Le devoir, 28 juillet 1975, lundi 28 juillet 1975
la météos ensoleillé avec passages nuageux, venteux.Maximum près de 26.Demain: généralement ensoleillé.Détails en page 6.Fais ce que dois 20 CENTS Vol.LXVII - No 171 Montréal, lundi 28 juillet 1975 Sainte Luci le La question fondamentale selon Bourassa Un choix: culture ou niveau de vie par Pierre O’Neill DANVILLE — A moins que le gouvernement fédéral n’accorde au Quebec la souveraineté culturelle, les Québécois devront éventuellement faire un choix entre la culture et le niveau de vie.C’est-a-dire, entre l'indépendance et le fédéralisme.S'adressant aux jeunes libéraux réunis à Danville, puis répondant aux questions des journalistes, le premier ministre du Québec a clairement indiqué que si son gouvernement consentait une nouvelle fois à discuter du rapatriement de la constitution dans une conférence fédérale-provinciale, ce sera pour “aller jusqu'au bout".Mais avant de proposer une réouverture du débat sur la formule de rapatriement de la constitution, le gouvernement s’accordera une longue période de réflexion à laquelle seront invités à participer ministres, députés et militants.Cela afin d’en peser minutieusement toutes les implications et surtout parce qu’un nouvel échec comme celui de Victoria “ne serait pas tellement bon pour le régime fédéral”.Avec l’évolution des institutions, des structures politiques, M Bourassa demeure néanmoins confiant que de nouveaux efforts de compréhension mettront en relief que les choses n'ont pas à aller aussi loin.“Nous croyons que l’indépendance serait économiquement catastrophique et culturellement inutile." Et si les Québécois obtenaient la souveraineté culturelle, soulignait le chef du Parti libéral, les indépendantistes y perdraient tout argument.Dans cette optique, M.Bourassa voit deux conditions essentielles: l’appui de la majorité des Québécois et des dirigeants fédéraux sensibilisés à la volonté du gouvernement québécois.“Il parait clair que la seule option.c'est la souveraineté culturelle.Autrement, les Québécois devront faire un choix.” Un choix inutile et dangereux pour l’a- venir culturel des Québécois, estime M.Bourassa qui s'interroge sur les résultats d’une consultation où les Québécois seraient appelés à trancher entre la culture et le niveau de vie.“C’est la question fondamentale.” Sur les versants du mont Scotch, près de Danville, dans le comté de Richmond, c’est un dialogue en plein air qui a obligé M.Bourassa à s’expliquer aussi longuement sur la notion de souveraineté culturelle et les qualités fédéralisme canadien.Il participait au colloque-camping de fin de semaine qui a réuni plus de 900 jeunes libéraux de tous les coins de la province.La participation aux ateliers de travail n’a jamais dépassé 300 personnes mais fut très animée.Aucun doute que la manifestation annoncée comme “laboratoire d’idées” a plutôt été le plus sévère forum auquel a consenti à se prêter le chef du gouvernement depuis la prise du pouvoir, Ses ministres et lui ont eu droit aux apostrophes les plus typiques et mal polies de la jeune génération.Sauf, peut-etre, le ministre des Communications, M.Jean-Paul L’Allier, en voie de devenir, le René Lévesque du Parti libéral.L’épilogue, reste à venir.C’est ainsi que sur un ton assez familier, M.Bourassa s’est fait reprocher de manquer de volonté politique, de jouer avec des slogans vides de sens, d’avoir encouragé la tenue de Jeux olympiques coûteux plutôt que de réaliser une véritable sociaf-démocratie, de ne pas avoir rempli sa promesse de création de 100,000 emplois, de favoriser un style de leadership trop discret, voire sournois, et enfin d’avoir permis que ses députés se votent des augmentations de salaires impressionnantes à un moment où l’inflation effrite le pouvoir d’achat du modeste travailleur.Certaines de ces attaques ont visiblement heurté le premier ministre.Mais il Voir page 6: Un choix La Santé US teste le LSD sur des cobayes humains WASHINGTON (d’après AP) — Le département américain de la Santé, de l’Education et du Bien-Etre (HEW) a testé du LSD sur quelque 2,500 personnes entre 1954 et 1968, afin de déterminer si cette drogue hallucinogène avait une valeur médicale, a-t-on appris hier de sources gouvernementales.Le département a également attribué des bourses de plusieurs millions de dollars à quelque 30 instituts de recherches universitaires, pour mener d’autres expériences au LSD sur des "cobayes” humaines.L’Institut de la santé mentale (NIMH), qui a mené ces expériences pour le compte du HEW, a précisé que les “cobayes" étaient des prisonniers, des volontaires payés et des malades mentaux consentants.Cependant le porte-parole du NIMH n’a pas expliqué comment les malades mentaux avaient donné leur consentement à ces expériences, qui ont eu lieu surtout au Spring Grove State Hospital de Catonsville (Maryland).Les expériences auraient été menées durant des années, avant que le HEW ne durcisse les procédures de consentement, afin de protéger la recherche sur des sujets humains.Ces révélations surviennent peu après que la CIA et l’armée américaine aient reconnu avoir mené durant des années des expériences au LSD sur quelque 1,500 personnes, militaires et cièils, parfois x même à leur insu, afin d’étudier les effets de cette drogue.La plupart des expérience du NIMH ont été menées au centre de recherches médicales de Bethesda, Maryland.Les sujets n’étaient, en majorité, soumis qu’une seule fois au LSD, puis renvoyés à la maison ou dans leurs prisons et instituts, une fois passés les effets de la dro-gue.L’objectif des expériences était de déterminer si le LSD pouvait être employé efficacement dans le traitement des maladies mentales et de l’alcoolisme.On pensait aussi pouvoir déceler les symptômes de maladie mentale, qui auraient pu servir de "modèles de psychose ” pour des recherches ultérieures.Les avis semblent partagés sur les résultats de ces expériences: pour les uns, elles ont raté complètement, mais pour d’autres, elles indiquefaient que le LSD a une valeur thérapeutique limitée chez certaines alcooliques.Les recherches du NIMH auraient coûté plusieurs millions de dollars.Quelque 84 projets d’expériences au LSD ont été financés par un fonds de 7.5 millions de dollars.Trente de ces projets impliquaient des cobayes humains, le reste était limité aux animaux.Certaines études financées par le HEW ont duré plus de cinq ans.Torn Weiskopf, vainqueur pour la deuxième fois en trois ans de l’Omnium de golf du Canada, qui s’est terminé hier au club Royal Montréal de Tile Bizard, tient fièrement le trophée Peter Jackson qu’il a mérité à la suite de sa victoire difficilement acquise aux dépehs de Jack Nicklaus après un trou supplémentaire.Nos informations page 11 •*> pifi «T MM1.1 PM g* ¦ Exercer sans délai la souveraineté culturelle ¦ Nationaliser l’amiante ¦ Reconquérir l’économie DANVILLE (Le Devoir) — Trois grandes conclusions auront marqué ce weekend le colloque-camping des jeunes libéraux: • sur le plan de la constitution, les participants ont adopté à l’unanimité une résolution qui invite instamment le premier ministre à engager des négociations avec Ottawa “en vue de faire confirmer la compétence exclusive" du Québec sur les communications, et à “exercer de son propre chef la souveraineté culturelle"; • sur le plan économique, une fraction des participants, avec l’appui manifeste de la majorité, a réclamé la "nationalisa- au sommaire _ ¦ Sommet à quatre pour lutter contre la récession ¦ Bases américaines: Ankara s'expliquera à l’OTAN — page 2 ¦ Montréal manquera d'eau si sa nouvelle usine n’est pas achevée au printemps — page! ¦ Un avis incomplet: un éditorial de J.-C.Leclerc ¦ Une perspective plutôt inconfortable pour M.Bourassa: une analyse de Claude Ryan — page 4 ¦ La présence du Canada au sein de N0RAD obéit au plus élémentaire réalisme — pages tion" de l’ensemble du secteur de l’amiante afin de résoudre tout à la fois les problèmes de la transformation sur le territoire de cette matière première, de la pollution et de l'amiantose; • sur le plan politico-économique, les jeunes libéraux ont reconnu avec M.Guy Saint-Pierre, ministre de l’Industrie et du Commerce, que le Québec appartient, non pas aux Québécois, mais aux “anglophones et aux étrangers", surtout à cause de facteurs historiques; ils ont aussi endossé les recommandations du ministre pour qui la prise en main de notre économie passe “par un profond changement de mentalités", un contrôle accru des investissements étrangers, la croissance assistée des entreprises autochtones et l’intégration des sociétés multinationales à la vie économique du Québec.Outre M Bourassa qui s'est prêté hier à un débat animé avec les jeunes libéraux, sept ministres ont pris part à cette grande rencontre estivale.Ce sont MM.Guy Saint-Pierre, Jean-Paul L'Allier, Fernand Lalonde, Jean Bienvenue, Georges Vaillancourt, Bernard Lachapelle et Paul Berthiaume.Après avoir entendu M.L'Allier faire le point de l'état du dossier des communications au lendemain de la récente conférence fédérale-provinciale, les participants réunis en atelier ont adopté la résolution suivante: “Attendu que la souveraineté culturelle constitue un élément important du programme d'action du gouvernement Bourassa et du Parti libéra! du Québec; “Attendu que les communications représentent une des bases sur lesquelles doit s'établir une telle souveraineté culturelle; “Attendu que le Parti libéral du Québec recherche la consolidation et le développement du fédéralisme canadien tout en optant pour un fédéralisme décentralisé ; “Attendu qu’on déiinit la souveraineté culturelle comme étant une autonomie complète des provinces en matière culturelle et l'exercice, dans tous les domaines reliés directement à la culture, d'une autorité prépondérante sur celle du fédéral; “Il est proposé: “1.de féliciter M.Jean-Paul L'Allier Le Parti socialiste portugais de descendre dans la rue menace LISBONNE (d’après Reuter et AFP) — Les deux principales formations politiques portugaises, le parti socialiste et le parti populaire démocratique ont vigoureusement condamné la création du triumvirat militaire investi vendredi par le MFA du pouvoir suprême, et ont menacé de descendre dans la rue si la modération ne l’emportait pas.Et hier soir, M.Mario Soares, secrétaire général du parti socialiste a demandé que le Mouvement des forces armées (MFA) et les partis politrtiues portugais se réunissent d’urgence pour établir un plan de sauvetage du pays.S'adressant à quelque huit mille socialistes venus écouter à Figueira de Voz, petite station balnéaire à cent soixante kilomètres de Lisbonne, la première intervention publique de leur leader depuis la formation du triumvirat.M.Soares a invité les Portugais "du nord au sud du pays" à exprimer leurs sentiments et à imposer la modération aux militaires avant qu’il ne soit trop tard."La révolution portugaise n’a pas été déclenchée pour amener une caste bureaucratique ou- militaire au pouvoir." Les dirigeants du pays conduisent le Portugal au gouffre et vers un isolement plus complet encore que sous le fascisme, a ajouté M Soares."Si auparavant, nous n’avions de liens qu'avec les Etats-Unis et quelques pays européens, nous ne voulons pas de liens avec seulement l'Union soviétique et quelques Etats socialistes," a poursuivi M.Soares, tandis que la foule scandait: “Le Portugal appartient au peuple, pas à Moscou." Les socialistes n’accepteront jamais une dictature communiste, a ajoute le dirigeant socialiste.