’est appliqué à retracer, dans les lois scolaires, la source et l’évolution des “droits garantis” et des privilèges auxquels ne pourrait pas porter atteinte l’Assemblée nationale par sa loi 22 ou par quelque autre loi.Cette partie de la plaidoirie peut se rapprocher d'un cours sur l’histoire du droit scolaire, centré sur une loi on ne peut plus importante pour la thèse soutenue par le PSBGM et les neuf autres demanderesses: celle de 1861.Me Graham esquisse la situation des “dissidents” dans le régime scolaire de ce qui fut le Bas-Canada (Québec), signale au passage les premières mentions faites dans la loi quant à la langue d’enseignement, aux droits de gérance, au choix des manuels et aux rôles respectifs du pasteur ou du prêtre quant aux manuels d’enseignement religieux.Contre la mainmise de l’État sur l’école, Me Graham cite un arrêt de la Cour d’appel (1926) où le juge Rivard défend sans réserve le droit des parents à régler toute question pertinente à l’éducation.Le juge Deschênes, dont la remarque portera, ramène le plaideur à la “substance” des lois plus qu’à leur enveloppe.Jusqu’en 1848, prévalait un unilinguisme anglais (ce qui n’empêchait pas les traductions) qui, au Bas-Canada, fit place à un bilinguisme officiel.Incidemment, le juge Deschênes se préoccupe, au fil de cette plaidoirie, de la iangue‘'officielle" au moment où fut proclamée telle ou telle loi scolaire, ce qui nous vaut d’apprendre que .des recherches menées par Me Graham à McGill l’ont conduit une traduction française d’un texte de loi proclamé en anglais.(McGill n’avait pas dans ses archives le texte anglais).En résumé, les droits garantis, invoqués par Me Graham, englobent; le droit Voir page 6: Deschènes Le juge Deschênes pour 1,000 citoyens alors que le taux n’est que de 1.25 présentement et la population augmente rapidement.De façon plus générale, on recommande une restructuration complète du service afin de permettre un regroupement plus rationel des responsabilités.Le directeur, selon le plan proposé, perdrait son autorité immediate sur certaines sections comme l’aide à la jeunesse ou l'escouade volante qui seraient plutôt intégrées au reste des opérations.Par contre, on créerait à son niveau des sections essentielles comme la planification et l’inspection, les relations de travail et les relations avec la presse.Plutôt que d’avoir un seul adjoint mis à toutes les sauces au point qu’il n’a plus le temps d’accomplir sa tâche principale (c’est-à-dire la direction de tous les policiers répartis dans les postes), le directeur serait assisté de trois directeurs-adjoints dont on recommande la nomination immédiate.Un de ces adjoints serait responsable de toutes les affaires internes au service: secrétariat, direction du personnel, affaires internes, etc.L’autre verrait à la fois à la surveillance du territoire ainsi qu’à tous les services techniques et auxiliaires essentiels au travail policier.Enfin, le troisième serait responsable des détectives et des enquêtes criminelles.Le rapport ne craint pas de proposer des réformes aussi fondamentales qu’un amendement à la charte de la ville pour augmenter les pouvoirs disciplinaires du directeur ou encore des amendements à la convention collective en vigueur.On propose aussi l’abolition de postes hiérarchiques “inutiles", l'établissement de programmes de recyclage obligatoires et volontaires pour former ce personnel peu qualifié provenant des treize municipalités qui ont été fusionnées pour former ville de Laval il y a dix ans, l’adoption d’un nouveau code de discipline, l'établissement d’un programme clair d évalua-tion du personnel, de promotions et de sanctions, etc.La fin d’une illusion Montaigne a écrit: “Il ne voit pas d'âme qui, en vieillissant, ne sentent l’aigre et le moisi.'' C’est ce que commence d dégager l’attitude de M.Trudeau.Sa diatribe du carême, d Québec, en fin de semaine dernière, présente le symptôme le plus éclatant de désabusement que donne l'dge.Sans être psychanalystes, d’aucuns ont l’impression que l'homme Trudeau vieillit aussi vite que le politicien.L'image du dilettante amusé et dégagé disparaît sous l’effet d'un fondu enchaîné derrière une autre qui laisse percer le rictus de la mélancolie qui ricane.Le premier ministre pressent tpi’il va bientôt se retrouver seul comme le plus grands.Cependant il n'aura pas la consolation de se dire qu’il n’a pas été compris.Il devra se résigner d s'avouer qu'il n’a rien compris d la politique.Aristocrate, il a voulu gouverner seul, et il ne s'en est pas caché.En définitive, il n'a pas su comprendre ce que son omit de l'autocratie répugnait d’admettre: que la politique en démocratie consiste d faire croire au peuple que c'est lui qui gouverne.Albert RK/K Pour mettre fin à l'éparpillement du personnel, on préconise notamment le regroupement de tous les effectifs dans deux postes de police qui seraient chacun responsable de la moitié du territoire.Cela impliquerait à court terme la fermeture de trois postes de police et, à moyen terme, la construction de deux nouveaux édifices.Parmi les constatations étonnantes du rapport, on note le fait que “la scolarité moyenne des membres de la Sûreté et des constables est supérieure à celle des membres d'état-major et des officiers de la gendarmerie", dont on dit aussi qu’ils sont peu préparés à assumer les responsabilités qui leur échoient.On signale aussi le fait que les policiers ne représentent que 217t> du personne) de la ville mais que leurs absences représen- Voir page 6: Police L’UPA plaide la cause des producteurs de lait à Ottawa par Michel Guénard OTTAWA — L’Union des producteurs agricoles du Québec s’est mis en tête de convaincre tous les députés fédéraux du Québec de la nécessité impérieuse de revoir de fond en comble le programme d’aide à la production laitière du gouvernement fédéral.Hier, le président de TUPA, M.Paul Couture accompagné de son état-major, s'est rendu dans la capitale nationale afin de rencontrer les députés de tous les partis afin de les sensibiliser aux retombées, jugées néfastes, de la politique laitière du ministre de l'Agriculture.M.Eugene Whelan.En gros, l'UPA reproche au gouvernement fédéral de diminuer le revenu des producteurs laitiers de 15 à 20 pour cent en ramenant de 11.4 à 9.5 milliards de livres les quantités de lait de transformation produites par les agriculteurs au cours de l'année comptable 1976-77.M.Couture soutient qu’un coin du voile de la nouvelle politique laitière du gouvernement fédéral a été levé lorsque le ministre de l’Agriculture a annoncé que le budget total de l'aide laitière passerait de $275 à $262 millions au cours de l’exercice financier 1976-77.“Il faut savoir, de dire M.Couture, que les frais d’entreposage et de commercialisation deviennent payables à même ce budget.Si ces frais se chiffrent à $40 millions cela se traduiera par une baisse réelle des subsides de 266 à 222 millions pour l'année 1976-77.” Comme on estime que les besoins du marché commanderont quelque 9.5 milliards de livres de lait, cela se répercutera par un subside maximum de $2.34 le cent livres au producteur contre un subside actuel de $2.66.“On demande aux producteurs laitiers du Québec d'assumer une diminution de 32 cents les cent livres,” de s'indigner M.Pierre Saint-Martin, président de la Fédération des producteurs de lait industriel du Québec.Alors que les producteurs laitiers de la région de Joliette renversaient en guise de protestation deux bidons de lait sur la Place du marché, les dirigeants de l'UPA arpentaient les couloirs du Parlement et agençaient la.liste des rendez-vous avec les caucus des quatre partis politiques fédéraux représentés à la Chambre des Communes.“Nous voulons au moins maintenir le niveau de revenu des producteurs en faisait pression auprès des députés fédéraux du Québec et de la Commission canadienne du lait qui n’est pas très sensibilisée aux problèmes que rencontrent les producteurs québécois," de ésumer M.St-Martin.Au fil des nombreuses récriminations qu’entretient l’organisme syndical à 1 endroit du gouvernement fédéral est revenu sur le tapis les frais de 65 cents les cent livres de lait en poudre dirigé sur les marchés extérieurs.Les producteurs se disent scandalisés par l’attitude du gouvernement canadien qui taxe ses agriculteurs alors que les producteurs européens membres de la Communautés économique se voient subventionnés par Bruxelles pour écouler leur stocks de lait en poudre sur les marché mondiaux.En novembre dernier le ministre de l'Agriculture déclarait à la Chambre que “les agriculteurs du Canada ont accru leur production de manière telle qu elle a dépassé le montant des subventions que nous leur avons accordées.Ils peuvent continuer à produire s'ils le souhaitent mais ils n'auront plus d’autres subven- tions”.Hier, en réponse à une question du député de Temiscamingue, M.Réal Caouette, M.Whelan apportait d’impor-tantes»nuances à sa position antérieure en déclarant: “Je crois que les producteurs devraient être payés pour leur production.S'ils produisent trop, ils ne devraient pas être pénalisés en exigeant d'eux qu’ils se débarrassent de leur surplus.Je ne me ferai pas le complice d’un tel programme ”.Les producteurs laitiers disent avoir investi massivement dans ce secteur au cours des dernières années afin de moderniser leur équipement et leur outillage."H faut que I argent rentre pour rentabiliser tout ça," entendait-on hier.ATELIER DE LA FOUCHARDIÊRE cours de i|J tapisserie-murale (diverses techniques) peinture-esquisse pour murale session printemps 731 -5224 n Ehsresu aujourd h te GhûteuN OU NUfltfi m cAothcc^ctc/ jCextiïavagcuifChàtiau d'cAu/ourd’/iui sot i JOtcrnc annivcrscu/v.‘Vous sen^y sage d’c/i profiter.‘En effet, plusieurs de nosjxcces portent une etiquette qui indique lui prix spécial.‘Visite^ les 3 Château d’Au/ourd'hui et décbuMQ fauthenûque moderne.Mus serons heureu r dunaguieravec vais wt)v nouvel environnement.•.d btottiSt', • Roui Pelletier Président Il y a trois Château d'Aujourd'hui: • 6370 St-Hubert • 6375 St-Hubert, Montréal «1125 boulevard St-Martin, Laval Téléphoné: 382-4710.