“La crise dans les Açores et à Madère est en train de s'aggraver de façon définitive," ces iles atlantiques vont faire sécession, si l'orientation politique de la métropole ne change pas.Avant de prononcer son discours, M.Soares a déclaré que la formation du triumvirat, compose du président Francisco da Costa Gomes, du général Vasco Gonçalves, premier ministre, et du gène ral Otelo Saraiva de Carvalho, chef du Copcon, est “une personnalisation du pouvoir qui va à l'encontre de principes démocratiques " Samedi, le PS et le PPD avaient qualifié d'anticonstitutionnelle cette décision.Après avoir siégé durant une nuit et un jour, le parti socialiste a publié hier un long communiqué très ferme avertissant les militaires qu’il dispose du "soutien de la grande majorité du peuple portugais, qui est prêt à descendre dans la rue pour faire la démonstration de ses sentiments".Le communiqué met également le MFA en demeure de déclarer s’il est revenu sur l'intention qu’il avait affichée au départ de ne pas thésauriser le pouvoir absolu et déclare que le peuple portugais ne "demeurera pas indifférent au jeu politique complexe auquel on se livre derrière son dos".Invitant les militaires à choisir clairement entre la dictature et ta démocratie, les socialistes estiment que le problème au centre du conflit est le “stalinisme, c'est-à-dire la conception totalitaire de l'Etat et d'un parti politique tout-puissant.le problème de la défense des libertés publiques et des droits de l'homme".Affirmant que la volonté du peuple finira par triompher “d'une manière ou d’une autre", le PS fait néanmoins appel "au bon sens, à l'intelligence, à la modération et au courage" des dirigeants militaires et civils pour épargner au pays un isolement international et de “douloureux affrontements".De son côté, le PPD, qui a été le premier à faire connaître sa réaction, a accusé l’assemblée du MFA d'avoir usurpé les droits cpnstitutionm 1s et violé la plate-forme d'accord signée avant les élections par les partis et les militaires, “Convaincus d exprimer l'anxiété de tous les Portugais qui en votant pour le PPD ont opté pour un avenir démocratique dans notre pays, nous déclarons que nous resterons fidèles à notre programme et lutterons pour la démocratie, le socialisme et la paix", déclare un communiqué de la direction du parti, qui avait recueilli 26 pour cent des voix en avril.M, Soares et ses amis paraissent inquiets et semblent ne pas avoir la moindre idée de l’orientation aue va prendre le régime après la formation du triumvirat.Ils placent désormais tous leurs espoirs dans la personne du général Costa Gomes pour refaire l'unité du MFA autour d'une idée plus pondérée de la révolution Le parti communiste pense pour sa part que la formation du triumvirat pourrait permettre l'exercice d’un pouvoir doté oe plus d’autorité et d'emeacité pour défendre et consolider les conquêtes de la révolution Cependant, la discrétion qui caractérise sa reaction parait indiquer que le PC craint de discréditer le projet des militaires en s'y identifiant de façon trop étroite ou en faisant preuve d’un enthousiasme trop voyant.Son comité politique n’en a Voir pago 8; Portugal pour avoir mené à bien la tâche qu’il avait d'ouvrir le débat sur les communications; “2.que M Bourassa reprenne lui-mème en main le dossier que M.L'Allier lui a remis et qu'il entame sans délai des pourparlers avec le gouvernement fédéral en vue de faire confirmer la compétence exclusive du gouvernement provincial sur cette matière et non pas de négocier cette compétence; “3.et si les discussions devaient en demeurer à l'impasse actuelle, que le gouvernement légifère dans le domaine même s'il doit s'ensuivre un conflit de lois entre le provincial et le fédéral; "4 qu'il modèle son attitude sur l'action qu'a prise la Régie des services publics en accordant un permis de câblodiffusion; “5.en somme, qu'il exerce de son propre chef la souveraineté culturelle et, notamment, dans le domaine des com- Voir page 6: Conclusions CHEZ VITQ Ristorante Mec a gatstronomica m: 7)5-3623 5412 Côtottot N0/Ç0S 5 HontréêJ 1 lu j.» d .I I 2 • Le Devoir, lundi 28 juillet 1975 informations Internationales Prélude è une “direction économique mondiale”?Helsinki: sommet à quatre pour lutter contre la récession BONN (Reuter) — Le président Gerald Ford et le chancelier Helmut Schmidt sont convenus hier à Bonn de la nécessité de tenir un sommet des quatre principales puissances économiques occidentales, les Etats-Unis, l'Allemagne fédérale, la France et la Grande-Bretagne, auxquelles pourrait se joindre le Japon, pour coordonner les politiques visant à lutter contre l’actuelle récession mondiale.Le président américain et le chancelier ouest-allemand estiment en effet que la situation économique mondiale est d’une telle importance qu’elle ne pourra être résolue seulement par des méthodes “orthodoxes" et purement nationales, indique-t-on de source proche des délégations.Ce sommet restreint pourrait résulter en la création d’une “direction économique mondiale”, a précisé ultérieurement a la presse le chancelier Schmidt.Les Etats-Unis ne se réfugieront pas dans l’isolationnisme au moment où ils émergent de la récession.“Mon intention est de travailler très étroitement avec vous en Allemagne et avec les autres pays occidentaux pour faire en sorte que le progrès que nous connaissons puisse atteindre l’Europe comme le reste du monde”, a déclare le président Ford, arrivé samedi à Bonn pour une tournée européenne de dix jours qui le conduira en- suite en Pologne, Roumanie et Yougoslavie, ainsi qu'au sommet à Helsinski de la conference sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).La rencontre des quatre grands occidentaux (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et RFA) en marge du “sommet d’Helsinki permettra d’étudier les possibilités d’un “management" commun des pays industrialises pour combattre avec efficacité la récession économique mondiale, a estimé le président Ford.Le chancelier Schmidt a insisté sur "la nécessité d'une action concertée sur le plan économique, dans laquelle les Etats-Unis auront naturellement une responsa- bilité particulière, pour empêcher un effondrement des systèmes politiques et sociaux occidentaux”.Pour le chef du gouvernement ouest-allemand, les problèmes économiques ont pris “une telle dimension” que les Etats-Unis et la RFA vont procéder dans les prochaines semaines à des échanges d’experts en vue d’une information réciproque plus complète.Par ailleurs, le chancelier Schmidt s’est félicité de “l’amélioration de la coopération entre la France et les Etats-Unis”.Le président Ford a donné “des indications positives” sur l’évolution de la situation dans l’industrie automobile et dans le bâtiment aux Etats-Unis, tout en reconnaissant que l’inflation et le chômage continuent à rester préoccupants.Le président Ford semblait fatigué lorsqu’il a commenté en compagnie du chancelier Schmidt les résultats de leurs entretiens au palais Schaumburg.Le président a confie qu'il a passé une très mauvaise nuit au château de Gymnich, troublée par des grondements de motocyclettes, les bruits de bottes des sentinelles veillant sur son sommeil, et par la sirène d’une ambulance pour s’achever au petit matin par une répétition de la fanfare de la garde d'honneur.En outre, le président a défendu sa décision de participer au sommet de la CSCE à Helsinki.“Ce n’est pas par accident que je me suis arrêté ici pour consulter nos alliés, ni que je réaffirme mes engagements à Berlin.J’assure le peuple de Berlin depuis cette base militaire que les soldats appellent “le roc” que je serai solide comme un roc dans la défense de la liberté à Berlin", a déclaré le président Ford venu spécialement assister au pique-nique annuel des forces américaines et ouest-allemandes sur la base de l’OTAN de Kirchgoens.Le sommet d’Helsinki marque une “nouvelle signification" de l’avenir commun de l’Est et de l’Ouest, a déclaré le président Gerald Ford au cours d’un diner en son honneur sur un bateau voguant sur le Rhin.“De grands efforts sont faits pour accroître les contacts et la coopération entre les peuples d’Europe.Nous avons fait des progrès significatifs.” Sud-Est asiatique, Méditerranée, Amérique latine Le leadership mondial américain contesté PARIS (AFP) — Il y a quelques jours, le président Ford confiait à un journal de New York qu'il avait connu deux grandes déceptions pendant sa première année à la Maison-Blanche: la chute des gouvernements de Saigon et de Pnom-Penh et l'échec, en mars dernier, des négociations sur le Proche-Orient.Les événements survenus en cette fin de juillet ne seront pas propres à consoler le président des Etats-Unis.Sur tous les fronts Amérique latine, Méditerranée, Asie, Washington doit consentir à des reculs, voire enregistrer des échecs.Depuis l’avènement au pouvoir de Fidel Castro à Cuba, il y a 16 ans, le gouvernement américain avait jeté l'anathème sur la grande ile des Caraïbes.L’Organisation des Etats américains, où il avait voix prépondérante, lui emboîtant le pas, avait décidé en 1964 la rupture générale des relations diplomatiques avec le gouvernement de La Havane.Aujourd'hui, le conseil permanent de l’OEA, réuni à San José de Costa Rica, sous la pression de la plupart de ses membres, a résolu d'examiner demain une résolution qui revient à lever les sanctions imposées ja- dis à Cuba.On tient pour acquis, et Washington devra bien s’en accommoder, que cette motion est assurée de l’appui nécessaire à son adoption.Aux deux extrémités de la Méditerranée, les choses ne sont guère plus satisfaisantes pour l’oncle Sam.Ankara, devant le refus persistant du Congrès américain de lever l’embargo sur ses commandes d'armes, a décide de prendre le “contrôle intégral” des vingt-quatre bases et installations américaines en Turquie, où des officiers se sont présentés dès samedi pour en assurer le commandement.La situation au Portugal en général, membre de l’OTAN, et le sort des bases américaines des Açores en particulier.préoccupent très vivement le gouvernement de Washington.A telle enseigne que le secrétaire d'Etat, M.Henry Kissinger, y voit l’influence de Moscou et a adressé, peu avant qu'un triumvirat militaire n’assumât le pouvoir à Lisbonne, une mise en garde au Kremlin, en déclarant que “l’ingérence soviétique dans les affaires intérieures portugaises est incompatible avec l'esprit de détente ".En Méditerranée centrale, on sait de reste la sympathie limitée qu’on éprouve en Grèce à l’égard des dirigeants des Etats-Unis, a la suite de l’attitude adoptée par ceux-ci l’an passé dans l’affaire de Chypre, qui a entraîné la décision de principe d’Athènes de se retirer de l’OTAN.Enfin, en Asie du Sud-Est, les perspectives ne sont pas plus brillantes pour Washington, où l’OTASE, l’un des bastions de la politique de “containment” chère à M.Foster Dulles, est menacée d’effondrement.Très significative, en effet, est l’annonce faite le 24 juillet, à Manille, par le président de Thaïlande, M.Kukrit Pramoj, qu’il fallait envisager la disparition progressive de l’Organisation du traité du Sud-Est asiatique.Celle-ci avait vu le jour le 2 septembre 1954, et y avaient adhéré les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Pakistan, la Thaïlande, les Philippines, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.L’évolution de la situation internationale a mené la France à s’en détacher en 1967, et le Pakistan à son tour en 1972, au lendemain de la guerre du Bangladesh annonçait son retrait.Des lors, l’OTASE avait beaucoup perdu de son efficience.Le départ des forces américaines du Vietnam au printemps dernier lui portait un coup rude et qn ne peut guère s’étonner aujourd’hui que les deux seuls membres asiatiques de l’alliance en sonnent le glas.Mais un organisme de caractère moins belliqueux paraît tout désigné pour prendre la relève de l'OTASE: rASEAN (Association des nations du Sud-Est asiatique).Cette institution, née à Bangkok en 1967, réunit l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.Lors de sa huitième conférence, à Kuala-Lumpur, en mai dernier ses participants n'ont pas manqué de se féliciter “du retour de la paix dans les Etats d'Indochine”, lançant visiblement un appel du pied à ces derniers.Dans l'intervalle, la Thaïlande a donné jusqu’à mars à Washington pour procéder au retrait des troupes américaines et du matériel stationnés sur son sol.