* én vigueur du 10 mars au W avrd 4 • Le Devoir, mercredi 10 mars 1976 éditorial M.Bourassa fidèle à lui-même Beaucoup de Québécois — la majorité peut-être — souhaitaient vivement que Robert Bourassa, renonçant à son style habituel, réplique avec fermeté et vigueur au discours provoquant que Pierre Trudeau a prononcé vendredi soir.Mais on ne devait pas s'attendre du premier ministre qu’il fût hier soir à la télévision aussi percutant et spectaculaire que l’avait été son homologue devant les libéraux rassemblés.En réalité, il a été fidèle à lui-même, évitant d’emprunter un ton qui ne lui aurait pas convenu, s’efforçant de répondre paisiblement, avec sérénité, aux arguments que son homologue avait .ancés comme des charges explosives.Il s’est refusé à l’affrontement.Il n’est pas l’homme des confrontations et des éclats.C’est pourouoi, cette émission diffusée au “60” de Radio-Canada est en partie décevante.La riposte n’est pas à la hauteur de l’attaque.Et, curieusement, chaque fois que M.Bourassa a cru nécessaire d’élever la voix, c’était pour dénoncer le Parti québécois plutôt que pour répondre à Pierre Trudeau.En somme, après ces 20 minutes au petit écran, on retire l’impression très nette que le “show” du leader fédéral n’a pas vraiment ébranlé le premier ministre du Québec oui conserve sa tranquille assurance, ne détacne pas son noeud de cravate, ne s’emporte pas, convaincu de la solidité de ses positions à l’égard des grandes questions évoquées dans ce débat: la constitution, les Jeux olympiques, l’état de l’économie et les garanties culturelles que réclame le Québec.Voilà sans doute le secret de sa résistance qui rappelle immanquablement la fable du chêne et du roseau.L’arbre géant qui est à Ottawa, sous la violence des vents, risque de rompre; le roseau, au contraire, plie mais ne casse pas.• On remarquera que M.Bourassa, une fois de plus, avait choisi de s’adresser au peuple par la voie qu’il affectionne entre toutes, celle de l’électronique; dans le cadre qu’il préfère, l’entretien au coin du feu avec l’animateur courtois de l’émission d’affaires publiques la plus populaire.Ce n’est pas un reproche à l’équipe du “60” et à André Payette: ils ont fait leur métier avec compétence.Mais, dans une affaire de cette importance, il eût été plus normal que le premier ministre accepte de paraître devant toute la presse, caméras de télévision comprises, s’explique franchement et, surtout, réponde aux questions que la formule de l’émission d’hier soir ne permettait pas de poser.Le premier ministre aura sans doute voulu, de cette façon, atténuer l’ampleur et le relief du débat.Il a ainsi rendu à M.Trudeau un service politique que sa performance déplorable du week-end ne lui méritait pas.Mais, comme l’a dit M.Bourassa dès le début de son entretien, “c’est le fond qui m’intéresse”.Ayant dit — par euphénisme — que le ton de la sortie de M.Trudeau lui semblait “assez insolite”, il s’est en effet attaché aux arguments et aux idées.Il faut lui rendre cette justice.Le chef du gouvernement a de plus situé la nouvelle querelle constitutionnelle dans une perspective historique: M.Saint-Laurent n’était-il pas venu au Club de Réforme de la Grande-Allée pour attaquer M.Duplessis en son temps?On ne doit donc pas s’étonner des humeurs fédérales à l’endroit du Québec.Quant à ces “choses dures” qui visaient la personne même de M.Bourassa, celui-ci a la bonne idée de répondre qu’elles s’adressaient, à vrai dire, à l’ensemble des Québécois.Puis, relevant la “boutade” par laquelle M.Trudeau accordait au premier ministre du Québec trois jours pour comprendre ce que des militants libéraux mettraient 24 heures à saisir, M.Bourassa répond, avec pertinence, que de tous ses prédécesseurs, seul Adélard Godbout comprenait très vite les messages d’Ottawa.Réference d’autant plus judicieuse en l’occurrence que M.Bourassa, s’il avait donné son consentement au rapatriement unilatéral de la Constitution dans les délais exigés par son collègue, s’il avait accepté de se prêter au scénario qu’envisage M.Trudeau, se serait Erécisément comporte comme Adélard God-out autrefois.M.Bourassa préfère invoquer une longue chaîne de précédents, ceux de Maurice Duplessis, de Paul Sauvé, de Jean Lesage, de Daniel Johnson, de Jean-Jacques Bertrand qui, tous, ont défendu à l’encontre d Ottawa les positions du Québec en matière de relations fédérales-provinciales.Mieux: M.Bourassa annonce son intention de prendre l’initiative d’une grande conférence interprovinciale pour opposer à la volonté de M.Trudeau une résistance plus forte.Il est vrai qu’il faut parfois quelques jours pour comprendre, dit encore M.Bourassa, puisque M.Trudeau aura mis un an et demi à se rendre aux arguments de M.Stanfield et à mettre en place des mécanismes de contrôles des prix et des salaires.Réponse facile, dira-t-on, mais conforme à l’esprit et à la logique dont le premier ministre du Canada a tait usage l’autre soir.Toujours soucieux de répondre aux “arguments” de M.Trudeau, le premier ministre devait ensuite souligner que les garanties culturelles que réclame le Québec — il préfère maintenant la notion de “sécurité” à celle de “souveraineté” — ne sont pas uniquement liées à la qualité de l’équipe politique du Québec à Ottawa.Ce qu’oublie M.Trudeau, a-t-il expliqué à cet égard, c’est que le “poids démographique” du Québec dans l'ensemble canadien diminue constamment, qu’il est passé d’un tiers à un quart, et que l’influence cultu- relle de la collectivité francophone diminue d’autant.Quand M.Bourassa croit déceler dans les plus récentes déclarations de M.Trudeau aux Communes “une position atténuée” au sujet du rapatriement de la Constitution, on ne voit pas à quels indices il reconnaît ces changements où il puise un peu tôt des signes d’encouragement.En réalité, si l’on excepte la forme et le ton, M.Trudeau a réitéré au Parlement depuis le début de la semaine la même position qu’il exposait aux libéraux à Québec vendredi.A propos de la politique salariale du Québec, M.Bourassa a trouvé aussi une réponse juste et opportune: les salaires élevés que M.Trudeau verse aux fonctionnaires fédéraux ont un effet d’entraînement auquel le Québec peut difficilement résister.Le premier rhi-nistre du Canada, devait-il conclure sur ce point, est très mal placé pour nous donner des leçons là-dessus.Les explications de M.Bourassa au sujet du dossier des Olympiques, auquel M.Trudeau s’était longuement attardé l’autre soir, auront contribué a renforcer moralement sa position.Par analogie, il a rappelé que M.Drapeau avait donné au Québec l’assurance que les Jeux seraient organisés sans déficit.Le gouvernement aurait pu théoriquement refuser d’intervenir dans ce bourbier montréalais quand il devint évident que le coût dépassait toutes les prévisions.Mais il décida qu’il devait assumer ses responsabilités et prendre le projet à sa charge.De même, aujourd’hui, Ottawa devrait se porter au secours de Québec.A l’examen, l’argument n’est pas très convaincant puisque les relations Montréal-Québec ne sont pas comparables à celles d’une province envers Ottawa.M.Bourassa, il est vrai, aurait pu décider d’annuler les Jeux.Le cas échéant, il aurait récolté, pour tout héritage, “les ruines les plus coûteuses de son histoire”.Enfin, M.Bourassa a tenu au passage à rectifier une erreur colportée l'autre soir par son collègue: il est faux de prétendre que l’Expo 67 a coûté cher au Canaaa.Tout indique au contraire que le pays en a largement bénéficié au plan économique.• Au total, donc, M.Bourassa, s’il n’a pas présenté le spectacle espéré, aura quand meme réussi à relever et, dans plusieurs cas, à rejeter les arguments de M.Trudeau, sur le mode de la sobriété qui contrastait singulièrement avec les outrances de celui-ci.On ne peut reprocher à un homme public de ne pas être flamboyant, agressif et théâtral.Mais il y a dans l’histoire d’un peuple des moments où l’on souhaiterait que le chef d’un gouvernement exprimât avec plus de dynamisme l’indignation qui naît du mépris.Michel ROY bloc-notes Un enjeu pour les cantonales Si les cantonales en France n’avaient pas d’enjeu politique, la spectaculaire montée socialiste lui en a conféré un, et de taille.C’est dans ce sens qu’il faut entendre la mobilisation des troupes UDR — ex-majorité — déclenchée hier par M.André Bord, secrétaire général.Si l’on se réfère aux précédentes déclarations autorisées — tant du premier ministre Chirac que d’autres après lui — et selon lesquelles les élections cantonales de dimanche n’étaient pas "politiques" mais "administratives ", on note que le rassemblement hétérogène giscardo-gaullien a été pris à son propre vocabulaire, sinon à son propre piège.Car en fait, l’opposition, à savoir les socialistes et les communistes, ne s'est pas gênée pour s'engager totalement dans ce scrutin intermédiaire et M.Mitterrand s'est même donné pour défi de franchir la barre des 2o%.Est-ce dire que les cantonales sont politiques dès l instant où c’est l'opposition qui les E?Ou cherchait-on plutôt à démo-• les troupes socialo-communiste pour ensuite, claironner des chiffres à l'avantage de ladite ex-majorité?Le fait est que l'UDR vient de prendre le mors aux dents, et cherchera à forcer l'allure pour tenter de sauver les meubles au second tour, dimanche prochain.Bien sûr, techniquement, ces élections ne sont destinées qu’à désigner les titulaires de la moitié des sieges des conseils départementaux renouvelables tous les trois ans, et ces délégués de canton ne sont appelés qu'à administrer un budget départemental.Mais à entendre le secrétaire général de rUDR, il s’agit rien de moins, dimanche prochain que d'empécher l'opposition de "conquérir dans les assemblées départementales des positions qui seront autant de bases de départ pour l'établissement d’une société dirigiste et de contrainte"! Cette déclaration est un constat d’échec, doublé de l'aveu d'une erreur.L'échec est celui du premier tour; l'aveu réside dans le tait que l’UDR se ravise pour suivre l'union de la gauche sur son terrain, à savoir que les cantonales sont bien des élections politiques.Suivre l'adversaire sur son terrain privilégié est une option sur la défaite.Dans un cas comme celui-ci, on se rend mieux compte des risques inhérents à une vision globalisante: depuis dimanche soir, c'est à qui va opposer les 56 1'/' de l’opposition de gauche aux 43.2% du rassemblement giscardo-gaullien dit "majorité".Ce sont des chiffres authentiques, c’est une addition et une opposition compréhensibles, mais c’est un procédé qui cache l’essentiel.Car enfin, dans ces cantonales de dimanche dernier, il y a deux vainqueurs, un grand et un petit, et il y a un grand perdant.Dans 1 opposition de gauche, le Parti communiste reste pratiquement égal à lui-même, ce qui fait dire à M.Marchais, doué pour les euphémismes, que son parti consolide ses positions.C'est le Parti socialiste qui, avec ses 26.2%, fait la preuve qu'il est le premier parti de France, et c’est d'autant plus spectaculaire que le parti de M.Mitterrand partait des 14.8% recueillis en 1970.Si le partenaire communiste n'a pas reculé, où les socialistes sont-ils allés chercher leurs voix?Il est évident que dimanche dernier plus d'électeurs se sont présentés aux urnes qu'aux cantonales précédentes: 65.2, contre 54% en 1973.Est-ce à dire que cette tranche de l'électorat aujourd'hui plus motivée est allée principalement au parti de M.Mitterrand?Il faut chercher aussi l’explication du côté du rassemblement giscardo-gaullien car.là encore, il y a un (petit) vainqueur et un (grand) perdant: les Républicains indépendants du président Giscard d'Estaing sont passés de 5.2 à 8.5, alors que l UDR reculait de 15.6 à 10.7%.C’est ici seulement qu'on comprend la panique de M.Bord et son appel à la mobilisation.A cette remarque près: un communiqué commun du grand rassemblement présidentiel vient d’annoncer que ces partis se désisteront dimanche prochain en faveur de celui de leurs candidats qui a obtenu le plus grand nombre de voix au premier tour.Le dilemme cornélien de l’UDR sera donc dans un grand nombre de cas de choisir entre être battu par un socialiste ou contribuer au renforcement d’un allié RI qui ne fait pas mystère de ses intentions de devenir le pilier de la majorité présidentielle.Avec toutes les réserves d’usage — car peut-on en toute objectivité transposer les pourcentages des législatives au plan des élections présidentielles, ou encore ceux des cantonales au plan national?— on ne peut s’empêcher de remarquer une constante progression de l'opposition de gauche.Entre 1973 et ce dimanche 7 mars 1976, l'union de la gauche et les partis apparentés sont passés de 46.2 (premier tour des législatives) à 49.3 (second tour des présidentielles où Giscard d'Estaing a battu d’une courte tête l'autre France incarnée par François Mitterand), et enfin à 56.1%.Là encore, c’est le parti de M.Mitterrand qui apporte la grosse contribution à la constante amelioration du score, la crédibilité de l'alternative de gauche passant nécessairement par lui.Assenant la preuve que le terme de "majorité présidentielle" est faux, et celle que le pays est de plus en plus gouverné par la minorité, ces cantonales imposent aussi une question à l'Élysée: la Ve république peut-elle se "décrisper" au point de pouvoir fonctionner avec une majonfe de gauche que les prochaines législatives peuvent envoyer au Palais Bourbon?Georges VIGNY Le stade de la mort On en est rendu à sept morts, et rien encore n'est publiquement connu et certain en matière de sécurité au chantier olympique.Si la poutre de 90 tonnes qui a entraîné dans la mort Jean-Marie Lesage était tombée sur Sa Majesté britannique, Son Excellence le président du COJO ou Son Honneur le maire, rien de moins qu’une commis-, sion royale d'enquête aurait déjà établi les causes et les responsabilités d’un pareil "accident”.Certes, Benoit Breton, Bertrand Morin, Paul-Émile Neveu et Xavier Harvey, simples ouvriers de Saint-Henri, du Saguenay et de la rue Fénelon à Montréal auront droit à une enquête du coroner plus prompte que celle qu'il prit tant de temps au Solliciteur général à instituer.Dès hier, le ministre de la Justice annonçait la nomination de Me Cyrille Delage, le commissaire qui fit rapidement la lumière sur le saccage de la baie James et qui, après le juge Patrick Falardeau, va tenter de savoir comment les opérations sont menées au chantier olympique.Le juge Falardeau va sûrement publier bientôt son rapport d’enquête et l’on peut croire que le commissaire Delage va, de son coté, faire diligence.Mais entre-temps rien ne permet de croire que tout est mis en oeuvre au stade pour empêcher la répétition de pareilles tragédies.Le premier coroner n’est pas responsable des délais qui ont précédé sa nomination; il a montré dans son enquête un esprit de vérité et d’impartialité qui a satisfait les intéressés les plus exigeants.Il faut quand même déplorer qu’il ait fallu encore quatre morts pour que le dossier soit rouvert.Certes, on ne saurait préjuger des conclusions auxquelles en viendront, pour l’une et l’autre affaire soumises à leur enquête, les coroners ad hoc, le juge Falardeau et Me Delage.Des ouvriers néanmoins se sont plaints que leur vie était continuellement mise en danger: ce n est pas quand le stade sera terminé qu’il faudra y imposer des normes capables, s’il en est, d’empêcher dans les circonstances des tragédies comme celles qui sont survenues et qui viendraient parfois bien près de se produire sur le chantier "accéléré" du stade.Ce n’est pas quand le bilan des victimes passera de sept à dix ou vingt, et qu’on attentra une troisième enquete au coroner, que l'assurance devra etre acquise de la plus grande vigilance en la matière.Malheureusement, plus rien ne semble compter sur les chantiers olympiques, sauf de terminer les travaux à temps pour le succès des Jeux et la gloire de ceux qui y ont attaché leur réputation ou leur fortune.Des millions et des millions sont dépensés pour talonner jusqu'au dernier Arabe de Vancouver et s’assurer qu’il ne viendra pas roder autour du stade ou du village olympiques, mais les failles restent nombreuses dans le filet qui doit protéger les obscurs athlètes du béton.Le temps est venu de voir les victimes là où elles sont, et de leur accorder l'importance qu elles méritent.La pression est plus forte au stade que dans les autres chantiers; avec le dossier peu reluisant accumulé depuis longtemps par le gouvernement et les entrepreneurs en général, on imagine quelle priorité l'échéancier olympique laisse à ceux qui y risquent leur vie et leur santé.Le mouvement syndical, de son coté, n'a pas un bilan impressionnant à présenter.Sans la ténacité et la conscience d'un Michel Chartrand, encore trop seul à batailler de chantier en chantier et d’enquete en enquete, l’on en serait sans doute encore aux fatalités de l’échangeur Turcot.Aucun de ceux qui viennent de mourir n est membre du COJO.Il faudrait quand même leur faire des funérailles non moins imposantes que celles au’on juge decent d’accorder à ’autres serviteurs publics.Les centrales devraient s’en charger.Quand les syndiqués seront des milliers à enterrer leurs camarades ou à débrayer là où les conditions de sécurité mettent leur vie en danger, il y aura moins de morts dans l’industrie de la construction, moins d’enquêtes après-coup, plus de mesures preventives et un plus grand respect de "la main-d’oeuvre".Certes, l’on n’a pas à être plus sévère à l'égard du chantier olympique qu’à l'endroit des autres etablissements soumis aux règles de sécurité de la construction.Toutefois, dans la mesure où la cadence des travaux y est plus accélérée, dans la mesure également où des techniques particulières ou inusitées y sont mises en oeuvre, on est en droit d'exiger que toutes les mesures de prudence soient appliquées et qu'au besoin, des moyens supplémentaires de sécurité soient déployés.Est-ce bien le cas au stade?Les agents de sécurité ont-ils toute la latitude voulue pour agir?Ont-ils les pouvoirs qui sont nécessaires à leurs responsabilités, et l'indépendance suffisante pour les exercer?Donne-t-on R tentent suite à leurs rapports?canisme prompt, autorise et efficace est-il en place pour agir en cas de différend ou de negligence?Il est trop tard pour prévenir les tra-édies qui sont survenues.Il est urgent e s'assurer que seule désormais sera bientôt tolérée rinévitable“erreur humaine" contre laquelle nul n'est assuré.Jean-Gaude LECLERC —La Fédération des comités de parents_ de I7le de Montréal Les objections de Québec à la nomination d’un médiateur ne tiennent pas I Une délégation représentant les Comités de parents des huit commissions scolaires de l’ile de Montréal a rencontré le 1er mars dernier le premier ministre Robert Bourassa et le ministre de l’Éducation Jean Bienvenue pour discuter avec eux de la stagnation des négociations dans le secteur scolaire.Les délégués de la Fédération ont remis à MM.Bourassa et Bienvenue à cette occasion le mémoire suivant.La Fédération tient d’abord à exprimer au Premier Ministre l’inquiétude très vive des parents de l’Ile de Montréal devant la lenteur des négociations en cours dans le secteur de l'enseignement.Cette lenteur dégrade rapidement le climat des écoles, dans lesquelles s’installe un état de tension, de désordre et de confusion impropre à l’apprentissage et à la formation des élèves, impropre aussi aux bonnes relations entre les cadres, les directions, les professeurs et les parents.Devant cette situation et étant donné l’écart encore considérable entre les positions respectives des parties, la Fédération demande instamment au Premier ministre de consentir à la nomination d’un médiateur à chaque table des enseignants impliqués au conflit.Ce dernier, sans nullement jouer le rôle d’arbitre, pourrait aider les parties à parvenir plus rapidement à un compromis valable.Quant à l'objection déjà présentée par le Gouvernement, à l’effet que la masse salariale en jeu est trop importante pour que les responsables de son administration