^e président Marcos, de son côté, a dénoncé “l’anarchisme” de l’existence des bases américaines à Clark Field et Subic Bay, aux Philippines, en réclamant sinon la fermeture, du moins le contrôle.On apprend que les pays de l’ASEAN se préparent à convoquer un Bonn et Paris vont coordonner leur politique de relance économique BONN (Reuter) — L’Allemagne de l'Ouest et la France ont décidé samedi de relancer leurs économies par des actions concertées en août ou début septembre, dans le but de faire sortir les économies occidentales de la stagnation actuelle.A l’issue de ses entretiens à Bonn vendredi soir et samedi avec le chancelier Helmut Schmidt, le président Valéry Giscard d'Estaing a souhaité que “l’action coordonnée de soutien de l'activité économique se déroulant suivant un calendrier parallèle.s’étende à l’ensemble des pays" participant au serpent européen des monnaies flottantes, a savoir les pays du Bénélux et le Danemark.Mais les dirigeants des deux principales puissances économiques européennes n’associeront pas la Grande-Bretagne et l'Italie.“Ces deux pays doivent poursuivre des politiques différentes, notamment de lutte contre l’inflation, en raison de l’état de leurs économies" a dit le chancelier.De source ouest-allemande, on affirme que le programme français devrait être plus massif et intervenir plus tôt que celui du gouvernement fédéral.La France, dédare-t-on injectera quinze milliards de francs dans son économie.Dans les milieux officiels français, toutefois, on es- time qu’il est trop tôt pour avancer un chiffre.Les principaux problèmes de l'économie française sont actuellement la stagnation de la production industrielle et le sous-emploi, avec près de 900,000 chômeurs.Les questions économiques ont donc été au centre de ce deuxième sommet annuel franco-allemand — rencontre semestrielle que prévoit le traité d’amitié de 1973 entre les deux Etats.Il a été aussi question, a précisé le chef de l’Etat français, de la reprise du dialogue proposé par la France entre producteurs et consommateurs de pétrole.(Les négociations préparatoires avaient été suspendues à Paris en avril dernier sur un 'constat d’échec.) M.Schmidt s’est également montré plus favorable à la proposition française de conférence monétaire des principales nations industrielles (Etats-Unis, Japon, RFA, France et Grande-Bretagne).On déclare de source autorisée ouest-allemande que le chancelier soutient la proposition de M.Giscard d'Estaing et pense que la conférence pourrait avoir lieu avant la fin de l’année.Paris propose un retour aux systèmes de parités fixes, mais se heurte au refus de Washington, tandis que Bonn se montrait jusqu’ici réservée.Les Montoneros frappent Une semaine de repos pour Isabel Bases US: Ankara expliquera demain sa décision à l’OTAN BUENOS AIRES (d’après Reuter et AFP) — Le gouvernement argentin a confirmé hier que la présidente Isabel Peron prendra à partir de demain ou mercredi une semaine de repos dans une petite station balnéaire proche de Mar Del Plata, à environ 400 kilomètres au sud de la capitale.On croit savoir que Mme Peron, très amoindrie par plusieurs semaines d’une longue prise politique et économique qui a entraîné la chute et le départ en exil de son éminence grise Jose Lopez Rega, se reposera dans une base navale.Elle aurait perdu six kilos au cours de ces dernières semaines et n’en pèserait plus que quarante.De plus, elle se serait évanouie à deux reprises et ne s’est rendue qu’une seule fois à son bureau.On insiste toutefois dans les milieux proches du gouvernement sur le fait que la présidente continuera de superviser les affaires du pays.Mais les Montoneros n’en poursuivent pas moins leur campagne de violence contre les autorités commencée vendredi soir.Les Montoneros ont attaqué huit postes de police, deux casernes, le domicile du chef-adjoint de la police fédérale, plusieurs banques et magasins, ainsi qu’un vaste abri pour bateaux de plaisance où lus de quatre cents dériveurs et hors-ord ont été détruits par le feu.Cinq policiers ont été gravement blessés dans la nuit.Deux d’entre eux ont été grièvenient brûlés par l’explosion d'un cocktail molotov dans leur voiture de patrouille, un autre a été blessé par balle dans les faubourgs de la capitale et deux autres ont été blessés par l’explosion d’une bombe qu’ils tentaient de désamorcer.Plusieurs autobus ont été incendiés dans leurs dépôts.Dans certains quartiers, des voitures ont été brûlées, tandis que d’immenses embouteillages se formaient sur les principales artères de la ville que des pancartes posées par les Montoneros affirmaient être minces.Sept bombes ont explosé presque simultanément hier à la Plata, la capitale de la province de Buenos Aires, ainsi que dans les petites villes de Berisso et Gonnot.Ces attentats, qui n’ont fait aucun blessé, ont été revendiqués par une organisation jusqu’alors inconnue qui répond au nom de “Miliciens Péronistes " Mais les cibles de ces attentats — un professeur d’université; un sénateur de droite et plusieurs magasins d’exposition de voitures — semblent indiquer qu’il s’agit bien des Montoneros En outre au moment où l’on annonçait le départ en vacances de Mme Peron, les commandants des forces armées, pour la première fois depuis le début de la crise, ont fait part de leurs préoccupations et de leur unité^a leurs troupes Dans un message adressé à toutes ses bases, le commandant des f arces aériennes qui jusqu'à present avait peu fait parler de lui, le général Hector Luis Fautario insiste sur "la cohésion qui existe entre les trois armes" et "affirme que les forces aériennes ne “se mêleront pas d’affaires qui ne les regardent pas".Il met l’accent d’autre part sur le fait que son arme n’apporte son "appui à aucune spéculation personnelle et égoïste" et qu elle ne permettra "aucune tentative de troubler l’ordre institutionnel".De son côté, l’état-major de l’armée de terre a envoyé par télégramme à toutes ses unités une mise en garde contre “le risque de voir des éléments terroristes troubler l’ordre".Ces deux télégrammes rendus publics hier montrent une fois de plus la volonté des chefs militaires de garantir à la fois l’ordre institutionnel et l’ordre public au moment où, de l'extrème-gauche à l’extrème-droite, se joue l’avenir politique, voire institutionnel, de l’Argentine.Le gouvernement de rechange formé après l’éviction du clan Lopez-reguiste la semaine dernière ne s’est pas encore réuni une seule fois en séance plénière en raison de la grippe de la présidente.Rien ne permet de penser, estiment les milieux politiques, que la nouvelle équipe économique ait élaboré jusqu’à present un plan bien défini qui permettrait de lutter contre l’inflation et de résoudre la crise sociale.Pendant ce temps, les entreprises se demandent comment elles pourront, en l’absence de tout crédit bancaire, payer la semaine prochaine les nouveaux salaires de leur employés augmentés de plus de cent pour cent.Le porte-parole de la confédération argentine a déclaré en fin de semaine qu’aucune des entreprises adhérentes n’a reçu d’avances qui leur permettraient de payer les augmentations de salaires.La situation n'est pas moins grave dans le secteur public.Le ministre de l'Economie de Cordoba (800 Km nord-ouest de la capitale» M.Juan Angel Chamero, a déclaré vendredi que faute de recevoir un crédit de huit millions cinq cent mille dollars (300 millions de pesos nouveaux), il ne pourrait payer les salaires du mois de juillet des fonctionnaires de sa province.C’est ainsi que la crise argentine qui semblait n'affecter jusqu’à présent que les milieux dirigeants politiques, syndicaux et militaires est sur le point d'atteindre directement l’ensemble de la population, déjà affectée par la hausse du coût de la vie.LUANDA, (Reuter) — L’armée portugaise a ouvert le feu hier devant le siège à Luanda du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA); selon un médecin du MPLA, il y aurait au moins 20 morts.Des témoins ont indiqué que les militaires, sans doute des commandos récemment arrivés en Angola, ont mitraillé les personnes se trouvant devant les bâtiments du MPLA et ont également dirigé leurs tirs en direction d’une jeep transportant des soldats du MPLA Un médecin du MPLA a indiqué qu’il y avait au moins 20 morts et de nombreux blessés.Un porte-parole du MPLA a déclaré que les coups de feu avaient éclaté après l’arrivée des militaires portugais au siège du MPLA pour réclamer la remise de sol- f Faux dollars de la CIA au Vietnam ?WASHINGTON (AFP) - La CIA est à présent accusée d’avoir imprimé de faux billets de banque américains pendant la guerre du Vietnam.Cet argent aurait servi à financer des opérations secrètes sans que l'Agence Centrale de renseignements ait à rendre compte de ses dépenses à des commissions budgétaires parlementaires.Une enquête sur ces accusations est en cours depuis plusieurs mois, a confirmé M.Howard Feldman, avocat-conseil de la sous-commission permanente d'investigations du Sénat dirigée par le sénateur Henry Jackson.M.Feldman a toutefois ajouté que de nombreuses accusations, même sans fondement, font parfois l’objet d’une enquête sénatoriale.Il a néanmoins souligné que la sous-commission sénatoriale n'avait pas réuni de preuves formelles corroborant les accusations d’impression de faux billets de banque portées contre la CIA.