la confie à une tierce personne, nous ne la croyons pas satisfaisante, surtout si l’on considéré que le médiateur n’a lui-même aucune décision à prendre.D’autre part, le Gouvernement s’il est convaincu de sa position, pourrait expliquer clairement et en détail à l’ensemble de la population, quelles sont ses priorités en matière d’éducation.Bien entendu la médiation ne sera valable que si elle est limitée dans le temps.La Fédération demande également qu’un médiateur étant nommé, une trêve s’installe en ce qui concerne le harcèlement et les représailles.Nous nous chargerons de faire en ce sens notre part de pression sur la partie syndicale.Nous aimerions d’autre part que le Ministre de l’Éducation incite ses partenai- res, la FCSCQ et le QAPSB, à suspendre, s’il y a lieu, les mesures de représailles pendant la médiation.A plus long terme, la Fédération suggère fortement au Gouvernement de repenser le mode actuel de négociation dans le secteur de l'enseignement.L’école publique ne pourra jamais servir adéquatement ses élèves, si le scénario repris avec quelques variantes en 1969, 1972 et 1975, doit se reproduire ainsi chaque trois ans.Nous constatons qu’il y a lieu de ramener certains pouvoirs au niveau local.Cette décentralisation aurait pour effet de redonner aux négociations une dimension plus humaine, d’assuer une meilleure adaptation des tâches et des programmes aux besoins locaux et aussi, d’impliquer davantage les administrations locales dans le développement de notre système d’éducation.Nous reprenons donc à notre compte cette recommandation de décembre 1974 du Conseil supérieur de l’Éducation: “rechercher une nouvelle formule de négociation plus satisfaisante pour les parties et mieux adaptée au secteur de l’éducation et préciser le rôle des commissions scolaires dans les négociations”.Enfin, la Fédération des comités de parents de Tile de Montréal tient à rappeler au Premier Ministre et au Ministre de l'Éducation, que la répartition du budget du ministère doit d'abord répondre aux besoins réels de l'élève dans son école.C’est à ce niveau que se mesure la qualité de l'enseignement.Nous voulons également souligner notre opposition totale à l’imposition d'un décret; nous ne voulons pas que nos enfants revivent le climat de malaise qui règne dans nos écoles depuis 1973.Nous espérons que le Gouvernement qui nous représente dans ces négociations donnera suite à nos suggestions et réalise l’urgence de la situation actuelle.En conclusion, nous vous remercions de nous avoir reçu cet après-midi et nous espérons que cette expérience n’est qu’un début de dialogue avec la Fédération des comités de parents, organisme qui représente les parents des 334,000 élèves de l’ile de Montreal.Nous souhaitons qu’à l’occasion de nos prochaines réunions, tous les membres de la Fédération aient le plaisir de vous rencontrer.___________________________________________J ( La légende de l’Ours lettres M.le directeur, Comme vous et tant d'observateurs, je cherche depuis des semaines à trouver une solution à l'impasse dans les négociations dans le domaine de l'éducation.Je viens de la trouver par hasard.dans Le Devoir du 28 février! Non pas dans votre éditorial (bon mais encore trop compliqué), mais dans la page consacrée a “L’Affaire Pliouchtch".La solution: c’est la légende de l’Ours.Le Lièvre avait pris soin d'avertir l'Ourson qu'il était dangereux d'aller à la rivière: on risque d'y rencontrer l'Habitant de la rivière.Et, en effet, quand l'Ourson regarda dans l'eau, il vit l’Habitant de la rivière.Il eut grand peur, mais se garda bien de le montrer et fit à l'Habitant de la rivière une affreuse grimace.Alors, l’autre, lui aussi, fit une affreuse grimace.Encore plus apeuré, l'Ourson menaça l'Autre de la patte, et de nouveau l'Autre lui répondit de même.Alors l'Ourson se souvint de la solution que lui avait conseillée le vieil Hérisson: il fit à l'Habitant de la rivière un large sourire et, cette fois, l'Autre répondit à l'Ourson par un sourire aimable et bienveillant.au DEVOIR Voilà la solution: que M.Char-bonneau cesse de faire l'Ours et le ministre Parent l’Habitant! L'Hé-risson peut être M.Lavigne de la Fédération des commissions scolaires.J’ai communiqué cette solution à l'Ours, à l'Habitant et à l'Hérisson.Tout harcèlement devient inutile.Il suffit de surveiller leur visage à l'écran.et à la table de négociations! Mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours.Jean-Paul TREMBLAY Chicoutimi, le 6 mars 1976.L’intégration du Service des Affaires sociales de Montréal Claude Forget.ministère des Affaires Sociales D'où vient cet entêtement à vouloir centraliser les pouvoirs administratifs de services publics?Ces dernières années, plusieurs exemples nous ont prouvé la réduction d'efficacité au sein de tels services où il y a eu des changements analogues.’ Duels critères justifient ce genre d'intervention?Serait-ce pour satisfaire quelques personnages assoiffés de pouvoir?fl n'y a que vous qui puissiez répondre à ces questions.Vos hauts technocrates qui oeuvrent, près de vous, à l’intérieur de votre ministère ont des aspirations qui me laissent songeur.Ont-ils réussi à prouver que leurs décisions sont pour le plus grand bien du public qu'ils touchent?Vous reconnaîtrez avec moi que dans un service public, plus le pouvoir de décision est éloigné du peuple, l'individu est pénalisé face à une machine administrative de plus en plus grossissante.A ce sujet, je ne peux que vous conseiller de lire attentivement le mémoire publié en décembre 1975 par notre syndicat.(Nous avons encore des copies pour vos hauts technocrates).Personnellement, il y a bientôt dix ans oue je suis au Service de la Ville de Montréal.J’entends bien y demeurer.Les structures dans lesquelles j'évolue ne sont pas comp-parables à celles que vous nous proposez.Le protocole d'entente que vos envoyés nous ont fait connaître est une farce.J'ai besoin, pour le bon accomplissement de mon travail.de connaître une sécurité que me donne ma présente convention de travail.C'est essentiel.Aucun employé ne saurait se dévouer à sa tâche tout en sachant que sa sécurité d'emploi peut faire le jeu de clauses normaiivos bâclées par un syndicat de boutique au profit d'un employeur ne respectant pas le code du travail du Canada.Tous vos contrats de travail ou conventions collectives sont basés sur la règlementation en vigueur au sein de la Régie de la Fonction Publique du Québec.Or on vient d'annoncer l'abolissement du minis- 1ère de M Oswald Parent où il semble y avoir un urgent besoin de changement de structure.Où cela nous mène-t-il?Pour terminer, je dois vous préciser, qu’à présent, le Service des Affaires Sociales de la Ville de Montréal a fait ses preuves et continuera à la faire.Au lieu de vouloir annuler tout ce (lui fonctionne bien, pourquoi ne donneriez-vous pas à vos employés le même état d'esprit qui anime le personnel de la Ville de Montréal?Etes-vous conscient, M.le Ministre, que certains de vos employés doivent recourir à l'aide sociale pour suppléer a leur maigre revenu?Réal CAMPEAU officier de Bien-Etre, section Jarry.PS.: Injustement, les belles théories administratives ne sont pas subies, en pratique, par ceux qui les ont émises dans le confort douillet de leur importance.Montréal, février 1976 Capitalisme et socialisme Les récentes révélations des sévices qu'ont eu à subir Soljenytsine, Sakharov et Pliouchtch et que continuent de subir leurs concitoyens de l'URSS ont une fois de plus indigné l'opinion mondiale.Puissent-elles la soulever jusqu'à la ferme détermination de secouer l'emprise du marxisme sur les masses populaires et sur les intellectuels, clercs et laïcs, du Québec et de partout dans le monde! J'aimerais élaborer ici quelques idées, mais faute d'espace, je men tiendrai à deux observations et conclurai à l'essentiel.Certains clercs fustigent à qui mieux mieux les chrétiens qui.selon eux, ne sont pas assez "politiquement engagés Ignorent-ils que la majorité sinon la toUlité des députés de l'Assemblée Nationale du Québec, par exemple, sont chrétiens?Il semble exister dans leur esprit une confusion qui les empêche de distinguer que la fai- blesse des partis politiques ne provient pas de leur credo religieux, mais découle directement de leur négligence à reviser leurs priorités politiques, à rajeunir leurs cadres et a se débarrasser des membres dont la compétence ou l'intégrité sont mises en question par suite d'imprudence ou de soupçon fondé.Assez curieusement, ces clercs "politiquement engagés" ont tendance à penser et a parler comme les socialistes de Moscou, de Pékin ou d'ailleurs et à croire qu'il n’y a de salut public que dans le socialisme d'Etat.D'un autre côté, n'est-il pas significatif que.dociles aux mots d'ordre de leurs dirigeants, des associations, groupes, fronts populaires, fronts communs de toutes sortes véhiculent des slogans propagés par les "courroies de transmission" des régimes socialistes.Tous ces slogans qu'on mêle à toutes les sauces convergent tous au même but, au suprême matraquage des esprits: "A bas! l'exploitation capitaliste".En somme, on filtre le moucheron du capitalisme privé et on passe le chameau du capitalisme d'Etat.La conclusion va de soi.Il n'y a pas de mal à prendre ce qu'il y a de stimulant dans le capitalisme privé.Mais cela fait beaucoup de mal de vouloir exploiter son semblable comme une machine à profit.Il n’y a pas de mal à prendre ce qu'il peut y avoir de positif dans le socialisme.Mais cela fait un mal immensément plus grave encore de vouloir donner à Iévangile une interprétation marxiste.Le socialisme matérialiste, qu’il s'appelle communisme, marxisme, humanisme ou autrement, contient une contradiction interne, parce qu’il refuse la vie.Pacifique EMOND, o.f.m.Montréal, février 1976 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le lOjanvier 1910 Directeur: Claude Ryan Rédacteur en chef: Michel Roy Rédacteur en chef adjoint: Georges Vigny Directeurs de l'information: Jean Francoeur Pierre Lafrance LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par l’Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés à 9130, rue Boivin, Ville InSolle.