“Nous sommes saisis d’allégations de ce genre, a déclaré M.Feldman.Nous n’avons pas de corrobaration ferme,.Nous écoutons beaucoup de rumeurs et beaucoup, beaucoup d’allégations.Nous vérifions certaines d’entre elles et nous en ignorons d’autres.Nous vérifierons celle-ci de par la nature même des allégations".La CIA a été contactée au sujet de ces accusations, a dit M.Feldman.Elle a répondu qu’elle n’avait pas pu découvrir de preuves sur l’impression de faux billets de banque au Vietnam mais qu elle poursuivait sa propre enquête.Dans son edition dominicale, le quotidien Detroit Free Press révèle que l’enquête sénatoriale cherche à déterminer si les faux billets seraient tombés entre les mains de la pègre.Le Detroit Free Press ajoute qu'il avait eu vent de l’affaire par un ancien "marine" du corps expéditionnaire américain au Vietnam.Il est actuellement en prison en Californie pour une autre affaire non précisée.Selon ce “marine", poursuit le jounal, la CIA s’était procurée des plaques gravées virtuellement authentiques pour imprimer ses propres billets de banque, afin d’éviter d’éveiller la curiosité, des parlementaires sur ses dépenses.dats du MPLA, responsables selon eux, de l’assassinat d’un de leurs officiers samedi soir.Il n’y a eu apparemment aucune victime lors du debut de la fusillade Toujours selon le porte-parole du MPLA, celui-ci négociait la remise des responsables de l'assassinat de l’officier portugais, lorsque la fusillade a repris, avec beaucoup plus d'intensité.Il a ajouté que les militaires portugais voulaient qu'on leur remette les meurtriers de leur officier tué par des soldats du MPLA à un barrage samedi soir.L’officier n'était pas armé, au moment où il a été tué.La fusillade au siège du MPLA, dans le quartier Vila Alice, est un exemple de la montée de la tension à Luanda.ANKARA (d'après AFP et Reuter) — Alors qu’un cri d'alarme était lancé samedi au Sénat en faveur de la levée de l'embargo sur les livraisons d’armes à la Turquie, le gouvernement d’Ankara a demandé une réunion extraordinaire du conseil de l’OTAN pour expliquer sa décision d'assumer le contrôle des bases américaines de Turquie.Selon le ministère turc des Affaires étrangères, la réunion aura lieu demain à Bruxelles.Dans les milieux autorisés on indique que la Turquie y demandera également à ses alliés européens de compenser par des livraisons d’armes l'embargo imposé par les Etats-Unis.Cependant, la bannière étoilée a été amenée sur 26 des 27 bases utilisées par les Etats-Unis en Turquie, mais jusqu’ici les militaires turcs n’en ont pas encore assumé le contrôle, a indique à Ankara un porte-parole américain.De source autorisée américaine, on précise que certains appareils américains ont été retenus au sol et que les opérations de manutention sur l’aire militaire de l'aéroport international d’Ankara ont été suspendues.A Lemadag, petite base de communications hertziennes sur les monts Elmadag à 18 km d’Ankara, la vie se poursuit normalement.Le commandement adjoint du cèntre, oui assure les communications longue distance pour les Américains et l’état-major turc a déclaré ne pas savoir encore ce que les Turcs comptaient faire.“Nous travaillons normalement.Personne ne nous a donné l'ordre d’arrêter," explique-t-il.De source autorisée turque, on explique que la prise de contrôle se poursuit mais qu elle nécessitera plusieurs jours.Environ 7,000 militaires américains sont stationnés en Turquie.Le président Gerald Ford espère pouvoir rencontrer à Helsinki le premier ministre turc, M.Suleyman Demirel, a révélé une haute personnalité de l’entourage du président américain.Il n'est toutefois pas certain, a précisé cette personnalité, que le premier ministre turc accepte cette rencontre, et dans ce cas ce serait M.Henry Kissinger qui pourrait rencontrer le ministre turc des Affaires étrangères.De même source, on précise que la situation en Méditerranée orientale sera étudiée au cours des entretiens que les quatre "grands" occidentaux auront à l’occasion d’un déjeuner, en marge de la conférence d'Helsinki.Bien qu’ils ne soient pas souvent du même avis, les sénateurs Mike Mansfield, leader de la majorité démocrate et Hugh Scott, leader de la minorité républicaine, ont, de concert, fait appel à la Chambre des représentants pour qu elle revienne sur son refus de reprendre les expéditions de fournitures militaires à la Turquie.Les deux sénateurs ont soutenu que le vote de la Chambre et la réaction de la Turquie mettaient en danger le flanc sud de l’OTAN.Il met en question l'avenir de l’ensemble de l’Organisation atlantique, ont-ils affirmé.-M.Mike Mansfield, leader de la majorité démocrate au Sénat, a quant à lui, évoqué le risque de voir l’URSS en être le principal bénéficiaire, du fait de l’interruption de la surveillance électronique exercée par les forces américaines en Turquie, et de voir le gouvernement d’Ankara se rapprocher des pays arabes.Le sénateur Mansfield a également indiqué que les considérations de politique intérieure, et parfois la composition ethnique de l'électorat des parlementaires, jouaient un rôle excessif.Zaccagnini élu à la tête de la DC ROME (Reuter) — Après deux jours d'une âpre lutte de succession qui a failli provoquer la chute du gouvernement.M.Benigno Zaccagnini, un médecin pédiatre de 62 ans, a été finale^ ment élu samedi, à trois heures du matin, secrétaire politique du parti democrate-chrétien.M.Zaccagnini, en qui l’on voit un homme de transition dont le choix vise à permettre à la démocratie-chrétienne de surmonter la crise qu elle traverse depuis plusieurs mois, succède au veteran Amintore Fanfani, mis en minorité mardi dernier par le conseil national du parti.M.Fanfani est.on le sait, tenu pour responsable des importants revers subis par les démocrates-chrétiens au bénéfice des communistes lors des élections régionales et provinciales du mois dernier Le nouveau secrétaire politique de la DC était jusqu’ici président du conseil national, l’instance suprême du parti Son nom a été avancé à la dernière minute après qu’il fut devenu évident que celui auquel on avait accordé les plus grandes chances, M.Flaminio Piccoli, président du groupe démocrate-chrétien à la Chambre des députés, ne disposait pas du soutien nécessaire.C’est au demeurant de justesse que l'élection de M.Zaccagnini a été obtenue puisqu'il n’a recueilli que 93 suffrages sur les 176 exprimés II y a eu 72 bulletins blancs, le restant des voix se portant sur d’autres candidats.On pense que pour diriger le parti, M.Zaccagnini prendra en fait la tète d'un triumvirat qui comprendra, outre lui-même, M.Piccoli et le président du groupe de la DC au Sénat, M.Gui-seppe Bartolomei mais la chose n'a pas été confirmée.M.Zaccagnini appartient à une fraction groupée autour du président du conseil Aldo Moro.Ce fait est important car le chef du gouvernement dispose ainsi par personne interposée d’un large pouvoir de contrôle sur l'appareil du parti.La tendance la plus importante au sein de la formation, celle des dorotei, avait menacé dans la soirée de retirer ses six ministres du cabinet à moins que l’un de ses candidats, M Piccoli ou un autre homme de son choix, ne soit élu.L'élection de M.Zaccagnini est intervenue après une série de renversements spectaculaires, Lorsque le conseil national s'était réuni vendredi, le choix de M.Piccoli paraissait acquis mais cette certitude devait s'évanouir en raison de retrait du soutien tant de la gauche que des amis de M.Moro à M.Piccoli.COMPTABLES AGRÉÉS BELZILE, ST-JEAN.LUCIEN DAHMÉ.C.A.SPERANO ET ASSOCIÉS Comptables agréés Comptables agréés 276 ouest, rue St-Jacques ! ALAIN BELZILE C A Suite 110 845-4194 ROBERT ST-JEAN C A Gilles sperano c a 2345 est.Bélanger VIAU.ROBIN & ASSOCIÉS Montréal 729-5226 ComptablM agréé* 1 UCTRCI ü ViRu (; A PROVOST & PROVOST AimandM V'Ru C A J SorqnOorva'k CA Wrqui* B ou *04 C a Comptables agréés H L'Onwi Robin C A jRCOunc C A ROGER PROVOST C A jRCQu*s R CbRd'Ilon C A jACOune JOyRi C A ROLAND PROVOST C A lOm* 8Rr>1 C A 1255, Université, Suite 618 4t2é ova VardiMi.Vértfun.H4G IN3 7701 rué idavord loSalla HIP 1T1 SSA, lloiRvilla lit, 866-3326 stt lliérèté m lit 7M-M7I OS-éélt Durai, But eau & Cie COMPTABLES AGREES MONTRÉAL samson.Beuair s-associes comptabla* agréé* Montréal — Québec — Rlmouakl — Sherbrooke — Trot»-Rivières - Ottawa - Chicoutimi - SepMIas Suit# 3100, Tour dé la Bouraa, Montréal H4Z 1H« 111*8741 L’armée portugaise ouvre le feu à Luanda: 20 morts r LE DEVOIR Page 3 Montréal, lundi 28 juillet 1975 Montréal n’a pas souffert de pénurie d’eau cet été mais il lui faut achever sans délai son usine neuve par Bernard Descôteaux i population de Montréal et de banlieue Même si la des 16 villes de banlieue desservies par l'Aqueduc de Montréal n’a pas encore eu à souffrir de pénurie d’eau, exception faite de quelques déficiences mineures survenues cet été, une telle éventualité pourrait être à craindre encore une fois l’été prochain.Une forte augmentation de la consommation d’eau due à une longue période de sécheresse pourrait provoquer une telle pénurie, surtout si l’on tient compte de la possibilité que la nouvelle usine de filtration Charles-J.-DesBaillets ne puisse fonctionner comme prévu le premier mai prochain pour venir ajouter un débit de 80 millions de gallons d’eau aux 350 millions de gallons que produit quotidiennement l’usine de filtration Atwater.Malgré les échéanciers de construction prevus au contrat de l’entrepreneur, Janin Construction Ltée, le responsable du projet de l'usine Charles-J.-DesBaillets à la Ville de Montréal, M.Maurice Bélanger, entretient des doutes sérieux sur la possibilité de respecter cet échéancier, tout en convenant qu'en conséquence une pénurie d’eau demeure possible pour l’été prochain.Au cours d’une entrevue accordée au DEVOIR, M.Bélanger a fait le point sur ce projet de construction.L’usine Charles-J.-DesBaillets aura une capacité totale de 500 millions de gallons par jour, capacité qu'elle atteindra probablement vers l’an 2,000.Entre-temps, on avait prévu y filtrer 80 millions de gallons par jour à compter de mai 76, avant de porter la capacité de l’usine à 250 millions de gallons vers la fin de la même année.Les sept galeries existantes de filtration d’eau à l’usine Atwater ont une capacité nominale de 350 millions de gallons par jour.Durant les périodes de pointe, soit dans la première partie du mois de juillet, il a fallu pousser cette capacité au maximum pour atteindre une production de 400 millions de gallons en raison de la consommation qui a atteint son point culminant le 7 juillet avec 392 millions de gallons, alors que dans les jours précédant et suivant cette date on a enregistré des débits de consommation atteignant régulièrement plus de 380 millions de gallons.D'ailleurs de dire M.Bélanger, des déficiences ont été enregistrées à certains endroits dans le réseau d'alimentation d’eau alors que la pression était tombée à son plus bas.Si une défaillance dans le materiel était survenue, il y aurait pu alors avoir pénurie d'eau.Par chance, rien de tel ne s’est produit, et les vacances dans l’industrie de la construction ainsi que la fin d’une longue période de sécheresse ont fait diminuer le niveau de consommation qui, jusqu’à la même période Lan prochain, demeurera à un niveau raisonnable.Signalons que c’est en janvier que le niveau de consommation est le plus bas.En janvier dernier on a noté des débits de consommation de 321 millions de gallons pour un vendredi, 302, pour un samedi, et 287 pour un dimanche.En 1973-1974, la population desservie par l’aqueduc de Montréal s’élevait à près de 1.9 million d’habitants demeurant à Montréal et dans 16 villes de banlieue.En moyenne 314.5 millions de gallons d'eau par jour ont été utilisés, soit 168.6 gallons d'eau par personne.Ces statistiques démontrent éloquemment la nécessité du projet mis en chantier au mois d'août 1973.Ce projet avait commencé à prendre forme a la fin des années soixante alors que les autorités municipales désiraient devancer les besoins.C'est pourquoi le projet de l’usine Charles-J.