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.ABONNEMENT: Édition quotidienne: $52 por année; six mois: $28.À l'étranger: $57 par année; six mois: $31; trois mois: $19.Éditions du samedi: $15 par année.Édition quotidienne, livrée à domicile par porteur: $1.35 par semaine.Tarif de l'abonnement servi par la poste aérienne sur demande.Courrier de deuxième classe: enregistrement numéro 0858.Dépit légal.Bibliothèque nationale du Québec Trésorier: Bernard Larocque TÉLÉPHONIi 844-3361 (lignes groupées) 6 t Le Devoir, mercredi 10 mars 1976 • 5 des idées des événements des hommes La campagne d’Amnistie Internationale contre la torture Morts sous la torture en Uruguay: les cas connus Depuis le coup d’Etat du 27 juin 1973, par lequel le Parlement de TUruguay a été renvoyé, les autorités militaires ont pris la réalité du pouvoir en collaboration avec un président civil fantoche, la situation des droits de l’homme en Uruguay a détérioré sérieusement.Sous prétexte de combattre la subversion armée, des cercles de plus en plus larges ont été soumis à la repression et à la persécution.Dans presque tous les cas de détention politique, on se sert de la torture.Cette intensification a résulté dans l’utilisation de modes plus cruels, Amnistie Internationale a publié une liste de 22 personnes mortes d’un traitement brutal.Cette liste ne représente qu’une image partielle.Après le scandale public du cas Luis Carlos Batalla, en 1972, aucune mesure n’a été annoncée par les autorités d’Uruguay pour limiter cette pratique de la torture dans ce pays.Les autorités ont cependant pris les mesures nécessaires pour empecher que d’autres cas ne soient portés à la connaissance du public.Des arrestations ont été niées, des enquêtes arrêtées, des parents et des médecins me- nacés et intimidés, des demandes d’autopsies refusées, des cadavres “tués” à coup de revolver ou lancés des fenêtres pour simuler un suicide ou une confrontation armée.Néanmoins, des rapports bien fondés, étayés par de nombreux témoignages, ont réussi à identifier 22 victimes qui sont mortes aux mains des bourreaux en Uruguay.Le nombre total de prisonniers politiques en Uruguay est estimé entre 3,000 (Newsweek, 2 juin 1975) et 6,000 (les groupes exilés d’Uruguay).Amnistie Internationale croit qu’il y a environ 5,000 prisonniers politiques dans ce pays.Depuis décembre 1975, une personne sur 500 étant un détenu politique, l’Uruguay représente la plus grande concentration de prisonniers politiques au monde.Environ un sur 50 citoyens a déjà souffert d'un interrogatoire, d’une arrestation ou d’une détention temporaire.300,000 personnes, soit 12% de la population, se sont exilées depuis le coup d’Etat, pour des raisons politiques et economiques.A mesure que la répression s’étend, presque tous les secteurs sociaux et ré- ¦ La liste des victimes ci-après a été dressée à partir de rapports dignes de foi, corroborés par des témoignages et des preuves indirectes.Elle est loin d’être complète, et les cas rapportés ont valeur de symbole.Luis Carlos BATALLA décédé le 25 mai 1972 La première, et la dernière, mort sous la torture jamais admise officiellement.Batalla, ouvrier du bâtiment de 32 ans, père de deux enfants et démocrate chrétien, militait au Front élargi (coalition des partis du centre, des indépendants et de la gauche).Il a été interrogé, pense-t-on, dans l’espoir qu’il livrerait les noms de personnes censées être en rapport avec le mouvement de guérilla Tupamaro (Mouvement de Libération Nationale, MLN).Aucune charge n’a été relevée contre lui, ni avant ni après sa mort.Arrêté le 20 mai 1972, il mourut cinq jours plus tard dans une caserne (Batallon de Infanteria No.19, Treinta y Très).Le certificat de décès officiel statue: “anémie aiguë due à un éclatement du foie.” Avant d’être portée devant le Parlement, cette arrestation n’a jamais reçu de confirmation officielle.Interpellé par la Chambre des Députés, le ministre de la Défense admit, le 22 juin 1972, que.à la suite de l’autopsie, les circonstances de la mort de Batalla semblaient anormales.Un député, qui avait été témoin de l’autopsie, M.Sosa Diaz, rapporta avoir vu d'enormes contusions, coupures et autres signes de torture sur tout le corps.L'affaire et l’enquête parlementaire qui la suivit reçurent une grande publicité.Le ministre de la Défense déclara que l’Exécutif et les forces armées déploraient cet événement et prendraient des sanctions à l’encontre des responsables; en outre, des mesures devaient être prises pour éviter que de tels faits ne se renouvellent.Toutefois, aucune sanction ne semble avoir été prise envers les responsables de la mort de Batalla.Cette affaire n’est que la première qui ait éclaté au grand jour.Edison MARIN décédé le 3 juin 1972 Cet ouvrier agricole, membre du MLN, faisait partie d un groupe de 106 prisonniers qui s’étaient évadés le 6 septembre 1971.Repris, il fut torturé très durement et mourut dans la caserne du régiment de cavalerie No.4 à Montevideo.On rapporte notamment qu’il a été attaché au sol et livré aux crocs des chiens.Hector Lorenzo JURADO AVELLANEDA décédé le 15 juillet 1972 Prêtre méthodiste, mort à l’hôpital militaire quelques jours après son arrestation.Selon un communiqué officiel, il se serait donné la mort avec un couteau au moment de son arrestation.Bien que les résultats de l’autopsie n’aient pas été rendus publics, elle a révélé, parait-il, de nombreux signes de mauvais traitement, une blessure par lame et une blessure par balle notamment.Vols ÉCONAIR NOUFRANCE Prix: $279 à $369.BILLETS AVION toutes destinations dans le monde entier Tél.: 861-3906 Permis no 50291 Carlos ALVARIZA décédé le 23 juillet 1972 Médecin de 38 ans et père de trois enfants, membre du MLN, il fut arrêté le 5 juin 1972 et mourut sous la torture au Batallon de Infanteria No.14 (École Militaire).Selon le communiqué officiel, il serait tombé d’une hauteur de quatre mètres en tentant de s'évader.Le communiqué ne mentionnait ni la date de l’accident, ni le résultat de l’autopsie.Des témoignages indiquent qu'il a été soumis à une torture sevère: attaché par les pieds, il aurait été projeté contre un mur.Il fut jeté du toit le 23 juillet, dernier jour d’une trêve (30 juin — 23 juillet).trompeusement proposée par les militaires à la guérilla Tupamaro.Roberto GOMENSORO décédé le 12 mars 1973 23 ans, étudiant en agronomie, membre de la Fédération uruguayenne des étudiants universitaires et du Front élargi.Il fut arrêté le 11 mars 1973 par une patrouille militaire.Le lendemain, on prétendit qu’il s’était évadé.A la suite de longues demarches auprès des autorités militaires, sa femme finit par obtenir, en avril 1974, un certificat de décès daté de quelques jours après son arrestation.Le corps n’a jamais pu être retrouvé.Oscar Felipe FERNANDEZ MENDIETA décédé le 25 mai 1973 Ouvrier agricole et membre du Parti communiste révolutionnaire.Mort lors de sa détention dans la caserne du régiment de cavalerie No.2 à Duranzo.Les médecins militaires certifièrent que la mort était due à une crise 'cardiaque, mais ne purent expliquer les nombreuses marques et contusions sur tout le corps.Gerardo ALTER décédé le 22 août 1973 Argentin de 27 ans, membre du mouvement de guérilla marxiste argentin, l’Armée de Révolution Populaire (ERP), il fut arrêté par les militaires uruguayens en même temps que Walter Hugo Ar-teche (voir ci-dessus) et emmené à la caserne du bataillon d’infanterie No 1 à Florida.C’est là qu’ils moururent tous deux le 22 août 19/3.D’après l’annonce officielle, ils seraient morts lors d’une confrontation armée.Or, le certificat de décès officiel constate “oedème aigu du poumon," contradiction qui donne a penser qu’ils seraient morts sous la torture.Rien ne semble indiquer qu’il y ait eu échange de coups de feu.Les corps emballés dans une toile furent ensevelis par les militaires au cimetière du Nord.Walter Hugo ARTECHE décédé le 22 août 1973 Militant du MLN de 27 ans, arrêté par les militaires en même temps que Gerardo Alter.Tous deux moururent et furent enterrés dans les mêmes conditions (voir ci-dessus).Hugo Leonardo DE LOS SANTOS MENDOZA décédé en septembre 1973 Jeune étudiant en agronomie à l’Université de Montevideo, il fut arrêté et interrogé parce que soupçonné d’être en rapport avec le MLN.Aucun chef d’accusation ne pesait contre lui.Il fut emmené dans une unité militaire (Regimiento de Caballeria No 6), où il mourut sous la torture.C’est l’une des rares affaires qui soit connue du public et qui ait été portée en justice.Le corps fut rendu à la famille ainsi qu'un certificat de décès indiquant que la mort était due à un oedème du poumon.Un membre de la famille, professeur en médecine, ainsi que d'autres témoins notèrent des marques de coups sur le corps.L’autopsie, pratiquée par des membres de la faculté en médecine en présence des autorités juridiques et confirmée par l’Institut médico-légal (Institute Técnico Forense del Poder Judicial) révéla sans aucun doute possible notes gions géographiques sont représentés parmi les prisonniers politiques: membres du Parlement, chefs politiques, membres des conseils municipaux ainsi que quelques membres du clergé et de l’armée; mais la majorité sont des citoyens ordinaires.Tous les âges y sont représentés, mais le plus grand nombre de détenus ont entre 20 et 40 ans.Leurs professions varient: médecins, dentistes, architectes, avocats, ingénieurs, artisans, hommes d’affaires, etc.Le groupe le plus important de prisonniers est constitué des chefs syndicaux, d’ouvriers, ainsi que d’étudiants et de professeurs.Les affiliations aux partis politiques démontrent que, même si la plus grande majorité jusqu’en 1972 faisait partie ou étaient accuses de s’être associés au mouvement M.L.N.Tupamaros, depuis cette date leur nombre a considérablement diminué.Aujourd'hui, la majorité fait partie des factions constitutionalistes et non-violentes qui comprennent les partis National et Colorado, les