-DesBaillets a été conçu pour permettre de répondre aux besoins à court et à long terme: 250 millions de gallons d'eau dans une première étape, a la fin de 1976, et 250 autre millions de gal- lons dans une deuxième étape, soit après 1985 ou lorsque les besoins le nécessiteront.Les prévisions ont été établies pour répondre aux besoins de consommation d’eau jusque vers l’an 2,000.En fait, tel que conçu, le programme d’amélioration du système d’alimentation d’eau potable comprenait tout d’abord la restauration de certaines conduites d’eau, puis la construction de la nouvelle usine, et enfin l’installation de quelque 15 milles de conduites principales de grand diamètre.La première étape a été complétée au début de juillet alors qu'une nouvelle conduite d’eau reliant le quartier Rivière-des-Prairies a été mise en service, mettant ainsi un terme aux problèmes d’alimentation de ce quartier.La deuxième étape est en voie de réalisation.La construction de la nouvelle usine a été confiée à la compagnie Janin Construction Ltée, et la gérance de ce projet a été accordée à la firme d’ingénieurs-conseils Lalonde, Valois.Lamarre, Valois et Associés.Rappelons que la renégociation du contrat de Janin avait posé quelques problèmes au printemps dernier.L’usine a été conçue de telle façon que lorsqu’il sera nécessaire de porter sa ca- pacité de filtration de 250 millions de gallons à 500 millions, on n'aura qu’a y installer l’équipement nécessaire.Une prise d’adduction et une conduite de 12 pieds de diamètre amèneront l'eau à une station de pompage d'eau brute où quatre pompes, d’une capacité totale de 80 millions de gallons d’eau par jour chacune, élèveront l’eau à une hauteur de 57 pieds sur les lits de sable filtrants.Après filtration, l’eau sera stérilisée par ozonation et retenue dans un réservoir d’une capacité de 100 millions de gallons d’où elle s’écoulera vers la station de pompage haut-niveau où elle recevra une postchloration.La troisième étape se déroule simultanément.Notons la construction de diverses conduites d'eau importantes sur le versant nord du réseau, mais surtout des conduites de 96 pouces de diamètre depuis l’usine Charles-J.-DesBaillets, à Ville LaSalle, jusqu’à l’avenue Atwater, et une autre de 108 pouces de diamètre, longue de 29,700 pieds qui reliera l'usine à un nouveau reservoir, le réservoir Château-fort, qui sera construit sous le parc compris entre 'avenue Darlington et la rue Hudson.Ce réservoir desservira une nouvelle zone de distribution et créera une nouvelle zone de pression.Lorsqu'il parle de retards possibles, M.Bélanger souligne qu'il ne sera pas facile de mettre en marche la première partie de l'usine en mai prochain.Selon lui, la moindre affaire peut tout retarder.11 signale aussi qu’il est quasi impossible de mettre en marche une nouvelle usine du premier coup.Les 80 millions de gallons d’eau additionnels que l’on prévoyait ajouter à ce moment pour soulager l’actuelle usine Atwater risquent donc de faire défaut.Comme cette année, des déficiences pourront se produire, admet M.Bélanger qui précise toutefois qu’il est à peu près impossible d’avoir des conditions climatiques aussi difficiles que cette année.Quant à des défaillances dans l’équipement actuel, elles sont peu probables à son avis.S'il ne peut évaluer le retard possible pour ces premiers 80 millions de gallons, M.Bélanger assure qu'en 1978 l'usine Charles-J.DesBaillets sera en mesure de produire les 250 millions de gallons prévus pour la fin de 1976 à l'origine.A son avis, Montréal aura alors résolu pour un bon bout de temps son problème d'alimentation en eau potable.Il croit même qu'il ne sera pas nécessaire de porter la capacité de la nouvelle usine à 500 millions de gallons avant 1990 ou l'an 2,000.Hôteliers et employés sur le point de s’entendre Les représentants de six grands hôtels de Montréal présenteront aujourd'hui à leurs quelque 2,000 employés affiliés à la FTQ des propositions salariales améliorées dans le but d'éviter une grève qui peut être légalement déclenchée depuis vendredi soir dernier, date de l'expiration de la période de conciliation.Hier, il n'y a eu aucune négociation et le travail s’est fait normalement aux hôtels Reine-Elizabeth, Bonaventure, Sheraton-Mount-Royal, Laurentien et aux Holiday Inn de la rue Sherbrooke et de la Place Dupuis.Les 2,160 cuisiniers, barman, garçons d’étage, femmes de chambre, caissiers et autres employés membres de l'Union des employés d'hôtels et de restaurants (local 382) de la FTQ, ont rejeté vendredi la dernière offre patronale qui prévoit une augmentation de salaire de 38% répartie sur deux années.Les syndiqués demandent une augmentation de 50% sur une période de 18 mois mais la partie patronale, qui regroupe les six hôtels susmentionnées, serait disposée à offrir une augmentation de 52% en 24 mois.Personne, hier, dans ces milieux hôteliers, ne paraissait s'attendre à une grève et l'on pensait de part et d’autre que l'entente serait conclue durant les prochains jours.Plusieurs congrès fort importants, dont celui de l'Association du Barreau américain, doivent se tenir dans les prochaines semaines, à Montréal, et une grève dans ces grands hôtels signifierait une perte de revenus tant pour les hôteliers que pour les employés dont plusieurs vivent surtout de pourboires.Selon M.Marc Grondin, gérant du Holiday Inn de la Place Dupuis et membre du comité patronal de négociations, les offres qui seront mises sur la table aujourd'hui par la partie patronale constituent "la meilleure convention" en Amérique du Nord.Bourassa visite les sinistrés aujourd’hui rencontre le conciIiateur De 10b à 16h.collecte de sang de la Croix-Rouge à la Cathédrale Christ Church.A 20h, séance publique du conseil de Verdun à l'hôtel de ville.Eux + vous= nous OXFAM La partie syndicale dans le conflit qui oppose la Fraternité des chauffeurs d'autobus et des opérateurs de métro à la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal tentera d'obtenir une reprise des négociations en rencontrant cet après-midi le conciliateur nommé par le ministère du Travail.Cette tentative se fait conformément au mandat donné par les membres de la Fraternité, lors de la journée d’étude tenue jeudi.Toutefois, les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de métro avaient refusé de modifier leurs demandes originales.Du côté patronal, un porte-parole a indiqué qu'il ne pourrait être question de reprendre les négociations sans que le syndicat fasse un pas en réduisant ses demandes.La CTCUM a offert de porter le salaire horaire à $6.36 au terme d'un contrat de deux ans.alors que la Fraternité exige un salaire horaire de $7.15 au terme d’un contrat de 18 mois, ainsi que d'importantes améliorations au niveau des conditions de travail.Ses demandes sont basées sur le principe de la parité salariale avec la Commission de transport de Toronto, et, à ce titre, elle exige un rattrapage salarial équivalent à $1 26 l'heure pendant un an.Saint-Bonaventure met sur pied son propre fonds de secours Le premier ministre Bourassa s’est rendu a Saint-Bonaventure, hier, pour annoncer au maire de ce village rasé par une tornade que son gouvernement ne mettait pas sur pied un programme spécial d’aide pour les sinistrés dont les maisons ont été détruites.M.Bourassa, qui est arrivé par hélicoptère dans cette paroisse située à 12 milles au nord de Drummondville, a déclaré cependant que le Québec allait intervenir en vertu des lois existantes, au chapitre de l’agriculture et des affaires sociales notamment, en plus de fournir une aide directe pour le rétablissement des services communautaires comme l'église et l'école.Le premier ministre a visité 4e village en ruines, a rencontré le maire Jean-Paul Pépin et le curé' Théophile Côté, de même que quelques villageois occupés à nettoyer les décombres laissés par la tornade.D'autre part, les notables de Saint-Bonaventure se sont réunis peu après le départ de M.Bourassa, hier après-midi, vers 17h00 pour mettre sur pied un fonds de secours qui serait organisé par les caisses populaires de la régionale de Trois-Rivières.La réunion s est tenue à la Caisse populaire de Saint-Bonaventure et bien que les détails du projet ne soient pas encore connus, un porte-parole de la Protection civile a précisé au DEVOIR qu'il s'agirait de créer un fonds collectif qui serait constitué de tous les dons en argent de la population déposés à l'une ou l’autre des caisses populaires de la région, un fonds qui serait par la suite administré par le maire et les représentants de la Protection civile conformément aux besoins des sinistrés.Samedi, le conseiller spécial du premier ministre, M.Gérard Frigon, à son retour d'une visite des lieux, affirmait La FPJQ ne veut pas d’une carte de presse de la police M.Ceasar Paul vient de mourir dans un hôpital de Pembroke (Ontario) â iâge de 112 ans.Durant près d’un siècle, M Paul a fumé régulièrement la pipe.Mais, hélas, le 8 mai dernier, en allumant sa pipe, il a mis feu à sa chemise et a subi de sérieuses brûlures qui ont nécessité son hospitalisation.On avait bon espoir de le sauver.Ce fut en vain: il est mort jeudi soir sans avoir rallumé sa pipe qui restera comme le symbole de sa longévité.(Téléphoto CP) CTCUM: la Fraternité La Fédération professionnelle des journalistes du Québec, dans une déclaration diffusée dimanche, "regrette vivement" la décision du Conseil de sécurité publique de la Communauté urbaine de Montréal d’émettre des cartes de presse aux journalistes appelés à rendre compte de l'actualité policière à Montréal.La FPJQ invite instamment le président du Conseil de sécurité, M.Paul-Emile L E-cuyer, à annuler cette décision.En vertu du régime proposé par le Conseil de sécurité, seuls seront autorisés à recueillir des informations sur des événements où interviennent les policiers de la CUM ceux des journalistes qui détiendront la carte de presse émise par le Conseil de sécurité.Or cette carte ne serait octroyée qu’aux journalistes "dûment désignés par leur employeur" et sur recommandation d’un Comité de presse du Conseil de sécurité, comité de presse constitué d'un représentant de la presse écrite, d'un représentant de la presse électronique, d'un délégué du Conseil de sécurité et d’un délégué de la Police de la CUM, le quorum étant de trois personnes.La décision du Conseil de sécurité intervient au moment même où le Conseil de presse du Québec (organisme tripartite: public, journalistes, propriétaires) s'apprête à émettre une carte de presse aux journalistes qui en feront la demande et satisferont aux critères essentiels, carte permettant a ceux qui la détiendront de prouver en toutes circonstances qu'ils sont vraiment journalistes.1 Le Conseil de sécurité n’ignore pas cette décision du Conseil de presse, mais craint des “abus" dans la mesure où la nouvelle carte de presse émise par le Conseil de presse "ne fera pas la distinction entre les chroniqueurs de sports, faits divers, arts et lettres, économie, etc.".Tout en se déclarant disposée à collaborer avec le Conseil de sécurité dans la recherche de solutions aux problèmes existants, la Fédération professionnelle fait observer au Conseil de sécurité "1— qu'il n'appartient pas à la police, pas plus qu'à n'importe quel organisme, de choisir les journalistes appelés à couvrir ses activités (., .)