démocrates chrétiens, les socialistes, les populistes et les communistes.que la mort n’était pas due à un oedème du poumon.En outre, le corps était couvert de traces de coups, il était gravement mutilé et portait des marques apparemment causées par des chocs électriques.La tête en particulier avait reçu des coups et les fractures sont en fait à l’origine du décès.L’affaire fut présentée à l'autorité civile judiciaire suprême, mais le 29 août 1974, le gouvernement déclara qu’il s’agissait là d’un “secret militaire” et fit interrompre les recherches, prétextant qu’elles pourraient porter atteinte à "la sûreté de l’État”.Gilbert GOWLAND (ou GOGHLAN) décédé le 19 décembre 1973 Ouvrier et militant de gauche, il a, selon toute évidence, été torturé dans cinq ou six unités militaires différentes.Peu avant sa mort, il fut transporté à l'hôpital militaire où il mourit quelques heures après.Aldo PERRINI GUALA décédé le 5 mars 1974 34 ans, épicier à Carmelo et père de deux enfants.Il fut arrêté le 26 février 1974 et interrogé au sujet de rapports possibles avec le MLN.Il est mort le 5 mars 1975 dans une unité militaire de Colonia (Division de Infateria No.4) alors qu’il était apparemment soumis au supplice de la ’baignoire,'' une méthode qui consiste à plonger la tète de la victime dans l’eau ou les excréments jusqu’à ce qu'elle soit sur le point de suffoquer.Le juge civil n'eut pas l'autorisation d’intervenir.L’autopsie fut refusée.D’après les témoignages des voisins, Perrini Guala était un citoyen paisible; on ne lui connaissait pas d’activité politique.Larua RAGGIO (20 ans) Silvia REYES (19 ans) décédées le 21 avril 1974 La torture en Uruguay a été dénoncée par les organisations suivantes: — Rapport du Comité International de la Croix Rouge, 1973; — Sénat national du Vénézuéla, 21 août 1975; — Conseil mondial des Eglises, juin 72; — Congrès des evêques catholiques de l’Uruguay, le 12 juin 1972 et aussi en octobre 1975, cette deuxième déclaration ayant été arrêtée par le gouvernement; — Chambre des représentants des Etats-Unis — sous-comité sur les Organisations internationales, 9 septembre 1975; — Second congrès interparlementaire de la Communauté européenne avec l’Amérique latine, 21 novembre 1975; — Rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), comité sur l’Uruguay, fév./mars 1975; — Appel à l’OIT de la part de la Centrale syndicale d’Uruguay, novembre 1974; — Commission internationale des juristes et Amnistie Internationale, rapport de la mission en Uruguay, avril/mai 1974.Anselme GARCIA décédé le 12 août 1974 Employé de banque (Banco de Segu-ros, Montevideo), et dirigeant syndical, il fut arrêté et torturé à deux reprises.Lors de sa libération en août 1974, il se rendit à Buenos Aires où il mourut peu après des suites des tortures subies.Horacio MUJICA décédé en novembre 1974 Jeune militant du MLN, décédé dans une clinique privée en novembre 1974 (Sanatorio No.2 del Sindicato Médico), sa mort est due, semble-t-il, à un état de santé rendu précaire par des sévices subis lors de sa detention la même année.On rapporte qu’il fut libéré en raison de son état désespéré et parce que les autorités ne voulaient pas être tenues pour responsables de sa mort.Ivan MORALES décédé le 22 novembre 1974 26 ans, père de trois enfants.Il fut arrêté par des personnes en civil le 20 novembre 1974.Deux jours plus tard, le corps fut remis aux pompes funèbres avec l’adresse de la famille et une note S Quand ¦ Au cours d'une conférence de presse tenue à Ottawa le 24 février par Amnistie internationale et le Congrès du Travail du Canada, M.Noël Gates, secrétaire général d’Amnistie internationale, a rendu publique une liste de 22 personnes qui, selon les documents en sa possession, seraient mortes des suites de tortures infligées par des tortionnaires uruguayens de mai 1972 à novembre 1975.M.Gates a révélé que, depuis novembre dernier, Amnistie a appris la mort de deux autres personnes à des suites de tortures.Il a évalué le nombre de prisonniers politiques en Uruguay à près de 6,000 dans ce pays de 2.5 millions d’habitants, soit une proportion de un prisonnier par 450 habitants.Les victimes de la répression uruguayenne proviennent de toutes les couches sociales et professionnelles, notamment ouvriers, étudiants, syndicalistes, parlementaires, avocats, enseignants."L’appui du Congrès du Travail du Canada, dans cette campagne, nous est d’une aide précieuse," a déclaré M.Gates."Le mouvement syndical canadien n'a jamais cessé de lutter pour la dignité humaine et les droits de l’homme tout à travers le monde et a été à l'avant-garde, par l’intermédiaire de l’Organisation interaméricaine des syndicats libres, de l’opposition à la répression brutale actuelle en Uruguay." M.Gates s’est également dit heureux de l’appui de Mgr Adolphe Proulx, évêque de Hull, de M.Paul Yuzyck, sénateur progressiste-conservateur, de M.Andrew Bre-win, député NPD (Toronto-Greenwood) et Robert Stanbury, député libéral (York-Scarborough), qui ont participé à la conférence de presse.Les participants ont signé des lettres ouvertes, adressées au président d'Uruguay et à son ambassadeur au Canada et invitant le gouvernement d'Uruguay à se conformer à sa propre constitution et à permettre à une commission internationale indépendante d’enquêter sur place.Les groupements d'Amnistie à Ottawa, Hamilton, Guelph, Montréal, Halifax, Toronto et Vancouver recueillent des signatures apposées à une pétition internationale et encouragent la population à adresser des lettres aux politiciens, militaires et autorités policières uruguayennes, réclamant un terme aux tortures des détenus et un traitement plus humain de ces derniers.Amnistie internationale est une association sans couleur politique, qui a pour but d'obtenir la libération des prisonniers de conscience frappés en raison de leurs origines raciales ou ethniques, de leurs convictions ou de leur langue.Amnistie s’oppose en outre à l'emploi de la torture de détenus.précisant qu'il s'agissait d’un suicide.Amelia LAVAGNA DE TIZZE décédée le 29 avril 1975 58 ans.Son mari, M.José Pedro Tizze fut arrêté à son domicile à Manantiales par les forces de sécurité, le 27 avril 1975.Le lendemain, les militaires forcèrent la porte et s'emparèrent de Mme Tizze.Quelques heures plus tard, on appela Mme Amanda Tizze de Rezzano, leur fille, pour qu elle vienne chercher le corps de sa mère dans une unité militaire de Laguna del Sauce (Batallon de Inge-nieros, No.4).Officiellement, Mme de Tizze se serait empoisonnée au cours de la perquisition.L'ouverture de la bière fut interdite à la famille et les obsèques eurent lieu sur le champ.Quelques jours plus tard, la fille et son mari, M.Rezzano — parents de deux jeunes enfants — furent également arrêtés.Par la suite, M.Rezzano comparut en justice et montra des traces de tortures.Entre-temps, il fut révélé que M.Tizze, veuf, avait tenté de se suicider.Ils sont à ce jour tous trois détenus dans des casernes.Alvaro BALBI décédé le 30 juillet 1975 32 ans, étudiant en médecine, père de quatre enfants; sa femme est enceinte.Il était employé, musicien amateur et membre du Parti communiste.Arrêté en même temps que d’autres travailleurs lors d'une reunion le 29 juillet 1975, il aurait été emmené avec eux dans les locaux des Renseignements Généraux, rue Maldonado ( Direccion de Information et In-teligencia No.6 de la Policia, Calle Maldonado) à Montevideo, un centre de torture bien connu.Sa femme essaya, sans succès, de le retrouver.Deux jours plus tard, le 31 juillet, le corps lui fut rendu avec l'explication officielle qu’il avait Voir page 6: Liste £$$!$)$!&$! » Si on a NK les moyens » • '* • Étudiantes et militantes du MLN, elles furent arrêtées lors d’une perquisition à Montevideo.Au cours de la même opération.une autre jeune fille, Diana Maida-nik, fut tuée de 35 balles lorsqu’elle ouvrit la porte.Bien que les autorités prétendent que les trois jeunes filles soient mortes lors d’un échange de coups de feu.les voisins ont vu que Mlles Rag-gio, Reyes, et deux hommes étaient emmenés par les forces de sécurité.Le lendemain.les corps des deux jeunes filles furent rendus aux familles.Outre les traces de balles, les corps portaient des marques de coups et, sur le crâne, des plaques prouvaient que les cheveux avaient été arrachés.& % & & Alberto BLANCO décédé le 12 mai 1974 % L’un des jeunes gens arrêtés en même temps que Laura Raggio et Silvia Reyes (voir ci-dessus) le 21 avril 1974.Le 12 mai 1974, des parents furent informés qu’il était mort au cours d’une confrontation armée avec les militaires.Quand ils allèrent chercher le corps à Montevideo, ils durent apparemment signer une promesse selon laquelle ils n’ouvraient pas le cercueil, l’enterraient dans un délai de quatre heures, et ne poseraient aucune question.Nibya SABALSAGARAY décédée le 29 juin 1974 Enseignante et membre de l’Union des Jeunes Communistes (UJC), elle fut arrêtée à Montevideo le 29 juin 1974 et emmenée dans une unité militaire.Elle succomba après avoir été soumise au supplice de la “baignoire sèche," qui consiste à étouffer la victime en lui enserrant la tête dans un sac en plastique.Dix heures seulement après son arrestation, les parents de la victime furent informés de son "suicide".Malgré les témoignages affirmant que le corps portait des traces de torture, les demandes d’examen médical indépendant furent rejetées.Les fermes protestations de la Fédération nationale des enseignants ainsi que d’autres organi salions n aboutirent pas.% & & & & & & & & , TB t] TOtNl* Æ VS Op COURWlSIEj, II»' Urn mil/ u) .tya/iïiltoH /jr* W COGNAC IJ «•>*, P*, w " OMNAM » COURVOISER 40%Aicÿ I6-JARNAC-«ANCE K* vOi^ COüDVOISItP Le seul cognac vieilli à l’oinore de Napoléon.Représenté par la compagnie J.M.Douglas International &&&&&&& 8 & 8 8 8 8 8 8 8 8 8 > t 6 • Le Devoir, mercredi 10 mars 1976 la météo \\wj,i!oi,oi 77 l RAFALES NEIGEj C,'UI ^ ' onion PLUtE » 7 ! I ^ >;Sv\6iVoihotjv^" _\ • 'ftV 5 .iwinnipoo RAFALES •Ollowo t’’' neige; ¦ eat I NEIGE Soli lake CH •Il :m Fi ont iico Woihinglo Konîo» Cil Clioi le pi&cipilolion H tiowle piettion g boite pieition motte d’olr Irait motte d'air chaud à New Or loom Miomi Une crête de haute pression prendra une orientation est-ouest dans le nord de la province alors que la partie sud de la crête sera poussée par une dépression se dirigeant vers l’est, nord-est pour se retrouver sur l’Atlantique ce matin.Une autre dépression Erésentement à l’ouest des Grands acs se dirige vers l’est et formera un creux avec la première perturbation dans la journée.Celle-ci traversera le sud de la province donnant un peu de neige sans accumulation appréciable.Les régions du moyen-nord auront quelques flocons de neige tandis que celles plus au nord n’auront tjue des passages nuageux.Les températures subiront peu de^hangement.Pour demain, on prévoit, une belle journée alors qu'une faible dépression passera juste au sud de la province, celle-ci étant cependant dominée par un système de haute pression.• Régions de Chibougamau: ciel clair avec quelques passages nuageux.Minimum la nuit derniere près de moins 30.Maximum de moins 17 à moins 20.Aperçu pour demain: ensoleillé.• Régions de l’Abitibi, de la Haute-Mauncie: nuageux avec quelques flocons de neige.Minimum la nuit dernière de moins 18.Maximum près de moins 12.Aperçu pour demain: ensoleillé.• Régions de Pontiac-Témiscamingue, des Laurentides: plutôt nuageux avec faible neige passagère.Venteux par moments.Minimum la nuit derniere près de moins 15.Maximum de moins 8 à moins 10.Aperçu pour demain : ensoleillé avec des passages nuageux.• Régions |(ie l’Outaouais, de Montréal: faible chute de neige.Venteux par moments.Minimum la nuit derniere de moins 10.Maximum de moins 5 à moins 7.Aperçu pour demain: passages nuageux.• Région de Québec, Trois-Rivières: nuageux avec faible neige et venteux.Minimum la nuit derniere de moins 12.Maximum de moins 8 à moins 10.Aperçu pour demain: ensoleillé.• Région des Cantons de l’Est: faible chute de neige.Venteux par moments.Minimum la nuit derniere de moins 10.Maximum près de moins 5.Aperçu pour demain: passages nuageux.• Régions de Baie-Comeau, de Sept-Iles: ensoleillé avec des passages nuageux.Venteux par moments.Minimum la nuit dernière près de moins 20.Maximum de moins 10 à moins 12.Aperçu pour demain: ensoleillé.• Régions de Rimouski, de la Gaspé-sie: ennuagement suivi de neige et venteux par moments.Minimum la nuit dernière de moins 15.Maximum de moins 8 à moins 10.Aperçu pour demain: ensoleillé.• Région du Lac St-Jean: faible neige passagère.Venteux par moments.Minimum la nuit derniere près de moins 20.Maximum de moins 10 à moins 12.Aperçu pour demain: ensoleillé.recours à la “démagogie et l’opportunisme” du PQ.Le Québec dépense trop?C’est la dernière question.M.Bourassa, L’Ouest par rail.suites de la première page BOURASSA vers lui, rejoint les Québécois.M.Bourassa reprend que les premiers ministres québécois ne furent jamais très populaires à Ottawa, sauf M.Adélard Godbout, qui, durant la dernière guerre, abandonna la taxation directe.A M.Trudeau qui lui donnait “deux ou trois jours" pour comprendre sa réplique cinglante concernant le déficit olympique, M.Bourassa répond qu’il lui a fallu, à lui, un an et demi pour accepter les arguments de M.Stanfield en matière de lutte à l’inflation.Mais ce qui est important, enchaine-t-il comme pour s’excuser, c'est que le premier ministre du Québec incarne la permanence, la continuité des aspirations fondamentales des Québécois, ce qui n’est pas une tâche facile, face à une "opposition séparatiste" et face au gouvernement fédéral qui veut constamment traiter le Québec comme les autres provinces.Il ajoute, ce qui est rare chez lui, que le Québec, justement, n’est pas une province comme les autres.Qu’on ne se méprenne pas: M.Bourassa reste profondément fédéraliste et fait autant confiance qu'avant à cette “technique de gestion" surtout sur le plan économique.Mais il reprend son plaidoyer voulant que le Québec possède la souveraineté ou la sécurité culturelle.Non pas parce qu’il ne faut pas faire confiance aux députés québécois à Ottawa, mais parce que le poids démographique du Québec — passé de 30 à 25% de l’ensemble canadien — diminue son influence culturelle.D'où la nécessité de garantie particulières pour les francophones du > la leçon au Québec là-dessus.Car, conclut-il, ce sont les traitements accordés par Ottawa à ses hauts fonctionnaires qui ont un effet d’entraînement sur les provinces, et dans chacune, aux salaires versés aux employés du secteur public et parapublic.A moins de revirement, la prochaine réplique sera dans le discours du Trône, mardi prochain.Mais elle devrait être tout autant pondérée et sobre, toute en nuances olympiennes.FORD poirs que pouvait nourrir M.Wallace, non pas certes d’obtenir l’investiture mais au moins de jouer, grâce à un nombre important de délégués, un rôle déterminant à la convention de New York.M.Carter, qui a jusqu’à présent fait campagne moins sur des prises de position spécifiques que sur sa personnalité, a encore devant lui une course longue et difficile, parsemée d’obstacles divers.En Floride, il apparaissait comme le plus “modéré” des démocrates, aucun “libéral” n’ayant fait campagne dans cet État.Mais il va désormais retrouver devant lui dès la semaine prochaine dans l’Illinois, M.Morris Udall, arrivé second dans le Massachusetts derrière le sénateur Henry Jackson.Celui-ci, qui avait tablé en Floride sur les votes des nombreux Juifs installés dans cet État, sur la base de ses positions très pro-israéliennes, et bénéficiait du soutien de nombreux dirigeants syndicaux, conserve de sérieux atouts.Dans l’État de New York, où les élections primaires du 6 avril désignent un nombre record de délégués pour la convention démocrate, il part grand favori, et le soutien de l’ex-ambassadeur à l’ONU, Daniel Moynihan, particulièrement populaire auprès des Juifs de la métropole depuis sa dénonciation de la résolution “anti-sioniste” renforce ses chances.ERREUR .10 mars.par la PC el l’AP 1974 — Un officier de renseignement japonais de la deuxieme Guerre mondiale réapparaît après s'être caché pendant 30 ans dans la jungle des Pnilippines.1970 — Les rives de l’île aux Sables sont polluées par du pétrole provenant au pétrolier Arrow qui s'est échoué au large des côtes de la Nouvelle-Écosse.1967 — On annonce que la fille de Staline, Svetlana, a quitté l’Union soviétique et demandé l'asile en Suisse.1945 — Les bombardiers américains B-29 larguent leurs premières bombes incendiaires sur le Japon.1942 — Rangoun, Birmanie, tombe aux mains des forces japonaises.1842 — L’université Queens de Kingston ouvre ses portes.Québec.M.Bourassa proteste quand on évoque un "troc” possible entre le financement des Jeux olympiques et le rapatriement de l’AANB.Le seul lien entre les deux dossiers se situe dans le temps et dans le fait que M.Trudeau veut rapatrier l’AANB.Au sujet des Jeux, M.Bourassa reprend ses arguments voulant qu’Ottawa est responsable de l'inflation."Après tout, la Banque du Canada est à Ottawa, pas à Québec." Et quant à l’appui des Canadiens, M.Bourassa estime qu'il l'a au moins à 55% en faveur d'une aide fédérale accrue.Le premier ministre dit que l’on s’est trompé dans les prévisions des coûts olympiques, mais que les autres gouvernements en ont fait autant pour (Tautres projets.Et M.Trudeau a lui-mème fait campagne en 1974 contre les mesures anti-inflationnistes suggérées par les conservateurs.Quant à la baie James, elle est absolument nécessaire pour le développement industriel du Québec, et M.Bourassa laisse entendre, sans le dire clairement, qu’il ne comprend pas que M.Trudeau ait Au cours d’une conférence de presse hier matin, le directeur général de la Régie, M.Roger-T.Trudeau, a expliqué que l’accident était dû à une “erreur humaine”.On a inversé les opérations de montage des voussoirs, a-t-il dit.Il a nié que les mesures de sécurité aient été relâchées ou que l’accident ait pu être le résultat de l’accélération du rythme de travail imposée aux ouvriers.Les deux pièces qui sont tombées sont des voussoirs.Il s’agit de pièces de béton préfabriquées d’une longueur de 12 pieds 4 pouces, d’une largeur de 4 pieds 6 pouces et d’une hauteur de 7 pieds.Elles sont évidées, mais pesaient néanmoins 19 et 22 tonnes.Toute la structure du stade olympique repose sur 34 consoles constituées de pièces préfabriquées que les ouvriers assemblent comme les pièces d’un mécano.Les voussoirs qu’on était en train d’installer faisaient partie de la console 19-A, intégrée au mat du stade.Il s’agissait des voussoirs 102 et 101, les derniers de l’avant-fléau de cette console.L’avant-fléau est la partie supérieure de la console s’avançant vers le centre du stade et qui supporte entre autres le toit.Ces voussoirs sont liés par de la résine d’époxy et par des câbles d’acier.Selon M.Trudeau, on en était rendu à l’étape de l’installation et de la post-tension des câbles d’acier.Toutefois, de façon assez incompréhensible, les quatre ouvriers auraient reçu instruction d’enlever les six barres de métal qui temporairement soutenaient les deux voussoirs sans que les câbles aient été installés.C’est là que résiderait l’erreur humaine.M.Trudeau dit que Terreur est incompréhensible puisque chacune des opérations prévues au “scénario de montage” est bien connue et identifiée.Au surplus, ces opérations, depuis le début ae la construction du stade, se sont déjà répétées 4,900 fois sans erreur.Pour illustrer ce qui s’est produit, M.Trudeau a comparé avec l’aiguilleur de chemin de fer qui oublie de refermer Tai-guillage et provoque un accident.Comme on ferait dans un tel cas, on cherchera à savoir exactement ce qui s’est passé et il y aura donc une enquête serrée, mais M.Trudeau n’a pas voulu désigner de responsables pour l'instant.A propos du rythme de travail, M.Trudeau a expliqué que deux ou trois heures se passent à monter chaque pièce.Selon lui, c'est un signe que la pression n'est pas si forte.Parce que les échéances sont rapprochées, on met plus d'hommes au travail plutôt que