."2— que le rôle du journaliste n’est pas de collaborer avec la Police mais d'informer le public.Or, non seulement ces deux fonctions ne sont pas les mêmes, mais elles peuvent souvent s'opposer." En troisième lieu, la FPJQ rappelle que le Conseil de presse s'apprête, dès le 1er septembre, à émettre une carte de presse qui, sans être obligatoire ni constituer un permis de travail, permettra d'établir que son détenteur est vraiment journaliste.La décision du Conseil de presse, constate la FPJQ, est "un geste de non-confiance à l'égard de la carte du Conseil de presse avant même qu elle soit émise".Enfin, la FPJQ déclare que l'émission d'une carte de presse par la Police "peut s'avérer un moyen de contrôle très dangereux" qu'il ne recommanderait pas au cabinet de créer un programme spécial d’aide.M.Frigon a expliqué que les compagnies d’assurances avaient des responsabilités engagées envers les assurés de Saint-Bonaventure, que la population ne devait pas attendre béatement des subventions ou des cadeaux de la part des autorités mais qu'au niveau des constructions publiques, Québec pouvait aider directement.Ainsi l'église a été démolie, hier, par un entrepreneur de Drummondville aux frais de l'Etat, A titre d’exemples pour l'aide indirecte, il y a des dispositions législatives qui permettent au ministère de l’Agriculture de consentir des prêts sans intérêt aux agriculteurs dont la ferme a été la proie d'un cataclysme naturel.Diverses lois relatives aux Affaires sociales permettent également à l'Etat d'intervenir pour répondre aux besoins de familles démunies subitement.M.Bourassa a promis aux gens de Saint-Bonaventure de suivre de très près la situation Hier, l'électricité avait été rétablie sur la voie publique mais les maisons encore habitables et où logent environ 300 des 960 villageois, étaient privées d'électricité et d’eau.Les communications téléphoniques avaient été rétablies, la route était ouverte, permettant aux nombreux bénévoles, parents et amis des sinistrés, de se rendre à la corvée du nettoyage général.Quant à l'avenir de Saint-Bonaventure comme municipalité, il parait incertain.Il y a quelques années, un projet de fusion avait été préparé pour intégrer quelques paroisses de la région, dont Saint-Bonaventure.11 n'est pas interdit de croire qu'une telle fusion puisse se faire, évitant des frais de reconstruction de l'église et de l'école et permettant l'annexion des restes de ce village à une agglomération plus importante.Il est certain que plusieurs habitants du village dont les maisons ont été soufflées par la tornade n'ont pas l'intention de reconstruire au même endroit.Certains avaient déjà envisagé de s’établir à la ville et profiteront de l'occasion d'autant plus que plusieurs familles vivaient déjà d'assistance sociale.La tornade, qui a semé la dévastation sur une distance de quatre milles par un demi-mille de largeur en l’espace de quelques minutes, a'détruit 45 des 115 maisons de Saint-Bonaventure et a endommagé une trentaine d'autres habitations en plus de ravager l'église, l’école, les trois garages, la meunerie, la tourbière et diverses autres installations.En plus de causer trois morts et 37 blessés, dont quatre sérieusement, cet extraordinaire coup de vent a laissé derrière lui des dégâts qu'on évalue en gros à près de $3 millions.ys.yl 9999 4 • Le Devoir, lundi 28 juillet 1975 éditorial « Un avis incomplet Le taux de logements libres dans les immeubles de rapport, qui était de près de 6, il y a trois ans, dans des agglomérations métropolitaines comme Montréal et Québec, est tombé à 1.1 suivant les dernières statistiques de la Société centrale d’hypothèques et de logement.Après avoir bénéficié d’un marché généralement plus favorable qu'ailleurs au ^ Canada, les locataires du Québec ont reculé au niveau de la sévère moyenne canadienne.En pareil contexte, à son titre de ministre responsable de la Régie des loyers, M.Jérôme Choquette ne pouvait attendre pour agir le rapport final du “Groupe de travail sur l’habitation” qu’il a formé d’accord avec le ministre des Affaires municipales.En même temps qu’il y a lieu de souligner la vigilance et la minutie du ministre Choquette, dans un secteur qui a malheureusement trop souffert des incuries gouvernementales, il est nécessaire toutefois de signaler avec le GTH que la loi de conciliation ou toute autre mesure législative de même nature demeureront fort insuffisantes et insatisfaisantes, si des programmes complémentaires ne sont pas vigoureusement mis en oeuvre dans ce domaine.Il est encore trop tôt pour juger des choix que le GTH annonce dans son avis en vue du rapport final qu'il doit remettre en décembre à MM.Choquette et Victor Goldbloom.Ses recommandations immédiates paraissent dans l'ensemble a la fois répondre aiix urgences qui s'annoncent et préparer la politique intégrée qu'il recommandera.• Locataires et propriétaires ne peuvent qu'entrer en conflit dans une période de rareté de logements.Si un ministre de la Justice réformiste comme M.Choquette et certains de ses contradicteurs les plus virulents ont trop tendance à attendre des lois et des tribunaux des solutions qui ne peuvent en découler, l'unanimité malgré tout semble se faire, d'après le GTH qui a consulté la plupart des intéressés, sur la nécessité de régir le marché du logement, surtout en période inflation-naire.La pénurie qui s'annonce à court terme et que confirme l’avis donné à M.Choquette justifie qu'on s'attelle rapidement à mettre encore plus d'ordre dans les dispositions législatives et dans Tappareil administratif et judiciaire chargé de les appliquer.De graves lacunes ont été mises au jour par le GTH, dont la multiplicité des instances, les délais des jugements, leur contradiction parfois ne sont pas les pires.La loi de conciliation étant reconduite d'année en année, la Régie des loyers depuis quelque trente ans est un organisme temporaire en permanence! Sans aller jusqu'à en faire un nid de discrétion et donc de “patronage”, le GTH constate que ce tribunal administratif n'a pu en conséquence recruter un personnel aussi compétent qu'il aurait dû et constituer une jurispru- dence et une expertise à la hauteur de la situation.Il ne fait guère de doute qu’une loi et une régie permanentes s'imposent, quitte à les assortir de pouvoirs de réglementation souples.Peut-être non sans une certaine surprise, le groupe de travail que préside M.Guy-R.Legault, le directeur du service de l’Habitation de la Ville de Montréal, a constaté que même des constructeurs et des courtiers immobiliers ne sont pas opposés aux objectifs actuellement poursuivis par les lois, meme si d’autre part ils dénoncent avec tout le monde certaines incohérences de fonctionnement.N’ayant guère à défendre l’existence de contrôles, le GTH s’est peut-être même fait un peu abusivement l’avocat du diable en reprenant l’adage suivant lequel tout contrôle des loyers entraîne d'ordinaire une baisse dans la qualité des logements anciens et dans le nombre des nouveaux appartements.Le GTH devra à cet égard pousser son analyse plus loin, notamment du côté du statut de la propriété et du contrôle de l'environnement.En tout état de cause, l'avis donné à M.Choquette souligne avec raison qu'il faut non seulement unifier les mesures législatives, mais coordonner les programmes gouvernementaux et confier à une “autorité unique” la politique québécoise de l’habitation.Les motifs sur lesquels s’appuie l’avis sont d'ordre logique et constitutionnel.Mais pour confier l'ensemble de ce secteur au ministère des Affaires municipales ou à un nouveau ministère de l’Habitation, il n’est pas besoin de revenir longuement sur les retards, les lacunes, les contradictions et les insuffisances des mesures québécoises en la matière, et qui s’ajoutent aux contradictions chroniques de la SCHL d’obédience, fédérale.Il suffit de constater que l'habitation est depuis toujours jugée d'importance mineure, et confiée au titulaire d'un ministère également mineur, les Affaires municipales, pour mesurer l'ampleur des changements qui s'imposent au niveau proprement politique.Dans son livre blanc sur “la justice contemporaine”, M.Jérôme Choquette recommande de délester le ministère d'organismes comme la Commission des loyers.Sous des dehors de simplification, le GTH recommande une structure qui n'est qu'à peine moins compliquée.Comme il y aura, dans ce domaine comme ailleurs, toujours matière à conflit et à adjudication, on voit mal du reste comment Ton pourrait totalement “sortir” les loyers du champ de la justice.Ce qui presse, à cet égard, n’est pas un nouveau jeu d'organigramme, mais une réorganisation des activités de la régie et sa stabilisation.La distinction que le GTH fait entre les fonctions administratives et judiciaires apparaît à cet égard fondée et pratique.Mais là ne réside pas la principale question à résoudre.Que les loyers tombent sous l'au- torité de l’un ou l’autre ministère, que des organismes trop ou pas assez nombreux interviennent dans le domaine importe peu, finalement, si le Québec n’a pas de politique cohérente à proposer, et si aucun homme politique d’envergure ne juge important de débloquer les choses à Québec dans l’habitation.Les rumeurs circulant dans la Vieille capitale à l’approche du remaniement ministériel ont quelque chose d’inquiétant à ce chapitre, s’il est vrai que l’impuissant M.Goldbloom doit rester en charge de l’habitation aux Affaires municipales, et si, pour donner à M.Choquette un ministère aussi prestigieux que celui de la Justice, on l’amènera à délaisser des dossiers comme celui qu’il a confié au GTH.Indépendamment du ministre qui sera nomme pour les mettre en application, le GTH recommande divers amendements qui ont de bonnes chances d’être inscrits dans la prochaine loi des loyers.Pressé par le temps, le groupe a limité son avis aux dispositions actuelles jugées “les plus néfastes”.Les recommandations qu’il formule à ce sujet sont dans l'ensemble raisonnables et ne devraient guère susciter de difficulté à l’Assemblée nationale.Le législateur par exemple avait imposé un carcan trop rigide en défendant au propriétaire d'exiger, sans autorisation de la régie, toute hausse de loyer d'un nouveau locataire: la faculté de résilier un tel bail dans les sept jours ou le droit de demander une révision du prix dans les trente jours peuvent tout autant protéger les locataires.De même, le législateur avait exempté du contrôle des loyers les immeubles construits après le 31 décembre 1973, et ce pour cinq ans; le GTH maintient cette disposition, jugeant qu elle ne semble pas avoir d'effets sociaux négatifs puisqu’elle vise “des logements d'un loyer très élevé”.L'avis minimise peut-être les effets en chaîne de certains abus; en pratique, devant l'encombrement de la régie et les délais qu'elle inflige aux parties, il n'y a pas lieu de déclencher une nouvelle croisade de ce côté.