d’augmenter le rythme, a-t-il encore expliqué.Les camarades des victimes qui ont débrayé hier Tont fait par solidarité, a aussi dit M.Trudeau.Il ne pense pas que l'accident provoquera des retards importants dans la construction du stade.Du côté des travailleurs du chantier olympique, on n'a pas semblé totalement d'accord ni satisfaits des explications de M.Trudeau.Le refus de travailler hier était spontané, a-t-on dit, et il était destiné à protester contre l’absence de mesures de sécurité.Nombreux étaient les ouvriers qui parlaient d'accidents survenus au cours des dernières semaines et qui, même s'ils n'avaient pas fait de victimes, auraient pu être encore plus tragiques que l'accident de lundi soir.Le Conseil provincial des métiers de la construction (FTQ), qui groupe la majorité des ouvriers du chantier, a accusé la Une Mauricie sans fin Suite cte la premièra page Dans le wagon-café, Sylvain Gagné joue aux échecs.Son partenaire, Ber-nie Payne, joue à distance car il doit servir les clients en quête de sandwich et de café.Gagné, chaussé seulement de gros bas de laine, chemise à carreaux rouges, ne lève pas la tête.Il sifflote amenez-en de lapitoune et ne consent à interrompre sa concentration que pour sortir son gros paquet de tabac export et se rouler une cigarette.De temps à autre le noir débonnaire s’approche et bouge une pièce au grand amusement des quelques spectateurs silencieux.Vient un moment où Sylvain Gagné demande: “Comment on dit ça, en anglais, échec et mat”.On le lui dit et il annonce: “Ben je Tsus.” On rit.De l’autre côté, au bar, l’atmosphère s’anime déjà.Le gros Dave, un homme d’une quarantaine d’année, jovial, explique tout bonnement à Charlie que le Canada est désormais un pays communiste surtout depuis la visite de Trudeau à Cuba.Charlie est entièrement d’accord de même que les petits ontariens de Guelph, Margaret, Fern, Bill et les autres dont la voiture aux banquettes droites a été accrochée au Super-Continental à Capreol.Dave s’informe ensuite de la situation du séparatisme au Québec puis passe à son histoire personnelle.Employé de la compagnie Shell au Nouveau-Brunswick, il a été victime il y a quelques mois d’un accident d’héli-coptere.Opéré à plusieurs reprises à la colonne vertébrale il nous fait voir les cicatrices de ces charcuteries et con- fesse que son dos le fait abondamment souffrir à bord du train.Mais jamais plus il ne prendra place dans un aéronef quel qu’il soit.Il espère pouvoir arrêter à Winnipeg pour se reposer dans sa famille.Entre-temps, il parle tout le temps, fait rire tout le monde et se promène sans cesse dans ce train paisible qui flotte dans Tair froid sous un ciel maintenant très bleu et ensoleillé.Muni d'une boîte de sardines et d'un morceau de pain, Sylvain Gagné rejoint ses trois compagnons dans le bar et demande à Charlie une bière et une fourchette.Michel Prud’homme est en train de dire à Paul Couturier qu’il n’y a rien à faire à Vancouver et qu’il ferait mieux de descendre avec lui à Edmonton pour prendre l’autobus vers Calgary.Il exhibe sa lettre de recommandation.Il s’agit d’une feuille défraîchie sur laquelle un ami dont on ne sait pas le nom annonce l’arrivée du dresseur de chien.Il y a l’adresse de l’abattoir.C’est écrit en français et au son.Le jeune Couturier hésite mais finit par décider de descendre à Edmonton.“On va être gras dur, assure Michel.Logé, nourri, du travail pas trop forçant et la grosse palette à l’automne.” “Moi, dit Sylvain Gagné, je débarque à Jasper (il prononce Jassepeur), je me rembarque pour Prince Rupert et si mon chum est encore là et que je me trouve une bonne place dans une “canerie” je ne reviendrai pas avant les Fêtes ça sert à rien il n’y a plus rien au Québec.” A l’autre table, ce sont les Anglais.Bill qui joue aux cartes avec sa soeur Margaret sous Toeil triste de Judy, 16 ans, enceinte de quatre mois et qui file vers Vancouver où elle ne connaît personne mais mise sur le YMCA pour être hébergée avant de se trouver un emploi.“Ils s’imaginent tous qu’ils vont frapper de l’or dans l’Ouest, m’explique un employé.” Il précise que la vraie immigration des jeunes n’est pas encore commencée, il est trop tôt.C’est vers la fin d’avril aue les trains se remplissent de jeunes Québécois et Ontariens à l’assaut de leurs espoirs et en quête d’un changement d’air.Dans la voiture-salon des gens lisent le Globe and Mail et apprennent que le juge Kenneth Mackay accuse des membres du cabinet Trudeau d’avoir fait des interventions illégales auprès de certains juges du Quebec.Ça discute ferme.Une jeune Australienne, institutrice, qui fait le tour de l’Amérique en train et en autobus, estime que le gouvernement devra démissionner.Un autre annonce des élections imminentes.Des enfants se concentrent sur les livres à colorier que Pierre a sortis de son coffre à jouets.Au dehors, la forêt d’épinettes et de sapins passe toujours comme en un ruban sans fin.Ce soir, lorsque la fête battra son plein dans le bar avec Michel à la guitare et Sylvain à Thar-monica, et que les populations âgées des sleeping cars seront au lit depuis longtemps, elle sera encore là, à la fenêtre, dressant ses têtes de conifères sur un fond de nuit étoilée.A minuit nous sommes déjà à quelque 1,000 milles de Montréal.Régie de “minimiser l’hécatombe”.Selon M.Guy Dumoulin, “une simple erreur technique et humaine” est une explication simpliste qui cache la vérité.Selon le conseil, il faut chercher une explication dans “les moyens de pression de toute sorte exercés sur les travailleurs pour augmenter leur cadence de travail”, ainsi que dans “les changements aux devis qu'on essaie d’adapter aux cahiers de charges afin de gagner du temps dans la course contre la montre”.M.Dumoulin a dit craindre que le tribut de vies humaines réclamé par les responsables des Jeux continue de s’élever au cours des prochains mois.Le conseil a réclamé une enquête minutieuse du ministère du Travail tant surles circonstances de cette tragédie que sur le rendement exigé des ouvriers du chantier.Le président de la FTQ, M.Louis La-berge, a soutenu que la cause fondamentale de l'accident est l’accélération du rythme de production.“Les responsables du chantier jouent avec la vie des travailleurs", a-t-il dit.Il a demandé une enquête, tout comme le Conseil provincial des métiers de la construction, et une revision immédiate du rythme de travail, au risque que les Jeux se déroulent dans un stade inachevé.A la CSN, ce n’est qu’aujourd,’hui qu’on commentera la tragédie.Toutefois M.Michel Chartrand, porte-parole de la centrale en matière de sécurité au travail, a déclaré que l’accident n’était pas le résultat d'une erreur humaine, mais de “Terreur d’incompétents et de gars pressés”.Passant en revue les accidents survenus au chantier olympique, il a accusé les ingénieurs de ne pas savoir travailler.Selon lui, on se fout eperdument de la sécurité et de la santé des gars sur le chantier."C’est un vrai charnier, et on va demander aux Québécois qui ont du'coeur de boycotter les Olympiques”, a-t-il lancé.M.Florent Audette, Tun des dirigeants de la CSN-Construction, a repère à la suite de plusieurs autres chefs ouvriers que les responsables du chantier cachent bien des accidents.Selon lui, il y aurait eu beaucoup plus que sept morts accidentelles sur le chantier.Il faut compter au moins 11 victimes, affirme-t-il.Contrairement à M.Trudeau, M.Audette dit que les quatre victimes de lundi soir faisaient partie d’une équipe nouvellement formée.La tragédie a suscité plusieurs autres réactions.Lord Killanin, président du Comité international olympique, a envoyé un télégramme de sympathie.Le prési-dent du Parti national populaire, M.Jé-' rôme Choquette, a déploré que “les règles élémentaires de la sécurité des travailleurs ne soient pas respectées" sur le chantier.POLICE Suite de 1e page 3 tent 68% de celles de tout le reste du personnel.Fait curieux, les “accidents de travail" des policiers expliquaient environ la moitié des absences en 1971 alors qu'ils en expliquent maintenant près de 80%.On suggère aux autorités d’y regarder de plus près.Enlin, malgré la faible efficacité de ces effectifs policiers, le rapport indique que les atomisés de l’An O.TüP'PE ïortrtE: il es T, Je: Wft pE-MAtlPE 3'SfJ CE- QOE.Z-VfiiT miR.E PflMS I flRMÉE PRÉP^RE-Toi 6 1,40.3.40.5.40.Sir ni NIS RI 1 AMU A Jtr 4 VS 1 00.3 00.5.00.7 00.9 00 c.r.r>.i avai r.nfi rrrr, SUR SEMAINE: A 7 00 A 9 00 PARISIEN * CHATEAU: 1 30.3.30.S 30.7 30.9 30 VERSAILLES.LAVAL.GREENFIELD SUR SEMAINE: 7 301 > 30 SAM tDIM OESI .tOH cinemas U pARiskN 5 J CHAT!AU O "St Drms&lcOnqrr 2711103 3e SEMAINE I VERSAILLES I GREENFIELD Pk )2t5 Sherbrooke I 3S37II0 | Fl SrMufieldFirk tll (US 410 Sll CAtHIRW! 0 I6S 3IS6 ruii;< CtNim lAVAl (Il 1)11 AUSSI: GALERIES do GRANBY MASKA (SI HyocInlho) REX (SI JbrOmo) CARITOL (atouhirnoU) PINE (Slo-Ad*lo).ROXY (Slo-Agolh») ut AnTieTitAMor.it» peéMnUnt un f,|m (je FRANÇOISTRUFFAUT Ittbsllê Adtanl ctndldêf è 10 tear dsl» malllaura actrlca dans L’HISTOIRE D’ADÈLE H.% «FAÂtïç itüwmüf .ÂÜTt v.-A.p« s .n • •.BRUCE ROBINSON .SYLVIA MARM101 T JOSEPH BLATCHUY • IVBY OlÎLlS iMettew» de a »*ot.*-«pt2 103 7 1er |uil 19/7 98 98’ » B 9po 1er fév.1978 101 101 a C 9% 1er avril 1978 10?% 103'a 8’ •.15 dér 19/8 99' a ion 3% 1er oc» 1979 84 84'a n r ?1er or 1 1979 96 V» >/ F 9*+ 1er OCI 1980 101% 102'a B1 a 1er fév.19J1I 99 99' » 4 » 1er sept.1983 75% 76% 9'a, 15 juin 1994 96 a 97% 10"- let oc» 1995 99% 100% 1$ *ep! paip.1996 44% 45% 52%- % 32%+ Va 25 +1 13%+ % 973/4- 3/4 75%+1 % 8%+ % 22% 22%+ Vê 85% 86%+1 % 58%+ % 10%“ Va 39% - % 16 - % 323/4+ Va 31%+ % A Erhangeahirs pour rif*$ obligation* rte 9%% du 1er (év ¦">*?.B Erhangeahla* pour de* 9% du 1er fév 1980.C Fcbenq^abtei pour t>4% du Ur • vrll 1984 D Echangeable» pour dei du i*r oet.1984 ‘ F Echangeable» pour de* 9%% du 1er oct.1985.PROVINCIALES BC Hyd .8'4 2 lanv.1982 96% 97'» (A) BC Hyd.10 15 OCt.2000 101 101% N.B.E, 9, 15 mal 1981 96% 97% N B E .10% 15 mal 1995 97% 98% N F Labr.10V4 15 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