• Enfin, parmi d’autres recommandations de modernisation ou de rattrapage, le GTH suggère d’éliminer la prolongation automatique au 1er juillet ou à toute autre date fixe, les célèbres baux du 1er mai s'étant déplacés dans une proportion de 75% apparemment vers la date plus commode que la loi visait.Voilà bien un coûteux et inutile embouteillage qui devrait en effet disparaître, pour donner lieu non seulement à plus de mobilité, pour ceux qui en ont besoin, mais, espérons-le, à un plus grand et meilleur choix de logements pour l’ensemble de la population, suivant la politique si vivement attendue du GTH ainsi que du groupe de travail que dirige l'ancien ministre des Affaires sociales, M.Claude Caston-guay.Jean-Claude LECLERC La reprise du débat constitutionnel Une perspective plutôt inconfortable pour M.Bourassa par Claude RYAN Interrogé dimanche au réseau Télémédia, M.Robert Bourassa a implicitement confirmé les rumeurs voulant qu'il soit question de rouvrir au cours des prochaines semaines le dossier de la révision constitutionnelle, fermé depuis l'échec de la conférence de Victoria en juin 1971.Au journaliste Jean Pelletier qui l’interrogeait à ce sujet, M, Bourassa n'a pas voulu dire qu'il y aurait effectivement reprise des négociations.La manière dont il a accueilli la question et reporté la réponse à plus tard laissait néanmoins entendre qu'il se prépare quelque chose et que l'échéance pourrait être plus rapprochée qu'on ne le pense.Dans l'hypothèse où l'on rouvrirait le dossier constitutionnel.Ottawa insisterait sans doute pour qu'on reprenne la discussion au point où la laissa la conférence de Victoria.Il serait donc de qouveau question des droits politiques, des droits linguistiques, de la Cour suprême et surtout de la formule d'amendement et du rapatriement de la constitution.Autant de questions sur lesquelles il faudra faire le point bientôt si l'actualité confirme les runieurs que n'a fait que multiplier l'échec des conversations entre MM.Pelletier et L'Allier au sujet des communications Mais il ne suffira pas de tenter d'entrevoir ce que devrait idéalement être la position du Québec sur chacun des grands thèmes de la prochaine négociation.Il faut aussi chercher à entrevoir quel sera le rapport réel des forces au moment ou les onze partenaires se retrouveront ensemble.Or.à première vue.M.Bourassa ne semble pas devoir être en position de force.D'où l'extrême prudence avec laquelle il devra manoeuvrer dès maintenant La situation idéale pour le Québec Si bizarre que cela puisse sembler, le Québec, dans la mesure où il veut obtenir des concessions fondamentales, est mieux placé pour négocier lorsqu'il doit transiger a Ottawa avec un gouvernement dirigé par un premier ministre originaire d une province autre que le Québec Depuis un quart de siècle, le Québec a dü transiger avec quatre premiers ministres canadiens Louis Saint-Laurent, John Diefenbaker.Lester Pearson et Pierre Elliott Trudeau Pour des raisons diverses, MM Saint-Laurent et Trudeau adoptèrent généralement une ligne assez intransigeante avec le Quebec, tandis qu'il fut ossible d'obtenir de MM Diefenba-er et Pearson des concessions impor tantes qui permirent, dans un certain nombre de secteurs, de déboucher sur des solutions acceptables au Québec.Il serait ridicule de soutenir que MM.Pearson et Diefenbaker comprenaient mieux le Québec que MM.Saint-Laurent et Trudeau: c'est évidemment le contraire qui est vrai.I! est permis de penser, néanmoins, qu'ils purent aborder certains dossiers ouverts par le Québec avec plus de liberté, et cela pour deux raisons principales.D'abord, ni M.Pearson, ni M.Diefenbaker ne venaient eux-mémes de la province de Québec: ils ne pouvaient, par conséquent, être suspects de complaisance héréditaire envers la province qu'une bonne partie de l'opinion anglophone considère encore comme 'l'enfant gâté" de la Confédération.De plus, MM.Pearson et Diefenbaker étaient tous deux anglophones unilingues; aucun n'avait, en dehors des milieux partisans, de contacts directs au Québec.On eut, en conséquence, l'impression que MM.Pearson et Diefenbaker (celui-ci du moins au début de son règnel, se sentant incertains vis-à-vis du Québec et voyant la gravité des défis qui montaient en provenance de cette province, éprouvèrent le besoin de se mettre a l'écoute et de chercher des compromis là où le mécontentement se manifestait le plus fort.Le premier geste significatif en direction de l'"opting ouf remonte à M Diefenbaker: ce fut l'accord sur les subventions aux universités, signé par MM.Paul Sauvé et Donald Fleming.Ce précédent devait servir de point d’appui à maints autres arrangements qui.sous M.Pearson, vinrent élargir la portée de l'opting ouf.En matière de régime d'assurance-hospitalisation, d'assistance sociale, de régime de retraite, un début de statut particulier ne comportant aucun privilège indû commença à prendre forme pour le Québec.La décennie qui alla de 1958 à 1968 fut ainsi, du point de vue des aspirations constitutionnelles et politiques du Québec, la plus fructueuse depuis la dernière guerre mondiale Le Québec n'avait, par contre, rien obtenu de significatif sous la longue (neuf ans) administration de M.Saint-Laurent, si ce n'est le célèbre arrangement au sujet de la double taxation des profits de sociétés, que M Duplessis arracha à Ottawa à la pointe du revolver Il en aura été de même, du moins jusqu'à ce jour, du règne de M.Trudeau Peu après son arrivée au pouvoir, celui-ci confirma que le gouvernement central était résolu à ne pas élargir davantage le recours au droit de retrait facultatif Autant il s'est évertué depuis sept ans à obtenir que les francophones jouissent d une égalité plus réelle au plan fédéral, au J tant il s'est montré ombrageux et intraitable chaque fois qu'il a été question de la moindre revendication québécoise qui pouvait avoir l'air de modifier à l'avantage du Québec l'équilibre constitutionnel.Cette attitude répond sans doute chez M.Trudeau à une conviction profonde qui va de pair avec l'idée très symétrique qu'il se faisait au début de la nécessaire égalité des parties dans la fédération canadienne.A tort ou à raison, on a l'impression que, lorsqu'elle est défendue par un premier ministre fédéral originaire du Québec, elle s'accompagne d'une raideur doctrinale plus grande.On notera aussi que, pendant la période qqi s'avéra la plus fructueuse pour l'avancement des thèses québécoises, des partis opposés se trouvèrent généralement au pouvoir à Ottawa et à Québec: M.Saint-Laurent était "rouge" tandis que M.Duplessis était ‘ bleu", M.Lesage était "rouge" tandis que M.Diefenbaker était "bleu".Il ne faut pas exagérer ce trait, des gains importants furent obtenus pendant que régnaient en même temps à Québec et à Ottawa des “bleus" (Diefenbaker et Duplessis) ou des "rouges" (Pearson et Lesage).C'est néanmoins un fait historique assez net que, depuis le deuxième conflit mondial, le Québec a semblé moins bien placé pour faire prévaloir ses points de vue quand il devait faire face à Ottawa à un interlocuteur principal originaire du Québec.La position de M.Bourassa Lorsque le„.premier ministre fédéral vient du Quebec, il peut soutenir à juste titre que lui aussi parle au nom du Québec, puisqu'il y a reçu son mandat et y trouve ses appuis les plus solides.Lorsqu'au surplus, il milite dans le même parti que le premier ministre du Québec, il peut penser avec beaucoup de justification que le premier porte-parole du Québec, c'est lui et non son homologue québécois dans toutes les grandes questions qui embrassent le bien général de la fédération et les aspirations les plus profondes de ses concitoyens.Lorsqu enfin, a plusieurs égards" le premier ministre fédéral a une personnalité politique plus complète, plus forte, plus imposante pour tout dire, que son collè- ue Québécois, cela ne saurait être ou- lié dans la perspective d'un affrontement possible entre les deux hommes ou, si I on préfère, entre les deux fonctions et les deux pouvoirs.M Jacques-Yvan Morin affirmait hier matin au réseau Télémédia que, s'il doit y avoir négociation constitu- tionnelle en bonne et due forme, le Québec, vu les circonstances actuelles, risquerait de se retrouver dans la position de faiblesse où se vit coince M.Godbout pendant la dernière guerre mondiale.Il faut faire la part de la partisanerie dans ces propos.A la lumière des éléments évoqués plus haut, ils contiennent toutefois une bonne part de vérité.Si l'on ajoute à cela que, personnellement, M.Bourassa n'a jamais manifesté une sollicitude particulière pour les questions constitutionnelles et est plutôt porté aux conversations privées qu'aux affrontements publics, il y a risque évident qu'au stade privé des entretiens, il ne se laisse entraîner à faire des concessions qui pourraient, si elles devaient être poussées jusqu'au bout, coûter cher au Québec ou encore, si elles étaient reniées par la suite (comme certains de ses collègues des autres provinces crurent que cela se produisit à Victoria en 1971) entacher gravement sa crédibilité et celle de sa province.L’impossible négativisme Devant l'intérêt évident que déploie M.Trudeau pour l'adoption sous son règne, d une formule de modification et le rapatriement de la constitution canadienne, M.Bourassa ne saurait se cantonner dans une attitude purement négative.Il le pourrait d'autant moins que, tout compte fait, la formule d'amendement mise au point à Victoria en 1971 était la moins insatisfaisante de toutes celles qui ont été mises au jour jusqu'à maintenant.Mais les avantages que le Québec retirera d'un rapatriement de l'AANB sont si limités, tout compte fait, et l'impression de confirmation qui se dégagera de pareille démarche à l'appui du régime constitutionnel actuel sera si forte par ailleurs, que le Québec a tout intérêt à faire payer d un certain prix son acquiescement à une mesure qui vise surtout à flatter l'orgueil national du Canada anglais et la fierté du gouvernement central.Ce prix ne saurait être illimité.Il devra rester raisonnable et réaliste.11 sera néanmoins essentiel, si l'on veut rapatrier la constitution, que Ton fournisse en même temps au Québec la preuve qu'il n'a pas parlé pour rien quand il demanda une révision constitutionnelle en 1967.Chaque fois que le Quebec a remporté dans le passé des gains significatifs au plan constitutionnel ou fiscal, ceux-ci furent obtenus grâce à une opinion quasi unanime qui s était formée au sein de l'Assemblée nationale Voir page 6: Perspectives Réponse au docteur Jutras À latin, c’est assez par JACQUES PERRON Le docteur Jutras a raison de dire que nous nous exhibons, mais non de laisser entendre que nous le faisons par forfanterie alors que c'est par habitude.Le chemin du Roi passait devant la porte de mon père; qu’il y trouve une occasion de produire, je la lui laisse, je l'applaudis: les gens de sa nation.au sud du lac Saint-Pierre, ont été défavorisés par la nature.Ils n'en étaient pas contents et l'ont montré à la Baie du Febvre lorsqu'ils ont fait une merveilleuse chicane pour un clocher d'église, ce qu'on appelle de l’agitation pure, et durant trente ans, monsieur! C'est beau l'obstination, mais il ne convient guère d'en faire une aventure qui ne mène a rien, qui n’attire même plus l’attention.A la fin, le clocher s’est abîmé de lui-même et Baie-du-Febvre s’est appelée Baieville, le bel avantage, tandis qu'au nord, entre Yamachiche et Maskinonge, on continue de lui opposer la baie des Ouines d'où partent, dit-on, quelques risées.Pourquoi serais-je contre les privilèges de la nature?J’ai assez d'en jouir.Parce que j'en suis bien pourvu, j’irai même jusqu'à dire que je goûte dans ma progéniture une multiplication divertissante et réussie de moi-même.Mais je n’irai pas jusqu’à me vanter et prétendre à tous les droits de la vie; cela serait une offense, de l'abus, et le docteur Jutras a déjà dit que nous nous exhibons trop, que la police a bien raison de sévir contre nous, que nous sommes des pseudo-délinquants — ce qui de sa part est gentil et montre qu'il ne prend guère au sérieux l’accusation qu'on nous lance de vouloir massacrer les petits enfants dans le sein de leurs mères.Après tout, même s'il y met de la hargne et une irritation que nous comprenons, il nous admet dans la même profession que lui.Je l’approuve de bonne grâce, sans trop de surprise, car monsieur Denis Szabo m’a déjà dit, à propos d’un malheureux confrère du docteur Jutras, feu monsieur le docteur Allende, que la médecine n'enseigne pas le fanatisme.— Mais le docteur Marat?— Il ne pratiquait guère.— Mais le docteur Guillotin?— En voilà un, par exemple, m'a-t-il répondu, qui s'adonnait trop à la chirurgie! En désespoir de cause, je me suis écrié: — Mais moi, docteur Szabo?Et cet homme décrié — je le sais de bonne part — a souri: — Vous?On ne vous prend guère au sérieux et vous l’aurez voulu.— Quoi! Quand on m’a proclamé chef du FLQ, je ne le voulais pas du tout.Alors cet homme avisé, tout en avouant que j'y étais pour quelque chose, m'a enseigné qu'en toute chose, pour la moindre affaire, tout le monde cherche à sortir le jocker, cette carte si rare, qu'on ne l'emploie presque jamais dans les jeux.Je m'en suis ressouvenu quand j’ai lu le communiqué du docteur Jutras.Après avoir été chef du FLQ, prince de la Pilule et dénoncé comme tel par un Franciscain sans doute autorisé, me voici dans le royaume de Tavortement, pas loin d'en être le jocker! Je ne me plains pas, mais pourquoi, mon Dieu?Je vous le dirai: depuis plus d'un quart de siècle, je me trouve au milieu de ce malheur, souillé par le sang, souffrant un peu pour les malheureuses, faisant de mon mieux dans ce qui me semble le pire, assez démuni, plutôt perdant, ne me croyant pas pour autant regagnant de dénoncer quiconque, mais voici, c'est trop tard: je suis devenu complice après le fait, criminel, répondant de l'hom-merie criminelle, car je n ai plus une belle âme, moi, comme le docteur Jutras.Et puis, au moment opportun, je me dénonce et ce n'est pas pour me mettre sur le passage de tous les chemins, pour m'exhiber, pensez donc! Je n'excuse rien, j'accuse.Je veux qu'on laisse la parole à la première intéressée, la femme, et qu'on cesse de l'obliger à une vie qui dépend de son bon plaisir, de son généreux vouloir, et non des remontrances, des invectives de ces bons messieurs qui ne cessent pas de la violenter et de parler de viol d'un air entendu, oui, parfaitement, de l'air qui répond à leur dénonciation.Ce peu de cas pour la première intéressée, cette désobligeance sournoise, cette façon de dire où quelqu'un des deux ment, ou la façon ou le propos, cette rhétorique bizarre où la femme semble rajoutée, cette mise en accusation qui innocente le docteur Jutras, comme un bon petit Jésus qui se ferait Jésus lui-même, c'est être arrogant, c'est dépasser les bornes, c'est assez à la fin.J'envoie'dire au confrère qu'il pourra bâtir pour les mal conçus toutes les petites maisons qu il voudra, mais qu'il se taise! lettres au DEVOIR Possibilités et limites de la loi Monsieur le directeur, Dans l'édition de votre journal du 15 juillet, sous le titre: "Les règlements sur les aliments seraient appliqués avec mollesse", votre journaliste Renée Rowan écrit, entre autres choses, ce qui suit: "Il suffit de se rapporter, nous dit-on, au cas de la compagnie Bologna Food Products Ltd.En septembre 1974, le Service de l'assainissement de l'air et d'inspection des aliments de la CUM portait plainte contre cette compagnie sous trois chefs d'accusation: premièrement, d'avoir eu en sa possession de la viande malsaine; deuxièmement.de ne pas l avoir étiquetée comme elle le devait; troisièmement, de garder dans un même établissement de la viande de cheval et de la viande de bovin.La compagnie était condamnée, en janvier dernier, à payer une amende totale de $200 seulement (le maximum est de $300) pour ces trois offenses dont l une concernait plus de 8,000 livres de viande chevaline avariée impropre à la consommation.Le juge avait pourtant le pouvoir d'imposer les deux mois d'emprisonnement que prévoyait l'article 112 du règlement 32 encore en vigueur à cette date.Pourquoi ne s’en est-il pas prévalu, se demande-t-on?” Je crois devoir vous faire remarquer qu'en vertu de l'article 112 du règlement 32, la prison n est imposable qu'en cas de non-paiement de l'amende et que, cela va sans dire, il est impossible de condamner une compagnie (en l'occurrence Bologna Food Products Ltd.) à la prison.Alors, pourquoi cette journaliste a-t-elle écrit pareilles hérésies qui ne font que nuire non seulement à la magistrature, mais aussi aux journalistes eux-mémes en sapant leur crédibilité.En effet, les gens un tant soi peu renseignés haussent les épaules en lisant de telles inepties, et les juges concernés éprouvent un dégoût bien compréhensible.Avant d écrire sur un sujet, un journaliste devrait l’approfondir suffisamment pour ne pas commettre de tels impairs.Madame Rowan aurait pu me téléphoner ou téléphoner à n’importe quel avocat qui aurait pu la renseigner.Il est regrettable que vous n ayez pas le temps de vérifier avant leur parution tous les articles qui paraissent dans votre journal, mais je le comprends et ne vous en tiens aucunement responsable.Le juge en chef de la Cour municipale de la Ville de Montréal Paul CHAMPAGNE Montréal, le 21 juillet 1975.Une citation doublement tronquée Monsieur le directeur, L'article publié en page 3 de votre livraison du 25 juillet, traitant des sentences infligées à des grévistes de Pratt & Whitney Aircraft du Canada, cite une partie du rapport de M.Pierre Dufresne dans le cadre des commentaires du juge Trot-tier Selon l'article, M Dufresne avait révélé que l'attitude de la compagnie était intransigeante et que la compagnie refusait l'arbitrage".L'article — par omission — semble attribuer au juge Trottier l'initiative de la citation du rapport de M.Dufresne, alors que le juge Trottier ne fait que citer un argument de la défense.Ce détail à notre avis n'est pas sans importance pour vos lecteurs.Mais beaucoup plus significatif est le fait que la citation utilisée par la défense est tronquée, suffisamment pour en altérer la portée réelle.Nous souhaitons à toutes fins utiles citer ici la conclusion de M.Dufresne dans son entier, qui se lit comme suit: "il est conclu que la position des parties est irréconciliable par la voie de la négociation ou de la médiation.La position de la Compagnie étant qualifiée d'intransigeante à l'égard de la revendication de l'Union concernant l'adoption de toute forme de la Formule Rand, et celle de l’Union comme exigeante particulièrement à l'égard des horaires de travail, le surtemps et de l'arbitrage du cas de M.A.Choquette." Les soulignés sont de M.Dufresne André CLODONG, directeur-adjoint des relations publiques, Pratt ft Whitney Aircraft du Canada Limitée Longueuil, le 25 juillet 1975.L’histoire à l’école des guides touristiques M.Claude Simard, ministre du Tourisme, Québec.Saviez-vous que les Anglais portaient la tunique rouge pour cacher le sang durant les combats et que les Français portaient la culotte brune.?Ce détail intéressant je l'ai appris du guide d'un tour guidé de la ville de Québec lors de mon récent passage dans la vieille capitale.Que ce guide ait fait des commentaires uni- quement en anglais, je l’accepte puisque nous n'étions que deux francophones (connus) sur dix personnes et que nous comprenions parfaitemeni la langue.Mais qu'il se permette de faire des commentaires aussi cruels que sans fondement, je ne l'accepte pas.Ajoutons que meme les anglophones ne l'ont pas trouvé drôle.Un seul a ri jaune Et ce n'est qu'un des commentaires désobligeants dont il nous a fait part J'ai beaucoup voyagé ici et a l'étranger et toujours les guides se montrent fiers de leur pays et de leurs ancêtres et cette fierté transpire à travers les anec dotes.Mais à Québec, quelle bassesse! Notons que ce guide travaille pour l’entreprise qui dessert le Hilton Je vous saurais gré de passer quelques directives à ces représentants de la culture québécoise Lucille TESSIER Ottawa, le 20 juillet 1975.Lettre ouverte à Yves Thériault Cher monsieur Yves Thériault, je remercie vivement la Société Radio-Canada de vous avoir accordé une place d'honneur le 20 juillet à son émission les Beaux Dimanches.Depuis quinze ans que j'enseigne la littérature française et canadienne-francaise à l'université anglophone du Mount Allison, je ne cesse de rendre hommage à vos ouvrages.à votre courage et à votre talent Mais puisoue vous aimez la franchise je me dois de vous dire que vous m'avez déçu le 20 juillet par les propos que vous avez tenus sur la libération sexuelle.Le genre d'émancipation que Vous préconisez triomphe présentement dans la plupart de nos maisons d'enseignement et la jeunesse n'y est pas plus heureuse qu'il y a trente ans quand les frères et les bonnes soeurs s'efforçaient d'y maintenir un brin de discipline inspiré du respect des principes chrétiens.Je crains que vos propos n'aggravent la crise d'un Québec qui court aveuglément à l'anarchie et au suicide.Avez-vous lu les Confessions de saint Augustin, converti célèbre que Radio-Canada nous présenta au cours de l'interview qui suivit la vôtre'1 Durant sa jelmesse le brillant orateur et sa- vant professeur avait prôné la liberté sexuelle et, entre deux heures de cours, en avait surabondamment profité ., Il en sortit déçu et assagi par la grâce de Dieu Jeunes et vieux, laïcs et clercs, étudiants et maîtres, bourgeois et prolétaires, travailleurs et chefs syndicaux, voire magistrats et hommes d’Etat, je pense que nous avons tous un immense besoin de méditer présentement les paroles du grand converti Augustin: “Vous nous avez créés pour vous.Seigneur, et notre coeur est inquiet aussi longtemps qu'il ne se repose pas en vous." En vous écoutant.M Thériault, je songeais aux paroles d'un sociolgue peu suspect de cléri- calisme: "Un peuple qui ne veut plus des hommes de foi court aux hofnmes de loi en attendant d'étre piétiné par des hommes sans foi ni loi." S'il n est pas impertinent qu'un moinillon de mon espère offre une suggestion au grand écrivain que vous êtes, permettez que je vous recommande, avec la lec- ture des Confessions de saint Augustin, celle de l'Esprit des lois de Montesquieu JEAN BOUSQUET.O P professeur French Department, Mount Allison.„ .„ University Sarkville, N B le 21 juillet 1975 LE DEVOIR fondé por Menu ftourmto l« 10,on.i*-1910 Dir*ct#«f *» rfdoctéu- erufcet Cio ode 9|>nt M.chel *o» Oirecleu' d# I iMormobon ieon froncoeu» tr#wti*- Se-nct-d lo-ocqis* .xc-bo» e- imp»,»n* ooi ) imp-ime-i* Dwmon* mto-po-ee dont )*, d'ehe-c sont d «ijo ,u(1 v,iie oSoll» l o4-f P.»,,» «,l 4 emcto,„ „ a 4,1 **M#' le» mto-tiotio-l» publ’M» don, Il DfVOlt ABONNI MlNt Ed>'
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